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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 12:56

Bon anniversaire à Georges-Jean Arnaud, né le 3 juillet 1928.

G.-J. ARNAUD : Spoliation.

G.J. Arnaud est sans conteste l’un de nos meilleurs raconteurs d’histoires, sinon le meilleur, dépassant, sauf peut-être dans les tirages de vente, Serge Brussolo par sa production et son imagination.

Mais ce n’est que mon avis que je partage entièrement car Arnaud a tout exploré, sous son nom ou sous celui de pseudonymes divers, variés, exotiques même, de la littérature d’espionnage au policier, sous toutes ses formes ou presque, en passant par l’historique, la science-fiction au long cours, la science-friction appelée aussi érotisme, le fantastique, la biographie familiale, sauf peut-être le western et le cape et d’épée. Avec son nouvel ouvrage, G.-J. Arnaud renoue dans la veine de ses plus belles réussites, l’histoire banale et bancale de simples particuliers dans l’atmosphère confinée d’un appartement.

Spoliation débute dans cette ambiance particulière chère aux fantastiqueurs et utilisée à de nombreuses reprises par Arnaud, et quelques uns de ses confrères dont Brussolo, dans des romans comme Bunker Parano et autres où le suspense s’installe dès le prologue afin d’engluer le lecteur et le retenir dans ses rets.

Une vieille dame qui demeure seule dans un immense appartement qu’elle a scindé en deux, une partie qu’elle n’habite plus et qui recèle un trésor composé de vieux meubles, de vaisselle et bibelots anciens de valeur, et l’autre partie où elle vit dans un total dénuement.

Des squatters investissent la partie meublée et s’installent en toute impunité, vivant sans vergogne dans des lieux qui sont devenus une sorte de musée. La vieille dame est persuadée qu’il s’agit de fantômes, le retour d’une famille qu’elle a fort bien connu durant la dernière guerre mondiale. Deux des squatters, dénués de scrupules, se mettent en tête de revendre la lingerie à des receleurs et brocanteurs, mettant la main dans un engrenage infernal.

Daisy, la vieille dame, se lie d’amitié avec une des deux jeunes femmes occupant le logement abandonné, la confondant avec une de ses anciennes connaissances. Les deux enfants de Daisy, qui roulent sur l’or amassé par le père lors de la dernière guerre mondiale, et qu’elle ne voit qu’à de rares occasions et encore, n’apprécient guère l’intrusion de ces squatters. S’ensuit une histoire basée sur, comme le titre l’indique, une sordide affaire de spoliation durant la dernière guerre mondiale, mais l’intérêt ne réside pas en soi sur cet épisode tragique et vénal perpétré par des profiteurs.

 

C’est toute l’ambiance, l’atmosphère; le suspense, décrits par G.-J. Arnaud qui retiennent l’attention du lecteur.

Une œuvre dense, forte, entre fantastique et enquête historico-sociale par un auteur qui demeurera l’un des meilleurs représentants du roman populaire de la seconde moitié du XXème siècle, dans la lignée des Hugo, Sue et Balzac, qui est entre nous soit dit l’un de ses maîtres. Le talent de G.-J. Arnaud, même s’il a été long a être reconnu par les littéraires parce que l’auteur fournissait trop sous divers pseudonymes et dans des collections ou chez des éditeurs dont l’aura n’atteignait pas celle de collections plus “ intellectuelles ”, n’est plus à démontrer.

Pour preuve, alors que le Fleuve Noir se cherchait une nouvelle voie et avait tendance à délaisser ses vieilles gloires, Arnaud a fourni une série de très bons polars historiques chez l’Atalante et dans le giron du Masque.

 

G.-J. ARNAUD : Spoliation. Noirs grand format. Fleuve Noir. Parution novembre 2000. 266 pages.

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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 11:29

Bon anniversaire à Elena Arseneva, née le 21 juin 1958.

Elena ARSENEVA : La fourche du Diable.

En cette fin de l’an de grâce 1073, la petite ville de Kremni s’apprête à fêter Noël tout en sacrifiant avec joie aux rites païens qui se traduisent par un carnaval masqué auquel tous les habitants participent, quelle que soit leur condition et leur rang dans la société.

Un qui ne pourra partager cette liesse populaire, c’est bien Procope, le fils aîné d’Olaf, le richissime seigneur du lieu. Il est retrouvé dans une clairière, au lieu dit la Fourche du Diable, affreusement mutilé. Mais s’il a eu la main tranchée et a été énucléé, une estafilade à la poitrine un coup de poignard au cœur, il semble que le décès soit dû à un empoisonnement.

Toutefois la mise en scène est signée : il ne peut s’agir que d’un meurtre perpétré par les Drégoves, de dangereux païens installés dans la forêt proche. Olaf requiert auprès du prince Vladimir de dépêcher sur les lieux son meilleur enquêteur.

Artem, puisque c’est de lui qu’il s’agit, arrive en compagnie de son fils adoptif, Philippos, et de ses deux fidèles Varlets, Mitko et Vassili.

Un étrange personnage habite non loin du lieu du meurtre. Il s’agit du Passeur, reconnu comme sorcier et vivant en ermite, que les habitants de Krimni considèrent comme une brebis galeuse, capable de tous les maux mais qu’ils ne dédaignent pas consulter à l’occasion, pour se procurer quelque potion magique.

Au château la tension règne. Natalia, la jeune veuve est sur la corde raide, car sans enfant, elle ne pourra rester longtemps et devra se trouver un autre mari. Olaf songe à convoler une nouvelle fois ce qui n’est pas du goût de ses autres enfants, Stepan et Ipate, les garçons, et Alia, turbulente jeune fille qui ne s’en laisse pas conter.

Mais Artem et ses acolytes côtoient également Titos, le médecin grec, un érudit dont ils se demandent pourquoi il s’est installé dans une petite bourgade comme Krimni. Et puis il y a aussi leur logeuse, Varvara, la belle et jeune veuve qui a eu un garçon du fruit de ses amours éphémères avec Stépan. D’autres décès se succèdent, d’autres meurtres, signés plus ou moins de la même manière, et sur lesquels plane l’ombre du liéchy, le démon tout puissant qui règne sur les bois et les forêts.

 

Nimbé d’une aura de sorcellerie, de superstitions, dans une ambiance de fêtes païennes et de religion orthodoxe, de carnaval et des cérémonies proches de la Nativité, ce roman d’Elena Arseneva nous propose une incursion dans le moyen âge de la Russie, période méconnue de l’histoire mais qui se révèle riche et moins obscurantiste que l’on pourrait le croire. Le commerce et la culture intellectuelle sont en plein épanouissement, avant de sombrer dans des siècles de régression avec l’invasion des Koumans ou Tatars.

Elena Arseneva nous livre un roman qui éclaire d’une façon particulièrement vivante une époque et une contrée secrètes et mystérieuses. Un plongeon vivifiant, exotique, historique, à la limite du fantastique, mais en aucun cas rébarbatif.

 

Elena ARSENEVA : La fourche du Diable. Collection Grands Détectives N° 3412, éditions 10/18. Parution mai 2002. 320 pages. 7,50€

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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 09:52

Bon anniversaire à Paul Halter né le 19 juin 1956.

Paul HALTER : Meurtre dans un manoir anglais.

Invités par un mystérieux Docteur Lenoir, Mlle Rose, Mme Leblanc, Mme Pervenche, le docteur Olive, le professeur Violet et le colonel Moutarde font connaissance en attendant leur hôte.

Celui-ci est absent, mais a laissé un message à leur intention. Il ne saurait tarder selon la missive. Il leur propose afin de passer le temps d’échanger leurs souvenirs concernant des affaires criminelles auxquelles ils ont tous été plus ou moins impliqués, et de se restaurer. Des indices ont été disposés dans les pièces de l’imposante bâtisse.

C’est mademoiselle Rose qui entame les débats en découvrant dans la bibliothèque un poignard. Elle narre comment son oncle et tuteur a été tué dans une bibliothèque alors qu’il était enfermé avec Philipp le prétendant de la jeune femme. Naturellement Philipp est accusé du meurtre pourtant il jure ses grands dieux n’y être pour rien. Cette énigme sera résolue peu après et le mystère de la chambre close se dénouera d’heureuse façon.

Comme entracte le docteur Lenoir a proposé une séance de tir au pistolet dans le jardin avant que sa propre histoire soit lue par le docteur Olive. Puis c’est au tour des autres de se vider chacun la conscience, en attendant l’arrivée de cet hôte fantôme. Seulement l’un d’eux a menti et le drame couve parmi cette assemblée.

 

Délicieusement rétro cette histoire de Paul Halter, fervent admirateur de John Dickson Carr, est un moment de détente dans une production de plus en plus noire.

L’ingéniosité et l’humour présents dans ce petit livre en font une récréation agréable et les historiettes en forme de nouvelles sont liées par l’emprunt des personnages du célèbre jeu de Cluedo.

Paul Halter sans faire de remous, sans que son nom soit souvent cité comme aspirant dans les trophées, s’avère comme le maître actuel de ce genre un peu désuet qui garde ses fervents admirateurs, et l’on ne peut que saluer son sens de l’intrigue, son habileté à construire ses énigmes, le tout allié à une solide écriture qui nous change des romans bâclés annoncés comme l’essence de la littérature moderne.

 

Paul HALTER : Meurtre dans un manoir anglais. Le Masque Jaune N°2409. Editions des Champs Elysées. Parution 16 septembre 1998. 156 pages.

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 09:40

Bon anniversaire à François Darnaudet né le 16 juin 1959.

François DARNAUDET : Les ports ont tous la même eau.

Sur un coup de tête, et parce qu’il en marre d’être commandé par de jeunes loups arrogants, sans foi ni loi, incompétents et vulgaires, Marsal claque la porte de la boîte d’informatique dans laquelle il travaille puis il quitte Bordeaux.

Il part un peu à l’aventure avec toutefois l’idée de revoir Anna-Maria, son ex et leurs deux filles. En compagnie de Rémy, qui a plaqué son emploi dans un fast-food, direction la Catalogne. Ils s’installent à Collioure, et Marsal flâne, visite les galeries, fait la connaissance des peintres locaux. Il effectue pour le plaisir une recherche sur un tableau pour le compte d’un détective privé.

Francis, le peintre chez lequel loge Marsal à Collioure, est prié par son ami Charly de venir le rejoindre dans le bassin d'Arcachon, afin de peindre le portrait de sa fille Audrey. Une jolie fille d’une vingtaine d’année. Mais Marsal soupçonne bientôt que le désir de Charly n’est qu’un prétexte et que derrière ce motif ce cache quelque chose de plus grave. Charly est né des amours de sa mère et d’un Allemand durant la seconde guerre mondiale. Un épisode douloureux qui soixante ans plus tard ressurgit avec violence dans la vie de Charly.

 

Cette histoire, dans laquelle s’imbrique la relation des amours coupables de la mère de Charly, est elle-même ensachée dans les tribulations de Marsal et en filigrane s’intercale le récit de la destinée de Charles Rennie Mackintosh, architecte décorateur écossais du début du XXème siècle.

Comme à son habitude François Darnaudet fait partager aux lecteurs sa passion pour les arts plastiques et la peinture en particulier. Il s’attache également à montrer les à-côtés de la guerre, celle d’Espagne ou la dernière guerre mondiale, avec un esprit d’humanisme bourru, celui qui manquait aux belligérants, surtout ceux qui se réclamaient de la Résistance de la dernière heure.

Des effets pervers qui aujourd’hui encore marquent la conscience d’un bon nombre d’hommes et femmes et de leur descendance. Un roman simple, parfois émouvant, auquel on pardonnera volontiers une légère faiblesse de l’intrigue. Le propos n’étant pas justement de focaliser sur une intrigue mais d’être le vecteur de ses démons.

A signaler que le début de ce roman cannibalise une nouvelle que François Darnaudet avait écrite pour le CCASINFO, (journal d’information du personnel des industries électriques et gazières) en décembre 2003, sous le titre Les hommes vivent, une nouvelle à connotation fantastique.

 

Quelques articles sur les romans de François Darnaudet :

 

 

Une bande dessinée :

Et un portrait de François Darnaudet :

François DARNAUDET : Les ports ont tous la même eau. Collection Les Polars catalan. Mare Nostrum Editions. Parution 15 juin 2007. 272 pages.

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 10:42

Hommage à Pierre Siniac né le 15 juin 1928.

Pierre SINIAC : Sombres soirées chez Madame Glauque.

Un sinistre individu rôde la nuit dans cette petite sous-préfecture de la Charente, et, lors de la pleine lune, ne peut s'empêcher de satisfaire ses besoins de meurtres.

Un homme affublé d'un chapeau, d'un foulard blanc, au visage couturé de cicatrices, s'adonne à cette répréhensible occupation d'envoyer ad patres des innocents qui ne lui ont rien demandé.

Pendant ce temps, dans une espèce de gargote, refuge d'âmes en peine, se réunissent quelques épaves de la cité. Leur souhait, justement se faire trucider. Ils en ont marre de la vie et de son cortège de soucis. Ils ont trop payé et désirent se décharger de leur fardeau.

Alors, si le tueur veut bien d'eux, ils sont candidats.

Leur souhait semble bien avoir été entendu de Satan puisque l'un d'eux rejoint ses ancêtres, abattu par celui qui est surnommé le Maudit. Puis un deuxième, un troisième. Parfois les rouages se grippent quelque peu, mais il ne faut pas se décourager.

 

Dans ce roman, Pierre Siniac laisse libre cours à son imagination diabolique et machiavélique. Un texte noir à l'humour ravageur.

Une farce dont Siniac a le secret et comme à l'habitude l'épilogue prend le contre-pied d'un déroulement qui semble logique.

Tous ceux qui connaissent Siniac et son univers débridé, ne se laisseront pas abuser par une histoire sans faille et avidement aborderont le final avec la curiosité d'un amateur de rebondissements littéraires.

Sinic sortait, à l'occasion de la parution de ce roman, de sa coquille dans laquelle il paraissait hiberner depuis quelques années, et s'épanouissait à nouveau telle une fleur chatoyante et vénéneuse.

Pierre SINIAC : Sombres soirées chez Madame Glauque. Le Masque Jaune N°1983. Parution le 16 novembre 1989. 220 pages.

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 13:19

Hommage à Robin Cook, le Britannique, né le 12 juin 1931.

Robin COOK : Mémoire vive.

Le roman noir n'a pas pour objectif de distraire; sa fonction est d'informer la société sur certains de ses aspects en lui montrant la mauvaise image dans le miroir, l'image d'elle-même qu'elle refuse de voir comme l'ont fait Edwin Drood, Le Procès, Thérèse Raquin, Erostrate, Le grand Sommeil ou Les copains d'Eddie Coyle. On ne peut pas séparer le meurtre, le chantage et les représailles du reste de la réalité, car sinon, vous obtiendrez un résultat bâtard qui passera à côté de tout ce qui a une chance d'éveiller, même confusément, les sentiments et la conscience du lecteur.

 

Ce credo, cette profession de foi, Robin Cook va tenter de l'expliquer tout au long de ses mémoires cachant ses années de jeunesse, ses années d'errance derrière la pudeur de l'homme secret.

Certes Robin Cook parle de son enfance, de l'indifférence de son père, du non amour qu'il voue à sa mère, de sa scolarité à Eton et dans une école privée et de ses vagabondages.

Le refus de ressembler à son entourage lui ordonne de vivre différemment, à la recherche d'un Graal de liberté, de justice et de compréhension du monde et de l'humanité en ce qu'elle recèle de plus inquiétant.

Cook est un être torturé, déchiré, sensible. L'amitié, l'amour ne sont pas de vains mots. Il goûte à une joie simple, dénuée de toute hypocrisie. Du milieu huppé de son enfance à la maison d'ermite dans laquelle il vit maintenant la plupart du temps, ses incartades à peine évoquées avec la pègre londonienne, il tisse un voile pudique, s'étendant plus volontiers sur la mort. Celle de ses amis, des femmes qu'il a connu, la mort qu'il a côtoyé personnellement.

Il se réfère souvent à des poètes méconnus, mais également à Sartre ou à Orwell.

 

La lecture de Mémoire vive nous propose l'autre facette de ce grand échalas dégingandé, affublé d'un inamovible béret, à la faconde joyeuse qu'il affiche lors des réunions polardesques.

Le personnage public s'efface devant l'homme. Et l'on comprend le grand débat intérieur qui l'agite et transparait dans ses romans.

 

Robin COOK : Mémoire vive.

Robin COOK : Mémoire vive. Traduit de l'anglais par Jean Esch. Collection Ecrits Noirs. Editions Rivages. Parution décembre 1993. 338 pages. Réédition Rivages/Noir N°374. Parution novembre 2000. 10,65€.

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 10:49

Bon anniversaire à Frédérick Tristan, né le 11 Juin 1931 à Sedan, écrivain et poète. Frédérick Tristan a utilisé le pseudonyme de Mary London entre 1986 et 2001 pour signer une douzaine de romans policiers relatant les Enquêtes de sir Malcolm Ivory.

Mary LONDON : Un meurtre chez les Francs-Maçons.

Sir Malcolm Ivory est appelé à la rescousse par son ami le superintendant Douglas Forbes, lequel est complètement débordé par la nouvelle affaire qui vient de lui tomber sur les bras.

Lors d’une cérémonie maçonnique, un banquier est assassiné d’une curieuse façon. D’ailleurs tout est curieux aux yeux de Forbes et d’Ivory. Scotland Yard a été prévenu alors que théoriquement personne ne pouvait sortir du local où se tenait la réunion.

Bousculant les habitudes, une femme était présente à cette cérémonie, qui plus est la veuve de la victime, et le mort portait un tablier brodé du XVIIIème siècle. Bigre de cornegidouille, un crime en vase clos qui n’est pas pour déplaire à Sir Malcolm qui en a vu d’autres, et ne se laisse pas démonter par cet embrouillamini du plus mauvais effet, du moins dans les rangs de la Franc-maçonnerie.

Bon, qu’en quatrième de couverture soit portée la mention : voici enfin rééditée dans une traduction revue et complétée l’une des enquêtes les plus fascinantes de Sir Malcolm, cela me fait doucement sourire. Pour moi, ce n’est que farce et canular, que cette traduction dont la mention du copyright n’est même pas mentionnée, sauf un titre anglais, mais cela n’a pas valeur de preuve.

Donc pour moi il s’agit d’un auteur français qui s’amuse, et il a bien raison. Les plus intransigeants resteront de marbre devant ce texte, mais comme j’aime bien m’amuser moi aussi de temps en temps et passer de bons moments, j’ai apprécié, d’autant que ce texte est peut-être mieux écrit que certains romans que l’on nous propose parfois sous couvert de noir et de réalisme. La jalousie, personne n’y coupe, même les plus obscurs.

Lecture amusante, qui ne prend pas le chou comme savent si bien s’exprimer nos adolescents, expression qui déteint chez les plus âgés.

Cette chronique a été écrite lors de la parution de ce roman, alors que le pseudonyme de Frédérick Tristan n'avait pas encore été dévoilé.

Mary LONDON : Un meurtre chez les Francs-Maçons.

Mary LONDON : Un meurtre chez les Francs-Maçons. Une enquête de Sir Malcolm Ivory aux éditions du Rocher. Parution février 1999. 220 pages. 12,20€. Réédition Pocket décembre 2005. 212 pages. 6,10€.

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 12:16

Hommage à Lilian Jackson Braun, née le 20 juin 1916 et décédée le 4 juin 2011.

Lilian Jackson BRAUN : Le chat qui jouait Brahms.

Aimez-vous Brahms ?

Journaliste au Daily Fluxion, Qwilleran décide de changer d’air, de passer quelques semaines de vacances dans la nature, loin de la ville, de la pollution, du travail, de la frénésie.

Pourtant son rédacteur en chef lui propose une nouvelle affectation, une rubrique mieux adaptée, à ses possibilités et à son talent : reportages et enquêtes criminelles, au lieu d’assurer les chroniques gastronomiques. D’ailleurs un petit tiraillement familier de sa lèvre supérieure et de sa moustache lui prédit quelques aventures.

En compagnie de Yom-Yom et de Koko, ses deux chats siamois, Qwilleran s’installe dans un chalet situé en forêt, en bordure d’un lac. La propriétaire en est Tante Fanny, une vieille dame de quatre-vingt-dix ans, ancienne amie de la mère du journaliste. Tante Fanny est un peu sourde, mais elle est si charmante. Et Qwilleran pourra écrire son livre en toute quiétude, se reposer et faire le ménage côté cœur.

Pourtant ce havre de silence et de tranquillité promet quelques surprises désagréables à notre vacancier. L’univers bucolique ne s’avère pas si enchanteur qu’il l’espérait. Quant à Koko, chat impertinent, joueur et taquin, il démontre ses aptitudes et ses goûts de mélomane à un Qwilleran pas encore blasé par les prouesses de son félin.

Le chat qui jouait Brahms est un roman qui fait patte de velours. Sans violence, sans vulgarité, avec humour, Lilian Jackson Braun impose ses deux détectives en fourrure courte et son journaliste qui ne comprend pas toujours les subtilités déployées par ses compagnons à quatre pattes.

La série connait Outre-Atlantique un très grand succès, mérité, et se révèle comme le contrepoint du déferlement de sang et de sexe qui sévit avec complaisance dans la littérature policière, noire ou fantastique américaine et française.

Lilian Jackson BRAUN : Le chat qui jouait Brahms.

Lilian Jackson BRAUN : Le chat qui jouait Brahms. Collection Grands Détectives N° 2189. Editions 10/18. Première parution 1er juin 1991. 252 pages. 7,10€.

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 13:46

Bon anniversaire à Alain Puiseux, né le 28 mai 1963.

Alain PUISEUX : Bienvenue au Paradis.

Cortez a été mis à la porte de son squat. Des hommes sont venus, ont tout cassé, tout démoli et il n’a rien pu sauver pas même ses précieux carnets.

Vêtu simplement d’une couverture, il regarde son immeuble qui n’est plus que ruines.

Il est recueilli par Alice, une vieille dame qui l’appelle son Jésus. Comment se fait-il qu’il vive dans la forêt, près de la Sascatchoe, non loin d’une bourgade dirigée par un shérif féminin prénommé Martha ? Martha c’est aussi le nom de l’élan qui vient le voir de temps à autre dans la clairière où se dresse sa cabane. Refuge de récupération.

Il n’est pas seul, puisque vivent avec lui deux gamins, les jumeaux Tim et Tom. Et il a des amis, un endroit où se désaltérer. Enfin il peut trouver un sens à son existence, en aidant plus paumé que lui.

Comment est-il arrivé dans ce lieu tranquille, bucolique, serein ? Peut-être à bord d’un avion, peut-être comme ça d’un claquement de doigts, d’un coup de baguette magique.

 

Le rêve et la réalité se mélangent sous forme de retour arrière, de flash, de rêves (ou de cauchemars) éveillés. Un roman tendre, sensible, noir et vert, féroce sans être méchant dans la description de la noirceur d’un monde urbain, lyrique lorsque la forêt et les animaux tiennent la vedette, avec parfois la dose d’humour qui permet de digérer toutes les infortunes, les misères que la vie se charge de déposer aux pieds des plus démunis.

Deux mondes parallèles qui se télescopent à certains moments puis s’éloignent à nouveau comme si rien ne s’était passé.

 

Alain PUISEUX : Bienvenue au Paradis. Collection Hors Noir 27. Editions Hors Commerce. Parution le 22 juin 2001. 248 pages.

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 12:08

Hommage à Pierre Barbet né le 16 mai 1925.

Pierre BARBET : Magiciens galactiques.

De retour d’une mystérieuse mission, le chevalier Roland croise sur le chemin qui le mène à la capitale Alberto, un magicien en proie à la vindicte des paysans. Les deux compagnons arrivent à la cour de l’empereur Carlus lequel organise un tournoi en l’honneur de la venue d’Angélique, impératrice de Cathay.

Roland tombe amoureux de la jeune femme mais au cours de la joute il blesse mortellement le frère d’icelle. Sous l’emprise du charme et de la douleur il s’éloigne de la cour de France. Pendant ce temps les Sarrazin franchissent la frontière et sans l’appui de son fidèle chevalier, Carlus a bien du mal à contenir l’avance de l’ennemi.

 

Située dans un futur lointain cette histoire prend son essence dans l’épopée carolingienne, mais pas seulement. La Terre a subi de profondes transformations et elle traverse une ère au cours de laquelle chaque pays, dans un anachronisme déconcertant, revit une période marquante de son histoire tandis que des orques et des hippogriffes jouent le rôle de gardiens du temple.

C’est ainsi qu’Alberto le mage et un de ses confrères voyageant sur le dos d’un hippogriffe obéissant à un appareil sophistiqué appartenant à Roland, traversent les Etats-Unis alors que les Indiens et les cow-boys s’affrontent.

Roland qui n’est autre que Setni, sortant enfin de la torpeur dans laquelle il a été plongé, peut mener à bien la mission qui lui a été confiée. Un roman qui mêle habilement les passions de Pierre Barbet - les légendes, l’histoire, et la science.

 

Pierre BARBET : Magiciens galactiques. Collection Anticipation N°609. Editions Fleuve Noir. Parution 2èe trimestre 1974. 224 pages.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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