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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 12:37

Un voyage dans les Vosges avec Pierre Pelot comme guide.

Pierre PELOT : Noires racines.

Et il nous fait découvrir des personnages hors du commun, le contraire de héros.

Ils ne sont pas extraordinaires, ils sont plutôt marginaux, différents, un peu paumés. J’ai eu l'occasion de comparer Pelot, lors de la présentation d'un de ses précédents roman, à Giono, Hemingway ou Steinbeck. Cette fois encore la présentation de ces personnages m’a fait penser à Steinbeck. Mais attention, ce ne sont que des réminiscences littéraires, uniquement, car Pelot possède son style propre, il invente ses personnages bien à lui, toujours dépassés par les évènements, frustres, fragiles.

 

Popeye, c’est le surnom du personnage principal, Popeye est chômeur. Il habite une maisonnette attenante à son ancienne usine, maintenant désaffectée. Il boit, c’est son passe-temps, son plaisir, une habitude, néfaste peut-être, car cela lui a déjà joué des tours, mais quoi, ce n’est pas de sa faute. Et puis il y a les copains avec qui il boit et joue aux cartes. Bon, d’accord, après il a des trous de mémoire, ses copains lui jouent des farces, mais ce n’est pas bien méchant, enfin pas trop. Comme le jour où il a du rentrer de Mulhouse à pied, quarante kilomètres. Une farce quoi, pas bien méchante.

Un jour, ou plutôt un soir, Patte-en-biais et ses autres copains l’oublient dans un bois. Il est recueilli par Noé qui le prend en charge, lui offrant gîte et couvert. Il lui offre aussi sa fille, Lise, et Lise, sacré nom de bois, elle a une poitrine à s’en ébouriffer les cheveux. La ferme plus Lise, tout ça qu’il lui offre Noé, et Popeye serait bien d’accord pour rester, Patte-en-biais et les autres de l’autre côté de la montagne n’auraient plus de raisons de se moquer de lui. Oui ! mais, il y a Jeudi et Jeudi, c’est quelqu’un !

 

Pierre Pelot nous offre un livre intimiste aux protagonistes poignants et Popeye est de la race de ceux qui se laissent mener pas le bout du nez.

Et sa rencontre avec Lise, Noé et Jeudi font découvrir un personnage qu’il ne se connaissait pas. En fait, ce sont des révélateurs.

Mais sacré nom de bois que peut-on faire pour les autres quand on émerge à peine du néant et qu’il faut se découvrir soi-même.

 

Réédition format Kindle avril 2014. 2,99€.

Réédition format Kindle avril 2014. 2,99€.

Pierre PELOT : Noires racines. Collection Sueurs froides. Editions Denoël. Première édition novembre 1985. Réédition 1997. 170 pages.

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 09:55
Stuart KAMINSKY : Le poids des morts

Pèse plus lourd que celui des vivants ?

Stuart KAMINSKY : Le poids des morts

Los Angeles, septembre 1942. Toby Peters, malgré toutes les enquêtes effectuées pour le compte d'éminentes personnalités américaines, gravitant aussi bien dans le monde cinématographique que politique, Toby Peters tire toujours le diable par la queue.

Mais si sur le plan financier ce n'est pas la joie, le bouche à oreille marche bien, et Peters se retrouve rarement au chômage. La nouvelle mission confiée à notre détective privé est simple. Il doit retrouver un porte-documents contenant des documents confidentiels, de l'argent et quelques lettres compromettantes. Simple à comprendre, mais plus difficile à réaliser.

Surtout lorsque c'est le général Douglas MacArthur qui vous la confie, alors qu'il passe quelques jours incognito sur la côte californienne tandis que la bataille fait rage dans le Pacifique. Une mission secrète, comme tout ce qui est confié à un détective je suis d'accord, mais de plus l'avenir des Etats-Unis en dépend.

Et l'avenir des Etats-Unis, le général MacArthur n'est pas le seul à vouloir s'en préoccuper. Un richissime illuminé possède lui aussi ses idées sur la question, totalement différentes bien entendu de celles du général, et elles ne sont pas tristes.

Enfin je me comprends, car si ce trublion à qui il ne manque que la camisole parvenait à ses fins, tout ne serait pas rose et tout n'irait pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais j'extrapole.

Toby Peters se trouve un fameux partenaire en la personne de Dashiell Hammett lui-même, qui, se souvenant de certains trucs utilisés lorsqu'il travaillait à la Pinkerton, sauve souvent la mise à Peters et l'aide dans ses démarches.

Savoureuse également la participation involontaire d'un chat qui adopte définitivement semble-t-il notre détective.

 

La tendance actuelle (lors de la sortie du roman, je précise) dans bon nombre de romans policiers américains, est à l'introspection, au délayage, aux digressions plus ou moins soporifiques. Dans Le poids des morts, c'est tout le contraire.

Mené à un train d'enfer, avec une touche humoristique même lorsque le héros est dans de sales draps, voici un roman qui décoiffe et l'on se demande parfois où commence la fiction et où se termine le réel, le vécu.

Avec Stuart Kaminsky vous oubliez la grisaille du temps.

 

Stuart KAMINSKY : Le poids des morts (Buried Caesars - 1989. Traduction Paul Kinnet). Série Noire N°2223. Parution mars 1990. 256 pages. 7,80€.

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 12:10

Comme disait Gérard Majax, y'a un truc...

Georges-Jean ARNAUD : La vie truquée.

A huit ans, Claudia Mirail n'a avec ses parents que de trop rares contacts.

Ils ne viennent que rarement la voir, confiant à la grand-mère le soin d'élever la gamine. Ils sont continuellement par monts et par vaux, et Carole, la jeune bonne, s'ingénie à entretenir, à cultiver le doute dans l'esprit de Claudia qui attend avec impatience les rares moments de bon heur où elle peut se glisser dans le giron de sa mère, pour quelques heures trop brèves.

Jusqu'au jour où elle apprend qu'elle ne verra plus ses parents, qu'ils sont morts dans un accident de voiture. Elle ne veut pas y croire et pense à un simulacre. Pourtant les cadavres sont enterrés dans le cimetière du petit village.

Claudia découvre des coupures de presse, tout un dossier concernant ses parents, révolutionnaires de mai devenus des terroristes, peut-être à l'origine de l'assassinant d'Aldo Moro.

Alors elle décide de reprendre le flambeau, inscrivant des slogans sur les murs des propriétés environnantes ou en provoquant des incendies. Ce ne sont pas les séjours en famille d'accueil, dans des maisons de correction, puis dans des prisons qui adouciront son caractère de révoltée. D'autant que des événements étranges pointillent son parcours de l'enfance vers l'adolescence. On la suit, on lui veut du mal, à elle ou à ses proches, on met à sac la maison de sa grand-mère.

 

Georges-Jean Arnaud effectuait avec ce roman un retour en force au Fleuve Noir, utilisant une recette éprouvée et qui a fait le succès de nombreux de ses livres comme Le Coucou, Les enfants de Périlla, Les jeudis de Julie, L'homme noir et bien d'autres.

Une atmosphère d'angoisse latente et diffuse sur laquelle plane une incertitude orchestrée diaboliquement par l'auteur qui joue avec les nerfs de ses lecteurs.

Il emmène sur des chemins de traverse, affirme puis se rétracte, laissant libre court à toutes les suppositions, toutes les interprétations. Et le lecteur est victime consentante de son savoir-faire, de son professionnalisme, de son machiavélisme.

Georges-Jean ARNAUD : La vie truquée. Collection Les Noirs. Grand Format. Editions Fleuve Noir. Parution janvier 1997. 252 pages.

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 08:06
Elmore LEONARD : Monsieur Majestyk

Les melons de la colère !

Elmore LEONARD : Monsieur Majestyk

Faire pousser des melons, c'est bien, encore faut-il les récolter lorsqu'ils sont mûrs.

Et pour les cueillir, il faut embaucher des extras, des saisonniers, et ce ne sont pas les prétendants qui manquent.

Pensez donc, on est en Californie et là comme ailleurs, les chômeurs, les immigrés, Mexicains pour la plupart, rappliquent en masse à l'idée de pouvoir gagner un peu d'argent.

Mais Majestyk, cultivateur et ancien du Vietnam n'aime pas qu'on lui force la main. Ses employés, c'est lui qui les choisit, et ce n'est pas une espèce de petit loubard à la manque qui va lui imposer ses traîne-savates.

Evidemment les choses s'enveniment et Majestyk se retrouve à l'ombre à cause de quelques coups échangés.

Majestyk en prison, qui va faire son travail ? Qui va surveiller ses ouvriers agricoles ?

Emmené en fourgon cellulaire en compagnie d'un dangereux récidiviste, Franck Renda, il profite d'une attaque du dit fourgon par les amis du bandit pour s'évader, tout en jouant un mauvais tour à Renda.

Du coup tout le monde ou presque lui en veut et sa récolte de melons est fort compromise. Après les raisins voici les melons de la colère !

 

Monsieur Majestyk est l'adaptation du scénario qu'écrivit Elmore Leonard pour le film éponyme réalisé par Richard Fleisher en 1973 avec Charles Bronson dans le rôle principal.

Mi policier, mi western, Monsieur Majestyk est un très bon roman, solide, et si l'histoire d'un homme seul pris entre deux feux, les gangsters et la police, n'est pas nouvelle, on se pique toutefois au jeu.

Beaucoup d'action, un peu de bons sentiments, une idylle, il faut peu de choses parfois pour construire une bonne intrigue, surtout si l'auteur a du talent et du métier.

Elmore LEONARD : Monsieur Majestyk (Mr. Majestyk - 1974. Traduction de Rosine Firzgerald). Série Noire N°2189. Parution juin 1989. 224 pages. 6,65€.

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 13:05

En général, c'étaient les jeunes filles qui se faisaient enlever !

Albert BONNEAU : L'enlèvement de Catamount. Les nouvelles aventures de Catamount.

Dans un bouge de Galveston, un port du Texas, cinq hommes discutent, se demandant comment ils vont pouvoir remplacer Kirby, marin comme eux qui vient de décéder à la suite d'une mauvaise fièvre.

Sam Trill, le second du Sea-Mew dont le capitaine Hyatt est gravement malade, sait qu'il peut compter sur ses quatre compagnons car la cargaison embarquée sur le navire, dont la destination est Cuba, n'est pas exactement celle prévue. Théoriquement ce sont des balles de coton qui sont entreposées dans la cale, mais celles-ci renferment des armes.

En compagnie de Sam Trill sont assis à la table, Sardell, que les scrupules n'étouffent pas et qui vient de Baltimore; Brackson, un gros homme qui apprécie la bonne chère, embarqué à New-Orléans un soir de carnaval; Cobilovici qui exhibe fièrement ses nombreux tatouages et enfin Hermann, un Allemand déserteur.

Le seul problème qui se présente à eux, outre remplacer Kirby, c'est la fille de Hyatt qui voyage en compagnie de son père sur le trois-mâts. Un homme aux yeux clairs et à l'allure d'un cow-boy entre dans l'établissement et Sam Trill l'invite à sa table. Un Tenderfoot, un pied tendre, à la dégaine de vacher, la recrue idéale pense le marin.

L'homme, qui dit s'appeler Bill Lern, accepte le whisky qui lui est servi, whisky qui sera suivi de beaucoup d'autres, et les marins sont obligés de le soutenir pour regagner le navire.

Lorsqu'il se réveille à fond de cale où il a été balancé, Catamount, car c'est de lui dont il s'agit, a la tête dans un étau. Et les pieds enchainés. Sardel lui rend une petite visite amicale, l'avertissant qu'il aura à manger s'il est sage et promet de travailler comme un forçat. Un avertissement confirmé par Trill qui le fait détacher. Il est confié à Luiggi, le cuistot du bord, qui le sustente et lui apprend qu'il prépare le bouillon du capitaine, lequel bouillon est confectionné à base d'herbes. Mais ce bol d'eau amélioré ressemble plus à un poison qu'à une panacée. Et trois fois par jour cette boisson est ingurgitée par le capitaine.

Ils essuient une tempête et Catamount, qui n'a pas le pied marin, s'en tire sans dégats. Il est affecté à la cambuse et se propose de préparer la soupe du capitaine, tandis que Luiggi est occupé par ailleurs. Le bouillon à base de pommes de terre est plus reconstituant que l'infect préparation aux herbes, ce qui conforte le ranger dans son impression.

Un Chinois rôde dans les cales, considéré par tous comme une vermine. Catamount s'en fait un ami et Chink, tel est le nom du pauvre asiate, lui montre que les ballots de coton sont en fait des caches d'armes. Le ranger s'empare de quelques-uns de ces objets providentiels et affronte Trill et ses hommes qui organisent une mutinerie. Les armes sont destinées aux insurgés cubains en lutte contre l'oppresseur espagnol et Hyatt n'était pas au courant de ce trafic.

Catamount organise la fuite en chaloupe emmenant avec lui Hyatt mal en point, sa fille Claudette et Chink. Ils abordent sur l'île de Pinas et sont recueillis par des Cubains insurgés contre la domination espagnole.

 

Catamount et ses compagnons vont vivre des aventures mouvementées, Trill et ses compagnons partant à leur poursuite. Mais un navire espagnol cabote dans les eaux cubaines prêt à intervenir contre les trafiquants d'armes.

 

Une aventure maritime pour Catamount qui regrette son fidèle cheval, Mezquite, et les chevauchées dans la Prairie. Il était envoyé en mission afin de mettre la main au collet d'un bandit et se retrouve entraîné malgré lui dans des aventures périlleuses.

Mais il y a un léger antagonisme dans cette histoire concernant ce trafic d'armes. On peut comprendre que Catamount combat les mutins du Sea Mew, dont les agissements sont en marge de la loi et qui veulent prendre la place du capitaine par des moyens plutôt brutaux. Toutefois ces mutins font de la contrebande d'armes en faveur des insurgés cubains et Catamount est lui aussi, en tant qu'Américain, aux côtés de ces révoltés. C'est à dire que les deux clans œuvrent pour une même cause mais avec des moyens différents.

Il est amusant de constater que lors de notre adolescence on s'attache moins au style qu'à l'intrigue. Et c'est en relisant ce roman, quelques décennies plus tard, que je me suis aperçu qu'Albert Bonneau possédait un style d'écriture particulier, que l'on pourrait qualifier de Célinien, à moins qu'il ait influencé le fameux docteur Destouches dans l'emploi systématique de points de suspension en fin de phrase. Mais une autre particularité est attribuée à l'écriture d'Albert Bonneau. Celle de phrases à rallonge, dont voici un exemple :

Brackson refusa d'obtempérer, il allait diriger son arme contre le ranger, il n'eut pas le temps de le mettre en joue, une détonation éclata, avant même qu'il eût pu se rendre compte de ce qui lui arrivait, le matelot éprouvait une violente douleur à la main, le sang se mit à couler entre ses phalanges déchirées par la balle que venait de lui adresser l'homme aux yeux clairs...

La date à laquelle se déroule cette histoire n'est pas précisée mais on peut raisonnablement penser qu'elle se passe après 1868, durant ce qui fut appelé la Guerre des dix ans, ou guerre d'indépendance. Et c'est un épisode qu'Albert Bonneau a choisi de mettre en évidence, alors que les indépendantistes, des Mambis ou guérilleros antiespagnols cubains pour la plupart, ayant à leur tête Pablo Alvarez, s'étaient réfugiés sur l'île de Pinos située à quelques miles de Cuba. Cette île serait la fameuse île qui aurait servi de décor pour L'île au trésor de Robert Stevenson.

Albert BONNEAU : L'enlèvement de Catamount. Les nouvelles aventures de Catamount. Editions Jules Tallandier. Janvier 1956. 220 pages.

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 09:46
Thomas H. COOK : Qu’est-ce que tu t’imagines ?

Pas grand chose, et vous ?

Thomas H. COOK : Qu’est-ce que tu t’imagines ?

La découverte du corps d’une jeune fille dans un terrain vague d’Atlanta redonne du sens à la vie de Franck Clemons, un bon flic devenu alcoolique depuis le suicide de sa fille.

Et cette jeune morte, trop belle, trop jeune et trop riche semble s’être suicidée. Un meurtre déguisé selon les premières constatations, les observations de Franck. Lequel va s’atteler à la tâche et conduire cette enquête comme une affaire personnelle.

C’est lui, et son coéquipier Caleb, un vieux de la vieille, qui doivent découvrir l'identité du malfaisant, du coupable, du meurtrier. Lui et personne d’autre !

 

Une enquête qui va conduire Franck Clemons dans les milieux de la peinture (un milieu très prisé depuis quelques temps par les romanciers de romans noirs et de suspense) et l’amener à côtoyer des directeurs de galeries dédiées à l’art pictural pour le moins bizarres.

Une enquête dans laquelle il patauge, le passé de la jeune fille se révélant trouble. Une adolescente en butte à la dualité du blanc et du noir, du bien et du mal.

 

Thomas H. COOK : Qu’est-ce que tu t’imagines ? (Sacrificial Ground – 1988. traduction de Daniel Lemoine). Série Noire 2188. Parution juin 1989. 320 pages. 7,10€.

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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 08:54
Marc VILLARD : La dame est une traînée.

The lady is a tramp ?

Marc VILLARD : La dame est une traînée.

L'inspecteur Alex Pradal est devenu un paria aux yeux de certains de ses collègues.

Pensez-donc, un policier qui dénonce les malversations effectuées par d'autres policiers, cela ne se fait pas. Alors il est mis en quarantaine mais ce n'est pas pour cela qu'il va manquer de travail.

Un mystérieux personnage lui donne quatre dossiers à traiter et son attention est attirée par l'un d'eux. Il s'agit du décès d'un dénommé Ray Thompson. Accident, suicide, meurtre ?

Il existait bien un Noir Américain du même nom qui jouait du saxophone, mais s'agit-il du même personnage?

Alex Pradal, potier à ses heures perdues et fervent amateur de jazz, se penche sur ce dossier et s'aperçoit qu'il s'agit effectivement de celui auquel il pensait.

Cela l'amène à côtoyer des jazzmen, des admirateurs, des dealers également.

 

Ce court roman de Marc Villard, trop court à mon avis pour une fois, est peut-être le meilleur de sa production qui pourtant en compte déjà d'excellents. Je pense notamment à Rebelles dans la nuit.

Marc Villard s'attache dans ses romans à décrire les faits et gestes de marginaux, mais des marginaux somme toute sympathiques.

Un roman qui marie avec bonheur Jazz et Polar, et ce n'est pas pour rien que les festivals traitant de ces deux thèmes prolifèrent actuellement.

Chronique radiophonique rédigée en février 1989.

 

Marc VILLARD : La dame est une traînée. Série Noire N°2171. Parution février 1989. 192 pages. 6,05€.

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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 14:15

Vienne le temps des poésies

Qui te videront de ton lit

Quand nos couteaux feront leur nid

Au cœur de ta dernière nuit

Franco la muerte.

Léo Ferré.

COLLECTIF : Franco la muerte.

Un recueil Franco de porc et de déballage...

Cela fera bientôt quarante ans que l'Espagne ne vit plus sous la férule franquiste !

Afin de le faire se retourner dans sa tombe, vingt auteurs se sont mobilisés sous la houlette de Gérard Streiff, afin de commémorer non pas Franco mais sa mort qui signifiait la délivrance de l'Espagne. Un événement fêté comme il se doit par vingt plumes qui nous ramènent quelques décennies en arrière, lorsque l'ombre du franquisme obscurcissait le ciel ibérique.

 

Patrick Amand nous offre avec Moi et Franco une histoire personnelle, un récit qu'un ancien Espagnol lui aurait confié alors que Patrick Amand racontait à une tablée que Gérard Streiff, le coordinateur de l'ouvrage, lui avait commandé un texte. L'homme avoue que son père avait rêvé tuer Franco au lieu que celui-ci décède tranquillement sur son lit.

Et c'est bien cette envie de se débarrasser de Franco, les tentatives avortées, qui ont inspiré quelques-uns des auteurs ayant participé à ce recueil. D'autres attentats sont narrés dont deux mettant en scène le personnage du général Luis Carrero Blanco, premier ministre espagnol, décédé le 20 décembre 1973 dans une opération menée par l'ETA. Version officielle. La mise en scène de cet épisode est particulièrement bien décrite par Gildas Girodeau tandis que Patrick Fort s'empare de cette histoire pour nous fournir une vision plus personnelle avec une femme qui a toutes les raisons de déplorer la mort d'un individu honni par une grande partie de la population.

Si de nombreux Espagnols ont franchi la frontière au début de la guerre civile de 1936 puis après, lors de la Retirada par exemple, ou profitant de différentes situations pour quitter le sol natal, Franco pouyvait compter sur de nombreux soutiens, surtout parmi le clergé et les catholiques intégristes, mais également les racistes, les anticommunistes.

L'abbaye de Santa Cruz del Valle de los Caídos, un monument commandé par Franco pour rendre hommage aux héros et martyrs de la Croisade, c'est à dire les Nationalistes regroupés sous sa bannière, puis transformée en mausolée à l'intention de tous les combattants Nationalistes et Républicain à condition qu'ils soient de confession catholique (!) est tous les ans le lieu de pèlerinage des fervents du régime franquiste. De ceux qui perpétuent la mémoire du général, et de ses exactions, tout comme les nouveaux nazis sont fanatiques des emblèmes hitlériens. Mais se déplacent également les curieux, les touristes, et certains vieux Espagnols qui veulent vérifier que le Caudillo est bien décédé. Max Obione, dans Los Caídos, nous en présente un, dans une histoire dont le dénouement est à pisser de rire.

COLLECTIF : Franco la muerte.

Si la plupart de ces nouvelles sont situées durant la dictature franquiste, quelques-unes sont plus contemporaines, ainsi que nous le démontre Jeanne Desaubry. Une nouvelle dans laquelle l'héroïne est une jeune provinciale, guère délurée, montée à Paris afin de suivre les cours à la Sorbonne. Elle désire voir le film de Carlos Saura, Cria Cuervos, dont la musique du film, Porque te vas a été immortalisée par Jeanette en 1976. Valérie l'étudiante en subira des dommages collatéraux.

Roger Martin s'attaque au GAL, Groupe Antiterroriste de Libération, des commandos para-policiers et paramilitaires dont le but était de contrer les offensives de l'ETA en employant des méthodes illégales et dont le nom était significatif comme les Guérilleros du Christ-Roi. Roger Martin s'est spécialisé dans la dénonciation du fascisme en général et avait déjà mis en scène le GAL dans un épisode du Poulpe, Le GAL... l'égout.

On ne pourra manquer rapprocher le titre de la nouvelle de Jean-Hugues Oppel, Je ne suis pas Franco, à des déclarations formulées en début d'année, un mantra que répète inlassablement un prisonnier face à ses bourreaux. Tandis qu'Alain Bellet préfère tourner en dérision la mort de Franco le catholique, Antoine Blocier revient sur un des épisodes du franquisme, la construction de barrages inutiles destinés à déplacer la population.

 

Résumer chaque nouvelle est un peu fastidieux, je le concède, aussi je vous propose un regard d'ensemble grâce au sommaire ci-dessous puis si vous désirez en savoir plus, je vous conseille un petit tour chez mon ami Pierre de BlackNovel1 qui les présente une par une avec talent.

 

Avant-propos de Gérard Streiff.

Patrick Amand : Moi et Franco.

Alain Bellet : Le banquet du bas monde.

Antoine Blocier : Mon village fantôme.

Frédéric Bertin-Denis : Mauricio Lopez est communiste.

Didier Daeninckx : Le raid du F-BEQB.

Jeanne Desaubry : Porque te vas.

Pierre Domenges : Le cimetière des deux mères.

Maurice Gouiran : L'ombre de la Santa Cruz.

Gildas Girodeau : El Ogro (L'Ogre).

Patrick Fort : A quelques minutes près...

Hervé Le Corre : Franco : la muerte.

Sophie Loubière : Gratia plena.

Roger Martin : GAL-OAS.

Jacques Mondoloni : Les couacs Franco.

Ricardo Montserrat : Decimas.

Chantal Montellier : Garrots-gorille.

Max Obione : Los Caídos.

Jean-Hugues Oppel : Je ne suis pas franco.

Gérard Streiff : La faute du toubib.

Maria Torres-Celada : Les vivants et les morts.

 

 

COLLECTIF : Franco la muerte. Editions Arcanes 17. Parution le 27 aout 2015. 280 pages. 21,00€.

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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 08:58
Mickey FRIEDMAN : Le miroir du Sphinx

Miroir, mon beau miroir...

Mickey FRIEDMAN : Le miroir du Sphinx

Spécialiste dans les potins mondains, style les Potins de la Commère, Georgia Lee Maxwell quitte le journal où elle assure une chronique, la Floride où elle vit entourée de trois soupirants, et ce à cause d'un coup de tête et d'un antagonisme flagrant avec l'une des pimbêches de la haute société.

Afin de changer d'air elle décide de s'installer à Paris, et de devenir correspondante d'un journal féminin. Son premier contact avec la capitale n'est guère folichon, mais volontaire elle veut s'incruster et parvenir à ses fins, c'est à dire être reconnue comme une correspondante hors pair.

Plutôt spécialisée dans des sujets aussi intéressants que les essais comparatifs entre les différentes friandises d'un chocolatier ou dans les soirées mondaines que dans les faits-divers, et à la recherche d'un papier rémunérateur, elle s'accroche aux basques d'un restaurateur de meubles anciens afin de visiter en sa compagnie le Musée Bellefroide.

Mal lui en prend car sitôt dans la place elle assiste à un cambriolage et à la mort sans sommations d'un gardien. Motif de ce vol avec mort d'homme : un miroir assez spécial qui aurait appartenu à Michel de Notre-Dame, plus connu sous le nom de Nostradamus, et dont il se serait servi pour établir ses prédictions, les fameuses Centuries.

Ayant un doigt dans l'engrenage, notre brave journaliste va se dépêtrer dans une enquête particulièrement complexe. Ce miroir dérobé intéresse beaucoup trop de monde.

 

Mickey Friedman à qui l'on doit La grande Roue de Brahma, un excellent roman policier exotique, pêche un peu par une abondance de détails parfois superflus.

Pourtant son livre, que je qualifierai d'essentiellement féminin si je n'avais pas peur de me faire agresser par des représentantes du MLF, se lit d'une traite. Allez comprendre cette contradiction ! J'ai essayé moi-même et n'ai pas réussi.

 

Mickey FRIEDMAN : Le miroir du Sphinx (Magic Mirror - 1988. Traduction de Paul Kinnet). Série Noire N°2170. Parution février 1989. 320 pages. 7,10€.

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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 13:42

On ira tous au Paradis...

François DARNAUDET : Boris au pays Vermeil.

Descendu du car afin d'acheter une boisson à son fils Boris, Francis Darnet voit avec stupéfaction filer devant lui le véhicule, alors qu'il avait demandé au chauffeur de l'attendre trente secondes, le temps de son achat et que trois voyageurs prennent leur billet.

Forcément Darnet est inquiet, son fils n'a que deux ans, et de plus que va dire sa compagne Cathy avec laquelle il partage la garde du gamin.

Darnet est peintre-portraitiste à Montmartre et il tire le diable par la queue, comme pratiquement tous les rapins. Il a connu Cathy à Collioure, alors qu'il avait été invité par Alain un ami peintre comme lui, ils se sont plus et aimés, ont rejoint la capitale, ont eu Boris, mais au bout de deux ou trois ans, Cathy en a eu marre et elle est repartie chez elle à Banyuls comme enseignante de philo dans un établissement privé.

Mais voilà à Argelès, le car est parti sans lui en emportant Boris. Affolé il court derrière le car et un individu le prend en stop. Darnet demande à rejoindre le plus vite possible la prochaine étape, mais lorsqu'ils arrivent point de car. Celui-ci a pris un chemin de traverse. Outre Boris, une dizaine de voyageurs sont dans ce véhicule dont un adolescent prolongé au cerveau enfantin et qui fier de ses dessins les montrait à tout le monde.

Darnet repart à pieds par le chemin qu'a dû emprunter le car et arrivé à proximité il entend des détonations et une Audi partir à toute vitesse. Plus qu'inquiet, il monte dans le car et ne peut que constater le carnage. Une dizaine de corps gisent dans leur sang. Il retrouve Boris sain et sauf émergeant de dessous un siège où il a récupéré un gâteau que sa voisine, une vieille dame charmante qui ne lui en donnera plus, lui avait offert. Aussitôt il prévient anonymement la gendarmerie et s'empresse de redescendre vers le village chez son ami Alain auquel il confie ses soucis Lequel Alain en informe un ami journaliste.

Le lendemain les journaux locaux font étalage du carnage mais la situation de Francis Darnet est précaire. En effet les forces de l'ordre recherchent un individu qui avait acquis un billet Perpignan Collioure et ne figure pas parmi les voyageurs occis.

Darnet est abordé par l'individu qui la veille l'avait pris en stop. L'homme est attablé devant une bière et lit un ouvrage intitulé Les quatrains d'Omar Khayyâm. Il se nomme Gérard Touzot et se présente en tant que journaliste au Muséart, devant rédiger un papier sur les jeunes peintres de Collioure.

Charles Cortal, le journaliste du Punt, hebdomadaire local satyrique dans l'esprit du Canard enchaîné, est surchargé de travail. Il doit couvrir l'affaire Sainte-Croix, l'arrestation du notaire Marioton, des affaires qui sentent bon les scandales politiques, financiers et immobiliers. Des trucs qui en général sont liés comme les doigts de la main. Dans cette ambiance délétère Darnet se rend bientôt compte qu'il va être la cible de dangereux personnages, des gardes du corps du maire d'un bled qui veut transformer le Côte Vermeille en jeu de construction.

 

Ce Poulpe détone un peu par rapport aux précédents de la série car ce n'est pas Gabriel Lecouvreur qui tient la vedette mais Francis Darnet, clone de l'auteur.

Cette histoire est narrée à la première personne, par Francis Darnet lui-même et Gabriel, s'il tient un rôle non négligeable, est relégué au second plan. Tout tourne autour de Darnet et de Boris, son gamin, et François Darnaudet s'amuse comme dans ses précédents romans à mettre en scène des personnages réels, sous leur propre identité ou sous un alias légèrement déformé. Ainsi le peintre catalan Bernadi fait ce que l'on peut appeler de la figuration intelligente, tandis que Gérart Touzot ne peut qu'être Gérard Touzeau, historien, auteur de l'ouvrage Benoit XIII, le trésor du pape catalan.

La peinture, l'un des dadas de François Darnaudet, tient une grande place dans cette histoire. Outre les peintres qui y gravitent, Claire la galeriste est l'un des personnages attachant de cette fiction par son côté déluré et femme libérée. Elle démontre la condition précaire de ces artistes, en déclarant cyniquement :

 

Je faisais de la sculpture aux Beaux-arts de Paris. J'ai très vite compris qu'en m'installant ici qu'il valait mieux être galeriste qu'artiste... Je choisis les peintres ! Je n'ai pas à me prostituer pour me vendre.

Une profession de foi qui évidemment n'est pas forcément partagée par tout le monde.

Au delà de l'intrigue, qui se déroule entre Argelès et Cerbère, une région que François Darnaudet connait bien pour y habiter, ce qui marque c'est la fusion qui existe entre le père et le gamin. Francis Darnet passe tout à son fils et lui promet une voiture en chaque circonstance, au grand dam de Cathy, appelée Kaky par Boris, qui aimerait que son ex-compagnon ne soit pas aussi laxiste concernant l'éducation de leur fils.

Et cette fusion ne demande pas d'explications complémentaires, de longs développements, ce passage suffit à tout exprimer et tout expliquer :

Le contact de mon fils me rassérénait une fois de plus. Un type sous morphine ou LSD n'aurait pas été mieux que moi. Les gosses sont un formidable sujet d'angoisses et, en même temps, le seul véritable moteur d'une existence. Vivre avec son enfant, c'était comme prendre un ticket pour un grand huit géant : une série ininterrompue de hauts et de bas à toute vitesse, sensations fortes garanties. Et les années filaient dix fois plus vite que pour un célibataire.

François DARNAUDET : Boris au pays Vermeil. Le Poulpe N°231. Editions Baleine. Parution janvier 2002. 168 pages. 8,00€.

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Published by Oncle Paul - dans Hommage Le Poulpe
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