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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 14:47

Malgré son statut de religieux, le cardinal Rodrigo Borgia, d’ascendance espagnole, possède maitresse et enfants. Mais comme c’était une coutume à l’époque,sang-des-Borgia.jpg nous ne jugerons pas la moralité de cet homme et découvrons ce destin gravé dans le sang.

Rodrigo Borgia récupère auprès de sa maîtresse du moment, Vanozza, trois de ses enfants, César, Juan et Lucrèce, lui laissant en garde le petit Geoffroi qui tète encore le sein maternel. César est âgé de sept ans, Juan six et Lucrèce trois. Le jeune Geoffroi les rejoindra plus tard. Entre César et Juan, ce ne sont qu’anicroches, les deux frères ressentant l’un envers l’autre une vive antipathie. Les enfants sont élevés avec les meilleurs précepteurs de Rome, entourés par Adriana Orsini, sa cousine veuve et par Julia Farnèse et sa jeune et belle nouvelle maîtresse. Déjà plane sur la famille Borgia les jalousies et les tentatives d’empoisonnement.

Ainsi un jour, alors que toute la famille se prépare à manger ensemble, le cardinal Borgia propose à Juan de goûter son verre de vin. Mais celui-ci est empoisonné. Heureusement Juan n’a fait qu’en prendre juste une toute petite gorgée, trouvant le breuvage amer. Juan est plongé dans l’inconscience durant de longues journées mais il parvient à s’en sortir. Le coupable est rapidement découvert. Il s’agit d’un valet qui était précédemment au service de la famille Rimini. Le cardinal fait venir d’Espagne un sien cousin, Don Michelotto chargé de protéger les enfants.

Après moult tractations, Rodrigo Borgia parvient en aout 1492 à se faire élire pape, en remplacement d’Innocent VIII, sous le nom d’Alexandre VI. La bataille a été rude car d’autres prélats espéraient revêtir la tiare pontificale dont Ascanio Forza de Venise et Della Rovere de Naples. Le nouveau pape est un homme de caractère, et pense à l’avenir de ses enfants. César est nommé cardinal, Juan devenant militaire. Le petit Geoffroi est celui dont il s’occupe le moins, car plus faible de caractère que ses frères. Quant à Lucrèce il envisage de la marier à Giovanni Sforza de Milan, le neveu du More. Giovanni vient de perdre sa femme et il serait un bon parti pour une Borgia. Lucrèce, quoique fort attachée à son père, un attachement fusionnel, accepte ce marché dans l’intérêt des familles. Elle n’a que treize ans et est déjà une belle jeune fille au physique prometteur. Mais auparavant il lui faut apprendre comment coucher avec un homme. C’est César qui est chargé de l’instruire, de lui montrer comment se comporter sous la couette en plumes. Ce dont il s’acquitte volontiers et les enseignements qu’il a prodigué à sa sœur semblent avoir été de bons conseils puisqu’ils récidivent pour le plus grand plaisir des deux partenaires. Malgré son mariage avec Giovanni, Lucrèce continue à avoir des rapports charnels avec son frère.

César se morfond dans son statut de cardinal. Il rêve de devenir militaire, le commandant de l’armée pontificale et ainsi prendre officiellement femme. Le ménage de Lucrèce est bancal et elle obtient auprès de son père l’annulation de son mariage. Pourtant lors de la nuit de noce, trois témoins étaient présents afin de confirmer que son mari avait bien possédé sa jeune épouse et que l’union avait déclarée valable. Alexandre VI accède à la demande de sa fille. Seulement Lucrèce est enceinte des œuvres de son frère et il faut cacher son état de parturiente primipare. Avant d’organiser une nouvelle union, au grand désespoir de son frère.

sangborgia.JPGCocufiages, viols, incestes, guet-apens, empoisonnements, meurtres et tentatives de meurtres, empoisonnements, tortures, prévarications, concussions, trahisons, simonies, alliance, guerres entre royaumes italiens, le tout sur fond de prières, tels pourraient les mots-clés de ce roman dont la première publication en France remonte à 2002. La diffusion à la télévision de la série des Borgia a sûrement influencé l’éditeur de le rééditer, sous une nouvelle couverture, et cela permet de prolonger le plaisir des images. Mario Puzo a longtemps mijoté ce roman qui lui tenait à cœur. Au départ ce n’était qu’une passion historique qu’il a fini par coucher sur le papier. Peu de temps avant sa mort, survenue en 1999, Mario Puzo avait demandé à sa compagne de terminer son œuvre, ne désirant pas que ce soit quelqu’un d’autre qui touche à son manuscrit. Durant des années Mario Puzo et Carol Gino avaient parlé de cet engouement pour cette période italienne, durant des heures, échangeant leurs impressions, de ce besoin d’écrire, de relater la vie des Borgia, laissant macérer, mijoter et enfin se décider à rédiger. Carol Gino était donc à même de peaufiner et terminer ce roman qui comporte quelques longueurs, à mon avis, tant on est happé par l’histoire et qu’on souhaite en connaître l’épilogue au plus vite. On retrouve les figures emblématiques de l’époque, les rois de France Charles VIII et Louis XII dont les troupes font des incursions afin de récupérer de nouveaux territoires, Savonarole, le prédicateur jetant ses anathèmes contre la corruption, Machiavel qui s’inspirera de César Borgia pour écrire Le Prince, et Michel-Ange dont la renommée commence à s’imposer, alors que la Renaissance balbutie.

Mario PUZO : Le sang des Borgia. (The Family – 2001. Traduit de l’américain par Jean-Paul Mourlon). Editions de l’Archipel (première édition 2002). 384 pages. 19,95€

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 09:30

Imaginez ! Vous entrez dans une pièce plongée dans les ténèbres et heritage-dickens.jpgqui vous est inconnue. Vous connaissez l’emplacement de l’interrupteur, donc vous n’êtes pas plus déboussolé que cela et pourtant. L’ampoule, dite à économie d’énergie, ne commence à diffuser qu’une pâle lueur qui se met peu à peu à rayonner et atteindre sa pleine puissance qu’au bout de quelques secondes. Les ténèbres se dissipent pour votre plus grand plaisir. Entrer dans ce roman fournit à peu près cette sensation d’obscurité qui se dissipe graduellement.

Londres, décembre 1860. Tiny Tim, alias Timothy Cratchit, le héros imaginé par Charles Dickens dans un Conte de Noël et plus précisément dans le deuxième rêve que fit Ebeneezer Scrooge au cours des trois nuits qui précèdent et suivent la Nativité, Tiny Tim se trouve dans un désarroi compréhensible car sa famille est pratiquement décimée avec la mort de ses parents et de la plupart de la fratrie. Son père est décédé six mois auparavant. Il croit le distinguer partout où il se rend, derrière des vitrines, dans la rue, dans des boutiques, mais ce n’est que son esprit qui mène la danse. Il n’a pas vu son frère Peter qui marié tient un studio photographique, depuis cette même date, et pour se renflouer financièrement il est soumis à l’obligation de rendre visite à l’ancien employeur de son père, Scrooge, alias monsieur N. ou encore oncle N. auprès duquel il perçoit une rente. De son handicap à la jambe droite, il ne reste qu’une légère claudication et des douleurs qui se réveillent lors des changements de saison. Son attelle a été donnée à un ferrailleur et ses béquilles brûlées dans la cheminée. Ce que regrettait sa mère, qui affectionnait l’humour noir, car disait-elle, c’était bien pratique pour se gratter le dos.

Aussi, ayant eu l’opportunité de trouver un logement, un individu nommé Georges lui ayant obligeamment glissé une carte sur laquelle figure une adresse, il s’installe chez Miss Sharpe, une tenancière de maison close. Officiellement il est employé en tant que comptable mais en réalité il est précepteur, enseignant l’alphabet à la maîtresse de maison, lui apprenant à lire dans le roman de Daniel Defoe, Robinson Crusoé. Ce qui permet à celle-ci d’extrapoler sur les relations entre le naufragé et Vendredi.

Lors de ses pérégrinations dans la capitale britannique, Tim aperçoit sur la chaussée le cadavre d’une gamine entre deux policiers dubitatifs. L’épaule de la gosse est tatouée d’un G. Ses journées sont fort occupées, et le soir il aide volontiers le vieux capitaine Gully à repêcher des cadavres dans la Tamise. Le plus souvent ce sont des animaux. Rarement, ils ont la chance de remonter à la surface celui d’un être humain, et dans ce cas, la menue monnaie et les bijoux deviennent leur bien. Seulement cette fois c’est celui d’une gamine, tatouée elle aussi, qu’ils draguent dans leur filet. Tim aperçoit une autre fillette, sauvage, qui s’enfuit à son approche, mais semble souvent se trouver sur son chemin. Une de ses déambulations lui font rencontrer Colin, surnommé le Mélodieux à cause du charmant filet de voix qu’il possède. Colin est un gamin d’onze ans, effronté, hardi, solitaire, amusant, collant parfois, téméraire, indépendant, débrouillard. Colin lui présente alors Philomela, en abrégé Philly, et Tim parvient peu à peu à l’apprivoiser. Seulement d’autres personnes paraissent attachées à Philly. Une bonne sœur dont la cornette se dresse sur son chef telle une tente de camping, et déambule une Bible sous le bras. Elle veut absolument prendre en charge Philly et l’envoyer dans un refuge, au grand dam de la gamine. Puis c’est un homme qui essaie de l’enlever et de l’enfourner dans un cabriolet armorié, dans lequel se cache un homme au visage chafouin.

héritage dickensSi Louis Bayard, un Américain comme ne l’indique pas son nom chevaleresque, n’est pas fidèle au style et dans la forme mais il respecte le fonds des romans de Charles Dickens. Par exemple Charles Dickens a toujours mis en scène des enfants dans ses histoires, des gamins en prise avec les vicissitudes de la vie. Oliver Twist, bien évidemment, David Copperfield, La petite Doritt, Barnaby Rudge, De Grandes espérances, Nicholas Nickleby, et Timothy Cratchit dans Un chant de Noël connu également le titre de Conte de Noël. Des enfants, souvent orphelins, issus d’une famille pauvre, cherchant à s’élever sans tomber dans la voyoucratie malgré les tentations et perversions auxquels ils sont confrontés. Et si l’on retrouve, dans cet Héritage Dickens dont le titre français met l’accent justement sur l’œuvre du grand écrivain britannique, Timothy, le « héros » de Un chant de Noël, ce sont bien les enfants qui l’accompagnent dans ses pérégrinations qui prennent le pas. Les gamines dont la vie misérable, pour ne pas dire misérabiliste, est sujette à la concupiscence d’adultes dévoyés. La référence à Dickens apporte un regain d’intérêt, d’abord par l’aura dont jouit toujours cet auteur, mais également historique par la description des mœurs et des docks londoniens. Il est évident que Louis Bayard aurait pu placer son intrigue de nos jours, dans des lieux semblables, ou en l’exportant dans des pays réputés pour l’accueil réservé aux adultes qui recherchent des sensations procurées des corps juvéniles. Cela n’aurait peut-être pas eu la force et l’attrait que cette histoire possède en la transposant au XIXème siècle.

Je vous invite également à lire  mon article concernant la biographie de Charles Dickens par Jean-Pierre-Ohl

Louis BAYARD : L’héritage Dickens. (Mr Timothy – 2003. Traduction de l’américain par Jean-Luc Piningre). 400 pages. 21€.

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 13:17

Prononcer le nom de Charles Dickens nous renvoie aussitôt à notre enfance, avec la lecture de David Copperfield, d’Oliver Twist, des Contes de Noël et autres ouvrages dickens.gifpubliés dans des éditions jeunesse parfois abrégées. Ces versions condensées ôtaient à ces romans, sans que dans notre esprit encore juvénile nous soyons vraiment interloqués. Mais relire aujourd’hui ces romans nous entraineraient sans aucun doute à des réflexions plus profondes et Jean-Pierre Ohl nous y incite par le truchement de cette biographie qui éclaire sous un jour nouveau ces œuvres beaucoup plus sociales et engagées qu’il y parait.

Charles Dickens est né le 7 février 1812 près de Portsmouth d’un père petit employé à la paierie de la marine qui en 1814 est nommé à Londres. L’enfance de Charles Dickens est ponctuée par les vicissitudes pécuniaires parentales. John Dickens est dispendieux, pourtant il veut tenir un rang au dessus de ses moyens. De nombreux déménagements ponctuent la jeunesse et pour subsister le ménage est contraint de vendre argenterie, objets précieux et livres à des prêteurs sur gages et un libraire. La mère de Charles est contrainte d’ouvrir un pensionnat, mais à cause de ses dettes, notamment auprès d’un boulanger, John Dickens est emprisonné à la Marshalsea. Une incohérence car être enfermé dans une prison pour dettes empêche toute entrée de revenus. Le jeune Charles le jour anniversaire de ses douze ans est obligé d’interrompre ses études et de travailler dans une fabrique de cirages. Il fixe des étiquettes sur les boites. Le trajet qu’il emprunte pour se rendre à l’entrepôt est particulièrement mal famé et il en garde une vision qui le marque à jamais. L’argent qu’il gagne sert à nourrir la famille. Son père libéré il peut enfin reprendre ses études malgré les réticences de sa mère. Ce déni maternel s’ajoute à une déjà longue liste de reproches à son encontre et il voue à sa mère un ressentiment qui perdurera longtemps. C’est à cette époque qu’il ressent les premiers maux rénaux qui le feront souffrir sporadiquement toute sa vie. Il fréquentera durant trois ans la Wellington School Academy, un bien grand nom pour un établissement en bois, puis deviendra coursier aux écritures dans un cabinet juridique. A l’instar de son père qui a appris la sténographie, il apprend cette écriture des signes ce qui lui permet d’entrer comme sténographe au tribunal ecclésiastique. Mais le jeune Charles possède un don, celui de comédien et il s’amuse à mimer les personnes qu’il côtoie pour le plus grand plaisir de ses camarades. En 1830 il s’éprend d’une coquette et belle jeune fille, Maria Beadnell, fille d’un banquier. Mais cette relation ne plait pas du tout au père de Maria et il est obligé de cesser toutes relations. En 1832 Charles Dickens devient journaliste. Il a déjà écrit de petites pièces de théâtre, des pastiches, mais ses premiers pas littéraires s’effectuent au Monthly Magazine auquel il propose de courts textes, des esquisses signés du pseudonyme de Boz. Possibilité lui est donnée de participer à une nouvelle aventure, début 1835, au supplément du soir du Morning Chronicle er de réserver ses nouvelles esquisses signées Boz. Le rédacteur en chef est George Hogarth qui deviendra son beau-père. Le célèbre dessinateur Robert Seymour suggère aux éditeurs Chapman et Hall de publier les aventures du Nemrod Club, en livraisons mensuelles. Ceci se passe en 1836 et Charles Dickens qui possède une énergie à toute épreuve et un caractère trempé se révèle pugnace, et impose ses idées. Ce sera le début des aventures de Pickwick et de l’épopée littéraire de Charles Dickens. Les succès s’enchaineront mais le mariage avec Catherine Hogarth connait plus de bas que de hauts, malgré les naissances multiples.

dickensCe qui relie tous les romans et contes écrits par Dickens est cette envie de montrer, et combattre avec sa plume, les injustices sociales. Il est indigné surtout par les conditions de travail des enfants mais aussi par d’autres injustices. Il emprunte à sa période d’adolescence les portraits des personnages qu’il va mettre en scène, décrire ce qu’il a vu, connu, sous couvert de fiction. Il visite en 1838 les grandes usines textiles des Midlands et plus particulièrement celles sises à Manchester. Il écrit à sa femme Kate : Je n’ai jamais vu une telle masse de saleté, de ténèbres et de misère. Et il confie au journaliste Edward Fitzgerald : J’en ai vu assez, et ce que j’ai vu m’a écœuré et étonné au-delà de toute expression. J’ai l’intention de frapper le coup le plus violent en faveur de ces malheureuses créatures ; mais je n’ai pas encore décidé si je le ferai dans Nickleby ou si j’attendrai une autre occasion. Jean-Pierre Ohl apporte son analyse à travers différentes études, écrits et lettres. Ainsi se référant au voyage en Amérique, voyage au cours duquel Dickens s’insurge contre le piratage éhonté de ses romans par des éditeurs américains et sur lequel il ne touche aucun dollar : Le voyage a confirmé une de ses intuitions profondes : tous les maux de l’humanité, ou presque, reposent sur l’appât du gain et sur l’égoïsme qui en découle. L’impression générale que lui laisse l’Amérique est celle « d’un vaste office de comptabilité ». Si l’esclavage discrédite totalement le système en vigueur dans les Etats du sud, l’astuce mercantile des Yankees, leur dévotion au « tout puissant dollar » lui semblent tout aussi méprisables. En 1849, après de nombreuses expériences qui se sont toutes révélées frustrantes, Dickens crée un nouveau journal. Household Words abordera avec franchise et intransigeance tous les problèmes sociaux de l’Angleterre, en commençant bien sûr par les principaux chevaux de bataille de Dickens : l’éducation des pauvres, les problèmes de logement, les conditions de travail des ouvriers. En ce milieu de siècle, la révolution industrielle n’est plus en marche, elle court littéralement, laissant derrière elle les indigents et les déclassés, broyant, au sens propre comme au figuré, les travailleurs.

Pourtant, comme le souligne Jean-Pierre Ohl dans son avant-propos, tout le monde lisait Dickens : la reine et ses ministres, le petit peuple, la gentry, les mineurs de Cornouailles, toute l’Angleterre en somme, mais aussi les Français, les Américains, les Allemands, les Russes – Marx, Engels, Tolstoï, Dostoïevski, Henry James, Georges Sand, Eugène Sue. A se demander si Dickens n’a pas influencé certains de ces philosophes et romanciers. Mais si la société huppée se délectait de la lecture des romans et contes de Dickens, il est étonnant qu’elle ne se rende point compte des reproches qui étaient adressés à une société industrielle qui privilégiait les finances au détriment des travailleurs. Mais comme on peut le constater, de nos jours les pratiques n’ont guère changé.

Jean-Pierre Ohl nous permet donc de mieux découvrir l’auteur et surtout son œuvre dans une biographie vivante, claire, précise, subtile, riche d’enseignements, avec passion et amour. Il écrit simplement, rognant le style ampoulé et abscons des universitaires, ce qui rend cet ouvrage attachant, donnant envie de lire ou relire toute l’œuvre disponible de Dickens, une œuvre que l’on pourrait assimiler au genre roman noir. Dickens fut l’Indigné du XIXème siècle.

Jean-Pierre OHL : Charles Dickens. Collection Folio Biographie n°84. Inédit. Editions Gallimard. 320 pages. 7,80€

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 14:35

SylvieMoulinAVent-1.jpg

Pourriez-vous vous présenter ?
Difficile. Pas très grande, cheveux clairs, yeux bleus. Voilà pour le physique – comme dans Photoshop, j’ai gommé les imperfections. Née à Paris et fille du Midi. Hébergée à mon corps défendant dans le Beaujolais. Valeurs phare : amitié, respect, bienveillance. Plein de défauts, mais rien ne m’oblige à vous les dire ici. Horreur de la routine, du mépris et des fruits de mer.

La question qui est souvent posée lorsqu’un auteur se rend dans un établissement scolaire est : A part écrire, qu’est-ce que vous faites comme métier ? Alors je vous pose la même question :
A part écrire… je fais écrire les autres ! J’anime des ateliers d’écriture créative ainsi que des formations aux écrits professionnels dans les secteurs administratif et médico-social. Faire prendre du plaisir à écrire, dédramatiser l’écriture et permettre de mesurer l’impact de l’écriture sur autrui sont quelques-uns des objectifs que je poursuis à travers mes différentes interventions.

Vous avez commencé à être publiée depuis 2006. C’était des romans, comment dire, de littérature blanche ? Depuis vous avez enchaîné trois romans ancrés dans le genre policier. Vous vous sentez plus à l’aise dans ce genre ? Une autre façon d’aborder la littérature ? Ou tout simplement parce qu’ils se vendent mieux ?
En fait, je n’ai pas envie de m’enfermer dans un « genre ». En matière de littérature, j’ai des goûts très éclectiques : romans, polars, autobiographies, poésie classique et contemporaine… alors, pourquoi ne pas tenter toutes ces aventures côté écriture ? Après ma « trilogie polardesque », je pense passer à quelque chose de très différent.

Ces trois romans policiers ont un point commun : le liquide à teneur plus ou moins forte en alcool : Un petit jaune, référence au pastis, Moulin à vent, référence au Beaujolais et ce petit dernier Le vin des Maures, qui affiche sans complexe la couleur, si je puis dire ? Seriez-vous une militante de Bacchus ?
Avant tout, je suis militante de la convivialité. À travers mes titres vinicoles, je revendique également le droit à une certaine légèreté, au plaisir, au débordement. Marre des interdits, marre de cette société axée sur les profits, marre de la morosité ambiante, marre parfois des gens bien comme il faut (dont je fais sûrement partie. Quoique…)

Je fais référence dans Le Vin des Maures à Agatha Christie. Vous-même l’évoquez à travers Le Crime de l’Orient-Express. Un auteur qui figure en bonne place dans votre bibliothèque ?
J’ai lu tous les Agatha Christie. Et tous les Frédéric Dard (San Antonio). Et Izzo. Et Mankell. Et certains Jonquet – je me réjouis de lire ceux de ses bouquins que je ne connais pas encore. Je possède une grande bibliothèque « spécial polar ». On y trouve tous les auteurs que je viens de citer et bien d’autres encore.

Vous utilisez un peu sa façon de procéder. Peu de personnages, des indices et un épilogue qui joue avec le lecteur, en dépit des règles éditées par Van Dine. Comme dans Dix petits nègres, le Crime de l’Orient-Express (on y revient !) ou Le Meurtre de Roger Ackroyd. Le plaisir de déboussoler le lecteur et lui démontrer que tout est possible même l’impensable ?

À vrai dire, je me contrefous un peu des règles. Avant tout, je cherche à m’amuser. Et à me laisser guider par mes personnages. Ce sont eux qui me dictent mes intrigues, pas moi. Si ce que j’écris plaît à certains, c’est super, ça m’encourage pour continuer et, comme je suis aussi humaine qu’un(e) autre, ça flatte mon ego. Si ça ne plaît à personne, ça ne m’empêchera pas de continuer à écrire – zonkapa acheter mes livres. Je crois qu’il ne faut pas s’arrêter à ça, que c’est en écrivant qu’on devient écriveron. Ou pas. Mais bon, écrire, c’est une nécessité pour moi. Une façon de me retrouver. J’ai parfois l’impression que la vie m’éparpille.

J’ai constaté que vos romans sont relativement courts alors que la mode est aux pavés. Vous avez peur de ne pas tenir la route ou êtes-vous une minimaliste ?
Alors… compte tenu du fait que je ne suis pas célèbre, que mes romans ou polars ne sont pas adaptés à l’écran et que, par conséquent, je touche des droits d’auteur plus symboliques que réels… je suis bien obligée de trimer pour gagner ma pitance. Ce qui signifie : gérer de A à Z une association, animer des foSylvieLeMuy-1.jpgrmations dans la France entière, animer des ateliers et stages d’écriture, remplir des missions diverses (en ce moment, par exemple, j’écris un livre avec les ouvrières licenciées de Lejaby). ça plus quelques menus travaux hebdomadaires qui, je ne sais pourquoi, échoient souvent aux personne de mon sexe, genre ménage, lessive, repassage etc. Plus, de temps en temps, quelques balades ou randos ou visites d’expos pour m’aérer le corps et l’esprit. Plus les invitations d’amis qui nous sont chers, à mon sculpteur de mari et à moi. Plus le fait que j’ai besoin d’un nombre minimum d’heures de sommeil pour « tenir la route » comme vous dites… Je me demande bien quand j’aurais le temps d’écrire un pavé ? À moins d’y consacrer dix ans, peut-être. Je crois bien que je me lasserais avant.

Vous pratiquez l’humour dans vos romans. Et dans la vie ?

Ça, il faudrait demander à mes proches. À tous ceux qui participent à mes formations, à mes animations, à tous ceux que je côtoie. Je me sens bien mal placée pour parler de ça. J’aimerais bien qu’on me voie comme ça, une nana sympa et pleine d’humour mais bon… c’est peut-être juste un gros fantasme.

Préparez-vous une suite aux pérégrinations de Jo dans le monde des détectives privés (d’emploi et de domicile personnel) et quels sont vos projets ?

Pour l’instant, Jo est en stand-by. J’ai un projet d’écriture très différent, mais c’est encore secret. Ça se fera à deux (non, ce n’est pas ce que vous pensez) et ce ne sera pas un polar. Voilà tout ce que je peux en dire pour l’instant.

Retrouvez mes chroniques concernant les livres de Sylvie Callet : Un petit jaune, Moulin à Vent et Le Vin des Maures.

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Published by Oncle Paul - dans Entretiens-Portraits
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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 14:30

Il est des titres qui enivrent le lecteur avant même que celui-ci ait débouché lavin-maure.jpgbouteille, pardon, ouvert le Livre. Ainsi Le vin des Maures, jeu de mots avec le vin des Morts ? Lors d’une répétition théâtrale, la comédienne Josy Pan n’en fait qu’à sa tête, changeant les répliques, ce qui n’est pas du goût de l’auteur de la pièce, Emilien Noailles. Quant à Béatrice, préposée à la mise en scène, elle a bien du mal à canaliser Josy dans ses débordements déclamatoires et scéniques.

Léo, le régisseur qui cumule les petits rôles, Rachid, Louis Rozier, comédiens, Freddie, comédienne, Maryse la costumière et amie de cœur depuis des années de Josy, et Jo, le narrateur, complètent la distribution. Mais la comédie boulevardière et vaudevillesque se transforme en drame lorsque Josy régurgite un jet de salive laiteuse. Beurk ! Cela non plus n’était pas prévu dans la mise en scène. Bon sang, mais c’est bien sûr ! La date du jour est un 1er avril. Une farce qui n’en est pas une car il faut bien se rendre à l’évidence, Josy vient de trépasser, et il ne reste plus à tout ce petit monde qu’à s’adresser à la police. D’autant qu’une lettre anonyme adressée à Josy est découverte : Tu dois payer pour tout le mal que tu as fait.

Comble d’ironie, c’est la capitaine Florence Thomasson, nouvellement promue dans ce grade, qui est en charge de l’enquête. Flo héberge Jo à titre gracieux en échange de quelques travaux d’entretien. Il est comédien en recherche perpétuelle de contrats et qui à la suite de diverses affaires dans lesquelles il a été impliqué, souvent à son corps défendant, envisage de se reconvertir en tant que détective privé.

Josy avait eu souvent recours lors de la répétition fatale, à une bouteille de vin des Maures et après analyse du flacon, il en ressort que le breuvage avait été agrémenté d’arsenic. Mais pas n’importe quel arsenic. Un vieux produit qui n’est plus sur le marché depuis des années. Sur la bouteille figurent toutes sortes d’empreintes, mais cela ne donne pas le nom du coupable pour autant. Alors tout le monde est soupçonné, sauf Jo, pour des raisons personnelles que Flo ne cherche pas expliquer. Et peu à peu, la véritable personnalité de tous les participants se révèle, se déchire comme un emballage usé, et les raisons de se débarrasser de Josy peuvent être attribuées à n’importe qui et à tout le monde.

Jo s’est retrouvé embarqué dans cette galère suite à la défection d’un comédien. Béatrice l’avait contacté et c’est tout le passé de Jo qui lui remonte à la tête. Son esprit devient de la lave en fusion. Pensez donc ! Jo et Béa n’avaient que quinze ans environ et Jo reluquait les filles, surtout les belles, les intouchables, celles qui se promènent toujours en compagnie de boudins susceptibles de mettre en valeur leur beauté. Et Jo et Béatrice avaient mis en pratique le simulacre de la reproduction, un soir, sur la plage. Une seule et unique expérience, mais quelle expérience, et quelles conséquences !

Sylvie Callet, qui situe son intrigue à Toulon, nous entraîne dans un univers qui mêle les genres. Une ambiance qui s’apparente aux vieux romans d’énigme, avec le poison adéquat, l’arsenic, et qui lorgne sans vergogne du côté d’Agatha Christie. Ce qui n’est pas une mauvaise référence puisque la bonne dame de Torquay avait su jouer avec ses lecteurs en les lançant sur de fausses pistes et dont l’épilogue était parfois improbable, tout en étant savamment agencé. Mais en même temps Sylvie Callet, dont le héros est un homme, se prend pour un auteur machiste avec délectation. Sous des dehors légers, l’humour enveloppe l’émotion et l’on ne peut se détacher de ce roman prenant. Evidemment, les lecteurs qui ne jurent que par le roman noir social et politique, débordement d’hémoglobine et violence à la clé, n’y trouveront pas leur compte. Et pourtant ! Sylvie Callet n’hésite pas à émettre via son narrateur quelques vérités qui dérangent.

Sylvie CALLET : Le vin des Maures. Editions Presses du Midi.

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 14:27

Le Moulin à vent du titre pourrait nous faire penser à Alphonse Daudet, moulin-a-vent.jpgil n’en est rien. La reproduction d’un moulin est en arrière-plan mais en premier plan, que trouve-t-on ? Un ballon de rouge, sûrement ce fameux Moulin à vent issu du Beaujolais, un grand cru avec le Fleurie, le Morgon et quelques autres éclipsés par le trop médiatique Beaujolais nouveau. Joël-Marie Bianco, plus familièrement appelé Jo, comédien au chômage et détective amateur, jardinier de Flo qui lui prête un cabanon, vient d’hériter de son ami Bèbe, barman de son état et décédé dans de tragiques circonstances, d’un boui-boui, d’une garçonnière miteuse et d’une vieille R5 toujours vaillante. Il ne garde que la relique sur roues et brade le reste afin de payer les frais de succession. Et la voiture justement il va en avoir utilité car sa belle-sœur, Mathilda, d’origine de petite noblesse, lui téléphone afin de lui apprendre que son frère Louis-Edouard vient d’être agressé et est à l’hôpital dans le coma. C’est plus par charité que par amour de la fratrie que Jo se rend dans le beaujolais où il est accueilli assez sèchement. Il est vrai que les deux frères ne s’entendaient pas très bien et même qu’ils ne s’étaient pas vus depuis un lustre. La gentilhommière, possession ancestrale de la famille de Mathilda, est extérieurement à l’abandon. Quant à l’intérieur, c’est un vrai labyrinthe aménagé en gîte rural. Les retrouvailles entre Jo et Mathilda manquent de chaleur. Franck, le cousin germain de la châtelaine genre brute épaisse et Jean-Noël, le fils dont les conduits auriculaires sont assaillis par les décibels belliqueux issus de son baladeur, n’ont guère l’air d’apprécier cette intrusion. Seule Maryanne, la gamine délurée de sept ans qui ne pose pas de questions sur l’arrivée de cet oncle qu’elle ne connaissait pas, et Luna, la servante du château, lui font comprendre que ce débarquement inopiné est une sorte de récréation dans leur quotidien. D’ailleurs Luna, dont la fille et le gendre vignerons produisent du Beaujolais l’initie à ce breuvage. Sans oublier les pensionnaires de ce gîte rural. Les Delaunay, un couple riche mais pingre, dont le mari a prêté de l’argent à Louis-Edouard, lequel conseiller fiscal est dans la panade, et Jambon, pardon Verbaurin, poète qui emprunte volontiers à ses illustres ainés des citations toutes faites et dont la prose orale n’est pas piquée des vers. Enfin Sylvio, le neveu de Luna, qui entretient un contentieux avec Franck. Jo ne tarde pas à comprendre qu’il a mis le pied dans un nid de vipères plus ou moins lubriques et l’enquête qu’il entreprend afin de définir qui s’est amusé à agresser Louis-Edouard s’avère pour le moins mouvementée.

Ce qui prime dans ce court roman, ce n’est pas tant l’intrigue, pourtant bien amenée, que l’humour lexical dans lequel il baigne. Jo est un personnage atypique, que son passé de comédien, « intermiteux » du spectacle comme il se définit lui-même, aime à appeler à la rescousse des comédiens célèbres qui l’apostrophent afin de le remettre sur les rails lorsqu’il dévie, ce qui lui arrive très souvent. De plus, c’est un homme qui aime non seulement la bonne chère mais également la chair fraîche, passion qu’on lui pardonnera volontiers, car ses bonnes fortunes ne sont pas réticentes à ses charmes. Une petite récréation guillerette dans une production qui actuellement joue trop souvent dans le pessimisme, le sanguinolent, les conflits de banlieue, la drogue, le chômage et autres affaires politiques qui polluent notre quotidien, même si l’on ne doit pas se leurrer car c’est la réalité.

Sylvie CALLET : Moulin à vent. Editions Les Presses du Midi.

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 14:20

Comédien de seconde zone, cabotin, Jo, malgré un trou dans son compte en banque presque aussi profond que celui de la sécu, aime se prélasser au soleil dans le parc de sa copine Flo. Il vit dans un cabanon, non loin de l’habitation de sa logeuse, une policière qui fut petit-jaune.jpgson amante, mais sans grande conviction. Ils sont restés amis, et c’est très bien comme ça. Souvent il se rend chez Bèbe, un cafetier dont le bar est retiré et n’accueille que de rares clients. Son havre de paix est perturbé un soir par une jeune fille, Tristane, qui s’est fâchée avec son petit ami, D. Joyce, de son vrai nom David Lajoie, surnommé aussi Chien Fou. Il traficote, se cachant dans une cave de l’immeuble où il habite lorsque les choses se gâtent. Tristane se confie à Jo, révélant que si son père est riche, elle gagne sa vie comme hôtesse dans un centre d’appel pour âmes en manque d’affection. Le Sexhôtel. Elle est en conflit avec ses parents, surtout sa belle-mère. Bref elle est déboussolée, seulement Jo interrompt brutalement les confidences lorsqu’il se rend compte que le trouble qu’il ressent, c’est à cause de la voix de Tristane, une voix qui ressemble étrangement à Héloïse, sa demi-sœur décédée d’une absorption démesurée de poudre blanche. Il rentre chez lui, avale deux somnifères et dort sans se douter que la nuit sera tragique. Tristane a été retrouvée morte sur la plage, assassinée à coups de couteau. Flo est chargée de l’enquête mais Jo ne désire pas raconter sa soirée. D’autant que son répondeur regorge d’appels de la jeune fille, appels qu’il n’a pas entendus à cause de son batifolage dans les bras de Morphée. Alors, il décide d’enfiler son imper de détective privé, se grime, accumule les erreurs, retombe sur ses pieds à chaque fois, se retrouve dans des situations scabreuses et fait d’étonnantes rencontres.

Avec maîtrise Sylvie Callet narre une histoire dans laquelle l’humour est toujours présent, grâce surtout à son personnage quelque peu bouffon mais humain, décrivant les situations avec verve, la tragédie se substituant au comique sans à-coups, dans des transitions subtiles. Toulon et l’arrière pays pour le décor, mais sans ostentation, sans ressembler à des cartes postales ou guides touristiques, des personnages bien campés, et une écriture fluide font de ce petit roman (160 pages) un agréable passe-temps. Et si Jo ne parvient pas à lire un roman de Fred Vargas, ce n’est pas le talent de l’auteur qu’il remet en question, au contraire, c’est parce que les émotions qu’il ressent prennent le pas sur l’intérêt de l’histoire. Et puis que penser de cette déclaration : « Je n’avais rien contre les pros du ciboulot, mais il était hors de question que je leur livre à la fois mon fric et mes secrets les plus intimes. A tout prendre je préférais le confessionnal. C’était gratuit et on pouvait y broder tout à loisir. Pour ma part, je trouvais que la réalité gagnait à être enjolivée ».

Sylvie CALLET : Un petit jaune. Les Presses du midi.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 17:58

Pourriez-vous vous présenter, me fournir une biographie ?

Je suis un apprenti écrivain entré, comme beaucoup d’autres, comme étudiantphoto-michel.jpg à l’université… et qui pour ne jamais la quitter, est devenu professeur d’université… Les lectures et écritures académiques ont longtemps éclipsé l’écrivain qui sommeillait en moi (manque de temps, manque de disponibilité d’esprit pour aller au-delà d’un scénario ou d’une nouvelle), jusqu’au moment où le virus de l’écriture romanesque ne refasse surface… Désormais, je tente de concilier la direction d’une équipe CNRS d’une centaine de personnes et la production presque annuelle d’un roman… ce qui, croyez-moi, n’est pas toujours simple…

Vos précédents romans, édités chez PTC ou aux éditions des Falaises, sont-ils toujours disponibles et envisagez-vous une réédition en collection de poche, Pocket par exemple ?

Tous mes précédents romans, Code Lupin, Mourir sur Seine, Sang Famille, Omaha Crimes, sont encore disponibles à peu près partout à condition de chercher un peu ou fond d’une librairie ou sur le net… Les voir édités en poche serait pour moi une vraie reconnaissance, bien entendu… Cela a failli être le cas pour Omaha Crimes (chez Pocket) ou pour Code Lupin… Avis aux éditeurs…

La Normandie est le lieu privilégié dans lequel vous placez vos intrigues. Pensez-vous vous évader un jour et visiter d’autres régions ?

La réponse est claire, oui ! Même si je suis loin d’avoir épuisé les lieux normands emblématiques, secrets ou intimes, et si mon lectorat m’attend en partie sur ce terrain, j’ai déjà deux manuscrits bien avancés beaucoup plus éloignés de la Normandie. Cela dit, pour des lecteurs pas très calés en géographie, je peux faire passer mes polars de Normandie, terre de vikings, pour des polars scandinaves... Ce qui est plutôt vendeur en ce moment… Disons que je fais du régionalisme scandinave méridional.

Pourriez-vous nous parler de Code Lupin et de Mourir sur Seine ?

Code lupin est à la fois un court roman, un jeu de pistes en Seine-Maritime dans les pas codelupin1.jpgd’Arsène Lupin, une biographie de Maurice Leblanc. Le pitch est simple : postuler que Maurice Leblanc a dissimulé un code dans les aventures d’Arsène Lupin… Le couple de héros de Code Lupin dispose d’une journée pour découvrir la clé d’énigme, en visitant l’intégralité des lieux lupiniens… Je me suis amusé comme un fou à tout inventer, mais les coïncidences pourraient presque laisser croire que tout est véridique et qu’un trésor dort, pour de vrai, dans les falaises du pays de Caux… Tiré d’abord à 500 exemplaires, Code Lupin s’est vendu jusqu’à maintenant à près de 7000 exemplaires après 7 ou 8 rééditions…

mourir-sur-seine.jpgMourir sur seine est une enquête plus classique… Pendant l’armada de Rouen, le festival de vieux gréements qui rassemble 10 millions de visiteurs sur les quais de Seine, un marin, puis un deuxième, puis un troisième, sont assassinés… panique à bâbord… Une jolie journaliste et un commissaire débordé doivent démasquer le tueur dans la foule avant que les voiliers ne reprennent le large… La sage ville de Rouen, déjà toute chamboulée par le grand carnaval de l’armada, en devient folle !

Dans Omaha Crimes hier et aujourd’hui se mélangent habilement. D’où vous est venue l’idée ?

L’idée est venue du livre de Sébastien Japrisot, Un long dimanche de fiançailles. J’ai eu envie de transposer l’univers des tranchées de l’est de la France à celle des plages du débarquement en Normandie. Il y avait là une sorte d’évidence ! Ensuite, jouer sur le temps qui passe s’imposait. Ce qui m’intéressait était de faire vieillir ces adolescents, rangers américains ou filles normandes, qui se trouvèrent sur ce petit coin de Normandie le jour où l’histoire du monde bascula…  Comment vivre avec ce souvenir, ce traumatisme, cette émotion, de part et d’autre de l’Atlantique. J’avais également envie de faire vieillir les lieux, les villages reconstruits sans églises, les plages bombardées qui redeviennent au fil du temps des plages tout court… avec leurs touristes de toutes les nationalités qui viennent se faire bronzer sur ces plages, sous les vestiges de blockhaus. J’aime bien les histoires où la mémoire des lieux colle aux bottes des héros…

Omaha, ou tout autre lieu de débarquement, peut-il vous inspirer pour d’autres intrigues ?

Je ne sais pas… je n’aime pas trop revenir plusieurs fois dans les mêmes lieux, de peur omaha1.jpgde me répéter je crois. Dans mes derniers romans, je me suis immergé dans des lieux très différents, dont Veules-les-roses, le plus joli village de la cote normande, ou Giverny pour Nymphéas noirs. C’est à chaque fois l’occasion d’une immersion nouvelle. J’apprends beaucoup, mais chaque roman est l’occasion d’une autre découverte, d’une autre atmosphère à respirer, à capturer… Bref, d’un nouveau voyage… je suis plus « papillon voyageur » que « résidence secondaire » !

Dans Sang Famille, dont le titre est un hommage à Hector Malot, le décor est celui d’une petite ile anglo-normande nommée Mornesey. Imaginaire ou un mélange de Guernesey, Aurigny, Sercq… ?

Disons, pour être plus précis, un mélange de Chausey, de Serq, de l’ile de Ré et de Jersey. sangfamille.jpgChausey pour les couleurs et les marées qui modifient chaque heure les paysages. Serq parce que c’est la plus étonnante des iles anglo-normandes, avec son port de poupée, ses criques et plages inaccessibles. L’ile de Ré parce que c’est le seul endroit que je connaisse où une prison, dans la citadelle de Saint-Martin, jouxte un lieu bondé de touristes. Le contraste est saisissant entre les pistes cyclables et les barbelés ! Jersey enfin pour la révélation finale, la Folie-Mazarin, mais sur ce point, chut… Enfin, j’ajouterai un ou deux rochers de Sarek, en hommage à l’Ile aux trente cercueils de Maurice Leblanc.

2010 était l’année de l’impressionnisme. Sujet idéal que vous avez exploité dans Nymphéas Noirs. Etes-vous un passionné de peinture ? Vous avez effectué des repérages à Giverny ? Et ailleurs ?

Petit, du moins jeune, j’aimais beaucoup peintre et dessiner, mais le goût pour l’écriture a pris rapidement le dessus. Je ne suis pas forcément un passionné de peinture mais pour mon histoire, j’avais besoin de mettre en scène une fillette qui disposait d’un talent particulier, viscéral, mais que son entourage familial et amical s’évertuait à dénigrer, à ne considérer que comme une lubie… La peinture m’a semblé le talent le plus universel à décrire, mais cela aurait pu être la danse ou la comédie. Ensuite, la passion de la peinture imposait de poser mon histoire dans un village particulier, et Giverny s’est imposé ! J’ai effectivement eu recours à beaucoup de repérages sur place et dans les environs. C’est d’ailleurs un des moments les plus agréables de la préparation d’un roman : se promener dans un lieu appareil photo et carnet de notes à la main, peupler par la pensée ce lieu de personnages fictifs, utiliser le décor pour faire progresser l’aventure, traquer le détail insolite, et surtout, se dire que les fantômes auxquels vous donnez vie vont hanter longtemps les lieux, au moins dans le regard des lecteurs qui ne les verront plus ensuite tout à fait de la même façon…

Dans vos romans il me semble que vous utilisez un sujet récurrent : l’imbrication entre passé et présent. Un moyen de consolider vos intrigues ?

C’est vrai que dans tous mes romans, il est presque toujours question de destin, de vie qui bascule, de mémoire et de vengeance, de secrets enfouis qui ressurgissent… Je crois que tous les auteurs ont leurs obsessions : moi c’est la relation passé-présent-futur. Du point de vue technique, cela permet de construire des intrigues tordues, des filets d’araignées compliqués qui prennent le lecteur au piège. Cela permet aussi, je crois, d’éviter d’avoir des personnages trop monolithiques, genres tueurs en série nés monstrueux, et qui le restent jusqu'à ce qu’un flic les abatte dans un bain d’hémoglobine. Je préfère les « méchants » pour qui la frontière entre le bien et le mal dérape à cause d’un grain de sable.

Vous n’utilisez jamais un personnage récurrent. Pourquoi ?

Maline Abruzze, l’héroïne de Mourir sur Seine, a été créée pour revenir dans d’autres aventures. Mais je suis un père indigne et elle continue de dormir dans le placard…

Disons que j’ai au moins l’avantage (pour l’instant ?), de ne pas vivre de mon écriture ; du coup, me « coltiner » un personnage récurrent m’ennuie un peu. Mais surtout, j’aime que lorsqu’un lecteur découvre un de mes romans, il soit dans une position où tout peut arriver : chaque personnage peut mentir, mourir, une trappe peut s’ouvrir à chaque page ; une sorte de voyage dans l’inconnu, sans balises. A l’inverse, le personnage récurrent vous oblige à passer par des codes et limite le champ des possibles : le héros n’est pas coupable, ne peut pas mourir… Certains auteurs policiers ont créé des personnages récurrents, mais parviennent de temps en temps à s’en extraire. Pour ma part, je trouve plus fascinants et inventifs les romans d’Agatha Christie sans Poirot (10 petits nègres ou La souricière) ; même chose pour les Harlan Coben sans Bolitar.

Mais promis, je ressuscite Maline aussitôt que j’ai le temps ou que je vends assez de livre pour en vivre …

Votre prochain roman est-il en gestation, en cours d’écriture ou presqu’achevé ?

Oui, il est presque achevé… En phase d’ultime relecture, disons… Il aura un pied en Normandie et un pied autre part… histoire de sortir doucement de ma région. Puisqu’on en a parlé, j’y pousse plus encore le lien passé-présent. Tout est même basé sur ce principe. Le pitch ? Un accident d’Airbus au début des années 80. Un seul survivant parmi les deux cents passagers, un bébé de trois mois éjecté de l’avion… sauf que la liste des passagers révèle que deux bébés se trouvaient à bord de l’avion. Deux familles vont alors se battre pour découvrir l’identité de la jeune survivante… Pile ou face. L’identité que le juge va choisir sera-t-elle la bonne ? Quelles en seront les conséquences, 18 ans plus tard ?

Merci infiniment et j’incite les lecteurs, en attendant, de découvrir Nymphéas Noirs.

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Published by Oncle Paul - dans Entretiens-Portraits
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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 17:55

L’année de l’impressionnisme avec comme chef de file Claude Monet vient de s’achever avec un succès auquel les organisateurs ne s’attendaient peut-être pas. Et afin de clore en beauté cette manifestation qui s’est déroulée au Grand Palais à Paris, mais également dans Nymphéas2de nombreux sites normands dont évidemment Giverny, Michel Bussi nous offre un roman hommage à Monet, aux impressionnistes, aux fameux nymphéas et bien évidemment à Giverny, ce petit village de l’Eure coincé entre Normandie et Ile de France, niché dans un méandre de la Seine.

Quel point commun peut relier Fanette, la gamine de onze ans, qui fréquente l’école de Giverny, douée pour la peinture et dont les camarades de classe se nomment Paul, Vincent, Camille et Mary ; à Stéphanie, la belle institutrice aux yeux nymphéas, séduisante, mariée à un agent immobilier et vivant dans une mansarde au dessus de l’école ; à la Sorcière, le Fantôme, cette vieille femme octogénaire tout de noir vêtue, marchant péniblement avec une canne et qui passe quasiment inaperçue dans les rues de Giverny, logeant dans le donjon du Moulin des Chennevières. Peut-être un meurtre, celui d’un ophtalmologiste dont le cabinet est situé à Paris dans les quartiers chics de la capitale et dont la femme, Patricia, se morfond à Giverny, rue Claude Monet. Jérôme Morval ne rentre pas tous les soirs, à cause de son travail bien sûr, ce qui ne l’empêche pas de séduire de nombreuses femmes, au contraire. Son corps est retrouvé dans un ru de l’Epte, un bras détourné de la rivière qui alimente l’étang aux Nymphéas du jardin de Monet. Il aurait été poignardé, avant d’avoir la tête écrasée par une grosse pierre, puis noyé dans le ru. Non loin du cadavre est retrouvée une carte d’anniversaire qui apparemment ne lui était pas destinée. Pour le jeune lieutenant Laurenç Sérénac, un Occitan muté à Vernon qui remplace le commissaire parti en retraite sans en avoir véritablement le grade, c’est la première grosse affaire à laquelle il est confronté. S’il possède des connaissances en art pictural, il a travaillé à la Brigade des Arts, son adjoint Sylvio Bénavides est plus calme, plus posé, presque maniaque, adepte du classement des archives. Un expéditeur anonyme envoie, histoire d’aider les policiers dans leur quête du meurtrier, cinq photos représentant le défunt en compagnie de femmes. Cinq maîtresses supposées dont certains clichés ne laissent guère de doute quant aux relations charnelles qu’elles pratiquent à l’œil. Normal quand on a un ophtalmo dans ses relations. Des photos annotées au dos par des numéros sur lesquels Sévérac et Silvio se cassent les dents. A part la belle Stéphanie que l’homme de l’art dentaire tient chastement par la main, les autres femmes sont inconnues au bataillon. A force de recherches les identités seront bientôt dévoilées, presque, mais cela ne les avancent guère. Sévérac est persuadé que le mari de Stéphanie ferait un coupable idéal, d’ailleurs son alibi, une partie de chasse privée, est démoli par sa femme. Le matin du meurtre elle aurait couché avec lui, mais n’est-ce que provocation envers Sévérac ? Cela se pourrait car tous deux ressentent une forte attirance l’un pour l’autre. Fanette rejoint, l’école terminée, un vieux peintre américain qui lui prodigue ses conseils. Sous l’impulsion de l’institutrice, elle devrait participer à un concours organisé par la fondation Théodore Robinson. La Vieille arpente les rues de Giverny ou surveille du haut de la tour les mouvements du village, après avoir enterré son mari. Il avait été transporté à l’hôpital de Vernon suite à un malaise, et elle a subrepticement débranché les perfusions. Neptune, le chien, se contente de suivre tout ce petit monde, suivant les uns et les autres ou se reposant sous le cerisier dans la cour du bief du moulin. Sylvio, s’il ne possède pas le flair d’un chien de chasse retrouve dans archives une histoire ancienne remontant à 1937, un meurtre perpétré dans des conditions similaires.

Nymphéas2Ce ne pourrait être qu’une banale enquête située dans un lieu prisé par les touristes depuis l’ouverture de la maison et des jardins de Monet en 1980. Le Clos Normand, le Jardin Japonais, et bien entendu l’hôtel Baudy et tous les lieux qui constituent le charme de Giverny, ses ruelles fleuries, son église, sa prairie, ses champs de blés, sont décrits avec la palette d’un peintre impressionniste. Si l’ombre de Monet plane sur ce roman, celle d’Aragon est aussi présente, par le truchement d’un livre, Aurélien, qui trône sur une table de chevet. Mais Michel Bussi ne s’est pas contenté d’une simple visite guidée, et d’une intrigue semi-classique, il a reconstitué une ambiance, des images, introduit des faits divers réels, jouant à l’illusionniste avec un jeu de miroir à trois faces, des reflets qui se répètent et pourtant ne sont pas identiques. Il parsème son intrigue de petits indices que peut relever le lecteur attentif, et son épilogue est subtil tout en étant logique. Une cascade temporelle jonchée de Nymphéas, de rumeurs souvent savamment entretenues concernant des toiles qui auraient existées, qui n’auraient pas toutes été recensées, d’ultimes peintures du maitre, lequel atteint de la cataracte aurait imaginé reproduire des nymphéas noirs, des personnages qui se retrouvent placés en pleine lumière avant de s’évanouir dans la nature, d’amours enfantines, de jalousies, de dénis, d’enquêtes parallèles. Et une voix s’élève dans une narration à la troisième personne, le Je de la sorcière s’immisce dans le récit, tirant les ficelles d’une toile dans lequel l’esprit s’égare, noyant un peu plus le poisson. Et malgré les illusions, les effets d’optique, tout est astucieusement et rigoureusement agencé et lorsque la vérité sort de l’eau, le lecteur ne peut que s’écrier, tel Raymond Souplex dans son interprétation du commissaire Bourrel : Bon Dieu, mais c’est bien sûr !

Michel BUSSI : Nymphéas Noirs. Presses de la Cité

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 17:52

“ Les jolies colonies de vacances, merci maman, merci papa… ” comme chantait Psangfamilleierre Perret. Colin n’est pas un accro des colonies, des camps de vacances, des stages et encore moins ceux consacrés à la voile. Et s’il doit remercier quelqu’un, c’est lui même car il est orphelin depuis dix ans. S’il s’est inscrit pour participer à un stage à l’île de Mornesey, c’est qu’une idée bien ancrée dans sa petite tête d’adolescent de seize ans le turlupine : retrouver la trace de son père disparu et dont il pressent que tout ce qu’on a pu lui dire depuis des années ne sont que mensonges et compagnie. Effectuant des fouilles dans les ruines de l’abbaye de Saint Antoine dans l’île de Mornesey avec quelques amis et sa femme, Jean Rémy se serait suicidé en mer après des incidents ayant coûté la vie à trois ouvriers. Sa mère aurait eu un accident de voiture peu après et Colin a été recueilli par son oncle et sa tante. Ses soupçons ont été étayés par de petits indices qui mis bout à bout formaient un faisceau de preuves irréfutables, du moins à son avis.

L’île de Mornesey, située dans la Manche au large de Granville, possède deux particularités : depuis plusieurs siècles une prison y est édifiée, servant autrefois de transit pour les bagnards, mais aujourd’hui encore débordante d’activités. Pour preuve, cette évasion de deux prisonniers, dont l’un est multirécidiviste, donc dangereux, et l’autre devant être libéré dans deux mois. L’autre particularité réside en une légende, celle d’un trésor nommé la Folie Mazarin qui serait caché probablement dans l’un des nombreux souterrains qui traversent l’île de part en part. Tandis que Colin cherche à confirmer ses soupçons, Simon Casanova, jeune agent de sécurité temporaire sur l’île, entame sa petite enquête sur cette étrange évasion. Une investigation qui va le mener loin, très loin, jusqu’à Nice, et qui ne sera pas sans rapport avec les tribulations de Colin.

Sang famille, titre jeu de mots qui rappelle un célèbre roman d’Hector Malot, se révèle justement le prototype même du roman populaire de la fin du XIXème siècle et du début du XXème. Avec son lot de mystères, de courses poursuites, de trésors supposés (ou non), d’un adolescent narrateur, pour une partie du texte, et héros malmené, des méchants, des bons, des personnages secondaires qui ne le sont pas tant que ça. Ainsi Clara employée de mairie à la recherche de l’amour, ou tout au moins une amourette pour faire passer le temps et adepte du karaoké sur ordinateur ou Delpech journaliste indépendant et rédacteur du seul journal de l’île. Quelques bévues et incohérences dans le déroulement de l’histoire émaillent le récit. Pour preuve ce problème de datation : sur la tombe des parents de Colin, il est indiqué que le père est né en 1962 et la mère en 1965, or l’on apprend qu’ils avaient tous deux 19 ans lorsqu’ils se sont rencontrés. D’autres petites erreurs, toujours dans le décompte des années, attireront l’attention du lecteur, mais ce n’est pas grave en soi. Autre petite anomalie, en l’an 2000, puisque l’action se déroule en août 2000, on ne parlait pas encore en euros, et il eu peut-être été plus judicieux de laisser les prix en francs, quitte à signaler la conversion dans une petite note en bas de page. Quoi qu’il en soit, ce roman est très agréable et nous offre plus qu’un roman policier, un véritable roman d’aventures et de mystères.

Sang famille. Editions des Falaises/PTC.

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