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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 09:18
Marvin ALBERT : Le tombeau du dernier sourire

Souriez ! Vous êtes enterré...

Marvin ALBERT : Le tombeau du dernier sourire

L'ami et associé de Pierre-Ange, dit Pete, Sawyer, Fritz Donhoff, est dans le coma, grièvement blessé de deux balles.

Sawyer monte à Paris et apprend que Fritz devait le charger d'une mission. Il s'introduit dans l'appartement de son ami et blesse un intrus. Une inconnue achève le travail. Mimi Nogaret, une relation de Fritz, et célèbre mère maquerelle quelques années auparavant, informe Sawyer que son ami recherchait un espion et escroc free-lance du nom d'Arnaud Galice, lequel est supposé mort depuis deux ans.

Susan Kape, la fille d'un milliardaire requiert ses services pour négocier auprès de Dollinger, un célèbre marchand et receleur d'antiquité, des pièces étrusques. Dollinger, qui habite non loin de l'endroit où Fritz a été blessé, a disparu, et la jeune fille qui vivait avec lui est assassinée d'un coup de couteau quasiment sous les yeux de Sawyer.

Le détective se rend à Rome, en compagnie de Carmen Haung, chargée de vérifier l'authenticité des objets qui alimenteront le musée que Susan doit créer afin d'acquérir une certaine crédibilité. Ils sont emmenés dans une grotte et Sawyer en profite pour subtiliser une petite statuette qui s'avérera fausse. Carmen était en cheville avec les trafiquants. Erudite mais d'origine modeste, elle était toujours reléguée au second plan et avait agit sous l'emprise de la jalousie.

Fritz sort du coma et révèle à Sawyer qu'il a cru reconnaître en son agresseur Galice. Celui-ci a changé de physionomie mais pas de démarche claudicante. Grâce aux relations de Donhoff, dont un capitaine de carabiniéri, Sawyer est avisé qu'un baron autrichien, Von Stehlik, était en relation avec Dollinger. Ce représentant d'une famille distinguée est installé à Venise et sert d'intermédiaire auprès de collectionneurs. De même, Réju, un détective qui travaille à l'occasion pour Pierre Ange lui apprend qu'une tueuse du nom d'Isabelle Lachard pourrait être la femme qui a tenté de l'abattre.

Sawyer se rend à Venise, rencontre Von Stehlik, qui possède un grand nombre d'accointance parmi les artistes peintres, sculpteurs, etc..., échappe à une tentative d'assassinat et prend rendez-vous avec Isabelle Lachard. Malgré toutes ses précautions, Sawyer est enlevé par des hommes de main de la tueuse.

 

On retrouve dans ce roman des personnages qui parfois ne font que passer dans les précédents livres de Marvin Albert. Crow, Réju ou encore l'inspecteur Gojon, tandis que d'autres ne sont que simplement évoqués comme Babette, sa mère.

Les tribulations de Sawyer l'emmènent en Italie, pays que semble affectionner Marvin Albert. Au delà de l'histoire, fort documentée au demeurant, on notera des similitudes entre les différents ouvrages. Le déroulement de certaines actions ont pour cadre des puits, des grottes, ou des souterrains.

Ou encore Sawyer découvre une partie de l'énigme grâce à une carte postale envoyée par l'un des protagonistes et ayant pour cadre la région Nice Monte-Carlo.

Les Françaises aiment permettre à un homme de se sentir viril et protecteur. Des siècles d'expérience leur ont appris que cela le rend plus maniable que de le battre au bras de fer.

Curiosité :

Ce roman est dédié, entre autre, à Roger Martin, qui consacra l'un de ses numéros d'Hard Boiled Dicks à Marvin Albert. A signaler également une joute oratoire ayant pour sujet la mort dans la poésie.

Marvin ALBERT : Le tombeau du dernier sourire (The last smile - 1988. Traduction de Simone Hilling). Série Noire N°2143. Parution juin 1988. 320 pages. 7,10€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 14:11

Il n'y a pas de raison qu'ils soient épargnés !

Maurice GOUIRAN : Les vrais durs meurent aussi.

En cette fin de juillet caniculaire, c’est l’hécatombe chez les légionnaires. Quatre décès sont enregistrés chez les képis blancs en retraite, mais le soleil n’y est pour rien. Ils ont été retrouvés avec le sourire kabyle et les choses de la vie dans la bouche. Biscottin, l’ami de Clovis l’ancien grand reporter, est inquiet. Son voisin, Le Polack, a disparu après lui avoir remis une reproduction de la Madone à l’enfant de Botticelli, ainsi qu’une boîte à chaussures emplie de documents.

Rapidement le tueur de légionnaires est mis sous les verrous. Il s’agit d’un Algérien, Mourad Boualem, qui aurait agi par vengeance. La police est discrète sur ses motivations mais Clovis apprend que sa mère aurait été violée dans les années cinquante par des soldats. Parmi les documents du Polack, des lettres. Celles qu’il a reçu durant des années de Lé, sa femme, lui donnant des nouvelles de leur fils Marcel, appelé aussi Trunq, et d’autres missives qu’il a rédigées mais jamais envoyées. Clovis est tout content de retrouver Alexandra qui rentre au bercail. Elle exerce un métier qui touche à la finance à Paris et couche avec un avocat, mais pour l’heure elle revient, ce qui n’empêche pas Clovis entre deux galipettes de s’intéresser à cette affaire. Le Polack le contacte. Il pensait que le tueur étant arrêté, il pourrait réapparaître mais les ennuis continuent. Sa maison a été visitée et deux trois trucs le turlupinent.

Rendez-vous est pris le soir près d’un yacht sur les quais. Clovis s’y rend mais il est assommé et il se réveille à l’hôpital. Le bateau a été incendié et une victime a été découverte. Probablement Le Polack, mais Clovis garde l’info pour lui. Même s’il a un contact à l’Evêché il ne désire pas galvauder ses informations. Il décide donc d’aller fouiner du côté de Sainte-Livrade, dans le Lot-et-Garonne. Un camp dans lequel ont été parqués plus de mille ressortissants Vietnamiens, après Diên Biên Phu.

Lé est décédée l’année précédente, mais Marcel y réside toujours. Hans, l’ami du Pollack a été assassiné, et Tham, sa veuve, ne sait pas grand chose. Ses deux garçons, Ai Quôc et Quy, bricolent du côté de Toulouse. Roger, natif du Tonkin, leur explique l’origine du camp et comment ont été, et le sont toujours, traités les ressortissants Vietnamiens qui vivent dans ce village, méprisés par la population locale. Il a été compagnon d’armes du Polack, alias Wilhelm, et de Hans. Il avait assisté en 1955 à une algarade entre deux légionnaires qui voulaient faire avouer où Wilhelm avait caché quelque chose. Quoi, il ne sait pas mais il sait que Klaus, le sergent-chef qui avait défendu l’agressé vit au village de Puyloubier, dans une maison de retraite allouée aux légionnaires. Quant à Trunq il montre un chagrin et une affection à retardement envers son père, qu’il n’avait jamais revu depuis sa naissance, soit plus de cinquante ans auparavant. De retour à Marseille, aidé d’Alexandra, Clovis dépiaute plus en profondeur la boîte qui contient outre les lettres des photos, des documents, une brochure sur l’Autriche, et autres babioles.

 

Si le fil conducteur réside en la résurgence du mythe d’un trésor de guerre nazi, enfoui quelque part en Autriche ou autre pays accueillant, le propos principal de Maurice Gouiran tourne autour d’un fait méconnu car honteux.

L’état a longtemps mis sous silence le camp, le ghetto pourrait-on dire, des déracinés Vietnamiens, des Indochinois à l’époque, des femmes qui mariées avec des militaires, ont été parquées avec leur famille, père mère et enfants. Les oubliés, les délaissés de ce conflit qui était entamé la seconde guerre mondiale à peine terminée et qui sera suivi par la guerre d’Algérie.

Ce sont également les tortures, pratiquées par les belligérants des deux côtés, qui sont dénoncées. L’auteur refuse, par l’intermédiaire de ses personnages, d’accepter le principe du œil pour œil, dent pour dent. Et ne se voile pas la face comme le désireraient certains historiens, ou pseudos-historiens, qui rejettent toutes les fautes sur un seul camp. Un roman qui au delà de l’histoire donne à réfléchir.

Maurice GOUIRAN : Les vrais durs meurent aussi. Editions Jigal. Collection Jigal Polar Poche. Mai 2015. 336 pages. 9,80€.

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Published by Oncle Paul
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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 08:25
Max Allan COLLINS : Ça sent la rousse.

Je dirais même mieux : ça sent le roussi...

Max Allan COLLINS : Ça sent la rousse.

Elu depuis peu maire de Cleveland, Burton a décidé de faire le ménage dans l'administration et d'assainir les affaires de la ville.

Il confie à Ness le soin de réorganiser les services de police ainsi que le corps de pompiers, et d'en extirper les membres corrompus. Il le nomme Directeur de la Sûreté publique. Un travail qui convient à Ness, plus homme de terrain que de paperasse, mais qu'il doit mener à bien le plus rapidement possible, le résultat du vote du budget et son accroissement en dépendant.

Ness s'entretient avec le chef Matowitz à qui il demande de muter les responsables de la Brigade Criminelle dans différents commissariats de la ville afin de démanteler un premier maillon de la corruption. Ensuite il nomme le lieutenant Potter, une promotion déguisée, responsable de la circulation, mettant à sa place à la tête de la Brigade criminelle Cooper. Selon Wild, un journaliste, le chef des policiers marrons serait quelqu'un de haut placé.

L'incendie d'un foyer de personnes âgées, une véritable bicoque, permet à Ness de constater l'incurie et la déficience du service des sapeurs-pompiers. Il organise une descente de police dans un salon de coiffure qui servirait de relai à des bookmakers et appartenant à la Bande de Mayfield Road. Lorsqu'il arrive, tout a déménagé. La confirmation que quelqu'un a renseigné les tenanciers.

Wild se moque de lui dans le journal, ce qui ne plaît pas à l'incorruptible. Ness décide d'embaucher des privés pour suppléer les policiers dans certaines tâches.

Un mois plus tard deux autres descentes sont mises sur pied, conduites par le procureur et son adjoint. Destination deux cercles de jeux. L'un des tripots clandestins est quasiment vide. L'autre offre une certaine résistance. Ness appelé en renfort ne se laisse pas impressionner par les gardes du corps armés et force la porte. Patton le responsable du local parvient à s'enfuir.

Wild lui apprend l'existence d'un trafic de concessions de cimetière mené par un supposé G-Man du nom de Sidney White. Il échange contre un prétendu bon de garantie sans valeur les livrets d'épargne des petits vieux, des immigrants pour la plupart. Aussitôt Ness établit un lien avec l'incendie du foyer et pense à une manœuvre criminelle.

 

Très charpenté, ce roman de Max Allan Collins, comme tous ceux mettant en scène les principales figures du banditisme des années 30 aux Etats-Unis et dont il est l'auteur, est autant policier qu'historique et documentaire. Il fait un peu penser à Marvin Albert qui lui aussi explora les bas fonds d'une façon très méthodique, y incorporant toutefois une touche d'humour. C'est ainsi que l'intègre Eliot Ness, ne dédaigne pas la compagnie d'un verre d'alcool lorsqu'il rencontre des difficultés d'ordre sentimental.

Si Ness se conduit comme un chef dans son rôle de Mr Propre, il passe à côté de la plaque lorsqu'il s'agit de gérer sa vie conjugale.

On n'est jamais plus vieux que mort.

Curiosité :

Nate Heller, le détective privé, héros de quelques aventures narrées par M. A. Collins, fait une apparition dans cette histoire et y joue un rôle déterminant.

Max Allan COLLINS : Ça sent la rousse. (The dark city - 1987. Traduction de F. M. Watkins). Série Noire N°2127. Parution mars 1988. 288 pages. 6,65€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 13:46

Bon anniversaire à Alain Puiseux, né le 28 mai 1963.

Alain PUISEUX : Bienvenue au Paradis.

Cortez a été mis à la porte de son squat. Des hommes sont venus, ont tout cassé, tout démoli et il n’a rien pu sauver pas même ses précieux carnets.

Vêtu simplement d’une couverture, il regarde son immeuble qui n’est plus que ruines.

Il est recueilli par Alice, une vieille dame qui l’appelle son Jésus. Comment se fait-il qu’il vive dans la forêt, près de la Sascatchoe, non loin d’une bourgade dirigée par un shérif féminin prénommé Martha ? Martha c’est aussi le nom de l’élan qui vient le voir de temps à autre dans la clairière où se dresse sa cabane. Refuge de récupération.

Il n’est pas seul, puisque vivent avec lui deux gamins, les jumeaux Tim et Tom. Et il a des amis, un endroit où se désaltérer. Enfin il peut trouver un sens à son existence, en aidant plus paumé que lui.

Comment est-il arrivé dans ce lieu tranquille, bucolique, serein ? Peut-être à bord d’un avion, peut-être comme ça d’un claquement de doigts, d’un coup de baguette magique.

 

Le rêve et la réalité se mélangent sous forme de retour arrière, de flash, de rêves (ou de cauchemars) éveillés. Un roman tendre, sensible, noir et vert, féroce sans être méchant dans la description de la noirceur d’un monde urbain, lyrique lorsque la forêt et les animaux tiennent la vedette, avec parfois la dose d’humour qui permet de digérer toutes les infortunes, les misères que la vie se charge de déposer aux pieds des plus démunis.

Deux mondes parallèles qui se télescopent à certains moments puis s’éloignent à nouveau comme si rien ne s’était passé.

 

Alain PUISEUX : Bienvenue au Paradis. Collection Hors Noir 27. Editions Hors Commerce. Parution le 22 juin 2001. 248 pages.

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 08:36
Eric KRISTY : Circulez !

Y'a rien à voir ?

Eric KRISTY : Circulez !

Noblard est affecté à la surveillance d'un quartier du 20e arrondissement de Paris en compagnie d'un flic de quartier nommé Roussillon.

Travail qui pourrait se dérouler sans trop de peine, s'ils n'étaient appelés en renfort sur les lieux d'un hold-up. Arrivés les premiers sur place, Noblard et Roussillon se trouvent nez à nez avec les deux braqueurs. Roussillon, perdant son sang-froid, abat l'un des jeunes malfrats, malgré l'intervention de Noblard. Bavure ? Pas bavure ?

La consigne est donnée par le brigadier Richez : Roussillon a tiré se croyant menacé. La légitime défense est le mot d'ordre. Coincé entre des chefs qui ne veulent pas de retombées capables de briser leur carrière, l'IGS la police des police qui condamne plus facilement les agents de la paix que les fauteurs de trouble, et les journalistes en mal de copie, ceux-là même qui le lendemain dénonceront le laxisme de la justice, Noblard se demande comment se sortir du bourbier dans lequel il est plongé.

La victime ne possédait pas de papiers sur lui, mais son identité est bientôt révélée, puis par recoupement celle de son compère, Marc Perez. Noblard reçoit chez lui des lettres anonymes vengeresses l'accusant de complicité. Un soir il est agressé à son domicile par Perez et la vendeuse du magasin où a eut lieu le hold-up raté. La concierge de Noblard qui lui apportait son linge est abattue avec l'arme du policier et le couple s'enfuit à moto.

Le commissaire Hérald n'est pas convaincu par les explications de Noblard qui affirme ne pas avoir reconnu ses agresseurs. Richez lui ordonne de ne pas changer d'un iota sa version des faits survenus depuis le début de l'affaire.

Noblard tente de convaincre Karine, la vendeuse, d'influer sur Perez afin qu'il disparaisse de la circulation, prêt à les aider financièrement. Mais Perez braque une armurerie. Noblard se rend chez Karine mais il arrive en même temps que Richez. Perez tire sur le brigadier, les flics arrivent en renfort et le couple est abattu.

Interrogé par Hérald, Noblard travesti les événements, déclarant que Richez avait tenu à ce qu'il l'accompagne pour une arrestation dont il pensait tirer profit.

 

Deuxième aventure à la Série Noire de Noblard, Circulez est un roman qui nous fait découvrir l'autre face du miroir sans toutefois s'apitoyer sur les malheurs du policier dans l'exercice de ses fonctions.

Un livre à lire au premier, au deuxième, et peut-être même au troisième degré. On peut y trouver une parabole en essayant de deviner à travers les lignes un message, décortiquer la trame de l'histoire en traquant les impulsions du personnage, dénigrer une corporation dans son ensemble en oubliant qu'elle est composée d'êtres humains réagissant selon les événements et les sollicitations diverses provenant des ordres, du respect, du cœur et de la raison.

Noblard est un homme normal vivant avec ses contradictions. Pour cela il se sent mal dans sa peau et ses relations avec Clara, son amie, ne sont pas toujours au beau fixe.

 

Je suis poulet trente neuf heures par semaine, pas plus. Le reste du temps je suis comme tout le monde.

Eric KRISTY : Circulez ! Série Noire N°2107. Parution septembre 1987. 192 pages. 4,90€. Disponible.

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 15:44

Elle nous supporte bien...

Sébastien DEVILLERS : Supporter la Terre.

Une jeune femme découverte suicidée dans un appartement qui n'est pas celui dans lequel elle vit habituellement, voila de quoi nourrir les questions que se pose Louis Dommage, détective privé.

Le crochet auquel elle s'était pendue avec une corde à linge n'a pas tenu sous le poids, mais de petits détails font tiquer le détective. Par exemple, pourquoi le plâtre qui est tombé du plafond sur la figure de la victime est quelque peu poisseux, comme si du sparadrap avait été apposé sur la bouche de la jeune femme. Une bizarrerie à approfondir pense-t-il. Tout comme la découverte de lingerie fine dans un tiroir. Tout comme la découverte de la pièce d'un Euro que la jeune femme porte sur elle. Un Euro, ce n'est pas grand chose, mais cela veut dire beaucoup, lorsque le côté face représente une chouette. Mais auparavant il prévient la police de sa découverte macabre.

Louis Dommage travaille depuis quelques années dans une agence de détectives avec Jérôme Taillefer, le patron bon garçon, et Stéphane, spécialiste en informatique. Il recherchait Laurence pour le compte de ses parents, qui vivent encore dans le Limousin, et n'avaient plus de nouvelles de leur fille depuis quelque temps.

Laurence était une fille simple, sans problème, qui travaillait à la vente de billets d'avion, et aidait des associations caritatives. Une apparence car en réalité la vie de Laurence était plus complexe que ses proches pouvaient imaginer. Pour les parents, elle était hôtesse de l'air, pourtant ils auraient dû penser qu'elle affabulait, vu son embonpoint. Et pour ceux avec qui elle était en relation, au dépôt des Restos du Coeur par exemple, elle était native soit de Dunkerque, soit du Sud de la France, ou d'une autre province profonde. Et lorsque Stéphane effectue des recherches en explorant le disque dur de son ordinateur, c'est pour s'apercevoir qu'elle correspondait avec de nombreux hommes, et des femmes, via des sites de rencontre. Et le travail de Stéphane est de dénicher qui se cache derrière les nombreux alias utilisés.

 

A la clinique Saint-Jean, dans un des beaux quartiers de la capitale, Jean-Charles Letailleur officie comme Directeur des Relations Humaines ou des Ressources Humaines, selon le critère que l'on veut accorder à ces nouvelles appellations de Directeur du Personnel. Soit on se met à la portée et à l'écoute de ses subordonnés, cas N°1, soit on se conduit en esclavagiste, Cas N°2. Jean-Charles Letailleur serait plutôt à placer dans la catégorie du cas N°1, car il n'aime pas voir les gens souffrir. Les bêtes non plus d'ailleurs. Il est pétri de compassion envers les malades en fin de vie, comme sa grand-mère Guillemette, Mimette pour les intimes dont il fait partie. Son corps rongé par le cancer. Et un soir, il l'aide à trépasser en douceur, il lui semble bien qu'elle le lui a demandé. Sa Grand-mère l'a élevé, il lui devait bien ça. Car son père, directeur de la clinique et principal actionnaire, et sa mère responsable dans une grande entreprise et toujours par vaux et par monts, n'avaient pas eu le temps l'éduquer. Ils sont très riches et lui aussi par conséquent.

 

Autre lieu, dans un restaurant, Béatrice et Paul s'alimentent. Nourritures spirituelles et terrestres sont au menu. Béatrice aimerait un peu plus de contact de la part de Paul alors que lui s'enferme dans une discussion philosophique. Passera-t-il à l'action, lui touchera-t-il la main, lui proposera-t-il une soirée agréable, ce jeune homme qu'elle a connu via un site de rencontre ?

 

Laurence n'est pas seule à être retrouvée suicidée. D'autres cadavres viennent s'ajouter à ce début de liste tenue par Louis Dommage et ses compagnons de l'agence. Des suicides qui ne souffrent pas de déni, et pourtant. L'un a été retrouvé au pied d'un précipice dans le parc des Buttes Chaumont tandis que l'autre s'est noyé volontairement. Mais pourquoi donc ceux-ci portaient sur eux une pièce d'un euro représentant une chouette ?

 

En général je n'apprécie guère les digressions dans un roman, jugeant que cela gâche la lecture et ralentit l'action. Mais dans ce livre elles sont les bienvenues car elles apportent de l'épaisseur indispensable aux personnages, ce que l'on pourrait appeler du "bon gras".

Par exemple les échanges sur Facebook entre jeunettes cachées sous un pseudo, comme il va de soi, une conversation parasitée par un individu qui se dissimule sous l'alias d'Hadès. Ou comme le fait remarquer à Dommage l'une des personnes qu'il rencontre :

Internet a bien des défauts, en particulier celui de donner la parole aux imbéciles, mais il permet aussi enfin la rencontre des esprits, sans l'obstacle des corps.

 

Ou la descente aux enfers et sur le pavé d'un agriculteur qui en mal d'affection avait pensé trouver sa promise, sur les conseils de l'adjoint au maire de son village, auprès d'une fille de l'Est. Ou comment un bon futur père de famille devient homosexuel par frustration, sa femme se refusant afin de ne plus se consacrer qu'au bébé à naître.

Ou la conversation entre Dommage, Stéphane et Taillefer qui discutent sur la position de l'Eglise par rapport au suicide. C'est l'occasion pour Louis, alors que Sylvie leur secrétaire a mal aux dents, ou à une dent, dans ces cas là on ne sait plus trop, de se remémorer ce que disait son curé à propos de l'éternité.

Et puis tu as mal toujours, la douleur ne te quitte jamais. Jamais, tu sais ce que ça veut dire, jamais, petit enfant ? Ça veut dire pour l'éternité. L'éternité, c'est comme une infinité de secondes et d'heures. Infini c'est comme le nombre de grains de cailloux qui font les rues de Paris multiplié par le nombre de grains de cailloux qui font les rues de toutes les villes du monde, multiplié par le nombre de grains de sable qui font les déserts du monde, multiplié par le nombre de mondes qui flottent dans le ciel ! Et quand tu en es là, ce que tu obtiens est comme le sable que ta main peut contenir par rapport au désert qui t'environne.

 

Un roman passionnant, qui s'articule comme un film à sketches, les chapitres se poursuivant les uns les autres, sous forme de petites nouvelles qui s'imbriquent les unes les autres, en apparence sans lien et pourtant qui constituent une intense réflexion sur les sites de rencontre par exemple, le comportement des personnes qui professent trop d'empathie à l'encontre de personnes dépendantes ou faiblardes mentalement. Un roman à tiroirs qui décèlent à leur ouverture les faiblesses de la vie.

L'on retrouve avec plaisir Louis Dommage, dont nous avons pu faire la connaissance en 1987 dans le premier roman de Sébastien Devillers Otage, après avoir subi quelques avatars rapidement expliqués et trouvé une compagne nommée Muriel. Un homme sympathique, qui aime comprendre les tenants et les aboutissants d'une affaire, les positions des uns et des autres, rechercher la faille qui se cache dans l'esprit des divers protagonistes liés de près ou de loin qu'il rencontre.

Pour découvrir les éditions Assyelle :

Sébastien DEVILLERS : Supporter la Terre. Editions Assyelle. Parution 23 janvier 2015. 298 pages. 18,00€.

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 13:11
Thierry JONQUET: Le manoir des immortelles.

Ils ont tout faux...

Thierry JONQUET: Le manoir des immortelles.

De la fenêtre d'un studio de la rue Bouchereau dans le 14ème arrondissement de Paris, Hadès photographie les inconnus qui pénètrent dans l'immeuble d'en face. Il expose sur les murs de la pièce les portraits numérotés des visiteurs. Lorsqu'ils ressortent, Hadès leur emboîte le pas et s'arrange pour connaître leur identité. C'est ainsi qu'il décide de supprimer N°52.

Le commissaire Salarnier et son adjoint Rital sont désignés pour enquêter sur la mort d'un décapité près de Bercy. Il s'avérera que le défunt, du nom de Harville et médecin légiste de son état, a eu la tête tranchée par une faux. En compulsant les dossiers des personnes disparues et des crimes non élucidés, ils constatent que deux autres meurtres ont été commis de la même manière quelques semaines auparavant. Ils apprennent que les trucidés exerçaient une profession en rapport avec la mort. L'un était propriétaire d'un magasin d'articles funéraires, l'autre fonctionnaire responsable des cimetières. Autre coïncidence troublante, les trois morts ont retiré de l'argent dans la même agence bancaire près de l 'avenue du Maine.

Hadès continue sa surveillance de jour, regagne son manoir le soir et passe quelques heures auprès de Lola. N°56 est fauché dans la fleur de l'âge.

Salarnier et Rital, prévenus qu'un nouveau meurtre vient d'être perpétré dans des conditions semblables, se rendent chez le trépassé. Réalisateur de télévision, Fabrard avait pour projet une émission intitulée Images de la mort de Dürer à Dali. Une rétrospective de tableaux de maîtres dont le personnage est la Mort et qui offre un panorama évolutif. Salarnier, lui-même confronté à la mort - sa femme décède d'un cancer - s'implique personnellement dans cette enquête.

Parmi les appels téléphoniques de Fabrard, Rital relève un numéro qui correspond à celui d'une prostituée de luxe, Nadine Holereau. La jeune femme reconnait d'après les clichés qui lui sont soumis quatre de ses clients. Salarnier met en place un dispositif de surveillance. L'inspecteur Lazleau est chargé de raccompagner la jeune femme à son appartement en banlieue et d'épier l'entrée de l'immeuble. Rital joue le rôle d'un client. Hadès le suit. Il est repéré par les hommes de Salarnier mais il peut leur échapper, après avoir blessé Rital, profitant d'une manifestation qui se déroule fort à propos.

Tandis que Salarnier trouve le studio d'où Hadès espionnait l'entrée de l'immeuble de Nadine, Hadès prend en otage la gamine de la prostituée et la confie à un couple devant un manège. Puis il se rend chez la jeune femme, la questionne sur Salarnier puis l'oblige à le suivre à son manoir. Il montre à la jeune femme une photo datant de 58 sur laquelle elle reconnait une femme lui ressemblant. Hadès lui injecte le contenu d'une seringue.

 

Comme dans ses précédents romans Thierry Jonquet met en scène un personnage psychopathe, dont la raison a divagué à la suite d'un malheur familial. Une livre dense, concis, où tout est écrit en peu de pages. L'on suit le personnage de Hadés avec un certain intérêt, mais c'est celui de Salarnier qui retient le plus l'attention. Sa femme se débat contre la mort et le commissaire est partagé entre sa peine et son enquête.

 

Thierry JONQUET: Le manoir des immortelles.

T'es un drôle de catholique, toi Rital, dit Salarnier, tu gobes les discours du Pape, mais tu aimes bien farfouiller dans les recoins cradingues... Moi, au moins, je crois en rien.

Thierry JONQUET: Le manoir des immortelles.

Thierry JONQUET: Le manoir des immortelles. Série Noire N°2066. Parution 1986. Rééditions : Série Noire, nouvelle couverture. Parution avril 1998. Folio Policier N° 287. Parution février 2003. 3,00€.Disponible sur le site de la Série Noire.-

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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 10:58

Ah bin, chat alors !

Jérémy BOUQUIN : A mort le chat !

Le lecteur entre dans ce bouquin, pardon, dans ce livre comme on saute à pieds joints dans une mare de boue. Cela éclabousse de partout, ça laisse des traces dans les neurones, et on se dit que pour une fois le héros n'est vraiment pas quelqu'un de sympathique, quelqu'un avec qui on aimerait passer ne serait-ce qu'un après-midi.

D'ailleurs, dès le premier Chat pitre, le ton est donné. Aujourd'hui j'ai tué mon chat. Pas par accident, non, volontairement. Tout ça parce que son chat a eu le malheur de parler. De l'invectiver, de l'insulter, lui, son maître. De le traiter de tous les noms, au nom de quoi, je vous le demande. Non, vous ne pouvez pas savoir... Bref, Jarring, c'est le nom du massacreur de chat, a écrasé, balancé contre les murs, écrabouillé la tête de son félidé, tout ça à cause de quelques paroles malheureuses. Comme s'il n'y avait pas assez de son père pour lui parler, son père est décédé depuis des années je précise, qui se rappelle à son bon souvenir.

Jarring est perpétuellement sous tension. Il banque pour 3000 euros par semaine, c'est lui qui l'affirme, en ecstasy, cannabis, résine, herbe, et autres médicaments dopant le tout ingéré avec de nombreux verres d'alcool afin de mieux dissoudre ce qu'il ingurgite. Ce qui veut dire qu'il n'est pas toujours frais et stable dans ses baskets. Cela ne l'empêche pas de travailler comme lobbyiste, c'est à dire en bon français qu'il est une personne qui organise un groupe de pression auprès d'autorités politiques afin de défendre des intérêts économiques, professionnels.

Je ne crois en rien pourtant je vends de tout ! Mais pas à n'importe quel prix !

L'entretien avec son nouveau client s'établit au restaurant. L'homme veut vendre des produits compliqués, des OGM, seulement l'Europe renâcle entraînant à sa suite le refus des gouvernements et des fonctionnaires. Il représente de nombreuses entreprises agroalimentaires. Pourtant, c'est lui qui l'affirme, il faut motiver les Français à le consommer. Un travail comme un autre même si les carottes râpées dans l'assiette de Jarrings, il est végétarien, ont du mal à rejoindre son estomac. Néanmoins il accepte la mission après mûre réflexion, contre un chèque à six chiffres, il aura des frais, et il se retourne auprès de Catherine, sa fidèle amie amante, toujours disponible à l'aider. Auparavant il se rend chez son psy, comme toutes les semaines, il se procure une arme de poing, et achète un chaton. Son appartement est si vide.

Catherine est une belle plante nourrie aux OGM, c'est à dire qu'elle est botoxée, siliconée, ravalée, entièrement de la tête aux pieds, surtout aux endroits stratégiques. Mais ça lui va bien. Elle possède un carnet d'adresses indispensables, effectue ses recherches et trouve le client idéal, celui qui devrait porter haut les couleurs des OGM à l'Assemblée Nationale et convaincre ses petits copains de l'hémicycle.

Un député-maire d'une petite commune du Sud, favorable aux OGM, peut-être ancien communiste et dont les parents sont écolos. L'homme idéal pour porter la bonne parole.

 

Et c'est comme ça que notre "Héros", va à la rencontre de celui qui pourrait assumer cette mission. Les ennuis commencent lorsqu'il veut louer une voiture, lui qui n'a pas de permis. Et son chaton, qu'il emmène, se méfie de lui. Il doit savoir qu'au bout d'un certain temps son maître, son esclavagiste, va se débarrasser de lui. Il en perd ses poils le matou.

 

Drogué, alcoolique, cynique, violent Jarring est un être malsain, mais très demandé, les hommes politiques étant tout le temps sur la brèche, à cause d'une maîtresse, de trafics d'influence, de perte de vitesse, les petits ennuis inhérents de la vie courante de nos édiles.

Je suis un cuisinier de la vie sociale, je bricole, concocte, je jette de l'huile sur le feu. Je conditionne mes concitoyens.

En nous imposant ce triste personnage, Jérémy Bouquin nous montre l'autre facette de la vie politique et des magouilles qui se trament dans notre dos, grâce à des individus peu recommandables.

Je suis ressorti de cette histoire, qui ne manque pas d'humour, l'esprit mitigé car rien dans ce personnage n'attire la sympathie, au contraire. Dès les premières pages on est révulsé par la violence avec laquelle il se déchaîne envers son pauvre félidé qui ne lui a rien fait, sauf lui parler, mais tout ce passe dans son esprit perturbé. Et mettre en scène un drogué alcoolique, limite schizophrène, destructeur de chats, lui faire endosser le beau rôle, car les clients se pressent afin de requérir ses services, être riche tout en ayant l'esprit en vrac la plupart du temps, cela n'est guère moral.

Et pourtant Jérémy Bouquin parvient à nous scotcher à cette intrigue, et malgré le dégoût ressenti, on ne peut lâcher ce livre. On veut savoir jusqu'où cela va aller dans la démesure. Et heureusement l'épilogue redresse la situation.

 

Jérémy BOUQUIN : A mort le chat ! Editions Lajouanie. Parution le 17 avril 2015. 272 pages. 18,00€.

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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 09:03
Julius A. LION : Poulets et perroquets.

Oiseaux de compagnie ?

Julius A. LION : Poulets et perroquets.

Un retraité est retrouvé mort dans son pavillon, troué de deux balles et la figure amochée au coup de poing américain.

Tout est chamboulé et parmi ce foutoir un perroquet crie Le fascisme ne passera pas !

Le commissaire Boule, qui couche avec Antonine Lorenzetti, la fille de son supérieur hiérarchique, est chargé de l'enquête, le crime s'étant déroulé près de chez lui. L'hypothèse retenue est que le meurtre a été perpétré, le vieil homme refusant de vendre sa maison à une société immobilière, la SIPO. Antonine est agressée par quatre loubards. Boule réussit à en interpeller trois, Saari, Diop et Hébrard, le quatrième, Taxi, lui échappant. Ils seraient à la solde de Simon le Danseur, un dealer.

Mme Pombarède, la femme du directeur de la SIPO a assisté de loin à la tentative d'enlèvement. Il se peut qu'il y ait eu confusion entre Antonine et cette dame. Boule alpague Charlie Main de Fer, qui est à la recherche de Taxi, et Simon le Danseur, lesquels sont relâchés peu après. Il apprend par la femme de ménage du retraité que le perroquet ne devrait pas être vivant mais empaillé. Quant à son indic, qui l'avait mis sur la piste de Charlie, il est revendeur pour le compte de Simon. Une guerre des gangs se profile à l'horizon, les tueurs venant de pays méditerranéens.

Boule rencontre l'oiseleur-taxidermiste, qui a empaillé le perroquet et en aurait offert un vivant au cheminot peu avant son décès, ainsi que Pombarède, habitué de la volière. Il dirige également son enquête du côté d'une secte, les Kshatriyas dans laquelle il infiltre un exhibitionniste arrêté par Justine, une de ses fliquettes. Boule échappe successivement à des attentats orchestrés par Simon : charge de dynamite, tueur turc lancé à ses trousses. Boule s'en sort à chaque fois.

Il fait analyser par une amie pharmacienne les sachets de poudre prélevés au hasard de ses recherches; ils ne contiennent que des analgésiques bénins, provenant des laboratoires de Margotte, l'oiseleur qui est aussi fabriquant de médicaments. Taxi est retrouvé mort, poignardé. Alors qu'il se prépare pour un bal masqué, Boule reçoit un appel anonyme l'informant que le temple des Kshatriyas va être attaqué. Il s'y rend en compagnie de ses fliquettes et met la main sur Simon. Boule, blessé ne lui laisse aucune chance en lui tirant dans le ventre. L'étau se resserre.

 

Difficile à résumer ce roman débridé, complexe, dans lequel prolifèrent personnages et intrigues qui s'entrecroisent. L'action est constante et les scènes défilent comme tirées par une mitrailleuse. L'humour est présent à chaque page, aussi bien dans les dialogues que dans la description des situations. Un humour souvent ravageur.

Boule se montre sympathique malgré certaines mesures expéditives, à la limite de la bavure, mais le tout est enrobé d'un ton bon enfant. C'est un jouisseur de la vie, fin gourmet et amateur de femmes.

 

J'allais vous dire merde, mais le respect m'a retenu.

Ce n'est pas que je parle lentement, c'est que vous écoutez trop vite.

Il commença à claudiquer en blasphémant comme un templier sur le bûcher à qui le bourreau demande si par hasard il n'aurait pas une allumette.

Curiosité :

Les chapitres sont précédés d'un titre, comme les bons vieux feuilletons populaires d'antan.

 

Julius A. LION : Poulets et perroquets. Série Noire N°2059. Parution juillet 1986. 256 pages. 6,05€ disponible sur le site de la Série Noire.

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 08:04
Stuart KAMINSKY : Le toutou du président

N'est pas forcément l'un des conseillers qui gravitent dans son entourage.

Stuart KAMINSKY : Le toutou du président

Transportons nous un peu plus de soixante-dix ans en arrière, en 1942 exactement, à Hollywood, et retrouvons notre ami Toby Peters, le détective privé, fauché et affligé d’un mal de dos persistant, sans compter les nombreuses séquelles de blessures recueillies au cours d’enquêtes et altercations dues à sa mauvaise humeur ou son sens de la répartie cinglante pas toujours appréciée de la part de ses interlocuteurs.

Toby Peters se trouve plongé une fois de plus dans une drôle d’enquête mais côtoyant toujours des personnages prestigieux, et l’on se demande comment il arrive à être encore plus fauché et miteux à la fin de son enquête qu’au début, malgré la présence et la participation de ces personnalités.

Cette fois Toby ne se trouve pas entraîné dans les milieux cinématographiques, sa spécialité, malgré deux apparitions savoureuses, tendres et rapides de Buster Keaton, mais se verra proposé par la première dame des Etats-Unis, madame Eleanor Roosevelt, femme de Franklin D. Roosevelt, le président des USA pas moins, l’affaire suivante :

Il doit retrouver Fala, le chien du Président, un petit scotch terrier noir. Du moins le vrai car Eleanor Roosevelt pense qu’il y a eu substitution, et le chien qui vit à côté de son mari n’a plus les mêmes réactions, disons affectueusement canines, auprès de celui-ci, engendrant mauvaise humeur et complications diplomatiques.

Après de multiples horions, plaies et bosses, Toby Peters déchiffrera la clé de l’énigme, ses pas le menant de chez un vétérinaire qui possède un assistant, musclé mais pas très futé, à une réunion d’un nouveau parti des conservateurs. Il est secondé par ses amis Sheldon Minck, le dentiste charlatan, Jeremy Butler, ancien pugiliste et poète, et Gunther traducteur suisse.

Un livre délicieusement rétro mais à la chute un peu fouillis. Je ne résiste pas au plaisir de vous dévoiler cette citation extraite de ce roman :

La ligne séparant la conviction de la folie est aussi fine que l’espace entre deux pensées. Le fou qui emporte notre foi est qualifié de saint, et le saint qui ne nous convainc pas est qualifié de fou.

Stuart KAMINSKY : Le toutou du président (The Fala Factor - 1984. Traduction de Simone Hilling). Série Noire 2015. Parution aout 1985. 320 pages. 6,05€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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