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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 08:14
Frank GÖHRE : La nuit de St.-Pauli.

Retiens la nuit...

Frank GÖHRE : La nuit de St.-Pauli.

Johnny, libéré de prison depuis quelques jours, habite chez Stéphanie, une jeune employée de banque. Il envisage même de se marier avec.

Il reçoit un appel téléphonique d'un inconnu lui promettant une mort prochaine. Allant à la pêche aux renseignements, il constate qu'il est suivi par deux gamins. Il est abordé par Roberta, un travelo frère de Timo, l'un des mômes. Un homme, nu, marchant entre les voitures, brandit un revolver, tire au hasard. Johnny touché décède.

Le Frison, après avoir bricolé chez Yvonne dont il a fait la connaissance lors de séances de jogging, se voit confier pour quelques heures un chien énorme qui tire sur sa laisse au moment où le dingue abat Johnny. L'animal mord l'énervé. Le Frison essaye de s'enfuir mais il est assommé par des policiers.

Rentrant chez lui, Manfred apprend que tous les appartements de son immeuble viennent d'être cambriolés. Karin, sa femme, Allemande de l'Est comme lui, est absente. En inventoriant les objets dérobés, il met la main sur une réserve de préservatifs, lui qui n'en utilise jamais. Sonné, il se fait conduire dans le quartier des prostituées, et est racolé. Complètement déjanté il frappe une péripatéticienne, vole le revolver du concierge et sort dans la rue, nu. Il tire au hasard et blesse mortellement Johnny.

Pendant ce temps Karin fornique avec Bernd, un photographe. Elle apprend le cambriolage de son appartement et quitte précipitamment son amant aux prises avec un début d'incendie ravageant le grenier où il entrepose ses documents.

Sven, un petit malfrat, est attiré par l'attroupement. Il reconnait en Johnny l'une de ses relations. Fedder, commissaire de police, lui demande de dénicher la nouvelle adresse du mort. Il se rend chez la sœur de la victime et en voulant récupérer les affaires de Johnny dans le grenier, il déclenche un incendie.

Rasta Robby, un chauffeur de taxi, apprend la mort de Johnny. Il se doit d'annoncer la nouvelle à son ex petite amie, Stéphanie. Seulement un gamin se jette en travers de son véhicule et il finit la nuit au poste.

Roberta, le travelo, désire changer de protecteur. Brilli, qui est à la recherche de Johnny, lui refile de quoi compenser le manque à gagner. Elle le remet à Kalle, son ex, mais retombe sous le charme. C'est en rentrant chez elle qu'elle apprend la mort de son frère Timo, écrasé par un chauffeur de taxi.

 

Construit comme un véritable puzzle, chaque chapitre représentant un morceau disparate mais néanmoins cohérent dans une imbrication logique, La nuit de St-Pauli est le tableau d'une nuit ordinaire dans le quartier de St Pauli à Hambourg. Chaque personnage apporte un élément de construction, dans un temps donné, interférant l'histoire, influant sur celle-ci, jouant un rôle prépondérant souvent à son corps défendant.

Des tranches de vie narrées dans un style rapide, vif, adapté à chaque fois au personnage mis sous le projecteur.

Frank GÖHRE : La nuit de St.-Pauli. (St.-Pauli nacht -1993. Traduction de Patrick Kermann). Série Noire N°2412. Parution février 1996. 192 pages. 6,05€.

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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 12:14

Hommage à Pascal Garnier né le 4 juillet 1949, et décédé le 3 mars 2010.

Pascal GARNIER : Demain, on lève l’ancre.

Présenter des livres pour adultes, c’est bien, mais il faut aussi penser à nos chères petites têtes blondes, rousses ou brunes, qui prendront la relève dans quelques années.

Aussi se plonger dans un roman pour les jeunes, c’est retourner en arrière, ce qui parfois est assez réjouissant tout en gardant une partie de nostalgie.

Demain, on lève l’ancre ! de Pascal Garnier, par ailleurs a écrit des romans noirs très forts pour les grands.

Mano et Boule sont copains de classe depuis leur entrée à l’école. Tout irait bien si la catastrophe ne s’abattait pas sur leurs familles. Leurs pères se retrouvent au chômage, avec tous les aléas, les dissensions, les problèmes familiaux que cela engendre.

Ils s’arrangent donc pour faire se rencontrer leurs géniteurs, et ceux-ci se trouvent de nombreux points communs, dont un amour immodéré pour les bateaux et la marine. Les deux pères sympathisent, fraternisent et décident conjointement de construire leur propre navire, qui ressemblerait au Titanic. Mais tout cela ne va pas sans mal.

Ce petit roman charmant met le doigt sur la réalité sociale et même si l’épilogue est un peu trop enclin à l’optimisme, il faut se rappeler que comme écrit l’auteur :

Les rêves, c’est comme les plantes vertes, ça s’entretient.

Pascal GARNIER : Demain, on lève l’ancre. Collection Pleine Lune n° 152, éditions Nathan. Parution octobre 2002. 90 pages.

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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 09:53
KONOP : Pas de kaddish pour Sylberstein.

Pas même dans un caddie ?

KONOP : Pas de kaddish pour Sylberstein.

Un flic ressentant une certaine sympathie envers un meurtrier, cela peut sembler bizarre mais ne se révèle pas forcément incompatible avec l'éthique de sa profession.

Un vieux brocanteur de Belleville, d'origine juive, se présente spontanément au poste de police du XXème arrondissement, se constituant prisonnier après avoir abattu un touriste allemand de l'ex-RDA qui était entré dans sa boutique de bric-à-brac. L'inspecteur Bénamou, vingt ans de maison, établit auprès du Substitut son rapport réglementaire, assorti de requêtes non réglementaires, ce qui l'amène à donner sa démission. Ce n'est pas tellement le fait de s'être senti proche du coupable qui lui a dicté sa décision, mais peut-être parce que ce meurtre s'est produit dans la nuit du 15 au 16 juillet, date anniversaire de la grande rafle.

Au delà de l'enquête menée par Benamou pour son compte personnel; une enquête qui le conduira jusqu'en ex-RDA et lui permettra de montrer ses talents d'accordéoniste, un loisir qui devient un complément de salaire car il n'a pas oser avouer à sa femme qu'il n'était plus policier, c'est l'ambiance du petit monde juif de Belleville qui nous est décrite avec humour et cynisme. C'est également une plongée dans l'Histoire de la Seconde Guerre Mondiale et un règlement de compte envers un dogme.

Konop, pseudonyme transparent de l'écrivain et journaliste Guy Konopnicki, brûle ce qu'il a adoré, comme bon nombre de communistes qui ont été aveuglé par leurs œillères et s'interrogent sur le bienfait du stalinisme. Prise de position courageuse, ou retournement de veste démagogique, je laisse le soin aux intellectuels pinailleurs de gloser sur cette question.

Le dénouement du roman de Konop est téléphoné, ou plutôt il nous est livré avec (mal)adresse par l'auteur. Mais au moins ce livre nous aura tenu en haleine pendant les deux tiers de l'histoire.

Heureux sont ceux qui n'ont pas lu la chronique de Michèle Bernstein dans Libération du 13 janvier 1994. En deux lignes de présentation, ils ont la résolution de l'énigme servie sur un plateau. Un crime !

 

KONOP : Pas de kaddish pour Sylberstein. Série Noire N° 2335. Parution janvier 1994. 160 pages. 6,05€.

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 12:56

Bon anniversaire à Georges-Jean Arnaud, né le 3 juillet 1928.

G.-J. ARNAUD : Spoliation.

G.J. Arnaud est sans conteste l’un de nos meilleurs raconteurs d’histoires, sinon le meilleur, dépassant, sauf peut-être dans les tirages de vente, Serge Brussolo par sa production et son imagination.

Mais ce n’est que mon avis que je partage entièrement car Arnaud a tout exploré, sous son nom ou sous celui de pseudonymes divers, variés, exotiques même, de la littérature d’espionnage au policier, sous toutes ses formes ou presque, en passant par l’historique, la science-fiction au long cours, la science-friction appelée aussi érotisme, le fantastique, la biographie familiale, sauf peut-être le western et le cape et d’épée. Avec son nouvel ouvrage, G.-J. Arnaud renoue dans la veine de ses plus belles réussites, l’histoire banale et bancale de simples particuliers dans l’atmosphère confinée d’un appartement.

Spoliation débute dans cette ambiance particulière chère aux fantastiqueurs et utilisée à de nombreuses reprises par Arnaud, et quelques uns de ses confrères dont Brussolo, dans des romans comme Bunker Parano et autres où le suspense s’installe dès le prologue afin d’engluer le lecteur et le retenir dans ses rets.

Une vieille dame qui demeure seule dans un immense appartement qu’elle a scindé en deux, une partie qu’elle n’habite plus et qui recèle un trésor composé de vieux meubles, de vaisselle et bibelots anciens de valeur, et l’autre partie où elle vit dans un total dénuement.

Des squatters investissent la partie meublée et s’installent en toute impunité, vivant sans vergogne dans des lieux qui sont devenus une sorte de musée. La vieille dame est persuadée qu’il s’agit de fantômes, le retour d’une famille qu’elle a fort bien connu durant la dernière guerre mondiale. Deux des squatters, dénués de scrupules, se mettent en tête de revendre la lingerie à des receleurs et brocanteurs, mettant la main dans un engrenage infernal.

Daisy, la vieille dame, se lie d’amitié avec une des deux jeunes femmes occupant le logement abandonné, la confondant avec une de ses anciennes connaissances. Les deux enfants de Daisy, qui roulent sur l’or amassé par le père lors de la dernière guerre mondiale, et qu’elle ne voit qu’à de rares occasions et encore, n’apprécient guère l’intrusion de ces squatters. S’ensuit une histoire basée sur, comme le titre l’indique, une sordide affaire de spoliation durant la dernière guerre mondiale, mais l’intérêt ne réside pas en soi sur cet épisode tragique et vénal perpétré par des profiteurs.

 

C’est toute l’ambiance, l’atmosphère; le suspense, décrits par G.-J. Arnaud qui retiennent l’attention du lecteur.

Une œuvre dense, forte, entre fantastique et enquête historico-sociale par un auteur qui demeurera l’un des meilleurs représentants du roman populaire de la seconde moitié du XXème siècle, dans la lignée des Hugo, Sue et Balzac, qui est entre nous soit dit l’un de ses maîtres. Le talent de G.-J. Arnaud, même s’il a été long a être reconnu par les littéraires parce que l’auteur fournissait trop sous divers pseudonymes et dans des collections ou chez des éditeurs dont l’aura n’atteignait pas celle de collections plus “ intellectuelles ”, n’est plus à démontrer.

Pour preuve, alors que le Fleuve Noir se cherchait une nouvelle voie et avait tendance à délaisser ses vieilles gloires, Arnaud a fourni une série de très bons polars historiques chez l’Atalante et dans le giron du Masque.

 

G.-J. ARNAUD : Spoliation. Noirs grand format. Fleuve Noir. Parution novembre 2000. 266 pages.

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 11:29
Richard STEVENSON : La maison des périls

Je t'attendrais à la porte du garage ou Je tâte André à la porte du garage ? Telle est la question...

Richard STEVENSON : La maison des périls

Apparemment, l'homosexualité dans la littérature policière se révèle comme un bon filon pour les écrivains qui abordent ce phénomène avec sérieux.

Joseph Hansen nous avait déjà donné quelques bons textes dont Les ravages de la nuit, Gilbert Tanugi l'avait abordé via les traumatismes liés au Sida dans Gay, gay, Tuons-nous,au Fleuve Noir dans la collection Engrenages N°122, avec sérieux et humour morbide, de même que Dorothéa Bennett celui du couple dans Deux et deux font trois au Masque Jaune N°1765.

Dans La maison des périls, le personnage principal est homosexuel et détective, ou le contraire. D'ailleurs la plupart des protagonistes présentés le sont, homosexuels, mais il n'existe aucune provocation dans le récit. Aucune complaisance, aucun voyeurisme, aucune faute de goût, aucune moquerie, pas d'étalages ni d'excuses. Simplement des faits, des situations exposées impartialement, honnêtement, sans fioritures. Pas d'excès, ni dans un sens ni dans l'autre.

Donald Strachney est engagé par le directeur d'une société de centres commerciaux afin d'enquêter sur des actes de vandalisme perpétrés sur la maison de deux lesbiennes, parce que ces deux femmes refusent obstinément de vendre leur terrain à ce directeur.

Donald Strachney est donc chargé de dédouaner celui-ci et de découvrir le ou les coupables de ces actes délictueux. Or les victimes hébergent pour quelques jours des homosexuels qui effectuent une croisade pour recueillir des signatures, des adhérents et des fonds, voulant prouver que si l'homosexualité est mal considérée et les homosexuels des marginaux, ils ne sont pas pourtant autant isolés, et peuvent désorganiser l'économie d'un pays, le paralyser.

Mais l'un d'eux est enlevé, une forte rançon exigée et... le tout donne un excellent roman, au style alerte, à l'écriture rapide, qui jamais ne sombre dans le scabreux et jamais ne célèbre l'apologie d'une façon d'être, de se comporter.

Richard STEVENSON : La maison des périls (The over Hand, Death- 1984. Traduction de Jean-Bernard Piat). Série Noire N°2024. Parution novembre 1985. 320 pages.

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 13:24

Bon anniversaire à Gianni Pirozzi, né le 2 juillet 1968.

Gianni PIROZZI : Le quartier de la Fabrique.

Alors que la Yougoslavie est craquelée, morcelée, brisée, les forces de l’OTAN en ce mois d’avril 1999 lâchent leurs bombes sur le Kosovo, les civils étant les premiers bénéficiaires de ces cadeaux mortels.

Cette province, coincée entre l’Albanie, la Macédoine, La Bosnie, La Croatie, la Serbie, est la proie non seulement des belligérants de l’extérieur, mais également des dissensions à l’intérieur du pays. L’UCK, l’Armée de Libération du Kosovo, règle ses comptes envers ceux qu’elle considère comme des étrangers, des imposteurs. Les Roms, les Tziganes pourtant installés depuis des générations. Les églises orthodoxes et islamistes se contentent de se partager les fidèles de chaque camp.

Nous sommes loin de cette déclaration de foi : pour un Kosovo indépendant, laïque, multiethnique. L’UCK est en partie composée de mafieux, de miliciens assoiffés de sang, de haine, de vengeance, de cupidité. Ils ne furent pas les seuls à se conduire en sauvages. Ainsi en cette journée du 14 avril 1999, lorsque des forces serbes ont évacués les Roms du quartier de la Fabrique à Mitrovica, les embarquant dans des bus pour des destinations inavouables. Et lorsque les véhicules vinrent à manquer ils enfermèrent ceux qui restaient dans un gymnase, de nuit, allumant de gros projecteurs à l’extérieur du bâtiment, en les braquant vers le ciel, fournissant une cible parfaite pour l’aviation de l’OTAN qui bombarda l’édifice sans état d’âme, et sans perte.

Mais De Santis connaissait-il cet aspect lorsqu’il demanda à Rinetti et trois autres compagnons - Craven travailleur social, Paco et Franck, qui bénéficie d’un bon de sortie malgré ses antécédents de drogué - d’acheminer un stock d’armes, confisquées par les autorités hongroises à un convoi russe qui devait les livrer en Serbie et au Monténégro, à destination des Kosovars en lutte. Pour ce faire Rinetti muni d’une importante somme d’argent afin de régler les menues dépenses, matériels de transport et autres, et ses compagnons rejoignent Budapest endossant les habits d’une organisation humanitaire.

Si le début du voyage se déroule relativement bien, le reste ne sera pas de tout repos. Les tensions entre les hommes, particulièrement avec Franck en manque et hargneux, les rencontres de hasard, hasard qui ne fait jamais bien les choses, les incidents de toutes sortes, gangrènent ce circuit qui n’a rien de touristique.

 

Ce roman nous plonge au cœur de faits tragiques qui prennent une dimension que ne peut rendre les reportages télévisés. Assis quiètement dans son fauteuil, devant son écran, face à des images terribles certes mais souvent sorties de leurs contextes parce que le journaliste présentateur n’est pas véritablement sur le terrain, parce que l’envoyé spécial n’est pas impliqué dans le déroulement de l’action, le téléspectateur ne perçoit qu’une faible partie du drame qui est en train de se jouer.

D’autant que souvent les images peuvent être tronquées, ou favoriser un camp plus qu’un autre. Ici le lecteur suit les pérégrinations des protagonistes, est confronté aux drames, aux fourberies, aux tragédies, aux attentats, à tout ce qu’un peuple a pu subir avec une férocité incroyable.

Une leçon d’histoire dans laquelle se greffent d’autres exactions, sur le territoire français, le déménagement sans ménagement, avec brutalité par les forces de l’ordre, d’émigrés qui espéraient pouvoir trouver un minimum de liberté, de justice, de paix, de reconnaissance, d’accueil, de compréhension envers des communautés rejetées de partout. Mais également les problèmes familiaux de Rinetti qui n’a la garde de son gamin qu’à de brèves périodes. Un livre fort, poignant, qui longtemps trottinera dans la tête du lecteur.

Gianni PIROZZI : Le quartier de la Fabrique. Rivages/Noir N°756. Editions Rivages. Parution 12 novembre 2009. 346 pages. 9,15€.

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 12:25
Mark SCHORR : Un taxi pour Las Vegas

Mais le taxi n'est pas conduit par Hubert...

Mark SCHORR : Un taxi pour Las Vegas

S'il est un livre étonnant, c'est bien ce roman de Mark Schorr, nouveau venu à la Série Noire et dont une traduction précédente, Faut pas fantasmer comme ça (SN N°1973) nous présentait le héros.

Encore une histoire de détective privé, penserez-vous. Eh non et pourtant si !

Car Simon Jaffe, chauffeur de taxi new-yorkais, est un grand amateur romans policiers et de Pulps. Les Pulps, je le précise pour ceux qui n'ont pas connu cet âge d'or, les Pulps étaient des magazines bon marché des années 1920 à 1950, imprimés sur du mauvais papier élaboré à base de pulpe de bois, d'où leur nom, à la couverture criarde, et dans lesquels ont débuté bon nombre d'écrivains américains, tels que Raymond Chandler, Dashiell Hammett, William Campbell Gault, Carol John Daly, et bien d'autres.

Et peu à peu Simon Jaffe, notre héros, prend la personnalité de Red Diamond, détective mythique d'un de ces Pulps, et vit les aventures de ce personnage de nouvelles.

Atteint d'un dédoublement de la personnalité, il se coule dans la peau du rôle, et est amené à effectuer une enquête dans le milieu du jeu de Las Vegas.

 

Un taxi pour Las Vegas est truffé de clins d'œil et de références, et fait un peu penser à Bill Pronzini et son détective sans nom, le Nameless.

Un roman jubilatoire d'un auteur qui n'aura été traduit à la Série Noire que parcimonieusement, puisque, outre ce roman et Faut pas fantasmer comme ça, un troisième ouvrage sera traduit en janvier 1991 : L'œil était dans la bombe.

Mark SCHORR : Un taxi pour Las Vegas (Ace of Diamond - 1984. Traduction de Noël Chassériau). Série Noire N°2003. Parution mai 1985. 256 pages.

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 13:22
Mes 70 ans de Série Noire.

Depuis le 1er janvier, chaque jour, une chronique d'un roman paru en Série Noire depuis les débuts de la collection.

Si vous désirez lire la notule concernant un de ces titres, cliquez sur le titre, l'auteur ou tout simplement la ligne qui vous intéresse.

 

SN 104 : STARR Jimmy. Ma tête à couper.

SN 105 : PRATHER Richard E. Un strapontin au Paradis.

SN 111 : CURTIS James. Poids lourd.

SN 126 : HERRINGTON Lee. Minute, fossoyeur.

SN 154 : ADAMS Cleve F. L'arme à gauche.

SN 168 : CHABER M.-E. La saison du bourreau.

SN 189 : GAULT William C. Le suaire enchanté.

SN 207 : GOODIS David. Le casse.

SN 229 : THOMEY Ted. La machine à sous.

SN 230 : JACKSON Giles. Charmante soirée.

SN 244 : KEENE Day. En ménageant ma petite santé.

SN 237 : DUQUESNE André. Freudaines.

SN 265 : DOMINIQUE Antoine. L'archipel aux Gorilles.

SN 278 : DUQUESNE André. Une paire d'ailes au vestiaire.

SN 339 : SABER Robert O. Le tango des alambics.

SN 345 : KEENE Day. Le canard en fer-blanc.

SN 361 : WHITTINGTON Harry. T'as des visons ?

SN 386 : BREWER Gil. Mâtinés de Zoulous.

SN 397 : DOMINIQUE Antoine. Le Gorille et les Pelouseux.

SN 405 : ROHDE William L. Interdit aux nomades.

SN 413 : FINNEY Jack. En double.

SN 436 : KEENE Day. Deuil Immédiat

SN 469 : WHITTINGTON Harry. Faut ça craque.

SN 479 : CONROY Albert. Coups de gomme.

SN 480 : KERSH Gerald. Les forbans de la nuit.

SN 527 : CANNON Curt. Faites donner le Cannon.

SN 539 : KEENE Day. Vice sans fin.

SN 540 : QUARRY Nick. Suivez-moi, jeune homme.

SN 542 : MacPARTLAND John. Bonjour Maffia !

SN 615 : BROWN Carter. La tournée du patron

SN 639 : GAULT William Campbell. Une riche nature.

SN 654 : CAILLOU Alan. Conspirons !

SN 660 : TRACY Don. La vape.

SN 670 : LATOUR Pierre. Accidenti !

SN 671 : KEENE Day. Change pas de disque !

SN 688 : ERLICH Jack. Un moment de faiblesse.

SN 691 : GOODIS David. Les pieds dans les nuages.

SN 718 : FLYNN J M. Ça sent le gaz !

SN 720 : GAYLORD Otis H. La chute d'un caïd.

SN 729 : KANE Henry. Ami à Miami.

SN 739 : SHECKLEY Robert. Chauds, les secrets !

SN 748 : WAUGH Hillary. Feu, l'épouse de Monsieur.

SN 787 : FITZGERALD Kevin. Un trône de baïonnettes.

SN 796 : WORMSER Richard. Bons baisers, à mardi !

SN 824 : JUDD Harrison. Les ailes de la peur.

SN 834 : CLIFTON Bud. Le spécialiste.

SN 885 : STARK RIchard. Pour l'amour de l'or.

SN 912 : GAULT W. C.. Il court, il court...

SN 931 : DAVIS Mildred. La Chambre du haut.

SN 937 : BRALY Malcolm. La neige était noire.

SN 949 : FLEISCHMAN A.S. Gardez-vous à Gauche !

SN 963 : CUNNINGHAM E.V. Tu peux crever !

SN 975 : BROWN Carter. On demande une victime.

SN 1016 : DELAMARE Maxime. Quadrille aux Antilles.

SN 1020 : CAREY Michael. Un poulet à frire.

SN 1032 : BLACKER Irwin R. Du rif à l'échelon.

SN 1037 : BALLINGER Bill. Le cirque de Pékin.

SN 1053 : DELAMARE Maxime. O.T.A.N. pour les crosses.

SN 1067 : McSHANE Mark. Le rideau de brume.

SN 1098 : ADAMS Clifton. La loi du flingue.

SN 1120 : BALLINGER Bill S. En Java.

SN 1124 : DELION Jean. Pouce !

SN 1145 : DELION Jean. Chérie froide.

SN 1146 : HOGAN Ray. Le mort sur un cheval noir.

SN 1149 : BROWN Carter. La veuve aux yeux secs.

SN 1160 : JAMES Bréni. La grande lessive.

SN 1180 : DELION Jean. Les espions ont soif.

SN 1181 : DAVIS Christopher. Le déterré.

SN 1198: THOMAS Ross : Suicidez-moi !

SN 1202 : O'HARA Patrick. J'ai pas de frangin !

SN 1208 : LAMBESC Michel. La horse.

SN 1242 : FAIRMAN Paul W. L'échelle de verre.

SN 1267 : ADAMS Clifton. Un foutu métier.

SN 1285 : FRANCIS Dick. Forfaits.

SN 1311 : BROWN Carter. La vipère du Manoir.

SN 1314 : WEEKS Jack. On caracole aux Caraïbes.

SN 1361 : MARTIN Troy Kennedy & WASCHLIN Ken : L'or se barre.

SN 1362 : SPANN Weldon. Chasseur à gages.

SN 1366 : POWELL Talmage. La fille en cage.

SN 1369 : WESTON Carolyn. Casse-gueule au Tiers-Monde.

SN 1379 : SPANN Weldon. A bas la quille.

SN 1380 : MALING Arthur. Les crocs de l'agneau.

SN 1399 : GEX André. Week-end à Carthagène.

SN 1444 : LOCKRIDGE Richard. La mort du prêcheur.

SN 1447 : ORIANO Janine. Au veuf hilare.

SN 1474 : ASHFORD Jeffrey. Piège à flics.

SN 1494 : FERGUSON Anthony. Les embrouilles de Gulliver.

SN 1501 : AMILA Jean. Contest-flic.

SN 1518 : BLEEK Oliver. Confidences mortelles.

SN 1527 : VALLET Raf. Mort d'un pourri.

SN 1528 : JACKS Jeff. Sortie des médiums.

SN 1559 : AMILA Jean. Terminus Iéna.

SN 1571 : ESSER Richard. Rallye missiles.

SN 1576 : COTLER Gordon. Derrière la grille.

SN 1577 : CRAIG David. Alerte à la fraîche.

SN 1592 : SADLER Mark. Je te plumerai...

SN 1604 : GARDNER Erle Stanley. Le témoin en colère.

SN 1606 : CONROY Al. Soldato.

SN 1607 : MITCHELL Scott. Furie à Babylone.

SN 1612 : GARDNER Erle Stanley. L'hirondelle éplorée.

SN 1614 : CONROY Al. Comme il y va !

SN 1619 : Mark McSHANE. Fluides

SN 1622 : GEX André. M.I.R.

SN 1625 : CANNING Victor. L'oeil incandescent.

SN 1672 : HENSLEY Joe L. Un été pourri.

SN 1711 : ERRER Emmanuel. L'envol des corneilles.

SN 1744 : KENRICK Tony. Heureux les condamnés !

SN 1752 : RIFKIN Shepard. Crépuscule de sang.

SN 1758 : DEUTSCH Arthur V. La java du poulet.

SN 1768 : WILES Domini. Les pas beaux.

SN 1778 : FRANCIS Dick. A la cravache !

SN 1781 : LUARD Nicholas. Piège pour un frimant.

SN 1798 : SULLIVAN Tim. La ballade des diamants perdus.

SN 1804 : PAGE Jake. La case de l'oncle Tomahawk.

SN 1818 : PARKER Robert. Ramdam-dame.

SN 1844 : AMILA Jean. Le pigeon du faubourg.

SN 1949 : JONQUET Thierry. Mygale.

SN 2000 : JONQUET Thierry. La bête et la belle.

SN 2003 : SCHORR Mark. Un taxi pour Las Vegas.

SN 2007 : AMILA Jean. Au balcon d'Hiroshima.

SN 2011 : KRISTY Eric. Pruneaux d'agents.

SN 2015 : KAMINSKY. Le toutou du président.

SN 2017 : CONIL Philippe. Le treizième môme

SN 2018 : FRIEDMAN Mickey. La Grande Roue de Brahma.

SN 2002 : FOSSAERT Frédéric. Prouvez-le !

SN 2019 : WAINWRIGHT John. Le bois de justice.

SN 2024 : STEVENSON Richard. La maison des périls.

SN 2025 : MARIE & JOSEPH. La grande arpente des champs d'en bas.

SN 2026 : HANSEN Joseph. Les ravages de la nuit.

SN 2030 : Mac GILL Gordon. Un mauvais moment à passer.

SN 2031 : PRONZINI Bill. Fantômes en flammes.

SN 2032 : TOPIN Tito. Shanghaï Skipper.

SN 2033 : EARLY Jack. La mort dans l'art.

SN 2034 : DEMURE Jean-Paul. La belle dame dans un violon.

SN 2037 : KINNET Paul. La Tour, prends garde !

SN 2045 : COLLINS Max Allan. Un flingue peut en cacher un autre.

SN 2059 : LION Julius A. Poulets et perroquets.

SN 2066 : JONQUET Thierry. Le manoir des immortelles.

SN 2075 : POSLANIEC Christian. Punch au sang.

SN 2107 : KRISTY Eric. Circulez !

SN 2108 : JANCE J.A. La chasse aux nymphettes.

SN 2110 : COLLINS Max Allan. La polka des polluants.

SN 2111 : GELLER Michael. Faux cracks et vrais tocards.

SN 2113 : MULLER Marcia & PRONZINI Bill. Où sont les trésors d'antan ?

SN 2115 : FOSSAERT Frédéric. Touche pas à ma cible.

SN 2117 : ALBERT Marvin. Descends à Babylone.

SN 2118 : MARTIN Lee. La foire aux poupons.

SN 2119 : OPPEL. Barjot !

SN 2122 : LUTZ John : Ça sent le brûlé.

SN 2123 : KAMINSKY Stuart. La case de l'oncle atome.

SN 2126 : JANCE J.A. Coups de pompes.

SN 2127 : COLLINS Max A. Ça sent la rousse.

SN 2129 : JANCE J.A. On picole sec !

SN 2130 : MARIE & JOSEPH : Le petit roi de Chimérie.

SN 2131 : SERAFIN David. L'assassinat des Canaries.

SN 2134 : A.D.G. C'est le bagne !

SN 2136 : ALBERT Marvin. Les dents longues.

SN 2139 : SANGSTER Jimmy. Un mouroir de poche.

SN 2143 : ALBERT Marvin. Le tombeau de dernier sourire.

SN 2144 : LECAS Gérard. Overdrive

SN 2145 : McINERNY Ralph. Des victimes à la pelle.

SN 2147 : BELSKY Dick. Où va-t-elle chercher tout ça ?

SN 2148 : ESTLEMAN Loren D. Tous des tricheurs !

SN 2149 : KENNEALY Jerry. Solo de Polo.

SN 2150 : ELLENA Yves. Prêcheur en eau trouble.

SN 2153 : MARIE & JOSEPH : Le crime de la rue du ciel.

SN 2155 : LION Julius A. N°5 Paysage.

SN 2156 : WHITE Teri. Quand faut y aller...

SN 2159 : CRAIS Robert. Prends garde au toréador.

SN 2160 : PETIEVITCH Gérald. La rançon du plus fort.

SN 2162 : JOHNSON Emil Richard. Le gang des éclopés.

SN 2163 : PARKER Robert B. Rose sang.

SN 2167 : BENACQUISTA Tonino. La maldonne des sleepings.

SN 2168 : LUTZ John. Les Contes de l'Amère Loi.

SN 2169 : JANCE J.A. Dent pour dent.

SN 2173 : DELTEIL Gérard. Riot Gun.

SN 2180 : JOLY François. Be-Bop à Lola.

SN 2200 : ALBERT Marvin. La Sœur de Minuit.

SN 2206 : COLLINS Max Allan. Le Boucher de Cleveland.

SN 2208 : LION Julius A. Les corbillards reviennent à vide.

SN 2213 : DELTEIL Gérard. Balles de charité.

SN 2215 : BIALOT Joseph. La nuit du souvenir.

SN 2218 : BENACQUISTA Tonino. Trois carrés rouge sur fond noir.

SN 2219 : STERN Richard Martin. Sang pour sang.

SN 2220 : SYREIGEOL Jacques. Vendetta en Vendée.

SN 2233 : CHASTAIN Thomas. Le retour de Perry Mason.

SN 2236 : ALBERT Marvin. Le paradis des poulettes.

SN 2252 : GOULART Ron. La chasse à la BD.

SN 2255 : DELTEIL Gérard. La confiance règne.

SN 2294 : FONTENEAU Pascale. Confidences dans l'escalier.

SN 2297 : PICOULY Daniel. NEC.

SN 2301 : ALBERT Marvin. Un démon au paradis.

SN 2302 : LEON Pierre. Comme de la peste.

SN 2305 : FETIS Laurent. Le mal du double Bang.

SN 2308 : DAVID Eva. Cavale.

SN 2309 : BOCQUET José-Louis. Sur la ligne blanche.

SN 2311 : LECAS Gérard. Le syndrome du volcan.

SN 2313 : JONQUET Thierry. Les orpailleurs.

SN 2328 : FETIS Laurent. Chien-froid.

SN 2332 : THIEBAUT Olivier. L'enfant de cœur.

SN 2334 : PAVLOFF Franck. Le vent des fous.

SN 2335 : KONOP. Pas de kaddish pour Sylberstein.

SN 2353 :ARAV Eliane K. Le penseur de Vallorbe.

SN 2362 : GOINES Donald. Vendeurs de mort.

SN 2363 : CASTAING Frédéric. J'épouserai plutôt la mort.

SN 2364 : JONQUET Thierry. La vie de ma mère !

SN 2370 : IZZO Jean-Claude. Total Khéops.

SN 2403 : BLOCK Lawrence. Le voleur qui aimait Mondrian.

SN 2409 : MESSAGER Mat. Le Truc.

SN 2411 : PRUDON Hervé. La Revanche de la Colline.

SN 2412 : GÖHRE Frank : La nuit de St Pauli.

SN 2418 : PRUDON Hervé. Vinyle Rondelle ne fait pas le printemps.

SN : 2419. DIEZ Rolo. L'effet tequila.

SN 2426 : CASTAING François. Ça va ? ça va.

SN 2428 : COLLINS Max Allan. Loterie en noir et blanc.

SN 2434 : PELLERIN M.A. La bourde.

SN 2435 : PECHEROT Patrick. Tiuraï.

SN 2438 : PREUSS Serge. Le programme E.D.D.I.

SN 2439 : LE CORRE Hervé. Les effarés.

SN 2442 : Collectif. Les 13 morts d'Albert Ayler.

SN 2474 : FACON Roger. La crypte.

SN 2502 : FREMION Yves. Le tueur.

SN 2503 : BIALOT Joseph. Route story.

SN 2556 : PERRIN Jean-Pierre. Chiens et louves.

SN 2632 : THIBERT Colin. Noël au balcon.

SN 2653 : VILLARD Marc. Rebelles de la nuit.

SN 2701 : VERDET Gilles. Une arrière-saison en enfer.

SN 2722 : MARTIN Laurent. La tribu des morts.

BLOCK Lawrence. Balade entre les tombes.

POUY Jean-Bernard : Tout doit disparaître.

Sup. N. 1 : VALLET Raf. Adieu poulet !

Sup. N.24 : GAGE Nicholas. Du vent dans les toiles.

Sup N 35. KENRICK Tony. Trois petits soldats.

Sup N 95 : MARSHALL William. Hong-Kong Blues.

 

La Noire.

CREWS Harry : La malédiction du Gitan.

DIEZ Rolo : Vladimir Ilitch contre les uniformes.

GOINES Donald : Ne mourez jamais seul.

 

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Published by Oncle Paul - dans Spécial Série Noire
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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 13:06
Donald GOINES : Ne mourez jamais seul

A deux c'est mieux ?

Donald GOINES : Ne mourez jamais seul

Ecrivain Paul Pawlowski, vivote dans un quartier à prédominance noire.

Digne, d'origine polonaise et Juif par sa mère, il se refuse à écrire n'importe quoi pour assurer sa pitance. Sa rencontre avec le directeur de l'Evening Star, journal raciste vendu principalement dans le Sud des Etats-Unis, se clôt par un claquement de porte.

Dans le bar situé en face de chez lui, David King dit King Cobra, fête ses retrouvailles avec New-York. Il a dû s'exiler pendant des années en Californie afin d'échapper à ceux qu'il avait floué. Aujourd'hui il revient, une bonne poignée de dollars en poche. Il contacte Moon, à qui il avait extorqué cinq cents dollars, et il promet de rembourser, intérêts compris.

Moon, caïd à la rancœur tenace envoie au rendez-vous deux de ses hommes afin de récupérer l'argent. Il s'est juré de venger l'affront, et Mike, dont la mère a été spoliée par King, se propose d'achever le travail. En compagnie de Blue et de sa sœur Edna qui va lui servir de rabatteuse, Mike agresse King dans sa voiture et le blesse mortellement. Seulement tout ne s'est pas déroulé à la perfection.

Blue est gravement grièvement atteint, et les deux compères prennent la fuite à bord d'une voiture conduite par Edna. Pawlowski a assisté à l'algarade et emmène King à l'hôpital. King décède mais auparavant il a le temps de léguer au Juif Polonais sa mallette, sa voiture, son portefeuille et un carnet intime.

 

Donald Goines a vécu et est mort comme les protagonistes de son roman, le quinzième et ultime. Drogué, proxénète, truand et trafiquant, il est mort en 1974 truffé de plomb chez lui par des inconnus.

Et si ce livre porte le label de roman, on peut considérer qu'il comporte une grande part d'autobiographie.

Goines n'est pas tendre envers ses congénères et dénonce ce par quoi il a péché. Lui-même de race noire, il pourfend ceux qu'il met en scène avec un certain sadomasochisme. Les rares Blancs qui gravitent dans l'histoire portent en eux un lourd héritage difficile à assumer.

Une touche pathétique imprègne toutefois ce roman. Nancy, la chanteuse de blues, cataloguée comme alcoolique, n'a jamais su saisir sa chance à cause justement de sa propension à boire. Elle s'est achetée une conduite et peut raisonnablement penser que Moon va l'aider à enregistrer un disque. Hélas, il est plus facile de tomber dans le ruisseau que d'en sortir.

 

Donald GOINES : Ne mourez jamais seul

Donald GOINES : Ne mourez jamais seul (Never die alone. Traduction de Lili Sztajn). Collection La Noire. Gallimard. Parution mars 1993. 160 pages. 11,15€. Réédition Folio Policier N°32. Parution novembre 1998. 192 pages. 6,40€.

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 12:35

La solitude, ça n'existe pas... Quoique...

David LECOMTE : Soli†udes.

Sitôt les cours de la Fac de Lille 3 terminés, Lucille se précipite chez elle. Elle pourrait traîner avec ses ami(e)s et surtout Fadel, mais elle est pressée. Un en-cas rapidement pris, une douche express et vite elle allume son ordinateur et attend les correspondants. Car Lucille possède ses admirateurs, des fidèles, mais également des hommes de passage, qui se délecte à la voir habillée en nuisette puis se caresser la seins, et tant qu'on y est le bas ventre. Elle se prétend Russe, et le client qui vient de se brancher ce soir là parle musique et fleurs. Lucille toute à la pensée de pièces d'argent tombant dans le bocal de ses économies se prend au jeu, et bientôt elle se sent pénétrée. Ca fait mal et du bien en même temps. Elle hurle, les voisins tentent d'ouvrir sa porte. En vain. Son correspondant caché sous un nom d'emprunt est un jeune homme solitaire, noir de cheveux, entouré de fleurs sauvages et magnifiques.

La police est prévenue et aussitôt le commissaire Frédéric Lutgen arrive sur place pour constater les dégâts. La jeune fille est allongée, morte, une perruque blonde près d'elle et l'ordi allumé avec la webcam en position de marche. Un crime qui ressemble fort à un meurtre en chambre close, car les forces de l'ordre ont dû employer la manière forte pour fracasser la porte.

 

Depuis trois mois Jérémie Bauchelart n'a pas revu Nadia. Après les incidents qui se sont déroulés, ses parents ont préféré la confier à un établissement privé en pension complète. Jérémie poursuit ses études cahin-caha et les cours terminés il se calfeutre dans sa chambre, entouré de fleurs qui poussent et meurent successivement. Sa grand-mère et ses amis, Martin l'huissier à la retraite et les deux circassiens, s'inquiètent pour lui.

 

Chloé et son enfant sont détenus depuis quelques mois dans un établissement dit psychiatrique. Elle ne sait pas trop où elle est enfermée. Elle n'est pas maltraitée mais ce séjour lui pèse.

 

Nous retrouvons les personnages qui évoluaient dans L'Œuvre de Sang et dans Echoes dans de nouvelles aventures ou dans des situations qui évoluent de façon dramatiques.

Les amours juvéniles et contrariées de Jérémie et Nadia, l'enquête sur la mort de Lucille débouchant sur des connexions avec Jérémie et ses pouvoirs, les tribulations de Chloé trimballée de l'établissement où elle est enfermée vers d'autres lieux, l'énigmatique Etienne Formose dont enfin on fait la connaissance et surtout le rôle joué dans cette histoire, plus quelques développements complémentaires font de cette histoire fantastico-policière un régal de lecture.

Plus dense que les Stephen King, plus court, plus mouvementé, plus vivant, et peut-être imbriquant plus d'interactions entre les différents personnages et les avanies qu'ils subissent, ce dernier opus nous laisse cependant avec un goût d'inachevé et gageons que ce qui était annoncé comme une trilogie deviendra, afin de satisfaire les lecteurs, une tétralogie. Et David Lecomte démontre que certains auteurs émergeant français peuvent rivaliser sans complexe avec les romanciers américains portés au pinacle grâce à l'activité éditoriale. Il ne leur manque juste qu'une visibilité sur les étals des libraires, souvent frileux lorsqu'ils sont édités par de petites structures.

Chaque volume se lit indépendamment les uns des autres, mais il est préférable toutefois de débuter par L'œuvre de sang, afin de mieux appréhender les différents personnages et la complexité de leurs relations.

 

David LECOMTE : Soli†udes. (L'oeuvre de sang 3). Editions Fleur Sauvage. Parution le 26 août 2014. 240 pages. 16,80€.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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