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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 08:36
Joe L. HENSLEY : Un été pourri.

Ne vous fiez pas aux prévisions météorologiques...

Joe L. HENSLEY : Un été pourri.

Avocat, travaillant pour le gouverneur de l'état, Mike Wright revient dans la petite ville de Lichmont prendre provisoirement la succession de son père, avocat lui aussi, décédé d'un accident dans les escaliers de son étude alors qu'il était chargé de défendre Kate Powell.

D'origine modeste, elle est accusée d'avoir empoisonné Skid, son mari. La sentence doit être prononcée dans quelques jours mais est pratiquement connue d'avance: Kate sera déclarée coupable et finira ses jours en prison. Outre le fait que son père l'avait appelé la veille pour lui dire qu'il pensait être sur une piste, Mike s'intéresse au dossier pour de multiples raisons : d'abord il n'existe aucune preuve probante, les Powell règnent en maîtres sur la ville et pratiquement tout le monde leur mange dans la main. Sans oublier que Mike fut amoureux de Kate au cours de son adolescence et qu'il l'avait perdue de vue à cause d'aléas familiaux.

G.P. Powell, le patriarche, Dave Jordan, le gendre, Stickney, le juge, Axe, le maire, Jett, le chef de la police, tentent de convaincre ou intiment l'ordre à Mike de ne pas rouvrir le dossier. Mais cette affaire lui semble bâclée et les jurés, comme une grande partie de la population, sont redevables auprès des Powell. Seul le shérif et à un moindre degré Charley Powell, le cadet, qu'il a fréquenté un certain temps à l'école, l'encouragent à persévérer dans son entreprise.

Mike interroge tous les protagonistes, accumule les déclarations, les compare. C'est ainsi qu'il apprend que l'usine de produits pharmaceutiques des Powell aurait un marché avec l'armée, qu'un des militaires préposés à la surveillance de la partie top secret de l'usine aurait eu une liaison avec Kate, que la strychnine, le poison employé pour assassiner Skid, proviendrait des laboratoires de l'usine, etc... et il est persuadé que son père est mort d'un acte de malveillance.

Ses investigations n'ont pas l'heur de plaire à tout le monde, et il a droit à quelques coups de fusil, tirés trop haut pour l'atteindre. Une intimidation qui renforce sa détermination à continuer son enquête. Charley se montre aimable avec lui, l'invite au restaurant, lui confie que son ambition serait de diriger l'usine à la place de son beau-frère et qu'il a besoin de Kate pour racheter des parts d'action de l'usine et contrer les éventuels opposants de la prochaine assemblée générale. Susan, la femme de G.P., absorbe une dose mortelle de poison et laisse un message la désignant comme coupable. Un épilogue qui ne satisfait pas Mike.

Il possède sa petite idée concernant l'identité du coupable des deux meurtres.

 

Mike Wright en abordant cette enquête obéit à deux objectifs : d'abord découvrir si son père avec qui il n'avait guère d'atomes crochus, suite au divorce de ses parents, et dont l'association comme avocats n'avait pas été une réussite, n'a pas succombé à une agression, ensuite parce que Kate fut son premier amour. Ce qui donne à ce roman une note romantique.

De sa carrière juridique Joe L. Hensley a gardé le goût des interrogatoires et son roman est une suite de conversations, de dialogues, de recherche de la vérité au travers de ses discussions avec les différents protagonistes de cette affaire. La parole est privilégiée par rapport à l'action et pourtant le roman ne sombre pas dans le blabla soporifique.

 

Avant, elle s'habillait si court qu'on voyait le paradis chaque fois qu'elle se levait ou s'asseyait.

Curiosité :

Cette affaire de famille possède un avant-goût de Dallas.

Joe L. HENSLEY : Un été pourri. (The poison summer - 1974. Traduction de M. Charvet). Série Noire N°1672. Parution juin 1974. 256 pages.

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 16:06

La musique, elle vient de là, elle vient du blues...

Max OBIONE : So suspicious.

Véritable caricature empruntée à Robert Crumb, son ramage n'est pas à l'égal de son plumage. A le voir on aurait plutôt tendance à pouffer, à rire à gorge déployée, à le monter du doigt tel un phénomène de cirque. Les yeux fermés, les oreilles en prennent plein le pavillon. On ne sait plus à quel saint se vouer. Saint Elvis, Saint Rod Stewart, Saint Little Richard, Saint Barry White ou Saint Little Bob... Mais pas Saint Thétiseur.

Pas besoin de musique d'accompagnement, du brut pour les brutes, et ceux qui l'écoutent sont scotchés dans leur fauteuil. Une bête de scène interprétant une composition personnelle.

C'était le dernier à passer, il est prié d'aller attendre au bistrot en face, on le rappellera.

La délibération qui s'ensuit n'est entamée que pour la forme car tous ont été bluffés par la prestation de Big Dicky Joe, fallait le trouver ce blaze, un inconnu inscrit via le site, en provenance d'un bled au nom allemand imprononçable.

Ils viennent d'entendre la perle, Le remplaçant de Mac qui s'est pété les cordes vocales. Mac fait la gueule dans son coin, mais comme on dit, le spectacle continue... Se pose la question maintenant de savoir d'où il vient exactement ce chanteur providentiel inconnu de tous et même des autres, peut-être un peu dépressif sur les bords.

 

Avec une écriture brute, râpeuse, et néanmoins poétique, Max Obione nous permet d'espionner une séance musicale, une audition qui pourrait être salvatrice, aussi bien pour les membres du groupe que pour ce chanteur à voix de rogomme venu de nulle part. Et qui aurait pu interpréter Quand t'es dans le désert de Jean-Patrick Capdevielle, cet auteur-compositeur-interprète à la voix rauque quelque peu négligé depuis des années.

Nostalgie et mélancolie sont les deux mamelles de So Suspicious, un blues à déguster avec un verre de Johnny Marcheur à la main.

 

Pour vous procurer ce texte, une seule librairie :

 

Max OBIONE : So suspicious. Collection Noire Sœur. Editions Ska. Parution décembre 2014. 1,49€.

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 13:03

Bon anniversaire à Alexandre Lous, alias Jean-Baptiste Baronian, né le 29 avril 1942.

Alexandre LOUS : Jugement dernier.

Coincée entre un canal désaffecté et le Bois-Rouge, s'étend la Zone, triste conglomérat insalubre de baraquements, de caravanes, d'assemblages de planches, de tôles, de plastique ondulé, de matériaux de récupérations diverses.

De végétation, point, ou presque, tout étant englouti sous la poussière, la ferraille, les immondices, les déchets. Lorsqu'il pleut, les chemins de terre ne sont plus que des marécages, l'eau effaçant traîtreusement les nids de poule.

Dans cet endroit sordide, relégué loin de la ville, vivent, survivent, des chômeurs, des exilés, des exaltés, des émigrés de toutes races, de tous pays, formant un ensemble disparate et pourtant soudé, tout au moins en surface. Freddy le mystique, Stépan le Yougoslave, Chapeau-mou, Jonathan et Léon le Zaïrois, mais aussi le Grec, le Sicilien, l'Espagnol, le Turc, le Marocain, l'Egyptienne; ainsi que leurs femmes et leurs enfants, Julie, Irène, les frères Kojak, Gadi, Boga. Sur cette tour de Babel en ruine règne le Boiteux. Le Boiteux qui possède une Buick blanche et vit dans une vraie maison, sur la colline, au-delà du Bois-Rouge, forteresse à l'aspect sévère et rébarbatif.

Un matin, pas pire que les autres pourtant, on découvre Irène la fille du Grec, seize ans, étranglée. Le commissaire Delvaux, dépêché par la ville pour enquêter, se voit confronté à sa première grande affaire, son premier meurtre, depuis dix-sept ans qu'il exerce son métier.

Mal dans sa peau, ce n'est qu'un minable, un lamentable, un miteux, un piteux, un incapable en un mot. Tandis que Carl, son adjoint, c'est tout autre chose. Bouillant, fringant, il ne s'en laisse pas conter. Ce n'est pas lui qui va manger dans la main du Boiteux, au contraire ! Commence alors l'enquête dans ce décor pitoyable, dans cet univers glauque, dans ce cloaque. Une histoire digne de Goodis.

Les réactions déchaînent les passions, l'angoisse s'immisce, l'exaltation des uns amènent l'abattement des autres, le découragement, le dégoût, l'écœurement s'emparent de certains. Pour d'autres, il y a toujours un petit coin de ciel bleu à l'horizon. Des utopistes.

Pendant que les adultes se débattent, essayent de comprendre pourquoi et par qui ce fléau, la mort d'une jeune fille, est arrivé, Julie la fille du Yougoslave, loin de toute cette turbulence, visite la maison du Boiteux. Mais cela ne va-t-il pas attirer le malheur sur cette jeune existence ?

 

Alexandre Lous signe là peut-être son meilleur roman, avec Matricide. Cet écrivain qui rend si bien cette atmosphère glauque, aux relents acres de misère et de déchéance, est bien connu pour ses critiques pertinentes du roman policier puisqu'il signe une rubrique régulière dans le Magazine Littéraire. Mais aussi sous son véritable patronyme de Jean-Baptiste Baronian, c'est un chercheur, un bibliophile, un essayiste, un anthologiste infatigable et passionné, spécialiste du fantastique.

Alexandre LOUS : Jugement dernier. Collection Sueurs Froides. Editions Denoël. Parution février 1988. 204 pages.

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 09:36
Erle Stanley GARDNER : L'envolé.

Après l'hirondelle éplorée, rien que de très logique...

Erle Stanley GARDNER : L'envolé.

L'envolé (A man is missing - 1946)

A la suite d'un courrier du chef de la police, le shérif Catlin demande à Hank Lucas, loueur de chevaux et guide touristique, d'accompagner dans leur expédition l'inspecteur Dewitt, un homme de la ville, et Corliss Adrian dont le mari amnésique aurait disparu depuis quelques mois.

D'après une carte postale envoyée à sa femme et sur laquelle il figure en pied, Adrian vivrait dans la montagne environnante dans une cabane. Marion Chandler, qui se fait passer pour une photographe, se joint au petit groupe. En cours de route, Marion confie à Hank qu'en réalité elle est à la recherche de son frère Harry qui aurait accompagné Adrian dans son voyage. Harry est un trappeur et un prospecteur dont la réputation laisse à désirer. Grâce à des traces laissées sur des arbres, Hank retrouve le refuge des deux hommes. L'intérieur est rangé, propre. Toutefois il découvre une lettre signée Adrian laissant entendre qu'une dispute aurait eu lieu entre lui et son compagnon. Ils déterrent un cadavre et Corliss reconnait son mari à certains détails. Du poste d'un garde forestier, qui aurait recueilli un cheval abandonné quelques mois auparavant, ils préviennent le shérif Catlin. Pour Dewitt l'affaire est simple. Adrian et Benton,le frère de Marion se seraient battus, atteints de la fièvre des cabanes. Benton aurait enfoui le corps d'Adrian et Marion aurait aidé son frère à s'enfuir. Une théorie que démonte le shérif Catlin qui connaît bien les us et coutumes des trappeurs.

 

Dans cette histoire qui fait la part belle à la déduction, au bon sens et à la logique, Erle Stanley Gardner joue sur l'antagonisme entre policiers des villes, imbus de leur prétendue supériorité intellectuelle, et les policiers ruraux qui n'ont peut-être pas l'habitude de côtoyer des malfaiteurs mais savent interpréter les signes placés devant leurs yeux. Catlin ne s'en formalise pas pour autant et attribue une grande partie du mérite d'avoir résolu l'énigme à Dewitt.

 

Le môme aux chocolats (the candy Kid - 1931 - réécrite en 1959)

Alors qu'il transportait des pierres précieuses, Mills le diamantaire s'est fait voler sa mallette. Blessé, traqué par la police, le voleur s'est réfugié dans une confiserie. Dans l'assaut qui a suivi il a été criblé de balles et est décédé. Mais les pierres n'ont pas été retrouvées. Une affaire qui intéresse Lester Leith, le gentleman cambrioleur. Il pense que le voleur a pu cacher les rubis dans les chocolats. Supposition dont il informe son valet Scuttle qui s'empresse de tout raconter au sergent Ackley, ennemi intime de Leith. Leith émet une théorie qu'Ackley s'empresse de vérifier. Munis de chalumeaux ils insèrent dans les chocolats des pastilles ou de faux bijoux, mais les résultats ne sont guère probants. Un individu sème des pierres précieuses un peu partout et Ackley qui pensait pouvoir inculper Leith en est pour ses frais. Scuttle pense que Leith devient fou lorsque celui-ci prétend tout d'un coup qu'ils ne sont plus en novembre mais au mois de juillet, et ceci à cause d'une réflexion sur l'heure d'été. Leith engage un couple chargé de mettre Ackley sur une fausse piste.

 

Une énigme tarabiscotée et guère convaincante par un auteur qui nous avait habitué à beaucoup mieux dans le genre. Son personnage de gentleman cambrioleur est toutefois assez proche d'Arsène Lupin pour que l'on s'intéresse à ses aventures.

 

Le témoin récalcitrant ( The affair of the reluctant witness - 1949).

Afin de ne pas dilapider son héritage, les comptes de Jerry Bane ont été confiés à un avoué, Anson. Mais Bane a besoin d'argent et il pense regonfler ses finances en s'intéressant aux faits-divers grâce à la mémoire visuelle de son valet, Mugs Magoo, ancien policier devenu clochard et qu'il a recueilli. C'est ainsi qu'il se penche sur l'affaire d'une commerçante qui aurait assisté à un vol mais aucun bijou n'a été retrouvé sur le présumé cambrioleur et le bijoutier dément avoir été spolié. Bernice, propriétaire d'un magasin d'alimentation et qui ne roule pas sur l'or, se demande si elle n'a pas rêvé le hold-up et Bane à son insu examine les boites de conserve. Il trouve dans l'une d'elle les pierres dérobées au bijoutier qui s'avère n'être qu'un receleur.

 

Amusante sans plus cette histoire un peu farfelue et désuète qui là encore joue sur la logique et la déduction. Jerry Bane n'a pas l'apanage de ses maîtres gentlemen cambrioleurs même s'il en possède quelques qualités.

 

un homme qui regarde le portrait d'une jolie femme a tout de suite des idées.

Erle Stanley GARDNER : L'envolé. Recueil de trois nouvelles traduites de l'américain par Alain Chataignier. Série Noire N°1620. Parution septembre 1973. 192 pages.

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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 09:20

Troublez-moi, j'aime ça...

Olivier TAVEAU : Les âmes troubles.

Un endroit sinistre, une zone industrielle la nuit, des coups de feu et Nicholas Bog-Bat qui perd connaissance quelques secondes. Un tireur dont il n'a pu apercevoir les traits a enfoncé son arme sur la tempe du commandant Ykse, son supérieur.

Pour Nicholas, c'est le cauchemar qui commence, ou qui continue. Un appel anonyme l'avait invité à se rendre dans cette friche industrielle à la rencontre d'un cadavre. Il s'y était rendu en compagnie de Ykse et de son adjoint Matthias. Le temps que Matthias aille prévenir les collègues et tout s'était décanté et en même temps embrouillé. Nicholas est blessé mais ce n'est pas ce qui importe. C'est ce qu'il va devenir.

Dans sa chambre d'hôpital, mais ce n'est peut-être qu'un rêve ou un cauchemar, le tueur lui rend visite et déclare se prénommer Luc. Et lui remet une clé, lui indiquant que cela pourrait lui être utile par la suite, lui conseillant d'être fort.

Une infirmière qui l'a soigné avant qu'il retombe dans les limbes est découverte assassinée. De la même manière que les autres.

Le commandant Odum prend la tête de la brigade en remplacement immédiat de Ykse, comme si tout était préparé depuis des semaines. Nicholas n'est pas en odeur de sainteté et Gaspard Tienne, de l'IGS ne cesse de le tarabuster. Comme si Nicholas était pour quelque chose dans tout ce qui arrive, dans les cadavres qui sont recensés depuis quelque temps et dans le meurtre de Ykse.

Il est vrai que le tueur n'y va pas de main morte, façon de parler. Les corps qu'il sème derrière lui n'ont plus de globes oculaires, que deux morceaux de charbon, et à l'intérieur du crâne, le cerveau n'est plus qu'une bouillie brune et poisseuse.

Les deux premiers cadavres ont été retrouvés dans une chambre non loin du domicile de Nicholas. Domicile, c'est un bien grand mot, un garage aménagé avec une ouverture, vue sur le ciel. Et l'un des cadavres était Amélie Pratt, qu'il connaissait.

Nicholas a dégringolé la pente insidieusement. Son frère Gabriel est, était une sommité dans la psychanalyse moderne, balayant l'inconscient, le moi et le reste et leurs mécaniques obscure. Mais c'était avant. Et Nicholas a usé et abusé de la drogue durant plus de deux ans. Il s'en est sorti, mais il boit.

Il veut comprendre. Le tueur lui en veut, certes, mais pourquoi? Alors il prend la route et s'arrête loin d'où il vient, dans un routier. Il boit, trop, prend l'air pour s'allonger, faire un somme réparateur. Il est tiré brutalement du néant par des appels, des cris. La caissière a disparu. Non elle est retrouvée, morte.

 

Dans l'ombre, se déplace Virgile, grand Noir qui se comporte en vieux gourou, en maître à penser. Pour l'heure il doit assurer l'enseignement d'une jeune fille, une gamine même pas encore majeure, il doit l'initier aux savoirs dévolus à ses semblable. Loah qui n'est pas aussi naïve que son âge pourrait le laisser penser, se conduit comme une manipulatrice.

 

Dans une ambiance glauque, une atmosphère poisseuse, une descente aux Enfers que n'aurait pas renié David Goodis, le lecteur est trimbalé, transbahuté, chahuté, au gré des pérégrinations de ce policier à la dérive. Le doute s'installe dans un flou artistiquement entretenu, avec l'intrusion de Virgile dont on sait pas trop ce qu'il veut, ce qu'il est, ce qu'il enseigne. Pourtant il n'apprécie guère les religieux même s'il est amené à les croiser.

Nicholas barbote, au propre comme au figuré dans la fange, et son passé lui revient en pleine figure, et ses ennuis avec sa hiérarchie, avec l'IGS, avec ses collègues ne se comptent plus. La faute a une dégringolade non programmée.

Roman de l'ombre, nimbé de flou, entouré de voiles qui ne se déchirent qu'à contrecœur, avec des accents de métaphysique, Les âmes troubles est véritablement troublant, dérangeant, premier roman d'un auteur manipulateur dont on se demande s'il n'a pas tout jeté dans ce premier titre, ou s'il en a d'autres en réserve, ce qui promet un bel avenir.

 

- Des philosophes, grommela-t-il. J'ai côtoyé nombre d'auteurs qui s'arrogeaient ce titre. Leur ardeur allait plus à l'élévation de leur égo qu'à celle de leurs semblables.
- Certains ne manquent pas d'intérêt.
- Des rescapés qui ne doivent leurs fulgurances qu'à des prises élevées de stupéfiants. Ils parlent comme si le monde avait leur oreille. Tellement pénétrés par leur clairvoyance qu'ils en oublient d'être humbles.

Olivier TAVEAU : Les âmes troubles. Le Masque Poche N°60. Editions du Masque. Parution le 25 mars 2015. 400 pages. 7,90€.

 

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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 07:44
Al CONROY : Comme il y va !

Comme il peut, ma brave dame, comme il peut...

Al CONROY : Comme il y va !

Milliardaire, malade, Pannunzio ne peut accepter que la Mafia régisse ses pays d'origine et d'adoption.

Ne pouvant faire le grand balayage intégral, il veut s'attaquer aux parrains locaux, notamment Don Max Vigilante de Philadelphie et Don Aldo Bell de Reading, et les réduire à néant. Pour cela il embauche Johnny Morini, dont il a apprécié les antécédents et lui confie la redoutable mission d'infiltrer les deux bandes pour mieux les annihiler. La jeune femme de Morini, qui est devenu Johnny March, a appris ses antécédents et l'a quitté à la suite d'une fausse couche. Depuis il vit en compagnie de l'alcool. Aussi n'ayant rien d'autre de mieux à faire il accepte et prend l'identité d'un petit truand californien.

A Philadelphie il effectue quelques raids solitaires, volant des camions et refourguant la marchandise au receleur local, Corngold. Il joue les sommes gagnées au poker et accuse certains joueurs de connivence. Ces faits d'armes attire l'attention de Sutro, adjoint de Fava, responsable d'un "régime" de Max Vigilente. Johnny, après avoir déjoué les pièges tendus par Sutro et Fava et ayant prouvé sa valeur, se voit confié par ce dernier la mission de se faire recruter dans la bande à Bell, ce qui arrange ses affaires.

A Reading il se lie avec Franck, l'un des fils Bell mais il est reconnu par Mack, cousin de Lou, l'un des hommes de main du parrain. Mack et Lou surprennent Johnny alors qu'il cambriole pour son compte une grande surface mais Phil Rosen, jeune complice de Morini arrive à temps. Les deux hommes sont éliminés et Rosen, gravement blessé, est confié à un docteur émargeant à l'Organisation. Une opération de grande envergure est montée par Doyle, un truand qui réussit de gros coups mais n'est pas le genre à s'embarrasser de fioritures.

Morini, pressenti pour l'aider dans un cambriolage, refuse mais il peut placer un micro émetteur et connaît ainsi les coordonnées du vol. Des accrochages ont lieu entre les deux bandes rivales et les deux pontes se demandent comment enrayer cette guerre froide qui tourne au vinaigre. Doyle mène à bon terme le cambriolage projeté, avec quelques cadavres sur le terrain, et retrouve Corngold dans une cabane de pêche. Seulement Johnny est lui aussi au rendez-vous et subtilise le butin une mallette remplis de pierres précieuses.

Doyle et un de ses complices le poursuivent dans la forêt. S'ensuit un duel au bout duquel Johnny sort vainqueur. Il propose à Franck Bell un rendez-vous chez Dietrich, autre receleur, et avertit Sutro. Les deux bandes mises en présence se canardent et pratiquement seul Sutro d'un côté, les frères Bell, dont Tony sérieusement blessé, de l'autre échappent au guet-apens.

 

Johnny Morini, s'il veut, sinon démanteler la Mafia mais au moins l'affaiblir comme il est prévu à la fin du roman, aura fort à faire pour réduire cette hydre. Al Conroy, alias Marvin H. Albert, fidèle à lui-même, n'épargne pas les détails dans les scènes d'action en général, et en particulier. Sobre dans les dialogues, il s'exprime avec force dans la description des scènes de violence, et règle les combats avec minutie.

Et la phase romanesque s'efface presque derrière le documentaire, le récit, pour ne pas dire la biographie. Sérieux, Al Conroy ne lâche ses traits d'humour qu'au compte-gouttes, comme involontairement. La fibre sensible existe cependant avec la liaison, brève, entre Morini et une serveuse de bar, divorcée et désabusée.

 

Curiosité:

L'une des scènes, celle de la poursuite dans la forêt, entre deux truands et Morini, possède un grand nombre d'analogies avec une autre scène décrite dans l'épisode précédent, Soldato.

 

Al CONROY : Comme il y va ! (Death grip - 1972. Traduction de A. Vincent-Harmel). Série Noire N°1614. Parution septembre 1973. 192 pages.

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 12:28

Bon anniversaire à Didier Daeninckx, né le 27 avril 1949.

Didier DAENINCKX : Le facteur fatal.

Au travers de quelques épisodes de la vie, de la carrière de l’inspecteur Cadin, Didier Daeninckx dévoile un pan de mur gris sur lequel sont écrits en relief : déchéance, désespérance et déprime.

Des différents commissariats où il a végété, de Strasbourg à Toulouse en passant par Hazebrouck et Courvilliers, de son boulot de détective privé, de Toulon à Aubervilliers, Cadin garde un goût d’amertume.

Mal dans sa peu, mal dans sa fonction, mal avec ses collègues et ses supérieurs, mal avec les coupables et les victimes, Cadin vivote en collectionnant les faits divers bizarres. Mais son existence n’est-elle pas justement qu’une succession de faits divers ? Peut-être plus par pitié envers son personnage que par lassitude, Daeninckx supprime Cadin en lui imposant le suicide. D’autres auteurs, avant lui, ont essayé de rompre avec leur héros, le plus célèbre exemple étant bien évidemment Conon Doyle et Sherlock Holmes. Sous la pression du public, de sa mère, sans compter les besoins financiers, Doyle a du ressusciter sa créature pour la plus grande joie de ses lecteurs et éditeurs. Didier Daeninckx se séparera-t-il aussi facilement de Cadin qu’il le suppose, seul l’avenir nous le dira.

Pourtant je suis sûr que Cadin, même s’il a levé un voile sur sa vie et le pourquoi de sa dégringolade physique et morale, a gardé par pudeur en réserve d’autres tranches de sa carrière de flic, d’autres enquêtes, et peut-être a-t-il raté son suicide comme il a raté sa destinée.

Et si Daeninckx se refuse à nous narrer d’autres épisodes du Poor Lonesome Flic Cadin, il ne nous restera plus qu’à nous replonger dans ses précédentes aventures : Mort au premier tour, Meurtres pour mémoires, Le géant inachevé ou Le bourreau et son double. Au fait qui est le bourreau ? Qui est le double ?

Réédition Folio janvier 1992.

Réédition Folio janvier 1992.

Folio Policier N°85. Juin 1999. 6,40€.

Folio Policier N°85. Juin 1999. 6,40€.

Didier DAENINCKX : Le facteur fatal. Editions Denoël. Parution octobre 1990. 210 pages.

Rééditions : Folio janvier 1992. Folio Policier N°85. Juin 1999. 6,40€.

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Published by Oncle Paul - dans La Malle aux souvenirs
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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 07:55
Clifton ADAMS : La loi du flingue

Dans les plaines du Far-West quand vient la nuit,

les cow-boys près du bivouac sont réunis...

Clifton ADAMS : La loi du flingue

Ayant échappé de peu à la mort, Gibbs dit Shorty est recueilli par Bohannan, un berger itinérant, anachronisme dans ce pays d'éleveurs de bovins.

Reconverti depuis quelques années dans le transport du courrier postal, Shorty constate que son agresseur s'est emparé de sa sacoche. A Hardrow, Tooms le marshal, Goldie la tenancière du saloon Haut-de-forme, et les autres villageois sont étonnés et gênés du retour de Shorty. Ceux-ci le croyaient définitivement disparu et ils ont même lynché et suspendu Courtney, un prétendu flambeur professionnel de Tascosa, suspecté d'avoir trucidé le courrier postal.

Shorty comprend, d'après l'attitude des habitants d'Hardrow qu'il est devenu indésirable, un point de vue entériné par les éleveurs de vaches de la région, John English, Paul Mason et Straiter, ainsi que par l'inspecteur de l'association des éleveurs, Sam Milo. Shorty, hargneux comme un roquet, déduit que le tireur désirait s'approprier sa sacoche et surtout son contenu.

Bohannan lui apprend que Ramon, son fils, a été tué des années auparavant et qu'il garde rancune auprès des éleveurs. En sillonnant la Prairie, Shorty évite à madame Courtney d'être abattue par Vance, le fils d'English, et Nate Corry le contremaître. Un acte dont ils réfutent l'idée. La veuve Courtney lui révèle que son mari était en réalité un détective privé engagé par l'association et qu'il avait posté deux rapports à l'adresse de celle-ci.

A Hardrow, Shorty confie Madame Courtney à Goldie et malgré les conseils du marshal s'incruste dans la bourgade. Bohannan le berger est retrouvé mort, calciné, ainsi que ses animaux; Shorty est passé à tabac par une bande à la solde d'English. Le soir même, dans le saloon de Goldie, où il couche sur le billard depuis l'incendie de sa cabane, il échappe de peu à une fusillade. Il parvient à sauver du saloon en flammes, un incendie criminel, Goldie et madame Courtney avec l'aide du marshal Tooms. Ils se réfugient dans la prison et doivent subir les assauts de Vance English et Nate Corry. Vance est mortellement blessé et Corry est lui aussi touché par les balles.

Malgré ses réticences, madame Courtney avoue avoir lu le rapport de son mari.

 

Dans le cadre d'un western, dont l'action se déroule en 1890, ce roman est en réalité la parabole sur la mainmise des puissants (quel que soit leur métier ou leur fonction) sur les faibles et de la contestation de privilèges abusifs.

Cette histoire qui se déroule dans un état américain en pleine mutation mais encore soumis à la loi des Seigneurs de la terre (cela a-t-il réellement changé ?) est une version moderne de la lutte biblique entre David et Goliath. Une lutte qui perdure un peu partout malgré les déclarations de bonnes intentions proférées à l'envi.

 

Avec sa barbe de huit jours, il faisait l'effet d'un cadavre au visage malpropre.

 

Curiosité :

Tom & Jerry ne sont pas uniquement des personnages de dessins animés. C'est également une boisson à base de rhum, d'œufs battus et de muscade.

Clifton Adams souligne également la différence entre existant entre le Marshall, représentant de la loi dans une bourgade, et du Shérif, responsable d'un comté.

Clifton ADAMS : La loi du flingue (Shorty - 1965. Traduction de M. Elfvik). Série Noire N°1098. Parution janvier 1967. 256 pages.

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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 09:51

Hommage à Marcel Aymé et au Passe-Muraille.

Jean-Pierre FAVARD : Le fantôme du mur.

A Dôle dans le Jura, là où vécu durant son enfance perturbée Marcel Aymé, existe une maison dont la construction remonte à plusieurs siècles. Au dessus de la porte d'entrée figure une inscription gravée dans la pierre et dont seuls les initiés et les amateurs de vieilles pierres connaissent l'existence.

ABEANT FURES MURES LEMURES.

Des lettres ravagées par le temps et le narrateur n'en possédera la signification complète qu'au bout d'intenses moments de réflexion et en ravivant ses souvenirs de latiniste.

Mais que fait le narrateur en cette bonne ville de Dôle. Encore une histoire d'amour qui s'est terminée en vrac. Emargeant à l'Eduction nationale, il a demandé à être muté dans une autre académie. Professeur d'histoire et de géographie, il s'est retrouvé dans la cité jurassienne par hasard, mais il ne s'en plaint pas.

Afin de passer le temps et comme c'est une passion chez lui, il se renseigne aussi bien auprès des bouquinistes de diverses institutions, Archives départementales par exemple, afin de s'imprégner de l'âme de la ville. Mais il existe aussi une autre raison à ses recherches.

Madame Angèle, sa voisine nonagénaire et plus, lui affirme qu'un fantôme réside dans les murs. Il est vrai que son appartement était inoccupé depuis très longtemps, mais les quatre-vingt-quatorze printemps d'Angèle ont peut-être influé sur son esprit. Justement il s'agirait d'un esprit frappeur. Le narrateur pensait au début qu'il s'agissait d'un problème de robinetterie ou du travail du bois dans la charpente et les cloisons.

Mais cette histoire de fantôme qui traverserait les murs l'intrigue et il se doit de résoudre cette affaire de passe-muraille. Madame Angèle le prend sous sa coupe, lui préparant de petits repas qu'elle apporte dans une assiette qu'elle refuse de récupérer.  

 

L'occasion rêvée pour le narrateur, et l'auteur, de nous faire découvrir Dôle par ses aspects géographiques, historiques et touristiques, avec l'attrait lié à la curiosité, en échappant à la pédagogie primaire et en incluant poésie et humour. Un bel hommage à Marcel Aymé puisque cet ouvrage comporte en outre :

Marcel Aymé, le faussaire du quotidien par Philippe Curval

Une biographie non exhaustive de Marcel Aymé

Les ouvrages consultés et un articulet concernant les illustrations de couverture.

 

Vous pouvez commander ce livre directement aux éditions La Clef d'Argent

Jean-Pierre FAVARD : Le fantôme du mur. Collection LoKhaLe N°1. Editions La Clef d'Argent. Parution le 15 avril 2015. 112 pages. 6,00€.

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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 08:40
Victor CANNING : L'oeil incandescent

Protégez-vous !

Victor CANNING : L'oeil incandescent

Echoués à Sugulli, petit port sur la côte somalienne, le docteur Wellard, Royce, en délicatesse avec la loi anglaise, Blaikie, prêtre, Fisher, peintre, Lily, artiste, Juliette, riche oisive, et un marin sont les seuls survivants du Cambria, un navire qui de l'Inde devait rallier l'Italie.

Ils sont recueillis par le carabinier local, Dracopoli, et s'installent dans un hôtel. Vit également à Sugulli, Harmer, un Américain prospecteur de pétrole marié avec une indigène dont il a eu une fille, Maria. Harmer dont la jeep est convoitée par Royce confie son rapport habituel à Dracopoli qui le joint à la demande de secours formulée par Wellard. Fagih, un indigène, muni du rapport et du mot de Wellard doit rallier Kandala à dos de mulet en quatre ou cinq jours. Il est assailli en cours de route par les hommes du Sultan Ali Yacquibi, le seigneur de la région.

Yacquibi, élevé à l'européenne mais qui déteste les étrangers, attend impatiemment encore deux ans lorsque le protectorat italien aura pris fin. Il brûle les papiers confiés à Fagih et fait tuer celui-ci par ses hommes.

Wellard soigne les malades du village aidé par Juliette tombée amoureuse de lui. Un incendie ravage l'habitation de Harmer. Wellard assisté de Royce qui tentait de s'échapper sauve Maria des flammes. Yacquibi, à qui Wellard et Dracopoli rendent visite, impute le crime à des membres de sa tribu qui n'auraient pas accepté le mariage de Harmer avec une Somali. Wellard ne croit pas à une vengeance à retardement et pense que l'Américain avait découvert du pétrole, ce qui contrarierait les projets d'indépendance du Sultan.

Un pêcheur a recueilli un blessé et Wellard s'empresse au chevet du moribond. Il s'agit de Fagih qui a survécu à ses blessures. Seul Dracopoli est mis dans la confidence. Juliette aime Wellard, et c'est réciproque mais le médecin qui possède sa fierté ne veut pas vivre aux crochets d'une femme. Et pour installer un cabinet à Londres il lui faut de l'argent qu'il ne possède pas. Il pense alors au petit coffre-fort de Harmer qu'il récupère dans le lagon où les hommes de Yacquibi l'avaient jeté et l'ouvre découvrant une liasse de papiers. Fait prisonnier par le Sultan il parvient à s'échapper avec les documents. Il est obligé d'avouer à ses compagnons qu'il désirait s'approprier de l'argent et Dracopoli les avertit que le Sultan n'en restera pas là.

Le lendemain c'est la fête de l'Au Hiltir et les survivants ont une journée de répit pour organiser la résistance dans l'hôtel et le poste de police le jouxtant.

 

Perdu dans la Série Noire ce roman n'est ni policier, ni noir, ni même espionnage comme en a écrit Victor Canning mais bien un roman d'aventures exotiques avec naufrage, documents, conflit avec les autochtones, et histoire d'amour bien entendu.

Les personnages ne sont ni bon ni franchement mauvais tel Royce le fraudeur qui ne s'érige pas en truand, ou Wellard le médecin qui par égarement déclenche l'ire du Sultan ou encore le prêtre qui se rappelle un épisode honteux de sa vie au contact de l'enfant. Quant à Lily, l'artiste effeuilleuse aux colombes, elle s'efface au profit de Juliette sans ressentir de rancune envers Wellard qu'elle aime mais qui ne la considère que comme une amie.

J'oubliais que vous êtes anglais ! Les enfants et les chiens, c'est sacré.

 

Curiosité :

Ce roman a paru pour la première fois dans la collection Panique des éditions Gallimard sous le numéro 19 en janvier 1963. Réédité sous le titre Un pyjama de sapin sous titré L'Œil incandescent, Paniques 2e série no 8,

Victor CANNING : L'oeil incandescent

Victor CANNING : L'oeil incandescent (The burning eye - 1959 - 1960. Traduction de Denise Rousset). Série Noire N°1625. Parution octobre 1973. 192 pages.

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