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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 13:04

Un p'tit train s'en va dans la montagne...

François DARNAUDET : Le dernier Talgo à Port-Bou.

Le choix par les parents du prénom de leur enfant peut-il influer sur le destin de celui qui le porte ?

Gabriel, comme l'archange de l'Annonciation, exerce un métier particulier. Il est flic, d'accord, mais son statut n'est pas celui d'un policier normal. Légèrement handicapé, il lui manque un orteil, il a été nommé Ange de la mort, dénomination non officielle de l'officier de police chargé des cadavres en partance, soit vers d'autres villes françaises, soit vers l'étranger. Il est chargé de vérifier si le cadavre est bien décédé, de l'inspecter, d'apposer les scellés sur le cercueil et tamponner quelques formulaires, d'annoncer que son client est prêt à partir ailleurs.

Seulement ce cadavre auquel il doit donner les derniers sacrements liés à sa charge, un Italien nommé Paolo Bartaldi, un quinquagénaire décédé d'une crise cardiaque dans le train qui l'emmenai à Port-Bou, il ne le sent pas. Une impression. Alors avant que ceux qui doivent le prendre en charge arrive, il fouille dans ses affaires et relève ses empreintes. Il récupère un bouquin en italien signé d'un certain Walter Benjamin. Les deux personnages qui doivent accompagner à sa dernière demeure le macchabée ne l'inspirent pas non plus. Peut-être des policiers ou plutôt des agents secrets italiens. Mais pas des membres de la famille, Gabriel en est persuadé. Puis il demande à l'un de ses collègues, sous le sceau de la confidentialité, d'effectuer des recherches concernant son client dans les fichiers adéquats, empreintes à l'appui.

Mais un autre cadavre l'attend. Gabriel travaille une semaine sur deux, en alternance avec un autre collègue, et ses journées ainsi que ses nuits sont bien chargées. Enfin, cela dépend des circonstances. Et lors de sa semaine de liberté, il peint et s'occupe de son fils Michel, quinze ans, qui aime les études et principalement les maths et les sciences. Quand il n'est pas là son fils a droit à des surgelés, aussi lors de ses moments libres il essaie de s'en occuper en père maternel (si, ça existe des pères qui élèvent seuls leur gamin), même s'ils ne sont pas toujours sur la même longueur d'onde.

Il se renseigne d'abord sur Walter Benjamin, un écrivain philosophe dont il n'a jamais entendu parler. Un ami libraire lui conseille même l'un des livres, Sens unique. L'introduction lui permet d'apprendre que l'Allemand s'est suicidé en septembre 1940, à Port-Bou.

Revenons à notre second cadavre, qui n'a pas bougé et pour cause, et interpelle lui aussi Gabriel. Le père est là mais ne montre apparemment pas de chagrin. Une attitude peu commune. Christophe, décédé soi-disant d'une malformation du cœur, serveur dans un établissement de restauration rapide ce qui n'a aucune relation de cause à effet avec sa mort, avait été naturalisé français à sa majorité, et ne souhaitait pas revenir en Espagne. Pourtant le père veut l'inhumer dans le cimetière de Port-Bou. C'est une jeune fille en larme qui le déclare. Alors, Gabriel décide d'enfreindre les consignes.

Trop de coïncidences pense Gabriel. Le centre du monde n'est plus la gare de Perpignan, malgré ce qu'affirmait Salvador Dali, mais bien Port-Bou. L'Italien, sur lequel Gabriel a obtenu des informations surprenantes, devait se rendre dans ce premier village espagnol, le jeune Christophe doit y être enterré, Walter Benjamin y est décédé, et de plus son fils Michel doit s'y rendre en voyage scolaire, car dans deux jours, le 26 septembre exactement, une cérémonie doit y avoir lieu afin de commémorer la mort du philosophe Allemand.

 

François DARNAUDET : Le dernier Talgo à Port-Bou.

En incrustation, le lecteur peut suivre le parcours et les derniers jours de Walter Benjamin au destin tragique. Mais il reste une inconnue : qu'est devenu son carnet noir sur lequel il venait d'écrire son dernier ouvrage. Un carnet qui ne sera jamais retrouvé.

 

A partir d'un fait-divers tragique, un épisode parmi tant d'autres de la Seconde Guerre, François Darnaudet a construit une intrigue forte, qui ressemble presque à une histoire vraie. Et qui donne les clés d'une disparition, clés vraisemblables jusqu'à preuve du contraire. C'eut été trop simple si l'auteur s'était arrêté à une simple enquête, non autorisée, de la part d'un Ange de la mort.

Une course poursuite s'engage, avec effets visuels garantis, entre Perpignan et Port-Bou, en passant par Collioure, Banyuls, plus quelques chemins détournés et des tunnels en voie de garage. Avec un final quelque peu apocalyptique que François Darnaudet a dû remanier entre la fin de l'écriture et la parution du roman à cause d'un événement tragique, réel celui-ci, qui s'est déroulé entre temps.

 

Un court roman qui démontre que point n'est besoin de noircir des pavés de cinq cents pages et plus pour que le lecteur en ait pour son argent.

François DARNAUDET : Le dernier Talgo à Port-Bou. Collection Les Polars Catalans. Editions Mare Nostrum. Parution le 5 septembre 2005. 130 pages. 10,00€.

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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 08:01
Donald GOINES : Truands and Co

Excuse-moi partenaire de t'interrompre ainsi...

Donald GOINES : Truands and Co

Trop empressée, trop soucieuse de faire plaisir à ses parents, la petite Tina dans un geste incontrôlé renverse sur le tapis la dernière dose de dope que s'apprêtait à s'injecter son père.

Celui-ci, furieux, tabasse la gamine jusqu'à ce que mort s'ensuive. Une délivrance pour la gamine qui ne connaîtra plus jamais la faim, les volées de coup et un amour maternel apparenté à de la haine.

Billy Good et Jackie, deux truands surnommés Laurel et Hardy par les inspecteurs de la crime et à la recherche d'un peu d'argent, trouvent auprès du couple de camés le cadavre de la fillette. Froidement ils abattent les parents et repartent comme si de rien n'était.

Benson, un inspecteur Noir qui enquête sur le double crime, est pris à partie par un policier raciste qui croit tenir au bout de son flingue un simple quidam venu se rincer les yeux.

Billy et Jackie ayant besoin d'armes nouvelles proposent leurs services à Kenyatta, le rebelle Noir qui rêve de purger la ville de deux engeances qu'il abhorre : les flics et les dealers. Ce renfort inopiné arrange Kenyatta qui ne manque pas d'idées mais d'hommes de main à la hauteur.

 

Truand, drogué et Noir, Donald Goines, tué par balles en 1974 par un inconnu, a écrit ses romans comme des réquisitoires envers ses frères de couleur qui vivent en marge de la Loi.

Ses livres sont une sorte de rédemption, un acte de contrition dans lesquels il dénonce ce par quoi il a péché. Il s'insurge contre le racisme, l'imbécillité des hommes et la trahison avec encore plus de violence que ne le faisait en son temps Chester Himes, précurseur dans la description réaliste de la condition des Noirs.

 

Donald GOINES : Truands and Co (Crime Partners - 1974. Traduction de Olivier Vovelle). Série Noire N° 2336. Parution janvier 1995. 176 pages. 6,05€.

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 13:11

Vaut bien la couronne d'Angleterre...

Henri VERNES : La couronne de Golconde.

Sur le Gange, un paquebot de croisière qui vogue vers l'Inde, une partie de poker fait rage.

Bob Morane ayant répondu favorablement au défi provocateur d'Hubert Jason, qu'une chance insolente vient semble-t-il de déserter, Bob Morane engrange devant lui les billets. Mais Morane n'est pas attiré par l'appât du gain et quand il le faut sait se montrer gentleman.

Parmi les spectateurs de cette partie acharnée, Sarajini Savadra, une jeune Eurasienne qui rejoint son pays d'origine en vue de récupérer son héritage. Un héritage fabuleux qui lui permettrait d'affirmer son métissage.

Mais sur les pas de Bob Morane et de la jeune fille se dresse l'ombre inquiétante de Monsieur Ming.

 

Ecrit et publié en 1959, La couronne de Golconde est le premier roman dans lequel apparait Monsieur Ming, personnage légendaire dont les démêlés avec l'Aventurier constitueront une saga composée de quarante romans et quatre nouvelle, le Cycle de l'Ombre Jaune.

La couronne de Golconde voit donc l'apparition de cette fameuse et maléfique Ombre Jaune, personnage malfaisant qui fit rêver, pour ne pas dire fantasmer, toute une génération d'adolescents. Qui ne s'est alors pas identifié à Bob Morane, le preux chevalier des temps modernes ?

 

C'est avec un plaisir non feint ni dissimulé que j'ai relu cette aventure dans l'édition Fleuve Noir, aventure qui n'a aucunement perdu de sa saveur exotique et qui tranche avec les manifestations de violence outrancière proposées actuellement aux jeunes avec certains récits, films, séries télévisées et jeux vidéo. Car il ne faut pas se leurrer, malgré les interdictions signifiées par les diffuseurs, personne n'est là pour les empêcher de visionner ou jouer.

La part de rêve empiète sur la réalité et pour moi qui n'ai plus vingt ans depuis longtemps, cela se traduit comme une bouffée de fraîcheur.

Comme il est bon parfois de se retremper dans ce qui enchanta sa jeunesse ! Et les créateurs des Aventuriers de l'Arche perdue et autres Recherches de Diamant du Nil ou autres, n'ont rien inventé, tout juste transposé. Je sais, je suis resté très gamin, mais est-ce répréhensible ?

 

Première édition Marabout Junior N°33, 1959.
Première édition Marabout Junior N°33, 1959.

Première édition Marabout Junior N°33, 1959.

Réédition Librairie des Champs Elysées en 1978

Réédition Librairie des Champs Elysées en 1978

Claude Lefrancq éditeurs en 1999.

Claude Lefrancq éditeurs en 1999.

Curiosité :

Depuis quelque temps Bob Morane connait de nouvelles aventures chez Ananké grâce à la plume féconde de Brice Tarvel.

Henri VERNES : La couronne de Golconde. Collection Aventures. Bob Morane N°24. Editions Fleuve Noir. Parution janvier 1990. 192 pages.

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 07:34
Joseph BIALOT : Route Story.

Hommage à Joseph Bialot né le 10 août 1923

Joseph BIALOT : Route Story.

Ecrire des histoires susceptibles d’intéresser le lecteur, de le tenir en haleine, c’est comme qui dirait la règle de base du romancier.

Mais les auteurs veulent que le lecteur en ait pour son argent, alors ils s’imposent (comme s’ils ne l’étaient pas déjà assez par le trésor pudique et impudique) des contraintes d’écriture.

Ainsi Joseph Bialot dans Route Story, non seulement se met dans la peau de différents personnages, dont celui d’un gamin de treize ans, narrant leur aventure en alternance et afin de rendre le récit le plus vivant possible, il emploie à chaque fois la première personne. Or se muer à chaque fois en protagoniste différent, respecter la sensibilité de chacun, se grimer psychologiquement, mentalement, ce n’est pas toujours évident.

Michel est fils de routier. Etait, car son père est mort. Et il voudrait déposer une rose à l’endroit s’est tué. Mais à treize ans, si le courage, la volonté, ne manquent pas, les fonds ne suivent pas.

Alors Michel n’a qu’un moyen pour rallier l’endroit fatidique : devenir un passager clandestin. Surtout ne pas se faire prendre, voyager au hasard des bonnes fortunes, et essayer d’appliquer le théorème géométrique stipulant que le plus court chemin d’un point à un autre est la ligne droite. Pour Michel, ce serait plutôt la ligne brisée.

 

Des romans comme celui de Joseph Bialot, on en redemande et on ne voit pas le temps passer.

- Pour un marin qui remporte la course, entrer dans le port, c’est un instant important. C’est comme, comme...
- Comme s’apprêter à faire l’amour ? A une femme longtemps désirée ?
- Tout à fait ! Ma parole, vous avez déjà navigué ?
- Non, mais j’ai déjà fait l’amour.

C’est beau, c’est poétique, c’est tellement vrai que ça sent le vécu.

Réédition Folio Policier N°439. Parution novembre 2006. 256 pages. 7,40€.

Réédition Folio Policier N°439. Parution novembre 2006. 256 pages. 7,40€.

Joseph BIALOT : Route Story. Série Noire N° 2503. Parution juin 1998. 246 pages.

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 13:37

Bob Morane contre tout chacal

L'aventurier contre tout guerrier...

Henri VERNES : Mémoires.

Dans sa préface, le fin lettré qu'est Jean-Baptiste Baronian se réfère à la troisième des vingt-et une-dictées de Simenon, parue en 1976, et cite plus particulièrement cette phrase :

Au fond, les mémoires sont de faux portraits de soi tels qu'on veut les laisser à la postérité.

Et ces mémoires, écrites par Charles-Henri Dewisme, plus connu sous l'alias d'Henri Vernes, procurent à la fois un vif plaisir à découvrir la vie mouvementée du créateur de Bob Morane mais en même temps un sentiment de frustration, car il y manque la denrée essentielle : comment est né ce personnage qui défie le temps.

 

En effet une grande partie de l'ouvrage est consacrée à la jeunesse chaotique du jeune Charles-Henri. Il est élevé par ses grands-parents, sa mère ne pouvant s'occuper de lui, obligée de travailler. Ses parents ont divorcé très tôt et le jeune Henri (appelons-le ainsi car c'est sous ce prénom qu'il est le plus connu) se souvient surtout de ses grands-parents, de son oncle Nestor et sa tante Léontine, et de la petite chienne Dinah. Il nait à Ath, surnommée la Cité des Géants à cause de la Ducasse, sa mère s'étant réfugiée pour accoucher chez sa sœur Léontine, guerre oblige. Puis ils regagneront Tournai. De sa prime enfance, comme pour tout un chacun, le jeune Henri ne garde que quelques images, souvent renforcées par ce que sa famille lui a raconté. Toutefois un de ses souvenirs marquants est relatif à la réflexion du docteur de la famille.

Cela fait deux fois que je vois cet enfant boire en mangeant. Cela l'empêchera de digérer !

Né le 16 octobre 1918, Charles-Henri Dewisme aura bientôt cent ans. Et il se porte bien. Encore un préjugé de la médecine rétrograde...

 

Ce dont il se souvient le plus, c'est de son premier amour. Yvonne. Cinq ans comme lui. Et des femmes Henri en connaitra beaucoup. Celle qui le déniaisera, alors qu'il n'a que treize ans, ce sera Adèle, une amie de sa mère, âgée de trente trois ans et veuve très tôt. Et tout en fréquentant Adèle, il va au collège, chez les Jésuites, lui qui ne pratique pas la religion. Et bien entendu entre les pères et lui, ce n'est pas toujours l'entente cordiale. Il s'initie à la boxe, sa carrure imposante le prédestinant à un art martial, pensez donc, à quinze ans il mesure 1,80m pour 70 kilos ! Tout ceci ne l'empêche pas de lire. Dès son plus jeune âge, il engloutit les œuvres des auteurs de romans populaires, avec voracité (voir citation en bas d'article).

Après Adèle il y a eu d'autres, mais madame Lou comptera beaucoup dans sa vie. Nous sommes en 1937, il a dix-neuf ans et il n'hésite pas à tout quitter pour la rejoindre à Shanghai. Il embarque à Marseille à bord du Rousselle, muni de faux papiers, effectuant un long péripleShangaï, Canton, Hong-Kong, et au bout de trois mois il rentre au bercail. Madame Lou donnera peut-être naissance au personnage de Miss Ylang-Ylang.

Puis c'est la guerre. Il se marie en 1938 avec Gilberte, la fille d'un diamantaire anversois chez qui il travaille, mais divorce en 1941. Et entre dans un service de renseignements de la Résistance, recueillant et transmettant des informations à l'attention et l'intention des résistants basés à Londres. Et en 1943, alors qu'il fréquente les milieux littéraires, il fait la connaissance de Jean Ray, qu'il a lu tout jeune. Plus tard il le retrouvera, l'imposera chez Marabout et fréquentera également Michel de Ghelderode.

Il commence à écrire, son premier roman, La porte ouverte, parait en février 1944. D'autres suivront, et après un séjour de trois ans à Paris où il est correspondant pour une agence américaine et des journaux lillois, il revient en Belgique en 1949. Il collabore à des magazines jeunesse, dont Tintin, Mickey Magazine, Héroïc Jeunesse, et en juin 1953 il rencontre Jean-Jacques Schellens, le directeur des éditions Gérard et C° qui désire créer une collection de romans d'aventures pour la jeunesse. C'est le début de Marabout Junior et Les conquérants de l'Everest, numéro 10 de la collection signé Henri Vernes, sera le premier d'une longue série, plébiscité par les jeunes lecteurs.

Henri VERNES : Mémoires.

Henri Vernes voyage beaucoup, notamment dans les années 50 en Amérique Latine, ce qui lui permet d'engranger de la documentation géographique. Et il écrit, publiant sous divers pseudonymes, variant les genres tout en restant fidèle à Bob Morane.

Henri Vernes n'est guère tendre dans ses Mémoires envers ses confrères de Marabout Junior, et pourtant cette collection publia les premiers romans signés Pierre Pelot avec sa série des Dylan Stark. Il affirme avoir porté cette collection à bout de bras, ses romans s'arrachant comme des petits pains. Mais connaît également la désillusion lorsqu'il s'aperçoit que son éditeur, André Gérard, le fondateur de la maison d'édition et imprimeur à Verviers, ne déclare pas la totalité des ouvrages imprimés. Une arnaque et il n'est pas vain de penser que le chiffre annoncé des ventes des aventures de Bob Morane est en dessous de la réalité.

 

Autre auteur qu'il démolit avec verve : Hergé.

Un autre élément caractéristique de l'atmosphère régnant à ce tournant de l'histoire, est celui d'Hergé, l'auteur de Tintin. Reconnu collaborateur, inspiré par l'abbé Wallez, fasciste notoire, ami de Degrelle et de Jamin, complices actifs du nazisme, antisémite avéré, Hergé fut blanchi, en dépit de plusieurs arrestations motivées, grâce à l'intervention de résistants qui avaient besoin de lui pour des raisons commerciales. On fit de lui un génie, alors qu'il n'était qu'un dessinateur moyen dont l'humour, souvent, ne dépassait pas, en s'en inspirant, le Brigadier vous avez raison.

 

Intéressant mais frustrant, cet ouvrage n'aborde pas par exemple comment est né Bob Morane. A la demande de Jean-Jacques Schellens, on l'a vu, mais quel fut le déclencheur, comment et quand écrivait-il, prenait-il des notes, c'est tout un pan de sa biographie qui est occultée. D'ailleurs il est fort peu disert sur tout ce qui touche à la rédaction de ses romans, que ce soit pour les Bob Morane, que sous les pseudos de Jacques Colombo pour la série DON au Fleuve Noir, Jacques Seyr pour Marabout Junior, et quelques autres. Il s'étend plus largement sur ses conquêtes féminines et sur son activité durant la guerre, sur ses prises de position politiques dénonçant particulièrement les antisémites et les collaborateurs du régime nazi.

Henri VERNES : Mémoires.

Et moi je lisais... Je lisais encore... Je lisais toujours... J'en étais encore à Louis Boussenard, à Alexandre Dumas, à Paul d'Ivoi, à Arnould Galopin... J'aurais dû y rester. Quoiqu'on en pense la littérature dite populaire est plus près de la réalité que l'autre littérature, baptisée pompeusement grande littérature et qui n'est qu'une sophistication de la vie, la mise en boite des sentiments.

Pour en savoir plus sur son œuvre, il vaut mieux se pencher sur quelques ouvrages dont :

 

Stéphane Caulwaerts et Yann : Henri Vernes : à propos de 50 ans d'aventures. Les Éditions À Propos. 2003.

Jacques Dieu : Bob Morane et Henri Vernes. Glénat, 1990.

Daniel Fano : Henri Vernes & Bob Morane, une double vie d'aventures. éditions Le Castor Astral. coll. Escale des lettres. 2007.

Bernard Marle : Bob Morane et Henri Vernes : un double phénomène. IDE. 1995.

Francis Valéry : Bob Morane. Éditions... Car rien n'a d'importance, 1994.

Rémy Gallart & Francis Saint-Martin : Bob Morane, profession aventurier. Editions Encrage. 2007

 

Henri VERNES : Mémoires.

Henri VERNES : Mémoires. Editions Jourdan. Parution 14 janvier 2012. 496 pages. 22,90€.

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 08:59
Thierry JONQUET : La vie de ma mère !

Hommage à Thierry Jonquet, décédé le 9 août 2009.

Thierry JONQUET : La vie de ma mère !

Quand on a douze ans, qu'on habite près des Buttes Chaumont, qu'on va à l'école parce que c'est obligatoire et qu'on a une mère qui pointe à l'ANPE, la vie n'est pas si désespérée.

Du moins c'est ce que pense le garçon, narrateur de cette histoire. Même s'il n'est pas en sixième mais se retrouve dans une classe de SES, section d'éducation spécialisée, au moins c'est avec ses copains, les beurs, qu’il fait les quatre cents coups.

Car notre jeune héros n'est pas raciste, c'est pas comme les autres élèves qui leur battent froid, à lui et ses copains, Mouloud, Farid ou Kaou, le Noir. Il ne voit pas de différence, quoique, avec monsieur Belaiche, le principal qu'est Juif, ce ne soit pas les grandes amours.

Mademoiselle Dambre, la nouvelle maîtresse a bien du mal à s'affirmer dans cette ambiance dissipée et turbulente. Nathalie sa sœur, shampouineuse chez les Chinois du 13éme et Cédric, son grand frère, apprenti-garagiste, désertent l'appartement familial; sa mère trouve une place de standardiste de nuit à l'hôpital Lariboisière; alors il occupe ses temps libres, et ils sont nombreux, à se promener dans la capitale. A se promener mais aussi à mener une vie secrète.

Pourquoi aide-t-il Djamel et ses potes à échapper aux vigiles dans le métro alors qu'ils dévalisent une jeune femme, il ne le sait pas vraiment. Par solidarité de futur marginal peut-être. Tant et si bien que de fil en aiguille le voilà enrôlé et qu'il devient l'élément indispensable des vols d'autoradio dans les parkings avec promotion dans la confrérie à la clé. Clarisse qui l'a traité de gogol, il veut s'en venger mais ce qu'il ne sait pas c'est que l'amour est un sentiment qui frappe au cœur sans prévenir.

 

Empruntant le langage moderne et branché, verlan et Cie, des jeunes, Thierry Jonquet nous entraîne dans une histoire narrée par un enfant pour des adultes. Il ne tombe pas dans la mièvrerie, mais sait jouer avec les sentiments, les révoltes, les incompréhensions, les questions, la naïveté de ces jeunes qui se sentent exclus malgré eux dans un système qui favorise l'éclosion des forts, des nantis, des intellectuels et qui rejette les faibles ou les incite à se démarquer d'une société dans laquelle ils ne se reconnaissent pas puisqu'ils ne sont pas issus d'elle.

Thierry Jonquet se renouvelle dans chacun de ses romans mais il reste une constante dans son œuvre : ses préférences vont aux pauvres, aux déshérités, aux marginaux, aux humbles de corps et d'esprit, et il les transmute en héros malgré eux.

Réédition Folio N°3585. Novembre 2001. 160 pages. 3,00€.

Réédition Folio N°3585. Novembre 2001. 160 pages. 3,00€.

Réédition Folio Classique Plus N°106. Août 2007. Complété par un dossier réalisé par Magali Wiener-Chevalier. Lecture d'image par Olivier Tomasini. 176 pages. 4,60€

Réédition Folio Classique Plus N°106. Août 2007. Complété par un dossier réalisé par Magali Wiener-Chevalier. Lecture d'image par Olivier Tomasini. 176 pages. 4,60€

Thierry JONQUET : La vie de ma mère ! Série Noire N°2364. Parution novembre 1994. 144 pages.

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 12:09

Bon anniversaire à Sarah Dunant née le 8 aout 1950.

Sarah DUNANT : Beauté fatale

De nombreux incidents émaillent le séjour des pensionnaires d’un institut de remise en forme situé dans la banlieue londonienne.

Hannah Wolfe, chargée de découvrir le fautif, est inscrite en tant que cliente et subit, à son corps défendant, régime basses calories et exercices quotidiens préconisés par Carol, la directrice, en l’absence de Mme Marchant, propriétaire de l’établissement. Martha, une masseuse, apprend à Hannah que l’une des esthéticiennes roule sur l’or depuis quelque temps. Hannah fouille la chambre de la suspecte et découvre que la coupable est Lola qui partage la chambre de l’esthéticienne soupçonnée. Lola révèle qu’elle a reçu une lettre anonyme contenant de l’argent afin de perpétrer ses forfaits. Olivia Marchant renvoie sur le champ Lola et confie à Hannah que son mari, chirurgien esthétique, reçoit depuis quelques mois des lettres anonymes. Une enquête complémentaire s’offre à Hannah.

Elle découvre que certaines des clientes étaient recommandées par Olivia pour se faire opérer par son mari et vice versa. Elle recherche si une des patientes, dont l’opération se serait mal déroulée, aurait choisi de se venger. Elle sélectionne les noms de quelques-unes des victimes potentielles. Certaines entretiennent des griefs envers le plasticien, l’une d’elles s’est même suicidée. Le chirurgien est retrouvé assassiné, les yeux crevés.

Les soupçons se portent sur Olivia dont le gardien pense avoir aperçu la silhouette mais elle possède un alibi. Hannah suspecte Bélinda, croupière dans un casino, et la découvre dans sa baignoire : un suicide apparemment concocté après le meurtre du chirurgien. Mais elle n’est pas satisfaite de cet épilogue. Deux détails lui donnent la clé de l’énigme.

 

La résolution d’une énigme tient parfois à peu de choses, c’est ce que constate Hannah Wolfe, féministe aux amours contrariées. Son enquête officielle est complétée par une enquête officieuse dont l’a chargé sa sœur.

Son ménage ne tourne pas rond et elle pense que son mari la trompe. Hannah le surveille se rendant à un rendez-vous féminin. Ce n’est qu’après avoir forgé une théorie sur l’infidélité de son beau-frère qu’Hannah se rend compte qu’en réalité, il se rendait chez une psy. Cette interprétation erronée des faits avec la photo remontant à son enfance lui permet de découvrir la face cachée des relations entre Marchant et sa femme et le rôle joué par la jeune esthéticienne.

Un roman plaisant à lire qui nous invite à découvrir un commerce en pleine expansion, les instituts de remise en forme, et nous fait partager la vie privée d’une enquêteuse sans véritable signe particulier sinon son appréhension des hommes.

Sarah DUNANT : Beauté fatale (Under my Skin - 1995. Traduction d'Augustine Mahé). Collection Crime. Calmann-Lévy. Décembre 1996. 282 pages.

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 09:43
Patrick PECHEROT : TIURAÏ.

L'ami a mis là Amila...

Patrick PECHEROT : TIURAÏ.

Journaliste, Thomas Mecker végète depuis quelques mois aux Dépêches de Tahiti, alimentant ses articles de fond en participant aux goûters de la préfecture, aux débarquement des touristes, et autres nouvelles aussi sensationnelles.

 

La mort de Terii, dans le lagon, juste après son élargissement de la prison de Papeete, puis la rébellion et l'évasion de trois prisonniers vont le plonger dans une histoire qui prend sa source sur l'atoll de Mururoa et les essais nucléaires. Le directeur du journal lui demande de ne pas s'intéresser à cette affaire mais il est retrouvé peu après assassiné.

 

Hommage non déguisé à Jean Meckert alias Jean Amila, ce roman nous dévoile l'envers du décor de ce qui pour nous continentaux représente une certaine image du Paradis. Simple, rapide, cette histoire de Patrick Pécherot nous entraîne dans une partie du monde en mutation, malgré les colliers de fleurs et le bleu des mers du Sud.

Agréable à lire, il propose une fausse tranche d'exotisme, plongée en apnée dans un univers que l'on ne connaît que par des articles journalistiques embellis.

Réédition Folio Policier N°379. Préface de Didier Daeninckx. Parution juin 2005. 6,40€.

Réédition Folio Policier N°379. Préface de Didier Daeninckx. Parution juin 2005. 6,40€.

Patrick PECHEROT : Tiuraï. Série Noire N°2435. Parution octobre 1996. 176 pages.

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7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 06:26
Gilles VERDET : Une arrière-saison en enfer.

C'est l'effet canicule ?

Gilles VERDET : Une arrière-saison en enfer.

Gérard et Léo se retrouvent par hasard, vingt ans après une opération destinée à alléger le coffre-fort d’un bourgeois, Deslandes, organisateur de partouzes.

Un raid organisé par Philippe et auquel participaient également Marie et Jacques, tous d’obédience anarchiste. Marie, munie d’un appareil photo, avait fixé pour l’éternité les ébats. L’un des braqueurs, Jacques, avait morflé en sortant de l’immeuble et tué le flic qui croyait les arrêter.

Donc, Gérard, recyclé dans l’importation de bières et de spiritueux, retrouve Léo, kiosquier intérimaire. Il devait profiter de son voyage à Bruxelles pour convoyer une mallette que lui a confié son ami et associé Lorenzo. Ayant loupé son train, à cause de quelques bières éclusées tout en se remémorant le bon vieux temps, Gérard se retrouve chez Léo. En procédant à une miction au bord du canal Saint Martin, Gérard tape malencontreusement la mallette qui tombe à l’eau.

En essuyant son contenu les deux ex-compères découvrent dans une enveloppe des billets de banque et dans une autre des sachets de drogue. La dope est jetée à l’eau, l’argent gardé. Ce qu’ils ne savent pas c’est qu’ils sont surveillés par deux truands, lesquels sont espionnés par deux policiers, Benoît et Lambin. Leurs appartements sont visités et ils pensent se réfugier d’abord chez Lorenzo puis chez l’amie de Gérard, tout en essayant de rameuter les copains. Lorenzo, qui faisait partie du petit groupe mais n’avait pas participé à l’intrusion chez Deslandes, est informé de la perte de la dope et se désole. Que va dire son commanditaire, un certain Fortier.

Marie vit en Espagne, installée comme avocate. Ils n’ont jamais eu de nouvelles de Philippe, qui ne les avait pas rejoint après leur petite expédition. Quant à Jacques, il s’est installé en province. Ce qui leur arrive aujourd’hui a comme un arrière goût de déjà vécu.

En effet leurs appartements avaient été saccagés vingt ans auparavant et le père de Léo, bourgeois et militaire à la retraite était au courant de ce braquage et surtout des photos qui avaient été prises.

Alors ? Quelqu’un les auraient-ils doublé ?

 

Mêlant subtilement présent et passé, ce roman enchevêtre les chapitres avec virtuosité et Gilles Verdet offre une ode à l’amitié rescapée des avatars de jeunesse.

Epicurien, il nous offre des dégustations de bière et de whisky, comparant les mérites des uns et des autres dans leurs domaines respectifs. Il sait également se montrer lyrique aussi bien dans la description des paysages que dans les récréations érotiques.

Gilles VERDET : Une arrière-saison en enfer. Série Noire 2701. Parution février 2004. 256 pages. 9,15€.

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Published by Oncle Paul - dans Spécial Série Noire
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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 12:48

Le reflet en négatif de la Belle Epoque...

Gilles SCHLESSER : Sale époque.

Pouffiasses ! Après la banque, vous vous attaquez aux emprunts russes. Rien de vous arrête ! Sauf la mort, peut-être ? Prenez garde la justice divine est en marche.

Ce n'est qu'un petit mot découvert dans la loge de l'une des sœurs Frou-Frou. Mais il veut tout dire. Olympe, une des Frou-Frou, a été retrouvée troué par un poignard. Elle a fait une allergie à la lame et en est décédée. Hortense en découvrant le cadavre de sa sœur jumelle a crié puis est tombée dans les pommes.

Olympe et Hortense de Bléville, dont c'est le nom de guerre, interprètent des statues vivantes et chantent dans le nouveau spectacle des Folies Bergères. Enfin il faut mettre tout ça au passé. Elles étaient devenues la coqueluche du Tout Paris et ne comptaient plus les amants officiels et officieux, dont le dernier en date est un banquier russe qui doit placer des titres d'emprunt.

L'enquête est confiée au jeune commissaire Gardel, du 36 Quai des Orfèvres, un protégé du préfet de police Lépine. L'important selon Gardel est de bien connaître les origines des sœurs Frou-Frou, mais également de cerner leurs relations. Orphelines, elles avaient été placées dans des familles d'accueil, et ne se sont retrouvées que dix ans après leur séparation. Les familles, vivant dans deux endroits éloignés de Paris, étaient de conditions différentes mais modestes. L'une était plutôt choyée tandis que l'autre vivait chez des Thénardier. Mais en ce 3 octobre 1902, le lendemain du décès de l'assassinat d'Olympe, la ville vibre surtout à un autre décès survenu le 29 septembre. Les avis sont partagés sur ce grand écrivain qui a défrayé la chronique lors du procès Dreyfus, en prenant la défense du capitaine. Les antisémites donnent de plus en plus de la voix, or se pourrait-il qu'il y ait corrélation entre l'affaire Olympe et le décès supposé accidentel de Zola ?

Par exemple Anatole France, qui doit prononcer le discours en hommage à son illustre confrère lors de l'inhumation de celui-ci, est un familier de Willy et Colette, le couple créateur des aventures de Claudine. Or Colette est amie avec Olympe. Une amie proche, très proche.

Gardel va donc devoir enquêter de front sur la mort d'Olympe et celle de Zola, car le préfet Lépine n'est pas convaincu, jugeant que le commissaire de quartier a bâclé ses investigations au domicile de l'écrivain. Et il se rend compte que des dichotomies existent aussi bien dans les déclarations d'Hortense, la sœur d'Olympe, dans les relations qu'elle entretient avec les différents protagonistes qui gravitent dans son entourage, que dans le décès franchement suspect de Zola. Mais une autre piste est abordée, celle d'Abel Eisenberg, qui voulait absolument récupérer les bijoux de sa mère, bijoux inconsidérément donnés par son père aux deux sœurs, surtout Olympe dont il était l'amant. Etait car si Olympe est décédée, le baron Eisenberg a été retrouvé quelques semaines auparavant dans la Seine, un suicide supposé car il était ruiné ayant tout dépensé auprès des belles. Or ne serait-il pas envisageable de penser que le fils Eisenberg aurait voulu soit venger le père et relustrer un nom ayant perdu de son éclat.

 

Après La mort n'a pas d'amis et Mortel Tabou, romans dans lesquels évoluait Gardel, Sale époque nous convie à découvrir le commissaire attaché au 36 Quai des Orfèvres lors d'une de ses premières enquêtes.

Ce qui fut surnommé La Belle époque ne l'était pas tant que cela, mais nous restons dans le cadre de la bourgeoisie, des politiques, des littérateurs et des artistes. Les femmes de petite vertu, les croqueuses de diamants, les horizontales, les demi-mondaines, quel que soit le nom qui leur fut donné, participent activement à la vie parisienne. Elles sont courtisées par des princes, des rois, des hommes politiques, des financiers, et l'on retrouve au détour des pages Liane de Pougy, la Belle Otéro surnommé par certaines de ses consœurs La grosse Otarie, et navigant dans les eaux de la littérature Colette, nègre avouée de Willy, et d'autres grandes figures des Lettres de l'époque. Ce qui passait à l'époque pour des mœurs dissolues, mais le saphisme étant toléré, car l'amour charnel entre femmes ne prêtait pas à conséquence, aucun enfant ne résultant de leurs ébats.

Mais surtout c'est l'antisémitisme qui règne sur Paris, une emprise qui saisit aussi bien les prolétaires que les hommes politiques, et la vindicte à l'encontre de Dreyfus est propice à tout débordement.

Les personnages présents dans ce roman, fictifs ou réels, possèdent chacun leurs petits travers, leurs défauts, parfois leurs qualités, leurs colères, leurs petites manies... Ainsi Gardel, collectionne les petites annonces insolites, les découpant dans les journaux et les collant dans un classeur. Un amusement comme un autre.

 

Nous ne sommes pas responsables de tous les imbéciles qui passent dans notre lit.

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Gilles SCHLESSER : Sale époque. Editions Parigramme. Parution 4 juin 2015. 216 pages. 12,90€.

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