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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 14:52

Il fallait goûter celles à la mode de Caen !

Gaëtan BRIXTEL : Bad Trip.

Quatorze ans, c'est jeune, mais pour un chien, disons que c'est dans la moyenne.

Totor est mort ! Ce cri lancé par Hélène, la mère, refroidit la tablée. Moins que le clébard peut l'être à ce moment, mais quand même.

Alors, même s'il ne faut pas en parler à table, ce n'est ni l'heure, ni le moment, tout le monde en parle quand même. Bon chien Totor, qui s'était échappé. A quatorze ans, avoir des envies de fugue... Mais ce n'était pas la première fois.

Des battues avaient été effectuées, dans les petits chemins, à pied et en voiture, mais pas à cheval.

Et puis Totor a été retrouvé, aplati sur le bitume, les boyaux à l'air. Indécent. Mais qu'est-ce qui lui avait pris à Totor ? L'envie d'aller mourir loin de chez lui, de la maison de ses maîtres quoiqu'il ne fut pas esclave ? Des suppositions échangées, surtout par la mère.

Mais ce que n'avoue pas le narrateur, c'est que c'est de sa faute à lui que Totor n'est plus qu'une galette au goût de caoutchouc et de bitume. Et qui pourrait faire le joint entre la mort de Totor et lui Emeric et sa sortie vespérale et canine en compagnie de son ami Antonin ?

 

En réalité tout ne s'est pas déroulé exactement comme Emeric veut le faire croire. Et tout ça parce qu'Antonin et lui se sont amusés à jouer les herboristes en herbe et les myciculteurs débutants.

Une histoire au quotidien, dont on aimerait qu'elle ne se reproduise pas trop souvent, narrée par un jeune auteur qui a du chien et du mordant.

 

Gaëtan BRIXTEL : Bad Trip. Collection Noire Sœur. Editions SKA. Nouvelle numérique. 1,49€.

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 12:05

Hommage à Ralph Mc Inerny né le 24 février 1929.

Ralph Mc INERNY : Chambre froide

Sylvia Lowry craint pour sa vie, redoutant un mauvais coup de la part de ses enfants : son fils, Jim Lowry, sa fille, Sharon, ou son gendre, Bill Cordwill. Comme pour confirmer ses frayeurs, il se produit d’étranges événements chez elle : en peu de temps, elle a été obligée de faire appel plusieurs fois à Gene Hospers, le réparateur de téléviseurs.

Elle cherche le réconfort auprès du Père Dowling, et écrit aux éditions Anima Mundi à Kenosha, dans le Wisconsin. Elle promet un don de 50.000 dollars en échange de prières pour l’âme de son mari défunt, et requiert la venue d’un père, chez elle, à Fox River près de Chicago.

Antony Mendax, directeur escroc de multiples petites entreprises plus ou moins foireuses, se déplace en personne à la requête de cette cliente providentielle. Arrivé à Fox River, il ne tarde pas à apprendre la mort de sa future donatrice qui venait de convertir ses bons du trésor en argent liquide. Le médecin légiste est perplexe : est-elle décédée d’un coup sur la tête ou du séjour prolongé dans son congélateur vide ? Amis d’enfance, l’inspecteur Phil Keegan et le Père Dowling enquêtent chacun de leur côté. Les soupçons se portent immédiatement sur Jim, Sharon et Bill, mais également sur Mendax, l’argent une fois de plus apparaissant comme le mobile principal de la disparition et du meurtre de la vieille dame. Keegan reçoit une lettre anonyme accusant Jim, mais Dowling, perspicace, en pressent l’expéditrice : Cheryl, la fille de Sharon. Cheryl, inconsciemment, avoue, apportant quelques révélations supplémentaires à la police et à Dowling.

 

Dowling s’impose comme un nouveau chaînon à la déjà longue théorie de religieux détectives : Frère Cadfael, Frère Boileau, le Père Brown… Héros d’une série télévisée américaine — Tom Dosley lui prête ses traits, assisté de sœur Stéphanie, série diffusée sur FR.3 de 1989 à 1991 — il se conduit en homme indulgent — moins débonnaire cependant que dans les téléfilms, — plus préoccupé des âmes de ses ouailles que de leur châtiment.

Premier volet d’une série de neuf enquêtes, Chambre froide se veut l’approche du Père Dowling dont les traits physiques et moraux devraient être affinés au fil des volumes. On sait cependant que le Père Dowling est un ancien alcoolique repenti et guéri et qu’il a abandonné sa position à l’archidiocèse comme spécialiste du droit canon et plus prosaïquement dans les cas d’annulation de mariage, autant pour rompre avec son éthylisme que pour goûter à la différence, la lourdeur de la bureaucratie cléricale commençant à lui peser.

 

Les crimes impunis sont le fondement même de notre société.

Ralph Mc INERNY : Chambre froide

Ralph Mc INERNY : Chambre froide (Her death of cold - 1977. traduction  de Cécile & Yves Trevian). Collection Ténèbre et Lumière. Editions Axel Noël. Parution octobre 1991. 244 pages.

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 09:29

Est-ce qu'ils se font mal ?

Jacques-Olivier BOSCO : Quand les anges tombent.

Qui aurait pu penser que la dipsomanie d'un chef mafieux russe allait conduire à l'enlèvement de cinq gamins ?

Dans l'avion qui vole vers Paris, un passager pris de boisson et furieux parce que sa petite amie lui a signifié qu'elle allait le quitter aussitôt arrivés, s'engouffre dans la cabine de pilotage. S'ensuit une bagarre au cours de laquelle pilote et copilote sont mortellement blessés et les commandes de l'appareil bousculées. L'avion livré à lui-même s'écrase.

Dans la prison d'Eiffenseim, Vigo Vasquez dit le Noir, ronge son frein dans une cellule en quartier d'isolement après avoir séjourné dans le quartier disciplinaire. Soudain un bruit de réacteur transperce la nuit, l'espace et les murs.

Trois mois plus tard, cinq enfants sont enlevés dans la même journée. Il s'agit d'Enzo, douze ans, le fils d'Elvio Vittali un cheminot alcoolique, de Camille, huit ans, la fille du juge Tranchant, de Salomé douze ans aussi, la fille de Nathalie Ruiz et de son ancien compagnon Mateo Rizzi, un truand, d'Elisabeth dite Choupette, quatre ans, la fille du commandant Lauterbach, et de Maxime, dix ans, le fils du préfet Rollin, ancien directeur de la Police Judiciaire et actuellement directeur de cabinet du Préfet de Police.

Tous les cinq se retrouvent enfermés dans la même pièce, logés à la même enseigne, et les caractères des uns et des autres se montrent sous leur vrai jour. Particulièrement Maxime, digne fils de son père, qui se montre arrogant, égoïste, ne pensant qu'à sa petite personne.

Les cinq parents, Rollin, Lauterbach, Tranchant, Nathalie Ruiz et Vittali reçoivent chacun un message du ravisseur. Ils se retrouvent tous dans le bureau de Rollin qui lui a été le destinataire d'un DVD. Le juge Rollin est un personnage peu abordable et agréable à fréquenter. Le dru Rollin est un homme infatué et il n'accepte aucune ouverture de la part des autres parents à vouloir s'immiscer dans l'enquête. Ce qui ne les empêchera pas de chercher chacun de leur côté et de faire leur mea culpa. Il a gravi les échelons en piétinant les autres, et il continue à se conduire ainsi, pensant déjà à un futur poste ministériel. Il a eu sous ses ordres le commandant Lauterbach, qui a des problèmes de cachet, mais ce ne sont pas ses émoluments qui sont en cause. Un accident familial qui l'a fortement perturbé quatre ans auparavant.

Sur le DVD le ravisseur s'adresse à tous et ils ne sont pas peu surpris d'être confrontés à Vigo le Noir. Il a réussi à s'échapper trois mois auparavant de la centrale lors du crash de l'avion, dans des circonstances rocambolesques. Il avait été jugé pour des meurtres d'enfants dans des piscines trois ans auparavant mais il a toujours nié les faits. Or Rollin and Co ont tous participé à des degrés divers à son inculpation. Ce n'est pas tant d'avoir été accusé et envoyé en tôle que Vigo leur reproche, mais que l'enquête ait été manipulée, truquée et que le résultat leur a été profitable.

Ils doivent avouer leur forfaiture et faire amende honorable sinon... La vie des gamins est en jeu. Ils ont deux jours pour réfléchir.

Seulement Rollin, Lauterbech, Nathalie Ruiz et son ancien compagnon Matéo Rizzi le truand, et Vittali, tous sont bien décidés à combattre, chacun de leur côté ou parfois en s'alliant, malgré l'interdiction de Rollin qui veut gérer seul la situation. Et pendant ce temps, les cinq gamins regroupés dans la même pièce, cogitent. Si Maxime se montre insupportable, que Camille s'occupe de Choupette, Enzo et Salomé échafaudent un plan devant leur permettre de s'évader.

 

Au début le lecteur se prend une gifle bientôt suivie d'une grande claque violemment assénée, afin de lui remettre les idées en place. Et comme cela ne suffit pas, un grand bac d'eau froide lui est balancé en travers de la gueule. Mais c'est mal connaître la résistance du lecteur qui en redemande et une grosse vague se profile à l'horizon, une déferlante qui nettoie tout sur son passage annonciatrice d'un mascaret bousculant les protagonistes de ce roman et le lecteur. Enfin un maelstrom entraîne tout ce petit monde dans un gouffre dont ils auront du mal à s'extirper.

 

Cette intrigue en appelle d'autres, ou plutôt se greffent le passé, les explications, les motivations, les déficiences, les mensonges, les mystifications, les magouilles dont tous les protagonistes sont coupables et tout s'enchaine inexorablement dans des éclaircissements qui montrent leurs caractères et leurs faiblesses. Personne n'est épargné et parfois l'auteur se complait dans un certain misérabilisme digne des romans feuilletons du XIXe siècle. De même l'emploi de certains clichés nous ramènent au temps des truands à la José Giovanni ou à Auguste Le Breton, dont le nom est cité dans ce roman. Par exemple la mère de famille délaissée qui s'amourache d'un truand. Et dernier petit coup de griffe, quand on aime bien on châtie bien parait-il, je voudrais signaler toutefois qu'à Deauville, ce n'est pas l'Atlantique qui vient lécher les côtes mais la mer de la Manche.

 

Il est amusant de noter que comme souvent en avertissement il est précisé que toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existés serait purement fortuite, un personnage, un ancien flic à la retraite qui va être amené à conduire sa propre enquête se nomme René Burma... et d'autres protagonistes, possédant la fonction de juge sont à peine évoqués, les dossiers passant de mains en main. Ce ne sont pas des personnages de fiction mais bien des individus dont les patronymes ne sont pas inconnus des écumeurs de blogs : à savoir Lenocher, Joël Jégouzo, Laherrère, ou encore un certain Maugendre. D'autres clins d'œil sont également adressés, dont à un dénommé Villard qui fait une apparition furtive. Mais je me demande si le nom du commandant Lauterbach est un hommage à la femme de Patrick Raynal, je veux dire Arlette Lauterbach, traductrice de l'italien et coauteur avec son époux du Livre de cuisine de la Série Noire et du Livre des alcools de la Série Noire. On ne peut rêver meilleure compagnie.

Jacques-Olivier BOSCO : Quand les anges tombent. Collection Polar Jigal Poche; éditions Jigal. Parution février 2016. 424 pages. 9,80€.

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 10:56

Un cimeterre pour un cimetière...

Jean MAZARIN : Handschar.

Sarajevo. 5 février 1994. Entre Serbes, Croates et Bosniaques, les divergences, souvent religieuses et politiques, se résolvent par armes à feu interposées. Des tireurs d'élite sont embusqués sur les toits des habitations.

En temps de guerre comme en temps de paix, les langues se délient l'heure de la mort venue. Ainsi Djamila sentant sa fin prochaine déclare dans son dernier souffle à Farid Karaïlo que son père a été assassiné, lors de la Seconde Guerre Mondiale, par Mustapha Nuvjak. Or Mustapha Nuvjak est un héros local. Il ne peut y croire mais Djamila possède une preuve détenue dans une boîte.

Karaïlo profite de sa position de snipper pour abattre Mustapha. Seulement un homme, un ancien policier, déduit par les balles retrouvées dans le corps qu'il s'agit de quelqu'un de chez eux. Il prévient Laïk, le petit-fils de Mustapha, qui parle parfaitement le français sert comme interprète, le lançant sur la piste du Handschar. Le jeune homme décide de se venger et se rend au siège de la milice Handschar. Il apprend auprès d'un vieux milicien que le Handschar est venue en aide aux Bosniaques afin de résister aux offensives serbes. Mais le soldat lui avoue également que lui, Salem Meho, son grand-père Mustapha Nevjak et le père de Farid Karaïlo, Osman Karaïlo, étaient amis, comme des frères, durant l'autre guerre, alors que les Allemands envahissaient le pays.

Enfin il apprend que l'assassin est effectivement Farid Karaïlo et il l'abat sans tergiverser. Seulement un témoin a vu Laïk sortant de chez Karaïlo et il doit s'enfuir. Grâce à une adresse fournie par son père il sait qu'il va trouver refuge chez un nommé Cambérac à Villefranche-de-Rouergue, France.

 

A Villefranche-de-Rouergue, dans le même moment, les policiers et les gendarmes sont sur les dents. Un second cadavre, voire un deuxième, a été retrouvé dans une ravine près de la cité. Si le premier cadavre était celui d'une étrangère, cette fois il s'agit d'une payse. Un suspect est rapidement appréhendé, un Hongrois dépendant à la Légion Etrangère. Il possédait dans ses affaires un briquet appartement à la morte. Le présumé coupable se défend, prétendant qu'il venait retrouver une certaine Wanda qui vend ses charmes à Paris. Evidemment il s'agit d'un prénom d'emprunt. De toute façon il ne dira rien de plus, car il se pend dans sa cellule. C'est dans cette ambiance délétère que Laïk arrive, muni de papiers en bonne et due forme, ou presque, afin de connaître l'histoire dans laquelle son grand-père, Karaïlo père et Meho étaient impliqués.

 

Février 1943. Les trois hommes, Karaïlo, Nuvjak et Meho, comme bien d'autres ayant écouté l'appel du grand Mufti de Jérusalem, se sont engagés dans la 13e division de la Waffen-SS Handschar. Ces musulmans bosniaques étaient partis avec la ferme intention, après avoir subi un entraînement prodigué par les officiers Allemands, de revenir en Bosnie combattre les communistes, les partisans titistes dirigés par le chef communiste Tito, mais également les Oustachis, mouvement séparatiste croate, antisémite, fasciste et antiyougoslave. Ces combattants d'un nouveau genre sont encadrés également par des imans qui les exhortent à la discipline. Justement cette discipline de fer et les outrages, les violences, les exactions déshonorantes pratiquées par les officiers et sous-officiers allemands à leur encontre bientôt leur insuffle l'idée d'une mutinerie.

 

L'emblème de la 13e division Waffen-SS Handschar

L'emblème de la 13e division Waffen-SS Handschar

C'est cet épisode que narre Jean Mazarin, alternant récit d'une histoire vraie mais méconnue qui s'est déroulée sur le sol français en 1943, et les meurtres enregistrés cinquante ans plus tard dans la même ville aveyronnaise.

Bien sûr les noms ont été changés, des situations et des événements, notamment ceux qui se déroulent en 1994, sont pure fiction, mais l'histoire de la 13e division de montagne de la Waffen-SS Handschar est, elle, réelle, de même que la mutinerie qui se produisit en septembre 1943.

Ces deux récits, l'un historique et l'autre imaginé, s'intègrent parfaitement l'un dans l'autre et nous suivons tour à tour ces épisodes douloureux. Deux histoires en une écrites avec force et sobriété par un auteur qui avait déjà abordé l'Histoire de la Seconde Guerre Mondiale dans des romans comme Collabo Song, Il va neiger sur Venise, ou encore Zazou.

 

Deux enseignements, deux leçons sont à tirer de ce roman. D'abord sur les religions qui prônent l'amour du prochain, et qui sont les premières à soulever les hommes les uns contre les autres pour des raisons de préséance déitique. Ensuite, il ne faut pas faire foi aux rumeurs, aux racontars, aux préjugés, se fier à des impressions qui peuvent se révéler erronées et qui amènent à accomplir des gestes regrettables non en conformité avec la réalité des faits.

 

Couverture prévue pour une édition chez Nuit Blanche programmée en 2011/2012 puis abandonnée par faute de moyens financiers

Couverture prévue pour une édition chez Nuit Blanche programmée en 2011/2012 puis abandonnée par faute de moyens financiers

Jean MAZARIN : Handschar. Editions L'Atelier Mosesu. Parution 10 février 2016. 174 pages. 16,00€.

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 09:15

Et les gondoles vont servir de luges ?

Jean MAZARIN : Il va neiger sur Venise.

Lorsqu’il était étudiant, Michel Brannelec avait participé au tournage de quelques films en tant que figurant puis il avait été obligé de partir en Algérie, la nation française lui ayant offert un billet de bateau avec l’uniforme de para d’infanterie de marine en prime.

Il est revenu avec une jambe claudicante et ses rêves à exaucer. Lorsque son agent lui propose de rejoindre Vadim qui tourne à Venise son film Sait-on jamais avec Christian Marquand et Françoise Arnoul, il pense qu’enfin sa voie est tracée et son avenir assuré.

L’emploi proposé n’est pas tout à fait à la hauteur de ses attentes, mais au moins il aura un pied dans la bobine. Il est embauché comme stagiaire assistant, chargé des feuilles de paye des machinistes italiens, mais au moins il peut fréquenter une équipe de tournage et c’est ce qui lui importe. A son arrivée, il est pris en charge par un surnommé La Louche et fait connaissance avec l’équipe qui loge au Palais Bembo. En face, c’est l’effervescence.

Le cadavre d’un homme a été retrouvé dans l’appartement qu’il louait, la tête défoncée par un pilon de cuivre. Le vice-brigadier Adolfo Serra et le commissaire Busetti, chargés de l’enquête, apprennent auprès du concierge que l’homme était accompagné d’une femme, absente depuis la veille. Mais leurs investigations dans l’appartement révèlent bien des surprises. Sous le cadavre ils découvrent une vieille clé dont la destination leur est pour l’heure inconnue, puis dans un tiroir une forte somme d’argent. Si des vêtements féminins sont accrochés dans la penderie de la seconde chambre, ils sont forts étonnés d’en trouver également dans celle du défunt de même que des pots de soins corporels. Le légiste discerne un tatouage sous l’aisselle du défunt démontrant que l’homme aurait appartenu à la Waffen SS. En réalité celui-ci n’est pas Allemand mais Autrichien et son épouse supposée, rentrée le matin de la découverte du meurtre, est sa sœur Heidi.

Michel se rend compte que Heidi semble s’intéresser à lui, pourtant la jeune femme rencontre un autre homme, plus âgé. C’est un ami de son frère assure-t-elle, et les policiers eux aussi sont intéressés par cet homme, Autrichien comme le mort.

 

Entre 1957, année du tournage de Sait-on jamais, et 1936, puis 1945, l’histoire, et l’Histoire, se catapultent. Enquête sur un meurtre et secrets liés à des événements qui ont eu lieu avant et pendant la guerre puis durant la débâcle italienne s’imbriquent avec rigueur. Les personnages fictifs et réels sont liés sur le même plateau de tournage à Venise, dans les mêmes lieux, mais seuls quelques protagonistes chanceux, dont le lecteur qui fait partie prenante de l’intrigue, connaitront véritablement le fin mot de cette histoire.

Jean Mazarin fait revivre une époque qui n’est pas encore débarrassée des miasmes de la Seconde guerre mondiale, alors que la guerre d’Algérie meurtrit déjà les esprits et les corps. Vadim, Christian Marquand, Françoise Arnoul ainsi que Benito Mussolini et quelques autres ne sont pas là pour effectuer de la figuration intelligente, mais deviennent acteurs parfois décisifs malgré le petit rôle qui leur est alloué.

Jean Mazarin aurait pu étoffer son roman de descriptions de scènes de tournage, mais tout est dans le suggestif. Venise, ses canaux, ses vaporettos, ses hôtels particuliers plus ou moins bien entretenus s’intègrent comme le décor nécessaire, loin du cliché de carte postale.

Après bien des années d’absence pour cause d’écriture de scénario, Jean Mazarin nous revient avec un roman à placer à côté de ses ouvrages majeurs comme Collabo-song, Grand Prix de Littérature Policière en 1983. Un retour qui je l’espère ne sera pas un feu de paille ou le chant du cygne.

Il revient au cadavre qui porte pour tout vêtement un caleçon à fleurs. C’est grotesque et indécent. La loi devrait interdire aux cadavres de se présenter en pareille tenue.

- Ce Français, tu as couché avec ?
- Tu connais d’autres moyens pour une femme de rendre un homme dépendant ?

Jean MAZARIN : Il va neiger sur Venise. Collection Polar, éditions Nuits Blanches. Parution janvier 2011. 230 pages.

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 10:44

Hommage à Paul Gerrard né le 21 février 1908.

Paul GERRARD : La chasse au dahu.

Comme c'est dur d'être une garde d'enfant et de se faire kidnapper à la barbe et au nez le bambin dont on a la charge.

Ainsi mademoiselle Lincke, pour qui le petit Mick est un rayon de soleil dans une vie éprouvée, ne peut empêcher l'enlèvement de celui-ci dans l'immeuble même de ses parents.

A l'origine un couple qui a minuté de façon minutieuse ce rapt qui devrait rapporter beaucoup d'argent. Le père, gros industriel lyonnais, ne se fait pas tirer l'oreille pour le paiement de la rançon.

Au lieu de rendre le bébé, pourquoi ne pas exiger une nouvelle dose d'argent frais ? C'est ce que se disent Vicky et Carlo, les ravisseurs, mais pour cela, il faut brouiller les pistes. A bord d'une 2CV, véhicule banal s'il en est (à l'époque), ils parcourent la Haute-Savoie. Mais ce qui n'était qu'une balade devient vite une cavalcade puis une fuite.

Un autre couple de malfrats, qui ont flairé une occasion d'empocher facilement de l'argent, se lance à leur poursuite. Le drame couve avec pour enjeu le petit Mick.

 

Dans La chasse au dahu, ou encore La javanaise, c'est un enfant qui est au centre du récit, rendant celui-ci bouleversant et au combien toujours d'actualité.

Paul Gerrard décrit des faits réels, ne s'embarrassant pas de fioritures fantaisistes.

Comme l'a si bien écrit Gilles Costaz dans un article consacré à Paul Gerrard, pour celui-ci la vie et les romans policiers sont des jeux d'adultes. Ce sont des textes noirs dont la force tient dans la sobriété du style.

Première édition collection Un Mystère N°526. Presses de la Cité. Parution 1960.

Première édition collection Un Mystère N°526. Presses de la Cité. Parution 1960.

Ayant connu son heure de gloire dans les années 1950/60, aussi bien sous ce nom que celui de Paul Berna, pseudonyme utilisé pour rédiger des livres pour enfants et adolescents, Paul Gerrard était revenu en grâce à la fin des années 1980, grâce à la réédition de ses romans soit en format poche, soit en Intégrales. Aujourd'hui il est à nouveau retombé dans l'oubli, mais un véritable romancier ne meurt jamais, et il est à parier que dans quelques années il reviendra sur les étals des libraires.

 

Paul GERRARD : La chasse au dahu.

Paul GERRARD : La chasse au dahu. Collection le Masque Jaune N°1945. Editions Librairie des Champs Elysées. Parution février 1989. 186 pages.

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 14:57

Ne colle pas aux dents ?

Max OBIONE : Caramel dur.

Dialogue de sourds et de muets dans un établissement hospitalier.

Pas tout à fait vrai, deux voix intérieures qui se catapultent entre un homme allongé sur un lit d'hôpital et une technicienne de surface un peu malhabile qui passe la wassingue et nettoie la chambre.

Des pensées qui se télescopent. La femme parle un peu, pose des questions, même si elle sait que le patient branché de partout ne peut pas répondre. Des clignements d'yeux, peut-être, mais entend-il ?

Oui, apparemment, il cligne de l'œil lorsqu'elle lui demande si c'est un accident de moto.

Elle part mais promet de revenir. Promesse tenue, puisqu'elle arrive et se huche sur un petit escabeau. Elle a de l'humour la gamine, qui a quand même une quarantaine d'années, à vue de nez. Elle le morigène en souriant, lui disant qu'il peut regarder, ses mollets ou plus sait-on jamais, mais qu'il n'a pas le droit de toucher. Elle se moque de lui innocemment alors qu'il ne peut même pas bouger.

Elle est gentille, un peu naïve. Niaise ou perverse. Elle lui offre un caramel, lui qui est trachéotomisé. Elle déplie l'emballage, suce un peu la friandise pour qu'elle glisse mieux et hop, elle lui demande de tirer la langue et il sent le goût du sucré. Point trop n'en faut, il aura le reste le lendemain...

 

Le phantasme de l'infirmière est supplanté par celui de la femme de ménage, pas vraiment belle, mais souriante, et entreprenante. Elle s'est entichée de ce malade, de cet accidenté de la route, c'est vraiment sympathique de sa part. Mais pour quelle raison ?

La morale de cette histoire concoctée par Max Obione : méfiez-vous toutefois des femmes qui veulent vous faire du bien dans un hôpital. On ne connaît jamais leurs intentions, surtout lorsque l'on ne peut pas s'exprimer sauf par les yeux

Un conte moderne habilement écrit par Max Obione qui nous réserve une bien belle surprise finale, même si l'on s'y attend un peu alors que le récit avance tranquillement.

Max OBIONE : Caramel dur. Collection Noire Sœur. Editions SKA. Nouvelle numérique. 1,49€.

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 16:32

Sont dans le prolongement des chemins

de la journée ?

Gilles VIDAL : Les sentiers de la nuit.

A la tête depuis quatre ans d'une start-up florissante à Santa Barbara, Harry Pitman a décidé de la revendre et de s'occuper de ses affaires de famille.

Car ce qu'il spéculait, ce que sa mère sur son lit de mort lui avait confié, il vient d'en avoir la confirmation par courrier. Les résultats de l'analyse d'ADN sont catégoriques et irréfutables. Son père n'est pas son père !

Un vieil ami de la famille, Steve Curwood, auquel il se confie, affirme que Doris, la mère d'Harry, ne lui avait jamais parlé d'une incartade quelconque. Pourtant il se doutait de quelque chose, tout comme Harry d'ailleurs, le père se montrant froid et distant à l'encontre de son rejeton présumé.

Harry décide de retrouver son géniteur, s'il vit encore, tout au moins sa trace et son identité. Il rend visite à sa tante qui vit à Miami, de l'autre côté du continent, et celle-ci lui confirme que sa mère s'était confiée à elle. C'était lors d'un séjour à Paris alors qu'elle était déjà fiancée avec Pitman senior. Un amour impossible, bref mais fructueux.

Andrzej, son véritable géniteur, était un Polonais réfugié en France. De Paris il s'était rendu dans un petit village de l'est de la France pour y travailler. Et c'est ainsi que Doris, enceinte de ses œuvres, avait appris par un de ses camarades qu'Andrzej était mort, assassiné. Alors Harry Pitman qui ne compte pas son temps et son argent décide de s'envoler pour la Ville Lumière, muni de l'adresse de la logeuse de sa mère à Paris.

Un voyage qui débute sous de mauvais auspices, car lors de sa dernière nuit à Miami, il est agressé dans sa chambre d'hôtel. Un bristol a été laissé à son attention : Laisse tomber et tais-toi. Une menace que lui confirme une jeune femme sans vouloir lui en dire plus. Après avoir acheté quelques livres de Français afin de se remettre à la page, il téléphone au domicile de la logeuse, et apprend que la vieille dame est en maison de retraite médicalisée. Elle est sujette au mutisme mais possède parfois des éclairs de lucidité. Une photo de Doris pourrait peut-être l'aider à retrouver la mémoire.

A bord de l'avion qui l'emmène, Harry fait connaissance de Quentin, un Français venu rendre visite à son frère et qui rentre au pays natal. Quentin est webmaster pour un journal en ligne. Les deux hommes sympathisent. Harry, ses démarches effectuées avec succès à Paris, part pour la Pologne à la recherche d'Andrzej et grâce à Quentin, il peut se déplacer dans ce pays de l'Est et effectuer des démarches importantes, pour lui, avec l'aide de Kinga, une journaliste locale. Mais apparemment son entreprise de recherches ne plaît pas à tout le monde. Les embuscades ne manquent pas. Les risques de perdre la vie non plus. Mais qui lui en veut et pourquoi ? Ses recherches sur son père contrarieraient-elle un secret d'état ? Ou est-ce autre chose ?

 

Mais il est temps pour nous de nous rendre à Solieu, petite sous-préfecture des Vosges.

Agathe est trop altruiste, et elle recueille souvent chez elle des éclopés de la vie. Ceux-ci la plupart du temps n'ont aucun respect pour son geste généreux, et sabotent allègrement son réfrigérateur, sa cave, sa maison. Et le mari d'Agathe en a marre et il le dit fermement en claquant la porte et en allant voir ailleurs si l'empathie envers de tierces personnes est une maladie contagieuse.

Alors Agathe décide de se faire réconforter chez une amie et quitte son domicile pour la soirée. Plus longtemps qu'elle le pensait car un chauffard la percute. Paul Massat, inspecteur, pardon lieutenant de police, en colère contre son ex-femme pour des raisons familiales et de garde d'enfant, raisons sur lesquelles je ne m'étendrai pas, Paul Massat donc, ne l'ayant pas aperçue traversant en dehors du passage piéton, l'a carambolée. Pas trop de bobos, mais on ne sait jamais, direction l'hôpital pour quelques examens. Elle se présente, car même amochée légèrement, elle connait les règles du savoir-vivre : Agathe Boisrond, elle a décidé de reprendre son nom de jeune fille.

Paul Massat travaillait auparavant à la brigade des Stups, ailleurs, en banlieue, et une scène de crime, pour lui, c'est une nouveauté. D'autant que le mort auquel il est confronté ne semble pas dans son élément naturel. Il a été retrouvé dans une bicoque hantée par des sans-abris, des revendeurs de drogue, des marginaux, alors qu'il est propre sur lui. Et d'après le médecin légiste, l'homme est décédé de mort naturelle. D'un arrêt du cœur, comme tout le monde, mais sans blessures létales. Seuls objets encore présents dans sa poche, un trousseau de clefs. Avec ça, Massat pense qu'il ne va pas aller loin.

Grâce à l'autopsie et aux implants dentaires, l'identité du défunt peut être enfin connue. Il s'agit d'un nommé Boisrond. La veuve est effondrée. Son mari, gros banquier, avait l'habitude de rentrer tard, les clients à rencontrer, la routine quoi. Seulement d'autres affaires se greffent sur la mort de Boisrond. Tiens, au fait, comme Agathe... Sa fille. Donc d'autres affaires se greffent sur la mort de Boisrond. Des disparitions inexpliquées, dont l'envol d'un perroquet, des disparitions de jeunes filles surtout, et des maîtres-chanteurs dont la partition semble réglée au millimètre. Tout cela fait beaucoup pour Massat qui peu à peu va reconstituer l'écheveau dénoué.

 

Mais quel est le lien entre le Polonais, père d'Harry Pitman, et la mort de Boisrond. Un lien ténu, un lieu, des vieilles affaires qui se sont déroulées trente ans auparavant.

Lorsque le roman débute, nous voyons un homme qui sort d'un étourdissement, ne se souvenant de rien, allongé près d'un cadavre et d'un couteau. Il est devenu amnésique. Et ce thème de l'amnésie a été traité maintes et maintes fois en littérature policière, de John Franklin Bardin à William Irish, en passant par James Hadley Chase, Mildred Davis, Day Keene, Michel Quint, Don Tracy, Howard Fast... Mais Gilles Vidal le conduit à sa manière, sobrement, puisqu'il s'agit d'un prologue qui prend sa source en 1984, et que cela n'influe pas sur le déroulement du récit, ou si peu. Tout réside dans le final.

 

Parmi tous les personnages qui défilent dans ce roman, l'un d'eux attire l'attention. Le père de Paul Massat. Jules Massat, auteur réputé de romans de science-fiction, en panne d'écriture pour l'heure, non pas à cause de son ordinateur ou d'un manque de ruban encreur pour une machine à écrire obsolète, mais par la faute d'une inspiration défaillante. Et il possède un secret qui le taraude.

 

Gilles Vidal mène de front ces deux histoires, ces deux enquêtes, avec un art consommé de l'intrigue, semblant aller de gauche à droite (pas de politique !), maîtrisant ses effets, en avançant doucement mais sûrement dans les dédales du récit concocté efficacement, sans en avoir l'air.

Une invitation au voyage, de la Californie en Floride, de Paris en Pologne, pour se terminer dans une petite ville de province, mais dans le temps également, car comme souvent, toute histoire prend racine dans des événements qui se sont déroulés hier, ou avant-hier.

Gilles Vidal construit ce roman sans effets de manches, mais en homme sachant que tout réside dans la simplicité, l'humanisme, la rigueur, même s'il semble se disperser.

 

Gilles VIDAL : Les sentiers de la nuit. Collection Jasmin noir. Editions du Jasmin. Parution 11 février 2016. 272 pages. 20,00€.

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 14:42

Mais d'aventure en aventure

De train en train, de port en port...

Thierry PONCET : Le secret des Monts Rouges.

Mais qu'ont-ils tous à vouloir se rendre aux Monts-Rouges ?

C'est bien ce que se demande Haig, l'aventurier qui remonte le Mékong puis la rivière Long-Stung à bord de sa péniche, La Marie-Barjo.

Il transporte une cargaison diverse mais pas avariée, qui va de la ferraille et du matériel, aux médicaments, en passant par les canettes de soda, les caisses de bière, des palettes de bidons d'huile d'arachide, du riz, en tout soixante tonnes de marchandises, de quoi ravitailler les communautés, les villages et la douzaine de compagnies forestières disséminés comme autant de points de suspension sur les berges.

il est assisté dans ses voyages et ses périples par Kim, un gamin d'une vingtaine d'années, Cambodgien d'origine et orphelin, adopté par une famille de bourgeois français, écologiste pur et dur. Une posture qui l'a amené à connaître bon nombre de déboire et d'ennuis auprès des compagnies forestières. Kim s'occupe de l'intendance et de la comptabilité.

Bozo, une vingtaine d'années, a fui les HLM sinistres et banlieusards d'une cité française et a commencé à voyager dans sa tête à l'âge de onze ans, sa première piqûre d'héroïne. Il écoute à fonds les écouteurs un CD de Tom Waits. Un punk qui sait que la vie va bientôt le lâcher, atteint du sida. Mais en ce qui concerne la mécanique, c'est un champion, presque. De toute façon, il ne manque pas de joints.

Et puis il y a Bang, le géant, qui pallie les défaillances du démarreur avec sa manivelle. Entre autres missions.

Donc, la veille du départ programmé vers les hauts plateaux, un individu se présente sur les quais de Phnom-Penh et demande à Haig de l'embarquer afin de l'emmener, il a de quoi payer affirme-t-il. Malgré toute la verroterie et l'or qu'il porte autour de ses doigts, malgré l'argent qu'il promet de donner, Haig ne veut pas l'accepter à bord. Question de principe. Et ce n'est pas parce que l'homme est Espagnol, du moins c'est ce que Haig en déduit d'après ses propos, qu'il va accéder à ses implorations. Circulez, il n'y a rien à voir.

Le lendemain, c'est tout vu. L'homme est retrouvé dépouillé de ses bijoux, la gorge tranchée. Avec l'aide de dockers, Haig le fait transporter au loin, afin de ne pas être embêté par la maréchaussée locale. Puis c'est le départ pour une nouvelle tournée des popotes.

Première escale, le petit port de Sato-Do, un village de maisons sur pilotis. Pour le docteur Chour, c'est Noël avant l'heure. Des boîtes de médicaments qui s'avèrent précieuses, des garrots, tout ce qu'il faut pour soigner les nombreux malades. Puis visite à Chœng Sam, un vieux photographe tout cabossé qui s'empresse de montrer les nombreux clichés qu'il a réalisé depuis leur dernière visite. Toujours les mêmes endroits, les mêmes photos, depuis qu'il a subi des tortures par des Khmers rouges et des Viets. Mais figure sur l'un des clichés un personnage inquiétant, d'ailleurs Chœng Sam a peur.

C'est alors qu'il se prélasse sur le pont que Haig est abordé par une jeune femme. Elle aussi veut embarquer et se rendre jusqu'aux Monts Rouges. Marisol veut retrouver son père soi-disant parti là-bas, peut-être mort à présent, à la recherche d'une mine d'argent. Elle possède des arguments solides et sait infléchir la décision de Haig de ne prendre aucun voyageur. Et c'est comme ça qu'il se trouve en compagnie d'une passagère et le début des ennuis qui se profilent à l'horizon.

Des hommes semblent les précéder dans leur déplacement, n'hésitant pas à tuer. Mais quel est leur but ? Celui de Marisol qui n'est pas une femme fragile comme elle sera à même de le démontrer ? Et Haig n'aurait-il pas une idée derrière la tête ? Le voyage sera long et surtout grouillant d'embûches de toutes sortes.

 

Dans une ambiance très exotique, lourde, poisseuse, humide, un voyage périlleux imaginé, ou transposé, et concocté par Thierry Poncet. L'histoire se déroule après la reddition des Khmers Rouges à la fin des années 1990. Le gouvernement a changé de camp, d'idéologie, les anciens Khmers Rouges se livrent au brigandage.

Parfaite illustration du roman d'aventures, un genre délaissé alors qu'il a connu ses heures de gloire ne serait-ce qu'avec Robert Gaillard, Joseph Kessel, Henri de Monfreid, Cizia Zyké, dont Thierry Poncet fut l'ami et la plume, et quelques autres aventuriers et journalistes, Le secret des Monts Rouges nous entraîne dans une pérégrination fluviale et sylvestre dans un pays encore déchiré par les guerres intestines. L'attrait de l'or et des pierres précieuses attirera toujours les flibustiers quelque soit l'endroit de la planète, du moment qu'l y a quelque chose à gratter, imaginaire ou non.

Ce roman est également un clin d'œil à Jean Hougron, du moins à mon avis, qui a vécu cinq ans environ dans la péninsule indochinoise, Laos, Cambodge, Thaïlande, exerçant de nombreux métiers dont chauffeur de camion, planteur de tabac, ramasseur de Benjoin et de corne molle de cerf, travailla au consulat des Etats-Unis et à Radio-France-Asie et en ramena des milliers de pages de notes qui lui furent précieuses pour écrire ses nombreux romans dont le cycle romanesque de La Nuit indochinoise dont font partie Tu récolteras la tempête, Rage blanche et bien d'autres succès.

Alors à quand une nouvelle aventure de Haig qui se déguste comme un bon vieux whisky ?

 

Thierry PONCET : Le secret des Monts Rouges. Une aventure de Haig. Editions Taurnada. Parution le 18 janvier 2016. 216 pages. 9,99€. Version Numérique : 4,99€.

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 08:10
A Bon-Encontre, on fait de bonnes rencontres !

La preuve : tout est dit dans les deux dépliants ci-dessous, tout ce que je pourrais ajouter serait superfétatoire.

Juste que c'est une invitation au dépaysement dans le Lot-et-Garonne, un week-end en amoureux... du polar.

A Bon-Encontre, on fait de bonnes rencontres !
A Bon-Encontre, on fait de bonnes rencontres !

Et si vous n'arrivez pas à lire les dépliants après avoir cliqué dessus, vous pouvez vous rendre sur le site. C'est gratuit.

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Published by Oncle Paul - dans Infos
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