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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 12:45
Dominique MANOTTI & DOA : L’honorable société.

La politique a ses raisons que la raison ignore.

Dominique MANOTTI & DOA : L’honorable société.

Et dans les coulisses du pouvoir se trament des magouilles basses, viles, méprisables, que ne peut imaginer le commun des mortels, tout cela au nom de la France, une main sur le cœur pour l’image, l’autre sur le portefeuille.

En cette veille du premier tour des élections présidentielles, trois jeunes, Erwan, Julien et Saffron bidouillent un ordinateur, dans le but de s’infiltrer à distance dans celui d’un homme de l’ombre afin de pomper des dossiers. Benoît Soubise ne se doute nullement de ce piratage lorsqu’il travaille dessus, et encore moins que Julien a réussi à brancher la webcam. Mais les trois jeunes ne s’attendaient pas à assister en direct au meurtre de Soubise par deux inconnus cagoulés qui allaient emporter l’ordinateur piraté.

Panique générale, débandade, mais pas au point d’oublier de mettre en lieu sûr une clé USB. Lorsque les policiers arrivent sur place ils se rendent rapidement compte que Soubise est un homme de la maison détaché des RG en tant que responsable de la sécurité auprès du CEA (Commissariat à l’Energie Atomique).

Le commissaire Pâris de la Criminelle est chargé de l’enquête. C’est un teigneux Pâris, d’autant que s’il a été affecté de la brigade financière à la Crim, sous couvert de promotion, c’est bien parce que ses investigations à la financière gênaient du monde. D’abord il interroge Barbara Borzeix, la compagne depuis quelques semaines de Soubise et qui a trouvé le corps. Selon elle Soubise était ingénieur commercial pour une entreprise sous-traitante d’EDF et surtout d’Areva. Quant à Barbara elle est responsable juridique dans une grande entreprise de BTP, la Picot-Robert Groupe plus communément appelée la PRG, dirigée d’une main de fer par Elisa Picot-Robert.

Un souvenir cuisant pour Pâris dans une autre vie professionnelle. Neal Jones-Saber, chroniqueur gastronomique et ancien grand reporter, est inquiet. Sa fille Saffron devait le rejoindre à Cahors mais elle s’est décommandée et depuis elle ne donne plus de ses nouvelles. Journaliste d’investigation Pierre Moal, grâce à un informateur bien placé, révèle le décès de Soubise et pointe du doigt un groupe d’éco-terroristes Urgence Planète Bleue. Tout ce petit monde va enquêter d’abord chacun de son côté, puis il y aura des alliances, et peu à peu les suspicions portées sur le groupe des éco-terroristes battent de l’aile malgré les pressions subies par Pâris et son groupe.

Il faut absolument trouver un ou des coupables, mais pas forcément les vrais. Les clés du pouvoir ne sont pas dans la boîte à gants comme l’a écrit Frédéric Dard/SanAntonio, mais la vérité réside dans une clé USB. Et ce qui intéresse surtout les Français c’est la bataille électorale. D’un côté Pierre Guérin, dont le mariage avec Sonia est plus que vacillant, et de l’autre son challenger Eugène Schneider.

 

Je ne m’appesantirai pas sur ces deux caractères, le lecteur les découvrira à la lecture de ce roman, mais il ne pourra s’empêcher de mettre un visage sur chacun de ces noms. Tout au plus pourrais-je indiquer que Pierre Guérin, homme à femmes, coléreux, est obligé de prendre de temps à autre de petites pilules afin de canaliser son caractère ombrageux, ministre des finances en exercice et que Schneider catalogue comme un « type fasciné par le fric qui joue les tribuns populaires ».

Pierre Guérin, dans l’intimité avec ses conseillers ou sa femme Sonia, beaucoup plus calme et posée que lui, ne mâche pas ses mots, déclarant : Quand j’aurai les pleins pouvoirs, je me chargerai moi-même d’en pendre quelques-uns à des crocs de bouchers. Tout ça à cause d’une problématique financière avec l’EPR de Flamanville dont le lancement du chantier est programmé. Signalons que ce chantier est effectivement en cours de réalisation, avec plusieurs mois, pour ne pas dire plusieurs années, de retard et des dépenses qui ont pratiquement doublées d’après les premières estimations, que de nombreux incidents ont déjà émaillé sa construction, certains ayant d’ailleurs été étouffés ou minimisés, et que ce chantier est confié au groupe Bouygues.

Ne croyez pas que je suis hors sujet, car il s’agit bien de magouillages entres différents groupes en vue du CAC 40 qui sont en filigrane de ce roman, qui traite également de l’avenir de l’énergie nucléaire, mais toujours d’un point de vue financier.

Ceci est bien un roman de politique-fiction et il serait évidemment osé de vouloir trouver une ressemblance avec des situations, des faits ou des personnes existant ou ayant existé.

Dominique Manotti et DOA ont construit une intrigue toile d’araignée dans laquelle bon nombre de protagonistes s’engluent et certains décèdent. Quant aux autres, s’ils s’en sortent, ce ne sera pas forcément sans dommages.

Réédition Folio Policier N°688. Parution mars 2013. 384 pages. 8,00€.

Réédition Folio Policier N°688. Parution mars 2013. 384 pages. 8,00€.

Dominique MANOTTI & DOA : L’honorable société. Série Noire. Parution mars 2011. 336 pages. 18,30€.

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 08:22
Joseph BIALOT : Les bagages d'Icare.

M'étonne pas qu'il soit tombé à la baille s'il était en surcharge...

Joseph BIALOT : Les bagages d'Icare.

Rien ne vaut la campagne, le silence, l'air pur, la tranquillité !

Des ingrédients indispensables pour que les petites cellules grises des publicitaires en mal d'inspiration puissent bouillonner à l'aise, et découvrir le slogan choc d'une marque de couches-culottes pour bébés modernes.

Mais Philippe Barret, le directeur de l'agence Média's, ne pensait certes pas en organisant un séminaire dans le Lot, que deux de ses collaborateurs allaient perdre la vie. Et donc qu'ils seraient mal barrés.

Bon d'accord, les divergences, les accrochages s'exaspèrent toujours un peu plus lorsqu'on vit en vase clos. Les petites phrases perfides ne font pas toujours plaisir. C'est bon, parait-il, pour l'intellect, pour forcer la créativité.

En tout cas, Alain le créatif du groupe, est retrouvé mort, assassiné. Ensuite Cathy s'enfuit en voiture. Les soupçons pèsent sur elle, d'autant qu'elle possède un motif. Jean-Charles, son mari, lui a annoncé qu'il l'a quittait. Pas pour une femme, non ! Pour un homme ! Pour Alain justement. Cathy est retrouvée morte, apparemment d'un accident de voiture. Mais le petit trou rond dans sa tête est l'œuvre d'une balle de revolver.

Philippe Barret, qui ne fait pas confiance à la police, décide d'enquêter pour son propre compte. Il n'apprécie pas du tout que l'on tue impunément ses collaborateurs. Alors il requiert les services de son ami Didier Valois, un comédien en quête d'emploi.

 

Les bagages d'Icare est le troisième roman dans lequel on retrouve Didier Valois et son ami Neurone, alias Philippe Barret, reconverti dans la publicité.

Leurs précédentes aventures avaient pour titre : Un violon pour Mozart et Le Royal-bougnat. Une histoire complexe à souhait mais dont le début, malgré les décès impromptus est nettement plus guilleret que la dernière partie du roman.

Un livre qui tient ses promesses, certes, mais dont le ton imperceptiblement change au fur et à mesure que se développe l'intrigue, d'humoristique se transformant en noir sérieux. Dommage.

 

Joseph BIALOT : Les bagages d'Icare. Série Noire N° 2259. Parution mars 1991. 224 pages. 6,65€.

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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 08:23
Michel LEBRUN : Loubard et Pécuchet.

Une vocation tardive !

Michel LEBRUN : Loubard et Pécuchet.

Anecdote en guise d'introduction :

Lorsqu'au mois de mars 1996, je téléphonai à Michel Lebrun pour le féliciter d'entrer enfin au catalogue de la Série Noire, même si c'était pour une réédition, et souhaitai le retrouver prochainement avec un nouveau titre, il m'a dit d'un ton désabusé :

Oh, tu sais Paul, maintenant c'est trop tard !

Le 20 juin 1996, Michel Lebrun s'éteignait dans son appartement parisien.

 

Pour son dix-septième anniversaire, Pécuchet, appelé plus familièrement Pécu, n'y voyez aucune allusion scatologique, est invité par ses copains à se restaurer dans un entrepôt transformé en garde-meubles dans un quartier d'Aubervilliers.

Sont présent Jojo, le maître des lieux qui a mis les petits plats dans les grands, il n'a qu'à se servir avec tous les meubles et la vaisselle entreposés et dont il a la garde. Sont également présents, le petit Lucien à la face ravagée par l'acné, la Grande Geneviève dite Gin, Léon la Défonce déjà raide bourré et sa copine Crista, et Mimile l'Ordure qui doit son surnom à sa profession puisqu'il émarge à la voirie. Et une inconnue, blonde plantureuse à la poitrine accueillante.

Ils se sont tous cotisés et Marlène, la gironde dame, est son cadeau d'anniversaire !

Deux ans plus tard, nous retrouvons notre ami Pécu dans une résidence surveillée. Il rêvasse sur son pageot lorsqu'il est demandé au parloir. Lucien vient lui rendre une petite visite amicale, s'enquiert de ses conditions de vie et, surtout, lui remet un petit paquet contenant des clefs fabriquées par Léon grâce à de la mie de pain séchée. Léon est serrurier et a la main sûre dans la journée car il n'entame les litrons que lorsque la boutique est fermée. En sus des sésames, le paquet contient une matraque et une bombe paralysante.

Muni des précieuses clefs, Pécu sort de l'établissement en catimini, récupère sur un chantier voisin sa bécane motorisée, et se rend chez sa bru. Ah oui, je ne vous ai pas dis ! Pécu est né un 29 février et comme son anniversaire légal ne se fête que tous les quatre ans, on comprend mieux, n'est-ce pas ? Donc il se rend chez sa bru, qui vit seule car Alain le fils de Pécu l'a quittée, laquelle dort consciencieusement abrutie par les soporifiques. L'appartement est à Pécu mais il l'avait laissé à Alain, qui lors de son divorce l'avait donné à son ex-femme. Un méli-mélo pour Pécu qui ne roule pas sur l'or, loin de là et c'est pour cela qu'il végète dans un hospice pour indigents.

Donc Pécu sait que Roselyne, sa bru, cache son argent chez elle et il investigue soigneusement l'armoire. Il n'a pas besoin de fouiller longtemps pour tomber sur le magot. Seulement l'imprévu se matérialise sous la forme d'un intrus qui se faufile dans la chambre de la Belle au lit dormant. Pécu assomme le Prince Charmant et regagne béatement sa piaule à l'asile.

Je passe sur les détails, la venue de Roselyne qui se plaint du cambriolage, le soupçonnant quelque peu, mais Pécu possède un alibi en béton puisque théoriquement tous les pensionnaires de l'hospice sont consignés le soir. Pécu, grâce au pactole qu'il s'est approprié, loue un petit appartement dans le XVIIe seulement il faut penser à renouveler les rentrées d'argent. Alors il imagine, et mène à bien son projet, dévaliser les personnes ayant un besoin pressant de liquide. Il se place près des distributeurs de billets et assomme proprement les individus qui glissent leurs cartes bleues dans la fente. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si un jour un récalcitrant ne l'envoyait bouler. Il n'obtient de l'aide de la part d'Hélène, une Bibendum moustachue quinquagénaire qui vit dans une Estafette aménagée et est affublée d'un chien, un mastard,

Hélène va prendre Pécu sous son aile protectrice et tutélaire, il y a de la place, et Pécu est bien obligé de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Une association est née mais un troisième larron s'immisce, le voisin de Pécu, Montescourt, officier de police, qui se sent investi d'une mission, celle de protéger l'adolescent prolongé. Montescourt que les lecteurs fidèles de Michel Lebrun avaient déjà rencontré dans L'O.P.A de 4 sous.

Mais à cette époque, les distributeurs de billets ne s'affichaient pas avec arrogance à chaque coin de rue, aussi il leur faut gravir un échelon. Hélène et Pécu vont s'y employer.

 

On retrouve dans ce roman, toute la finesse, l'élégance, l'humour parfois ironique, le machiavélisme des intrigues concoctées par Michel Lebrun.

Une accroche inventive en prologue et au fur et à mesure que se déroule l'action, l'intrigue prend en consistance, toujours sur la corde raide. Michel Lebrun sait retomber sur ses pieds avec un épilogue sous forme de pied de nez jubilatoire.

Et l'ombre de Flaubert se profile dans ce roman, avec quelques allusions et des citations en introduction des différentes parties découpant ce roman.

Il est dommage que Michel Lebrun soit entré si tard dans la collection Série Noire, alors qu'il fit les beaux jours de la collection Un Mystère, puis lors de la disparition de celle-ci offrant des romans de qualité aux jeunes maisons d'édition, dont celles crées par exemple par François Guérif (Red Label) ou Alex Varoux (Engrenage).

Première édition Collection Engrenage N°54. Parution décembre 1982. 192 pages.

Première édition Collection Engrenage N°54. Parution décembre 1982. 192 pages.

Michel LEBRUN : Loubard et Pécuchet. Série Noire N°2415. Parution mars 1996. 176 pages. 6,05€.

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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 07:44
Jean-Paul DEMURE : Découpe sombre.

C'est l'histoire d'un mec...

Jean-Paul DEMURE : Découpe sombre.

Un roman sombre, sanguinolent, sanglant, mais tendre également.

Histoire d'un adolescent qui essaye de s'en sortir, de devenir quelqu'un, de trouver une dignité à laquelle il n'a pas été habitué parce qu'il ne l'a jamais côtoyée, tout ça par le travail. Un travail astreignant mais qui canalise ses pensées, ses pulsions.

Enfant d'H.L.M. miteuse, Victor ne vit plus ses plus moments d'une existence délabrée qu'au contact de ses copains et des filles de rencontre. Parce que, au point de vue famille, mieux vaut ne pas en parler. Circulez, y'a rien à voir !

Alors dégradations par ci, chapardages par là, et comme les phalènes toujours attirées par la lumière, Victor est irrémédiablement aspiré, englué, digéré, recraché par le centre commercial, le Super. Quoi qu'il fasse, où qu'il aille, ses pas le ramènent inlassablement vers les lumières, le factice.

Il existe bien une boîte de nuit, le lieu des rendez-vous galants, mais elle n'est pas épargnée des rafles policières, et Victor goûte au charme d'une nuit passée au poste. Une nuit et quelques compléments offerts généreusement pas la maréchaussée dans le but, oh combien sain et louable de démontrer à tous ces jeunes gens que s'ils proviennent de la poussière, et que si leur destin est de retourner poussière, ce n'est pas pour autant qu'il faut se complaire dans la fange.

Victor va se trouver un petit boulot peinard, homme toute main au Super. A lui les balayages, les manutentions, les remplacements. A la boucherie par exemple. Là il va faire la connaissance d'un désosseur qui le prend sous sa coupe. Le travail au secours de l'âme ! Fini les petits braquages, les fauches, les magouilles, les petites ambitions.

 

Jean-Paul Demure qui a obtenu le Grand Prix de Littérature Policière avec Aix-Abrupto en 1987, ne fignole pas dans la dentelle.

C'est dur, très dur. C'est noir, très noir. C'est rouge sang, c'est tendre, c'est prenant, c'est actuel, c'est délirant, c'est à lire !

 

 

Réédition collection Folio N° 2823. Avril 1996. 256 pages. 8,00€.

Réédition collection Folio N° 2823. Avril 1996. 256 pages. 8,00€.

Jean-Paul DEMURE : Découpe sombre. Série Noire N°2128. Parution février 1988. 288 pages.

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 13:57

Les Lutins noirs sont comme les Lutins blancs :

toujours aussi facétieux !

Renaud MARHIC : Les Lutins noirs.

Si vous souhaitez que votre enfant s'adonne à la lecture offrez-lui des livres ! Mais pas des ouvrages ennuyeux, non, des romans dont la lecture lui permettra d'éveiller son imaginaire, de le développer, de le cultiver.

Avec ce troisième volume de la saga des Lutins Urbains, Renaud Marhic laisse sa verve s'éclater comme une grosse bulle pétillante emplie de confettis de toutes les couleurs, une explosion arc-en-ciel façon farces et attrapes.

 

Un vieux coucou à hélices atterrit sans que l'attention des deux hommes qui sont installés dans la tour de contrôle de l'aéroport d'Okaz Air® soit pour autant perturbée. Pourtant la venue de l'avion n'avait pas été signalée sur les écrans radar. C'est pas grave, juste une erreur de pilotage. Le pilote l'affirme au bagagiste, il devait livrer du courrier d'Antanarivo à destination d'Antsiranana. Pendant ce temps, subrepticement, un puis deux puis trois petites créatures noires, aux longs cheveux, s'extirpent de l'appareil et fuient vers la Grande Cité.

Sur la route qui relie la capitale, les automobilistes sont affolés, lorsque trois sangliers traversent la chaussée sans prévenir.

Dans le commissariat du quartier Adinike®, le jeune policier Gustave dont on a suivi les précédentes aventures avec délectation, assiste à une réunion habituelle concernant les faits entachant leur quartier, le secteur 15. Bien évidemment est évoquée l'arrivée intempestive du bimoteur, mais d'autres événements sont mis en avant. Ainsi, des étrangers inscrits au Fichier des Individus Potentiellement Pas Nets, ont été vus paradant en smoking dans des voitures de luxe alors que la veille encore ils étaient sans papiers ni contrats de travail. Selon des renseignements issus de sources non officielles, ces joyeux déambulateurs malgaches en décapotables auraient gagné au Tir' ou Grat'. Et bien sûr la randonnée autoroutière des trois sangliers.

Et comme le déclare le commissaire Velu, La situation est pire qu'hier et bien moins grave que demain !

La réunion est à peine terminée que Gustave est alpagué par le commissaire, lequel lui demande ce qu'il a fait du rhinocéros. Le rhinocéros ? Ah oui, encore une mini bavure de Gustave qui devait convoyer à l'abattoir le mammifère herbivore à quatre pattes et à deux cornes, comme les bovins sauf que c'en n'est pas un, et qu'il a malencontreusement égaré. Chelou ! C'est le nom de l'animal vagabondeur.

 

Mais que fait donc Chelou dans un entrepôt de porcelaine certifiée française made in China ? Pourquoi Gustave reçoit-il par l'intermédiaire d'un caillou lancé par le facétieux Nain Jaune un message du professeur B. qui justement lui demande de retrouver immédiatement et même avant Chelou ? Et qui est ce mystérieux personnage surnommé le Bambou Masqué, chef d'une triade non moins mystérieuse, qui s'interfère dans cette histoire ?

 

On retrouve dans ce troisième volet des aventures de Gustave Flicman, une partie des personnages évoluant dans les épisodes précédents, L'attaque du Pizz' Raptor et Le dossier Bug le Gnome, avec de nouveaux protagonistes qui ne déparent pas l'ambiance de ce roman malicieux et fantastique.

L'imagination débridée de Renaud Marhic, et cette logique totalement décalée qui imprègne ces romans, nous fait penser, dans le traitement et non dans l'intrigue, à un roman de Lewis Caroll.

Si tu favorises à présent l'introduction d'un imaginaire étranger au sein de la Grosse Cité, tu porteras une grosse responsabilité... Que cherches-tu à provoquer ? Une épidémie ?

Le lecteur ne se pose pas ce genre de questions, lui qui justement est friand de ce genre de roman au fantastique déboussolant, et qui pourtant ne manque pas de références à notre monde actuel. Une juxtaposition, une mise en parallèle qu'il vaut mieux prendre à la rigolade. Seuls les rabat-joie peuvent se sentir offusqués :

Le Chef de la Brigade de Répression de l'Onirisme n'en avait pas terminé de ses sombres prophéties.

Une lecture roborative destinée aux jeunes et aux adolescents qui recherchent un coin de ciel bleu dans la grisaille quotidienne. Et que les anciens apprécieront en réminiscence de certaines lectures de leur enfance.

 

Renaud MARHIC : Les Lutins noirs. Tome 3 de la série des Lutins Urbains. Illustrations de Godo. Collection Romans Jeunesse. Editions P'tit Louis. Parution 1er octobre 2015. 160 pages. 8,50€.

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 09:46
J.A. JANCE : Le sabre et le virus

Le sabre pour éradiquer les virus ?

J.A. JANCE : Le sabre et le virus

Lorsque l'on évoque le Japon, les images qui viennent tout de suite à l'esprit sont l'informatique, modernisme oblige, les Geishas, et le suicide par Hari-Kiri, une façon comme une autre de perpétuer les méthodes ancestrales.

Et même lorsqu'ils vivent loin de la mère patrie, les Japonais ou descendants de Japonais, mettent comme un point d'honneur à entretenir cette image de marque.

Ainsi Tadéo Kurobashi, un Nisei, c'est à dire d'origine japonaise mais né aux Etats-Unis, s'est fait Hara-Kiri avec un sabre, un Tanto, car la spécialisée dans l'informatique, une boite qu'il avait créée, a fait faillite.

Pour des profanes tel que l'inspecteur J.P. Beaumont de la police de Seattle, et son coéquipier Al Lindstrom, cette affaire aurait pu être banale. De même que pour le docteur Baker de l'institut médico-légal.

Mais pour Georges Yamamoto, le patron du laboratoire de police criminelle qui connaissait fort bien le défunt, ce n'est qu'un crime maquillé en suicide. Tadéo Kuromashi, fin connaisseur du rituel ancestral ne se serait pas supprimé comme les Samouraïs dont l'honneur était bafoué, sans observer, sans respecter une mise en scène préliminaire.

Voilà donc J.P.Beaumont sur la piste d'un meurtre à l'ombre duquel se profile la mafia. Beaumont est bien embêté car il doit résoudre sa petite enquête personnelle. Rien de grave mais il aimerait savoir pourquoi il s'est réveillé ce matin là avec une sérieuse gueule de bois et trois doigts de la main droite attachés sur une attelle. Et comment ces trois doigts qui l'handicapent dans sont travail ont pu être cassés.

 

Au fil des romans, le sixième en l'occurrence, le lecteur s'attache de plus en plus à ce personnage dont les aventures, sans être rocambolesques, sont assez variées dans le genre pour ne pas sembler sortir du même moule préfabriqué.

Des enquêtes, des histoires fort honnêtes, sans grand tapage, sans déploiement de force, et qui pourtant accrochent par leur réalisme, leur sens du vécu.

J.A. Jance, sans bruit fait son trou au sein de la Série Noire, ou faisait car les changements de direction éditoriale sont parfois néfastes pour quelques auteurs.

 

J.A. JANCE : Le sabre et le virus (Dismissed with Prejudice - 1989. Traduction de Michel Deutsch). Série Noire N°2222. Parution mars 1990. 320 pages. 7,80€.

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 13:13

Une réédition poche de fort bon aloi !

Laurent WHALE : Goodbye Billy.

Dans chaque légende, existe toujours une part de vérité.

Pendant dix-sept ans, Richard A. Benton a été agent spécial du F.B.I. puis il a été viré comme un malpropre. Et le voilà nommé comme chef de service à la Bibliothèque du Congrès de Washington, responsable d'une petite phalange de trois personnes et chargé de mener à bien les enquêtes diligentées par les sénateurs. Lui qui était habitué à côtoyer l'action, le voici devenu le chef des Rats de poussière.

Cette équipe est composée de Maureen McCornwall, à l'allure de punkette mâtinée rebelle gothique, d'Antonia Horowitz, fringuée limite loubard, bardée de diplômes et responsable informatique et technologies nouvelles, et de Andrew Kerouac, aucune parenté avec Jack, archiviste et doyen de la bande. Mais Dick (diminutif de Richard) Benton se rend vite compte qu'il n'est pas à la tête d'une équipe de bras cassés, de farfelus comme il le croyait au départ et que les résultats des enquêtes qui leurs sont confiées ne sont pas forcément transmis au FBI, à la CIA et autres services dits de sécurité comme la NSA, ou alors ils sont vidés d'une partie de leur contenu.

Le sénateur Allan Lloyd Ferguson est candidat à la primaire républicaine dans la course à la Maison Blanche. Digne descendant d'une lignée de Ferguson ayant tous gravité dans les arcanes de la politique il vise plus haut, et les Rats de poussière enquêtent sur son cas afin d'éviter que certaines affaires viennent par la suite entacher son éventuel succès. C'est Antonia qui s'est attelée à la tâche et elle a remonté le temps, jusqu'au grand-père Ferguson et à l'année 1925. Elle a déniché la photocopie d'une déclaration fiscale pour une société d'export de coton. Or théoriquement ce document ne devrait pas exister, caduc quelques cinquante ans avant sa rédaction. Un document qui fleure bon la fraude.

Kerouac, mis lui aussi à contribution, révèle qu'il s'agirait d'une vaste entreprise d'escroquerie immobilière d'un montant de trente-cinq-millions de dollars, ce qui représente une coquette somme surtout dans les années 1920. Et Maureen, en enquêtrice acharnée a établi une corrélation entre Ferguson et Al Capone. Cela sent de plus en plus mauvais, mais leur surprise va atteindre un sommet lorsqu'ils découvrent que quelqu'un a confié à Ferguson l'ancien trente millions en 1921 et ce donateur n'est pas anonyme, il s'agit d'un certain Ollie P. Roberts. Or il semblerait que sous cet alias se cache un célèbre bandit du nom de William Antrim ou Henry Mc Carthy plus connu sous celui de William H. Bonney surnommé Billy the Kid. Et selon la légende Billy the Kid est mort dans les années 1880, abattu par Pat Garrett le shérif qui fut son ami.

Deux agents du FBI, Jarvis et Kraube, les âmes damnées de Stevens, le patron de l'agence, s'introduisent dans le bureau de Dick lui enjoignant de laisser tomber l'affaire Ferguson. Mais Dick ne se laisse pas intimider et il est bien décidé à aller jusqu'au bout de ses recherches, ce qui évidemment ne peut que lui attirer des ennuis, à lui et aux autres membres de son équipe.

Dick et consorts suivent donc la piste Ollie Roberts-Billy the Kid et en s'infiltrant dans les ordinateurs de différents services, Antonia remonte jusqu'à un journaliste, aujourd'hui en retraite, qui aurait recueilli des informations en 1948. Coup dur, ce journaliste se serait suicidé quelques mois auparavant. Un suicide qui tombe à pic.

Dick est un amateur invétéré de vieux zincs, d'ailleurs il habite sur un ancien terrain d'aviation et lorsqu'il rentre chez lui quelques jours plus tard, il se rend compte que son antre a été visitée. Les événements s'enchainent dans un rythme infernal. Il fait appel à un vieil ami, Jake, susceptible de l'aider. Son ex-femme Jessica disparait et il doit s'occuper de son gamin, Jeremy. Le journaliste aurait tenu un carnet secret et la solution à leurs problèmes y serait peut-être consignée. Mais pour cela il faut mettre la main dessus. Tout en essayant d'échapper à des tueurs qui en veulent à leur peau. Et si Jarvis et Kraube ne sont pas étrangers à leurs soucis et à leurs désagréments, il n'est pas exclu que d'autres personnages en coulisses tirent les ficelles.

Alors direction le Texas puis le Nouveau Mexique sur la piste du journaliste et de Billy the Kid, à bord d'un vieux Beechcraft 18S des années 1930.

 

De nombreuses scènes épiques attendent le lecteur dont celle d'une course poursuite entre le Beechcraft et un F16 au milieu d'un meeting aérien composé de vieilles gloires des airs, ce qui n'est pas sans rappeler d'anciennes lectures comme par exemple les aventures de Biggles du Captain W.E. Johns ; ou encore comment détourner l'attention d'un couple d'agents du FBI surveillant les abords d'une maison.

Laurent Whale s'empare de la légende de Billy the Kid, la réécrivant selon les suppositions d'historiens, tout en mettant en scène un personnage dont la présence est inattendue, celle de Guu Ji Ya plus connu sous le nom de Géronimo, et en offrant une version réaliste et plausible d'une affaire non encore résolue aujourd'hui et qui date de la fin de la guerre de Sécession.

De même le lecteur est en droit de se demander pourquoi un homme attend, dans le couloir de la mort du pénitencier d'état de Ridgeville en Caroline du Sud, son transfert vers le Texas afin d'y être exécuté. Quel peut-être le rapport entre son histoire et ce pour quoi il a été condamné vingt-quatre ans auparavant avec les recherches de Dick Benton et ses collègues ?

Dans la plus pure tradition du roman d'aventures avec incursion dans le passé et mettant en scène des personnages ayant réellement existés, Laurent Whale a écrit un roman ambitieux et composite puisqu'il interfère roman historique et western du plus bel effet, avec roman d'aviation, incursion dans le domaine politique et magouilles financières sur fond d'élection présidentielle, sans oublier le suspense incarné par les affres d'un prisonnier dans l'attente de son exécution et les souffrances endurées par une jeune femme enfermée dans une cave et subissant les maltraitances, et plus, de ses geôliers.

Un roman complexe, touffu, vivant, qui ne manque pas d'humour et joue sur les nerfs. Laurent Whale dont on avait déjà apprécié Le chant des psychomorphes et Les étoiles s'en balancent monte en puissance et n'a pas fini de faire parler de lui, en bien.

Première parution Editions Critic; Thriller. 608 pages. 20,00€.

Première parution Editions Critic; Thriller. 608 pages. 20,00€.

Laurent WHALE : Goodbye Billy. Réédition Folio Policier N°780. Parution 8 octobre 2015. 658 pages. 9,00€.

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 08:03
Bill PRONZINI : Histoires pour rire et pour pleurer

Les plus courtes sont les meilleures !

Bill PRONZINI : Histoires pour rire et pour pleurer

C'est du moins ce que prétend un vieil adage et que démontre avec brio Bill Pronzini dans ce recueil de trente nouvelles où il déploie avec talent sa palette de conteur.

Des histoires courtes, incisives, dans lesquelles l'humour et le pathétique se disputent la primauté et dont la force réside à chaque fois dans la chute.

Un épilogue souvent inattendu, en forme de pirouette, mais toujours logique.

Des histoires noires, quelquefois à la limite du fantastique, prenant souvent leur source d'inspiration dans des faits-divers, dans le quotidien, mais narrées avec un petit air de dérision, de cynisme ou de causticité.

Trente nouvelles qui abordent les thèmes de l'amour, de la mort, de la solitude, des travers ou des vertus que recèle chaque être humain.

Le tout traité avec cet amour humour corrosif qui sublime les histoires les plus noires, les plus grotesques, les plus banales, les plus invraisemblables, les situations les plus farfelues.

Des actions longuement muries ou fortuites, débouchant sur des conclusions morales ou immorales.

Trente nouvelles à déguster, à savourer longuement, mais que voulez-vous, c'est comme si l'on présentait une boîte de chocolats avec friandises aux parfums et aux formes différentes.

On veut goûter à tout et bientôt on s'aperçoit qu'il ne reste plus que l'emballage.

L'avantage avec un livre, c'est que la dégustation peut être renouvelée moult fois.

Bil Pronzini, un digne successeur de Fredric Brown et de William Irish.

Bill PRONZINI : Histoires pour rire et pour pleurer (Small Felonies - 1988. Traduction de France-Marie Watkins). Série Noire N°2209. Parution novembre 1989. 256 pages. 7,10€.

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 13:11

Ce qui ne veut pas dire qu'ils étaient sans esprit...

Jean-Christophe PORTES : L'affaire des Corps sans Tête.

Déjà que trouver un cadavre dans la Seine n'est guère réjouissant, en harponner un qui ne possède plus sa tête, il y a de quoi perdre la sienne.

L'enquête sur ce meurtre, la découverte de l'identité du cadavre et celui de son coupeur de tête est confiée au brigadier Picot, de la brigade de Nanterre, un sexagénaire averti et pugnace. Bouvreuil, le chirurgien-barbier ami de Picot, procède à l'autopsie.

Cette découverte a été effectuée le 21 février 1791, au petit matin.

Le même jour, le lecteur surprend une conversation entre deux hommes, dont un dénommé Talon, conversation dont l'objet réside en une demande pour le moins farfelue émanant d'un certain Danton. Celui-ci réclame cent mille livres pour le remboursement de sa charge d'avocat.

Le soir même, le sous-lieutenant Victor Dauterive, de la Gendarmerie Nationale, investit une imprimerie assisté d'une quinzaine de gardes nationaux. Il est chargé de procéder à l'arrestation du sieur Marat, le rédacteur belliqueux du journal L'Ami du Peuple, dont les écrits appellent à prendre les armes contre une possible et éventuelle fuite du roi. Mais Marat, comme à son habitude, sentait le vent de la maréchaussée, renommée gendarmerie nationale, venir et justement il n'était pas venu, évitant soigneusement la maréchaussée.

Dauterive est le protégé de Lafayette, il n'a que dix-neuf ans et est sous-lieutenant de la Gendarmerie Nationale. Il vient de Bourgogne, après des démêlés avec son père et espère bien se faire une place dans la capitale. Sa mission est donc d'arrêter Marat qui appelle au meurtre des aristocrates, seulement cette mission est contrariée à cause des questions qu'il pose ici et là. Il attire sur lui l'attention du commissaire Charpier, du quartier du Théâtre Français, et de quelques personnages inquiétants. Mais il va être aidé par des personnages du petit peuple qui vont se révéler habiles auxiliaires dans ses démarches.

Lafayette lui fait remettre par Talon, lieutenant civil qui lui sert de secrétaire, une bourse de deux milles livres, somme destinée à soudoyer quelques personnages. Mais rentrant chez lui, il croise une jeune femme fort avenante, et ne rend pas compte immédiatement qu'elle vient de lui subtiliser sa bourse (celle qui lui a été remise, je précise). Pourtant il aurait dû se méfier, car des locataires de son immeuble se sont plaints de petits vols, de disparitions bizarres et lui ont demandé d'enquêter. Mais il a tant à faire.

Il enquête dans différents clubs et lieux de réunions dans lesquels Danton et consorts haranguent leurs troupes. Au club des Cordeliers par exemple, ou aux Jacobins, et il découvre que tous ces révolutionnaires ne prêchent pas forcément les mêmes idées, et que leurs propos ne s'accordent pas toujours avec leurs actes. De plus il apprend l'existence d'un mystérieux Comité de liquidation des dettes chargé de récupérer et rembourser des créances.

Seulement il découvre que trois créanciers, qui devaient récupérer cent cinquante milles livres chacun, ont disparu. Le lecteur, futé fera immédiatement la liaison avec les trois corps retrouvés dans la Seine. Car deux autres cadavres ont été retrouvés et les enquêtes sont confiées au brigadier Picot.

Dauterive fait la connaissance d'un archiviste du Châtelet, De Gastine, lui-même en relation avec Bouvreuil. Or Picot est assassiné et Bouillon en est fort marri d'avoir perdu son ami. Par De Gastine, Dauterive est amené à faire la connaissance de Bouvreuil, et il retrouve la trace de sa petite voleuse, une nommée Suzanne. Bouillon, De Gastine et Dauterive vont joindre leurs efforts pour découvrir qui a assassiné Picot et leurs ennuis commencent. Le commissaire Charpier, protecteur de Marat, et deux Volontaires de la Bastille sont à leurs trousses, et les trois hommes sont devenus des lapins pour ces trois chasseurs à l'affût de mauvais coups.

 

Avec ce roman, nous découvrons un nouveau et jeune détective de dix-neuf ans qui fait son apprentissage dans la Gendarmerie Nationale, nouvellement crée en remplacement de la Maréchaussée. Le parcours de Dauterive, un nobliau de province qui s'est échappé du carcan familial, et dont on apprend peu à peu les origines, sera semé d'embûches.

Mais s'il s'érige en personnage principal, d'autres protagonistes parcourent le récit. Danton, Marat, Lafayette, et bien d'autres révolutionnaires qui ne s'entendent guère entre eux, à cause de conflits d'intérêts. L'ombre du Comte d'Artois, le frère du roi, flotte sur cette intrigue, tandis que Louis XVI se montre moins falot que ce monarque décrit dans les manuels d'histoire. Et par dessus tous ces personnages réels ou fictifs, s'élève la grâce, le charme, la combattivité, le féminisme d'Olympe de Gouges.

C'est surtout pour Jean-Christophe Portes l'occasion de décrire un pan de la Révolution, alors que le comité travaille sur la rédaction de la Constitution, et de montrer que la plupart des Révolutionnaires œuvrent principalement pour leur chapelle et que souvent ils agissent en paranoïaques.

L'intrigue se situe entre février et fin juin 1791, et on ne peut éviter d'établir une corrélation entre la situation qui existait alors et celle qui prévaut de nos jours.

 

Ces coquins de financiers ont provoqué la Révolution en endettant le Royaume. Maintenant, ils mènent le pays à sa perte ! s'écria Duperrier, scandalisé. Ah ! quelle belle Révolution !!

Jean-Christophe PORTES : L'affaire des Corps sans Tête. Une enquête de Victor Dauterive. Editions City. Parution 30 septembre 2015. 400 pages. 19,00€.

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 10:21
Jerry KENNEALY : Polo et ses poulains

Et quand y'en a poulain, y'en a pour l'autre ?

Jerry KENNEALY : Polo et ses poulains

Nick Polo, détective privé dont on a fait la connaissance dans Solo de Polo, ne pensait certainement pas découvrir ce jour-là un cadavre dans les toilettes pour hommes du champ de courses de Golden Gate Fields.

En réalité, Nick Polo s'était institué le mentor de la belle Jane Tobin, journaliste touche-à-tout mais dont les connaissances sur les milieux hippiques demandent à être approfondies.

Donc il lui enseigne ce qu'est un bookmaker, à quoi sert un stopper, comment faire baisser une cote, ou pourquoi Johnny Aiello, stopper de son état justement, porte un imperméable en plein été.

Johnny Aiello, figure connue des champs de courses, mais dont la carrière sera prématurément stoppée. Nick va enquêter pour le compte de son oncle, bookmaker privé surnommé Pee-Wee.

Mais à fureter dans le monde des courses et des chevaux, il arrive un moment ou un autre où l'enquêteur dérange, ce qui lui permet d'apprécier pleinement cette expression : prendre une avoine.

 

Cette intrigue plongée dans le monde des courses hippiques nous fait penser immédiatement à un autre romancier qui a débuté comme jockey de la Reine et qui a produit de très bons romans : Dick Francis dont vous pouvez retrouver quelques chroniques de ses ouvrages sur ce blog.

 

Jerry KENNEALY : Polo et ses poulains (Polo's Ponies - 1988. Traduction de Madeleine Charvet). Série Noire N°2202. Parution octobre 1989. 192 pages. 6,65€.

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