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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 12:38

Toujours dans les mauvais coups ces braves bêtes...

James HOLIN : Sacré temps de chien.

Après avoir été journaliste d'investigation dans de grands magazines parisiens, Mireille Panckoucke végète depuis deux ou trois ans au Courrier picard, journal dans lequel elle fit ses débuts.

La maladie l'a mise sur la touche et elle est revenue au pays en compagnie d'Alexandre, critique cinématographique toujours parti par monts et par vaux, et de sa fille Julie vingt ans. Et elle s'est installée en baie de Somme à Saint-Valéry comme correspondante locale. Jérôme Coucy, le rédacteur en chef du Courrier picard qui fut son premier mari et père de Julie, est embêté à cause de la défection d'un de ses journalistes. Aussi il demande à Mireille de pallier cette absence.

Les élections législatives approchent et elle doit suivre la campagne d'un candidat parachuté dans la circonscription, un nommé Mirlitouze inconnu au bataillon. Malgré ses réticences car elle ne fait pas de politique, Mireille veut bien tenir le rôle qui lui est dévolu, mais une autre affaire l'accapare. Deux corps ont été repêchés par un chalut, et les premières constatations ne sont pas en faveur d'une noyade accidentelle. D'autant que les cadavres appartenaient à une association écologique, Mare nostrum. La gendarmerie locale refile le bébé à la gendarmerie maritime, gérée par le major Lécuyer dont elle a fait la connaissance lors d'une affaire précédente.

Pendant ce temps, à la prison de Fleury-Mérogis, c'est la levée d'écrou pour Albert Emery, petit truand qui vient de purger deux ans de taule pour des braquages dans la région de Boulogne-sur-mer. Il décide de revenir dans sa région, la baie de Somme, mais est interdit de séjour à Boulogne, lieu de ses méfaits. Sa motivation réside en une grosse poignée d'argent dont il aurait été spolié par l'un de ses complices. Mais pour cela il faut mettre la main dessus. C'est-à-dire retrouver François le Boulanger, lequel l'a roulé dans la farine

Les chemins d'Albert Emery et de Mireille Panckoucke vont se croiser, pour le meilleur et pour le pire.

Traversant ce roman à bord de son taxi, Maxime Pankratov, d'origine russe, aux idées quelque peu fascistes, et d'autres personnages qui se révèlent hauts en couleurs au fil des pages. Ce qui permet à l'auteur d'asséner quelques vérités, notamment sur les politiciens et la politique.

 

Ce livre possède les qualités et les défauts d'un premier roman. Des scènes très vivantes, visuelles, cocasses, tragiques, émouvantes, ainsi que des dialogues crédibles même si l'on s'amuse aux propos échangés entre Mireille et Alexandre, l'une tutoyant l'autre et l'autre vouvoyant la première.

On retiendra par exemple la sortie en mer malgré la tempête, le courage démontré par Albert Emery. Ou encore la scène nocturne que surprend Mireille dans le château d'Orival, propriété du père du prétendant de Julie, Alexandre ayant été invité à une partie de chasse. Partie de chasse qui elle-même ne manque pas de piquant. Ou encore cet épisode hilarant (de la baie de Somme) entre Leleu, un gros (dans tous les sens du terme) mareyeur et armateur de pêche de la région, qui se présente aux élections et Mirlitouze lors d'une criée.

Seulement quelques petites erreurs, quelques contradictions, qui ne sont pas graves mais gâchent le plaisir se sont glissées dans le texte, par exemple sur l'âge de Mireille. Au début, par déduction on peut attribuer une quarantaine d'années à Mireille, mais vers la fin elle affiche sereinement ses cinquante cinq ans. Et personnellement je n'imaginais pas Mireille en femme couguar, mais après tout pourquoi pas. Quant à Albert Emery, son caractère évolue au fil de l'action, ce qui n'est pas plus mal, tout en gardant son désir de revanche.

Il n'était ni de droite, ni de gauche, ni de rien. La seule chose sûre, c'est que les partis, comme tous les groupements, du reste, lui faisaient horreur. Cela lui semblait la négation de l'intelligence et de la liberté. Aller s'embrigader volontairement, perdre du temps, la chose la plus précieuse, pour servir les appétits de pouvoir de médiocres cyniques, était pour lui de la dernière folie.

James HOLIN : Sacré temps de chien. Collection Polars en Nord N° 191. Editions Ravet-Anceau. Parution le 6 juillet 2015. 240 pages. 11,00€.

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 07:51
Gérald PETIEVITCH : La rançon du plus fort

N'est pas toujours la meilleure ?

Gérald PETIEVITCH : La rançon du plus fort

John Novak, agent spécial du FBI détaché à la brigade spéciale contre le crime organisé, est un agent intègre.

Si, si, ça existe encore ! Pas beaucoup peut-être mais il s'en trouve encore qui refusent les pots de vin, la vie facile. Pourtant à Las Vegas ce ne sont pas les motifs de corruption qui manquent.

Mais John Novak, de même que son partenaire Red Haynes ne mange pas de ce pain. Ce n'est pas comme Eddy Sands, tiens, un ancien flic qui purge quelques années de prison pour magouilles. Il profite par exemple de ses sorties dans le cadre du programme de réinsertion par le travail pour se faire un peu d'argent de poche, en faisant chanter des vedettes de cinéma.

Libéré Eddy Sans veut s'associer avec Toni Parisi, le gros pontife, le caïd qui règne sur Las Vegas. Toni Parisi, un gros morceau pour John Novak. Un très gros morceau. Mais quand on a la foi, et qu'en plus on est copain avec un juge d'instruction féminin, on est capable de tout. Suffit de rester lucide et méfiant.

 

Gérald Petievitch revient à la Série Noire après trois ans d'absence. La trame de ses romans est toujours excellente, bien montée, bien construite, bien ficelée.

Pourtant, malgré le changement de traducteur, certains passages qui relèvent plus de la trivialité que du libertinage me hérissent. Un vieux restant de pudeur peut-être, mais que je ne suis pas le seul à partager. L'érotisme, oui, le libertinage, oui, la trivialité, non. A chacun ses goûts.

Gérald PETIEVITCH : La rançon du plus fort (Shakedown - 1988. Traduction de Simone Hilling). Série Noire N°2160. Parution octobre 1988. 288 pages. 7,10€.

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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 07:10
Colin THIBERT : Noël au balcon.

... regarde les flocons ?

Colin THIBERT : Noël au balcon.

Damien est un escroc à la petite semaine : il sillonne les parkings des supermarchés et utilise un subterfuge afin de laisser supposer aux conductrices d’un certain âge qu’elle viennent d’emboutir sa voiture.

Mais ce genre d’arnaque ne marche pas à tous les coups et cette fois il est obligé de partir laissant le véhicule sur place, son téléphone portable à l’intérieur. Avant il travaillait avec Ludo, Bac +3, une référence mais pas forcément sur le marché de l’escroquerie en tous genres. Maintenant Ludo fait équipe avec David à cause de Julia, qui vivait avec Damien mais s’est vite intéressée à Ludo.

Bref de joyeux lurons qui butinent de ci de là, sans oublier Serge, propriétaire d’un établissement funéraire, mais dont l’activité principale est le recel d’objets divers. Et puis Sylvette, l’air bête mais inspirée dans les pulsions charnelles, femme d’un pompier qui prône avant tout sa voiture, son métier et son corps. Sylvette qui le trompe avec Serge.

Tous les acteurs étant mis en place, ou presque, passons à l’action. Croyant participer à un recrutement pour un film X, Ludo et David se voient remettre une panoplie de père Noël. Ils doivent appâter les chalands dans un hypermarché, et leur vient l’idée lumineuse de cambrioler le coffre du dit centre commercial. Ils auront droit à un petit coup de pouce du destin sous la forme d’une tempête, oui vous savez celle du 26 décembre 1999, qui balaya tout sur son passage, notamment les poteaux électriques. Je n’en dis pas plus.

 

Une bande de joyeux drilles, dignes du Splendid de la belle époque, jouent aux voleurs et aux gendarmes dans ce polar humoristique, farfelu, mais pas déjanté.

Car Colin Thibert, qui travaille comme scénariste à la télévision, connaît les points d’achoppement du rire, de l’émotion, du graveleux, de l’absurde, et évite tout débordement en apportant au lecteur une dose de franche rigolade, comme savait les distiller Michel Audiard, Bernard Blier, Francis Blanche et consorts.

Un petit régal qui évite les grandes scènes de fusillades, les caniveaux d’hémoglobine, les clichés maintes fois répétés, mais au contraire renoue avec la fraîcheur communicative du sucré-salé, de l’humour bon enfant, sans forcer sur l’un ou l’autre des ingrédients.

A conseiller à tout ceux qui se sentent atteints de déprime.

Réédition Folio Policier 325. Parution janvier 2004. 320 pages.

Réédition Folio Policier 325. Parution janvier 2004. 320 pages.

Colin THIBERT : Noël au balcon. Série Noire N°2632. Parution 14 novembre 2001. 256 pages. Réédition Folio Policier 325. Parution janvier 2004. 320 pages.

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 13:43

Une enquête médiévale comme si vous y étiez, avec

problème de chambre close à la clé !

Paul HARDING : Sacrilège à Blackfriars

Dans un registre, qui plaira aux amateurs de bons vieux romans policiers d’énigme dont le charme n’est pas si suranné comme d’aucuns voudraient nous en persuader, Sacrilège à Blackfriars de Paul Harding, sous-titré troisième des riches et navrantes aventures de frère Athelstan.

L’action, ou plutôt les actions comme la suite le démontrera, se passe à Londres et ses environs en l’an de grâce 1379. L’été se met progressivement en place mais il n’est point besoin des ardents rayons du soleil pour que Sir John Cranston, le coroner de la cité, ait recours à sa gourde mystérieuse.

Homme rubicond et gargantuesque avant l’heure, il aime sa femme, ses deux marmousets (des jumeaux qui lui ressemblent physiquement pour l’heure puisqu’ils ne sont âgées que de quelques mois), la dive bouteille et la bonne chère. Le tout dans le désordre afin de ne déplaire à personne.

Invité à un grand banquet au palais de Savoie par le régent du royaume, Jean de Gand et le futur roi Richard II, il est mis au défi par un noble Italien, Gian Galeazzo, de résoudre en quinze jours une énigme de meurtres en chambre close. Des crimes ont été perpétrés autrefois dans la demeure ancestrale et aucun des interlocuteurs qu’il a sollicités a pu apporté de solution fiable. Une prime conséquente de 1000 livres est à la clé. Si Sir John ne peut résoudre ce petit problème, c’est lui qui devra débourser la somme en jeu.

Et Sir John compte bien sur son clerc, frère Athelstan, afin de le sortir de ce mauvais pas. Frère Athelstan pendant ce temps est confronté à deux dilemmes d’origines macabres. La première affaire réside dans la disparition de frère Alcuin, un de ses anciens condisciples du couvent de Blackfriars, disparition accompagnée d’assassinats déguisés en accidents. Plus la mise à jour d’un cadavre de femme au cours de la rénovation du chœur de la petite église dont il est le prêtre, découverte qui perturbe profondément la vie quotidienne de la paroisse puisque cette exhumation s’accompagne de miracles.

Voilà pour le décor et la mise en scène. Pour le reste, je vous conseille fortement la lecture de ce roman de Paul Harding, qui signe aussi des romans sous les pseudonymes ou patronymes de C.L. Grâce ou Paul C. Doherty, et est dans le civil professeur d’histoire médiévale.

Des romans qui ne sacrifient pas à la démonstration pédagogique mais au contraire se veulent imprégnés d’une atmosphère bon enfant dont le but principal est de narrer de façon plaisante des histoires imbriquées les unes dans les autres sans forfanterie.

 

Paul HARDING : Sacrilège à Blackfriars

Paul HARDING : Sacrilège à Blackfriars (Murder Most Holy - 1992. Traduction de Anne Bruneau & Christiane Poussier). Collection Grands Détectives N°3226. Editions 10/18. Première parution 2 novembre 2000. 288 pages. 7,80€.

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 09:09
Robert B. PARKER : Rose sang

Après Les roses blanches, immortalisées par

Berthe Sylva...

Robert B. PARKER : Rose sang

Un mystérieux tueur signe ses crimes d'une rose rouge déposée sur le corps de ses victimes. Lesquelles victimes s'avèrent être toutes des femmes noires.

Un conclusion s'impose immédiatement à l'esprit des enquêteurs : crime racial. Lais dans ce cas pourquoi signer son forfait d'une rose rouge ?

Spencer, détective privé à Boston, va aider la police dans la recherche de ce tueur, pour plusieurs raisons. D'abord un service, ça se rend. Ensuite l'assassin se targue d'être flic, aussi il faut éviter de mettre dans la confidence trop de personnes et garder pour soi d'éventuels résultats ou renseignements.

Là où rien ne va plus, c'est lorsqu'une première rose rouge est découverte dans le cabinet d'auscultation du docteur Susan Silverman, psychothérapeute et petite amie de Spencer. Première rose suivie de quelques autres.

Pourquoi en vouloir plus particulièrement à Susan ? Le tueur changerait-il de victimes ou ne serait-ce tout simplement que l'un des patients de la psychologue ?

 

Une enquête que Spencer va mener en compagnie de son ami Hawk, non sans appréhension pour l'avenir de Susan.

Dans Rose sang; Spencer se montre moins machiste, plus sensible, plus grave aussi que dans ses précédentes enquêtes. A classer comme l'un des meilleurs livres de Robert B. Parker.

 

Robert B. PARKER : Rose sang (Crimson joy - 1988. Traduction de Rosine Fitzgerald). Série Noire n°2163. Parution janvier 1989. 256 pages. 6,65€.

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 15:25
Thierry JONQUET : Les orpailleurs.

Boulevard du palais, première...

Thierry JONQUET : Les orpailleurs.

Un cadavre, même abandonné dans un logement promis à la démolition, ça fait désordre.

Surtout un cadavre qui gît depuis quelques semaines, se décomposant lentement mais sûrement, et dont la main droite a été tranchée. Les policiers en ont la nausée de même que Maryse Horvel, le substitut. Seul le médecin légiste trouve son compte et semble ravi d'avoir à disséquer ce corps de jeune fille qui ne sourira plus jamais.

Les indices sont minces, pour ne pas dire inexistants et seul un pendentif représentant la main de la Fatma pourrait éventuellement délivrer l'identité de la jeune morte. Deux autres cadavres de jeunes femmes sont retrouvés peu de temps après, la main droite également sectionnée.

Crimes de sadiques, de maniaques ? Ou crimes rituels ?

 

Thierry Jonquet ne fait pas dans la dentelle, les lecteurs qui ont lu La Bête et la Belle ou encore Mygale le savent bien. Et à partir d'un fait-divers qui somme toute pourrait être banal, il nous entraîne cinquante ans en arrière (lors de la parution initiale du roman) jusqu'en Pologne, sur les traces de chercheurs d'or peu ordinaires.

Mais là n'est pas la seule force de ce roman car il nous fait partager les petites misères et les malheurs de tout son petit monde qui gravite dans ce roman, un peu comme Ed McBain nous invite à découvrir la vie familiale de la saga des flics du 87e d'Isola.

Les juges et les policiers ne sont pas mieux lotis que nous, et c'est justice, et au fil des pages on apprend ce qui se cache derrière la flasque de cognac que trimbale en permanence l'inspecteur Rovère et dont il abuse un peu trop parfois. Ou pourquoi Nadia Lintz, magistrate confrontée à des problèmes de logement parisien, a quitté Tours, sa famille et son mari.

Une affaire peut en cacher une autre, c'est ce qu'apprendra à ses dépens le commissaire Sandoval. Pareille à des entractes, parole est donnée parfois à l'assassin, dont l'identité est préservée ainsi que les motivations. Et l'on se demande quel peut être cet œil rouge qui le fixe tel celui que Caïn perçoit dans la tombe.

 

Curiosités :

Les personnages de ce roman, Rovère et Nadia Lintz, ont inspiré Maria Guilmineau pour la série télévisée Boulevard du Palais dont le premier épisode a été diffusé le 26 février 1999. Anne Richard interprète Nadia Lintz, Jean-François Balmer le commandant Rovère et Olivier Saladin le médecin légiste.

Thierry Jonquet a écrit douze épisodes de cette série.

L'épisode 35, le deuxième de la saison 12 (2010), Trop jeune pour toi, rend hommage à Thierry Jonquet.

Réédition Folio Policier N°2. Parution octobre 1998. 400 pages. 8,50€.

Réédition Folio Policier N°2. Parution octobre 1998. 400 pages. 8,50€.

Folio Policier N°580. Comprend également Moloch, Mygale, La Bête et la Belle. Parution avril 2010. 1024 pages. 12,40€.

Folio Policier N°580. Comprend également Moloch, Mygale, La Bête et la Belle. Parution avril 2010. 1024 pages. 12,40€.

Thierry JONQUET : Les orpailleurs. Série Noire N°2313. Parution le 16 mars 1993. 320 pages.

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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 11:17

Une lady avec un nom de médicament, normal pour un écrivain médecin !

Arthur Conan DOYLE : L'horrible agonie de Lady Sannox.

Le nom de Sir Arthur Conan Doyle est indéfectiblement lié à celui de Sherlock Holmes, pourtant les ouvrages mettant en scène le célèbre détective ne représentent qu'une faible partie de l'œuvre du grand romancier britannique. Outre ses romans historiques, ceux de science-fiction, ou de spiritualisme, Conan Doyle a écrit bon nombre de romans et de nouvelles ayant trait à son statut de médecin.

Un pan de son œuvre est en partie oubliée comme ce titre, L'horrible agonie de Lady Sannox, qui est un recueil de nouvelles, à classer dans le genre médical.

 

Mais auparavant intéressons-nous à la préface de Robert Barr, construite comme s'il s'agissait d'une conversation réelle, une discussion à bâtons rompus entre l'auteur et le préfacier, qui parlent de choses et d'autres et surtout d'auteurs. Charmante et inhabituelle.

 

L'horrible agonie de Lady Sannox, titre éponyme du recueil, n'est pas due à une maladie mais à sa propension à tromper son mari. Lord Sannox parait beaucoup plus vieux que son âge. On le serait à moins surtout lorsque sa femme sort ostensiblement avec Douglas Stone, célèbre chirurgien opérateur. Ce soir là alors qu'il s'apprête à rejoindre sa belle, Douglas Stone est arrêté dans son élan par un coup de sonnette. Un Turc est là lui proposant une forte somme d'argent pour opérer sa femme. Une opération délicate car celle-ci s'est coupé la lèvre avec un poignard empoisonné. Sa conscience de médecin l'oblige à se rendre sur place, différant son rendez-vous.

 

La malédiction d'Eve nous invite à partager les affres d'un affable commerçant en confection. Marié, il partage avec sa femme son amour pour sa boutique, mais hélas ils n'ont pas d'enfant. Jusqu'au jour où certains changements se précisent. Madame Mère de Madame Johnson est conviée afin d'aider et le jour fatidique, il faut aller chercher un docteur. Et là, ce n'est pas une mince affaire.

 

Le survivant de 1915. Dans le petit village de Woolwich, les commérages vont bon train sur l'âge de Brewster, un vétéran qui a participé à la campagne de Waterloo. Il est obnubilé par l'acte de bravoure qu'il a réalisé et se désole de cette nouvelle armée dont il peut apercevoir les éléments d'un régiment basé dans sa commune. Sa nièce se propose de s'en occuper, assistée du docteur local, et de quelques soldats qui s'ébaubissent lorsqu'il narre ses exploits.

 

La troisième génération nous entraîne dans le cabinet d'un docteur fort occupé. Un patient se présente, pressé, se présentant comme sir Francis Norton et donne sa carte au domestique qui transmet. Il entend bien de l'antichambre des éclats de voix provenant du cabinet comme si deux joueurs s'amusaient aux cartes. Il se plaint d'un tibia, d'une vue un peu faible et d'autres maux. Ce qui fort le toubib qui justement est en train de rédiger une monographie sur le mal dont soufre son patient.

 

Un faux départ met en présence dans une petite localité un vieux docteur rétrograde et un jeune médecin qui désire s'installer. Il faudra qu'un malade, un notable, requiert les services du nouvel arrivant et que celui-ci se montre diplomate pour que soit signée une entente cordiale entre les deux hommes aux visions différentes de la médecine.

 

Sa première opération, comme son titre l'indique, nous plonge dans les affres d'un carabin qui va assister à une opération pratiquée dans un amphithéâtre. Cela sent le vécu.

 

Amoureux, n'est pas celui qui raconte cette histoire, mais un vieil homme qu'il rencontre un matin. Le narrateur, un médecin qui aime prendre le frais tôt dans la journée, admirer la mer et ses bateaux de pêche, la nature dans sa splendeur matutinale, s'assied comme à son habitude sur un banc. Un vieillard le rejoint, ne dis rien, mais de jour en jour son allant se déprécie. Il lit une lettre émanant probablement d'une femme.

 

Enfin, dernier texte, Le chirurgien de Gaster Fell. Le narrateur s'établit dans la petite ville de Kirkby-Malhouse, en plein Yorkshire. Il recherche le calme et la solitude, seulement sa logeuse se montrant trop indiscrète à son gré, il se met en quête d'une autre habitation. Une vieille masure est disponible mais il faut la retaper. En attendant que cette cabane soit habitable il est obligé de cohabiter avec sa logeuse et une nouvelle venue, une jeune femme qui sort la nuit. Intrigué il la suit dans la lande et se heurte à un personnage qu'il aurait préféré ne pas rencontrer.

 

Huit nouvelles, huit contes qui explorent les diverses situations dans lesquelles un médecin, jeune ou vieux, peut être amené à se confronter. Les débuts dans une ville de province, les affres d'une première opération, les relations avec un collègue vieillissant, la jalousie, l'humanisme sans lequel un docteur n'exercerait pas sa profession qui est plus une vocation qu'une charge ou un métier, le tout mêlé d'humour, d'approche de fantastique, de noirceur.

Une autre facette de Sir Arthur Conan Doyle dans laquelle il dépeint des situations auxquelles il a pu être confronté, lui ou ses confrères.

 

Curiosité :

La publication de cet ouvrage date probablement des années 1920, puisqu'il est précisé en avant-dernière page :

Imprimerie française H. Mathon. Wiesbaden (Allemagne occupée).

Arthur Conan DOYLE : L'horrible agonie de Lady Sannox. Préface de Robert Barr. Collection Drames d'histoire et de police. L'Edition Française Illustrée. Sans date. 288 pages.

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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 08:59
José-Louis BOCQUET : Sur la ligne blanche.

Quand on vous dit de ne pas la franchir...

José-Louis BOCQUET : Sur la ligne blanche.

Séparé d'avec sa compagne, Laurent quitte la Bretagne, où il s'est établi pour se régénérer, deux fois par mois et monte à Paris chercher sa gamine de deux ans, un petit bout-chou déjà bien ancré dans la vie.

Lorsqu'il débarque dans la capitale, il loge chez une cousine par alliance, Muriel, et son mari Philippe. Quelle n'est pas sa surprise ce jour-là en entrant dans l'appartement de trouver porte ouverte et des inconnus fouiller méthodiquement le logement. Ce ne sont que des flics qui lui apprennent que le couple a été victime des balles de deux tueurs en moto, à la terrasse d'un café.

Exit Philippe. Muriel est hospitalisée dans un état critique.

Convoqué à la P.J. par le commissaire Chenevez, Laurent subit un interrogatoire serré sur ses relations avec Muriel et Philippe. L'origine de ces meurtres et tentative de meurtre semble être la drogue. Laurent s'emploie à trouver le fil conducteur de cette intrigue dans laquelle il se sent impliqué. D'autant qu'un autre attentat similaire a eu lieu peu de temps auparavant sur la personne d'Ali Vakili, un Turc. Laurent fait appel à ses connaissances gravitant dans les milieux journalistiques et artistiques, et se trouve entraîné dans une spirale, ménageant la chèvre et le chou, les dealers et les policiers.

 

Dans ce court roman, José-Louis Bocquet, qui a lui-même travaillé à TF1 avant la privatisation de la chaine, ne ménage pas ses coups de griffes à ce monde fermé ainsi qu'au milieu de la chanson et des vidéo-clips.

Son roman est une nouvelle pierre à l'élaboration d'une comédie, ou tragédie, humaine. Le lecteur est accroché mais les histoires de drogue risquent à la longue d'engendrer une overdose et ne plus constituer auprès du public cet impact bénéfique dénonçant les méfaits des paradis artificiels. Il s'ensuit une banalisation des maux de la société.

Je reprocherai à José-Louis Bocquet un emploi inutile de ces locutions américaines qui parsèment son roman, réservées à une catégorie d'individus branchés auxquels les lecteurs n'adhèrent pas toujours. On me taxera peut-être de rechercher la petite bête mais j'ai également relevé cette incohérence : Laurent, fils unique issu d'enfants uniques est cousin par alliance avec Muriel. Jusque là pas de problème. Mais le père de Muriel se serait remarié avec une tante de Laurent. Où a-t-il donc pu aller chercher cette parentèle ?

José-Louis BOCQUET : Sur la ligne blanche. Série Noire N°2309. Parution le 13 janvier 1993. 176 pages. 6,05€.

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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 12:24

Un musicien doit-il décéder tragiquement pour être

consacré ?

Franck MEDIONI (Sous la direction de) : Albert Ayler. Témoignages sur un Holy ghost.

Fin novembre 1970 disparaissait Albert Ayler à l’âge de 34 ans, son corps était retrouvé flottant dans l’East River.

Comme ces musiciens morts trop tôt, trop jeunes, tragiquement, ce saxophoniste novateur devenait une icône, un emblème auprès de nombreux amateurs (et professionnels) de ce genre musical. Le Jazz devenait orphelin.

Né le 13 juillet 1936 à Cleveland (Ohio), d’une père chanteur et musicien jouant aussi bien du saxophone que du violon, et d’une mère aux inclinations artistiques qui n’allèrent jamais bien loin, le jeune Albert plongea très tôt dans le chaudron musical. A l’âge de trois ans, là où les bambins s’endorment en écoutant des berceuses, il regardait derrière le poste de radio familial si son interprète préféré, Lionel Hampton, ne s’y cachait pas.

A quatre ans il tapait sur un petit tabouret, accompagnant Benny Goodman. A sept ans, son père enthousiaste lui interdit d’aller jouer au football avec ses petits copains afin de pouvoir s’initier à la musique et toute la jeunesse et l’adolescence du jeune Albert sera vouée à se perfectionner. C’est ce que déclarait Albert Ayler dans un entretien réalisé par Jacqueline et Daniel Caux à Saint Paul de Vence le 27 juillet 1970, soit quelques semaines avant sa disparition, et qui fut publié dans L’Art vivant en février 1971.

Je ne vais pas m’étendre plus longtemps sur les débuts d’Albert Ayler et sur cet entretien, vous laissant le plaisir de les découvrir, et penchons-nous plutôt sur le contenu principal de cet ouvrage magistral : les témoignages de ceux qui ont côtoyés, connus, joués avec ce saxophoniste qui a dérangé l’harmonie et la partition bien réglée des musiques de jazz, explorant de nouveaux chemins, de nouvelles voies (voix ?) non pas pour imposer son empreinte mais pour explorer toutes les possibilités de la musique dont il était devenu sinon un porte-parole au moins un porte-son, un innovateur dont s’inspirèrent quelques instrumentistes parfois décriés dans leurs recherches tel John Coltrane.

Et les critiques de l’époque (s’exprimant souvent de façon négative) oubliaient que même en musique classique, symphonique ou de chambre, une nouveauté détrônait une institution et que c’était cela qui faisait avancer le plaisir d’écouter des sonorités, des compositions, des arrangements nouveaux. Les dents grinçaient et quelques années plus tard, ces nouveautés étaient entrées dans les mœurs et ce qui était considéré auparavant comme des références devenait ringard. Mais cela n’est pas l’apanage de la musique et l’on pourrait en élargissant le sujet citer la peinture, la sculpture et tout autre forme d’art.

Franck MEDIONI (Sous la direction de) : Albert Ayler. Témoignages sur un Holy ghost.

Parmi les contributions et les témoignages rendus à Albert Ayler, figurent ceux de nombreux artistes, musiciens, littérateurs, chroniqueurs, musicologues, photographes et autres. Certains noms nous sont familiers, d’autres moins, et la table en fin de volume permet de savoir qui fait quoi.

 

Et au détour des pages on peut lire les participations de Louis Sclavis, Jacques Bisceglia, Sonny Rollins, Francis Marmande, Aldo Romano, Franck Médioni, Michel Portal, Michel Lebris, Joe Lovano, Steve Lacy, Philippe Buin, Joëlle Léandre, Lee Konitz, Jacques Réda, pour n’en citer que quelques uns parmi la centaine de contributeurs. Que ces appréciations tiennent en deux lignes (Sonny Rollins, Richard Davis, Oliver Lake) ou sur plusieurs pages (Francis Marmande), sous forme d’hommages, de coups de colère, de longs poèmes (Christain Tarting, Zeno Bianu, Sylvain Kassap, Bernard Chambaz et quelques autres…), des explications de texte et de musique (Alexandre Pierrepont, Philippe Carles et Jean-Louis Comolli), des dialogues (Daniel et Flavien Berger) sans oublier l’indispensable et riche iconographie.

 

La musique est emblème de protestation, de liberté, parfois de joie de vivre, parfois de mal être et si je devais mettre en exergue un de ces textes ce serait sans conteste celui de Richard Davis : « Albert Ayler fut certainement un géant dans sa musique au moment de la période de protestations des droits civiques. Ainsi, il a fait trembler les chaines du syndrome post-traumatique de l’esclavage ».

Et au lieu de lire, j’allais écrire bêtement, de la page 1 jusqu’à la fin, je vous propose de prendre la table, c'est-à-dire le sommaire, et après avoir dégusté la préface d’Archie Shepp et la note d’intention de Franck Médioni, de vous laisser aller en découvrant ces textes par ordre alphabétique d’entrée des acteurs de cet ouvrage : de Noël Akchoté, guitariste, jusqu’à Jason Weiss, écrivain, ce qui vous obligera à effectuer une petite gymnastique, j’en conviens, mais vous donnera la sensation de jouer votre propre partition.

Un livre remarquable qui a dû demander de longues heures, que dis-je, de semaines et même de mois, afin de réussir cette compilation, mais aussi d’abnégation et d’amour.

Franck MEDIONI (Sous la direction de) : Albert Ayler. Témoignages sur un Holy ghost. Préface d’Archie Shepp. Collection Attitudes. Editions Le Mot et le Reste. Parution 25 avril 2010. 332 pages. 26,00€.

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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 09:33
COLLECTIF : les treize morts d'Albert Ayler.

Mais il n'y a eu aucune résurrection...

COLLECTIF : les treize morts d'Albert Ayler.

Recueil de quatorze nouvelles dont le thème est la mort mystérieuse d'Albert Ayler, saxophoniste de jazz retrouvé noyé dans l'East River le 25 novembre 1970 à l'âge de 34 ans.

 

Michel GUINZBURG : Lettre au mort. Trad. de l'américain par Daniel Lemoine. 1996. Un policier new-yorkais, qui a découvert en 1970 le corps d'Albert Ayler, reçoit la visite d'un journaliste éditeur français. Les souvenirs remontent à la surface : il a gardé par devers lui une lettre, le testament du musicien : Ayler un jour a commis un acte incestueux mais il n'a su qu'après que la gamine avec qui il a fait l'amour était sa fille. Le policier a recueilli l'enfant issue de cette union et l'a élevée. Il consigne sur cassette ce secret à l'intention du Français puis se suicide.

 

Gille ANQUETIL : Le free fort. En ce début de novembre 1970, Ayler déambule dans les rues de New-York. Un réminiscence le taraude : la mort de Coltrane et le "concert" qu'il a donné lors de la messe d'inhumation. C'est aussi le souvenir du dernier festival de St-Paul-de-Vence auquel il a participé. Il entend encore un cri, comme un appel, lancé dans la foule. Peut-être l'appel de Coltrane lui demandant de venir le rejoindre.

 

Patrick BARD : Mojo. En 1960 Albert Ayler a passé une partie de son service militaire en France, près d'Orléans, dans une base de l'Otan. Une jeune paysanne castelroussine férue de sorcellerie est devenue amoureuse de lui lors d'un concert improvisé. Ils ont fait l'amour. Il est reparti aux Etats-Unis, elle est tombée enceinte. Elle a avorté mais est en possession d'une photo d'Ayler qu'elle utilise pour jeter un sort. Alors qu'Ayler meurt attiré par l'eau de l'East River, elle se noie dans une mare en compagnie d'un baigneur en celluloïd noir. Une vision personnelle et quasi fantastique de la mort d'Ayler.

 

Yves BUIN : Free at last. Supposé chef de file d'une mystérieuse organisation, Ayler est suivi par Sandeman, affilié à l'Agence. Seulement Sandeman ne trouve aucun motif pour inculper le musicien, à part sa propension à « massacrer » les airs de musique. Les jazzmen noirs sont mieux accueillis en Europe qu'aux Etats-Unis, mais ce n'est qu'une question raciale. Sandeman passe la main mais Ayler sera retrouvé malgré tout noyé.

 

Jean-Claude CHARLES : Le retour de Maître Misère. Né à Port-au-Prince mais vivant à Paris, le narrateur journaliste reçoit une lettre dans laquelle le scripteur se dénonce comme le meurtrier d'Ayler. Il glandouille dans un rocking-chair, se remémore son père, des événements passés et des romans lus, tels ceux de Truman Capote. Mais selon une jeune journaliste hollandaise, ce serait le propre père du narrateur qui serait à l'origine de la mort d'Ayler en lui volant ses rêves.

 

Jérôme CHARYN : M. Raisonnable. Trad. de l'américain par Patrick Raynal. Carlton Quinn, alias M. Raisonnable, est jaloux de la supériorité d'Ayler dans sa façon de jouer au saxophone. Jaloux aussi que sa maîtresse fasse des yeux doux, et plus, à son adversaire. Alors il imagine une entourloupe avec un usurier. Peu après Ayler est découvert au fond d'East River.

 

Max GENÈVE : My name is Albert Ayler. Deux adolescents, Tim et Jenny, s'aiment mais la jeune fille est rusée et prodigue ses faveurs au plus offrant. Dans un terrain vague, tandis que Tim cherche un endroit où enterrer son chat, mort d'une rencontre brutale avec un mur, Jenny est subjuguée par Ayler jouant du saxo. Elle lui propose une gâterie ce que le cœur d'Albert ne supporte pas. Les deux ados n'ont plus qu'à transporter le corps du défunt dans la rivière afin de simuler un suicide.

 

Jean-Claude IZZO : Alors Negro, qu'est-ce qui cloche ? Lorsque Nellie, la femme de son copain Pearson débarque dans sa chambre d'hôtel, ce n'est pas pour retrouver d'anciennes sensations mais parce qu'elle vient de quitter son homme. Elle s'était donné à lui alors que Pearson était allé chez les putes le lendemain de la promesse de mariage. Les souvenirs, et ce qui vient de se passer avec Nellie, une nouvelle rencontre charnelle, affluent dans la tête d'Ayler alors qu'il marche le long des quais. Deux flics l'abordent et le tabassent. Assommé, il tombe à l'eau.

COLLECTIF : les treize morts d'Albert Ayler.

Thierry JONQUET : La colère d'Adolphe. A sa mort Adolphe Sax est conduit au Paradis. Son invention, le saxophone, lui vaut un traitement de faveur tant auprès des hôtesses que des compositeurs, Beethoven en tête. Mais il faut attendre l'ère du Jazz pour que le saxophone devienne un instrument reconnu. Bientôt des problèmes d'intendance se manifestent du fait de l'afflux inopiné de morts, des Jazzmen principalement. Jusqu'au jour où Ayler arrive lui aussi et est refoulé. S'ensuit une émeute. La bataille est gagnée et Ayler et ses confrères auront une place au Paradis.

 

Bernard MEYET : Joyeux Noël. Le narrateur n'aime pas le jazz, contrairement à son père qui avait acheté un bar et organisait des concerts à Orléans, au profit des soldats de la base américaine. Martine c'était l'amour secret du narrateur. Mais elle est tombée amoureuse d'Ayler alors qu'il effectuait son service sur la base de l'OTAN. Elle était même partie le rejoindre aux Etats-Unis mais ne l'avait pas revu. Elle revient un beau soir de Noël, un mois après la mort du musicien. Son ancien soupirant l'accepte telle qu'elle est, avec ses souvenirs, et un gamin, fruit de ses amours avec Ayler.

 

Jean-Bernard POUY : Tinetorette et Toquaille. Le narrateur emmène Ayler en Italie, sur les instances de celui-ci, visiter Venise et les galeries de peinture. Ayler professe une passion pour Le Tintoret, qu'il appelle Tinetorette, et goûte au Tokay, au Toquaille. Ayler et son conducteur passablement éméchés reviennent à Saint Paul de Vence, à temps pour participer au concert au cours duquel le musicien se montre plus brillant que jamais.

 

Hervé PRUDON : Nobody knows. Dans une chambre d'hôtel miteuse, Albert Ayler ressasse ses souvenirs. Notamment Bibi, une femme qu'il a connu à Copenhague. Qu'il a retrouvée à Juan-les-Pins. Il déambule sur les quais, boit dans les bars, côtoie un ivrogne. Il a le spleen et est attiré par l'eau.

 

Michel LE BRIS : La treizième mort d'Albert Ayler. Mary s'inquiète, Albert a disparu depuis quinze jours. Don le frère du musicien passe son temps à faire le poirier. Des conversations s'échangent sur les mérites et les avatars d'Ayler. A la radio le speaker annonce la découverte du cadavre du musicien et chacun extrapole se souvenant de l'enlèvement d'Ayler par des hommes de main de Miles, imputant sa mort à des flics Irlandais ou au FBI. Un texte qui s'articule autour de dialogues comme une suite d'improvisations avec toujours pour thème central la disparition d'Ayler.

 

Jon A. JACKSON : Sur le pont. Trad. de l'américain par Daniel Lemoine. Rêveries sur le bitume d'un pont d'un musicien recherchant la note, l'air qu'il ne peut jouer, la transcription par le saxo du chant d'un oiseau. Il croit voir Coltrane et Dolphy le prendre chacun par une main et il s'élance dans les airs tandis que son instrument de musique tombe à l'eau. Ayant appris par Patrick Raynal qu'il envisageait de compiler treize nouvelles en l'honneur d'Albert Ayler, Jon A. Jackson a spontanément offert ce texte qui est la quatorzième variation du recueil.

 

De ces quatorze improvisations sur la mort d'Albert Ayler, on retiendra quelques solos majeurs, quelques vibrations émouvantes, des interprétations issues des tripes et d'autres qui se glissent dans un moule convenu. Il en faut pour tous les goûts et chacun peut lire à sa façon la partition. On retiendra toutefois les prestations de Patrick Bard, de Max Genève, de Jean-Claude Izzo, de Thierry Jonquet et de J.-B. Pouy, qui ont su interpréter avec inspiration un thème imposé.

COLLECTIF : les treize morts d'Albert Ayler. Série Noire N°2442. Gallimard. Préface de Michel Contat. Parution novembre 1996. 288 pages. 7,80€.

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