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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 08:14
Marvin ALBERT : La Sœur de Minuit.

N'est pas la sœur de mes nuits...

Marvin ALBERT : La Sœur de Minuit.

L'avocate, et petite amie de Pete Sawyer, Arlette Alfani est soupçonnée par la police de complicité dans l'évasion d'André Colin, dit Dédé le Dingue, dangereux récidiviste et tueur patenté.

Celui-ci avait été incarcéré à la suite d'un vol de bijoux, dénoncé par sa maîtresse, Christine Boyer. Sawyer se rend à Anvers mais Christine, une Eurasienne, qui était serveuse de bar a disparu. Colin est sur ses traces et abat deux des gardes du corps de Huang, le propriétaire du bar. Sawyer pense que Huang, qui est impliqué dans un trafic de main d'œuvre clandestine et autres activités illégales, a organisé l'évasion de Colin afin de faire main basse sur les bijoux.

De retour à Paris, Sawyer reçoit la visite d'Alfani, truand notoire en retraite et père d'Arlette, bien décidé à sauver l'honneur de sa fille. Grâce aux contacts et relations de son ami et associé Fritz Donhoff, qui se remet lentement de ses blessures (voir Le tombeau du dernier sourire), Sawyer rencontre quelques personnages dont un Asiatique patron d'immigrés clandestins œuvrant dans le prêt-à-porter, une ancienne amie de Christine, serveuse dans un bar, un ancien moine bouddhiste qui pense qu'elle se cache chez les chèvres, la secrétaire d'un hebdomadaire, une comtesse qui avait embauché pour des soirées, sans la déclarer, la jeune fille, et d'autres qui alimentent sa moisson de renseignements.

Les gardes du corps fournis par Alfani lui sauvent la mise, lui évitant quelques désagréments corporels, ce qui n'est pas le lot de tout le monde. Sawyer se rend compte que Huang et Colin, séparément, le suivent dans ses démarches pour retrouver la jeune fille. Huang est le responsable en Europe d'une sorte de triade appelée La Sœur de Minuit, l'un des noms sous lequel est désignée la déesse Kali.

 

D'une trame un peu mince, Marvin Albert réussit à tirer trois cents pages, grâce à son professionnalisme et à ses digressions, retours en arrière sur le passé de certains personnages, extrapolations philosophiques, descriptions géographiques, et dialogues travaillés. Un roman agréable à lire mais qui date un peu, comparé à la production américain et française due à la nouvelle génération.

 

Il y a, dans toute prison, au moins un gardien susceptible de se laisser corrompre par une offre alléchante.

Curiosité :

L'évasion de prison de Colin à l'aide d'un hélicoptère ressemble à un fait-divers qui s'est déroulé à cette époque.

 

Marvin ALBERT : La Sœur de Minuit. (The Midnight sister - 1989 -  Traduit de l'américain par Rosine Fitzgérald). Série Noire N°2200. Parution octobre 1989. 320 pages. 7,80€. Disponible sur le site de la Série Noire

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 09:59
Michael Geller : Faux cracks et vrais tocards

Comme en politique ?

Michael Geller : Faux cracks et vrais tocards

Ken Eagle est l’un des jockeys les plus en vue des champs de courses de l’est des Etats-Unis. Aussi quelle meilleure pression que l’enlèvement de sa fille lorsque un ou des inconnus veulent qu’il arrive bon dernier dans toutes les courses auxquelles il doit participer dans la même journée.

Naturellement il encours le blâme et la suspension auprès des commissaires de courses mais contre la vie de sa fille, il n’a guère le choix.

Si les parieurs ne sont pas contents, et ils ont raison de l’être, les entraîneurs qui l’emploient eux non plus ne sont pas satisfaits. Mais que l’un d’eux, Bucky Walters, particulièrement vindicatif, soit retrouvé dans le coffre de sa voiture avec une balle dans la tête, n’arrange pas les affaires de Ken Eagle.

Pour la police, ce n’est qu’un dossier de plus. Lorsque l’un des bookmakers crie sur tous les toits que Ken lui a refilé des tuyaux et que ceux-ci s’avèrent être crevés, la coupe déborde et Ken est obligé d’enquêter en compagnie de la fille de Bucky Walters afin de faire toute la vérité sur ces louches agissements.

Premièrement pour sauvegarder son honneur et sa réputation de probité et secondement parce qu’il est préférable de rester en vie quand on est encore jeune.

 

Roman mené à train d’enfer qui ne s’essouffle pas et qui devrait intéresser non seulement les turfistes mais également tous les amateurs de bonnes histoires. A placer à côté des romans de Dick Francis, le spécialiste des romans policiers hippiques.

 

Michael Geller : Faux cracks et vrais tocards (Dead last- 1986. Traduction de Michel Deutsch). Série Noire 2111. Parution octobre 1987. 256 pages.

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 10:56
François JOLY : Be-Bop à Lola.

Be bop a lula, she's my baby
Be bop a lula, toi ma douce amie
Be bop a lula, où donc es tu partie
Be bop a lula, sans toi je m'ennuie.

François JOLY : Be-Bop à Lola.

Effectuant un petit décrassage matinal en patins à roulettes, Curveillé, patron d'une petite entreprise de dépannage en tous genres, assiste au meurtre d'un vieux monsieur et sauve in-extremis la vie à une fillette.

Les deux tueurs en voiture se sont trompés de cible. Celui qui était visé n'est autre que le grand-père de la gamine, Saryan, aux activités troubles. En accompagnant Lola, sa maîtresse, à l'aéroport de Satolas, Curveillé remarque parmi la foule son tueur de la veille en compagnie de Neyrieux, ex-député compromis avec des mouvements néo-fascistes. Pris en filature il leur échappe et se met sous la protection du commissaire Haget, chargé de l'affaire. Le policier lui trouve une planque seulement Curveillé découvre une grenade dans son nouveau logement. Un piège.

Lorsqu'il se présente à sa boutique deux malabars malmènent sa secrétaire. Les malfrats sont rapidement mis hors circuit par Ali le fiancé. Curveillé décide alors de prendre les choses au sérieux, et à son compte, et ressort des placards le vieux fusil hérité de son père.

Mario, l'homme de confiance et garde du corps de Saryan, demande courtoisement mais fermement de le suivre chez son patron. Saryan, d'origine arménienne, révèle qu'il est un puissant marchand de canons mais qu'il s'est toujours refusé à fournir en armes certains pays, au contraire de Neyrieux, d'où leur antagonisme. Il lui apprend également que l'ex-député doit assister à une conférence aux Baléares. Mario raccompagne Curveillé chez Lola. Les deux hommes découvrent son cadavre torturé.

 

Des histoires dans lesquelles un quidam est amené à se sortir d'une situation inextricable et à en découdre par lui-même, on en a lu des dizaines. Pourtant ce premier roman de François Joly parvient à intéresser le lecteur, même si à la relecture, il semble creux de l'intérieur. Mais quel bel emballage.

Double de l'auteur, le narrateur est un épicurien amateur de jazz. D'où les nombreuses descriptions de menus dégustés au cours de cette enquête et des liquides les accompagnant, ainsi que les diverses appréciations sur les prestations musicales des jazzmen.

 

On rencontre dans la vie à longueur de temps des fumiers, des minables, des salopards, des sans-parole, des vicelards, mais il leur reste toujours quelque part un semblant d'humanité, une tendresse pour une vieille mère, une photo jaunie au fond d'un tiroir.

Curiosité :

Le narrateur apprend la mort de Chet Baker sur la route qui le conduit à Barcelone. Au lecteur de retrouver la date exacte.

François JOLY : Be-Bop à Lola.

François JOLY : Be-Bop à Lola. Série Noire N°2180. Parution avril 1989. 192 pages. Réédition Folio Policier N°294. Parution avril 2003. 208 pages. 5,80€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 07:37
Gérard DELTEIL : Riot Gun.

Veillez à vos abattis dans les abattoirs...

Gérard DELTEIL : Riot Gun.

Un ancien condisciple d'HEC propose à Brisson, cadre au chômage, un emploi dans une société de gardiennage, la Protector.

Propulsé directeur général adjoint par Ronaldi, son nouveau patron, Brisson est chargé de superviser une opération de déménagement de matériel dans les locaux d'un abattoir de banlieue. Les vigiles de Protector se heurtent à des manifestants cégétistes et l'algarade dégénère. L'un des manifestants est abattu d'une balle de fusil tandis qu'un vigile est blessé.

Brisson qui a tenu l'arme du crime entre ses mains peu de temps auparavant est accusé de meurtre. Refusant de suivre les conseils de son avocat et de se constituer prisonnier, il décide de mener lui-même l'enquête.

Il se réfugie chez un ami parti en vacances. Se faisant passer pour un journaliste il téléphone puis rencontre l'un des employés de Protector présent sur les lieux du drame. Celui-ci lui ne apprend rien de plus qu'il ne sache déjà. En sortant de l'immeuble Brisson échappe à une balle tirée d'une voiture. Persuadé que la clé de l'énigme se trouve du côté de chez Protector, il s'infiltre dans les bureaux. Hélène la secrétaire le surprend mais accepte de l'aider en lui fournissant la liste des vigiles de la société de protection présents lors du coup de force. Une liste incomplète, des gros bras de l'extérieur ayant été engagés à cette occasion.

Recherché par la police, il décide de raconter l'affaire à Lubin, un journaliste free-lance. Guère convaincu Lubin accepte néanmoins d'enquêter en sa compagnie. Ils rendent visite à l'hôpital au vigile blessé qui sous-entend que certaines affaires louches se sont déroulées, puis ils contactent son employeur. Au pied de l'immeuble Brisson reconnaît l'un des hommes qui lui a tiré dessus. Il s'avérera qu'il s'agit d'un commissaire de police. Brisson est obligé de déménager et il s'installe à l'hôtel avec Hélène. En compagnie de Lubin il rencontre un responsable syndical qui lui apprend que la victime avait mis à jour un trafic de viande déclassée ou avariée au sein de l'entreprise qui l'employait et qu'il comptait dénoncer. Il était devenu gênant.

Après avoir rencontrés Ronaldi, son ancien patron, qui jure ses grands dieux n'être pour rien dans cette affaire, et après avoir été agressé ainsi que Lubin par deux flics, Brisson se rend au siège de la BNV, bureau national de la viande dont l'un des dirigeants aurait été soudoyé.

 

Gérard Delteil ne s'embarrasse pas de fioritures dans les descriptions, et là où certains auraient trouvé matière à écrire 300 pages, il n'en livre qu'à peine 180. Cette concision permet de garder un rythme constant à ce roman dont l'inspiration a été guidée par l'enquête menée par Gérard Delteil et Yonnel Liégeois et racontée dans Dossier Viande, du trafic au meurtre paru aux éditions Messidor.

Implicitement, Delteil met l'accent sur la fiabilité aléatoire des rapports et analyses effectués par les psy sur les demandeurs d'emploi pour le compte de sociétés.

 

Curiosité :

Le journaliste Dominique Lubin, qui ici sert de faire valoir, deviendra le héros de nombreux romans de Gérard Delteil, romans publiés dans différentes maisons d'éditions.

Gérard DELTEIL : Riot Gun.

Gérard DELTEIL : Riot Gun. Série Noire N°2173. Parution mars 1989. 192 pages. Réédition Folio policier N°173. Parution septembre 2000. 5,80€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 10:05
Julius A. LION : N°5 paysage.

Il n'y a pas que chez Chanel que le numéro 5 est une

référence !

Julius A. LION : N°5 paysage.

Depuis deux ans, à date fixe, en octobre et en février, un gang s'est spécialisé dans le vol de tableaux de musées parisiens. Seulement selon les conservateurs et les catalogues, ces tableaux n'existent pas.

L'inspecteur Boule, de la brigade des stupéfiants, est prêté par son patron au responsable de l'Office Central de Répression de Vol d'œuvres et Objets d'Art. En compagnie de ses fliquettes de charme et de deux hurluberlus en uniforme il entame cette enquête peu banale alors qu'il était sur une affaire de drogue. Son indicateur Fifi lui a signalé qu'un squat d'une dizaine de personne se procure de la drogue auprès d'un dealer inconnu.

En épluchant les rapports et en interrogeant les témoins Boule constate qu'un Américain se trouvait quasiment à chaque fois sur les lieux. Or cet Américain a été pris en otage lors du dernier vol de tableau, qui contrairement aux autres existe bel et bien. L'identité de cet amateur de tableaux dévoilée, il ne reste plus à Boule qu'à le faire suivre.

L'homme se rend souvent dans une pâtisserie après avoir traîné Place du Tertre. Un jour, après son passage à l'échoppe, il achète un tableau à un rapin de la célèbre place puis se rend chez un antiquaire-restaurateur. Constance, la fille du pâtissier est peintre et Fifi en espionnant l'un des squatters découvre qu'elle est leur fournisseur de drogue. L'antiquaire révèle qu'il travaille pour un banquier suisse qui lui avait commandé la restauration du dernier tableau volé. De fil en aiguille, Boule remonte à Constance tandis que Fifi découvre que les squatters sont décédés d'une dose de strychnine mélangée à leur drogue.

 

Au cours de cette histoire, dans laquelle deux affaires finissent par converger, Boule se révèle magnanime, humain sous des dehors bourrus. Il s'assagit aussi. Ses rapports avec ses fliquettes ne sont pas aussi charnels que dans ses précédentes enquêtes.

Quant à l'humour il est toujours présent même s'il est plus diffus. Ainsi une sexagénaire, femme du monde qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, aux réparties cinglantes, jouant du pistolet à jet d'encre avec malice, interprète un rôle particulièrement irrésistible et permet aux enquêteurs de coffrer en prime un dangereux terroriste belge.

Julius A. Lion se montre moins alambiqué dans la construction de sa trame que dans ses précédents romans. Elle s'en trouve allégée tout en étant haute en couleurs.

J'ai l'habitude des abrutis, mon mari fréquentait beaucoup d'homme politiques.

Curiosité :

N°5 paysage est le nom donné à un format de tableau, soit trente cinq centimètres sur vingt quatre.

Julius A. LION : N°5 paysage. Série Noire N°2155. Parution octobre 1988. 224 pages. 6,65€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 12:49
Yves ELLENA : Prêcheur en eau trouble.

Le bénitier ne doit pas être nettoyé souvent !

Yves ELLENA : Prêcheur en eau trouble.

Prédicateur ambulant, Simon arpente les routes de Provence à bord de son camping-car. Pour attirer l'attention des brebis égarées qu'il rencontre en troupeaux sur les parkings des supermarchés, il organise une loterie foraine, lots de consolation à l'appui.

Charlotte, une jeune mère, tente d'échapper à de louches personnages qui en veulent à son bébé. Elle se réfugie dans le véhicule de Simon, alors que celui-ci prodigue sa bonne parole à une comtesse avide de spirituel et de charnel. L'évangéliste est obligé de faire contre mauvaise fortune bon cœur et d'accepter les intrus. Ils campent sur une plage mais les deux hommes de main les ont repérés.

Simon est blessé à la main, ce qui l'handicape pour conduire. Il prend à son bord un auto-stoppeur, Gaël, jeune terroriste breton hanté par une génération spontanée de représentants d'une maréchaussée envahissante. Ils évitent des barrages qui, ils l'apprendront par les journaux, ne sont pas édifiés à leur intention mais dans le but de coincer les auteurs d'un hold-up. Les braqueurs de banque arrêtés, la route devient libre.

Gaël a rendez-vous avec un passeur, mais son contact est appréhendé pour un trafic de drogue. Simon se retrouve avec un passager supplémentaire. Il décide de se réfugier chez Vitali, son oncle, et Andréa, sa tante, d'anciens forains. Dans la nuit Lucas est la proie d'un subit accès de fièvre. Simon et Gaël vont chercher un docteur. A leur retour ils apprennent que le bébé a été enlevé. Charlotte est une mère porteuse qui a décidé de garder la chair de sa chair, réexpédiant l'argent du contrat au géniteur, Martina, son ex-employeur, toubib spécialisé dans la chirurgie esthétique, possesseur de nombreuses cliniques et à la tête d'un trafic avec les pays de l'Est et du Moyen-Orient.

Simon se fait inviter à une réception organisée par Martina et repère les lieux, découvrant la cache du coffre-fort. Il revient plus tard en compagnie d'un perceur de coffre et subtilise argent et documents, dont une lettre signée Charlotte dans laquelle elle stipule abandonner ses droits de mère. Mais d'enfant point.

 

Le ton résolument humoristique, la description burlesque de certaines scènes tragiques, les situations cocasses rencontrées par les différents et insolites protagonistes, tout concourt pour faire de Prêcheur en eau trouble un livre qui renouvelle avec bonheur le roman noir humoristique, un peu à la manière de Westlake.

Yves Ellena avec ce roman plein de verve et d'allant devait marcher sur la route du succès. D'autant que son précédent ouvrage, Radio corbeau, avait connu un succès notable, consacré par l'adaptation cinématographique d'Yves Boisset. Mais les voies du Seigneur sont impénétrables et Yves Ellena n'a pas fait reparler de lui. Peut-être a-t-il fait vœu de silence ?

Du train où vont les choses, le plus petit village, la plus minuscule vallée vont bientôt réclamer leur indépendance. Et quand on en arrivera à l'individu, la boucle sera bouclée et ce sera la fin de l'humanité.

Je n'aime pas la violence, dit-elle, après un temps. Les gens l'utilisent parce qu'ils ne savent pas communiquer, se parler.

Curiosité :

Simon possède un chien appelé Moïse, un chat, Achab, deux oiseaux, Abel et Caïn, et une tortue, Zoé.

Yves ELLENA : Prêcheur en eau trouble. Série Noire N°2150. Parution septembre 1988. 256 pages. 6,65€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 09:18
Marvin ALBERT : Le tombeau du dernier sourire

Souriez ! Vous êtes enterré...

Marvin ALBERT : Le tombeau du dernier sourire

L'ami et associé de Pierre-Ange, dit Pete, Sawyer, Fritz Donhoff, est dans le coma, grièvement blessé de deux balles.

Sawyer monte à Paris et apprend que Fritz devait le charger d'une mission. Il s'introduit dans l'appartement de son ami et blesse un intrus. Une inconnue achève le travail. Mimi Nogaret, une relation de Fritz, et célèbre mère maquerelle quelques années auparavant, informe Sawyer que son ami recherchait un espion et escroc free-lance du nom d'Arnaud Galice, lequel est supposé mort depuis deux ans.

Susan Kape, la fille d'un milliardaire requiert ses services pour négocier auprès de Dollinger, un célèbre marchand et receleur d'antiquité, des pièces étrusques. Dollinger, qui habite non loin de l'endroit où Fritz a été blessé, a disparu, et la jeune fille qui vivait avec lui est assassinée d'un coup de couteau quasiment sous les yeux de Sawyer.

Le détective se rend à Rome, en compagnie de Carmen Haung, chargée de vérifier l'authenticité des objets qui alimenteront le musée que Susan doit créer afin d'acquérir une certaine crédibilité. Ils sont emmenés dans une grotte et Sawyer en profite pour subtiliser une petite statuette qui s'avérera fausse. Carmen était en cheville avec les trafiquants. Erudite mais d'origine modeste, elle était toujours reléguée au second plan et avait agit sous l'emprise de la jalousie.

Fritz sort du coma et révèle à Sawyer qu'il a cru reconnaître en son agresseur Galice. Celui-ci a changé de physionomie mais pas de démarche claudicante. Grâce aux relations de Donhoff, dont un capitaine de carabiniéri, Sawyer est avisé qu'un baron autrichien, Von Stehlik, était en relation avec Dollinger. Ce représentant d'une famille distinguée est installé à Venise et sert d'intermédiaire auprès de collectionneurs. De même, Réju, un détective qui travaille à l'occasion pour Pierre Ange lui apprend qu'une tueuse du nom d'Isabelle Lachard pourrait être la femme qui a tenté de l'abattre.

Sawyer se rend à Venise, rencontre Von Stehlik, qui possède un grand nombre d'accointance parmi les artistes peintres, sculpteurs, etc..., échappe à une tentative d'assassinat et prend rendez-vous avec Isabelle Lachard. Malgré toutes ses précautions, Sawyer est enlevé par des hommes de main de la tueuse.

 

On retrouve dans ce roman des personnages qui parfois ne font que passer dans les précédents livres de Marvin Albert. Crow, Réju ou encore l'inspecteur Gojon, tandis que d'autres ne sont que simplement évoqués comme Babette, sa mère.

Les tribulations de Sawyer l'emmènent en Italie, pays que semble affectionner Marvin Albert. Au delà de l'histoire, fort documentée au demeurant, on notera des similitudes entre les différents ouvrages. Le déroulement de certaines actions ont pour cadre des puits, des grottes, ou des souterrains.

Ou encore Sawyer découvre une partie de l'énigme grâce à une carte postale envoyée par l'un des protagonistes et ayant pour cadre la région Nice Monte-Carlo.

Les Françaises aiment permettre à un homme de se sentir viril et protecteur. Des siècles d'expérience leur ont appris que cela le rend plus maniable que de le battre au bras de fer.

Curiosité :

Ce roman est dédié, entre autre, à Roger Martin, qui consacra l'un de ses numéros d'Hard Boiled Dicks à Marvin Albert. A signaler également une joute oratoire ayant pour sujet la mort dans la poésie.

Marvin ALBERT : Le tombeau du dernier sourire (The last smile - 1988. Traduction de Simone Hilling). Série Noire N°2143. Parution juin 1988. 320 pages. 7,10€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 08:25
Max Allan COLLINS : Ça sent la rousse.

Je dirais même mieux : ça sent le roussi...

Max Allan COLLINS : Ça sent la rousse.

Elu depuis peu maire de Cleveland, Burton a décidé de faire le ménage dans l'administration et d'assainir les affaires de la ville.

Il confie à Ness le soin de réorganiser les services de police ainsi que le corps de pompiers, et d'en extirper les membres corrompus. Il le nomme Directeur de la Sûreté publique. Un travail qui convient à Ness, plus homme de terrain que de paperasse, mais qu'il doit mener à bien le plus rapidement possible, le résultat du vote du budget et son accroissement en dépendant.

Ness s'entretient avec le chef Matowitz à qui il demande de muter les responsables de la Brigade Criminelle dans différents commissariats de la ville afin de démanteler un premier maillon de la corruption. Ensuite il nomme le lieutenant Potter, une promotion déguisée, responsable de la circulation, mettant à sa place à la tête de la Brigade criminelle Cooper. Selon Wild, un journaliste, le chef des policiers marrons serait quelqu'un de haut placé.

L'incendie d'un foyer de personnes âgées, une véritable bicoque, permet à Ness de constater l'incurie et la déficience du service des sapeurs-pompiers. Il organise une descente de police dans un salon de coiffure qui servirait de relai à des bookmakers et appartenant à la Bande de Mayfield Road. Lorsqu'il arrive, tout a déménagé. La confirmation que quelqu'un a renseigné les tenanciers.

Wild se moque de lui dans le journal, ce qui ne plaît pas à l'incorruptible. Ness décide d'embaucher des privés pour suppléer les policiers dans certaines tâches.

Un mois plus tard deux autres descentes sont mises sur pied, conduites par le procureur et son adjoint. Destination deux cercles de jeux. L'un des tripots clandestins est quasiment vide. L'autre offre une certaine résistance. Ness appelé en renfort ne se laisse pas impressionner par les gardes du corps armés et force la porte. Patton le responsable du local parvient à s'enfuir.

Wild lui apprend l'existence d'un trafic de concessions de cimetière mené par un supposé G-Man du nom de Sidney White. Il échange contre un prétendu bon de garantie sans valeur les livrets d'épargne des petits vieux, des immigrants pour la plupart. Aussitôt Ness établit un lien avec l'incendie du foyer et pense à une manœuvre criminelle.

 

Très charpenté, ce roman de Max Allan Collins, comme tous ceux mettant en scène les principales figures du banditisme des années 30 aux Etats-Unis et dont il est l'auteur, est autant policier qu'historique et documentaire. Il fait un peu penser à Marvin Albert qui lui aussi explora les bas fonds d'une façon très méthodique, y incorporant toutefois une touche d'humour. C'est ainsi que l'intègre Eliot Ness, ne dédaigne pas la compagnie d'un verre d'alcool lorsqu'il rencontre des difficultés d'ordre sentimental.

Si Ness se conduit comme un chef dans son rôle de Mr Propre, il passe à côté de la plaque lorsqu'il s'agit de gérer sa vie conjugale.

On n'est jamais plus vieux que mort.

Curiosité :

Nate Heller, le détective privé, héros de quelques aventures narrées par M. A. Collins, fait une apparition dans cette histoire et y joue un rôle déterminant.

Max Allan COLLINS : Ça sent la rousse. (The dark city - 1987. Traduction de F. M. Watkins). Série Noire N°2127. Parution mars 1988. 288 pages. 6,65€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 13:46

Bon anniversaire à Alain Puiseux, né le 28 mai 1963.

Alain PUISEUX : Bienvenue au Paradis.

Cortez a été mis à la porte de son squat. Des hommes sont venus, ont tout cassé, tout démoli et il n’a rien pu sauver pas même ses précieux carnets.

Vêtu simplement d’une couverture, il regarde son immeuble qui n’est plus que ruines.

Il est recueilli par Alice, une vieille dame qui l’appelle son Jésus. Comment se fait-il qu’il vive dans la forêt, près de la Sascatchoe, non loin d’une bourgade dirigée par un shérif féminin prénommé Martha ? Martha c’est aussi le nom de l’élan qui vient le voir de temps à autre dans la clairière où se dresse sa cabane. Refuge de récupération.

Il n’est pas seul, puisque vivent avec lui deux gamins, les jumeaux Tim et Tom. Et il a des amis, un endroit où se désaltérer. Enfin il peut trouver un sens à son existence, en aidant plus paumé que lui.

Comment est-il arrivé dans ce lieu tranquille, bucolique, serein ? Peut-être à bord d’un avion, peut-être comme ça d’un claquement de doigts, d’un coup de baguette magique.

 

Le rêve et la réalité se mélangent sous forme de retour arrière, de flash, de rêves (ou de cauchemars) éveillés. Un roman tendre, sensible, noir et vert, féroce sans être méchant dans la description de la noirceur d’un monde urbain, lyrique lorsque la forêt et les animaux tiennent la vedette, avec parfois la dose d’humour qui permet de digérer toutes les infortunes, les misères que la vie se charge de déposer aux pieds des plus démunis.

Deux mondes parallèles qui se télescopent à certains moments puis s’éloignent à nouveau comme si rien ne s’était passé.

 

Alain PUISEUX : Bienvenue au Paradis. Collection Hors Noir 27. Editions Hors Commerce. Parution le 22 juin 2001. 248 pages.

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 08:36
Eric KRISTY : Circulez !

Y'a rien à voir ?

Eric KRISTY : Circulez !

Noblard est affecté à la surveillance d'un quartier du 20e arrondissement de Paris en compagnie d'un flic de quartier nommé Roussillon.

Travail qui pourrait se dérouler sans trop de peine, s'ils n'étaient appelés en renfort sur les lieux d'un hold-up. Arrivés les premiers sur place, Noblard et Roussillon se trouvent nez à nez avec les deux braqueurs. Roussillon, perdant son sang-froid, abat l'un des jeunes malfrats, malgré l'intervention de Noblard. Bavure ? Pas bavure ?

La consigne est donnée par le brigadier Richez : Roussillon a tiré se croyant menacé. La légitime défense est le mot d'ordre. Coincé entre des chefs qui ne veulent pas de retombées capables de briser leur carrière, l'IGS la police des police qui condamne plus facilement les agents de la paix que les fauteurs de trouble, et les journalistes en mal de copie, ceux-là même qui le lendemain dénonceront le laxisme de la justice, Noblard se demande comment se sortir du bourbier dans lequel il est plongé.

La victime ne possédait pas de papiers sur lui, mais son identité est bientôt révélée, puis par recoupement celle de son compère, Marc Perez. Noblard reçoit chez lui des lettres anonymes vengeresses l'accusant de complicité. Un soir il est agressé à son domicile par Perez et la vendeuse du magasin où a eut lieu le hold-up raté. La concierge de Noblard qui lui apportait son linge est abattue avec l'arme du policier et le couple s'enfuit à moto.

Le commissaire Hérald n'est pas convaincu par les explications de Noblard qui affirme ne pas avoir reconnu ses agresseurs. Richez lui ordonne de ne pas changer d'un iota sa version des faits survenus depuis le début de l'affaire.

Noblard tente de convaincre Karine, la vendeuse, d'influer sur Perez afin qu'il disparaisse de la circulation, prêt à les aider financièrement. Mais Perez braque une armurerie. Noblard se rend chez Karine mais il arrive en même temps que Richez. Perez tire sur le brigadier, les flics arrivent en renfort et le couple est abattu.

Interrogé par Hérald, Noblard travesti les événements, déclarant que Richez avait tenu à ce qu'il l'accompagne pour une arrestation dont il pensait tirer profit.

 

Deuxième aventure à la Série Noire de Noblard, Circulez est un roman qui nous fait découvrir l'autre face du miroir sans toutefois s'apitoyer sur les malheurs du policier dans l'exercice de ses fonctions.

Un livre à lire au premier, au deuxième, et peut-être même au troisième degré. On peut y trouver une parabole en essayant de deviner à travers les lignes un message, décortiquer la trame de l'histoire en traquant les impulsions du personnage, dénigrer une corporation dans son ensemble en oubliant qu'elle est composée d'êtres humains réagissant selon les événements et les sollicitations diverses provenant des ordres, du respect, du cœur et de la raison.

Noblard est un homme normal vivant avec ses contradictions. Pour cela il se sent mal dans sa peau et ses relations avec Clara, son amie, ne sont pas toujours au beau fixe.

 

Je suis poulet trente neuf heures par semaine, pas plus. Le reste du temps je suis comme tout le monde.

Eric KRISTY : Circulez ! Série Noire N°2107. Parution septembre 1987. 192 pages. 4,90€. Disponible.

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Présentation

  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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