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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 14:17

Ce titre est spécialement dédié à Nadine Morano. Comprenne qui voudra ou qui pourra.


Transportons-nous soixante-dix ans en arrière, en 1942 exactement, à Hollywood toutou.jpgLos Angeles, et retrouvons notre ami Toby Peters, le détective privé, fauché et affligé d’un mal de dos persistant, sans compter les nombreuses séquelles de blessures recueillies au cours d’enquêtes et altercations dues à sa mauvaise humeur ou son sens de la répartie cinglante pas toujours appréciée de la part de ses interlocuteurs.
Toby Peters se trouve plongé une fois de plus dans une drôle d’enquête mais côtoyant toujours des personnages prestigieux, et l’on se demande comment il arrive à être encore plus fauché et miteux à la fin de son enquête qu’au début, malgré la présence et la participation de ces personnalités.
Cette fois Toby ne se trouve pas entraîné dans les milieux cinématographiques, sa spécialité, malgré deux apparitions savoureuses, tendres et rapides de Buster Keaton, mais se verra proposé par la première dame des Etats-Unis, madame Eleanor Roosevelt, femme de Franklin D. Roosevelt, le président des USA pas moins, l’affaire suivante :
Il doit retrouver Fala, le chien du Président, un petit scotch terrier noir. Du moins le vrai car Eleanor Roosevelt pense qu’il y a eu substitution, et le chien qui vit à côté de son mari n’a plus les mêmes réactions, disons affectueusement canines, auprès de celui-ci, engendrant mauvaise humeur et complications diplomatiques. Après de multiples horions, plaies et bosses, Toby Peters déchiffrera la clé de l’énigme, ses pas le menant de chez un vétérinaire qui possède un assistant, musclé mais pas très futé, à une réunion d’un nouveau parti des conservateurs. Il est secondé par ses amis Sheldon Minck, le dentiste charlatan, Jeremy Butler, ancien pugiliste et poète, et Gunther traducteur suisse.
Un livre délicieusement rétro mais à la chute un peu fouillis. Je ne résiste pas au plaisir de vous dévoiler cette citation extraite de ce roman :
La ligne séparant la conviction de la folie est aussi fine que l’espace entre deux pensées. Le fou qui emporte notre foi est qualifié de saint, et le saint qui ne nous convainc pas est qualifié de fou.

Stuart KAMINSKY : Le toutou du président. Série Noire 2015.

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 14:01

Le 16 janvier 1989, décédait Pierre Boileau du duo Boileau-Narcejacpierre-qui-tremble.jpg.

En hommage, je vous propose de découvrir ou redécouvrir ce roman.
Dans le train qui l’emmène à Ouessant, villégiature privilégiée de vacances amplement méritées, André Brunel, commissaire de son état, est fortement intrigué par les agissements suspects d’un voyageur. Furtivement celui-ci ouvre les portes des compartiments, jette un coup d’œil à l’intérieur, puis les referme passant au compartiment voisin. Un manège qui ne peut qu’éveiller l’instinct suspicieux d’un policier. André Brunel suit l’indélicat personnage et bien lui en prend car cela lui permet de sauver la vie d’une jeune femme subissant les assauts de l’homme.
Un ticket de train appartenant à l’agresseur incitera notre commissaire à renoncer à des vacances en solitaire et à enquêter au château de La pierre qui tremble, destination de Denise Servières, la voyageuse, et propriété du père de son fiancé, Jacques de Kervarech. Denise est à nouveau agressée et André Brunel s’installe à demeure au château qui est le théâtre de faits troublants. L’un des moindres étant la disparition quasi magique d’un personnage réfugié dans une salle de bain, fermée de l’intérieur et dont toutes les issues sont gardées.
Ce roman, qui date de 1934, démontre tout l’attrait qu’avait Pierre Boileau pour les romans d’énigme, mais aussi pour les romans feuilletons dans lesquels s’illustrèrent Gaston Leroux, Souvestre et Allain, et bien d’autres. Des romans qui privilégiaient l’action, le mystère, l’ambiance, l’insolite, et qui exigeaient de la part de leurs auteurs une imagination fertile et débordante. Des romans qui n’avaient pour prétention que de divertir le lecteur et qui y réussissaient pleinement. L’humour, l’angoisse, la note fleur bleue, les leçons de courage, les invraisemblances parfois, étaient au rendez-vous. Les auteurs de romans d’aventures ne se posaient pas de questions. Ils essayaient de créer un imaginaire dans lequel le lecteur plongeait avec délices.
Pierre BOILEAU : La pierre qui tremble. Collection Les Maîtres du Roman Policier. Le Masque jaune N° 1938.

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 13:19

Bon anniversaire à Jean-Bernard POUY né le 2 janvier 1946.

Deux gendarmes qui escortent dans un train une jeune fille afin de la présenter devant un juge d’instruction, cela paraît banal en soi. Un des deux gendarmes, près de la retraite et atteint d’envies répétées et urinaires, encore plus banal, n’est-ce pas ? Mais que certains mensonges.jpgtypes à l’allure trop honnête pour l’être vraiment, semblent les épier, attendant un moment propice pour effectuer une action quelconque à l'encontre de la jeune femme, alors là, cela devient sérieux et pour le moins bizarre. Mais quelle forme d’action tout d’abord ? Pour la délivrer des griffes des représentants de l’ordre ou au contraire pour l’abattre afin quelle ne puisse pas révéler un secret concernant une affaire politique ? Zapala, ne se pose pas tant de questions, ou s’il se les pose, c’est inconsciemment et dans le feu de la bagarre. Dans le feu, est bien l’expression appropriée car son collègue tombe touché par les balles ennemies. Le gendarme restant et la jeune fille sautent du train, échappant à leurs poursuivants. Commence alors une aventure bizarre, dans laquelle le gendarme jette aux orties trente et quelques années de carrière, une retraite bien méritée, et ce pour un motif dont il serait bien incapable de préciser le pourquoi du comment. Prennent également une place prépondérante dans cette histoire une clef et un transit intestinal qui peut rapporter gros.

Lors de la parution de cet ouvrage en Série noire, il y a un peu plus de vingt ans maintenant, j’avais estimé que Jean Bernard Pouy faisait partie de cette jeune génération d’auteurs au talent de conteur indéniable et qui savait se renouveler jusque dans ses références littéraires tout en utilisant un humour à froid. Après n’avoir juré que par Wittgenstein, il citait alors un autre obscur philosophe autrichien du nom d’Arthur Keelt, né de son imagination mais pris au sérieux par des censeurs patentés qui pensent tout connaître et qui gobent la première mouche venue comme la truite d’élevage. Comme si tout cela n’était qu’une immense boutade lancée par un auteur qui ne se prend pas au sérieux, et encore moins les critiques littéraires, ceux qui comme au cinéma, tressent les lauriers (rares) ou jettent l’opprobre (le plus souvent) sur une œuvre pour le simple plaisir de se croire les maîtres de la pensée de tout un chacun, de démolir pour assouvir leur satisfaction personnelle et cacher une certaine médiocrité.

Jean-Bernard POUY : La clé des mensonges. Folio Policier N° 543. 192 pages. 5,30€

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 08:38

Jeanne avait pourtant compris la consigne de sa mère : ne pas ouvrirDinde.jpg la porte à un étranger tandis qu’elle effectuait ses dernières courses à la veille de Noël. Mais comment résister lorsque le Père Noël en personne se présente, appelant Jeanne et ses frères et sœur par leurs prénoms, qu’il se recommande de maman et que surtout il ne faut pas déranger papa qui travaille à l’étage, tout ceci étant une surprise. Une surprise assurément pour Patricia, la mère rentrant des emplettes, et pour Pierre, le père. Le père Noël, alias Gérard Soulier, un emprunt à la chanson immortalisée par Tino Rossi, veut s’emparer du contenu du coffre de la banque dont Pierre est directeur, car il sait que les recettes des hypermarchés de la région vont être transférées dans l’établissement. Le lendemain, il n’aura plus qu’à se servir. En attendant il faut accueillir les invités, un boucher, sa femme et son fils, un libraire, sa femme et son employée, puis le docteur Boussarin. La fête programmée tourne rapidement au cauchemar pour ces invités qui découvrent en ce Père Noël d’opérette un dangereux convive. Ancien directeur d’une société de sécurité, il a mis au point quelques logiciels et autres gadgets pour les surveiller nuit et jour. Dans sa hotte il a amené en guise de cadeaux des objets qu’il dépose sur la table, les invités devant reconnaître celui qui lui convient. Par exemple la clé d’une chambre d’un hôtel, lieu de rendez-vous réputé pour accueillir des couples échangistes. Une plume de corbeau, allusion directe à un personnage rédigeant des lettres anonymes. Un livre, crime en col blanc, écrit par un juge célèbre pour avoir instruit des affaires financières véreuses. Un journal enquêtant sur des “ tournantes ”, une pratique pas seulement l’apanage des jeunes des banlieues. Etc. J’allais oublier, autres petits cadeaux : des ceintures explosives que Soulier peut à tout moment déclencher, si l’affaire tourne mal. Et pour entretenir la tension parmi tous ces participants pris en otages, il dispose de deux armes à feu, l’une factice, l’autre bien réelle. La nuit risque d’être chaude, d’autant que les cadeaux incongrus sèment la zizanie parmi les convives.

Un suspense en huis clos entretenu savamment par Serge Quadruppani qui ne lésine pas sur les effets spéciaux. La distribution des cadeaux par exemple s’effectue en plusieurs étapes, mais chaque erreur d’appropriation non seulement peut être préjudiciable à la santé de celui qui se reconnaît à tort, mais de plus permet de dévoiler plusieurs facettes de ces invités qui pensaient passer une agréable soirée. Les enfants, surtout Jeanne, jouent un rôle prépondérant dans cette pièce de théâtre qui garde jusqu’à l’épilogue une forte tension. Un bon roman qui se lit avec plaisir et pourrait être adapté au théâtre sans pratiquement effectuer de retouches.

Serge QUADRUPPANI : La nuit de la dinde. Collection Suites N° 74, éditions Métailié, 2003. 168 pages. 9,50€.

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 16:51

Lorsqu’on évoque Noël, la première image qui vient à l’esprit, outre les cadeaux Noels-rouges.jpget le sapin, c’est la dinde croustillante, dorée, sortant du four, entourée de marrons ou de châtaignes fumant et nageant dans un jus odoriférant. Vision qui certes réjouit l’estomac. Faut-il pour autant oublier les nourritures spirituelles, celles qui égaient les soirées hivernales alors que calés dans un fauteuil profond et accueillant, près d’un feu pétillant, vous rêvez à autre chose que la sempiternelle télévision et que dehors souffle la bise glaciale ?


Sortez de votre cocon douillet et plongez-vous dans un recueil sur lequel plane l’ombre de Dickens, ce grand romancier britannique qui su démontrer que Noël n’est pas forcément le jour de fêtes, prélude à la trêve des confiseurs. Non, durant la nuit de Noël et la journée qui suit, alors que les enfants s’extasient devant leurs cadeaux, ou ronchonnent parce qu’ils n’ont pas tout ceux qu’ils avaient commandés, les forces du mal ne cessent pas leurs activités néfastes. Les drames existent et sont peut-être plus insoutenables ce jour là. Drames de la solitude, de la jalousie, de la vengeance…


Noël c’est le temps des réjouissances et de la fête, mais pas pour tout le monde. Dans les coulisses le démon veille, aspirant à transformer les cris de joie en cris d’agonie. Mais à l’instar de Dickens qui avec le personnage de Scrooge démontrait que la bonté existe en chacun de nous et qu’un petit fait peut métamorphoser un individu au fond particulièrement mauvais, à l’instar de Dickens donc, les auteurs de ces nouvelles ont essayé d’apporter une note relativement optimiste pour ne pas dire franchement humoristique en conclusion de leurs histoires.


Noëls rougesA part deux ou trois, même les contes les plus noirs, les plus pathétiques recèlent une note d’espoir, parfois d’une manière fugace, fugitive, secrète.

Dommage que Noël ne soit pas un 31, nous aurions eu droit à 31 histoires. Dommage également que les auteurs français soient si peu représentés. Il est vrai que la nouvelle n’a jamais eu grande presse en France, malgré quelques grands maîtres comme Maupassant ou Marcel Aymé. Un dernier mot : j’aimerais souligner l’excellente et érudite présentation des textes de ce recueil et de leurs auteurs par Jean-Pierre Croquet, le concepteur de cette remarquable anthologie que l’on peut trouver chez quelques bouquinistes et sur des sites de vente en ligne.


Au sommaire de cette anthologie :

De retour avant Noël (John Collier)
Colin-maillard de mort (John Dickson Carr)
Vœux de Noël (Cyril Hare)
Morte la veille de Noël (Stanley Ellin)
L'escarboucle bleue (Arthur Conan Doyle)
Un horrible petit chapeau vert(Alain Demouzon)
Markheim (Robert Louis Stevenson)
Le buste de Beethoven (Boileau-Narcejac)
Le club des Pères Noël (Julian Symons)
Le Noël du petit Vincent-Vincent(Gaston Leroux)
Le collier de perles (Dorothy L. Sayers)
Joyeux Noël pour la police (Edward D. Hoch)
Le sang innocent (Léo Malet)
Par un matin de Noël (Margery Allingham)
Une vengeance impitoyable (Guy Boothby)
Un drôle de Père Noël (Charlotte & Dan Ross)
La poupée du dauphin (Ellery Queen)
Un très joyeux Noël (Ed McBain)
La légende de la cloche (Barry Perowne)
Meurtre à l'étalage (Peter Lovesey)
Les étoiles filantes(Gilbert K. Chesterton)
Un cadeau de Noël (Robert Arthur)
Plus de place à l'auberge (Bill Pronzini)
La nuit avant Noël(Robert Bloch)
Le meurtre du Père Noël (Tage La Cour)


25 Noëls rouges, 25 histoires mystérieuses pour le temps de la fête. Anthologie de Jean-Pierre CROQUET. Editions Julliard. Collection Bibliothèque criminelle N°1. 1989. 495 pages.

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 12:54

Qu’il est bon de retrouver, de lire un roman, même inachevé, d’Alexandre Dumas, alors que notre enfance a été bercée des exploits des Trois Mousquetaires, du Comte de Monte-Cristo, de la Tulipe noire et autres romans d’aventures fabuleuses et épiques. Etait-il possible rene-besson.gifqu’un roman d’Alexandre Dumas resta inédit ? Cela semble impossible et pourtant c’est vrai. C’est grâce à la ténacité, au travail de fourmi, aux recherches de la Société des Amis d’Alexandre Dumas qu’aujourd’hui nous pouvons enfin découvrir ce texte paru à l’origine dans le journal créé par Dumas, le Monte-Cristo, et qui ne fut jamais édité en volume. Un roman dont nous ne connaitrons jamais l’épilogue malheureusement, puisque le journal ayant cessé de paraître, le feuilleton sombra corps et bien.

Un texte qui s’inscrit plus comme un reportage concernant les débuts de la Révolution Française relatés par un provincial qui a vécu certains événements historiques comme la fuite du Roi et son arrestation à Varennes. Un roman traité avec gravité et dont les scènes, les actions épiques et picaresques font presque défaut comparées aux romans de cape et d’épée d’Alexandre Dumas et à son œuvre historique en général.

Alexandre Dumas a été maintes et maintes fois montré du doigt par les historiens officiels pour sa propension à valser avec les dates, les événements et les personnages, réécrivant l’histoire selon son humeur.

Lui qui jongla allègrement avec l’Histoire se permet une violente diatribe envers les historiens, les fustigeant et c’est véritablement avec jubilation que l’on peut lire sous sa plume : Si l’histoire, qui affecte de mépriser le pittoresque, ne se préoccupe pas de donner des dates justes nous demandons à quoi sert l’histoire. C’est bien peu de chose qu’une chronologie ; mais une chronologie inexacte, ce n’est rien du tout. Plus loin il enfonce le clou en déclarant : L’histoire fait partie des richesses morales d’un pays comme l’argent fait partie de ses richesses matérielles. Or, nous croyons qu’il ne faut pas plus laisser les historiens falsifier l’histoire que les faux-monnayeurs la monnaie.

Publié aux éditions François Bourin en 1989, repris par les éditions Julliard en 1994, j’espérais que ces éditeurs allaient continuer dans la foulée à nous offrir d’autres textes, non pas inédits mais oubliés. Les éditions François Bourin avaient proposé des textes de voyages comme Le Caucase, Une année à Florence, Le Véloce, de Cadix à Tunis, mais combien d’autres mériteraient une réédition, Le page du duc de Savoie, Le Docteur mystérieux, Aventures de John Davis, Le meneur de loups… au lieu des éternels Trois Mousquetaires et leur suite.

L’idée m’est venue de présenter ce roman, que l’on ne trouve plus que chez certains bouquinistes et sites virtuels, en lisant le nouveau numéro de la Revue Le Rocambole, intitulé La plume au fusil et que je vous chroniquerai dans la foulée.

Addenda : Ceci était le texte d’une chronique radio datant de 1989. Mais depuis, ayant effectué des recherches sur le site de l’association des Amis d’Alexandre Dumas, je n’ai trouvé aucune référence concernant cet ouvrage. Se pourrait-il que ce texte fut imputé à tort au père des Trois Mousquetaires ? Il semblerait que oui, d’où les mises au point de l’auteur concernant l’Histoire et relevées ci-dessus. Dans la même veine, Le Roman de Violette, un roman gentiment érotique, a été réédité par les éditions Mercure de France en 1992, et attribué à Alexandre Dumas, avant que des recherches plus approfondies aient permis de rendre à César ce qui était à la marquise H. de Mannoury d'Ectot.

Alexandre DUMAS : René Besson, un témoin de la révolution. Editions Julliard. Présentation de Claude Schopp, préface d’Alain Decaux. Aout 1994. 427 pages. 1ère édition François Bourin 1989.

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 13:25

Jean-Patrick Manchette est souvent cité comme référence, l’œuvr eManchette n’est pas aussi connue qu’elle devrait être, du moins je le pense. Un auteur auquel, je cite, “ Face à une telle consécration, on est en train de droit de se demander comment [un auteur qui n’avait pas publié depuis 1982] peut avoir une aussi grande influence sur des écrivains d'horizons très différents, et notamment ceux de la dernière génération qui pour la plupart ne l’ont jamais rencontré, puisqu’il n’apparaissait plus dans les festivals et a repris sa célèbre chronique Notes noires dans Polar qu’en 1993, soit après neuf ans d’interruption ”. Jean-François Gérault qui s’intéresse principalement au polar des années 70 mais est également traducteur et auteur de nouvelles, s’est penché de façon rigoureuse sur le cas Manchette, le situant dans cette époque qui restera marquée comme l’ère du néo-polar dont Manchette fut le père, l’instigateur, le prophète. Et c’est bien cette “ révolution dans le polar ” qui compose le plat de résistance de cet ouvrage qui dissèque par ailleurs la bibliographie de Manchette. Et je pourrai dire que Manchette avait un fameux coup droit, qu’il y a eu un avant Manchette et un après Manchette dont certains auteurs sont restés sur le carreau. Et même si l’on n’est pas adepte de l’ancien néo-polar, préférant les bons vieux romans d’énigme en chambre close, l’on ne pourra rester indifférent devant le travail réalisé par Jean-François Gérault.

Certains des romans écrits par Jean-Patrick Manchette ont été adaptés au cinéma dont Nada de Claude Chabrol du roman éponyme, Folle à tuer d’Yves Boisset de Ô dingos, Ô châteaux, Polar de Jacques Braal d’après Morgue pleine, Trois hommes à abattre de Jacques Deray adapté de Le petit bleu de la côte ouest qui fut lui-même adapté en bande dessinée par Tardi. Son dernier roman inachevé est La Princesse du sang adapté en BD par Max Cabanes et Doug Headline, son fils. La carrière de Jean-Patrick Manchette en tant qu’écrivain débute par l’écriture de romans juvéniles, la série des Globe-trotters, en collaboration avec Michel Lévine. Mais c’est son entrée à la Série Noire qui sera un véritable déclencheur.

Manchette1.jpgAutant de références, de précisions, d’explications et encore plus que vous pourrez découvrir dans cet ouvrage de cette collection appelée fort justement Références. Un ouvrage complet (celui que je possède date du mois d’Octobre 2000, une réédition a été réalisée en 2008 suite à un incendie dans les entrepôts des Belles-Lettres) auquel je me fie plus que certaines affirmations dans Wikipédia. En effet cet essai ne mentionne pas les deux romans publiés dans les collections Un Mystère et Espiorama signés Sylvette Cabrisseau, une ancienne speakerine de la télévision : Folie Noire (1970) et Panthère Noire (1971). Un oubli et une découverte après la première édition de cet ouvrage ou une affabulation sur internet ?

Jean-Patrick Manchette est né le 19 décembre 1942 à Marseille et décédé à Paris le 3 juin 1995.

A lire ou à relire chez Folio : Nada, La position du tireur couché, L’affaire N’Gustro (en collaboration avec Jean-Pierre Bastid) et chez Rivages : La princesse du sang, Cache ta joie, Les yeux de la momie et Les Chroniques.

Jean-François GERAULT : Jean-Patrick Manchette, Parcours d’une œuvre.  Collection Référence N°16, Editions Encrage. 136 pages. 17€.

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 15:23

La collection 33, dont le nom a été choisi en fonction du prix pratiqué ànishimura5.jpg l’époque, 33 francs soit l’équivalent de 5€, était dirigée par François Guérif qui entamait une nouvelle aventure éditoriale après Red Label, Fayard Noir, pour les titres étrangers, Engrenage International, et en complément de Rivages Noirs, créé en 1986, et Rivages Thriller et connaître la consécration avec ces deux dernières. Au catalogue de cette collection on peut retrouver des auteurs fétiches tels que Fredric Brown, Robert Bloch, Richard Matheson, John Sladek ou encore Jack Finney et William Irish. Cette collection ne connaitra malheureusement que 16 titres.

Le premier ouvrage publié était celui d’un auteur japonais qui aura droit à une autre publication : Petits crimes japonais, réédité chez Rivages Noir n° 218.


Ellery Queen, Hercule Poirot, Jules Maigret à Tokyo, ce n’est pas de la fiction, mais bien la réalité. Et s’ils sont tous les trois dans la capitale de l’Empire du Soleil Levant, c’est à la demande de monsieur Sato, un richissime Japonais.

Le but de cette réunion des grands détectives auxquels se joint Kogoro Akéchi, le célèbre détective nippon, est simple : monsieur Sato, connaissant l’éthique, la probité et la profession de foi de ces enquêteurs scrupuleux et intègres, va se faire voler deux millions de dollars par un individu choisi, élu selon certains critères afin de reconstituer fidèlement un vol similaire et évidemment de démasquer le coupable.

nishimura.jpgMais rien ne se passe toujours comme on l’a souhaité et il existe ce petit grain de sable qui grippe la machine. Et ce grain de sable, ce n’est ni plus ni moins que le meurtre du voleur télécommandé malgré lui. Les déductions d’Ellery Queen, la mise en fonction des petites cellules grises d’Hercule Poirot, le profil psychologique du coupable vu par Maigret, l’apport sagace non négligeable du détective nippon Kogoro Akéchi, tout nous est conté avec verve, avec humour, avec une connaissance certaine de ces classiques par Kyotoro Nishimura.


Les références littéraires ne manquent pas et les personnages des détectives sont présents avec leurs tics, leurs manies, leurs conceptions de mener une enquête. Et c’est avec un réel plaisir que nous voyons les Grands Détectives s’affronter ou au contraire confronter leurs résultats. Ce roman n’est ni un vulgaire pastiche ni une parodie quelconque. C’est un hommage rendu à toute une culture, une littérature, une reconnaissance de l’apport des Occidentaux à un genre qui s’internationalise de plus en plus. Hommage donc aux Etats-Unis, à la Grande-Bretagne, à la France, et à la Belgique puisque, aussi bien Hercule Poirot que Simenon, sont belges.

Un roman à découvrir ou redécouvrir.

Kyotaro NISHIMURA : Les grands détectives n’ont pas froid aux yeux. Collection série 33, éditions Clancier-Guénaud (1988). Réédition Philippe Picquier (1998). Traduit du japonais par Jean-Christian Bouvier.

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 13:54

Pour tous ceux qui auraient une petite faim, je vous propose en hors d’œuvre de grignoter un Poulpe, accompagné d’un ti’ punch antillais et corsé, ce qui n’est marchande-dose.jpgpas incompatible. Le cadavre d’une jeune femme retrouvé sur une plage de la Guadeloupe alors que le bateau qu’elle barrait s’est perdu en pleine mer, voilà de quoi laisser songeur le Poulpe et surtout ses amis du restaurant Au pied de porc de la Sainte Scolasse. La version annoncée par un journaliste local qui ne possède aucun renseignement mais n’hésite pas à écrire un papier sur un probable trafic de drogue, ne convainc ni le Poulpe ni ses amis qui n’hésitent pas à le titiller pour qu’il se rende sur place. Gabriel n’a pas le temps de profiter du farniente et se laisser aller à bronzer sur les plages de sable blond ou noir. A cause du décalage horaire et des moustiques par trop affectueux qui ne songent qu’à lui embrasser la couenne, le Poulpe se réveille à trois heures du matin, un violent désir de bière lui chatouillant les papilles. Dans un bar il converse avec un ancien soudeur reconverti dans l’absorption de rhum blanc. Ce qui n’empêche pas le brave homme d’avoir une opinion bien personnelle de l’accident. Pour lui il s’agit tout simplement d’une façon toute bête de se faire de l’argent sur le dos de l’état. Et de lui démontrer ipso facto que grâce à la défiscalisation « y’a le pognon, mais pas la sueur ». C’est-à-dire le moyen « honnête », ou plutôt légal, d’arrondir son pécule en profitant des largesses de l’état. Le seul principe de base étant de posséder déjà un apport. Le Poulpe ne sait résister à un joli sourire, surtout s’il émane d’une Créole avenante. Celle qui le lui adresse travaille dans les assurances et était amie avec la défunte, il n’a aucune raison de la rembarrer. De plus elle connaît le pays, ses mœurs et coutumes et comme il sait se montrer affectueux lorsqu’elle est confrontée à des problèmes relationnels, rien ne s’oppose à une entente plus que cordiale. Jacques Vettier, qui a déjà écrit quelques bons romans mettant en scène Carole Memoni, une juge d’instruction dont la dernière enquête se déroule justement dans les Antilles, place l’intrigue dépaysant mais dont il connaît les arcanes. Il ne se contente pas de nous offrir une carte postale touristique dédiée au Poulpe, il démontre que sous le charme antillais parfois trop élogieux existe aussi une contrée subissant des problèmes. Il entraîne également le lecteur dans les méandres d’une juridiction fiscale complexe qui peut laisser rêveur ceux qui recherchent comment payer moins d’impôts. Un bon Poulpe qui sort de l’ordinaire et propose une enquête qui sort d’un classicisme devenu par trop commun.

Jacques Vettier : La petite marchande de doses. Le Poulpe N° 133, éditions Baleine. 8€.

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 13:41

Un recueil de nouvelles du grand William Irish, cela se déguste, le soir, tranquillement lové sur son divan, alors que dans la cheminée pétille joyeusement un feu de bois. Car ne vous y trompez pas, ce n’est pas parce que ces nouvelles ont été à l’origine éditées dans la mythique Black Irishrevue Black Mask aux Etats-Unis, qu’elles ont été écrites comme sorties d’un même moule.

L’amateur d’exotisme se régalera avec Le signal d’alarme, une sombre histoire de maharadja et de pierres précieuses, tandis que le cinéphile trouvera son compte avec On tourne, une façon bien particulière de se débarrasser d’une étoile montante. L’œil trouvé prouve que le troc est toujours à l’avantage de quelqu’un, certes, mais qu’il faut se méfier des objets dont on ne connait pas la provenance. En haut des marches atteint le paroxysme du suspense. Faut dire que le protagoniste de cette histoire, un condamné à mort, a l’espoir chevillé au corps. Mais perdra-t-il la tête à cause d’une femme ? Stupéfiant reprend l’un des thèmes majeurs dans l’œuvre de Irish. : le cas d’un homme qui se réveille, du sang maculant ses vêtements, avec l’impression d’avoir côtoyé un cadavre, et qui va tenter de résoudre cette énigme : a-t-il oui ou non tué un homme, un soir de déprime, et où ? Un meurtrier bien distrait prouve que le crime parfait n’existe pas, même si vous avez mis tous les atouts de votre côté et que vous ne vous êtes pas laissé distraire, pour une fois.

Des nouvelles sur lesquelles planent l’humour noir, féroce de William Irish, mais aussi un machiavélisme littéraire jamais ou rarement atteint. Le tout précédé d’une préface, sobre, de Jean-Patrick Manchette. On ne se lasse pas de redécouvrir William Irish et de se laisser entraîner dans son univers, mélange de pessimisme et d’optimisme, de rigueur et d’ingénuité.

William IRISH : Black Irish. Collection Grands Détectives n° 1971, éditions 10/18.

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