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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 07:47
Gérard LECAS : Overdrive.

Un rapport de transmission ?

Gérard LECAS : Overdrive.

Après quinze ans passés à Singapour, Jean Guermeur est de retour à Paris, avec dans ses bagages vingt kilos d'héroïne pure, dix milliards de centimes de francs.

Quinze ans qu'il n'a pas revu la capitale, ayant tiré un trait sur son passé.

A Singapour, il s'est refait une nouvelle vie et s'il revient ce n'est pas par nostalgie, mais comme convoyeur de la China White, une poudre d'une pureté exceptionnelle.

Alex, son réceptionniste, puis Hong Wong Tseu, son contact dans le 13e arrondissement, le Chinatown parisien, sont éliminés. L'héroïne a pris la poudre d'escampette.

Ce serait une bonne tête de chapitre dans un roman d'aventures, mais cela représente trop d'argent pour rigoler.

Guermeur va donc tenter de remonter la filière et découvrir qui lui coupe l'herbe sous les pieds.

Pendant ce temps, Simon Delluc, le premier ministre d'une France cohabitationniste doit régler de nombreux problèmes, dont le moindre n'est pas les attentats terroristes qui secouent la capitale. Quel lien relie les deux hommes ? Quels souvenirs rattachent Guermeur à cette Volvo rouge sang, à la calandre carnassière ?

 

Situé entre le roman d'aventures exotiques à la Edgar Wallace avec ces Chinois qui se sont annexés un quartier parisien, et le roman de politique-fiction, Overdrive est un roman qui se lit d'une traite.

Gérard Lecas arrive à nous rendre sympathique et attachant un personnage qui de prime abord relèverait plutôt de l'homme à éviter qu'à côtoyer. Mais Gérard Lecas est un écrivain à la production parcimonieuse, et c'est dommage.

 

Gérard LECAS : Overdrive. Série Noire N°2144. Parution juin 1988. 224 pages. 6,65€.

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 12:30

Allez en paix...

Emmanuel VARLE : Rédemption fatale.

Quel lien unit Hippolyte Goubier, ancien gauchiste demeurant à Deuil-la-Barre, et Jocelyn de Grahaume, curé de la paroisse Saint-Pierre de Neuilly ? Ils ont été assassinés tous les deux à pratiquement un mois d'intervalle, le premier le 9 juin, et le second le 6 juillet, par la même arme.

Mais ce n'est pas le seul rapport entre eux. Ils ont tous deux participé à une émission de témoignage grand spectacle à la télévision, l'un racontant ses années dans la branche ultragauche des NAPAP (Noyaux Armés Pour l'Autonomie Populaire) puis ses années de prison et son désengagement politique, l'autre ses missions comme aumônier et sa rencontre avec Goubier dans l'une des prisons où celui-ci était détenu. Deux objets religieux ont également été retrouvés près de l'endroit où ils sont morts. Et accessoirement 170 pages entre la découverte des deux corps.

Hippolyte Goubier, avait à la fin des années soixante-dix participé à une attaque contre Berlin-Rotier, le patron du CNPF, ancêtre du MEDEF, et l'homme depuis est tétraplégique, véhiculé dans son fauteuil roulant par son neveu Jerémy. Berlin-Rotier avait refusé l'invitation qui lui avait été faite de participer à l'émission afin de ne pas raviver des souvenirs douloureux. Mais il n'en veut pas à Goubier, acceptant ses excuses et son envie de rédemption.

Le groupe 4 du 36 Quai des Orfèvres, sous la houlette d'Olivier de Crassens, constitué du nouveau commandant Pecqueux, de Maryse, qui possède le grade de capitaine, des lieutenants Enzo et Stéphane et du brigadier-chef Corentin, est chargé de cette affaire. D'abord le meurtre d'Hippolyte Goubier qui a été retrouvé sous un saule, près du cimetière de Deuil-la-Barre. Une mise en scène macabre car apparemment l'homme était à genoux lorsque son assassin lui a tiré dessus, et près du cadavre un porte-cartes, qui s'avère être un objet pouvant appartenir à un policier, et une croix, celle que portait le défunt.

L'enquête se focalise à Deuil-la-Barre et ses environs, notamment sur un dénommé Donatien Tarembleau, qui fut à la fin des années soixante-dix un enfant star de la télévision, ayant interprété un gamin dans une série qui n'eut pas vraiment de succès pour des causes indépendantes de sa bonne volonté. Il allait souvent jouer chez Berlin-Rotier, quelque peu délaissé qu'il était par sa famille. Puis il avait grenouillé chez les malfrats, s'était retrouvé en prison où il avait côtoyé Goubier. Depuis il vit avec son RSA, son chat, et son copain Pascal aimerait qu'il participe avec lui à un braquage chez un numismate qui vit non loin. Mais Donatien refuse, et il fait bien car Pascal est abattu par le collectionneur.

L'enquête semble s'enliser lorsque le curé de Saint-Pierre de Neuilly est retrouvé à la Seine. Il manque à son costume de religieux une croix qui normalement devrait se trouver au revers. Elle sera découverte plus tard sur une berge.

 

Mais Donatien n'est pas le seul à être dans le collimateur d'Enzo et le groupe 4. D'autres personnages vont se trouver sous le feu des projecteurs des policiers, et ils sont issus d'univers aussi différent que varié. Un ancien policier, des brocanteurs, de jeunes garçons qui vendent leur corps, un numismate, des indicateurs, des SDF, en nombre car pour une raison qui m'échappe ce sont surtout les Gitans et les Roms qui sont en point de mire, des squatteurs et même des représentants de la noblesse. Tout un petit monde hétéroclite. Mais en décapant bien les couches d'honorabilité qui recouvrent certains des témoins, les policiers se rendent compte qu'ils ne sont pas si franc du collier que cela.

 

Au départ, mon avis était mitigé quant à ce roman. Pourquoi autant taper sur les mouvement de l'ultragauche, et oublier d'autres composantes politiques aussi, sinon plus, néfastes ? Et surtout cette propension à écrire que tous les SDF, tous les malfrats, voleurs et autres, sont des Gitans et des Roms habitent tous dans des bidonvilles ? Par là suite le propos est plus nuancé, heureusement, surtout qu'Enzo possède du sang Gitan par son grand-père.

Les nombreuses anecdotes, les petits potins, les épluchages de la vie privée des policiers (Si Enzo est un coureur invétéré de jupons, Stéphane, lui, s'intéresse à tout ce qui porte pantalon, tandis que Maryse est quelque peu confinée en religion), les retours en arrière concernant des faits-divers criminels le plus souvent réels, et bien d'autres divagations, font que ce roman traîne un peu en longueur, tout comme l'enquête d'ailleurs. Au grand dam d'Olivier de Crassens, qui ne manque pas de le signaler à Pecqueux, lequel invective ses collaborateurs. Le système de la chute d'eau en cascade.

Donc toutes ses digressions, ce délayage sont lassants à la longue, et d'ailleurs, à plusieurs reprises, des protagonistes du roman le déplorent, comme le commandant Pecqueux qui à un certain moment déclare un peu vertement :

Accélère sur sa vie, c'est pas un suspect.

Mais on se prête au jeu, car dans la réalité de la vie quotidienne, tout est composé de petits moments, de petits faits qui mit bout à bout forment une journée, puis une semaine, et ainsi de suite. Mais on a l'impression que les policiers du groupe 4, parfois aidés par des collègues détachés d'autres services, n'ont que cette enquête, la mort de Goubier puis du curé de l'église Saint-Pierre de Neuilly, à résoudre. Peut-être, ptêt comme disent quasiment tous les protagonistes, eut-il été préférable que le laps de temps entre les deux assassinats soit plus resserré afin de donner de la vivacité au récit.

A noter qu'Enzo est un passionné des aventures apocryphes de Tintin, des éditions pirates aux titres évocateurs dont celui-ci : L'étrange créature de la mare aux nénuphars de Moulinsart.

Emmanuel VARLE : Rédemption fatale. Collection Crimes et châtiments N°57. Editions Les Presses Littéraires. Parution 8 juin 2015. 452 pages.

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 11:19
Max Allan COLLINS : Loterie en noir et blanc

Un jeu en négatif ?

Max Allan COLLINS : Loterie en noir et blanc

Après avoir purgé la police de Cleveland de ses éléments indésirables, corrompus, et procédé à d'autres actions d'éclat, Elliot Ness s'attaque à la bande de Mayfield Road.

Sal Lombardi et son cousin Angelo Scalise sont à la tête de cette organisation, héritée de leurs parents, et dont la principale activité est le racket de la loterie. Ce jeu, considéré illégal, était organisé par des Noirs et ne prêtait pas à conséquence. Depuis, la loterie est devenue une véritable entreprise sous monopole, meurtres à l'appui.

Pour contrecarrer Lombardi, Ness désire s'allier au Révérend Hollis, chef de file des Noirs contestataires et qui veut bien aider les policiers sous condition que ses condisciples puissent reprendre à leur profit la loterie d'une façon plus ou moins légale. Ness n'est guère enthousiasmé par ce marché. Il sait toutefois qu'une discrimination raciale existe et il ne tient pas à l'envenimer. C'est pourquoi il s'adjuge le concours de Toussaint Johnson, l'un des rares policiers noirs de la ville.

Quelques années auparavant Murphy, un pontife du jeu avant la mainmise de Lombardi, a été abattu par les sbires de celui-ci et Toussaint s'est juré de venger celui qu'il protégeait, dont il touchait des pots-de-vin et qui fut son ami. Des truands de Pittsburgh souhaitant investir à Cleveland sont abattus par Scalise.

Grâce notamment à Hollis et à Toussaint les langues se délient et plus d'une cinquantaine de personnes sont prêtes à témoigner contre la bande de Mayfield Road. Un flic blanc est retrouvé mort assassiné près du domicile de l'un des ex-rois de la loterie, un Noir. Ce meurtre attise la colère des policiers et Ness parvient à éviter une répression qui annihilerait toutes ses démarches. Une voiture sillonne le quartier noir et ses occupants proposent de l'argent afin d'acheter le silence ou des renseignements sur l'identité des témoins.

 

Ses précédents succès n'ont pas monté à la tête de Ness qui continue à vouloir épurer Cleveland de ses truands, quel que soit le domaine dans lequel ils opèrent. Ce qui lui pose toutefois un cas de conscience : la légalité du jeu de loterie dans un quartier à prédominance noire et miséreuse, sans entrer dans une entreprise politicienne en faveur de son ami le maire et en évitant de se montrer raciste envers une fraction de la population subissant déjà des brimades.

D'ailleurs Toussaint Johnson, l'un des rares policiers Noirs de la ville, par le biais de cette affaire, et malgré des antécédents un peu douteux, se verra proposer une promotion.

Un livre plaisant dans lequel Ness est, malgré sa position de directeur de la sécurité et ancien Incorruptible, dépeint comme un être humain possédant lui aussi ses propres faiblesses.

 

Max Allan COLLINS : Loterie en noir et blanc (Murder by the number - 1993). Trad. de l'américain : Noël Chassériau. Gallimard, Série Noire N°2428. Parution juin 1996. 304 pages. 7,80€.

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 08:34
Hervé PRUDON : Vinyle Rondelle ne fait pas le printemps.

Cours moins vite, camarade, le printemps est derrière nous...

Hervé PRUDON : Vinyle Rondelle ne fait pas le printemps.

Schwarz, un ancien mercenaire reconverti dans le crime, est contacté par un homme désirant venger sa fille qui s'est tuée en voulant avorter.

L'homme impute à un prêtre Africain et aux organisateurs du fameux festival de Bourges la perte de son enfant. Schwarz envoie sur place deux tueurs, Johnny et Mario, qui abattent le religieux mais oublient une valise contenant des dossiers secrets et de l'argent. Lili, chanteuse de goualante dans le groupe Vinyle Rondelle, se rend au Printemps de Bourges malgré l'interdiction de son père Schwarz. Martagon, un critique musical alcoolique devenu sourd lui aussi descend à Bourges. Reine et Didier, deux adolescents en mal de vivre, volent une voiture pour rejoindre le rassemblement musical dont c'est le vingtième anniversaire. Ils percutent un véhicule à l'arrêt, tuant les occupants, et prennent à leur bord une gamine devenue orpheline.

Lili, témoin de l'exécution du prêtre est pourchassée par les tueurs. Repérée dans un café par les deux hommes, elle se réfugie à bord du véhicule de Reine et Didier et recueille la gamine. Elle s'installe dans le même hôtel que Schwarz accompagné de Virgine Vénus, l'ex-femme de Martagon, un star du porno, et Martagon. Johnny et Mario se séparent afin de récupérer chacun de leur côté la valise. Mario, à qui Virgine Vénus a confié la tâche de tuer Lili, ligote la chanteuse. Elle avoue avoir laissé la valise dans le café et Mario se rend dans le troquet. Johnny tue son coéquipier.

Watteau, le commanditaire de Schwarz, assomme mortellement Reine et Didier complètement déjantés. Alonzo Capon, qui connait Lili depuis sa jeunesse en est amoureux fou. Lui aussi est à Bourges. Il a trouvé la valise et se ballade avec. Lorsque Watteau rentre chez lui, il découvre MC Sandwich et son groupe les Gens Bombeurs attendant Odile, sa fille. MC est venu retrouver celle qu'il a engrossé l'année précédente. L'entrevue se passe mal, MC sort dans la rue et en représailles s'attaque au premier passant, Al Capon, lui chipant sa valise.

 

Ce roman qui a pour point de départ un pacte entre un bourgeois de Bourges partant en croisade morale et un truand qui vit une seconde jeunesse avec sa nouvelle femme, est une véritable toile d'araignée tissée avec maestria par Hervé Prudon qui joue en chef d'orchestre avec ses multiples personnages. Lesquels se retrouvent au milieu de la toile, Bourges et son festival. Un chassé-croisé puisque pratiquement tous ceux qui gravitent dans cette histoire ont un lien entre eux. Il y a de l'humour - Hervé Prudon joue avec les mots, il s'en délecte de même que le lecteur - mais dans le même temps une sorte de désabusement, chaque rôle dévolu à ces différents acteurs se révélant pathétique, tragique dans l'ironie du sort. Seule une cabaretière trouvera son compte puisqu'elle pourra rejoindre son amant, un être insignifiant. Il paraît après ça que la musique adoucit les mœurs.

 

Hervé PRUDON : Vinyle Rondelle ne fait pas le printemps. Série Noire N°2418. Parution avril 1996. 256 pages. 7,10€.

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 08:14
David SERAFIN : L'assassinat des Canaries

Les Canaries ne sont pas des faucons, quoique...

David SERAFIN : L'assassinat des Canaries

Le Président du conseil des ministres espagnol a décidé d'effectuer un voyage, une visite officielle aux Canaries.

Afin de déblayer le terrain, de vérifier si tout va bien se passer, de coordonner les différentes forces de police, le commissaire Bernal est dépêché sur place.

Cela tombe on ne peut mieux et c'est content que le policier se rend sur place. Pensez-donc, sa maîtresse, Consuelo, est justement aux Canaries. Officiellement pour son travail, officieusement pour accoucher.

Oui, mais lorsque l'avion du commissaire se pose à l'aéroport de Gando, personne n'est là pour accueillir ce brave homme. Pas de Consuelo. Bernal s'inquiète, à juste titre puisque sa maîtresse a été enlevée.

Par qui et pourquoi ?

Autre fait troublant, deux personnes sont retrouvées mortes, ou presque, et tout concourt à penser qu'il s'agit là aussi d'assassinats.

Encore une fois, par qui et pourquoi ?

Et si tout cela avait un rapport avec la fameuse mission dont Bernal est chargé ? Et si le président du conseil était visé à travers ces louches affaires ? Les Canaries, le paradis ?

Le commissaire commence à se poser des questions et se dit qu'il côtoie de drôles d'oiseaux.

 

Ecrit par un Britannique, et plus exactement un Gallois, ce roman policier exotique et espagnol nous change de l'atmosphère américaine ou anglaise de la truanderie classique. Et nous découvrons qu'aux Canaries souffle aussi un vent, un esprit d'indépendance qui semble le lot commun à bien des minorités de par le monde. Et si ça continue ces minorités deviendront majorité...

David SERAFIN : L'assassinat des Canaries (Port of Light - 1987. Traduction de Daniel Lemoine). Série Noire N°2131. Parution avril 1988. 256 pages.

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 09:51

Bon anniversaire à Alain Demouzon, né le 13 juillet 1945.

Alain DEMOUZON : Chagrin d’amour, autobus 83.

Jérémie, soixante ans, a un regret. Il n’a jamais connu de véritable chagrin d’amour.

Et comme il a été placé dans un placard au CNRS, sous un fallacieux prétexte (il doit se montrer moins intelligent qu’il est), il a du temps libre pour se remémorer ses premières conquêtes féminines. Au fait est-ce lui qui a conquis ou le fut-il ?

Bref, un soir qu’il attend le bus, il reconnaît près de lui, et avec stupeur, Viviane, un amour de jeunesse. Elle a bien changé depuis, mais elle est toujours aussi jeune. Elle disparaît brusquement dans une brume de chaleur au fond du bus, une apparition fugitive, une émanation d’un regret longtemps enfoui dans les limbes du souvenir. Elle est remplacée par Béatrice, dont il se rappelle l’absolue flamboyance des baisers, la timidité de surface qui se dégageait d’elle cachant mal la surprise de la fournaise qui brûlait en elle.

Et voilà Jérémie englué dans le voyage des souvenirs, à la recherche des amours éphémères, délétères, des femmes qu’il a connu, ou cru connaître, et qui s’invitent devant ses yeux en entités impalpables, improbables, et pourtant si proches, si douces, si irrésistibles, si présentes.

 

Court roman, ou longue nouvelle, c’est au choix, Chagrin d’amour, autobus 83 nous plonge dans un univers onirique et fantastique qui ne peut qu’inciter le lecteur à effectuer un petit retour en arrière, et débusquer dans les méandres de sa mémoire turbulente ses premiers émois, ses premières amours (c’est vrai aussi pour les dames !), des figures estompées et qui reviennent avec force au moment où on ne les attend plus.

Si tant est qu’on les ait attendu un jour, l’avenir prévalant sur le passé.

Alain DEMOUZON : Chagrin d’amour, autobus 83. Collection Eden Fiction, Eden Production. Parution juin 2003. 72 pages.

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 07:51
Eliane K. ARAV : Le penseur de Vallorbe.

Un cousin du penseur de Rodin ?

Eliane K. ARAV : Le penseur de Vallorbe.

Imaginez. Vous êtes dans le TGV Lausanne-Paris et vous avez envie d'aller aux toilettes.

Seulement quelqu'un occupe déjà la place depuis un certain temps. Depuis si longtemps en fait que vous tambourinez à la porte. Et c'est alors que vous sentez une odeur qui vous rappelle celle de la boucherie dans laquelle vous avez baigné durant des années. Une odeur de sang. Que faites vous dans ce cas ? Vous tirez la sonnette d'alarme. Et vous découvrez en même temps que le contrôleur, une femme assise sur le trône, belle et bien morte, avec pour garde du corps un python.

Les policiers et les douaniers arrivent à la rescousse, avec chacun leurs problèmes. L'un d'eux est constamment en train de se tripoter la verrue, espèce de tumulus facial, comme s'il s'agissait d'un porte-bonheur. Un autre se gratte en permanence les gonades. Quant aux deux frères, ils ont à résoudre un problème de gémellité.

Pendant ce temps dans un autre wagon, une petite fille joue à une sorte de flipper, et ni son père, ni sa mère, ne sont là pour la surveiller. Une petite annonce illisible passe dans un journal local tandis que dans un cirque le nain et la directrice sont affolés.

 

L'écriture d'Eliane K. Arav , et l'histoire, est un véritable feu d'artifice, éclatant dans tous les sens, mais peu à peu les morceaux se rejoignent, s'imbriquent.

Au départ cela peut en perturber la lecture, d'autant qu'Eliane K. Arav joue avec les mots et y implique des expressions suisses, mais rapidement on devient envoûté par ce style pour le moins étrange.

D'autant qu'une narratrice s'infiltre dans ce récit, prenant les couvertures à elle, se trouvant toujours à point nommé là où l'action est intéressante : une mouche, ce qui vous l'avouerez n'est guère banal.

 

Eliane K. ARAV : Le penseur de Vallorbe. Série Noire N°2353. Parution juin 1994. 208 pages. 6,65€.

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 13:27

Toujours vivant Sherlock Holmes !

James ANDERSON : Le meurtre de Sherlock Holmes.

Veuve, sans enfant, la cinquantaine alerte, Jessica Fletcher déborde d’énergie et d’humour. Intelligente et passionnée, elle est également dotée d’un solide bon sens. Pour passer le temps et s’amuser, elle a écrit un roman policier.

Considérant ce manuscrit peu fameux, elle demande à ses amies, Loïs et Eléonore, de juger sur pièce. Toutefois, de fil en aiguille, le manuscrit plaît, est édité et fait un tabac. Le roman devient best-seller et Jessica doit quitter Cabot Cove, dans le Maine, pour en faire la promotion quelques jours à New-York. Mais ces contraintes lui pèsent et elle décide de rentrer chez elle après une dernière réception chez son éditeur, Preston Giles.

Une petite réunion entre intimes, déguisés. Caleb Mac Callum, créateur d’une chaîne de restauration rapide, y est présent, déguisé en Sherlock Holmes. Grady, comptable chez Mac Callum, et Kitt, secrétaire chez Preston grâce à qui le manuscrit a été édité, flirtant dans le jardin et intrigués par une fenêtre éclairée, surprennent Baxendale, détective privé chargé d’une enquête, fouillant la chambre de Grady. Puis, Jessica surprend une conversation téléphonique entre Preston et Chris Landon, critique littéraire au New-York times. Enfin, une violente altercation oppose Caleb et sa femme Louise, celle-ci lui reprochant de se montrer volage et le menaçant de mort.

Le lendemain matin, un cadavre défiguré est découvert flottant dans la piscine, habillé en Sherlock Holmes. Et certains détails prouvent qu’il s’agit du corps du détective et non celui de Mac Callum. L’inspecteur Gunderson, chargé de l’enquête, soupçonne Grady. Mais Jessica fouine un peu partout, afin de disculper son neveu. Quand, peu après, on retrouve Mac Callum mort, sur son yacht, Grady est innocenté et Louise devient la principale suspecte.

En rentrant chez elle, Jessica lit la chronique littéraire du New-York times, signée Chris Landon qu’elle n’a toujours pas eu l’occasion de rencontrer. C’est le déclic. Dans son esprit s’assemblent toutes les pièces du puzzle.

 

Renouant avec les histoires d’énigmes, ce roman est rapidement enlevé, enjoué, fort agréable à lire. Ce qui n’empêche pas l’auteur — ou les auteurs — de griffer au passage journalistes et critiques littéraires. Ce n’est pas la diatribe virulente, mais elle fait mouche.

Pan sur le bec également des investisseurs de tout poil qui osent spéculer sur la valeur hypothétique d’un autographe, dédaignant la lecture du livre acheté. Enfin pan sur le bec des auteurs et des romanciers. Jessica déclare :

Non seulement je l’ai écrit [le livre], mais de plus je l’ai lu, ce que je crois beaucoup d’auteurs ne prennent pas la peine de faire.

Curiosité :

Ce roman est adapté d’une série télévisée intitulée Arabesque, créée par Peter S. Fisher, Richard Levinson et William Link, à qui l’on doit également le scénario de cet épisode, qui est le premier, novélisé par James Anderson.

James ANDERSON : Le meurtre de Sherlock Holmes. (The murder of Sherlock Holmes. Traduction par Anne-Lise Hacker). Edition°1. octobre 1990.

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Published by Oncle Paul - dans La Malle aux souvenirs
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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 08:06
Donald GOINES : Vendeurs de mort

Tout se vend, suffit de trouver le bon acheteur...

Donald GOINES : Vendeurs de mort

A peine de retour à Détroit qu'ils avaient déserté une semaine auparavant, après une échauffourée sanglante, Billy Good, son copain Jackie et leurs deux petites amies, sont froidement abattus par des tueurs.

Kenyatta, le Grand Manitou de la pègre sait qu'il s'agit de représailles de la part de Kingfisher, le roi des dealers. Or s'il est bien une chose que Kenyatta ne supporte pas, avec le racisme, c'est la drogue.

S'engage alors une guerre des gangs qui va laisser des éclaboussures dans les deux camps. Kenyatta, en plus de sa vengeance, doit trouver des fonds. Seulement ses hommes ne font pas dans la dentelle, les balles ne coûtent pas cher et ils distribuent à tout va.

Comme si toutes ces occupations ne lui suffisaient pas, Kenyatta s'est également érigé comme l'apôtre d'une guerre à mort contre l'oppresseur blanc. La police, sous les traits de deux flics, Ryan, le Noir, et Benson, le Blanc, s'investit dans le quadruple meurtre. Leurs efforts risquent d'être contrariés par l'orgueil et l'antagonisme de deux jeunes inspecteurs fougueux, pressés de réussir. D'autant qu'ils n'apprécient pas vraiment de travailler avec un Noir. Alors c'est chacun pour soi, et le revolver pour tous.

 

Donald Goines ne s'embarrasse pas de fioritures pour construire ses livres. Il puise dans sa propre expérience de Noir, ancien drogué, ancien proxénète et ancien taulard. Puisait devrais-je dire puis qu'il est mort, truffé de plomb par des inconnus en 1974.

Photographie d'une ville et de la guerre des gangs qui règne dans certaines cités américaines, Vendeurs de mort n'atteint pas cependant la force de Ne mourrez jamais seul, roman qui l'avait fait connaître en France en 1993.

 

Donald GOINES : Vendeurs de mort (Deathlist - 1974. traduction de Olivier Vovelle). Série Noire N°2362. Parution novembre 1994. 144 pages. 6,05€.

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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 11:21
Frédéric CASTAING : J'épouserai plutôt la mort.

La mariée sera en noir ?

Frédéric CASTAING : J'épouserai plutôt la mort.

La télévision ne se nourrit plus de fictions, de variétés pour jeunes dans le vent ou papys nostalgiques.

Le fin du fin ce sont les émissions qui proposent suspense, émotion et sentimentalisme, quelques larmes à l'appui. Mais pardonnez-moi, j'ai oublié de me présenter: Martin Paradis, enquêteur à l'émission culte et télévisuelle, Retrouvailles.

André Bardin, le producteur de cette émission, me convoque dans son bureau et m'impose presque ma nouvelle mission : retrouver Benjamin Fallières, trente-sept ans, célibataire, expert en autographes, et dont la famille est proche de celle de Loubet, le grand patron de la chaine.

Le dossier que me remet le secrétaire de Loubet, Marcaillou dit le Boiteux, n'est guère épais. Une photo noir et blanc, quelques cartes de visite, une feuille blanche sur laquelle est écrit Beffara Ferrière, ce qui ne me dit rien du tout, et un classique scolaire, Le Bourgeois Gentilhomme de Molière.

Ma première visite est pour un collectionneur, expert en autographes lui aussi, et qui vieille école n'appréciait pas la façon de procéder de Fallières.

Je fais la connaissance d'Adeline, la sœur de Fallières ainsi que de sa voisine, une belle plante à la poitrine opulente, mais tout cela n'avance en rien mon enquête. Il ne me reste qu'une chose, fouiller et encore fouiller dans le passé de ce disparu volontaire ou non. Et ce que j'apprends n'est pas joli, joli. De famille aisée, Fallières et sa soeur ont fait les quatre cents coups aidés en cela par le Boiteux. Et c'est au cours d'une virée mal négociée que le Boiteux s'est retrouvé handicapé avec un mort sur la conscience.

Tout cela ne serait rien si l'expert auquel j'ai rendu visite n'était retrouvé assassiné. C'est alors que j'apprends que Fallières était sur la piste de manuscrits à la valeur inestimable : ceux des pièces de théâtre de Molière. Alors en compagnie d'Adeline et du Boiteux nous parcourons les Etats-Unis et l'Europe sur les traces de Fallières que certaines personnes ont cru voir ici et là. Mais je dois vous quitter car d'inquiétants personnages affublés de lunettes noires me suivent et je n'aime pas ça.

 

Et si vous voulez connaître la suite de mes aventures, je vous invite à lire J'épouserai plutôt la mort, un roman de Frédéric Castaing, un jeune auteur qui écrit en phrases courtes, hachées, comme s'il rédigeait un scénario. Il rend avec une justesse de ton l'atmosphère de cette histoire en équilibre avec le passé et le présent.

Seul reproche, sa façon énervante à n'utiliser la négation qu'amputée d'une partie de ses composantes. Un détail.

 

Frédéric CASTAING : J'épouserai plutôt la mort. Série Noire N°2363. Parution novembre 1994. 192 pages. 6,05€.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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