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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 08:55
Marvin ALBERT : Les dents longues

Attention à ne pas rayer le parquet !

Marvin ALBERT : Les dents longues

Quatrième aventure, quatrième prestation de Pierre-Ange Sawyer, le détective franco-américain créé par Marvin Albert.

Tout son géniteur littéraire, Pete Sawyer vit sur la Côte d'Azur et ses enquêtes le mènent aux quatre points cardinaux de la France ou presque. La lecture des dents longues est une excellente occasion pour découvrir la Camargue et ses mystères.

 

Peter-Ange Sawyer est amené à côtoyer un milliardaire, directeur d'une très grosse entreprise de transports dont la femme vient d'être enlevée. S'il mène à bien l'échange rançon-otage, Sawyer n'en est pas moins frustré et sent que quelque chose lui échappe.

C'est en recherchant sa mère, Babette, professeur spécialisé dans l'histoire et la psychologie de l'art en visite à Arles, que Sawyer va de nouveau être mis en présence de l'ex-otage, deux mois après son enlèvement.

En enquêtant sur cette curieuse famille, notre détective va faire la connaissance de truands marseillais, de trafiquants d'armes, et par la même occasion visitera d'une façon particulièrement dangereuse La Camargue.

 

Avec Marvin Albert, le lecteur est assuré de lire un roman bien construit, bien charpenté, fort documenté.

Et puis découvrir la France à travers les romans d'un Américain, pas mal non ? même si celui-ci a vécu plus de vingt dans cette patrie d'adoption.

 

Les gens mariés disent parfois de leur conjoint des choses qu'ils ne pensent pas vraiment.

Marvin ALBERT : Les dents longues (Long Teeth - 1987. Traduction de Rosine Fitzgerald). Série Noire N°2136. Parution mai 1988. 320 pages. 7,10€.

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 14:44

Les ancêtres donnent de la voix...

Newton LOVE: La voie des braves.

Ancien monteur de lignes téléphoniques, handicapé à la suite d’un accident, Ben Pace, le narrateur, vit dans un immense tipi installé dans sa demeure.

Indien Lakhota, il s’est reconverti en prêtre guerrier, pratiquant également la médecine, celle de ses ancêtres faussement appelés Sioux à cause d’une déformation par les Français du nom de Nadewisou que leur avaient donnés les Indiens Ojibwa. Il communie avec la nature, la flore et la faune. Il dialogue souvent avec un corbeau, Corbeau-qui-saute, lequel l’oblige par ses réflexions à se poser les bonnes questions et à rechercher les bonnes réponses sans l’aide de quiconque.

Un matin, une délégation composée de quatre femmes, Rita, Maria, Lisa et Kelly, investit son domaine. Elles espèrent qu’il acceptera de les aider à prouver la culpabilité de John Keagey qui les a violées mais a été absous de ses crimes. Les juges n’ont pas retenu la thèse des viols, Keagey étant affilié aux Kinkead, une famille comptant un gouverneur, un sénateur et quelques membres du Congrès et plus si affinité. Bref c’est un intouchable et tous les recours contre lui ont été balayés d’un revers de manche.

Ben accepte d’aider les jeunes femmes, mais ce qui lui importe c’est que la justice fasse son travail, et il ne veut pas entendre parler de vengeance. Les quatre femmes ne sont pas les seules à avoir été abusées, d’autres ont subi les assauts de ce pervers qui recueille ses trophées et les cache. Mais par peur, par traumatisme, la plupart des victimes n’ont pas déposé plainte. Alors Ben va tenter de connaître la cachette du criminel afin de le confondre.

Il lui faut d’abord convaincre Rita et consœurs, les stimuler, les conseiller, leur trouver des alibis, toute une organisation qui demande patience et préparation. Pour cela Ben trouve des alliés auprès de ses Frères Ailés, de Ratons Laveurs, de la nature en général.

 

Ben Pace ne boit pas, uniquement des infusions qu’il prépare à base de plantes médicinales, et dans les bars les serveuses sont surprises qu’il ne leur demande que de l’eau chaude, trimbalant dans un petit sachet ses ingrédients.

Il ressent également une certaine rancœur envers la société blanche, les Wasiciu en langue lakhota, qui a spolié ses ancêtres, les Nations Rouges. Un ouvrage quelque peu déconcertant de prime abord, car le narrateur, qui n’est autre que Ben Pace, mélange narration active et développement de ses pensées.

Le lecteur est happé dans une spiritualité dont il n’a pas l’habitude. La communion d’esprit avec les pierres, l’air, la flore et la faune est primordiale et indispensable. Le lecteur doit d’abord apprivoiser l’esprit du narrateur, l’investir, se mettre dans la peau du personnage, comprendre ses réactions, ses réflexions, son rythme de vie, sa façon de penser, de communier. Puis tout devient lumineux même s’il reste parfois des zones d’ombre. Un voyage intérieur, intellectuel et spirituel.

Newton LOVE: La voie des braves. (Traduction Sholby). Collection Univers Grands romans. Pascal Galodé éditeurs. Parution février 2009. 352 pages.

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 08:27
Jimmy SANGSTER : Un mouroir de poche

Une maison de retraite modèle réduit ?

Jimmy SANGSTER : Un mouroir de poche

James Reed partage son temps entre l'entretien de sa maison, maison reçue sous forme de dédommagement après son divorce avec l'actrice Katherine Long, et quelques kilomètres de jogging sur la plage de Malibu, près de Los Angeles, la causette avec ses locataires, lui écrivain anglais de renom et elle nymphomane insatiable, et enfin sa voiture récalcitrante et caractérielle.

Katherine Long fait appel à son ex afin de résoudre un problème concernant sa fille Caroline. Un problème de drogue.

Caroline, vingt et un ans, qui avait tenté quelques années auparavant de séduire James Reed, sans succès. Caroline qui disparait en même temps que quelques deux millions de dollars.

James Reed, ex-flic anglais des stups, recherche sa belle-fille, enquête, magouille quelque peu dans une histoire légèrement compliquée.

La présence de certains personnages, de même que certains événements, pourtant prometteurs au départ de l'action, ne sont pas tout à fait définis.

 

J'avoue être resté sur ma faim. Un nouvel auteur qui pour le moment ne m'a pas tout à fait convaincu. Pour les inconditionnels du roman noir américain.

Si j'avais succombé à la tentation de chair fraîche, elle aurait hurlé au viol avant que j'ai eu le temps de rezipper ma braguette.

Jimmy SANGSTER : Un mouroir de poche (Snowball - 1986. Traduction de Simone Hilling. Série Noire n°2139. Parution juin 1988. 288 pages. 6,65€.

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 15:06

Un roman de Léo Malet piraté !

Léo MALET : Alerte !

Les éditions Bel-Air ne manquaient pas... d'Air justement.

Au bas de la page 6, là où figurent les habituelles mises en garde des éditeurs concernant les copyrights, voici ce que le lecteur peut lire :

Copyright. 1964 Editions Bel-Air Paris. Tous droits réservés pour tous les pays, y compris l'URSS et les pays scandinaves. Reproduction et traduction même partielles interdites.

Seulement cette mise en garde, les éditions Bel-Air ont omis de l'appliquer à elles-mêmes.

En effet Alerte ! est la réédition non signalée de L'ombre du grand mur de Léo Malet (dont le nom figure uniquement page5 et sur la tranche de la couverture mais non sur la couverture elle-même), roman publié pour la première fois en 1944 aux éditions S.E.P.E. dans la collection Le Bandeau Noir puis réimprimé en 1949. Il sera réédité à de nombres reprises, notamment aux éditions Métal en 1955, Eurédif dans la collection Suspense en 1972, Marabout en 1979, Fleuve Noir, 10/18...

A noter que certaines éditions, dont les éditions Métal, donnent comme titre : A l'ombre du grand mur.

Léo MALET : Alerte !

Cette édition Bel-Air est légèrement amputée et remaniée par rapport à l'édition originale. Notamment l'avant-propos qui est purement et simplement passé à la trappe. Pourtant il est intéressant puisque référence à Nestor Burma est faite. Voyons les premières phrases :

Le récit que l'on va lire a été remis par le détenu 9204, de la célèbre prison d'Ossining, une des trois principales maisons de force de l'état de New-York, celle où ont lieu les exécutions, à mon ami Nestor Burma, alors que celui-ci, peu de mois avant la guerre, accomplissait en Amérique un banal voyage d'études.

Suit ensuite la description des intentions de Nestor Burma quant à ce récit et celles de Léo Malet.

Penchons-nous maintenant sur les premières lignes du récit afin de se rendre compte des modifications effectuées par l'éditeur par rapport à l'édition originelle :

 

Version originelle !

Le docteur était un personnage assez gros, d'aspect bonasse. Le rasoir n'entrait que rarement en contact avec son épiderme. Il était vêtu sans recherche, et plutôt pauvrement.

- Où avez-vous fait vos études ? dit-il.

Son regard perçant plongea au plus profond de mes yeux.

- Boston, fis-je.

- Fichtre, siffla le docteur.

 

Version Alerte !

Le docteur était un personnage assez corpulent, d'aspect bonasse. Le rasoir n'entrait que rarement en contact avec son épiderme. Il était vêtu sans recherche, et plutôt pauvrement.

- Où avez-vous fait vos études ? dit-il.

Son regard perçant plongea au plus profond de mes yeux.

Je citai le nom d'une école célèbre.

- Fichtre, siffla le docteur.

 

Peu de divergences mais quelques libertés avec le texte initial, qui ne prêtent guère à conséquence, pouvant même laisser penser que Léo Malet a retravaillé sa prose.

Mais intéressons-nous à l'histoire et du personnage central, le docteur Lewis Ted Crawford.

 

Après trois années passées au pénitencier d'Ossining, condamné pour un meurtre qu'il n'a pas commis, Crawford est enfin libéré. S'il a été soupçonné d'avoir assassiné une jeune femme, les témoignages lors du procès se sont effrités. Un bouton de manchette lui appartenant a été retrouvé sous une carpette de la salle de bain. La domestique pense l'avoir reconnu sortant de chez la jeune femme, de même qu'un policier à qui il aurait demandé du feu non loin de l'appartement tragique.

Pourtant Crawford possédait un alibi : au moment du drame, il était avec sa maîtresse, la femme d'un politicien qui brigue la mairie de New-York. Par galanterie, il a préféré se taire, et comme son amante ne l'a pas soutenu, il en a payé les pots cassés.

En sortant de prison il ne sait plus trop où aller. Ses amis lui tournent le dos, alors il se souvient qu'un codétenu lui a donné l'adresse d'une amie auprès de laquelle il pourrait se réfugier. Celle-ci l'accepte sans poser véritablement de questions mais sait qu'il était toubib. Or justement un appel téléphonique lui demande de contacter un docteur afin de soigner un blessé. L'homme a reçu une balle et le toubib habituel est introuvable, sous l'emprise de l'alcool. Crawford accepte de le remplacer et s'est ainsi qu'il va devenir le monsieur bons soins d'un gang. Suivent des aventures, des règlements de comptes entre gangs, et Crawford qui a changé d'identité s'intègrera dans la bande, sans participer activement aux démêlés mais prodiguant ses conseils.

 

Evidemment Léo Malet a construit une histoire classique d'un homme traîné en justice alors qu'il est innocent mais ne peut justement prouver qu'il n'est pas coupable, d'une guerre des gangs et la participation en sous-main d'un politicien véreux. Tout ça à cause d'une femme qui a préféré rester dans l'ombre, puis la chute inéluctable vers le crime à cause de la défection de ses amis lors de sa libération.

Crawford pourtant s'était juré de ne jamais retourner à L'Ombre du grand mur.

Léo MALET : Alerte !
Léo MALET : Alerte !

Léo MALET : Alerte ! Editions Bel-Air. Collection Détective Pocket N°48. Parution 1964. 160 pages.

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 08:09
Ralph McINERNY : Des victimes à la pelle

On demande un cantonnier !

Ralph McINERNY : Des victimes à la pelle

Ce roman aurait pu s'appeler également, par exemple, Voulez-vous duper avec moi ?

Qu'on en juge plutôt. Un avocat est commis d'office pour défendre une femme adultère qui a conspiré avec son amant afin d'envoyer son mari au royaume des cocus. Elle ne peut même pas s'enorgueillir d'être une beauté fatale.

Hélas, il y a eu erreur sur la personne et le meurtrier a supprimé l'amant au lieu du mari. C'est-y pas Dieu possible d'être autant tête en l'air, d'être aussi bête pour rectifier son commanditaire !

Quant à l'avocat, en plus de perdre son procès, ce qui ne lui était encore jamais arrivé, ne voilà-t-il pas qu'il apprend de son docteur qu'il n'a plus qu'une espérance de vie assez restreinte.

C'est quand même frustrant de savoir que l'on est condamné à mort par la médecine alors qu'on se sent en pleine santé.

Le neveu de l'avocat, jeune avocat lui-même, est chargé de la nouvelle procédure concernant l'élargissement de la femme adultère, or ce qu'il découvre, c'est que la femme de son oncle passe des moments agréables en compagnie du toubib. Lui-même voit ses amours contrariées à cause d'inimitiés entre son oncle et le père de sa belle.

 

Ralph McInerny, dont c'est le second roman traduit à la Série Noire, le premier étant La cavalcade romaine publié en 1979 (SN N°1728) est un auteur qui mériterait d'être un peu plus connu en France, la lecture de ce livre étant jubilatoire.

Il est également l'auteur d'une série consacrée aux tribulations d'un ecclésiastique, le père Dowling, dont le premier volume a paru sous le titre Chambre froide aux éditions Axel Noël en 1991. Cette série a été adaptée à la télévision entre 1987 et 1991.

 

Ralph McINERNY : Des victimes à la pelle (Cause and Effect - 1987. Traduction de Rosine Fitzgerald). Série Noire N°2145. Parution août 1988. 224 pages.

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 11:59
MARIE & JOSEPH : Le crime de la rue du ciel.

Une rue en sens unique...

MARIE & JOSEPH : Le crime de la rue du ciel.

Dans le parc du comte de Faeneste, des hommes de condition sociale bien moins que modeste, s'amusent comme des gosses.

Mais à leur âge, ces jeux là devraient être interdits : ils jouent à la guéguerre.

Ce parc d'attraction d'un nouveau genre, le funeste comte de Faeneste l'a créé afin de regonfler une bourse aussi plate qu'une limande. Toutefois quelque chose le chagrine. Le terrain de Dagobert Leroy, l'un de ses voisins, s'enfonce comme un coin dans son domaine.

Or s'il pouvait acquérir ce lopin de terre, son parc prendrait une importance non négligeable qui sûrement lui amènerait d'autres clients. Mais comme tous les jeux auxquels s'adonnent des adultes en mal de puberté, il arrive que la réalité rejoigne la fiction. Et ça peut faire boum.

Brodequin Edmond, un truand qui transporte dans une mallette la bagatelle somme de cent briques en fera l'expérience à son corps défendant. A quelques jours du 14 juillet, voilà un feu d'artifice auquel personne ne s'attendait.

 

Comme dans tous les romans de Marie & Joseph, c'est plus la façon d'écrire que le contenu du roman, que la trame qui fait jubiler.

Je ne veux pas dire que la trame est inexistante, loin de moi ce genre de propos, mais je suis attiré par la magie des mots. Marie & Joseph jonglent avec les mots, les tournures, les expressions, et le lecteur se trouve pris sous le charme.

Cette fois toute référence au blues est effacée. Mais comme dans Chaudes bises, Si t'as peur, jappes ! ou encore La grande arpente des champs d'en bas, c'est un regard férocement humoristique qui est jeté sur la France profonde. Cette fois c'est le Bourbonnais qui est en ligne de mire.

Pourtant la poésie est toujours présente, ainsi qu'une certaine forme d'indulgence, comment dire... comme une sympathie débonnaire et bienveillante envers les êtres humains qui sont les protagonistes du récit.

 

MARIE & JOSEPH : Le crime de la rue du ciel. Série Noire N°2153. Parution octobre 1988. 192 pages. 6,05€.

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 14:15
Emil Richard JOHNSON : Le gang des éclopés.

Ce n'est pas de leur plein gré qu'ils ont fait un don d'organes au Vietnam...

Emil Richard JOHNSON : Le gang des éclopés.

Walter B. Sullivan n'a qu'une hâte : pouvoir quitter New-York et acheter un ranch, un ranch immense, dans le Montana.

Et ce n'est pas parce qu'il est aveugle que son rêve sera brisé, mais à cause de son secret.

S'il a laissé ses yeux au Vietnam, il a réussi à importer en fraude quelques kilos d'héroïne pure.

Son copain Baratto, unijambiste (lui aussi a fait don d'une partie de son corps au Vietnam !) est pressé de partager le secret de Sullivan et de palper du bon argent sonnant et trébuchant. Mais de vouloir s'implanter, s'imposer et créer son marché parallèle alors que la place est déjà prise, cela ne plait guère. Ce genre de concurrence en général n'est pas apprécié par les tenants en titre d'une affaire juteuse.

Les représailles commencent sous forme de coups de révolver et petites tortures amicales.

Tony Lonto et Pat Runnion, deux flics, sont chargés d'enquêter et de démêler cet imbroglio. Comme si cela ne suffisait pas, Lonto se doit de résoudre un gros problème d'ordre sentimental.

 

Emil Richard Johnson, dont la dernière traduction française remontait à 1972 (Viol à main armé SN N°1543), est un cas particulier de la littérature américaine, tout comme Caryl Chessman, Donald Goines ou encore Edward Bunker.

Impliqué dans des activités criminelles, Emil Richard Johnson échoue en prison en 1964 alors qu'une attaque à main armée tourne mal. Et c'est en prison qu'il découvre qu'il possède quelques talents littéraires. D'ailleurs son premier roman édité en 1968 obtient l'Edgar du premier roman.

Depuis il tente d'obtenir une possible réinsertion dans la société et si tout va bien il devrait sortir en 1992 (je précise que cet article a été écrit en 1989). Sa libération conditionnelle a été annulée lorsqu'il fut reconnu coupable du délit de consommation de drogues derrière les barreaux et a été à nouveau incarcéré après une brève évasion. Il est décédé le 18 décembre 1997.

Mais il ne me semble pas obligatoire de passer par la case prison pour trouver un éditeur. Il suffit d'un peu de talent.

 

Emil Richard JOHNSON : Le gang des éclopés. (Blind Man's Bluff - 1987. Traduction de Daniel Lemoine). Série Noire N°2162. Parution janvier 1989. 224 pages.

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 12:27

Comme disait maman Blé à sa petit pousse...

Alexis AUBENQUE : Ne crains pas la Faucheuse.

Pour une prise de contact avec sa nouvelle affectation auprès du shérif de Pacific View, le lieutenant Gregory Davis est servi. Dès sa première journée de boulot, le lundi 6 juillet, il doit enquêter en compagnie de Veronica Bloom, sa coéquipière, sur le meurtre d'un adolescent.

Le shérif Crawford a à peine eu le temps de présenter les policiers sous ses ordres, le sergent Veronica Bloom et le lieutenant Barney Simpson en particulier. Pour Barney, la promotion de lieutenant revenait de droit à Veronica, l'ancien détenteur du grade étant parti à Miami pour convenances personnelles. Cela jette un léger froid dans les relations entre Davis et Barney, mais Veronica se contente de son sort.

Ce qu'ils ne savent pas, c'est que Davis a postulé à Pacific View afin de toucher l'héritage de son oncle. Plutôt l'oncle de sa femme qui est décédée trois ans auparavant dans un accident. Le vieil homme posait comme conditions que Davis intègre l'équipe de Crawford, entre autres. Davis élève seul ses deux enfants. Raphael, dix sept ans, et Penny, huit ans. Penny pense souvent à sa mère, croyant parfois que celle-ci est encore en vie. Quant à Raphael, il est grognon, il aurait préféré rester à San Francisco où il avait ses habitudes et ses copains. Toutefois il change radicalement d'avis lorsqu'il aperçoit la bâtisse qui est un véritable manoir. De plus il aura le droit de conduire une superbe Ferrari California rouge, s'il est sage et s'il s'occupe de Penny durant l'absence de son père, en attendant que celui-ci trouve une personne confiance.

Garth Nolan a été retrouvé chez lui, dans sa baignoire, atrocement mutilé. Une enquête qui s'avère difficile. De plus une phrase écrite au rouge à lèvre sur le miroir interpelle les enquêteurs : Ne crains pas la Faucheuse. Tout un programme, un rébus à déchiffrer. Une citation morbide extraite d'une chanson, Don't Fear the Reaper, interprétée par un groupe des années 70, Blue Öyster Cult.

Faye Sheridan est journaliste au bureau local du San Francisco Chronicle. Elle travaille en compagnie de Chuck, homosexuel qui vit en couple avec un riche promoteur, et Rosie, quinquagénaire divorcée et obèse, mais pas complexée. Tous trois s'entendent bien malgré quelques piques de temps à autre, mais c'est pour décompresser. Faye vit dans une caravane installée sur la plage avec pour compagnon Riggs, son chien.

Ce matin là en apprenant la nouvelle, Faye est contente. Enfin quelque chose à se mettre sous la dent, un bon papier en perspective. Cela la changera des rubriques culturelles qu'elle écrit d'habitude. Chuck qui possède un indic dans la police connait le nom du mutilé et surtout qu'il travaille, enfin travaillait, dans un bar branché. Garth Nolan, selon ses collègues, était quelqu'un de sympathique, célibataire, sans histoire.

Mais Faye et Chuck s'inquiètent pour Rosie qui ne leur a pas donné de nouvelles. Elle était partie la veille affirmant avoir un rendez-vous, et depuis plus rien. Ce qui n'est pas dans ses habitudes.

En sortant du bar, Faye tombe nez à nez avec Veronica. Elles s'évitent depuis dix ans. Une histoire de copain que l'une aurait piqué à l'autre. La vie quoi ! Cette enquête sera l'occasion pour les deux femmes de se rabibocher, d'ailleurs, entre nous, on se demande pourquoi elles ont attendu si longtemps puisqu'il n'y a plus d'obstacle entre elles, et surtout comment ce raccommodage s'effectue si facilement. Mais après tout nous ne sommes pas à leur place.

Les deux femmes vont donc participer à l'enquête, s'échangeant des informations. Une aubaine pour Faye car rapidement un notable de la petite ville est soupçonné. Une photo montre la femme du juge Arlington pratiquant le simulacre de la reproduction avec Garth Nolan. Et en fouillant dans l'ordinateur de Rosie, en tout bien tout honneur afin de comprendre la disparition de son amie et collègue, Faye découvre qu'elle fait partie d'une espèce d'association de détectives amateurs aux noms évocateurs reprenant ceux de détectives de fiction célèbres.

 

Le lecteur est invité à partager plusieurs enquêtes simultanément d'autant que d'autres cadavres viennent jalonner le parcours de Davis et sa coéquipière Veronica. Enquête sur les assassinats en chaine qui se produisent mais également les recherches effectuées par Faye et Chuck concernant la disparition de Rosie. Et suivre les aventures de Rapahel, qui en cachette se sert de la Ferrari, ce qui attire immanquablement les jeunes filles. Mais ces passages ne sont pas innocents et s'intègrent logiquement dans le récit.

Un roman qui comporte de nombreux points d'interrogation qui obtiennent des réponses au fur et à mesure du déroulement du récit, mais d'autres restent dans l'ombre. Notamment l'origine de la fortune de l'oncle de la femme de Davis. Et la mort accidentelle de la femme de Davis, mort qui alimente les soupçons de ses collègues. Le voile est levé partiellement, entretenant le suspense.

Des personnages inquiétants, énigmatiques, au passé trouble, viennent interférer dans les enquêtes, et afin d'entretenir le suspense, deux épilogues sont proposés au lecteur. Deux épilogues qui résolvent certains mystères, mais pas tous, car comme les feuilletonistes d'antan, Alexis Aubenque en garde sous le coude, puisque ce roman est le premier opus d'une série très prometteuse.

Alexis Aubenque privilégie l'action même si les traits physiques et de caractères de personnages sont fouillés, il ne digresse pas en vain et ne joue pas au remplissage pour le plaisir de noircir des pages inutiles. Pour parodier la publicité d'un célèbre magasin parisien, à tout moment il se passe quelque chose. Pas le temps de s'ennuyer, juste l'envie d'arriver au bout de l'intrigue tellement on est happé par l'intrigue.

Alexis Aubenque a assimilé toutes les ficelles qu'ont si bien utilisées des romanciers comme Dumas, Ponson du Terrail, Eugène Sue et bien d'autres mais en évitant certains écueils, tels que des dialogues trop longs. Après ses deux volumes sur Stone Island et Les disparues de Louisiane, Alexis Aubenque frappe fort, très fort, et on ne s'en plaindra pas.

 

Alexis AUBENQUE : Ne crains pas la Faucheuse. Collection Thriller N°11004. Editions J'ai Lu.  Parution 24 juin 2015. 416 pages. 8,00€. Inédit.

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 08:55
Loren D. ESTLEMAN : Tous des tricheurs !

Sauf vous et moi, bien évidemment !

Loren D. ESTLEMAN : Tous des tricheurs !

Lorsqu'il sort de prison, après un séjour de vingt ans, De Vries n'a qu'une idée, qu'un but.

Et c'est afin de réaliser ce à quoi il a aspiré tout au long de son incarcération qu'il embauche Amos Walker, détective privé.

S'il a été incarcéré, c'est parce qu'il a lancé une bombe incendiaire sur un immeuble promis à la démolition, alors qu'il était dans un état éthylique assez avancé. Version De Vries.

S'il a purgé vingt ans à l'ombre aux frais de l'Oncle Sam, c'est parce qu'il a créé une diversion au cours d'un hold-up en lançant une bombe, tuant l'un de ses complices. Version officielle de la police.

Non seulement De Vries n'est pas d'accord avec la seconde version, mais de plus il aimerait récupérer l'argent du casse. 200 000 dollars, même si en vingt ans cela a dévalué, ça reste une sacrée somme. Une sorte de dédommagement dont il se contenterai volontiers.

Ce qu'il n'avait pas prévu, Amos Walker non plus d'ailleurs, c'est que quelqu'un tenterait de lui faire passer le goût des hamburgers. Walker a donc la lourde et difficile charge de remonter aux 200 000 dollars, de découvrir qui veut estourbir De Vries, et enfin de découvrir le ou les véritables auteurs du hold-up, ce qui d'ailleurs de pair avec la première mission. De Vries possède heureusement un tout petit bout de ficelle qui dépasse de la pelote.

Mais suffira-t-il de tirer dessus pour que tout vienne ?

 

Une enquête classique dans laquelle Amos Walker se montre une fois de plus à son avantage et à la hauteur.

Le tout imprégné d'un soupçon d'humour, ce qui lie en général la sauce de façon fort agréable.

Un roman de Loren D. Estleman qui s'il n'atteint pas des sommets se laisse toutefois lire avec plaisir.

 

Loren D. ESTLEMAN : Tous des tricheurs ! (Downriver - 1988. Traduction de France-Marie Watkins). Série Noire N°2148. Parution août 1988. 256 pages.

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 13:17

Bon anniversaire à Joseph Périgot né le 21 juillet 1941.

Joseph PERIGOT : Le bruit du fleuve.

C’est fou ce qu’il peut se passer comme choses la nuit dans un taxi !

Lucien n’est même plus étonné, lui qui sillonne la ville de Rouen toute la nuit à écouter des airs de Vivaldi ou des chansons de Brassens. A conduire avec, aux pieds, des charentaises et, à portée de main, une flasque de whisky.

Lucien est indépendant, et même s’il a chargé un client, il aime à s’arrêter au petit matin, près des berges du fleuve, à regarder le soleil se lever. Puis il rentre chez sa sœur, Thérèse, atteinte d’un cancer qui inexorablement lui ronge la gorge, ou bien chez lui, une petite maison coincée entre deux usines. De l’autre côté du fleuve, il peut apercevoir la maison de Flaubert transformée en musée. Voilà ! Sa vie se résume à ça ! Taxi de nuit, le jour chez sa sœur, parfois chez lui en compagnie d’un infarctus qui guette la moindre faiblesse. Le mardi, c’est le jour de Fernand, l’amant de sa sœur, un juge d’instruction, qui n’arrive jamais les mains vides.

Une nuit, Lucien charge à la gare un client que refuse Raymond, le taxi 92. Une course qui le mène jusqu’au Parc départemental des nomades. Il repart vers la ville, les lumières, le bruit, la vie et distingue dans le noir une forme humaine qui s’accroche aux grilles de ce parc zoologique pour humains. Une jeune fille se tient le ventre et fuit dans la nuit. Il la prend à bord de son véhicule, et là, sur la couverture, patchwork de soixante-quatre pièces amoureusement assemblées par Thérèse, sur cette couverture qui en a vu bien d’autres, naît un petit enfant. Pélina, la Gitane, quitte précipitamment le véhicule pour rejoindre les siens et Lucien hérite d’un joli bébé que Thérèse et lui gardent jalousement, malgré les conseils de Fernand, et qu’ils prénomment Rémi.

Rémi, c’est du baume dans leur vie, dans leur existence étriquée, du sang neuf qui vagit entre une cancéreuse pratiquement au bout du rouleau et un cardiaque qui guette sa propre défaillance. Ces deux célibataires qui n’ont jamais eu d’enfants à élever, à aimer, se réfugient dans la maison de Lucien près du fleuve. Les voici père et mère, poussant le jeu jusqu’à s’aimer d’amour, charnellement. Leur premier crime envers la morale. Mais ce n’est pas le seul, car Lucien est amené, par amour pour Rémi, pour le protéger, pour protéger Pélina, la mère venue vivre avec eux, par amour pour sa sœur Thérèse, Lucien est amené à tuer.

 

Le bruit du fleuve peut choquer les moralisateurs qui s’érigent en censeurs parce qu’ils ne savent pas ce que c’est que l’amour. L’amour de son prochain. Le plaisir, la joie de rendre service, sans en tirer gloire ou fierté. Uniquement par bonté d’âme et non par calcul.

Un roman qui, c’est certain, aurait dû paraître dans la défunte collection « SOS Racisme », victime non pas de son succès, mais de l’incompréhension, de la défiance de tous ceux qui pensent que les bons sentiments ne peuvent se traduire que par une récupération politique. D’un côté ou de l’autre. Un roman qui malgré son thème un peu provocateur n’en est pas moins d’une extrême pudeur.

En toile de fond, comme une obsession, Flaubert et son chef-d’œuvre Madame Bovary, imprègnent la vie, les pensées, les réflexions, les attitudes de Lucien qui déteignent sur Pélina et Rémi. Flaubert et sa maison, refuges de l’âme et du corps. Et lorsqu’il ne s’agit plus de l’écrivain normand, référence en est faite à Julian Barnes, alias Dan Kavanagh, et auteur du Perroquet de Flaubert. Autre référence indirecte, l’un des breuvages préférés de Lucien, hormis le whisky, est le vin, mais pas n’importe lequel : le Château Mesplède.

 

Joseph PERIGOT : Le bruit du fleuve. Editions Calmann-Lévy. 1991.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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