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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 13:29

Et l'Ange vint... démon !

Viviane JANOUIN-BENANTI : Petites Angevines en danger.

Pourquoi un jeune homme à peine sorti de l'adolescence attend à la sortie des écoles des gamines afin de procéder à des attouchements, voire plus ?

Une fable de La Fontaine, ou plutôt sa morale, La raison du plus fort est toujours la meilleure, a déclenché ce qui était latent depuis son enfance et même avant.

Cela remonte à Angèle, sa future mère, une fillette de dix ans qui fait la fierté de ses parents. Elle a un frère plus âgé qu'elle mais elle focalise toutes les attentions. Elle est gaie, joyeuse, calme, timide et chante tout le temps, d'ailleurs elle fait partie de la chorale. Son père, cordonnier et poète à Angers l'a même surnommée son Rossignol. A l'école, ses notes sont excellentes, mais elle parle peu. Aussi afin qu'elle fréquente d'autres camarades, son père à l'idée de l'inscrire à l'école de danse de mademoiselle Lardou, professeur d'une trentaine d'années, et réputée pour ses spectacles de fin d'années.

Et tout d'un coup le caractère d'Angèle change du tout au tout. Elle devient agressive, refuse de manger de la viande. La première fois se manifeste lorsque des cailles sont servies. On ne mange pas de petits oiseaux, telle est la litanie d'Angèle, malgré les explications du père à son Petit Rossignol. Puis elle refuse les œufs, puisque ce sont de petits oiseaux en puissance. Aveugles les parents d'Angèle lui offrent même des cours particuliers de danse, toujours avec mademoiselle Lardou.

Toutefois Jacques et Constance, les parents d'Angèle, ne comprennent pas ce revirement de caractère et ils s'en ouvrent à l'abbé de la paroisse qui ne peut expliquer, étant tenu au secret de la confession, que la professeur de danse s'adonnait à des attouchements avec certaines de ses élèves. Angèle fragile ne les avait pas supportés. Toutefois l'abbé Gauthier conseille à Jacques et Constance d'abandonner la danse, Angèle ayant déjà assez d'activités pour l'occuper et elle doit penser à sa scolarité délaissée.

Angèle reprend peu à peu ses habitudes et du jour au lendemain elle demande de la viande. Mais son incartade alimentaire a influé sur sa morphologie. Elle grandit peu, gardant un physique de petite fille. A quatorze ans elle passe avec succès son certificat d'études et son père la fait entrer chez maître Samuel Tracaire, notaire. Le tabellion, marié avec une femme plus âgée que lui d'une vingtaine d'années mais à la dot imposante, est un homme jovial, et lorsque Jacques lui demande d'embaucher sa fille, il a dans les yeux une lueur d'excitation que le père ne voit pas.

Pour Angèle, au début le travail n'est guère fatiguant mais répétitif. Elle doit classer des dossiers non encore archivés. Mais bientôt commence une nouvelle épreuve, assise l'après-midi sur les genoux de son patron. Les approches sont timides de la part de maître Tracaire, et troublé il renvoie un jour la petite Angèle. Constance est aux abois, mais non, rien de spécial, maitre Tracaire est satisfait de sa petite protégée et il se fait fort de s'occuper de son éducation. Un lapsus que ne relève pas la mère d'Angèle. Les autres clercs, dont le Premier Clerc, un individu aux dents longues et pointues qui lorgne sur l'étude, sont plus ou moins au courant de ce qu'il se déroule derrière la porte calfeutrée, mais ce n'est pas leur problème.

Constance est contente, Angèle prend du poids. Normal, depuis qu'elle mange à sa faim, et la formation effectuant son œuvre, la gamine devient peu à peu jeune fille. Et même femme. Car bientôt Constance se rend compte que cette prise de poids n'est pas normale au contraire. Angèle est enceinte. Quelques mois plus tard naîtra Pierre. En 1902.

 

La jeunesse de Pierre Gueurie, puis les avatars qui l'amenèrent sur la guillotine sont donc directement liés à Angèle. Et si Viviane Janouin-Benanti s'attarde plus sur la jeunesse perturbée d'Angèle, que sur celle de Pierre, c'est bien parce que le problème de ce gamin provient de l'enfance de sa mère. La vie de Pierre et ses démêlés sont résumés en quelques chapitres, tout le récit ou presque étant consacré à Angèle.

Et parfois il ne faut pas s'attarder, dans des affaires similaires qui défrayent la chronique que sur le seul coupable, mais bien sur ses antécédents familiaux afin de comprendre ce qui a motivé ses dérives.

Avec une écriture simple, claire, limpide, Viviane Janouin-Benanti nous plonge dans un double drame avec pudeur, un sentiment que beaucoup d'auteurs oublient à tort. Ce fait-divers réel, mais romancé, s'en trouve renforcé.

 

Viviane JANOUIN-BENANTI : Petites Angevines en danger. Editions du Petit Pavé. Parution le 16 février 2015. 236 pages. 20,00€.

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 08:45
Talmage POWELL : La fille en cage

Une couguar enfermée ?

Talmage POWELL : La fille en cage

Tandis que Webb est parti inspecter l'état des clôtures de ses pâturages, Temple, restée à la maison, est attaquée et violée par un homme alors qu'elle vaquait à sa lessive près de la rivière.

De retour Webb retrouve sa femme à demi-folle. Il construit une cage d'osier, enferme sa femme à l'intérieur, place le tout dans un chariot et tout à sa vengeance abandonne sa ferme. Il contacte Clyde Tomberlin, son plus proche voisin, et lui demande de l'aider dans sa recherche. Clyde refuse mais Ethel, sa femme, ne l'entend pas de cette oreille et ils partent tous les deux à la suite de Webb.

Clyde porte en lui un lourd secret, et s'il a refusé son aide ce n'est pas par antipathie envers Webb, mais parce que quelques années auparavant il a été accusé, à tort, de viol, et cette histoire lui pèse toujours. En cours de route Webb secourt un homme, un prospecteur, que deux étrangers ont tabassé et laissé pour mort après l'avoir dépouillé.

Tobe Loudermilk raconte son odyssée et sa rencontre avec ses deux agresseurs, un Blanc nommé Sykes et un Noir, Colombus George, dont ce n'est pas le premier forfait. Rejoint par le couple Tomberlin, Webb accueille avec plaisir ce renfort. Au petit matin Temple a disparu. Ils la retrouvent au bord d'un ravin, endormie. Webb ne comprend pas comment sa femme, qui la veille paraissait effrayée, ait pu s'extraire de la cage et qui plus est comment la jument a pu se détacher.

Les choses rentrées en ordre, ils continuent leur périple sur les traces des deux malandrins. Une diligence a été attaquée par les deux truands. Webb tente de secourir l'unique rescapé mais celui-ci meurt dans ses bras. Il peut cependant recueillir les dernières paroles du moribond qui a été détroussé par les bandits qui descendent vers la frontière mexicaine. Sykes a été blessé, ce qui l'handicape dans ses pérégrinations.

Poursuivant leur chemin, Webb et ses compagnons sont ravitaillés par un couple de fermiers compatissants et leurs deux fillettes. Turbulentes, les gamines jouent près du chariot et sont effarouchées par Temple consignée dans sa cage. Webb est obligé de repartir, cependant il a senti chez sa femme comme une lueur, une espèce de guérison à la vue des fillettes. Les tribulations de Webb ne sont pas terminées.

La petite caravane est attaquée par une poignée d'Indiens menés par Micco, un rebelle qui veut retrouver Gloire et Honneur au Mexique.

 

Alliant roman noir et western, La fille en cage est agréable à lire malgré une certaine frustration. Deux-cent-cinquante pages ne suffisent pas à explorer toutes les facettes de ce drame, et l'on aurait aimé que le personnage de Temple soit un peu plus mis sous les feux des projecteurs.

Le récit est entrecoupé de la narration de l'attaque de la diligence par Sykes et Colombus, des motivations et rancœurs de Micco, descendant de Séminoles parqués dans l'Arkansas, loin de leur Floride natale, et de la première rencontre entre Temple et Webb.

 

Clyde avait cédé son droit au commandement, et c'était une chose qu'un homme pouvait prendre à un autre homme, mais jamais à une femme.

 

Curiosité :

Clyde fut accusé à tort de viol, et il en porte toujours les cicatrices morales. Webb, tout à sa vengeance, ne réfléchit pas, et lui aussi commet une erreur de jugement, ce qui aurait pu être grave si les innocents de ce crime avaient été d'honnêtes citoyens.

 

Talmage POWELL : La fille en cage (The cage - 1969. Traduction de Marcel Frère). Série Noire N°1366. Parution septembre 1970. 256 pages.

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 10:57
Weldon SPANN : Chasseur à gages

Et le perdant aura un gage !

Weldon SPANN : Chasseur à gages

Ancien policier, Kell Hunter, reconverti comme détective privé, ne roule pas sur l'or.

Mais il ne veut pas s'abaisser à démontrer son talent dans de vulgaires affaires de divorce. Aussi l'appel téléphonique de J. A. Yates lui met du baume au cœur.

Millie, la femme de Yates, a disparu depuis deux jours et le brave homme est aux abois. Elle s'est volatilisée au cours d'une réunion organisée par Cameron Powers pendant laquelle elle s'était laissé conter fleurette de façon éhontée par Burl Thomas, le gendre de Powers. Hunter découvre vite que Millie avait des rapports avec Otto Kansas, proxénète de son état. Et ce ne sont ni les offres financières ni les menaces qui émanent de Powers ou de Wade Dermody, conseiller municipal d'Argenta, qui vont le détourner de son enquête.

D'autant que Millie est retrouvée morte, assassinée, dans une chambre d'hôtel. Burl a été aperçu quittant l'établissement à une heure qui pourrait correspondre à celle du crime. Seulement il possède un alibi en la personne de Laverne Kennedy, une des prostituées employées par Kansas.

Hunter est agressé par trois hommes et la description qu'il en fait à la police lui permet de découvrir qu'ils sont à la solde de Vince Quato, truand notoire et ami de Powers. Ses investigations le mènent à Rummville, un petit village situé non loin d'Argenta. Il apprend que non seulement Kansas, de son vrai nom Otis Kansacki, est originaire de ce patelin, mais que Powers y possédait une villa.

Millie et Nelson Rumm étaient amis lors de leur adolescence et ils avaient même convolés en justes noces en trichant sur leur âge. Le père de Rumm avait cassé le mariage, les jeunes époux étant mineurs. De plus Millie ne convenait pas à ses aspirations. La femme de Powers a été assassinée dix-huit ans auparavant, et leur fille Sandra avait découvert le corps de sa mère, victime présumée d'un rôdeur. Une histoire vieille de dix-huit ans qui remonte brutalement à la surface. Hunter suppose qu'Otto et Millie se livraient depuis à des chantages exercés auprès de différentes personnes.

En fouillant la maison natale de Millie, Hunter trouve une photo représentant Millie, Sandra, Nelson Rumm et Otto Kansas, ce qui lui ouvre pas mal d'horizons. Les quatre adolescents étaient amis et la collusion entre Millie et Kansas est évidente. Otto à son tour est assassiné.

 

Histoire tarabiscotée, surtout dans la dernière partie, Chasseur à gages n'est ni meilleur ni plus mauvais qu'un autre roman américain de cette époque. Disons qu'il relève de la production courante, mettant en scène un détective et des situation convenues.

La partie la moins crédible de cette intrigue réside dans le décalage temporel trop important entre ces deux affaires. Entre la mort de la mère de Sandra et le meurtre de Millie, dix-huit années se sont écoulées. Tout est axé ensuite sur des chantages ayant des rapports plus ou moins étroits avec la première affaire.

Ce qui est compréhensible dans des vengeances, par exemple Monte-Cristo d'Alexandre Dumas, l'est un peu moins dans un roman policier, surtout lorsque les protagonistes ont pu évoluer librement. A moins qu'il s'agisse d'une erreur de traduction et que les dix-huit années se réduisent à dix-huit mois.

 

Une petite tête ronde couverte d'une toison crêpelée semblable à de la paille de fer surmontait son cou de taureau, et la disproportion entre ses courtes jambes et son torse massif faisait penser à un véhicule trop chargé en hauteur.

 

Weldon SPANN : Chasseur à gages (Hunter for hire - 1970. Traduction de Roger Guermet). Série Noire N°1362. Parution août 1970. 256 pages. 4,00€ (disponible)

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 13:34

Un ouvrage Hammett en bonne place dans votre bibliothèque...

Collectif : Hammett détective.

Les auteurs pressentis par Natalie Beunat et tous issus du catalogue Syros n'ont pas chercher pas à rédiger leur texte à la manière de... mais ils se sont investi dans le personnage du romancier lors de ses débuts à la Pinkerton, la célèbre agence de détectives qui en même temps assurait la sécurité à la demande de patrons face à des ouvriers en grève.

Tous ont donné leur version de cette première enquête mais peut-être possédaient-ils diverses sources, car pour le plus grand plaisir du lecteur, ils ont narré cet épisode différemment. Ils n'ont pas cherché à uniformiser leur récit et ont gardé leur propre sensibilité, leur vision personnelle de l'Amérique de l'année 1915, leur écriture et leur enthousiasme, leur manière d'appréhender une histoire tout en gardant à l'esprit que c'est Dashiell Hammett le héros et non pas un être issu de leur imagination..

 

Dans L'âge légal pour mourir Stéphanie Benson, qui ouvre le bal, honneur à la seule représentante du sexe féminin et qui est la mieux placée alphabétiquement, nous emmène à Baltimore, ville dans laquelle débuta Dashiell Hammett sous la houlette de James Wright, le directeur-adjoint de l'agence Pinkerton et mentor du jeune Dash. Adèle, la fille de Frederick Wood, le patron de la Pennsylvania Steel Company a été retrouvée morte et c'est son fiancé, Roger Harris, qui travaille dans cette boite, qui a contacté la Pinkerton. Et il aurait tout perdu avec la mort d'Adèle, car il ne peut plus accéder au magot via le mariage. Mais est-ce la véritable raison de ce meurtre, et le véritable assassin ?

 

Les frères Guérif, Benjamin et Julien, nous emmènent avec L'homme d'Adak, dans un bar. Le narrateur attend l'arrivée de Barthelsson, recherché pour bigamie. la description qu'on lui en a faite ne correspond pas au client qui entre dans le café. S'engage entre les deux hommes et le barman une conversation qui tourne autour justement la bigamie, la cafetier ayant justement connu un confrère qui s'est rendu coupable de cette entorse à la loi.

 

Jérôme Leroy nous présente La fille du sénateur, en ce mois de juillet 1951 à New-York. Il a soixante ans à peine, est reconnu comme romancier, mais il est face au juge qui doit statuer sur son sort de communiste. Parmi la foule qui assiste à ce procs il reconnait une femme et ses pensées s'envolent vers sa première mission pour Pinkerton. Celle de l'enlèvement d'une Blanche par un Noir. Mais était-ce réellement un kidnapping ?

 

Marcus Malte nous assène Jamais plus ! Chaque année, le 19 janvier, quelqu'un dépose sur une tombe d'un cimetière presbytérien de Baltimore trois roses et une bouteille de cognac entamée. Et pas n'importe quelle tombe, celle d'Edgar Allan Poe. Une tradition qui dure depuis cinq ans. Sa mission, découvrir qui est admirateur inconnu. Alors Dash, afin de mieux connaître celui sur lequel il va veiller durant la nuit du 19, s'imprègne de l'univers romanesque de l'écrivain, auteur de Double assassinat dans la rue Morgue.

 

Jean-Hugues Oppel envoie, via James Wright, le jeune Dash qui est employé à la Pinkerton depuis quelques mois et n'a que vingt et un ans, à Wenderstown, en Pennsylvanie. Une mission de confiance, dont le titre Poissons rouges ressemble à un code secret. Non, Dash doit rencontrer dans ce patelin une certaine madame Babygrass, une amie de la famille du sous-directeur. Madame veuve Babygrass est inquiète, elle n'a plus de nouvelle de sa fille unique Joséphine. Enlèvement ? Fugue amoureuse ? Autre supposition ? La réponse est peut-être dans le bocal de poissons rouges.

 

La première enquête pour de vrai, est dans Coup double et c'est Benoît Séverac qui l'affirme. Une affaire relativement simple d'après le mentor de Dash. L'enlèvement d'une gamine de huit ans, mais comme les parents ne veulent pas mêler la police à leur problème, c'est Dash qui va enquêter. D'ailleurs Wright n'a personne d'autre sous la main. Et puis comme dans la majorité des cas, les demandes de rançon émanent de domestiques, il n'y a qu'à les cuisiner. Alors direction Washington et la famille Humber qui n'emploie que des Asiatiques.

 

Marc Villard nous propose une petite balade, avec un Chariot dans la neige, jusqu'à Billings, dans le Montana, le 16 décembre 1915. Encore une affaire d'enlèvement, Dash commence à y être habitué, mais il s'agit du genre d'affaires principalement solutionnées par la Pinkerton. un homme d'affaires accuse un de ses employés d'avoir kidnappé sa fille. Bref, le cas banal. Sauf que Dash va devoir prendre les grands moyens pour se mettre à leur poursuite, la neige tombe et il est difficile de conduire un chariot attelé dans une nature hostile. Dans ses poches, Dash trimballe trois lettres que lui a envoyé de France son ami Franck Malloy qui est sur le front, participant à la guerre contre les Allemands.

 

Enfin Tom Willocks, avec La fille de Big Bill Shelley, envoie Dash à Butte, dans le Montana, ville réputée pour ses gisements de cuivre. Seulement les conditions de travail étaient déplorables, et le 6 septembre 1915, un homme est mort, assassiné à coups manche de hache et noyé. Dashiell Hammett a été envoyé en même temps que d'autres hommes de la Pinkerton pour réprimer le mouvement de grève qui s'était déclenché avec de justes revendications. Mais qu'a-t-il réellement fait, face aux Wobblies, c'est ce que narre la femme la plus âgée d'Amérique, qui à cette époque n'avait que quatorze ans et venait de perdre son père. Une époque trouble au cours de laquelle les syndicats, dont l'Industrial Workers of the World, obtinrent gain de cause ou presque, mais qui détermina Dash dans son engagement politique.

Un texte traduit par Natalie Beunat, mais les puristes pourront se pencher sur la version originale puisque cette nouvelle est également proposée en anglais.

 

Suit une postface signée Natalie Beunat, maître d'ouvre de cet ouvrage et la galerie de portraits des auteurs, élément indispensable de tout recueil de nouvelles.

Un ouvrage destiné aux adolescents, mais pas que, permettant de découvrir des aventures réelles ou imaginaires, celles qu'aurait pu vivre Dashiell Hammett lors de son passage à la Pinkerton, et qui ont décidé de son avenir de romancier et d'homme public engagé. Des histoires tristes ou traitées avec humour, dans une Amérique face aux conflits raciaux ou sociaux.

 

S'il y a bien un mystère qu'on ne parviendra jamais à éclaircir, c'est celui-ci : l'effet que produit la poésie sur la gent féminine.
Marcus Malte.

 

Collectif : Hammett détective. Collection Rat Noir, Hors série. Editions Syros. Parution le 4 mars 2015. 256 pages. 15,90€.

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 10:23
Troy Kennedy MARTIN & Ken WASCHLIN : L'or se barre

Pas pour tout le monde !

Troy Kennedy MARTIN & Ken WASCHLIN : L'or se barre

A peine sorti de prison, Charlie Croker, un jeune truand, récupère l'argent d'un précédent braquage et rejoint son amie Lorna qui lui promettait une belle fête avec jeunes filles délurées en prime pour sa libération.

Hélas, ses prestations sexuelles sont contrariées par l'annonce du décès accidentel, en réalité un meurtre, de Beckerman, son nouvel employeur. Il se précipite à l'inhumation de celui-ci mais sa présence est jugée indésirable par le Syndicat de Hambourg. Malgré l'enlèvement de Lorna par les gros bras Allemands, il s'infiltre chez la veuve qui a subi une séance de torture et récupère des documents concernant sa future mission.

De retour à Londres, il contacte Freddie Camp, un homme de main de Bridger, le grand pontife britannique du crime qui contrôle tout malgré son incarcération, et requiert ses services. Il lui propose une action d'envergure imaginée par Beckerman. Lorna, qui a réussi à se libérer des griffes de ses geôliers, le rejoint alors qu'il est aux prises avec des malfrats engagés par Freddie Camp afin de l'inciter à plus de modestie dans le cadre de la grande truanderie.

Bridger est mécontent des initiatives de Charlie Croker et il possède les moyens de le lui faire savoir. Croker ne désarme pas pour autant et c'est auprès de Simon Peach, professeur de mathématiques à l'université, qu'il trouve un allié sérieux, en contrepartie de vingt-mille livres sterlings, quelques trains électriques et l'assurance de pouvoir assumer ses phantasmes sexuels qui se réduisent (!) à faire l'amour à des femmes bien en chair, pour ne pas dire obèses.

Bridger, enfin convaincu, donne son aval et Croker peut embaucher une poignée de malfrats, venus d'horizons divers, afin de réaliser la grosse opération imaginée par Beckerman : s'approprier quatre millions de dollars en or, premier paiement par la Chine pour la construction d'une usine Fiat, somme convoyée par fourgon à Turin. Le plan minutieusement agencé prévoit une panne de l'ordinateur réglant les feux rouges de la cité italienne, provoquant un embouteillage monstre.

Tout est soigneusement minuté, calculé, l'itinéraire méticuleusement tracé. Arrivés à Turin, Croker et son équipe, qui ont eu des soucis lors des répétitions, sont suivis comme leur ombre par les membres du Syndicat de Hambourg et la Mafia.

 

Pour le lecteur qui ne s'intéresse que de loin à la production cinématographique, ce roman humoristique extravagant dans lequel les cascades ont la part belle, est extrêmement visuel, surtout les scènes de l'attaque du fourgon et la course poursuite qui s'ensuit.

 

Ce n'est pas correct d'assister à l'enterrement d'un home quand on ne porte qu'un imperméable transparent.

 

Curiosité :

Ce livre est la novélisation d'un film tourné en 1969 par Peter Collinson, d'après un scénario de Troy Kennedy Martin, Michael Caine tenant le rôle principal. Bridger, incarné par Noël Coward, n'est pas un truand ordinaire. Il porte une grande dévotion à la famille royale et à l'Angleterre, et ses actions sont dictées par le souci de renflouer et renforcer l'économie britannique. Le rôle du professeur Simon Peach a été tenu par Benny Hill, le célèbre comique anglais.

Troy Kennedy MARTIN & Ken WASCHLIN : L'or se barre

Troy Kennedy MARTIN & Ken WASCHLIN : L'or se barre (The Italian Job - 1969. Traduction de Janine Hérisson). Série Noire N°1361. Parution août 1970. 256 pages.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 13:07

Correspondance... Terminus...

Brigitte GUILHOT : J'ailleurs.

N'ayant jamais rencontré Hafed Benotman, n'ayant lu de lui qu'une seul roman, catégorie Adolescent chez Syros, Garde à vie, j'ai préféré, quoi que ce ne soit pas dans mes habitudes, laisser l'éditeur présenter ce texte inédit :

Lupa, dans un texte intime et bouleversant, raconte ses dernières visites à Murdos.

« Tu me donnes tant, Lupa. Je ne sais pas ce que je pourrais t’offrir pour équilibrer la Terre afin qu’elle ne bascule pas ; un cadeau qui pèse autant que l’enfant dans les bras de la Vierge Marie ou de sainte Brighid. Je ne sais pas ce que tu auras dans ta pochette surprise. Peut-être un cadavre qu’il te sera donné à faire revivre. Je serai peut-être posthume pour toi. »

L’écrivain Hafed Benotman a fait son ultime envolée le 20 février 2015 à l’hôpital Georges Pompidou, à l’âge de 54 ans. Pendant les journées qui ont suivi sa mort, l’écrivain Brigitte Guilhot a adressé une dernière lettre à l'homme qui l'appelait Lupa et qu'elle appelait Murdos. Lupa et Murdos, alors que ce dernier était emprisonné à Fresnes, avaient échangé durant de longs mois une correspondance lumineuse malgré les murs. Cette correspondance fait l’objet d’une publication sous le titre La peau sur les Mots

 

Après la présentation de l'éditeur, l'avis du lecteur :

 

Cette missive est une offrande, la dernière de Lupa à Murdos, un message hors du temps, un dialogue épistolaire à une voix. Les souvenirs affleurent, en même temps que la visite à la maison funéraire est un passage obligé pour un dernier au revoir. La gare Montparnasse, le parc Montsouris, autant de réminiscences qui reviennent en images insolubles derrière les pleurs.

Des semaines auparavant, la dernière fois peut-être qu'ils se sont vus, Lupa apporte le manuscrit de La Peau sur les mots. Il avait déclaré : Il faut pouvoir se promener dedans comme dans un recueil de poésie.

Les jours se suivent, la rédaction de la lettre est entamée un dimanche, jour où Lupa rend une dernière visite à Hafed sur son lit mortuaire, se poursuit inlassablement, le lundi, le mardi... Hafed est toujours présent dans l'esprit, dans le cœur, dans les yeux. Son visage est partout, la Toile retient ses traits, il n'est pas mort, juste parti pour un J'ailleurs.

Des mots empreints de tristesse, bien sûr, de souvenances d'un autre temps, de celui d'avant, de paroles qu'eux seuls pouvaient comprendre, la complicité est bonne traductrice. Un long poème qui se décline, sous la houlette de Paul Eluard et de Raymond Queneau, d'Antonin Artaud et d'Arthur Rimbaud... Une longue conversation pour un hommage tout en douceur et en douleur, une tristesse apaisante, un déni de la mort car la mémoire sera toujours plus forte que la Faucheuse. Une façon de préserver l'essentiel : l'amitié.

 

Difficile de parler d'un texte si beau, si poignant, si personnel, et je préfère m'effacer derrière ces deux répliques entre Lupa et Hafed :

 

Rien n'est plus érotique et puissant qu'une vraie relation d'écriture », je disais. « Oui, la plus grande rivale d'une femme, c'est l'Écriture. Elle peut développer tous ses arguments de séduction, elle ne sera jamais à la hauteur d'une rencontre liée à l'Écriture », tu répondais.

 

En avril paraitra La Peau sur les mots, ne le manquez pas...

En avril paraitra La Peau sur les mots, ne le manquez pas...

Brigitte GUILHOT : J'ailleurs. Collection Mélange. Editions SKA. Parution mars 2015. environ 114 pages. 2,99€.

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Published by Oncle Paul - dans Livre Numérique
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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 09:21
Jack WEEKS : On caracole aux Caraïbes

Et les carats collent aussi ?

Jack WEEKS : On caracole aux Caraïbes

Financier, Noir, Jasper Trilling doit sa position sociale élevée après avoir détroussé un noyé trente six ans auparavant.

A cinquante-deux ans, c'est un homme au statut en marge, dont les avis sont écoutés, dans cette île des Caraïbes dirigée par des Blancs. Ses meilleurs amis sont Alvin Hatch, un Blanc ancien de la Navy, King Cat, jeune danseur de limbo, et Crosscut qui vit retiré dans la campagne avec ses trois fils.

La mainmise américaine sur le tourisme local et celle de la Mafia sur le casino de Treasure Beach l'irritent et il décide de spolier les envahisseurs en forçant le coffre-fort de l'établissement de jeux. Dion Blake, le détective de l'hôtel dans lequel est installé le casino se méfie de cet homme affable qui sait encaisser les coups, surtout les paroles blessantes proférées à son encontre. Courtois, Trilling veut et exige que des emplois soient réservés à ses compatriotes noirs, que les Américains n'apprécient guère.

Alvin est chargé d'entraîner physiquement les fils de Crosscut tandis que Margie, une jeune femme aux charmes épanouis, ex-strip-teaseuse et propriétaire d'un petit hôtel, doit détourner l'attention de Blake.

Le grand soir est arrivé. Une fête est organisée sur une petite île voisine, et, pendant que King Cat monopolise l'attention des touristes, Jasper Trilling rejoint Treasure Beach. En compagnie de Hatch il grimpe à l'aide d'un grappin jusqu'au casino installé sous une terrasse contigüe à l'hôtel et neutralise assez facilement le directeur de la salle de jeux, le propriétaire de l'hôtel et l'encaisseur de la Mafia. Sous la menace de leur faire sauter la cervelle, Jasper Trilling et Hatch obtiennent rapidement la combinaison du coffre. Tandis que les fils Crosscut investissent la salle de jeux et dépouillent les joueurs, Crosscut crée une diversion en faisant exploser des pétards en divers endroits.

Trilling rejoint la petite île au moment où Cat ayant terminé son numéro de limbo jette ses brandons en l'air. Le mini incendie qui se déclare, allié au bruit des pétards, provoque un début de panique chez les touristes. Panique que Blake a du mal à canaliser. Le détective est persuadé que Trilling est à l'origine du hold-up mais il ne peut le prouver.

 

Au travers de cette histoire de hold-up préjudiciable à la Mafia, menée rondement et avec un certain humour, Jack Weeks, comme incidemment et innocemment, met le doigt sur le problème racial. Les Blancs et les Américains qui gouvernent cette île placée sous la dépendance de la Couronne Britannique, considèrent les Noirs comme une race inférieure, paresseuse, et ne veulent pas leur confier certains travaux.

Jasper Trilling dont la position sociale peut lui permettre de poser ses conditions, le fait avec courtoise mais autorité. il défend ses frères de couleur, et s'il semble céder sous les arguments de ses interlocuteurs, c'est pour mieux les contrer par la suite.

Les touristes de sexe féminin sont attirées par la couleur de la peau de Trilling et sont excitées par Cat et son numéro de limbo, atteignant parfois l'orgasme au cours du spectacle.

 

Malgré les prétentions au cosmopolitisme de Miami, la vieille mentalité du Sud était encore bien vivace, et un Blanc et un Noir voyageant ensemble, à cette heure-ci, avec des bagages, ne manqueraient pas d'éveiller la curiosité d'un chauffeur de taxi qui pourrait même estimer devoir alerter les flics.

 

Curiosité :

Crosscut a prénommé ses fils respectivement Roosevelt, Marshall et Stimson, dédaignant les noms d'Eisenhower et de Mac Arthur, ce qui amène Hatch à formuler cette déclaration : Un homme remarquable, homme plein de discernement.

 

Jack WEEKS : On caracole aux Caraïbes (The limbo touch - 1968. Traduction de Janine Hérisson). Série Noire N°1314. Parution décembre 1969. 256 pages.

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 15:15

De quoi vous rendre chèvre !

Daniel MARTINANGE : Tu seras une femme, mon pote

Lantoufique, vous connaissez ? Moi non plus, mais le narrateur est en villégiature dans cette station balnéaire de la côte Atlantique. Il vente, la pluie va dégringoler bientôt, alors il décide de couper par la crique afin de regagner son hôtel.

Et stupéfait autant qu'étonné il aperçoit un homme en slip, malgré le froid, brandissant un long fouet, tel Zorro, vers une dizaine de chèvres. Il essaie en vain de faire monter ses biquettes sur une table, et le fouet caressant leur dos n'y fait rien. Ah si, une des chèvres se dévoue à grimper et elle reçoit en échange un morceau de pain que l'homme extirpe de son slip. Doit avoir du goût le quignon rassis car aussitôt les congénères de la première l'imitent. L'homme est content car c'est la première fois qu'elles obéissent et le dresseur de chèvres est tout content et affirme que c'est grâce au narrateur si elles ont réussi ce tout de force. Pourquoi pas !

Dans cette station balnéaire, qui doit son nom à ses deux promoteurs immobiliers, c'est baignade obligatoire. Pourtant notre narrateur est attiré par une boutique de vêtements, ou plutôt sa propriétaire. Une grande blonde habillée stricte, genre bonne sœur pour la partie supérieure, col de chemisier fermé ras du col et coiffure Mireille Matthieu, et jeune femme délurée sur sa partie inférieure, mini-jupe ultra-courte, mais je n'entre pas dans les détails même si ceux-ci peuvent éventuellement vous intéresser. Il l'a aperçue depuis la terrasse d'un bar mais le temps qu'il finisse son godet, la belle blonde est au volant d'un véhicule décapotable.

Il la retrouve sur la plage, en train de jouer au ballon avec des gamins. Or le football, c'est sa passion au narrateur, son péché mignon, son viagra. D'ailleurs c'est ce qui l'avait attiré chez Solange, sa copine. Enfin son ex-copine.

 

Le narrateur revoit le dompteur de chèvres, et Kriss aussi. Tous les deux ont en commun une histoire qui se nomme Aïcha mais le narrateur partage un point commun avec ses deux interlocuteurs : le football.

 

Moins déjanté ou décalé que son roman L'ouragan, Tu seras une femme mon pote tourne autour du ballon rond, c'est un fait, mais aussi de la liberté de la femme arabe, de son indépendance, de son émancipation, de son autonomie, de sa liberté, par rapport aux diktats masculins, religieux, ou tout simplement sportifs. Et l'influence qui peut s'exercer sur chacun de nous ne provient pas forcément des belles paroles politiques ou autres, mais d'un état inné que les animaux détectent mieux que les être humains.

Une parabole tout en douceur et en nuance, tout en pudeur aussi. Et si les personnages paraissent un peu décalés de la vie quotidienne, c'est une bouffée de fraîcheur.

 

 

Daniel MARTINANGE : Tu seras une femme, mon pote. Nouvelle. Collection Hors Format. E.Fractions Editions. 0,99€.

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Published by Oncle Paul - dans Livre Numérique
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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 13:08

Hélas, il n'a pas su la garder...

Abdel Hafed BENOTMAN : Garde à vie.

Comme je l’ai souligné à plusieurs reprises, les romans pour adolescents peuvent être lus sans vergogne par les adultes et ce titre d’Abdel Hafed Benotman ne déroge pas à la règle.

Garde à vie, titre jeu de mot, nous entraine dans l’univers carcéral auquel sont confrontés les mineurs pour des délits qui pourraient être considérés comme mineurs justement, par rapport à d’autres crimes avérés dont la révélation puis les procédures judiciaires trainent en longueur car dissimulés pour de sombres prétextes financiers ou politiques. Mais revenons à nos moutons comme disait le Petit Prince.

Hugues, adolescent de quinze ans, a eu la mauvaise idée d’accompagner un copain qui s’est emparé d’une voiture sans l’accord de son propriétaire puis effectuer un rodéo mécanique dans les rues de la ville. Seulement comme souvent dans ce genre d’exercice impromptu et mal organisé, l’accident se produit contre un abribus. Ils roulaient vite, c’est un fait, mais à leur décharge il faut préciser que des policiers s’étaient invités dans leur petit jeu, toutes sirènes hurlantes. Le conducteur courageux prend la poudre d’escampette. Hugues aurait bien aimé le suivre mais coincé à cause de sa ceinture il est recueilli par les forces dites de la paix et placé en garde à vue.

Les conséquences de cet acte irréfléchi ne se font pas attendre, malgré les pleurs et lamentations de sa mère qui suit une chimiothérapie. Hugues, après une garde à vue est emprisonné dans une cellule où réside déjà Jean, un peu plus âgé que lui mais habitué des lieux. Et dans ce studio sobrement meublé, Hugues doit se soumettre à la loi édictée par son colocataire. Des règles non écrites mais appliquées avec rigueur et vigueur. Jean se montre intraitable envers cet importun et les brimades, vexations, humiliations subies par Hugues lui démontrent que la force est plus souvent du côté des malfaisants, tandis que les matons appliquent un régime d’oppression géré par les pots de vin, les maltraitances, le mépris. La preuve qu’il est plus facile de mater les faibles que ceux qui aboient.

Hugues subit ses tourments parfois en se rebellant, parfois en se remémorant son enfance, ses lectures juvéniles, Alice, Peter Pan et autres.

 

Abdel Hafed Benotman use d’un procédé littéraire souvent utilisé et qui a fait ses preuves, je n’en dirai pas plus afin de ne pas dévoiler le ressort même de l’histoire, et les références littéraires ne sont pas avancées par hasard.

Cette description des conditions d’enfermement dans des cellules, dans des prisons surpeuplées, les exactions exercées par des détenus envers des bizuts, les avilissements dont font preuve les matons ne sont pas décrites par complaisance. L’auteur a connu, subi ces traitements, il en parle en connaissance de cause. Mais il sait aussi que la rédemption existe, que le bout du tunnel n’est pas forcément une impasse, à condition que la justice, les hommes politiques humanistes puissent leur donner une chance.

Actuellement la répression et la garde à vue à outrance sont le cheval de bataille de la part de ceux qui nous gouvernent mais que voulez-vous dire contre des personnes bornées, même si Bruxelles qui pour une fois oublie sa conception capitaliste et se montre sévère envers la France, a décrété que notre pays bafouait les droits de l’homme.

 

Abdel Hafed BENOTMAN : Garde à vie. Collection Rat Noir, éditions Syros. Parution le 20 janvier 2011. 106 pages. 11,00€.

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 09:09
Dick FRANCIS : Forfaits

Et le faible ne fait pas ?

Dick FRANCIS : Forfaits

Chroniqueur hippique au Sunday Blaze, hebdomadaire dont le cheval de bataille réside en la dénonciation de scandales, Tyrone est contacté pour écrire un papier pour un journal concurrent.

Son rédacteur en chef, pour une fois généreux, lui accorde son feu vert. Son ami Bert Checkov, qu'il raccompagne chez lui fin saoul, décède en passant par la fenêtre de son appartement. Dans la tête de Tyrone trottent les derniers mots de Bert: Ils commencent par vous acheter, et après ils vous font chanter.

Afin d'étoffer son article, Tyrone décide de rendre visite à quelques petits propriétaires de chevaux engagés dans le Lamplighter. Chez l'un de ceux-ci il fait la connaissance de Gail, une jeune modéliste qui n'a pas aux yeux, et leur entretien se termine par un corps à corps amoureux. Tyrone est frustré sexuellement car sa femme est allongée depuis des années en permanence, paralysée après une poliomyélite et elle survit grâce à un appareil respiratoire.

Chez Roncey il apprend que le cheval engagé, Tiddely Pom, est favori chez les bookmakers, à la suite d'un papier rédigé par Bert, à la grande stupéfaction du propriétaire. Un autre propriétaire lui dévoile que depuis un certain temps les chevaux recommandés par Bert et dont la cote avait baissé étaient systématiquement forfaits la veille de la course pour laquelle ils étaient inscrits. Les parieurs perdant de ce fait leur mise.

Tyrone pressent une magouille et tout en rédigeant son article, il enquête pour le compte du Blaze. Un propriétaire d'un cheval retiré au dernier moment lui avoue qu'un homme en Rolls avait fait pression en le menaçant de violer sa fille. De retour d'un hippodrome Tyrone est tabassé dans le train par deux inconnus. Un témoin lui précise que ses agresseurs sont de Birmingham à la solde de Charlie Boston, un bookmaker. Tyrone décide de mettre à l'abri la femme et les enfants de Roncey ainsi que Tiddely Pom.

Il rencontre Gail à plusieurs reprises, brodant sur son ménage, et lui faisant croire que sa femme est riche. Ils prennent même une chambre d'hôtel inscrits sous le nom de Monsieur et Madame Tyrone, avant un voyage du journaliste à Newcastle. A son retour il est enlevé par deux gros bras qui lui demandent de révéler où est caché le cheval. Dans le cas d'un refus, ils préviendront sa femme, la note d'hôtel étant un excellent moyen de pression. Tyrone se demande si on l'a suivi ou si Gail est de mèche avec ses ravisseurs qui en savent un peu trop sur compte mais sont en possession de renseignement erronés.

 

Dans Forfaits, Dick Francis, fidèle à son thème de prédilection et à un univers qu'il connait bien, pour cause, relate une sordide histoire de magouilles sur les paris. Un avatar qui ne peut que se dérouler en Grande-Bretagne, puisque les enjeux sont gérés par les bookmakers et que les paris sur les chevaux peuvent être pris plusieurs jours, voire plusieurs semaines à l'avance. Et si un cheval est retiré de la course au dernier moment les sommes mises en jeu ne sont pas remboursées.

L'action, parfois spectaculaire, prime dans ce roman ce qui n'exclue pas certaines pages empreintes de sensibilité, notamment les relations entre Tyrone et sa femme paralytique.

 

Le plagiat est une forme de flatterie la plus sincère qui soit.

 

Curiosité :

Une recette plus ou moins efficace pour dessaouler: dans un verre versez une bonne dose de sel et diluez dans un faible volume d'eau. Réaction vomitive immédiate, mais encore faut-il posséder tous ses esprits pour penser à préparer cette mixture. D'où peut-être l'origine de cette expression L'esprit de sel...

Dick FRANCIS : Forfaits (Forfeit - 1968. Traduction de Gérard Gardin). Série Noire N°. Parution juillet 1969. 256 pages.

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