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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 15:15

C'était un p'tit bonheur...

Georges-Jean ARNAUD : Le petit bonheur piégé.

Solange Simoni, mère célibataire d’un garçon de trois ans a compris trop tard pourquoi Pierre Lafitte, gérant d’une agence immobilière à Toulon, l’a embauchée.

Il s’intéressait plus à son enfant qu’à elle, même s’il l’a culbutée à quelques reprises sans passion. Seul le besoin que l’enfant l’appelle Papa comptait apparemment à ses yeux. Lors d’une virée, elle s’est endormie dans la voiture. Au réveil elle est seule perdue dans la montagne. Plus d’enfant, plus de patron.

Une disparition orchestrée avec traces de sang et une vieille machette retrouvée par les gendarmes. Suspecte elle passe quelques années en prison. Dix neuf ans plus tard, sortie de geôle et après divers boulots, l’envie de reconstituer son passé, de retrouver au moins Gilbert, la tenaille. Elle s’aperçoit qu’ils n’étaient qu’un leurre.

Philippe, alias Peter Bruckner, était un agent de la Stasi. Pour protéger sa compagne Agnès et ses enfants, il lui fallait s’inventer une famille fictive. Elle interroge Tata Marcelle, la nourrice de Gilbert qui a sombré dans l’alcoolisme, laquelle lui apprend que la propriétaire de l’agence était liée à Peter. Une piste qui semble coupée mais dont elle renoue les liens peu à peu pour retrouver l’oncle de celle qui vivait avec Peter, Alex, un apiculteur, braconnier, sauvage, cupide et libidineux.

Pendant ce temps Agnès est abordée par Michael qui est persuadé retrouver sa mère. Agnès a fui durant toutes ses années par monts et par vaux, retrouvant Peter quatre fois par an, à dates et lieux précis. Jusqu’au jour où Peter est décédé d’un cancer.

Gertrud, la mère de Peter, est, elle aussi, en France. Ancienne nazie, communiste fanatique, elle est à la recherche de documents, remontant le passé de son fils et de son petit-fils qui la déteste. Elle étrangle Tata Marcelle puis tue une belle-sœur d’Agnès. Solange extorque la vérité auprès d’Alex, mais il la maîtrise et l’enferme dans un puits.

 

Le petit bonheur piégé s’inscrit dans la veine du roman intimiste avec lequel Arnaud s’est forgé une solide réputation de chroniqueur de personnages en quête d’identité.

C’est également un retour en arrière, sur les agissements de la Stasi, la police politique Est-allemande, sur la chute du mur de Berlin et des espoirs que la destruction de ce symbole a suscités.

Sans oublier ce goût de la manipulation qui imprègne pratiquement tous les ouvrages de G.-J. Arnaud, avec en point de crête une mise en scène réglée au détail près, la description de sentiments exacerbés, de liens familiaux en déliquescence, une complexité d’intrigue savamment orchestrée, qui font passer en arrière plan et oublier cette distorsion dans le temps et les coïncidences qui amènent les personnages à se mettre en mouvement ensemble au même moment. Une réussite.

 

Georges-Jean ARNAUD : Le petit bonheur piégé. Collection Les Noirs du Fleuve Noir N°50. Editions Fleuve Noir. Parution septembre 1998. 350 pages.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 15:23

Hommage à Alexandre Dumas, décédé le

5 décembre 1870.

Alexandre DUMAS : Sur Gérard de Nerval.

Le 26 janvier 1855, Gérard de Nerval est découvert pendu rue de La Vieille Lanterne à Paris.

Un suicide dû à un accès de folie. Cette folie qui depuis des années taraude par intervalles Gérard de Nerval et inquiète ses amis dont Dumas. Une folie peut-être héréditaire, mais due également à des états dépressifs chroniques, des difficultés financières constantes et la mort du grand amour de Nerval, la cantatrice Jenny Colon.

Dumas voue à Gérard de Nerval une amitié sincère, désintéressée, l'aidant même par tous les moyens. Moyens financiers certes, mais également en l'associant à l'écriture de certaines pièces de théâtre. Ce sont ces relations et ce décès que raconte avec sensibilité, émotion, tendresse, Alexandre Dumas.

Avec une certaine superficialité mais souvent avec lyrisme.

Dumas est avant tout un conteur et il ne peut s'empêcher de digresser, sur la mort de sa mère par exemple, sur son amitié pour le Duc d'Orléans, sur les poèmes d'Antony Deschamps...

Parfois excessif dans la démonstration de ses sentiments, de ses peines, Alexandre Dumas sait également se montrer persuasif et même prophétique lorsqu'il écrit :

Comme tous les talents fins, distingués et poétiques, Gérard de Nerval était peu populaire... A notre avis la réputation de Gérard n'en sera pas moins durable, au contraire, bien des torches que l'on croyait éternelles pâliront et s'éteindront, tandis que sa lampe confiée aux soins de cette vestale qu'on appelle la Poésie ira toujours plus vivante et de plus en plus lumineuse.

 

La préface de Claude Schopp, le spécialiste de Dumas, est un régal.

Claude Schopp se pose cette question : Dumas aurait-il lié deux textes préexistants lorsque Nouveaux Mémoires, Dernières Amours parurent en feuilleton dans le journal Le Soleil ?

Pour ma part j'en suis persuadé, car page 127, Alexandre Dumas écrit Le terrain... est compris dans un grand carré marqué par six magnifiques sapins plantés lors de la mort de mon père. Aujourd'hui ils en ont quarante neuf [ans] et sont magnifiques.

Sachant que le père d'Alexandre Dumas est mort en 1806, on peut dater ces lignes en 1855.

Mais si l'on se fie, à la page 203, où on peut lire : Vingt-quatre ans après [le voyage à l'île d'Elbe en compagnie du Prince Napoléon], à l'époque où j'écris ces lignes... il n'y a qu'à additionner 1842 date du voyage, plus 24, cela donne 1866. A moins que quelque chose m'ait échappé !

Quoiqu'il en soit ce texte de Dumas est chaleureux et se révèle comme une ode à l'amitié.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 11:28
Pierre BARACHANT : Quand les Poulpes auront des dents.

Le Poulpe n'est pas gallinophobe !

Pierre BARACHANT : Quand les Poulpes auront des dents.

Absalon aurait pu faire une carrière tennistique internationale s’il n’était pas tombé dans les filets de Mona Craxton, adepte elle-même de la petite balle, et qui a eu la mauvaise idée de le quitter.

Ce placage a été le signe de la déchéance, de la dégringolade au classement ATP. De plus il est ruiné à cause de placements financiers aléatoires.

Il demande des comptes à Jean Mangeain, célèbre aviculteur et producteur d’œufs avec lequel il était associé. Absalon n’avait pas mis tous ses œufs dans le même panier mais presque. Il est reçu à coups de chevrotines par Mangeain et son neveu, ce qui ne pardonne pas.

Parallèlement une célèbre bijouterie parisienne est dévalisée. Le Poulpe se rend dans la Drôme chez Mangeain. Dans un poulailler désaffecté il découvre le cadavre d’un journaliste qui enquêtait sur les deux faits divers. Capturé par les propriétaires du lieu, Mangeain et son neveu, il parvient à s’enfuir, tout en ayant la conviction, grâce aux propos tenus par les deux hommes, de la corrélation entre ces deux affaires.

Le nom d’un certain Lefémur est évoqué. Il s’agit d’un évêque intégriste, ancien condisciple de Mangeain au petit séminaire. L’homme d’église est décédé, un goupillon enfoncé dans l’œil.

Aidé d’un journaliste localier, le Poulpe s’introduit à nouveau chez les Mangeain. Il les oblige à révéler la cache des diamants. Les pierres seraient en possession de Bastard, un prêtre proche de Lefémur, lequel prêtre serait en outre l’assassin de l’intégriste.

 

Ce roman détone quelque peu par rapport aux autres ouvrages de la collection.

Le Poulpe se parle in petto, promène un vague à l’âme persistant, se pose des questions et se donne les réponses.

Par exemple il se demande si, à force de jouer les redresseurs de tort et accumuler les cadavres derrière lui, il n’est pas pire que ceux qu’il traque.

Un Poulpe de bonne facture, plaisant à lire.

Pierre BARACHANT : Quand les Poulpes auront des dents. Collection Le Poulpe N°174. Editions Baleine. Parution novembre 1999. 140 pages. 8,00€.

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 16:43

Allumer le feu, allumer le feu...

Patrick S. VAST : Igneus.

En ce 31 octobre 2014, peu avant minuit, alors qu'il s'apprête à entrer chez lui, Aralf, musicien du Groupe ADRIAN, sent derrière lui une présence. Un homme demande à lui parler. Aralf est intrigué, il s'avance, un éclair jaillit, l'inconnu s'enfuit, Aralf n'est plus qu'une torche vivante, morte. Le quartier de Wazemmes à Lille est vraiment pittoresque.

Au même moment, dans un restaurant routier à la sortie de Tournai en Belgique, Jizza attend. Elle ne sait pas trop quoi. Elle a reçu un appel téléphonique lui demandant de se rendre au Trucker, ce qu'elle a fait, et depuis elle attend. A ce moment un homme entre dans le bar, émettant d'une voix tremblante cette litanie : C'est l'heure, oui, c'est l'heure...

Sur l'injonction du cabaretier l'homme s'esquive, désemparé. Une tragique histoire qui s'est déroulée trente ans auparavant, jour pour jour. A l'emplacement du routier s'élevait une discothèque, et dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1984, un incendie s'est déclaré, près de cent cinquante personnes, dont les quatre membres du groupe de rock métal qui effectuaient leur prestation, succombant sous la proie des flammes. En sortant du bar, Jizza est prise en charge par quatre jeunes hommes voyageant à bord d'un minibus. Dans l'habitacle elle entend une chanson qui lui remémore quelques souvenirs, Still loving you des Scorpions, mais légèrement transformée. Elle goûte à une cigarette améliorée que lui tend l'un des quatre chevelus qui portent en bandoulière une croix inversée. Lorsqu'elle se réveille elle est allongée sur un banc lillois.

Pendant ce temps, dans la campagne aveyronnaise, près de Vinérac, un gamin frappe à la porte d'une maison. Il grelotte, semble avoir peur et ne sait que dire au secours. Si la femme veut bien l'accueillir, l'homme le renvoie sèchement. Pour lui le gamin s'est échappé du centre du Ropiac, un lieu à la réputation sulfureuse. De nombreux gamins vivent dans ce centre particulier et comme Lucette, la fille de ce couple, y travaille, l'homme ne veut pas d'embêtement. Le gamin s'enfuit, peu après un coup de feu retentit dans la nuit.

 

Jizza est la guitariste chanteuse du groupe ADRIAN, et le capitaine Legrand, un policier lillois, lui apprend le décès par combustion d'Aralf. Jizza est effondrée, d'autant qu'en regardant une pochette de disque dans la collection de son père, elle reconnait les quatre membres du groupe Wild Mind. Ils ressemblent étrangement aux quatre garçons dans le van qui l'ont prisent en stop la nuit précédente.

A Toulouse, Xavier doit se rendre à Lille pour effectuer une nouvelle mission. Il vient d'en rater une mais son commanditaire exige qu'il renouvelle son expérience. Il possède une liste, sur laquelle figurait Arnaud Delattre, alias Aralf, mais également Jizza et son père. Le guide l'exige.

Lucette est amie avec Oriane, autre membre du personnel du Ropiac. Elle est au courant de la tentative d'évasion de l'un de leurs jeunes pensionnaires. Elles sont au service d'une secte sataniste et Oriane a prévenu Chastagne qui traque justement ce genre de groupuscules dont celle du professeur Soriot qui dirige Ropiac. Chastagne et Oriane ont beau se rendre à la gendarmerie de Rodez, puis s'adresser à un commissaire toulousain, rien n'y fait. Personne ne veut s'intéresser à leur histoire, tout juste si on ne les traite pas de fous paranoïaques.

Charles Manfret, qui dans sa jeunesse a joué dans un groupe punk, The Sox Guns (tiens, ça me rappelle vaguement quelque chose, pas vous ?), se consacre désormais, toujours à la musique mais comme chroniqueur musical. Il apprend en lisant le journal le décès d'Aralf, ce qui ne l'intéresserait pas plus que ça si les noms de Jizza et surtout celui de Louis Genelli n'y étaient pas accolés. Or Louis Genelli, il l'a connu, beaucoup plus jeune.

 

Dans ce roman tout feu tout flamme, nous retrouvons le thème qui avait été développé dans le précédent ouvrage, Requiescant, celui de la combustion spontanée. Mais le développement est totalement différent, plein de bruit et de fureur, empreint de rock métal, celui qui a bercé nos années 70/80. La musique adoucit les mœurs, parait-il, mais ce n'est pas toujours vrai, lorsque d'autres éléments s'en mêlent.

Ainsi la présence satanique d'une secte n'est pas fortuite et Patrick S. Vast en démontre les dérives dangereuses, morbides, traumatisantes et funestes. Ainsi l'église sataniste créée par Soriot est calquée sur le modèle et les principes édictés par Anton LaVey.

Surtout lorsque des personnes appartiennent en même temps à des associations influentes, à but caritatif, comme la confrérie du Prisme de l'Eveil qui s'infiltre dans l'histoire. Une célèbre association internationale, le Rotary Club pour ne pas la citer, possède comme devise : Servir d'abord. Ce qui est louable en soi. Mais il ne faut pas oublier cette devise secondaire qui dit : Qui sert le mieux profite le plus. Or sous des dehors de solidarité envers les autres, c'est bien la solidarité envers ses propres membres qui prévaut, jusqu'au plus haut de la pyramide sociale. Servir l'intérêt particulier passe avant l'intérêt général. Je parle bien entendu du Prisme de l'Eveil, n'allez pas me prêter de mauvaises intentions.

 

Igneus est un excellent roman qui en deux cents pages narre une histoire foisonnante, musicale, flamboyante, et Patrick S. Vast démontre que point n'est besoin de noircir une multitude de feuillets inutilement pour parvenir au but premier : divertir le lecteur. Il ne s'embarrasse pas de digressions oiseuses et longuettes pour expliquer les faits et gestes des satanistes, il les évoquent tout simplement et cela ne nuit en rien à la narration. Au contraire, celle-ci est plus fluide, plus rapide.

Il est amusant de noter que bon nombre de personnages sont maigres, efflanqués, habillés de noir, et à chaque j'avais l'impression d'être face à des clones de Iggy Pop.

 

Patrick S. VAST : Igneus. Editions Fleur Sauvage. Parution le 10 novembre 2015. 208 pages. 16,40€.

Existe en version Kindle : 9,99€.

 

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 13:32

Hommage à Cornell Woolrich, alias William Irish, né le 4 décembre 1903.

William IRISH : Le territoire des morts

En apparence anachronique, ce roman de William Irish reflète pourtant l'un des thèmes majeurs de l'œuvre de l'auteur : le pessimisme.

Pessimisme qui conduit les héros malgré eux, une invitation aux retrouvailles de l'autre côté du monde réel, du monde des vivants.

Les romans qui se terminent bien, à la conclusion heureuse, sont fait rare chez Irish. C'est l'amour passion, l'amour coup de foudre qui prime, trouvant son aboutissement et son apogée dans la tourmente. L'amour éternité ne peut se réaliser qu'après d'âpres combats, dans un au-delà mythique.

Un homme aime une femme sur une vision, une rencontre fortuite, mais est-ce vraiment le déclic émotionnel ou seulement les prémices à une autre passion plus ravageuse, plus intellectuelle ?

Pour cela il faudrait analyser toute l'œuvre de William Irish, et surtout se reporter à sa vie privée et des incidences qu'elle eut sur justement son œuvre. Que ce soit au travers des romans mondialement connus tels que La sirène du Mississippi, La mariée était en noir, J'ai épousé une ombre, Lady Fantôme et d'autres moins connus mais tout aussi intéressants, comme ce Territoire des morts, l'amour contrarié est viscéralement ancré. Mais si Le territoire des morts aborde un thème plus fantastique, il n'a garde d'oublier les relations émotionnelles homme/femme.

 

Parce qu'il est en panne de voiture, Larry frappe une nuit à la porte d'une habitation perdue dans la nature. A l'une des fenêtres du premier étage s'inscrit en blanc le visage d'une jeune femme. Coup de foudre réciproque et Larry enlève Mitty.

Après le mariage devant un juge, ils partent en voyage à bord d'un bateau. Lors de l'escale de Puerto Santo, Mitty descend à terre. Larry s'inquiète, descend lui aussi, fouille la ville à la recherche de son épouse, et lorsqu'enfin il la retrouve, le bateau a levé l'ancre.

Commence alors une étrange histoire. Irrésistiblement Mitty est attirée par ce qui se trouve de l'autre côté de la montagne. Pourtant tous les témoignages concordent et sont formels : il n'y a rien de l'autre côté, personne. C'est le Territoire des morts.

 

Dans une histoire à la Ridder Hagard, William Irish a su créer une atmosphère insidieuse, envoûtante, diabolique, toute à l'image de son œuvre.

Première édition, tirage limité : Sinfonia. 1987.

Première édition, tirage limité : Sinfonia. 1987.

William IRISH : Le territoire des morts (Savage Bride - 1950 ou 1952. Traduction de Gérard de Chergé). Collection Série 33. Editions Clancier-Guénaud. Parution avril 1988. 256 pages.

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 10:15

Lorsque le futur roi Edouard VII se prenait pour Sherlock Holmes...

Peter LOVESEY : Honni soit qui mal y pense. Mémoires policiers d'Edouard VII

Qui aurait eu l'audace de penser un jour que l'honorable et majestueux Edouard VII se serait penché sur la triste fin d'un célèbre jockey.

Que du temps où il n'était encore que Prince de Galles, Albert Edouard, Bertie pour les intimes, le fils aîné de sa très gracieuse et omniprésente Majesté la Reine Victoria, aurait soupçonné que la mort par suicide de Fred Archer, jockey adulé du grand publie et estimé pour son intégrité, ne serait pas due aux raisons officiellement émises par le coroner.

En réalité le suicide ne serait pas dû à un accès de fièvre typhoïde mais bien à cause d'événements, de relations et de bruits divers mettant en cause son honnêteté. En un mot que ce décès ne serait ni catholique, ni orthodoxe encore moins anglican.

Avec délectation et légèrement imbu de sa personne, on n'est pas de sang royal pour rien, Bertie, pardon, le Prince de Galles, va se lancer dans une enquête qui semble-t-il va à l'encontre du but recherché.

Afin de défendre l'honneur et l'intégrité du célèbre jockey, ne met-il pas à jour une sombre histoire de courses truquées, de corruptions, que sais je encore!

Une enquête discrète qui mène le Prince de Galles du célèbre champ de courses de Newmarket jusqu'aux bas fonds londoniens lui faisant côtoyer amateurs véreux, prostituées et femmes du monde, artistes de music hall et drôles d'oiseau.

Sans oublier l'aide inefficace du chef de la police de Londres, Charles Warren, bien connu pour l'incompétence notoire qu'il déploya lors de l'affaire de Jack l'éventreur, qui secouera le royaume deux ans après les tribulations flicardesques du futur Edouard VII.

 

Peter Lovesey, incontestable spécialiste de la fin du I9ème siècle, nous propose avec Honni soit qui mal y pense un livre réjouissant et légèrement irrespectueux à souhait.

Une réussite de celui qui nous avait convaincu de son talent avec des romans comme Le bourreau prend la pose, La course ou la vie, Cidre brut et quelques autres

Ce roman inaugurait la nouvelle collection Grand Format du Masque, une collection qui aurait accueillir les suffrages du public puisqu'elle se proposait d'accueillir en son sein des auteurs aussi divers et talentueux que Joseph Wambaugh, Dorothy Uhnak, Elmore Léonard. Un éclectisme et une complémentarité de bon aloi.

Peter LOVESEY : Honni soit qui mal y pense. Mémoires policiers d'Edouard VII (Bertie and the Tinman - 1987. Traduction de Jean-Michel Alamagny). Collection Grand format. Editions Le Masque. Parution juin 1989. 252 pages.

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 16:51

Et des vivants encombrés...

Robert-Louis STEVENSON & Lloyd OSBOURNE : Un mort encombrant

La tontine, forme de d'épargne imaginée par l'Italien Tonti sous Mazarin, peut s'avérer payante mais en même temps se révéler source de problèmes pour les souscripteurs, puisqu'elle n'est reversée qu'au dernier survivant.

Lorsque débute cette histoire, il ne reste plus que deux prétendants à la tontine souscrite par le père de la famille Finsbury alors qu'à l'origine, quelques décennies auparavant, ce nombre était évalué à près d'une quarantaine.

Joseph Finsbury, l'un des deux héritiers, a recueilli Maurice et Jean, les deux enfants de Jacob, son frère cadet. Il a aussi accueilli en son foyer Julia Hazeltine, que lui avait légué une vague connaissance. Quant à son autre frère, Masterman, il ne lui a pas donné de ses nouvelles depuis de nombreuses années, et seul son fils Michel, avoué de sa profession, affirme que son père n'est pas mort, sans vouloir donner moult précisions complémentaires.

Maurice prend soin de son père, ayant peur que celui-ci décède de façon inopinée, avec pour conséquence l'envol de la tontine au profit de son cousin. Il le sort afin de lui procurer du bon air pour ses bronches, l'habille chaudement de vêtements adéquats selon les principes du praticien Sir Faraday Bond. Mais Joseph se sent un peu à l'étroit, lui qui était habitué à voyager de par le monde, à donner des conférences sur n'importe quel sujet susceptible d'intéresser une assistance clairsemée et indifférente, voire assoupie. Joseph est un manique des statistiques et trimbale toujours avec lui un carnet et un crayon afin de noter ses judicieuses et  inutiles observations.

Maurice a repris l'entreprise de cuirs de son père, mais celle-ci périclite, et il se demande comment faire face à une pénurie d'argent proche et stressante. De plus il traîne une dette de plusieurs milliers de livres dont il ignore comme il va pouvoir l'honorer.

Lors d'un voyage en chemin de fer, entre Bournemouth et Londres, Maurice ne décolère pas. Son oncle Joseph a mis négligemment dans sa poche un billet à ordre de huit cents livres qu'il devait signer, omettant de le rendre à Maurice. Un incident qui en cache un autre. Les trois hommes, Jean est également présent, ne remarquent pas qu'au dernier moment, alors que le train s'élançait, un homme vêtu pareillement que l'oncle Joseph montait dans un wagon proche. Un accident se produit, cela arrive même dans la perfide Albion, et le drame se précise. Lorsque Maurice et Jean sortent légèrement blessés de leur évanouissement provoqué par la collision entre deux rames, ils découvrent le corps mort et complètement défiguré de l'oncle Joseph, ce qui signifie la fin de leurs espérances de tontine. Adieu, veaux, vaches, cochons, couvées et entreprise de cuirs à remettre à flots. Sauf...

Sauf si le mort n'est pas déclaré officiellement défunt, et inversement. Maurice et Jean s'arrangent donc pour récupérer le cadavre, le plonger dans un tonneau, puis confier le tout à l'administration ferroviaire qui va l'acheminer jusqu'à Londres. Tandis que Jean reste sur place, afin de s'occuper de l'oncle Joseph, du moins c'est ce que déclarera Maurice, le dit Maurice rentre à la capitale afin de récupérer le fût. Seulement, ce qui n'était pas prévu au programme, c'est qu'un individu taquin va s'amuser dans le fourgon à bagages à échanger l'étiquette avec celle d'un container. Et lorsque le dit container est livré à l'adresse sus-indiquée, c'est à dire celle des Finsbury, Julia est là en compagnie d'un ami, Gedeon. Ils ouvrent la caisse, immense et volumineuse, et découvrent à l'intérieur une statue dont ils ne savent que faire.

Le tonneau est acheminé chez un sieur Pitman, professeur de dessin et médiocre artiste, lequel est fort étonné, abasourdi, décontenancé, de recevoir, en brisant l'emballage, de découvrir un cadavre à la place de la statue attendue.

 

Le voyage de l'oncle Joseph, ou plutôt de son suppléant, le lecteur l'aura deviné, ne se termine pas ainsi puisqu'il est trop encombrant et que pour s'en débarrasser il sera placé dans un piano dont on aura ôté les cordes, puis qui voyagera jusque dans une maison-bateau.

Le thème du cadavre voyageur sera par la suite abondamment exploité par les auteurs de romans d'énigmes et policiers, mais de façon plus morbide que dans le roman de Stevenson et Osbourne.

Un agréable divertissement pour le lecteur, moins pour les divers personnages qui gravitent dans cette histoire, conté avec cet humour anglais typique que l'on appelle le non-sens, et que l'on retrouve dans certains textes de Dickens, de Jérôme K Jérôme et quelques autres. Les péripéties sont nombreuses, et les scènes tragiques ou périlleuses, si elles ne déclenchent pas le fou rire, amènent sur les lèvres des lecteurs ce petit sourire révélateur d'un bon moment passé à une lecture boute-en-train.

A quelques reprises le nom du romancier français et contemporain de Stevenson, Fortuné du Boisgobey est cité dans le texte, et l'on peut se demander s'il s'agit d'un hommage ou d'une aimable plaisanterie.

 

Curiosité :

Ce roman a connu plusieurs traductions sous des titres divers :

Sous le titre Le Mort Vivant, paru aux éditions Perrin en 1905.

Sous le titre L'Hercule et le Tonneau, paru au Club français du livre en 1961.

Sous le titre Un mort en pleine forme, paru chez G. P. en 1968 dans une édition illustrée par Jean Reschofsky.

Plus récemment, les éditions Gallimard l'ont fait paraître dans la Bibliothèque de la Pléiade sous le titre Le Grand Bluff.

Réédition au Livre de Poche Jeunesse. Parution Juin 1999. 346 pages. Une couverture nettement plus accrocheuse que celle de 10/18.

Réédition au Livre de Poche Jeunesse. Parution Juin 1999. 346 pages. Une couverture nettement plus accrocheuse que celle de 10/18.

Robert-Louis STEVENSON & Lloyd OSBOURNE : Un mort encombrant (The wrong box - 1889. Traduction de Pierre Leyris). Editions 10/18. Série L'Aventure insensée. N°1377. Parution juillet 1980. 256 pages.

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 12:13
François BILLARD : Don qui shoote et la manque.

Le foot au... Tapie ?

François BILLARD : Don qui shoote et la manque.

La coupe du monde et l’univers footballistique ayant inspiré bon nombre d’auteurs ces derniers mois, il était normal, pour ne pas dire inéluctable, que le Poulpe se trouve entraîné lui aussi à jouer du ballon rond, ce qui le change du ballon de bière.

Une fusillade Place de l’Opéra à Marseille a laissé cinq hommes sur le pavé. Quatre corps non identifiés, et Roman Markevitz, bien connu des services de police.

Markevitz était un type bizarre, sorte d’éminence grise du football, imprésario douteux; ayant gravité dans les vestiaires de l’Olympique de Marseille, s’occupant de transferts de joueurs, d’une manière occulte et non officielle, possédant des accointances avec les néofascistes italiens, tout en étant proche d’un certain milieu socialiste.

Bref le mec impeccable, propre sur lui, et tout, et tout. Même que certains parlent d’une rencontre O.M - V.A. qui...

N’empêche que le tripatouilleur est décédé et le Poulpe renifle le panier de crabes.

 

François Billard c’est bien amusé à écrire ce roman, enfin je l’espère pour lui, et le lecteur n’est pas déçu, puisque toute ressemblance avec des personnages ou des événements ayant existé serait totalement fortuite...

 

François BILLARD : Don qui shoote et la manque. Le Poulpe N°129, Editions Baleine. Parution juin 1998. 142 pages.

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 13:50

Il faut tuer Savonarole...

Gérard DELTEIL : La conjuration florentine.

Il est difficile de ne pas effectuer un parallèle entre des événements qui ont secoué la ville de Florence en 1497 et l'état d'esprit qui régnait alors, et certains événements socioreligieux actuels.

Dieu ne veut pas de crucifix d'argent à côté d'estomacs affamés.

Cette diatribe imprimée à Florence et émanant de Jérôme Savonarole, le moine dominicain qui veut imposer aux habitants de la cité une règle de conduite plus pure, indispose fortement le Pape Alexandre VI, Rodrigo Borgia.

Avec l'évêque Adriano Castellesi, qui est également son ami, le pape décide de supprimer purement et simplement son ennemi. Il recherche donc un candidat susceptible de mener à bien cette mission et le trouve en la personne d'un novice, Stefano Arezzi, car selon Castellesi, sa foi frise le fanatisme.

Enfant trouvé, Stefano, qui entre dans sa vingtième année, a été élevé par les Franciscains, a étudié la théologie, les mathématiques, l'astronomie, les langues, à l'université de Bologne, et est actuellement au couvent de l'Aracoeli. Seulement Stefano ne sait pas manier les armes et son maître sera un sicaire qui aurait pu prétendre lui aussi à affronter Savonarole. Après un entraînement poussé, Stefano se rend à Florence, muni d'un coffret contenant une Bible mais qui dissimule des fioles de poisons et des objets pouvant servir de cachette telle qu'une bague au chaton amovible.

 

Les troupes de Charles VIII remontent vers la France, les Médicis ont été chassés de Florence, et la populace est divisée en trois factions d'inégales compositions. Savonarole possède ses partisans, les Piagnoni, tandis que les Arrabiati s'érigent en ennemis du moine, les Compagnacci représentant la tendance dure des Arrabiati. Les Médicis sont soutenus par les Bigi qui espèrent leur retour aux affaires. Mais ce sont surtout les jeunes gens issus de familles riches qui se montrent les plus virulents.

Savonarole a proscrit la musique, la danse, les masques et les carnavals, obligé les femmes à cacher leurs cheveux sous un voile, et bien d'autres manifestations qui font de lui un moine intégriste enflammant une grande partie des Florentins. Les livres, les œuvres d'art licencieuses ne trouvent pas grâce à ses yeux, de même que le luxe affiché par l'Eglise et les puissants, la recherche du profit, et la vente bénéfique financièrement d'Indulgences. Une réforme humaniste dans l'excès.

Le cerveau du Frate est trop étroit pour comprendre que la jeunesse préfère la musique, la danse, les masques et les jeux de l'amour qui accompagnaient les carnavals d'autrefois aux litanies de l'église.

 

Le pape Alexandre VI

Le pape Alexandre VI

C'est dans cette ambiance trouble que Stefano débarque à Florence et il se rend, sur les conseils de Castellesi chez Maître Turca, un riche drapier-lainier, afin de devenir le précepteur de ses deux enfants, Gustavo et Léna. Gustavo se montre un élève appliqué, mais Léna, proche des quatorze ans, est déjà une petite femme aux formes généreuses et elle se montre aguicheuse auprès de Stefano. Mais ce n'est pas Lena qui décrochera le pompon, ce sera Fedora, la femme de Turca, qui lui rendra visite en catimini dans sa couche un soir.

Gustavo est embrigadé dans la formation des Anges blancs, dont la mission est de récolter des subsides pour construire des hospices. Stefano est chargé de le surveiller car Turca se méfie des manigances du Frate, alias Savonarole. En guise de subsides, les Anges blancs reçoivent des pierres lancées par des gamins vivant dans un quartier défavorisé. Il évite toutefois à Vittorio, l'un des agresseurs d'être écharpé, ce qui lui vaut la reconnaissance familiale et celle du voisinage. Il devient même le général d'une section des Anges blancs. Mais il s'attire les quolibets et les inimitiés de la part des Compagnacci, des jeunes gens tout feu tout flamme.

Ce que n'avaient pas prévu Alexandre VI et Castellesi, c'est l'attirance qu'exercera Savonarole sur Stefano. Il rencontrera bien d'autres personnages, dont le jeune Nicolas Machiavel, et surtout la belle et veuve Antonella Sarafini, dont le fils est lui aussi membre des Anges blancs. Il lui faudra également déjouer des tentatives d'assassinat, des complots, car les ennemis de Savonarole ne manquent pas, soit dans Florence même, soit dépêchés par le Pape qui ne s'est pas résigné à subir les affronts de Savonarole, lequel va jusqu'à organiser un autodafé, le bûcher des vanités, au plus grand dam de ses adversaires.

Stefano va apprendre qu'il ne faut pas confondre la religion, la politique et le négoce, ces trois éléments étant souvent incompatibles.

 

Savonarole

Savonarole

Gérard Delteil nous invite à un voyage dans le temps à une époque au cours de laquelle la religion possédait une prépondérance maléfique dans la vie quotidienne des êtres humains, régissait tout et imposait une vision déformée des enseignements humanistes.

Si le but de Savonarole, réfuter l'amas de richesses engrangées de la papauté et les redistribuer aux pauvres, était avisé et louable en soi, c'est sa façon de procéder qui est condamnable. Imposer des préceptes intégristes et plonger la masse populaire dans l'ignorance, et ses prises de positions principalement vis à vis de la gent féminine, nous ramène inconscient (ou pas) aux préceptes des talibans tels qu'ils l'exercent aujourd'hui. Et Savonarole influencera peut-être Luther et Calvin lorsqu'ils poseront les bases de la Réforme.

Et au delà du roman, très fouillé, construit avec une recherche historique, même si cela reste justement un roman, ce sont bien les débordements religieux qui s'ancrent dans l'esprit du lecteur. De plus, entre les Dominicains dont fait partie Savonarole, et les Franciscains, religieux dont le Pape est proche, existe un antagonisme flagrant.

Gérard Delteil démonte l'hypocrisie qui règne, les magouilles et manipulations exercées au nom de l'église en appliquant les doctrines selon ses envies et ses besoins personnels. Le personnage de Savonarole se montre ambigu, et dont justement il faut se méfier. Tout comme les religieux, quelle que soit leur confession, d'aujourd'hui qui veulent infliger leur vision en abaissant moralement leurs fidèles, en se servant de textes dénaturés, et les obligeant à se conduire en rétrogrades exaltés, fanatiques, subissant des enseignements iniques.

Un roman historique passionnant, dans la veine d'Alexandre Dumas, mais avec une approche sur des événements actuels , même si cela n'est pas défini et exprimé dans l'ouvrage, et qui va au-delà du simple plaisir de la lecture.

Gérard DELTEIL : La conjuration florentine. Editions Points. Points Thriller P4222 Inédit. Parution 19 novembre 2015. 480 pages. 7,90€.

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 13:15

Hommage à John Dickson Carr, né le 30 novembre 1906, à Uniontown en Pennsylvanie.

John Dickson CARR : Le gouffre aux sorcières

Il faut peu de choses pour créer et entretenir une légende.

Par exemple à Chatterham, parce que certains représentants de la famille Starbeth sont morts la nuque brisée, la croyance populaire voudrait que les descendants de Timothy subissent le même sort.

Une coutume régit la vie de cette famille : le soir de ses vingt-cinq ans, entre vingt-trois heures et minuit, l'aîné des Starbeth doit se rendre dans le pénitencier désaffecté puis dans la chambre du Prévôt, un de leurs ancêtres, ouvrir le coffre-fort et ramener une preuve de sa présence.

Quel mal y-a-t-il à respecter une coutume, n'est-ce pas Martin Starbeth ? Aucun, sinon subir le sort de ses ancêtres.

Pour le docteur Gideon Fell, les légendes et les coutumes ont toujours un fond de vérité, et un assassinat ne se peut se perpétrer que par un mortel mal intentionné.

 

Ce roman de John Dickson Carr, écrit en 1933 et inédit jusqu'à sa parution en 1989, met en scène pour la première fois le lexicographe Gideon Fell. Un personnage haut en couleurs, préférant la bière au thé et qui fait ses choux gras des mystères.

Immense, à la limite de l'obésité, il ne se déplace la plupart du temps qu'à l'aide de ses cannes. Il est marié à une petite femme charmante, véritable feu-follet, myope et quelque peu étourdie.

Le gouffre aux sorcières, l'un des premiers romans écrits par John Dickson Carr, annonce les thèmes chers à l'écrivain : meurtre en chambre close, une atmosphère étouffante, angoissante, assaisonnée d'une pointe de fantastique et relevé d'une pointe d'humour.

Un livre qui malgré sa traduction tardive, je rappelle que ce roman date de 1933 mais n'a été publié en France qu'en 1989, n'a pas pris une ride.

Réédition volume Les intégrales John Dickson Carr N°1. Parution décembre 1991. 1120 pages. Docteur Fell. Comprend Le gouffre aux sorcière; Le chapelier fou; Le huit d'épée; Le barbier aveugle; L'arme à gauche.

Réédition volume Les intégrales John Dickson Carr N°1. Parution décembre 1991. 1120 pages. Docteur Fell. Comprend Le gouffre aux sorcière; Le chapelier fou; Le huit d'épée; Le barbier aveugle; L'arme à gauche.

John Dickson CARR : Le gouffre aux sorcières (Hagg's Nook - 1933. Traduction de Dominique Monrocq). Le Masque Jaune N°1944. Edition Librairie des Champs Elysées. Parution janvier 1989.

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