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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 14:24

Les recettes littéraires de Dame Agatha !

 

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Bon nombre de lecteurs se demandent, à juste raison, comment travaille, écrit un(e) romancier(e), comment s’organise sa journée, d’où lui viennent ses idées, et autres questions fondamentales qui bientôt n’auront plus de réponses à cause de l’informatique. Existera-t-il des traces des différentes versions, des suppositions, des idées jetées en l’air ou sur écrit, des ratures, des renvois, comme cela pouvait et peut encore être découvert grâce à certains manuscrits soigneusement conservés dans des bibliothèques.

John Curran grâce à un hasard extraordinaire, mais pas tant que cela si l’on considère qu’un admirateur aura toujours plus de chance de découvrir des perles rares qu’un lecteur lambda, a pu mettre la main sur soixante-treize carnets appartenant à Agatha Christie, sachant que certains ont dû se perdre au fils des ans.

10petitsnegres-copie-1.jpgLe petit-fils de la célèbre romancière, Mathew Prichard, et John Curran se sont rencontrés à Calgary au Canada, lors de la création mondiale d’une des toutes dernières pièces d’Agatha Christie, Chimneys, et ils ont sympathisé. C’est ainsi que John Curran devient un visiteur fréquent de la propriété sise à Greenway avant même que le National Trust organise de nombreux travaux de rénovation, invité par Mathew Prichard et sa femme. Et qu’il est amené à trouver rangés dans une petite pièce du deuxième étage, des éditions originales de livres, des manuscrits, des lettres et des contrats, des photos, des coupures de presse et un carton ordinaire. Ordinaire, pas tant que cela puisqu’il contient une collection de vieux cahiers d’écoliers.

John Curran est subjugué par sa découverte, et il passe des heures dans cette pièce à relever notes, noms, lieux, dates, à comparer, à remettre en ordre, car si ces cahiers ou carnets, de tailles et d’épaisseurs différentes sont numérotés, c’est dans un ordre aléatoire, prémisses à un véritable dépouillement jamais mené au bout. 

John Curran se plonge dans ces carnets avec la jubilation, l’excitation dû à la découverte d’un trésor, et il passera des heures, des journées, deaffaire-styles.jpgs semaines, à compulser, trier, comparer, analyser, décrypter parfois, des mots, des phrases, des idées, des noms, des interrogations, des ratures, traquant l’écriture serrée, patte de mouche, qui évolue au fil des ans. Un véritable fourre-tout : Pour elle [Agatha Christie], ces blocs-notes sans prétention étaient un simple outil de travail, pas plus précieux que le stylo, le crayon ou le Bic qu’elle prenait pour les noircir. Ses carnets lui servaient d’agendas, d’aide-mémoire, de blocs pour messages téléphoniques, de journal de bord, de livres de comptes pour la maison ; elle les utilisait pour rédiger des brouillons de lettres, pour faire des listes de cadeaux à l’occasion de Noël et des anniversaires, pour griffonner des listes de choses à faire, pour répertorier les livres lus ou à lire, pour gribouiller des itinéraires de voyages… Sir Max, son mari, s’en servait pour faire des calculs, Rosalind s’en servait pour ses exercices d’écritures et tout le monde s’en servait comme marques de bridge.

Comment s’y retrouver dans tout ce fatras, sans une bonne dose de patience, de persévérance, de pugnacité, de volonté, d’obstination, de constance, de concentration, d’amour du livre et des vieux écrits, personnifiant le rat de bibliothèque dévorant métaphoriquement tous ces papiers qui traînent à sa portée et dont il se délecte ?

Parmi cechristie.jpgs scories, John Curran découvre de petites pépites, des ébauches d’histoires jamais écrites, des personnages manquants, réutilisés dans d’autres romans ou nouvelles, de nombreuses interrogations sur les motivations, les mobiles, les occasions, Agatha se livrant à des spéculations, dressant une liste de possibilités, prenant note du travail restant à faire. Et John Curran recense toute cette activité de recherche, exemples à l’appui, en douze chapitres en abordant certains des romans et nouvelles rédigées par Agatha Christie, replaçant l’histoire dans le contexte, abordant les relations avec l’éditeur, avec ses confrères ou consœurs, dans le cadre du Detection Club ou autre, des auteurs qui à leur époque connaissaient un très grand succès tels que G. K. Chesterton, Dorothy L. Sayers, John Dickson Carr, Rex Stout, Anthony Berkeley, E.C. Bentley, Freeman Wills Crofts, mais pour la plupart tombés en désuétude ou quasiment oubliés.

John Curran met en avant le recyclage, qui n’est pas l’apanage d’Agatha Christie, de nouvelles en romans, comme L’Incident de la balle du chien (nouvelle inédite complétant ce recueil) devenant Témoin muet, l’assassin étant changé.

Agatha Christie connaissait son travail, pourtant afin de complaire à son éditeur, elle accepte parfois, rarement, de procéder à des ajouts à un manuscrit déjà bouclé. Ce qui est le cas de La nuit qui ne finit pas, et ses ajouts alourdissent le texte initial et introduisent des incohérences. Or le lecteur ne sait pas forcément que ces hiatus ne proviennent pas d’un manque de rigueur de la romancière mais des exigences d’un éditeur mal inspiré.

La Capture de Cerbère, le douzième et dernier travail d’Hercule, nouvelle qui devait paraître dans le Strand à la suite des onze premiers, qui le travaux-hercule.jpgfurent entre novembre 1939 et septembre 1940, fut refusée par les responsables du magazine. Mais ils ne lui en demandèrent pas une nouvelle version. Le nouveau texte parut lors de l’édition en volume, reprenant une grande partie de l’intrigue de la première. Et c’est en compulsant les carnets d’Agatha Christie que John Curran a pu retrouver la première version et la proposer à la fin de cet ouvrage avec sa genèse. Mais pourquoi donc ce refus ? Tout simplement parce que le personnage d’August Hertzlein est le portrait mal déguisé d’Hitler, nouvelle écrite avant le début de la Seconde guerre mondiale. Un cas unique dans la carrière littéraire d’Agatha Christie qui déclarait en 1970 à son éditeur italien Mondadori : Je ne me suis jamais intéressée le moins du monde à la politique. Hercule est bien évidemment Hercule Poirot, et l’on connait sa vantardise et son immodestie. Pourtant on ne peut qu’approuver cette pensée qui pourrait s’appliquer à certains de nos hommes politiques français actuels : Les hommes doués d’une grande intelligence étaient rarement de grands leaders ou de grands orateurs. Peut-être parce qu’ils sont trop malins pour se laisser prendre à leurs propres discours.

Un ouvrage qui permet de mieux comprendre le succès des romans d’Agatha Christie, un succès qui ne se dément pas, ses sources d’inspiration, sa façon de travailler, de peaufiner son intrigue, de l’abandonner pour mieux la reprendre ou de se servir d’idées non exploitées dans un manuscrit pour en écrire un autre…

En un mot un ouvrage qui se lit… comme un roman policier et qui donne envie de relire la production christienne. Et comme le souligne John Curran, si l’on lit un Agatha Christie par mois, il faudra plus de sept ans pour boucler la boucle, et on pourra recommencer car on aura oublié, logiquement, le premier lu.


John CURRAN : Les carnets secrets d’Agatha Christie. Avec deux nouvelles inédites d’Hercule Poirot. (Agatha Christie’s secret notebooks, fifty years of mystery in the making – traduction de Gérard de Chergé ; Réédition des éditions du Masque 2011). Le Livre de Poche N° 32748.

600 pages. 8,10€.

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 19:21

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur 813 sans jamais oser le demander !

 

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Les associations d’amis de… pullulent rendant hommage à des auteurs disparus : Les Amis de Jules Verne, d’Alexandre Dumas, de Flaubert, de Guy de Maupassant… Mais une association d’amis aimant la littérature populaire, c’est déjà plus restrictif, et lorsque 813 a été créée, c’était une nouveauté, un défi, un pavé jeté dans la mare des intellectuels et des bien-pensants. D’autant qu’il ne s’agissait pas pour ses créateurs de former une confrérie, un corporatisme englobant uniquement des auteurs, mais de s’ouvrir à tous les amoureux de la littérature policière sous toutes ses formes (Romans, essais, documents, bandes dessinées, films…) les auteurs côtoyant les lecteurs, et vice versa.

Jean-Louis Touchant, d’abord adhérant de base, puis trésorier puis président, relate l’histoire de cette association avec son sens de la rigueur, son pointillisme, sa pondération, son effacement, sa passion, son attachement à un genre littéraire, à des amis, à l’association elle-même.

Pour les nouveaux adhérents, ce document historique permettra de mieux appréhender la genèse de cette association, d’en percer les coulisses, de se sentir chez eux, même s’ils n’en connaissent pas tous les acteurs, dont certains sont malheureusement disparus aujourd’hui. D’autres ont quittés le navire, préférant voguer vers d’autres rivages, pour incompatibilité d’humeur, parce qu’ils croyaient accéder à une plus grande notoriété (je pense à quelques auteurs qui reprochaient un manque de promotion de la part de l’association), pour diverses raisons.

Restent aujourd’hui quelques-uns des mammouths, comme nous appelait l’ami Pascal Polisset qui alors vivait près du Mans et prit une part active lorsque l’assemblée générale, laquelle au début se tenait à Reims puis émigra à Grenoble, fut hébergée par la cité mancelle.

Dedicace-brac.jpgDès les premières pages, les souvenirs se sont bousculés devant mes rétines. Adhérant depuis mai 1982, j’ai assisté à ma première AG fin octobre 1982 à Reims. Je me souviens de Claude Aveline et son bandeau noir sur l’œil, signant ses romans dans une petite salle du Centre culturel André Malraux, entouré de jeunes et de moins jeunes, affable, répondant volontiers aux questions, de Jean Amila, de Michel Lebrun qui ne faisait aucune différence entre auteurs et lecteurs, d’Alain Demouzon, de Pierre Lebedel, d’Harry Whittington et de bien d’autres, revenant à Reims chaque année jusqu’à la dernière édition en 1986. Mais cette année là, j’étais intimidé, n’osant vraiment approcher les auteurs. En 1983 nouvelles brassées de livres achetés, de dédicaces, dont celle en forme de clin d'oeil d’une débutante qui venait de signer son premier roman intitulé Sourire kabyle publié dans la collection Engrenage : Virginie Brac. Mais également la même année puis les années suivantes de Chrystine Brouillet, de François Guérif, de Pierre Lebedel, de Bill Pronzini, de Léo Malet, de Tito Topin, de Pierre Magnan, de Georges-Jean Arnaud, d’Emmanuel Errer/Jean Mazarin, de Brice Pelman, de Claude Mesplède puis de son frère Pierre-Alain, de Marc Villard, de Ralph Messac, de Georges Rieben, de Christine Ferniot, de Thierry Jonquet, de Robin Cook, de Roger Martin, de Didier Daeninckx, de Michel Quint, de Peter Falk, de Richard Fleisher… J’arrête là, trop de souvenirs pour moi et liste peut-être fastidieuse pour vous.

Jean-Louis Touchant nous narre donc les débuts de 813 qui sont liés à une manifestation qui elle aussi était inédite : le festival du roman et du film policiers de Reims dont la première édition connut le jour en 1979. Histoire imbriquée au départ, plus pacsée que mariée.

Je me souviens des premiers bulletins ronéotypés de 813, puis enfin ce qui deviendra une véritable revue, les rires et les coups de gueule lors des assemblées générales, les nouvelles connaissances, les retrouvailles annuelles, les liens d’amitié qui se sont forgés, tout un pan de ma vie que Jean-Louis Touchant exhume, sans difficulté, de ma mémoire. Un bain de jouvence.

C’est pour les adhérents qui n’ont pas connu cette époqueCarte membre 1982-copie-1 moise, puis celles qui suivirent, grenobloises, mancelles, de s’imprégner de cette ferveur, de découvrir les facettes diverses, aussi diverses que peut l’être la littérature policière, les coulisses dont les adhérents de base ne connaissent pas toutes les imbrications, seule la partie immergée de l’iceberg étant accessible. Mais les à-côtés sont aussi évoqués, la vie en dehors de l’association qui ne se contente pas de besogner lors des assemblées générales, un éclairage sur les éditeurs, sur les parutions marquantes, sur les prix littéraires, sur les nombreux salons ou festivals auxquels 813 participe ou est représenté, sur le travail réalisé lors des réunions de bureau, les points de vue des uns et des autres, les défections, les nouveaux arrivants, les différents bureaux élus, toutes petites informations qui sembleront anecdotiques mais révèlent que le monde de la littérature policière est vaste et dont la population parfois se heurte, n’appréciant que le genre qu’elle vénère et critiquant négativement les autres. Le Noir porté au pinacle et les romans de mystères ou de déduction relégués par exemple dans des culs de basse-fosse.

Jean-Louis Touchant, qui ne se met jamais en avant bannissant le JE de son teste, clôt son ouvrage en 2007, année où il ne se représente pas comme membre du bureau. Aujourd’hui l’équipe dirigeante est plus « professionnelle » que celles des débuts, mais je ne ressens pas l’état d’esprit convivial qui en était la marque de fabrique. La nostalgie peut-être qui me fait écrire ces derniers mots.

Une mine de découvertes pour tous, et pour les anciens, je dirais Préparez-vos mouchoirs…

Pour commander cet ouvrage précieux, adressez votre commande accompagnée d’un chèque de 12€ (10€ + 2€ pour les frais d’envoi) à :

Jean-Louis Touchant

22 boulevard Richard-Lenoir

75011 Paris


Jean-Louis TOUCHANT : Histoire véridique de 813, association des amis de la littérature policière. Editions Arsène. 104 pages. 10€.

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 15:26

A partir de novembre, pour les clochards, il n'y a plus que deux solutions : la Côte d'Azur ou la prison.

 

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Si Michel Audiard est connu pour les films auxquels il a collaboré en tant que dialoguiste, scénariste, pour ceux qu’il a réalisés, pour ses citations, pour sa gouaille, son inamovible casquette, connait-on véritablement l’homme et son univers ?

Marc Lemonier dans ce dictionnaire richement illustré, dont bon nombre de photos d’archives inédites, nous invite à retrouver l’homme, les artistes qu’il a côtoyés, les films auxquels il a participé et quelques mots clés.

Après une entame chaleureuse relatant la biographie de Michel Audiard, dans laquelle on apprend de nombreuses anecdotes, plus que dans des dictionnaires dont les fiches sont écrites dans un style sec et uniforme, Marc Lemonier décline l’univers de Michel Audiard de A comme Alfred Adam, acteur et scénariste, à Z comme Léon Zitrone, journaliste de télévision qui apparait dans quelques films comme Le Gentleman d’Epsom. En passant par Le Cave se rebiffe, Frédéric Dard, Elle cause plus… elle flingue, Jean Herman (alias Jean Vautrin), Maigret et l’affaire Saint-Fiacre, Mort d’un pourri, Philippe Noiret, Charlotte Rampling, Fernand Raynaud, Tendre poulet… tous noms prélevés au hasard.

Car cet ouvrage se lit (et se regarde) comme on pioche dans un buffet garni. On picore, on feuillette, on déguste, on avance, on revient en arrière, on regarde et on apprécie les photographies, les commentaires, les anecdotes, les petits plus. Revenons quelque peu sur la biographie, du moins sur les premières lignes, de Michel Audiard telle que nous la décrit Marc Lemonier.

Michel Audiard est né de père inconnu le 15 mai 1920, au numéro 2 de la rue Brézin, à Paris XIVe. Sa mère, une jeune fille de la petite bourgeoisie auvergnate, le laissa sans regret derrière elle lorsqu’elle retourna au Puy-en-Velay. Michel ne souhaita jamais savoir qui était son père, déclarant à plusieurs reprises qu’il s’en « fou[tait] complètement », ajoutant que cette incertitude sur ses origines le dissuadait d’être raciste. « Après tout, je suis peut-être arabe, juif ou arménien… » Sa mère l’oublia et ne se manifesta qu’une fois, alors que Michel commençait à apparaître à la télévision, pour lui reprocher de ne pas porter la cravate…

Une réaction maternelle pour le moins irréaliste ! Quant à la déclaration de Michel Audiard concernant son origine paternelle, elle dénote que l’ignorance de son origine peut parfois être un bienfait engendrant l’humanisme.

Revenons au corps même de ce dictionnaire et par exemple, prenons au hasard, Babette s’en va-t-en guerre, un film de Christian-Jacques de 1959 avec Brigitte Bardot en vedette principale. Le scénario original de Raoul Lévy est rejeté par B.B. alias Babette. Elle déplore que l’héroïne la transforme « en Mata-Hari vulgaire qui couche avec tout le monde ». Gérard Oury et Michel Audiard sont appelés à la rescousse. Un film qui permet à Francis Blanche d’exprimer toute la mesure de son talent dans l’interprétation extravagante de Papa Schultz.

Jean-Paul Belmondo, Francis Blanche, Bernard Blier, Mireille Darc, Louis de Funès avant qu’il devienne un acteur de premier plan avec La Grande vadrouille, Jean Gabin, Annie Girardot, Michel Serrault, Lino Ventura, pour ne citer que les plus grands, sans oublier les spécialistes des seconds rôles tels que Philippe Castelli, Robert Dalban, Paul Frankeur, Jean Lefebvre, Paul Mercey, Bernard Musson, André Pousse ou Dominique Zardi, font partie intégrante de la bande à Audiard. C’est la conjugaison de leur talent, de leur présence, de leur gouaille, de leur gueule, le tout associé aux dialogues percutants de Michel Audiard qui fait qu’ils restent acteurs et films) indissociables dans nos mémoires.

Tous ces noms, et bien d’autres, même ceux qui n’ont participé qu’à un seul film comme Isabelle Adjani ou Fernandel, bénéficient d’une fiche, plus ou moins longue selon leurs prestations, avec véritable patronyme, date de naissance, date de décès éventuellement, listes des films dont Audiard fut le dialoguiste, le scénariste ou le réalisateur, auxquels ils ont participés. Sont recensés également les réalisateurs avec lesquels il a travaillé, même pour un film tel que Yves Allégret ou Claude Zidi, et tous les films auxquels il a collaboré.

Cela va de 125, rue Montmartre de Gilles Grangier en 1959, à Les Yeux de l’amour de Denys de La Patellière en 1959. Coïncidence de date. Les fiches de ces films décrivent succinctement le scénario, et offrent les petits à-côtés permettant un éclairage complémentaire. Ainsi, 125, rue Montmartre, qui est l’adaptation d’un roman d’André Gillois permet à Audiard d’évoquer ses propres souvenirs de livreur de journaux, et dont la préparation et le tournage renforcent la sympathie mutuelle que ressentaient déjà depuis Le Rouge est mis, Audiard et Ventura. Ces films sont notés (impartialement ?) d’un A pour à voir ou à découvrir, de deux AA pour bon film avec de bonnes surprises, et d’un triple AAA (une référence qui ne doit rien aux agences de notation dont je ne citerai pas le nom afin d’éviter de leur faire de la pub) pour Chefs-d’œuvre.

D’autres personnages célèbres sont également évoqués comme De Gaulle. Pourquoi, comment ? Autant de bonnes questions dont les réponses sont déclinées dans la fiche consacrée au Général.

Enfin, quelques mots-clés comme Anarchisme de droite, Argent, Con, Littérature, Mort, complètent ce portrait haut en couleurs, au réel et au figuré.

Indispensable à tout cinéphile qui pense connaître Audiard sous toutes ses coutures, et au curieux qui découvrira bon nombres de films auxquels son nom reste attaché.

Un ouvrage de poids dans votre bibliothèque : 1440 grammes, comprenant la filmographie et la bibliographie par années.


A lire de Michel Audiard :  Méfiez-vous des blondes.


Et si vpus désirez en savoir davantage sur les citations de Michel Audiard effectuez une petite visite à  Bédépolar de Fred Prilleux.


Marc LEMONIER : Michel Audiard, l’intégrale de A à Z. Editions Hors Collection. 288 pages. 29€.

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 14:04

Voyage télévisuel en Nostalgie !

 

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Bon nombre de téléspectateurs pensent, et affirment, que les nouvelles chaines proposées par la TNT ne leur apportent rien de nouveau. Le reproche quasi constant résidant dans la rediffusion systématique de séries anglo-saxonnes ou françaises. Pourtant, comparées à celles que nous pouvons visionner actuellement, mais bien entendu cet avis n’engage que moi, elles étaient souvent supérieures, même si pour certains elles étaient habillées de candeur et de naïveté. Celles que nous proposent les chaines de télévision me semblent parfois indigentes, avec un humour aléatoire et comportent trop souvent des scènes de violence et de sexe qui ne sont pas forcément en adéquation avec nos attentes. Et puis, il faut bien l’avouer, la nostalgie nous tenaille toujours un peu, et sans conteste, nous pensons, avec mauvaise foi, que c’était mieux avant.

Quant aux nouvelles générations, elles peuvent découvrir avec ces rediffusions ce qui procurait du plaisir à leurs parents, qui alors étaient adolescents.

Si certaines de ces séries ont tourné ou tournent encore en boucle dans nos petits écrans, avec de petits aménagements, La petite maison dans la prairie, Inspecteur Derrick ou Zorro, qui a été colorisé, par exemple, d’autres sont tombées dans les oubliettes de nos mémoires.

Tout le monde revenait à la maison et s’installait devant le poste, délaissant jeux pour les jeunes et les adolescents, ou autres occupations apéritives pour les plus grands, car l’heure du feuilleton était sacrée. Les jeunes filles, mais pas que, se pâmaient devant les histoires de haines, d’amour et de passion de Santa Barbara, 11 saisons, 2137 épisodes et dont TF1 n’a jamais diffusé la fin pour programmer Coucou, c’est nous de Christophe Dechavanne, afin de relancer l’audience avant le Journal télévisé. Dans le même genre, mais à une heure de grande écoute, Dallas, 14 saisons, 357 épisodes, qui narrait les aventures mouvementées de la famille Ewing avec le fameux J.R. alias Larry Hagman en tête.

Certains acteurs sont devenus célèbres grâce à ces séries, tel Roger Moore qui fut tour à tout Ivanhoé, Le Saint puis Lord Brett Sinclair dans Amicalement vôtre avant de passer au cinéma dans le rôle de James Bond.

D’autres séries sont devenues culte pour des raisons diverses : mystères, aventures, humour, légèreté, et elles restent gravées dans les mémoires : Les Mystères de l’Ouest, Amicalement vôtre, Le prisonnier, Chapeau melon et bottes de cuir, Ma sorcière bien aimée, L’Agence tous risques, Mac Gyver, j’en oublie sciemment, sinon où résiderait l’intérêt de vous présenter un tel ouvrage !

Mais toutes ces séries sont anglo-saxonnes et en France me demanderez-vous ? Souvenez-vous : Thierry la fronde, Les chevaliers du ciel, Les brigades du Tigre, Commissaire Moulin, Maigret, Les cinq dernières minutes, Belle et Sébastien

En réalité, et malgré son titre, cet ouvrage ne représente pas uniquement les années 70/80. En effet, Yvanhoé, dont le rôle titre était interprété par  Roger Moore, date d’avril 1959, 1 saison et 39 épisodes. D’autres ont vu le jour dans les années 60, mais toutes ne sont pas présentées. Pourtant, Janique aimée (1963) et L’homme du Picardie (à partir du 16 décembre 1968) étaient suivies fidèlement par les téléspectateurs de la Première chaine, L’homme du Picardie enregistrant même la plus grosse affluence enregistrée par l’ORTF.

Toutes ces séries n’ont pas eu le même impact auprès des téléspectateurs, ont connu des fortunes diverses, enregistré des audiences plus ou moins confidentielles ou des succès que les producteurs n’osaient imaginer à l’origine, mais sont restées plus ou moins gravées dans nos souvenirs. Par exemple Amicalement vôtre, qui doit son succès en France autant grâce à  Roger Moore et Tony Curtiss, qu’aux voix de Claude Bertrand et Michel Roux, leurs doublures françaises, et la musique du générique signée John Barry, a été un véritable flop outre-manche et outre-Atlantique, d’où le nombre restreint d’épisodes : 1 saison, 24 épisodes !

Certains trouveront ces séries ringardes, d’autres attendrissantes. Pour moi elles sont rajeunissantes.series-tele1.JPG

Cet ouvrage, qui se montre comme une véritable bouffée de jouvence, propose de retrouver 130 séries, avec un résumé de l’histoire, les compléments relatifs aux personnages, aux acteurs ou aux à-côtés, le petit plus intitulé Le saviez-vous ? qui apporte d’autres infos savoureuses, par exemple les différents comédiens qui ont endossé le même rôle au fil des saisons et les raisons des défections, le nombre de saisons et d’épisodes, la date et la chaine de la première diffusion, les noms des interprètes principaux et les personnages qu’ils jouent, enfin, complément indispensable, une très riche iconographie comportant photos extraites d’épisodes, reproductions de couvertures de magazines télé, de pochettes de disques, d’objets liés à ces séries, de produits dérivés…

Evidemment ce livre n’est pas un dictionnaire, donc les noms des réalisateurs, des acteurs secondaires, des scénaristes, les titres des épisodes… ne sont pas signalés. Mais à la froideur d’un annuaire recensant tous ces détails, importants pour les perfectionnistes, se substitue la chaleur de passionnés qui savent transmettre leur enthousiasme.

Un ouvrage peu onéreux comparé au plaisir des yeux qu’il procure ainsi qu’à la bouffée de nostalgie vivifiante qui en résulte.


Alexandre RAVELEAU & Jérôme ROULET : Nos séries télé 70/80. Editions Hors collection. Format 260x260. 144 pages. 25,30€.

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 14:06

My name is Moore, Roger Moore !

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“ Le 14 octobre 1927, peu après minuit, Lily Moore, née Pope, mit au monde un petit garçon de 58,4 centimètres à la maternité de Jeffrey Road, dans le quartier de Stockwell, au sud de Londres. Georges Alfred Moore, mon père, agent de police au commissariat de Bow Street, avait vingt trois ans. Ça, c’est qu’on m’a raconté. J’étais bien évidemment trop jeune pour me souvenir d’un jour aussi capital que celui de ma naissance. Je fus baptisé Roger Georges Moore et restai fils unique. Dès leur première tentative, mes parents avaient atteint la perfection. A quoi bon recommencer ? ”

Ces premières lignes de la biographie de Roger Moore donnent le ton. L’humour est omniprésent dans le voyage organisé de ses vies. Vies familiale et cinématographique, petits accrocs et grandes joies qu’il aborde avec tact. Le personnage des séries télévisées ou de cinéma ressemble à l’homme. Elégant, raffiné, charmeur, quelque peu aristocrate, il privilégie la distinction aussi bien en paroles qu’en actes mais surtout il se conduit en gentleman. Il se campe avec autodérision, et narre avec une jubilation certaine les blagues d’adolescent pré pubère dont ses partenaires subissent les conséquences. Lorsqu’il a été trop loin, il reconnaît son erreur et se promet de ne plus recommencer. Il ne dit jamais de mal de tous ceux qu’il a pu côtoyer au cours de sa carrière. D’ailleurs il affirme “ J’ai toujours pensé que si l’on a rien de gentil à dire sur quelqu’un, il vaut mieux se taire ” (page 279). L’élégance même vous dis-je.

Le père de Roger, qui était un acteur amateur doué, aimait mettre en scène des pièces de théâtre et réaliser les décors. C’était également un bon musicien et un magicien tout à fait honorable. Et comme il aimait aller au cinéma en compagnie de sa famille, tout était réuni pour que le jeune Roger trouve sa vocation. Pourtant les débuts sont assez difficiles. Il travaille dans un studio d’animation, monte sur les planches, au théâtre des armées notamment en Allemagne durant son service militaire, puis fait de la figuration, de la doublure. Comme il faut assurer sa subsistance, il pose comme modèle pour des catalogues de tricots. Il joue de petits rôles et obtient un engagement pour interpréter Ivanhoé. C’est le début de sa carrière de Serial Actor. Suivront Le Saint assurant une certaine notoriété internationale puis Amicalement vôtre, série avec Tony Curtis, la consécration. Manquait à sa carrière de vrais premiers rôles dans des films de grand spectacle. La série des James Bond y pourvoira. Roger Moore sait aussi se montrer humaniste et les derniers chapitres, parfois poignants, de sa biographie le démontrent. Sous la carapace se révèle un homme engagé, sous la houlette de Audrey Hepburn, et milite depuis plus de quinze ans dans le cadre de l’Unicef. L’épilogue illustre le caractère facétieux de Roger Moore qui conclut par une pirouette : “ …On m’a souvent demandé quelle serait mon épitaphe. La réponse est simple. Comme je n’ai pas l’intention de mourir, je n’en aurai aucune ! ”

Plus qu’une biographie, c’est une belle leçon d’optimisme et de philosophie.

 

Roger MOORE: Amicalement vôtre ; mémoires. Editions Archipoche. 450 pages. 8,65€. Avec la collaboration de Gareth Owen. Traduction de Vincent Le Leurch, Bamiyan Shiff et Christian Jauberty. (Réédition des Editions de L’Archipel, 2009). Cahier photos 16 pages.

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 13:11

J’approuve !

 

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Découvrir l’univers d’un écrivain, d’un littérateur impénitent et talentueux, ses obsessions, ses doutes, ses colères, ses engagements, ses relations avec ses contemporains et ses amitiés, son œuvre littéraire, critique, journalistique, épistolaire, sa façon de travailler, grâce à des mots-clés et des citations, est un défi. Cela induit de posséder une connaissance approfondie de l’œuvre, de la décortiquer, de la disséquer, de la digérer, d’en restituer l’essentiel et l’attrayant, d’en extraire les passages romanesques les plus significatifs et révélateurs, mais également se référer à des articles parus dans des journaux quotidiens ou hebdomadaires, écrits par lui-même ou en son honneur, et sa correspondance avec divers acteurs de la vie culturelle, théâtrale, picturale, sociale.

 

Selon Le vocabulaire de Zola, d’Etienne Brunet, 22 000 mots différents ont été dénombrés dans les vingt romans composant le cycle des Rougon-Macquart, cycle qui n’est que le tiers environ de l’œuvre d’Emile Zola, sans oublier les onze volumes de la Correspondance. Le présent Auto-dictionnaire en compte moins de 1 500, avec les mots de renvoi. C’est dire la gageure, et le caractère subjectif du choix – libre à chaque lecteur d’enrichir la sélection par son enquête personnelle dans cette immense réserve verbale (Extrait de Epuiser la vie, introduction en 70 pages d’Henri Mitterand).

Alors comme avec tout dictionnaire possédant un attrait ludique qui me tombe sous les yeux, et lorsque je ne recherche pas la signification exacte d’un mot ou son synonyme, j’aime piocher au hasard et découvrir par bribes. En feuilletant de façon aléatoire (ce qui ne signifie pas que je me rends dans une ville située dans le département des Deux-Sèvres) ce copieux ouvrage, le premier mot qui a accroché mon regard fut : Opinion.

Et justement, mon envie était de donner mon avis, mon opinion. Hasard, coïncidence, doigt du destin ? Nul ne sait mais penchons-nous plutôt sur ce que pense et écrit Emile Zola à ce sujet : Il n’y a pas de crime d’opinion, la liberté d’écrire doit être totale, il est d’ailleurs enfantin de croire qu’on peut la restreindre (Lettre à Anatole Le Grandais, 14 octobre 1901).

Après avoir lu, apprécié, digéré cette affirmation à laquelle je souscris entièrement, je ne pouvais quitter cette page (464) comme ça et mes yeux, remontant les lignes, sont tombés sur le mot Omnibus. Ce qui n’est nullement de la réclame pour l’éditeur mais renvoie au mot Diable. Diable, pensais-je ! Aussitôt retour arrière afin de m’imprégner de cet articulet et d’en découvrir la correspondance. Il s’agit d’un court extrait de La Curée ! Curé, Diable, rien que de très logique en somme comme association.

 

Les exemples amusants de renvois ne manquent pas. Graisse, par exemple, nous propose de nous référer à Bourgeois. Charmant raccourci, non !

Si je me suis laissé entraîner à quelques facéties linguistiques, sachez toutefois que Zola était beaucoup plus sérieux dans ses propos, sa teneur, et que des vocables tels que Politique, Anarchiste, Antisémitisme, Député, Journaliste, possédaient une réelle valeur ou signification et lui permettaient d’épancher son ire à juste raison, sans langue de bois.

Par exemple Politique : Dans la politique, comme dans les lettres, comme dans toute la pensée humaine contemporaine, il y a aujourd’hui deux courants bien distincts : le courant idéaliste et le courant naturaliste. J’appelle politique idéaliste la politique qui se paie de grandes phrases toutes faites, qui spécule sur les hommes comme sur de pures abstractions, qui rêve l’utopie avant d’avoir étudié le réel. J’appelle politique naturaliste la politique qui entend d’abord procéder par l’expérience, qui est basée sur des faits, qui soigne en un mot une nation d’après ses besoins (lettre à Yves Guyot, 10 février 1877). Aujourd’hui, quelle politique est menée ?

Anarchiste : Les anarchistes sont des poètes. C’est l’éternelle poésie noire, vieille comme l’humanité, comme le mal, comme la douleur. Ce sont des êtres de cœur, aux cerveaux de voyants, impatients du rêve. (Le Figaro, 25 avril 1892).

Antisémitisme : Mais ce n’est pas tout, le plus grave et le plus douloureux est qu’on a laissé empoisonner le pays par une presse immonde, qui l’a gorgé avec impudence de mensonges, de calomnies, d’ordures, d’outrages, jusqu’à la rendre fou. L’antisémitisme n’a été que l’exploitation grossière de haines ancestrales pour réveiller les passions religieuses chez un peuple d’incroyants qui n’allaient plus à l’église. Le nationalisme n’a été que l’exploitation tout aussi grossière du noble amour de la patrie, tactique d’abominable politique qui mènera droit le pays à la guerre civile, le jour où l’on aura convaincu une moitié des français que l’autre moitié les trahit et les vend à l’étranger, du moment qu’elle pense autrement (Lettre au Sénat, l’Aurore, 29 mai 1900).

 

Autant de citations qui pourraient être écrites aujourd’hui par des journalistes de talents, indépendants et non inféodés à un parti, à un journal d’opinion qui balance des arguments fallacieux et erronés car au bout des lignes des subsides ne sont pas négligeables. Surtout lorsque l’on entend les déclarations de telle ou telle femme (honneur aux dames) ou de tel homme politique (qui sont parfois de la même famille… politique d’ailleurs) qui attisent les ressentiments d’une couche de la population envers une autre. Et les requins qui pataugent dans la même eau fangeuse sans vouloir se déclarer vraiment d’accord, quoi que…

 

Zola n’était pas prophète en son pays, et sans être un visionnaire zola2.jpgil savait réfléchir et le bon sens, l’humanisme qu’il déployait n’ont été que coups d’épées dans l’eau. Heureusement d’autres mots se montrent plus égrillards, plus joyeux, comme baiseuse, qui est l’esquisse d’une de ses héroïnes dans le dossier préparatoire à L’œuvre.

Zola se montre entomologiste scrutateur lorsqu’il regarde, dissèque, décrit, analyse la faune urbaine et rurale de ses concitoyens. Mais il ne le fait pas avec la froideur du scientifique, il est animé, habité de chaleur, de tension, de rejet, de dégoût, d’aversion, d’humilité, d’espérance, de projets, d’indignation, de fascination, d’humanisme.

Cet ouvrage est une balade littéraire enchantement pour les neurones agrémenté de multiples compléments d’informations, comme l’arbre généalogique des Rougon-Macquart, lequel arbre permet de remonter les branches des différentes composantes de cette saga et d’y retrouver les fruits né d’amours légitimes ou non, les alliances, les fortunes et infortunes. Les personnages, les incipits (pas insipides) et les derniers mots de chaque roman dans l’ordre de parution, les mots de ce dictionnaire en douze panoramas thématiques, la bibliographie, et le qui est-qui ?, recensement de quelques contemporains de Zola ayant approchés de près ou de loin la maître.

 

Je pourrais continuer ainsi à faire l’apologie de cet Autodictionnaire, mais cela risquerait de tourner à la flagornerie de mauvais aloi, et point trop n’en faut. Personnellement, il m’a donné envie de relire certains de ces romans, les romans sociaux, d’en découvrir d’autres que j’avais dédaigné, même si jeune, disons adolescent, je me suis ennuyé à déguster les cinq fruits et légumes préconisés aujourd’hui et qui s’étalaient à profusion et à longueur de pages dans Le Ventre de Paris.

 

 

zola3.GIFLes Rougon-Macquart - Tome 1
La Fortune des Rougon

La Curée

Le Ventre de Paris

La Conquête de Plassans

 


zola4.GIFLes Rougon-Macquart - Tome 2
La Faute de l'abbé Mouret

Son Excellence Eugène Rougon

L'Assommoir

 

 

 

zola5.GIFLes Rougon-Macquart - Tome 3
Une page d'amour

Nana

Pot-Bouille

 

 


 

Henri MITTERAND : Auto dictionnaire Zola. Editions Omnibus. 864 pages. 28€.

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 15:00

Il soumit la presse à ses bottes.

hersant.jpg

Sa mère, née Juliette Hugo, aurait pu lui laisser en héritage le goût de la poésie. Son père Victor, celui des grands espaces marins, lui qui fut capitaine au long cours avant de finir comme pilote sur la Seine entre Rouen et Le Havre. Né le 31 janvier 1920, Robert Hersant, en homme pressé possède plutôt l'âme d'un compresseur. Bien plus qu'Emile de Girardin, considéré comme le père de la presse moderne, Robert Hersant aura laissé son empreinte sur la presse. Comme une herse qui pulvérise les mottes de terre et aplanit la terre, la rendant meuble et friable, il a broyé sur son passage les titres des journaux qu'il s'est approprié, les achetant en leur mettant le couteau sous la gorge, les soumettant à sa poigne de fer, les affadissant, ou pour employer une métaphore largement utilisée actuellement, en procédant au copier-coller.

 

A dix huit ans, Robert Hersant écrit quelques chroniques dans un journal local, 'L'Eveil Normand", où son style insolent indispose lecteurs et annonceurs. Alors il crée son propre journal, "Rouen Cocktail", avec notamment André Boussemart, un condisciple qui ne le quittera plus jamais. L'expérience tourne court et comme Rouen n'est guère accueillante pour les "Horsains" (personnes considérées comme étrangères au département ou au village) Robert Hersant décide de monter à Paris. L'ambition le tenaille et après avoir été membre des Jeunesses socialistes, il se tourne vers l'ultranationalisme, s'enrôlant dans les Gardes françaises, devenant le chef du Jeune Front, d'obédience nazie, à vingt ans.

 

Le 20 août 1940 il participe à une manifestation qui dégénère en violences antijuives. Evincé du Jeune Front il se tourne vers le gouvernement pétainiste. C'est à cette époque qu'il fait la connaissance de Jean Marie Balestre avec qui il crée l'Auto-Journal lancé le 15 janvier 1950. Après des années d'occupation tumultueuses dont il sort à moitié blanchi, l'ambition le dévore toujours. L'Auto-Journal marche bien, mais la politique le tente. En rachetant La Semaine de l'Oise, un hebdomadaire qui périclite et dont il change le titre en Oise Matin ainsi que sa périodicité, il prépare son tremplin électoral. Les articles élogieux abondent dans son journal propagandiste. Il est élu maire, conseiller général puis député apparenté Radical. A l'Assemblée Nationale il reçoit un camouflet de la part d'un de ses adversaires de droite. Tombé de son piédestal Robert Hersant ne saura que mieux rebondir pour devenir ce cannibale (surnommé le Papyvore, et par le Canard Enchainé Herr Sant) qui s'accapara journaux provinciaux et parisiens jusqu'à plus soif. En 1984, la majorité de gauche tente de faire adopter une loi restreignant la concentration dans la presse, afin de contraindre Robert Hersant à vendre une partie de son empire. Mais cette loi, largement vidée de sa substance par le Conseil constitutionnel, est abrogée après le retour de la droite au pouvoir, en 1986. 

Il décède le 21 avril 1996, à Neuilly sur Seine.

 

Le seul mérite de ce document de 500 pages, dû à deux anciens journalistes de Paris-Normandie qui ont travaillé sous la férule du maître, ne réside pas dans la biographie d'un homme provocateur, frondeur et secret. Au détour des pages le lecteur retrouve, ou découvre, le Paris de l'Occupation, les années d'après-guerre, les révélations de l'Auto-Journal qui firent grand bruit à l'époque (dont la parution des plans, pourtant soigneusement gardés au secret, de la DS) de l'achat à Marcel Dassault de Semaine de France, pour 1 franc symbolique, un magazine qu'il revendra plus tard au même Marcel Dassault pour trois fois sa valeur, jusqu'à sa tentative de prolonger son empire par d'autres moyens de communication et son échec avec la Cinq. C'est l'ascension également de quelques futurs ténors de la scène politique, dont Charles Hernu, alors le plus jeune député de France, François Mitterrand que certaines mauvaises langues appelaient Francisque Mitterrand, ou économique comme Jean Marie Balestre, et bien d'autres qui surent recouvrer une virginité de bon aloi.

 

Philippe Huet a décrit de façon fort réaliste la manière de procéder de Robert Hersant lors du rachat de journaux de province, de leur fusion, et a mis en scène quelques uns des personnages gravitant autour du boulimique, dans notamment Quai de l'oubli et La nuit des docks, ses premiers romans policiers parus chez Albin Michel, et que l’on retrouve dans Nuit d’encre, son dernier titre paru.


Elizabeth COQUART et Philippe HUET : Le monde selon Hersant. Editions Ramsay. 504 pages. (1997).

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 09:42

disponible

L’univers de la Reine du crime appelée aussi la bonne dame de Torquay dévoilé et décrypté.

 agatha.JPG

 

Les amateurs de littérature policière sont partagés en deux clans. Ceux qui aiment les romans de suspense dont la grande prêtresse fut et reste Agatha Christie, et les tenants du roman plutôt noir qui jugent ses histoires désuètes. Et il est vrai que dans la première catégorie, se distingue une frange d’un lectorat occasionnel de romans policiers, dont l’intérêt se réveille lors de vacances, un lectorat désireux de se plonger dans des histoires considérées comme faciles, réservées pour se délasser. Or c’est ce que l’on demande prioritairement à un livre, sortir des préoccupations de la vie quotidienne.

 

Ceci étant énoncé abordons le sujet de cette chronique. Il existe des livres que l’on ne lit pas, mais que l’on dévore… des yeux. Sur les Traces d’Agatha Christie, fait partie de cette catégorie, autant par la qualité et la pertinence du texte que par la très riche iconographie. On peut entamer cet ouvrage de façon classique, linéaire, en débutant par la biographie de la bonne dame de Torquay qui ne connu les bancs de l’école qu’à l’âge de treize ans, sachant déjà lire depuis celui de cinq ans en ayant appris d’une façon quasi autodidacte, ou grappiller de ci de là en feuilletant les pages et s’arrêtant par exemple sur la présentation des personnages : l’incontournable Hercule Poirot et son compère le capitaine Arthur Hastings, ou Miss Marple ou encore Tommy et Tuppence Beresford, et quelques autres.

 

Revenons quelques moments sur Hercule Poirot. Tout le monde a entendu parler de ce Belge, ancien policier bruxellois, dandy et maniaque, légèrement imbu de sa personne. Mais qui le connait vraiment, intimement ? Les auteurs nous proposent de découvrir sa famille et sa jeunesse, son physique et son caractère, sa méthode, sa maison et plus étonnant, ses amours. Quant à Miss Marple elle nait en 1930 à soixante cinq ans dans l’affaire Protheroe et cette vieille fille, ou jeune fille prolongée selon les sensibilités langagières, représentante pour certains membres de sa famille de l’époque victorienne, a failli se fiancer, idylle rapidement interrompue par sa mère.

 

Mais l’on pourra se plonger avec ce bonheur simple de la découverte, dans l’univers d’Agatha Christie : les trains mythiques dont le fameux Orient-Express, le Devon, comté du Sud-Est de l’Angleterre à rapprocher de la Cornouailles britannique, région dans laquelle Agatha Christie aimera vivre et placer bon nombre de ses intrigues. Mais l’un des éléments principaux de l’œuvre de la romancière réside dans les comptines, les « Nursery Rhymes » qui émaillent la plupart de ses romans, et issues de son enfance.

 

Agatha Christie a vu son univers littéraire rapidement adapté au théâtre, au cinéma, à la radio ainsi qu’à la télévision dans des séries devenues cultes et dont les visages des interprètes ont marqué d’une image indélébile leurs héros. Mais je m’en voudrais de clore cette chronique en ne mentionnant pas l’admirable et riche iconographie : Couvertures originales de livres, photos, reproductions de cartes postales, images extraites de films, affiches de films, dessins…

 

Sans oublier les règles d’une Murder Party, d’un jeu de l’oie et d’un quiz, ainsi que les titres des adaptations cinématographiques ou télévisées, et une bibliographie complète des premières éditions anglaises et françaises, mais également celle des principaux personnages qui gravitent dans l’univers christien. Un ouvrage remarquable qui donne incontestablement envie de lire ou relire ces romans qui pour quelques uns ont défrayé la chronique parce que dérogeant aux sacro saintes règles du roman policer qui étaient imposées à l’époque.

A lire Meurtre en Mésopotamie et autres chroniques sur le blog du Papou

 

Armelle LEROY & Laurent CHOLLET : Sur les traces d’Agatha Christie, un siècle de mystères. Editions Hors Collection (Novembre 2009). 168 pages. 32,50€.

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 09:43

Vous les femmes, vous les femmes...

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Que n’a-t-on glosé sur Simenon et cette fameuse étiquette d’homme aux dix mille femmes. Etiquette flatteuse apposée peut-être avec jalousie par des envieux qui amalgamaient réalité et fiction. Car si la femme est présente dans l’existence de Simenon, c’est surtout dans son œuvre qu’elle prend son ampleur et que nous sont décrites ses plus belles figures, magnifiées au cinéma il est vrai.

 

Qu’elles soient de chair ou de papier les femmes auront toujours compté pour Simenon, quel que soit leur statut. D’abord la mère, la première femme de sa vie, mais pas forcément celle de son cœur, qui rappelle un peu la Folcoche de Vipère au poing d’Hervé Bazin. Femme de chair, Régine surnommée successivement Gigi puis Tigy, qui sera sa muse sans être présente dans l’œuvre littéraire de Simenon, sauf dans une scène de rupture narrée dans Maigret et le Marchand de vin. C’est Tigy qui l’incitera à quitter la Belgique et à s’installer à Paris en décembre 1922. Ils se marieront à Liège le 24 mars 1923. Simenon n’avait que vingt ans. Mais avant Tigy il connaitra charnellement Silvie, laquelle ayant un amant le fera profiter de son expérience. Et naturellement le double de Silvie se retrouvera sous le prénom de Sylvie dans de nombreux romans, dans les Maigret mais aussi dans les romans noirs ou gris qui composent l’autre partie de son œuvre. Mais encore auparavant, il découvrira la femme au travers des locataires qui habitaient la demeure familiale, Pauline qui dévoile volontiers sa poitrine, ou Lola. Le petit Georges a entre sept et dix ans. Comment voulez que dans ces conditions ses sens juvéniles ne s’échauffassent point ?

 

Ensuite il enchaine des liaisons passagères qui le marqueront et l’on retrouvera quelques célébrités de l’époque dont la troublante Joséphine Baker dans des romans signés Christian Brulls (Dolorosa) ou de Georges Sim (Chair de beauté). Du réel à la fiction il n’y avait qu’un pas ou plutôt qu’une machine à écrire que Simenon s’appropria avec gourmandise mais en même temps délivrance. Car pouvoir évacuer ses fantasmes fait partie du rôle primordial que s’accapare l’écrivain.

 

Simenon joue avec ses personnages, mettant en scène aussi bien femmes sages, qu’alcooliques ou amantes. La première de ces femmes de papier est naturellement Madame Maigret, qui vit dans l’ombre massive de son commissaire de mari. C’est une femme effacée, dont le rôle est de mijoter les petits plats préférés du commissaire, de le soigner lorsqu’il est malade, le plus souvent un gros rhume, et de participer à l’enquête en cours en l’écoutant. Si elle n’est que la face cachée du couple, parfois elle se trouve mise en avant, comme dans Le fou de Bergerac, et bien évidemment L’amie de madame Maigret. Contrairement à ses autres romans, certains gentiment coquins, la série des Maigret ne dévoile en rien de la sexualité du couple, Simenon établissant une barrière entre ses romans dits policiers et ses autres romans qu’il considérait comme littéraires.

 

Et justement dans cette autre partie de ses œuvres la femme prend une ampleur presque en trois dimensions. Si l’image de la veuve Couderc reste inexorablement liée à Simone Signoret, il ne faut pas oublier toutes celles qui parsèment l’œuvre de Simenon et par extension le catalogue cinématographique. Parmi celles qui retiennent l’attention je pourrais citer Betty, jeune femme alcoolique, bafouée par sa belle-fille qui la considère comme une putain. Et cette phrase pourrait être considérée comme l’un des leitmotivs des femmes de Simenon, que ce soit femme de chair ou de papier : « Etre femme, en somme, c’était subir, c’était être victime ».

 

Simenon, c’est également le regard d’un homme qui évolue au gré des ans, en même temps qu’évolue la société, et le rôle que la femme prend dans celle-ci. Pour recenser toutes les figures féminines parsemant l’œuvre simenonienne, pour analyser leur psychologie, les placer dans leur époque, confronter leur importance à celle des hommes, Michel Carly a passé dix ans de sa vie en recherches, en études, en exploration de lettres, d’archives, de documents rares, inédits, familiaux, en relisant, annotant, disséquant les romans de Simenon sous son patronyme mais aussi ses différents pseudonymes. Un travail de Bénédictin, d’archiviste, de passionné dont je ne vous ai livré qu’une minime partie. Mais je suis sûr que tout comme moi, après avoir dévoré cet ouvrage, vous aurez l’envie pressante de retrouver Simenon et de le lire, ou le relire, avec peut-être une vision différente de celle que vous aviez eu lors de précédentes lectures, de l’appréhender de façon plus réfléchie. De ne plus le considérer comme un simple auteur de romans populaires mais comme un auteur qui a su décrypter l’âme de la femme et en explorer tous les arcanes, sans être féroce, misogyne, mais sans se montrer non plus laudateur.


A lire également mon article sur Simenon et l'alcool.

 

Michel CARLY : Simenon et les femmes. Essai. Collection Carnets, éditions Omnibus. 19,30€.

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 13:00

archives

Pour être juste, autrement dit pour avoir sa raison d’être, la critique doit être partiale, passionnée, politique, c'est-à-dire faite à un point de vue exclusif, mais au point de vue qui ouvre le plus d’horizons. Charles Baudelaire.

 Maitres.jpg

Les guides, les dictionnaires, les études consacrées à la littérature policière ne sont pas légion (cet article a été écrit en juillet 1991, bien avant la parution du DILIPO de Claude Mesplède, dictionnaire auquel j’ai eu le plaisir de collaborer), peut-être parce que les lecteurs se contentent de lire un roman, cherchant quelques heures d’évasion et s’empressent bien souvent d’oublier le titre de l’œuvre et le nom de son auteur. Quoique depuis disons une bonne décennie et les fameux et regrettés Almanachs du Polar de Michel Lebrun, la tendance est à une fidélisation et à un intérêt certain pour tout ce qui touche la littérature policière en particulier, et la littérature populaire en général.

 

Les auteurs dits sérieux osent s’aventurer dans ce domaine souvent considéré comme bassement vulgaire, mercantile, exploitant les bas instincts de l’être humain. Et tous ces auteurs ne réussissent pas à écrire un vrai roman policier, ne produisant qu’une pâle copie. D’autres, devenus célèbres, ont entamé leur carrière en écrivant sous pseudonyme (Jacques Laurent, Pierre-Jean Rémy, Claude Brami, Edgard Faure…) et ne dédaignent point accrocher à leur blason un prix littéraire de bon goût, genre Prix Goncourt.

 

Les Maîtres du Roman Policier, dû au compétent et parfois subjectif et partial Robert Deleuse est une somme de travail à saluer bien bas, malgré quelques imperfections, quelques omissions, ce qui n’enlève en rien à la qualité de l’ouvrage, mais en souligne pour le rédacteur d’une telle étude à être objectif et complet. Subjectif et partial, deux défauts ou deux qualités selon que l’on apprécie ou non ses prises de position. Notamment sa diatribe envers James Ellroy : L’imaginaire d’Ellroy commence avec des fantasmes au ras des pâquerettes pour se finir dans une rancœur très ordinaire. Plus loin, Deleuse écrit : Pour l’heure, Ellroy n’est ni plus ni moins qu’un Gérard de Villiers attardé. Tout ce qu’on a condamné, hier, chez l’un, avec raison, on le loue aujourd’hui, chez l’autre, parce qu’il est Américain. Et évidemment ce genre de parti-pris a provoqué l’ire de quelques critiques qui encensent Ellroy mais au moins on ne peut accuser Deleuse de flagornerie. Parmi les grandes omissions citons Mildred Davis, pourtant une grande dame du suspense, publiée aussi bien à la Série Noire que dans la collection Intimité des Editions Mondiales, et souvent rééditée. Et quelques autres qui représentent des gouttes d’eau dans un océan de références.

 

De ADG, le plus assassiné de nos auteurs, à Jean-Claude Zylberstein, directeur de collection avisé, en passant par Balzac, Poe, Zola, Durrenmatt, Exbrayat, Delteil, Ellroy, Fajardie, Semionov, Michel Quint, etc. la planète polar est représentée sous ses faces les plus cachées, les plus secrètes, ou les plus célèbres et souvent méconnues.

 

Un ouvrage très précieux, pratique, facile à compulser, et malgré mes toutes petites réserves, indispensable à tout amateur éclairé ou qui désire l’être. 285 auteurs passés à la moulinette ou à l’encensoir, une bibliothèque de bas, de nombreuses références de dossiers, d’articles, enquêtes, une bibliographie, fanzines avec leurs adresses, une sommité qui devrait, comme tout bon dictionnaire qui se respecte, être amélioré, enrichi, complété au fil des ans. Un regret : le manque d’iconographie. A noter que, jusqu’à preuve du contraire, Robert Deleuse n’a pas eu recours à des collaborateurs pour rédiger son dictionnaire, ce qui explique peut-être les omissions, et donc qu’il assume seul ses prises de position tranchées.

 

Ce dictionnaire date de 1991 et n’a jamais connu de refonte. Alors pour vous le procurer, une seule solution : vous tourner vers les bouquinistes avertis.

 

Robert DELEUSE : Les Maîtres du Roman Policier. Collection Les Compacts N°24. Editions Bordas. Avril 1991. 254 pages.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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