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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 13:54

Pour tous ceux qui auraient une petite faim, je vous propose en hors d’œuvre de grignoter un Poulpe, accompagné d’un ti’ punch antillais et corsé, ce qui n’est marchande-dose.jpgpas incompatible. Le cadavre d’une jeune femme retrouvé sur une plage de la Guadeloupe alors que le bateau qu’elle barrait s’est perdu en pleine mer, voilà de quoi laisser songeur le Poulpe et surtout ses amis du restaurant Au pied de porc de la Sainte Scolasse. La version annoncée par un journaliste local qui ne possède aucun renseignement mais n’hésite pas à écrire un papier sur un probable trafic de drogue, ne convainc ni le Poulpe ni ses amis qui n’hésitent pas à le titiller pour qu’il se rende sur place. Gabriel n’a pas le temps de profiter du farniente et se laisser aller à bronzer sur les plages de sable blond ou noir. A cause du décalage horaire et des moustiques par trop affectueux qui ne songent qu’à lui embrasser la couenne, le Poulpe se réveille à trois heures du matin, un violent désir de bière lui chatouillant les papilles. Dans un bar il converse avec un ancien soudeur reconverti dans l’absorption de rhum blanc. Ce qui n’empêche pas le brave homme d’avoir une opinion bien personnelle de l’accident. Pour lui il s’agit tout simplement d’une façon toute bête de se faire de l’argent sur le dos de l’état. Et de lui démontrer ipso facto que grâce à la défiscalisation « y’a le pognon, mais pas la sueur ». C’est-à-dire le moyen « honnête », ou plutôt légal, d’arrondir son pécule en profitant des largesses de l’état. Le seul principe de base étant de posséder déjà un apport. Le Poulpe ne sait résister à un joli sourire, surtout s’il émane d’une Créole avenante. Celle qui le lui adresse travaille dans les assurances et était amie avec la défunte, il n’a aucune raison de la rembarrer. De plus elle connaît le pays, ses mœurs et coutumes et comme il sait se montrer affectueux lorsqu’elle est confrontée à des problèmes relationnels, rien ne s’oppose à une entente plus que cordiale. Jacques Vettier, qui a déjà écrit quelques bons romans mettant en scène Carole Memoni, une juge d’instruction dont la dernière enquête se déroule justement dans les Antilles, place l’intrigue dépaysant mais dont il connaît les arcanes. Il ne se contente pas de nous offrir une carte postale touristique dédiée au Poulpe, il démontre que sous le charme antillais parfois trop élogieux existe aussi une contrée subissant des problèmes. Il entraîne également le lecteur dans les méandres d’une juridiction fiscale complexe qui peut laisser rêveur ceux qui recherchent comment payer moins d’impôts. Un bon Poulpe qui sort de l’ordinaire et propose une enquête qui sort d’un classicisme devenu par trop commun.

Jacques Vettier : La petite marchande de doses. Le Poulpe N° 133, éditions Baleine. 8€.

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 13:41

Un recueil de nouvelles du grand William Irish, cela se déguste, le soir, tranquillement lové sur son divan, alors que dans la cheminée pétille joyeusement un feu de bois. Car ne vous y trompez pas, ce n’est pas parce que ces nouvelles ont été à l’origine éditées dans la mythique Black Irishrevue Black Mask aux Etats-Unis, qu’elles ont été écrites comme sorties d’un même moule.

L’amateur d’exotisme se régalera avec Le signal d’alarme, une sombre histoire de maharadja et de pierres précieuses, tandis que le cinéphile trouvera son compte avec On tourne, une façon bien particulière de se débarrasser d’une étoile montante. L’œil trouvé prouve que le troc est toujours à l’avantage de quelqu’un, certes, mais qu’il faut se méfier des objets dont on ne connait pas la provenance. En haut des marches atteint le paroxysme du suspense. Faut dire que le protagoniste de cette histoire, un condamné à mort, a l’espoir chevillé au corps. Mais perdra-t-il la tête à cause d’une femme ? Stupéfiant reprend l’un des thèmes majeurs dans l’œuvre de Irish. : le cas d’un homme qui se réveille, du sang maculant ses vêtements, avec l’impression d’avoir côtoyé un cadavre, et qui va tenter de résoudre cette énigme : a-t-il oui ou non tué un homme, un soir de déprime, et où ? Un meurtrier bien distrait prouve que le crime parfait n’existe pas, même si vous avez mis tous les atouts de votre côté et que vous ne vous êtes pas laissé distraire, pour une fois.

Des nouvelles sur lesquelles planent l’humour noir, féroce de William Irish, mais aussi un machiavélisme littéraire jamais ou rarement atteint. Le tout précédé d’une préface, sobre, de Jean-Patrick Manchette. On ne se lasse pas de redécouvrir William Irish et de se laisser entraîner dans son univers, mélange de pessimisme et d’optimisme, de rigueur et d’ingénuité.

William IRISH : Black Irish. Collection Grands Détectives n° 1971, éditions 10/18.

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 13:49

Meurtri, veuf, Dainiaux se suicide après avoir vu un spectacle de peep-show dont Candy fut l'interprète. La jeune femme, qui sa prestation terminée l'a suivi, assiste à ce venus-peepshow.jpgdrame. Narval, inspecteur de police proche de la retraite, se voit retirer le dossier Toubaurg sur lequel il travaille depuis des années et se voit confier l'affaire Dainiaux. Toubaurg est un proxénète, propriétaire de nombreux peep-show et sex-shop, bien introduit dans les milieux politiques, le chantage aidant. Kavec, un journaliste dont le lecteur a fait connaissance dans Mort blanche, est contacté par un de ses anciens amis dont la petite fille, Madeleine, qui avait disparu depuis dix ans, a été aperçue sortant d'un de ces établissements destinés à assouvir les phantasmes d’hommes en manque d’aventures charnelles. Narval découvre dans la cave de Dainiaux un laboratoire photographique et une impressionnante collection de microfilms représentant des femmes nues dont les protubérances mammaires défient toute concurrence. Il se met à la recherche de l'actrice qui figure sur les négatifs contenus dans la montre-appareil photo du défunt et qui n'est autre que Candy. Tandis que Kavec se renseigne avec une force de frappe convaincante auprès de Ducastel un ex-journaliste pourri, sale et joueur, Lazlo, perturbé après avoir visionnè un film sur lequel Madeleine tenait la vedette, recherche rue Saint Denis quelqu'un pouvant lui fournir des éléments susceptibles de retrouver sa petite fille. Candy accepte de le rencontrer, décidant le lieu du rendez-vous. Un rendez-vous qui sera fatal à Lazlo, la jeune femme le trucidant à l'aide d'une machette. Elle assouvit une vengeance sur un innocent mais ce meurtre brouille les pistes. Daphné, la maîtresse de Kavec, de par son métier de call-girl, sait que Madeleine est la petite amie en titre de Toubaurg et en informe son amant. Narval a aperçu Lazlo au Pink Pussy, le peep-show où se produit Candy. Il l'attend à la sortie et l'emmène chez elle. Elle avoue son meurtre et Narval, au lieu de l'arrêter, lui propose une alliance afin de mieux faire tomber Toubaurg. Commence un chassé-croisé entre Kavec, Narval, et Morvan un inspecteur qui a pris la relève dans le dossier Toubaurg.

Ce deuxième roman de Canino reflète les fantasmes de l'auteur, qui ne sont pas érotiques mais anti-flics. "Kavec ne put réprimer sa répulsion pour les flics" (page 54). Et Kavec le journaliste héros et peut-être double de Canino, alias Noël Simsolo, ne se prive pas de les insulter, de leur cracher à la figure, et même de les tabasser. Mais les personnages de Canino sont tous plus ou moins névrosés; de Candy, la vedette vierge d'un peep-show qui assouvit sur un inconnu une vengeance vieille de plus de dix ans et qui ne travaille dans la rue Saint Denis que depuis une quinzaine de soirées, étant auparavant une pianiste de renom, à Narval qui lui aussi est fortement motivé par une vengeance quarantenaire, en passant par Madeleine, Ducastel, ou l'Albinos, gérant du peep-show.

CANINO : La Vénus de peep-show. Crime Fleuve Noir N° 42. Fleuve Noir.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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