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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 09:40

Bon anniversaire à François Darnaudet né le 16 juin 1959.

François DARNAUDET : Les ports ont tous la même eau.

Sur un coup de tête, et parce qu’il en marre d’être commandé par de jeunes loups arrogants, sans foi ni loi, incompétents et vulgaires, Marsal claque la porte de la boîte d’informatique dans laquelle il travaille puis il quitte Bordeaux.

Il part un peu à l’aventure avec toutefois l’idée de revoir Anna-Maria, son ex et leurs deux filles. En compagnie de Rémy, qui a plaqué son emploi dans un fast-food, direction la Catalogne. Ils s’installent à Collioure, et Marsal flâne, visite les galeries, fait la connaissance des peintres locaux. Il effectue pour le plaisir une recherche sur un tableau pour le compte d’un détective privé.

Francis, le peintre chez lequel loge Marsal à Collioure, est prié par son ami Charly de venir le rejoindre dans le bassin d'Arcachon, afin de peindre le portrait de sa fille Audrey. Une jolie fille d’une vingtaine d’année. Mais Marsal soupçonne bientôt que le désir de Charly n’est qu’un prétexte et que derrière ce motif ce cache quelque chose de plus grave. Charly est né des amours de sa mère et d’un Allemand durant la seconde guerre mondiale. Un épisode douloureux qui soixante ans plus tard ressurgit avec violence dans la vie de Charly.

 

Cette histoire, dans laquelle s’imbrique la relation des amours coupables de la mère de Charly, est elle-même ensachée dans les tribulations de Marsal et en filigrane s’intercale le récit de la destinée de Charles Rennie Mackintosh, architecte décorateur écossais du début du XXème siècle.

Comme à son habitude François Darnaudet fait partager aux lecteurs sa passion pour les arts plastiques et la peinture en particulier. Il s’attache également à montrer les à-côtés de la guerre, celle d’Espagne ou la dernière guerre mondiale, avec un esprit d’humanisme bourru, celui qui manquait aux belligérants, surtout ceux qui se réclamaient de la Résistance de la dernière heure.

Des effets pervers qui aujourd’hui encore marquent la conscience d’un bon nombre d’hommes et femmes et de leur descendance. Un roman simple, parfois émouvant, auquel on pardonnera volontiers une légère faiblesse de l’intrigue. Le propos n’étant pas justement de focaliser sur une intrigue mais d’être le vecteur de ses démons.

A signaler que le début de ce roman cannibalise une nouvelle que François Darnaudet avait écrite pour le CCASINFO, (journal d’information du personnel des industries électriques et gazières) en décembre 2003, sous le titre Les hommes vivent, une nouvelle à connotation fantastique.

 

Quelques articles sur les romans de François Darnaudet :

 

 

Une bande dessinée :

Et un portrait de François Darnaudet :

François DARNAUDET : Les ports ont tous la même eau. Collection Les Polars catalan. Mare Nostrum Editions. Parution 15 juin 2007. 272 pages.

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 10:42

Hommage à Pierre Siniac né le 15 juin 1928.

Pierre SINIAC : Sombres soirées chez Madame Glauque.

Un sinistre individu rôde la nuit dans cette petite sous-préfecture de la Charente, et, lors de la pleine lune, ne peut s'empêcher de satisfaire ses besoins de meurtres.

Un homme affublé d'un chapeau, d'un foulard blanc, au visage couturé de cicatrices, s'adonne à cette répréhensible occupation d'envoyer ad patres des innocents qui ne lui ont rien demandé.

Pendant ce temps, dans une espèce de gargote, refuge d'âmes en peine, se réunissent quelques épaves de la cité. Leur souhait, justement se faire trucider. Ils en ont marre de la vie et de son cortège de soucis. Ils ont trop payé et désirent se décharger de leur fardeau.

Alors, si le tueur veut bien d'eux, ils sont candidats.

Leur souhait semble bien avoir été entendu de Satan puisque l'un d'eux rejoint ses ancêtres, abattu par celui qui est surnommé le Maudit. Puis un deuxième, un troisième. Parfois les rouages se grippent quelque peu, mais il ne faut pas se décourager.

 

Dans ce roman, Pierre Siniac laisse libre cours à son imagination diabolique et machiavélique. Un texte noir à l'humour ravageur.

Une farce dont Siniac a le secret et comme à l'habitude l'épilogue prend le contre-pied d'un déroulement qui semble logique.

Tous ceux qui connaissent Siniac et son univers débridé, ne se laisseront pas abuser par une histoire sans faille et avidement aborderont le final avec la curiosité d'un amateur de rebondissements littéraires.

Sinic sortait, à l'occasion de la parution de ce roman, de sa coquille dans laquelle il paraissait hiberner depuis quelques années, et s'épanouissait à nouveau telle une fleur chatoyante et vénéneuse.

Pierre SINIAC : Sombres soirées chez Madame Glauque. Le Masque Jaune N°1983. Parution le 16 novembre 1989. 220 pages.

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 13:19

Hommage à Robin Cook, le Britannique, né le 12 juin 1931.

Robin COOK : Mémoire vive.

Le roman noir n'a pas pour objectif de distraire; sa fonction est d'informer la société sur certains de ses aspects en lui montrant la mauvaise image dans le miroir, l'image d'elle-même qu'elle refuse de voir comme l'ont fait Edwin Drood, Le Procès, Thérèse Raquin, Erostrate, Le grand Sommeil ou Les copains d'Eddie Coyle. On ne peut pas séparer le meurtre, le chantage et les représailles du reste de la réalité, car sinon, vous obtiendrez un résultat bâtard qui passera à côté de tout ce qui a une chance d'éveiller, même confusément, les sentiments et la conscience du lecteur.

 

Ce credo, cette profession de foi, Robin Cook va tenter de l'expliquer tout au long de ses mémoires cachant ses années de jeunesse, ses années d'errance derrière la pudeur de l'homme secret.

Certes Robin Cook parle de son enfance, de l'indifférence de son père, du non amour qu'il voue à sa mère, de sa scolarité à Eton et dans une école privée et de ses vagabondages.

Le refus de ressembler à son entourage lui ordonne de vivre différemment, à la recherche d'un Graal de liberté, de justice et de compréhension du monde et de l'humanité en ce qu'elle recèle de plus inquiétant.

Cook est un être torturé, déchiré, sensible. L'amitié, l'amour ne sont pas de vains mots. Il goûte à une joie simple, dénuée de toute hypocrisie. Du milieu huppé de son enfance à la maison d'ermite dans laquelle il vit maintenant la plupart du temps, ses incartades à peine évoquées avec la pègre londonienne, il tisse un voile pudique, s'étendant plus volontiers sur la mort. Celle de ses amis, des femmes qu'il a connu, la mort qu'il a côtoyé personnellement.

Il se réfère souvent à des poètes méconnus, mais également à Sartre ou à Orwell.

 

La lecture de Mémoire vive nous propose l'autre facette de ce grand échalas dégingandé, affublé d'un inamovible béret, à la faconde joyeuse qu'il affiche lors des réunions polardesques.

Le personnage public s'efface devant l'homme. Et l'on comprend le grand débat intérieur qui l'agite et transparait dans ses romans.

 

Robin COOK : Mémoire vive.

Robin COOK : Mémoire vive. Traduit de l'anglais par Jean Esch. Collection Ecrits Noirs. Editions Rivages. Parution décembre 1993. 338 pages. Réédition Rivages/Noir N°374. Parution novembre 2000. 10,65€.

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 10:49

Bon anniversaire à Frédérick Tristan, né le 11 Juin 1931 à Sedan, écrivain et poète. Frédérick Tristan a utilisé le pseudonyme de Mary London entre 1986 et 2001 pour signer une douzaine de romans policiers relatant les Enquêtes de sir Malcolm Ivory.

Mary LONDON : Un meurtre chez les Francs-Maçons.

Sir Malcolm Ivory est appelé à la rescousse par son ami le superintendant Douglas Forbes, lequel est complètement débordé par la nouvelle affaire qui vient de lui tomber sur les bras.

Lors d’une cérémonie maçonnique, un banquier est assassiné d’une curieuse façon. D’ailleurs tout est curieux aux yeux de Forbes et d’Ivory. Scotland Yard a été prévenu alors que théoriquement personne ne pouvait sortir du local où se tenait la réunion.

Bousculant les habitudes, une femme était présente à cette cérémonie, qui plus est la veuve de la victime, et le mort portait un tablier brodé du XVIIIème siècle. Bigre de cornegidouille, un crime en vase clos qui n’est pas pour déplaire à Sir Malcolm qui en a vu d’autres, et ne se laisse pas démonter par cet embrouillamini du plus mauvais effet, du moins dans les rangs de la Franc-maçonnerie.

Bon, qu’en quatrième de couverture soit portée la mention : voici enfin rééditée dans une traduction revue et complétée l’une des enquêtes les plus fascinantes de Sir Malcolm, cela me fait doucement sourire. Pour moi, ce n’est que farce et canular, que cette traduction dont la mention du copyright n’est même pas mentionnée, sauf un titre anglais, mais cela n’a pas valeur de preuve.

Donc pour moi il s’agit d’un auteur français qui s’amuse, et il a bien raison. Les plus intransigeants resteront de marbre devant ce texte, mais comme j’aime bien m’amuser moi aussi de temps en temps et passer de bons moments, j’ai apprécié, d’autant que ce texte est peut-être mieux écrit que certains romans que l’on nous propose parfois sous couvert de noir et de réalisme. La jalousie, personne n’y coupe, même les plus obscurs.

Lecture amusante, qui ne prend pas le chou comme savent si bien s’exprimer nos adolescents, expression qui déteint chez les plus âgés.

Cette chronique a été écrite lors de la parution de ce roman, alors que le pseudonyme de Frédérick Tristan n'avait pas encore été dévoilé.

Mary LONDON : Un meurtre chez les Francs-Maçons.

Mary LONDON : Un meurtre chez les Francs-Maçons. Une enquête de Sir Malcolm Ivory aux éditions du Rocher. Parution février 1999. 220 pages. 12,20€. Réédition Pocket décembre 2005. 212 pages. 6,10€.

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 12:16

Hommage à Lilian Jackson Braun, née le 20 juin 1916 et décédée le 4 juin 2011.

Lilian Jackson BRAUN : Le chat qui jouait Brahms.

Aimez-vous Brahms ?

Journaliste au Daily Fluxion, Qwilleran décide de changer d’air, de passer quelques semaines de vacances dans la nature, loin de la ville, de la pollution, du travail, de la frénésie.

Pourtant son rédacteur en chef lui propose une nouvelle affectation, une rubrique mieux adaptée, à ses possibilités et à son talent : reportages et enquêtes criminelles, au lieu d’assurer les chroniques gastronomiques. D’ailleurs un petit tiraillement familier de sa lèvre supérieure et de sa moustache lui prédit quelques aventures.

En compagnie de Yom-Yom et de Koko, ses deux chats siamois, Qwilleran s’installe dans un chalet situé en forêt, en bordure d’un lac. La propriétaire en est Tante Fanny, une vieille dame de quatre-vingt-dix ans, ancienne amie de la mère du journaliste. Tante Fanny est un peu sourde, mais elle est si charmante. Et Qwilleran pourra écrire son livre en toute quiétude, se reposer et faire le ménage côté cœur.

Pourtant ce havre de silence et de tranquillité promet quelques surprises désagréables à notre vacancier. L’univers bucolique ne s’avère pas si enchanteur qu’il l’espérait. Quant à Koko, chat impertinent, joueur et taquin, il démontre ses aptitudes et ses goûts de mélomane à un Qwilleran pas encore blasé par les prouesses de son félin.

Le chat qui jouait Brahms est un roman qui fait patte de velours. Sans violence, sans vulgarité, avec humour, Lilian Jackson Braun impose ses deux détectives en fourrure courte et son journaliste qui ne comprend pas toujours les subtilités déployées par ses compagnons à quatre pattes.

La série connait Outre-Atlantique un très grand succès, mérité, et se révèle comme le contrepoint du déferlement de sang et de sexe qui sévit avec complaisance dans la littérature policière, noire ou fantastique américaine et française.

Lilian Jackson BRAUN : Le chat qui jouait Brahms.

Lilian Jackson BRAUN : Le chat qui jouait Brahms. Collection Grands Détectives N° 2189. Editions 10/18. Première parution 1er juin 1991. 252 pages. 7,10€.

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 13:46

Bon anniversaire à Alain Puiseux, né le 28 mai 1963.

Alain PUISEUX : Bienvenue au Paradis.

Cortez a été mis à la porte de son squat. Des hommes sont venus, ont tout cassé, tout démoli et il n’a rien pu sauver pas même ses précieux carnets.

Vêtu simplement d’une couverture, il regarde son immeuble qui n’est plus que ruines.

Il est recueilli par Alice, une vieille dame qui l’appelle son Jésus. Comment se fait-il qu’il vive dans la forêt, près de la Sascatchoe, non loin d’une bourgade dirigée par un shérif féminin prénommé Martha ? Martha c’est aussi le nom de l’élan qui vient le voir de temps à autre dans la clairière où se dresse sa cabane. Refuge de récupération.

Il n’est pas seul, puisque vivent avec lui deux gamins, les jumeaux Tim et Tom. Et il a des amis, un endroit où se désaltérer. Enfin il peut trouver un sens à son existence, en aidant plus paumé que lui.

Comment est-il arrivé dans ce lieu tranquille, bucolique, serein ? Peut-être à bord d’un avion, peut-être comme ça d’un claquement de doigts, d’un coup de baguette magique.

 

Le rêve et la réalité se mélangent sous forme de retour arrière, de flash, de rêves (ou de cauchemars) éveillés. Un roman tendre, sensible, noir et vert, féroce sans être méchant dans la description de la noirceur d’un monde urbain, lyrique lorsque la forêt et les animaux tiennent la vedette, avec parfois la dose d’humour qui permet de digérer toutes les infortunes, les misères que la vie se charge de déposer aux pieds des plus démunis.

Deux mondes parallèles qui se télescopent à certains moments puis s’éloignent à nouveau comme si rien ne s’était passé.

 

Alain PUISEUX : Bienvenue au Paradis. Collection Hors Noir 27. Editions Hors Commerce. Parution le 22 juin 2001. 248 pages.

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 12:08

Hommage à Pierre Barbet né le 16 mai 1925.

Pierre BARBET : Magiciens galactiques.

De retour d’une mystérieuse mission, le chevalier Roland croise sur le chemin qui le mène à la capitale Alberto, un magicien en proie à la vindicte des paysans. Les deux compagnons arrivent à la cour de l’empereur Carlus lequel organise un tournoi en l’honneur de la venue d’Angélique, impératrice de Cathay.

Roland tombe amoureux de la jeune femme mais au cours de la joute il blesse mortellement le frère d’icelle. Sous l’emprise du charme et de la douleur il s’éloigne de la cour de France. Pendant ce temps les Sarrazin franchissent la frontière et sans l’appui de son fidèle chevalier, Carlus a bien du mal à contenir l’avance de l’ennemi.

 

Située dans un futur lointain cette histoire prend son essence dans l’épopée carolingienne, mais pas seulement. La Terre a subi de profondes transformations et elle traverse une ère au cours de laquelle chaque pays, dans un anachronisme déconcertant, revit une période marquante de son histoire tandis que des orques et des hippogriffes jouent le rôle de gardiens du temple.

C’est ainsi qu’Alberto le mage et un de ses confrères voyageant sur le dos d’un hippogriffe obéissant à un appareil sophistiqué appartenant à Roland, traversent les Etats-Unis alors que les Indiens et les cow-boys s’affrontent.

Roland qui n’est autre que Setni, sortant enfin de la torpeur dans laquelle il a été plongé, peut mener à bien la mission qui lui a été confiée. Un roman qui mêle habilement les passions de Pierre Barbet - les légendes, l’histoire, et la science.

 

Pierre BARBET : Magiciens galactiques. Collection Anticipation N°609. Editions Fleuve Noir. Parution 2èe trimestre 1974. 224 pages.

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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 14:46

Bon anniversaire à André-Paul Duchateau, né le 8 mai 1925.

André-Paul DUCHATEAU : Mourir à Angoulême.

Un fan de BD qui ose s'attaquer aux scénaristes et dessinateurs de la maison d'édition L'Audace, voilà de quoi surprendre et inquiéter tout à la fois.

Max Ruiter, le privé dont on a fait la connaissance dans de précédentes aventures (Knockke sur mort, La clé sur la porte, La petite fille à gauche sur la photo), est contacté par un certain Bernard qui lui signifie qu'il a un contrat à remplir. Quoique cette conversation ne se déroule pas à Marseille, Ruiter pense à une galéjade. N'empêche, les accidents et tentatives d'assassinats se multiplient.

La saison de la bande dessinée bat son plein. Ce mois à Bruxelles, le mois prochain à Angoulême. Tout le monde est sur les dents. Particulièrement à L'Audace dont les vedettes sont plus spécialement visées. Il y a ceux qui montent, Markos et Elmer par exemple, ceux qui stagnent ou sont en baisse, tels Claude Martel ou Marinal, ou encore ceux dont la popularité s'effrite d'album en album, comme Bastian. Et Géo Lamentin, le directeur des publications, se lamente et aligne sur sa calculette les chiffres, envisageant de virer ceux qui ne font plus recette.

Alors cet amateur de BD qui perpètre ces petits meurtres, qui tous heureusement ne réussissent pas, est-il l'un des scénaristes ou dessinateurs, jaloux pour une quelconque raison de ses confrères ? Ou tout simplement celui qui se surnomme le Fan de BD, Juan Dupont, un Belge, le véritable maniaque, écumant les festivals, quémandant dessins et autographes, ne lésinant pas sur les critiques élogieuses ou acerbes ? A moins qu'il s'agisse tout simplement de Luc Ludovic qui faisait partie de la bande et qui depuis son séjour carcéral à cause d'une histoire de cœur, ne retrouve plus d'éditeur. Il aurait plus d'un motif de se venger de ses confrères.

 

Après avoir joyeusement brocardé le monde de la littérature policière dans Palmarès pour cinq crimes, paru au Masque, André-Paul Duchateau récidive plaçant son intrigue dans un milieu qu'il connait bien. Lui-même est scénariste de BD, papa de Ric Hochet avec son complice Tibet.

D'ailleurs l'une des aventures de Ric Hochet avait eu pour cadre Reims et le festival international des littératures policières dans La maison de la vengeance.

Quant à Mourir à Angoulême certaines analogies font penser justement à Palmarès pour cinq crimes dont le chapitre intitulé Coloriage.

D'ailleurs chaque titre de chapitre possède un rapport avec la bande dessinée et est suivi d'une citation extraite d'albums célèbres.

Un bon roman d'André-Paul Duchateau, amusant et satyrique. Peut-être pas assez mordant, pas assez percutant, pas assez acerbe. Mais Duchateau ne veut-il pas se fâcher ou faire de la peine à certains de ses confrères.

A noter un très beau passage sur les relations des duettistes scénaristes-dessinateurs, dans la réalisation d'un album et dans leur vie de couple, professionnellement parlant bien entendu.

André-Paul DUCHATEAU : Mourir à Angoulême. Collection Les Maîtres de la Littérature Policière. Editions du Rocher. Parution janvier 1991. 204 pages.

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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 13:46

Hommage à Barbara Vine, plus connue sous le nom de Ruth Rendell, décédée le 2 mai 2015.

Barbara VINE : Ravissements.

Depuis qu’il l’a empêché de se suicider, Sandor est devenu le mentor de Joé, handicapé mental léger, auquel il raconte parfois de belles histoires plus ou moins vraies : ainsi celle de la princesse kidnappée à Rome.

Peu à peu, Joé apprend que cette princesse a déjà été enlevée cinq ans auparavant et que Sandor en était le geôlier avec deux acolytes italiens. Et il ne voit aucun inconvénient à s’associer à ce nouveau forfait. Il est donc chargé par Sandor d’effectuer des repérages. Mais, un jour Paul Carnet, le gardien de la propriété, le surprend en flagrant délit d’espionnage. Ce cerbère ayant coupé les ponts avec son passé, est le garde du corps de Nina. Apsoland, son mari, directeur d’une firme spécialisée dans la sécurité, a multiplié les systèmes de protection de la maison. Colombo et Maria complètent le personnel domestique.

Paul se pose de nombreuses questions sur Nina, dont il tombe bientôt amoureux. Joé, de son côté, pense sans cesse à sa sœur adoptive, Tilly, dont il est sans nouvelles depuis des années. Par une petite annonce, il retrouve sa trace et l’invite à les rejoindre. Si Sandor n’apprécie guère cette intrusion, il n’en laisse rien paraître.

Mais bientôt, Tilly prend un ascendant certain sur les deux hommes. Joé soupçonne alors Sandor de lui cacher une partie de la vérité sur ses antécédents et ses motivations. Lors d’une visite à Diana, sa mère, il apprend que Sandor a passé quatre ans en prison. Or, il est continuellement fauché ; qu’est devenue, dans ce cas, sa part de la rançon ? Sandor avoue alors l’avoir redonnée à sa belle captive.

Sous la houlette de Tilly, Jessica est prise en otage, afin de faire pression sur son père, Paul Carnet, à qui ils proposent un échange : Jessica contre Nina. Le malheureux est partagé entre son sentiment paternel et l’amour qu’il porte à Nina, devenue sa maîtresse. Mise au courant, Nina l’encourage à se plier aux exigences des ravisseurs. Carnet, trop heureux de retrouver sa fille saine est sauve, quitte la région en attendant que Nina le rejoigne. Sandor, amoureux de Nina, n’avait imaginé cet enlèvement que pour mieux retrouver sa princesse, mais celle-ci, qui avait éprouvé un certain penchant pour son geôlier, lui déclare que cette attirance s’est effacée avec le temps.

 

Ce roman de Barbara Vine, pseudonyme derrière lequel se cache Ruth Rendell, démarre lentement, puis, après quelque temps morts, s’emballe pour se clore sur un final éblouissant, mené à un rythme d’enfer.

La trame est une duplication d’événements dans le temps, mais dont la réalisation et l’achèvement diffèrent. Ainsi la tentative de suicide de Joé et celle réussie de Sandor se déroulent dans les mêmes conditions.

De même, le double enlèvement de Nina, la princesse, par les mêmes personnages. La première fois, Sandor et les deux Italiens étaient complices. Pour le second, ils échafaudent leur combinaison séparément. Quant à Joé, le narrateur, pris entre victime et ravisseurs, il est perturbé par l’amitié qu’il porte à Sandor. Cette confusion de sentiments fait osciller en lui la peur et l’attrait de l’homosexualité. Il connaîtra sa première relation sexuelle avec Tilly, sa sœur d’adoption.

Jusqu’au titre, ce roman, qui jongle avec la dualité, le double sens des mots, baigne dans une atmosphère trouble et dérangeante. Barbara Vine est bien le « double » de Ruth Rendell.

 

Barbara VINE : Ravissements. (Gallowglass - 1990. Traduction Sabine Porte). Hors collection. Calmann-Lévy. Parution 1991. Autres éditions : Le Livre de Poche Policiers n°9727 (1993).

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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 13:19

Hommage à Ruth Rendell, décédée le 2 mai 2015.

Ruth RENDELL : La demoiselle d’honneur

Depuis la disparition de son père, Philip vit entouré de sa mère Christine et de ses deux sœurs, Fee et Cheryl. Il a la phobie de la violence sous toutes ses formes. Ainsi la disparition de Rebecca Neaves, largement relatée par les médias, l’indispose. Sa mère, elle, songe à refaire sa vie avec Gérard Arnham et lui offre une statue de jardin, souvenir de son voyage de noces, qui représente la déesse Flore.

Au mariage de sa sœur Fee, Philip est fasciné par Senta, la cousine de son beau-frère. Elle devient sa maîtresse et commence alors pour lui une période merveilleuse. Mais Senta ne se contente pas de paroles d’amour ; il lui faut une preuve qui va à l’encontre de l’aversion du jeune homme : un échange de meurtres !

Pendant ce temps, la liaison de Christine avec Gérard est rompue. Et Philip est sidéré lorsqu’il aperçoit de la fenêtre de l’une de ses clientes, la statue de Flore dans un jardin. Il s’en empare. Entre Senta et lui, c’est la rupture. Il ne peut se résoudre à tuer un être humain, même par amour. Mais, au bout de quelques jours, il est en manque et renoue avec elle en lui jurant de passer à l’acte. Il décide de s’attribuer l’assassinat d’un clochard dont le corps a été découvert dans la banlieue londonienne. Folle de joie, Senta lui avoue être elle aussi passée à l’acte : elle a tué Gérard Arnham ! Philip pense qu’elle fabule ; ce que confirme sa rencontre avec l’ancien ami de sa mère qui aimerait bien la revoir.

Selon les journaux, un homme répondant au nom de Myerson aurait été assassiné à l’endroit indiqué par Senta et Philip est persuadé de la mythomanie de son amie jusqu’au jour où il comprend que, prenant Myerson pour Arnham, elle l’a effectivement assassiné. Plus grave, elle avoue avoir tué également, quelques mois auparavant, un certain Martin Hunt ! Un meurtre perpétré sous l’emprise de la jalousie. Les relations entre les amants se dégradent, mais Senta s’accroche désespérément.

Philip a d’autres soucis en tête. Sa sœur Cheryl, à cause du jeu, est arrêtée pour vol. Arnham rend visite à Christine. Par provocation, Philip replace la statue de Flore dans le jardin.

 

Autour d’une histoire d’amour qui se révèle tragique, Ruth Rendell construit un roman psychologique cruel dont tous les protagonistes agissent sous l’emprise d’une phobie, d’une schizophrénie, d’une névrose quelconque. Le personnage de Senta est fascinant. Prompte à travestir la réalité, elle est également en proie à l’agoraphobie. Vivant souvent cloîtrée dans sa petite pièce au sous-sol, elle possède une existence intérieure intense. Sa faculté à édulcorer la vérité est entretenue par son métier puisqu’elle est actrice à la recherche d’un rôle. Elle désire que le couple qu’elle forme avec Philip soit la réincarnation de Arès et Aphrodite, déclarant : Nous devons prouver que nous sommes prêts, l’un pour l’autre, à transcender les lois humaines ordinaires. Et je dirais même : à les réduire à néant, à montrer que, tout simplement, elles ne valent pas pour nous

Si les personnages masculins, en particulier Philip, sont un peu falots, les femmes, elles, sont montées en épingle, sous un angle qui n’est pas à leur avantage. Un roman bourré de métaphores, écrit par une femme qui ne se montre pas l’apologiste de la femme mais la dévoile sous diverses facettes qu’un homme aurait parfois du mal à imaginer.

 

Ruth RENDELL : La demoiselle d’honneur

Ruth RENDELL : La demoiselle d’honneur (The bridesmaid - 1989. Traduction de Pierre-Guillaume Lebon). Hors collection. Calmann-Lévy. Parution 1991. Autres éditions : Le Livre de Poche Policiers n°4315 (1992)

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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