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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 09:17
Frédéric CASTAING : - Ça va ? - Ça va.

Moi ça va, merci, et vous ?

Frédéric CASTAING : - Ça va ? - Ça va.

Surnommé François par les infirmières qui le soignent, un amnésique se voit remettre par Nœud Papillon, le toubib, un petit magnétophone qui lui permet d'enregistrer tout ce qui lui vient à l'esprit, le moindre détail, afin de retrouver, peut-être, son identité.

Sa photo parait dans les journaux et une émission télé doit lui consacrer un sujet.

François, au bout de quelques semaines, se promène en ville. Il est agressé par un cafetier qui brandit une coupure de journal et lui parle d'un certain Georges. François trouve, grâce à Nœud Papillon du travail à Paris dans une piscine. Un client le prend à part, l'appelle Pascal, "son" Pascal, et lui dit qu'un certain Alex ne serait pas content s'il savait qu'il est toujours vivant. Les réflexes fonctionnent toujours et lors d'une algarade dans un café, afin de sauver la mise d'un collègue, François montre qu'il sait se servir de ses poings, et qu'il a une préférence pour les yeux, les doigts pointés en fourche.

Comme il lui faut des papiers, il se présente à la Préfecture de Police en compagnie du maître-nageur lequel reconnait Alexandre Canale, le préfet de Police. Il est accompagné d'une jeune femme et d'un homme que François/Pascal surnomme Champion Joe et auquel il s'est déjà frictionné.

L'amnésique comprend qu'il a eu à faire avec Canale avant de perdre la mémoire. Il rencontre d'autres personnes qui le reconnaissent et lui crachent dessus. Il apprend peu à peu qu'il a été flic puis qu'il est parti à Biarritz comme maître-nageur. Il est obligé de fuir et passe ses journées dans une bibliothèque où il fait connaissance de Mathilde qu'il appelle Veste Rouge.

Champion Joe étant toujours sur leurs traces, Pascal et Mathilde traversent la France, vont à Biarritz et zigzaguent afin d'échapper à leurs poursuivants. Des pérégrinations émaillées d'incidents. Pascal remonte à Paris, seul, et retrouve la mémoire en se coupant alors qu'il se rase. Dix ans auparavant, jeune flic sous la protection de Champion Joe et de Canale, alors haut fonctionnaire de la police, il a participé à une descente envers des grévistes dans les couloirs du métro. Un Noir, syndicaliste, Georges, a été brutalisé par Champion Joe. Il a voulu se rebiffer et Canale l'a énucléé avec un couvercle de boîte de conserve. Pascal a raccompagné Canale chez lui. Sa femme l'a obligé à forniquer avec elle devant l'homme se saoulant copieusement. Ce n'était pas la première fois, mais Canale enjoint Champion Joe de supprimer Pascal. Ce qu'il ne peut se résoudre à faire et Pascal part travailler à Biarritz pendant un certain temps avant d'avoir des ennuis et de tomber amnésique.

 

Ce n'est pas la première fois que l'amnésie est traitée dans un roman noir et toutefois Frédéric Castaing parvient à renouveler l'intrigue grâce à la personnalité de son narrateur lequel utilise un magnétophone comme outil de mémorisation, ou plutôt de remémorisation.

Ce monologue n'est pas linéaire et permet au lecteur de suivre le personnage dans sa quête d'identité, et d'aborder en même tant que lui le dénouement, avec cependant une longueur d'avance, puisqu'il se montre moins naïf étant en possession d'éléments qu'il peut assembler, pas comme le narrateur qui se redécouvre et tâtonne à la recherche de son passé.

Ce qui n'empêche pas Castaing de nous livrer quelques scènes pleine d'humour noir.

 

Frédéric CASTAING : - Ça va ? - Ça va. Série Noire N°2426. Parution juin 1996. 208 pages. 6,65€.

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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 13:00

Bon anniversaire à Jack Higgins, de son vrai nom Henry Patterson, né le 27 juillet 1929.

Jack HIGGINS : Saison en enfer.

Enfer et contre tout...

La découverte du cadavre de George Walker, un étudiant, mort par noyade dans la Seine, à Paris, sous l’influence de l’alcool et de la drogue, ce ne pourrait être qu’un fait divers banal.

Sauf qu’après quelques péripéties et un voyage mouvementé, le corps de George Walker est découvert à moitié carbonisé près d’un corbillard accidenté en pleine campagne anglaise. Premier fait troublant.

Deuxième incongruité : dans le ventre de ce cadavre baladeur auquel on a extirpé tous les viscères lors de la mise en bière, les enquêteurs trouvent un petit sachet d’héroïne.

Troisième anomalie : une seconde autopsie du mort laisse apparaître que celui-ci était lors de sa noyade sous l’emprise d’une mixture qui réduit l’être humain dans un état d’hypnose chimique.

Enfin George Walker ne s’appellerait pas George Walker mais Eric Talbot et sa belle-mère une riche veuve américaine dont l’activité s’exerce dans les milieux boursiers de New-York.

Des recherches, des comparaisons font apparaître d’autres morts, d’autres décès tout aussi mystérieux dont la jeune sœur par adoption de Sean Egan, un as du SAS. Sarah Talbot et Sean Egan vont unir leurs efforts afin de débrouiller un écheveau qui va les conduire de Londres en Irlande en passant par Paris et sa banlieue et la Sicile. Ils sont suivis comme leur ombre par un certain Jago, mais ce ne sont que des marionnettes manipulées par un mystérieux Monsieur Smith.

Leur enquête s’effectue en marge du MI5, organisme secret qui surveille leurs déplacements afin d’éviter tout dérapage.

 

Il est loin le temps où Jack Higgins était traduit en France sous les noms de Harry Patterson, Martin Fallon ou James Graham. C’est véritablement sous l’alias de Jack Higgins et avec des romans comme Solo, Exocet et surtout La Nuit des loups, dont une partie de l’action se passe durant la Seconde Guerre Mondiale entre Granville et Bayeux, que cet auteur fort intéressant s’est imposé en France.

Saison en enfer est à ranger dans la catégorie Réussite. Un roman que l’on lit avec beaucoup de plaisir et qui jamais tombe dans le scabreux, la violence inutile et le sexe de complaisance, la seule préoccupation de l’auteur étant de distraire le lecteur. Mission accomplie.

Jack HIGGINS : Saison en enfer.

Jack HIGGINS : Saison en enfer. Editions Albin Michel. Parution 28 février 1990. 334 pages. Réédition Le Livre de Poche. Parution novembre 1992. 350 pages.

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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 08:55
Marvin ALBERT : Les dents longues

Attention à ne pas rayer le parquet !

Marvin ALBERT : Les dents longues

Quatrième aventure, quatrième prestation de Pierre-Ange Sawyer, le détective franco-américain créé par Marvin Albert.

Tout son géniteur littéraire, Pete Sawyer vit sur la Côte d'Azur et ses enquêtes le mènent aux quatre points cardinaux de la France ou presque. La lecture des dents longues est une excellente occasion pour découvrir la Camargue et ses mystères.

 

Peter-Ange Sawyer est amené à côtoyer un milliardaire, directeur d'une très grosse entreprise de transports dont la femme vient d'être enlevée. S'il mène à bien l'échange rançon-otage, Sawyer n'en est pas moins frustré et sent que quelque chose lui échappe.

C'est en recherchant sa mère, Babette, professeur spécialisé dans l'histoire et la psychologie de l'art en visite à Arles, que Sawyer va de nouveau être mis en présence de l'ex-otage, deux mois après son enlèvement.

En enquêtant sur cette curieuse famille, notre détective va faire la connaissance de truands marseillais, de trafiquants d'armes, et par la même occasion visitera d'une façon particulièrement dangereuse La Camargue.

 

Avec Marvin Albert, le lecteur est assuré de lire un roman bien construit, bien charpenté, fort documenté.

Et puis découvrir la France à travers les romans d'un Américain, pas mal non ? même si celui-ci a vécu plus de vingt dans cette patrie d'adoption.

 

Les gens mariés disent parfois de leur conjoint des choses qu'ils ne pensent pas vraiment.

Marvin ALBERT : Les dents longues (Long Teeth - 1987. Traduction de Rosine Fitzgerald). Série Noire N°2136. Parution mai 1988. 320 pages. 7,10€.

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 14:44

Les ancêtres donnent de la voix...

Newton LOVE: La voie des braves.

Ancien monteur de lignes téléphoniques, handicapé à la suite d’un accident, Ben Pace, le narrateur, vit dans un immense tipi installé dans sa demeure.

Indien Lakhota, il s’est reconverti en prêtre guerrier, pratiquant également la médecine, celle de ses ancêtres faussement appelés Sioux à cause d’une déformation par les Français du nom de Nadewisou que leur avaient donnés les Indiens Ojibwa. Il communie avec la nature, la flore et la faune. Il dialogue souvent avec un corbeau, Corbeau-qui-saute, lequel l’oblige par ses réflexions à se poser les bonnes questions et à rechercher les bonnes réponses sans l’aide de quiconque.

Un matin, une délégation composée de quatre femmes, Rita, Maria, Lisa et Kelly, investit son domaine. Elles espèrent qu’il acceptera de les aider à prouver la culpabilité de John Keagey qui les a violées mais a été absous de ses crimes. Les juges n’ont pas retenu la thèse des viols, Keagey étant affilié aux Kinkead, une famille comptant un gouverneur, un sénateur et quelques membres du Congrès et plus si affinité. Bref c’est un intouchable et tous les recours contre lui ont été balayés d’un revers de manche.

Ben accepte d’aider les jeunes femmes, mais ce qui lui importe c’est que la justice fasse son travail, et il ne veut pas entendre parler de vengeance. Les quatre femmes ne sont pas les seules à avoir été abusées, d’autres ont subi les assauts de ce pervers qui recueille ses trophées et les cache. Mais par peur, par traumatisme, la plupart des victimes n’ont pas déposé plainte. Alors Ben va tenter de connaître la cachette du criminel afin de le confondre.

Il lui faut d’abord convaincre Rita et consœurs, les stimuler, les conseiller, leur trouver des alibis, toute une organisation qui demande patience et préparation. Pour cela Ben trouve des alliés auprès de ses Frères Ailés, de Ratons Laveurs, de la nature en général.

 

Ben Pace ne boit pas, uniquement des infusions qu’il prépare à base de plantes médicinales, et dans les bars les serveuses sont surprises qu’il ne leur demande que de l’eau chaude, trimbalant dans un petit sachet ses ingrédients.

Il ressent également une certaine rancœur envers la société blanche, les Wasiciu en langue lakhota, qui a spolié ses ancêtres, les Nations Rouges. Un ouvrage quelque peu déconcertant de prime abord, car le narrateur, qui n’est autre que Ben Pace, mélange narration active et développement de ses pensées.

Le lecteur est happé dans une spiritualité dont il n’a pas l’habitude. La communion d’esprit avec les pierres, l’air, la flore et la faune est primordiale et indispensable. Le lecteur doit d’abord apprivoiser l’esprit du narrateur, l’investir, se mettre dans la peau du personnage, comprendre ses réactions, ses réflexions, son rythme de vie, sa façon de penser, de communier. Puis tout devient lumineux même s’il reste parfois des zones d’ombre. Un voyage intérieur, intellectuel et spirituel.

Newton LOVE: La voie des braves. (Traduction Sholby). Collection Univers Grands romans. Pascal Galodé éditeurs. Parution février 2009. 352 pages.

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 08:27
Jimmy SANGSTER : Un mouroir de poche

Une maison de retraite modèle réduit ?

Jimmy SANGSTER : Un mouroir de poche

James Reed partage son temps entre l'entretien de sa maison, maison reçue sous forme de dédommagement après son divorce avec l'actrice Katherine Long, et quelques kilomètres de jogging sur la plage de Malibu, près de Los Angeles, la causette avec ses locataires, lui écrivain anglais de renom et elle nymphomane insatiable, et enfin sa voiture récalcitrante et caractérielle.

Katherine Long fait appel à son ex afin de résoudre un problème concernant sa fille Caroline. Un problème de drogue.

Caroline, vingt et un ans, qui avait tenté quelques années auparavant de séduire James Reed, sans succès. Caroline qui disparait en même temps que quelques deux millions de dollars.

James Reed, ex-flic anglais des stups, recherche sa belle-fille, enquête, magouille quelque peu dans une histoire légèrement compliquée.

La présence de certains personnages, de même que certains événements, pourtant prometteurs au départ de l'action, ne sont pas tout à fait définis.

 

J'avoue être resté sur ma faim. Un nouvel auteur qui pour le moment ne m'a pas tout à fait convaincu. Pour les inconditionnels du roman noir américain.

Si j'avais succombé à la tentation de chair fraîche, elle aurait hurlé au viol avant que j'ai eu le temps de rezipper ma braguette.

Jimmy SANGSTER : Un mouroir de poche (Snowball - 1986. Traduction de Simone Hilling. Série Noire n°2139. Parution juin 1988. 288 pages. 6,65€.

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 15:06

Un roman de Léo Malet piraté !

Léo MALET : Alerte !

Les éditions Bel-Air ne manquaient pas... d'Air justement.

Au bas de la page 6, là où figurent les habituelles mises en garde des éditeurs concernant les copyrights, voici ce que le lecteur peut lire :

Copyright. 1964 Editions Bel-Air Paris. Tous droits réservés pour tous les pays, y compris l'URSS et les pays scandinaves. Reproduction et traduction même partielles interdites.

Seulement cette mise en garde, les éditions Bel-Air ont omis de l'appliquer à elles-mêmes.

En effet Alerte ! est la réédition non signalée de L'ombre du grand mur de Léo Malet (dont le nom figure uniquement page5 et sur la tranche de la couverture mais non sur la couverture elle-même), roman publié pour la première fois en 1944 aux éditions S.E.P.E. dans la collection Le Bandeau Noir puis réimprimé en 1949. Il sera réédité à de nombres reprises, notamment aux éditions Métal en 1955, Eurédif dans la collection Suspense en 1972, Marabout en 1979, Fleuve Noir, 10/18...

A noter que certaines éditions, dont les éditions Métal, donnent comme titre : A l'ombre du grand mur.

Léo MALET : Alerte !

Cette édition Bel-Air est légèrement amputée et remaniée par rapport à l'édition originale. Notamment l'avant-propos qui est purement et simplement passé à la trappe. Pourtant il est intéressant puisque référence à Nestor Burma est faite. Voyons les premières phrases :

Le récit que l'on va lire a été remis par le détenu 9204, de la célèbre prison d'Ossining, une des trois principales maisons de force de l'état de New-York, celle où ont lieu les exécutions, à mon ami Nestor Burma, alors que celui-ci, peu de mois avant la guerre, accomplissait en Amérique un banal voyage d'études.

Suit ensuite la description des intentions de Nestor Burma quant à ce récit et celles de Léo Malet.

Penchons-nous maintenant sur les premières lignes du récit afin de se rendre compte des modifications effectuées par l'éditeur par rapport à l'édition originelle :

 

Version originelle !

Le docteur était un personnage assez gros, d'aspect bonasse. Le rasoir n'entrait que rarement en contact avec son épiderme. Il était vêtu sans recherche, et plutôt pauvrement.

- Où avez-vous fait vos études ? dit-il.

Son regard perçant plongea au plus profond de mes yeux.

- Boston, fis-je.

- Fichtre, siffla le docteur.

 

Version Alerte !

Le docteur était un personnage assez corpulent, d'aspect bonasse. Le rasoir n'entrait que rarement en contact avec son épiderme. Il était vêtu sans recherche, et plutôt pauvrement.

- Où avez-vous fait vos études ? dit-il.

Son regard perçant plongea au plus profond de mes yeux.

Je citai le nom d'une école célèbre.

- Fichtre, siffla le docteur.

 

Peu de divergences mais quelques libertés avec le texte initial, qui ne prêtent guère à conséquence, pouvant même laisser penser que Léo Malet a retravaillé sa prose.

Mais intéressons-nous à l'histoire et du personnage central, le docteur Lewis Ted Crawford.

 

Après trois années passées au pénitencier d'Ossining, condamné pour un meurtre qu'il n'a pas commis, Crawford est enfin libéré. S'il a été soupçonné d'avoir assassiné une jeune femme, les témoignages lors du procès se sont effrités. Un bouton de manchette lui appartenant a été retrouvé sous une carpette de la salle de bain. La domestique pense l'avoir reconnu sortant de chez la jeune femme, de même qu'un policier à qui il aurait demandé du feu non loin de l'appartement tragique.

Pourtant Crawford possédait un alibi : au moment du drame, il était avec sa maîtresse, la femme d'un politicien qui brigue la mairie de New-York. Par galanterie, il a préféré se taire, et comme son amante ne l'a pas soutenu, il en a payé les pots cassés.

En sortant de prison il ne sait plus trop où aller. Ses amis lui tournent le dos, alors il se souvient qu'un codétenu lui a donné l'adresse d'une amie auprès de laquelle il pourrait se réfugier. Celle-ci l'accepte sans poser véritablement de questions mais sait qu'il était toubib. Or justement un appel téléphonique lui demande de contacter un docteur afin de soigner un blessé. L'homme a reçu une balle et le toubib habituel est introuvable, sous l'emprise de l'alcool. Crawford accepte de le remplacer et s'est ainsi qu'il va devenir le monsieur bons soins d'un gang. Suivent des aventures, des règlements de comptes entre gangs, et Crawford qui a changé d'identité s'intègrera dans la bande, sans participer activement aux démêlés mais prodiguant ses conseils.

 

Evidemment Léo Malet a construit une histoire classique d'un homme traîné en justice alors qu'il est innocent mais ne peut justement prouver qu'il n'est pas coupable, d'une guerre des gangs et la participation en sous-main d'un politicien véreux. Tout ça à cause d'une femme qui a préféré rester dans l'ombre, puis la chute inéluctable vers le crime à cause de la défection de ses amis lors de sa libération.

Crawford pourtant s'était juré de ne jamais retourner à L'Ombre du grand mur.

Léo MALET : Alerte !
Léo MALET : Alerte !

Léo MALET : Alerte ! Editions Bel-Air. Collection Détective Pocket N°48. Parution 1964. 160 pages.

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 08:09
Ralph McINERNY : Des victimes à la pelle

On demande un cantonnier !

Ralph McINERNY : Des victimes à la pelle

Ce roman aurait pu s'appeler également, par exemple, Voulez-vous duper avec moi ?

Qu'on en juge plutôt. Un avocat est commis d'office pour défendre une femme adultère qui a conspiré avec son amant afin d'envoyer son mari au royaume des cocus. Elle ne peut même pas s'enorgueillir d'être une beauté fatale.

Hélas, il y a eu erreur sur la personne et le meurtrier a supprimé l'amant au lieu du mari. C'est-y pas Dieu possible d'être autant tête en l'air, d'être aussi bête pour rectifier son commanditaire !

Quant à l'avocat, en plus de perdre son procès, ce qui ne lui était encore jamais arrivé, ne voilà-t-il pas qu'il apprend de son docteur qu'il n'a plus qu'une espérance de vie assez restreinte.

C'est quand même frustrant de savoir que l'on est condamné à mort par la médecine alors qu'on se sent en pleine santé.

Le neveu de l'avocat, jeune avocat lui-même, est chargé de la nouvelle procédure concernant l'élargissement de la femme adultère, or ce qu'il découvre, c'est que la femme de son oncle passe des moments agréables en compagnie du toubib. Lui-même voit ses amours contrariées à cause d'inimitiés entre son oncle et le père de sa belle.

 

Ralph McInerny, dont c'est le second roman traduit à la Série Noire, le premier étant La cavalcade romaine publié en 1979 (SN N°1728) est un auteur qui mériterait d'être un peu plus connu en France, la lecture de ce livre étant jubilatoire.

Il est également l'auteur d'une série consacrée aux tribulations d'un ecclésiastique, le père Dowling, dont le premier volume a paru sous le titre Chambre froide aux éditions Axel Noël en 1991. Cette série a été adaptée à la télévision entre 1987 et 1991.

 

Ralph McINERNY : Des victimes à la pelle (Cause and Effect - 1987. Traduction de Rosine Fitzgerald). Série Noire N°2145. Parution août 1988. 224 pages.

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 11:59
MARIE & JOSEPH : Le crime de la rue du ciel.

Une rue en sens unique...

MARIE & JOSEPH : Le crime de la rue du ciel.

Dans le parc du comte de Faeneste, des hommes de condition sociale bien moins que modeste, s'amusent comme des gosses.

Mais à leur âge, ces jeux là devraient être interdits : ils jouent à la guéguerre.

Ce parc d'attraction d'un nouveau genre, le funeste comte de Faeneste l'a créé afin de regonfler une bourse aussi plate qu'une limande. Toutefois quelque chose le chagrine. Le terrain de Dagobert Leroy, l'un de ses voisins, s'enfonce comme un coin dans son domaine.

Or s'il pouvait acquérir ce lopin de terre, son parc prendrait une importance non négligeable qui sûrement lui amènerait d'autres clients. Mais comme tous les jeux auxquels s'adonnent des adultes en mal de puberté, il arrive que la réalité rejoigne la fiction. Et ça peut faire boum.

Brodequin Edmond, un truand qui transporte dans une mallette la bagatelle somme de cent briques en fera l'expérience à son corps défendant. A quelques jours du 14 juillet, voilà un feu d'artifice auquel personne ne s'attendait.

 

Comme dans tous les romans de Marie & Joseph, c'est plus la façon d'écrire que le contenu du roman, que la trame qui fait jubiler.

Je ne veux pas dire que la trame est inexistante, loin de moi ce genre de propos, mais je suis attiré par la magie des mots. Marie & Joseph jonglent avec les mots, les tournures, les expressions, et le lecteur se trouve pris sous le charme.

Cette fois toute référence au blues est effacée. Mais comme dans Chaudes bises, Si t'as peur, jappes ! ou encore La grande arpente des champs d'en bas, c'est un regard férocement humoristique qui est jeté sur la France profonde. Cette fois c'est le Bourbonnais qui est en ligne de mire.

Pourtant la poésie est toujours présente, ainsi qu'une certaine forme d'indulgence, comment dire... comme une sympathie débonnaire et bienveillante envers les êtres humains qui sont les protagonistes du récit.

 

MARIE & JOSEPH : Le crime de la rue du ciel. Série Noire N°2153. Parution octobre 1988. 192 pages. 6,05€.

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 14:15
Emil Richard JOHNSON : Le gang des éclopés.

Ce n'est pas de leur plein gré qu'ils ont fait un don d'organes au Vietnam...

Emil Richard JOHNSON : Le gang des éclopés.

Walter B. Sullivan n'a qu'une hâte : pouvoir quitter New-York et acheter un ranch, un ranch immense, dans le Montana.

Et ce n'est pas parce qu'il est aveugle que son rêve sera brisé, mais à cause de son secret.

S'il a laissé ses yeux au Vietnam, il a réussi à importer en fraude quelques kilos d'héroïne pure.

Son copain Baratto, unijambiste (lui aussi a fait don d'une partie de son corps au Vietnam !) est pressé de partager le secret de Sullivan et de palper du bon argent sonnant et trébuchant. Mais de vouloir s'implanter, s'imposer et créer son marché parallèle alors que la place est déjà prise, cela ne plait guère. Ce genre de concurrence en général n'est pas apprécié par les tenants en titre d'une affaire juteuse.

Les représailles commencent sous forme de coups de révolver et petites tortures amicales.

Tony Lonto et Pat Runnion, deux flics, sont chargés d'enquêter et de démêler cet imbroglio. Comme si cela ne suffisait pas, Lonto se doit de résoudre un gros problème d'ordre sentimental.

 

Emil Richard Johnson, dont la dernière traduction française remontait à 1972 (Viol à main armé SN N°1543), est un cas particulier de la littérature américaine, tout comme Caryl Chessman, Donald Goines ou encore Edward Bunker.

Impliqué dans des activités criminelles, Emil Richard Johnson échoue en prison en 1964 alors qu'une attaque à main armée tourne mal. Et c'est en prison qu'il découvre qu'il possède quelques talents littéraires. D'ailleurs son premier roman édité en 1968 obtient l'Edgar du premier roman.

Depuis il tente d'obtenir une possible réinsertion dans la société et si tout va bien il devrait sortir en 1992 (je précise que cet article a été écrit en 1989). Sa libération conditionnelle a été annulée lorsqu'il fut reconnu coupable du délit de consommation de drogues derrière les barreaux et a été à nouveau incarcéré après une brève évasion. Il est décédé le 18 décembre 1997.

Mais il ne me semble pas obligatoire de passer par la case prison pour trouver un éditeur. Il suffit d'un peu de talent.

 

Emil Richard JOHNSON : Le gang des éclopés. (Blind Man's Bluff - 1987. Traduction de Daniel Lemoine). Série Noire N°2162. Parution janvier 1989. 224 pages.

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 12:27

Comme disait maman Blé à sa petit pousse...

Alexis AUBENQUE : Ne crains pas la Faucheuse.

Pour une prise de contact avec sa nouvelle affectation auprès du shérif de Pacific View, le lieutenant Gregory Davis est servi. Dès sa première journée de boulot, le lundi 6 juillet, il doit enquêter en compagnie de Veronica Bloom, sa coéquipière, sur le meurtre d'un adolescent.

Le shérif Crawford a à peine eu le temps de présenter les policiers sous ses ordres, le sergent Veronica Bloom et le lieutenant Barney Simpson en particulier. Pour Barney, la promotion de lieutenant revenait de droit à Veronica, l'ancien détenteur du grade étant parti à Miami pour convenances personnelles. Cela jette un léger froid dans les relations entre Davis et Barney, mais Veronica se contente de son sort.

Ce qu'ils ne savent pas, c'est que Davis a postulé à Pacific View afin de toucher l'héritage de son oncle. Plutôt l'oncle de sa femme qui est décédée trois ans auparavant dans un accident. Le vieil homme posait comme conditions que Davis intègre l'équipe de Crawford, entre autres. Davis élève seul ses deux enfants. Raphael, dix sept ans, et Penny, huit ans. Penny pense souvent à sa mère, croyant parfois que celle-ci est encore en vie. Quant à Raphael, il est grognon, il aurait préféré rester à San Francisco où il avait ses habitudes et ses copains. Toutefois il change radicalement d'avis lorsqu'il aperçoit la bâtisse qui est un véritable manoir. De plus il aura le droit de conduire une superbe Ferrari California rouge, s'il est sage et s'il s'occupe de Penny durant l'absence de son père, en attendant que celui-ci trouve une personne confiance.

Garth Nolan a été retrouvé chez lui, dans sa baignoire, atrocement mutilé. Une enquête qui s'avère difficile. De plus une phrase écrite au rouge à lèvre sur le miroir interpelle les enquêteurs : Ne crains pas la Faucheuse. Tout un programme, un rébus à déchiffrer. Une citation morbide extraite d'une chanson, Don't Fear the Reaper, interprétée par un groupe des années 70, Blue Öyster Cult.

Faye Sheridan est journaliste au bureau local du San Francisco Chronicle. Elle travaille en compagnie de Chuck, homosexuel qui vit en couple avec un riche promoteur, et Rosie, quinquagénaire divorcée et obèse, mais pas complexée. Tous trois s'entendent bien malgré quelques piques de temps à autre, mais c'est pour décompresser. Faye vit dans une caravane installée sur la plage avec pour compagnon Riggs, son chien.

Ce matin là en apprenant la nouvelle, Faye est contente. Enfin quelque chose à se mettre sous la dent, un bon papier en perspective. Cela la changera des rubriques culturelles qu'elle écrit d'habitude. Chuck qui possède un indic dans la police connait le nom du mutilé et surtout qu'il travaille, enfin travaillait, dans un bar branché. Garth Nolan, selon ses collègues, était quelqu'un de sympathique, célibataire, sans histoire.

Mais Faye et Chuck s'inquiètent pour Rosie qui ne leur a pas donné de nouvelles. Elle était partie la veille affirmant avoir un rendez-vous, et depuis plus rien. Ce qui n'est pas dans ses habitudes.

En sortant du bar, Faye tombe nez à nez avec Veronica. Elles s'évitent depuis dix ans. Une histoire de copain que l'une aurait piqué à l'autre. La vie quoi ! Cette enquête sera l'occasion pour les deux femmes de se rabibocher, d'ailleurs, entre nous, on se demande pourquoi elles ont attendu si longtemps puisqu'il n'y a plus d'obstacle entre elles, et surtout comment ce raccommodage s'effectue si facilement. Mais après tout nous ne sommes pas à leur place.

Les deux femmes vont donc participer à l'enquête, s'échangeant des informations. Une aubaine pour Faye car rapidement un notable de la petite ville est soupçonné. Une photo montre la femme du juge Arlington pratiquant le simulacre de la reproduction avec Garth Nolan. Et en fouillant dans l'ordinateur de Rosie, en tout bien tout honneur afin de comprendre la disparition de son amie et collègue, Faye découvre qu'elle fait partie d'une espèce d'association de détectives amateurs aux noms évocateurs reprenant ceux de détectives de fiction célèbres.

 

Le lecteur est invité à partager plusieurs enquêtes simultanément d'autant que d'autres cadavres viennent jalonner le parcours de Davis et sa coéquipière Veronica. Enquête sur les assassinats en chaine qui se produisent mais également les recherches effectuées par Faye et Chuck concernant la disparition de Rosie. Et suivre les aventures de Rapahel, qui en cachette se sert de la Ferrari, ce qui attire immanquablement les jeunes filles. Mais ces passages ne sont pas innocents et s'intègrent logiquement dans le récit.

Un roman qui comporte de nombreux points d'interrogation qui obtiennent des réponses au fur et à mesure du déroulement du récit, mais d'autres restent dans l'ombre. Notamment l'origine de la fortune de l'oncle de la femme de Davis. Et la mort accidentelle de la femme de Davis, mort qui alimente les soupçons de ses collègues. Le voile est levé partiellement, entretenant le suspense.

Des personnages inquiétants, énigmatiques, au passé trouble, viennent interférer dans les enquêtes, et afin d'entretenir le suspense, deux épilogues sont proposés au lecteur. Deux épilogues qui résolvent certains mystères, mais pas tous, car comme les feuilletonistes d'antan, Alexis Aubenque en garde sous le coude, puisque ce roman est le premier opus d'une série très prometteuse.

Alexis Aubenque privilégie l'action même si les traits physiques et de caractères de personnages sont fouillés, il ne digresse pas en vain et ne joue pas au remplissage pour le plaisir de noircir des pages inutiles. Pour parodier la publicité d'un célèbre magasin parisien, à tout moment il se passe quelque chose. Pas le temps de s'ennuyer, juste l'envie d'arriver au bout de l'intrigue tellement on est happé par l'intrigue.

Alexis Aubenque a assimilé toutes les ficelles qu'ont si bien utilisées des romanciers comme Dumas, Ponson du Terrail, Eugène Sue et bien d'autres mais en évitant certains écueils, tels que des dialogues trop longs. Après ses deux volumes sur Stone Island et Les disparues de Louisiane, Alexis Aubenque frappe fort, très fort, et on ne s'en plaindra pas.

 

Alexis AUBENQUE : Ne crains pas la Faucheuse. Collection Thriller N°11004. Editions J'ai Lu.  Parution 24 juin 2015. 416 pages. 8,00€. Inédit.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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