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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 15:10

Les enfants sont comme les adultes, ils ont leurs joies et leurs peines.

Mais ils les éprouvent plus tôt...

Véronique VIGNE-LEPAGE : Epoustouflants destins d'enfants.

Les enfants-héros abondent dans la littérature jeunesse et la littérature tout court, les confrontant à des situations exceptionnelles, dramatiques, amusantes, exotiques, courageuses, mais jamais banales. Les exemples sont si nombreux que l'on ne peut les recenser tous, mais l'on pourrait citer Rémi, héros de Sans Famille d'Hector Malot, de Mowgli, l'enfant du Livre de la Jungle de Rudyard Kipling, ou Le Petit Lord Fauntleroy de Frances Hodgson Burnett.

Mais qu'en est-il dans la vie courante où les adultes sont souvent montrés en exemple, dont la carrière, les actions, les coups d'éclat font florès ?

Véronique Vigne-Lepage pallie cette lacune en nous présentant vingt et un destins qui font frémir, rêver, réfléchir, s'enthousiasmer, s'attendrir, s'émouvoir...

 

Parmi les infortunes décrites, l'une des plus dramatiques est bien le tragique destin des Enfants d'Izieu, Une colonie presque ordinaire, le 6 avril 1944. Pourtant Sabine et Miron Zlatin pensaient que les gamins qu'ils avaient recueillis, soit avec l'assentiment de leurs parents, soit parce que ceux-ci avaient été déportés ou tués, seraient à l'abri des exactions nazies.

Toujours dans la tragédie, mais qui heureusement se termine bien, l'épopée navale de Lolo et Monmon, Michel et Edmond pour l'état-civil, trois et deux ans. Ces deux bambins sortiront indemnes du naufrage du Titanic. Mais qu'allaient-ils faire en cette galère ? A l'origine, une simple histoire de divorce et d'un père qui voulait garder ses deux enfants en s'enfuyant aux Etats-Unis.

Tragédie aussi, qui nous touche moins peut-être, car éloignée dans le temps et advenue à un enfant royal, dont les avatars se déroulent au XVIIIe siècle, celle de Louis Charles Bourbon, fils de Marie-Antoinette dite l'Autrichienne et de Louis XVI. Enfance d'un gamin normal ou presque qui aurait pu être heureuse, sauf qu'il se retrouve Dauphin à la mort de son aîné Louis-Joseph, et qui terminera sa vie au Temple, après avoir perdu ses parents dans des conditions de Terreur. Comme quoi le Sang bleu peut également se définir comme Sang royal, sang mortel.

Enfermés également dans une geôle, Henri et François, les deux jeunes fils de François 1er, détenus par Charles Quint pour une sombre histoire d'antagonisme et de jalousie pour quelques lopins de terre que l'un veut annexer alors que l'autre refuse. Otages à 6 et 8 ans... par raison d'Etat, mais l'état a-t-il raison ?

 

Le courage n'est pas inné, cela dépend des circonstances et du danger auquel on peut être confronté. Ainsi Noël, ainsi prénommé parce qu'il est né un 24 décembre, va devenir à 14 ans, le plus jeune poilu de la Grande Guerre ! Un peu par hasard. Son père est parti sur le front, sa mère vient de décéder, le régisseur du domaine dans lequel il a été placé le prend en grippe et en feuilletant un journal local, il apprend que le bureau de placement de Montpellier recherche du personnel agricole pour les mas de la région. Il se rend donc à Montpellier, 25 kilomètres à pied, s'endort sur un banc de la gare, puis partage le repas de zouaves qui se rendent dans l'Est de la France. Et c'est comme ça qu'il les suit et deviendra le plus jeune poilu imberbe !

 

Les enfants ne sont pas des animaux savants, même si parfois les médias les montrent comme tels.

Et parmi ces gamins placés sous les feux de la rampe, les exemples ne manquent pas.

Jeanne-Marie Leprince de Beaumont a adapté un vieux conte intitulé La Belle et la Bête, dont la première version pourrait être Amour et Psyché d'Apulée. La deuxième version est tirée du folklore italien et adaptée en 1550 par Francesco Straparola. Or en 1547, des émissaires d'Henri II ramènent des Canaries un étrange personnage dont les courtisans se demandent s'il s'agit d'un homme ou d'un animal. Cette chose se nomme Don Pedro Gonzales et serait né en 1537. Rebaptisé Petrus Gonsalvus, ce jeune garçon a le corps et le visage couvert d'un pelage fauve d'une dizaine de centimètres de long. Cette histoire est narrée sous le titre Petrus et Antonietta, les sauvages du Roi, Antonietta étant l'un des fruits du mariage de Petrus avec une charmante jeune fille dont la famille est proche de la cour royale.

Petrus Gonsalvus

Petrus Gonsalvus

Les petits prodiges ne manquent pas, mais il y a eu ceux qui ont confirmé par la suite, en vieillissant, et les autres, tombés dans un relatif anonymat.

Roberto, l'angelot à la baguette magique, Benzi, chef d'orchestre à onze ans, fut le premier musicien classique dont j'ai retenu le nom alors que j'avais à peu près cet âge, en regardant à la télévision dans le hall du Havre Libre, les deux films qui lui ont été consacrés : Prélude à la gloire et L'appel du destin, dans lesquels il interprète son propre personnage, une histoire qui ne reflète toutefois pas la réalité.

De même L'étrange Minou Drouet, fit beaucoup parler d'elle dans le milieu des années 1950, et je connaissais son nom grâce à la radio, et surtout les différentes prises de position des adultes de mon entourage. Des conversations entendues et auxquelles je ne prenais pas part évidemment, occupé à jouer dans mon coin, mais qui se sont incrustées toutefois dans ma mémoire.

Et c'est encore par un film, Monsieur Fabre, que j'appris ce qu'était un entomologiste et plus particulièrement Jean-Henri Fabre, L'ami intime des insectes. Comme quoi certains films et leur rediffusion à la télévision peuvent être bénéfique.

 

La curiosité est un vilain défaut partait-il, mais il est bon d'être curieux sans être indiscret. Valentin, de la fange... à la Cour impériale, le démontre lui qui était affamé de connaissances et de savoir.

 

Bien d'autres destins sont ainsi évoqués, des gamins qui sont célèbres sans que leurs noms soient connus, comme les Petits Chanteurs à la Croix de Bois, une manécanterie créée en 1906 par deux étudiants parisiens dans le quartier de Vaugirard et qui prendra vraiment son essor lors de la fusion avec la Bellevilloise de l'abbé Maillet. Ou comment fut découverte, par hasard, par un chien feu-follet, et un adolescent natif de Montignac accompagné de jeunes vacanciers, la grotte de Lascaux, à la fin de l'été 1940.

Et comme il faut toujours une part de rêve, que penser du destin de cette gamine de quatorze ans, enlevée, alors qu'elle gardait ses moutons, par un officier, un prince prussien, en voyage dans la région de Blois. La Bergère et le Prince serait le sujet d'une adorable histoire, si elle ne s'était pas déroulée véritablement.

 

Vingt et un destins décrits avec simplicité, mais avec passion, érudition, enthousiasme et parfois une note de poésie, par Véronique Vigne-Lepage, et qui devraient réconcilier tous ceux qui sont fâchés avec la jeunesse turbulente qui défraie trop souvent de nos jours les chroniques journalistiques. Et en complément une préface de Patrick Poivre d'Arvor, ainsi qu'une bibliographie permettant d'approfondir plus en détails certaines de ces histoires vraies.

 

Visitez le catalogue de l'éditeur, vous trouverez sûrement un ouvrage à offrir pour Noël :

Véronique VIGNE-LEPAGE : Epoustouflants destins d'enfants. Le Papillon Rouge éditeur. Parution 23 octobre 2015. 288 pages. 19,90€.

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 13:48

Ça doit faire du boucan !

Michel PAGEL : La sirène de l’espace.

Malgré les technologies modernes, aujourd’hui la vidéo, l’ordinateur et Internet, les enfants, et ceux qui le sont restés dans leur tête, rêveront toujours à des lendemains enchanteurs issus de la littérature d’évasion.

Ainsi Francis Briand, nouvel héros de Michel Pagel, vient d’achever en ce 19 janvier 2312 son service militaire d’une période de cinq ans. Pacifiste convaincu, il n’apprécie pas du tout la guerre que livre la Fédération terrienne à Jupiter.

En transit sur la Lune, il passe la soirée dans un café et les commentaires vont bon train devant la télévision. Il n’est pas d’accord sur l’analyse des consommateurs sur cette guerre qui dure depuis des années et n’est pas près de s’éteindre, encouragée par une forme perverse de racisme.

Il est abordé par un inconnu qui abonde dans son sens et lui offre à boire. Une invite dont il se repentira car la boisson est droguée et il se réveille à bord d’un vaisseau spatial pirate. Il a été enrôlé comme les marins aux 17è et 18è siècles et se voit promu officier de bord grâce à ses connaissances comme navigateur radio.

Cette façon de procéder le révolte mais le capitaine John Golden possède des arguments afin de le réduire à la raison. Alors qu’il croupit dans la cale Francis entend un chant merveilleux qui lui tourneboule l’esprit et les sens. Il n’aura de répit de découvrir qui se cache derrière cette mélopée.

 

Michel Pagel nous entraîne dans un space-opéra qui puise son thème dans les romans maritimes, et principalement l'île aux trésors de Stevenson.

D’ailleurs le lecteur reconnaîtra l’analogie du nom du capitaine John Golden avec John Silver le héros de Stevenson.

Mais ce n’est pas la seule approche, puisque Ulysse et le chant des sirènes est également présent. En toile de fond ce sont la guerre et le racisme qui sont évoqués.

Un roman qui une fois de plus, sous couvert de simplicité et d’humour, démontre le talent de conteur de Michel Pagel.

Première édition Collection SF N°68. Editions Fleuve Noir. Parution juin 1999. 222 pages.

Première édition Collection SF N°68. Editions Fleuve Noir. Parution juin 1999. 222 pages.

Michel PAGEL : La sirène de l’espace. Réédition Collection S.F. Multivers éditions. Format ePub et Kindle. 2,49€.

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 13:10
Michel CHEVRON : J'irai faire Kafka sur vos tombes.

Bon anniversaire à Michel Chevron

né le 27 novembre 1945.

Michel CHEVRON : J'irai faire Kafka sur vos tombes.

Vlad, l'aide-cuistot de Gérard, le patron du restaurant Au pied de porc de la Sainte Scolasse, est ami avec un réfugié roumain José.

Celui-ci a confectionné les axes du train d'atterrissage pour le Polikarpov, l'avion cher au Poulpe. En échange, l'émigré désire que Gabriel Lecouvreur, alias le Poulpe, enquête sur la disparition d'un couple de Roumains.

Le Poulpe se rend donc à Sainte-Croix-des-Eaux, près de Confolens, un petit village sous la botte d'un édile qui possède une milice dont l'amusement principal est de traquer des Roumains venus en France illégalement.

Ces étrangers sont parqués dans un enclos, derrière un mur surnommé la Muraille de Chine, et lorsqu'ils tentent de s'échapper, ils sont chassés, abattus comme des bêtes. Il n'en faut pas plus pour exciter la curiosité du Poulpe et alimenter sa colère envers des pratiques ségrégationnistes.

Le Poulpe va côtoyer des personnages étranges dont le moindre n'est pas José, ouvrier qui chante dans une chapelle désaffectée transformée en salle de concert, déguisé en Drag Queen.

 

Cette nouvelle aventure du Poulpe, dans lequel ce héros moderne campe le personnage d'un Rambo hargneux et fragile à la fois, nous entraîne dans un univers médiéval, onirique, vampirique, voire gothique, résurgence d'une aura de superstition que cultive certaines campagnes.

Déroutant et captivant, ce roman s'inscrit comme une parenthèse dans la mission libératrice et justicière que s'impose comme un postulat notre ami le Poulpe.

Quant au titre il prend sa véritable signification dans l'explication fournie par l'une des protagonistes du roman mais ne comptez pas sur moi pour vous la révéler.

Michel CHEVRON : J'irai faire Kafka sur vos tombes. Le Poulpe N°35. Editions Baleine. Parution octobre 1996. 140 pages.

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 09:04
MARIE & JOSEPH : Venez voir les cadavres, mesdames.

C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit...

MARIE & JOSEPH : Venez voir les cadavres, mesdames.

Au Pâtural Chevron, une vieille ferme décrépite au bout d'une route en cul-de-sac et située aux confins de la Creuse, de la Corrèze et de la Haute-Vienne, reconvertie en centre d'hébergement et de réinsertion pour ex-drogués, les pensionnaires tentent de se refaire une santé.

Le bon air, les travaux de réfection, l'ambiance entretenue par quelques employés devraient permettre à ces marginaux de reprendre le droit chemin, de se débarrasser de leur sale habitude.

Il y a le Patron, Dominique la psychologue, Bébert, Colin et Lolo, les éducateurs, moniteurs de choc, plus les hommes à tout faire. Sans compter le Docteur qui vient pratiquement tous les jours, et la mère Tyrannie qui fait office de cuisinière. Parmi les toxicos, Didine, Yan l'homme au pendule, Max et Marlène et quelques autres.

Sur la ferme on pourrait croire qu'il plane un mauvais sort. D'ailleurs, le jour de leur installation au Pâtural Chevron, les résidents ont découvert un pied de vache accroché au linteau au dessus de la porte. Un soir Dominique sort prendre l'air, et ne reparait pas. C'est un peu l'affolement général.

Tout e monde s'active à sa recherche et les gendarmes sont prévenus. Les dépendances, les bois environnants sont passés au peigne fin, mais rien n'y fait. Dominique a bel et bien disparu.

Ressurgissent alors les vieux démons. Quelques années auparavant des jeunes femmes et des enfants ont disparu également et leurs corps n'ont jamais été retrouvés. Le spectre de la Bête inconnue se dresse, mais plus prosaïquement les forces de l'ordre pensent à un dangereux maniaque. Un homme avait été remarqué, rôdant dans les parages.

Le train-train quotidien s'installe, comme si rien ne s'était passé. Cependant des précautions sont prises. Interdit de sortir seul le soir, et toujours se munir d'un talkie-walkie. Un soit Lolo aperçoit de loin des hommes qui semblent observer les bâtiments à l'aide de jumelles. Bizarrement, Roumoune, le chat qui était toujours à réclamer sa pâtée ne s'intéresse plus à sa gamelle. Pourtant il semble grossir. Il s'évanouit dans la nature alors que toutes les portes sont fermées.

Des traces de pas salissent le couloir, alors que théoriquement personne ne pouvait entrer. Le narrateur et Lolo distinguent dans la nuit des lumières, comme des lampes-tempêtes tenues à bout de bras. Arrivés sur place, ils sont violemment agressés par une ombre immense et en réchappent de justesse.

Le moral n'est pas au beau fixe. Max se demande si ce n'est pas à lui qu'on en veut. A la suite d'une bêtise, d'une vague histoire de chantage, il s'était mis à dos des tueurs. Enfin, c'est ce qu'il dit. Pourtant il était persuadé de ne pas avoir laissé de traces derrière lui. La tension monte...

 

Dans ce dernier roman de Marie et Joseph, plus de trace de blues, de jazz, de cette musique qui imprégnait si fortement leurs précédentes œuvres.

Pourtant demeure le côté rural, poétique, ode à la nature. Il plane une atmosphère de fantastique, de mystère, d'irrationnel. Comme une résurgence des contes de fées dans lesquels la sorcière, les loups-garous se taillaient la part belle.

L'onirisme perdure accommodé à la sauce vingtième siècle et ses références à la drogue, la réinsertion et aux magouilles.

Même s'ils ne faisaient pas l'unanimité, Marie et Joseph laissent un grand vide à la Série Noire.

MARIE & JOSEPH : Venez voir les cadavres, mesdames. Série Noire N°2276. Parution septembre 1991. 192 pages. 6,65€.

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 13:28

Bon anniversaire à Béatrice Nicodème

née le 26 novembre 1951.

Béatrice NICODEME : Mauvaise rencontre.

Anna, fâchée avec son compagnon Pascal, décide de partir seule, dans sa petite voiture, alors que la nuit se profile à l’horizon.

Elle est avide d’indépendance, ressentant un besoin de liberté totale pour s’exprimer pleinement dans la peinture, son travail et sa passion. Un banal accrochage avec un animal, sa voiture qui tombe en panne, et c’est le début des ennuis.

Anna voit, ou croit voir dans les frondaisons baignées d’obscurité d’étranges silhouettes se livrant à d’inquiétantes activités. Elle se résout à contre cœur à faire appel à son ex puis rentre chez elle pour recevoir un appel anonyme.

Le premier d’une longue série qui empoisonne son existence. Le temps passe, dans un début de chaos cérébral, elle héberge une amie Fanny, retrouve un ancien condisciple de l’école de peinture qu’elle a fréquenté pendant quelques années, continue à donner des cours à des étudiants plus ou moins doués.

Jusqu’au jour où, les appels téléphoniques anonymes ne suffisant plus elle est confronté à un cadavre gisant dans son petit appartement. Nul doute, quelqu’un lui en veut. Qui persécute Anna et pourquoi, Béatrice Nicodème se charge de vous le révéler dans ce nouveau roman sélectionné pour le prix du roman d’aventures.

 

Bon roman de suspense, mais un peu faible comparé à La tentation du silence, Mauvaise rencontre joue avec les nerfs du lecteur.

L’intrigue est menée tambour battant, l’ambiguïté des personnages reste plausible, toutefois l’épilogue qui joue sur une coïncidence, le hasard a souvent bon dos, est un peu tiré par les cheveux.

Toutefois ne boudons pas notre plaisir et apprécions ce cru qui n’est pas exceptionnel mais se laisse déguster.

 

Béatrice NICODEME : Mauvaise rencontre. Le Masque jaune N°2455. Parution septembre 2001. 250 pages. 7,50€.

Existe au format Kindle : 4,99€.

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 12:07
Janine ORIANO : O.K. LEON !

Ça marche aussi comme ça : ! NOEL K.O.

Janine ORIANO : O.K. LEON !

Installé depuis peu dans son appartement, Léon reçoit des colis alimentaires de luxe de la part d'un mystérieux donateur. L'intérieur des papiers d'emballage est couvert de graffitis en forme de rébus qu'il ne peut déchiffrer.

Auprès de Berthe sa fiancée, qui passe trop de temps avec son cousin Gaston, et de la mère de celle-ci, il attribue ces dons à un oncle d'Amérique qu'il a perdu de vue depuis une vingtaine d'années et dont le seul cadeau qui lui reste est l'œil de verre du grand Buggy. Le dernier colis contient quatre mitraillettes, sur la crosse desquelles sont gravées des initiales dont les siennes. Ce qui ne l'empêche pas de continuer à faire du porte à porte, en compagnie de la Dussèche, une vieille fille en forme de planche à pain amoureuse de lui, et de tenter de placer des livres reliés.

Deux malabars du nom d'Okay et de Biffetons débarquent chez lui et l'appellent Patron, se mettant à son service. Ils le conduisent auprès du Caïd, un vieillard qui expire dans ses bras avant de pouvoir lui confier un secret. L'Aristo, un troisième larron, se joint au duo, attendant que Léon retrouve un coffret rempli de dollars.

Ils obéissent aux moindres désirs ou ordres de Léon, qui ne pense qu'à son futur mariage. Un dénommé la Violette s'introduit chez lui et réclame le magot. Le trio l'en débarrasse vite fait, bien fait. Dans un bar où il a ses habitudes, il comprend en voyant un gros bras que la méprise provient de l'œil de verre qu'il exhibe n'importe où. L'homme vient des USA, spécialement chargé de déchiffrer le rébus. Léon lui donne rendez-vous chez la Dussèche qui l'aide à séquestrer le truand dans sa cave dont l'aménagement date de la Seconde Guerre Mondiale, engins de torture y compris.

Jaloux Léon propose à ses sbires de forcer le coffre-fort de Gaston, le cousin trop empressé de sa fiancée qu'il a surpris rentrant chez lui un volumineux paquet à la main. Le lendemain, Léon se rend chez Gaston : Berthe n'a pas donné signe de vie depuis 48 heures. Il reçoit un message signé du Furet, ami de La Violette, et se rend à l'adresse indiquée. Il retrouve sa fiancée sous l'emprise d'un somnifère et du Furet. Il négocie la liberté de sa promise contre le trio de choc et l'identité du gus chargé de déchiffrer le rébus.

 

Quiproquos et méprises ponctuent cette histoire digne d'une comédie policière de boulevard et dans laquelle l'action prime sur la description. Comme dans un célèbre magasin parisien, à chaque instant il s'y passe quelque chose. Il ne faut pas chercher de messages dans ce roman, simplement le plaisir de céder à la bonne humeur communicative et ambiante qui s'en dégage malgré les avatars de son héros et ses problèmes post-maritaux.

Janine Oriano ne se montre pas excessivement féministe, au contraire. Ses personnages, Berthe et la future belle-mère, sont empreints de duplicité et de cupidité, défauts éminemment communs aux deux sexes. Quant au héros, il fait partie de cette cohorte de personnages falots qui se subliment à un moment critique de leur existence et se découvrent un trésor intérieur de rouerie et de courage, capables alors de renverser le monde à leur profit. Janine Oriano possède le sens de l'intrigue et sait raconter une histoire.

Ce roman a été adapté au cinéma par Claude Vital en 1973 sous le titre de OK. patron

Il me regardait maintenant comme on regarde un mec qui retire sa chemise dans la rue, la partage en deux et offre la meilleure moitié à Boussac.

Réédition Carré Noir N° 441. Parution juillet 1982. 192 pages. 3,80€.

Réédition Carré Noir N° 441. Parution juillet 1982. 192 pages. 3,80€.

Janine ORIANO : O.K. LEON ! Série Noire N°1531. Première parution octobre 1972. 192 pages.

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 15:06

Ne le restera pas longtemps, quoi que...

Jean-François PAROT : L'inconnu du pont Notre-Dame.

L'affaire du collier de la Reine, dans laquelle est impliqué le cardinal de Rohan, n'a pas fini de faire des vagues lesquelles se prolongent jusqu'au Vatican. Nicolas Le Floch, commissaire aux affaires extraordinaires au Châtelet a même dû effectuer un voyage à Rome, rencontrer le pape Pie VI, afin de représenter diplomatiquement le roi Louis XVI. Le cardinal Bernis en profite pour lui remettre deux médailles, destinées l'une à madame Louise, la prieure du Carmel de Saint-Denis, l'autre à une personne qui est chère à Le Floch, marquis de Ranreuil. Ce qui ne manque pas de le plonger dans de profondes conjectures.

De retour à Paris, Nicolas Le Floch est invité à se rendre à une réception organisée par le Duc de Dorset, ambassadeur de la couronne d'Angleterre à Paris. Il y retrouve, outre un personnage dont il se méfie, Lord Aschbury, le chef des Services secrets anglais, le vieux Lord Charwel, lequel est accompagné de sa femme. Le Floch est estomaqué car il reconnait en la charmante épouse Antoinette, dite La Satin, agent du Secret français à Londres, et mère de son fils Louis de Ranreuil. Heureusement Antoinette, qu'il n'avait pas revue depuis des années, ne bronche pas. Elle est devenue plus flegmatique que les représentants de la perfide Albion.

 

Le lendemain, 16 mai 1786, il se rend à la Bibliothèque du Roi, dirigée par Le Noir, son ancien supérieur au Châtelet qui depuis est devenu bibliothécaire du roi. Le Noir déplore la disparition de Halluin, le conservateur au cabinet des médailles, depuis quelques jours. Mais aucun vol ne serait enregistré, apparemment. En compagnie de son subordonné et ami, l'inspecteur Bourdeau, Le Foch va s'atteler à la tâche, mais il doit partager son temps avec d'autres affaires qui le requièrent.

Toutefois il se rend en compagnie de son adjoint au domicile du garde des médailles. Et si l'appartement est fort bien rangé, il comporte quelques anomalies. Dans la penderie sont accrochés des vêtements féminins, et des pots de parfumerie et de soin de la peau sont visibles. La portière, causante comme une concierge mal lunée, ne tarit pas d'invectives envers son locataire, ainsi qu'à l'encontre d'un barbier, le merlan comme elle l'appelle, qui lui rend visite de temps à autre. Pour Nicolas Le Floch et son compère, Halluin est un personnage ambigu dont il serait bon d'approfondir la personnalité.

 

Le transfert des inhumés au cimetière des Innocents agite la populace, tandis que la démolition des maisons érigées sur le pont Notre-Dame est entamée au grand dam de nombreux Parisiens. Or le cadavre d'une femme vient d'être découvert dans les ruines du troisième étage d'une de ces habitations. Le Floch et Bourdeau se précipitent. Le visage de la femme est écrasé et donc inidentifiable, seulement, après vérification par Sanson, le bureau qui fait office également de légiste, cette femme est un homme. De plus cet individu n'a pas été trucidé, poignardé sur place mais il a été transporté. Dans une doublure de ses vêtements gît une facture relative à des pots d'onguent, comme ceux découvert chez d'Halluin.

Comme si les choses n'étaient déjà pas assez compliquées comme ça, Sartine, ancien lieutenant général de police et ancien ministre, demande à ce que Louis de Ranreuil, le fils de Nicolas Le Floch, serve de garde rapprochée à Antoinette Godelet, devenue Charwel, la Satin (le S est important !), une mission pour le moins délicate, car comment se déroulera l'entrevue entre la mère et le fils, sans que chacun des personnes mises en présence l'une de l'autre ne dévoile leur parenté. Antoinette serait à même de déjouer un projet visant Louis XVI et la royauté en général. Une guerre larvée et diplomatique qui serait préjudiciable à la France.

 

Une médaille à la Méduse réapparait inopinément et c'est ainsi que Le Floch, Bourdeau et Le Noir se rendent compte que celle enfermée dans une vitrine du cabinet des médailles, n'est qu'un faux, une reproduction en cire, parfaitement imitée. Une médaille convoitée par la Reine afin d'orner un meuble. Et des plans des Champs Elysées sont retrouvés de-ci de-là, mais pour le moment il leur est impossible de comprendre leur signification même auprès de Federici, le gardien de cette promenade possédant une mauvaise réputation malgré les efforts consentis pour son aménagement.

 

Les investigations de Le Floch le mèneront dans un Paris qui sans être comparable à la cour des Miracles est le fief des receleurs et des maisons de jeu, jusqu'en rade de Cherbourg que Louis XVI doit visiter, un projet qui ne doit pas tomber à l'eau.

 

Les intrigues de cour sont le terreau des romans historiques, épicés de dangers disséminés aussi bien dans les tréfonds d'une ville soumise à la perdition ainsi qu'au lucre, à la tentation et à la trahison. Les voyous de basse extraction côtoient les bourgeois et gentilshommes, dont les buts sont différents mais complémentaires.

Et dans ces arcanes qui passent rapidement de la lumière à l'obscurité, Le Floch va devoir naviguer pour mener à bien son enquête qui est rongée par la révélation étonnante et surprenante de sa naissance. Le tout est enrobé d'un voile de complots et d'intrigues de cour et de basse-cour, comme Dumas (et ses complices) savait si bien les écrire et les mettre en scène. D'ailleurs les références à Dumas ne manquent pas, ne serait-ce que cette appétence à décrire les banquets et les recettes de cuisine, dont certaines rapportées d'Italie par Le Floch. Les drames couvent, et des pointes d'humour surgissent, comme par exemple l'entrevue entre La Paulet, tenancière de maison dite close mais ouverte à toutes les bourses, et devineresse au langage fleuri et approximatif.

Et comme dans le roman de Jean-Christophe Portes, L'affaire des Corps sans tête, Jean-François Parot nous présente en Louis XVI un roi différent de celui qui était décrit dans les manuels d'histoire scolaires, pour autant que je m'en souvienne. Ce n'est pas à un roi fade, sans réelle envergure auquel le lecteur est confronté mais à un personnage qui réfléchit, ne dépense pas sans compter, et dont les projets, s'ils avaient pu être menés à bien, auraient pu en faire un monarque influent et considéré. Mais comme toujours, c'est son entourage qui entrava ses velléités de réformes.

 

Jean-François PAROT : L'inconnu du pont Notre-Dame. Les enquêtes de Nicolas Le Floch. Editions Jean-Claude Lattès. Parution 14 octobre 2015. 448 pages. 19,00€.

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 09:30
J.A. JANCE : Point de chutes

Et chutes à point !

J.A. JANCE : Point de chutes

Si vous êtes un fidèle visiteur de ce blog, et plus particulièrement de ma rétrospective Série Noire, point n'est besoin de présenter J.P. Beaumont, inspecteur de la police de Seattle, qui exerce ce métier non pas pour l'appât du gain mais par vocation, presque par amour.

Détaché comme conseiller auprès du réalisateur de cinéma Sam Ciné Goldfarb, il doit veiller à une bonne image de marque de la police, à ce que les faits et gestes des policiers ne soient pas dénaturés dans le film. En un mot, qu'on ne les prenne pas pour des guignols.

C'est difficile avec quelqu'un comme Sam Ciné Goldfarb, un réalisateur imbu de sa petite personne et qui se préoccupe plus de sensationnel que de véracité.

En tout cas le cadavre qui flotte entre deux eaux dans le port de Seattle, au moment d'effectuer une prise de vue, est bien réel celui-là. Et parce qu'il a un accrochage avec l'un de ses jeunes collègues de la Criminelle, qui fait des pieds et des mains pour se mettre en valeur, J.P. Beaumont décide d'enquêter en parallèle.

Une enquête qui le conduira à côtoyer des monteurs en charpente métallique. Des monteurs qui savent descendre en chute libre du 43è étage, et cela sans filet. Par exemple Angie Dixon. Mais est-ce bien un accident ?

Dans cette cinquième aventure, Beaumont prend un peu plus d'étoffe, est toujours fâché avec le matériel téléphonique moderne, branle souvent du chef mais est toujours aussi efficace et éminemment sympathique.

 

Si J.A. Jance n'innove pas beaucoup, elle construit des romans solides, agréables à lire, et c'est le principal, pour ne pas dire l'essentiel.

 

Il y a une chose sur les hôpitaux que je ne suis jamais arrivé à comprendre : si les malades sont censément là pour se reposer et reprendre des forces, comment se fait-il que les infirmières les réveillent à l'aube, les nourrissent, prennent leur température puis les abandonnent toute la journée à ne rien faire?

 

Bonne question, n'est-ce pas ?

J.A. JANCE : Point de chutes (A more perfect union - 1988. Traduction de Simone Hilling). Série Noire N°2196. Parution août 1989. 288 pages. 7,80€.

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 15:08

S'il est bien une caractéristique qui caractérise les Français en général, c'est de se croire supérieurs tout en se dénigrant.

Hubert DELOBETTE : Ces Français qui ont révolutionné le Monde.

Cela se traduit par plusieurs symptômes, que ce soit dans le domaine sportif, le plus visible, mais dans le langage aussi bien parlé qu'écrit, ou dans diverses manifestations technologiques, scientifiques, l'apologie de l'américanisme faisant foi. Ainsi, tandis qu'au Siècle des Lumières, le Français était langue officielle, aujourd'hui non seulement c'est l'Anglais qui prédomine, mais les Français usent, pour ne pas dire abusent, des expressions anglo-saxonnes.

Ce qui est un déni flagrant, non point de patriotisme, ce mot est galvaudé, mais tout simplement d'honneur d'appartenance à une nation qui rayonna plus par ses avancées scientifiques, culturelles et sportives que par ses guerres.

Ces chercheurs, ces découvreurs, ces inventeurs, ces innovateurs, la plupart du temps sont aujourd'hui oubliés, mais leurs inventions perdurent, parfois récupérées par d'autres nationalités. Pour de simples raisons d'obscurantismes étatique et financière.

Ainsi si l'on se souvient de Denis Papin et de sa machine à vapeur et de Joseph Cugnot et de son fardier, dont les livres d'histoires nous relataient les exploits, qui connait le nom de Jouffroy d'Abbans, le concepteur de la navigation à vapeur. Seulement pour de fallacieuses raisons d'emplacement des essais, il se verra spolié de son invention. En effet les essais sont réalisés le 15 juillet 1783 lorsque le Pyroscaphe, le navire qu'il a conçu, remonte la Saône devant 10 000 spectateurs, chargé de 1 500 tonnes de matériaux divers.

A Versailles, pourtant, la commission chargée d'examiner son dossier le rejette au motif qu'une telle démonstration ne peut être faite qu'à Paris, sur la Seine, devant les membres des académies royales !

Mais ruiné, Jouffroy d'Abbans ne peut réitérer son exploit, et s'exile en Italie. Un Américain, du nom de Fulton, s'est emparé de cette invention, et il en récoltera les fruits.

 

Plus troublante et plus fumeuse, l'histoire de Charles Sauria qui inventa l'allumette qui s'allume toute seule. Auparavant il fallait des brandons, l'archet à feu ou encore le briquet à amadou pour allumer un feu, une torche, une bougie. Féru de physique-chimie, il passe ses années d'étudiant à effectuer des recherches et c'est un peu par hasard (comme bien souvent) qu'il parvient à mettre au point cette allumette connue dans le monde entier et qui s'allume par simple frottement sur un grattoir, ou avant l'invention de l'allumette dite de sécurité, sur le talon de la botte ou le pantalon.

Des amis lui conseillent de déposer un brevet. Mais comme il ne dispose pas des 1 500 francs (nous sommes au début des années 1830) nécessaires, l'invention lui échappe. Surtout elle arrive bientôt en Allemagne, où monsieur Nicollet, le professeur de chimie, a au cours d'un voyage naïvement expliqué la recette à des homologues scientifiques.

 

Autre histoire édifiante, celle de Louis Pouzin, l'homme qui tissa la Toile. Celle dont on se sert tous les jours, par écran interposé : Internet. Spécialiste en informatique; Louis Pouzin crée, à l'initiative du Général De Gaulle, un programme destiné à relier en réseau des ordinateurs, programme qu'il intitule Cyclades, en référence aux 250 îles grecques. Seulement lors de l'arrivée de Giscard d'Estaing à la présidence de la République, la donne change et c'est l'exploitation du Minitel qui est favorisée. Qui se souvient du Minitel de nos jours, sauf ceux qui étaient adeptes du Minitel Rose ?

 

Le téléphone sonne... et ce n'est pas grâce à Graham Bell, comme on nous l'enseigne couramment mais à Charles Bourseul, qui mit au point ce moyen de communication en 1854. D'ailleurs, n'en déplaise à ses détracteurs (une invention française c'est trop beau pour être vrai !) il suffit de se reporter à un article paru dans le journal L'Illustration du 26 août 1854, dans lequel il décrivait le principe même du téléphone. Charles Bourseul débute comme commis aux Postes et Télégraphes, et devient rapidement spécialiste es-morse. Il est donc bien placé pour vanter son invention, et la Poste, par sa hiérarchie, lui signifie de s'occuper de choses plus sérieuses ! On n'arrête pas le progrès, parait-il, sauf quelques imbéciles qui n'acceptent pas que leurs employés puissent avoir des idées.

 

Par la faute de moyens financiers, par la faute de l'état pour qui Paris est le centre du monde, ou de banques trop frileuses qui préfèrent jouer en bourse l'argent déposé par leurs clients que d'aider des entreprises ou des chercheurs, des inventions françaises ont donc été récupérées par d'autres nations ou des particuliers opportunistes qui ont bâti leurs fortunes sur des spoliations.

 

Un autre frein à la créativité réside en la peur des ouvriers face à des machines qui vont leur prendre leur travail et supprimer des emplois. Une fois de plus reportons-nous à nos livres scolaires d'histoire, et remémorons-nous les soulèvements des canuts lyonnais, face aux métiers à tisser de Jacquard et de la machine à coudre de Thimonnier. Je n'en dis pas plus, préférant vous laisser le plaisir, et l'émotion voire la colère, en lisant l'article qui leur est concerné.

 

Heureusement tous n'ont pas connu ce genre de déboires, même si leur nom n'est pas passé à la postérité comme Constantin Senlecq, le père grand du petit écran, écran que, amélioré, nous regardons tous ou presque tous les jours, pour suivre les infos, regarder des retransmissions sportives ou suivre des séries... télévisées. Ou Marcel Desprez qui mit au point les lignes électriques capables d'acheminer l'électricité jusque dans le moindre foyer reculé de la France profonde.

 

En 43 articles, sous forme de vignettes comme des minis-séries télévisées, ou des historiettes de bande dessinées en une ou deux pages, abondamment illustrées, Hubert Delobette recense donc quelques destins d'hommes et de femme qui ont étudié, travaillé, cherché, réalisé, pour le progrès, le bienfait de l'humanité, et qui ont obtenu les honneurs ou sont tombés dans les oubliettes pour des raisons décrites ci-dessus. Et Hubert Delobette fait donc œuvre pie en nous les présentant et les sortant, pour certains, des placards dans lesquels ils sont enfermés comme quantité négligeable.

Un ouvrage qui permettra d'évacuer quelques idées reçues et ne manquera pas de vous intéresser, vous et vos enfants, et redorera le blason français, sans pour autant verser dans un chauvinisme malséant.

Hubert DELOBETTE : Ces Français qui ont révolutionné le Monde. Le Papillon Rouge Editeur. Parution le 23 octobre 2015. 288 pages. 19,90€.

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 13:22
Pierre FORT : Le mec à l'eau de la Générale.

Le Poulpe se mouille !

Pierre FORT : Le mec à l'eau de la Générale.

Le Poulpe s’intéresse de près à la mort supposée accidentelle d’un toubib, fondateur de Médecins des Hommes et qui depuis quelque temps s’était retiré pour exercer son art dans les Alpes, non loin de Grenoble.

L’homme vivait dans un petit village et menait le combat avec les écolos contre la construction d’un barrage dans un site protégé ou encore contre les intégristes anti IVG.

Il avait reçu des lettres de menace, des inconnus avaient tagué des inscriptions stigmatisant l’avortement, mais de là à le supprimer...

Pourtant Gabriel possède la conviction intime qu’il s’agit bien d’un meurtre. L’enquête va déboucher sur des magouilles politico financières, des pots de vin pour des seaux d’eau minérale.

Or chacun sait que l’eau est très difficile à digérer (d’ailleurs ne dit-on pas que l’eau bue éclate ! ), et le Poulpe a intérêt à ménager ses os.

 

Toute ressemblance avec des affaires ou des personnages ayant existé est évidemment fortuite et Pierre Fort fait œuvre de fiction, cela va de soi.

Un bon Poulpe, mené avec un certain humour, dont le livre de chevet est un ouvrage de Pierre Desproges, et qui égratigne par ci, par là.

La télévision, exemple :

 « je suis journaliste, pas présentateur TV ! »

ou encore

« ... des infos qui n’étaient jamais passées à vingt heures dans les émissions de variétés encore appelées journaux télévisés par nostalgie »,

enfin la petite dernière

« Autant chercher une lueur d’intelligence dans l’œil d’un animateur de TF1 ».

C’est pas moi qui l’écrit, c’est Pierre Fort, et entre nous, il a raison.

 

Pierre FORT : Le mec à l'eau de la Générale. Le Poulpe N°148. Editions Baleine. Parution janvier 1999. 182 pages. 8,00€.

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