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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 12:44

Hommage à Brice Pelman, décédé le 17 octobre 2004.

Brice PELMAN : Attention les fauves.

Patrick et Marieke, les jumeaux de onze ans, n’ont pas du tout envie d’aller en pension. Ils n’envisagent pas cette possibilité une seconde, quel qu’en soit le prétexte.

Depuis le décès de leur père deux ans auparavant ils vivent seuls avec leur mère qui pour des raisons d’économie a loué une petite maison dans l’arrière pays niçois. Afin de subsister elle effectue des traductions pour une maison d’édition parisienne. Alors, lorsque ce matin-là en se levant ils découvrent leur mère décédée, ils décident de ne rien dire, de ne rien faire, de gérer leur emploi du temps en se conduisant comme la veille et les jours précédents.

Doria, leur mère, est allongée sur son lit, sa langue est noire. Aussitôt Patrick avance l’hypothèse de la peste. Mais comment pourrait-il savoir que la veille au soir, alors qu’il dormait, tout comme sa sœur, leur voisin, Jourdain, est venu rendre visite à leur mère sous un prétexte futile. Et devant cette jolie femme, lui qui est frustré sexuellement, sa femme étant sujette à des migraines quotidiennes, il a perdu la tête. Il a violé Doria et afin d’empêcher la jeune femme de crier, il l’a étranglée.

Patrick et Marieke avalent leur petit déjeuner et empruntent le car scolaire comme si de rien n’était. Et ils vont vivre pendant quelques jours ainsi, effectuant quelques achats afin de se sustenter, préparant leurs repas selon leurs maigres possibilités culinaires, fermant à clé la chambre de leur mère.

Mais Jourdain se demande bien comment il se fait que personne n’ait réagi, et puis dans son affolement il a perdu la petite culotte de Doria qu’il avait empochée. Madame Josépha, la grenouille de bénitier du quartier, est-elle aussi surprise de l’absence de Doria mais les enfants ont une bonne raison à invoquer. Toutefois elle se pose des questions sur les mœurs de sa jolie voisine lorsqu’elle trouve la culotte dans un fourré.

La catastrophe survient sous la forme d’une lettre émanant de Tante Françoise qui a décidé de passer quelques jours chez sa belle-sœur. L’oncle Paul, son mari polytechnicien est en déplacement au Mexique, alors, passer quelques jours au soleil lui semble une bonne initiative. Pour les enfants c’est tout le contraire, d’autant que la tante Françoise est une fouineuse. Et lorsqu’elle ouvre la chambre avec une clé de rechange, les enfants ayant jeté la première, et découvre Doria, c’est le drame qui s'amplifie.

 

Issu d’un fait-divers, l’un des rares utilisé par Brice Pelman qui nous raconte dans l’entretien qu’il m’avait accordé, la genèse de cette histoire, ce roman nous entraîne dans l’univers des enfants qui se prennent pour de grandes personnes, par la force des événements mais également par peur d’être envoyés en pension.

Des enfants qui veulent forger leur destin, à la place des adultes. Leur imagination, leur rouerie presque, leur permet de s’affranchir temporairement mais il ne faut pas se leurrer, ils seront obligés de se conformer à l’autorité. Dans quelles conditions, et comment l’histoire se dénouera, c’est Brice Pelman qui nous donne les clés.

Et il ne faut pas chercher une quelconque moralité dans ce roman qui parfois joue avec les nerfs, tant on se sent proche de ces enfants qui veulent préserver leur liberté, et pourtant on voudrait les morigéner parce qu’ils ne se conforment pas à une attitude considérée comme normale, c'est-à-dire se conduire en enfants.

Et puis que penser de ces personnes, ces voisins qui s’ingénient à vouloir connaître ce qui se passe chez les autres, des curieux éhontés pour certains car leur comportement est à tout le moins indiscret. Mais lorsqu’un drame vient de se dérouler, on reproche justement à ceux qui ne se sont pas inquiétés de se montrer indifférents. Alors quel comportement adopter ?

Réédition collection Noir Rétro, éditions Plon. Parution juillet 2010. 186 pages. 9,20€.

Réédition collection Noir Rétro, éditions Plon. Parution juillet 2010. 186 pages. 9,20€.

Brice PELMAN : Attention les fauves. Collection Spécial Police N°1641. Editions Fleuve Noir. Parution 1981.

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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 10:06

Ah, ma Zaune... à risques...

OPPEL : Zaune.
OPPEL : Zaune.

Au cours d'une partie de poker dans un pavillon inhabité de la banlieue parisienne, Zaune, la belle et flamboyante Zaune, la sage Zaune s'aperçoit avec colère et dépit que son frangin Nanar a repiqué au truc.

Pourtant il lui avait bien promis de ne plus se droguer, de ne plus jouer avec la seringue, de ne plus se transformer en passoire. Peine perdue.

La partie terminée, tout le monde rentre chez soi, retrouver ses petites habitudes. Zaune en profite pour passer un savon à son jeune frère. Mais ils ne sont pas seuls. D'une voiture s'élève une voix se rappelant au bon souvenir de Nanar.

Celui-ci s'enfuit avec ses problèmes et son manque. Il rentre en pleine nuit dans l'appartement familial et repart aussitôt.

Le lendemain matin, Zaune procède à une inspection minutieuse de la chambre du frérot. Elle y découvre un revolver, un kilo de blanche et de jolies liasses de billets verts. Elle n'a pas le temps de se demander ce qu'elle va pouvoir faire de ses trouvailles, le carillon de la porte la sort de sa torpeur. Vite, elle cache le revolver et balance la marchandise dans le vide-ordures.

Sue le palier, un  inspecteur de police fait le pied de grue, désirant rencontrer le drogué en fuite. Elle rembarre le flic et lui fausse compagnie. En tête, une idée, une seule. Retrouver Nanar et le remettre dans le droit chemin, lui sauver la mise.

D'un no man's land banlieusard au Chinatown du 13e en passant par la MJC qu'elle fréquentait toute jeunette, Zaune ne perd pas son temps. Peut-être ses illusions, ou ce qu'il en restait.

Deux malfrats et le flic sont à ses trousses, aux basques du frangin, et à la recherche active de la marchandise. Moustache, l'un des animateurs de la MJC, est un bon gars, il va l'aider. Et le voilà embringué dans une course poursuite qui va laisser des traces aussi bien sur le bitume que dans les corps.

 

Encore une histoire de banlieue, de drogue et de paumés, sauce néo polar, me direz-vous et me ferez remarquer avec juste raison.

Oui, peut-être, mais revue et corrigée par une grande tendresse.

Oppel a supprimé de sa prose nerveuse tous les poncifs, tous les clichés faciles sur la délinquance, le pourquoi du comment et tutti quanti.

Zaune se sent investie d'une mission : protéger son frère, cela ne va pas plus loin. Elle ne se pose pas de questions, elle n'en a pas le temps.

Une histoire dont la banalité se trouve effacée par la force d'évocation avec laquelle Oppel campe ses personnages, transcendée par des courses poursuites à la limite du burlesque et sur laquelle plane l'ombre d'une Jeanne d'Arc inconsciente et banlieusarde en lutte contre la drogue et ses méfaits. Il y a des gagnants et des perdants. Et il y a ceux qui raflent la mise sans avoir participé au jeu.

Réimpression octobre 2004.

Réimpression octobre 2004.

OPPEL : Zaune. Série Noire N°2257. Parution 1991. 192 pages.

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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 12:16

A ne pas confondre avec Le Mort descend ou Le Sort dément...

Gilles VIDAL : Le sang des morts.

Séance de rattrapage !

Pour tous ceux qui n'auraient pas lu ce roman en version papier lors de sa sortie, une séance de rattrapage est proposée en version Epub et Kindle sur le site de l'éditeur Multivers.

Vernais, paisible station balnéaire, sur laquelle brille implacablement le soleil estival... Mais en grattant bien la couche superficielle, il s'avère que le côté débonnaire n'est que de façade, vanté pour des fins touristiques. Ainsi que fait le cadavre d'un homme dans une piscine hors sol posée sur la pelouse en attendant l'installation d'un véritable aquarium pour humains ? Margot Farges la sirène déçue par un mariage où elle pensait trouver uniquement calme et prospérité est en colère. Elle vient d'apprendre que son mari diffère d'une journée sa rentrée au bercail.

Théoriquement il est en déplacement pour son travail, mais elle sait qu'il en profite pour planter ailleurs son couteau qui lui sert à découper le contrat de mariage. De toute façon elle s'en moque, du moment que sa carte de crédit est approvisionnée, il peut faire ce qu'il veut. Elle lui reproche surtout son manque de franchise. Alors pour calmer sa mauvaise humeur légitime, elle décide de prendre un bain dans le jardin et c'est ainsi qu'elle trouve au pied de l'échelle amovible, une paire de chaussure et des vêtements. Et un corps qui flotte sur le ventre. Suicide ? C'est à Garcia, le médecin légiste d'en décider. Les policiers ont été prévenus par un appel téléphonique anonyme et le lieutenant Stanislas Delorme, Stan pour les intimes dont bientôt fera partie Margot, est sur place lorsqu'elle reprend ses esprits.

Stan est un inspecteur consciencieux, apprécié de son supérieur le commissaire Vignes, et lorsqu'il rentre chez lui, il est accueilli avec une joie exubérante par Lucky, un Westie blanc qu'il a adopté. Il distribue les câlins comme si c'était un gamin. On pourrait penser que tout va bien pour Stan, seulement son père qui vit en dehors de la ville est bloqué dans un fauteuil roulant, suite à un accident vasculaire cérébral, ce qui ne l'empêche pas de se rouler un petit joint de temps à autre, reliquat de sa période hippie. Un défaut qu'il pense ignoré de son fils.

Félicien Faderne est atteint de troubles obsessionnels compulsifs, et il lui faut vérifier à plusieurs reprises si tout est bien rangé, les fenêtres closes et les robinets fermés. Maniaque il néglige toutefois sa vêture. Du moment que sa clé USB soit bien entreposée dans la poche intérieure de son blouson, peu lui importe la façon dont il s'habille. Une clé précieuse, car Félicien travaille toute la journée sur un écran manipulant des chiffres. Et à trente ans il a l'avenir devant lui. Il travaille pour un centre de recherches. Et quelques balles qui sifflent à ses oreilles en sortant ce jour là de chez lui. Une voiture qui vrombit, une voix qui l'interpelle, il n'a pas le temps de réfléchir et le voici à bord d'un véhicule conduit par une jeune femme qui n'a pas froid aux yeux. Devant l'attitude autoritaire d'Anne, c'est ainsi qu'elle se présente, il se demande si elle l'a sauvé des envies meurtrières de personnages vindicatifs, ou si elle l'a enlevé pour des raisons qui restent à déterminer. Il doit jeter son téléphone portable par la fenêtre de la voiture, quant à son ordinateur portable elle ira le récupérer. Du moins elle le promet car il se sent tout nu sans son micro qui est un prolongement de lui-même. Et elle s'entretient régulièrement par téléphone avec un certain Horb.

Walter, qui travaille pour une agence en écrivant des articles pour des catalogues, mais rêve de devenir romancier, est contacté par son jeune frère Stephan, avec lequel il communique rarement. Stéphan lui apprend que leur père a été retrouvé. Il s'était échappé d'un hôpital où il était interné depuis des mois. Quant à leur mère, elle a disparu douze ans auparavant, sans plus jamais donner de nouvelles, et Stéphan a eu beau effectuer des recherches et alerter le commissariat, elle est toujours dans la nature. Quant à Irène, l'ancienne petite amie de Walter, elle refait surface, sans crier gare et il semblerait qu'elle soit totalement paumée.

Un nouveau meurtre est découvert, et le corps pourrait être celui d'un Russe car il possède des tatouages, des inscriptions en cyrillique.

Un homme tout nu brandissant une pioche (peu après ce sera une bêche, comme quoi on ne peut pas se fier aux témoignages) a été arrêté en pleine rue. Il est interné d'office pour démence, mais en pénétrant dans le jardin puis dans la maison, Stan et les policiers qui l'accompagnent sont stupéfaits par ce qu'ils voient. Un véritable dépotoir, pire qu'une décharge, et à l'intérieur, des cadavres. D'autres corps seront retrouvés peu après en déblayant les ordures, mais ils ont en commun d'avoir le visage scarifier, comme si quelqu'un s'était amusé à le remodeler.

 

Ces événements, en apparence disparates et sans rapport entre eux vont bientôt se réunir pour former un tableau à la Jérôme Bosch, des pièces de puzzle qui vont s'emboiter inexorablement.

Tous les protagonistes de ce roman possèdent une coupure, une fêlure, une fissure, une fracture mentale ou physique, et personne n'est épargné par le sort qui s'acharne inéluctablement sur leur intégrité. Même ceux qui ne font qu'une apparition furtive ont droit à un petit portrait, soit de leur aspect vestimentaire, de leur déchéance, de leur passé. Ainsi cette dame qui arbore des tee-shirts avec des phrases en forme de contrepèteries du genre : Pensez le changement au lieu de changer le pansement. Et sous forme de bande-son, des nombreuses références discographiques ponctuent le récit, tout comme celles qui sont littéraires. Anne est aussi appelée Zatte, car Ouarzazate et mourir, titre d'un roman d'Hervé Prudon dans la série du Poulpe.

Certaines scènes, certaines extrapolations dans le déroulement du récit viennent parfois interférer, mais cela apporte un petit piquant tout comme quelques feuilles de persil ou deux trois brins de ciboulettes disposés élégamment donnent une touche de couleur à un plat de crudités sans le dénaturer.

 

Première édition Collection Zone d'Ombres. Editions Asgard. Parution 22 janvier 2014. 380 pages. 19,00€.

Première édition Collection Zone d'Ombres. Editions Asgard. Parution 22 janvier 2014. 380 pages. 19,00€.

Gilles VIDAL : Le sang des morts. Réédition Epub et Kindle chez Multivers Editions. 3,99€.

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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 08:14
James Hadley CHASE : Méfiez-vous, fillettes !

Il ne faut jamais refuser les avances d'une femme, même si elle est déjà âgée et physiquement mal conservée.

James Hadley CHASE : Méfiez-vous, fillettes !

C'est ce qu'apprend à ses dépends Hamsley, danseur mondain, dont le domaine de chasse est le Club 22 tenu par Grantham.

Madame Polson accuse Hamsley d'avoir voulu la violer, et son mari, le propriétaire du Saint-Louis Banner, est furieux et il exige de Jay Ellinger, journaliste spécialisé dans les affaires criminelles, qu'il se renseigne sur Grantham et le présumé violeur.

Jay Ellinger, mais c'est vraiment pour faire plaisir à son rédacteur en chef qui se trouve sur une chaise éjectable, accepte à contrecœur d'enquêter sur les deux hommes et éventuellement découvrir quelque chose qui serait susceptible d'intéresser les policiers. Il se rend donc au fameux club où il retrouve une de ses connaissances, Perminger dont la femme, Sadie, est également présente mais attablée à un autre endroit. Grantham n'aime pas les journalistes et le fait savoir. Seulement en bon journaliste de chasse, Jay ne lâche pas le morceau facilement.

Grâce à un musicien, Jay apprend qu'un client du nom de Fletcher a foutu le bordel peu avant au Club 22 et s'est fait renvoyé manu militari avec tabassage en règle à la clé. Il se rend immédiatement chez Fletcher qui déclare que sa sœur a été embrigadée de force comme prostituée par Grantham. Seulement il ne peut pas le prouver. Toutefois Jay parvient à savoir que le Club 22 est un bordel dépendant de Tootsie Mendetta, un caïd qui a la main mise sur le trafic de tapineuses de Saint-Louis.

Une prostituée est découverte étranglée. Cela commence à grenouiller dans le quartier. Un homme de Mendetta a aperçu un homme sortir de l'hôtel où a eu lieu le crime. Il a reconnu Raven, un autre truand, qui vient d'arriver à Saint-Louis. Auparavant il était à Chicago, tout comme Mendetta. Il est arrivé à Saint-Louis sans le sou mais pas sans ambition.

Polson demande à Jay d'arrêter son enquête car il est lié à Mendetta, tout comme certains notables de la cité dont le procureur et le juge, mais rien n'y fait. Alors devant son refus, le journaliste est envoyé à New-York suivre un procès criminel.

Raven, qui possède sa garde privée sous forme de trois lascars entièrement dévoués à son service; veut s'emparer des affaires de Mendetta et il ne fait pas dans le détail. Il abat Mendetta et sa maîtresse, seulement Sadie l'a aperçu opérer depuis la fente de sa boite aux lettres. En effet Mendetta et le couple Perminger sont voisins de palier. Benny Perminger était absent à ce moment là à cause d'une crise de jalousie de Sadie.

Sadie est enlevée et Perminger est dans tous ses états et en informe Jay. Raven s'impose dans les maisons closes dont la principale est tenue par une métisse qui sait comment casser les filles qui lui sont confiées. Raven empêche par tous les moyens les péripatéticiennes de continuer à exercer leur métier dans la rue, en employant des moyens radicaux.

Il réforme le système de prostitution et fait enlever des jeunes femmes aussi bien à Saint-Louis que dans des grandes villes comme Kansas City, Denver, Springfield, et augmente son cheptel.

 

Méfiez-vous , fillettes ! est un roman noir, dur, âpre, qui se décline sur trois périodes de quelques jours chacune. Juin, août et septembre. Dans ce conflit entre truands puis la mainmise de Raven sur la prostitution, James Hadley Chase est du côté des prostituées malgré elles. Il insiste sur le rôle joué par la mère maquerelle et les sbires de Mendetta puis de Raven, sur les méthodes employées afin de briser la résistance des victimes. Les policiers ne se sentent pas concernés par les disparitions qui leur sont signalées et ne font aucun effort dans leurs recherches. Seuls les chauffeurs de taxi regrettent que la prostitution affichée dans les rues soit éradiquée au bénéfice des maisons closes par Raven car les courses nocturnes deviennent quasiment nulles.

Raven sait qu'il y aura toujours des clients pour son petit négoce de chair fraîche et il sait comment s'y prendre pour augmenter ses bénéfices. Sadie est devenue sa maîtresse officielle, mais il est persuadé qu'elle a le ressort brisé, tout comme certaines prostituées placées sous la coupe de la métisse. Mais c'est mal connaître les ressources morales de ces jeunes femmes.

James Hadley Chase insiste également sur le racisme ambiant qui règne sur la cité même parmi les prostituées autochtones. Il ne s'attarde pas sur les sévices infligés à ces futures prostituées, mais ce qui choque le plus ces jeunes femmes, c'est de se réveiller, après une séance viol au cours de laquelle elles étaient endormies, auprès d'un nègre, mot qui était couramment usité à l'époque, d'un Chinois ou d'un Philippin. Chase jette l'opprobre aussi bien sur les proxénètes que sur les clients, car s'il n'y avait pas de demande, cette profession n'existerait pas.

 

La seule passion de Raven réside dans une occupation qui lui prend parfois des heures, et toute la surface qu'une pièce de l'appartement qu'il occupe. C'est un fanatique des petits trains et il a installé un immense circuit ferroviaire qui lui détend les nerfs.

 

Curiosité :

Ce roman porte la double signature de James Hadley Chase et de Raymond Marshall, cet auteur étant publié aux débuts de la Série Noire indifféremment sous ces deux noms. Par la suite seul celui de J. H. Chase sera apposé sur les couvertures des romans publié dans cette collection puis les inédits dans la collection Poche Noire.

 

Ce roman a été adapté au cinéma par Yves Allégret en 1957 avec dans les rôles principaux : Antonella Lualdi, Robert Hossein et bien d'autres comédiens dont vous pouvez retrouver la liste ici.

James Hadley CHASE : Méfiez-vous, fillettes !
Réédition Poche Noir N°91. 1969.

Réédition Poche Noir N°91. 1969.

Réédition Carré Noir N°60. 1972.

Réédition Carré Noir N°60. 1972.

Réédition Collection Chase N°17. Parution mai 1996. 272 pages.

Réédition Collection Chase N°17. Parution mai 1996. 272 pages.

Réédition Folio Policier N°490. Parution décembre 2007. 8,00€.

Réédition Folio Policier N°490. Parution décembre 2007. 8,00€.

James Hadley CHASE : Méfiez-vous, fillettes ! (Miss Callaghan comes to grief - 1941. Traduction de Jacques Legris). Série Noire N°41. Parution octobre 1949. 254 pages.

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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 12:43

Hommage à Bob Leuci, décédé le 12 octobre 2015.

Bob LEUCI : Captain Butterfly

Depuis dix-neuf ans, Marjorie Buttera, surnommée Captain Butterfly, est dans la police, et après avoir fait ses classes sur le terrain, elle est actuellement à la DAI (Division des Affaires Internes), la police des polices. Marjorie prend son boulot à cœur, n’hésite pas à braver des inspecteurs chefs comme Janesky qui règne en véritable petit potentat outrepassant ses droits et ses devoirs tant dans son quartier de Red Hook à Brooklyn que sur ses hommes.

Marjorie veut une police propre, responsable, soucieuse de son éthique. Elle en fait un acte de foi, et combat, insensible aux retombées possibles. Charlie Rose, son amant, journaliste, tente toutefois de la temporiser, la mettant en garde contre de possibles dangers. Marjorie n’en a cure. Elle sait que Janesky et ses hommes sont coupables de corruption, qu’ils violentent et torturent les criminels, les truands qui leur tombent sous la main. Mais son intime conviction ne suffit pas, il lui faut apporter des preuves afin d’évincer ces brebis galeuses.

D'autant que pour tous, seuls les résultats comptent. Elle se sert d'indicateurs qui travaillent au sein même du commissariat sur lequel elle enquête. Ken Malloy mis provisoirement hors course, elle jette son dévolu sur Franck Bosco, flic intègre mais qui préfère garder les yeux fermés sur ces exactions. Franck vient de vient de perdre Murray, son coéquipier en qui il avait toute confiance, même s'il traficotait par-ci, par-là. C mais il en veut pas voir la réalité en face. Sa femme et sa fille sont en Floride et il attend avec impatience sa retraite. Surtout il ne veut pas d'éclaboussures qui lui feraient perdre le bénéfice de sa pension alors qu'il n'a plus que six mois à tirer. Cependant, certaines choses le révoltent. Ainsi Ronnie, la jeune fille dont il s’est entiché, se pique et il se promet de la sauver.

 

Marjorie se dresse en purificatrice de la police. Sans peur et sans reproche, elle combat les traîtres à la profession, ceux qui dérogent à la déontologie. Elle est animée d’une foi presque intégriste. Mais elle ne se rend pas compte qu’elle flatte en même temps son ego et que son intransigeance risque de tout balayer sur son passage.

Elle entraîne sous son étendard des hommes fatigués, usés, qu’elle parvient toutefois à exalter. Elle s’apitoie légèrement sur le sort de Franck, blessé au cours de la dernière algarade, mais Franck mort, elle eut été tout de même satisfaite d’avoir mené à bien sa mission.

Une mission qu’on lui avait confiée et qu’elle s’est appropriée.

Bob LEUCI : Captain Butterfly (Captain Butterfly. Traduction de Annie Hamel). Rivages Noir N°149. Parution mars 1993. 304 pages. 9,15€.

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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 11:02
James N. FREY : Du plomb dans la tête

Surtout ne pas dépasser la dose prescrite !

James N. FREY : Du plomb dans la tête

Ancien boxeur, Joseph Zanca dit le Tank effectue de petits boulots pour une mystérieuse agence.

Il supplée en quelque sorte les flics, lui qui ne les aime guère. Sauf un, Donaldson, qui semble être embarqué dans une très sale affaire.

C'est Samantha, la fille de Donaldson, qui appelle à la rescousse Zanc. Mais ces deux là ne sont guère faits pour s'entendre. Pour Samantha, le mieux pour débrouiller une affaire compliquée, c'est de se servir de ses petites cellules grises. Zan ne demande pas mieux, mais faudrait-il encore qu'il ait en main toutes les données. Et comme il le constate :

Traquer un tueur en sa compagnie, c'est attirer la catastrophe sur sa tête comme l'arbre attire la foudre.

Et bizarrement, tout ce qu'ils entreprennent semble enfoncer davantage Donaldson dans la panade.

 

Flics pourris et drogue au programme. Plus évidemment quelques cadavres pour épicer le récit qui, s'il n'est pas sans saveur, aurait gagné à être réduit.

 

Je dois avouer qu'au début j'ai eu du mal à accrocher, mais peu à peu que se précisait la trame, que les personnages prenaient de l'ampleur, que l'action devenait moins confuse, la lecture est devenue plus agréable.

L'épilogue, l'identité du coupable, est archi-classique et la traduction d'un autre roman de James N. Frey nous permettrait de mieux appréhender cet auteur qui au demeurant ne manque pas de qualités.

James N. FREY : Du plomb dans la tête (A Killing in Dreamland - 1988. Traduction de Michel Deutsch). Série Noire N°2211. Parution janvier 1990. 320 pages. 7,80€.

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 11:20

Hommage à Ellis Peters décédée le 14 octobre 1995.

Ellis PETERS : La foire de Saint-Pierre

De tous temps, et de nos encore, les marchés importants, les foires comme celles de Lessay ou de Gavray dans la Manche, des foires millénaires, ont drainé un nombre impressionnant de visiteurs, d'acheteurs, de marchands, de camelots.

Et pour les cités, cela représente une rentrée non négligeable d'argent.

Sauf qu'à Shrewsbury, lors des trois jours pendant lesquelles se tient la foire de Saint-Pierre, les taxes et autres redevances tombent dans l'escarcelle de l'abbaye.

Les édiles de la cité ont beau envoyer auprès de l'abbé une délégation afin qu'une quote-part soit reversée en vue d'améliorer les fortifications et les rues de la ville, ceux-ci repartent sans avoir obtenu gain de cause.

Alors ce sont les jeunes qui prennent la relève et vont manifester leur mécontentement auprès des forains. Mais comme bien souvent, cela se termine par des rixes. Une bataille rangée qui laisse sur le carreau le meneur, suite à un malencontreux coup de bâtons assené par l'un des commerçants.

Le lendemain, le forain est retrouvé assassiné tandis que le jeune homme, qui cuve une cuite carabinée, ne peut se souvenir avec exactitude ses faits et gestes nocturnes.

Frère Cadfael, notre vieille connaissance, va écouter les uns et les autres, fouiner de ci de là, mener son enquête, l'honneur de l'abbaye étant en jeu.

J'avoue ne pas me lasser de lire les aventures de frère Cadfael.

Dame Ellis Peters possède bien du talent mais le contexte, l'époque dans laquelle elle situe ses intrigues y sont également pour beaucoup.

L'époque médiévale m'a toujours fasciné, mais je ne suis pas le seul. Et le roman historique décliné de cette manière élégante devrait en passionner plus d'un.

 

Réédition juillet 2001. 288 pages. 7,10€.

Réédition juillet 2001. 288 pages. 7,10€.

Ellis PETERS : La foire de Saint-Pierre (Saint Peter’s fair - 1981. Traduction de Serge Chwat). Collection Grands Détectives. Editions 10/18. N°2043. Première parution 1989.

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 10:17
Donald WESTLAKE : Le ciel t’aidera ?

Si t'es sage !

Donald WESTLAKE : Le ciel t’aidera ?

Donald Westlake faisait partie à la fin des années 1980, avec Bill Pronzini, Stuart Kaminsky et Lawrence Block, des valeurs sûres de la Série Noire. Ceux que l’on pourrait qualifier de la troisième génération du roman policier ou noir américain.

Et lire un Westlake, c’est assurément le meilleur moyen de chasser la mélancolie et la morosité que peut-être vous ressentez durant les longs mois d’hiver ; mélancolie et morosité entretenues par le vent et la pluie qui continuellement déferlent, surtout à l’approche de la nuit.

Voilà pour la note poétique et passons maintenant à la note humoristique. En effet Westlake, c’est l’humour, souvent de situation, mais aussi d’écriture et je pense, quoi que étant ignare en langue anglo-saxonne, qu’il faut rendre hommage à la traductrice Rosine Fitzgerald, pour le travail effectué afin d’en rendre toute la subtilité qui se dégage dans cette adaptation.

Westlake nous propose dans Le ciel t’aidera ? une nouvelle aventure de Dortmunder, un voleur ma foi bien sympathique. Une aventure qui commence bien mal puisqu’étant poursuivi par la police new-yorkaise pour un coup raté, Dortmunder n’a d’autres ressources que de se réfugier dans un couvent de religieuses. Un étrange marché est conclu entre la mère supérieure et son invité surprise : Dortmunder est chargé d’aller délivrer une des religieuses, Sœur Marie de la Grâce, détenue contre son gré par son père au soixante-seizième étage d’une tour.

Plus facile à dire qu’à faire mais faisons confiance à Dortmunder et laissons-nous entraîner dans cette histoire distrayante à la limite du loufoque.

 

Une petite citation ?

Dortmunder s’assit dans le lave-vaisselle, se cogna la tête, fit entrer sa jambe gauche, se cogna la tête, s’enfonça en se tortillant, donnant à son dos une courbe intéressante et jusqu’alors inconnue, et se retrouva la tête baissée pour voir son ventre, les jambes enlacées en nœud de vache et d’une façon générale, en train de se convertir en contorsionniste.

Editions Rivages Noir N°727, sous le titre Bonne conduite. Nouvelle traduction de Patricia Christian. Parution mars 2009. 368 pages. 9,15€.

Editions Rivages Noir N°727, sous le titre Bonne conduite. Nouvelle traduction de Patricia Christian. Parution mars 2009. 368 pages. 9,15€.

Donald WESTLAKE : Le ciel t’aidera ? (Good behavior – 1985. Traduction de Rosine Fitzgerald). Série Noire N° 2120. Parution janvier 1988. 320 pages.

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 12:25

C'est ce que l'on appelle de la Taureau magie ?

Philippe WARD : Danse avec le taureau.

Le 3 juillet 1912, un jeune étudiant Cubain décède dans les arènes de Bayonne. Il assistait à une corrida et le toréador fut malmené par un taureau qui n'appréciait pas vraiment ce jeu de cape et d'épée. Et l'épée, mal enfoncée dans le cou taurin s'envola et vint se ficher dans le cœur du spectateur.

Cent ans plus tard, le 3 juillet 2012, six personnes cagoulées assistent à une sorte de cérémonie dont la mise en scène est assurée par la Grande Servante. Les membres de cette réunion sont conviés à toucher pour la première fois chacun leur tour selon un rite défini une épée cachée sous une tête de taureau. Cette arme blanche possède son histoire et la Grande Servante ne souhaite pas transformer cette célébration en hommage façon secte ou autre. Cette épée, elle l'a reçue en héritage et elle s'apprête à célébrer les cent ans de la cérémonie des sangs.

 

Alain Larrezabal a ressenti un frisson en tenant l'arme contre lui. Il est directeur d'une revue taurine et la corrida a vampirisé sa vie. Il est tout dévoué au taureau et à la tauromachie. Il aimerait pouvoir posséder cette arme et songe comment pouvoir s'en emparer. Alors qu'il rédige un article sur l'Epée pour sa revue, il est interrompu par la sonnette de son appartement. Il ouvre et reçoit un coup violent en plein visage.

Il est retrouvé le lendemain nu, agenouillé devant un mur sur lequel est accroché une photo montrant un taureau. Une corne de taureau a été fichée dans son anus. Pas au taureau mais au cadavre. D'après le légiste une lame aurait été enfoncée derrière sa tête. De plus trois objets ont été dessinés dans le bas du dos, des tatouages représentants une épée courbe, un croissant de lune et une étoile. Du moins c'est ce que croit reconnaître Vincent, l'un des deux policiers chargés des premières constatations. En compagnie de Stéphane, son coéquipier, il hérite de cette enquête pour le moins inhabituelle.

Dans deux semaines doivent se dérouler les séculaires fêtes de Bayonne, et ce meurtre tombe vraiment mal.

Amaia passe ses vacances chez elle en famille à Itxassou, et elle entend bien en profiter pour voir évoluer les joueurs de cesta punta, jeu qu'elle préfère à la corrida. Elle est policière à Lille, les joies de la décentralisation, et elle possède la particularité d'être la première femme analyste-psychologique de la profession. Outre ses parents qui tiennent une auberge dans le village, elle a retrouvé sa jeune sœur Lucie. Bref des vacances qui se déroulent sous d'heureux auspices mais vont être mouvementées.

Car le commissaire de Bayonne requiert ses compétences pour l'enquête sur le meurtre du journaliste amoureux des taureaux. D'autant qu'un autre meurtre va se produire peu après lors de la féria de Pampelune. Cette fois il s'agit d'un agent de toreros qui subit cette frome de châtiment dans les mêmes conditions. La mise en scène est identique et la liste va s'allonger au grand dam des policiers bayonnais qui pour autant ne le sont pas, bâillonnés.

De plus elle retrouve une ancienne amie, Marie-Christine, qu'elle n'a pas approchée depuis des années, pour des raisons qui lui sont personnelles, et qu'elle fréquente sa sœur Julie l'indispose. Seulement son enquête lui prend beaucoup de temps car outre le directeur de la revue et l'agent de toreros, un surfeur, puis un ancien membre de l'ETA subissent le même sort.

 

Au début, ses nouveaux collègues, Vincent et Stéphane, lui battent froid, mais Amaia leur démontre rapidement qu'elle n'est pas née de la dernière pluie et leur prouve ses compétences en matières de réflexion et d'analyse.

 

Une enquête difficile, pour Amaia et ses collègues, dangereuse également, mais qui engendre chez le lecteur un plaisir ineffable. Il participe aux recherches, et côtoie le monde de la tauromachie dans les coulisses.

Car Philippe Ward évite le piège de la description de scènes spectaculaires et sanglantes avec renfort de banderilleros, de picadors, de matadors, de foule en délire. Son propos est plus subtil. Enquêter dans le domaine des corridas, mais par la bande, et mettre en scène une analyste-psychologique policière, la première de la profession et la seule existant en France chargée d'étudier le profil psychologique du meurtrier, sans s'attarder dans des considérations oiseuses, pédagogiques. Il ne prend pas partie pour les aficionados ou les anti corridas, laissant le lecteur seul juge en son âme et conscience. Mais justement il prend soin de mettre en présence deux personnes proches, deux sœurs, Amaia qui n'aime pas du tout ce genre de sport et Lucie qui au contraire ne manquerait pour rien au monde la Féria de Pampelune et les Fêtes de Bayonne, malgré son jeune âge.

Une approche sympathique d'une tradition de plus en plus battue en brèche par les défenseurs des animaux, ce que l'on peut comprendre. Mais comme beaucoup de manifestations folkloriques qui font la réputation d'une région, attirent les touristes, ceci fait partie d'un héritage difficile à éradiquer. Et si Philippe Ward ne prend partie ni pour les uns, ni pour les autres, c'est tout simplement de la tolérance, chacun voyant midi à sa porte, et il faut tenir compte des décalages horaires.

Pour le lecteur curieux, c'est aussi une invitation au voyage dans le pays basque. Bayonne, bien sûr, Biarritz, Pampelune, située de l'autre côté de la frontière, Cambo-les-Bains, Saint-Jean-Pied-de-Port, Itxassou... Mais pour autant Philippe Ward ne s'attarde pas sur des descriptions géographiques ou touristiques, son propos est ailleurs. Connu pour ses romans fantastiques, Philippe Ward délaisse ce genre pour une approche plus policière, avec une nouvelle enquêtrice que l'on aura plaisir à retrouver.

 

Philippe WARD : Danse avec le taureau. Collection Zones noires. Editions Wartberg. Parution 17 septembre 2015. 168 pages. 10,90€.

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 08:35
Dominic STANSBERRY : Un manifeste pour les morts

Un hommage ambigu rendu à Jim Thompson...

Dominic STANSBERRY : Un manifeste pour les morts

Au bout du rouleau, Jim Thompson se réfugie dans l’alcool et le tabac, malgré les efforts consentis auprès de sa femme Alberta.

Pourtant il a encore envie d’écrire, et lorsque Miracle, un metteur en scène lui aussi sur le déclin, lui propose d’écrire un scénario et d’en faire un roman, il est partant.

Une entreprise sans grand avenir mais que Jim accepte car le couple doit déménager, trouver quelque chose de plus petit, de moins onéreux. Il se rend à son studio dans la ferme intention de s’atteler à la tâche demandée, mais un inconnu déboule, une arme à la main avec l’intention de le tuer sous un prétexte vaseux. Thompson le met en fuite.

L’inconnu, qu’il surnomme l’Oki à cause de son accent hérité de l’Oklahoma, a laissé sa voiture en bas de l’immeuble où Jim travaille. Dans le coffre gît le cadavre d’une jeune femme. Et c’est ainsi que Jim Thompson est amené à enquêter tout en brouillant les pistes des policiers.

 

Ce ne serait qu’une histoire banale si Thompson n’était pas le héros malgré lui de ce roman dont l’intrigue est quelque peu convenue. Et il est dommage justement que ce soit Thompson, ou tout autre auteur de roman noir, qui soit mis en scène. Cela ne relève guère la légende, ou même l'estime que l’on peut professer à l’encontre de ce genre de bonhomme, méconnu, méprisé de son vivant.

Il aurait mieux valu que l’auteur de ce récit prenne pour héros un détective placé financièrement et moralement sur la corde raide. Utiliser un personnage connu relève plus du racolage que d’une fiction améliorée. Mais, car il y a un mais…

Mais d’un autre point de vue on peut comparer le style de Dominic Stansberry à celui de Jim Thompson, un Jim Thompson vieillissant qui confond réel et imaginaire, noyé dans les brumes de l’alcool qui le ronge et d’une paranoïa issue de sa dipsomanie.

Toutefois cet ouvrage possède l'avantage de donner envie de lire ou relire les romans de Jim Thompson, un point positif.

Dominic STANSBERRY : Un manifeste pour les morts (Manifest to the dead – 2000. Traduction d’Emmanuel Jouanne). Série Noire N°2696. Parution novembre 2003. 224 pages. 10,05€.

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Published by Oncle Paul - dans Spécial Série Noire
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