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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 08:06
Max Allan COLLINS : Le boucher de Cleveland

Vente en gros et au détail...

Max Allan COLLINS : Le boucher de Cleveland

Neuf cadavres en pièces détachées ont été retrouvés sur le Run et dans les bidonvilles de Cleveland, en l'espace de quelques mois.

Eliot Ness, le directeur de la sécurité, décide après avoir mené à bien l'épuration dans la police de Cleveland, de s'atteler à la tâche. L'inaction lui pèse, pourtant il sait qu'un échec lui serait fatal.

Les inspecteurs Merlo et Curry n'ont pas ménagé leurs efforts, sans grands résultats. Seuls deux cadavres ont pu être formellement identifiés. Ness se grime en chômeur afin de tirer les vers du nez du cafetier d'un des bidonvilles de la banlieue. Il suit plusieurs pistes et les soupçons pèsent bientôt sur Franck Dolezal, un immigré alcoolique qui a travaillé quelques années auparavant comme tueur dans un abattoir. Fait aggravant Dolezal est homosexuel, l'un des profils attribués à celui qui est surnommé le Boucher. Le shérif, dont l'un des adjoints a reconnu Ness sous son déguisement, décide de s'approprier l'enquête. Il incarcère Dolezal qui, en manque d'alcool, avoue tout ce qu'on lui demande. L'homme se suicide mais Ness n'est pas pour autant convaincu de sa culpabilité.

Vivian, une jeune femme qu'il a fréquenté, confie à Ness qu'elle soupçonne Lloyd Watterson, le fils d'un chirurgien ami du maire de Cleveland, comme étant le tueur recherché. Lloyd, chirurgien raté, s'occupe des affaires financières de son père. Pensant que Ness ne l'a pas écoutée, elle demande à Wild, le journaliste, de s'introduire dans la demeure du jeune homme. Wild se fait surprendre et ne doit la vie sauve qu'à ses réflexes et à Vivian. Seulement lorsque Ness arrive sur les lieux Lloyd a déménagé emportant les preuves de ses assassinats.

 

Véritable reportage et histoire romancée, ce livre pêche pourtant par sa froideur, même si les problèmes de cœur d'Eliot Ness apportent le côté sentimental.

Le personnage du tueur, un psychopathe, n'est pas assez développé. Traitée à la manière de Robert Bloch, c'est à dire côté assassin et non pas enquêteur, cette histoire aurait eu plus de rayonnement, de profondeur, en mettant l'accent sur l'aspect psychologique, sur les motivations, les affres, les problèmes de conscience de celui qui fut surnommé le Boucher de Cleveland. Mais il est vrai que le héros est Eliot Ness, et seulement Eliot Ness.

Le crime, ce n'était pas de vivre dans un bidonville, c'était qu'une telle agglomération puisse exister.

Max Allan COLLINS : Le boucher de Cleveland (Butcher's Dozen - 1988. Traduction de Noël Chassériau). Série Noire N°2206. Parution novembre 1989. 320pages. 7,80€. Disponible sur le site de la Série Noire

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 08:14
Marvin ALBERT : La Sœur de Minuit.

N'est pas la sœur de mes nuits...

Marvin ALBERT : La Sœur de Minuit.

L'avocate, et petite amie de Pete Sawyer, Arlette Alfani est soupçonnée par la police de complicité dans l'évasion d'André Colin, dit Dédé le Dingue, dangereux récidiviste et tueur patenté.

Celui-ci avait été incarcéré à la suite d'un vol de bijoux, dénoncé par sa maîtresse, Christine Boyer. Sawyer se rend à Anvers mais Christine, une Eurasienne, qui était serveuse de bar a disparu. Colin est sur ses traces et abat deux des gardes du corps de Huang, le propriétaire du bar. Sawyer pense que Huang, qui est impliqué dans un trafic de main d'œuvre clandestine et autres activités illégales, a organisé l'évasion de Colin afin de faire main basse sur les bijoux.

De retour à Paris, Sawyer reçoit la visite d'Alfani, truand notoire en retraite et père d'Arlette, bien décidé à sauver l'honneur de sa fille. Grâce aux contacts et relations de son ami et associé Fritz Donhoff, qui se remet lentement de ses blessures (voir Le tombeau du dernier sourire), Sawyer rencontre quelques personnages dont un Asiatique patron d'immigrés clandestins œuvrant dans le prêt-à-porter, une ancienne amie de Christine, serveuse dans un bar, un ancien moine bouddhiste qui pense qu'elle se cache chez les chèvres, la secrétaire d'un hebdomadaire, une comtesse qui avait embauché pour des soirées, sans la déclarer, la jeune fille, et d'autres qui alimentent sa moisson de renseignements.

Les gardes du corps fournis par Alfani lui sauvent la mise, lui évitant quelques désagréments corporels, ce qui n'est pas le lot de tout le monde. Sawyer se rend compte que Huang et Colin, séparément, le suivent dans ses démarches pour retrouver la jeune fille. Huang est le responsable en Europe d'une sorte de triade appelée La Sœur de Minuit, l'un des noms sous lequel est désignée la déesse Kali.

 

D'une trame un peu mince, Marvin Albert réussit à tirer trois cents pages, grâce à son professionnalisme et à ses digressions, retours en arrière sur le passé de certains personnages, extrapolations philosophiques, descriptions géographiques, et dialogues travaillés. Un roman agréable à lire mais qui date un peu, comparé à la production américain et française due à la nouvelle génération.

 

Il y a, dans toute prison, au moins un gardien susceptible de se laisser corrompre par une offre alléchante.

Curiosité :

L'évasion de prison de Colin à l'aide d'un hélicoptère ressemble à un fait-divers qui s'est déroulé à cette époque.

 

Marvin ALBERT : La Sœur de Minuit. (The Midnight sister - 1989 -  Traduit de l'américain par Rosine Fitzgérald). Série Noire N°2200. Parution octobre 1989. 320 pages. 7,80€. Disponible sur le site de la Série Noire

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 14:04

La vengeance est comme une omelette norvégienne : ça se déguste froid mais flambé !

Gilbert GALLERNE : La Mort pour vengeance.

Un regard, une rencontre, une irrésistible bouffée de colère et de ressentiment, et pour Agnès Castellane c'est un retour en arrière de sept ans accompagné d'un sentiment d'un gâchis programmé.

L'homme qui révulse ainsi Agnès Castellane n'est autre que Laurent Martel, un kidnappeur d'enfant qui a réussi à sortir de prison grâce au témoignage d'un codétenu et qui aujourd'hui se pavane à Cannes avec un producteur car son livre à succès est pressenti pour être adapté en film.

Agnès est responsable de la Sécurité à l'hôtel Sémiramis et elle est sur le qui-vive. Le lendemain c'est l'ouverture du fameux Festival de Cannes, et malgré la légère vétusté de l'établissement, des acteurs doivent y séjourner. Or la présence de Martel la dérange car elle avait pris l'homme sur le fait alors qu'il récupérait le sac contenant l'argent de la rançon. Seulement la précipitation du procureur a fait échoué l'opération et Martel s'est défendu en prétendant avoir découvert l'objet par hasard. Emprisonné malgré tout il a purgé cinq ans de taule puis a été libéré grâce à un témoignage opportun. Mieux, il a obtenu une indemnité conséquente, à laquelle s'ajoute les droits d'auteur de son bouquin, qu'il n'a pas écrit, et qui lui permettent de vivre à l'aise.

Chastaing, le directeur de l'hôtel prend la défense de son client lorsqu'Agnès signifie à Martel de déguerpir de l'hôtel. Et demande à la responsable de la sécurité de se calmer. Difficile à appliquer, mais elle se promet intérieurement de surveiller l'individu. L'arrivée de Ron Maxter, un acteur en pleine ascension dans le cercle fermé des stars, détourne l'attention. Il est accompagné de sa femme, actrice elle-même mais à la réputation de moindre envergure, et de son gamin Matthew, quatre ans. Ron Maxter, acteur et chanteur, comparé à raison par certains comme le nouveau Sinatra, est un habitué des lieux et il est accueilli avec déférence par Chastaing.

La présence de Martel perturbe fortement Agnès qui demande à Bernard, plus de cent kilos de muscles mais un gramme de neurones, de le surveiller, mais le vigile est plus occupé à faire les yeux doux à Barbara, la nièce de Nancy Maxter qui sert de garde d'enfant à Matthews. Quant à Martel il retrouve sur son chemin un détenu qu'il a côtoyé en prison et qui vient de se faire la belle. A deux, ce qu'il projette pourrait réussir.

Et ce que prévoyait Agnès se produit. Matthews est enlevé alors que Barbara et le vigile s'adonnent au simulacre de la reproduction. La rançon exigée pour la restitution du gamin est plus que conséquente. Alors Ron Matthews, justifiant son rapport avec Franck Sinatra, demande à son oncle, directeur de casino à La Vegas, et accessoirement parrain de la mafia locale de l'aider financièrement. Et l'oncle, d'origine italienne, est catégorique. Il faudra payer la rançon, ne précisant pas ce qu'il a en tête, et Agnès Castellane ne doit pas s'immiscer dans cette affaire, sinon son neveu Damien risque d'en subir les conséquences. Or Agnès Castellane y tient à son neveu. Surtout qu'elle a surpris Martel tourner autour de lui.

Agnès a vraiment Martel en tête, elle en parle au commissaire, mais ce son passé de commissaire ne plaide pour elle. Elle est agressée un soir, soupçonne Martel, mais il a un alibi tout comme lors de l'enlèvement du petit Américain. Bref, ce n'est pas du cinéma, même en période de festival.

 

Gilbert Gallerne a l'habitude de construire des suspenses implacables, réservant leurs lots de surprises qu'il déballe au moment où on ne s'y attend pas, mêlant la tragédie familiale comme un huis-clos tout en assurant le grand spectacle.

Les prétendants à cet enlèvement ne manquent pas, sauf aux yeux d'Agnès Castellane focalisée sur Martel, mais d'autres pourraient jouer le rôle de coupable idéal, leurs motivations ne manquant pas ou par trop évidentes. Ainsi Georges, l'homme à tout faire de l'hôtel, toujours à traîner dans les couloirs avec ses chariots de linge sale, faut pas croire ce n'est pas parce qu'on est de la haute qu'on ne salit pas ses draps, et qui attend des papiers afin de régulariser sa situation et pouvoir enfin faire venir sa famille qui végète de l'autre côté de la Méditerranée. Or un chariot a justement été utilisé pour kidnapper l'enfant.

Apparemment simple, cette intrigue prend du volume au fur et à mesure qu'elle est développée, et en artisan consommé du roman d'énigme et de suspense, Gilbert Gallerne embobine le lecteur pour lui livrer un final éblouissant dépassant le cadre strict d'un roman policier classique. Un peu à l'instar des maîtres américains, tels que Marvin Albert, Max Allan Collins et quelques autres de la grande époque, Day Keene, William Campbell Gault ou Wade Miller, mais en y ajoutant le machiavélisme indispensable pour forger cette impression ressentie par le lecteur qu'on le manipule, pour son plaisir.

Gilbert Gallerne, contrairement à la vogue des auteurs modernes qui jonglent sur le sensationnel et le voyeurisme, parfois malsains, ne s'attarde pas trop sur les conditions de détention du gamin, juste quelques lignes comme ça en passant, l'essentiel n'étant pas là. Son propos principal résidant dans l'affrontement entre Martel qui clame son innocence, et Agnès Castellane, persuadée en son âme et conscience de détenir la vérité. Et ce qui est vrai un jour ne l'est pas forcément le lendemain, sauf si la répétition est plus facile que l'innovation.

 

Gilbert GALLERNE : La Mort pour vengeance. Collection Molécule. Editions France Loisirs. Parution mars 2015. 332 pages. 9,99€. Inédit.

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 09:59
Michael Geller : Faux cracks et vrais tocards

Comme en politique ?

Michael Geller : Faux cracks et vrais tocards

Ken Eagle est l’un des jockeys les plus en vue des champs de courses de l’est des Etats-Unis. Aussi quelle meilleure pression que l’enlèvement de sa fille lorsque un ou des inconnus veulent qu’il arrive bon dernier dans toutes les courses auxquelles il doit participer dans la même journée.

Naturellement il encours le blâme et la suspension auprès des commissaires de courses mais contre la vie de sa fille, il n’a guère le choix.

Si les parieurs ne sont pas contents, et ils ont raison de l’être, les entraîneurs qui l’emploient eux non plus ne sont pas satisfaits. Mais que l’un d’eux, Bucky Walters, particulièrement vindicatif, soit retrouvé dans le coffre de sa voiture avec une balle dans la tête, n’arrange pas les affaires de Ken Eagle.

Pour la police, ce n’est qu’un dossier de plus. Lorsque l’un des bookmakers crie sur tous les toits que Ken lui a refilé des tuyaux et que ceux-ci s’avèrent être crevés, la coupe déborde et Ken est obligé d’enquêter en compagnie de la fille de Bucky Walters afin de faire toute la vérité sur ces louches agissements.

Premièrement pour sauvegarder son honneur et sa réputation de probité et secondement parce qu’il est préférable de rester en vie quand on est encore jeune.

 

Roman mené à train d’enfer qui ne s’essouffle pas et qui devrait intéresser non seulement les turfistes mais également tous les amateurs de bonnes histoires. A placer à côté des romans de Dick Francis, le spécialiste des romans policiers hippiques.

 

Michael Geller : Faux cracks et vrais tocards (Dead last- 1986. Traduction de Michel Deutsch). Série Noire 2111. Parution octobre 1987. 256 pages.

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 15:14

Xavi El Valent le valait bien...

B. &F. DARNAUDET, Gildas GIRODEAU et Philippe WARD : Le glaive de justice.

 

Publiée originellement chez Rivière Blanche, cette mini-saga ayant pour personnage principal Xavi El Valent et déclinée en deux tomes, se voit consacrée par la réédition en un seul volume chez Mnémos, dans leur collection de poche Hélios.

Pour les éditions Rivière Blanche, c'est une forme de consécration, de reconnaissance du travail éditorial effectué depuis dix ans, dans l'ombre tutélaire de l'Occitanie, après la découverte d'auteurs prometteurs comme David S. Khara, Laurent Whale, puis leur récupération par d'autres maisons comme Critic, 10/18 et Fleuve Noir, Mnémos... ou la possibilité donnée à d'anciennes gloires, principalement issues du sérail du Fleuve Noir de s'exprimer à nouveau.

 

B. &F. DARNAUDET, Gildas GIRODEAU et Philippe WARD : Le glaive de justice.

Le glaive de justice.

Ne nous y trompons pas. Si cette histoire est ancrée dans le fantastique, elle prend résolument ses sources dans l’histoire languedocienne et occitane, et plus particulièrement catalane dans les années sombres de la lutte contre les Cathares. Et si les auteurs donnent aux belligérants des noms d’emprunt, il est au moins une figure qui parle d’elle-même : Simon de Malfort, qui réfère directement à Simon de Montfort. De Tolosa à Kottliure, en passant par Murèl, Besièrs, Perpinyà, le col du Pertus et le mont Canigò, et autres lieux dont les patronymes n’ont aucunement besoin d’être traduits, le lecteur effectue un voyage initiatique.

Dans la plaine de Murèl s’affrontent d’un côté les Francs du roi Amalrik III le Vil assistés des troupes de Gontran le Défiguré, le Pape noir, de l’autre les armées du roi d’Ock Béranger V et du roi Père IX de Katland. Les deux premiers compères veulent annexer les pays d’Ock et de Katland et éradiquer la religion des infidèles kathars. La bataille fait rage, et Père IX, légèrement aviné, se moque totalement des consignes de ses lieutenants. Il est abattu par Agna et ses hommes, les morts-vivants. Xavi, le jeune bruixot, thaumaturge et nécromancien, tente de le ramener à la vie, en vain. Lui-même est cerné par l’armée d’Agna et alors qu’il va sombrer sous les coups, Agna lui laisse la vie sauve. Commence alors pour Xavi la quête du Glaive de justice tandis que les combats continuent, que les armées d’Ock et de Katland sont obligées de reculer sous l’avancée ennemie.

Pour obtenir le Glaive de justice Xavi est obligé de se rendre dans les fourneaux du forgeron Borvo, sorte de dieu Vulcain qui règne au milieu de lycanthropes sur le mont Canigò, afin de s’emparer de l’arme, mais cela ne suffit pas car, afin que celle-ci possède sa puissance maximale, il faut aussi retrouver les reliques de Sant Vicenç. Son épopée, comme le lecteur peut s’en douter, sera une succession de péripéties aventureuses, sanglantes, où le courage ne résout pas tout. Heureusement il est accompagné dans sa quête par deux fidèles, le géant Lo Singlar et l’archer Pau qui utilise des flèches pour le moins bizarres. Malheureusement la belle Agna veut elle aussi s’emparer du Glaive de justice. Et comme rien n’est simple et que tout le monde se jalouse afin d’avoir la prépondérance, Agna est en butte à des manœuvres pas très catholiques de la part du cardinal Posel Virt Schneesturm, au profil ambigu, même s’il est un allié des Francs et du Pape noir.

Entre trahisons, embuscades, pièges, échauffourées avec des loups-garous, surveillance des lignes ennemies par les Goelaks, des volatiles qui sont des sortes de drones, et autres joyeusetés, Xavi d’un côté et Agna de l’autre réussiront-ils à posséder le Glaive de Justice ? C’est ce que nous proposent de découvrir les auteurs de ce roman haletant en trois parties et dont l’épilogue se veut une entrée en matière. La première est due à la plume de Philippe Ward, qui décrit La Bataille de Murèl, la deuxième signée François Darnaudet qui propose Du sang sur la neige et enfin la troisième et dernière, la plus longue aussi, intitulée tout simplement par Gildas Girodeau Le Glaive de justice. Comme à leur habitude les trois compères s’amusent à affubler leurs personnages de patronymes puisés dans l’entourage de leurs connaissances et amis. Ainsi retrouve-t-on un Laguerre, un cardinal Jirrodo, un Dard M’Odet, un Gallerne de Palerme ou encore un Dou’n Ovetz, et quelques autres peut-être moins connus.

Ce roman, sous des dehors de joyeuse récréation à consonance fantastique et historique, n’est pas si léger qu’il y parait. Et l’on s’aperçoit que les mêmes événements reviennent à périodes régulières et pas plus tard qu’il y a quelques semaines, dans des conditions moindres que celle décrite, mais dont l’effet jette toujours l’opprobre sur ceux qui commettent ces actes que je juge, personnellement, barbares. « Ils ont rassemblé les survivants de la tuerie et les ont séparés en deux groupes. D’un côté les hommes valides, de l’autre : femmes, vieillards et enfants. Il fallait sortir les cadavres de la ville et brûler les corps sans perdre de temps. Le premier groupe a été immédiatement mis au travail, ils ont triés le deuxième à leur façon ».

B. &F. DARNAUDET, Gildas GIRODEAU et Philippe WARD : Le glaive de justice.

De Barcelona à Montségur (La saga de Xavi El Valent 2).

Il était une foi, une crise de foi !

Coincés entre les Francs au Nord et les Kastillans au sud, les Okcitans, les Khatars (pas ceux du PSG) et les Katalans subissent une guerre de religion, un schisme fomenté par le Pape Gontran dit le Défiguré et promoteur de la Nouvelle Foi.

En réalité, c'est plus compliqué que cela. Au Nord, il y avait (les corons, mais pas que...) le sénéchal Laguerre (ville attaquée par Laguerre, ville prise par la guerre) et le cardinal (ou selon les circonstances la) cardinal Posel Virt Schnessturm, pape de la dernière Nouvelle Foi, et ses affidés, dont Jirrodo le Nain, Galerne de Palerme, Bernadette di Venezia, ainsi que dans sa mouvance Agna la bruxia et quelques autres. Mais l'obsession de Posel Virt est de posséder le Grazal, qui lui permettrait de régner sur tous les territoires. Au sud, ce n'est guère mieux, avec les Kastillans qui veulent annexer la Katalogne.

Au milieu une poignée d'irréductibles s'élèvent et tentent de contrer les nombreuses attaques. Simon de Malfort, le commandant suprême de l'expédition franque a détruit Besierz et ces résistants en ont encore le souvenir. Xavi EL Valent qui a réussi a réanimer le Glaive de justice et ses compagnons, Lo Singlar et Olympe de Fois essaient de s'allier au sultan An-Nisar tandis qu'à Barcelona, dans les sous-sols de la Sagrada Katland, Pau, Enrekhtouès, Dard M'Odet font face à des adversaires particulièrement belliqueux. D'autant que Roland, le mort-vivant toujours en possession de sa fidèle Durandal n'épargne personne.

Heureusement Xavi et ses compagnons sont des sorciers et ils possèdent des armes susceptibles de contrer les attaques, à gauche, à droite, au centre, derrière, devant, de leurs adversaires qui disposent de zombies, d'animaux mutants comme les Minautaures et autres qui plient, rompent sous les coups mais se relèvent inexorablement.

Grâce au sultan An-Nisar, Xavi est accompagné de la belle Cheikha et surtout il lui est donné en cadeau des tuplars, des chevaux ailés issus d'une croisement de purs-sangs et de vautours. A condition toutefois de les rendre viables, car ces bestioles métissées décèdent quelques heures après leur naissance.

Ce roman épique, qui n'est pas sans rappeler les tristes heures de la croisade des Albigeois, du massacre des Cathares, une croisade mise en œuvre par l'église romaine à l'encontre de ce qui était considéré comme une hérésie, est écrit en trois parties : Le chant 1 : La bataille de Barcelona par Boris et François Darnaudet; le chant 2 : Cheikha, la Mujâhid par Gildas Girodeau et le chant 3 : Mourir à Montségur par Philippe Ward. Tandis que les deuxième et troisième parties se déroulent comme un prolongement de roman, la première ressemble à une succession de vignettes où batailles, combats, engagements divers entre les différentes forces en présence, entre sorciers, animaux mythiques, loups-garous, tigro-raptors, mutants et guerriers indestructibles. Presque comme une bande dessinée sans malheureusement les images ou un jeu de rôle.

Une épopée vive, pleine de fureur, de sang, de coups bas, de trahisons, de coups fourrés de toutes sortes et dont le lecteur ne ressort que difficilement tant les scènes d'action défilent à cadence accélérée.

Vous avez pu reconnaître parmi les différents protagonistes des noms qui ne vous sont pas inconnus, ceux, déformés, des auteurs qui ne s'attribuent pas forcément les beaux rôles, endossant le costume de méchants. Mais au détour d'une phrase, d'une scène, d'un épisode, d'autres personnages apparaissent dont des chroniqueurs sur la toile, un certain archevêque Zeu-Grard, dont vous pouvez retrouver les articles sur K.Libre et un archevêque-centurion du nom de Mau-Gendre qui figure dans un rôle de composition, évidemment. D'autres petits clins d'œil sont placés ça et là que je vous laisse découvrir au fur et à mesure de la lecture. Il en ressort une lecture agréable dont la religion dite chrétienne ne sort pas grandie, mais cela eut été étonnant si l'on analyse toutes les exactions dont elle s'est rendue coupable au cours des siècles envers ceux qui ne se pliaient à sa doctrine.

Ce roman de Fantasy est également une ode à la Catalogne, province scindée en deux par les Pyrénées et écartelé entre deux nations, la France et l'Espagne, à son besoin de reconnaissance et d'indépendance qui l'anime et l'agite des deux côtés de la frontière, légitimement.

Vous pouvez retrouver le monde de Xavi el Valent dans le roman de Phil Becker :

Et découvrez le catalogue de Rivière blanche ci-dessous :

B. &F. DARNAUDET, Gildas GIRODEAU et Philippe WARD : Le glaive de justice. Réédition. Collection Hélios N°32. Editions Mnémos. Parution le 4 juin 2015. 464 pages. 11,90€.

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 10:56
François JOLY : Be-Bop à Lola.

Be bop a lula, she's my baby
Be bop a lula, toi ma douce amie
Be bop a lula, où donc es tu partie
Be bop a lula, sans toi je m'ennuie.

François JOLY : Be-Bop à Lola.

Effectuant un petit décrassage matinal en patins à roulettes, Curveillé, patron d'une petite entreprise de dépannage en tous genres, assiste au meurtre d'un vieux monsieur et sauve in-extremis la vie à une fillette.

Les deux tueurs en voiture se sont trompés de cible. Celui qui était visé n'est autre que le grand-père de la gamine, Saryan, aux activités troubles. En accompagnant Lola, sa maîtresse, à l'aéroport de Satolas, Curveillé remarque parmi la foule son tueur de la veille en compagnie de Neyrieux, ex-député compromis avec des mouvements néo-fascistes. Pris en filature il leur échappe et se met sous la protection du commissaire Haget, chargé de l'affaire. Le policier lui trouve une planque seulement Curveillé découvre une grenade dans son nouveau logement. Un piège.

Lorsqu'il se présente à sa boutique deux malabars malmènent sa secrétaire. Les malfrats sont rapidement mis hors circuit par Ali le fiancé. Curveillé décide alors de prendre les choses au sérieux, et à son compte, et ressort des placards le vieux fusil hérité de son père.

Mario, l'homme de confiance et garde du corps de Saryan, demande courtoisement mais fermement de le suivre chez son patron. Saryan, d'origine arménienne, révèle qu'il est un puissant marchand de canons mais qu'il s'est toujours refusé à fournir en armes certains pays, au contraire de Neyrieux, d'où leur antagonisme. Il lui apprend également que l'ex-député doit assister à une conférence aux Baléares. Mario raccompagne Curveillé chez Lola. Les deux hommes découvrent son cadavre torturé.

 

Des histoires dans lesquelles un quidam est amené à se sortir d'une situation inextricable et à en découdre par lui-même, on en a lu des dizaines. Pourtant ce premier roman de François Joly parvient à intéresser le lecteur, même si à la relecture, il semble creux de l'intérieur. Mais quel bel emballage.

Double de l'auteur, le narrateur est un épicurien amateur de jazz. D'où les nombreuses descriptions de menus dégustés au cours de cette enquête et des liquides les accompagnant, ainsi que les diverses appréciations sur les prestations musicales des jazzmen.

 

On rencontre dans la vie à longueur de temps des fumiers, des minables, des salopards, des sans-parole, des vicelards, mais il leur reste toujours quelque part un semblant d'humanité, une tendresse pour une vieille mère, une photo jaunie au fond d'un tiroir.

Curiosité :

Le narrateur apprend la mort de Chet Baker sur la route qui le conduit à Barcelone. Au lecteur de retrouver la date exacte.

François JOLY : Be-Bop à Lola.

François JOLY : Be-Bop à Lola. Série Noire N°2180. Parution avril 1989. 192 pages. Réédition Folio Policier N°294. Parution avril 2003. 208 pages. 5,80€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 11:07

C'est comme un repas sans sel ou un baiser

sans moustache ?

Jean-Paul NOZIERE : Roméo sans Juliette.

Résident depuis six mois dans un centre éducatif fermé, Roméo est convoqué par le directeur de l'établissement. Lequel lui annonce deux nouvelles, une bonne et une mauvaise, cela dépend de quel côté le curseur est placé.

La première, c'est que Roméo est libre et qu'il va pouvoir entrer dans la vie civile comme cela lui bon lui semble, c'est à dire probablement s'engager comme militaire. Son rêve depuis des années. Ensuite que son père est malade, en fin de vie et qu'il serait normal qu'il lui rende visite. D'ailleurs il le réclame. Ça, Roméo n'y tient pas, mais alors pas du tout. C'est un peu, ou beaucoup de la faute de son père s'il a vécu six mois en centre éducatif fermé.

Toutefois il accepte d'écouter au téléphone le docteur qui suit la santé de son père à l'hosto. Il n'est pas convaincu de se rendre sur place, mais lorsque le toubib lui annonce que son père n'a plus que quelques heures à vivre, qu'il l'a vu en pleurs et qu'il a prononcé P'tit pédé, alors que depuis de depuis plus de six mois il n'avait dit aucun mot, Roméo accepte de se rendre sur place.

Mais, arrivé à Sponge, la ville où il a vécu toute son enfance, il tient d'abord à se rendre au Petit Clocher, un lieu-dit à la sortie de la commune. Son père tenait une épicerie, mais il ne reste plus rien. De toute façon Roméo ne se rendait pas au Petit Clocher pour constater les dégâts, mais pour rencontrer son amie d'enfance Juliette. Seule sa mère est présente et reçoit Roméo comme un chien dans un jeu de quilles. Juliette est prétendument à la fac. Quant à Léopold, le frère de l'adolescente, il se remet progressivement de la perte d'une jambe. Roméo est déçu, toutefois il comprend cette réaction, en regard des événements qui se sont déroulés les mois précédent son enfermement en centre éducatif. Roméo et Juliette se connaissent depuis leur toute petite enfance. Brigitte, la mère de Juliette et Léopold, est relativement riche et vit de l'autre côté de la route en face de chez Roméo.

Tandis que Roméo, alors âgé de huit ans, habitait depuis un mois chez sa grand-mère Costancia, à Dijon, celle-ci lui apprend que sa mère est morte. Il revient au foyer paternel et son père seul s'occupe de lui. Roméo se rend souvent chez Brigitte, et les deux gamins vont ensemble à l'école. Serge Lopez, le père de Roméo n'est plus tout à fait comme avant. Sa petite épicerie bat de l'aile, pourtant il continue à faire marcher son commerce. Toutefois il semble traficoter par ailleurs.

Les jours, les semaines, les mois passent, les années défilent, Serge Lopez devient agressif envers tous ceux qui selon lui mangent le pain des Français, les émigrés, les étrangers en général et les Arabes en particulier, ainsi que les homosexuels. Tous bons à mettre dans le même panier selon lui. Il s'enfonce dans un racisme primaire, vitupérant envers justement les Arabes qui ouvrent leurs échoppes quasiment vingt-quatre heures sur vingt-quatre, alors que lui est obligé de se conformer à la loi et de respecter les horaires. Il plante en haut d'un mat fiché dans son jardin un drapeau français, surnomme l'endroit où ils vivent la Petite France, s'abouche avec des individus peu recommandables, et change le prénom de Roméo en Romé tout court. Et l'appelle P'tit pédé de temps à autre. Roméo ne sait pas si c'est du lard ou du cochon.

Les individus qui côtoient son père ne sont vraiment pas fréquentables, des personnages malsains, racistes, des bagarreurs, à l'esprit obtus. Pourtant Roméo va lui aussi les fréquenter, un peu par obligation, et c'est le début de la fin.

 

Jean-Paul Nozière trempe une fois de plus la plume là où ça démange. Il met en évidence les déviances comportementales exercées par des olibrius ne méritant pas l'appellation d'êtres humains entraînant des dérives sectaires, racistes et homophobes. Les paroles et les actes d'un père perturbé dans sa vie familiale et sentimentale agissent négativement sur son fils qui veut faire plaisir à son géniteur, même s'il se rend compte que son comportement n'est pas celui qu'il devrait avoir.

L'amitié juvénile entre Roméo et Juliette évolue en vieillissant et bientôt l'affection puis l'amour adolescente se substituent à ce sentiment loin d'être puéril. Pourtant Roméo et Juliette prennent des chemins séparés, Juliette se montrant brillante et studieuse tandis que Roméo délaisse les études pour entrer à mi-temps dans la vie active. Leurs fréquentations ne sont pas les mêmes et influent sur leur caractère.

Jean-Paul Nozière n'écrit pas des romans à l'eau de rose lorsqu'il s'adresse à des adolescents, au contraire, il leur montre la réalité quotidienne toute crue, en se focalisant sur certaines dérives.

Jean-Paul NOZIERE : Roméo sans Juliette. Editions Thierry Magnier. Parution le 13 mais 2015. 272 pages. 14,50€.

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 07:37
Gérard DELTEIL : Riot Gun.

Veillez à vos abattis dans les abattoirs...

Gérard DELTEIL : Riot Gun.

Un ancien condisciple d'HEC propose à Brisson, cadre au chômage, un emploi dans une société de gardiennage, la Protector.

Propulsé directeur général adjoint par Ronaldi, son nouveau patron, Brisson est chargé de superviser une opération de déménagement de matériel dans les locaux d'un abattoir de banlieue. Les vigiles de Protector se heurtent à des manifestants cégétistes et l'algarade dégénère. L'un des manifestants est abattu d'une balle de fusil tandis qu'un vigile est blessé.

Brisson qui a tenu l'arme du crime entre ses mains peu de temps auparavant est accusé de meurtre. Refusant de suivre les conseils de son avocat et de se constituer prisonnier, il décide de mener lui-même l'enquête.

Il se réfugie chez un ami parti en vacances. Se faisant passer pour un journaliste il téléphone puis rencontre l'un des employés de Protector présent sur les lieux du drame. Celui-ci lui ne apprend rien de plus qu'il ne sache déjà. En sortant de l'immeuble Brisson échappe à une balle tirée d'une voiture. Persuadé que la clé de l'énigme se trouve du côté de chez Protector, il s'infiltre dans les bureaux. Hélène la secrétaire le surprend mais accepte de l'aider en lui fournissant la liste des vigiles de la société de protection présents lors du coup de force. Une liste incomplète, des gros bras de l'extérieur ayant été engagés à cette occasion.

Recherché par la police, il décide de raconter l'affaire à Lubin, un journaliste free-lance. Guère convaincu Lubin accepte néanmoins d'enquêter en sa compagnie. Ils rendent visite à l'hôpital au vigile blessé qui sous-entend que certaines affaires louches se sont déroulées, puis ils contactent son employeur. Au pied de l'immeuble Brisson reconnaît l'un des hommes qui lui a tiré dessus. Il s'avérera qu'il s'agit d'un commissaire de police. Brisson est obligé de déménager et il s'installe à l'hôtel avec Hélène. En compagnie de Lubin il rencontre un responsable syndical qui lui apprend que la victime avait mis à jour un trafic de viande déclassée ou avariée au sein de l'entreprise qui l'employait et qu'il comptait dénoncer. Il était devenu gênant.

Après avoir rencontrés Ronaldi, son ancien patron, qui jure ses grands dieux n'être pour rien dans cette affaire, et après avoir été agressé ainsi que Lubin par deux flics, Brisson se rend au siège de la BNV, bureau national de la viande dont l'un des dirigeants aurait été soudoyé.

 

Gérard Delteil ne s'embarrasse pas de fioritures dans les descriptions, et là où certains auraient trouvé matière à écrire 300 pages, il n'en livre qu'à peine 180. Cette concision permet de garder un rythme constant à ce roman dont l'inspiration a été guidée par l'enquête menée par Gérard Delteil et Yonnel Liégeois et racontée dans Dossier Viande, du trafic au meurtre paru aux éditions Messidor.

Implicitement, Delteil met l'accent sur la fiabilité aléatoire des rapports et analyses effectués par les psy sur les demandeurs d'emploi pour le compte de sociétés.

 

Curiosité :

Le journaliste Dominique Lubin, qui ici sert de faire valoir, deviendra le héros de nombreux romans de Gérard Delteil, romans publiés dans différentes maisons d'éditions.

Gérard DELTEIL : Riot Gun.

Gérard DELTEIL : Riot Gun. Série Noire N°2173. Parution mars 1989. 192 pages. Réédition Folio policier N°173. Parution septembre 2000. 5,80€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 12:16

Hommage à Lilian Jackson Braun, née le 20 juin 1916 et décédée le 4 juin 2011.

Lilian Jackson BRAUN : Le chat qui jouait Brahms.

Aimez-vous Brahms ?

Journaliste au Daily Fluxion, Qwilleran décide de changer d’air, de passer quelques semaines de vacances dans la nature, loin de la ville, de la pollution, du travail, de la frénésie.

Pourtant son rédacteur en chef lui propose une nouvelle affectation, une rubrique mieux adaptée, à ses possibilités et à son talent : reportages et enquêtes criminelles, au lieu d’assurer les chroniques gastronomiques. D’ailleurs un petit tiraillement familier de sa lèvre supérieure et de sa moustache lui prédit quelques aventures.

En compagnie de Yom-Yom et de Koko, ses deux chats siamois, Qwilleran s’installe dans un chalet situé en forêt, en bordure d’un lac. La propriétaire en est Tante Fanny, une vieille dame de quatre-vingt-dix ans, ancienne amie de la mère du journaliste. Tante Fanny est un peu sourde, mais elle est si charmante. Et Qwilleran pourra écrire son livre en toute quiétude, se reposer et faire le ménage côté cœur.

Pourtant ce havre de silence et de tranquillité promet quelques surprises désagréables à notre vacancier. L’univers bucolique ne s’avère pas si enchanteur qu’il l’espérait. Quant à Koko, chat impertinent, joueur et taquin, il démontre ses aptitudes et ses goûts de mélomane à un Qwilleran pas encore blasé par les prouesses de son félin.

Le chat qui jouait Brahms est un roman qui fait patte de velours. Sans violence, sans vulgarité, avec humour, Lilian Jackson Braun impose ses deux détectives en fourrure courte et son journaliste qui ne comprend pas toujours les subtilités déployées par ses compagnons à quatre pattes.

La série connait Outre-Atlantique un très grand succès, mérité, et se révèle comme le contrepoint du déferlement de sang et de sexe qui sévit avec complaisance dans la littérature policière, noire ou fantastique américaine et française.

Lilian Jackson BRAUN : Le chat qui jouait Brahms.

Lilian Jackson BRAUN : Le chat qui jouait Brahms. Collection Grands Détectives N° 2189. Editions 10/18. Première parution 1er juin 1991. 252 pages. 7,10€.

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 10:05
Julius A. LION : N°5 paysage.

Il n'y a pas que chez Chanel que le numéro 5 est une

référence !

Julius A. LION : N°5 paysage.

Depuis deux ans, à date fixe, en octobre et en février, un gang s'est spécialisé dans le vol de tableaux de musées parisiens. Seulement selon les conservateurs et les catalogues, ces tableaux n'existent pas.

L'inspecteur Boule, de la brigade des stupéfiants, est prêté par son patron au responsable de l'Office Central de Répression de Vol d'œuvres et Objets d'Art. En compagnie de ses fliquettes de charme et de deux hurluberlus en uniforme il entame cette enquête peu banale alors qu'il était sur une affaire de drogue. Son indicateur Fifi lui a signalé qu'un squat d'une dizaine de personne se procure de la drogue auprès d'un dealer inconnu.

En épluchant les rapports et en interrogeant les témoins Boule constate qu'un Américain se trouvait quasiment à chaque fois sur les lieux. Or cet Américain a été pris en otage lors du dernier vol de tableau, qui contrairement aux autres existe bel et bien. L'identité de cet amateur de tableaux dévoilée, il ne reste plus à Boule qu'à le faire suivre.

L'homme se rend souvent dans une pâtisserie après avoir traîné Place du Tertre. Un jour, après son passage à l'échoppe, il achète un tableau à un rapin de la célèbre place puis se rend chez un antiquaire-restaurateur. Constance, la fille du pâtissier est peintre et Fifi en espionnant l'un des squatters découvre qu'elle est leur fournisseur de drogue. L'antiquaire révèle qu'il travaille pour un banquier suisse qui lui avait commandé la restauration du dernier tableau volé. De fil en aiguille, Boule remonte à Constance tandis que Fifi découvre que les squatters sont décédés d'une dose de strychnine mélangée à leur drogue.

 

Au cours de cette histoire, dans laquelle deux affaires finissent par converger, Boule se révèle magnanime, humain sous des dehors bourrus. Il s'assagit aussi. Ses rapports avec ses fliquettes ne sont pas aussi charnels que dans ses précédentes enquêtes.

Quant à l'humour il est toujours présent même s'il est plus diffus. Ainsi une sexagénaire, femme du monde qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, aux réparties cinglantes, jouant du pistolet à jet d'encre avec malice, interprète un rôle particulièrement irrésistible et permet aux enquêteurs de coffrer en prime un dangereux terroriste belge.

Julius A. Lion se montre moins alambiqué dans la construction de sa trame que dans ses précédents romans. Elle s'en trouve allégée tout en étant haute en couleurs.

J'ai l'habitude des abrutis, mon mari fréquentait beaucoup d'homme politiques.

Curiosité :

N°5 paysage est le nom donné à un format de tableau, soit trente cinq centimètres sur vingt quatre.

Julius A. LION : N°5 paysage. Série Noire N°2155. Parution octobre 1988. 224 pages. 6,65€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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