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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 13:23

Faut dire que c'était un drôle d'animal...

Philippe CROCQ & Jean MARESKA : Frank Sinatra, entre chiennes et loups.

Qui eut pensé que cet homme d’apparence frêle, fragile, longiligne, pesait à la naissance six kilos et demi !

Et que sa mère Dolly, de son vrai nom Natalie, ne mesurait qu’un mètre cinquante pour quarante et un kilo !

Frank, né le 12 décembre 1915, et qui gardera toute sa vie des traces de son passage en force dans la vie sous forme de cicatrices sur la joue et l’oreille gauches, était issu d’une famille d’Italiens installés à Hoboken, petite ville industrielle ouverte sur l’Hudson.

Son père avait fait de la boxe, sous le nom de Marty O’Brien, car à l’époque il valait mieux passer pour un Irlandais dans cette cité, mais sa carrière s’interrompit rapidement lorsque tombant du ring il se cassa les deux poignets. Sa mère avec ses yeux bleus, sa peau laiteuse et ses cheveux blonds, n’avait rien à envier aux enfants de la verte Erin, quoique d’origine italienne elle aussi.

Grâce à ses fonctions à la mairie, Dolly put solliciter auprès de l’édile de la cité un emploi de sapeur-pompier. Plus tard ils deviendront tenanciers d’un bar, en pleine ère de la prohibition, Dolly s’établissant aussi sage-femme et plus pour jeunes femmes en attente de maternité désirée ou non.

Mais Marti, possédait des accointances avec la Mafia et plus particulièrement Lucky Luciano, alias Salvatore Lucania, originaire de la même ville que le grand-père de Frank, et arrivé aux Etats-Unis peu après la famille Sinatra. Des relations douteuses mais qui se révélèrent efficaces lorsque le besoin s’en fit sentir.

Au grand désespoir de sa mère Frank abandonna très tôt ses études, mais Dolly sera toujours derrière son fils unique l’aidant même à contre cœur. Elle lui achètera sa première sono portative avec micro et hauts parleurs afin qu’il puisse animer les bals de l’école. Ce n’est pas pour autant que la carrière de chanteur sera bordée de roses. Plutôt d’épines. Le jeune Frank va galérer de longues années, tentant sa chance à New-York avant de revenir à Hoboken, puis il s’immiscera dans un trio qui décrochera un contrat pour effectuer un circuit dans près d’une quarantaine d’états, mais sa conception de la musique n’étant pas celle de ses compagnons de tournée, celle-ci avortera rapidement.

Il contactera Tommy Dorsey, tromboniste et chef d’orchestre dont la formation était aussi cotée que celles de Jimmy Lunceford et Glenn Miller, mais il essuiera un refus. C’est auprès d’Harry James qu’il trouvera enfin sa voie, sa voix. Le début d’une carrière de chanteur qui fera tomber en pamoison les midinettes et pas seulement. Mais ses frasques entachent sa vie familiale. Il s’est marié avec Nancy, pour échapper à une autre femme, mais le couple dès le départ bat de l’aile, malgré la naissance de leur fille Nancy.

 

La tendresse, la douceur de sa voix lorsqu’il chante cache la rudesse, l’agressivité de l’homme. Et les journalistes lui reprocheront ses accointances, réelles ou supposées, avec la Mafia, ses multiples maîtresses, issues du monde du spectacle ou non, mais principalement ses relations houleuses avec Ava Gardner, qui par bien des points lui ressemble.

Mais Frank qui recherche les honneurs et la puissance, en fréquentant des hommes politiques, des présidents des Etats-Unis, sera sous une enveloppe de dur-à-cuire, un être fragile, qui n’hésitera pas à s’élever contre des injustices, la ségrégation et la discrimination raciale notamment, peut-être à cause de son origine italienne dont sa famille eut à pâtir, n’hésitant pas lors de spectacles perturbés par de jeunes étudiants blancs à leur promettre une solide raclée à la sortie s’ils continuaient ainsi et leur faisant la morale.

Le cinéma lui fera les yeux doux, même si au début ce ne fut que pour des petits rôles insignifiants. Et s’il était adulé, remplissant les salles de concert, la vente de ses disques ne fut guère mirobolante, du moins pendant la première décennie de sa carrière.

 

Pour le reste je vous conseille de vous plonger dans cette biographie dans laquelle Philippe Crocq et Jean Mareska dressent un portrait sans fioriture, sans concession, dénué de complaisance, de ce chanteur et acteur qui décèdera le 22 mai 1998.

Philippe CROCQ & Jean MARESKA : Frank Sinatra, entre chiennes et loups. Editions Alphée/Jean-Paul Bertrand. Parution avril 2008. 266 pages.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 15:23

Hommage à Alexandre Dumas, décédé le

5 décembre 1870.

Alexandre DUMAS : Sur Gérard de Nerval.

Le 26 janvier 1855, Gérard de Nerval est découvert pendu rue de La Vieille Lanterne à Paris.

Un suicide dû à un accès de folie. Cette folie qui depuis des années taraude par intervalles Gérard de Nerval et inquiète ses amis dont Dumas. Une folie peut-être héréditaire, mais due également à des états dépressifs chroniques, des difficultés financières constantes et la mort du grand amour de Nerval, la cantatrice Jenny Colon.

Dumas voue à Gérard de Nerval une amitié sincère, désintéressée, l'aidant même par tous les moyens. Moyens financiers certes, mais également en l'associant à l'écriture de certaines pièces de théâtre. Ce sont ces relations et ce décès que raconte avec sensibilité, émotion, tendresse, Alexandre Dumas.

Avec une certaine superficialité mais souvent avec lyrisme.

Dumas est avant tout un conteur et il ne peut s'empêcher de digresser, sur la mort de sa mère par exemple, sur son amitié pour le Duc d'Orléans, sur les poèmes d'Antony Deschamps...

Parfois excessif dans la démonstration de ses sentiments, de ses peines, Alexandre Dumas sait également se montrer persuasif et même prophétique lorsqu'il écrit :

Comme tous les talents fins, distingués et poétiques, Gérard de Nerval était peu populaire... A notre avis la réputation de Gérard n'en sera pas moins durable, au contraire, bien des torches que l'on croyait éternelles pâliront et s'éteindront, tandis que sa lampe confiée aux soins de cette vestale qu'on appelle la Poésie ira toujours plus vivante et de plus en plus lumineuse.

 

La préface de Claude Schopp, le spécialiste de Dumas, est un régal.

Claude Schopp se pose cette question : Dumas aurait-il lié deux textes préexistants lorsque Nouveaux Mémoires, Dernières Amours parurent en feuilleton dans le journal Le Soleil ?

Pour ma part j'en suis persuadé, car page 127, Alexandre Dumas écrit Le terrain... est compris dans un grand carré marqué par six magnifiques sapins plantés lors de la mort de mon père. Aujourd'hui ils en ont quarante neuf [ans] et sont magnifiques.

Sachant que le père d'Alexandre Dumas est mort en 1806, on peut dater ces lignes en 1855.

Mais si l'on se fie, à la page 203, où on peut lire : Vingt-quatre ans après [le voyage à l'île d'Elbe en compagnie du Prince Napoléon], à l'époque où j'écris ces lignes... il n'y a qu'à additionner 1842 date du voyage, plus 24, cela donne 1866. A moins que quelque chose m'ait échappé !

Quoiqu'il en soit ce texte de Dumas est chaleureux et se révèle comme une ode à l'amitié.

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 15:10

Les enfants sont comme les adultes, ils ont leurs joies et leurs peines.

Mais ils les éprouvent plus tôt...

Véronique VIGNE-LEPAGE : Epoustouflants destins d'enfants.

Les enfants-héros abondent dans la littérature jeunesse et la littérature tout court, les confrontant à des situations exceptionnelles, dramatiques, amusantes, exotiques, courageuses, mais jamais banales. Les exemples sont si nombreux que l'on ne peut les recenser tous, mais l'on pourrait citer Rémi, héros de Sans Famille d'Hector Malot, de Mowgli, l'enfant du Livre de la Jungle de Rudyard Kipling, ou Le Petit Lord Fauntleroy de Frances Hodgson Burnett.

Mais qu'en est-il dans la vie courante où les adultes sont souvent montrés en exemple, dont la carrière, les actions, les coups d'éclat font florès ?

Véronique Vigne-Lepage pallie cette lacune en nous présentant vingt et un destins qui font frémir, rêver, réfléchir, s'enthousiasmer, s'attendrir, s'émouvoir...

 

Parmi les infortunes décrites, l'une des plus dramatiques est bien le tragique destin des Enfants d'Izieu, Une colonie presque ordinaire, le 6 avril 1944. Pourtant Sabine et Miron Zlatin pensaient que les gamins qu'ils avaient recueillis, soit avec l'assentiment de leurs parents, soit parce que ceux-ci avaient été déportés ou tués, seraient à l'abri des exactions nazies.

Toujours dans la tragédie, mais qui heureusement se termine bien, l'épopée navale de Lolo et Monmon, Michel et Edmond pour l'état-civil, trois et deux ans. Ces deux bambins sortiront indemnes du naufrage du Titanic. Mais qu'allaient-ils faire en cette galère ? A l'origine, une simple histoire de divorce et d'un père qui voulait garder ses deux enfants en s'enfuyant aux Etats-Unis.

Tragédie aussi, qui nous touche moins peut-être, car éloignée dans le temps et advenue à un enfant royal, dont les avatars se déroulent au XVIIIe siècle, celle de Louis Charles Bourbon, fils de Marie-Antoinette dite l'Autrichienne et de Louis XVI. Enfance d'un gamin normal ou presque qui aurait pu être heureuse, sauf qu'il se retrouve Dauphin à la mort de son aîné Louis-Joseph, et qui terminera sa vie au Temple, après avoir perdu ses parents dans des conditions de Terreur. Comme quoi le Sang bleu peut également se définir comme Sang royal, sang mortel.

Enfermés également dans une geôle, Henri et François, les deux jeunes fils de François 1er, détenus par Charles Quint pour une sombre histoire d'antagonisme et de jalousie pour quelques lopins de terre que l'un veut annexer alors que l'autre refuse. Otages à 6 et 8 ans... par raison d'Etat, mais l'état a-t-il raison ?

 

Le courage n'est pas inné, cela dépend des circonstances et du danger auquel on peut être confronté. Ainsi Noël, ainsi prénommé parce qu'il est né un 24 décembre, va devenir à 14 ans, le plus jeune poilu de la Grande Guerre ! Un peu par hasard. Son père est parti sur le front, sa mère vient de décéder, le régisseur du domaine dans lequel il a été placé le prend en grippe et en feuilletant un journal local, il apprend que le bureau de placement de Montpellier recherche du personnel agricole pour les mas de la région. Il se rend donc à Montpellier, 25 kilomètres à pied, s'endort sur un banc de la gare, puis partage le repas de zouaves qui se rendent dans l'Est de la France. Et c'est comme ça qu'il les suit et deviendra le plus jeune poilu imberbe !

 

Les enfants ne sont pas des animaux savants, même si parfois les médias les montrent comme tels.

Et parmi ces gamins placés sous les feux de la rampe, les exemples ne manquent pas.

Jeanne-Marie Leprince de Beaumont a adapté un vieux conte intitulé La Belle et la Bête, dont la première version pourrait être Amour et Psyché d'Apulée. La deuxième version est tirée du folklore italien et adaptée en 1550 par Francesco Straparola. Or en 1547, des émissaires d'Henri II ramènent des Canaries un étrange personnage dont les courtisans se demandent s'il s'agit d'un homme ou d'un animal. Cette chose se nomme Don Pedro Gonzales et serait né en 1537. Rebaptisé Petrus Gonsalvus, ce jeune garçon a le corps et le visage couvert d'un pelage fauve d'une dizaine de centimètres de long. Cette histoire est narrée sous le titre Petrus et Antonietta, les sauvages du Roi, Antonietta étant l'un des fruits du mariage de Petrus avec une charmante jeune fille dont la famille est proche de la cour royale.

Petrus Gonsalvus

Petrus Gonsalvus

Les petits prodiges ne manquent pas, mais il y a eu ceux qui ont confirmé par la suite, en vieillissant, et les autres, tombés dans un relatif anonymat.

Roberto, l'angelot à la baguette magique, Benzi, chef d'orchestre à onze ans, fut le premier musicien classique dont j'ai retenu le nom alors que j'avais à peu près cet âge, en regardant à la télévision dans le hall du Havre Libre, les deux films qui lui ont été consacrés : Prélude à la gloire et L'appel du destin, dans lesquels il interprète son propre personnage, une histoire qui ne reflète toutefois pas la réalité.

De même L'étrange Minou Drouet, fit beaucoup parler d'elle dans le milieu des années 1950, et je connaissais son nom grâce à la radio, et surtout les différentes prises de position des adultes de mon entourage. Des conversations entendues et auxquelles je ne prenais pas part évidemment, occupé à jouer dans mon coin, mais qui se sont incrustées toutefois dans ma mémoire.

Et c'est encore par un film, Monsieur Fabre, que j'appris ce qu'était un entomologiste et plus particulièrement Jean-Henri Fabre, L'ami intime des insectes. Comme quoi certains films et leur rediffusion à la télévision peuvent être bénéfique.

 

La curiosité est un vilain défaut partait-il, mais il est bon d'être curieux sans être indiscret. Valentin, de la fange... à la Cour impériale, le démontre lui qui était affamé de connaissances et de savoir.

 

Bien d'autres destins sont ainsi évoqués, des gamins qui sont célèbres sans que leurs noms soient connus, comme les Petits Chanteurs à la Croix de Bois, une manécanterie créée en 1906 par deux étudiants parisiens dans le quartier de Vaugirard et qui prendra vraiment son essor lors de la fusion avec la Bellevilloise de l'abbé Maillet. Ou comment fut découverte, par hasard, par un chien feu-follet, et un adolescent natif de Montignac accompagné de jeunes vacanciers, la grotte de Lascaux, à la fin de l'été 1940.

Et comme il faut toujours une part de rêve, que penser du destin de cette gamine de quatorze ans, enlevée, alors qu'elle gardait ses moutons, par un officier, un prince prussien, en voyage dans la région de Blois. La Bergère et le Prince serait le sujet d'une adorable histoire, si elle ne s'était pas déroulée véritablement.

 

Vingt et un destins décrits avec simplicité, mais avec passion, érudition, enthousiasme et parfois une note de poésie, par Véronique Vigne-Lepage, et qui devraient réconcilier tous ceux qui sont fâchés avec la jeunesse turbulente qui défraie trop souvent de nos jours les chroniques journalistiques. Et en complément une préface de Patrick Poivre d'Arvor, ainsi qu'une bibliographie permettant d'approfondir plus en détails certaines de ces histoires vraies.

 

Visitez le catalogue de l'éditeur, vous trouverez sûrement un ouvrage à offrir pour Noël :

Véronique VIGNE-LEPAGE : Epoustouflants destins d'enfants. Le Papillon Rouge éditeur. Parution 23 octobre 2015. 288 pages. 19,90€.

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 15:08

S'il est bien une caractéristique qui caractérise les Français en général, c'est de se croire supérieurs tout en se dénigrant.

Hubert DELOBETTE : Ces Français qui ont révolutionné le Monde.

Cela se traduit par plusieurs symptômes, que ce soit dans le domaine sportif, le plus visible, mais dans le langage aussi bien parlé qu'écrit, ou dans diverses manifestations technologiques, scientifiques, l'apologie de l'américanisme faisant foi. Ainsi, tandis qu'au Siècle des Lumières, le Français était langue officielle, aujourd'hui non seulement c'est l'Anglais qui prédomine, mais les Français usent, pour ne pas dire abusent, des expressions anglo-saxonnes.

Ce qui est un déni flagrant, non point de patriotisme, ce mot est galvaudé, mais tout simplement d'honneur d'appartenance à une nation qui rayonna plus par ses avancées scientifiques, culturelles et sportives que par ses guerres.

Ces chercheurs, ces découvreurs, ces inventeurs, ces innovateurs, la plupart du temps sont aujourd'hui oubliés, mais leurs inventions perdurent, parfois récupérées par d'autres nationalités. Pour de simples raisons d'obscurantismes étatique et financière.

Ainsi si l'on se souvient de Denis Papin et de sa machine à vapeur et de Joseph Cugnot et de son fardier, dont les livres d'histoires nous relataient les exploits, qui connait le nom de Jouffroy d'Abbans, le concepteur de la navigation à vapeur. Seulement pour de fallacieuses raisons d'emplacement des essais, il se verra spolié de son invention. En effet les essais sont réalisés le 15 juillet 1783 lorsque le Pyroscaphe, le navire qu'il a conçu, remonte la Saône devant 10 000 spectateurs, chargé de 1 500 tonnes de matériaux divers.

A Versailles, pourtant, la commission chargée d'examiner son dossier le rejette au motif qu'une telle démonstration ne peut être faite qu'à Paris, sur la Seine, devant les membres des académies royales !

Mais ruiné, Jouffroy d'Abbans ne peut réitérer son exploit, et s'exile en Italie. Un Américain, du nom de Fulton, s'est emparé de cette invention, et il en récoltera les fruits.

 

Plus troublante et plus fumeuse, l'histoire de Charles Sauria qui inventa l'allumette qui s'allume toute seule. Auparavant il fallait des brandons, l'archet à feu ou encore le briquet à amadou pour allumer un feu, une torche, une bougie. Féru de physique-chimie, il passe ses années d'étudiant à effectuer des recherches et c'est un peu par hasard (comme bien souvent) qu'il parvient à mettre au point cette allumette connue dans le monde entier et qui s'allume par simple frottement sur un grattoir, ou avant l'invention de l'allumette dite de sécurité, sur le talon de la botte ou le pantalon.

Des amis lui conseillent de déposer un brevet. Mais comme il ne dispose pas des 1 500 francs (nous sommes au début des années 1830) nécessaires, l'invention lui échappe. Surtout elle arrive bientôt en Allemagne, où monsieur Nicollet, le professeur de chimie, a au cours d'un voyage naïvement expliqué la recette à des homologues scientifiques.

 

Autre histoire édifiante, celle de Louis Pouzin, l'homme qui tissa la Toile. Celle dont on se sert tous les jours, par écran interposé : Internet. Spécialiste en informatique; Louis Pouzin crée, à l'initiative du Général De Gaulle, un programme destiné à relier en réseau des ordinateurs, programme qu'il intitule Cyclades, en référence aux 250 îles grecques. Seulement lors de l'arrivée de Giscard d'Estaing à la présidence de la République, la donne change et c'est l'exploitation du Minitel qui est favorisée. Qui se souvient du Minitel de nos jours, sauf ceux qui étaient adeptes du Minitel Rose ?

 

Le téléphone sonne... et ce n'est pas grâce à Graham Bell, comme on nous l'enseigne couramment mais à Charles Bourseul, qui mit au point ce moyen de communication en 1854. D'ailleurs, n'en déplaise à ses détracteurs (une invention française c'est trop beau pour être vrai !) il suffit de se reporter à un article paru dans le journal L'Illustration du 26 août 1854, dans lequel il décrivait le principe même du téléphone. Charles Bourseul débute comme commis aux Postes et Télégraphes, et devient rapidement spécialiste es-morse. Il est donc bien placé pour vanter son invention, et la Poste, par sa hiérarchie, lui signifie de s'occuper de choses plus sérieuses ! On n'arrête pas le progrès, parait-il, sauf quelques imbéciles qui n'acceptent pas que leurs employés puissent avoir des idées.

 

Par la faute de moyens financiers, par la faute de l'état pour qui Paris est le centre du monde, ou de banques trop frileuses qui préfèrent jouer en bourse l'argent déposé par leurs clients que d'aider des entreprises ou des chercheurs, des inventions françaises ont donc été récupérées par d'autres nations ou des particuliers opportunistes qui ont bâti leurs fortunes sur des spoliations.

 

Un autre frein à la créativité réside en la peur des ouvriers face à des machines qui vont leur prendre leur travail et supprimer des emplois. Une fois de plus reportons-nous à nos livres scolaires d'histoire, et remémorons-nous les soulèvements des canuts lyonnais, face aux métiers à tisser de Jacquard et de la machine à coudre de Thimonnier. Je n'en dis pas plus, préférant vous laisser le plaisir, et l'émotion voire la colère, en lisant l'article qui leur est concerné.

 

Heureusement tous n'ont pas connu ce genre de déboires, même si leur nom n'est pas passé à la postérité comme Constantin Senlecq, le père grand du petit écran, écran que, amélioré, nous regardons tous ou presque tous les jours, pour suivre les infos, regarder des retransmissions sportives ou suivre des séries... télévisées. Ou Marcel Desprez qui mit au point les lignes électriques capables d'acheminer l'électricité jusque dans le moindre foyer reculé de la France profonde.

 

En 43 articles, sous forme de vignettes comme des minis-séries télévisées, ou des historiettes de bande dessinées en une ou deux pages, abondamment illustrées, Hubert Delobette recense donc quelques destins d'hommes et de femme qui ont étudié, travaillé, cherché, réalisé, pour le progrès, le bienfait de l'humanité, et qui ont obtenu les honneurs ou sont tombés dans les oubliettes pour des raisons décrites ci-dessus. Et Hubert Delobette fait donc œuvre pie en nous les présentant et les sortant, pour certains, des placards dans lesquels ils sont enfermés comme quantité négligeable.

Un ouvrage qui permettra d'évacuer quelques idées reçues et ne manquera pas de vous intéresser, vous et vos enfants, et redorera le blason français, sans pour autant verser dans un chauvinisme malséant.

Hubert DELOBETTE : Ces Français qui ont révolutionné le Monde. Le Papillon Rouge Editeur. Parution le 23 octobre 2015. 288 pages. 19,90€.

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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 15:33

Hélas le Fleuve Noir ne déborde plus, il est rentré dans le rang des maisons d'éditions généralistes, ayant perdu son âme.

Illustration de Christine CLAVEL

Illustration de Christine CLAVEL

Longtemps le Fleuve Noir a été méprisé par les critiques littéraires, et plus particulièrement sa collection Anticipation.

Trop populaire, des auteurs trop prolifiques qui de plus fournissaient souvent des manuscrits pour les autres collections de l'éditeur, trop présent chez les kiosquiers et maisons de la Presse. La rançon de la gloire. De plus que venaient faire des petits français dans un domaine réservé aux anglo-saxons !

Comme l'écrit Jacques Goimard dans Critique de la science-fiction (Editions Pocket, collection Agora 249. Parution octobre 2002) :

De toutes ces guerres intestines, la plus implacable était sans doute celle qui opposait le Fleuve Noir, d'une part, et de l'autre tous les tenants de la science-fiction ambitieuse. Le Fleuve Noir a toujours été la bête... noire des intellectuels; bien à tort sans doute, car enfin cette maison d'édition n'était pas la seule à fabriquer de la science-fiction de consommation, et qu'il arrivait aussi de produire mieux.

Les intellectuels contre la littérature de consommation ! De tous temps cette bataille a agité le drapeau du bon, de l'excellence, tenu d'une main ferme par les intellectuels contre le roman populaire, ne se rendant pas compte qu'ils finiraient par scléroser un genre, au lieu de le porter à bout de bras. Car se sont bien les lecteurs qui achètent en fonction de leurs goût. Ils veulent du délassement, du plaisir, de l'invitation à l'imaginaire sans prise de tête.

 

Dans l'article consacré à la collection Anticipation, (La science-fiction. Collection L'encyclopédie de poche N°39. Editions Le monde de... par Denis Guiot, Jean-Pierre Andrevon et G.W. Barlow. Parution juin 1987), Denis Guiot écrit :

Bien sûr, avec sa production torrentueuse - exclusivement des auteurs français, mis à part les Perry Rhodan de Scheer et Darlton, et assimilés - le Fleuve charrie aussi pas mal d'épaves et il est nécessaire de trier.

Première remarque : Denis Guiot oublie qu'à l'origine, la collection Anticipation avait intégré bon nombre d'auteurs anglo-saxons, de renommée mondiale. Ainsi on peut relever les noms, par ordre alphabétique : Poul Anderson, Leigh Brackett, Arthur C. Clarke, Paul French (Isaac Asimov), Murray Leinster, Vargo Statten, E.C. Tubb, A.E. Van Vogt, John Windham... et j'en oublie.

Seconde remarque : Le Fleuve charrie aussi pas mal d'épaves et il est nécessaire de trier. Il doit être permis au lecteur de choisir lui-même ce qu'il aime, et le Fleuve proposait une large palette d'auteurs œuvrant dans des styles divers, variés, à l'imaginaire débridé. Affirmer qu'il y avait pas mal d'épaves est un jugement aussi lapidaire que mal venu. Chacun est libre de lire ce qu'il lui plait, il n'y a pas de mauvais livres, ni de mauvais lecteurs, mais des critiques obtus. D'ailleurs le succès constant, durant cinquante ans, infirme cette assertion. Et si la collection Anticipation a périclité, tout comme les autres collections du Fleuve Noir, et les collections de romans populaires en général, ce n'est pas la qualité qui doit être forcément mise en cause, mais la désaffection du lectorat en général, lectorat tourné vers d'autres pôles d'intérêt. La télévision, l'ordinateur, les jeux vidéos, en particulier.

 

Avec cet ouvrage Alain Douilly fait œuvre pie, permettant aux nostalgiques, aux amateurs, aux collectionneurs, aux curieux, de retrouver un pan de la littérature populaire aujourd'hui désagrégée, les formats poche étant de plus en plus délaissés au profit des grands formats, mais ceci est un autre sujet.

Alain Douilly recense donc par ordre numérique, les titres des collections phares et emblématiques Anticipation, Angoisse et leurs petites sœurs : Espiomatic - Infrarouge, Superluxe, Gore, La compagnie des Glaces, Jimmy Guieu, Perry Rhodan - Atlan, Superpoche - Bibliothèque du fantastique, Angoisses, Frayeur, Aventures et Mystères, SF, S.S.S.P. (Mark Stone) et les Grands Formats.

Classés par numéro, les titres sont déclinés avec le nom de l'auteur, puis la catégorie dans laquelle le roman peut être rangé (anticipation, futur, fantastique légende, space opéra... pour la collection Anticipation), et une cotation argus. Pour ce qui est de la cotation, je suis plutôt sceptique et dubitatif. Combien de bouquinistes généralistes ou spécialisés dans un domaine, de revendeurs dans des vide-greniers, appliquent cette cotation sans tenir compte de l'état de fraîcheur du livre. Il est évident qu'un bouquiniste doit gagner sa vie, mais il est à remarquer que depuis l'apparition de catalogues et d'argus, les prix ont fortement augmenté, le lectorat s'est détourné des bouquinistes, et ceux ont pratiquement tous fermés leurs portes depuis les années 1980. Ceci n'est qu'un aparté.

Ce recensement est précédé d'une présentation exhaustive des collections, et suivi de celle des illustrateurs, avec bien entendu les numéros des livres auxquels ils sont attachés.

Environ cinq cents illustrations, hélas en noir et blanc mais le prix de l'ouvrage en aurait été doublé, triplé, voire plus, si elles avaient été reproduites en couleur, soit sous forme de vignettes, soit pleine page. Toutefois elles permettent d'apprécier le talent de René Brantonne, de Gaston de Sainte-Croix, pour citer les deux principaux dessinateurs de la collection Anticipation, et à qui celle-ci doit en grande partie son succès maintenant, tout comme les illustrations de Gourdon pour la plupart des collections du Fleuve Noir.

Enfin, autre partie conséquente de l'ouvrage, le dictionnaire des auteurs, par ordre alphabétique, logique, qui comprend quelques lignes d'introduction pour chaque auteur, et les romans qu'ils ont écrits, par ordre de parution, regroupés éventuellement par cycles. Un excellent moyen pour les collectionneurs de cibler leurs recherches, leurs manques. Evidemment la présentation des auteurs est succincte, mais il faudrait un ouvrage, en plusieurs tomes, uniquement consacré aux auteurs pour en faire le tour et approfondir leur biographie.

Alain Douilly, modestement, malgré l'immense travail réalisé, redore le blason du Fleuve Noir et ce n'est que justice. Son ouvrage ne pouvait qu'être accueilli au sein de Rivière Blanche, l'éditeur qui affiche clairement la continuité du Fleuve Noir en accueillant d'anciennes gloires et de nouvelles plumes toutes intéressantes et diversifiées dans les thèmes traités.

Alain DOUILLY : Anticipation. 50 ans de collections fantastiques au Fleuve Noir. Hors Collection. Editions Rivière Blanche. Parution février 2009. 410 pages. 25,00€.

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 12:44

Sur l'écran noir de mes nuits blanches

Moi je me fais du cinéma...

Philippe MARGOTIN : Hollywood, Scènes de crimes.

Alors que va se dérouler du 4 septembre au 13 septembre 2015 la 41e édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville, il me semble nécessaire de vous présenter un ouvrage paru au mois de mars 2011 et qui par des manipulations incompréhensibles de ma part s’était trouvé enfoui tout au bas de ma PAL.

Treize drames qui ont défrayé la chronique et qui se sont déroulés entre 1921 et 2003. Treize drames qui ont tous plus ou moins marqué les esprits et qui ont alimenté les faits-divers médiatiques et continuent à être évoqués de temps à autre à la suite de nouvelles révélations fracassantes et de nouvelles pièces versées aux dossiers. Des drames qui ont donné naissance aussi à de nombreux romans de fiction et de récits, de films également.

Après un avant-propos dans lequel l’auteur esquisse un rapide historique de la Mecque du cinéma, un village à l’origine créé par un couple d’agents immobiliers qui achète soixante hectares de terrains divisés en lots. En 1900 Hollywood ne compte que seulement 500 habitants puis dès 1912 c’est la déferlante des studios de cinéma, et le début de ces affaires qui sont répertoriées dans l’ouvrage.

Treize affaires criminelles ou supposées telles qui possèdent un goût d’inachevé, probablement à cause du laxisme du LAPD (Los Angeles Police Department) du moins pour certaines d’entre elles. Car entre suicides, morts accidentelles et meurtres, parfois il est difficile d’établir une vérité qui satisfasse indubitablement. Les témoins, lorsqu’il y en a, ne délivrent qu’une vision partielle et partiale des incidents, et se contredisent.

Tout le monde se souvient, ou au moins en a entendu parler, des morts énigmatiques teintées de suicide de Marylin Monroe l’éternelle, de Natalie Wood, inoubliable interprète de La fureur de vivre avec James Dean et de West Side Story, de Paul Bern, de Georges Reeves, des meurtres perpétrés sur Sharon Tate qui fut l’épouse de Roman Polanski, d’Elizabeth Short surnommée le Dahlia noir et tirée de l’oubli par James Ellroy, du décès mystérieux de Virginia Rappe, jeune starlette qui était invitée à une soirée organisée par Fatty Arbuckle. Sans oublier les affaires qui ont impliqué O.J. Simpson gloire du football américain, de Phil Spector l’un des plus grands producteurs américains du rock possédant à son tableau des stars internationales telles que Ike et Tina Turner, les Beatles, John Lennon, Georges Harrison, Leonard Cohen ou encore Les Ramones.

Revenons sur la première des enquêtes évoquées, celle qui voit Fatty Arbuckle en tant qu’acteur principal. Philippe Margotin, comme pour les autres décès troublants qu’il narre avec simplicité en apportant un éclairage plus lumineux que bien des romans qui leur furent consacrés, remonte à la source. La naissance et la vie familiale et professionnelle des principaux protagonistes, une analyse sobre et convaincante, des faits établis qui ne souffrent d’aucune contestation, jusqu’au dénouement final, et, alors que le lecteur est convaincu des affirmations du narrateur, l’auteur laisse libre cours à d’autres suppositions, entretenant le doute quant au bien fondé des affirmations précédentes. Philippe Margotin décrit la jeunesse de Roscoe « Fatty » Arbuckle, les malveillances des autres gamins se moquant de lui à cause de sa surcharge pondérale, son désir de prendre le contre-pied en devenant amuseur public, comédien et acteur dans de nombreux films, devenant l’égal dans le cœur du public de Charlie Chaplin, découvrant et propulsant Buster Keaton sur le devant de la scène, jusqu’à cette nuit malheureuse où décède Virginia Rappe dans une des chambres de la suite réservée pour ses soirées arrosées. Fatty, plus ou moins blanchi d’un meurtre qui n’est pas si évident à établir, ne s’en relèvera pas. A ce propos, on en apprend plus en quelques pages sur cette affaire que dans le roman d’Ace Atkins, le jardin du Diable, par exemple. Et la relation qui est faite de cet événement, qui sera suivi de beaucoup d’autres, s’avère plus simple et plus probante de la part de Philippe Margotin. Mais il est vrai que Le Jardin du Diable se veut fiction et peut donc jouer avec la réalité sans que cela soit rédhibitoire.

De même sa mise en scène et les explications concernant les faits que l’auteur avance dans les morts de Marylin Monroe, de Natalie Wood, de Georges Reeves, qui incarna pour la télévision le rôle de Superman et le fit sortir des second rôles cinématographiques auxquels il était habitué, Paul Bern, scénariste et réalisateur de films et surtout époux un certain temps de Jean Harlow. Un certain temps en effet puisque son corps a été découvert deux mois et trois jours après leur mariage. Le suicide ne fait aucun doute, en apparence, car quelques détails troublants laissent à penser que l’arme utilisée par Bern pour se suicider serait en réalité l’arme d’un crime. La version du suicide est retenue, car, comme l’écrit Philippe Margotin « cette version a le mérite d’être possible ».

Entre faits avérés, faits supposés, suspicions et réalités maquillées, c’est tout un monde qui renait sous la plume de Philippe Margotin, et ce n’est pas du cinéma. Même si la mort joue parfois à la roulette, comme celle de Bugsy Siegel, célèbre maffieux ami de Lucky Luciano et surtout créateur du Las Vegas actuel.

Alors si vous ne pouvez pas vous rendre au Festival du Cinéma Américain de Deauville, vous pouvez toujours pallier cette carence par ce très bon documentaire.

Philippe MARGOTIN : Hollywood, Scènes de crimes. Editions Pascal Galodé. Parution mars 2011. 172 pages. 19,90€.

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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 15:31

Hommage à Albert Bonneau né le 23 août 1898.

Gilles BARILLIER, Marcel CHAMEAU et Pascal JONARD : Sur la piste d'Albert Bonneau, écrivain populaire.

Albert Bonneau ! Le nom de cet infatigable polygraphe ne vous dira peut-être rien mais celui de Catamount réveillera sans conteste de merveilleux souvenirs de lectures.

Et peut-être avez-vous lu Albert Bonneau sans le savoir. Car indépendamment au patronyme attaché au Ranger aux yeux clairs, Albert Bonneau a signé, entre autres, Jean Voussac, Jacques Chambon ou encore Maurice de Moulins.

Grâce à Gilles Barillier, Marcel Chameau et Pascal Jonard, des chercheurs amateurs opiniâtres de littérature populaire, nous en savons un peu plus sur Albert Bonneau, sa vie, son œuvre.

Une œuvre conséquente puisque Albert Bonneau a écrit dans les domaines du roman de cape et d'épée, du sentimental, du western et surtout du roman d'aventures, des romans qui vont de 32 pages, pour les petits fascicules, à environ 250 pages pour les livres brochés et cartonnés et des scenarii de bandes dessinées.

C'est ainsi que la série Petit Riquet, publiée de 1944 jusqu'en 1958, comportera 190 aventures dans des fascicules de bandes dessinées de 16 pages illustrés quasiment tous par Gaston Niezab. Catamount, son héros qui reste quasiment dans toutes les mémoires, connaîtra 70 aventures scindées en deux séries, intitulées respectivement Les Aventures de Catamount et Les Nouvelles Aventures de Catamount, paraîtront concomitamment avec Les aventures du Far-West, 44 titres, tous chez Tallandier.

Sans compter toutes les autres parutions chez Ferenczi, signés sous divers pseudonymes, dans les collections Voyages et Aventures, Le Petit Roman d'Aventures, Mon Roman d'Aventures, Crime & Police, Police & Mystère, Mon Roman Policier...

En tout environ 520 titres, sans compter les bandes dessinées, les articles dans divers magazines et même pendant un certain temps la rubrique courrier du cœur signée Tante Elise aux Veillées des Chaumières.

 

Une bibliographie imposante résultat dû à un travailleur acharné, infatigable, dont l'imagination ne fut jamais prise en défaut et, surtout, qui ne se répétait pas, ne se copiait pas.

L'aventure éditoriale débute en 1920 dans le magazine L'Intrépide pour se terminer, provisoirement, en 1958, Albert Bonneau ne pouvant continuer étant atteint de la maladie de Parkinson. Mais dans les tiroirs il restait des inédits, qui furent publiés en 1968 par les éditions Gerfaut, quatre romans de cape et d'épée.

Une bibliographie impressionnante minutieusement répertoriée et qui donne le vertige, d'autant qu'elle est accompagnée de nombreuses reproductions en couleurs de couvertures de livres ou de magazines.

 

Entre la biographie et la bibliographie est intercalé un article concernant les amis d'Albert Bonneau, ou du moins ceux qui ont joué un rôle dans sa vie. Et on y retrouve des noms tels que Georges Bidault, Emile Richebourg, Jacques Chabannes, Rémi et Maurice Dumoncel, et les illustrateurs Angelo di Marco et Maurice Toussaint.

 

Ce livre représente une somme de travail qui ne pourra que réjouir non seulement les admirateurs d'Albert Bonneau mais également tous ceux qui désirent approfondir leurs connaissances de la littérature populaire, et leur permettra de cibler leurs recherches.

Marcel Chameau, Gilles Barillier et Pascal Jonard

Marcel Chameau, Gilles Barillier et Pascal Jonard

Un grand bravo à ces trois mousquetaires et si vous le désirez vous pouvez commander l'ouvrage (20,00€ + 5,00€ pour les frais de port) à l'adresse suivante :

Association Les Amis d'Albert Bonneau

175 rue de Bourgogne

03000 Moulins.

04 70 46 43 97 ou 04 70 34 94 57.

 

Gilles BARILLIER, Marcel CHAMEAU et Pascal JONARD : Sur la piste d'Albert Bonneau, écrivain populaire. Ouvrage édité par l'association des Amis d'Albert Bonneau. Parution décembre 2014. 196 pages. 20,00€ + 5,00€ pour les frais de port.

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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 12:38

Il en a mangé !

Léo MALET : La vache enragée. Chronologie et choix de documents par Francis Lacassin.

La vie de Léo Malet est un roman à elle seule.

Pas vraiment banale l'existence du créateur de Nestor Burma ! Pas du genre de ceux qui vivent sur terre en zombie, suivant une ligne droite sans heurt, sans accroc, sans brisure, une déambulation morne.

Orphelin de père et de mère à trois ans, élevé par ses grands-parents, monté à Paris à seize ans où il se débrouille seul, Léo Malet ne se contente pas d'être le benjamin des chansonniers montmartrois et parisiens.

Né sous le signe astrologique du Poisson, il nage parmi les anarchistes et les surréalistes, mais en réalité il aurait dû naître sous le double signe de la poisse et du papier. De la chanson au roman en passant par la poésie, Léo Malet vivra pour et par le papier.

Il sera tour à tour secrétaire d'un maître-chanteur pratiquement analphabète, inventeur d'un procédé dit du décollage d'après des affiches publicitaires, signataire de nombreux manifestes et articles dans divers journaux éphémères, mais également crieur de journaux, emballeur et manutentionnaire chez Hachette, bouquiniste sur les quais... Seul le prestigieux métier de typographe, ou plutôt de correcteur, lui sera refusé selon le cercle vicieux bien connu : pour travailler dans ce métier il faut être syndiqué, et pour être syndiqué il faut travailler.

Au hasard de ses pérégrinations dans la capitale, Léo Malet fera la connaissance d'un grand nombre de personnages hors du commun : Prévert, Dali, Breton, Magritte et bien d'autres, mais lui-même, sous des dehors effacés, est véritablement l'une des grandes figures du roman policier français.

Provocateur, gouailleur, tendre, sarcastique, Léo Malet se montre fort disert sur sa jeunesse, ses tribulations, ses rencontres, ses faits d'arme, ou plutôt verbaux, dans les milieux anarchistes et surréalistes, mais il reste très secret et très pudique sur tout ce qui touche sa vie privée et familiale.

Le dernier chapitre de cette biographie, haute en couleurs, Disparition d'un adolescent, est une véritable profession de foi ainsi qu'une mise au point envers certains détracteurs qui lui reprochent ne déviation politique, alors qu'eux-mêmes, la plupart du temps, ne mettent pas en pratique les idées qu'ils prônent, mettant leur idéologie au placard lorsque celle-ci n'est plus en concordance avec leur bien-être.

Léo MALET : La vache enragée. Chronologie et choix de documents par Francis Lacassin. Collection Les passants de l'histoire. Editions Julliard. Parution janvier 1990. 272 pages.

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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 12:24

Un musicien doit-il décéder tragiquement pour être

consacré ?

Franck MEDIONI (Sous la direction de) : Albert Ayler. Témoignages sur un Holy ghost.

Fin novembre 1970 disparaissait Albert Ayler à l’âge de 34 ans, son corps était retrouvé flottant dans l’East River.

Comme ces musiciens morts trop tôt, trop jeunes, tragiquement, ce saxophoniste novateur devenait une icône, un emblème auprès de nombreux amateurs (et professionnels) de ce genre musical. Le Jazz devenait orphelin.

Né le 13 juillet 1936 à Cleveland (Ohio), d’une père chanteur et musicien jouant aussi bien du saxophone que du violon, et d’une mère aux inclinations artistiques qui n’allèrent jamais bien loin, le jeune Albert plongea très tôt dans le chaudron musical. A l’âge de trois ans, là où les bambins s’endorment en écoutant des berceuses, il regardait derrière le poste de radio familial si son interprète préféré, Lionel Hampton, ne s’y cachait pas.

A quatre ans il tapait sur un petit tabouret, accompagnant Benny Goodman. A sept ans, son père enthousiaste lui interdit d’aller jouer au football avec ses petits copains afin de pouvoir s’initier à la musique et toute la jeunesse et l’adolescence du jeune Albert sera vouée à se perfectionner. C’est ce que déclarait Albert Ayler dans un entretien réalisé par Jacqueline et Daniel Caux à Saint Paul de Vence le 27 juillet 1970, soit quelques semaines avant sa disparition, et qui fut publié dans L’Art vivant en février 1971.

Je ne vais pas m’étendre plus longtemps sur les débuts d’Albert Ayler et sur cet entretien, vous laissant le plaisir de les découvrir, et penchons-nous plutôt sur le contenu principal de cet ouvrage magistral : les témoignages de ceux qui ont côtoyés, connus, joués avec ce saxophoniste qui a dérangé l’harmonie et la partition bien réglée des musiques de jazz, explorant de nouveaux chemins, de nouvelles voies (voix ?) non pas pour imposer son empreinte mais pour explorer toutes les possibilités de la musique dont il était devenu sinon un porte-parole au moins un porte-son, un innovateur dont s’inspirèrent quelques instrumentistes parfois décriés dans leurs recherches tel John Coltrane.

Et les critiques de l’époque (s’exprimant souvent de façon négative) oubliaient que même en musique classique, symphonique ou de chambre, une nouveauté détrônait une institution et que c’était cela qui faisait avancer le plaisir d’écouter des sonorités, des compositions, des arrangements nouveaux. Les dents grinçaient et quelques années plus tard, ces nouveautés étaient entrées dans les mœurs et ce qui était considéré auparavant comme des références devenait ringard. Mais cela n’est pas l’apanage de la musique et l’on pourrait en élargissant le sujet citer la peinture, la sculpture et tout autre forme d’art.

Franck MEDIONI (Sous la direction de) : Albert Ayler. Témoignages sur un Holy ghost.

Parmi les contributions et les témoignages rendus à Albert Ayler, figurent ceux de nombreux artistes, musiciens, littérateurs, chroniqueurs, musicologues, photographes et autres. Certains noms nous sont familiers, d’autres moins, et la table en fin de volume permet de savoir qui fait quoi.

 

Et au détour des pages on peut lire les participations de Louis Sclavis, Jacques Bisceglia, Sonny Rollins, Francis Marmande, Aldo Romano, Franck Médioni, Michel Portal, Michel Lebris, Joe Lovano, Steve Lacy, Philippe Buin, Joëlle Léandre, Lee Konitz, Jacques Réda, pour n’en citer que quelques uns parmi la centaine de contributeurs. Que ces appréciations tiennent en deux lignes (Sonny Rollins, Richard Davis, Oliver Lake) ou sur plusieurs pages (Francis Marmande), sous forme d’hommages, de coups de colère, de longs poèmes (Christain Tarting, Zeno Bianu, Sylvain Kassap, Bernard Chambaz et quelques autres…), des explications de texte et de musique (Alexandre Pierrepont, Philippe Carles et Jean-Louis Comolli), des dialogues (Daniel et Flavien Berger) sans oublier l’indispensable et riche iconographie.

 

La musique est emblème de protestation, de liberté, parfois de joie de vivre, parfois de mal être et si je devais mettre en exergue un de ces textes ce serait sans conteste celui de Richard Davis : « Albert Ayler fut certainement un géant dans sa musique au moment de la période de protestations des droits civiques. Ainsi, il a fait trembler les chaines du syndrome post-traumatique de l’esclavage ».

Et au lieu de lire, j’allais écrire bêtement, de la page 1 jusqu’à la fin, je vous propose de prendre la table, c'est-à-dire le sommaire, et après avoir dégusté la préface d’Archie Shepp et la note d’intention de Franck Médioni, de vous laisser aller en découvrant ces textes par ordre alphabétique d’entrée des acteurs de cet ouvrage : de Noël Akchoté, guitariste, jusqu’à Jason Weiss, écrivain, ce qui vous obligera à effectuer une petite gymnastique, j’en conviens, mais vous donnera la sensation de jouer votre propre partition.

Un livre remarquable qui a dû demander de longues heures, que dis-je, de semaines et même de mois, afin de réussir cette compilation, mais aussi d’abnégation et d’amour.

Franck MEDIONI (Sous la direction de) : Albert Ayler. Témoignages sur un Holy ghost. Préface d’Archie Shepp. Collection Attitudes. Editions Le Mot et le Reste. Parution 25 avril 2010. 332 pages. 26,00€.

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 13:37

Bob Morane contre tout chacal

L'aventurier contre tout guerrier...

Henri VERNES : Mémoires.

Dans sa préface, le fin lettré qu'est Jean-Baptiste Baronian se réfère à la troisième des vingt-et une-dictées de Simenon, parue en 1976, et cite plus particulièrement cette phrase :

Au fond, les mémoires sont de faux portraits de soi tels qu'on veut les laisser à la postérité.

Et ces mémoires, écrites par Charles-Henri Dewisme, plus connu sous l'alias d'Henri Vernes, procurent à la fois un vif plaisir à découvrir la vie mouvementée du créateur de Bob Morane mais en même temps un sentiment de frustration, car il y manque la denrée essentielle : comment est né ce personnage qui défie le temps.

 

En effet une grande partie de l'ouvrage est consacrée à la jeunesse chaotique du jeune Charles-Henri. Il est élevé par ses grands-parents, sa mère ne pouvant s'occuper de lui, obligée de travailler. Ses parents ont divorcé très tôt et le jeune Henri (appelons-le ainsi car c'est sous ce prénom qu'il est le plus connu) se souvient surtout de ses grands-parents, de son oncle Nestor et sa tante Léontine, et de la petite chienne Dinah. Il nait à Ath, surnommée la Cité des Géants à cause de la Ducasse, sa mère s'étant réfugiée pour accoucher chez sa sœur Léontine, guerre oblige. Puis ils regagneront Tournai. De sa prime enfance, comme pour tout un chacun, le jeune Henri ne garde que quelques images, souvent renforcées par ce que sa famille lui a raconté. Toutefois un de ses souvenirs marquants est relatif à la réflexion du docteur de la famille.

Cela fait deux fois que je vois cet enfant boire en mangeant. Cela l'empêchera de digérer !

Né le 16 octobre 1918, Charles-Henri Dewisme aura bientôt cent ans. Et il se porte bien. Encore un préjugé de la médecine rétrograde...

 

Ce dont il se souvient le plus, c'est de son premier amour. Yvonne. Cinq ans comme lui. Et des femmes Henri en connaitra beaucoup. Celle qui le déniaisera, alors qu'il n'a que treize ans, ce sera Adèle, une amie de sa mère, âgée de trente trois ans et veuve très tôt. Et tout en fréquentant Adèle, il va au collège, chez les Jésuites, lui qui ne pratique pas la religion. Et bien entendu entre les pères et lui, ce n'est pas toujours l'entente cordiale. Il s'initie à la boxe, sa carrure imposante le prédestinant à un art martial, pensez donc, à quinze ans il mesure 1,80m pour 70 kilos ! Tout ceci ne l'empêche pas de lire. Dès son plus jeune âge, il engloutit les œuvres des auteurs de romans populaires, avec voracité (voir citation en bas d'article).

Après Adèle il y a eu d'autres, mais madame Lou comptera beaucoup dans sa vie. Nous sommes en 1937, il a dix-neuf ans et il n'hésite pas à tout quitter pour la rejoindre à Shanghai. Il embarque à Marseille à bord du Rousselle, muni de faux papiers, effectuant un long péripleShangaï, Canton, Hong-Kong, et au bout de trois mois il rentre au bercail. Madame Lou donnera peut-être naissance au personnage de Miss Ylang-Ylang.

Puis c'est la guerre. Il se marie en 1938 avec Gilberte, la fille d'un diamantaire anversois chez qui il travaille, mais divorce en 1941. Et entre dans un service de renseignements de la Résistance, recueillant et transmettant des informations à l'attention et l'intention des résistants basés à Londres. Et en 1943, alors qu'il fréquente les milieux littéraires, il fait la connaissance de Jean Ray, qu'il a lu tout jeune. Plus tard il le retrouvera, l'imposera chez Marabout et fréquentera également Michel de Ghelderode.

Il commence à écrire, son premier roman, La porte ouverte, parait en février 1944. D'autres suivront, et après un séjour de trois ans à Paris où il est correspondant pour une agence américaine et des journaux lillois, il revient en Belgique en 1949. Il collabore à des magazines jeunesse, dont Tintin, Mickey Magazine, Héroïc Jeunesse, et en juin 1953 il rencontre Jean-Jacques Schellens, le directeur des éditions Gérard et C° qui désire créer une collection de romans d'aventures pour la jeunesse. C'est le début de Marabout Junior et Les conquérants de l'Everest, numéro 10 de la collection signé Henri Vernes, sera le premier d'une longue série, plébiscité par les jeunes lecteurs.

Henri VERNES : Mémoires.

Henri Vernes voyage beaucoup, notamment dans les années 50 en Amérique Latine, ce qui lui permet d'engranger de la documentation géographique. Et il écrit, publiant sous divers pseudonymes, variant les genres tout en restant fidèle à Bob Morane.

Henri Vernes n'est guère tendre dans ses Mémoires envers ses confrères de Marabout Junior, et pourtant cette collection publia les premiers romans signés Pierre Pelot avec sa série des Dylan Stark. Il affirme avoir porté cette collection à bout de bras, ses romans s'arrachant comme des petits pains. Mais connaît également la désillusion lorsqu'il s'aperçoit que son éditeur, André Gérard, le fondateur de la maison d'édition et imprimeur à Verviers, ne déclare pas la totalité des ouvrages imprimés. Une arnaque et il n'est pas vain de penser que le chiffre annoncé des ventes des aventures de Bob Morane est en dessous de la réalité.

 

Autre auteur qu'il démolit avec verve : Hergé.

Un autre élément caractéristique de l'atmosphère régnant à ce tournant de l'histoire, est celui d'Hergé, l'auteur de Tintin. Reconnu collaborateur, inspiré par l'abbé Wallez, fasciste notoire, ami de Degrelle et de Jamin, complices actifs du nazisme, antisémite avéré, Hergé fut blanchi, en dépit de plusieurs arrestations motivées, grâce à l'intervention de résistants qui avaient besoin de lui pour des raisons commerciales. On fit de lui un génie, alors qu'il n'était qu'un dessinateur moyen dont l'humour, souvent, ne dépassait pas, en s'en inspirant, le Brigadier vous avez raison.

 

Intéressant mais frustrant, cet ouvrage n'aborde pas par exemple comment est né Bob Morane. A la demande de Jean-Jacques Schellens, on l'a vu, mais quel fut le déclencheur, comment et quand écrivait-il, prenait-il des notes, c'est tout un pan de sa biographie qui est occultée. D'ailleurs il est fort peu disert sur tout ce qui touche à la rédaction de ses romans, que ce soit pour les Bob Morane, que sous les pseudos de Jacques Colombo pour la série DON au Fleuve Noir, Jacques Seyr pour Marabout Junior, et quelques autres. Il s'étend plus largement sur ses conquêtes féminines et sur son activité durant la guerre, sur ses prises de position politiques dénonçant particulièrement les antisémites et les collaborateurs du régime nazi.

Henri VERNES : Mémoires.

Et moi je lisais... Je lisais encore... Je lisais toujours... J'en étais encore à Louis Boussenard, à Alexandre Dumas, à Paul d'Ivoi, à Arnould Galopin... J'aurais dû y rester. Quoiqu'on en pense la littérature dite populaire est plus près de la réalité que l'autre littérature, baptisée pompeusement grande littérature et qui n'est qu'une sophistication de la vie, la mise en boite des sentiments.

Pour en savoir plus sur son œuvre, il vaut mieux se pencher sur quelques ouvrages dont :

 

Stéphane Caulwaerts et Yann : Henri Vernes : à propos de 50 ans d'aventures. Les Éditions À Propos. 2003.

Jacques Dieu : Bob Morane et Henri Vernes. Glénat, 1990.

Daniel Fano : Henri Vernes & Bob Morane, une double vie d'aventures. éditions Le Castor Astral. coll. Escale des lettres. 2007.

Bernard Marle : Bob Morane et Henri Vernes : un double phénomène. IDE. 1995.

Francis Valéry : Bob Morane. Éditions... Car rien n'a d'importance, 1994.

Rémy Gallart & Francis Saint-Martin : Bob Morane, profession aventurier. Editions Encrage. 2007

 

Henri VERNES : Mémoires.

Henri VERNES : Mémoires. Editions Jourdan. Parution 14 janvier 2012. 496 pages. 22,90€.

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