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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 16:17

Otage, oh désespoir...

Sébastien DEVILLERS : Otage.

En 1987 FR3 Normandie lançait la troisième édition de son concours qui consistait en l'attribution du Prix Polar au meilleur manuscrit de roman policier. Ce prix n'aura vécu que trois saisons.

 

Voici la chronique effectuée sur les ondes de Radio-Manche en décembre 1987 dans le cadre de mon émission Le Polar fait la Manche.

 

C'est le roman Otage qui s'est vu couronné cette année, premier roman d'un jeune écrivain qui aimerait bien d'ailleurs pouvoir continuer dans cette voie. Otage, comme le titre du roman l'indique, est une histoire de prise d'otage.

Louis Dommage, héros bien malgré lui de ce fait divers, est pris en otage lors du braquage d'une banque. Pourtant c'était un matin comme les autres tranquille. Louis venait de retirer un peu d'argent lorsqu'il est témoin d'un hold-up. Le caissier fait du zèle blessant l'un des agresseurs. Pour assurer leurs arrières, les complices du blessé prennent Louis en otage et c'est la cavalcade de Paris jusqu'en Suisse.

Plus qu'un roman noir, c'est un roman de suspense, psychologique, analysant les rapports qui s'établissent entre les ravisseurs et l'otage. Rapports plus ou moins ambigus entre deux jeunes gens, un jeune homme et une jeune femme, qui ont perpétré ce hold-up, et ce peintre en lettre de cinquante-quatre ans qui a une furieuse envie de vivre, de vivre libre.

Rapports dans lesquels une certaine sympathie peut se glisser entre deux éclats et l'otage ressentir envers ses geôliers une attirance mêlée de haine.

Sébastien DEVILLERS : Otage. Collection Mascaret Noir. Editions Le Mascaret. Parution le 1er décembre 1987. 190 pages.

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Published by Oncle Paul - dans La Malle aux souvenirs
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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 15:13
Carter BROWN : La vipère du Manoir

Une Fleur à Malibu...

Carter BROWN : La vipère du Manoir

Fleur Falaise, qui connut son heure de gloire dans quelques seconds rôles puis après une ascension irrésistible, et une dégringolade non moins vertigineuse consécutive à un mariage avec Théo Altman surnommé Le Flagellateur en raison de ses répliques acides et mordantes, Fleur Falaise est au creux de la vague.

Après avoir été victime d'une dépression nerveuse, elle s'est réfugiée dans une maison à Malibu en compagnie de son unique amie Arlène Donner. Un soir elle a tenté de se suicider, ou on l'a poussée, du haut d'un précipice. Un photographe, à la présence inspirée, a réussi à prendre des photos qu'il a monnayées auprès de George Bloom le découvreur et producteur de Fleur. Bloom demande à Rick Holman de découvrir les raisons de ce geste suicidaire ou pseudo-suicidaire.

Lorsque Holman se présente chez l'actrice déchue, Altman est déjà là. Le détective sait lui aussi se servir de sa langue et le remet en place. Arlène lui montre l'endroit où a eu lieu l'accident et narre quelques incidents qui se sont déroulés la semaine précédente. Dont les trois semaines de vacances que Fleur a brusquement décidé de s'octroyer et des coups de téléphone quotidiens qui ont cessé du jour au lendemain.

Par la secrétaire de Bloom, Holman apprend que celui-ci doit tourner un film sur la biographie de Fleur. En cas de décès de l'actrice, seul Altman détient les droits de fixer sur la pellicule la mémoire de Fleur. Elle lui révèle également l'adresse de Harvey Linderman qui a succédé à Altman dans le cœur de Fleur.

Denis Strauberg, le bras de Linderman, reçoit Holman. Sous couvert du secret, il confie qu'en réalité Linderman jouait le rôle du chancelier, ou de paravant, afin de cacher la liaison de Fleur avec Linderman junior : Michael. Michael n'est qu'un dépravé, sans scrupules, et en compagnie de son ami Sean, il a réussi à violer l'intimité de Fleur, enregistrant sur un magnétophone ses souvenirs, ses prouesses amoureuses principalement, le nom de ses partenaires, mais également le remords de Fleur persuadée d'avoir laisser mourir son premier mari. Linderman père ayant appris les agissements malhonnêtes de son fils avait pris en quelque sorte Fleur sous son aile.

En soudoyant habilement le portier Holman apprend que Linderman Senior et Strauberg ne sont qu'une seule et même personne. A l'aide d'arguments frappants, Holman obtient auprès de Sean l'adresse du photographe. En pure perte, car l'homme de l'art est mort depuis quelques temps. Soupçonnant les deux compères de s'être débarrassés de leur acolyte, Holman requiert l'aide de Linderman Senior qui doit les prévenir qu'un détective est à leurs trousses et possède des preuves de leur culpabilité. Le piège fonctionne.

 

De cet imbroglio à deux ou trois personnages, Holman se sort une fois de plus à son avantage, et sans trop de casse. Chevaleresque, il travestit la

vérité afin que les coupables, il est vrai par accident, ne soient pas inquiétés par la police.

Une enquête banale mais ficelée en professionnel et qui ne vaut que par la curiosité ci-dessous :

Pauline, la jeune et rouée secrétaire de Bloom, tient à garder sous son influence son patron amateur d'amours juvéniles. Mais elle se montre naïve en voulant mettre en pratique l'une des figures techniques préconisée par Holman. Une figure libre du Lustre. Cette position, non recensée par le Kâma-Sûtra, et les avatars qui s'ensuivent, sont développés pendant environ un cinquième du roman. Ce que l'on pourrait définir par l'expression : allonger la sauce.

Je trouve rassurant de voir ces vieux films et de se dire que les acteurs sont encore en vie.

Je le soupçonne de se servir des femmes comme d'autres d'une lame de rasoir. Quand elle commence à s'émousser, on la jette et on en prend une autre.

Carter BROWN : La vipère du Manoir (The Flagellator - 1969 Traduction de France-Marie Watkins). Série Noire N°1311. Parution décembre 1969. 192 pages.

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 15:31

Embarquement immédiat même si vous n'avez pas le pied marin !

Jean-Luc BANNALEC : Etrange printemps aux Glénan

Trois cadavres sur une plage, cela dénote un esprit de laisser-aller qui pourrait faire fuir les éventuels touristes. Heureusement ils ont été déposés probablement par la marée, sur une plage abandonnée, et pour l'heure tout concorde à un décès accidentel, les seules marques visibles étant les lacérations provoquées par la rencontre des corps contre des rochers.

C'est un Anglais qui a aperçu de son kayak les trois cadavres, deux côte à côte et l'autre un peu plus loin, sur une plage de l'île du Loc'h, l'un des îlots qui compose l'archipel des Glénan, au large de Concarneau.

Le commissaire Dupin se rend immédiatement sur les lieux. Il aurait préféré emprunté un hélicoptère mais il est obligé d'embarquer à bord d'un bateau de la gendarmerie maritime, ce qui lui vaut quelques désagréments. En attendant la venue du légiste, le docteur Savoir, un homme qu'il n'apprécie guère, Dupin effectue les premières constatations en compagnie de Goulch, capitaine de gendarmerie, et de ses hommes. A première vue, les cadavres auraient été apportés par la marée. Durant la nuit une tempête avait agité les flots et les vagues ont fait le reste.

Nolwenn, sa fidèle et très précieuse secrétaire, l'appelle pour l'informer qu'il doit appeler le préfet, Guenneugues, un homme qu'il n'apprécie guère non plus. N'ayant plus grand chose à faire sur l'île Loc'h, Dupin demande à ce qu'on l'emmène sur celle de Saint-Nicolas, la métropole locale des Glénan. Il a un besoin urgent de café, de toute façon il ne carbure qu'au café. Et c'est du café-restaurant des Quatre-vents qu'il va diriger son enquête, avec Le Ber et Labat, ses deux adjoints, qui se démènent comme ils peuvent, devançant même parfois ses désirs.

Nolwenn l'informe que Guenneugues, qui participe à une réunion à Guernesey, va se mettre en contact avec lui. Un de ses amis, Yannig Konan, entrepreneur et investisseur, a disparu en compagnie d'un copain avec lequel il était sorti naviguer. Dupin sent que les ennuis s'accumulent comme les nuages avant l'orage. Ce qui ne l'empêche pas de déguster un homard aux Quatre-vents. L'établissement, tenu par Solenn Nuz secondée par ses deux filles, va devenir le temps de l'enquête le quartier général de Dupin. Il interroge les clients habituels, ou il délègue à ses adjoints le soin de le faire, prenant notes sur notes dans son petit carnet rouge qui ne le quitte jamais.

Yannig Konan est, était plutôt car il s'agit bien de l'un des cadavres, un homme à la réputation sulfureuse, mais peu connu dans la région. Les deux autres le sont un peu plus, dont Lefort, une célébrité régionale. Et d'après les éléments recueillis à gauche et à droite, auprès de la directrice de l'école de voile ou celle du centre de plongée, auprès de divers intervenants, il semblerait que plusieurs pistes se dessinent, des affaires plus ou moins louches dans lesquels tous les trois seraient plus ou moins impliqués. Cela va d'un centre de recherches de biologie marine, qui dispenserait des brevets auprès de laboratoires, à la légende toujours active de trésors enfouis dans les passes qui séparent les îles de l'archipel et qui seraient le cimetière de nombreux navires. En passant par la folie des grandeurs de Lefort qui envisageait des travaux afin de transformer les Glénan en vaste complexe touristique.

Dupin est constamment dérangé au téléphone par le préfet qui veut, exige des résultats le plus rapidement possible. Aussi il s'arrange pour être le plus souvent dans un endroit où la réception est difficile, voire nulle. Mais Dupin ne ménage pas son portable, ayant besoin de confier des recherches de renseignements auprès de Nolwenn, qui se met en quatre pour le servir et lui apporter les réponses à ses questions. Et puis il y a sa mère qui doit quitter Paris pour venir le voir, elle qui considère que sortie de Paris elle est en terrain étranger et dangereux, non civilisé. Sans oublier Claire, une femme du passé;

 

On ne peut s'empêcher d'accoler la silhouette de Maigret ainsi que celle de Columbo à Georges Dupin, le commissaire qui porte d'ailleurs le prénom de Simenon. Mais à surtout sa façon de travailler, ses tics, ses pensées qui font des va-et-vient en jouant au coq-à-l'âne.

Dupin était mécontent. Cette affaire avançait trop lentement à son goût.

Nolwenn connait son patron, peut-être mieux que lui-même se connait, et anticipe souvent ses désirs lors de ses enquêtes.

Nolwenn savait que chaque enquête du commissaire comptait un moment précis où il flairait une piste - parfois diffuse, parfois quasi inconsciemment mais à chaque fois il devenait alors comme obsessionnel : il lui fallait suivre son inspiration, si fantaisiste puisse-t-elle paraître. Tout le reste devenait secondaire - ce qu'il exprimait parfois avec entêtement, voire grossièreté.

Tout comme Columbo il possède une voiture hors d'âge.

Sa vieille Citroën XM l'attendait devant la porte. Il était attaché à cette voiture particulièrement laide au point de refuser, malgré les innombrables injonctions du préfet, de la remplacer par un véhicule de fonction plus moderne.

Dupin, souvent en conflit avec le préfet, se cabre devant d'autres hommes politiques dans cette enquête. Notamment avec du Marhallac'h, le maire de Fouesnant, commune dont dépendent les Glénan.

Dupin ne détestait rien autant que les hommes politiques. Lisses comme des anguilles, versatiles et sans scrupules, ils savaient à merveille faire leur petit show rhétorique pour cacher autre chose, généralement leurs intérêts propres, tout en traçant impeccablement leur route.

Des dialogues parfois surréalistes émaillent ce roman lui apportant une touche d'humour, une légèreté, une vivacité de bon aloi. Et le commissaire Dupin avec ses quelques défauts, un peu bourru, proche des autochtones malgré l'étiquette d'étranger qui lui est accolée, ayant longtemps vécu à Paris et n'étant en place que depuis quelques années, se montre sympathique et fréquentable.

Jean-Luc BANNALEC : Etrange printemps aux Glénan (Bretonische Brandung - 2013. Traduction de Amélie de Maupéou). Editions Presses de la Cité. Parution le 23 avril 2015. 432 pages. 21,00€.

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 08:39
Max Allan COLLINS : Un flingue peut en cacher un autre.

Chicago au temps de Dillinger, comme si vous y étiez !

Max Allan COLLINS : Un flingue peut en cacher un autre.

Amant de la belle Sally Rand, une strip-teaseuse qui se produit dans l'enceinte de l'Exposition Universelle de Chicago, Nathan Heller, ex-flic légèrement véreux reconverti comme détective privé, est prié par John Howard, représentant de commerce, d'enquêter sur sa jeune femme Polly dont la vertu lui semble élastique.

Nate Heller reconnait en Polly une prostituée avec qui il a couché une fois et qui travaille dans un bar. Elle a des relations avec un certain Jimmy Lawrence et serait divorcée depuis quelques mois. Anna Sage, proxénète et amie de Polly, confie à Heller que Lawrence pourrait être Dillinger, l'ennemi public n° 1, lequel s'est récemment évadé de prison. La ressemblance n'est pas frappante mais la chirurgie plastique serait passée par là.

N'étant pas en odeur de sainteté auprès de Stege, de la Brigade Criminelle et des policiers en général, Heller décide de s'adresser à Cowley, un agent fédéral, de préférence à Purvis, autre agent spécial, son ami Eliot Ness le méprisant. Il indique toutefois à Purvis qu'il pense être sur la piste de Dillinger. Le sergent Zarkovitch, d'East Chicago dans l'Indiana et ami d'Anna Sage, lui aussi préconise à Heller de se manifester auprès des fédéraux. Mais le détective sent le coup fourré. On veut trop qu'il s'occupe du présumé Dillinger. Sally Rand est de son avis. Selon elle, Heller sert de mouche du coche, alors qu'un appel téléphonique aurait été aussi efficace.

Cowley apprend au détective que l'avocat de Dillinger s'appelle Piquett, lequel aurait conseillé à Howard de s'adresser à Heller. L'avocat ne se rappelle pas l'avoir recommandé à qui que ce soit et le dénommé Howard n'existe pas. Frank Nitti, l'ancien associé d'Al Capone, demande à Heller de ne pas aller plus loin dans ses investigations. Deux gros bras attendent le détective à son bureau et le tabassent à coups de tuyaux de caoutchouc. Heller est persuadé qu'il s'agit de flics envoyés par Zarkovitch.

La chasse à courre est lancée et seul Heller est persuadé que Dillinger ne se cache pas sous les traits de Lawrence. Un guet-apens est organisé à la sortie du cinéma Biograph où Lawrence doit se rendre en compagnie de Polly et Anna Sage. Celle-ci est habillée d'une robe rouge, très voyante, afin que les policiers ne puissent louper leur proie. Heller assiste de loin à la curée. Cowley et Purvis sont sur place ainsi que Zarkovitch et son capitaine O'Neil, et d'autre policiers. Zarkovitch et O'Neil tirent dans le dos de Lawrence et tout le monde est d'accord pour affirmer qu'il s'agit bien de Dillinger. D'ailleurs il a un revolver à la main.

 

Prenant pour base des faits et des personnages réels, Max Allan Collins raconte la saga des truands de Chicago, mine inépuisable s'il en est. Mais il n'écrit pas un reportage ou un documentaire. Il construit une véritable histoire avec des personnages attachants et narre avec vivacité cette enquête dans laquelle Nathan Heller est un peu le pigeon de la farce, démontrant que les véritables truands se cachent parfois derrière un uniforme.

La reconstitution de la ville de Chicago, et de son atmosphère, est très réaliste et le détective mis en scène est dépeint avec ses faiblesses, mais également une dose d'humanisme, le tout empreint d'un certain humour.

Les symptômes de la peur et de la passion sont les mêmes.

Max Allan COLLINS : Un flingue peut en cacher un autre. (Faisans et malfaisants 3) (True Crime - 1984. Traduction de F. M. Watkins). Série Noire N°2045. Parution avril 1986. 320 pages.

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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 15:49

L'humour n'est pas l'épée mais le bouclier...

J.J. MURPHY : Le cercle des plumes assassines

C'est ce que déclare Dorothy Parker au capitaine Church qui lui reproche ses singeries et ses clowneries journalistiques, ou tout simplement dans ses réparties incisives avec ses interlocuteurs.

Mais pourquoi Dorothy Parker s'exprime-t-elle ainsi face à un policier ? Pour trois fois rien, juste un cadavre sous une table.

En effet, alors que la célèbre journaliste et poétesse s'apprête à s'installer à la table où elle déjeune tous les midis en compagnie de confrères et amis (?), elle découvre des pieds qui dépassent de sous la nappe. Les pieds appartiennent à un inconnu qui ne s'est pas enivré, qui ne dort pas non plus, mais qui est mort.

Pour une fois qu'elle pensait être en avance Dorothy Parker est dans de beaux draps, ou plutôt de belles nappes. Mais où sont les autres convives habituels ? se demande-t-elle à juste raison. Dans le hall de l'hôtel Algonquin, où elle réside, c'est l'effervescence. Alors qu'elle aperçoit Robert Benchley, qui travaille également en tant que journaliste comme elle au Vanity Fair, le seul des compagnons qu'elle apprécie vraiment, un jeune homme l'aborde. Il se prétend écrivain, venant du Mississippi, et lui demande humblement de bien vouloir jeter un œil, et même les deux, sur une poignée de feuilles qu'il lui tend. Il se nomme William Faulkner et est tout tremblant, d'abord de pouvoir enfin rencontrer la célèbre journaliste, ensuite parce qu'il a une envie pressante.

Dorothy Parker narre son aventure à Benchley, sa découverte de l'inconnu assassiné à l'aide d'une stylo-plume planté en plein cœur. Les autres participants au gueuleton quotidien, Dorothy en général se contente d'un œuf dur, arrivent peu à peu, et elle les présente à son nouveau protégé. Sherwood, qui travaille lui-aussi à Vanity Fair, Woollcot, critique d'art au New York Times, Benchley en profite pour signaler qu'il préfère qu'on l'appelle Woolcoït, petite digression de ma part mais qui démontre l'esprit facétieux qui anime Miss Parker et Mister Benchley, puis les autres, que l'on retrouvera d'ailleurs tout au long du roman. Enfin surgit l'inspecteur O'Rannigan, rapidement surnommé Ouragan, et autres petits surnoms tout autant agréables, qui veut connaître l'identité de tous ceux qui siègent dans le hall. Faulkner est présenté comme William Teckel, alias qui ne le quittera pas ou presque.

Seulement William Faulker, déambulant dans le hall en attendant la chroniqueuse, a attiré l'attention d'un serveur, et l'inspecteur O'Rannigan soupçonne immédiatement le futur Prix Nobel de Littérature d'être un possible coupable. Benchley reconnait en le défunt Leland Mayflower, journaliste et chroniqueur de théâtre au Knickerbocker News. Un journal à scandales fort peu prisé des journalistes mais apprécié du peuple qui trouve dans ses colonnes pâture à alimenter les rumeurs. Battersby, le directeur et propriétaire du Knickerbocker, prend la relève de son collaborateur, et est toujours fourré entre les jambes (c'est une image) des membres de la petite troupe.

Commence alors une sorte de chassé-croisé entre Dorothy Parker, qui a pris sous son aile le jeune Faulkner alias Teckel pour tous, et Benchley, d'une part, et O'Rannigan et le capitaine Church d'autre part, et, voyageant comme une bille de flipper entre les uns et les autres, Battersby toujours à l'affût d'une information croustillante.

 

Cavales en taxi, jeu de cache-cache, descente non contrôlée d'alcool dans un speakeasy, et tentatives d'assassinat ponctuent ce roman course-poursuite contre le temps. D'ailleurs on le sait, pour les journalistes c'est toujours la corde raide avec le bouclage des journaux.

Le lecteur suit toutes ces péripéties avec l'impression d'être dans un film au rythme échevelé, noir et blanc bien entendu, mais pas muet, car les bons mots fusent même dans les cas les plus graves, voire dramatiques.

La reconstitution d'une époque, celle de la prohibition ce qui n'empêche pas les protagonistes de déguster des liquides illicites, soit dans les bars pas forcément clandestins soit grâce aux flasques qu'ils trimballent en permanence dans leurs poches. Et l'on rencontre au détour d'un ascenseur des personnages connus, Jack Dempsey par exemple. Quant au final, il restera... imprimé sur les rétines des lecteurs !

 

Les bons mots, qui souvent ne sont que des répliques acrimonieuses enveloppées d'humour, se télescopent, grâce à la verve de Dorothy Parker et de son complice Benchley, et que souvent l'inspecteur O'Rannigan ne comprend pas. Mais il est vrai qu'il est quelque peu limité culturellement. Et derrière tout ça, règne encore le spectre de la guerre de 14-18, que quelques personnages ont connu pour y avoir participer sur le front européen.

Les rendez-vous quotidiens à la Table Ronde de l'hôtel Algonquin, le Cercle des Vicieux comme aime à surnommer ces réunions Dorothy Parker dans l'ouvrage, se sont réellement déroulés, mais pas dans les conditions décrites par l'auteur, comme d'ailleurs cela est précisé en postface. La plupart des protagonistes ont eux aussi réellement existés et l'amitié et les antagonismes prévalaient comme dans toute bonne assemblée qui se fait concurrence. Cet ensemble d'actions parfois surréalistes, farfelues, dangereuses, possède un petit air suranné que l'on ne trouve plus guère dans les romans de littérature policière de nos jours, et c'est dommage, et souvent j'ai eu l'impression d'être plongé dans un roman de P.G. Wodehouse, avec un petit côté Incorruptibles.

 

- Et ne cessez pas de lire. Moi, en tant qu'écrivain, j'adore ça.
- Moi aussi. Qu'aimez-vous lire en particulier ?
- Une signature au bas d'un chèque. Dommage que ça n'arrive pas plus souvent.

Je ne supporte pas les librairies, disait-il toujours avec une grimace qui tirait vers le bas les pointes de sa moustache. Ces milliers de volumes aux jaquettes éclatantes, chacun enserrant hermétiquement les rêves, espoirs et passions de leurs auteurs comme autant de petites momies dans leur sarcophage, attendant qu'on vienne les libérer... Brrr...

J.J. MURPHY : Le cercle des plumes assassines (Murder your darlings - 2011. Traduction de Hélène Collon). Editions Baker Street. Parution le 02 avril 2015.

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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 08:57
Paul KINNET : La Tour, prends garde !

La tour infernale !

Paul KINNET : La Tour, prends garde !

Arrivés en ordre dispersés, à 9 heure du matin le 18 juin 1985, au 17ème étage de la tour Montparnasse, Lorraine, chef du commando, Albert, Isidore, Samuel, Tonton et Anicet se rendent maîtres des lieux.

Ils prennent en otage près de deux cents personnes et bloquent les ascenseurs desservant respectivement les locaux situés entre le 1er et le 30ème étage. Puis n'ayant gardé que deux lignes téléphonique, une intérieure et une extérieure, ils contactent le gardien de l'immeuble. Le commissaire du 15ème arrondissement, Parpant, après un moment de doute, envoi sur place quelques policiers. La colère gronde, principalement parmi les patrons des différentes sociétés siégeant dans la tour.

Bédoré, sous directeur de la gestion quotidienne de l'immeuble, prend les choses en main. Il calme les esprits. Seul Gaspéri ne veut pas suivre les consignes et déboule par les escaliers. Il est abattu sans pitié. De même, aux derniers étages et à la terrasse, deux gardiens, Pétraz et Viella, membres du commando infiltrés sur place refluent les visiteurs. L'un d'eux, un peu trop curieux, reçoit deux balles dans la tête.

Une cellule de crise est constituée et le Préfet de police est prié de dénouer la situation. Leripinsec, chef de la Brigade de Répression du Banditisme, se substituant à celui-ci, téléphone à Lorraine qui lui fixe ses conditions : deux cents millions de francs en lingots d'or et deux hélicoptères. Tandis que ses subordonnés en dépouillant les dossiers concernant les truands et les preneurs d'otages recensés, pensent que les frères Astaba - Isidore et Albert - feraient partie du commando, Leripinsec par l'indiscrétion d'un des ravisseurs au téléphone, apprend le prénom de Lorraine. Bientôt l'identité d'icelle n'est plus un secret, vu ses antécédents.

Marc Laffrey, le fils d'un de ses collègues des Moeurs, travaille dans la tour ainsi que de nombreux employés coincés entre le 18ème étage et le 56ème. Leripinsec lui demande de se rendre sur la terrasse afin de le renseigner sur le nombre de truands pouvant s'y être installés. Le jeune homme monte du 19ème étage jusqu'à la terrasse à pied. Il rend compte à Leripinsec de la présence des deux gardiens, c'est tout, mais il se fait piéger par les deux hommes et est fait prisonnier. Le GIGN arrive en renfort. Bédoré connaît bien les lieux et propose une solution : l'un des membres du commando, ancien employé dans un cirque, grimpe le long des câbles de l'un des ascenseurs jusqu'au 17ème et déroule une échelle de corde. Il est rejoint par ses collègues qui investissent l'étage.

Pendant ce temps Lorraine est légèrement débordée par ses otages.

 

Après avoir été édité dans de nombreuses collections, dont le Masque, Paul Kinnet, auteur belge, fait son apparition à la Série Noire, après quelques années de silence. Ce sera d'ailleurs son seul roman à paraître dans cette collection.

 

Il décrit d'une façon très précise, très détaillée, et fort documentée, cette prise d'otages gigantesque qui se déroule de 09h00 à 13h37. L'humour ne figure qu'épisodiquement, avec parcimonie. Il dénonce l'habileté des hommes politiques et des hauts fonctionnaires à proclamer des déclarations rassurantes, mais lorsqu'il s'agit de prendre des responsabilités, de prendre des décisions, cela redescend en cascade, le pékin se trouvant souvent seul confronté à résoudre les problèmes.

Il y a des attachés-cases discrets, pour P.-D.G, où l'on peut enfermer quelques minces documents confidentiels, et des attachés-cases pour les tâcherons qui doivent emporter du travail chez eux tous les soirs s'ils veulent se faire bien voir.

Curiosité :

Paul Kinnet a traduit pour les éditions Marabout Le Mystère d'Edwin Drood de Charles Dickens et écrit la fin de ce roman inachevé, sous le pseudonyme de Paul Maury.

Paul Kinnet est issu de l’agence Maréchal qui proposa des auteurs belges aux débuts du Fleuve Noir. Des auteurs belges qui se nommaient José-André Lacour, (plus connus sous le pseudonyme de Paul Kenny), et Paul Kinnet. D'ailleurs Jean Libert, Gaston Van den Panhuise et Paul Kinnet ont rédigé ensemble des romans pour la collection Rouge et Noire, plus connue sous l'appellation La Flamme. Il n'est donc pas interdit de penser que le pseudonyme de Paul Kenny, sous lequel se cachaient Jean Libert, Gaston Van den Panhuise, est un hommage en verlan à Paul Kinnet.

Paul KINNET : La Tour, prends garde ! Série Noire N°2037. Parution février 1986. 224 pages. 5,55€ disponible sur le site de la Série Noire.

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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 16:20
Bill S. BALLINGER : En Java

N'est pas la Java de Brodway...

Bill S. BALLINGER : En Java

La nouvelle mission confiée à Hawks débute sous de mauvais auspices.

Son voisin de chambre à l'hôtel où il réside le menace d'une arme. Il connait une partie de sa mission, l'appelle par son nom de guerre, Maousse, seulement il veut des éclaircissements sur la dite mission. Hawks s'en débarrasse à l'aide d'un briquet-bombe, l'installe dans son lit et procède à un échange de papiers d'identité.

Grimé en Indonésien, Hawks se rend à bord du Marguerita et le commandant lui précise ce qu'il doit faire. Convoyer un électronicien afin de dépanner le Manta Ray, un sous-marin atomique dont l'ordinateur de navigation est défectueux. Kent, un officier du sous-marin, a réussi à alerter l'ambassade et s'est évaporé dans la nature. Il est le seul à connaître l'emplacement du bâtiment perfectionné.

Hawks se rend ensuite à l'ambassade des Etats-Unis où il contacte l'agent du service de renseignements local. Celui-ci lui apporte de nouvelles précisions. Kent serait réfugié dans la petit île de Lebih, à environ onze cents kilomètres de Djakarta, sur laquelle règne un rajah qui officie en tant que gouverneur.

L'expert électronicien se nomme Leigh Housman. Quelle n'est pas la stupéfaction de Hawks, lui qui s'attendait à rencontrer un homme, d'être confronté à une femme désirable et spécialiste en électronique. Seulement il se rend vite compte que celle-ci n'est qu'un agent ennemi à la solde du PKI, parti communiste indonésien, en relation avec la Chine et l'URSS, inquiets de la présence du sous-marin près de leurs frontières. Il l'emmène à bord d'une péniche désaffectée et réussit à lui soutirer le lieu où Housman est détenu. Housman libéré et Hawks en possession de la fameuse carte électronique, les deux hommes quittent à l'aide d'un canot de sauvetage le port de Djakarta.

Pris dans une tempête, ils se voient contraints d'aborder une petite île. Afin de payer leur tribu à l'hospitalité, Dewa, le chef du village, défie Hawks de combattre son champion à l'arme blanche. Muni d'un couteau Hawks gagne contre son adversaire armé d'un redoutable kriss malais. L'agent américain propose alors à Dewa d'organiser une nouvelle joute et s'il en sort vainqueur, de lui prêter une nouvelle embarcation et deux marins. Ayant surmonté cette nouvelle épreuve, dite duel du fouet, Hawks débarque à Lebih en compagnie de Housman. Le rajah les reçoit avec affabilité, comptant sur les Etats-Unis pour régler ses problèmes le cas échéant, conflit avec la capitale par exemple.

Leurs ennemis sont leurs traces à cause d'un message inconsidérément transmis par Kent.

 

Nouvelle aventure pour Joaquim Hawks, descendant de la tribu indienne des Nez-Percés, dans laquelle il se montre une fois de plus à son avantage. Prototype du parfait agent de renseignement, il parle couramment plusieurs langues, dont le malais, se montre habile faussaire, est rompu à tous les arts martiaux, et est muni de gadgets indispensables à tout espion qui se respecte.

Plaisante à lire, cette histoire ne possède cependant pas l'humour et le brin de fantaisie qui émaillaient par exemple Le cirque de Pékin.

Aucune jeune fille de l'île bien élevée ne songerait à exhiber ses cuisses, aussi n'y a-t-il pas encore d'interdiction pour les jambes.

Curiosité :

Les jeunes filles de l'archipel indonésien sont extrêmement pudiques, cependant il n'était pas immoral de porter un sarong qui laisse les seins nus. A cause des étrangers, des touristes qui s'entêtaient à prendre des photos, et les payaient même pour poser, les autorités ont fini par interdire les seins nus, sous peine d'amende, afin d'éviter ce genre de ridicule vêtement obscène. Comme quoi l'instauration de tabous est liée à peu de chose.

 

Bill S. BALLINGER : En Java (The spy in teh Java sea - 1966. Traduction de France-Marie Watkins). Série Noire N°1120. Parution avril 1967. 192 pages.

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 12:08

Hommage à Pierre Barbet né le 16 mai 1925.

Pierre BARBET : Magiciens galactiques.

De retour d’une mystérieuse mission, le chevalier Roland croise sur le chemin qui le mène à la capitale Alberto, un magicien en proie à la vindicte des paysans. Les deux compagnons arrivent à la cour de l’empereur Carlus lequel organise un tournoi en l’honneur de la venue d’Angélique, impératrice de Cathay.

Roland tombe amoureux de la jeune femme mais au cours de la joute il blesse mortellement le frère d’icelle. Sous l’emprise du charme et de la douleur il s’éloigne de la cour de France. Pendant ce temps les Sarrazin franchissent la frontière et sans l’appui de son fidèle chevalier, Carlus a bien du mal à contenir l’avance de l’ennemi.

 

Située dans un futur lointain cette histoire prend son essence dans l’épopée carolingienne, mais pas seulement. La Terre a subi de profondes transformations et elle traverse une ère au cours de laquelle chaque pays, dans un anachronisme déconcertant, revit une période marquante de son histoire tandis que des orques et des hippogriffes jouent le rôle de gardiens du temple.

C’est ainsi qu’Alberto le mage et un de ses confrères voyageant sur le dos d’un hippogriffe obéissant à un appareil sophistiqué appartenant à Roland, traversent les Etats-Unis alors que les Indiens et les cow-boys s’affrontent.

Roland qui n’est autre que Setni, sortant enfin de la torpeur dans laquelle il a été plongé, peut mener à bien la mission qui lui a été confiée. Un roman qui mêle habilement les passions de Pierre Barbet - les légendes, l’histoire, et la science.

 

Pierre BARBET : Magiciens galactiques. Collection Anticipation N°609. Editions Fleuve Noir. Parution 2èe trimestre 1974. 224 pages.

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 10:49

Né le 16 mai 1925 au Mans, Claude Avice, dit Pierre Barbet, s’est éteint le 20 juillet 1995 à Paris.

Pierre BARBET : Un portrait.

Ses parents étant pharmaciens, c’est tout naturellement qu’il a embrassé la même carrière professionnelle. Après un passage chez les dames de Sion où il apprend à coudre, il étudie au lycée Montesquieu du Mans. Durant la seconde guerre mondiale il aide à l’évacuation des victimes des bombardements. Un épisode qui le marque profondément et l’encourage dans sa détermination à poursuivre ses études à la faculté de pharmacie de Paris. Il s’installe avec sa femme Marianne au Mans puis le couple émigre vers la capitale où ils tiennent une officine.

Mais Pierre Barbet continue ses études et prépare une thèse de doctorat à l’Institut Pasteur. Il se spécialise dans la biologie et dirige un laboratoire d’analyses médicales. Parallèlement il commence à écrire des nouvelles puis des romans de science fiction. Au départ il rédige entre 14h00 et 17h00, dans un petit bureau situé à l’arrière de l’officine tandis que sa femme Marianne sert la clientèle. Elle devient la première lectrice et joue le rôle de correctrice.

L’activité de Pierre Barbet découle d’un facteur en deux déclinaisons : pouvoir, lui qui a tant lu, se confronter à ceux qui lui ont fait passer de si bons moments. Jules Verne, le premier des auteurs qu’il a dévoré étant jeune, puis Francis Carsac, Paul d’Ivoi (pas assez à son goût car les rares ouvrages qu’il a pu trouver étaient hors de prix à l’époque), Barjavel, H.G. Wells, Poul Anderson, Van Vogt, Hamilton ou encore Arthur C. Clarke et John Brunner, autant d’auteurs dont il a dévoré la production, durant son adolescence ou après. Mais, conséquence d’une solide formation classique, il aime également les philosophes et tragédiens grecs, estimant qu’ils avaient tout dit.

Il n’apprécie guère les auteurs modernes ses préférences allant à Rabelais, Dante, Swift, Le Tasse, Flaubert ou Balzac. Seuls représentants du XXème siècle Camus et Aymé trouvent grâce à ses yeux. Un éclectisme qui se prolonge toutefois à la lecture de bandes dessinées parmi lesquelles on retrouve les personnages de Lucky Luke, d’Achille Talon et surtout du savant Cosinus dû à George Colomb dit Christophe, père génial du sapeur Camenber et de la Famille Fenouillard. Mais Pierre Barbet professe surtout un goût prononcé pour la lecture des contes et légendes et c’est cette influence que l’on retrouvera dans son œuvre, mélange d’héroïc-fantasy et d’uchronie, ou plus véritablement la revisite d’une fiction historique ancrée dans un futur plus ou moins proche.

Les passions de Pierre Barbet ne s’arrêtent pas à la lecture mais se prolongent dans son univers de scientifique avec l’astronomie et l’étude du cosmos. Il collectionne avec sa femme les fossiles et possède une armure qui trône en évidence chez lui, tel l’ange gardien d’un temple initiatique, celui du rêve scientifique, ou comme l’a appelé certains précurseurs de la science fiction, du merveilleux scientifique.

Pierre BARBET : Un portrait.

Ses premiers romans sont publiés en 1962 chez Gallimard dans la collection Le Rayon Fantastique alors dirigée par Olivier Spriel, alias Pilotin, et Georges Gallet. Il entre ensuite au Fleuve Noir et écrit environ quatre romans par an, tout en continuant à étudier et à se spécialiser dans la bionique. Il écrit également des articles dans des revues professionnelles, devient membre de la société française d’astronomie en 1965 et la même année est nommé secrétaire de la société des docteurs en pharmacie.

Il réalise des conférences scientifiques et organise, ou participe, à des conventions de science fiction. Notamment aux conventions mondiales de S.F de Los Angeles (1972), de Toronto (1973) ou de Brighton (1981), européennes de Grenoble (1974), de Poznan (1976), de Bruxelles (1978) de Münchengladbach (1982) aux conférences mondiales des écrivains de S.F. de Dublin (1976), De Stresa (1980) ou de Rotterdam (1981). Une reconnaissance de son talent d’écrivain par ses pairs mais également par les éditeurs étrangers. Il est l’un des rares auteurs français à avoir été traduit aux Etats-Unis. Mais il est également publié en Hongrie, au Brésil, au Portugal, en Italie, en Allemagne, en Espagne, en Pologne et en URSS. Son appartenance à la World SF lui permet de réunir écrivains de l’Ouest et de l’Est. Il est d’ailleurs Directeur Outremer de l’association des Ecrivains de SF américains son rôle consistant à défendre les intérêts des membres de la S.F.W.A. à l’étranger.

En 1976 il rédige le questionnaire “ Science ” de l’émission Quitte ou Double de Radio Monte Carlo. Son contrat stipulant qu’il ne peut utiliser le nom de Pierre Barbet que pour des ouvrages destinés au Fleuve Noir, il signe quelques romans sous les pseudonymes de David Maine (en hommage à sa province natale) chez Albin Michel, ou Olivier Sprigel (en mémoire d’Olivier Spriel) au Masque. Certains critiques considérèrent à l’époque qu’Olivier Sprigel était un jeune auteur prometteur, alors que Pierre Barbet n’était pas toujours reconnu à sa juste valeur par ses mêmes personnes qui dénigraient les auteurs français, notamment ceux du Fleuve Noir.

Pierre BARBET : Un portrait.

Les contacts que Pierre Barbet entretient avec ses confrères étrangers se révèlent fructueux et amicaux. Il est à l’origine de la collection Les Best-sellers de la Science Fiction, qu’il dirige avec Patrick Siry, étant responsable des auteurs de l’Est et proposant au public des noms nouveaux tel que Adam Fialkowsky. Comme bon nombre de ses confrères Pierre Barbet va subir les incohérences éditoriales. Le directeur de collection de l’époque privilégie non seulement une ligne jugée plus intellectuelle mais en même temps refuse les séries avec héros récurrents. Hors précisément ce que demande le lecteur c’est de pouvoir suivre les aventures d’un héros dont il partage les avatars.

Ainsi c’est l’époque où Perry Rhodan revient en force, où J.-P. Garen, Piet Legay et surtout G.-J. Arnaud avec sa Compagnie des Glaces envoûtent le public même si certains chroniqueurs n’apprécient pas les romans de Garen. Malgré le succès des traductions à l’étranger qui confirme le talent de Pierre Barbet deux manuscrits seront refusés. Heureusement ils ne sont pas perdus et Jacques Van Herp peut les publier chez Lefrancq, maison d’édition belge qui prend la relève des éditions populaires et propose inédits et rééditions de qualités.

Pierre Barbet décède en 1995 des suites d’une longue maladie. Il aura toutefois marqué les années 60 à 90 par une production originale. (source : entretiens avec Marianne Avice).

 

Pierre BARBET : Un portrait.

 

ANTICIPATION :

285 - Les Limiers de l'infini

292 - Les Cavernicoles de Wolf

309 - L'Etoile du néant

319 - Le Secret des Quasars

330 - Hallali cosmique

345 - La Planète des Cristophons

350 - Evolution magnétique

371 - Vikings de l'espace

383 - Les Chimères de Séginus

392 - L'Exilé du temps

404 - Etoiles en perdition

413 - Les Maîtres des pulsars

426 - Les Grognards d'Eridan

435 - L'Agonie de la voie lactée

446 - Les Conquistadores d'Andromède

463 - Le Transmetteur de Ganymède

471 - Azraêc de Virgo

479 - A quoi songent les Psyborgs?

494 - L'Empire du Baphomet

508 - Les Insurgés de Laucor

523 - La Planète empoisonnée

532 - Tremplins d'étoiles

544 - La Planète enchantée

563 - Liane de Noldaz

572 - Les Bioniques d'Atria

582 - Le Bâtard d'Orion

598 - L'Univers des Géons

609 - Magiciens galactiques

622 - Les Mercenaires de Rychna

638 - Croisade stellaire

673 - La Nymphe de l'espace

716 - Patrouilleur du néant

756 - Ambassade galactique

835 - Commandos sur commande

871 - Odyssée galactique

932 - Trafic stellaire

951 - Oasis de l'espace

994 - Périple galactique

1027 - Le Maréchal rebelle

1071 - Cités des astéroïdes

1099 - Les Psychos de Logir

1131 - Cités interstellaires

1152 - Survivants de l'apocalypse

1169 - L'Empereur d'Eridan

1199 - Les Charognards de S'nien

1254 - Rome doit être détruite

1284 - Les Colons d'Eridan

1298 - Carthage sera détruite

1347 - Eldorado stellaire

1371 - Cités biotiques

1384 - Téléclones

1401 - Putsch galactique

1440 - Glaciation nucléaire

1483 - La Croisade des assassins

1505 - Temps changeants

1518 - Défense spatiale

1547 - Captifs de Corvus

1560 - Un Reich de 1000 ans

1586 - Objectif: Mars 2005

1620 - Option zéro

1755 - Soleil de mort

1850 - L'Ere du spatiopithèque

 

Maîtres de la Science - Fiction

8 - Les grognards d’Eridan. Rééd. de Ant. N° 426.

22 - Les cavernicoles de Wolf. Rééd. de Ant. N° 292.

 

Super Luxe - Lendemains retrouvés

135 - A quoi songent les Psyborgs ? Rééd. de Ant. N° 479.

 

Autres publications sous le nom de Pierre Barbet :

Vers un avenir perdu, coll. Le Rayon Fantastique N° 98, Hachette/Gallimard ; Babel 3805, coll. Le Rayon Fantastique N° 105, Hachette/Gallimard.

 

Sous le nom de David Maine - Les disparus du club Chronos, Coll. S.F. N°9 Albin Michel ; Guerillero galactique, Coll. Super fiction N°17, Albin Michel; Renaissance planétaire, Coll. Super fiction N°47, Albin Michel ; Invasion cosmique, Coll. Super fiction N°53, Albin Michel.

 

Sous celui d’Olivier Sprigel - Crépuscule du futur, Le Masque SF N°34 ; Vénusine, Le Masque SF N°61 ; Lendemains incertains, Le Masque SF N°6.

Pierre BARBET : Un portrait.
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Published by Oncle Paul - dans Entretiens-Portraits
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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 09:22

Les militaires sont-ils comme les livres d'une bibliothèque ? Plus ils sont hauts placés, moins ils sont utiles...

Irwin R. BLACKER : Du rif à l'échelon

Responsable de l'Opégé, service concurrent de la CIA, le général LeGrand rêve de retourner sur le terrain afin d'obtenir une troisième étoile, au Viêt-Nam par exemple.

Suite à une réduction des subsides, son service se réduit à peau de chagrin pour disparaître peu à peu, ce qui n'a pas l'air de le contrarier. Mais la CIA au lieu de se voir attribuer la moitié de l'effectif de l'Opégé, préférerait obtenir une augmentation de crédits.

LeGrand doit cependant continuer à s'intéresser aux affaires courantes avec son adjoint Harry Fuller et sa secrétaire-maîtresse Janet Garner. Janet n'accepte pas cette démission morale et claque la porte du bureau et de son appartement.

Parmi les dépêches, l'annonce de convois de wagons-citernes en provenance de la Tchécoslovaquie et franchissant la frontière allemande le fait tiquer, ainsi que celle de mouvements de troupes soviétiques en direction de la Tchécoslovaquie. Une femme s'est même présentée à Berlin-Ouest au péril de sa vie pour fournir comme preuves des pattes d'épaule provenant d'uniformes de l'armée soviétique.

Les réunions avec les pontes de la CIA et les chefs d'état-major se multiplient mais il n'en ressort pas grand chose. Personne n'est capable de définir si ces événements sont réels ou de l'intoxication. Tout semble corroborer l'exactitude des informations mais quelque chose chagrine LeGrand. Une intuition. Un indicateur sis à Berlin-Est se propose de vendre des renseignements au prix fort. Il s'agit de Tubérian, soixante six ans, qui a travaillé durant la guerre dans la résistance comme chef du service des renseignements dans l'équipe de Bénès. Depuis il n'a fourni que des bricoles. Les informateurs disparaissent mystérieusement ou décèdent.

Les documents ou informations ont pu être falsifiés selon LeGrand, mais des repérages et des photos aériennes démontrent que les Soviétiques ont disposé leur flotte aérienne au combat. Les Etats-Unis ne sont pas en reste et partout en Europe l'alerte est donnée. Le personnel américain en poste en Europe est prévenu de la tension qui règne. Ce n'est plus qu'une question d'heures que LeGrand doit gérer au mieux. Le Département d'Etat statue sur l'avenir de l'Opégé, reportant à sine die sa suppression.

A Francfort il rencontre Iliya, la fille de Tubérian, afin d'obtenir un rendez-vous avec le principal informateur de cette affaire. Ce rendez-vous est lancé par radio sous forme de message particulier. Elle réclame en échange un visa pour les Etats-Unis, un billet d'avion, de l'argent et un contrat à Hollywood. Dans l'avion qui les emmène de Francfort à Berlin, LeGrand subtilise dans le sac à main de la jeune femme un étui à cigarettes sur lequel est gravé le nom de Tubérian.

 

Lent, trop lent à démarrer, ce roman ne prend sa véritable dimension qu'au dernier quart, lorsque l'histoire se décante et prend son envol dans l'action et sa signification profonde.

Irwin R. Blacker se contente d'exprimer une vérité, sans faire l'apologie d'un système ou d'un autre, sans dénigrer, sans juger. Il constate. Les Américains ont été menés en bateau, les Russes aussi, et seule la sagesse de deux vieux routiers de Renseignement permet de prolonger une paix fragile. Les décisions sont difficiles à prendre, aussi bien sur le terrain que dans les bureaux des états-majors, et seuls la réflexion et le bon sens peuvent dénouer des situations inextricables.

Un homme seul, par cupidité et nostalgie de son ancienne influence, est capable de pousser deux nations à s'affronter. Que penser des décisions prises dans un moment de panique si l'analyse des éléments n'a été faite que superficiellement par des arrivistes ?

 

Ils faisaient partie de cette élite de sémillants blanc-bec que l'on avait fait venir à Washington pour enseigner aux vieux routiers l'art et la manière d'opérer.

 

Curiosité :

L'histoire est entrecoupée par la narration des différents incidents incitant à prendre en considération les renseignements fournis, tant à Vienne qu'à Usküdar, ce qui hache un peu le récit.

Irwin R. BLACKER : Du rif à l'échelon (Chain of command - 1965. Traduction de Philippe Marnhac). Série Noire n°1032. Parution mai 1966. 192 pages.

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