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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 11:11

Hommage à Robin Cook décédé le 30 juillet 1994.

Robin COOK : Le mort à vif.

Au service des décès non éclaircis, l'A 14 dit aussi l'Usine, le sergent anonyme dont nous avons pu suivre quelques enquêtes dont J'étais Dora Suarez paru dans la même collection, est un flic marginal, en butte avec son chef Charlie Bowman de la Crime.

Sa femme a balancé la poussette de sa gamine sous une voiture et depuis elle végète dans un asile. C'est peut-être pour cela que notre policier revoit de temps en temps Firth, un flic révoqué de la police à cause de sa propension à ingurgiter trop d'alcool. Mais Firth s'il a sombré dans l'éthylisme n'en a pas moins gardé ses réflexes de policier et c'est ainsi qu'il met notre personnage sur la piste d'un tueur en série.

Il est intrigué par le locataire du troisième étage de son immeuble, lequel voisin déjà âgé et dépourvu de charme, change régulièrement de conquêtes féminines. Des veuves ou des jeunes filles prolongées dont le seul attrait semble être l'aisance matérielle. Seulement ce voisin énigmatique possède trop de patronymes pour être honnête.

Par des moyens pas toujours légaux, notre policier va tenter de confondre le présumé assassin mais il est en butte avec ses chefs qui ne comprennent pas son entêtement, préférant lui confier des enquêtes officielles.

 

Ce roman s'inscrit, par hasard, dans une nouvelle mode littéraire dans laquelle les Serial Killers prennent une part prépondérante.

Mais Robin Cook veut aller plus loin dans l'analyse, la compréhension de ceux qui tuent, pas forcément par plaisir mais surtout par besoin. Besoin de s'extérioriser, de se venger inconsciemment, de s'affirmer à leurs propres yeux.

L'enquête en elle-même sert de support à cette analyse, cette introspection du crime non organisé, non soumis à ce que l'on pourrait appeler les professionnels, bandits confirmés et autres truands de haute volée.

Sous la plume de Robin Cook, le roman noir prend une autre dimension, celle de la psychanalyse fondamentale d'un fait de société. On ne doit pas se cacher les yeux, faire l'autruche devant la multiplicité de ces crimes, mais au contraire les disséquer pour mieux les comprendre et peut-être les prévenir.

 

Robin COOK : Le mort à vif.

Robin COOK : Le mort à vif. Traduction de Jean-Paul Gratias. Collection Rivages Thriller. Editions Rivages. 230 pages. Parution décembre 1993. Réédition Rivages/Noirs N°241. Parution avril 1996. 320 pages. 8,65€.

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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 13:00

Bon anniversaire à Jack Higgins, de son vrai nom Henry Patterson, né le 27 juillet 1929.

Jack HIGGINS : Saison en enfer.

Enfer et contre tout...

La découverte du cadavre de George Walker, un étudiant, mort par noyade dans la Seine, à Paris, sous l’influence de l’alcool et de la drogue, ce ne pourrait être qu’un fait divers banal.

Sauf qu’après quelques péripéties et un voyage mouvementé, le corps de George Walker est découvert à moitié carbonisé près d’un corbillard accidenté en pleine campagne anglaise. Premier fait troublant.

Deuxième incongruité : dans le ventre de ce cadavre baladeur auquel on a extirpé tous les viscères lors de la mise en bière, les enquêteurs trouvent un petit sachet d’héroïne.

Troisième anomalie : une seconde autopsie du mort laisse apparaître que celui-ci était lors de sa noyade sous l’emprise d’une mixture qui réduit l’être humain dans un état d’hypnose chimique.

Enfin George Walker ne s’appellerait pas George Walker mais Eric Talbot et sa belle-mère une riche veuve américaine dont l’activité s’exerce dans les milieux boursiers de New-York.

Des recherches, des comparaisons font apparaître d’autres morts, d’autres décès tout aussi mystérieux dont la jeune sœur par adoption de Sean Egan, un as du SAS. Sarah Talbot et Sean Egan vont unir leurs efforts afin de débrouiller un écheveau qui va les conduire de Londres en Irlande en passant par Paris et sa banlieue et la Sicile. Ils sont suivis comme leur ombre par un certain Jago, mais ce ne sont que des marionnettes manipulées par un mystérieux Monsieur Smith.

Leur enquête s’effectue en marge du MI5, organisme secret qui surveille leurs déplacements afin d’éviter tout dérapage.

 

Il est loin le temps où Jack Higgins était traduit en France sous les noms de Harry Patterson, Martin Fallon ou James Graham. C’est véritablement sous l’alias de Jack Higgins et avec des romans comme Solo, Exocet et surtout La Nuit des loups, dont une partie de l’action se passe durant la Seconde Guerre Mondiale entre Granville et Bayeux, que cet auteur fort intéressant s’est imposé en France.

Saison en enfer est à ranger dans la catégorie Réussite. Un roman que l’on lit avec beaucoup de plaisir et qui jamais tombe dans le scabreux, la violence inutile et le sexe de complaisance, la seule préoccupation de l’auteur étant de distraire le lecteur. Mission accomplie.

Jack HIGGINS : Saison en enfer.

Jack HIGGINS : Saison en enfer. Editions Albin Michel. Parution 28 février 1990. 334 pages. Réédition Le Livre de Poche. Parution novembre 1992. 350 pages.

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 13:17

Bon anniversaire à Joseph Périgot né le 21 juillet 1941.

Joseph PERIGOT : Le bruit du fleuve.

C’est fou ce qu’il peut se passer comme choses la nuit dans un taxi !

Lucien n’est même plus étonné, lui qui sillonne la ville de Rouen toute la nuit à écouter des airs de Vivaldi ou des chansons de Brassens. A conduire avec, aux pieds, des charentaises et, à portée de main, une flasque de whisky.

Lucien est indépendant, et même s’il a chargé un client, il aime à s’arrêter au petit matin, près des berges du fleuve, à regarder le soleil se lever. Puis il rentre chez sa sœur, Thérèse, atteinte d’un cancer qui inexorablement lui ronge la gorge, ou bien chez lui, une petite maison coincée entre deux usines. De l’autre côté du fleuve, il peut apercevoir la maison de Flaubert transformée en musée. Voilà ! Sa vie se résume à ça ! Taxi de nuit, le jour chez sa sœur, parfois chez lui en compagnie d’un infarctus qui guette la moindre faiblesse. Le mardi, c’est le jour de Fernand, l’amant de sa sœur, un juge d’instruction, qui n’arrive jamais les mains vides.

Une nuit, Lucien charge à la gare un client que refuse Raymond, le taxi 92. Une course qui le mène jusqu’au Parc départemental des nomades. Il repart vers la ville, les lumières, le bruit, la vie et distingue dans le noir une forme humaine qui s’accroche aux grilles de ce parc zoologique pour humains. Une jeune fille se tient le ventre et fuit dans la nuit. Il la prend à bord de son véhicule, et là, sur la couverture, patchwork de soixante-quatre pièces amoureusement assemblées par Thérèse, sur cette couverture qui en a vu bien d’autres, naît un petit enfant. Pélina, la Gitane, quitte précipitamment le véhicule pour rejoindre les siens et Lucien hérite d’un joli bébé que Thérèse et lui gardent jalousement, malgré les conseils de Fernand, et qu’ils prénomment Rémi.

Rémi, c’est du baume dans leur vie, dans leur existence étriquée, du sang neuf qui vagit entre une cancéreuse pratiquement au bout du rouleau et un cardiaque qui guette sa propre défaillance. Ces deux célibataires qui n’ont jamais eu d’enfants à élever, à aimer, se réfugient dans la maison de Lucien près du fleuve. Les voici père et mère, poussant le jeu jusqu’à s’aimer d’amour, charnellement. Leur premier crime envers la morale. Mais ce n’est pas le seul, car Lucien est amené, par amour pour Rémi, pour le protéger, pour protéger Pélina, la mère venue vivre avec eux, par amour pour sa sœur Thérèse, Lucien est amené à tuer.

 

Le bruit du fleuve peut choquer les moralisateurs qui s’érigent en censeurs parce qu’ils ne savent pas ce que c’est que l’amour. L’amour de son prochain. Le plaisir, la joie de rendre service, sans en tirer gloire ou fierté. Uniquement par bonté d’âme et non par calcul.

Un roman qui, c’est certain, aurait dû paraître dans la défunte collection « SOS Racisme », victime non pas de son succès, mais de l’incompréhension, de la défiance de tous ceux qui pensent que les bons sentiments ne peuvent se traduire que par une récupération politique. D’un côté ou de l’autre. Un roman qui malgré son thème un peu provocateur n’en est pas moins d’une extrême pudeur.

En toile de fond, comme une obsession, Flaubert et son chef-d’œuvre Madame Bovary, imprègnent la vie, les pensées, les réflexions, les attitudes de Lucien qui déteignent sur Pélina et Rémi. Flaubert et sa maison, refuges de l’âme et du corps. Et lorsqu’il ne s’agit plus de l’écrivain normand, référence en est faite à Julian Barnes, alias Dan Kavanagh, et auteur du Perroquet de Flaubert. Autre référence indirecte, l’un des breuvages préférés de Lucien, hormis le whisky, est le vin, mais pas n’importe lequel : le Château Mesplède.

 

Joseph PERIGOT : Le bruit du fleuve. Editions Calmann-Lévy. 1991.

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 09:51

Bon anniversaire à Alain Demouzon, né le 13 juillet 1945.

Alain DEMOUZON : Chagrin d’amour, autobus 83.

Jérémie, soixante ans, a un regret. Il n’a jamais connu de véritable chagrin d’amour.

Et comme il a été placé dans un placard au CNRS, sous un fallacieux prétexte (il doit se montrer moins intelligent qu’il est), il a du temps libre pour se remémorer ses premières conquêtes féminines. Au fait est-ce lui qui a conquis ou le fut-il ?

Bref, un soir qu’il attend le bus, il reconnaît près de lui, et avec stupeur, Viviane, un amour de jeunesse. Elle a bien changé depuis, mais elle est toujours aussi jeune. Elle disparaît brusquement dans une brume de chaleur au fond du bus, une apparition fugitive, une émanation d’un regret longtemps enfoui dans les limbes du souvenir. Elle est remplacée par Béatrice, dont il se rappelle l’absolue flamboyance des baisers, la timidité de surface qui se dégageait d’elle cachant mal la surprise de la fournaise qui brûlait en elle.

Et voilà Jérémie englué dans le voyage des souvenirs, à la recherche des amours éphémères, délétères, des femmes qu’il a connu, ou cru connaître, et qui s’invitent devant ses yeux en entités impalpables, improbables, et pourtant si proches, si douces, si irrésistibles, si présentes.

 

Court roman, ou longue nouvelle, c’est au choix, Chagrin d’amour, autobus 83 nous plonge dans un univers onirique et fantastique qui ne peut qu’inciter le lecteur à effectuer un petit retour en arrière, et débusquer dans les méandres de sa mémoire turbulente ses premiers émois, ses premières amours (c’est vrai aussi pour les dames !), des figures estompées et qui reviennent avec force au moment où on ne les attend plus.

Si tant est qu’on les ait attendu un jour, l’avenir prévalant sur le passé.

Alain DEMOUZON : Chagrin d’amour, autobus 83. Collection Eden Fiction, Eden Production. Parution juin 2003. 72 pages.

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 10:49

Bon anniversaire à Hubert Monteilhet né le 10 juillet 1928.

Hubert MONTEILHET : Les cavaliers de Belle-Île.

Les amateurs de cape et d’épée se souviennent avec délices de leurs premières lectures : Féval, Zevaco et surtout le grand, l’immense, le magnifique Alexandre Dumas.

Hubert Monteilhet, bien connu pour ses romans policiers dont Les Mantes religieuses (Grand Prix de Littérature policière en 1960) ou Le Retour des cendres, je ne vous les citerais pas tous, par manque de place, renoue avec bonheur avec ce genre. Les cavaliers de Belle-Île qui est la suite des aventures et mémoires du Chevalier d’Espalungue entamées dans De plume et d’épée parues en 1999 chez le même éditeur.

On retrouve dans ce second volet les principaux protagonistes du roman précédent, Louis XIV bien sûr, Mazarin et quelques-uns uns de ceux qui marqueront l’histoire tels Colbert, Le Nôtre, Fouquet et tant d’autres, des personnages moins connu, Rossignol par exemple, spécialiste du chiffre et du décryptage. Sans oublier d’Artagnan, l’ami de d’Espalungue et ses compères Aramis et Porthos, Athos étant au paradis des Mousquetaires. Espalungue mène une vie paisible à Paris mais ses relations avec Anne d’Autriche l’amènent à reprendre le chemin vers de nouvelles aventures, Rome, la Bretagne et l’Angleterre. Tout cela pour déjouer une rumeur : le roi est-il le fils de son père ?

Ecrit d’une plume alerte, parfois verbeuse, ce roman, fort documenté, s’inscrit dans la tradition du livre épique, et Hubert Monteilhet, égal à lui-même, sait distiller de temps à autres des coups de griffe jubilatoires.

 

Hubert MONTEILHET : Les cavaliers de Belle-Île.

Hubert MONTEILHET : Les cavaliers de Belle-Île. Editions de Fallois. Parution août 2001. 398 pages. 19,05€. Réédition Le Livre de Poche. Parution janvier 2003. 444 pages.

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 10:54

Bon anniversaire à Jean Paul Nozière né le 7 juillet 1943.

Jean-Paul NOZIERE: Tangos.

Milou s’est installé à Sponge dix ans auparavant.

Directeur d’un supermarché il est devenu une figure marquante de la cité, chacun lui étant plus ou moins redevable. Il traficote et même les gendarmes bénéficient de ses largesses.

Seulement il a écrasé Babeth, la fille d’un riche transporteur, un soir de cuite, avec son 4X4 et il a été enfermé durant une semaine dans un asile psychiatrique, gavé d’antidépresseurs. Il revient au village et recueille une jeune auto-stoppeuse, Dolorès, et lui propose de dormir chez lui.

L’arrivée au village n’est pas ce qu’il escomptait. Les gendarmes ont dressé un barrage et se conduisent envers lui comme avec un vulgaire pékin. Les villageois le traitent d’assassin. Seul Maurice, son majordome, un Libanais qui reste en France grâce aux faux papiers que Milou parvient à lui procurer, semble lui vouer la même déférence qu’avant l’accident.

Des appels téléphoniques intempestifs, des dégradations sur son 4X4, les accusations portées par Dolorès le perturbent fortement. Ses deux chiens sont éventrés dans le chenil. Muni d’une carabine, Milou tire au hasard et tue Dolorès. Tandis que Maurice est chargé d’enterrer les cadavres, Milou fouille le sac de la jeune fille et découvre des lettres adressées par Babeth ainsi qu’un pistolet. Au supermarché, complètement disjoncté par l’alcool et les médicaments, il se montre particulièrement odieux envers ses employés, les menaçant du pistolet qu’il s’est accaparé, allant jusqu’à écraser une femme sous un chargement de pommes de terre déversées d’un chariot élévateur. A la fête du village il se conduit guère mieux et est rejeté par tous. Alors il se rend chez le père de Babeth et découvre cadavre gisant au milieu de bandes magnétiques et de lecteurs de cassettes.

 

L’action de ce roman se déroule dans un petit village des Côtes d’or, et pourtant le lecteur pourrait se croire transporté dans une bourgade des Etats-Unis, tellement l’ambiance décrite semble issue d’un ouvrage de Jim Thompson.

La vindicte des villageois, leur façon de procéder afin de démontrer que Milou n’a plus qu’une solution celle de quitter la cité, les agissements de Milou envers ses employés et ceux qu’il considère sous sa botte, à commencer par les gendarmes, n’ont rien à envier aux thèmes développés par Thompson.

Et une fois le livre terminé, avec un excellent retournement de situation, il reste une morale : il ne faut jamais se fier aux premières impressions. Un roman noir fort qui serait judicieux d’adapter au cinéma. Et l’on retiendra également la dérive de Milou comme une brèche issue de son enfance et les nombreuses références musicales qui sont échelonnées tout au long du roman.

 

Jean-Paul NOZIERE: Tangos. Collection Les Noirs N°42. Editions Fleuve Noir. Parution juillet 1998. 222 pages.

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 11:43

Bon anniversaire à Dominique Rocher née le 6 juillet 1929.

Dominique ROCHER : Le serpent dans la chaussette.

Selon la tradition anglaise, on glisse les cadeaux de Noël dans des chaussettes accrochées à la tablette de la cheminée.

Une coutume sympathique qui tend à s’étendre mais pas toujours à bon escient. Ainsi trouver dans une chaussette un serpent est pour le moins inattendu et désagréable, du moins c’est que ressent Olga Vincent, dite la Rouquine à cause de sa chevelure flamboyante.

Olga a décidé de passer des vacances tranquilles au Sénégal, via un Tour-operator. Dans l’avion qui l’emmène en Afrique elle est assise à côté d’une femme qui s’obstine à garder son bagage avec elle. Au bout d’un petit sommeil réparateur elle se retrouve avec toujours la même personne sur le siège voisin, ce qui à priori est normal, sauf que la dame semble partie chez Hadès. Pourquoi s’empare-t-elle du bagage ? Elle serait bien incapable de le dire. Peut-être un réflexe, le bagage menaçant de choir.

Dans sa chambre d’hôtel, Olga, curieuse et impulsive, inspecte le sac emprunté par erreur et d’une chaussette s’échappe le fameux serpent évoqué plus haut. Selon les infos télévisées, Marie Borman, docteur en médecine, ne serait pas décédée mais simplement dans le coma et Olga est priée de se présenter à l’aéroport. Ce qui n’enchante guère notre Rouquine avide d’aventures. Comme Marie Borman devait rejoindre une mission humanitaire, Olga décide de s’échapper de l’hôtel à bord d’un taxi de brousse. Après tout elle est infirmière, alors elle peut donner le change.

Elle est arrêtée par un contrôle de police, et comme une étourdie elle tend le passeport de la défunte. Au commissariat elle tente d’expliquer pourquoi elle est en possession de papiers ne lui appartenant pas et convainc par des arguments tarabiscotés les policiers qui la laissent repartir pour le fameux camp humanitaire. Lequel lui réserve de nombreuses surprises, mais pas celles auxquelles elle s’attendait, c'est-à-dire un mâle pouvant lui faire gouter les charmes de l’amour charnel exotique. Des hommes elle en rencontre et s’ils s’en prennent à son corps ce n’est pas forcément à cause de ses charmes indéniables.

 

Le serpent dans la chaussette s’inscrit dans la veine des romans policiers d’aventures des années 60, charmant, sans prétention, mais habilement construit, avec de nombreux rebondissements, et une bonne dose d’humour. Ce qui n’empêche pas Dominique Rocher d’égratigner au passage le système médical de plus en plus administratif.

Où étaient passés ses rêves de jeunesse quand il avait décidé de faire médecine pour sauver des vies ? Bien sûr il lui arrivait encore d’en sauver, souvent par l’intermédiaire d’un spécialiste, ce qui n’était pas particulièrement gratifiant. Et puis les méthodes de soins étaient devenues trop techniques… Les consultations étaient minutées. Le côté humanitaire était perdu.

Dominique ROCHER : Le serpent dans la chaussette. Editions L’Orchidée Noire. Lulu.com. Parution décembre 2009.

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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 12:14

Hommage à Pascal Garnier né le 4 juillet 1949, et décédé le 3 mars 2010.

Pascal GARNIER : Demain, on lève l’ancre.

Présenter des livres pour adultes, c’est bien, mais il faut aussi penser à nos chères petites têtes blondes, rousses ou brunes, qui prendront la relève dans quelques années.

Aussi se plonger dans un roman pour les jeunes, c’est retourner en arrière, ce qui parfois est assez réjouissant tout en gardant une partie de nostalgie.

Demain, on lève l’ancre ! de Pascal Garnier, par ailleurs a écrit des romans noirs très forts pour les grands.

Mano et Boule sont copains de classe depuis leur entrée à l’école. Tout irait bien si la catastrophe ne s’abattait pas sur leurs familles. Leurs pères se retrouvent au chômage, avec tous les aléas, les dissensions, les problèmes familiaux que cela engendre.

Ils s’arrangent donc pour faire se rencontrer leurs géniteurs, et ceux-ci se trouvent de nombreux points communs, dont un amour immodéré pour les bateaux et la marine. Les deux pères sympathisent, fraternisent et décident conjointement de construire leur propre navire, qui ressemblerait au Titanic. Mais tout cela ne va pas sans mal.

Ce petit roman charmant met le doigt sur la réalité sociale et même si l’épilogue est un peu trop enclin à l’optimisme, il faut se rappeler que comme écrit l’auteur :

Les rêves, c’est comme les plantes vertes, ça s’entretient.

Pascal GARNIER : Demain, on lève l’ancre. Collection Pleine Lune n° 152, éditions Nathan. Parution octobre 2002. 90 pages.

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 12:56

Bon anniversaire à Georges-Jean Arnaud, né le 3 juillet 1928.

G.-J. ARNAUD : Spoliation.

G.J. Arnaud est sans conteste l’un de nos meilleurs raconteurs d’histoires, sinon le meilleur, dépassant, sauf peut-être dans les tirages de vente, Serge Brussolo par sa production et son imagination.

Mais ce n’est que mon avis que je partage entièrement car Arnaud a tout exploré, sous son nom ou sous celui de pseudonymes divers, variés, exotiques même, de la littérature d’espionnage au policier, sous toutes ses formes ou presque, en passant par l’historique, la science-fiction au long cours, la science-friction appelée aussi érotisme, le fantastique, la biographie familiale, sauf peut-être le western et le cape et d’épée. Avec son nouvel ouvrage, G.-J. Arnaud renoue dans la veine de ses plus belles réussites, l’histoire banale et bancale de simples particuliers dans l’atmosphère confinée d’un appartement.

Spoliation débute dans cette ambiance particulière chère aux fantastiqueurs et utilisée à de nombreuses reprises par Arnaud, et quelques uns de ses confrères dont Brussolo, dans des romans comme Bunker Parano et autres où le suspense s’installe dès le prologue afin d’engluer le lecteur et le retenir dans ses rets.

Une vieille dame qui demeure seule dans un immense appartement qu’elle a scindé en deux, une partie qu’elle n’habite plus et qui recèle un trésor composé de vieux meubles, de vaisselle et bibelots anciens de valeur, et l’autre partie où elle vit dans un total dénuement.

Des squatters investissent la partie meublée et s’installent en toute impunité, vivant sans vergogne dans des lieux qui sont devenus une sorte de musée. La vieille dame est persuadée qu’il s’agit de fantômes, le retour d’une famille qu’elle a fort bien connu durant la dernière guerre mondiale. Deux des squatters, dénués de scrupules, se mettent en tête de revendre la lingerie à des receleurs et brocanteurs, mettant la main dans un engrenage infernal.

Daisy, la vieille dame, se lie d’amitié avec une des deux jeunes femmes occupant le logement abandonné, la confondant avec une de ses anciennes connaissances. Les deux enfants de Daisy, qui roulent sur l’or amassé par le père lors de la dernière guerre mondiale, et qu’elle ne voit qu’à de rares occasions et encore, n’apprécient guère l’intrusion de ces squatters. S’ensuit une histoire basée sur, comme le titre l’indique, une sordide affaire de spoliation durant la dernière guerre mondiale, mais l’intérêt ne réside pas en soi sur cet épisode tragique et vénal perpétré par des profiteurs.

 

C’est toute l’ambiance, l’atmosphère; le suspense, décrits par G.-J. Arnaud qui retiennent l’attention du lecteur.

Une œuvre dense, forte, entre fantastique et enquête historico-sociale par un auteur qui demeurera l’un des meilleurs représentants du roman populaire de la seconde moitié du XXème siècle, dans la lignée des Hugo, Sue et Balzac, qui est entre nous soit dit l’un de ses maîtres. Le talent de G.-J. Arnaud, même s’il a été long a être reconnu par les littéraires parce que l’auteur fournissait trop sous divers pseudonymes et dans des collections ou chez des éditeurs dont l’aura n’atteignait pas celle de collections plus “ intellectuelles ”, n’est plus à démontrer.

Pour preuve, alors que le Fleuve Noir se cherchait une nouvelle voie et avait tendance à délaisser ses vieilles gloires, Arnaud a fourni une série de très bons polars historiques chez l’Atalante et dans le giron du Masque.

 

G.-J. ARNAUD : Spoliation. Noirs grand format. Fleuve Noir. Parution novembre 2000. 266 pages.

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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 11:29

Bon anniversaire à Elena Arseneva, née le 21 juin 1958.

Elena ARSENEVA : La fourche du Diable.

En cette fin de l’an de grâce 1073, la petite ville de Kremni s’apprête à fêter Noël tout en sacrifiant avec joie aux rites païens qui se traduisent par un carnaval masqué auquel tous les habitants participent, quelle que soit leur condition et leur rang dans la société.

Un qui ne pourra partager cette liesse populaire, c’est bien Procope, le fils aîné d’Olaf, le richissime seigneur du lieu. Il est retrouvé dans une clairière, au lieu dit la Fourche du Diable, affreusement mutilé. Mais s’il a eu la main tranchée et a été énucléé, une estafilade à la poitrine un coup de poignard au cœur, il semble que le décès soit dû à un empoisonnement.

Toutefois la mise en scène est signée : il ne peut s’agir que d’un meurtre perpétré par les Drégoves, de dangereux païens installés dans la forêt proche. Olaf requiert auprès du prince Vladimir de dépêcher sur les lieux son meilleur enquêteur.

Artem, puisque c’est de lui qu’il s’agit, arrive en compagnie de son fils adoptif, Philippos, et de ses deux fidèles Varlets, Mitko et Vassili.

Un étrange personnage habite non loin du lieu du meurtre. Il s’agit du Passeur, reconnu comme sorcier et vivant en ermite, que les habitants de Krimni considèrent comme une brebis galeuse, capable de tous les maux mais qu’ils ne dédaignent pas consulter à l’occasion, pour se procurer quelque potion magique.

Au château la tension règne. Natalia, la jeune veuve est sur la corde raide, car sans enfant, elle ne pourra rester longtemps et devra se trouver un autre mari. Olaf songe à convoler une nouvelle fois ce qui n’est pas du goût de ses autres enfants, Stepan et Ipate, les garçons, et Alia, turbulente jeune fille qui ne s’en laisse pas conter.

Mais Artem et ses acolytes côtoient également Titos, le médecin grec, un érudit dont ils se demandent pourquoi il s’est installé dans une petite bourgade comme Krimni. Et puis il y a aussi leur logeuse, Varvara, la belle et jeune veuve qui a eu un garçon du fruit de ses amours éphémères avec Stépan. D’autres décès se succèdent, d’autres meurtres, signés plus ou moins de la même manière, et sur lesquels plane l’ombre du liéchy, le démon tout puissant qui règne sur les bois et les forêts.

 

Nimbé d’une aura de sorcellerie, de superstitions, dans une ambiance de fêtes païennes et de religion orthodoxe, de carnaval et des cérémonies proches de la Nativité, ce roman d’Elena Arseneva nous propose une incursion dans le moyen âge de la Russie, période méconnue de l’histoire mais qui se révèle riche et moins obscurantiste que l’on pourrait le croire. Le commerce et la culture intellectuelle sont en plein épanouissement, avant de sombrer dans des siècles de régression avec l’invasion des Koumans ou Tatars.

Elena Arseneva nous livre un roman qui éclaire d’une façon particulièrement vivante une époque et une contrée secrètes et mystérieuses. Un plongeon vivifiant, exotique, historique, à la limite du fantastique, mais en aucun cas rébarbatif.

 

Elena ARSENEVA : La fourche du Diable. Collection Grands Détectives N° 3412, éditions 10/18. Parution mai 2002. 320 pages. 7,50€

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