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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 09:03
Julius A. LION : Poulets et perroquets.

Oiseaux de compagnie ?

Julius A. LION : Poulets et perroquets.

Un retraité est retrouvé mort dans son pavillon, troué de deux balles et la figure amochée au coup de poing américain.

Tout est chamboulé et parmi ce foutoir un perroquet crie Le fascisme ne passera pas !

Le commissaire Boule, qui couche avec Antonine Lorenzetti, la fille de son supérieur hiérarchique, est chargé de l'enquête, le crime s'étant déroulé près de chez lui. L'hypothèse retenue est que le meurtre a été perpétré, le vieil homme refusant de vendre sa maison à une société immobilière, la SIPO. Antonine est agressée par quatre loubards. Boule réussit à en interpeller trois, Saari, Diop et Hébrard, le quatrième, Taxi, lui échappant. Ils seraient à la solde de Simon le Danseur, un dealer.

Mme Pombarède, la femme du directeur de la SIPO a assisté de loin à la tentative d'enlèvement. Il se peut qu'il y ait eu confusion entre Antonine et cette dame. Boule alpague Charlie Main de Fer, qui est à la recherche de Taxi, et Simon le Danseur, lesquels sont relâchés peu après. Il apprend par la femme de ménage du retraité que le perroquet ne devrait pas être vivant mais empaillé. Quant à son indic, qui l'avait mis sur la piste de Charlie, il est revendeur pour le compte de Simon. Une guerre des gangs se profile à l'horizon, les tueurs venant de pays méditerranéens.

Boule rencontre l'oiseleur-taxidermiste, qui a empaillé le perroquet et en aurait offert un vivant au cheminot peu avant son décès, ainsi que Pombarède, habitué de la volière. Il dirige également son enquête du côté d'une secte, les Kshatriyas dans laquelle il infiltre un exhibitionniste arrêté par Justine, une de ses fliquettes. Boule échappe successivement à des attentats orchestrés par Simon : charge de dynamite, tueur turc lancé à ses trousses. Boule s'en sort à chaque fois.

Il fait analyser par une amie pharmacienne les sachets de poudre prélevés au hasard de ses recherches; ils ne contiennent que des analgésiques bénins, provenant des laboratoires de Margotte, l'oiseleur qui est aussi fabriquant de médicaments. Taxi est retrouvé mort, poignardé. Alors qu'il se prépare pour un bal masqué, Boule reçoit un appel anonyme l'informant que le temple des Kshatriyas va être attaqué. Il s'y rend en compagnie de ses fliquettes et met la main sur Simon. Boule, blessé ne lui laisse aucune chance en lui tirant dans le ventre. L'étau se resserre.

 

Difficile à résumer ce roman débridé, complexe, dans lequel prolifèrent personnages et intrigues qui s'entrecroisent. L'action est constante et les scènes défilent comme tirées par une mitrailleuse. L'humour est présent à chaque page, aussi bien dans les dialogues que dans la description des situations. Un humour souvent ravageur.

Boule se montre sympathique malgré certaines mesures expéditives, à la limite de la bavure, mais le tout est enrobé d'un ton bon enfant. C'est un jouisseur de la vie, fin gourmet et amateur de femmes.

 

J'allais vous dire merde, mais le respect m'a retenu.

Ce n'est pas que je parle lentement, c'est que vous écoutez trop vite.

Il commença à claudiquer en blasphémant comme un templier sur le bûcher à qui le bourreau demande si par hasard il n'aurait pas une allumette.

Curiosité :

Les chapitres sont précédés d'un titre, comme les bons vieux feuilletons populaires d'antan.

 

Julius A. LION : Poulets et perroquets. Série Noire N°2059. Parution juillet 1986. 256 pages. 6,05€ disponible sur le site de la Série Noire.

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 08:04
Stuart KAMINSKY : Le toutou du président

N'est pas forcément l'un des conseillers qui gravitent dans son entourage.

Stuart KAMINSKY : Le toutou du président

Transportons nous un peu plus de soixante-dix ans en arrière, en 1942 exactement, à Hollywood, et retrouvons notre ami Toby Peters, le détective privé, fauché et affligé d’un mal de dos persistant, sans compter les nombreuses séquelles de blessures recueillies au cours d’enquêtes et altercations dues à sa mauvaise humeur ou son sens de la répartie cinglante pas toujours appréciée de la part de ses interlocuteurs.

Toby Peters se trouve plongé une fois de plus dans une drôle d’enquête mais côtoyant toujours des personnages prestigieux, et l’on se demande comment il arrive à être encore plus fauché et miteux à la fin de son enquête qu’au début, malgré la présence et la participation de ces personnalités.

Cette fois Toby ne se trouve pas entraîné dans les milieux cinématographiques, sa spécialité, malgré deux apparitions savoureuses, tendres et rapides de Buster Keaton, mais se verra proposé par la première dame des Etats-Unis, madame Eleanor Roosevelt, femme de Franklin D. Roosevelt, le président des USA pas moins, l’affaire suivante :

Il doit retrouver Fala, le chien du Président, un petit scotch terrier noir. Du moins le vrai car Eleanor Roosevelt pense qu’il y a eu substitution, et le chien qui vit à côté de son mari n’a plus les mêmes réactions, disons affectueusement canines, auprès de celui-ci, engendrant mauvaise humeur et complications diplomatiques.

Après de multiples horions, plaies et bosses, Toby Peters déchiffrera la clé de l’énigme, ses pas le menant de chez un vétérinaire qui possède un assistant, musclé mais pas très futé, à une réunion d’un nouveau parti des conservateurs. Il est secondé par ses amis Sheldon Minck, le dentiste charlatan, Jeremy Butler, ancien pugiliste et poète, et Gunther traducteur suisse.

Un livre délicieusement rétro mais à la chute un peu fouillis. Je ne résiste pas au plaisir de vous dévoiler cette citation extraite de ce roman :

La ligne séparant la conviction de la folie est aussi fine que l’espace entre deux pensées. Le fou qui emporte notre foi est qualifié de saint, et le saint qui ne nous convainc pas est qualifié de fou.

Stuart KAMINSKY : Le toutou du président (The Fala Factor - 1984. Traduction de Simone Hilling). Série Noire 2015. Parution aout 1985. 320 pages. 6,05€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 08:10

Plus subtil que le piège à loups...

Jeffrey ASHFORD : Piège à flics

A peine sorti de prison, Frenchy Betts rêve d'organiser un gros coup qui le placerait en haut de l'échelle du banditisme.

Pour cela il lui faut disposer d'une équipe mais il ne possède pas le moindre sou vaillant. Il se résout à braquer de minables recettes postales, mais l'argent ne rentre pas assez vite à son goût. Il imagine alors de prendre dans ses filets l'agent de police Phil Grey. Celui-ci vient d'être détaché de la Brigade fluviale au profit du Quartier général de la police du comté de Stellingford, sous les ordres de Parker.

C'est un flic honnête, intelligent, scrupuleux, intransigeant, idéaliste, mais naïf. Respectueux du règlement, il n'accepte pas que l'administration lui retienne sur sa solde la perte de sa vareuse, alors qu'il n'a jamais commis une seule faute professionnelle. Cette affaire lui vaut même un entrefilet dans les journaux.

Betts lui jette entre les bras son amie Vivian. Stripteaseuse et prostituée à l'occasion, elle se fait passer pour une reporter et lui soutire quelques renseignements sur l'activité de la Brigade fluviale et s'intéresse à son cas. Grey, dont Hazel sa femme enceinte est dotée d'un caractère versatile et légèrement acariâtre se plaignant toujours du manque d'argent, essaye de résister aux charmes de la jeune femme. Peine perdue. Betts le photographie alors qu'il tient Vivian à demi-nue dans ses bras.

Utilisant le chantage, Betts oblige Grey à lui signaler les entreprises disposant d'un signal d'alarme. En même temps il prévient Parker, qui rêve de devenir inspecteur-chef, qu'un de ses agents est en collusion avec des truands. Grey se lance seul sur les traces de Betts, comprenant qu'il a commis une bévue mais peu désireux d'avouer la vérité à sa femme ou d'en référer à ses supérieurs.

Un homme qui se dit responsable d'une société de publicité offre à Hazel cent livres sterlings. Aubaine pour la parturiente qui dépense allègrement une partie de l'argent. Parker soupçonne Grey de corruption après le hold-up d'une entreprise et fouille la maison du brigadier. Cependant Hazel ignorant tout des arcanes de cette affaire mais sachant que l'avenir de son mari dépend d'elle, allègue que l'argent lui a été envoyé par sa mère. Assertion que la belle-mère de Grey entérine obligeamment.

Betts enfin en possession de deux mille livres peut s'associer avec Evans et ses hommes et projette de s'emparer de quelques colis contenant des diamants transportés par un cargo en provenance de Durban.

 

Un roman bon enfant qui se lit d'une traite, sans violence, avec une légère suggestion érotique et un zeste d'humour.

L'accent est mis, avec une pédale douce, sur les difficultés matérielles du jeune couple, surtout lorsque le mari travaille au service de la Couronne. Cependant l'intégrité reste l'apanage des policiers même si ceux-ci doivent détourner la loi pour arriver à leurs fins.

Une histoire que certains pourraient qualifier d'utopique. Les progrès de la science médicale ont fait tellement de progrès qu'un accouchement par césarienne ne permettrait peut-être pas de nos jours de localiser si rapidement une femme ayant subi ce genre d'intervention.

 

Une bonne instruction ne fait pas forcément un bon flic.

Jeffrey ASHFORD : Piège à flics

Jeffrey ASHFORD : Piège à flics (Bent Copper - 1971. Traduction de G. Louedec). Série Noire N°1474. Parution mars 1972. 192 pages. Réédition Carré Noir N°430. Parution mai 1982. 192 pages.

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 15:46

La qualité française s'exporte !

Pour preuve, le roman de Gilbert Gallerne, Au pays des ombres, Prix du quai des Orfèvres 2010, vient d'être édité en Espagne. Une reconnaissance et la possibilité de tester ses connaissances en langue hispanique pour les vacances.

 

Gilbert GALLERNE : Au pays des ombres.

Le prix du Quai des Orfèvres, c’est un peu comme le vin. Il existe des millésimes passables, moyens, bons, plus rarement très bons, ou exceptionnels. Cette année nous avons droit à un très bon cru, ce qui nous change des fadasseries habituelles. Depuis 1946, date à laquelle ce prix a été créé par Jacques Gatineau, certains auteurs ont été révélés par l’obtention de cette récompense, d’autres connaissaient déjà une certaine notoriété, la plupart sont tombés dans l’oubli. On peut relever au hasard des trois décennies passées les noms de Pierre Magnan, Maurice Périsset, Gérard Delteil ou encore Roger Le Taillanter. Cette année l’heureux lauréat se nomme Gilbert Gallerne, un écrivain confirmé qui possède quelques belles pages à son actif, dont, parmi ses dernières parutions, L’ombre de Claudia ou Le Patient 127. Il me faut préciser que l’article 1 stipule que : Le PRIX DU QUAI DES ORFÈVRES, créé par M. Jacques CATINEAU en 1946, est destiné à couronner chaque année un roman policier sur manuscrit inédit et anonyme, œuvre d'un écrivain de langue française, et donc que l’attribution de ce prix s’effectue sur des qualités littéraires et non sur un patronyme.

 

Depuis le décès de sa femme un an auparavant, Vincent Brémond, officier de la police judiciaire de la capitale, est un homme déboussolé, s’occupant de sa fille Julia en pointillé. Sa femme s’était-elle suicidée avec une arme à feu ? Selon les premières constatations, il semblerait que oui, malgré les doutes, les suspicions de certains collègues et supérieurs, qui sans le dire ouvertement n’en pensent pas moins. Il avait découvert le corps chez eux, au retour d’une mission, mais aucune lettre ou petit mot pouvant expliquer ce geste n’avait été retrouvé. Il s’est mis à boire plus que de raison et Julia du haut de ses douze ans gère tant bien que mal la situation.

Alors qu’il passe un week-end à Cabourg dans sa résidence secondaire, Brémond assiste de sa fenêtre à un assassinat. Il fait nuit et malgré les vapeurs de l’alcool il se lance sur les traces du meurtrier qui lui échappe. Il retourne près du cadavre, par réflexe ou reste de conscience professionnelle, et procède aux premières vérifications. Les forces de l’ordre arrivées sur place ne sont guère convaincues par ses explications, d’autant que dans les poches du mort ils trouvent un billet comportant son adresse. Or, coïncidence, le défunt habitait Nanterre, tout comme Brémond, et venait de purger une année de geôle. D’autres éléments démontrent que théoriquement les deux hommes devaient sinon se connaître, du moins être en relations. Avec son ami Michel, son ancien coéquipier en retraite qui a dû abandonner son métier à cause d’une enquête mal bouclée, il entame une enquête parallèle.

Première résolution, primordiale, arrêter de boire. Ensuite, les idées plus claires, il lui faut échapper aux pièges qui sont tendus sur sa route. Car, quelque chose cloche, comme si des peaux de bananes étaient glissées intentionnellement sous ses pieds. Et surtout s’occuper plus attentivement de sa fille, ne plus la délaisser comme il l’a fait pendant trop longtemps. Il se rend compte qu’elle a mûri depuis le décès de sa mère, et à douze ans, certains gestes, certains regards, certaines paroles n’ont plus la douceur, la naïveté, l’ingénuité de l’enfance.

 

Gilbert Gallerne sait planter le décor, l’atmosphère, les personnages de ses romans, utilisant une narration simple, limpide, fluide, dénué d’effets de manches ostentatoires et d’esbroufe, ce qui n’exclut pas une recherche certaine dans la construction. Le style est plaisant, dépourvu de vulgarité, avec une progression, une montée en puissance dans la narration qui imprègne le lecteur. Insidieusement Gilbert Gallerne fait monter la pression et même si on connaît par qui et pourquoi toute cette histoire est arrivée au trois quarts de l’intrigue relatée de main de maître, des zones d’ombre et de suspense perdurent. Des moments d’intensité qui plongent le lecteur dans le doute et l’angoisse.

Gilbert GALLERNE : Au pays des ombres.

 

Vous pouvez vous procurer cet ouvrage version espagnole chez votre fournisseur amazonien habituel. Ce roman est toujours disponible en version originale française, au cas où, improbable, vous ne l'auriez pas encore lu.

 

Gilbert GALLERNE : Au pays des ombres. Prix du Quai des Orfèvres 2010. Fayard. Parution 18 novembre 2009. Réédition en Espagne parution le 20 avril 2015.

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 09:44
Carter BROWN : La veuve aux yeux secs

Au moins elle fait des économies de mouchoirs !

Carter BROWN : La veuve aux yeux secs

Lloyd Carlyle, la grande vedette masculine d'Hollywood, vient à peine de décéder d'un accident de voiture, que Rock Holman, spécialiste des affaires scabreuses, est mandé par son ami Manny Kruger, le directeur des relations publiques de la Stellar productions, et par Joe Rather, le grand patron de la société.

Rick est chargé d'occulter certains aspects de la vie privée de Lloyd afin de ne pas perturber la sortie du dernier film que la vedette venait tout juste de terminer. Ainsi Rita Quentin, la maîtresse en titre de l'acteur, ne doit pas dévoiler sa vie privée, et Justin Godfrey, le frère de Gail la troisième femme de Lloyd, ne pas divulguer une certaine par laquelle Gail justifiait son suicide.

Car Lloyd s'affirmait comme un chaud lapin, et malgré ses frasques, tues au grand public, il s'avérait un homme presque fidèle. Marié, il entretenait une maîtresse et lorsqu'il divorçait il se remariait avec sa maîtresse du moment. Rita accepte de taire sa liaison, à condition que Rick enquête sur le supposé suicide de Gail, alors que pour les médias elle était décédée de façon naturelle, du moins accidentelle. Pis, Rita affirme que Gail a été assassinée.

Vivienne, la veuve de Lloyd, ne se conduit pas en veuve éplorée. Elle se jette même au cou de Rick, pour mieux le provoquer, puis elle le fait tabasser par son amant garde du corps, Marvin Lucas. Nonobstant RIck s'accroche à son enquête.

Il apprend que Gail avait un amant, un scénariste du nom de Lester Fosse. Celui-ci réfute avoir eu une liaison avec l'ex-femme de Lloyd. Pour lui ce n'était qu'une amie d'enfance. Rick soupçonne Justin Godfrey d'avoir inventé la fable de la lettre annonçant le suicide de Gail, et les événements ne lui donnent pas tort. Il s'attache à ses basques, Lester Fosse lui apportant son aide. Il découvre Justin mort, lui aussi "suicidé". En réalité ce sont Vivienne et Marvin Lucas qui l'ont abattu, déguisant le meurtre. Cependant cela ne résout pas les décès de Lloyd et de Gail.

 

Dans ce roman, plus sérieux que les précédents, Carter Brown brocarde la profession du cinéma et stigmatise ceux qui gravitent autour.

Il dénonce l'opportunisme profiteur, le décès d'une star permettant de promotionner un film en évitant vagues et remous. L'abus de boissons alcoolisées et les bonnes fortunes sexuelles abondent, certes, mais seule l'atmosphère est à retenir ainsi que les magouilles. Il force la dose mais c'est peut-être pour mieux enfoncer le clou.

Holman se conduit comme un preux chevalier. Afin que la mémoire de Gail ne soit pas entachée par les journaux auprès du grand public, il révèle au lieutenant de police Karlin les véritables tenants et aboutissants de l'assassinant de la jeune femme, mais il lui demande de fournir aux médias sa version "officielle" de la réalité.

 

Je me dis avec philosophie que rien n'apaise autant les nerfs d'une femme que de casser quelque chose... à part faire l'amour !

Curiosité :

Les amateurs de cinéma pourront rapprocher les décès "accidentels" de Lloyd et de Gail de certaines affaires qui défrayèrent la chronique ou statufièrent des acteurs en devenir en monstres sacrés.

 

Carter BROWN : La veuve aux yeux secs (No tears for the widow - 1966. Traduction de M. Elfivk). Série Noire N°1149. Parution septembre 1967. 192 pages.

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 12:27

Un cerf-volant n'est pas le renne du Père Noël !

Philippe GEORGET : Le paradoxe du cerf-volant.

Vingt-sept ans, toutes ses dents, mais les yeux tuméfiés, les muscles endoloris, le corps meurtri, Pierre Couture vient d’encaisser une flopée de coups et une nouvelle défaite. Un combat de boxe qui a tourné à son désavantage, une leçon donnée par un adversaire, plus jeune il est vrai, mais surtout mieux préparé.

Pourtant Pierre lors de ses débuts pugilistiques était promis à un fort bel avenir, mais les aléas de la vie et du cœur en ont décidé autrement. Son amie, son amour, Sarah est partie, et Pierre est orphelin. Son père diplomate est décédé dans un accident et sa mère s’est suicidée peu après. Du moins c’est ce qu’il affirme, et il en est persuadé. Il a vécu dans des familles d’accueil. Arrivé aux portes de la gloire, il a négligé les entraînements et l’entretien de sa forme physique. Et ce soir-là Emile, son entraîneur, pense que Pierre vient de livrer son dernier combat.

Il ne lui reste plus qu’un métier qu’il exerce à mi-temps, serveur dans le bar de Josy et René. Son ami Sergueï, plus âgé que Pierre, d’origine croate et chauffeur de taxi, lui propose un petit boulot dans ses cordes : devenir l’un des gros bras de Lazlo, lequel prête de l’argent, à un taux usuraire, à des personnes en difficultés passagères et qui oublient parfois de rembourser l’avance largement augmentée des intérêts. Il pratique également le racket. Accompagnant un dénommé La Fouine, Pierre se rend donc chez un certain monsieur Arnoult lequel rechigne à débourser, et ose même vouloir s’emparer d’une arme dans un tiroir. Mal lui en prend, Pierre plus vif se sert de ses deux mains, l’une pour asséner un coup de poing, l’autre pour subtiliser l’arme par le canon, et la donner à La Fouine qui la prend délicatement avec un mouchoir.

Mais Pierre n’est pas satisfait de la tournure des événements, ce n’est pas un emploi pour lui, et il commence à faire la tournée des troquets. Il termine sa soirée sur un banc du parc des Buttes-Chaumont et se réveille pas très frais le lendemain matin. Deux inspecteurs de la Criminelle lui rendent une petite visite dans le café où il travaille, mais ce n’est pas pour consommer. Lazlo a été découvert assassiné, après avoir été torturé, et évidemment comme les empreintes de Pierre figurent sur l’arme du crime, il devient le principal suspect. Mis en garde à vue, notre boxeur barman nie l’évidence et affirme ne pas connaître Lazlo. De la fierté de sa part, car il regrette son acte chez Arnoult, mais aussi parce qu’il a, durant son adolescence, eu maille à partir avec la justice. Normalement ses incartades auraient dû être effacées de son casier judiciaire, seulement les services de police sont en possession de ses antécédents et surtout de ses empreintes.

Ses souvenirs sont confus, malgré tout dans son cerveau embrouillé surgit une image. Il possède un alibi, tout ce qu’il y a de plus officiel. Durant l’heure présumée du meurtre il a arraché des mains d’une Pervenche, ex-Aubergine, son carnet à souches de procès-verbaux et l’a balancé dans le caniveau. D’ailleurs la policière reconnait cet incident et celui qui l’a provoqué. Les flics de la Criminelle ne peuvent qu’encaisser cet affront, mais en vérité ils se doutaient qu’ils faisaient fausse route et que la procédure n’avait pas été respectée. Remis en liberté, Pierre se rend compte qu’il est filé par deux individus qui pourraient être originaires d’ex-Yougoslavie. La Fouine est retrouvé égorgé et un commissaire, Cyril Lefèvre du service de coopération internationale, apprend à Pierre qu’il enquête à l’instigation de la police croate.

Les deux individus louches, les Dupont-Dupond comme les a surnommés Pierre, sont dans le collimateur des services de police, mais plus surprenant, Lefèvre reprend l’enquête concernant la mort soi-disant accidentelle du père et de la jeune sœur de Pierre. Diplomate, en poste longtemps en Amérique latine, il avait terminé précocement sa carrière dans les Balkans en 1993. Et cette piste qui conduit aux pays éclatés de la Yougoslavie, les dissensions, et plus, entre la Croatie et la Serbie, touche apparemment de près Pierre, puisque son ami Sergueï a disparu dans la nature.

Pierre Couture, après un mauvais passage à vide a décidé de reprendre la boxe avec sérieux, détermination et conscience, justement pour s’en redonner une bonne, d’autant qu’il retrouve la fliquette aux P.V., Julie, courant dans le parc des Buttes-Chaumont. Débute entre les deux jeunes gens un sentiment d’amitié, mais cela ne fait pas oublier à Pierre ses devoirs. Découvrir ce qui se cache dans ce sac de nœuds dans lequel son père semble impliqué, le meurtre de Lazlo et celui de La Fouine, la disparition de Lazlo, et autres événements et personnages, auxquels il doit faire face alors qu’il est complètement paumé dans cet imbroglio. Il doit penser au passé, mais également à son avenir pugilistique, un promoteur de combats de boxe ayant décidé d’organiser un combat entre lui et l’étoile montante de ce noble sport.

Entre le passé et l’avenir s’immisce le quotidien, c’est-à-dire gérer ses relations avec Julie et échapper à des gros bras issus de la légion étrangère qui tourbillonnent autour de lui. Dans un panachage comprenant passé historique, action, émotion, humour sobre, plus quelques autres ingrédients utiles à la rédaction du roman passionnant en tout point, cette histoire se décline en trois rencontres de douze rounds chacun. Le personnage de Pierre Couture, essayant de surmonter ses problèmes familiaux, affectifs, professionnels, est attachant et le lecteur, s’il ne peut s’identifier à lui, vibre en même temps que lui au cours des différents obstacles qu’il doit surmonter. Et chantonner les chansons françaises que Pierre apprécie, un héritage parental, des interprètes comme Ferré, Lavilliers, Brel, Michel Berger, Piaf, et bien d’autres. Hors le contexte géopolitique, des exactions entre Serbes et Croates, des conflits interethniques, des rivalités religieuses, des ravages, des haines et des antagonismes de toutes sortes et de toutes origines qui forment la trame de l’histoire, la déchéance et la résurrection possible du boxeur entretiennent également le suspense et font penser à ces vieux films en noir et blanc qui mettaient en scène des boxeurs sur le déclin en proie à l’alcoolisme et aux mafieux.

C’était beau, mais c’était triste ! Un boxeur pleurait dans ses gants.

C’est fou comme la tiédeur d’un soir peut réveiller les odeurs. Elle les soulève, les détache, les fait roter de bonheur. Les parfums, c’est comme le vin, il faut qu’ils soient chambrés pour exhaler leur âme.

J’ai choisi d’adopter la tactique des hommes politiques corrompus et des cyclistes dopés : nier malgré les évidences.

Un hôtel de police, finalement, c’est plus bruyant qu’un hôtel de passe.

Philippe GEORGET : Le paradoxe du cerf-volant.

Philippe GEORGET : Le paradoxe du cerf-volant. (Première édition Collection Polar, éditions Jigal. Février 2011). Réédition Pocket N° 16372. Parution 15 mai 2015. 468 pages. 7,70€.

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 07:39
Max Allan COLLINS : Le grand patron a eu la trouille.

Mais il s'en est remis...

Max Allan COLLINS : Le grand patron a eu la trouille.

Après l'affaire Dillinger, et les miettes de la prime que les policiers lui ont octroyées, le détective Nate Heller n'a guère plus de travail.

Aussi quand un fermier vient lui demander de rechercher sa fille disparue depuis des années, saute-t-il sur l'occasion. Seulement Louise est abouchée avec un malfrat du nom de Candy Walker. Il demande à Frank Nitti de l'aider lequel lui propose d'endosser l'identité de Jimmy Lawrence (cf SN 2045) et de contacter Ma Barker, dont les fils sont tristement célèbres. Il emmène la vieille dame dans le Wisconsin, là où ses garçons sont momentanément sur la touche. L'ambiance n'est pas au beau fixe.

Candy Walker vient de décéder en avalant sa langue, alors qu'il devait subir une intervention chirurgicale devant lui donner un nouveau visage. Doc Moran jure n'y être pour rien, mais il est abattu d'un coup de pelle et enterré en compagnie de Candy. Louise est effondrée et les autres truands, Doc Barker, Fred son frère, Baby Face Nelson, Creepy Karpis, leurs femmes et les fermiers qui les hébergent conseillent à Heller de s'en occuper. Le lendemain ils cohabitent dans le même lit. La petite troupe se rend à Aurora où les rejoint Pretty Boy Floyd. Ils doivent organiser un kidnapping, et Heller est convié à se joindre à la bande. Il s'agit d'enlever Edgar J. Hoover, le grand patron des agents fédéraux.

Karpis explique son plan. Hoover sera kidnappé devant le Banker's Building, siège du procureur de Chicago. Utilisant une voiture sosie de celle du procureur, la véritable étant mise hors de service, ils procéderont à un nouvel échange de véhicule dans un camion. Tout est pensé, calculé, minuté. Puis il demanderont une rançon énorme. Le but étant de discréditer le grand patron. Chacun des hommes a son attribution bien définie et Heller doit servir de gardien du harem. Sullivan, l'homme de main de Pretty Floyd, reconnait Heller et le détective identifie le truand comme John Howard, ou plutôt comme Dillinger (cf SN 2045). Surpris les deux hommes ne se dénoncent pas mutuellement. Ils ont trop à y gagner ou à perdre, Dillinger étant le commanditaire de ce rapt.

Prenant pour prétexte l'achat de provisions, Heller laisse les femmes sous la garde de Ma Barker, et conduit Louise à son bureau. Il ne révèle qu'une partie de l'affaire à la jeune femme. Ensuite il se rend à pied au Banker's Building. Cowley lui apprend que Hoover et Purvis viennent de descendre. Les deux hommes avertissent in extremis Purvis et son patron. Une fusillade s'engage entre les truands et les fédéraux. Heller prend soin à ne pas se montrer. L'opération kidnapping est avortée.

 

Le livre se clôt par un récapitulatif de tous les personnages, réels ou imaginaires, et ce qu'il deviendront pas la suite.

Max Allan Collins ne s'arrêtera pas en si bon chemin dans sa saga truandesque des années 1930 - les années qui suivirent la prohibition et la grande dépression économique - puisqu'il mettra en scène Elliot Ness. Des histoires qui ne manquent pas d'humour, utilisant avec bonheur un fond véridique. Le personnage d'Edgar J. Hoover ne se montre pas particulièrement à son avantage dans les scènes qui lui sont consacrées : lâche mais apte à s'approprier les faits d'arme de ses hommes; une auréole de gloriole sur une baudruche.

 

Je la connaissais depuis moins de vingt quatre heures et elle se pendait à mon bras comme si la vie était un navire qui sombrait et moi un bout de bois flottant.

Curiosité :

Ma Barker se délecte pendant le voyage qui les conduit, elle et Heller, dans le refuge des truands, à la lecture des publicités pour une crème à raser, sur les panneaux disséminés le long de la route. Et ne connaît qu'une seule sorte de musique, le Hill-Billy.

 

Max Allan COLLINS : Le grand patron a eu la trouille. (Faisans et malfaisants IV). (True Crime - 1984. Traduction de F. M. Watkins). Série Noire N°2046. Parution avril 1986. 256 pages.

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 16:39

En ce temps-là, il ne faisait pas bon être transformiste...

Phil BECKER : Le Lycan blanc.

Dans les bois de la Karanza vivent Corcinos et Esteban, deux jeunes adolescents d'à peine quinze ans. Si tous deux possèdent la particularité de pouvoir se transformer d'être humain en loup, et inversement, Corcinos se distingue par ses yeux rouges et ses poils blancs. Il est albinos.

A l'heure où nous faisons leur connaissance, ils se dirigent vers l'auberge de Manta, entre Perpinya et Barcelona, où se croisent Katalans, Kastillans et Maurisques. Ils doivent ramener quelques pièces d'or à Maître Zoan, le vieillard d'origine asiatique qui les élevés depuis une dizaine d'années. Pour ce faire ils n'ont qu'un moyen, affronter en combat singulier l'un des nombreux voyageurs qui s'arrêtent dans l'établissement. Les paris sont lancés, Corcinos affronte un Franc et gagne son combat. Seulement il est attiré par la petite serveuse qui l'observe alors qu'un homme en noir lance à la cantonade : c'est un loup-garou.

Obligés de décamper rapidement ils sont poursuivis par la foule en délire et en colère. Esteban est loin, Corcinos a trop traîné et il est rattrapé. L'homme à la cape noire l'a poursuivi et même dépassé. Il se présente comme étant Achôris, mage d'Egyptis. Puis il ameute les chasseurs en leur signalant l'emplacement du métamorphe. Corcinos est sauvé par Esteban qui le prend sur son dos et les deux adolescents parviennent à échapper à la meute.

Lorsqu'il se réveille, Corcinos est allongé dans la caverne de Zoan. Lequel n'est pas satisfait de la prestation de ses deux élèves. Esteban est parti du côté du Canigó afin d'acheter des simples, des plantes médicinales pour hâter la guérison de Corcinos. Le mage noir, Achôris, est présent et si auparavant Zoan et lui avaient combattu ensemble, il est évident pour Corcinos que l'entente n'est pas, n'est plus, parfaite. Ce qui fait croasser le goelak royal, condensé de corbeau, de vautour et autre volatile. Selon Achôris, Zoan serait en mesure de dévoiler enfin la vérité sur la naissance de Corcinos, de lui révéler qui sont ses parents.

Car Corcinos cauchemarde quasiment toutes les nuits, à la recherche du secret de son enfance. Des images défilent, se projettent dans son esprit, toujours les mêmes. Un enclos, une gamine, et d'autres visions, des ressentis. Esteban est enfin de retour, mais brûlé à cause des salamandres qu'il a dû affronter au cours de son périple.

Les mercenaires débusquent Corcinos et ses compagnons. Zoan reste sur le carreau à cause des flèches. Le mystère de la naissance de Corcinos et d'Esteban risque bien de rester secret, seul le goelak pourrait l'aider dans la recherche de ses souvenirs. Seulement, Corcinos est trop gourmand. Il avale en entier le cerveau du volatile au lieu de le déguster à la petite cuiller. Le résultat n'est pas à la hauteur de l'effet escompté. Esteban et Corcinos restent seuls à vivoter. Mais l'albinos pense à la jeune serveuse qui l'a aidé lors de la confrontation à l'auberge de Manta. Il la retrouve, c'est le début de l'amour entre les deux jeunes adolescents, seulement Corcinos ne parvient pas à se contrôler. Il mute, le loup devient prédateur et il griffe, blesse, la perd.

Il ne lui reste plus qu'à partir, fuir vers son destin qui l'emmène vers Kotlliure, guidé par un berger, un guide Vasq. Ce ne sera pas une partie de plaisir, loin de là. Esteban est mordu par une vipère de Barcelona, et sa vie est en danger. Enfin ils arrivent au fort Snek demandant l'aide de guérisseurs. Corcinos reconnait en Venceslau, le seigneur du lieu, un personnage qui hante ses rêves. Quant à Venceslau, il se contente de déclarer voyant le blanc et le brun, Corcinos et Esteban : Je me doutais bien que vous alliez me revenir...

Le chemin de la mémoire est long à gravir, à défricher, à débroussailler, et après Kotlliure, Corcinos se rendra à Perpinya, les embûches s'accumulant sur lui comme autant de nuages d'orage.

 

Ce roman qui s'ancre, et s'encre, avec délectation dans le Merveilleux héroïque (heroic fantasy pour les anglophones) nous emmène au temps des Kathars, entre Pays d'Ock et royaume Franc. En filigrane se profile la silhouette de Simon de Malfort. Le lecteur est plongé dans un monde parallèle à celui que nous connaissons, d'après les livres d'histoire quand cette discipline était encore enseignée à l'école, la religion cathare défiant l'église catholique, le roi de France profitant de ce schisme pour étendre sa domination sur le Languedoc et l'Aquitaine. Mais partant d'une page d'histoire réelle, Phil Becker et les auteurs des deux premiers volumes de Xavi El Valent, intègrent leurs personnages issus d'une imagination débridée.

Les combats entre vipères, sangliers, salamandres et autres animaux provenant d'un bestiaire fantastique ou mythologique, sont détaillés avec vivacité, brutalité, réalisme, un côté sanglant, comme les hommes de cette époques et leurs prédécesseurs devaient se défendre contre des animaux sauvages sans les moyens actuels de la vénerie. Coricinos va combattre notamment un Minotaure, un homme à tête de taureau. Et c'est ainsi que les prémices de la corrida vont être établis, sans règles définies, sauf celle de vaincre à tout prix.

La magie n'est pas en reste, dans cet univers de bruit, de fureur, de sang, et d'amour juvéniles. Des amours qui se passent mal, à cause de Corcinos et de son état de métamorphe mais également par la rouerie d'une femme qui en veut toujours plus et qui aime être lacérée, qui s'adonne à la scarification pour un plaisir malsain.

Mais ce qui mène cet adolescent bipolaire, mi-homme mi-loup, consiste en cette quête effrénée à la recherche de ses géniteurs, de son origine, des éléments perturbants agissant sur le psychisme. Savoir d'où on vient est plus important que de savoir où on va.

Phil Becker, une nouvelle plume à l'avenir prometteur !

 

Pour commander cet ouvrage, et d'autres, une seule adresse :

Phil BECKER : Le Lycan blanc. Le Monde de Xavi El Valent. Collection Blanche. Editions Rivière Blanche. Parution mai 2015. 228 pages. 17,00€.

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 12:05
Clifton ADAMS : Un foutu métier.

Et un métier de foutu...

Clifton ADAMS : Un foutu métier.

Une partie de la Légion Etrangère, placée sous la houlette du maréchal Bazaine, est basée à Monterrey pour aider le roi Maximilien à repousser les assauts de Juarez le rebelle.

Mais Monterrey sert également de point de ralliement aux Confédérés, les perdants de la guerre de Sécession. William Olive, l'un de ces légionnaires, est contacté par Trent, un détective privé chasseur de primes à la poursuite de Cameron, responsable du meurtre d'un notable américain. Le légionnaire soudoie un officier recruteur grâce à l'argent remis par Trent et retrouve la trace de Cameron dans une église.

Mais un des officiers, imbu de ses prérogatives et qui applique à la lettre le règlement de la Légion lui en fait voir de toutes les couleurs, le brutalisant, l'avilissant. Olive s'en débarrasse et il n'a plus qu'une solution, déserter. Cependant l'argent remis par Trent ne lui suffit plus et il augmente ses exigences.

Cameron capturé, le trio remonte vers la frontière des Etats-Unis. Devenu gourmand et désirant s'approprier en totalité la prime offerte pour ramener Cameron en Louisiane, Olive supprime Trent d'une balle dans la tête et s'empare de ses vêtements et de ses pièces d'identité. La frontière franchie, Olive et son prisonnier sont accueillis par un coup de feu en provenance d'une maison en torchis partiellement détruite. Kate, l'auteur de cette réception belliqueuse est une jeune veuve dont le mari a succombé lors de la débâcle. Elleavait pris les deux hommes pour des collecteurs d'impôts revenus à la charge après une première tentative avortée d'intimidation. Dans l'échauffourée Olive est atteint sérieusement à l'épaule.

Laissant le déserteur sur place, Cameron et la jeune femme entament une longue traversée du Texas vers le Nouveau-Mexique. Kate pense trouver de l'aide auprès d'une famille avec laquelle son mari traitait des affaires avant la guerre. Mais les temps ont changé, et les Bernson, alléchés par la prime, retiennent la jeune femme prisonnière. Cameron, qui n'a pu se résoudre à laissé Kate seule, prévoyant l'état d'esprit des Bernson, délivre la jeune femme et de nouveau c'est l'infernale randonnée.

 

Dans le cadre de la révolution mexicaine et après la défaite des Confédérés dont bon nombre ont trouvé refuge au Mexique, Clifton Adams nous brosse un portrait de la mentalité qui s'est instaurée après les ravages de la guerre et de l'animosité entre les différents clans.

La cupidité prévaut sur l'entraide et l'amitié devient valeur abolie.

Si William Olive, le légionnaire baroudeur à l'esprit imprégné de ses précédentes campagnes de pacification (?!) en Algérie, est un véritable assassin, Cameron, lui, est recherché pour un homicide de légitime défense.

Les collecteurs d'impôts sont devenus de véritables pillards, et il a eu le malheur de tuer une fripouille agissant sous le couvert d'un notable faussement respectable.


Quand on est mort, c'est pour la vie.

Clifton ADAMS : Un foutu métier. (The most dangerous profession - 1967. Traduction de M. Elfvik). Série Noire N°1267. Parution avril 1969. 256 pages.

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 16:17

Otage, oh désespoir...

Sébastien DEVILLERS : Otage.

En 1987 FR3 Normandie lançait la troisième édition de son concours qui consistait en l'attribution du Prix Polar au meilleur manuscrit de roman policier. Ce prix n'aura vécu que trois saisons.

 

Voici la chronique effectuée sur les ondes de Radio-Manche en décembre 1987 dans le cadre de mon émission Le Polar fait la Manche.

 

C'est le roman Otage qui s'est vu couronné cette année, premier roman d'un jeune écrivain qui aimerait bien d'ailleurs pouvoir continuer dans cette voie. Otage, comme le titre du roman l'indique, est une histoire de prise d'otage.

Louis Dommage, héros bien malgré lui de ce fait divers, est pris en otage lors du braquage d'une banque. Pourtant c'était un matin comme les autres tranquille. Louis venait de retirer un peu d'argent lorsqu'il est témoin d'un hold-up. Le caissier fait du zèle blessant l'un des agresseurs. Pour assurer leurs arrières, les complices du blessé prennent Louis en otage et c'est la cavalcade de Paris jusqu'en Suisse.

Plus qu'un roman noir, c'est un roman de suspense, psychologique, analysant les rapports qui s'établissent entre les ravisseurs et l'otage. Rapports plus ou moins ambigus entre deux jeunes gens, un jeune homme et une jeune femme, qui ont perpétré ce hold-up, et ce peintre en lettre de cinquante-quatre ans qui a une furieuse envie de vivre, de vivre libre.

Rapports dans lesquels une certaine sympathie peut se glisser entre deux éclats et l'otage ressentir envers ses geôliers une attirance mêlée de haine.

Sébastien DEVILLERS : Otage. Collection Mascaret Noir. Editions Le Mascaret. Parution le 1er décembre 1987. 190 pages.

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Published by Oncle Paul - dans La Malle aux souvenirs
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