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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 12:50

Georges Brassens était vraiment un anticonformiste. Pour preuve...

Jean-Paul SERMONTE : La tombe buissonnière de Georges Brassens.

Venir de la Haute Saône afin de se recueillir sur la tombe de Georges Brassens au cimetière du Py à Sète, et se retrouver devant une sépulture vide, telle est la mésaventure qui arrive à Marguerite Huon, qui n'est pas huée mais en tombe de saisissement.

Elle alerte immédiatement le gardien qui flânait dans le quartier, et aussitôt le premier adjoint au maire, le directeur du complexe funéraire, le commissaire de police se retrouvent tous devant ce sépulcre où ne résonne pas la voix de Georges Brassens chantant Elégie pour un rat de cave. Les caves, ce sont eux, et il faut faire quelque chose. Mais quoi ?

Le monde politique, le monde médiatique, le monde tout court en reste pantois. Il est vrai que les braves gens n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux. Et Georges Brassens qui sort de sa tombe est un fait peu commun. D'accord il a été aidé, il faut maintenant découvrir par qui et pourquoi.

Pour calmer l'opinion, Sophie Lavigne, policière de trente trois ans et fille de policier, est chargée de mener l'enquête, associée à Arnaud Rivière de la Botté, quinquagénaire oisif fin connaisseur de l'œuvre de Georges Brassens. Une homme, une femme, qui au premier abord ne sont guère fait pour s'entendre, mais il leur faut mettre de l'eau dans leur vin, et peu à peu les relations tendues vont se distendre et même va naître entre Sophie et Arnaud une forme de complicité.

Ce qui pourrait être un canular ne fait pas rire tout le monde. D'autres, des petits malins sans aucun doute, à moins que ce soit les mêmes qui désireraient monter une collection, tentent de subtiliser le cercueil de Gilbert Bécaud. D'autres chanteurs célèbres, à textes bien évidemment, vont-ils attiser la cupidité de ces énergumènes ?

 

Dans un contexte policier, il s'agit pour Jean-Paul Sermonte de rendre un hommage à un poète qui défiait dans ses chansons la Camarde. Une quasi vénération de la part d'un érudit fondateur de la revue Les Amis de Georges, lui-même auteur-compositeur et interprète.

Hommage appuyé mais avec une certaine dérision, et l'on croit voir l'ami Georges Brassens, toujours aussi pétulant, les yeux pétillant de malice, rire dans sa moustache, un sourire moqueur au coin des lèvres, et chantonner Les croque-morts améliorés.

Qui va permettre aux braves gens
De distinguer les funéraires,
Les anciens croque-morts ordinaires,
Des galopins un peu folâtres
Qui se mettent en deuil exprès
Les croque-morts améliorés !

Si le croque-mort s'en va sifflant
Les joyeux couplets à  vingt francs,
C'est un honnête fonctionnaire,
C'est un croque-mort ordinaire.
Mais s'il écoute en idolâtre
Les disques des be-bop cassés,
C'est un croque-mort amélioré !

 

Le lecteur, même jeune, qui ne connait que de nom Georges Brassens et seulement deux ou trois chansons, lestes et paillardes comme Gare au gorille ou Quand Margot dégrafait son corsage, sourira à ce texte empreint de bonhommie, qui nous change des déférences laudatrices et compassées.

Sans vouloir l'affirmer, il me semble qu'il s'agit ici d'une réédition de Brassens ou la tombe buissonnière, publié en 2006 aux éditions Didier Carpentier.

Première parution supposée aux éditions Didier Carpentier. Parution 4 mai 2006. 110 pages.

Première parution supposée aux éditions Didier Carpentier. Parution 4 mai 2006. 110 pages.

Jean-Paul SERMONTE : La tombe buissonnière de Georges Brassens. Editions du Moment. Parution 4 mai 2016. 182 pages. 14,95€.

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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 17:07

Sans béquilles...

Michel LEBRUN : Les rendez-vous de Cannes.

Dans le Train bleu qui le mène à Cannes pour le rendez-vous annuel des producteurs de cinéma, des metteurs en scène, des vedettes confirmées ou en devenir, et des scénaristes, une profession souvent méconnue et confidentielle, Richard Bernier retrouve inopinément Nikki, alias Nicole, qui fut maquilleuse.

Comme si ces retrouvailles, rapidement expédiées, devaient lui remettre en mémoire Mélissa, une star à laquelle une rétrospective est prévue et qui a disparu dix ans auparavant, dans des conditions non élucidées. Certains parlent d'accident, d'autres de suicide. Richard possède son opinion, mais il la garde pour lui.

A la descente du train, Richard retrouve également Quibet, un producteur qui telle la grenouille qui voulait devenir plus grosse que le bœuf possède un embonpoint conséquent mais n'atteint pas les sommets de la création. C'est un raté qui aimerait pouvoir enfin percer dans la profession.

Comme à son habitude, Richard a loué une chambre au Carlton, mais Mario Monti, producteur renommé, l'a invité dans la villa Rudolph Valentino qu'il va occuper pendant toute la durée du festival, en compagnie de sa femme Sylvia, nettement plus jeune que lui. Elle a préféré le confort et l'argent, balayant ses rêves de vedette en devenir. Richard se voit proposer d'écrire un scénario. Il est déjà en train de travailler sur un autre script mais Monti lui demande d'oublier ce qu'il fait actuellement et l'oblige avec des arguments dont il a le secret de rédiger un scénario sur la vie de Mélissa. Il a l'intention de tourner une film relatant le parcours de la vedette disparue tragiquement, et il sort de sa manche un atout imparable qui se nomme Laure Emmanuel.

La jeune actrice, complètement inconnue, grâce à un maquillage savant, ressemble étonnamment à Mélissa. Un véritable sosie, une jumelle, et Richard est subjugué par celle qui doit interpréter ce rôle alors qu'il avait écrit tous les films joués par Mélissa dont il était amoureux. D'ailleurs, pour tous, il était son amant. Richard en sera même le metteur en scène. Et deux ou trois scènes, non concluantes, sont tournées pour appâter les futurs distributeurs

Il semblerait que ce projet ne soit pas du goût de tout le monde et quelqu'un s'évertue à mettre des bâtons dans les roues afin de faire capoter le film avant même que le premier coup de manivelle soit donné. Mais est-ce une bonne idée de vouloir faire revivre une morte ? Apparemment oui puisque Quibet a lui aussi décidé de tourner un film, que tout est prêt, c'est ce qu'il affirme, et qu'il a déposé la marque Mélissa. Monti ne s'alarme pas pour si peu.

Seulement une série d'incidents, d'accidents, mortels parfois, ponctuent le séjour sur la Croisette, et Richard va être confronté douloureusement à son passé. Mais il n'est pas le seul et d'autres victimes connaîtront des fractures mortelles ou mentales dans leur vie, se brûlant les ailes au soleil de la gloire éphémère, croyant toucher du doigt la chance de leur avenir mais déchantant rapidement.

 

Dans ce roman au final presque apocalyptique, Michel Lebrun traite un sujet qu'il connait fort bien, le cinéma et surtout le métier de scénariste. Mais il s'amuse à jeter le projecteur sur les producteurs, fortunés ou non, sérieux ou non, sur les metteurs en scène à la ramasse obligés de tourner des films pornos pour subsister et tentent de se refaire une virginité, des adolescentes qui comptent plus sur leurs fesses que sur leur talent pour se faire un nom... Et bien d'autres personnages, qui prennent une part plus ou moins active dans cette intrigue comme ce photographe qui mitraille avec un appareil photo démuni de pellicules ou cette sexagénaire veuve et héritière d'un empire sucrier à qui des dons de médium lui sont révélés.

Scénariste est un métier ingrat car le grand public ne connait en général qu'une petite partie de la distribution d'un film. Les têtes d'affiche et le réalisateur principalement. Mais qui connait vraiment les noms des scénaristes sauf ceux qui ont pignon sur toile mais qui ne portent pas vraiment le film sur leurs épaules. Parfois le scénario est jugé maigre sauvé par le jeu des acteurs, mais c'est tout un ensemble d'hommes et de femmes qui gravitent autour de la réalisation d'un film et dont le fruit du succès n'est pas toujours reconnu.

Michel Lebrun ne se montre pas aussi humoristique que d'habitude dans ce roman, empreint d'une certaine nostalgie, de causticité parfois, et d'une grande part de vécu.

Au lieu du grand roman qu'il aurait peut-être pu écrire, il avait pondu une centaine de scénarios, dont la qualité s'estimait en termes de commerce. Tel sujet a fait tant d'entrées, c'est un bon sujet. Tel autre a fait un flop, il est mauvais.
Comme la plupart des scénaristes, Richard, quand il passait devant une librairie, s'estimait frustré. Il aurait aimé savoir ses œuvres dans des bibliothèques, les voir entre les mains d'inconnus, savoir que, à tout moment, quelqu'un était en train de lire un de ses livres et d'y prendre du plaisir.

Michel LEBRUN : Les rendez-vous de Cannes. Editions Jean-Claude Lattès. Parution mars 1986. 242 pages.

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 13:10

Que ne ferait-on pas pour promotionner un film !

J.B. LIVINGSTONE : Crime au festival de Cannes.

En l'honneur de Carla Haverstock, le comte de Marie-mort, un producteur, et Kirk Formeroy, son agent artistique, ont invité l'actrice à assister à une projection privée.

Carla, qui est sur le terrain depuis une vingtaine d'années, a interprété quantité de premiers rôles dans des films de second ordre et de seconds rôles dans des films de premier ordre.

Alors que débute le festival de Cannes, la rumeur murmure que le Premier Prix d'interprétation ne peut lui échapper. Enfin la consécration !

La séance privée débute sous de mauvais auspices. La bobine est à l'envers, le films casse, pourtant c'est Monsieur Marcel, considéré comme le meilleur projectionniste, qui est aux commandes.

Le film n'est qu'un montage de petits films, souvent dus à des amateurs, et dont la vedette n'est autre qu'Anita Guzman, la mère de Carla et actrice elle-même, décédée alors que Carla était encore une enfant.

Soudain Carla blêmit, pâlit, s'enfuit sous le coup d'une vive émotion.

Elle a un accident de voiture, et le véhicule prend feu. Carla décède et Hitchcock, son petit chien, également.

Le superintendant Scott Marlow qui justement se trouve à Cannes dans le cadre d'un congrès est chargé de l'enquête. Carla venait d'être reçue par sa Gracieuse Majesté, la Reine Elizabeth, et il faut à tout prix effacer la mauvaise impression, ne pas laisser ébruiter n'importe quel racontar, dans le genre La Reine lui a porté le mauvais œil ou autre réflexion du même style.

Higgins refuse d'abord d'aider Marlowe puis, apprenant que parmi les victimes figure un chien, accepte de seconder son ami.

 

J. B. Livingstone, pseudonyme sous lequel se cachait Christian Jacq, l'égyptologue bien connu, J.B. Livingstone n'est pas tendre avec les personnages qu'il nous présente, véritables caricatures du cinéma.

Mais il faut avouer que l'envers du décor n'est pas toujours aussi idyllique qu'on pourrait le croire. Après Michel Lebrun avec Les rendez-vous de Cannes (chronique à venir), Alain Bellet avec Aller simple pour Cannes, Brigitte Aubert avec La mort au festival de Cannes, et quelques autres, J.B. Livingstone nous fait découvrir les à-côtés du festival de Cannes, au travers d'un petit noyau de personnages.

Mais plus que le festival, c'est Cannes que J.B.Livingstone nous dévoile, et par petites touches nous raconte la naissance et l'histoire de cette ville.

Un petit reportage documentaire au sein d'un roman policier qui sait être divertissant et instructif.

J.B. LIVINGSTONE : Crime au festival de Cannes. Collection Dossiers de Scotland Yard. Editions du Rocher. Parution 22 avril 1992. 198 pages.

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 14:12

Va falloir le détacher avant la montée des artistes...

Jean-Marie PALACH : Du sang sur le tapis rouge.

Alors que l'ordonnance de renvoi de l'affaire du covoiturage est signée auprès des assises du Val de Marne, alors qu'un meurtre vient d'être perpétré dans un hôtel de la rue Gossec dans 12e arrondissement de Paris, la commissaire Clémence Malvoisin est convoquée chez Le Pavec, le Préfet de Police, pour une enquête très particulière.

Dans le bureau du fonctionnaire, elle est mise en présence du délégué du festival de Cannes, festival qui doit débuter dans quelques jours. Or Cyprien-Louis de Villetaneuse est franchement embêté. Depuis 2003, une accident se produit invariablement tous les ans, accident sérieux entraînant mort d'homme ou de femme. Et il aimerait bien que cette soixante-septième édition ne soit pas une nouvelle fois endeuillée.

Villetaneuse a monté un dossier à l'intention de Clémence et il s'avère que toutes les victimes ont un lien, plus ou moins proche avec Claude Bergerac, le célèbre producteur possédant à son actif bon nombre de succès. Or cette année 2014 devrait être l'apothéose de Bergerac car l'homme a du nez. Il vient de signer en tant que producteur, réalisateur et acteur un film synthèse entre Beaumarchais et Jacques Demy, Le Barbier de Cherbourg.

Clémence doit donc se rendre à Cannes, munie d'une nouvelle identité et prendre rang dans l'équipe de Bergerac, comme scénariste d'un prochain film. Bien entendu seuls le Préfet, l'adjoint de Clémence, le délégué général et Bergerac seront au courant de cette mystification destinée à cacher le véritable but, découvrir le coupable des ces attentats déguisés. Elle en fait part à son mari qui, jaloux, n'apprécie pas cette escapade cinématographique. Et, coïncidence bienvenue, son fils est en stage dans une boite de production cinématographique et va pouvoir lui donner moult informations sur ce domaine et ce petit monde fermé dont elle ne connait que quelques grandes lignes, ce qui lui permettra de tenir son rôle avec justesse. De même elle se voit coiffer par une spécialiste et monter une garde-robe par une couturière ayant habillé toutes les grandes actrices.

2003, l'année du premier accident, est également synonyme de fracture dans la vie familiale de Bergerac. Lionel, l'un de ses fils, promis à un brillant avenir d'écrivain, a disparu, et depuis n'a jamais redonné de ses nouvelles. Il est considéré par tous comme mort. Clémence s'intègre rapidement dans la petite équipe, où elle est acceptée par tous pour son charisme. Seul Sacha, l'autre fils de Bergerac qui n'est pas issu de la cuisse de Jupiter pais plutôt d'Eole tant il brasse du vent, fait tâche parmi tous ces professionnels du cinéma, quelle que soit leur fonction. Sans oublier Tseng-Nio, le chauffeur garde du corps, ou Brigitte, la vieille vendeuse de roses.

Pendant que Clémence peaufine son rôle puis qu'elle se rend à Cannes, que se passe-t-il à la Section Est de la police judiciaire ? Langlade son adjoint supervise les enquêtes en cours, particulièrement celle menée par le jeune Florent Bragatour chargé de démêler l'affaire de l'hôtel Gossec et découvrir le meurtrier de ce client de passage. Quant à Maurice, le planton, il continue de lire les œuvres de Roger-Paul Jean, le juge chargé d'instruire le procès de l'affaire de covoiturage. D'ailleurs il a prêté un des romans à Clémence et les autres suivront le même chemin. Car ces romans sont excellents, vivants, précis, humanistes, ce qui étonne un peu tout le monde, Roger-Paul Jean étant connu pour son rigorisme et son côté solitaire.

Lors de son séjour Clémence va faire la connaissance d'un acteur, haut en couleurs, bourru, grossier, vulgaire et pourtant attachant, Gérard Mordarieu, lequel circule en scooter. Elle va aussi se trouver sous le charme de Willem Dafoe, en tout bien tout honneur, malgré les appréhensions de son mari. Seulement elle échappe à un attentat, grâce à Mordarieu, et d'autres tentatives vont ponctuer son séjour.

 

Trois enquêtes, pour le prix d'une, qui vont se compléter, comme le faisait Ed McBain dans ses romans consacrés à la saga du 87e district. Car ce n'est pas parce que Clémence est à Cannes en mission semi-officielle, que la vie s'arrête. Il faut bien continuer à débrouiller les affaires en cours.

Un roman admirablement bien construit et qui ne manque pas de clins d'œil. Par exemple Clémence se rend chez la couturière, Mimi Boutillier, qui habite la même adresse que les éditions Viviane Hamy. Un appel déguisé ?

De même les romans écrits par Roger-Paul Jean portent les mêmes titres que ceux déjà consacrés à Clémence Malvoisin, se qui permet à l'auteur d'en écrire tout le bien qu'il en pense. C'est de bonne guerre.

Un roman vif, alerte, bien troussé, mais le personnage de Clémence Malvoisin, la meilleure flic de France, aurait mérité un traitement moins laudateur. Elle est belle, ce n'est pas un reproche, elle éclipse tout le monde et joue son rôle à la perfection malgré son ignorance du monde cinématographique. C'est presque trop beau pour être vrai. Et puis elle possède une qualité que je lui envie : elle a une capacité de lecture que j'aimerai bien avoir. Elle dévore le roman de trois-cents pages de Roger-Paul Jean en quatre heures. Ah si je pouvais en faire autant !

Et si l'enquête cannoise de Clémence est intéressante, celle de Florent Bragatour à l'hôtel Gossec l'est tout autant, sinon plus.

 

Jean-Marie PALACH : Du sang sur le tapis rouge. Pavillon Noir. Corsaire éditions. Parution le 2 mai 2016. 362 pages.14,00€.

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 08:22

... a le cœur dans le pantalon...

Jeanne DESAUBRY : Le Roi Richard.

Il aime bien ses filles, Richard, trop bien même. Les petits cadeaux pour elles, les petites gâteries pour lui.

Il a connu leur mère dans un bal, un mariage vite fait, deux gamines à trois ans d'écart, et tout le temps parti pour son travail. Au retour, tout pour ses filles, parfois des claques assaisonnées de gifle pour elle.

Léna, onze ans et demi, Lou-Anne, trois ans de plus. Et puis un jour patatras, la mère qui s'aperçoit que Lou-Anne a du retard. C'est une règle quand on ne prend plus la pilule car paraît-il cela donne de l'acné. Les garçons doivent en ingurgiter plusieurs par jours à ce compte là.

La mère, elle sait ce qu'il se passe lorsqu'elle a le dos tourné. D'ailleurs le Roi Richard, même s'il n'apprécie pas du tout ce surnom dont elle l'a affublé, ne s'en cache pas. En rentrant des courses avec Lou-Anne, la mère se rend compte que son mari a dû jouer comme souvent avec Léna. Il rajuste son pantalon négligemment.

Même si au début la mère n'avait pas aimé les privautés entre père et filles, elle avait dû s'y habituer. Des câlins pour faire passer la pilule amère, des références bibliques ou mythologiques, et une incisive pétée afin qu'elle ne montre plus les dents. Le roi, sa femme et les petites princesses...

Et tout va de mal en pis, ça dégénère, les coups et les douleurs ça ne se discute pas, ça s'encaisse sans rien dire.

 

Nouvelle noire, Le Roi Richard certes l'est, mais ce n'est pas une fiction, du moins telle qu'on voudrait que ce soit. Ces choses là ne se font pas, c'est bien connu. Pourtant la société regorge d'exemples similaires. Le règne patriarcal existe toujours, même si c'est plus caché, plus diffus. Et l'on sait bien que les bleus ne sont pas toujours le résultat d'une rencontre inopinée avec une porte et qu'une grossesse n'est pas le fait d'une liaison passagère avec un bel inconnu amant d'un soir.

Jeanne Desaubry plante le stylo là où ça fait mal, avec concision, pudeur, retenue, sobriété, sans s'emberlificoter dans des détails inutiles, sans misérabilisme. Elle pointe avec justesse cette gangrène que certains ne veulent pas voir, réfutent même, le droit de cuissage familial qui n'est pas l'apanage des petites gens, mais que l'on retrouve dans toutes les couches de la société.

Une nouvelle qui touche au cœur et laisse des bleus à l'âme.

 

Jeanne DESAUBRY : Le Roi Richard. Nouvelle numérique. Collection Noire sœur. Editions SKA. Parution mai 2016. 1,49€.

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 08:26

Du vent dans les pales...

Max OBIONE : Barouf.

Après avoir été localier pour un journal de Fécamp, avoir suivi des études de journalisme à Lille puis sévi dans des rédactions parisiennes et en avoir eu marre, Bob Mougin a créé au Havre son propre journal en ligne. Le EWE, Excelsoir Web Edition. Trois mille huit cent cinquante huit abonnés au compteur, à 2,50€ par mois, disséminés dans toute la France et même ailleurs, c'est un joli score qui permet à Bob de vivre presque raisonnablement et d'embaucher Fati, sa secrétaire stagiaire en CDD. C'est ce que l'on appelle un auto entrepreneur qui ne roule pas en voiture mais en Motocyclette bleue, 350cm3, ce qui est gonflé.

Bob s'est fait un copain de Gaston, un goéland rapide, et se nettoie les dents au troquet en bas de chez lui à base de café Robusta qui lui remette les neurones en place le lendemain de soirées un peu trop arrosées. Normal me direz-vous qu'au Havre les soirées et mêmes les journées soient arrosées. La pluie en Normandie, c'est la marque de fabrique. Mais ce n'est pas de l'ondée bienfaisante à laquelle je pensais, vous non plus d'ailleurs.

Il reçoit des lettre anonymes bien sûr, la plupart du temps injurieuses comme il se doit, des mails et autres bricoles susceptibles de lui fournir des indications précieuses pour des enquêtes de proximité de préférence. En lisant Le Libre, traduction Le Havre Libre, car il ne dédaigne pas pour autant s'informer quotidiennement sur support papier, Bob s'intéresse à un entrefilet.

En parlant de goéland, un plaisantin de mauvais goût a déposé un volatile la tête tranchée sur le parvis de la mairie. Une étiquette était attachée à l'une de ses pattes portant l'acronyme LPH. Une info à mettre au frais de même que ce laridé désargenté. Mais une autre mission attend Bob Mougin dans le pays de Caux, et plus exactement dans la vallée de l'Egoine.

Enfourchant hardiment sa fidèle Rosalinde, sa motocyclette reçue en héritage, Bob se rend donc à Drancourt où des mécontents ont bloqué la route en forme de protestation contre le projet d'implantation d'un parc d'éoliennes. Il se restaure et prend une chambre chez Arlette, tenancière d'un troquet épicerie, spécialiste des abats, puis rencontre le maire, et surtout un sculpteur-soudeur, Denglais, membre d'une association de défense contre l'invasion de ces structures enlaidissant le magnifique paysage normand. Le préfet a délivré un permis de construire, mais l'on sait tous que les préfets sont des valets de l'Etat.

Denglais en sculpteur émérite cisèle sa diatribe et ses propos de façon professorale, circonstanciée, claire, précise, passionnée, et Bob Mougin enregistre ces déclarations pour l'édification du petit peuple et surtout ceux qui une fois de plus vont se faire gruger par ricochets c'est à dire les contribuables. Et l'enquête conduite par Bob semble contrecarrer les plans d'individus mal intentionnés puisqu'il manque être écrasé par un tracteur urbain genre 4X4.

 

Avec un ton sérieusement humoristique ou humoristiquement sérieux, Max Obione nous place devant un cas de conscience : l'éolienne est-elle nécessaire pour l'avenir de l'homme ? Est-elle sans danger pour l'environnement, pour la santé, pour le confort et le bien-être de ceux qui vivent à proximité ? Est-elle rentable ? Autant de questions cruciales que devraient se poser les édiles avant de refuser ou d'accepter, souvent sous la contrainte ou par appât du gain, l'implantation de ces sculptures mobiles et modernes.

Un sujet plus grave qu'il y paraît, un fait de société narré avec une certaine malice et quelques clins d'œil envers des personnages de la mythologie blogueuse et des tenants de la chronique littéraire. Je ne m'étendrai pas plus sur ce sujet, je vous laisse apprécier, d'autres sujets et personnages étant nettement plus importants.

En effet, il me semble, et l'auteur me contredira si je me trompe, que le choix du nom de journaliste un peu Tintin dans ses démarches, Bob Mougin, n'a pas été choisi au hasard. De 1948 à 1962 un certain Robert Grandmougin plus connu sous le nom de Jean Grandmougin officiait comme journaliste, éditorialiste et rédacteur en chef à Radio Luxembourg devenue RTL. Ses propos en faveur de l'Algérie Française et ses relations n'ayant eu guère l'honneur de plaire au gouvernement de l'époque, il a été prié de démissionner. Moralité, quelque soit le gouvernement et son bord politique, gauche ou droite, si l'on ne plait pas on débarque et on dégage.

Quant à Bob Mougin, il a décidé de ne plus employer à tort et à travers son juron favori, qui se réfère à la prostitution, et de le remplacer par des noms de femmes historiques connues pour leur propension à coucher avec des personnages hauts placés et de préférence rois et nobles de cour en échange de faveurs. Ainsi profère-t-il à satiété Récamier, Pompadour et autres délicieuses personnes sans toutefois tomber dans la facilité d'user de patronymes actuels.

Max OBIONE : Barouf. Editions In8/Court Circuit. Parution le 2 mai 2016. 188 pages. 12,00€.

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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 13:22

Un Tracy à suivre à la trace...

Max Allan COLLINS : Dick Tracy. Cette année ils veulent sa peau.

Kid, un orphelin, véritable gavroche, est poursuivi par des flics pour avoir volé un portefeuille. Il se réfugie dans un garage et assiste, caché, à une partie de poker entre cinq truands. Soudain surgit une voiture. Bas-d’Plafond en descend arrosant à la mitraillette les cinq joueurs. Pendant que ses compagnons, le Marmonneux et le Gratteur, ramassent les portefeuilles, le Kid réussit à s’échapper.

Pendant ce temps, Dick Tracy et Tess, son éternelle fiancée, assistent à une représentation à l’Opéra. Tracy a juré de ne pas se marier avec Tess tant qu’il n’aura pas mis sous les verrous Alphonse Capricio alias Big Boy Caprice, le responsable de la mort du père de la jeune fille.

Grâce à sa montre gadget, Tracy est rapidement mis au courant de la tuerie. Malgré le vol des portefeuilles, il identifie sans problème les corps. L’un des malfrats abattus appartenait à l’équipe de Manlis le Lippu, propriétaire du Club Ritz et Tracy soupçonne Capricio d’être à l’origine de ce règlement de compte.

Frisson Mahoney, une très belle jeune femme, tient la vedette comme chanteuse au Ritz. Elle se fait embarquer, avec Manlis le Lippu, par trois policiers. Pat, un flic qui aide Tracy, en planque près du club, s’aperçoit du manège, subodore une combine vaseuse et suit les kidnappeurs. L’un des ravisseurs n’est autre que Bas-d’Plafond. Il emmène ses otages à Big Boy Caprice qui fait signer à Manlis un papier par lequel il lui cède son club. Puis Manlis finit sa triste vie dans une caisse remplie de ciment frais tandis que Pat est assommé par le Marmonneux, l’un des hommes de Big Boy.

Tracy le retrouve et abat les trois faux policiers. Il convoque dans son bureau Bas-d’Plafond, le Gratteur et le Marmonneux. A bout de force et la soif aidant, le Marmonneux fait une déposition que Tracy garde sous le coude.

Quelques jours plus tard, dans une salle du Club Ritz, Caprice réunit un congrès de truands de la ville et leur propose de s’associer, les invitant pour l’inauguration du club, prévue pour le lendemain. Mais cette conférence compte un spectateur clandestin, Tracy. Un second personnage a également tout observé, un personnage sans visage, tout de noir vêtu.

Repéré, Tracy est enlevé par Bas-d’Plafond et ses acolytes, enfermé dans la cave d’un immeuble dont la chaudière est prête à exploser suite à un sabotage. Mais le Kid parvient à sauver son protecteur in extremis. Peu après, Frisson propose à Tracy de l’aider à arrêter Caprice et l’embrasse « chastement » sur la joue. Hélas la marque de rouge à lèvre subsiste, ce qui attise la jalousie de Tess.

Touche-d’Ivoire, le pianiste, révèle à Caprice qu’un inconnu habillé de noir et sans visage lui a offert cinq mille dollars pour lui porter un message qui propose, outre de mettre Tracy sur la touche, de l’argent. Caprice fait savoir qu’il accepte la proposition de l’Effacé, surnom donné au mystérieux personnage. Ce dernier prend Tess en otage et se débarrasse de Tracy en le droguant.

 

Cette œuvre détonne dans la production de Max Allan Collins, habitué a écrire des romans plus sérieux, excepté peut-être les ouvrages mettant en scène Mallory.

Il nous donne ici un livre drôle, jubilatoire, incitant à la bonne humeur malgré quelques scènes tragiques, alerte, vivant et rondement mené. Même l’intrigue est solidement construite. Quant aux personnages, campés d’une manière forte et caricaturale, renforcée par leur patronyme, ils reflètent véritablement ceux croqués à l’origine dans les bandes dessinées de Chester Gould.

Jean-Louis Touchant a disséqué d’une façon magistrale et fort érudite la saga de Dick Tracy dans la revue 813 n°31, avril 1990.

Max Allan COLLINS : Dick Tracy. Cette année ils veulent sa peau. Traduction d'Oliver de Broca. D'après le scenario de Jim Cash, Jack Epps Jr, Bo Glodman & Warren Beatty.

Coédition Edition N°1 & Michel Lafon. Parution août 1990. 332 pages.

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 13:01

Et des amputations mystérieuses...

Alexandre DUMAS : Le docteur mystérieux.

Des maisons d'éditions proposent depuis des années des rééditions de ce roman, soit en version numérique, soit en version papier, mais la plupart n'offrent que des versions abrégées ou largement amputées.

Ce qui fait que de nombreux lecteurs ne reconnaissent pas la patte de Dumas (et de ses collaborateurs) et trouvent l'histoire un peu légère, principalement son approche de la Révolution.

Aussi cette chronique est écrite d'après l'ouvrage paru en 1966 aux éditions Gérard dans la collection Marabout Géant N°256. 512 pages.

 

Médecin installé depuis trois années à Argenton, dans la Creuse, Jacques Merey préfère soigner les petites gens et refuse une patientèle riche et noble. Auparavant il habitait Paris et nul ne sait quelles furent les raisons qui l'ont amené dans cette petite ville de province.

S'il est apprécié des pauvres, il est aussi décrié, car ses méthodes ne sont pas en concordance avec celles de ses confrères, des rétrogrades issus des médicastres mis en scène par Molière. Ainsi il hypnotise des malades et surtout des blessés afin de prodiguer les premiers soins sans être importuné par les cris de douleur de ses patients, et pouvoir opérer en toute tranquillité d'esprit, aussi bien pour lui que pour celui qui les reçoit. Et bien entendu, certains n'hésitent pas à propager la rumeur d'une quelconque sorcellerie de sa part tandis que d'autres ne cessent de louer son humanisme.

En ce 17 juillet 1785, des gens du château de Chazelay sont dépêchés par le seigneur du lieu afin qu'il mette fin à la terreur qu'inflige un chien enragé dans la cour de la demeure. Il n'a pas l'intention de se déplacer mais Marthe, sa vieille servante, lui demande de rendre ce service, malgré son antipathie envers le marquis, car des valets et des paysans sont susceptibles d'être mordus par le canidé enragé.

Celui qui se définit comme le médecin des pauvres et des ignorants parvient à maîtriser le chien en le regardant fixement dans les yeux et afin de lui épargner la vie, le recueille. L'animal se montre affectueux envers ce nouveau maître et quinze jours plus tard, l'entraîne au cœur d'une forêt proche d'Argenton jusqu'à une cabane. Vivent là un bucheron, braconnier à ses heures, et sa mère. Scipion, puisqu'ainsi se nomme le chien, leur fait fête mais surtout Jacques Merey aperçoit acagnardée dans un coin, une enfant.

Il l'a ramène chez lui et en compagnie de Marthe la soigne, l'éduque, car Eva, ainsi décide-t-il de la prénommer, est une innocente, une idiote, qui ne parle pas et semble ne pas comprendre ce qu'on lui dit. Les seuls mouvements de sympathie, d'affection qu'elle montre, le seul sourire qui éclaire sa face, sont destinés à Scipion qui lui-même ne ménage ses démonstrations de joie à retrouver la gamine de sept ou huit ans.

Chez lui, avec l'aide de sa fidèle Marthe et de Scipion, Jacques Merey va apprivoiser l'innocente, lui délier la langue, lui apprendre ensuite à lire, à jouer du piano, bref à transformer la chrysalide en un magnifique papillon, en employant des procédés innovants pour l'époque, comme l'électrothérapie. Et l'affection ressentie par le médecin envers sa jeune protégée se transforme peu à peu en un doux sentiment amoureux qui est partagé.

 

Sept ans plus tard, le Marquis de Chazelay a appris qu'Eva, qui est sa fille et se prénomme Hélène, a été soignée par Jacques Merey et qu'elle est devenue une jeune fille fort avenante et instruite. Il décide de la récupérer, au grand dam des deux amants (dans l'acception du terme du XIXe siècle, c'est à dire les deux amoureux) et de la placer dans un couvent.

Jacques Merey remet Hélène solennellement au Marquis de Chazeley en lui formulant qu'elle est belle, chaste et pure digne d'être la femme d'un honnête homme. Une autre mission attend Merey, car il vient d'être nommé membre de la Convention et doit se rendre immédiatement à Paris, rejoindre ses amis Danton et Camille Desmoulins. Ceci se déroule en août 1792.

C'est avec regret qu'il quitte Argenton, déclarant qu'il est un philosophe et non un homme politique, médecin et non législateur. Acerbe il continue sa diatribe auprès du maire d'Argenton qui lui a obtenu ce poste auprès de la Convention et lui dit de prendre sa lancette, le bistouri et la scie car il y a de l'ouvrage à la cour pour les médecins et surtout les chirurgiens en prononçant ces paroles : Comme chirurgien, la place est prise, et vous avec là-bas un terrible tireur de sang qu'on appelle Marat.

Dans la capitale, Merey retrouve donc avec plaisir ses amis Danton et Desmoulins, et il participe comme émissaire aux batailles de Valmy puis de Jemmapes. Les heurts entre Danton, Robespierre, Marat et quelques autres ne font que s'amplifier et Danton est sur la sellette. Même si Merey ne partage pas tous les sentiments qui anime l'Aboyeur, le surnom du Georges Danton, il ne l'abandonne pas dans les moments critiques. Toutefois fidèle à son statut de médecin il vote la prison à perpétuité pour Louis XVI, refusant de se prononcer en faveur de la peine de mort. Un avis curieusement partagé par Monsieur de Paris, le bourreau Charles Sanson.

Ce sont des années de Terreur et Jacques Merey est invité à surveiller les agissements de Dumouriez, convaincu de trahison. Il se rend utile aux généraux Arthur Dillon et Miakinsky, sous les ordres de Dumouriez, lors de batailles dans la Meuse, grâce à ses connaissances du terrain, étant natif de la région. Il se rend à Valmy, à Jemmapes, dans le nord de la France et en Prusse, toujours pour le compte de la Révolution, sans oublier sa jeune protégée. Il essaie de savoir où elle réside mais les événements se précipitent, et il est soit constamment par monts et par vaux ou à Paris assistant au démêlés qui mettent aux prises les principaux ténors de la Convention.

 

Connu pour ses infidélités à l'histoire de France, Dumas se défend par ces phrases : les historiens et même les légendaires ont été rarement justes pour Louis XVI. Les légendaires étaient presque tous de la domesticité du roi. Les historiens sont presque tous du parti de la République. Soyons du parti de la postérité, c'est le droit du romancier.

S'il ne relate pas fidèlement les événements qui se sont déroulés entre 1792 et 1793, Dumas appose sa patte, et il est parfois virulent envers certaines personnalités de l'époque, et vitupère notamment contre le Pape Pie VI, le traitant de pontife bellâtre et l'accusant d'avoir ensanglanté la terre française, notamment par ses agissements et ses conseils dans la guerre de Vendée, des épisodes que ne connut pas le romancier mais sûrement informé par des écrits de son père, Thomas Alexandre Davy de La Pailleterie dit le général Dumas.

On retrouve la fougue qui a forgé le succès des Trois Mousquetaires et autres romans plus connus que ce méconnu Docteur mystérieux, mais également cette conviction révolutionnaire qui l'anime, tout en présentant certains des personnages historiques sous un jour complètement différent de celui qui nous est habituellement présenté. Danton, par exemple, dont il nous fait partager l'intimité et les convictions, se montre plus humain que le Danton des livres scolaires. Mais l'on sait que même les historiens, qui vivent bien longtemps après les événements décrits, se réfèrent à des textes souvent écrits soit par des laudateurs, soit par des partisans animés de mauvais esprit, et dont les textes reflètent souvent la partialité qui les anime.

Ce roman posthume d'Alexandre Dumas parut pour la première fois en 1872, Dumas décédant en 1870, mais fut écrit en 1868 et fait partie de Création et Rédemption, la seconde partie étant La fille du Marquis.

Ouvrage paru en 1966 aux éditions Gérard dans la collection Marabout Géant N°256. 512 pages

Ouvrage paru en 1966 aux éditions Gérard dans la collection Marabout Géant N°256. 512 pages

Editions Coda. Contient la suite : La fille du marquis. Parution décembre 2009. 650 pages.

Editions Coda. Contient la suite : La fille du marquis. Parution décembre 2009. 650 pages.

Alexandre DUMAS : Le docteur mystérieux. Editions Archipoche. Parution 1er octobre 2014. 7,65€. 240 pages

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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 14:15

Grand Prix de Littérature Policière 1993.

Paul COUTURIAU : Boulevard des ombres.

Alors qu’il avait absolument besoin de l’aide de son ami le journaliste Jeremy Lockwood, Harvey Billington, auteur d’un chantage qui devait lui apporter enfin la possibilité de refaire sa vie, Harvey le découvre mort, affalé dans un fauteuil.

Au début il pense que Jérémy a été assassiné par des tueurs lancés à sa poursuite. Même pas. Jérémy a tout simplement succombé à une crise cardiaque.

Une défection, un impondérable qui perturbe la ligne de conduite imaginée par Harvey. Alors, comme il en a marre de se terrer dans une minable chambre d’hôtel de New-York, il décide de transformer cette mort naturelle en mort violente, obligeant de fait la police à servir de tampon entre lui et ses poursuivants.

L’enquête est confiée au lieutenant Ring Lennox, qui depuis la mort de sa femme se morfond parmi les dossiers. Lennox ne se laisse pas abuser par cette mise en scène macabre. Les murs de la pièce dans laquelle est décédé Jérémy sont tapissés de photographies de Shirley Neuville, fille à papa et mannequin, morte dans des conditions tragiques quelques mois auparavant.

Immédiatement Lennox établit une corrélation entre ce fait-divers et l’affaire dont il est chargé. A lui de savoir tirer le bon fil de cet écheveau.

 

Dashiell Hammet préconisait quelques règles d’écriture, en particulier des phrases courtes et simple, et le non emploi de métaphores.

Un précepte que Paul Couturiau assimile, apportant sa touche personnelle, dérogeant toutefois à l’un des sacro-saints principes rappelés par André-Paul Duchâteau. Il ne suffit pas d’appliquer un conseil et de détourner une règle, il faut savoir construire une histoire, la mener jusqu’au bout et mettre en scène des personnages attachants.

Trois points que Paul Couturiau relie pratiquement à la perfection. Son roman démarre quasiment sur les chapeaux de roue. Souvent les débutants calent en cours de route, Couturiau avale les obstacles en vieux briscard.

Quant aux personnages, qu’il s’agisse de Harvey Billington, le monteur de cinéma par qui le chantage arrive, Ring Lennox, le flic perdu dans un ronron entretenu par le souvenir émotionnel de la disparition de sa femme, de Sue-Lynn, fille perdue écartelée entre son désir de liberté et un attachement inconscient envers son protecteur, plus quelques autres personnages secondaires, tous ces protagonistes semblent être montés en épingle et pourtant plus vrais que nature.

 

Réédition Editions du Rocher. Parution mai 1998. 216 pages.

Réédition Editions du Rocher. Parution mai 1998. 216 pages.

Paul COUTURIAU : Boulevard des ombres. Collection Attitudes. Claude Lefrancq Editeur. Parution janvier 1992. 224 pages.

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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 07:36

La starlette de Cannes a ri. Elle a une tête d'oiseau !

Alain BELLET : Aller simple pour Cannes.

Les petites salles de cinéma agonisent, seuls quelques intrépides ou nostalgiques continuent à programmer des rétrospectives des années cinquante, refusant de tomber dans la facilité du clinquant et de la pornographie.

Le Lumières, l'un des rares rescapés, niché aux confins du marché aux Puces et de la Porte de Saint-Ouen, va vivre sa dernière soirée dans l'apothéose et un embrasement que ne souhaitait certes pas son propriétaire. Des projets qui tombent à l'eau à cause du feu.

Pendant ce temps sur la Croisette, à Cannes, les premiers festivaliers envahissent pour une quinzaine la capitale du film.

Minettes aux cerveaux embrumés par des rêves de stars, pseudo-critiques aux propos snobinards, starlettes dévêtues en quête de publicité, comédiens confirmés venus affirmer par leur présence la qualité de leurs prestations cinématographiques, amoureux purs et durs des toiles indifférents aux nuits blanches, tout ce beau monde va se côtoyer pour fêter la dernière année du Palais Croisette, ce temple du 7e art qui ne va pas survivre à sa quarantaine vieillissante et pourtant encore alerte.

Mais un fou jette la perturbation au milieu de ce festival et ces morts qui parsèment la ville ne font pas du cinéma.

Pour Michel Ravel, critique et véritable passionné par le cinéma, il existe un lien entre ces décès et la destruction par le feu du Lumières à Paris. Un lien qui pourrait s'appeler Fossoyeur, film vestige des années cinquante et dont la carrière a tourné court à sa sortie.

 

Alain Bellet, lui-même critique de cinéma et fin connaisseur, a pris le prétexte policier pour nous présenter les quinze derniers jours du Palais Croisette, et toute cette faune qui pendant quinze jours investit Cannes, déambulant au gré des programmations et des rencontres supposées capitales pour gloires éphémères et starlettes en herbe.

Un bon premier roman, ambitieux, par un jeune auteur, plein de projets à l'époque et au demeurant fort sympathique, que j'avais eu le plaisir de rencontrer à Saint-Nazaire lors de la sortie de ce livre, et qui depuis trace son petit bonhomme de chemin.

 

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