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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 08:07
Raf VALLET : Adieu poulet.

Mais n'est-ce qu'un au revoir ?

Raf VALLET : Adieu poulet.

Commissaire de police n'ayant pas froid aux yeux, Vergeat dérange les notables du coin et les ex-gauchistes établis en néo-bourgeois.

Sur lui plane une sombre machination de prévarication dont Madame Claude, proxénète, se fait l'écho. Il aurait touché des pots de vin, ce dont il se défend. Il décide de renvoyer la balle à ses détracteurs et avec l'aide, parfois forcée, d'Alget, un truand qui lui doit beaucoup, de Maurat, un de ses inspecteurs, et de Sylvaine, sa maîtresse, il organise la parade.

Il possède des documents qu'il a consciencieusement accumulés au cours de ses enquêtes et de ses passages dans les différents services de police. Mais il lui faut aussi de l'argent. Aussi il propose à Alget d'effectuer un hold-up dans un centre de tri postal et de partager l'argent, et lui suggère également de supprimer quelques indicateurs dont Donnet le garagiste. Ce qui ne l'empêche pas de se consacrer avec bonheur à son métier de flic et d'arrêter des truands en cavale, même si un petit juge lui mène la vie dure.

Les gêneurs ou indicateurs éliminés, Alget recrute pour la deuxième phase, le braquage, Venturi, un malfrat qui ignore que son nouvel employeur est à l'origine du décès de son frère. Vergeat assure ses arrières en s'attaquant aux édiles, ou tout du moins en leur faisant comprendre qu'il possède un moyen de pression à leur encontre. Ainsi il demande à Lardatte, l'adjoint au maire, de lui prêter le cas échéant un avion en échange de quelques papiers compromettants. Il contacte également un syndicaliste CGT et lui fait comprendre qu'il a tout à gagner et rien à perdre à faciliter la tentative de hold-up. Grâce à l'amabilité d'un flic vénézuélien qui lui doit la vie, il est en possession de faux passeports.

Un petit juge l'inculpe et l'incarcère, et Alget en profite pour proposer à Venturi sa part.

 

Vergeat se vengeait de tous ceux qui abîmaient l'image qu'il se faisait jadis de la société. Le complexe du bon shérif (page 195). Vergeat est un flic qui devient pourri par réaction devant les événements et parce que l'on tente de lui faire porter le chapeau. Ecœuré tout autant par les hommes qui se disent honnêtes et que par ceux qui renient leurs convictions, il s'érige en redresseur de tort. "Les voyous sont partout même dans l'Etat."(Page 204). Raf Vallet se révèle prodigue en axiomes de cet acabit et parfois l'on arrive à se demander si le roman n'est pas prétexte à citations quoique sous l'humour on sent la colère sourde d'un homme exaspéré par les turpitudes des hommes politiques. Si un policier décide de semer la pagaille dans une ville, personne n'est mieux armé que lui (page 230).

Dans le genre Je t'aime moi non plus, Raf Vallet propose des romans aux relents anarchistes. Concurrent dans le style néo-polar institué par Manchette et ADG, il prend pour héros un flic et s'amuse à jeter le trouble sur les représentants de cette corporation. Tout en lui donnant les traits d'un vengeur masqué il le dépeint comme un magouilleur maître chanteur.

Il y a maintenant deux sortes de policiers : ceux qui font de la politique et ceux qui n'en font pas.

Raf VALLET : Adieu poulet.

Curiosités :

Ce roman inaugurait la nouvelle collection Super Noire, petite sœur de la Série Noire, et a obtenu le Prix Mystère de la Critique 1975. Il a été porté à l'écran en 1975 par Pierre Granier-Deferre, avec dans les rôles principaux : Lino Ventura, Patrick Dewaere, Victor Lanoux, Julien Guiomar, Françoise Brion...

A noter que Vergeat est également un agent des RG dans la série du Poulpe.

Raf VALLET : Adieu poulet.

Raf VALLET : Adieu poulet. Super Noire N°1 - Parution juillet 1974. 256 pages. Réédition Carré Noir N°219. Février 1976.

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 15:27

Bon anniversaire à Achille F. Ngoye né le 12 avril 1944.

Achille F. NGOYE : Yaba Terminus.

Yaba Terminus, c’est le nom de la longue nouvelle qui donne son titre à ce recueil de nouvelles. C’est aussi un hôtel minable situé dans un quartier déshérité de Lagos, l’ancienne capitale du Nigéria.

Dans cette “ résidence ” pour réfugiés, pour immigrants congolais. Midy pensait pouvoir, avec l’argent récupéré sur le dos de sa parentèle, un lopin de terre vendu pour quelques dollars, partir en Europe, comme bon nombre de ses voisins.

Mais c’est sans compter sur les mauvaises surprises, meurtres, mensonges, trafics et désirs en tous genres.

Au sommaire 10 nouvelles toutes plus noires les unes que les autres, écrites avec un humour féroce, caustique, par un auteur qui pose aussi bien son décor sans complaisance pour décrire les misères subies par ses compatriotes, ou les Africains en général, que ce soit en Afrique ou en banlieue parisienne.

D’Achille F. Ngoye, on connaissait déjà Agence Black Bafoussa et Sorcellerie à bout portant, parus à la Série Noire. Il démontre ici dans ses nouvelles sa force d’écriture dans la peinture sociale d’une époque charnière, qui n’est plus le colonialisme tout en l’étant encore sous une autre forme.

Achille F. NGOYE : Yaba Terminus. Collection Serpent Noir N°9. Editions Serpent à Plumes. Parution 1999. 182 pages.

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 15:18

Bon anniversaire à Achille Ngoye né le 12 avril 1944.

Achille F. NGOYE : un portrait-entretien.

Achille Ngoye est né le 12 avril 1944 au Zaïre, dans une cité minière du Haut-Katanga, près de Likasi, d’une famille nombreuse et catholique fervente.

Après des études chez les Bénédictins et les Jésuites, Achille Ngoye se lance dans le journalisme travaillant à l’hebdomadaire Afrique Chrétienne, de 1966 à 1969 et crée parallèlement une revue de bandes dessinées “ Jeunes pour Jeunes (1968) et “ Likembé ” revue musicale.

Il devient chroniqueur, domaine musical, de “ Salongo ” de 1972 à 1982, année où il part pour Paris où il est pigiste et travaille régulièrement pour le magazine “ Actuel ”, le mensuel “ Afrique-Elite ”, assure des pages culturelles à Libération, participe à l’émission Découvertes de Radio-France Internationale. Il est également assistant au mensuel Latitudes ou encore rédacteur au département audiovisuel du service d’information et de diffusion du Premier Ministre (Janvier 1986 à Janvier 1991). Il participe à la rédaction du guide Afrique à Paris (éditions Rochevignes – 1984) à l’almanach Banlieue du mensuel Actuel en 1985, à la réalisation du film Black Mic Mac de Thomas Gilou toujours en 1985, à la rédaction de deux éditions du guide Sans Visa (1991 et 1995) des musiques vivantes de l’espace francophone (Ass. Zone franche), à l’officiel 93 (ex Officiel du Rock, Centre d’information du rock et des variétés, 1992), enfin à La voiture est dans la pirogue, nouvelles d’un collectif d’auteurs pour la revue Encres Vagabondes (2000).

 

Sa bibliographie se compose notamment de Kin-la-Joie Kin-la-Folie aux éditions de L’Harmattan (collection Encres Noires - 1993), de deux Séries Noires : Agence Black Bafoussa (1996) et Sorcellerie à bout portant (1998) et de Yaba Terminus aux éditions du Serpent à Plumes (1999). Sont en préparation Ballet noir à Château Rouge (Série Noire) et Treich Abobo, un recueil de nouvelles pour Le Serpent à Plumes dans la collection Serpent Noir.

Mais cette présentation ne serait pas complète sans les réponses aux quelques questions désordonnées posées par un amateur en fringale.

 

Pourquoi écrire des romans noirs ?

Primo : dans la littérature africaine, c’est un créneau inexploité, d’où son irruption – calculée – dans ce domaine. Deusio : c’est un genre plus ou moins léger. Par le coût abordable de sa production, il permet d’atteindre un public assez large et de passer des messages, sans pour autant mettre des gants comme dans le roman classique. Tertio : la vie n’est pas aussi rose qu’on a tendance à la présenter. (notes du scripteur impertinent : Ah bon, parce qu’il faut calculer maintenant les irruptions et se demander si elles sont cutanées ou pas ? Et pas d’accord sur le coût abordable puisque la plupart des maisons d’éditions préfèrent se lancer dans le grand format en abandonnant progressivement le format style poche moins cher pour l’acheteur, mais moins rentable apparemment pour les éditeurs. Quid du lecteur ?)

 

Quelle est la littérature qui se rapproche de votre sensibilité ?

Le roman historique et le roman policier (Note du scripteur toujours aussi impertinent : ouf, on a eu chaud. Et si le policier n’était pas sa littérature de prédilection, que ferait l’auteur de rompols ?)

 

Ecrivez-vous par désir de montrer une autre facette de l’Afrique que celle décrite par les médias ?

Oui. Cfr première question à tertio. (Note du rédacteur : cela ressemble furieusement à un questionnaire en boucle genre jeu de passer par la case départ sans toucher les vingt mile $)

 

Où puisez-vous vos histoires ?

Je ne me casse pas la tête à imaginer des trames complexes. Mes histoires sont vécues, puisées autour de moi ou dans ma communauté. (Note du scripteur désabusé : A question passe-partout, réponse passe-partout. Bien fait pour le scripteur ).

 

Ecrivant en France, voyez vous l’Afrique avec le cœur, les entrailles, en avez vous une image fidèle et non idéalisée ?

Je ne suis pas un rêveur. Ni un poète. L’Afrique, je la prend telle qu’elle est, avec ses tares et ses problèmes, et les traite crûment, sans états d’âme, laissant au lecteur le soin d’apprécier. Mon regard sur l’Afrique n’a pas changé parce que je suis en France. Au contraire, la distance (le recul) me permet d’être encore plus lucide, d’autant que je ne vis pas les pressions (surtout morales) ni ne me laisse attendrir par la susceptibilité des miens. Comme Woody Allen avec les Juifs, je crois qu’une bonne critique se fait à l’intérieur même de la communauté. (Note du scripteur rassuré : il fallait poser la bonne question pour que l’auteur s’épanche. La suite sera-t-elle aussi intéressante ?)

 

Pensez-vous qu’un écrivain, lorsqu’il met le doigt où ça démange, peut changer l’ordre des choses ?

Changer, non, mais influer. Sur la perception et les réactions futures du lecteur. Mes écrits sont ethnologiques. Je décris la face cachée, ou plutôt non connue, des miens afin de permettre aux gens de l’extérieur de mieux les connaître. (Note du scripteur de plus en plus intéressé : justement le roman noir moderne a été inventé pour extérioriser ce que chacun, les hommes politiques en général mais aussi les petites gens, ressentent en face d’une inconnue qui lorsqu’elle apparaît au grand jour s’appelle racisme, ségrégationnisme, corruption, prévarication, et autres joyeusetés.)

 

Ecrivez-vous pour vous faire plaisir ou êtes-vous un témoin de votre époque ?

Les deux. Même si, pour "bien écrire, je peine au point de me demander pourquoi je me fais souffrir". (Note du scripteur qui devrait aller voir son dentiste : c’est comme lorsque le trou dans la molaire ressemble de plus en plus à un garde-manger qu’on l’explore, quitte à rester sur sa faim).

 

Jetez-vous un regard dénué d’à priori sur ce qui se passe dans les banlieues ou en Afrique ?

J’habite la grande banlieue et suis d’origine africaine, donc… L’objectivité veut que l’on soit honnête avec soi-même quand on doit rendre compte. Les a priori faussent les regards, par conséquent, la prise de vue. (Note du… : Aurais-je dû poser ce genre de question ?)

 

Quelles sont vos passions ?

Je fais plein de choses, mais n’ai pas de passions particulières. Peut-être ce que je fais en ce moment. Ecrire. Mais est-ce une passion quand on écrit depuis longtemps ? (Ultime note : écrire en ce moment ? Est-ce à dire répondre à mes questions plus ou moins tirées par les cheveux, ou ciseler la mouture du dernier roman ? Peut-être aussi que la passion s’émousse avec le temps !).

 

Le scripteur caustique s’excuse auprès de Achille Ngoye et pour se faire pardonner vous propose de vous replonger dans Yaba Terminus, Collection Serpent Noir N°9, éditions Serpent à Plumes.

Entretien réalisé en 1999.

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 11:11
Cleve Franklin ADAMS : L'arme à gauche

et Larme à l'œil ?

Cleve Franklin ADAMS : L'arme à gauche

La débauche, le vice règnent sur la ville. William Rock, à qui Mac Leod le district attorney accorde une confiance sans borne, est chargé par celui-ci d'effectuer une épuration.

Pat Corrigan, journaliste et beau-frère de William, et O'Melveny, directeur du Journal, ne sont pas étrangers à cette incitation à l'épuration.

Rock obtient par papier interposé un rendez-vous avec Laura, l'une des danseuses du Frolic's, boîte de strip-tease et de variétés minables. Hélas Rock arrive trop tard, Laura a été assassinée et il est arrêté par des policiers indisposés envers son patron.

Bill Rock, qui ne veut rien devoir à son patron Mac Leod, s'évade tout en continuant son enquête. Une cavale pour la bonne cause, mais tout s'effrite sous ses pieds. Le meurtre de Mullins, le patron du Frolic's, lui est imputé.

Karen, la secrétaire de Mac Leod, dont la naissance est entourée de mystère, Gerry, sa propre sœur, Pat Corrigan sont tout à tour impliqués dans cette enquête. Comme amis ou ennemis ? Comme partenaires ou adversaires ?

Les imbrications entre le vice et la vertu sont nombreuses, souvent en surface, mais Rock est un impulsif qui réfléchit après avoir agi. Une façon de procéder qui lui vaut non seulement des inimitiés mais également de nombreuses occasions de se fourvoyer, mettant les innocents et les coupables dans le même panier.

 

L'arme à gauche est un roman sans prétention. Il met en avant le problème souvent évoqué de la guerre sourde des polices : entre la Criminelle, les Mœurs, et le district attorney, c'est un peu à qui tirera à soi les couvertures.

Cependant le personnage de Rock est attachant. Il fonce dans le brouillard, il effectue des déductions hâtives, mais il reste fidèle à sa ligne de conduite, à son idéal :l'honnêteté. Des plus les scènes décrites par Cleve F. Adams sont très visuelles, très cinématographiques, bourrées d'humour.

 


... une jambe sans bas, c'est comme du champagne éventé.

Curiosité :

Dernier roman de Cleve F. Adams paru dans la Série Noire, L'arme à gauche a été édité aux Etats-Unis sous le nom de Franklin CHARLES, un pseudonyme sous lequel se cachaient Cleve F. Adams et Robert Leslie Bellen.

Ce roman n'a aucun lien avec le film éponyme de Claude Sautet sorti en 1965, avec Lino Ventura, et qui est l'adaptation d'un roman de Charles Williams.

 

Cleve Franklin ADAMS : L'arme à gauche (The vice czar murder - 1941. Traduction de J. G. Marquet). Sérine Noire N°154. Parution mars 1953. 254 pages.

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 09:48
Mark SADLER : Je te plumerai...

Alouette, gentille alouette...

Mark SADLER : Je te plumerai...

Joanna Cardle, la fille du trésorier de l'équipe municipale de Derry City (New-Jersey) fait appel à Paul Shaw afin de réhabiliter son père accusé cinq ans auparavant de prévarication.

Le soir de l'arrivée de Shaw, la jeune fille ne se présente pas au rendez-vous convenu, et le détective découvre le cadavre de David Tromp, fils de l'ancien maire et fiancé de Joanna. Tout accuse Joanna d'être la meurtrière. La nouvelle équipe municipale, composée de Byron Cole, homme de paille de Victor Gasset, gros entrepreneur de la région et propriétaire de nombreux night-clubs, et d'Alex Kirov, ne semble guère plus honnête.

Le Professeur Hallberg, désigné comme procureur, a l'intention de se présenter aux prochaines élections afin de faire le ménage, s'érigeant comme un candidat providentiel et probe. Sa secrétaire, Sheila, la fille de Thomas Burke qui faisait partie de l'ancienne municipalité et avait dénoncé ses amis sous la torture, désire que la mort de David Tromp, qui lui faisait la cour, soit élucidée ainsi que le meurtre de son frère survenu lors de l'éclatement de l'affaire de corruption.

Joanna possède un document accablant Cole, mais le document s'avère être un faux. Alex Kirov s'est marié avec la veuve de l'ex-maire et ne pense qu'à se propulser au premier rang. Shaw est enlevé par Minger et Dimitri frère d'Alex, des anciens du Vietnam, mais les deux hommes ne font aucun mal au détective. Engagé pour défendre la mémoire d'un édile, Shaw se retrouve avec deux meurtres sur les bras et il se sent manipulé dans imbroglio politique et familial.

Tout ce petit monde ne pense qu'à trahir afin de prendre les rênes du .pouvoir. Alex mène sa barque contre Cole et Gasset, aidé en cela par Casey Meade, homme de main et confident de l'entrepreneur. Hallberg est soumis à un chantage et Sarkel , un petit truand propose ses services à Shaw en échange de sa protection. Il a caché chez la mère des Kirov un film amateur montrant le procureur au cours d'ébats amoureux. Le film aurait été tourné à l'insu de celui-ci à moins qu'il ne fut contraint d'y participer en compagnie de sa femme, elle-même maîtresse d'Alex.

La mère des Kirov et Sarkel sont abattus en sortant de l'immeuble et Shaw ne doit la vie sauve qu'à sa présence d'esprit.

 

L'intrigue trop complexe, trop alambiquée de ce roman lui ôte l'essence même de son propos et le lecteur perdu au milieu de ce dédale de trahisons politiques ou sentimentales a du mal à suivre le déroulement des évènements.

A se demander si Sadler ne s'est pas mélangé un temps les stylos, se rétablissant sur une pirouette. A tel point que Joanna Cardle n'est plus si catégorique dans ses dénégations concernant le meurtre de son fiancé.

L'idée de départ était bonne mais à trop vouloir jouer la complexité, Sadler s'embrouille et l'épilogue n'est peut-être pas celui auquel il pensait lors de l'élaboration de son roman. Toutefois quelques personnages attachants apparaissent au cours de ce roman pour disparaître peu après. Ainsi Sadie Kirov avec laquelle Shaw aura une aventure éphémère. Quant à Maureen, elle aide un fois de plus son mari de détective, malgré sa répugnance et ses occupations cinématographiques.

 

Au Vietnam, j'ai appris qu'il n'y a pas une seule guerre, il y a plusieurs guerres particulières. Chacun a la sienne. Pour survivre, il faut mener sa propre guerre.

 

Curiosité :

Mark Sadler est l'un des pseudonymes de Dennis Lynd qui signa également Michael Collins, William Arden, John Crow ou encore Maxwell Grant. Ainsi que des ouvrages sous le nom maison de Nick Carter et des romans destinés pour les adolescents publiés en Bibliothèque Verte sous le nom générique d'Alfred Hitchock.

Mark SADLER : Je te plumerai... (Mirror image - 1972. Traduction de Philippe Marnhac). Série Noire N°1592. Parution juin 1973. 256 pages.

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 16:15

Bon anniversaire à Lalie Walker née le 10 avril 1964.

Lalie WALKER : Pour toutes les fois.

Il pourrait s’agir d’une banale histoire de tueur en série mais le propos va plus loin, avec la décortication d’une famille bourgeoise provinciale et des autres personnages gravitant autour d’une dynastie en déliquescence.

Laure est psychologue travaillant sur les rêves. Elle a effectué des études aux Etats-Unis et est revenue à Caen avec dans ses bagages une machine expérimentale. Tous les vendredis soirs elle dîne en compagnie de ses parents et de ses deux frères et sœurs. Une réunion qui invariablement est ponctuée de propos aigre-doux avec ses parents. Quant aux jumeaux, ils sont en proie à des comportements psychotiques. Seul trouve grâce à ses yeux son oncle Michel, lequel est découvert assassiné.

Jeanne est inspecteur de police, assistée de quelques éléments qui, tout comme elle, recèlent des cadavres dans leurs placards intimes. Pendant ce temps un tueur en série, obsédé par des femmes aux yeux verts et des voix dans sa tête qui lui ordonnent de tuer, perpètre des meurtres sur de parfaites inconnues dans leur appartement. Il a toutefois une manie, celle de laisser les endroits propres derrière lui, ce qui constitue une énigme aux yeux des policiers.

 

Un roman envoûtant, proche d’un univers de science fiction, dont l’intérêt réside plus dans la description des personnages et surtout de leurs comportements, de leur passé, de leurs antécédents, que dans la résolution des énigmes (le meurtre de l’oncle Michel et l’identité du tueur en série), énigmes qui ne sont que des faire-valoir, de qualité certes, d’une introspection dans la classe bourgeoise d’une grosse ville de province tiraillée entre urbanisme moderne et ruralité profonde.

Avec en point de crête des participants incongrus mais qui ont leur place dans la mise en scène tels que les Jinx, groupe nocturne de rollers, ou des Rédempteurs qui sillonnent la France et dont le mot d’ordre est “ Mort aux exploiteurs ”. Tout un programme.

 

Lalie WALKER : Pour toutes les fois.

 

Lalie WALKER : Pour toutes les fois. Collection Hors Noir 28. Editions Hors Commerce. Parution octobre 2001.

Réédition Folio Policier. Parution avril 2005. 416 pages.

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 14:13

Anjou ? Feu... des projecteurs !

Serge JANOUIN-BENANTI : Petits meurtres en Anjou.

La douceur angevine n'est plus à vanter. Son Cabernet, sa douceur de vivre, ses sites touristiques... et ses petits meurtres qui ne sont pas pires que dans d'autres provinces françaises.

Serge Janouin-Benanti, un habitué de ces historiettes narrées avec vivacité continue sa plongées dans les affaires criminelles qui ont défrayé la chronique provinciale en leur temps. Mais Serge Janouin-Benanti ne se contente pas de relater ces affaires criminelles fort diverses en une narration journalistique impersonnelle, comme peuvent le faire des chroniqueurs judiciaires. Non, parfois il écrit à la première personne, le narrateur étant celui qui est incriminé, et le récit n'en prend que plus de force, le personnage se dévoilant mentalement et psychiquement.

 

Tel parait pauvre qui est fort riche.

A Pellouailles-les-vignes, les meurtres de Marie Lecomte et de son père Etienne n'ont eu pour les enquêteurs et les voisins, qu'un seul mobile : s'approprier l'argent qu'Etienne détenait et dont il se vantait. Leurs voisins proches sont soupçonnés mais leurs dénégations plaident relativement en leur faveur. Tant qu'un indice sérieux et probant n'est pas trouvé, ils sont innocents. Toutefois les gendarmes persévèrent dans leur enquête.

 

Touche pas à mes jouets.

Pierre Dubray, bientôt quadragénaire, a quasiment perdu toute sa famille. La plupart de ses frères et sœurs et surtout sa mère, deux ans auparavant. Son père est décédé aussi, il y a longtemps. A quinze ans il est entré comme apprenti chez un tisserand, et cela lui plaisait bien. Au début. A vingt ans, il a eu besoin de s'émanciper et de voir du pays. Alors il a quitté son Anjou natal et il est entré dans l'armée, rempilant plusieurs fois. Et puis l'âge venant il a ressenti le désir, le besoin de fonder un foyer et d'avoir des enfants. Louable décision, mais ce n'est peut-être pas la Poirier qui lui aurait fallu comme femme.

 

L'épouse idéale.

Marie-Louise, dix-huit printemps, est ravissante, elle le sait, et de plus comme elle est gourmande de la vie, elle possède un appétit sexuel difficile à rassasier. Son dernier amant en date, l'officiel pour ne pas dire le principal, est un quinquagénaire avancé fort bien pourvu, surtout côté portefeuille. Or afin de pouvoir disposer de Marie-Louise sans problème son amant lui propose d'épouser son fils, lui offrant une épicerie dans la corbeille de mariage. Pour Marie-Louise, le marché est honnête, mais le fiston n'est pas attiré par les femmes. Il préfère aller à la pêche avec ses amis.

 

Les disparus des levées de la Loire.

Depuis deux ans, cinq disparitions inquiétantes se produites et les gendarmes ne possèdent aucun indice tangible à se mettre sous la main. Les disparus, tous des hommes, avaient en commun de revenir d'un marché aux bestiaux, ayant vendu à bon prix des animaux, et s'étaient arrêtés à la taverne de Maître Gaultier, montrant inconsidérément leurs bourses garnies. Toutefois, le dernier en date était parti avec deux chevaux, qui eux n'étaient pas promis à la vente, et les équidés eux-aussi se sont fait la malle. Peut-être se sont-ils noyés dans la Loire toute proche.

 

La femme au miroir.

Anne est belle, très belle, sa mère n'arrêtait pas de le répéter. Depuis, sa mère est morte, et Anne est en prison. Tout ça parce que sa mère l'a toujours considérée comme une poupée, multipliant les exhibitions dans les concours. Nombre de mères inscrivant leurs gamines à des parodies de Miss devraient s'inquiéter de l'avenir de leur progéniture. Anne a toujours suivi les conseils de sa génitrice dont celui-ci : Un mari c'est pour l'argent, pour la bagatelle, si tu n'es pas contente, te prive pas, va voir ailleurs. Et Anne a suivi scrupuleusement cet avis, le soir même de ses noces.

 

Amour fou, fou.

L'amour vous prend par le cœur à n'importe quel âge. Par exemple entre Joseph, dix-sept ans, et Félicité, soixante-quinze as. Il est vrai que Félicité est resté une accorte femme, douce et pimpante, gardant des enfants afin de s'occuper. Seulement Félicité qui a été mariée pendant plus de cinquante ans et heureuse en ménage, ne fait pas attention aux yeux de merlin frit de Joseph, tandis que l'adolescent ne sait comment lui prouver son amour.

 

Mon talent.

Le narrateur vit depuis quelque temps sur l'île de Guernesey, et il s'ennuie, car il ne peut exercer ce pour quoi il a été condamné. Il n'a rien fait de mal, sauf gruger des paysans en sillonnant l'Anjou. C'est un escroc, d'accord, mais si j'étais banquier, je ferai pire et on trouverai ça normal.

 

Complot à l'Ecole royale de cavalerie de Saumur.

En ce mois de juin 1831, quelques sous-officiers et officiers de la prestigieuse école militaire se réunissent afin de débattre de l'action à venir. Ils sont farouchement royalistes et n'acceptent pas Louis-Philippe, fils du bâtard Philippe-Egalité, et ils redoutent une nouvelle République. Ils prônent l'insurrection en s'alliant aux Vendéens  et à la Duchesse de Berry, complotant afin de mettre sur le trône les roi Henri V. La garnison est commandée par le Baron de Morell que l'on retrouve dans l'histoire suivante.

 

Méfiez-vous des jeunes filles.

Marie a seize ans, mais déjà des visées amoureuses. Elle est laide, tandis que sa mère est belle et accapare tous les regards. Marie est la fille du baron de Morell, dont nous avons fait furtivement la connaissance dans l'épisode précédent, et Madame de Morell organise souvent des soirées, au cours desquelles se pressent officiers de l'Ecole de cavalerie de Saumur. Elle s'installe au piano et chante pour la plus grande joie des oreilles de ses invités. Lors d'une de ces soirées dansantes, Marie remarque un fort bel homme, Emile de la Roncière, fils du comte du même nom mais panier percé. Elle en tombe amoureuse mais l'officier ne daigne pas s'intéresser à elle. C'en est trop pour une jeune fille qui a tout à apprendre de la vie et de ses mystères.

 

Enfin, La souveraineté du peuple nous entraîne dans un domaine politique.  Avocat à la renommée naissante, Alexandre Ledru-Rollin est un Républicain socialiste convaincu fortement opposé à Louis-Philippe. Sa première tentative de devenir député a avorté mais deux ans plus tard, sur la demande du maire du Mans, il se porte candidat afin de succéder au député local qui vient de décéder. Sa déclaration en public, véritable profession de foi en faveur des intellectuels, artisans, commerçants et ouvriers, dénonçant les misères qui assaillent les classes pauvres. Evidemment ce discours n'a pas l'heur de plaire au gouvernement.

 

Toutes ces historiettes, ancrées dans le XIXe siècle, sont réellement puisées dans les faits-divers de l'époque, et l'on s'aperçoit que les motivations des meurtriers ou simplement des criminels considérés comme tels à tort ou à raison, sont de toutes les époques, éternelles. De nos jours, les mêmes faits se produisent, dans des conditions différentes, mais les desseins sont les mêmes. De mêmes que leur origine, la jalousie financière ou amoureuse, l'arrogance, l'envie de trouver l'âme sœur à des fins bassement matérielles. Et en politique, il en va de même.

On ne refait pas l'histoire, elle se refait toute seule.

Des histoires simples narrées avec vivacité, légèreté, représentatives d'une province à la douceur légendaire mais qui cache en sein quelques noirceurs révélatrices de l'âme humaine.

Serge JANOUIN-BENANTI : Petits meurtres en Anjou. Collection affaires criminelle. Geste éditions. Parution le 200 pages.16,00€.

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 10:56
David CRAIG : Alerte à la fraîche

C'est la rosée qui rend les bergères jolies...

David CRAIG : Alerte à la fraîche

Brian Grey, onze ans, est enlevé alors qu'il pratiquait de l'équitation au Pays de Galles. Les policiers locaux passent la main à Scotland Yard et Hugh Boscath, ancien international de rugby, se voit confier l'enquête. Prenant exemple sur la France et les Etats-Unis, il conseille aux parents de payer la rançon en faux billets.

Personne ne se présente au rendez-vous. Un jeune inspecteur aperçoit Norris, un ancien repris de justice, dans la foule. Une deuxième tentative de paiement est effectuée et tout se passe pour le mieux. La mer rejette deux jours plus tard le cadavre de Brian et Boscath décide d'arrêter Norris. Celui-ci avoue avoir organisé le kidnapping, mais il affirme avoir quitté ses complices, Allen et Bennett, avant le paiement de la rançon et donc d'être innocent en ce qui concerne le meurtre.

Gail, la petite amie de Norris, dont il est séparé depuis quelques mois, avertit Boscath que Ian, leur petit garçon, vient lui aussi d'être enlevé. Julian Fortune, ex international de rugby comme Boscath avec qui il eut maille à partir au cours de certains matchs, s'intéresse à l'affaire en tant que journaliste à la télévision. Grâce aux confidences de Norris auprès de Gail, le policier et la jeune femme localisent l'endroit où se cache Bennett, mais le ravisseur parvient à leur fausser compagnie. Pas pour longtemps. Bientôt il est arrêté mais Allen court toujours avec le gosse.

De son côté Julian Fortune ne chôme pas. Il vérifie des tuyaux délaissés par les policiers et retrouve Allen. Tout ce que le ravisseur du petit Ian désire, c'est récupérer la rançon du premier enlèvement, rançon que selon lui Norris aurait gardée ou confiée à Gail. Norris enchaîne Fortune à une table et s'enfuit à nouveau avec le garçonnet dans la voiture du journaliste. Libéré Fortune s'allie à Boscath et ensemble, avec Gail et Norris sorti de prison pour l'occasion, ils tiennent un conseil de guerre, attendant des nouvelles d'Allen. Celles-ci ne se font pas attendre.

Profitant de la cohue, policiers et techniciens de télévision encombrant l'appartement où se tient le PC de Boscath, Norris s'échappe. Allen est bientôt pris en tenaille par les forces de l'ordre près de Liverpool. Malgré le meurtre d'un gardien de la paix, il est cerné dans une cabane. Il blesse mortellement Fortune mais est lui-même abattu. Il s'était débarrassé de Ian au cours de sa cavale, le gamin étant trop facilement identifiable.

 

Ce roman, dont l'originalité tient dans le fait qu'il est divisé en trois parties dont les narrateurs sont successivement Boscath, Fortune et Allen, manque de rythme, par trop délayé dans des dialogues parfois longuets. Si ses deux complices ne pensaient qu'à l'argent, Norris lui croyait retrouver l'amour de sa belle en faisant un coup d'éclat. Gail s'érige comme la pièce maîtresse au cœur de ce drame. Avant d'avoir eu un enfant de Norris, elle avait couché avec Allen pendant quelques semaines, et lorsque Ian est pris en otage, elle se retourne vers Fortune et surtout vers Boscath à qui elle prodigue ses faveurs. Elle ne pense qu'à revoir son enfant sain et sauf, tandis que Boscath veut résoudre cette affaire en conjuguant tous les éléments: ravisseur, otage et rançon.

Le paysan était un témoin remarquable, du genre qu'un policier aspire toujours à rencontrer: ni intelligent, ni cultivé, ayant même du mal à s'exprimer, mais doté d'une bonne vue, capable de se rappeler clairement ses impressions sans les modifier en fonction de ce qu'on souhaitait lui entendre dire.

Curiosité:

Malgré l'action qui se déroule au Pays de Galles, à Londres et dans les environs de Liverpool, la construction de ce roman fait penser à un huis-clos. Quant au titre français, il possède une double signification. La fraîche étant l'argent, mais étant aussi l'heure située entre la nuit et le petit matin, moment qui ponctue le dénouement.

 

David CRAIG : Alerte à la fraîche (Double take - 1972. Traduction de Janine Hérisson). Série Noire N°1577. Parution avril 1973. 192 pages.

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 08:26

Hommage à Jacques Futrelle né le 9 avril 1875.

Jacques FUTRELLE : Treize enquêtes de la Machine à penser

Célèbre Outre-Atlantique, La Machine à penser, alias du professeur S.F.X. Van Dusen, est injustement méconnu en France malgré de timides tentatives de traduction dans des magazines aujourd'hui disparus et des publication dans des recueils ou des anthologies.

En effet, malgré un nom bien français, Jacques Futrelle était américain et n'était-ce sa disparition prématurée lors du naufrage du Titanic, dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, nul doute que cet auteur en qui l'Amérique portait des espoirs bien légitimes, nul doute que Jacques Futrelle se fut imposé comme un auteur de tout premier plan.

Des histoires qui pour certaines paraissent légèrement désuètes de nos jours, mais qui il y a un peu plus de cent ans s'avéraient novatrices, abordant aussi bien les thèmes de la science-fiction que du fantastique, et incorporant ces deux genres en plein balbutiement dans un contexte policier.

Treize histoires dont le propos est plus dans la manière de résoudre les énigmes par le professeur Van Dusen que dans la narration, support de l'enquête elle-même. Scientifique, le professeur l'est, mais ne ressemble en rien aux différents savants qui parcourent la littérature populaire. Il est le contraire d'un distrait. Il use et abuse, pour son époque, des inventions récentes mises à sa disposition. Par exemple le téléphone qui lui permet de vérifier immédiatement ses hypothèses. Rien n'est laissé au hasard.

Pour l'aider dans ses enquêtes, ou lui soumettre des énigmes, pas forcément criminelles, il possède son docteur Watson, Hutchinson Hatch. Celui-ci, de par son métier, est toujours sur la brèche et peut à loisir enquêter, farfouiller, déambuler, se révélant le prototype de plusieurs générations d'enquêteurs, de détectives occasionnels, puisqu'il exerce la noble profession de journaliste.

Cette anthologie, établie avec soin et discernement par Roland Lacourbe, permet de découvrir un personnage fascinant, hors du commun, La Machine à penser, mais apparemment ce personnage n'arrive pas s'imposer en France et n'a pas obtenu dans le domaine de la littérature de détection la place qu'il mérite et qui lui revient de droit, aux côtés de Sherlock Holmes et confrères.

 

 

Jacques FUTRELLE : Treize enquêtes de la Machine à penser

Jacques FUTRELLE : Treize enquêtes de la Machine à penser (Treize nouvelles extraites des recueils : The Thinking Machine (1907) et The Thinking Machine on the Case (1908). Traduction de Carole Gratias et Danièle Grivel). Bibliothèque de l'Insolite. Editions Le Terrain Vague/Losfeld. Parution mai 1989. 332 pages.

 

Réédition Rivages Mystère. Editions Rivages. Parution septembre 1998. 396 pages.

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 08:13
Gordon COTLER : Derrière la grille

Quel que soit le côté où l'on se place, on est toujours derrière la grille...

Gordon COTLER : Derrière la grille

Le professeur Hoag, spécialiste d'histoire ancienne et d'archéologie, est convié par Beshraavi, l'oncle d'Ehva, un de ses élèves, de décrypter un message.

Pour cela le riche personnage lui propose une somme supérieure à son salaire annuel. Hoag, dont la situation financière est au plus bas et que sa femme vient de quitter en emmenant leur petite fille, accepte. Mais Jane la nièce de Beshraavi le supplie de ne pas déchiffrer le message. Hoag s'enfuit, poursuivi par son commanditaire et ses sbires.

Il se réfugie dans un appartement dans lequel est donnée une représentation théâtrale dont le but est de trouver des fonds. Talonné par son employeur occasionnel il offre l'argent que lui a remis Beshraavi aux promoteurs de la pièce de théâtre et se laisse entrainer par une veuve en mal de compagnie dans un club de jazz.

Un inconnu qu'il a déjà aperçu près de chez lui s'ingénie à le faire photographier tandis qu'un autre le traque et parvient à l'aborder dans les couloirs du métro. L'homme, qui serait à l'origine du meurtre ou du suicide du frère de Beshraavi désire connaître le contenu du message et invite Hoag à ne plus se mêler de cette affaire. Pendant ce temps le capitaine Docherty, responsable de la sécurité, est sur les dents. Il est chargé d'assurer la sécurité du nouveau Premier Ministre d'un pays du Moyen Orient lors de sa venue à New-York. Coïncidence ou hasard, le frère de Beshraavi, compatriote du Premier ministre est décédé peu de jours auparavant et Docherty n'a pu établir s'il s'agissait d'un meurtre ou d'un suicide. De plus un secrétaire d'ambassade vient d'être arrêté à la frontière mexicaine porteur d'un faux passeport.

Jane rejoint Hoag dans son appartement, lui conseillant de décrypter le message, tâche dont s'acquittait le père de Jane avant sa mort. Si le professeur n'obtempère pas, sa femme et sa fille risquent d'en subir les conséquences. Hoag téléphone aussitôt à sa femme qui s'est réfugiée chez Leigh Griffith, un ami qu'ils ont connu lors d'un séjour au Moyen Orient. Puis il décide de contacter Mahzeer, l'ambassadeur qu'il connait fort bien pour lui avoir sauvé la vie lors de fouilles archéologiques à Khev-az-deni, et qui doit accompagner le premier ministre dans son périple. Il réussit à approcher Mahzeer grâce à la présence de Griffith, attaché du Département d'Etat, et aperçoit parmi les personnalités présentes l'inconnu du métro. Mahzeer lui accorde une entrevue au cours de laquelle Hoag lui avoue être en possession du cryptogramme. Considéré par l'ambassadeur comme un espion il se résout à procéder à un léger chantage. Il ne révèlera pas à la police que le meurtrier de Dayim Beshraavi est un employé de l'ambassade à condition que Mahzeer lui fournisse une traduction plausible de la dépêche, par exemple que les Beshraavi étaient soupçonnés de trahison. Mais Beshraavi n'est plus intéressé par la traduction et Hoag apprend par le producteur de la pièce de théâtre que sa vedette féminine a découvert dans le véhicule de Beshraavi un fusil muni d'une lunette de visée. Tandis qu'Ehva fouillant le bureau de son père trouve la clé du cryptogramme et déchiffre le message dont la teneur n'a aucun rapport avec celle de Hoag, le professeur fait part à Mehzeer de ses soupçons concernant le chauffeur de Beshraavi. L'ambassadeur lui indique soi-disant la chambre de l'ambassadeur mais Hoag est assommé en entrant dans la pièce.

 

Ce ne pourrait être qu'un de ces nombreux romans mettant en scène un personnage insignifiant lancé malgré lui dans une série d'aventures mouvementées et pourtant on est entraîné malgré soi à la suite des avatars de ce professeur, héros malgré lui, car, après tout, on n'est pas à l'abri de ce genre de péripéties. Gordon Cotler introduit un mélange d'espionnage et d'humour dans cette intrigue banale dans le fond et la forme, mais plaisante à lire. Les Etats-Unis y sont montrés comme le grand frère de tous les pays, les aidant financièrement, à condition que ceux-ci montrent leur bonne volonté en ayant un gouvernement démocratique.

Quand les ennuis seront là, monsieur, il sera trop tard pour me dire ce que vous savez. Et quand la balle qui vous visera aura été tirée, aucun de mes hommes ne pourra plus rien pour vous.

Curiosité :

Ce roman a été précédemment édité dans la collection Panique, chez Gallimard, en 1963, sous le numéro 15. Il était signé du pseudonyme d'Alex Gordon.

 

Gordon COTLER : Derrière la grille. (The chipper - 1961. Traduction de Irène Dally). Série Noire N°1576. Parution avril 1973. 192 pages.

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