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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 13:29

Le genre de bonnes relations toujours utiles...

Pierre SINIAC : Des amis dans la police.

Lors de la parution d'un nouveau roman de Pierre Siniac, le lecteur impatient était sujet à une interrogation simple mais anxieuse : qu'allait bien pouvoir nous inventer cet auteur imprévisible ?

Une histoire à la limite ou franchement fantastique comme Charenton non stop ou L'affreux joujou ? Une histoire en spirale comme Femmes blafardes ? Une histoire d'aventures comme Les Morfalous ? Un recueil de nouvelles comme Reflets changeant sur mare de sang ou L'unijambiste de la côte 284 ? Un roman consacré à ses affreux personnages que sont Luj Inferman et La Cloducque, des San-Antonio et Bérurier en négatif ? Une histoire totalement farfelue comme De l'horrifique chez les tarés ?

Que nenni ! une histoire toute simple mais avec un dénouement étonnant et renversant, tel est Des amis dans la police.

Siniac ne peut rester simple et même dans un court roman, ou une grande nouvelle, il faut qu'il étonne et piège le lecteur.

 

Je sais que vous avez tué une femme. Ce crime parfait est resté impuni, mais ça pourrait changer. Ne prenez surtout pas cet aveu charitable pour une plaisanterie.

Un petit mot doux comme celui-ci a de quoi vous occasionner une crise cardiaque. Surtout si ce message, vous le trouvez coincé entre deux pages d'un livre d'occasion que vous venez d'acheter chez votre bouquiniste préféré.

L'Albinos, surnommé ainsi pour des raisons qui crèvent la vue, et ex-inspecteur de police, en fait la funeste expérience. Sa compagne et Jo, son seul ami et inspecteur de police lui aussi, vont remonter la filière, essayant de savoir :

Primo, qui a bien pu glisser ce carton révélateur et mortel dans le livre acheté par Germain dit l'Albinos.

Secundo, qui est si bien au courant de la vie privée du dit Albinos et de certaines affaires remontant à quelques années.

 

Non seulement ce livre de Pierre Siniac est un petit régal d'ingéniosité mais de plus il fourmille de références ayant trait à la littérature policière.

Un excellent Siniac !

Pierre SINIAC : Des amis dans la police. Le Masque Jaune N° 1949. Parution mars 1989. 124 pages.

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 07:19
Frédéric FOSSAERT : Prouvez-le !

Plus facile à dire qu'à faire !

Frédéric FOSSAERT : Prouvez-le !

Lorsqu'un quidam est un cadre insignifiant dans une maison de contentieux et qu'un héritage assez conséquent lui tend la main, comment va-t-il réagir ?

Prendre l'héritage et donner sa démission ?

Normal, non ? Cet argent, ce serait trop bête de ne pas le faire fructifier, toujours normal, non ?

Pour cela il achète un immeuble, qu'il entreprend de faire rénover, et si un locataire un peu trop résistant n'accepte pas de partir contre rétribution, quel mal y a-t-il à exécuter un petit meurtre bien propre ?

Opération réussie, il n'a plus qu'à chercher d'autres moyens pour augmenter son capital. Et lorsqu'on est rentier discret et bourgeois, l'on s'attire bien des sympathies.

 

Frédéric Fossaert nous distille une bonne bouffée d'humour, noir bien entendu, mais bouffée dont nous avons besoin pour effacer tous ces remugles, ces miasmes, ces noirceurs, qui doivent être dénoncés et le sont, heureusement, par des auteurs de romans noirs dont, si le style dépend du roman policier, l'objectivité ne doit pas être mise en doute. Seulement le regard d'ensemble ne suffit plus, il faut cerner, agrandir quelques petits faits divers, comme celui des Minguettes.

Souvenez-vous !

Livre réjouissant, débridé, à l'écriture et au style mieux soutenu dans la deuxième partie du roman avec un dénouement somme toute logique.

 

Frédéric FOSSAERT : Prouvez-le ! Série Noire N°2022. Parution octobre 1985. 192 pages. 4,90€.

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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 12:08

Alimentaire, mon cher Watson.

Colin THIBERT : Le festin d’Alice.

Au début des années 1960, Pierre Perret chantait “ Au Tord-boyau ”, une chanson qui décrivait une gargote et son patron tous deux cradingues, avec humour et drôlerie argotique.

Au Tord-Boyaux, Le patron s'appelle Bruno, Il a d'la graisse plein les tifs, De gros points noirs sur le pif… Or ce tord-boyau devient la cantine obligée de toutes les personnes branchées : “ Cet endroit est tellement sympathique, Qu'y a déjà l'tout Paris qui rapplique, Un p'tit peu déçu d'pas être invité, Ni filmé par les actualités ”.

Des voisins s’étant plaints de l’odeur nauséabonde qui stagnait dans l’escalier, des policiers investissent un “ appartement ravioli ” avec à leur tête le commissaire Argouge accompagné par Alice Delain, une inspectrice de DGCCRF, autrement dit la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes et de Jean-Luc, un interprète.

Un appartement ravioli, dans le jargon des flics, c’est un appartement aménagé en cuisine dans lequel un traiteur asiatique élabore des plats exotiques dans des conditions d’hygiène et de travail déplorables, une officine non déclarée bien évidemment. Le quatre étoiles de la crasse, graisse suintante et cafards grouillants à l’appui. A la tête de ce boui-boui règne une vieille Chinoise ce qui explique la présence de l’interprète qui possède plusieurs dialectes à ses cordes vocales. Les congélateurs regorgent d’aliments bizarres et pas très frais.

La gérante veut interdire l’accès de sa chambre aux policiers et lorsque ceux-ci trouvent anormal qu’un congélateur tout neuf trône dans la pièce, celle-ci est atteinte d’un malaise qui les oblige à une évacuation vers l’hôpital le plus proche. Alice Delain prélève quelques bricoles dans ce congélateur, des aliments sous sachets qui semblent plus appétissants que les autres préparations, ainsi qu’un carnet noir.

Dans son laboratoire, un nem plus gros que les autres attire son attention et bingo, c’est le gros lot. Ce nem recouvre une cinquantaine de Napoléons, tandis qu’un autre sachet recèle quelques milliers de dollars. Une aubaine pour Alice dont les moyens financiers sont assez restreints. Jean-Luc, lui, alors qu’il s’introduit en catimini dans l’appartement se trouve nez à nez avec une jeune femme boutonneuse, employée temporaire de la vieille Chinoise mais qui semble lui vouer une haine féroce. Michaud, l’adjoint d’Alice, désirant aider celle-ci absente, décortique quelques sachets, et l’analyse des ingrédients démontre que des éclats d’os humains sont présents dans ces petits pâtés. Nouvelle aubaine pour Alice et Jean-Luc, attiré par les charmes indéniables de la jeune femme, qui montent leur petite entreprise de chantage.

Mais cela n’est pas du goût de L’Hiver, alias monsieur Zheng, un malfrat particulièrement sadique, à la tête d’une mafia sino-parisienne doublé d’un responsable de la restauration chinoise spécialisé dans les plats surgelés, le côté officiel du négoce, et de revente annexes non avouables. Les meurtres vont s’enchaîner au détriment parfois de pauvres innocents.

 

Le lecteur ne restera pas sur sa faim une fois ce roman terminé. Un ouvrage particulièrement roboratif, dont l’humour noir suinte à chaque page, mais qui ne se veut pas une enquête dans les milieux gastronomiques.

Juste une mise en scène quoique les exemples de restaurants, dont les cuisines dans un état de saleté repoussante feraient fuir les clients si d’aventure le chef cuistot les invitaient à une visite guidée, ne manquent pas. L’envers du décor n’est pas toujours reluisant.

C’est aussi une façon de dénoncer ces services de préparation de repas à domicile parallèles qui sortent du marché pour des raisons complexes, et de l’emploi de travailleurs sans papiers. Mais ça on le sait depuis que des boutiques de restauration rapide ont été épinglées justement pour utiliser des travailleurs sans-papiers, sans le savoir paraît-il.

Un roman très cinématographique écrit par un spécialiste de l’audiovisuel, puisque Colin Thibert est aussi bien écrivain que scénariste. Il manie les effets visuels avec une grosse dose de burlesque, les dialogues sont incisifs, sarcastiques, et le tout enveloppé d’une couche de causticité.

Colin THIBERT : Le festin d’Alice. Fayard Noir. Parution septembre 2009. 362 pages. 20,30€.

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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 07:49
Gérard DELTEIL : La confiance règne.

Sauf dans la Finance...

Gérard DELTEIL : La confiance règne.

Christian Baraudy n'est peut-être pas allé longtemps à l'école mais il possède incontestablement la bosse du commerce.

Et ce n'est pas un passage de vingt jours en prison à cause d'un serviteur trop zélé de la brigade financière et d'un juge qui se prend trop au sérieux, qui va lui couper les pattes, les moyens et son esprit d'entreprise. Des idées il en a revendre.

Aussitôt sorti de prison, il remonte illico presto une affaire d'articles de sport, magasins en franchise à la clé, sous-traitance assurée. Heureusement il avait prévu ses arrières et possède un minimum de fonds grâce à la fidèle Mathilde, sa collaboratrice. Savoir s'exprimer, présenter les choses d'une manière claire, explicite, faire miroiter moult avantages principalement financiers aux partenaires indécis, se servir d'une façon éhontée du crédit et du leasing, trouver des gogos qui ne savent pas comment employer leur argent péniblement économisé, et en quelques semaines se trouver à la tête d'une affaire apparemment saine, voilà de quoi Christian Baraudy est capable.

Bien sûr parfois il y a quelques petits pépins, des retours de flammes. Et parmi les gérants de ses magasins d'articles de sport, certains ne se débrouillent pas toujours de façon satisfaisante. Il faut trancher dans le vif. Baraudy se sépare de ses soi-disant partenaires, mais ceux-ci ne récupèrent pas leur apport, ce qui provoque tirage, dissensions, plaintes et empoignades. Des fois, cela va même plus loin. Ils deviennent vraiment embêtants, comme un caillou dans la chaussure. Baraudy sourit, crispé, car le flic obsédé de la financière est toujours sur ses talons, de même qu'un journaliste miteux.

 

Une fois de plus Gérard Delteil a écrit un roman sobre et efficace. Un roman qui va faire grincer plus d'un rapace du commerce, en tout genre, principalement les directeurs d'entreprises faussement prospères, qui ouvrent des magasins à la chaîne, fermés aussi vite qu'ouverts. Des commerces qui se cassent la figure du jour au lendemain sans que le commun des mortels sache pourquoi.

Mais Gérard Delteil sait de quoi il parle, lui qui fut journaliste et a enquêté souvent pour des magazines comme Que choisir.

Réédition Folio Policier N°263. Parution juillet 2002. 208 pages. 6,40€.

Réédition Folio Policier N°263. Parution juillet 2002. 208 pages. 6,40€.

Gérard DELTEIL : La confiance règne. Série Noire N°2255. Parution février 1991. 192 pages.

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 12:28

J'ai rêvé New York, j'ai rêvé New-York,

j'ai rêvé New-York City sur Hudson (Yves Simon).

Dimension New-York 1. Rétrobabylon. Recueil collectif de nouvelles.

Découvrez New-York comme jamais vous ne l'avez vue, ni même imaginée, sauf peut-être en rêve. A l'instar de cette mégapole hétéroclite construite comme un patchwork multiculturel d'ethnies vivant plus ou moins en symbiose, ce recueil se veut éclectique, historique, fantastique, anticipatif, uchronique, ou tout simplement la relation de la vie quotidienne de ses habitants, de ses touristes et bien avant eux de ceux qui l'ont envahie.

Des images qui collent à nos yeux, ces gratte-ciels immenses, Central Park ou encore Harlem, foyer de la culture afro-américaine et ancien ghetto devenu un quartier bourgeois une enclave de Manhattan, le Bronx, réputé pour être le quartier le plus dangereux, Brooklyn, le Queens et Staten Island qui inspira bon nombre d'écrivain de fantastique.

 

Alors parmi tous ces textes, j'ai choisi de vous en présenter quelques-uns, représentatifs de la diversité du recueil.

 

Connaissez-vous l'origine du nom Manhattan ? C'est ce que nous révèle Philippe Lemaire dans Chronique Manna-hata. A l'origine une peuplade d'Amérindiens, alors nommés Indiens pour les raisons historiques que l'on connait, vivait dans cette île. Seulement les Hollandais s'y installèrent, s'abritant derrière des palissades et l'endroit devint Nouvelle-Amsterdam. Chogan apprend à son neveu Achak que les hommes blancs sont morts de peur, car il y aurait des morts-vivants. Il parle même d'un certain Radu Dracula et d'Alexandru Farcau, des envahisseurs venus du Pays-par-delà-la-forêt, de l'autre côté de la grande mer.

 

Profitons-en pour effectuer un bond en avant avec François Darnaudet qui revisite la Légende du Cavalier sans tête, un texte écrit par Washington Irving en 1819-1820. Un texte fondateur devenu sous la plume de Darnaudet Retour à Sleepy Hollow mais dont l'épilogue est étonnant puisque ancré dans la fin du vingtième siècle.

 

L'arrivée au port de Manhattan, le 13 juillet 1863, n'est pas celle qu'escomptaient les cousins Steph et Léo, en provenance directe de Belfast, à bord d'un cargo. Leur petit pécule s'est réduit, le capitaine s'étant montré plus exigeant quant au prix de la traversée que lors de leur embarquement. Ils désirent se rendre en Colombie Britannique, la fièvre de l'or les attirant. Mais pour se rendre au Canada, tout à l'Ouest, ce n'est pas une mince affaire, et les transports coutent chers. C'est ainsi que Steph et Léo découvrent, sous la plume de Patrick Planès cette ville en ébullition, avec ses immigrants, Irlandais, Chinois et les Noirs qui arrivent, la Nigger War, ou guerre de Sécession, les incitant à se rendre dans le Nord. La conscription requiert des jeunes hommes entre vingt et trente-cinq ans, jusqu'à quarante-cinq pour les célibataires. Mais ils découvrent également le racisme, les Américains de fraîche date vitupérant déjà contre les envahisseurs et surtout les Noirs qui leur prennent leur travail alors qu'ils sont obligés d'aller guerroyer. Brisants New-Yorkais tel est le titre de cette nouvelle qui mériterait d'être développée en roman.

 

Toujours dans le domaine historique, proche cette fois, Jean Mazarin nous entraîne dans une forme d'uchronie intitulée Adieu, Général. Imaginez que le Japon soit sorti vainqueur de la confrontation qui l'opposait aux USA lors de la Seconde Guerre Mondiale. Charlène est journaliste depuis cinq ans au New-York Star, un hebdomadaire. Elle doit ramener un entretien avec le général Mac Arthur, le seul grand militaire encore vivant selon son rédacteur en chef. Un chauffeur de taxi Asiate la dépose à la tour Sud du Waldorf et, munie de papiers en bonne et due forme, elle est conduite à l'appartement du général qui possède un valet, l'amiral Nimitz.

 

Cathy Coopman : La dogwalkeuse. Comme son titre l'indique, la protagoniste principale se fait un peu d'argent en promenant le chien d'une dame trop occupée pour le faire elle-même. Shana, irlando-parisienne, productrice de films, fait une coupure à New-York déçue par l'infidélité de son amant. Elle s'est installée dans le Queens chez un ami et ce petit boulot lui sert également de dérivatif. Pendant ce temps, de l'autre côté de l'Hudson, un homme promène son chien, attrape au vol une femme qui manque s'étaler sur le bitume à cause de sa petite chienne. Les deux humains font connaissance de même que les deux canidés, mais pas de la même façon. Seulement comme le constate Mira à Mitch, qui déclare préférer la compagnie des hommes : dix femmes célibataires pour trois hommes, et sur ces trois hommes, une chance sur deux que l'un d'entre eux soit gay. Mira appelle cela de la chance, moi je dirai plutôt un risque, mais c'est elle qui voit après tout. Bon de toute façon ceci ne nous regarde pas, signalons que Mitch et Mira vont faire la connaissance de Shana. Pour la suite reportez-vous au recueil.

 

Jean-Marc Lofficier met en scène la magicienne Sibilla, héroïne des bande dessinées Hexagone (même éditeur) à Tribica, un quartier du bas-Manhattan, repaire d'artistes et de célébrités. D'où le titre évident de Sibilla à Tribica. Et le narrateur n'est autre que Marty Trumbull, agent immobilier, propriétaire de la meilleure agence. Enfin l'une des meilleures, selon lui. Un penthouse lui reste sur les bras à cause d'une mauvaise réputation. Les précédents locataires auraient disparus mystérieusement.

 

Meddy Ligner revisite un mythe new-yorkais et cinématographique dans Quand King Kong débarqua à New-York. Tocard, tel est le surnom donné à ce gamin de dix ans par son père. D'ailleurs sa mère n'est pas mieux lotie puisqu'elle a hérité de celui de la Niaise. Son mari passe son temps à la tabasser, ce qui n'est pas une démonstration d'affection. Tocard se réfugie dans la lecture de ses pulps. Jusqu'au jour où l'arrivée du Roi Kong est annoncée à bord d'un cargo. L'animal est confiné dans une cage immense et Tocard peut l'apercevoir à travers une grille. Lorsque leurs regards se croisent, il en résulte comme une télépathie et un échange de sympathie dans leur malheur.

 

Pierre A. Sicard nous montre dans 25Ȼ qu'un bienfait n'est jamais perdu malgré ce que peuvent penser les égoïstes, et en dépit de cette date fatidique que fut le 11 septembre 2001. Une histoire ricochet qui débute par une pomme offerte par un vieil épicier immigré à Matthew, lui-même originaire de Taïwan et devenu un ponte new-yorkais. Matthew passe à côté d'une SDF allongée et dormant sur le trottoir. Contrairement aux nouveaux riches, il lui donne un quart de dollar, seule pièce qu'il possède dans sa poche, mais la jeune paumée lui demande s'il n'aurait pas une pomme.

 

Avec Robert Barr, on ne quitte pas les milieux de l'argent, avec Le sorcier de Wall Street. Une histoire boomerang qui met en scène un nouveau riche prétentieux et arrogant. Il a débuté petit, est devenu très grand, mais est resté rapiat. Par exemple il ne prend pas de ticket à l'unité pour voyager à bord du Wall Street Express, mais une carte d'abonnement que tous les jours le conducteur, l'ancêtre du contrôleur, poinçonne. Un matin Jim Blades a omis de se munir de ce fameux bon de voyage et Peter McKim lui réclame un dollar. Blades furieux demande, exige même que le lendemain sa carte soit poinçonnée deux fois. Rien n'y fait, McKim se retranche derrière le règlement. Et si Blades ne veut pas s'acquitter de la modique somme, il sera débarqué manu militari en rase campagne.

 

Avec Entrailles Daphnis Olivier Boelens nous propose de visiter une autre facette de Big Apple, méconnue et dangereuse : ses bas-fonds. Et bas-fonds est le mot adéquat, car des individus, ceux que l'on nomme avec mépris les rebuts de la société, vivent sous terre. Et ce n'est pas franchement folichon. Une parabole sur l'avenir de la société si les riches s'engraissent de façon éhontée et les pauvres, les déshérités, obligés de se cacher pour survivre. Une histoire assez absconse, à mon avis, et qui démarque par son approche sociologique des autres nouvelles du recueil.

 

Christian Surieux nous emmène, dans NY Velvet plus loin dans le temps, franchissant allègrement quelques centaines de siècles alors que la Terre n'est plus qu'une immense Zone de détritus. Tout a commencé au Bronx, avec l'accumulation de déchets, puis cela s'est étendu pour tout recouvrir. Cinq gamins férus de musique, la leur, une autre musique, ont décidé avec l'aide de leur manager Vernon Sullivan, de sonder les couches entreposées les unes sur les autres, et de récupérer des sons. David Bowie, Lou Reed, des images, Andy Warhol, et leur groupe devient le New-York Velvet. Une autre façon de décliner : Toute la musique que j'aime, elle vient de là, elle vient d'la bouse...

 

La musique, mais également l'art photographique ont inspiré Rémi Guyard qui fait revivre Robert Mapplethorpe, le célèbre photographe portraitiste américain, et Patti Smith, qui non contente d'être la marraine du mouvement punk, s'adonne aussi bien à la musique, à la chanson, à la poésie, à la peinture et à la photographie. Une fiction librement inspirée par ces deux icones dans Parce que la nuit...

 

Maintenant à vous de découvrir ce monde de teinté de noirceur et merveilleux à la fois. La ville qui attirait les immigrés alors que la Statue de la Liberté n'était pas encore érigée et qui représente encore de nos jours le symbole d'un monde nouveau. Une ville véritable parc d'attraction en grandeur inhumaine et pourtant si chaleureuse, vivante, musicale, entreprise de rêves et peut-être de déceptions. Voyagez avec tous ces auteurs, sans ressentir de déception justement car la qualité et la quantité sont garanties.

Voyagez dans le temps, d'hier ou de demain. Personnellement j'ai préféré les nouvelles qui montraient New-York hier, voire même aujourd'hui, à celles de demain. Hier représentait l'espoir, l'espérance pour de nombreux immigrés, Irlandais, Italiens, Chinois, et pour les Noirs qui n'étaient plus considérés comme des esclaves, ou ne devaient plus l'être. Demain est trop incertain, trop noir, trop pessimiste.

Les jeunes plumes côtoient les vieux routiers et nous font croquer dans la Grosse Pomme, et laissez-vous tentez comme Blanche-Neige à la dégustation d'un fruit rutilant même si parfois le ver est dedans car il n'en aura que plus de goût.

 

Il ne manque juste que la liste des morceaux musicaux placés en introduction des textes.

 

TABLE DES MATIERES:

Préface de Philippe Ward qui a également écrit une introduction à chaque nouvelle en se référant à chaque fois à une chanson ayant New-York pour thème. Les traductions sont assurées par Jean-Daniel Brèque.

 

Daphnis Olivier Boelens : Entrailles

Philippe Lemaire : Chronique Manna-hata

Patrick Planès : Brisants New-Yorkais

François Darnaudet : Retour à Sleepy Hollow

Estelle Faye : Gardens in the Desert

Fabien Clavel : Rome n'est plus dans Rome

Romain Dasnoy : Un Télégramme pour Manhattan

Chantal Robillard : Ex

Jean-Marc Lofficier : Sibilla à Tribeca

Alize Gabaude : Grace

Roger Facon : Les Visages Voilés de Ténèbres

Olivier Deparis : Conditionnés pour survivre

Meddy Ligner : Quand King Kong débarqua à New York

Anne Escaffit : Mon New York, Ta Lumière

Vincent Jounieaux : Mini York

Luce Basseterre : Ceux qui sont restés

Pascal Malosse : Nocturnes

Jean Mazarin : Adieu, Général...

Maxime Tedesco : Les Rêveurs de Brooklyn Island

Arnauld Pontier : Liberty Island

Eric Boissau : Des Vers dans la Pomme

David Criscuolo : Station Fantôme

Catherine Rabier : Skyline

Christian Surieux : NY Velvet

Robert Barr : Le Sorcier de Wall Street

Robert Barr : Opération Boursière

Pierre-A. Sicart : 25Ȼ

Cathy Coopman : La Dogwalkeuse

Michael Espinosa : Les Invisibles

Rémy Guyard : Parce que la nuit...

Dimension New-York 1. Rétrobabylon. Recueil collectif de nouvelles. Collection Fusée N°39. Editions Rivière Blanche. Parution Août 2015. 570 pages. 35,00€.

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 07:42
Marc VILLARD : Rebelles de la nuit.

Le Triangle des Bermudes parisien...

Marc VILLARD : Rebelles de la nuit.

Marc Villard nous emmène dans un quartier chaud de Paris, situé dans un triangle Porte de la Chapelle, Barbès, Place de Clichy, sur les traces d’un éducateur de rue.

Tramson sillonne le XVIIIe arrondissement, aidant, motivant, secourant selon les situations des adolescents en délicatesse avec leur scolarité, de jeunes ouvriers qui manquent d'allant ou encre des mineures attirées dans les filets de maquereaux sans complexes.

Il est à la recherche de Fred Ballestra, le frère mineur d'une vedette de la techno. Le musicien s'est refusé à céder à un chantage et bien évidemment les malfrats veulent le faire plier en lançant un contrat sur son frère

Tramson retrouve assez vite l'adolescent dans la rue, et il essaie de le convaincre de rentrer dans sa famille. Sur le trajet, l’adolescent fait une halte dans une échoppe de restauration rapide servant du couscous et en ressort avec un stylet en plein cœur.

Seulement cette démarche s'avère plus complexe que Transom le supposait, une affaire de drogue se greffant sur cette disparition et l'artiste n'étant pas si net qu'il aimerait bien le faire croire.

 

Marc Villard est un tendre, un poète, un romantique, et malgré la noirceur de certains passages du roman, sous couvert de pessimisme, c’est un optimiste décrivant avec réalisme les vicissitudes d’une population d’émigrés, mais aussi de paumés, microcosme alimenté par un désabusement, une désillusion morale de la jeunesse, une déchéance physique due au chômage, à la drogue, marginalités de vaincus qui ne demande qu’à s’étendre, malgré les déclarations politiques de tout bord et peut-être aussi du je-m'en-foutisme général.

 

Les années ont passé depuis la parution de ce roman au Mascaret, dans une collection alors dirigée par Claude Mesplède, en 1987, mais rien n’a changé concernant ces rejetés de la société, au contraire.

Edition Le Mascaret 1987.

Edition Le Mascaret 1987.

Marc VILLARD : Rebelles de la nuit. Série Noire N°2653. Parution juin 2002. 160 pages. 7,65€.

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 11:03

Ça doit faire un de ces chahuts...

R. M. De NIZEROLLES : La forêt qui parle.

Cet ouvrage est la réédition abrégée d'une série sous-titrée Voyages extraordinaires d'un petit Parisien dans la stratosphère, la Lune et les planètes, publiée entre 1935 et 1937. A l'origine les aventures de Tintin, le petit Parisien, comportait 108 fascicules qui furent reliés en un seul volume en 1938. Le fascicule présenté ici portait le numéro 30.

De 1950 à 1951 seuls 26 fascicules ont été réédités.

 

Le Bolide, l'engin spatial en forme d'obus dans lequel voyagent M. Saint-Marc, un vieux savant, Timmy-Ropp le reporter anglais, le capitaine Rhinoff, agent secret, et Justin, alias Tintin l'intrépide petit Parisien, s'élance gaillardement vers Mercure à la demande d'un passager qu'ils ont accepté à bord en quittant Vénus.

La planète dédiée à la déesse de l'amour et de la séduction a accueilli au fil du temps des Dieux mythologiques et l'un d'eux, se prétendant Mercure, désirait rejoindre la planète qui porte son nom. Et après quelques mises au point et un parachute qui leur permet de se poser en douceur, les voici mettant le pied sur cette terre mystérieuse et inconnu. Il leur semble bien que la vie existe sur Mercure. Seul inconvénient, ils doivent porter un masque lorsqu'ils sortent de leur engin à cause du manque d'oxygène. Et ils commencent leur exploration, s'enfonçant dans la forêt proche.

De cette agglomération de troncs d'espèce inconnue, se dégagent des bruits, comme si des habitants parlaient une langue dont ils ne comprennent pas la signification.

Pendant ce temps sur Terre, Yvonne Blanchard, la jeune sœur de Tintin, est accompagnée d'amis fidèles dont le jeune et impétueux Jean de Requirec. Grâce au richissime Mac Brown ils ont obtenu les fonds nécessaires à la construction d'un autre engin spatial, le Bolide numéro 2, une invention du créateur génial qu'est le Français Germain Landry, astronome de son état.

Seulement dans l'ombre veille leur ennemi, le professeur Schilber, le redoutable chef de l'Etoile Noire, une vaste organisation qui s'étend sur le monde comme une gigantesque toile d'araignée.

Le richissime mécène a disparu depuis quelques jours en même temps que d'autres passagers à bord de la Flèche d'Azur. L'épave avait été retrouvée surnageant sur l'océan. Yvonne et ses compagnons se trouvent à Visby, sur l'île Götland, lorsqu'ils reçoivent un appel téléphonique de Jacques Lambert, un ingénieur qui contribue efficacement aux progrès de la science aéronautique.

 

Chacune de leur côté les deux équipes vont courir des dangers et lorsque le roman se clôt; Tintin est dans une position critique. Bien entendu nous savons qu'il va se dépêtrer de ses ennuis, car la suite comporte de nombreux épisodes tout aussi prenant et mouvementés. Mais c'est un moyen efficace pour fidéliser les lecteurs.

Quant aux explications scientifiques elles peuvent tout à la fois se montrer farfelues tout en étant plausibles.

Sous le nom de R.M. de Nizerolles se cache un prolifique romancier ayant œuvré dans tous les domaines de la littérature populaire : Marcel Priolet qui signé également sous les pseudonymes de Henri ou Henry de Trémières, René Valbreuse, Claude Fleurange, Marcelle-Renée Noll.

R. M. De NIZEROLLES : La forêt qui parle. Série les Aventuriers du ciel. N°14. Editions Ferenczi. Parution 3e trimestre 1950. 32 pages.

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 08:16
Tito TOPIN: Shanghaï Skipper.

Toutes voiles dehors...

Tito TOPIN: Shanghaï Skipper.

Skipper, c’est le surnom d’un rêveur, d’un aventurier d’appartement, vigile de nuit dans une usine de mécanique de précision. Enfin vigile, si l’on veut dire car ses nuits il les passe à monter des maquettes de bateaux, imaginant des voyages lointains peuplés de contrebandiers. Le grand large c’est sa drogue à lui. Sa devise il la tient de Robert Desnos :

Les putains de Marseille ont des sœurs océanes

Dont les baisers malsains moisiront votre chair.

D’autres vers lui plaisent bien aussi :

Ah, la jonque est chinoise et grecque la trirème

Mais la vague est la même à l’orient comme au nord.

Des rêves pleins la tête, il vit de peu et s’en contenterait. Mais le destin parfois joue des tours à sa façon et Skipper, bien malgré lui, se trouvera embarqué au beau milieu d’un complot d’une valeur d’un milliard (un milliard de centimes de franc, restons simples !).

Son patron, celui qui lui a offert cette place en or, décide de passer la frontière avec l’argent de l’usine. Mais Marie-Lotte, sa secrétaire, se trouve mise involontairement au courant du projet patronal à cause d’un interphone mal réglé. Or le soir de la fuite du dit patron, le frère et le fiancé de l’ancienne bonne amie de Skipper, aidés d’un troisième larron, décident de visiter justement cette usine et de repartir avec quelques objets que rachèterait volontiers un receleur du coin.

Que vont faire tous ces protagonistes lorsqu’ils se retrouveront nez à nez dans la cour de l’usine ? C’est ce que nous conte Tito Topin dans Shangaï Skipper.

Tito Topin maîtrise dans ce roman son imagination débordante, débridée, parfois complexe. Un roman qui fut publié en 1986 à la Série Noire, alors que le commissaire Navarro, incarné au petit écran par Roger Hanin, effectuait ses premières gammes. Et qui devint une symphonie, éloignant Tito Topin, créateur du commissaire préféré des Français, avec Maigret, de l’écriture de romans pour se consacrer à celle de scénarios.

Réédition Collection Polar, éditions Jigal. Parution janvier 2008. 144 pages.

Réédition Collection Polar, éditions Jigal. Parution janvier 2008. 144 pages.

Tito TOPIN: Shanghaï Skipper. Série Noire N°2032. Parution janvier 1986. 192 pages.

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 12:29

Because... toujours !

Jean RAYNAL : Because coco.

Il ne faut jamais se fier aux notices mises en ligne sur Wikipedia. Ainsi le nom de Jean Raynal est associé à celui d'André Duquesne, connu également sous celui de Peter Randa.

Or ce roman, Because coco, malgré son titre, ne correspond pas du tout au style du prolifique auteur d'origine belge. Mais avant de revenir justement sur le style, découvrons cette histoire.

Alors qu'il s'apprête à quitter le Palais de Justice qui jouxte les locaux du fameux 36 Quai des Orfèvres, le juge Baldeyroux est abordé par un motocycliste qui lui remet une enveloppe volumineuse. Il s'agit du rapport concernant l'assassinat du commissaire Brossier, survenu une heure auparavant sur le boulevard des Invalides. Il se rend immédiatement sur place. Il ne glane guère de renseignements, un seul témoin étant présent sur place lors de la fusillade effectuée à bord d'une Traction. Toutefois, la mallette contenant des documents que possédait Brossier a disparu.

Le soir même le juge Baldeyroux est invité à une réception chez le docteur Desmottes, professeur à la Faculté de Médecine et médecin psychiatre. Doivent participer à ce petit raout entre gens de bien, le Prince de Witt, le ministre Brun et d'autres personnes que j'énumérerai plus tard.

Pour l'heure, alors qu'il est encore dans le hall d'entrée, Baldeyroux est abordé par le maître de maison qui souhaite l'entretenir d'une question urgente, mais le moment est mal approprié. Le juge a un emploi du temps très chargé, or justement une place s'est libérée pour le lendemain. Elle était réservée à Brossier.

A ce repas assistent donc, outre les deux personnes déjà présentées et leurs épouses, le docteur Fabre, l'assistant de Desmottes, la comtesse Barovici, Jack Frère, égyptologue, Edith Susman, interne à l'hôpital Sainte-Anne bien connu pour son unité psychiatrique. Des rafraichissements divers sont proposés aux convives, whisky, champagne, et comme à son habitude Desmottes s'enferme dans son bureau, afin de pouvoir converser en toute tranquillité avec ses invités qu'il reçoit un à un. Le juge Baldeyroux lui-même participe à ces apartés, suivi par la jeune Edith Susman puis par la comtesse Barovici... En fin de soirée le valet de chambre prévient sa maîtresse, je veux dire la maîtresse de maison, qui affolée se rend immédiatement auprès de son mari. Peu après le juge Baldeyroux est averti que le Docteur Desmottes vient de décéder d'un accident cardiaque.

Le commissaire-principal Mercurave chargé de l'affaire Brossier n'avance guère dans ses investigations. Il se résout à suggérer à Ditot, le Directeur de la Police Judiciaire, de confier l'enquête à Odon Gentil, un commissaire réputé pour son originalité mais efficace.

Odon Gentil débute par se rendre chez son collègue Brossier afin de voir si les policiers qui l'ont précédé n'auraient rien oublié dans leurs investigations. Tout est rangé impeccablement, Brossier étant un homme soigné, limite maniaque. Toutefois son attention est attirée par un annuaire téléphonique ouvert et le numéro du docteur Desmottes y est coché. Odon Gentil en fait part au juge Baldeyroux et avance la supposition que le docteur aurait été assassiné et donc qu'il y aurait corrélation avec le meurtre de Brossier. Une hypothèse que Baldeyroux réfute mais faute de mieux Odon Gentil peut quand même suivre les deux pistes.

Puis Odon Gentil rencontre les différents convives ayant assistés au dîner fatal. Et cela l'emmènera d'abord à l'Institut d'Egyptologie, dirigée par Jack Frère, se faisant passer pour un docteur en médecine en provenance de Tananarive, puis dans une maison spécialisée sise à Saint-Cloud où il est mis en présence d'une femme, cocaïnomane qui ne jure que par le Sauveur, le Christ et l'Antéchrist, puis à Tanger en compagnie du jeune inspecteur Demol, un individu pas très futé et imbu de sa personne. Mais Gentil sait ce qu'il fait lorsqu'il le convie à enquêter avec lui.

 

Le contexte, le style, les situations et les personnages, rien ne peut faire croire un moment qu'il s'agit d'un roman écrit sous pseudonyme par André Duquesne. Et, en exergue de ce roman se trouve une citation extraite d'un poème de Saint-John Perse.

Renverse, ô scribe, sur la table des grèves, du revers de ton style la cire empreinte du mot vain.

 

Les personnages ne fument pas de cigarettes, mais des cigares et ne battent pas le briquet, expression employée à répétition notamment les romans qui sont signés Peter Randa, mais allument tout simplement l'objet de leur passion.

Pas de malfrats, ou guère, dans cette histoire qui est narrée à la troisième personne, et la description des jeunes femmes dites de petite vertu ou des danseuses dans les clubs de Tanger n'est pas forcée mais presque respectueuse.

 

Le style de Jean Raynal est nettement plus travaillé que celui d'André Duquesne comme peut le démontrer la citation suivante :

La femme l'observa sans rien dire, la tête rejetée en arrière, les cheveux fous. Elle ressemblait un peu à ces chérubins abuminuriques de la Renaissance, dont les joues trop gonflées font penser à des ballons sur le point d'éclater.

Mais peut-être existe-t-il une coquille et faudrait-il lire albuminuriques...

 

Enfin, en clôture de ce roman figure la précision suivante concernant l'écriture de ce roman :

Quelque part en mer, août 1957.

 

La confirmation de mes hypothèses et l'identité réelle de ce romancier est venue de la part de Tonton Pierre, infatigable et minutieux chercheur, qui révèle le résultat de ses recherches sur le forum de Littérature Populaire dont je vous livre le lien ci-dessous :

Jean RAYNAL : Because coco. Collection SOS-SOS. N°8. Editions Baudelaire. Parution 1958. 192 pages.

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 09:19
Lawrence BLOCK : Le voleur qui aimait Mondrian.

Et tout ça pour chat...

Lawrence BLOCK : Le voleur qui aimait Mondrian.

Le chat de Carolyn, l'amie lesbienne de Bernie Rhodenbarr, a été enlevé.

La ravisseuse, à l'accent allemand, demande en échange un tableau du peintre Mondrian. Bernie qui cumule les activités de bouquiniste et de monte-en-l'air est convoqué par Onderdonk pour estimer sa collection de livres. Il remarque accroché au mur un tableau du peintre. Profitant de l'absence de son client il s'introduit nuitamment dans la résidence. Le tableau a disparu mais Andréa, une jeune femme qui semble apeurée, attend Onderdonk. Bernie la rassure et écoute ses explications oiseuses quant à sa présence.

Ray Kirschmann, policier et ennemi intime de Bernie, l'accuse de la mort d'Onderdonk dont on a retrouvé le cadavre dans un placard de son appartement. Libéré sous caution, Bernie prend un avocat, Hemphill, auquel il est obligé d'avouer qu'il a visité un autre appartement, Onderdonk ayant été assassiné pendant qu'il réalisait son fric-frac.

Elspeth Peters, cliente de la librairie raconte à Bernie que sa jeunesse a été bercée par un tableau de Mondrian, qu'elle a vu accroché deux ans auparavant dans une galerie privée. Tableau qui aurait été prêté, selon Bernie par un certain Barlow, selon Elspeth par Onderdonk. Carolyn entre dans la boutique et dévisage avec insistance cette cliente dont la voix rappelle quelque chose au monte-en-l'air. En fait Elspeth ressemble à Alison, la maîtresse en titre de Carolyn.

Survient Kirschmann qui accuse Bernie d'avoir volé le Mondrian. Il lui propose de le retrouver et de partager la somme offerte par la compagnie d'assurance. Carolyn découvre dans les waters de Bernie le cadavre de Turnquist, un peintre obscur qu'ils avaient croisé au musée Hewlett. Ils transportent le corps dans un immeuble désaffecté et Bernie prévient anonymement la police.

Il contacte Denise, une de ses anciennes petites amies qui vit de sa peinture et lui demande de reproduire le tableau de Mondrian exposé au Hewlett. Bernie est soupçonné d'avoir tué Turnquist, dénoncé par un coup de téléphone anonyme. Dans une salle de cinéma où il s'est réfugié, Bernie a une illumination en repassant le film des événements déroulés durant ces dernières journées. Se faisant passer pour un flic il donne quelques coups de téléphone et fait un petit tour à la morgue reconnaître le corps d'Onderdonk. Des initiatives qui confortent son hypothèse.

A la faveur d'une diversion organisée par le fils de Denise, Bernie vole le Mondrian exposé au musée. Grâce à la complicité involontaire d'une femme en manque de tendresse, Bernie réussit à s'infiltrer une nouvelle fois dans la résidence d'Onderdonk, et téléphone à divers interlocuteurs afin d'organiser la scène finale. Sont convoqués Ray le flic, Carolyn et Alison, Barlow et sa femme, Elspeth Peters de son vrai nom Petrossian, Hemphill l'avocat, quelques autres invités et un tableau de Mondrian. Tout est prêt pour l'emballage final.

 

Lawrence Block joue, avec ses personnages de Matt Scuder et de Bernie Rhodenbarr au docteur Jekyll et Mister Hyde de la littérature.

La saga de Rhodenbarr est humoristique, tirant parfois à la ligne, avec des dialogues à l'emporte-pièce. Mais elle se lit facilement, avec plaisir, et procure ce qu'elle est sensée donner, un bon moment de détente.

Ce qui ne l'empêche pas d'asséner par-ci par-là quelques réflexions bien senties ou des digressions non dénuées de bon sens.

 

Curiosité :

Le chat de Carolyn s'appelle Archie Goodwin, comme l'assistant de Néro Wolfe. Une façon comme une autre de rappeler que Lawrence Block a écrit des pastiches de Rex Stout.

Lawrence BLOCK : Le voleur qui aimait Mondrian. (The burglar who painted like Mondrian - 1983 Traduction de Daniel Lemoine). Série Noire N°2403. Parution novembre 1995. 288 pages. 7,80€.

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