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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 14:33

Bellami, une référence à Maupassant ?

Malicia JOY : Casanova. Les aventures de Bellami. Episode 1.

Un jour d'entrainement de rugby. Toutes les mères sont là à surveiller et apprécier le jeu de leur progéniture qui se défoulent sur la pelouse.

Seul, un homme détonne et détone parmi cette gent féminine et les langues vont bon train.

Il est vrai que leurs maris respectifs sont si occupés par leur travail, si débordés, qu'ils ne peuvent se déplacer voir évoluer leurs loupiots rugbymen en herbe.

Elles se sentent délaissées et l'une d'elles, Marie-Chantal, se plaint de la fraîcheur. Pas de café en vue pour se réchauffer autour d'une tasse de thé. Qu'importe, elle invite Bellami à la rejoindre dans sa voiture afin d'échapper à la bise. Les gamins vont bien se débrouiller sans elle. Quant aux autres mères, elles sentent une pointe de jalousie les attiser.

Installé confortablement dans la berline, Bellami voit avec stupeur une boule de poils sauter sur les genoux de sa propriétaire. Un yorkshire nommé Casanova.

Non pas à cause d'une supposée origine italienne, précise aussitôt Marie-Chantal, mais de son côté libertin.

 

Classée trois Q, sur une échelle de trois, cette courte nouvelle n'est conseillée qu'aux adultes consentants, et aux amis des animaux.

Quant à vous, messieurs, vous êtes peut-être en droit de vous demander ce que font vos femmes les mercredis après-midi, lors des entraînements de foot, de rugby ou autre sport gratifiant pour les petits muscles de vos enfants, tandis que vous lutinez activement votre secrétaire ou votre collègue de travail.

Malicia, joli prénom plein de malice, pour une histoire elle aussi malicieuse qui met en joie. Mais est-ce vraiment une femme qui narre cette histoire ? Ceci ne nous regarde pas !

 

Malicia JOY : Casanova. Les aventures de Bellami. Episode 1. Nouvelle numérique Collection Cullissime. Editions SKA.. Parution février 2016. 1,49€.

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 09:09

Ce n'est pas parce que je ne suis pas un numérique pratiquant, que je dois passer sous silence des rééditions intéressantes. Dont acte.

Patrick ERIS : Le Chemin d’ombres.

Un coin de verdure dans la campagne anglaise, un manoir d’architecture victorienne, tel est l’endroit rêvé pour accueillir en toute sérénité des congressistes. Loin du tumulte londonien consécutif aux prises de décisions gouvernementales, des restrictions budgétaires imposées par l’ère Tatchero-Blairienne, le climat social est tendu. La sécurité dite sociale est menacée : des fonctionnaires en moins c’est des voix en plus !

Pourtant Marion Darras a préféré exercé son sacerdoce de psychologue dans un immeuble du Welfare, l’aide sociale, plutôt que de s’installer en praticien libre. Elle reçoit une convocation l’invitant à participer à une tentative de thérapie nouvelle sur trois volontaires, des patients qu’elle a déjà eu l’occasion de soigner lors de ses jours de garde à la clinique. Elle retrouve quelques confrères dont David Holder avec lequel elle a vécu des relations charnelles six ans auparavant. Puis ils se sont quittés, en affirmant comme d’habitude qu’ils vont se téléphoner, prendre de leurs nouvelles, le genre de promesses pieuses non suivies d’effet. Elle connait de vue les autres participants mais ce qui la dérange le plus c’est l’expérience tentée sur les patients.

Les trois cobayes, s’ils sont différents physiquement, possède un point commun en dehors d’être soigné pour des raisons mentales. Sandy est grande, mince, filiforme, et sans être belle possède un charme troublant. Marion l’avait surnommée Ophélie en référence au personnage de Shakespeare. Sandy vit dans un monde gothique, entretenu par ses lectures, principalement Les hauts de Hurlevent d’Emily Brontë. Brian est obèse et quoiqu’il fasse, il ne perd pas un gramme. Une boulimie encouragée et entretenue par sa grand-mère durant son enfance. Kenneth, qui s’était adonné à la drogue, est en période de rémission, mais il est agressif et solitaire. Tous trois ont perdu un ou plusieurs être chers dans des circonstances douloureuses, des événements tragiques qui les ont marqués à vie, créant des fractures mentales.

L’expérience envisagée est de prouver qu’il est possible de pouvoir connecter les rêves de trois personnes en même temps. Il n’est donc pas question de lire les rêves mais de comparer les trois graphiques afin de vérifier s’il y a conjonction. Pour cela les trois patients vont ingurgiter une mixture avant de s’endormir. Ils seront reliés à un écran d’ordinateur par trois encéphalogrammes, des plots étant apposés sur leurs têtes. Mais toute expérimentation nouvelle est par essence sujette à des résultats inconnus et l’on ne peut préjuger des acquis positifs, ou négatifs de ces essais. Or comme dans bien d’autres domaines de la recherche scientifique, cette expérience attise les convoitises des instances militaires, qui peuvent éventuellement adapter les résultats obtenus à des fins belligérantes. Alfred Nobel, en son temps, n’avait pas imaginé que l’invention de la dynamite aurait des répercussions moins pacifiques que celles auxquelles son produit avait été conçu : réduire la pénibilité des mineurs par exemple.

Le roman est axé autour du personnage de Marion, et c’est en sa compagnie que le lecteur suit l’intrigue, sauf lorsque Patrick Eris nous entraine dans l’inconscient, les rêveries ou les cauchemars des trois cobayes.

Mais c’est aussi l’occasion de pointer du doigt la déficience du gouvernement anglais en matière de protection sociale. Londres, la capitale, puis d’autres grandes villes du Royaume-Uni sont en proie à des mouvements sociaux, des émeutes de plus en plus virulentes et violentes. La finance aura toujours le dernier mot, et le service public sera de plus en plus bafoué. Le côté fantastique réside dans le résultat des connections mentales des trois patients, mais sur ce point je n’en dis pas plus, ne voulant pas déflorer l’intrigue. Toutefois on peut supposer d’un jour, les progrès de la science sont tellement rapides et inimaginables sauf pour les scientifiques et pour les romanciers, que ce qui est décrit pourrait en partie se réaliser.

Ce roman a fait l’objet d’une première publication en janvier 1989 sous le titre éponyme dans la collection Anticipation du Fleuve Noir et signé Samuel Dharma. C’était dans une version abrogée et Patrick Eris, qui entre temps a pris ce nouveau pseudonyme, a entièrement revu sa copie, réécrivant son texte, l’enrichissant de nombreux détails et surtout en proposant un début et un fin différentes. A l’époque il n’avait que vingt-trois ans, avec déjà à son actif quatre ou cinq ouvrages publiés, mais la fougue de la jeunesse s’est estompée pour offrir un travail plus rigoureux.

Patrick ERIS : Le Chemin d’ombres. Mythologica. Parution juillet 2015. Version numérique : 2,99€.

Première Edition : Lokomodo. N° 32. Parution Janvier 2013. 256 pages. 6,50€.

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 14:36

Dallas, ton univers impitoyable...

Muriel MOURGUE : Montego Bay.

Eclopée de la vie, Thelma Vermont se nourrit de jazz. Pas parce que son second amoureux était un pianiste de jazz éliminé par la Famille, mais parce qu'elle aime ça presque viscéralement.

Et si Billie Holiday fait partie de ses chanteuses préférées, il en est une qu'elle porte au pinacle : Dana Raise. La chanteuse Noire, qui est en cavale depuis que son mari et impresario, un Blanc brutal s'est malencontreusement fracturé le crâne en tombant, vient d'enregistrer un nouveau disque dans une cave new-yorkaise. Et depuis que son ami Benny lui a offert ce vinyle, c'est-à dire la veille, Montego Bay, le titre phare, passe en boucle sur son électrophone. Benny c'est sa béquille, Abraham complétant la paire. Eux aussi ont subi les avanies de la vie, mais ils s'entendent bien et se soutiennent moralement.

Benny demande à Thelma de lui rendre un petit service. Ou plutôt c'est sa sœur qui aimerait que Thelma enquête pour le compte d'une amie. Première nouvelle. Benny possède une sœur. Petites cachoteries entre amis qui ne prêtent pas à conséquence. Chacun respecte la vie privée de l'autre et si l'un désire garder pour lui certains pans de son histoire, cela n'entache pas leur amitié. Mais pour l'instant faisons comme Thelma et avant de nous rendre à Dallas, où vit Linda, la sœur de Benny, débroussaillons cette requête.

Le frère de l'amie de Linda a disparu. Il habite depuis quelques années en France, ayant connu durant la guerre une jeune femme avec laquelle il s'est marié, et réciproquement. Il était revenu au pays avec Juliette mais la jeune épouse ne s'était pas habituée à la vie américaine et ils étaient repartis chez elle à Montmédy. Ayant un peu le mal de son Texas natal Ted avait eu un coup de blues et au bout de six ans il avait souhaité revoir sa sœur et le mari de celle-ci. Il s'était donc embarqué en avion, l'appareil a bien atterri mais Ted n'était pas à bord. La dernière fois qu'il avait été aperçu, c'était en gare de Montmédy. Le vingt-cinq octobre 1958.

Thelma et Benny se rendent donc dans la banlieue de Dallas et rencontrent Linda qui leur parle de Ted Richmond, de Jill sa sœur inquiète et de leurs connaissances. Elles se téléphonent souvent, et participent toutes les deux à des ventes de charité. Linda n'est guère charitable envers Juliette qui n'appréciait pas le style de vie américain. Ensuite direction Sunrise, un ranch immense qui ne cesse de s'agrandir, l'exploitation agricole de Jill et son mari.

Munis de renseignements précieux glanés auprès de Jill et Bradley, de l'adresse de Peggy-Sue, la première fiancée de Ted, d'une certaine aversion envers Lee, le contremaître du domaine, Thelma et Benny se rendent en France, tous frais payés et même plus.

Leur visite à Juliette les laissent mitigés dans leur appréciation. La jeune femme est versatile, bipolaire, dans ses propos et son comportement. De même, un ami de Ted, un Canadien qui travaille comme lui sur une base militaire près de Montmédy, est plutôt réservé sur le couple que forment Juliette et son mari. Ou que formaient.

 

Dans une ambiance délicieusement rétro de la fin des années 1950, ce roman lorgne du côté des romanciers américains, tels que pouvaient en écrire Day Keene, Henry Kane, Harry Whittington et quelques autres.

Thelma Vermont ingurgite, parfois plus que de raison, le Bourbon et fume comme une cheminée d'usine, comme elles pouvaient en dégager à cette époque. Une époque révolue, comme si ces usines obéissaient à la loi anti-tabac. Et elle est marquée, Thelma Vermont, par les accidents de la vie qu'elle a subi, tout comme ses amis Benny, Abraham et deux ou trois autres.

Thelma Vermont narre cette aventure, Muriel Mourgue n'étant que la consignataire de cet épisode. Mais apparemment Thelma Vermont a une propension très nette à se mélanger les pédales avec les prénoms des personnes qu'elle côtoie. Ainsi elle parle aussi bien de Dana que de Diana Raise, cette chanteuse dont elle est entichée. Et la première fiancée de Ted Richmond, qui se prénomme au début Peggy-Sue, comme le titre d'une célèbre chanson interprétée notamment par Buddy Holly, devient Peggy-Lee, comme la chanteuse américaine.

Plus surprenant, Thelma Vermont se rend de temps à autre dans un célèbre restaurant fréquenté par les célébrités de l'époque. Et il n'est donc pas anodin qu'elle aperçoive Marylin Monroe en compagnie d'un certain Henry Miller. Mais là encore, peut-être à cause du Bourbon, elle confond Henry Miller, l'écrivain auteur de La crucifixion en rose, trilogie comprenant Sexus, Plexus, Nexus, avec Arthur Miller, autre écrivain et dramaturge qui fut justement l'époux de la vedette cinématographique.

Mais quoi qu'il en soit, ce roman sympathique est agréable à lire et l'intrigue rondement menée, réservant quelques belles surprises.

 

Muriel MOURGUE : Montego Bay. Collection Rouge. Editions Ex Aequo. Parution le 21 janvier 2016. 136 pages. 12,00€.

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 11:07

Bon anniversaire à Jean-Louis Touchant

né le 14 février 1929.

Jean-Louis TOUCHANT : Le train vert-de-gris.

En gare de Lyon-Perrache, en cet été 44, les voyageurs affluent sur les quais, même si les trains annoncés ne sont pas sûrs de circuler.

Les Allemands sont sur la brèche. Après le débarquement de Normandie, ils ont peur d’un nouveau débarquement sur Marseille. Parmi les candidats au voyage, René, seize ans, dont ce sera le premier grand déplacement en solitaire, sans papa ni maman.

Il doit rejoindre une vague cousine dans le Nivernais. Il s’installe dans le wagon, déjà occupé par un prêtre. Bientôt un jeune couple, Andrée et Paul qui ressemble à un acteur de cinéma puis une mère et sa fille, Solange, du même âge que René s’installent. Enfin, un gros homme rougeaud et un garçon sans bagage, renfrogné.

Le départ se fait attendre puis le convoi quitte enfin la gare. Les arrêts sont nombreux, les voyageurs ont le temps de faire connaissance. Lors d’un contrôle des papiers, le jeune homme sans bagage est arrêté par les Allemands. Les commentaires vont bon train.

René dessine, croquant ses compagnons, ce qui attire l’attention de Solange, sa voisine. Elle est pas mal Solange ! Andrée non plus d’ailleurs. Le gros homme propose des victuailles qu’il sort d’un panier de paysan. Et le convoi continue doucement sa progression malgré les problèmes qui peuvent surgir à tout moment. Un monsieur a remplacé celui qui a été arrêté. Il écrit, pour le plaisir, attirant l’attention des occupants du wagon. Un périple qui bientôt sombrera dans le drame.

 

Cette histoire, écrite par Jean-Louis Touchant, auteur d’une remarquable étude sur Moselli, est un quasi vase clos dans lequel les protagonistes, obligés de se côtoyer, échangent avec sourires ou énervement des propos sur tout et rien.

L’auteur accapare l’attention en narrant ses pastiches Holmésiens ou des histoires à la façon d’Agatha Christie. Chacun donnant son avis. Le cinéma aussi est évoqué. Les sujets de conversion ne manquent pas, chacun se laissant aller plus ou moins à son thème favori.

Un microcosme dans lequel des affinités se révèlent, des tensions larvées risquent d’exploser, et qui pour quelques heures pourrait croire que la guerre, malgré la présence constante des Allemands, est restée au bord du quai.

Mais c’est sans compter sur le doigt du destin qui souligne toujours d’un trait rageur qu’il peut rattraper à tout moment les erreurs et les fautes, les crimes et les trahisons.

Jean-Louis TOUCHANT : Le train vert-de-gris. Collection Rail Noir N°9. Editions La vie du rail. Parution novembre 2004. 118 pages.

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 14:22

Hommage 3 à Georges Simenon, né le 13 février 1903 selon les registres et le 12 février 1903 par superstition maternelle.

Francis LACASSIN : La vraie naissance de Maigret.

Une pipe, un chapeau melon, un pardessus épais à col de velours, un poêle en fonte, quelques verres de bière ou de fine, voilà le décor planté.

Le commissaire Maigret peut faire son apparition, masse puissante et bourrue, privilégiant aux faits eux-mêmes la psychologie des personnages.

On ne l'a pas entendu arriver, pourtant il est là, impressionnant, emplissant la pièce de sa présence. Et lorsqu'il repart sur la pointe des pieds, son aura a si bien imprégné l'endroit où il s'est imposé, que son ectoplasme est toujours palpable. Et depuis 1972, année où il s'est éclipsé en compagnie de Monsieur Charles, il continue à hanter l'étrange lucarne et les rayons des librairies.

Maigret n'est pas un être de chair et de sang, pourtant c'est un ami fidèle, et l'on ne se lasse pas de le rencontrer dans un bar, auprès d'une péniche, à un carrefour, sous la pluie, tenace, obstiné, traquant les truands, mais cherchant aux petites gens des excuses à leur forfait.

Mais ce personnage issu de l'imagination fertile d'un écrivain prolixe, porte en lui sa légende. Sa naissance est nimbée d'un flou artistique ou plutôt d'une contre-vérité à laquelle Simenon, qui l'a forgée et propagée, a fini par croire lui-même.

Francis Lacassin, traqueur impitoyable de la littérature populaire, ne s'est pas contenté d'une explication de génération spontanée. Maigret en effet n'est pas né dans les conditions que Simenon aimait le faire croire, entretenant un mythe qui permit en 1966 l'érection d'une statue représentant le célèbre commissaire à Delfzijl, aux Pays-Bas.

Maigret était déjà né, avait connu quelques aventures, mais c'est effectivement dans ce petit port qu'il s'est émancipé, a atteint sa majorité, et fêté sa maturité avec Pietr le Letton. Et il lui a fallu se battre pour ne pas se laisser supplanté par un arriviste, plus jeune, plus aventureux, du nom de Sancette.

Ce travail de défrichage des romans simenoniens, cette recherche de généalogiste consciencieux, sont consignés dans un ouvrage dont la lecture est aussi passionnante que celle d'un roman policier, comme diraient les critiques qui pourfendent la littérature populaire tout en lui reconnaissant les qualités d'être lisible, intéressante, captivante.

Ce récit, ce document s'inscrit parmi les nombreux autres ouvrages consacrés à la saga simenonienne, à sa vie et à son œuvre, et ils sont nombreux. Mais il reste l'un des ouvrages de référence qui se révèle indispensable à tout amateur, éclaire ou non, à tout passionné avide de mieux connaître ce personnage hors du commun et pourtant si près de nous.

Francis LACASSIN : La vraie naissance de Maigret. Editions du Rocher. Parution septembre 1992. 176 pages.

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 15:16

Hommage 2 à Georges Simenon, né le 12 février 1903.

Jean-Christophe CAMUS : Simenon avant Simenon. Les années parisiennes. 1923 - 1931.

De son vivant, Simenon a intrigué bon nombre de journalistes, de critiques et de chroniqueurs, et bien évidemment de lecteurs.

Les études et articles consacrés au plus Français des Belges sont donc extrêmement nombreux, avant et après sa mort.

De tous ceux qui sont parus en cette année 1990, les ouvrages de Jean-Christophe Camus comptent parmi les plus intéressants. A plusieurs titres.

D'abord au point de vue recherche et situations du personnage dans une époque qui peut paraître magique et féérique pour certains d'entre-nous. Les années d'après-guerre, des années de décompression, d'insouciance, une impression. Alors que dans d'autres récits, je pense notamment au Simenon de Stanley Eskin paru aux Presses de la Cité, certains faits sont juste évoqués, suggérés, ici ils sont décrits avec humour et émotion, dans un esprit de véracité et d'impartialité.

Le fameux bal anthropométrique par exemple, qui devait fêter la mort de Georges Sim et la naissance de Simenon, le grand coup de publicité réalisé avec l'aide de l'affichiste Paul Colin pour la parution des premiers Maigret, les officiels, chez Fayard. Ou encore cet amour payé de retour avec celle qui fut surnommé la Perle Noire, Joséphine Baker.

Egalement les ancêtres littéraires de Maigret. Maigret qui apparait en coup de vent, dont la silhouette se dessine dans des romans édités chez Tallandier ou qui se cache sous les traits de l'inspecteur Sancette, alias 107,alias G7, alias L53... Les anecdotes foisonnent mais sans sombrer, et je pense là encore au livre de Stanley Eskin, sans sombrer dans une recherche systématique de la vie sexuelle de l'écrivain.

De plus, les reproductions en couleurs d'une quinzaine de couvertures de romans écrits dans les années 1920 par celui qui fut surnommé le romancier-vapeur et les fac-similés d'articles et de dessins parus dans la presse de l'époque, apportent la note d'authenticité à un texte qui se lit comme un roman.

Simenon, bourreau de travail, bourreau de plaisirs, avide de découvertes, nous étonnera toujours. Une imagination débordante, certes, mais alliée à un emploi de situations, de personnages et d'aventures, ou mésaventures, survenues au créateur de Maigret.

Simenon, romancier populaire, aura réussi sa carrière pratiquement comme il l'avait souhaité. Cependant il restera obnubilé toute sa vie par une obsession : faire de la littérature, de la vrai. Avec un souhait qui, lui, ne sera jamais exaucé, recevoir le Prix Nobel de littérature. Mais il possède un lectorat ce qui est primordial lorsqu'on est écrivain.

Simenon, adulé de son vivant, conspué par des pisse-froid en mal de copie, lié d'amitié avec des célébrités telles que Renoir, Marcel Achard, et bien d'autres, ne pourra jamais tomber dans l'oubli.

 

Jean-Christophe CAMUS : Simenon avant Simenon. Les années parisiennes. 1923 - 1931. Editions Hatier. Parution 1990. 260 pages.

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 14:19

Hommage à Georges Simenon, né le 12 février 1903.

Jean-Christophe CAMUS : Simenon avant Simenon. Les années du journalisme. 1919 - 1922.

Lorsque Georges Simenon entre, en forçant la porte du directeur, au journal La Gazette de Liège, il n'a pas encore seize ans.

Quinze ans et onze mois pour être précis.

Pourtant ce n'est pas cette volonté de travailler, de devenir journaliste qui m'a le plus étonné, surpris, mais c'est bien la maturité, le ton incisif, gouailleur, l'esprit caustique, impertinent, la facilité d'écriture de ce débutant, de cet adolescent, qui imprègnent les chroniques rédigées par Georges Simenon.

Des billets poétiques à la gloire de sa ville natale aux féroces diatribes envers les édiles socialistes, Simenon, alias Georges Sim, alias Monsieur Le Coq, se fait la main, emmagasinant souvenirs, odeurs, recherches sur la nature humaine pour mieux nous les restituer à travers ses romans, mémoires et dictées.

Simenon possède un insatiable appétit de vivre, se montrant boulimique de lectures, de femmes. De seize à dix-neuf ans, par ses écrits parfois virulents dans La Gazette de Liège, mais également dans d'autres publications, il affine son écriture. Il se veut le témoin de son temps et devient le chantre des petites gens que l'on retrouvera tout au long de ses romans, la série des Maigret bien évidemment, mais aussi tous ses romans dits littéraires et surtout noirs.

Jean-Christophe Camus, journaliste lui-même à La Gazette de Liège, met ses pas dans les traces du jeune Sim qui deviendra le grand Simenon, réalisant une monumentale étude de caractère de celui qui excellait dans ce genre.

Un récit passionnant dans lequel on découvre le père de Maigret avec ses joies, ses colères, ses farces, sa jeunesse, son appétit de la vie. Un regard neuf sur un écrivain que l'on croyait connaître.

De très nombreuses illustrations, des reproductions, des fac-similés de journaux complètent cet ouvrage passionnant de bout en bout.

Jean-Christophe CAMUS : Simenon avant Simenon. Les années du journalisme. 1919 - 1922. Editions Hatier. Parution décembre 1989. 222 pages.

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 14:08

Ayerdhal est décédé le 27 octobre 2015 des suites d'un cancer. Mais ses romans lui survivent...

AYERDHAL : Bastards.

Le vertige de la page blanche est un phénomène bien connu des écrivains, et lorsqu'ils y sont confrontés, ils tombent dans le gouffre du manque d'inspiration. Le succès est peut-être arrivé trop vite, à moins qu'il soit atteint du syndrome du Prix Pulitzer, qu'il a obtenu avec mention très bien mais Alexander Byrd n'arrive plus à aligner plus de deux ou trois chapitres.

Natif du comté de Missoula dans le Montana, véritable vivier d'artistes en tout genre et de prosateurs mondialement connus, Alexander Byrd, Xander, a préféré poursuivre ses études, sans s'essouffler, à l'université de Columbia située dans la Grosse Pomme. Il aurait pu, par exemple devenir journaliste, il a même suivi un stage dans un journal. Non, il préfère recueillir des impressions et les consigner sous forme d'articles qui lui serviront pour ses romans. Et depuis qu'il est lauréat du fameux Prix Pulitzer, il continue d'emmagasiner sur son ordinateur des débuts de chapitre, mais cela ne veut pas se mettre en forme.

Il a rendez-vous dans Central Park avec Colum McCann, car il a décidé de s'inscrire au cours d'écriture créative. Mais le romancier qui connait les possibilités de Xander le dissuade d'y participer. Au contraire, il lui conseille plutôt de rechercher sur le terrain l'inspiration, l'idée majeure. Il lui suggère de s'intéresser à un fait-divers auquel des gamins ont assisté comme spectateurs impuissants et qui suscite de nombreuses réactions. Une vieille dame attaquée dans un quartier délabré de New-York, s'est débarrassée de ses agresseurs à l'aide de ses bras, ses jambes, d'un outil de jardin et d'un chat qu'elle promène dans un cabas.

Maria, qui travaille dans le service relations publiques de la police de New-York, et Xander sont amis depuis près de vingt ans. Ils se sont connus à l'université de Columbia, mais ont eu un parcours différent tout en étant similaire. Ils sont veufs tous les deux, ayant perdus leurs conjoints peu après leur mariage. Depuis leurs relations sont en pointillés, mais leur amitié n'est pas entamée. Xander lui demande donc de lui fournir tout renseignement susceptible de le mettre sur la piste de celle qui a été surnommée Cat-Oldie. Maria ne tarde pas à le mettre en contact avec Kyle Kentrick, fils du célèbre juge du même nom, assistant du procureur fédéral, lequel lui présente Laurence McNair, agent spécial masculin du FBI, qui vit chez lui. Les deux hommes possèdent de maigres informations sur Cat-Oldie, même si personne n'a jamais essayé de relier certaines affaires auxquelles elle a été mêlée. Ils savent qu'elle pratique les sports de combat, qu'elle entre soixante et quatre-vingt-dix ans et qu'elle se promène avec un maine coon.

Muni de ces quelques renseignements, et avec l'aval des deux hommes, Xander arpente les rues de New-York, avec sur les épaules ou dans la capuche de son blouson un stray cat pur race cent pour cent gouttière. C'est ainsi que dans le cimetière où est inhumé le magicien prestidigitateur et spécialiste de l'évasion Harry Houdini, décédé en 1926, il remarque une vieille femme qui porte un cabas avec un chat à l'intérieur et décide de la suivre. Elle emprunte un bus et il effectue le parcours à l'aide de rollers qu'il garde toujours à portée de mains dans un sac à dos. Jusqu'au moment où dans une ruelle mal famée il est agressé lui-même par quelques voyous. Téméraires, les jeunes gens, qui ignorent que Folksy, c'est le nom du matou, n'aime pas être dérangé et surtout qu'un individu quelconque puisse molester son maître. Un coup de griffe au passage, aidé par Xander qui lui non plus n'a pas les mains dans ses poches, et la venue impromptue de la vieille dame mettent rapidement fin au combat. Cat-Oldie l'emmène chez elle, à travers un dédale de rues, puis elle lui avoue qu'elle s'était rendue compte qu'il était sur ses traces. Elle lui raconte une partie de sa vie, du moins ce qu'elle veut bien en dire, peut-être en affabulant puisqu'elle prétend avoir connu Houdini, et enfin elle se présente : Bond, Janet Bond.

Ceci ne vous rappelle rien ? Eh oui, elle a aussi connu Ian Fleming, et d'ailleurs c'est sa façon de se présenter qui aurait inspiré le romancier qui avait aussi calqué son personnage sur celui d'un ami. Mais ce n'est pas tout, elle parle aussi de son ami Steinbeck et de quelques autres artistes qu'elle aurait bien connu. Alors mensonge ? Probablement, car dans ce cas il faudrait évaluer son âge à cent ans, voire plus. Racontars, affabulations ? Probablement aussi, il faut se méfier des vieilles dames, même si elles ne sont pas indignes. Xander en parle à ses nouveaux amis, mais un événement va perturber cette recherche. Maria est victime d'un accident de voiture. Accident, vraiment ? Et madame Janet Bond qui communique avec lui par messages électroniques. Vraiment bizarre...

Personnages d'écrivains vivants et morts se côtoient par le biais des connaissances et celui des souvenirs. Alexander va rencontrer outre Calum McCann, des romanciers comme Norman Spinrad ou Jérôme Charyn tandis que Janet Bond en réfère à Steinbeck et Ian Fleming. Et au détour des pages Ayerdhal ne manque pas d'évoquer Roland C. Wagner qui venait de disparaître tragiquement.

Les passages mettant en scène les chats, Szif de madame Janet et Folksy d'Alexander sont particulièrement savoureux, mais l'on sait que les chats et les écrivains ont toujours fait bon ménage, sauf peut-être depuis l'apparition des claviers d'ordinateurs.

 

L'attention d'Alexander est train de s'effriter. Toute proportion gardée, s'il adore déduire le cheminement qui mène à un raisonnement, il supporte mal qu'on lui détaille l'histoire de l'univers depuis le big-bang pour lui raconter une anecdote datant de la veille.

Au risque de décevoir l'auteur et l'éditeur, je réagis de la même façon. Et cette histoire, par trop délayée, entrelardée de graisse, même si c'est de la bonne graisse, du bon cholestérol comme affirmeraient les médecins qui désirent protéger votre santé, m'a parfois occasionné quelques moments de somnolence. C'est dommage ! Je préfère nettement les bons vieux romans des années cinquante à quatre-vingt durant lesquelles l'éditeur et l'auteur, à de rares exceptions près, privilégiaient les ouvrages ne dépassant pas deux-cent-cinquante pages. Le style était rapide, l'action présente à tout moment et les textes n'étaient pas englués dans des descriptions ou des digressions trop littéraires. Et le lecteur pouvait à loisir s'empiffrer de bouquins ce qui évidemment avait une grande répercussion sur les ventes.

Première édition : Editions Au Diable Vauvert. Parution le 20 février 2014. 528 pages. 20,00€.

Première édition : Editions Au Diable Vauvert. Parution le 20 février 2014. 528 pages. 20,00€.

AYERDHAL : Bastards. Réédition Le Livre de Poche. Collection Policier/Thriller. Parution 10 février 2016. 648 pages. 8,10€.

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 09:00

Un Bon petit Diable ?

Gilles BORNAIS : Le Diable de Glasgow.

Août 1887. Joe Hackney, ancien loubard des bas-fonds londoniens et promu détective à Scotland Yard, est envoyé à Glasgow par son patron, “ l’incapable en chef ”, afin de résoudre sa première énigme.

Une banale histoire de cambriolage qui a laissé sur le carreau un lord et son domestique. Toutefois il existe entre ce double meurtre et celui commis deux ans auparavant une analogie. Les blessures sont identiques, perpétrées par un poinçon, avec des traces de rouille sur les plaies, produites par un mouvement circulaire inhabituel.

En fouillant les archives, Hackney et Buchanan, le constable qui lui a été attribué comme partenaire, découvre que d’autres meurtres, dont l’assassin n’a pas été identifié, ont été exécutés quelques années auparavant. Dix ans, vingt ans et même plus. Toujours les mêmes stigmates. Les témoins ou proches des victimes donnent le même signalement d’un homme susceptible d’avoir réalisé ces crimes. Un certain Hogg, dont l’un des membres supérieur est atrophié. Seulement, impossible de mettre la main dessus, et qui plus est, il existe une incompatibilité sur l’âge du présumé meurtrier.

Hackney aura bien du mal à résoudre cette enquête, d’autant que Buchanan est grièvement blessé au cours d’un voyage destiné à recueillir des renseignements, que son patron le réclame à corps et à cris dans la capitale et que le chef constable de Glasgow ne met pas vraiment du sien pour l’aider, au contraire. Et s’il ne s’agissait que de tracas d’ordre professionnels ! Hackney est amoureux d’une fille facile qu’il aimerait oublier tandis que sa mère garde en reliques les affaires que son père, un cafetier, portait lorsqu’il a été assassiné.

 

Un roman noir qui nous plonge au cœur de l’époque victorienne, dans les brumes écossaises et celles occasionnées par la bière, avec une trame historique et un épilogue fantastique.

Un heureux mariage des genres qui nous faisait espérer, lors de la parution de ce roman, une suite rapide des aventures de Hackney, un souhait heureusement concrétisé.

Gilles Bornais avec cet ouvrage damne le pion aux maîtres britanniques du genre.

 

Gilles BORNAIS : Le Diable de Glasgow. Collection Le Masque Poche N°72. Editions du Masque. Parution 10 février 2016. 350 pages. 7,50€.

Première édition Collection Pique rouge. Atout éditions. Mai 2001.

Réédition Pocket février 2004.

Réédition Collection Grands Détectives. Editions 10/18. juillet 2008.

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 10:32

Fantastique fantastique !

Malpertuis VI, anthologie dirigée par Thomas BAUDURET.

La littérature fantastique possède ses sous-genres et donc ne se réduit pas à une forme définie mais englobe plusieurs composantes comme le fantastique animalier, le fantastique d'horreur, d'irrationnel, de rêves, d'événements maléfiques, d'apparitions spectrales ou tout simplement se décliner au quotidien comme la superstition et l'imputation de phénomènes non expliqués à des sorciers qui peuplent en général les campagnes. Elle peut se révéler diffuse, étrange, violente, mettre en scène une faune issue de l'imaginaire, ou se traduire par l'apparition de démons, d'objets devenant animés par la volonté d'un être aux pouvoirs étranges et souvent malveillant.

Tout ceci, et plus, est abordé et amplifié dans ce volume, et les précédents, par la volonté d'auteurs dont l'imaginaire fécond ne connait pas de limites. Un mélange d'horreur, de merveilleux, d'humour noir, d'impertinence, de psychologie (il en faut parfois), de causticité...

Le mieux, peut-être, est de vous présenter rapidement quelques-uns des textes figurant dans cette anthologie qui n'est pas axée sur un thème unique, mais pas tous car la découverte est encore plus intense lorsque l'on ne sait pas quel est le sujet traité.

 

Sylas : 3 kilogrammes.

Elle a fait un bébé toute seule. A trente-huit ans, il était temps. Trop grosse, elle n'avait trouvé personne à sa taille. Pourtant elle a fait un bébé toute seule (sur les conseils de Goldman peut-être). Une aimable variation sur le principe des vases communicants.

 

Béatrice Coudière : Le Voleur d'Ange.

Venise. La pluie. Tout est prêt pour la cérémonie d'ouverture du Carnaval. Laura devait incarner Marie en effectuant du haut du Campanile le Vol de l'Ange. Julia est perdue, hagarde dans la foule, à moitié folle, recherchant sa sœur dans les ombres, sous les masques, dans les flaques d'eau.

 

Elisa M. Poggio : L'imbricorioniste.

Le monde a changé, n'est plus comme avant. Tout est soumis aux appréciations et les bulletins d'imbricorion sont des rapports émanant d'un ministère, détaillant tout ce qui compose la vie des individus. La narratrice vient de recevoir le sien. Dans le même temps elle observe le manège de son voisin, vérificateur, qui récupère toutes sortes d'objets, de détritus dans les poubelles pour reconfectionner des robots ménagers ou autres. Lui aussi a reçu son rapport, dans l'inévitable enveloppe jaune poussin.

 

Xavier-Marc Fleury : Les rescapés du Gigantik.

Au début du siècle dernier au sud de la pointe africaine. Un navire attaqué par une pieuvre géante a dérivé durant trois semaines et est sur le point de sombrer. Seuls vingt-cinq passagers peuvent être récupérés, dont des enfants et une femme qui affirme être l'épouse du consul chargé de représenter les Indes en Afrique du Sud. Le commandant Prétorius, responsable de la base invite la jeune personne à sa table puis se permet quelques privautés à son encontre. Un texte qui lorgne du côté de Lovecraft et de ses monstres.

 

Véronique Pingault : Bessie et Jessie.

Deux femmes, Bessie et Jessie sont à bord d'un véhicule qui emprunte le tunnel sous la Manche puis traverse l'Angleterre et se dirigent vers un loch écossais en effectuant quelques détours. Bessie est plus âgée que sa passagère, et c'est elle qui tient le crachoir. Car Jessie ne parle jamais même si Bessie répond à ses questions, ses doléances ou ses avis.

 

Eric Vial-Bonacci : Lloupa rouge.

Une sympathique et astucieuse variation sur Le Petit Chaperon Rouge.

 

Thierry Jandrok : Dette de sang.

Hiver 1943. Hôpital de Bucarest. Marcus Radu est infirmier, tout comme son collègue Dragomir. Ils travaillent dans un pavillon spécial dirigé par le professeur Ionescu et sa femme Andreaa, neuroanatomiste de renom. Des cadavre étêtés traversent les couloirs sombres des souterrains qui communiquent avec le centre hospitalier tandis que des bocaux, disposés sur des étagères et emplis de formol, accueillent les têtes des défunts.

La science a ses exigences que les citoyens ordinaires ne peuvent comprendre.

 

Barbara Cordier : Scène de chasse ordinaire.

Disparu depuis plus d'un an et demi, le cadavre de monsieur de Cherval vient de réapparaître sous la forme d'abord d'une main découverte par un chien puis de reliquats d'os. Le narrateur assiste à l'inhumation. La famille lui précise bien que même étant proche de monsieur de Cherval, il n'aura rien ou presque. Tout gamin le narrateur aimait se rendre chez son vieil ami qui lui racontait des histoires et l'avait pris sous son aile tutélaire. Rien, il n'hérite de rien, sauf d'une tapisserie murale représentant une scène de chasse.

 

Suivent

 

Milora : Alice.

Pascal Malosse : La fuite.

NokomisM : Le collectionneur de plumes.

Kevin Kiffer : Mais quand vient le mot Fin ?

Olivier Jarrige : La dame du lac.

Anthony Boulanger : Sans terminus ?

Emilie Querbalec: Lisse, le cordon.

Alain Doré : Le chevrier.

Sarah Dunkel : Anguille.

Marie Latour : Le chat de Schrödinger.

Guillaume Suzanne : Cherchez l'Intrus.

Yves-Daniel Crouzet : Le chant de la harpie, le soir au fond des bois.

Dominique Lémuri : Externalisé.

 

En tout vingt-deux textes dont certains sont de véritables petites perles, à mon goût qui n'est pas forcément celui de tout le onde, chacun appréciant selon sa propre sensibilité. Des textes ardus, parfois un peu abscons pour ma pauvre petite cervelle de presque septuagénaire qui préfère l'action aux méandres psychologiques.

Nonobstant ce petit aparté, tous ces auteurs possèdent une plume, d'ailleurs nombreux ceux qui ne sont pas à leur coup d'essai, alliée à une imagination foisonnante, et je ne serai pas étonné de les retrouver dans quelques temps dans un programme plus ambitieux, un recueil de nouvelles à leur actif quoique ce soit un genre souvent délaissé par les lecteurs, ou un roman chez un éditeur exigeant, ce qui ne veut pas pour autant dire un éditeur parisien. Je pense à, outre Malpertuis bien évidemment, aux éditions Rivière Blanche ou encore Critic.

Malpertuis VI, anthologie dirigée par Thomas BAUDURET. Collection Brouillard. Editions Malpertuis. Parution 24 mai 2015. 260 pages. 16,00€.

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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