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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 10:21

Fantasia au pays des mogettes...

Jacques SYREIGEOL : Miracle en Vendée.

En cette fin du mois d'août 1989, il fait chaud, très chaud.

Les mares sont desséchées, dans les prés l'herbe ressemble à de la paille, quant aux tournesols et aux maïs, pas de quoi faire son beure à défaut d'huile.

De quoi remuer les souvenirs algériens de Victor Soulard et faire remonter à la surface ses obsessions.

Par exemple le cou gracile et tendre des jeunes filles.

Deux événements qui ne possèdent aucun lien apparent, quoiqu'une légère superstition laisse supposer que l'un découle de l'autre, deux événements vont le faire sortir de sa torpeur, de sa léthargie de célibataire endurci qui vit avec papa et maman à la ferme familiale.

La Germaine, sa marraine et cousine de sa mère, décède, tandis qu'en face de chez eux s'installe la Lucienne. On peut dire qu'elle en a fait des ravages celle-là. Par sa faute, son mari a tué et depuis croupit en prison. Et elle a tant et si bien tourné la tête des mâles qu'elle a eu un fils, demi-frère de Victor.

Ramassant sa haine et ses souvenirs, Victor sent monter en lui comme une sourde colère, d'autant que son père, dérogeant à ses habitudes, va fournir de l'eau à son accorte voisine et pourquoi pas, renouer une ancienne liaison.

Victor ne s'est jamais complètement remis de sa guerre d'Algérie, de son passage à l'hôpital psychiatrique de Rennes. Ça fermente dans son crâne. Il vit, ou plutôt vivote, comme dédoublé. Ses souvenirs lui collent à la peau; ses expériences malheureuses avec les femmes, il les traîne comme des boulets mais aussi des envies. Jusqu'au jour où dans un accès de folie, il va se laver de ses inhibitions.

 

Miracle en Vendée est un roman dur, paysan, situé entre Le petit arpent du Bon Dieu de Caldwell et Une souris et des hommes de Steinbeck saupoudré de Goupi-Mains rouges de Véry et de La terre de Zola. Le sud des Etats-Unis transposé en Vendée.

Le soleil, la sécheresse, la fausse simplicité des villageois, leur rouerie, leur propension à s'esbaudir, à l'amusement juvénile des phénomènes scatologiques, peut-être dans le but de conjurer un mauvais sort, la proximité d'une femme honnie et arrogante, et surtout ce ressassement infernal des réminiscences, comme des incrustations dans le cerveau de Victor, tout accélère les processus de fêlure, de déchirure et de colère.

Troisième et malheureusement dernier roman de Jacques Syreigeol, Miracle en Vendée s'inscrit comme le troisième volet d'un triptyque entamé avec Vendetta en Vendée et continué avec Une mort dans le Djebel.

 

Lucienne est à l'origine de la déchéance de Marc Martin et la mère du demi-frère de Victor, quant à celui-ci, il apparait dans les dernières pages d'Une mort dans le Djebel. Mais chaque histoire est indépendante et Jacques Syreigeol en reprenant l'un des personnages de son dernier roman aurait pu en écrire un autre, construisant alors une saga à la Zola. A chaque fois l'atmosphère est différente, le style de narration aussi, et pourtant il existe un fil conducteur. Mais Jacques Syreigeol est décédé le 25 mars 1992, à la Roche-sur-Yon.

Réédition collection Folio N°2642. Parution octobre 1994. 192 pages. 6,40€.

Réédition collection Folio N°2642. Parution octobre 1994. 192 pages. 6,40€.

Jacques SYREIGEOL : Miracle en Vendée. Série Noire N°2260. Parution mars 1991. 192 pages.

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 13:33

Bon anniversaire à Pierre Pelot, né le 13 novembre 1945.

Pierre PELOT : Après le bout du monde.

Englué dans la grisaille, la brume et la pluie, Nicolas Courot se demande dans quelle galère il s'est fourvoyé.

Quatre jours qu'il est dans ce camp, au cœur de la Papouasie Nouvelle Guinée, avec Adine la photographe et Zuchetto son commanditaire. Et voilà que l'un des chercheurs d'or, un nommé Dimenbal vient de décéder, lors d'un glissement de terrain.

Nico sent le coup fourré, mais il est incapable de discerner d'où ça provient. Adine vient de lui donner des patates, à moitié cuites, que l'un des indigènes lui a apportées. Caché dans l'une d'elle, un petit trésor constitué de pépites, la fortune de Dimenbal peut-être.

Nico regrette ce voyage entreprit à la demande de Zuchetto. Ce n'est pas qu'il était bien à Paris, mais là, c'est pire que tout. Cinéaste passé de mode, spécialiste des documentaires, Nico est sur la pente descendante. Sa famille se disloque et il n'est plus en odeur de sainteté auprès des différentes chaînes de télévision pour qui il travaillait.

Zuchetto s'est érigé en sauveur un jour, en se pointant à la terrasse d'un café où Nico réfléchissait sur son avenir. Et le voilà à se demander qui a pu glisser les pépites dans le tubercule et à quelles fins.

 

Délaissant le temps d'un roman sa région de prédilection, les Vosges, Pierre Pelot nous entraîne au cœur d'un pays pauvre et riche à la fois, enfer et paradis.

Les chercheurs d'or païulas, véritable secte, vivent comme à l'âge préhistorique, et entassent les billets verts, fruits de leurs fouilles. Ils gardent jalousement leur territoire, en haut de la montagne, la jungle les séparant de Port Moresby, la capitale. Ils possèdent des téléviseurs à pile qui ne captent que difficilement les images ,et ne sont vêtus en tout et pour tout que d'un étui pénien la plupart du temps.

Un roman exotique d'atmosphère dans lequel on reconnaît le coup de patte de Pierre Pelot, auteur prolifique mais jamais décevant.

 

Pierre PELOT : Après le bout du monde. Coll. Aventures sans frontières N°5. Editions Fleuve Noir. Parution novembre 1995. 220 pages.

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 09:08
Auguste Le BRETON : Le rouge est mis.

Le rouge et le noir ?

Auguste Le BRETON : Le rouge est mis.

Le hold-up d'une banque près du boulevard du Temple a été minutieusement étudié durant deux mois par Frédo.

C'est le grand jour et Louis Bertain, le chauffeur, Frédo dit Quesquidi, Raymond le Matelot et Pépito le Gitan, sont prêts, les outils de travail, des armes à feu, en mode fonctionnement. Lorsque l'encaisseur et le convoyeur arrivent avec une mallette à la main, l'opération subtilisation est entamée. Seulement, quelques coups de feu, Frédo qui panique, et un policier trop près du lieu de vol, font que l'affaire ne se déroule pas exactement comme prévu. L'encaisseur est blessé et le flic reste sur le carreau. Il recevra une médaille à titre posthume. Puis ils regagnent leurs pénates, mais il y a de la tension dans l'air. Une cinquième part est prévue pour l'encaisseur qui leur a fourni les tuyaux.

 

Deux jours plus tard, un homme rôde dans une petite rue du 18e arrondissement, près de Montmartre. Il s'agit de Pierre Bertain, le jeune frère de Louis le Blond, qui rend visite à Hélène, sa maîtresse. Il a purgé quelques mois de prison et aujourd'hui il est assigné à résidence à Lagny en Seine et Marne. Mais cela fait deux mois qu'il n'a pas vu la belle Hélène qui le prend pour une poire. Il travaille dans un garage, a réalisé quelques économies qu'il lui remet et au petit matin, il quitte l'appartement. Nous serons évasif sur ce qui s'est déroulé durant la nuit. Seulement des policiers l'attendent à la porte de la rue et il se fait arraisonner et emmené au commissariat le plus proche. Ce sont des policiers de la P.J. et ils aimeraient bien que Pierre Bertain serve d'indicateur sur les relations de son frère. Il refuse et se retrouve dans une geôle où notamment est enfermé un jeune homme.

 

Louis le Blond rend visite à sa mère, une marchande des quatre saisons, et il apprend par le voisin de cellule de son frère les incartades de celui-ci. Peu après il surprend Hélène sortant de son travail et attendue par un bellâtre. Il voulait savoir si par hasard elle ne serait pas à l'origine de l'interpellation de Pierre. Et il la moleste, assez pour que celle-ci lui en garde rancune. Mais ce n'est pas tout, il a du travail sur la planche : remettre les idées en ordre de Frédo et préparer un nouveau casse à Dourdan.

 

Avouons-le tout de suite, ce roman, fortement ancré dans son époque, le début des années 1950, a pris quelques rides qui, si elles ne sont pas rédhibitoires, le rendent toutefois un fade.

Evidement Auguste Le Breton utilise comme ses confrères de l'époque l'argot, la langue verte, ou encore le manouche, mais au lieu d'un glossaire en fin d'ouvrage, ce qui est pénible à compulser car dans ce cas on perd du temps, mais en bas de page, ce qui facilite la lecture.

 

Louis Bertain alias le Blond est un truand qui possède ce dont certains se vantent : le code de l'honneur. Il ne boit pas, ne fume pas, ne touche pas à la drogue personnellement et comme activité illégale, et n'apprécie pas les maquereaux :

S'il méprisait les sœurs, il ne les dépouillait pas. Et si quelque chose le débectait encore plus que les sœurs, c'étaient les maqs. Il ne comprenait pas qu'on puisse s'abaisser à se faire entretenir. Se mouiller en homme, oui ! Risquer sa vie, sa liberté, oui ! Mais encaisser le pognon des nanas? Dépendre d'elles ? Plus souvent. Pourtant s'il l'avait voulu...

C'est un dur, mais ses relations avec sa mère sont des moments privilégiés. Elle ne veut pas qu'il termine comme son père, avec un surin planté dans le corps. Bertin est un truand au grand cœur, comme les romanciers aimaient les décrire dans les années 50, n'étant pas complètement pourri contrairement à ceux qui sont mis en scène la plupart du temps de nos jours.

Mais au final Le rouge est mis se révèle quelque peu ennuyeux, à la trame simpliste. Auguste Le Breton est nettement plus crédible et intéressant avec sa série des Rififi publiée dans la collection Un Mystère des Presses de la Cité, ou encore Le clan des Siciliens, et ses ouvrages inspirés de son enfance comme Les hauts murs chez Denoël. D'ailleurs Le rouge est mis sera le troisième et dernier roman de Le Breton à la Série Noire, son premier étant Du rififi chez les hommes.

 

Ce roman a été adapté au cinéma par Gilles Grangier sous le titre éponyme en 1957, avec dans les rôles principaux, Jean Gabin, Lino Ventura, Marcel Bozzuffi, Jean-Pierre Mocky, Annie Girardot et Paul Frankeur.

 

Réédition Carré Noir N°232. Parution avril 1976. 192 pages. 3,80€.

Réédition Carré Noir N°232. Parution avril 1976. 192 pages. 3,80€.

Auguste Le BRETON : Le rouge est mis. Série Noire N°213. Parution octobre 1954. 190 pages.

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 13:33

Normal pour un romancier qui est également artiste peintre...

Patrick MOSCONI : Nature morte.

David Detmer est chauffeur de taxi à Paris.

Mais un chauffeur de taxi qui travaille quelque peu en dilettante. Etant son propre patron, il peut, si ceux-ci ne lui plaisent pas, refuser des clients. Il habite en solitaire dans un duplex aménagé dans un petit immeuble, au fond d'une cour, protégé des agressions des rues environnantes.

Comme seule compagne, Detmer possède Prune. Une chatte. Enfin, quand je dis possède, c'est faux. C'est Prune qui a adopté Detmer et malgré ses balades nocturnes, elle revient toujours au foyer.

Ce serait une vie paisible pour Detmer et sa féline compagne, si tout cela n'était qu'un trompe-l'œil, une couverture.

Detmer est un tueur professionnel, et réalise de temps en temps ce que l'on appelle un contrat, même si après avoir accompli celui-ci, Detmer est malade, moralement. Ce n'est que lorsqu'il a accepté son travail que Detmer connait l'identité de la future victime. Detmer va se trouver engagé dans un engrenage infernal.

Pradel. Tel est le nom de celui qu'il doit abattre. Pradel. C'était aussi le nom de son capitaine lorsque Detmer effectuait son service militaire en Algérie. Après une courte enquête, Detmer a la confirmation de ce qu'il pressentait. L'homme qu'il doit effacer du monde des vivants n'est autre que le fils de son ex-capitaine.

 

Qui sortira gagnant de cet imbroglio ? Pradel père qui n'a en rien perdu de sa verdeur et de son sens militaire ? Pradel fils, qui malgré ses dénégations, est soupçonné d'espionnage industriel ? Cécile, la compagne de celui-ci et qui va tomber sous le charme de Detmer ? Et qui sont ces barbouzes commandés par un certain Lambert ?

 

Patrick Mosconi inaugurait avec un excellent roman cette nouvelle collection intitulée Collection Noire destinée à remplacer la mythique collection Spécial Police du Fleuve Noir.

Les responsables avaient annoncé que le choix des textes serait effectué avec rigueur, et il n'y avait pas de raison pour que le public désaffecte cette nouvelle production. Les bons textes étaient au rendez-vous pourtant Collection Noire passera la main au bout de dix-neuf titres et à peine dix-huit mois d'existence. Mais la couverture blanche et neutre y est-elle pour quelque chose.

 

Patrick MOSCONI : Nature morte. Collection Noire N°1. Editions Fleuve Noir. Parution juin 1988.

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 08:15
Alain BELLET & Frédéric LARSEN : Les anges meurent aussi.

Il suffit de leur rogner les ailes...

Alain BELLET & Frédéric LARSEN : Les anges meurent aussi.

Entre le 30 mars, jour de la Saint Amédée, et le 12 avril, celui de la Saint Jules, un couple, ou plutôt une équipe d'inspecteurs va traquer le sadique qui s'en prend aux enfant de la banlieue parisienne.

Et ce n'est pas parce que ces gamins sont d'origine maghrébine qu'il faut prendre cette affaire à la légère.

C'est Jean-Marie Sauveur, un Antillais, qui est chargé de l'affaire avec pour adjoint Van den Vliet. Sauveur entend mener son enquête à sa façon, en s'intégrant dans le paysage, en abandonnant son costume de policier, en essayant de capter l'attention, l'amitié des jeunes de la Cité des Cahouettes et des responsables du Foyer des jeunes, en se conduisant en sous-marin, selon sa propre expression.

Quant aux jeunes beurs, ils décident de régler eux-mêmes leurs problèmes, de se faire justice sans l'aide des forces de l'ordre, engeance qu'ils n'apprécient guère.

Les tags fleurissent sur les murs, le bitume, et même les voitures.

 

Ce milieu de tagueurs, Alain Bellet le connait bien pour l'avoir fréquenter et écrit des reportages sur cette confrérie de peintres modernes mais éphémères.

Avec Frédéric Larsen, il nous propose un roman sur la banlieue et ses difficultés, un de plus allais-je écrire. Cependant ce sujet mettant sous les projecteurs la jeunesse, l'intégration raciale et la désespérance, le mal de vivre des adolescents, leurs coups de cœur et leur sens de l'entraide, de la fraternité, est traité de telle façon que le roman ne tombe jamais dans l'outrance, le misérabilisme, la crédo du racisme ou de l'antiracisme racoleurs.

Un saut périlleux, de haute voltige parfois, mais les deux compères savent retomber sur leurs pieds. Le moindre faux pas peut être fatal dans ce genre où les auteurs sont rapidement catalogués, même entre eux, et se tirent à boulets rouges pour une idéologie dans laquelle tolérance et intolérance se confondent, quelques soient les couleurs politiques affichées.

D'autant que la médiatisation de certains événements ne refroidit pas toujours les esprits.

Alain Bellet et Frédéric Larsen prennent parti, mais pas n'importe lequel : la reconnaissance de l'être humain en tant que tel, quelle que soit son origine, raciale ou sociale.

 

Alain BELLET & Frédéric LARSEN : Les anges meurent aussi. Série Noire N°2273. Parution juin 1991. 192 pages. 6,05€.

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 14:06

37.5 le matin : Lasser bat Djian !

Sylvie MILLER & Philippe WARD : Lasser dans les arènes du temps. Lasser, Détective des Dieux 4.

Le statut de Détective des Dieux commence à peser sur les épaules et dans la tête de Lasser.

Il ne veut plus être mêlé aux bisbilles générées par les rivalités entre divinités, il a assez engrangé d'argent, et il voudrait jouir en toute tranquillité de son whisky hors d'âge dégusté dans un fauteuil de l'hôtel Sheramon qu'il fréquente depuis son séjour en Egypte.

Seulement Fazimel, la réceptionniste de l'hôtel, et son assistante préférée, lui montre dans un journal, Papyrus News, un article dans lequel il est cité. La statue en or d'Isis, haute comme deux humains juchés l'un sur l'autre, va être inaugurée dans le temple dédié à la déesse à Pompéi. Le rédacteur de la notule est quelque peu ironique sur l'activité et les compétences de Lasser, mais c'est bien la question qu'il pose qui inquiète le détective. L'incursion des Dieux égyptiens aura-t-elle l'heur de plaire à Jupiter, et qu'elle sera sa réaction ?

L'incursion d'Isis trouble la douce quiétude qui enrobe Lasser. Elle est furieuse. Sa statue a été enlevée, et Lasser est prié d'aller enquêter sur place. Et Fazimel pourra l'accompagner car elle parle le latin et l'italien. Lasser refuse, mais Isis contrairement à son habitude ne tempête pas, elle supplie. Et Lasser se sent obligé d'obtempérer.

Fazimel et Lasser sont accueillis à Pompéi comme deux chiens dans un jeu de quilles par le Generale di brigata Totti, et ils le retrouveront à moult reprises sur leur chemin, pour leur plus grand déplaisir. Le début des embêtements qui vont jalonner leur enquête.

Du temple d'Isis, où ils dérangent en pleine répétition des théâtreux, jusqu'à celui de Vénus, leur parcours sera loin de tout repos. Ils rencontrent notamment l'architecte qui a construit les deux temples, car ils se sont aperçus qu'il existait des passages secrets. Ils vont également faire la connaissance d'autres personnages hauts en couleurs. Par exemple Fazimel retrouve son amie Francesca, réceptionniste comme elle dans un hôtel et nièce d'un responsable local de la Mafia. Leurs pistes les conduisent un peu à gauche et à droite, et même jusqu'au bord du cratère du Vésuve. Un moment épique qui voit Fazimel et Vénus se combattre nues, sous le courroux de Jupiter. Entre temps Lasser aura été enlevé et Fazimel aura assisté à une séance de relaxation charnelle entre vestales et hommes de tous âges.

 

Après toutes ces tribulations, Fazimel et Lasser rentrent au Caire ayant rempli une partie de leur mission. Les relations entre les Dieux égyptiens et les Dieux romains sont au beau fixe tendance orageuse, mais ce n'est plus le problème du Détective des Dieux. Croyait-il car...

 

Trois mois plus tard, alors qu'il déguste béatement un pur malt seize ans d'âge à l'hôtel Sheramon, c'est une habitude chez lui, l'intrusion de Don Provenzano surprend Lasser. Le Parrain de Pompéi est chargé de recruter pour le compte de Jupiter son amie Fazimel. Le vol d'un objet important irrite Jupiter, mais ce n'est pas Lasser qui doit être embauché. Il est trop proche d'Isis, et il est le détective officiel des divinités égyptiennes. Lasser sera officiellement le garde du corps de Fazimel, mais Lasser comprend qu'il s'agit d'un subterfuge, afin de déjouer les susceptibilités des uns et des autres. Lasser n'est vraiment pas chaud pour accepter cette initiative, il refuse même catégoriquement, mais Isis sait se montrer convaincante et nos deux amis se rendent donc à Rome, dans les rôles qui leur ont été attribués.

Jupiter leur confie la chaude mission de retrouver le Feu de Vesta qui a été remplacé par une flamme ordinaire. Mars et ses alliés tentent d'infléchir la volonté de Jupiter en vain, et Lasser sent qu'ils ont devant eux un ennemi qui va tout faire pour contrarier leur enquête.

Mais qui a pu voler cette flamme éternelle qui peut déboussoler et mettre à feu et à sang toute la contrée ? Les soupçons se portent sur des dieux mineurs, comme Mithra ou encore un nouveau venu qui veut tout s'accaparer, l'Unique. Une piste mène Fazimel, Lasser et Provenzano à Ostie, chez le Brocanteur. Tandis que Fazimel discute, Lasser se rend dans la réserve et découvre un objet bizarre. Il appuie sur deux boutons de couleur et il se retrouve propulsé dans le temps.

Des péripéties au cours desquelles Fazimel va rechercher son compagnon et va être confrontée à deux personnages inquiétants, les Patrouilleurs du Temps. Lasser, quant à lui, va tenter de leur échapper, jouant le rôle du Fugitif.

 

Un roman en deux parties, écrit à quatre mains et décliné à deux voix. En effet chacun leur tour, Fazimel et Lasser narrent leurs pérégrinations et tribulations, leurs mésaventures homériques, frôlant le danger à tout instant.

Dans les précédents épisodes de cette série échevelée, Lasser tenait le beau rôle, Fazimel lui servant d'assistante, l'aidant et le sauvant dans des situations périlleuses à l'occasion. Dans ce nouvel opus, Fazimel tient une place prépondérante, indispensable, et le lecteur la découvre sous un nouveau jour. Elle est la protégée d'Isis et devient la collaboratrice de Lasser. On en apprend un peu, voire beaucoup plus sur son origine, son enfance, et surtout qu'elle possède des dons, dont une mémoire eidétique, des pouvoirs, ce qui va considérablement l'aider dans certaines circonstances.

 

Ce roman nous ramène aux bons vieux feuilletons qui étaient signés Zevaco, Féval, Xavier de Montépin, H.G. Wells et autres maîtres de la littérature populaire. Lasser dans les arènes du temps possède la fougue, l'imagination, le délire, le souffle, l'impertinence, la débauche d'énergie, la grandiloquence des mises en scène cocasses, houleuses, tendres, démoniaques et divines à la fois. Bagarres épiques, complots, tentatives de meurtres et d'empoisonnement, enlèvements et séquestrations, trahisons, mensonges, poursuites débridées, fornications caligulesques, rivalités divines familiales, jeux léonins du cirque parsèment cette intrigue, et j'en oublie, volontairement ou non

 

Sylvie Miller et Philippe Ward sont les Boileau-Narcejac du roman policier fantastique, les Roux et Combaluzier de l'ascenseur temporel.

 

Retrouvez Lasser dans ses précédentes aventures :

Sylvie MILLER & Philippe WARD : Lasser dans les arènes du temps. Lasser, Détective des Dieux 4. Editions Critic. Parution 6 novembre 2015. 494 pages. 22,00€.

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 09:58
Tonino BENACQUISTA : La commedia des ratés.

Lorsque le vin est tiré...

Tonino BENACQUISTA : La commedia des ratés.

Il y a des services qu'on ne peut refuser à un ami, même si cette amitié s'est effilochée au fil des ans. Et c'est alors qu'on se dit qu'on aurait mieux fait de ne jamais avoir appris à lire et à écrire.

Lorsque Dario demande à Tonio de lui rédiger une lettre d'amour destinée à une certaine madame Raphaëlle, pensait-il aux conséquences, et supposait-il que Tonio allait être entrainé dans un engrenage infernal ? Surement pas, et Tonio encore moins.

Bon prince Tonio rédige donc cette missive pour apprendre quelques jours plus lard non seulement le décès de son ami, mais de plus qu'il en est l'héritier. D'un petit lopin de terre en Italie, d'un mauvais vignoble dont le vin n'est même pas buvable. Les raisins, c'est bien connu, renferment des pépins et ceux-ci tombent sur le coin de la tête de Tonio sous forme de pruneaux. Alors Tonio décide de partir en Italie, de retourner aux sources en quelques sortes. Là-bas le fils de l'émigré Rital sera accueilli comme un touriste, un étranger. D'autres que lui s'intéressent à ces quelques arpents de terre. Il ne faut, pas oublier que l'Italie, outre 1es pâtes. a exporté également des truands. Et ceux-ci lorsqu'ils sentent, l'odeur de l'argent frais n'hésitent pas à retourner sur la terre de leurs ancêtres.

Tonio en fera les frais, mais lorsque le vin est tiré il faut le boire. Tonio ne sait plus à quel saint se vouer.Peut-être à Sant'Angelo, dont une chapelle dédiée à sa mémoire a été élevée sur l'un des vignobles de Tonio. El il n'est pas dit que Tonio aura effectué le déplacement en vain. En vin, serait plus exact.

 

Tonino Benacquista était un peu mon auteur fétiche. Celui qui a débuté en littérature alors que je balbutiais mes premières chroniques devant un micro. Et, depuis je l'ai suivi avec un intérêt croissant.

Parce que Tonino Benacquista s'améliore à chaque roman. Mais parce que ses romans reflètent une justesse de ton rarement utilisée. Tonino Benacquista puise dans le réel, dans le vécu pour y imbriquer sa portion d'imaginaire. Les personnages qu'il met en scène sont crédibles.

Tonino est tout ou partie du héros et les protagonistes ne sont uniquement issus de son imagination. L'histoire qu'il raconte est imprégnée de faits réels, qui sont arrivés à lui ou à sa famille. De son expérience, de ses souvenirs il alimente la trame de ses ouvrages, et il est difficile de dissocier l'imaginaire, la fiction de la réalité, tant ceux-ci sont en symbiose.

D'où le parfum d'authenticité qui s'en exhale. De plus Tonino Benacquista écrit pour le plaisir, même s'il accouche dans la douleur. Il prend son temps, peaufine ses phrases, tout en restant sobre dans la narration.

Lire Benacquista est un réel plaisir, une dégustation que l'on savoure, comme ses recettes de pâtes ou son café. Je pourrais vous entretenir de Tonino pendant des heures, mais à quoi bon, le talent parle pour lui et nettement mieux que je ne saurais le faire.

Ce roman a obtenu le Grand Prix de Littérature Policière 1992.

 

Réédition Folio policiers N°12. Parution octobre 1998. 240 pages. 6,40€.

Réédition Folio policiers N°12. Parution octobre 1998. 240 pages. 6,40€.

Réédition en volume quadruple. Folio Policier N°340. Parution mai 2004. 896 pages. 12,40€.

Réédition en volume quadruple. Folio Policier N°340. Parution mai 2004. 896 pages. 12,40€.

La commedia des ratés a également bénéficié d'une adaptation BD par Tonino Benacquista et Olivier Berlon en deux volumes de 72 et 76 pages, à 14,99€ chaque volume.

Tonino BENACQUISTA : La commedia des ratés.
Tonino BENACQUISTA : La commedia des ratés.

Tonino BENACQUISTA : La commedia des ratés. Série Noire N°2263. Parution avril 1991. 256 pages.

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 14:37

Et pourtant, qu'on soit Noir ou Blanc, le sang est toujours rouge...

Paul ENGLEMAN : Les liens du sang

A la demande de son ex-beau père, l’avocat Mike O’Leary, Renzler, détective privé qui travaille en dilettante grâce à ses gains au turf, accepte d’enquêter sur le meurtre de Cynthia Vreeland, issue de la « haute », et femme de Dwight Robinson, ex-joueur de base-ball dont la carrière prometteuse a été stoppée net par une sombre histoire de marijuana.

Dwight, un être taciturne, nie ce qui pour beaucoup est l’évidence, se targuant de posséder un alibi mettant en cause une personne qu’il ne peut nommer. Mais les faits ne plaident pas en sa faveur. Cette union entre un Noir et une Blanche reste en travers de la gorge de pas mal de monde. Le père de Cynthia ne cesse de vitupérer contre Dwight, de même que son frère Tommy. Seule Terry, la sœur de la victime professe une certaine sympathie pour le meurtrier présumé.

Anna Paslawski et Warren Shepperd, les voisins du couple, accusent Dwight, reconnaissant que Cynthia avait l’habitude de recevoir des hommes en l’absence de son mari, des Noirs principalement. Mais ils sont formels, c’est Dwight le coupable, même si Shepperd le confond avec son frère Dexter lorsque Renzler lui présente une photo. Une collecte est organisée pour réunir l’argent permettant la libération sous caution de Dwight. Le malheureux prétend que le meurtrier n’est autre que Shake Johnson à qui il devait de l’argent. Mais Johnson, un Noir également, est le meilleur ami de Thomas Vreeland.

En compagnie de son ami Nate, un peintre qui lui doit sa notoriété, Renzler enquête auprès des Vreeland et de leurs proches. Et ce que les deux hommes découvrent n’est guère à l’avantage de cette famille huppée. Winchester, le beau-frère de Vreeland père, brigue un fauteuil de sénateur ; son épouse Melody, se saoule consciencieusement à longueur de journée. Et Renzler met au jour une histoire de corruption immobilière dans laquelle Winchester est impliqué, tout comme Thomas Vreeland. Cynthia, elle, avait des relations incestueuses avec son frère Tommy depuis l’âge de quatorze ans, offrant ses charmes au premier venu, sauf à son mari.

Trop bavarde, Melody avoue avoir été, à l’heure du crime, en compagnie de Dwight. Elle est retrouvée morte, un meurtre maquillé en suicide. Une trace de cirage conduit les deux enquêteurs à soupçonner Becker, un proche de Winchester, qui aime se grimer en Noir en se barbouillant la figure.

 

Au delà de l’histoire plaisante à lire et rondement menée, Paul Engleman brosse un portrait peu flatteur du New-Jersey, de ses habitants et de sa police.

Mais surtout il dénonce les actes d’antiracisme primaires qui empoisonnent la société américaine, et toutes les sociétés en général. Pour tous, à deux ou trois exceptions près, le meurtrier de Cynthia ne peut être que Dwight, puisqu’il est Noir.

Toutes les turpitudes lui sont attribuées, l’argent servant d’œillères. L’argent mais également la jalousie, la malveillance, le racisme, la convoitise, la prétention, le désir d’évoluer dans un monde de nantis, la prévarication.

Mais Paul Engleman ne tombe pas dans les excès, les outrances. Les « bons » et les « méchants » se retrouvent dans les deux races, chacune d’elles possédant sa ou ses brebis galeuses.

 

Paul ENGLEMAN : Les liens du sang (Murder in Law - 1987. Traduction de Annie Hamel). Polar USA N°50. Parution janvier 1991. 256 pages.

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 08:49
MARIE & JOSEPH : Le piège au jardinet.

Un jardinet peut parfois se transformer en jungle...

MARIE & JOSEPH : Le piège au jardinet.

La lecture d'un nouveau roman de Marie & Joseph était pour moi, à chaque fois, un régal, un enchantement, une invitation au rêve, à visiter le pays de la poésie policière.

Ils écrivaient dans un style personnel, se démarquant complètement de la manière parfois terre à terre de leurs confrères. Un voyage permanent dans l'onirisme.

De leurs personnages, on ne connait pas grand chose, ils débouchent dans le récit d'une façon abrupte et repartent en faisant un pied de nez à leur destin. Seule importe leur intrusion dans l'histoire, le temps de planter le décor et tout de suite l'action est lancée. Et comment ils vont vivre, réagir pendant cette tranche extraite de leur existence.

 

D'où ils viennent, où ils vont, là n'est pas le problème. Comme enveloppé d'un brouillard. D'ailleurs le lecteur ne connait même pas le nom du héros narrateur du Piège au jardinet. Peu importe.

Notre héros trimbale dans sa tête des images de voyage, de dépaysement. Pourtant sur le quai de la gare où il passe ses matinées, il se contente de fixer l'horizon, de suivre des yeux les rails, cette longue ligne droite de rails qui prend tout à coup des allures de pistes à merveilles, deux fils de funambule affutés d'argent fin, et tout l'or du monde au bout.

Mais il n'ose pas franchir le Rubicond. Lorsque Renard surgit à l'improviste dans sa vie, il va le suivre comme il aurait suivi une étoile. Mais fini le rêve et même la tranquillité. Il va le seconder dans une histoire en forme de règlement de compte.

Pas vraiment passif, il ne se pose guère de questions. Il suit presqu'en aveugle, trop content de voir enfin un accroc dans une existence monotone.

Marie & Joseph nous apportaient avec chacun de leurs romans comme une bouffée de fraîcheur et nous incitaient au dépaysement.

 

MARIE & JOSEPH : Le piège au jardinet. Série Noire N°2235. Parution juin 1990. 192 pages. 6,65€.

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 13:42
20 ans de Poulpe, et il est toujours frais !

En septembre 1995, les trois géniteurs-parrains de Gabriel Lecouvreur dit le Poulpe portèrent leur nouveau-né tout vagissant sur les fonds baptismaux de la chapelle des éditions Baleine. Il s'agissait de Jean-Bernard Pouy, Serge Quadruppani et Patrick Raynal.

En 2015, le Poulpe fête ses vingt ans. Il a toujours bon pied bon œil et on n'est pas près de l'enterrer. Après un départ en fanfare, le Poulpe a connu un léger passage à vide pour des raisons qui ne nous regardent pas, faut bien que jeunesse se passe, est parti se faire redresser les bras sans se faire clouer le bec aux éditions du Seuil qui l'ont abandonné, et a été repris et materné par la nouvelle équipe dirigeante des éditions Baleine.

 

Afin de mieux connaître ce redresseur de torts, vous pouvez lire la présentation de ce personnage hors normes dans l'article que je lui ai consacré :

My name is Lecouvreur, Gabriel Lecouvreur !

 

Et maintenant un petit récapitulatif des aventures du Poulpe par chroniques interposées. Il vous suffit de cliquer sur le titre du roman qui vous intéresse et hop, vous serez transporté dans les petits bras musclés du Poulpe qui vous narrera l'une de ses aventures. Classement par ordre de parution chez Baleine.

 

1 - Jean-Bernard POUY : La petite écuyère a cafté.

2 - Serge QUADRUPPANI : Saigne sur mer.

7 Didier DAENINCKX : Nazis dans le métro.

12 - Jean-Jacques REBOUX : La cerise sur le gâteux.

13 - Claude MESPLEDE : Le cantique des cantines.

15 - Olivier THIEBAUT : Les pieds de la dame au clebs.

16 - Gérard DELTEIL : Chili incarné.

17 - Bertrand DELCOUR : Les sectes mercenaires.

34 - François JOLY : Chicagone.

35 - Michel CHEVRON : J'irai faire Kafka sur vos tombes.

97 - Gilles VIDAL : Les deniers du colt.

113 - Georges-Jean ARNAUD : L'antizyklon des atroces.

129 - François BILLARD : Don qui shoote et la manque.

133 - Jacques VETTIER : La petite marchande de doses.

148 - Pierre FORT : Le mec à l'eau de la Générale.

174 - Pierre BARACHANT : Quand les Poulpes auront des dents.

205 - Pierre MAGNE : A Freud ! Sales et méchants

214 - Pierre BOURGEADE : Gab save the Di.

231 - François DARNAUDET : Boris au pays vermeil.

234 - Gabriel LECOUVREUR : Parkinson, le glas.

249 - Jean-Jacques REBOUX : Castro, c'est trop !

257 - Laurent MARTIN : Certains l'aiment clos.

263 - Maïté BERNARD : Même pas Malte.

264 - Marin LEDUN : Un singe en Isère.

267 - Serguei DOUNOVETZ : Sarko et Vanzetti.

270 - Jean-Luc BARANGER : Maria chape de haine.

271 - Hervé CLAUDE : Mort d'un papy voyageur.

272 - François DARNAUDET-MALVY : Les Ignobles du Bordelais.

278 - Gilbert GALLERNE : Les salauds du lac.

282 - Franz BARTELT : La bonne a tout fait.

285 - Dominique DELAHAYE : L'année des fers chauds.

286 - Dominique CHAPPEY : J'avais la croix.

287 - Hervé SARD : La catin habite au 21.

 

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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