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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 10:05
Julius A. LION : N°5 paysage.

Il n'y a pas que chez Chanel que le numéro 5 est une

référence !

Julius A. LION : N°5 paysage.

Depuis deux ans, à date fixe, en octobre et en février, un gang s'est spécialisé dans le vol de tableaux de musées parisiens. Seulement selon les conservateurs et les catalogues, ces tableaux n'existent pas.

L'inspecteur Boule, de la brigade des stupéfiants, est prêté par son patron au responsable de l'Office Central de Répression de Vol d'œuvres et Objets d'Art. En compagnie de ses fliquettes de charme et de deux hurluberlus en uniforme il entame cette enquête peu banale alors qu'il était sur une affaire de drogue. Son indicateur Fifi lui a signalé qu'un squat d'une dizaine de personne se procure de la drogue auprès d'un dealer inconnu.

En épluchant les rapports et en interrogeant les témoins Boule constate qu'un Américain se trouvait quasiment à chaque fois sur les lieux. Or cet Américain a été pris en otage lors du dernier vol de tableau, qui contrairement aux autres existe bel et bien. L'identité de cet amateur de tableaux dévoilée, il ne reste plus à Boule qu'à le faire suivre.

L'homme se rend souvent dans une pâtisserie après avoir traîné Place du Tertre. Un jour, après son passage à l'échoppe, il achète un tableau à un rapin de la célèbre place puis se rend chez un antiquaire-restaurateur. Constance, la fille du pâtissier est peintre et Fifi en espionnant l'un des squatters découvre qu'elle est leur fournisseur de drogue. L'antiquaire révèle qu'il travaille pour un banquier suisse qui lui avait commandé la restauration du dernier tableau volé. De fil en aiguille, Boule remonte à Constance tandis que Fifi découvre que les squatters sont décédés d'une dose de strychnine mélangée à leur drogue.

 

Au cours de cette histoire, dans laquelle deux affaires finissent par converger, Boule se révèle magnanime, humain sous des dehors bourrus. Il s'assagit aussi. Ses rapports avec ses fliquettes ne sont pas aussi charnels que dans ses précédentes enquêtes.

Quant à l'humour il est toujours présent même s'il est plus diffus. Ainsi une sexagénaire, femme du monde qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, aux réparties cinglantes, jouant du pistolet à jet d'encre avec malice, interprète un rôle particulièrement irrésistible et permet aux enquêteurs de coffrer en prime un dangereux terroriste belge.

Julius A. Lion se montre moins alambiqué dans la construction de sa trame que dans ses précédents romans. Elle s'en trouve allégée tout en étant haute en couleurs.

J'ai l'habitude des abrutis, mon mari fréquentait beaucoup d'homme politiques.

Curiosité :

N°5 paysage est le nom donné à un format de tableau, soit trente cinq centimètres sur vingt quatre.

Julius A. LION : N°5 paysage. Série Noire N°2155. Parution octobre 1988. 224 pages. 6,65€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 14:00

Le clos Mazarin ? Un riche lieu !

Jean D’AILLON : L’énigme du clos Mazarin.

Coup dur pour le Cardinal Mazarin qui apprend par le comte d’Alais, gouverneur de la Provence, que son frère Michel se serait rendu coupable de faux et usage de faux.

Il aurait vendu des terres qui étaient destinées à agrandir la ville d’Aix ainsi que de fausses lettres de provision permettant d’accéder à la charge de conseiller au parlement régional. De quoi mettre le ministre en mauvaise posture, lui qui est déjà mal vu. Il charge Louis Fronsac, marquis de Vivonne et notaire de son état, d’enquêter et récupérer les fameuses lettres.

En compagnie de son ami Gaston de Tilly, procureur du Roi, et de deux hommes d’armes dévoués, l’ancien soldat Gaufredi et l’Allemand Bauer, les quatre amis partent de Paris le 25 avril 1647 et arrivent à Aix le 8 mai après avoir subi les intempéries, des attaques de brigands et sauvé une troupe de théâtre. En cours de route Gaufredi avoue à ses compagnons qu’il est originaire d’Aix et est le fils bâtard des liaisons entre une servante et un aïeul de Gaufridi, l’actuel président de la Chambre des requêtes. Il a du quitter la ville quarante ans auparavant suite à un différent sérieux qui a failli le laisser sur le carreau. Il était amoureux d’une jeune fille, Claire Angélique de Forbin-Maynier, la tante de l’actuel vice président du Parlement d’Aix. Elle même n’était pas indifférente au jeune Gaufredi. Il n’a jamais connu le commanditaire de cette bastonnade.

Fronsac et ses compères se rendent chez Henri de Forbin-Maynier, vice président du Parlement d’Aix, ainsi que chez Jacques Gaufridi, Président de la Chambre des Requêtes, et d’autres notables de la cité qui, s’ils se détestent, n’apprécient pas l’intrusion des envoyés de Paris. Les embûches rencontrées par les représentants du Cardinal ne manquent pas. Un courtier en fesses, plus prosaïquement un proxénète dont on leur avait soufflé le nom, est assassiné, de même qu’un moine qui aurait été d’accointance avec lui. Les agissements de l’aubergiste chez qui ils logent leurs semblent également suspects.

En ce temps où débute le carnaval, Fronsac est pris à partie par une bande dirigée par un homme déguisé en Diable. En se défendant Fronsac assène un violent coup d’épée au meneur. Les soupçons se portent immédiatement sur un conseiller de Parlement, Gaspard de Venel, réputé pour ses farces. Pourtant l’homme ne présente aucune trace de coups sur la tête. Ils repèrent l’agresseur à la sortie d’une église. L’homme, jeune, porte un bandeau. Il avoue avoir été manipulé par un des notables hostiles à Fronsac et consorts. Il s’appelle Dominique Barthélemy et n’est autre que le secrétaire de Forbin-Maynier. Or Dominique est le petit-fils de Gaufredi dont les amours avec Claire Angélique, devenue mère supérieure du couvent des Dominicaines, avaient porté leur fruit. Le commanditaire de cette agression n’étant autre que Daret, l’amoureux transi qui avait fomenté la bastonnade quarante ans auparavant. Leurs soupçons se portent envers Romani, l’aubergiste, son cousin Boniface ainsi que Gueidon, un avocat résidant à Marseille et dont ils ont fait vaguement la connaissance alors qu’il patientait pour un rendez-vous chez Gaufridi.

Daret malmené par Fronsac et de Tilly, déclare avoir été contacté par Gueidon qui serait en possession des documents, lui même n’étant qu’un intermédiaire et l’aurait chargé de vendre les documents. Les terrains étaient destinés à l’aménagement d’un mail appelé Cour à Carrosses, flanqué d’hôtels particuliers somptueux. Si l’état des finances de Forbin-Maynier lui permet de genre de folies, celui de Gaufridi laisse à désirer.

 

Ce roman de Jean d’Aillon, extrêmement documenté, relate un épisode peu connu de la régence de Mazarin. Compliqué à souhait ce polar historique pêche toutefois par l’afflux de détails, notamment sur la topographie de la cité aixoise d’hier et d’aujourd’hui.

Il est évident que pour les gens du cru ces détails ont leur importance et leur permet de situer les différents endroits décrits. Mais pour le lecteur lambda, de savoir que telle rue en 1647 se dénomme actuellement par exemple rue du Temple, n’apporte rien à la compréhension du texte. Une carte eut été plus explicite il me semble et aurait eu le privilège de ne pas encombrer le récit.

Le plus étonnant est que Gaufredi, qui n’a pas remis les pieds dans la cité depuis quarante ans, se souvient des lieux et des noms des habitants comme s’il avait quitté la cité quelques mois auparavant.

Jean D’AILLON : L’énigme du clos Mazarin. Le Masque Poche N°65. Editions du Masque. Réédition. Parution le 27 mai 2015. 450 pages. 7,90€.

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 12:49
Yves ELLENA : Prêcheur en eau trouble.

Le bénitier ne doit pas être nettoyé souvent !

Yves ELLENA : Prêcheur en eau trouble.

Prédicateur ambulant, Simon arpente les routes de Provence à bord de son camping-car. Pour attirer l'attention des brebis égarées qu'il rencontre en troupeaux sur les parkings des supermarchés, il organise une loterie foraine, lots de consolation à l'appui.

Charlotte, une jeune mère, tente d'échapper à de louches personnages qui en veulent à son bébé. Elle se réfugie dans le véhicule de Simon, alors que celui-ci prodigue sa bonne parole à une comtesse avide de spirituel et de charnel. L'évangéliste est obligé de faire contre mauvaise fortune bon cœur et d'accepter les intrus. Ils campent sur une plage mais les deux hommes de main les ont repérés.

Simon est blessé à la main, ce qui l'handicape pour conduire. Il prend à son bord un auto-stoppeur, Gaël, jeune terroriste breton hanté par une génération spontanée de représentants d'une maréchaussée envahissante. Ils évitent des barrages qui, ils l'apprendront par les journaux, ne sont pas édifiés à leur intention mais dans le but de coincer les auteurs d'un hold-up. Les braqueurs de banque arrêtés, la route devient libre.

Gaël a rendez-vous avec un passeur, mais son contact est appréhendé pour un trafic de drogue. Simon se retrouve avec un passager supplémentaire. Il décide de se réfugier chez Vitali, son oncle, et Andréa, sa tante, d'anciens forains. Dans la nuit Lucas est la proie d'un subit accès de fièvre. Simon et Gaël vont chercher un docteur. A leur retour ils apprennent que le bébé a été enlevé. Charlotte est une mère porteuse qui a décidé de garder la chair de sa chair, réexpédiant l'argent du contrat au géniteur, Martina, son ex-employeur, toubib spécialisé dans la chirurgie esthétique, possesseur de nombreuses cliniques et à la tête d'un trafic avec les pays de l'Est et du Moyen-Orient.

Simon se fait inviter à une réception organisée par Martina et repère les lieux, découvrant la cache du coffre-fort. Il revient plus tard en compagnie d'un perceur de coffre et subtilise argent et documents, dont une lettre signée Charlotte dans laquelle elle stipule abandonner ses droits de mère. Mais d'enfant point.

 

Le ton résolument humoristique, la description burlesque de certaines scènes tragiques, les situations cocasses rencontrées par les différents et insolites protagonistes, tout concourt pour faire de Prêcheur en eau trouble un livre qui renouvelle avec bonheur le roman noir humoristique, un peu à la manière de Westlake.

Yves Ellena avec ce roman plein de verve et d'allant devait marcher sur la route du succès. D'autant que son précédent ouvrage, Radio corbeau, avait connu un succès notable, consacré par l'adaptation cinématographique d'Yves Boisset. Mais les voies du Seigneur sont impénétrables et Yves Ellena n'a pas fait reparler de lui. Peut-être a-t-il fait vœu de silence ?

Du train où vont les choses, le plus petit village, la plus minuscule vallée vont bientôt réclamer leur indépendance. Et quand on en arrivera à l'individu, la boucle sera bouclée et ce sera la fin de l'humanité.

Je n'aime pas la violence, dit-elle, après un temps. Les gens l'utilisent parce qu'ils ne savent pas communiquer, se parler.

Curiosité :

Simon possède un chien appelé Moïse, un chat, Achab, deux oiseaux, Abel et Caïn, et une tortue, Zoé.

Yves ELLENA : Prêcheur en eau trouble. Série Noire N°2150. Parution septembre 1988. 256 pages. 6,65€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 09:18
Marvin ALBERT : Le tombeau du dernier sourire

Souriez ! Vous êtes enterré...

Marvin ALBERT : Le tombeau du dernier sourire

L'ami et associé de Pierre-Ange, dit Pete, Sawyer, Fritz Donhoff, est dans le coma, grièvement blessé de deux balles.

Sawyer monte à Paris et apprend que Fritz devait le charger d'une mission. Il s'introduit dans l'appartement de son ami et blesse un intrus. Une inconnue achève le travail. Mimi Nogaret, une relation de Fritz, et célèbre mère maquerelle quelques années auparavant, informe Sawyer que son ami recherchait un espion et escroc free-lance du nom d'Arnaud Galice, lequel est supposé mort depuis deux ans.

Susan Kape, la fille d'un milliardaire requiert ses services pour négocier auprès de Dollinger, un célèbre marchand et receleur d'antiquité, des pièces étrusques. Dollinger, qui habite non loin de l'endroit où Fritz a été blessé, a disparu, et la jeune fille qui vivait avec lui est assassinée d'un coup de couteau quasiment sous les yeux de Sawyer.

Le détective se rend à Rome, en compagnie de Carmen Haung, chargée de vérifier l'authenticité des objets qui alimenteront le musée que Susan doit créer afin d'acquérir une certaine crédibilité. Ils sont emmenés dans une grotte et Sawyer en profite pour subtiliser une petite statuette qui s'avérera fausse. Carmen était en cheville avec les trafiquants. Erudite mais d'origine modeste, elle était toujours reléguée au second plan et avait agit sous l'emprise de la jalousie.

Fritz sort du coma et révèle à Sawyer qu'il a cru reconnaître en son agresseur Galice. Celui-ci a changé de physionomie mais pas de démarche claudicante. Grâce aux relations de Donhoff, dont un capitaine de carabiniéri, Sawyer est avisé qu'un baron autrichien, Von Stehlik, était en relation avec Dollinger. Ce représentant d'une famille distinguée est installé à Venise et sert d'intermédiaire auprès de collectionneurs. De même, Réju, un détective qui travaille à l'occasion pour Pierre Ange lui apprend qu'une tueuse du nom d'Isabelle Lachard pourrait être la femme qui a tenté de l'abattre.

Sawyer se rend à Venise, rencontre Von Stehlik, qui possède un grand nombre d'accointance parmi les artistes peintres, sculpteurs, etc..., échappe à une tentative d'assassinat et prend rendez-vous avec Isabelle Lachard. Malgré toutes ses précautions, Sawyer est enlevé par des hommes de main de la tueuse.

 

On retrouve dans ce roman des personnages qui parfois ne font que passer dans les précédents livres de Marvin Albert. Crow, Réju ou encore l'inspecteur Gojon, tandis que d'autres ne sont que simplement évoqués comme Babette, sa mère.

Les tribulations de Sawyer l'emmènent en Italie, pays que semble affectionner Marvin Albert. Au delà de l'histoire, fort documentée au demeurant, on notera des similitudes entre les différents ouvrages. Le déroulement de certaines actions ont pour cadre des puits, des grottes, ou des souterrains.

Ou encore Sawyer découvre une partie de l'énigme grâce à une carte postale envoyée par l'un des protagonistes et ayant pour cadre la région Nice Monte-Carlo.

Les Françaises aiment permettre à un homme de se sentir viril et protecteur. Des siècles d'expérience leur ont appris que cela le rend plus maniable que de le battre au bras de fer.

Curiosité :

Ce roman est dédié, entre autre, à Roger Martin, qui consacra l'un de ses numéros d'Hard Boiled Dicks à Marvin Albert. A signaler également une joute oratoire ayant pour sujet la mort dans la poésie.

Marvin ALBERT : Le tombeau du dernier sourire (The last smile - 1988. Traduction de Simone Hilling). Série Noire N°2143. Parution juin 1988. 320 pages. 7,10€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 14:11

Il n'y a pas de raison qu'ils soient épargnés !

Maurice GOUIRAN : Les vrais durs meurent aussi.

En cette fin de juillet caniculaire, c’est l’hécatombe chez les légionnaires. Quatre décès sont enregistrés chez les képis blancs en retraite, mais le soleil n’y est pour rien. Ils ont été retrouvés avec le sourire kabyle et les choses de la vie dans la bouche. Biscottin, l’ami de Clovis l’ancien grand reporter, est inquiet. Son voisin, Le Polack, a disparu après lui avoir remis une reproduction de la Madone à l’enfant de Botticelli, ainsi qu’une boîte à chaussures emplie de documents.

Rapidement le tueur de légionnaires est mis sous les verrous. Il s’agit d’un Algérien, Mourad Boualem, qui aurait agi par vengeance. La police est discrète sur ses motivations mais Clovis apprend que sa mère aurait été violée dans les années cinquante par des soldats. Parmi les documents du Polack, des lettres. Celles qu’il a reçu durant des années de Lé, sa femme, lui donnant des nouvelles de leur fils Marcel, appelé aussi Trunq, et d’autres missives qu’il a rédigées mais jamais envoyées. Clovis est tout content de retrouver Alexandra qui rentre au bercail. Elle exerce un métier qui touche à la finance à Paris et couche avec un avocat, mais pour l’heure elle revient, ce qui n’empêche pas Clovis entre deux galipettes de s’intéresser à cette affaire. Le Polack le contacte. Il pensait que le tueur étant arrêté, il pourrait réapparaître mais les ennuis continuent. Sa maison a été visitée et deux trois trucs le turlupinent.

Rendez-vous est pris le soir près d’un yacht sur les quais. Clovis s’y rend mais il est assommé et il se réveille à l’hôpital. Le bateau a été incendié et une victime a été découverte. Probablement Le Polack, mais Clovis garde l’info pour lui. Même s’il a un contact à l’Evêché il ne désire pas galvauder ses informations. Il décide donc d’aller fouiner du côté de Sainte-Livrade, dans le Lot-et-Garonne. Un camp dans lequel ont été parqués plus de mille ressortissants Vietnamiens, après Diên Biên Phu.

Lé est décédée l’année précédente, mais Marcel y réside toujours. Hans, l’ami du Pollack a été assassiné, et Tham, sa veuve, ne sait pas grand chose. Ses deux garçons, Ai Quôc et Quy, bricolent du côté de Toulouse. Roger, natif du Tonkin, leur explique l’origine du camp et comment ont été, et le sont toujours, traités les ressortissants Vietnamiens qui vivent dans ce village, méprisés par la population locale. Il a été compagnon d’armes du Polack, alias Wilhelm, et de Hans. Il avait assisté en 1955 à une algarade entre deux légionnaires qui voulaient faire avouer où Wilhelm avait caché quelque chose. Quoi, il ne sait pas mais il sait que Klaus, le sergent-chef qui avait défendu l’agressé vit au village de Puyloubier, dans une maison de retraite allouée aux légionnaires. Quant à Trunq il montre un chagrin et une affection à retardement envers son père, qu’il n’avait jamais revu depuis sa naissance, soit plus de cinquante ans auparavant. De retour à Marseille, aidé d’Alexandra, Clovis dépiaute plus en profondeur la boîte qui contient outre les lettres des photos, des documents, une brochure sur l’Autriche, et autres babioles.

 

Si le fil conducteur réside en la résurgence du mythe d’un trésor de guerre nazi, enfoui quelque part en Autriche ou autre pays accueillant, le propos principal de Maurice Gouiran tourne autour d’un fait méconnu car honteux.

L’état a longtemps mis sous silence le camp, le ghetto pourrait-on dire, des déracinés Vietnamiens, des Indochinois à l’époque, des femmes qui mariées avec des militaires, ont été parquées avec leur famille, père mère et enfants. Les oubliés, les délaissés de ce conflit qui était entamé la seconde guerre mondiale à peine terminée et qui sera suivi par la guerre d’Algérie.

Ce sont également les tortures, pratiquées par les belligérants des deux côtés, qui sont dénoncées. L’auteur refuse, par l’intermédiaire de ses personnages, d’accepter le principe du œil pour œil, dent pour dent. Et ne se voile pas la face comme le désireraient certains historiens, ou pseudos-historiens, qui rejettent toutes les fautes sur un seul camp. Un roman qui au delà de l’histoire donne à réfléchir.

Maurice GOUIRAN : Les vrais durs meurent aussi. Editions Jigal. Collection Jigal Polar Poche. Mai 2015. 336 pages. 9,80€.

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Published by Oncle Paul
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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 08:25
Max Allan COLLINS : Ça sent la rousse.

Je dirais même mieux : ça sent le roussi...

Max Allan COLLINS : Ça sent la rousse.

Elu depuis peu maire de Cleveland, Burton a décidé de faire le ménage dans l'administration et d'assainir les affaires de la ville.

Il confie à Ness le soin de réorganiser les services de police ainsi que le corps de pompiers, et d'en extirper les membres corrompus. Il le nomme Directeur de la Sûreté publique. Un travail qui convient à Ness, plus homme de terrain que de paperasse, mais qu'il doit mener à bien le plus rapidement possible, le résultat du vote du budget et son accroissement en dépendant.

Ness s'entretient avec le chef Matowitz à qui il demande de muter les responsables de la Brigade Criminelle dans différents commissariats de la ville afin de démanteler un premier maillon de la corruption. Ensuite il nomme le lieutenant Potter, une promotion déguisée, responsable de la circulation, mettant à sa place à la tête de la Brigade criminelle Cooper. Selon Wild, un journaliste, le chef des policiers marrons serait quelqu'un de haut placé.

L'incendie d'un foyer de personnes âgées, une véritable bicoque, permet à Ness de constater l'incurie et la déficience du service des sapeurs-pompiers. Il organise une descente de police dans un salon de coiffure qui servirait de relai à des bookmakers et appartenant à la Bande de Mayfield Road. Lorsqu'il arrive, tout a déménagé. La confirmation que quelqu'un a renseigné les tenanciers.

Wild se moque de lui dans le journal, ce qui ne plaît pas à l'incorruptible. Ness décide d'embaucher des privés pour suppléer les policiers dans certaines tâches.

Un mois plus tard deux autres descentes sont mises sur pied, conduites par le procureur et son adjoint. Destination deux cercles de jeux. L'un des tripots clandestins est quasiment vide. L'autre offre une certaine résistance. Ness appelé en renfort ne se laisse pas impressionner par les gardes du corps armés et force la porte. Patton le responsable du local parvient à s'enfuir.

Wild lui apprend l'existence d'un trafic de concessions de cimetière mené par un supposé G-Man du nom de Sidney White. Il échange contre un prétendu bon de garantie sans valeur les livrets d'épargne des petits vieux, des immigrants pour la plupart. Aussitôt Ness établit un lien avec l'incendie du foyer et pense à une manœuvre criminelle.

 

Très charpenté, ce roman de Max Allan Collins, comme tous ceux mettant en scène les principales figures du banditisme des années 30 aux Etats-Unis et dont il est l'auteur, est autant policier qu'historique et documentaire. Il fait un peu penser à Marvin Albert qui lui aussi explora les bas fonds d'une façon très méthodique, y incorporant toutefois une touche d'humour. C'est ainsi que l'intègre Eliot Ness, ne dédaigne pas la compagnie d'un verre d'alcool lorsqu'il rencontre des difficultés d'ordre sentimental.

Si Ness se conduit comme un chef dans son rôle de Mr Propre, il passe à côté de la plaque lorsqu'il s'agit de gérer sa vie conjugale.

On n'est jamais plus vieux que mort.

Curiosité :

Nate Heller, le détective privé, héros de quelques aventures narrées par M. A. Collins, fait une apparition dans cette histoire et y joue un rôle déterminant.

Max Allan COLLINS : Ça sent la rousse. (The dark city - 1987. Traduction de F. M. Watkins). Série Noire N°2127. Parution mars 1988. 288 pages. 6,65€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 13:46

Bon anniversaire à Alain Puiseux, né le 28 mai 1963.

Alain PUISEUX : Bienvenue au Paradis.

Cortez a été mis à la porte de son squat. Des hommes sont venus, ont tout cassé, tout démoli et il n’a rien pu sauver pas même ses précieux carnets.

Vêtu simplement d’une couverture, il regarde son immeuble qui n’est plus que ruines.

Il est recueilli par Alice, une vieille dame qui l’appelle son Jésus. Comment se fait-il qu’il vive dans la forêt, près de la Sascatchoe, non loin d’une bourgade dirigée par un shérif féminin prénommé Martha ? Martha c’est aussi le nom de l’élan qui vient le voir de temps à autre dans la clairière où se dresse sa cabane. Refuge de récupération.

Il n’est pas seul, puisque vivent avec lui deux gamins, les jumeaux Tim et Tom. Et il a des amis, un endroit où se désaltérer. Enfin il peut trouver un sens à son existence, en aidant plus paumé que lui.

Comment est-il arrivé dans ce lieu tranquille, bucolique, serein ? Peut-être à bord d’un avion, peut-être comme ça d’un claquement de doigts, d’un coup de baguette magique.

 

Le rêve et la réalité se mélangent sous forme de retour arrière, de flash, de rêves (ou de cauchemars) éveillés. Un roman tendre, sensible, noir et vert, féroce sans être méchant dans la description de la noirceur d’un monde urbain, lyrique lorsque la forêt et les animaux tiennent la vedette, avec parfois la dose d’humour qui permet de digérer toutes les infortunes, les misères que la vie se charge de déposer aux pieds des plus démunis.

Deux mondes parallèles qui se télescopent à certains moments puis s’éloignent à nouveau comme si rien ne s’était passé.

 

Alain PUISEUX : Bienvenue au Paradis. Collection Hors Noir 27. Editions Hors Commerce. Parution le 22 juin 2001. 248 pages.

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 08:36
Eric KRISTY : Circulez !

Y'a rien à voir ?

Eric KRISTY : Circulez !

Noblard est affecté à la surveillance d'un quartier du 20e arrondissement de Paris en compagnie d'un flic de quartier nommé Roussillon.

Travail qui pourrait se dérouler sans trop de peine, s'ils n'étaient appelés en renfort sur les lieux d'un hold-up. Arrivés les premiers sur place, Noblard et Roussillon se trouvent nez à nez avec les deux braqueurs. Roussillon, perdant son sang-froid, abat l'un des jeunes malfrats, malgré l'intervention de Noblard. Bavure ? Pas bavure ?

La consigne est donnée par le brigadier Richez : Roussillon a tiré se croyant menacé. La légitime défense est le mot d'ordre. Coincé entre des chefs qui ne veulent pas de retombées capables de briser leur carrière, l'IGS la police des police qui condamne plus facilement les agents de la paix que les fauteurs de trouble, et les journalistes en mal de copie, ceux-là même qui le lendemain dénonceront le laxisme de la justice, Noblard se demande comment se sortir du bourbier dans lequel il est plongé.

La victime ne possédait pas de papiers sur lui, mais son identité est bientôt révélée, puis par recoupement celle de son compère, Marc Perez. Noblard reçoit chez lui des lettres anonymes vengeresses l'accusant de complicité. Un soir il est agressé à son domicile par Perez et la vendeuse du magasin où a eut lieu le hold-up raté. La concierge de Noblard qui lui apportait son linge est abattue avec l'arme du policier et le couple s'enfuit à moto.

Le commissaire Hérald n'est pas convaincu par les explications de Noblard qui affirme ne pas avoir reconnu ses agresseurs. Richez lui ordonne de ne pas changer d'un iota sa version des faits survenus depuis le début de l'affaire.

Noblard tente de convaincre Karine, la vendeuse, d'influer sur Perez afin qu'il disparaisse de la circulation, prêt à les aider financièrement. Mais Perez braque une armurerie. Noblard se rend chez Karine mais il arrive en même temps que Richez. Perez tire sur le brigadier, les flics arrivent en renfort et le couple est abattu.

Interrogé par Hérald, Noblard travesti les événements, déclarant que Richez avait tenu à ce qu'il l'accompagne pour une arrestation dont il pensait tirer profit.

 

Deuxième aventure à la Série Noire de Noblard, Circulez est un roman qui nous fait découvrir l'autre face du miroir sans toutefois s'apitoyer sur les malheurs du policier dans l'exercice de ses fonctions.

Un livre à lire au premier, au deuxième, et peut-être même au troisième degré. On peut y trouver une parabole en essayant de deviner à travers les lignes un message, décortiquer la trame de l'histoire en traquant les impulsions du personnage, dénigrer une corporation dans son ensemble en oubliant qu'elle est composée d'êtres humains réagissant selon les événements et les sollicitations diverses provenant des ordres, du respect, du cœur et de la raison.

Noblard est un homme normal vivant avec ses contradictions. Pour cela il se sent mal dans sa peau et ses relations avec Clara, son amie, ne sont pas toujours au beau fixe.

 

Je suis poulet trente neuf heures par semaine, pas plus. Le reste du temps je suis comme tout le monde.

Eric KRISTY : Circulez ! Série Noire N°2107. Parution septembre 1987. 192 pages. 4,90€. Disponible.

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 15:44

Elle nous supporte bien...

Sébastien DEVILLERS : Supporter la Terre.

Une jeune femme découverte suicidée dans un appartement qui n'est pas celui dans lequel elle vit habituellement, voila de quoi nourrir les questions que se pose Louis Dommage, détective privé.

Le crochet auquel elle s'était pendue avec une corde à linge n'a pas tenu sous le poids, mais de petits détails font tiquer le détective. Par exemple, pourquoi le plâtre qui est tombé du plafond sur la figure de la victime est quelque peu poisseux, comme si du sparadrap avait été apposé sur la bouche de la jeune femme. Une bizarrerie à approfondir pense-t-il. Tout comme la découverte de lingerie fine dans un tiroir. Tout comme la découverte de la pièce d'un Euro que la jeune femme porte sur elle. Un Euro, ce n'est pas grand chose, mais cela veut dire beaucoup, lorsque le côté face représente une chouette. Mais auparavant il prévient la police de sa découverte macabre.

Louis Dommage travaille depuis quelques années dans une agence de détectives avec Jérôme Taillefer, le patron bon garçon, et Stéphane, spécialiste en informatique. Il recherchait Laurence pour le compte de ses parents, qui vivent encore dans le Limousin, et n'avaient plus de nouvelles de leur fille depuis quelque temps.

Laurence était une fille simple, sans problème, qui travaillait à la vente de billets d'avion, et aidait des associations caritatives. Une apparence car en réalité la vie de Laurence était plus complexe que ses proches pouvaient imaginer. Pour les parents, elle était hôtesse de l'air, pourtant ils auraient dû penser qu'elle affabulait, vu son embonpoint. Et pour ceux avec qui elle était en relation, au dépôt des Restos du Coeur par exemple, elle était native soit de Dunkerque, soit du Sud de la France, ou d'une autre province profonde. Et lorsque Stéphane effectue des recherches en explorant le disque dur de son ordinateur, c'est pour s'apercevoir qu'elle correspondait avec de nombreux hommes, et des femmes, via des sites de rencontre. Et le travail de Stéphane est de dénicher qui se cache derrière les nombreux alias utilisés.

 

A la clinique Saint-Jean, dans un des beaux quartiers de la capitale, Jean-Charles Letailleur officie comme Directeur des Relations Humaines ou des Ressources Humaines, selon le critère que l'on veut accorder à ces nouvelles appellations de Directeur du Personnel. Soit on se met à la portée et à l'écoute de ses subordonnés, cas N°1, soit on se conduit en esclavagiste, Cas N°2. Jean-Charles Letailleur serait plutôt à placer dans la catégorie du cas N°1, car il n'aime pas voir les gens souffrir. Les bêtes non plus d'ailleurs. Il est pétri de compassion envers les malades en fin de vie, comme sa grand-mère Guillemette, Mimette pour les intimes dont il fait partie. Son corps rongé par le cancer. Et un soir, il l'aide à trépasser en douceur, il lui semble bien qu'elle le lui a demandé. Sa Grand-mère l'a élevé, il lui devait bien ça. Car son père, directeur de la clinique et principal actionnaire, et sa mère responsable dans une grande entreprise et toujours par vaux et par monts, n'avaient pas eu le temps l'éduquer. Ils sont très riches et lui aussi par conséquent.

 

Autre lieu, dans un restaurant, Béatrice et Paul s'alimentent. Nourritures spirituelles et terrestres sont au menu. Béatrice aimerait un peu plus de contact de la part de Paul alors que lui s'enferme dans une discussion philosophique. Passera-t-il à l'action, lui touchera-t-il la main, lui proposera-t-il une soirée agréable, ce jeune homme qu'elle a connu via un site de rencontre ?

 

Laurence n'est pas seule à être retrouvée suicidée. D'autres cadavres viennent s'ajouter à ce début de liste tenue par Louis Dommage et ses compagnons de l'agence. Des suicides qui ne souffrent pas de déni, et pourtant. L'un a été retrouvé au pied d'un précipice dans le parc des Buttes Chaumont tandis que l'autre s'est noyé volontairement. Mais pourquoi donc ceux-ci portaient sur eux une pièce d'un euro représentant une chouette ?

 

En général je n'apprécie guère les digressions dans un roman, jugeant que cela gâche la lecture et ralentit l'action. Mais dans ce livre elles sont les bienvenues car elles apportent de l'épaisseur indispensable aux personnages, ce que l'on pourrait appeler du "bon gras".

Par exemple les échanges sur Facebook entre jeunettes cachées sous un pseudo, comme il va de soi, une conversation parasitée par un individu qui se dissimule sous l'alias d'Hadès. Ou comme le fait remarquer à Dommage l'une des personnes qu'il rencontre :

Internet a bien des défauts, en particulier celui de donner la parole aux imbéciles, mais il permet aussi enfin la rencontre des esprits, sans l'obstacle des corps.

 

Ou la descente aux enfers et sur le pavé d'un agriculteur qui en mal d'affection avait pensé trouver sa promise, sur les conseils de l'adjoint au maire de son village, auprès d'une fille de l'Est. Ou comment un bon futur père de famille devient homosexuel par frustration, sa femme se refusant afin de ne plus se consacrer qu'au bébé à naître.

Ou la conversation entre Dommage, Stéphane et Taillefer qui discutent sur la position de l'Eglise par rapport au suicide. C'est l'occasion pour Louis, alors que Sylvie leur secrétaire a mal aux dents, ou à une dent, dans ces cas là on ne sait plus trop, de se remémorer ce que disait son curé à propos de l'éternité.

Et puis tu as mal toujours, la douleur ne te quitte jamais. Jamais, tu sais ce que ça veut dire, jamais, petit enfant ? Ça veut dire pour l'éternité. L'éternité, c'est comme une infinité de secondes et d'heures. Infini c'est comme le nombre de grains de cailloux qui font les rues de Paris multiplié par le nombre de grains de cailloux qui font les rues de toutes les villes du monde, multiplié par le nombre de grains de sable qui font les déserts du monde, multiplié par le nombre de mondes qui flottent dans le ciel ! Et quand tu en es là, ce que tu obtiens est comme le sable que ta main peut contenir par rapport au désert qui t'environne.

 

Un roman passionnant, qui s'articule comme un film à sketches, les chapitres se poursuivant les uns les autres, sous forme de petites nouvelles qui s'imbriquent les unes les autres, en apparence sans lien et pourtant qui constituent une intense réflexion sur les sites de rencontre par exemple, le comportement des personnes qui professent trop d'empathie à l'encontre de personnes dépendantes ou faiblardes mentalement. Un roman à tiroirs qui décèlent à leur ouverture les faiblesses de la vie.

L'on retrouve avec plaisir Louis Dommage, dont nous avons pu faire la connaissance en 1987 dans le premier roman de Sébastien Devillers Otage, après avoir subi quelques avatars rapidement expliqués et trouvé une compagne nommée Muriel. Un homme sympathique, qui aime comprendre les tenants et les aboutissants d'une affaire, les positions des uns et des autres, rechercher la faille qui se cache dans l'esprit des divers protagonistes liés de près ou de loin qu'il rencontre.

Pour découvrir les éditions Assyelle :

Sébastien DEVILLERS : Supporter la Terre. Editions Assyelle. Parution 23 janvier 2015. 298 pages. 18,00€.

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 13:11
Thierry JONQUET: Le manoir des immortelles.

Ils ont tout faux...

Thierry JONQUET: Le manoir des immortelles.

De la fenêtre d'un studio de la rue Bouchereau dans le 14ème arrondissement de Paris, Hadès photographie les inconnus qui pénètrent dans l'immeuble d'en face. Il expose sur les murs de la pièce les portraits numérotés des visiteurs. Lorsqu'ils ressortent, Hadès leur emboîte le pas et s'arrange pour connaître leur identité. C'est ainsi qu'il décide de supprimer N°52.

Le commissaire Salarnier et son adjoint Rital sont désignés pour enquêter sur la mort d'un décapité près de Bercy. Il s'avérera que le défunt, du nom de Harville et médecin légiste de son état, a eu la tête tranchée par une faux. En compulsant les dossiers des personnes disparues et des crimes non élucidés, ils constatent que deux autres meurtres ont été commis de la même manière quelques semaines auparavant. Ils apprennent que les trucidés exerçaient une profession en rapport avec la mort. L'un était propriétaire d'un magasin d'articles funéraires, l'autre fonctionnaire responsable des cimetières. Autre coïncidence troublante, les trois morts ont retiré de l'argent dans la même agence bancaire près de l 'avenue du Maine.

Hadès continue sa surveillance de jour, regagne son manoir le soir et passe quelques heures auprès de Lola. N°56 est fauché dans la fleur de l'âge.

Salarnier et Rital, prévenus qu'un nouveau meurtre vient d'être perpétré dans des conditions semblables, se rendent chez le trépassé. Réalisateur de télévision, Fabrard avait pour projet une émission intitulée Images de la mort de Dürer à Dali. Une rétrospective de tableaux de maîtres dont le personnage est la Mort et qui offre un panorama évolutif. Salarnier, lui-même confronté à la mort - sa femme décède d'un cancer - s'implique personnellement dans cette enquête.

Parmi les appels téléphoniques de Fabrard, Rital relève un numéro qui correspond à celui d'une prostituée de luxe, Nadine Holereau. La jeune femme reconnait d'après les clichés qui lui sont soumis quatre de ses clients. Salarnier met en place un dispositif de surveillance. L'inspecteur Lazleau est chargé de raccompagner la jeune femme à son appartement en banlieue et d'épier l'entrée de l'immeuble. Rital joue le rôle d'un client. Hadès le suit. Il est repéré par les hommes de Salarnier mais il peut leur échapper, après avoir blessé Rital, profitant d'une manifestation qui se déroule fort à propos.

Tandis que Salarnier trouve le studio d'où Hadès espionnait l'entrée de l'immeuble de Nadine, Hadès prend en otage la gamine de la prostituée et la confie à un couple devant un manège. Puis il se rend chez la jeune femme, la questionne sur Salarnier puis l'oblige à le suivre à son manoir. Il montre à la jeune femme une photo datant de 58 sur laquelle elle reconnait une femme lui ressemblant. Hadès lui injecte le contenu d'une seringue.

 

Comme dans ses précédents romans Thierry Jonquet met en scène un personnage psychopathe, dont la raison a divagué à la suite d'un malheur familial. Une livre dense, concis, où tout est écrit en peu de pages. L'on suit le personnage de Hadés avec un certain intérêt, mais c'est celui de Salarnier qui retient le plus l'attention. Sa femme se débat contre la mort et le commissaire est partagé entre sa peine et son enquête.

 

Thierry JONQUET: Le manoir des immortelles.

T'es un drôle de catholique, toi Rital, dit Salarnier, tu gobes les discours du Pape, mais tu aimes bien farfouiller dans les recoins cradingues... Moi, au moins, je crois en rien.

Thierry JONQUET: Le manoir des immortelles.

Thierry JONQUET: Le manoir des immortelles. Série Noire N°2066. Parution 1986. Rééditions : Série Noire, nouvelle couverture. Parution avril 1998. Folio Policier N° 287. Parution février 2003. 3,00€.Disponible sur le site de la Série Noire.-

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