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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 08:33
Jean Pierre BASTID : Notre-Dame-des-Nègres.

Pour fidèles de race blanche ?

Jean Pierre BASTID : Notre-Dame-des-Nègres.

28 février. Mardi-Gras. Le journaliste Johann Usbek rejoint Paris par les égouts où il s'est réfugié.

Il transporte avec lui des documents secrets et un magnétophone. Pourchassé par des miliciens il se réfugie dans un vestiaire réservé aux égoutiers et entreprend de narrer sur cassette ses récentes mésaventures. Il termine à peine sa dictée que le commissaire Ben M'hdi et ses hommes font irruption. Son magnéto est confisqué ainsi que les documents. Puis le commissaire téléphone en haut lieu, à Lapeyrouse, lui signifiant que le fuyard vient d'être abattu et que les papiers sont détruits. Puis il se rend chez son correspondant et les deux hommes écoutent l'enregistrement réalisé.

Sous l'identité d'un certain docteur Mercoeur, Usbeck quitte sa famille et traverse la frontière. En route il recueille à bord de son véhicule Mélanie, une jeune femme noire et apeurée qui disparait à leur arrivée à Paris. Il a le temps de lui donner ses coordonnées.

 

La France est sous la domination d'un gouvernement fasciste qui traque les marginaux, noirs et SDF, aidé par l'armée, des vigiles et des particuliers unis sous le sigle PPP : Pour un Peuple Purifié. Usbek doit interviewer le ministre de l'économie mais il se sent constamment surveillé. Fabienne, une policière, lui sert de guide. Il récupère au cours d'un incident un badge sur lequel figure l'inscription "Notre-Dame des Nègres". Il s'agit d'une chanteuse prisée par les allochtones, c'est à dire les Nègres. Mélanie, réfugiée dans la chambre d'Usbek, lui demande de l'aider.

Tandis que des attentats secouent la capitale, il est invité à une soirée. Il rencontre Lapeyrouse, le numéro 2 du ministère de l'Intérieur, le commissaire M'hdi et un nommé Alban qu'il catalogue comme deuxième garde du corps. Lapeyrouse l'appelle par son véritable patronyme. Fabienne est assassinée dans le parking de l'hôtel et Mélanie portant perruque se substitue à la policière. Elle conduit Usbek dans un pavillon de banlieue où il fait la connaissance d'hommes d'affaire en vue, des Noirs. La villa est envahie par des miliciens commandés par Alban.

Mélanie peut s'enfuir, Usbek est assommé et les autres assassinés. Evello, l'organisateur de la soirée à laquelle il a assisté lui conseille de contacter Alban, directeur d'une boîte de nuit où travaillait une strip-teaseuse du nom de Notre-Dame des Nègres. Elle a disparu, devenant le chef des terroristes. Pensant à sa fille, Usbek achète un ours en peluche. Il découvre dans sa chambre un dossier dans lequel est consigné tout ce qui se trame. Une véritable Saint Barthélémy des miséreux. Il effectue des photocopies, glisse le dossier dans la peluche et expédie le tout en Suisse via le consulat. A la boîte de strip-tease Alban lui indique qu'il peut retrouver Notre-Dame à un meeting. Après quelques difficultés, il assiste à la réunion houleuse et perturbée par des activistes qui sèment le sang et la mort.

 

Avec la description d'une France en proie à crise et à la montée du chômage, du regroupement familial des étranges, de la recrudescence de la petite délinquance, et des conséquences qui en découlent, fracture, exclusion, repli sur soi des autochtones, Jean-Pierre Bastid tenait un sujet d'actualité qu'il transpose dans le temps avec un certain paroxysme.

Seulement les promesses du début ne se concrétisent pas et le roman sombre dans un ronron que seul l'épilogue parvient à sauver de l'ennui, jouant sur la duplicité des hommes à la solde du pouvoir et leurs ambitions. On trouvera parmi les personnages un certain Francisque de Villiers, mais ce n'est pas le plus important.

Jean Pierre BASTID : Notre-Dame-des-Nègres. Série Noire N°2431. Editions Gallimard. Parution septembre 1996. 304 pages.

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 09:11

Lorsque le Futur est déjà dépassé...

Maurice LIMAT : Les Foudroyants.

La collection Anticipation du Fleuve Noir était sous-titrée : La Réalité de Demain. Et Maurice Limat, pour ce roman publié en 1960, plaçait son intrigue en 1998. Soit pour l'époque un délai raisonnable d'anticipation de quatre décennies. Seulement en 2015, les avancées technologiques, scientifiques, médicales ont-elles été réalisées, voire dépassées ?

 

L'orage éclate dans la forêt de Senlis et tandis que Martine prépare sous la tente le repas, Ric et René partent chercher de l'eau. En cet été finissant de l'année 1998, il est amusant de renouer avec la nature et de se comporter comme des primitifs. Enfin Ric et René reviennent en courant sous la pluie lorsque soudain la foudre atteint les deux garçons.

Martine est éblouie mais parvient à distinguer René qui est couché évanoui près d'un grand orme. De Ric, plus rien, sauf un tas de vêtements gisant sur l'herbe détrempée. Ric, son fiancé, a disparu. Et elle croit devenir folle lorsque René, sortant de son léthargie se redresse et arbore sur ses pectoraux l'image de Ric.

Ce qu'elle ignore, tout comme René ainsi que les vigiles qui viennent à leur secours, c'est que Ric est vivant, mais n'est plus qu'un ectoplasme. Il voit, il pense, mais il est devenu invisible et ne peut s'exprimer.

Au siège de l'Interplan, c'est à dire la Police Interplanétaire, le pendant d'Interpol, Lepinson le chef suprême de l'organisation est en colère. Non pas envers Robin Muscat qui navigue à bord d'un stratonef et avec lequel il communique mais parce que celui-ci était sur une mission concernant des pierres radioactives à Madagascar, et qu'il a fallu interrompre l'enquête en cours pour s'occuper d'un cas insensé. Selon ces messieurs du gouvernement, Ric aurait été enlevé par des Mercuriens, ou des kidnappeurs venus d'une autre planète.

Pour Lepinson, il s'agit d'une affaire banale, mais Robin Muscat n'en est guère persuadé. Aussi il se rend chez la jeune Martine afin de se renseigner sur la disparition étrange de son fiancé. Il l'appelle par l'audiophone électronique, mais la demoiselle l'éconduit, probablement en proie à une émotion violente. Robin Muscat ne se démonte pas et s'introduit dans l'immeuble de belle facture. Sur le palier il entend des voix, la télé peut-être pense-t-il, toutefois le rythme est haché. Le voyant lumineux, posé près de la porte d'entrée et indiquant si le visiteur peut ou non entrer, clignote de façon bizarroïde : Rouge - Néant - Rouge - Rouge - Néant... Comme s'il s'agissait d'un message en Morse, mais provenant d'une interférence électrique.

Soudain il entend Martine qui s'exprime d'une voix affolée, demandant à un interlocuteur de la laisser, de partir... Il entre mais Martine est seule dans la pièce. Il se fait connaître et il essaie d'amadouer la jeune femme qui lui propose un ztax, un whisky martien. Il parle d'un ton détaché, parvient à endormir quelque peu la méfiance de la jeune femme et aperçoit sur une table un stylo et une feuille de papier sur laquelle s'allongent une série de points et de tirets. Il s'agit bien d'une écriture en Morse Voretz, une variante de l'Espéranto pour le langage parlé. D'étranges manifestations se produisent dans l'appartement et des appareils électriques paraissent déréglés. Ce ne sont que des messages comme ceux qu'a interceptés Robin lors de son attente sur le palier. Il se demande pourquoi un châle est posé sur le téléviseur. Il découvre alors que sur l'écran en relief-color se profile le buste de Ric qui peu à peu s'efface.

L'ectoplasme tente de revenir et Martine est complètement affolée. Robin se rend compte alors que sur un meuble trône une photo de Ric. Seulement le visage est entièrement calciné. Les autres photos que possèdent la jeune femme ont subi le même sort.

D'autres manifestions étranges se produisent dans la Cité éblouissante, surnom de Paris, et René subit des attaques d'une entité inconnue. En compagnie du docteur Stewe, un savant, et du professeur Mac Grégor, Robin Muscat enquête sur ces phénomènes et les résultats qu'il en tire va les conduire jusque sur Vénus qui a été colonisée.

 

Insensiblement le roman passe de la science-fiction, de l'anticipation proche, vers un fantastique plus prononcé lorsque les protagonistes se retrouvent sur Vénus.

Anticipation proche et même dépassée puisque nous sommes en 2015 et l'action est sensée se dérouler en 1998. Mais ce qu'imaginait Maurice Limat en 1958 en matière de technologie s'est-il concrétisé ?

L'aérodrome du Bourget est transformé en Astrodrome et la Lune, Mars et Vénus sont devenues des satellites et des planètes régulièrement fréquentées et colonisées. Dans la vie courante, les téléviseurs sont en couleurs et relief, ce qui est une avancée technologique si l'on compare à  la 3D actuelle réservée pour les films. Les citoyens se déplacent en électrauto, les policiers comme Robin Muscat sont munis d'atomiseurs de poche, tandis que l'armée et la police terrienne ont fusionné pour devenir une milice.

Nous sommes donc loin des améliorations et des inventions imaginées par Maurice Limat mais nous nous en approchons petit à petit.

Un roman extrêmement plaisant à lire, même si en tenant compte de la date proche au cours de laquelle Maurice Limat plaçait son intrigue, on se rend compte qu'il y a encore du chemin à faire et des progrès à accomplir. Dans certains domaines, bien évidemment. Le lecteur n'est pas perdu dans cette narration, les personnages n'ayant pas de noms baroques, bizarres ou imprononçables et la vie quotidienne est quasiment celle que nous vivons actuellement.

 

De Maurice Limat, découvrir également :

Ce roman est disponible sous format E. book chez Rivière Blanche :

Maurice LIMAT : Les Foudroyants. Collection Anticipation N°164. Editions Fleuve Noir. Parution 3e trimestre 1960. 192 pages.

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 08:14
Stuart KAMINSKY : Fantasia à l'Opéra.

Un monde différent de Fantasia chez les ploucs...

Stuart KAMINSKY : Fantasia à l'Opéra.

Décembre 1942. Les Etats-Unis sont en guerre contre le Japon et tout ce qui possède un rapport quelconque avec l'Empire du Soleil Levant est très mal vu par une grande partie de la population américaine.

Ainsi, à San Francisco, dans l'ancien opéra qui vient d'être rénové, doivent se dérouler quelques représentations de Madame Butterfly de Puccini, dirigées par Léopold Stokowsky.

Les Patriotes Eclairés, une poignée d'hommes et de femmes, défilent devant le bâtiment, brandissant des pancartes hostiles à ces représentations jugées scandaleuses et provocatrices.

Ce ne serait qu'une simple péripétie si l'un des employés n'était mort en tombant d'un échafaudage. Accident ou meurtre ? Allez donc savoir. Les coïncidences ont parfois bon dos. D'autant qu'une lettre de mise en garde, au contenu sans équivoque, est retrouvée clouée sur une porte. En guise de signature : Erik, homonyme du fameux fantôme de l'opéra.

Toby Peters, une vieille connaissance, qui a été recommandé à Léopold Stokowsky par Basil Rathbone, est invité à enquêter dans ce milieu qu'il ne connait guère.

Les tentatives d'assassinats se succèdent et Peters est obligé de faire appel à ses amis, une équipe de farfelus certes, mais dont le concours s'avère précieux.

 

Stuart Kaminsky nous avait habitué à mieux et Toby Peters s'empêtre quelque peu dans cette enquête. Les ficelles sont grosses et les coïncidences par trop flagrantes.

Cependant quelques scènes sauvent le récit d'une certaine langueur. Ce n'est pas un raté, juste un léger couac, dans un roman dont l'orchestration laisse à désirer.

Dans la prochaine aventure de Toby Peters, ce devrait être Salvador Dali en personne qui devrait être son client. Un personnage haut en couleurs s'il en est et Peters devrait être confronté à une enquête particulièrement excentrique.

 

Stuart KAMINSKY : Fantasia à l'Opéra. (Poor Butterfly - 1990. Traduction d'Olivier Vovelle). Série Noire N°2278. Parution septembre 1991. 256 pages.

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 08:59
Jean-Bernard POUY : La Belle de Fontenay.

Aucun rapport avec la dame aux chapeaux et aux miss...

Jean-Bernard POUY : La Belle de Fontenay.

D'origine espagnole, Enric Jovillar vit dans la proche banlieue parisienne et tel Candide, il cultive son jardin choisissant soigneusement sa semence de pommes de terre, de préférence de la Belle de Fontenay.

Orphelin, il a reçu à neuf ans, en pleine guerre d'Espagne, une balle dans la tête, ce qui l'a rendu sourd. Depuis, pour compenser, il a perdu volontairement l'usage de la parole.

Après une vie chaotique et bien remplie, il n'aspire qu'à une retraite paisible. Anarchiste au grand cœur, il se vautre dans le calme et le silence. Le mardi, jour sacré, il rejoint ses copains et tape la belotte. Lorsqu'il fait beau, Laura, une jeunette fréquentant le lycée Jules Romains, s'installe sur son carré de pelouse et se laisse béatement bronzer, tandis qu'il sarcle, bine, surveille ses plants de pomme de terre et ses tomates.

Un jour, fini la tranquillité. Son jardin est envahi par des policiers, le commissaire Gaillet en tête. Dans le tonneau où Jovillar recueille l'eau de pluie, l'eau précieuse des plantes, les pandores repêchent le cadavre de Laura. Dix-sept ans, la fleur de l'âge.

Jovillar est immédiatement soupçonné, ses antécédents ne plaidant pas en sa faveur. Et que voulez-vous répondre à des flics qui ne veulent pas vous entendre, lorsqu'on est sourd et muet !

Alors l'anar bucolique et patatophile décide d'enquêter en marge de la police officielle qui a été obligée de le relaxer grâce à un alibi en béton et inopiné.

Jovillar, en côtoyant les lycéens, les adolescents, les amis de Laura, ses professeurs, piétine de nombreuses plates-bandes, suit un chemin bordé de ronces et débouche sur un champ d'ortie. De quoi faire rager un jardinier méticuleux qui n'apprécie pas qu'on lui raconte des salades.

 

Sous des dehors bourrus, pince sans rire, Jean-Bernard Pouy recèle une grande sensibilité. Une qualité et un état d'esprit que l'on retrouve dans ses romans s'inscrivant en marge des modes.

Mais c'est également un iconoclaste qui n'hésite pas à mettre les pieds dans le plat et l'épilogue de La Belle de Fontenay n'étonnera pas ceux qui ont apprécié son précédent roman à la Série Noire, Le cinéma de papa.

Il subsiste en Jovillar, son héros, quelques miettes de juvénilité ainsi qu'une pointe de superstition. Son plaisir est de lire les conseils, suggestions, maximes et autres sentences, sur les gaufrettes craquantes, délices de son enfance.

Jovillar a également la phobie des fautes d'orthographe et il ne se prive pas de faire remarquer leurs erreurs à ses interlocuteurs, surtout si ceux-ci lui déplaisent. Ah, si l'imprimeur pouvait en prendre de la graine et éviter à l'avenir les moult coquilles qui parsèment ce roman !

Réédition Folio Policier N°76. Parution mai 1999. 272 pages. 7,50€.

Réédition Folio Policier N°76. Parution mai 1999. 272 pages. 7,50€.

Jean-Bernard POUY : La Belle de Fontenay. Série Noire N°2290. Parution février 1992. 240 pages.

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 13:06

Lorsque le G8 se réunit, cela se passe dans une

ambiance chaude et chaleureuse...

Maxime VIVAS : Comme le scorpion, mon frère.

En cette fin de juillet 2001, Renaud et Leslie font la connaissance, à bord du train qui les conduit en Grèce, via l’Italie, de Guillaume et Gros Jean qui eux se rendent à Gênes dans le but de manifester contre le sommet du G8.

Guillaume leur propose de faire escale et de participer à cette protestation qui va réunir Italiens et altermondialistes de l’Europe entière. Renaud n’est pas emballé mais pour Leslie, c’est l’occasion de connaître autre chose que sa petite vie douillette.

Guillaume leur affirme qu’il ne s’agira que d’un rassemblement bon enfant, et donc pas de danger à craindre. Mattéo, qui veut devenir photographe, s’intéresse lui aussi à cet événement qui va propulser sa ville sur les ondes médiatiques.

Il est abordé par Francesco qui le prend sous son aile. Son nouvel ami affirme être docker et vilipende Berlusconi, qu’il qualifie de dictateur. Si la première soirée de Guillaume et de ses compagnons se passe dans le calme, le lendemain, il n’en va pas de même. La police charge contre tout ce qui bouge, même sur les ambulances qui convoient les premiers blessés. La hargne guide les policiers mis sous pression par leurs autorités. Brimades, exactions, tabassages, tortures, et morts d’hommes par balles réelles sont le lot des participants qui ne voulaient que crier leur engagement contre la mondialisation financière des pays les plus riches du monde.

 

Maxime Vivas, en jetant un coup de projecteur sur une petite poignée de manifestants qui se veulent pacifiques, propulse le lecteur dans un roman reportage, dans un documentaire sur un événement qui a fait la une des journaux et qui n’est pas à l’honneur de pays dits civilisés.

On ne peut que ressentir de la sympathie envers les protagonistes malheureux et se poser de nombreuses questions sur les agissements des policiers et de leurs dirigeants.

Un témoignage troublant recueilli auprès de témoins, de photographes, de cinéastes, d’organes d’information traditionnels et de sites Internet. Un ouvrage à conseiller à tous ceux qui désirent connaître une vérité que certains réfutent.

Maxime VIVAS : Comme le scorpion, mon frère. Coll. La Cerise noire, éditions Le Temps des Cerises. Parution octobre 2003. 172 pages.

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 07:34
Charles WILLIAMS : Aux urnes, les ploucs !

Aucune corrélation avec une prochaine campagne électorale !

Charles WILLIAMS : Aux urnes, les ploucs !

Les hommes du shérif du comté de Blossom sont à l'affût. Ce qui n'empêche pas l'oncle Sagamore de déguster sa production locale détenue dans un pot à confiture. Une provocation délibérée et il enterre immédiatement son bocal sous un tas de bois.

Dans douze jours, de nouvelles élections vont avoir lieu afin de choisir un nouveau shérif. Ou reconduire l'ancien, puisqu'il est seul pour l'instant à se (re)présenter. Personne n'envie sa place et pourtant les habitants du comté ne tarissent pas de critiques négatives sur sa façon d'administrer et de gérer les problèmes de production illicite d'alcool.

Les adjoints du shérif déterre le bocal mais lorsqu'ils apprennent qu'il contient de la nitroglycérine, ils repartent la queue entre les jambes, ce qui morphologiquement n'est pas faux mais qui traduit une peur rétrospective à l'idée de s'envoyer en l'air dans avoir pu prendre du plaisir. cela amuse l'oncle Sagamore et Pop, le père du jeune Billy. A part eux, à la ferme Noonan réside également l'oncle Finley, mais il ne compte pas, trop occupé qu'il est par son idée fixe de construction d'arche.

Oncle Sagamore, Pop et son fils Billy partent pour la ville, et ils se ravitaillent en cours de route à une pompe à essence. Tandis que les hommes procèdent à des besoins naturels, Billy entend le garagiste déclarer à un de ses amis qu'il va vendre des pneus rechapés sans difficulté à ceux qu'il prend pour des ploucs. Billy en informe son oncle et commence alors un curieux échange de billets contre pièces d'argent, ce que l'on appelle couramment le vol au rendez-moi. L'oncle Sagamore repart plus riche qu'il était en arrivant, avec en prime les pneus.

Le shérif tient absolument à prendre sur le fait Sagamore et compagnie alors que l'oncle se prépare à une nouvelle séance de distillation. Mais comme il ne peut le faire clandestinement, il va réaliser cette opération en plein air, devant un attroupement de villageois curieux et attendant du shérif qu'enfin il mette fin à ces pratiques.

Sacs de maïs et sacs de sucre sont entassés dans la cour et la bouillotte est installée dans une petite cabane. Théoriquement il va produire de l'alimentation pour cochons, ainsi que de la térébenthine grâce à de la résine prélevée sur les pins environnants. La poudre de maïs et le sucre sont mis à macérer dans des cuves, mais cela ne tourne pas comme le souhaitent Sagamore et Pop. La fermentation provoque des bulles et les cuves sont vidées à terre, le sol engloutissant le liquide. Le shérif et ses adjoints sont présents et ne peuvent que constater que le résultat produit ne peut servir de pièces à conviction.

Le garagiste se lance lui aussi dans la course électorale, contre le shérif actuel, et déclare que s'il est élu, il mettra l'oncle Sagamore en prison. Un programme ambitieux qui est calqué sur celui du shérif. Qui gagnera ?

La question est posée, mais l'oncle Sagamore s'érige en arbitre, et cela nous donne quelques scènes du plus haut effet comique, surtout lorsque madame Horne et ses nièces, qui ne sont pas ses nièces vous l'aurez compris mais des jeunes femmes de petite vertu, sont invitées à participer à ce simulacre de campagne électorale.

 

Narrée par Billy, un gamin de huit ans, cette histoire complètement loufoque reprend les personnages de Fantasia chez les ploucs, dans de nouvelles aventures délirantes.

Bien sûr Billy, vu son jeune âge, ne comprend pas toujours ce que font les adultes, et plus particulièrement son oncle Sagamore. Mais il lui fait confiance de même qu'à Pop, son père. Seul l'oncle Finley est à part, mais incidemment il se trouve au bon endroit au bon moment pour compléter certaines scènes de panique élaborées par les deux hommes, à l'encontre du shérif, de Curly la garagiste vindicatif et sûr de lui, ou les badauds qui affluent de plus en plus à la ferme Noonan.

Mais sous des dehors naïfs, l'oncle Sagamore, et dans sa foulée Pop, est nettement plus retors, matois et roublard que sa dégaine pourrait le faire croire. Il marche pieds nus, ce qui n'est pas rédhibitoire, et agit comme s'il était simplet. Or c'est tout le contraire et il possède une intelligence à faire pâlir d'envie bien des ministres.

Mais sous des dehors de comique façon Branquignols, Charles Williams édicte des propos, sans en avoir l'air, à l'encontre des ligues de vertus, le pouvoir et la façon de procéder des candidats pour gagner des électeurs, l'hypocrisie et le fanatisme religieux. Un roman publié en 1960 et qui n'a rien perdu de son charme, de son humour mais surtout des enseignements que l'on veut bien y trouver, d'autant que de nos jours, ce sont toutes ces dérives qui sont portées parfois à leur paroxysme. Il y a du Rabelais revisité par Voltaire en Charles Williams.

Réédition Carré Noir N°396. Parution juillet 1981.

Réédition Carré Noir N°396. Parution juillet 1981.

Réédition collection Folio Policier N°208. Parution mars 2001. 256 pages. 7,00€.

Réédition collection Folio Policier N°208. Parution mars 2001. 256 pages. 7,00€.

Charles WILLIAMS : Aux urnes, les ploucs ! (Uncle Sagamore and his girls - . Traduction de C. Wourgaft). Série Noire N°602. Parution novembre 1960. 256 pages.

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 12:51

Il est mort le soleil...

Christophe SEMONT : Soleil noir.

15 mai 2002. Posadas, Argentine, non loin de la frontière avec le Paraguay.

Il peut être fier Esteban Pantoja du commissariat de Posadas, car officiellement son supérieur vient de lui remettre, d'un geste détaché, les galons de sergent.

Il est pressé d'en informer Maria, sa femme caissière dans une banque, et il la rejoint en compagnie de leur fille. C'est l'heure de la fermeture et tandis qu'ils attendent dans la salle d'attente que Maria ait terminé son service, trois hommes cagoulés pénètrent dans l'établissement et ne s'embarrassant pas d'un protocole exigeant qu'ils confirment qu'il s'agit d'un braquage, ils abattent le vigile puis se déploient avec ordre et méthode. L'un d'eux réclame l'argent de la caisse et comme la collègue de Maria n'a pas l'air de comprendre, il lui tire une balle dans la tête.

Des clients sont également froidement abattus et en Esteban se réveille l'instinct du flic. Il sent que personne n'échappera au massacre et il tente de s'emparer de l'arme du vigile. Il y parvient mais l'un des braqueurs, alerté par un mouvement inconsidéré d'un otage, s'en aperçoit. Le sergent nouvellement promu tire, les autres aussi, dans tous les sens, et une balle qui n'était pas perdue lui percute la tête.

Lorsqu'il sort de son évanouissement à l'hôpital, il apprend que sa fille et sa femme n'ont pas survécu au carnage. Il se souvient des yeux des braqueurs, des yeux ternes comme s'ils étaient sous l'emprise d'une drogue. Pourtant rien n'est décelé sur le cadavre de celui qui lui a tiré dessus et qui portait un tatouage représentant comme un soleil traversé d'une épée ou d'un glaive. Afin de pouvoir se rétablir physiquement et moralement, il est mis en congé et il se jure bien de retrouver les agresseurs. Malgré les réticences de son supérieur, il parvient à obtenir des informations. Le lieu où les braqueurs s'étaient réunis pas exemple, mais la maison est vide. Toutefois il trouve des papiers pas complètement calcinés et il sait dorénavant qu'il doit se rendre en Bolivie dans un coin perdu de la forêt amazonienne à Rurrenabaque.

 

Adela est une jeune serveuse d'un bar de nuit de La Paz. Depuis quelques mois elle est en proie à des visions cauchemardesques. Mais cela se passe en plein jour ou la nuit, dans le bar où elle sert les clients. Des clients qui parfois possèdent des têtes cadavériques et dont la langue fourchue se darde inexorablement vers son visage. Ce qui la perturbe fortement et lorsque son patron lui demande ce qu'il se passe, elle aimerait lui désigner ce client particulier, mais bien évidemment il s'est dissous dans la fumée du bar. Ou dans un landau un bras difforme s'élance vers elle tentant de l'agripper. Ou encore un homme qui semble lui faire signe mais se dissout dans la foule. Elle s'en inquiète auprès de son toubib, un vieux médecin qu'elle connait depuis longtemps. Le docteur Zamora lui intime de continuer à prendre malgré tout les pilules qu'il lui a prescrites.

A Rurrenabaque, des gamins, quatre garçons et une fille, jouent dans la forêt et découvrent un étrange conteneur tout rouillé. Ils parviennent après bien des difficultés et des efforts intenses à l'ouvrir. Et lorsque l'intérieur se révèle à eux, c'est l'effroi, la stupeur, la panique. Pourtant tandis deux d'entre eux restent près de ce coffre bien particulier, les autres vont demander à un vieux pisteur, qui recueille le venin des serpents, de téléphoner à la police. Une trentaines de cadavres ont été enfermés dans ce conteneur venu de nulle part, des hommes, des femmes et même des enfants, qui tous portent un tatouage représentant une sorte de soleil noir transpercé d'un glaive.

 

Une histoire sombre qui nous renvoie aux heures noires de l'Argentine et d'autres pays sud-américains, alors que des nazis en fuite après la défaite du IIIe Reich, se sont réfugiés dans ces pays accueillants et sont devenus des citoyens parfois influents auprès des dictateurs. Il ne s'agit pas d'une leçon d'histoire ou d'un documentaire, mais bien de remettre dans le contexte des faits qui se sont réellement déroulés, tout en conservant un aspect anecdotique, voire légèrement pédagogique et non partisan, à ceux pour qui les noms de Perón et autres présidents, élus ou autoproclamés ne disent plus rien.

Mais cette histoire insère également un thème prisé des romans d'aventure d'antan, ceux qui nous faisaient palpiter, celui du savant fou, et nous entraîne dans une intrigue habilement construite, menée à un rythme d'enfer. Les chapitres sont courts et nous présentent, comme des couches successives, les déambulations des différents protagonistes, même si Esteban en est la pièce maîtresse. Le parcours d'Adela est particulièrement poignant, tandis que les gamins, une fois leur mission effectuée, découvrir et ouvrir le conteneur, passent la main, offrant la possibilité à d'autres personnages d'interférer dans l'histoire et de l'approfondir.

Christophe Semond démontre qu'en deux cent soixante pages, un romancier peut écrire une histoire palpitante, sans se disperser dans des considérations oiseuses.

Christophe SEMONT : Soleil noir. Collection Thriller. Editions Critic. Parution le 17 septembre 2015. 272 pages. 17,00€.

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 07:32
Julius A. LION : Histoires de femmes

Femme des années 80,

Mais femme jusqu'au bout des seins,

Ayant réussi l'amalgame

De l'autorité et du charme.

Julius A. LION : Histoires de femmes

Recueil de deux longues nouvelles, ou deux courts romans, Histoires de femmes nous éclaire un peu plus sur la personnalité et la trajectoire de Boule, le policier qui aime les femmes et, juste retour des choses, est aimé des femmes.

Dans L'inspecteur et la sorcière, Boule était jeune, pétant de santé et fort comme un bœuf. Enfin, je veux dire comme un taureau. A ces propriétés physiques, sont alliées des qualités plus internes, telles que la débrouillardise, l'astuce et l'intelligence. Et il lui faudra un caractère trempé à toutes épreuves pour se sortir intact de cette histoire de revenants, au propre comme au figuré, qui prend ses racines pendant la guerre de 40 et voit son apogée et sa conclusion à Bourges, haut lieu de la Résistance.

Une histoire dans laquelle la voyance et la sorcellerie se le disputent au cartésianisme le plus terre à terre. Une histoire policière parfois grave mais tempérée par une approche fantastique et un humour souvent ravageur.

Dans La Lettre et l'esprit, seconde aventure de Boule de ce recueil, notre inspecteur vient d'être nommé commissaire et doit effectuer un stage dans la France profonde, plus précisément à Fontenay-le-Comte, le pays des Chouans et des mogettes. Une sinécure apparemment trompeuse avec toutefois une petite affaire à se mettre sous les dents. Trois fois rien, une histoire de lettres anonymes dont les destinataires se pêchent dans la société huppée de Fontenay. Bizarres ces lettres anonymes qui ne contiennent que des feuilles de papier vierges de toute écriture.

Boule se lance dans ce mystère, aidé par l'inspecteur Anne-Marie Poupeau, dite Poupette, et Delphine, la secrétaire qui pense que le meilleur moyen de se rafraîchir les idées c'est de se mettre la tête en bas, les pieds en l'air. Une figure de gymnastique éminemment sympathique lorsque les jupes de la demoiselle cachent les joues rougissantes d'icelle et que rien ne protège l'intimité et la féminité de son arrière-train et de son mont-de-Vénus. Participe également à l'enquête l'adjudant Le Meur de la gendarmerie de Fontenay.

Une enquête qui se révélera plus compliquée qu'il y paraissait de prime abord. Je dirais même mieux, cette affaire est un rien bordélique. Mais évitons de noyer le poisson.

 

Dans chacun de ses livres, Julius A. Lion nous a habitué à quelques scènes du plus haut effet comique. Il ne faillit pas à la tradition et je vous invite à quelques parties de pêche, genre pêche au gros, scène hautes en couleurs et irrésistibles. Jacques Tati revisité par les Charlots.

Julius A. Lion, on ne s'en lasse pas, au contraire on en redemande.

Julius A. LION : Histoires de femmes. Série Noire N°2269. Parution mai 1991. 288 pages. 6,65€.

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 08:21
Michèle Rozenfarb : L’homme encerclé.

... Ne tourne pas rond !

Michèle Rozenfarb : L’homme encerclé.

Jean Raizaud est comptable dans une étude notariale et tout irait pour le mieux s’il n’était dérangé dans ses petites habitudes par une requête exigée par sa mère : il doit veiller de nuit son père gravement malade.

Or ça, il l’accepte mal, car ses petites habitudes vont être bousculées. Le voilà déstabilisé dans l’ordonnancement de ses journées où tout est minuté, programmé. Rien n’est laissé au hasard, pas même le temps consacré à sa toilette, à la rédaction de ses mémoires, pour ne citer que quelques exemples.

Donc Jean et Frédéric, son frère qui exerce le métier de proctologue, doivent se relayer au chevet de leur père. Jean doit aussi lui injecter une dose d’insuline, lui qui a en horreur le moindre contact corporel. Frédéric lui montre comment piquer le patient, événement fatal puisque le père décède. Une erreur de manipulation ?

Jean est soupçonné par les policiers d’avoir perpétré un crime mais il s’en défend, fournissant au juge d’instruction ses carnets dans lesquels il consigne ses moindres faits de la journée. Seulement il tombe dans un engrenage. Son voisin qui se moque de lui est écrasé par un autobus alors que Jean souhaitait sa disparition. Puis un collègue dont l’attitude le choque.

 

C’est au moyen de la lecture des cahiers dans lesquels Jean se livre que le lecteur assiste à une montée savante de la description de la paranoïa du “ héros ” puis de l’engrenage dans lequel il se trouve entraîné.

Pas malgré lui mais bien parce que son esprit, sa façon de se conduire, de réagir, de penser l’amène à répercuter ainsi les aléas des petits faits qui se produisent dans la vie courante.

Un exercice de style dans lequel l’auteur déploie une verve, une préciosité dans le verbiage de son personnage et dans lequel le lecteur se prend immanquablement au jeu, précédent parfois les réflexions. Mais la chute est superbe quoique logique.

Toutefois je pense que ce grand garçon, qui pour la première fois a été brimé, humilié à l’âge de quinze ans, se faisant traité de “ pédé ” par sa parentèle masculine, aurait pu éclater de sa coquille avant ces évènements.

Certes la mort du père y est pour beaucoup, mais il faut si peu de choses parfois, un trop plein d’humiliations, de vexations, pour que la révolte gronde et que la crue emporte tout sur son passage. J’ai oublié de dire aussi qu’il est en proie à des cauchemars, nocturnes cela va de soi mais il faut quand même préciser, et que ses rapports de voisinages sont de ce fait entachés d’affronts verbaux qu’il n’assimile pas forcément à leur juste mesure. Le syndrome de la mère joue aussi pour beaucoup dans ce roman qui fait sourire par la naïveté du personnage mais laisse des traces car il s’agit bien d’un problème relationnel.

Michèle Rozenfarb : L’homme encerclé. Série Noire n° 2690. Parution septembre 2003. 160 pages. 7,10€.

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 13:11

Hommage à Ellis Peters née le 28 septembre 1913.

Ellis PETERS : Trafic de reliques

Les romans policiers historiques nous offrent une bouffée d'air pur et vivifiant, remontant le temps, alors que nous sommes tranquillement installés dans un fauteuil accueillant.

Par exemple projetons-nous quelques siècles en arrière et atterrissons au Pays de Galles en pleine période médiévale.

 

Les jardins de l'abbaye de Shrewsbury sont le domaine exclusif de frère Cadfael et il se plait tant à soigner ses plantes que toutes ses pensées sont tournées vers la naissance, la croissance et la fertilité de ses protégées. L'idée de devoir rentrer pour la messe et le chapitre qui suit l'ennuie un peu, regrettant le temps volé à ses légumes. Mais il faut bien s'acquitter de ses obligations, n'est-ce pas ?

Aussi profite t'il de ces quelques moments de répits pour s'évader et dormir un peu. Non, je me trompe, il ne se repose pas, il médite.

Pourtant ce jour là, le chapitre est quelque peu mouvementé par les révélations de frère Colombanus. Celui-ci aurait eu une apparition ! Une vierge martyre, Sainte Winifred, recherche une abbaye comme dépositaire de ses saints ossements, ce qui arrange bien le prieur de Shrewsbury qui aimerait posséder des reliques afin de relever l'honorabilité, la notoriété de son abbaye et attirer des fidèles.

Une délégation de six moines, dont frère Colombanus et frère Cadfael, se met en route pour le Pays de Galles. Les tractations avec le seigneur du village où repose Sainte Winifred sont ardues, celui-ci ne désirant pas se défaire de la dépouille de sa sainte. Mal lui en prend car le hobereau est découvert assassiné.

Les soupçons se portent sur le soupirant de sa fille Sioned, pensez-donc, c'est un étranger ! Mais frère Cadfael, en bon Sherlock Holmes avant la lettre qu'il est, va enquêter et démasquer le coupable.

 

Dame Ellis Peters, célèbre Outre-manche, commençait enfin à se faire connaitre en France à la fin des années 1980 et ce n'était que justice.

Dans la même collection nous avons pu lire Un cadavre de trop, roman dans lequel nous faisions la connaissance de Frère Cadfael, ex-croisé, ex-homme d'armes reconverti comme moine.

Trafic de reliques est nettement supérieur et possède une fraîcheur, une vivacité, un humour qui savent séduire même les plus irréductibles ennemis du roman policier et ne laissera pas indifférent les athées et agnostiques.

 

Réédition mars 2001. 240 pages. 7,10€.

Réédition mars 2001. 240 pages. 7,10€.

Ellis PETERS : Trafic de reliques (A morbid taste for bones - 1977.. Traduction de Nicolas Gille). Collection Grands Détectives. Editions 10/18. N°1964. Première parution 1989.

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