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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 10:05

Bon anniversaire à Serge Quadruppani

né le 6 janvier 1952.

Serge QUADRUPPANI. Y.

Dans un grand brassage politico-terroriste mâtiné de truanderie, tout le monde pense tirer la ficelle alors que ce ne sont que des pantins manipulés.

Même le héros Emile K., ex agent du GIGN reconverti comme privé, qui n’était entré dans la police que sur infiltration et appartenait à un noyau d’extrême gauche depuis dissous.

Un cas que cet homme, presque un superman, qui utilise les sophistications modernes de la communication, se prend pour un Indien, se réfugie dans la poésie, écoute les vieilles chansons françaises à texte et donne ses rendez-vous dans des cafés à l’aide d’un code astucieux.

Claude, surnommé l’Escogriffe, fils d’un banquier qui vient de se faire la belle en subtilisant des documents et de l’argent, Claude, drogué, est traqué par une pléiade de personnages allant de l’énarque au truand. Les voies du Seigneur sont impénétrables, celles des terroristes et des politiques encore plus.

Adèle est à la recherche de sa sœur Annie, secrétaire du banquier avec qui elle s’est enfuie ou séquestrée par celui-ci. Entre Claude et Adèle s’établit une sorte de complicité semi-amoureuse, orchestrée par les événements et Emile K.

Mais la gravitation autour de ce couple d’un conseiller présidentiel, d’un député, de terroristes à la solde de pays du Moyen-Orient, de maffiosi, plus quelques éléments comme la drogue, nerf de la guerre secrète, font de ce roman comme une concentration de plusieurs affaires qui ont secoué le paysage politique et alimenté les faits divers, principalement en France.

Comme si tout ce qui se passe depuis quelques temps était joué sur une seule et unique scène de théâtre, par des acteurs déclamant des scénarii différents, éclairé par un projecteur.

Comme si d’un seul coup toutes ces saynètes s’imbriquaient dans une osmose dramatique.

De ce roman se dégage une grande violence, choix délibéré de l’auteur; une violence ressentie de l’intérieur, qui existe mais n’est pas toujours perceptible par le quidam qui la découvre à la télévision, à la radio ou dans les journaux.

Une violence canalisée par les médias. Une violence diffuse, latente, dans laquelle s’intercale la poésie, comme une page publicitaire dans un film de guerre.

 

Serge QUADRUPPANI. Y. Collection Métailié Noir. Editions Métailié. Parution octobre 1998. 214 pages.

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 08:56

La vie continue... comme avant !

Roland SADAUNE : Gisants les-Rouen.

Des Sans Domicile Fixe, ou des Sans Abris, mendigotant aux entrées des commerces ou des édifices publics, couchant sur des bancs, cela peut ternir l'image d'une ville qui compte sur les rentrées d'argent touristiques.

Alors le meilleur moyen pour s'en débarrasser, c'est de faire comme la concierge qui pousse la poussière sous le paillasson, c'est de les cacher loin de la ville. C'est un édile Rouennais qui a eu cette lumineuse idée !

Le programme est chargé pour la capitaine Elise Verdoux, de la police judiciaire, qui doit enquêter sur l'assassinat de trois policiers territoriaux. Avec en bonus celui d'un SDF, dont le corps présente de nombreuses traces de lacération. D'autant plus bizarre que les vêtements eux sont intacts. Mais pour le moment, ce meurtre est à classer dans la case profits et pertes, l'enquête sur les territoriaux primant.

L'adjoint Praquetti, qui a décidé d'appliquer avec le maximum d'efficacité le décret concernant les SDF, est sur les dents, et bien naturellement le procureur, le responsable de la police Raymond Keller, Elise Verdoux, qui fut sa maîtresse durant deux ans mais a rompu depuis quelques mois, et quelques autres sont conviés à résoudre au plus vite cette affaire qui fait tache. Dans une poche de vêtement de chacun des trois policiers municipaux, une photo identique a été découverte. Celle d'une grille rouillée ouvrant sur un parc. Comme indice on pourrait faire mieux.

Heureusement une artiste peintre qui privilégie la nature comme thème de ses tableaux a assisté à un étrange manège près d'Hénouville à l'ouest de Rouen. Elle a réalisé une petite vidéo qu'elle a transmise à Verdoux et Person, l'adjoint de la policière. Et ce qu'ils découvrent leur ouvre des portes, celles de l'enfer. D'autant que sur cette vidéo ils reconnaissent un individu qu'ils côtoient quasi quotidiennement.

Cette première partie de l'enquête résolue mais pas terminée, Elise Verdoux se sent obligée de traquer celui que se nomme pompeusement Gladiator.

Gladiator, un être brutal, pervers, se sait débusqué, mais il pense qu'il bénéficiera de quelques indulgences auprès d'une hiérarchie qui se serre les coudes. Il va se planquer chez Lancaster, au grand dam de celui-ci, qui ne souhaitait aucun invité imposé dans sa résidence secondaire.

Lancaster est un écrivain qui vient de manquer de peu d'obtenir le Prix Jeanne d'Arc, alors que son éditeur et bien d'autres, auraient mis leur bras au feu persuadés qu'il partait gagnant haut la main. Il s'est réfugié dans la chaumière héritée de ses parents près de Lyons la Forêt, dans l'Eure, et Underwood chargée de rubans encreurs et de ramettes de papier, il va s'attaquer à un nouveau roman dont le thème est dicté par des réminiscences paternelles.

Son père également journaliste et romancier avait écrit quelques ouvrages sur les loups-garous, notamment l'Eure du loup-garou. Pour forcer l'inspiration, il avale à l'aide de verres de vin rouge des cachets d'ecstasy, ce qui le fait déconnecter parfois de la réalité. Sa voisine, qui aurait une certaine tendance à s'incruster, lui affirme qu'Ici les morts sont bien vivants. Un thème, une légende, un mantra, une affirmation gratuite à développer, pourquoi pas.

Commence alors une cavale pour Gladiator qui sème, à l'instar du Petit Poucet, des cadavres dans la forêt, près d'une plaque sur laquelle ont été sculptés des gisants.

 

Si le début de ce roman est une enquête véritable, la suite est une traque et un huis-clos. Traque menée par Elise Verdoux, laquelle ne sera pas à la noce, et huis-clos entre Gladiator et Lancaster.

Roland Sadaune emprunte à ses thèmes favoris, la peinture, le cinéma, mais aussi, plus personnel, la chaise roulante, pour construire ce roman en deux parties d'inégales longueurs mais dont le suspense monte progressivement. Une traque mêlée d'un huis-clos qui deviennent vite étouffants, âpres, violents et vont crescendo.

Les personnages qui gravitent dans ce roman, découpé en soixante-quatorze courts chapitres qui entretiennent une certaine vivacité dans le déroulement de l'action, sont autant de protagonistes parfois décalés et aux motivations troubles qui prennent à leur insu, ou non, une part prépondérante dans cette histoire. Si je me garde de dévoiler l'identité de Gladiator, c'est pour garder une part de mystère dans le récit, mais le lecteur perspicace de cette chronique aura rapidement mis un nom sur ce personnage malsain.

Roland Sadaune nous dépeint une société en déliquescence dont les acteurs malfaisants ne sont pas forcément ceux auxquels on pourrait songer.

Autres ouvrages de Roland Sadaune :

Et si vous désirez une lecture plus approfondie de ce roman, je vous engage à diriger le curseur de votre souris sur le lien ci-dessous :

Roland SADAUNE : Gisants les-Rouen. Val d 'Oise éditions. Thriller. Parution octobre 2015. 310 pages. 14,00€.

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 11:58

Elles en avaient dans le ventre !

Michel MOATTI : Retour à Whitechapel.

Le mythe, ou plutôt la véritable histoire qui n’a jamais connu de dénouement, de Jack L’Eventreur, alimente depuis plus d’un siècle l’imaginaire des romanciers, et les historiens confrontent leurs conjectures sans véritablement apporter de solution satisfaisante.

Du 31 aout 1888 au 9 novembre de la même année, cinq prostituées, ou cataloguées comme telles car elles ne recherchent souvent que quelque menue monnaie afin de se payer boisson alcoolisée, nourriture et endroit pour dormir, ont été égorgées, éviscérées, découpées, dans l’East-End de Londres, les quartiers de Whitechapel et de Spitalfields. Dont deux la même nuit, comme si leur agresseur n’avait pas réussi ce qu’il voulait entreprendre sur la première.

En septembre 1941 Londres ploie mais résiste sous les bombes lâchées par les bombardiers allemands survolant la capitale depuis des mois. C’est le Blitz. Les nombreux blessés sont dirigés vers les hôpitaux, dont le London Hospital situé dans l’East-End. Mary Amelia Pritlowe, infirmière-chef dans l’établissement vient de recevoir une lettre de son père décédé récemment. Une lettre testament dans laquelle il explique que Mary Amelia est la fille de Mary Jane Kelly, la dernière des cinq victimes de l’Eventreur.

Robert Pritlowe avait quitté Mary Kelly peu après la naissance de leur fille dont la garde était confiée à la mère, ou à une amie de celle-ci ou au père, selon les circonstances. Mary Kelly vivait avec Joe Barnett, fréquentait Maria Harvey, sa meilleure amie, devait plus d’un mois de loyer à John McCarthy, propriétaire de nombreux taudis, l’équivalent des propriétaires qui louent à prix d’or des pièces insalubres actuellement en France, les marchands de sommeil. Mary Jane Kelly n’avait que vingt-trois ans, était encore jolie et insouciante.

Robert Pritlowe avait récupéré définitivement la gamine âgée de deux ans après l’assassinat de Mary Kelly, et la petiote avait suivi son père en France, placée dans une institution près de Dieppe puis dans un établissement où elle a appris le métier d’infirmière. Durant la première guerre mondiale elle avait exercé dans l’Argonne puis était rentrée en Angleterre. Cette lettre émanant de son père la plonge dans le désarroi. Elle veut en connaître davantage sur sa mère dont elle ne se souvient pas, savoir réellement ce qu’il s’est passé en ces semaines tragiques, remonter la piste de l’agresseur. Venger sa mère en découvrant l’identité de son meurtrier. De nombreuses hypothèses ont été énoncées, notamment celle selon que le fameux Jack l’Eventreur serait issu de la Haute, mais cela ne lui suffit pas, et comporte un certain nombre d’aberrations.

Alors elle consigne dans des carnets, achetés spécialement à cette intention, ses différentes démarches effectuées notamment auprès de la Filebox society, qui conserve précieusement toutes les archives, articles de journaux, témoignages divers, photographies d’époque des victimes, des lieux. Elle s’inscrit à cette association qui ne comprend que des hommes, des ripperologues passionnés, et compulse tous les documents mis à leur disposition, parfois aidée par les membres eux-mêmes touchés par sa détresse et sa pugnacité.

Enserrés entre les différentes relations des recherches, des démarches, de ses relations avec les membres de la Filebox society, de ses réflexions, consignées au jour le jour ou presque, car les blessés et les malades n’attendent pas, d’Amelia Pritlowe, l’auteur effectue une véritable reconstitution historique des drames enregistrés. C’est ainsi que nous voyons évoluer tour à tour Mary Ann Nichols dite Polly, Annie Chapman, Elisabeth Stride, Catherine Eddowes et enfin Mary Jane Kelly ainsi que les voisins, les amies, les commerçants, les policiers, l’ombre du tueur lui-même. Mais les scènes de meurtres et ce qui précède ou suit, ne vaudraient guère si des événements extérieurs n’étaient pas retracés, placés dans un contexte de misère. Les ouvriers dépensent leur argent dans des pichets de gin aussitôt le maigre salaire encaissé, afin d’échapper à la réalité désastreuse.

Par exemple le défilé revendicatif des allumettières, les ouvrières des usines Bryant & May, le visage rongé, ravagé, par les projections de phosphore durant la fabrication des allumettes et qui réclament de l’argent à la place des denrées avariées fournies en guise de salaire. Un épisode émouvant de la détresse de ces ouvrières exploitées et qui sont confrontées aux gros bras, les contremaitres de la fabrique, armés de gourdins sous les yeux furieux de la direction et ceux impavides des policiers.

D’autres évocations sont plus amusantes, et utilisées par certains romanciers de la littérature policière à ces débuts. Par exemple le recours à l’optographie, phénomène qui consiste à prélever l’iris d’un œil afin de trouver l’image de l’assassin, image qui se serait plaquée sur la rétine au moment du décès de la victime. Ou encore le recours à l’induction hypnotique qui permettrait à Amelia de recouvrer la mémoire et retrouver certains souvenirs de sa vive enfance, alors qu’elle avait tout juste deux ans. Souvenirs qui devraient être enfouis mais pourraient remonter à la surface en procédant à une forme d’hypnose.

Ces encarts ne sont pas écrits selon la sécheresse des minutes des procès-verbaux rédigés par les greffiers lors des retranscriptions des différents témoignages des policiers, des voisins, des supposés témoins ou autres, mais possèdent une force d’évocation narrative vivante (?!).

Une fiction fort documentée qui amène l’auteur à proposer sa version concernant l’identité du meurtrier, identité évidente car tous les arguments développés se tiennent. Michel Moatti a été hanté par cette affaire et durant trois ans, il a arpenté les rues de Whitechapel, compulsant les dossiers de la Metropolitan Police de Londres, les archives de la presse britanniques de l’époque. Et les documents consultés sont réunis dans un carnet d’enquête, avec de nombreux ajouts, des notes prises sur le vif ( !), carnet qui était joint en annexe lors de la première parution de ce roman.

Un roman fort documenté qui repose sur des bases historiques solides et indéniables dans lequel la fiction s’interfère dans l’authenticité de faits réels et d’une déduction que l’on ne peut guère prendre en défaut. Un roman qui fera date dans le cercle des ripperologues et que tout amateur de littérature policière devrait lire.

Première édition : HC éditions. Parution 24 janvier 2013. 350 pages. 19,90€.

Première édition : HC éditions. Parution 24 janvier 2013. 350 pages. 19,90€.

Réédition éditions Pocket. Parution le 9 janvier 2014. 416 pages. 7,80€.

Réédition éditions Pocket. Parution le 9 janvier 2014. 416 pages. 7,80€.

Michel MOATTI : Retour à Whitechapel. Editions 10/18. N°5020. Parution décembre 2015. 414 pages. 8,10€.

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 08:26

Un cadavre en cavale, ça fait désordre...

Samuel SUTRA : La mort dans les veines.

Dans son laboratoire de l'Institut Pasteur, le professeur Morel pense enfin avoir combattu, avec succès, les forces du mal qui sont en nous, un virus tueur.

Un homme s'est introduit dans la pièce et injecte le produit dans le cou du professeur qui sombre. Et pour sombrer, il sombre, de nuit, dans le canal Saint-Martin, un lieu très touristique, balancé à la flotte par l'intrus du labo.

Son cadavre est repêché par les secours rapidement arrivés sur place, grâce à la vigilance de témoins opportuns et transporté à l'Institut Médico-légal Mazas dans le douzième arrondissement parisien.

Luc Mandoline, qui flagelle sur ses guitares à cause d'une absorption immodérée de boissons alcoolisées dans lesquelles il noie un chagrin sentimental et une contrariété, est attablé dans son bar préféré, Le Cépage, qui coup de bol est situé juste à côté de chez lui. Il est abordé par une accorte gente dame qui requiert ses services.

Adèle a été contactée par un appel téléphonique anonyme, ce qui est le moyen le plus sûr lorsque l'on ne veut pas dévoiler son identité, et se présente comme la fille du professeur Morel. Elle ne croit pas à son suicide (évidemment seul le lecteur est au courant de ce qu'il s'est réellement déroulé dans le laboratoire) et, conseillée par son correspondant, souhaite que Mandoline effectue sa petite enquête sans véritablement savoir qui est ce Mandoline vers qui on l'a dirigée.

Adèle, permettez-moi de ne pas m'abaisser à écrire un mauvais jeu de mot sur son prénom puisque c'est son père qui est mort et non elle, sait trouver les mots justes pour convaincre Luc Mandoline à prendre cette affaire au sérieux, d'autant qu'elle a raclé les fonds de tiroirs pour le payer en conséquence.

Morel était un professeur réputé pour ses travaux en épidémiologie, travaillait sur des virus émergeants et surtout était l'un des médecins à l'origine des trithérapies devant juguler les symptômes immuno-déficients des malades atteints du SIDA. Mais surtout le professeur Morel, affirme Adèle, a disparu de l'IML. Un cadavre baladeur ce n'est pas nouveau en littérature policière mais dans la vraie vie, c'est plus rare. Pourtant Mandoline en a confirmation auprès d'un de ses amis travaillant dans cet Institut.

Adèle souhaite, veut, exige que Mandoline retrouve son père afin de lui permettre d'être inhumé dignement. Et accessoirement définir si ce décès est dû à une mort naturelle par suicide ou si cela cache autre chose, un meurtre par exemple.

Mandoline commence par le début, c'est à dire enquêter auprès des collègues, devenus des ex, de Morel. Il apprend notamment qu'un jeune chercheur Serbe d'origine aurait quitté l'Institut Pasteur sans avoir terminé ses études. D'ailleurs il n'était pas vraiment à la hauteur et travaillait en dilettante, contrairement à Morel qui passait la plupart de ses nuits dans l'établissement. Coïncidence bizarre, lors du conflit yougoslave, Morel avait pratiqué des missions dans ces pays qui s'entredéchiraient.

 

Commence une quête qui réservera de très nombreuses surprises à Luc Mandoline, les apparences étant souvent trompeuses, et au cours de laquelle il sera amené à retrouver, côtoyer, composer avec d'anciennes connaissances, ce qui ne l'emballe guère. Et les coups bas ne manquent pas de pleuvoir de partout. Heureusement Elisa, sa belle et douce Elisa, dont la jalousie l'avait conduit à sérieusement se pinter (c'est ce qu'on dit quand on absorbe de la bière), sera là au bon moment pour le tirer d'un sale pétrin. Ce qui ne l'empêche pas de se montrer sarcastique dans cette déclaration toute sutraienne (c'est un néologisme) :

Si tu savais tout ce que je te cache, mon grand, tu saurais que tu peux me confier un secret.

Roman policier et noir, La mort dans les veines flirte également avec le roman d'espionnage. On ne peut pas dire qu'il existe une guerre des polices, mais tout au moins certains conflits se font dresser les uns contres les autres des services qui devraient enquêter la main dans la main. Mais ce serait trop demander, heureusement pour les écrivains qui n'attendent que ce genre de bisbilles pour étoffer leurs romans. Ce qui procure parfois l'impression que les tenants et les aboutissants sont plutôt confus. Impression ressentie par l'un des protagoniste, qui déclare :

Costa, conscient soudain qu'il évoquait certains points qui étaient évidents pour lui, mais pas pour son auditoire qui nageait une brasse coulée dans toute cette histoire, décida de tout éclaircir.

Samuel Sutra, qui nous avait habitué à des ouvrages légers et pétillants d'humour, notamment sa série des Tontons, nous offre ici, comme dans Kind of Black un roman plus sombre. Seulement, chassez le naturel il revient au galop, comme disait ma grand-mère qui ne pratiquait pas l'équitation, l'épilogue verse dans la grandiloquence et le visuel cinématographique.

Samuel Sutra souffle le chaud et le froid, le show et l'effroi !

Et pour moi, c'est l'un des meilleurs, pour ne pas dire le meilleur, Embaumeur de la série. Opinion tout à fait personnelle que j'assume.

 

A lire également de Samuel Sutra :

 

Dans la série L'Embaumeur, je vous conseille :

Enfin, si vous désirez faire la connaissance d'un précurseur de l'Embaumeur :

Samuel SUTRA : La mort dans les veines. Préface de Marie Vindy. Collection L'Embaumeur N°10. Editions L'Atelier Mosesu. Parution 20 octobre 2015. 188 pages. 13,00€.

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 14:14

Pour vérifier qu'il est bien vivant ?

Alexandre TERREL : Le Croque-mort s'en mord les doigts.

Mon travail est d'offrir un service déterminé à la collectivité, pas d'interférer dans la vie privée de mes clients.

Cette phrase, cette déclaration, est due à Antoine Chabrier, croque-mort de son état, et exerçant ses talents à Balançon-les-Bains.

Pourtant, lorsque quelques chose va de travers, c'est vers Chabrier que l'on se tourne. C'est Chabrier que l'on consulte. C'est Chabrier qui recueille les confidences, plus ou moins explicites, plus ou moins approfondies, de ses concitoyens en mal de vivre.

Par exemple ce brave docteur Surepoix, gynécologue, qui sentant sa mort prochaine, il a déjà échappé à trois attentats, lui demande d'organiser ses prochaines funérailles d'une façon discrète. Madame la future veuve Surepoix ne devant en aucun cas être mêlée à des tracasseries administratives ou autres.

C'est bien joli tout ça, mais si le docteur Surepoix se montre un brin défaitiste, notre thanatopracteur aimerait bien comprendre le pourquoi du comment.

Que diable, on veut attenter à la vie d'un homme et celui-ci accepte son sort dans rechigner, sans regimber, sans vouloir connaître l'auteur et les motivations qui vont le conduire au cimetière de Balançon ? Chabrier, soupçonne, à juste titre, une entourloupette.

D'autant plus que ses rapports avec le juge Jeanne de Festui-Poupard, dite Fesse de Poupée, et quelques autres notables de la cité thermale, sont assez tendus et, que pour une fois, il aimerait bien qu'on lui fiche la paix.

Mais une fois de plus, et malgré lui, Chabrier se retrouve embringué dans une histoire de meurtre et il ne reste plus qu'à effectuer lui-même sa propre enquête.

 

Dans ce roman, et dans les précédents qui mettaient en scène Antoine Chabrier, liste ci-dessous, Alexandre Terrel, plus connu sous l'alias d'Alexis Lecaye, se délecte dans la description des mœurs d'une petite sous-préfecture de la France profonde, et ce pour la plus grande joie de ses lecteurs.

Cette série était comme une distraction dans l'œuvre de Terrel/Lecaye, qui comporte de nombreuses réussites, dont Marx et Sherlock Holmes, Einstein et Sherlock Holmes, La dissolution, Le Bagnard, la voyante et l'espion, Les Chemins de Sigmaringen, et bien entendu sa série des Dames.

Liste des romans mettant en scène Antoine Chabrier :

Le Croque-mort de ma vie, Le Masque no1792, 1985

Le Croque-mort s'en va-t'en bière, Le Masque no1801, 1985

Le Croque-mort et les mort vivants, Le Masque no1822, 1986

Le Croque-mort et sa veuve, Le Masque no1867, 1987

Enterrez le Croque-mort, Le Masque no1904, 1987

Le Croque-mort a croqué la pomme, Le Masque no1925, 1988

Le Croque-mort s'en mord les doigts, Le Masque no1997, 1990

 

Alexandre TERREL : Le Croque-mort s'en mord les doigts. Le Masque N°1997. Editions Librairie des Champs-Elysées. Parution Mars 1990.

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 11:19

Bon anniversaire à Jean-Bernard Pouy,

né le 2 janvier 1946...

Jean-Bernard POUY : La vie Payenne.

Ils étaient cinq amis qui se sont séparés mais se sont promis de se donner rendez-vous, dix ans après, à midi, au square Payenne.

En réalité, le vrai nom c’est le square George Cain, mais pour Pascal, qui est légèrement en avance, il porte toujours le nom de Payenne.

Ce quart d’heure qui reste à attendre les autres lui permet de se remémorer les bons moments ensemble. C’est Sylvie qui arrive ensuite, avec une bouteille de champagne, histoire de fêter les retrouvailles. Pascal annonce que Bernard ne viendra pas, décédé un an auparavant, des suites d’une maladie. Sylvie est porteuse de deux mauvaises nouvelles. Mathieu a disparu au Mozambique, quant à Romain, s’il n’est pas mort, c’est tout comme.

Au départ, le lecteur pense à une réminiscence de la chanson de Patrick Bruel, Place des grands hommes, mais bien vite la bluette tourne au mélodrame.

Pascal est confronté à un cruel dilemme. Doit-il, par amitié, en souvenir des jours heureux, des moments de complicité, se résoudre à effectuer ce geste que lui demande Sylvie ? Le peut-il moralement ?

Une histoire simple et complexe à la fois, tout au moins pour le héros narrateur qui se trouve confronté à une alternative à laquelle peu d’entre nous souhaiteraient l’être.

Le côté tendre, sensible et humain de Pouy.

 

Jean-Bernard POUY : La vie Payenne. Illustrations de Stéphanie Léonard. Collection Noir Urbain. Editions Autrement. Parution mai 2004. 74 pages.

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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 05:00
Bonne Année !

Les Lectures de l'Oncle Paul

et son rédacteur

vous présentent

tous leurs meilleurs vœux pour

2016

et vous offrent

une journée de lecture en plus...

Bonne Année !
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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 13:23

Faut dire que c'était un drôle d'animal...

Philippe CROCQ & Jean MARESKA : Frank Sinatra, entre chiennes et loups.

Qui eut pensé que cet homme d’apparence frêle, fragile, longiligne, pesait à la naissance six kilos et demi !

Et que sa mère Dolly, de son vrai nom Natalie, ne mesurait qu’un mètre cinquante pour quarante et un kilo !

Frank, né le 12 décembre 1915, et qui gardera toute sa vie des traces de son passage en force dans la vie sous forme de cicatrices sur la joue et l’oreille gauches, était issu d’une famille d’Italiens installés à Hoboken, petite ville industrielle ouverte sur l’Hudson.

Son père avait fait de la boxe, sous le nom de Marty O’Brien, car à l’époque il valait mieux passer pour un Irlandais dans cette cité, mais sa carrière s’interrompit rapidement lorsque tombant du ring il se cassa les deux poignets. Sa mère avec ses yeux bleus, sa peau laiteuse et ses cheveux blonds, n’avait rien à envier aux enfants de la verte Erin, quoique d’origine italienne elle aussi.

Grâce à ses fonctions à la mairie, Dolly put solliciter auprès de l’édile de la cité un emploi de sapeur-pompier. Plus tard ils deviendront tenanciers d’un bar, en pleine ère de la prohibition, Dolly s’établissant aussi sage-femme et plus pour jeunes femmes en attente de maternité désirée ou non.

Mais Marti, possédait des accointances avec la Mafia et plus particulièrement Lucky Luciano, alias Salvatore Lucania, originaire de la même ville que le grand-père de Frank, et arrivé aux Etats-Unis peu après la famille Sinatra. Des relations douteuses mais qui se révélèrent efficaces lorsque le besoin s’en fit sentir.

Au grand désespoir de sa mère Frank abandonna très tôt ses études, mais Dolly sera toujours derrière son fils unique l’aidant même à contre cœur. Elle lui achètera sa première sono portative avec micro et hauts parleurs afin qu’il puisse animer les bals de l’école. Ce n’est pas pour autant que la carrière de chanteur sera bordée de roses. Plutôt d’épines. Le jeune Frank va galérer de longues années, tentant sa chance à New-York avant de revenir à Hoboken, puis il s’immiscera dans un trio qui décrochera un contrat pour effectuer un circuit dans près d’une quarantaine d’états, mais sa conception de la musique n’étant pas celle de ses compagnons de tournée, celle-ci avortera rapidement.

Il contactera Tommy Dorsey, tromboniste et chef d’orchestre dont la formation était aussi cotée que celles de Jimmy Lunceford et Glenn Miller, mais il essuiera un refus. C’est auprès d’Harry James qu’il trouvera enfin sa voie, sa voix. Le début d’une carrière de chanteur qui fera tomber en pamoison les midinettes et pas seulement. Mais ses frasques entachent sa vie familiale. Il s’est marié avec Nancy, pour échapper à une autre femme, mais le couple dès le départ bat de l’aile, malgré la naissance de leur fille Nancy.

 

La tendresse, la douceur de sa voix lorsqu’il chante cache la rudesse, l’agressivité de l’homme. Et les journalistes lui reprocheront ses accointances, réelles ou supposées, avec la Mafia, ses multiples maîtresses, issues du monde du spectacle ou non, mais principalement ses relations houleuses avec Ava Gardner, qui par bien des points lui ressemble.

Mais Frank qui recherche les honneurs et la puissance, en fréquentant des hommes politiques, des présidents des Etats-Unis, sera sous une enveloppe de dur-à-cuire, un être fragile, qui n’hésitera pas à s’élever contre des injustices, la ségrégation et la discrimination raciale notamment, peut-être à cause de son origine italienne dont sa famille eut à pâtir, n’hésitant pas lors de spectacles perturbés par de jeunes étudiants blancs à leur promettre une solide raclée à la sortie s’ils continuaient ainsi et leur faisant la morale.

Le cinéma lui fera les yeux doux, même si au début ce ne fut que pour des petits rôles insignifiants. Et s’il était adulé, remplissant les salles de concert, la vente de ses disques ne fut guère mirobolante, du moins pendant la première décennie de sa carrière.

 

Pour le reste je vous conseille de vous plonger dans cette biographie dans laquelle Philippe Crocq et Jean Mareska dressent un portrait sans fioriture, sans concession, dénué de complaisance, de ce chanteur et acteur qui décèdera le 22 mai 1998.

Philippe CROCQ & Jean MARESKA : Frank Sinatra, entre chiennes et loups. Editions Alphée/Jean-Paul Bertrand. Parution avril 2008. 266 pages.

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 13:49

Après Miss France, mystère...

Jean d'ARJANSE : Le mystère de la Villa du Soleil.

Jeannine, la charmante secrétaire et nouvellement promue fiancée de l'avocat Dufrayer, prend quelques jours de congés à Dieppe, afin de se remettre de ses émotions sentimentales.

Son accueil à la pension de famille La Villa du Soleil n'est pas à la hauteur de ses espérances. La bonne lui annonce qu'une erreur est intervenue dans la date d'inscription de son arrivée et qu'on ne l'attendait que la semaine suivante. Toutefois elle lui propose une chambre dans l'annexe, un immeuble situé juste à côté de la Villa.

Alors qu'elle procède à ses ablutions, deux incidents se produisent. Un des brillants de sa bague de fiançailles s'est desserti et alors qu'elle se rend à la salle de bains afin d'effectuer quelques recherches, elle entend des bruits suspects puis découvre un cadavre.

Sa présence est remarquée et des inconnus l'assomment. Peu de temps après, à Paris, le commissaire Lenormand dîne en compagnie de son ami Dufrayer. Il est inquiet car un détective, l'ex-inspecteur Jacques Trente, ne lui a pas donné de nouvelles depuis quelques temps, alors qu'il devait être à Dieppe. Trente devait servir de garde du corps à un millionnaire, Roland Quayne, qui craignait d'être enlevé.

Dufrayer lui fait part de ses préoccupations : Jeannine ne lui a pas donné de signe de vie depuis son arrivée à Dieppe. Il demande à Lenormand de profiter de son séjour pour rechercher sa fiancée.

En compagnie de Le Furet, son jeune secrétaire, le commissaire se rend dans la station balnéaire normande. L'affaire Quayne retient toutefois plus l'attention de Lenormand qui relègue au second plan les inquiétudes sentimentales de son ami l'avocat.

D'après un gardien de la paix qui connait bien Trente, le détective surveillait une villa. Les deux hommes intrigués par des ampoules allumées en plein jour s'introduisent dans la demeure. Ils trouvent le cadavre de Trente, un poignard enfoncé entre les omoplates. Ils relèvent des empreintes de pas sur le sol ainsi que dans la cave où une assemblée s'est tenue récemment. De même une trace de pneu figurant dans le parc de la villa est semblable à une autre trace relevée devant la Villa du Soleil. Lenormand décide de se faire passer pour Dufrayer et de loger à la Villa du Soleil. Il est reçu par la propriétaire, madame Malby, une charmante vieille dame qui le présente aux autres pensionnaires parmi lesquels il reconnait deux malfrats, Le Tombeur et Fleur-des-Pois.

Il reçoit une lettre signée Jeannine, laquelle s'excuse auprès de son prétendu fiancé de l'avoir abandonné, de rompre pour des prétextes futiles. Pour Lenormand, aucun doute, cette missive a été écrite sous la contrainte. Mais grâce à son flair, son bon sens et l'aide de Le Furet, il va bientôt délivrer la jeune femme et mener cette enquête à bien.

 

Cette honnête histoire classique, écrite dans un style non moins classique, emprunte toutefois à ce que l'on pourrait qualifier de poncifs de la littérature policière : substitution d'identité et déguisement, ceci afin de perturber le lecteur et l'égarer sur des chemins de traverse.

On ne s'ennuie pas mais il manque ce petit grain de folie qui a marqué certaines œuvres utilisant les mêmes stratagèmes.

Si Dieppe sert de décor à l'intrigue, ce n'est que de nom, car il manque une description de la côte normande, et l'histoire pourrait se dérouler dans n'importe quel petit port anonyme.

Achevé d'imprimé le 25 juin 1954 pour le compte de la S.E.N., ce livre, d'après le copyright, est la réédition d'un ouvrage paru aux éditions Nicea en 1944.

Jean d'ARJANSE : Le mystère de la Villa du Soleil. Collection Secrets. Editions S.E.N./Nica. Parution juin 1945. 96 pages.

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 16:14

Tu sais ma môme que j'suis morgane de toi...

Brice TARVEL : Le démon du grenier.

Parce que ses parents, qui travaillent à Paris pour une nouvelle chaîne de télévision, dont l'audience laisse à désirer, n'ont guère de temps à lui consacrer, Morgane a été confiée à sa grand-mère qui vit dans un coin reculé de la Lozère, près de Florac.

Mamie Edwige possède une réputation de sorcière, et il est vrai qu'une pièce de sa maison a été transformée en laboratoire, dans lequel éprouvettes, cornues, cristallisoirs et autres bibelots de chimiste avéré cohabitent en bonne intelligence, même si le nez de Morgane est parfois agressé par les émanations qui s'en dégagent. Mais il faut toutefois avouer que mamie Edwige possède un don, celui de chasser les fantômes, spectres, revenants, ectoplasmes et conjurer les sortilèges et qu'elle est très demandée. Seulement tout est scientifique affirme mamie Edwige, ne pratiquant la magie d'aucune sorte.

Parmi les élèves du collège de Mende où elle étudie, Morgane n'a guère d'amies. Evidemment avec un prénom pareil, il est bon de soupçonner qu'elle aussi s'adonne quelque peu à la sorcellerie et à la magie. Seul trouve grâce à ses yeux, Valentin, qu'elle aide à résoudre ses exercices de maths, ce qui leur permet de rester ensemble un peu plus longtemps. Au plus grand plaisir des deux adolescents qui ressentent l'un pour l'autre un sentiment plus fort que de l'amitié ou de l'affection.

Maintenant que les présentations sont faites, intéressons-nous à ce soir de fin novembre. Neuf heure vient de sonner au clocher de Florac, et aucune bonne odeur de soupe aux légumes chatouille les narines de Morgane qui commence sérieusement à avoir faim. Mamie Edwige a laissé passer l'heure du repas, absorbée par la préparation de sa nouvelle recette chimique : le goudron bleu.

C'est à ce moment que retentit la sonnette de la porte. Elles découvrent un petit bonhomme ventripotent, un gnome que Morgane catalogue tout de suite comme une incarnation de Quasimodo ou de Grincheux. Il s'agit du père Chassagnac, ferronnier d'art de son métier, fabricant de girouettes. Le bonhomme est tout tourneboulé. Alors qu'il travaillait à la pose d'une nouvelle girouette, il a aperçu sur le toit d'une vieille bâtisse voisine un oiseau énorme qui ressemble tout à la fois à un corbeau et à un toucan mais aux dimensions multipliées au moins par dix.

Décision est prise rapidement et sans tergiverser : Chassagnac est chargé de construire une énorme cage tandis que mamie Edwige, Morgane, bientôt rejointes par Valentin, se dirigent vers la chaumière et son impressionnant volatile. Seulement il leur faut prendre des précautions car des pierres de lune ont été utilisées pour l'édification de cette bâtisse. D'abord se méfier de l'oiseau, le Corcan comme le définit par contraction mamie Edwige, et dont les réactions peuvent être imprévisibles et peut-être mortifères. Ensuite cette maison qui recèle bien des dangers, mamie Edwige et ses petits accompagnateurs vont bientôt en subir les conséquences. Ils commencent à léviter, comme Mary Poppins, mais en vrai. Et Morgane aperçoit de grosses lucioles au travers des fourrés environnants. De même elle pense distinguer dans le grenier derrière un tas de vieilles bricoles, comme un fantôme dont le visage serait revêtu d'une cagoule de cuir.

 

Ce roman et les autres de la série Morgane, que j'espère pouvoir vous présenter bientôt, sont destinés à un lectorat allant de dix à cent-dix ans, des jeunes adolescents et aux plus vieux, ceux qui ont gardé leur âme d'enfant. Tout comme l'auteur d'ailleurs.

Conte de fée moderne, Le démon du grenier emprunte aux récits qui ont enchanté notre enfance, dans lesquels le surnaturel bon enfant prime, mais s'adapte au goût du jour. Les nouvelles technologies sont passées par là, et s'immisçant dans un scientifique merveilleux, ce sont les soi-disant progrès élaborés par le genre humain, celui qui est toujours à la recherche de transformations génétiques, qui sont mis en scène dans ce roman.

L'angoisse et l'humour malicieux sont les deux mamelles de cette histoire dont le propos est plus profond qu'il y parait. Ne serait-ce que, sans vouloir déflorer par trop l'intrigue, de respecter Dame Nature et éviter de mettre dans des structures spécialisées des personnes atteintes de différences physiques, de les rejeter.

 

Première édition : Atelier de Presse. Parution janvier 2008.

Première édition : Atelier de Presse. Parution janvier 2008.

Réédition : Editions des Lucioles : avril 2011.

Réédition : Editions des Lucioles : avril 2011.

Brice TARVEL : Le démon du grenier. Série Morgane. Editions Malpertuis. Collection Brouillards. Parution 28 novembre 2015. 118 pages. 10,00€.

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