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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 10:42

Alors qu’elle se repose près d’Aix, Rachel retrouve son amie Blanche qui est Indiscretion.jpgenceinte. Au menu, papotages. Un soir après une balade en ville, elles se font ramener par un taxi. Alors que le chauffeur manœuvre pour repartir, il aperçoit un grand paquet blanchâtre. Il s’agit d’une sorte de momie. Les deux femmes aidées par le conducteur déroulent avec précaution les bandelettes qui livrent à leurs yeux ébahis une gamine. Margot, dix ans. Les deux femmes couchent la gamine en attendant le petit matin. Mais en défaisant les bandages, Rachel a découvert un petit mot sur lequel est inscrit : De la part d’une vieille connaissance. Que peut bien signifier ce message sibyllin ?


Au petit matin, Rachel reçoit un appel téléphonique du commissaire Poinçon lui demandant si elle n’a pas chez elle une fillette prénommée Margot. Rachel ne peut nier et elle tente de raconter les événements qui se sont déroulés la veille au soir. Poinçon avait lui-même reçu un appel le prévenant de la présence de la gamine chez Rachel. Le ménage a été fait dehors et peu de preuves subsistent du passage du taxi et des efforts pour ramener Margot à la maison. La mère de celle-ci a disparu et la fillette est confiée aux services sociaux.


La presse à scandales s’invite dans cette affaire en publiant une photo montrant Rachel, transportant le corps encore enveloppé de bandelettes. Selon le journaliste des informateurs auraient transmis au tabloïd cette information concernant la disparition de Margot. Un journaliste qui bien évidemment n’a pas vérifié les assertions des correspondants, ce qui montre un manque total de déontologie de sa part. Nonobstant cette suspicion jetée en pâture attise l’esprit malsain de quelques habitants qui caillassent la maison et la dégrade.


Rachel décide de repartir et se rend à Paris, recherchant dans les affaires de sa mère quelque chose, une trace qui pourrait justifier le petit mot. Elle trouve dans un portefeuille une vieille coupure de journal extraite de Je sais tout, un début de piste. Aidée de Blanche, de Ferdinand le mari de celle-ci qui est policier et de Bion, elle va enquêter. Un élément inattendu les mettra sur la piste du ravisseur qui n’en est pas à son premier délit d’enlèvement.

A Paris justement, Mina, qui dirige une entreprise héritée de son grand-père reproche à son frère Giliet de se disperser. Elle est seule, mais possède un majordome qui lui sert accessoirement de chaufferette.


MTedgui.jpgalvina Tedgui est psychanalyste de profession et cela se ressent dans son roman. Beaucoup de verbiage qui n’apporte rien au récit, et j’aurais préféré qu’à la place du premier chapitre longuet et  verbeux, l’auteure propose un petit résumé des épisodes précédents puisque ses personnages apparaissent dans ses deux premiers romans Coupables…s et L’écart. Le lecteur qui découvre cet univers est un peu perdu d’autant que Malvina Tedgui ne dévoile quelques éléments importants, mais pas déterminants, à la bonne compréhension de l’intrigue qu’au compte-gouttes, comme un prestidigitateur sort un lapin de son chapeau. Sinon, dans l’ensemble, et malgré quelques coquilles mais moi-même je plaide coupable et l’on ne voit jamais mieux la paille qui est dans l’œil de son voisin que la poutre qui est dans le sien, dans l’ensemble cette intrigue est intéressante. Un retour dans le passé auquel on ne peut échapper et qui ne doit jamais s’effacer.

Vous pouvez retrouver l'avis de Pierre F. sur Black Novel.

Malvina TEDGUI : Une indiscrétion. Editions Le Manuscrit. 300 pages. 21,90€.

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 14:11

 Il est permis de violer l’histoire, à condition de lui faire un enfant. En mettant en exergue de son roman cette phrase d’Alexandre Dumas, Henri Loevenbruck annonce la couleur, une intrusion dans l’univers médiéval, avec imbrication de personnages et faits réels et fictifs.apoth-accueil Mais il emprunte également les petites astuces susceptibles d’entretenir le lecteur en dépendance, de le tenir en haleine, de l’inciter à poursuivre la lecture malgré l’avancée inconsciente des aiguilles de la pendule. A plusieurs reprises il s’adresse au liseur en l’invitant à partager sa narration, en lui promettant de revenir sur des événements, en lui faisant envisager des retournements de situations. Ainsi ai-je glané au hasard ces quelques lignes significatives : Afin de dissiper tout mystère superflu, il convient d’expliquer au lecteur – qui pardonnera la digression nécessaire à l’historien que nous voulons être - comment il fut possible à Andreas Saint-Loup … Ou encore un peu plus loin : C’est précisément en ce moment – mais dans un autre pays - que bascula la vie d’un second homme. Certes, le lecteur ne pourra pas, d’emblée, percevoir le lien entre ces deux événements distincts, mais si nous menons à bien la tâche qui nous est impartie et qu’il veuille bien lire cette histoire jusqu’à son terme, il découvrira sans doute la secrète causalité de leur coïncidence. Enfin dernier exemple que je me permettrai de vous signaler, afin de ne point trop en dire mais de toutefois vous allécher : Le lecteur nous pardonnera à présent si, pour le bénéfice de la narration, nous choisissons d’accélérer – mais un instant seulement – notre relation des faits, et brossons en quelques pages ce qu’il advint pendant les quarante-cinq jours qui suivirent ce qui vient de lui être rapporté. On retrouve dans ces quelques lignes le respect qu’affichaient envers leurs lecteurs les feuilletonistes du XIXème siècle, tout en les appâtant insidieusement.

 


Il serait malséant de ma part de vous faire languir plus longtemps et je vous propose donc d’entrer sans plus attendre dans le vif du sujet, et vous narrer les prémices de cette histoire dont l’intrigue est captivante. Attachons-nous donc au personnage principal, Andreas Saint-Loup, plus connu par sous l’appellation de l’Apothicaire auprès de ses voisins, des chalands et nombreuses pratiques qui viennent se procurer des onguents et autres pharmacopées, ainsi que de ses confrères et autres médicastres. Il frise la quarantaine, réside dans un petit immeuble de la rue Saint-Denis à Paris qui abrite également son échoppe et son laboratoire.


St-Magloire.jpgNouveau-né abandonné sur le parvis de l’église Saint-Gilles, dans l’enceinte de l’abbaye Saint-Magloire, il a été recueilli par l’abbé Boucel avec lequel il entretient toujours des relations suivies mais souvent tendues.


En ce matin du onze janvier 1313, plusieurs événements vont se produire, qui apparemment n’ont aucun lien entre eux. D’abord, Jehan son apprenti depuis six ans doit célébrer sa maîtrise et montrer au collège des apothicaires son chef d’œuvre. Mais en descendant l’escalier qui le conduit au rez-de-chaussée, Saint-Loup aperçoit une porte à mi-étage, porte qui aujourd’hui l’intrigue. Il n’y a jamais fait attention et une pulsion subite lui impose d’ouvrir l’huis. Il découvre une pièce vierge de toute poussière alors qu’il est sûr de n’y être jamais entré. Interrogeant le couple de valets qui le servent depuis près de dix ans, ceux-ci sont également dubitatifs. Puis son regard est accroché par un tableau qu’il possède depuis des années, le représentant dans la tenue de sa profession, peint par un artiste de ses connaissances. Or un tiers du tableau est uniformément effacé comme si un personnage qu’il aurait dû représenter s’était enfui. Il embauche un nouvel apprenti, Robin, jeune garçon étourdi mais qui démontre d’énormes capacités susceptibles d’être mises en valeur avec un peu d’opiniâtreté et d’effort de mémorisation.


Dans ce quartier aujourd’hui réputé chaud, il en allait déjà de même et des fillettes proposaient leurs charmes aux âmes esseulées ou en manque. Une ordonnance veut les expulser et l’Apothicaire ne comprend pas cette décision, aussi il se rebiffe, se retournant versnogaret-2.jpg l’abbé Boucel, mais la décision vient de plus haut. Du Chancelier et garde du sceau, Nogaret, du Roi Philippe le Bel, du Pape, tous ayant une bonne raison financière pour récupérer les lieux investit par ces prostituées qui offensent ostensiblement la religion, mais pas toujours ses représentants, pour des raisons purement charnelles et hygiéniques. L’Apothicaire devient un empêcheur de tourner en rond et s’attire les foudres de la royauté et de ses représentants. Pour de vagues arguties de manquement à la religion, aux fêtes de Carnaval et autres justifications fallacieuses énoncées par Nogaret, il est emprisonné dans la forteresse du Temple qui à l’époque se situait en dehors des fortifications parisiennes. Là il fait la connaissance de Jacques de Molay le grand maître des Templiers, ordre décimé depuis quelques mois, lequel lui propose de rencontrer le responsable d’une Schola gnosticos. L’Apothicaire est libéré grâce aux efforts de Robin qui plaide sa cause auprès de l’abbé Boucel, lequel intercède auprès d’Enguerrand de Marigny, le puissant conseiller du roi. Nogaret et Marigny s’affrontent dans une guerre larvée dont L’Apothicaire paie les frais, sous forme d’un incendie détruisant ses échoppe et laboratoire. Il ne lui reste plus qu’à fuir et prendre le chemin de Compostelle et trouver en route le dignitaire de la Schola Gnosticos, lequel devrait pouvoir lui apporter des éléments de réponse à ses tourments.


Pendant ce temps à Béziers, alors qu’il neige et que le froid règne, Aalis, jeune fille d’une quinzaine d’années mais déjà mûre physiquement, dont les parents sont drapiers et apprécient avec complaisance que François, le fils du prévôt, la courtise activement, Aalis se rend dès qu’elle le peut et malgré les avis négatifs de ses parents, un vieil homme qui vit chichement dans une cahutte retranchée dans la forêt. Zacharias, tel est le nom de l’ermite par obligation, est juif et donc honni par la société, et reçoit toujours avec plaisir la visite de la jeune fille. Mais ses forces déclinent et il lui confie la mission de remettre à son fils qu’il n’a pas vu depuis longtemps un psantêr, une sorte de cithare. Un jour, elle retrouve Zacharias mort, non de froid ou de faim, mais roué de coups. Elle suppose que le meurtrier est son père et s’enfuit après avoir incendié la maison familiale.


Comme il s’agit d’une histoire triangulaire, il me faut maintenant vous narrer un troisième événement qui se déroula en concomitance avec le début de cette histoire. Juan Hernandez Manau, qui vit à Pampelune, reçoit la visite de deux hommes, lesquels désirent obtenir le nom d’un personnage qu’il a rencontré neuf ans auparavant. Afin de parvenir à ses fins l’un des deux individus commence à énumérer les moyens de torturer avec efficience, plus de trois cents méthodes pratiquées à l’encontre de récalcitrants à dévoiler des secrets qu’ils ne recèlent pas toujours. Impressionné, Manau dévoile l’identité de son visiteur qui n’était autre qu’Andreas Saint-Loup.


loevenbruck Amis lecteurs, vous me trouverez sans aucun doute fort disert, mais sachez que je n’ai fait qu’effleurer les prémices de cette histoire intrigante, mouvementée, riche en suspense, dont le personnage principal, Andreas Saint-Loup est un être atypique pour l’époque. Quoique recueilli et élevé par un abbé qui est devenu son parrain, il se méfie de la religion, et de tout le monde en général. Des médecins, des chirurgiens, des herboristes, de la prévôté, des membres de la Hanse des marchands. Seuls le couple de valets qui le sert, des victimes de la société comme les fillettes, ou des relations éminemment savantes en philosophie et en rhétorique trouvent grâce à ses yeux, et à ses paroles qui parfois peuvent être blessantes. Il vénère les philosophes grecs et latins mais surtout des hommes comme Thomas d’Aquin et Roger Bacon auxquels il se réfère souvent. Et nous pourrons le suivre dans ses moult aventures mouvementées, ainsi que celles d’Aalis, dans divers endroits, ses tribulations le conduisant jusqu’à Compostelle et le mont Sinaï.


Conte philosophique (conte décliné sur six cents pages quand même) et suspense ésotérique, cette intrigue devrait passionner non seulement ceux qui apprécient les histoires qui se déroulent à une époque que l’on appelle communément Moyen-âge, et qui n’était pas une période si ignorante et obscure que certains manuels d’histoire le prétendent, des histoires habilement construites avec un suspense entretenu, une narration et un style élaboré, fouillé, éblouissant, plein de saveur, ainsi que des personnages hauts en couleur. Même les passages qui explorent la philosophie ne sont en rien ennuyeux, pesant, mais apportent une vision de la profonde réflexion sur les discussions entre érudits et à laquelle on pourrait adhérer aujourd’hui.

Henri Loevenbruck : L’Apothicaire. Editions Flammarion. 608 pages. 22€.

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 13:38

Le prochain festival Toulouse Polars du Sud vous propose de participer à un concours de nouvelles intitulé Prix Thierry Jonquet de la Nouvelle. Il m’a donc semblé opportun bal des débrisde rendre hommage à l’auteur en publiant une chronique de l’un de ses premiers romans. Sur une idée de Pierre de Black Novel.

Frédéric travaille dans un mouroir ou plutôt dans un hospice gériatrique, l'expression est moins péjorative. Il pousse les chariots occupés par les invalides, s'occupe à diverses bricoles, enfin passe son temps de sept heures et demi jusqu'en début d'après-midi. Après il rentre chez lui où l'attend sa dulcinée, syndicaliste convaincue et farouche militante CGT. Une vie presque tranquille, pépère. "Voilà ma vie, me lever tôt le matin, traverser la banlieue riante sur ma mobylette..." Jusqu'au jour où Frédéric se lie avec Lepointre, un fracturé de la palette humérale, mais pas gaga du tout. Ce qui change l'ordinaire. La vie de Fred bascule lorsqu'il rencontre un peu brutalement un vigile qui surveille la chambre d'une pensionnaire. C'est louche, et la mallette attachée à une alarme pourrait bien renfermer un inestimable trésor. Lepointre, qui n'est à court ni de jactance ni d'idées, imagine illico le moyen de s'approprier le magot. Le larcin aura lieu pendant un bal masqué organisé pour distraire les cacochymes.

bal-des-debris2.jpgThierry Jonquet pratique l'humour noir, et le lecteur rit jaune. Deux couleurs bien connues. Il décrit de l'intérieur ces centres de gérontologie qu'il connait bien, non pas pour y avoir été pensionnaire, mais parce qu'il y a travaillé. Cependant par une sorte de pudeur, il préfère traiter par la dérision ce qui est pitoyable, et ça n'en prend que plus de force.

Ce roman a d’abord été publié dans la collection Spécial Police n° 1848 du Fleuve Noir en 1984 puis a été réédité dans la collection Black Process des éditions Méréal en 1998. Mais il valait bien une réédition, ce qui n’est que justice faite aujourd’hui.

Thierry JONQUET : Le Bal des débris. Collection Points Seuil. (2010). 192 pages. 6,50 €

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 16:41

Il est des auteurs que l’on aime retrouver, surtout lorsqu’on les a derapages.jpgdécouvert durant son adolescence. Jean-Pierre Ferrière fait partie de ces romanciers qui œuvrent avec simplicité, élégance, avec un style clair dénué de grossièretés et de vulgarité, échappant à la vague de débordements d’hémoglobine et de scènes de violence, et lorsqu’il nous donne de ses nouvelles, c’est un pur plaisir. Des nouvelles dans tous les sens, puisqu’il s’agit bien ici d’un recueil de nouvelles :


Cinq nouvelles composent donc ce recueil, la première et la plus longue donnant son titre au recueil. Dérapages, dont le titre initial est La gifle dans un café, prend justement son origine dans un bistrot. Un couple attablé se dispute, ignorant les clients, des habitués, et l’homme excédé gifle sa compagne qui semble l’avoir poussé à bout. Puis il part, la laissant seule attablée. Françoise, la patronne du bar qui officie surtout à la caisse laissant son mari s’occuper du bar, est une quadragénaire qui s’ennuie. Elle se demande ce que sa vie a pu lui apporter. Elle n’est pas malheureuse, mais elle n’est pas heureuse non plus. Elle végète. Elle s’intéresse à cette cliente esseulée et légèrement éméchée. Robert, son mari, n’a jamais vu ça ! Sa femme boire un whisky en compagnie d’une cliente ! Françoise et Catherine, ainsi se nomme la jeune femme, deviennent amies. Au contact de Catherine, dont parfois les bonnes actions sont gratifiées de quelques billets pour ses relations charnelles, pour le plus grand bien de messieurs esseulés mais fortunés, Florence se dévergonde, abandonnant le domicile conjugal.


Retour à la nuit tombées’inscrit dans un genre Coucou, c’est moi ! Constance est veuve et vit seule dans une grande maison, habitée par les souvenirs. Principalement celui de son fils Philippe, disparu depuis de longues années dans un accident de montagne. Malgré les recherches effectuées, son corps n’a jamais été retrouvé. Et voilà qu’un soir ce fils chéri réapparaît, atteint d’amnésie. Il ne se souvient de rien. Seule une impulsion l’a poussé à se rendre dans cette ville, à se diriger au hasard dans les rues, et à se présenter à la porte d’une maison accueillante. Pourtant certains gestes lui reviennent spontanément, comme dénicher dans le tiroir d’un secrétaire un paquet de cigarettes et un briquet. Il s’agit d’une seconde naissance, mais comment va réagir Isabelle, celle qui était son amie et était présente lors de sa chute près de Chamonix.


Quelque chose m’est arrivé dans le métro (réédition de Hitchcock Magasine n°3 de novembre 1988) met en scène une belle femme, normal elle est esthéticienne, qui flirte avec la quarantaine. Elle apprécie le contact, surtout dans le métro, se frottant aux voyageurs lorsque la rame est bondée. Et après quelques attouchements qu’elle a délibérément provoqués, elle se retourne vers l’importun supposé et le vilipende, l’injurie, le pauvre homme restant coi et abasourdi par ce qu’il lui arrive. Il ne lui reste qu’à descendre à la première station et se fondre dans la foule.


Le passé décomposé(réédition de Hitchcock magasine n° 22, novembre 1991). Florence Arnal est une ancienne comédienne et en feuilletant son programme télé elle s’aperçoit qu’une chaine va rediffuser une pièce de théâtre, style Au théâtre ce soir, dans laquelle elle jouait un rôle mais qu’elle n’a jamais vu. Et ce visionnage va lui proposer un retour en arrière auquel elle ne s’attendait certes pas.


dérapages

Enfin Larmes du crime (réédition de Anthologie du Mystère 89, Livre de Poche n° 6561, juin 1989), nous propose de suivre Valentine sur les planches de Deauville, en compagnie de ses deux filles, mais pas de son mari. Car celui-ci qui normalement les rejoint tous les week-ends, ne viendra pas a bsorbé par son travail. Alors, que faire ? Aller au cinéma, sortir un peu le soir tandis que Mademoiselle s’occupe des gamines. Prendre du bon temps alors que son mari, elle l’a appris par une indis crétion, consacre ses efforts non pas au bureau mais au lit.


Cinq femmes dont le destin est bousculé par leur faute ou à cause d’un événement extérieur dont elles ne sont pas forcément responsables mais qui servira de catalyseur et d’explosif en même temps. Fidèle à un principe qui dure depuis plus de cinquante ans, Jean-Pierre Ferrière imagine des trames dont le ressort est ce grain de sable qui grippe la belle machine d’un quotidien qui va déraper comme sur un parquet trop bien ciré, trop lisse, et la chute qui est engendrée réveille ou assomme.

Jean-Pierre FERRIERE : Dérapages. Editions Noir Délire. 210 pages. 16,90€.

Photo de couverture : Jean-Pierre Ferrière.

Claude Le Nocher en parle également sur Action-Suspense !

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 17:38

Octogénaire considérée comme un monstre sacré du théâtre, quoique n’ayant plus monté sur les planches depuis de très nombreuses années, Rosemonde Talbot revient avec carnet-noir.jpgforce dans l’actualité médiatique. Elle vient de publier un livre autobiographique, qu’elle a écrit seule contrairement à certaines stars, et l’une des pièces qu’elle a joué avec succès dans les années cinquante va être reprise. Ce qui l’a met dans une colère froide. Comme elle avait créé la pièce, écrite pour elle par un ami, et avait joué le rôle principal avec succès, elle se l’est tout simplement annexée. Non Diane Fabiani n’aura pas ce rôle ! Elle déclare même dans une émission télévisée dont elle est la vedette : “ Ce rôle m’appartient, et personne n’a le droit de le jouer ! ” Ensuite, elle affirme même qu’elle est capable de tuer Diane pour l’empêcher de voler ce qu’elle considère comme une partie d’elle-même. “ Diane Fabiani est une morte en sursis ”.

 

Diane qui apprenant que la pièce allait à nouveau être à l’affiche, s’était battue becs et ongles pour obtenir ce rôle qui devait la remettre en selle, et en scène. Allant jusqu’à exercer un chantage auprès de la directrice du théâtre. Elle est victime d’un assassinat et pour l’inspecteur Lachaume, les prétendants à ce meurtre ne manquent pas. Il pourrait tout aussi bien s’agir de Rosemonde elle-même, ou encore Michel, son ami, son confident, son secrétaire, de Lilas, transformiste dans un cabaret parisien, du dernier amant évincé de Diane ou de son successeur qui lui aussi joue dans la pièce, ou bien de la petite amie de celui-ci sans oublier Fanton, le metteur en scène. Lachaume a beau compulser le carnet noir de Rosemonde, sorte de listing dans lequel l’octogénaire notait les noms de tous ceux qui lui avaient manqué de respect, envers qui elle gardait rancune, il est confronté à un véritable imbroglio.

 

carnet noirUn roman qui n’aucunement vieilli car le monde du spectacle sera toujours le même : Sourires de façade et jalousie parfois exacerbée. Des bises et des mon chéri cachant des j’aurai dû obtenir ce rôle ou ce n’est qu’un cabot. Et autres remarques acerbes enrobées de miel. A noter que dans ce livre figure un couple de sœurs qui ressemblent aux fameuses sœurs Bodin, héroïnes de sept livres parus initialement dans la collection La Chouette et dont le titre phare Cadavres en solde inaugurait une série humoristique de bon aloi.

Quant à Rosemonde Talbot, chacun pourra essayer de retrouver la ou les comédiennes qui ont inspiré l’auteur pour camper son personnage. Jean-Pierre Ferrière, romancier spécialisé dans le monde du théâtre et du cinéma, mais pas uniquement, fut l’une des gloires du Fleuve Noir dans les années soixante, soixante-dix, avec des romans de suspense fort habilement construits, et dont la réédition serait la bienvenue, témoin ce Carnet noir de Rosemonde Talbot. Après une petite éclipse, il revient sur le devant de la scène, ce dont nous ne nous plaindrons pas.


Jean-Pierre FERRIERE : Le carnet noir de Rosemonde Talbot. Noir Délire éditions. 1ère édition : Editions Fleuve Noir (1979), réédité chez J’ai Lu n° 1103. 248 pages. 15,00€

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 17:28

Ecrire une biographie de Jean-Pierre Ferrière, sans évoquer son année comme secrétaire de Brigitte Bardot, serait inconcevable, mais en même temps répétitif, car tous les Ferriere2.jpgarticles qui lui sont consacrés indiquent cette époque. D’autant qu’il tenu cet emploi que neuf mois. Mais paradoxalement parmi la longue liste des adaptations cinématographiques tirées de son œuvre B.B n’aura jamais été au générique. C’est une autre actrice, une comédienne que Jean-Pierre Ferrière vénère, pour laquelle il voue une admiration sans borne et qui interprétera les rôles féminins dans des films auxquels il participera souvent comme scénariste et qui figure en couverture du recueil Dérapages : Danielle Darrieux.


Mais revenons sur le parcours de cet écrivain qui se fait rare et donc précieux.

Ferriere4.jpgNé le 4 mars 1933 à Châteaudun, chef-lieu d’arrondissement du département d’Eure-et-Loir et qui servira de décor dans bon nombre de ses romans sous l’appellation de Châtignes, Jean-Pierre Ferrière quitte la France à dix-sept ans pour ne pas passer son bac et se rend par goût de l’aventure au Maroc. Entre 1950 et 1955 il anime des émissions radio, jusqu’à trois émissions par jour sous des noms différents. Durant cette période il s’est mis à écrire, tous les jours. Puis il part au service militaire. De retour à Paris, en lisant les petites annonces dans un journal, il tombe par hasard sur celle-ci : Comédienne cherche secrétaire. Téléphoner n°… Il répond à la convocation et se retrouve en compagnie de sept postulantes. Il est le seul représentant masculin mais c’est lui sera choisi, car Vadim préfère engager un homme susceptible de pouvoir protéger sa femme dans la foule.


  Cadavres-en-soldes.jpg

Entre temps Jean-Pierre Ferrière avait soumis des textes de pièces-radio à des personnes qui par hasard connaissaient l’éditeur Frédéric Ditis. Celui-ci lui commande un roman policier. Aussitôt demandé, aussitôt fait et Cadavres en soldes, un véritable succès, parait dans la collection La Chouette en janvier 1957. Il s’agit de la première apparition des sœurs Bodin, un cycle qui comportera sept titres. Des romans humoristiques dans lesquels deux vieilles filles, Berthe et Blanche, jouent aux détectives. Puis Jean-Pierre Ferrière passe au roman noir avec Les Veuves. Lorsque Frédéric Ditis décide d’abandonner sa ligne éditoriale consacrée au roman policier en 1963, Jean-Pierre Ferrière entre au Fleuve Noir dans la collection Spécial Police, collection dans laquelle il se cantonnera, excepté quelques romans édités dans la collection Grands succès et qui seront souvent réédités. La femme en néon, La nuit de Madame Hyde, Le carnet noir de Rosemonde Talbot.


Femme-en-neon.jpgOutre les sœurs Bodin, Jean-Pierre Ferrière avait entamé un cycle consacré à Evangeline mais il est contraint de la mettre de côté, car sa production destinée pour le Fleuve Noir est justement plus noire. Il la mettra toutefois en scène encore une fois dans La mort en sautoir, car il s’agissait d’un roman, quelque peu retapé qui devait être destiné à Ditis. Mais Evangeline réapparaitra dans une série télévisée.


Il ne s’est pas intéressé au roman d’espionnage, parce qu’il lisait des romans policiers de gens comme Sébastien Japrisot, auteur qu’il estime beaucoup. D’ailleurs ses auteurs de prédilection ont pour nom, outre Japrisot, William Irish pour son côté romantique, Simenon, Fred Kassak, Patricia Highsmith…

Il œuvre de préférence dans le suspense psychologique avec des personnages de femmes, attachants et évolutifs. Et les femmes sont des protagonistes récurrents, ce qu’il explique par des souvenirs d’enfance. Ou alors j’ai été traumatisé par les films de Bette Davis et de Joan Crawford ; je les ai tous vus. Je crois d’ailleurs que c’est Max Ophüls, j’ai vu Lola Montès plus de vingt fois, qui a dit : le cinéma pour moi, c’est faire faire de jolies choses à de jolies femmes ! Pour moi le roman policier c’est faire faire d’horribles choses à de jolies femmes. Le thème principal de ses romans se décline ainsi : C’est presque toujours un personnage de femme qui a quarante ans, Monstressesquarante-cinq ans, dont la vie est terminée et à qui s’offre une chance, une possibilité nouvelles. N’ayant rien à perdre, elle s’y donne entièrement, en ne reculant devant rien. C’est le dernier frisson.


Très rapidement le cinéma s’est intéressé aux romans de Jean-Pierre Ferrière. C’est ainsi qu’a été adapté en 1962 Cadavres en vacances avec Simone Renant, Roger Coggio, Noël Roquevert et dans le rôle des sœurs Bodin, Jeanne Fusier-Gyr et Suzanne Dehelly. Dans une mise en scène de Jacqueline Audry, dialogues de Pierre Laroche. Ensuite, en 1963, Les Veuves devenu Du grabuge chez les veuves ! un titre que n’apprécie guère Jean-Pierre Ferrière. Réalisé par Jacques Poitrenaud, dialogues d’Albert Simonin (d’où le titre) les personnages principaux étaient interprétés par Danielle Darrieux, Darry Cowl et Jean Rochefort. D’autres films ou téléfilms suivront comme Constance aux enfers, Divine, Une atroce petite musique, La mort en sautoir, avec Danielle Darrieux, Michèle Morgan, Alice Sapritch... films auxquels il collaborera souvent comme scénariste et dialoguiste. Avec Ricet-Barrier il signe une comédie musicale en 1972 : La Femme-femme, avec Rosy Varte et Philippe Lemaire.


A l’origine, Jean-Pierre Ferrière voulait devenir réalisateur, et non pas devenir écrivain. Le hasard en a décidé autrement. Mais il reste toutefois une constante de l’école de la radio qui réside dans la qualité des dialogues. Et c’est peut-être cette passion pour le cinéma, et l’espoir contrarié de travailler pour le cinéma, que très souvent l’intrigue propose une héroïne évoluant dans le monde cinématographie. Dans les romans policiers, on tue toujours par amour, par passion, on tue pour venger quelqu’un, etc., ou pour de l’argent, mais le comédien qui est prêt à tout pour devenir ou redevenir une vedette, je trouve que cela nous change des motifs habituels.

Sa définition du roman policier : C’est un conte pour vieux enfants !.

Sources : correspondance personnelle avec l'auteur et Mystère Magazine n° 280 de juin 1971.

Vous pouvez également retrouver un entretien avec Jean-Pierre Ferrière grâce à René Barone ici

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Published by Oncle Paul - dans Entretiens-Portraits
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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 06:47

Ce roman vient d'obtenir le prix du salon du Polar de Montigny les Cormeilles 2011

A quarante ans, Georges Crozat monte toujours sur le ring, affrontant de jeunes boxeurs plein d’allant et de fougue mais manquant d’un peu d’expérience. Georges, surnomméVARENNE-Le-mur_medium.jpg le Mur, ne va pas au tapis si facilement, il ne se couche pas. En jeu, quelques centaines d’euros dont une partie revient à Paolo, son manager soigneur. Accessoirement il est policier municipal et vit seul. Ce qui l’amène à fréquenter des péripatéticiennes, une surtout, Mireille, une Noire opulente. Ce soir là, il a laissé son adversaire s’essouffler puis a gagné son match à l’endurance, dans une salle quasi déserte.


Alors qu’il se fait soigner par Paolo, Kravine, un organisateur de combats, puis le Pakistanais, boxeur frimeur et videur, servant éventuellement d’indic viennent le voir. Paki propose une petite affaire rémunérée cinq cents euros. Pas grand-chose, juste tabasser un mec pour une histoire de cocufiage. Malgré son dégoût Georges accepte, quoique la proximité de Roman, un flic de la Criminelle, l’indispose. Il reçoit dans sa boite aux lettres une enveloppe qui contient les billets ainsi que la photo du gars à corriger. Ce sera la première et dernière fois se promet-il, mais une deuxième affaire se présente à lui puis une troisième. Là il ne peut pas.


Il s’agit d’un vieil Arabe avec lequel il a une discussion. Son commanditaire a l’air de bien prendre cette défection et lui soumet deux autres contrats. Georges est sur les nerfs et il dépasse la mesure. Il manque d’ailleurs se faire prendre sur le fait par un témoin qui se pointe à l’improviste. Seulement les coups ont porté, trop, car l’une des victimes est retrouvée plongée dans le coma. Et là, stupeur, il apprend que les deux hommes sont des journalistes qui étaient en train d’écrire un livre ayant pour sujet une vieille affaire criminelle remontant à 1974 et mettant en cause un affilié au Front National. Alors que les autres tabassages n’avaient pas eu les honneurs d’être relatés dans les journaux. Il reprend l’entrainement qu’il avait délaissé, à sa manière, en dilettante, afin d’honorer un nouveau combat. Mais il sait sciemment ce qu’il fait, et Roman qui est dans la salle peut sourire, il ne pourra se contenter que d’esquisser un rictus lors du gong final.


1957. Pascal Vérini, vingt ans, employé au service technique d’une fonderie de Nanterre, va bientôt partir à l’armée. Il veut s’engager pour devenir marin et échapper à la traversée de la Méditerranée pour rejoindre l’Algérie qui est en proie à l’insurrection. Son père, émigré italien et communiste n’apprécie pas du tout que son fils entre à l’armée, pour lui la guerre d’Algérie n’a pas lieu d’être. Pascal a une petite amie, Christine, dont le beau-père ne goûte guère cette relation. Durant ses classes, Pascal se montre un peu trop agressif, et ce qu’il redoutait se produit. Il embarque pour l’Algérie et est affecté au secteur Rabelais, non loin d’Orléansville. Dans une DOP, détachement opérationnel de protection. La Ferme, comme a été surnommé l’ensemble de bâtiments qui sert de prison aux prisonniers rebelles. Ce n’est pas pour cela que Pascal va se faire mousser. Au contraire. Tout comme ses copains Chapel et Casta, il ne veut pas participer à ces petits amusements électriques dont se délectent quelques militaires dont Rubio, qui est né dans ce pays en rébellion. Ils sont considérés comme réfractaires, surnommés les Nons. Des supplétifs participent aux travaux d’extérieur dont Ahmed puis le Kabyle. Des Algériens dont l’attachement à la France est parfois mis en doute.


Si les Algériens rebelles, le FLN principalement et l’ALN, ceux qui étaient appelés les Fellaghas, ont été souvent montrés comme des terroristes et les militaires français comme des défenseurs de la nation, le manichéisme affiché se lézarde de plus en plus. La torture n’était pas l’apanage d’un camp, pourtant très longtemps, les journalistes ne jetaient l’opprobre que du côté de ceux qui désiraient acquérir leur indépendance. Il faut avouer que la Grande Muette et les hommes politiques ne pouvaient admettre que dans les rangs des militaires français, certains s’amusassent à de telles exactions. Mais depuis quelques années, les auteurs de romans noirs tentent de réhabiliter les vérités historiques.


Antonin Varenne a puisé dans la mémoire paternelle, et s’il s’agit d’un roman, on peut affirmer que certains passages sont véridiques. Le talent de l’auteur faisant le reste. Entre 1957 et 2009 (je ne sais pas pourquoi le premier chapitre indique 2008, surement une coquille, puisque les autres sont tous datés de 2009), le destin de deux hommes, qui va se catapulter, s’entrecroiser, se réunir autour d’un troisième homme, est décrit parfois d’une façon poignante. Antonin Varenne utilise une écriture saccadée, des phrases qui giclent en rafales, comme sorties d’une mitrailleuse, qui s’avère efficace et procure une émotion trouble, surtout pour ceux qui ont connu cette époque. De près ou de loin.

Antonin VARENNE : Le Mur, le Kabyle et le Marin. Collections Chemins Nocturnes. Editions Viviane Hamy.

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 16:22

En arrivant à l’école ce matin-là, Jérôme qui est instituteur, ne pensait certes pas qu’il allait être le héros malgré lui d’une machination particulièrement perverse.

Il a passé une nuit agréable en compagnie de Muriel, sa maîtresse qui est Loup-y-es-tu.jpgmariée avec Hervé Wilson. Durant la nuit, alors qu’il prenait l’air à la fenêtre, il a bien pensé que quelque chose d’anormal flottait dans l’air mais sans vraiment s’y attarder. Et ce matin donc, il se retrouve nez à nez devant Caitlin qui fut son amante douze ans auparavant. Elle conduit son fils, Jérémie, en classe. Elle vient d’aménager à Lorient et c’est la première journée de classe du gamin de onze ans. Caitlin est avocate et est associée à Bénédicte. Elle donne sa carte, pur réflexe professionnel, à Jérôme puis se dirige vers son étude. Soudain Jérôme reçoit un appel téléphonique sur son portable. Le numéro affiché correspond à celui de Muriel mais c’est un homme qui est en ligne. Il lui apprend que Muriel est en danger face à son mari furieux. Sans réfléchir Jérôme quitte l’école après avoir confié sa classe à une collègue et il se rend immédiatement chez les Wilson. Il s’engouffre dans le parc et suivant les indications de son correspondant se dirige vers le fond du jardin. Il ne va pas bien loin, ressentant une douleur à la nuque.

Lorsqu’il se réveille dans son lit une heure plus tard il s’inquiète. Il est en retard. Lorsqu’il arrive dans l’établissement il est tout étonné d’apprendre par le concierge et ses collègues qu’il était déjà venu le matin. Il y a un trou dans sa mémoire, dans son emploi du temps. Entre son réveil et son retour à l’école.

Il rappelle Muriel sur son portable mais la voix de la femme qui lui répond n’est pas celle de sa maîtresse. Alors il décide de se rendre à nouveau au domicile de la jeune femme mais tout un attroupement de policiers est déjà sur place, ce qui lui fait perdre ses moyens. Il s’enfuit lorsque l’un des flics porte la main à son arme. Il est paniqué surtout lorsqu’un nouvel appel émanant du commandant Rodolphe Marquez lui enjoint de rendre au commissariat. Jérôme décide de contacter Caitlin, après tout elle est avocate. Et elle peut éventuellement l’aider, car Jérôme possède une casserole accrochée à ses basques. Cela s’est produit il y a longtemps, mais elle risque de résonner dans l’enquête qui est déclenchée. Le petit frère de Jérôme a été victime d’une bavure et le flic qui lui a tiré dessus n’a pas été inquiété. Mais le plus grave, c’est ce qui s’est déroulé ce jour là. Le mari de Muriel a été pendu et celle-ci a disparu. Aucun doute pour les forces de l’ordre : Jérôme est le coupable et il a caché le cadavre de Muriel après l’avoir tuée. Sur les conseils de Caitlin, il se rend au bureau de l’avocate mais il est assommé par l’associée de son ex-amie.

D’autres disparitions et meurtres inquiétants ont défrayé la chronique quelques années auparavant. L’une des victimes fut sa maîtresse durant quelques mois. Curieuse coïncidence selon le juge qui n’hésite pas à l’envoyer en prison à la place d’un autre détenu qui était soupçonné des meurtres et des disparitions précédents. Jérôme est englué dans une sombre machination dont il est la cible mais il ne comprend pas pourquoi. Une reconstitution du ou des crimes est envisagée mais elle ne pourra pas avoir lieu. Le véhicule qui transporte Jérôme et les policiers sort mystérieusement de la route et il peut s’évader. C’est à lui de démontrer qu’il est innocent et il est bien décidé à faire toute la lumière sur cette affaire d’autant que sa mémoire défaillante se remet peu à peu en place et lui permet de se souvenir d’éléments susceptibles de démontrer son innocence.

Loup y es-tuSi le début de cette histoire parfaitement maîtrisée par Alexis Lecaye, dans un enchainement subtil de rebondissements, peut laisser supposer à une intrigue soigneusement élaborée façon William Irish, bientôt le lecteur découvre d’autres facettes car Jérôme va trouver des alliés dont il n’a pas conscience. Si le commandant Rodolphe Marquez s’érige en policier obtus, borné, imbu de sa fonction sans essayer de réfléchir, il n’en va pas de même de son adjointe Pauline qui relève des incohérences dans ce qui se trame autour du coupable présumé. Mais d’autres policiers commettent également des erreurs. La psychiatre auprès de laquelle Jérôme est astreint de passer des visites elle aussi tique sur les confusions dans le déroulement des événements. Le juge lui est persuadé, sans preuve, des crimes imputés à Jérôme, comme il l’était lors de la précédente arrestation, ce qui bien évidemment nous renvoie à une célèbre affaire qui s’est déroulée il y a quelques années dans le Pas-de-Calais. Quant à Caitlin elle oscille entre deux conjectures : coupable ou non coupable. Cruel dilemme. Tout concourt à accuser Jérôme et justement ce sont ces accumulations qui plaident en son innocence. Alexis Lecaye pointe du doigt les défauts et erreurs des policiers et du juge qui n’essaient pas de voir plus loin que le bout de leur nez. Ils ont un coupable sous la main, pourquoi aller chercher ailleurs ? Et c’est comme ça que bien des innocents croupissent en geôle malgré leurs dénégations, car ils ne peuvent pas apporter la preuve de leur innocence.

Et je vous invite à lire l’entretien avec Alexis Lecaye qui se trouve Ici.

Alexis LECAYE : Loup y es-tu ? Collection Grands Formats ; éditions du Masque. 345 pages. 18€.

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 15:18

Après Dame de Pique, Dame de Carreau et Dame de cœur, Alexis Lecaye abat sa dernière carte et complète son carré gagnant avec Dame de trèfle.

Lorsqu’elle aperçoit deux hommes, à travers la vitrine du magasin parisien où elledame-trefle.gif officie en tant que caissière, sortir d’une camionnette de l’autre côté de la rue et qu’elle les reconnait, Camille est prise de panique. Il lui faut absolument leur échapper. Elle passe par l’arrière du magasin et convainc une automobiliste qui passe de la prendre en charge. Après lui avoir écrit sur un bout de papier les numéros de téléphone de ses enfants et d’un avocat, elle descend du véhicule et court vers une petite rue qui mène à un pont. Mais les deux hommes l’ont repérée et son corps est retrouvé le lendemain matin entre deux bennes sur la chaussée de l’autre côté du pont. Elle est mal en point mais vivante. Le commissaire Martin de la Criminelle et son équipe sont chargés de l’enquête, et ils relèvent quelques anomalies en compagnie des membres de l’identité judiciaire. Tout de suite la thèse du suicide est écartée. La jeune femme est emmenée à l’hôpital Saint Antoine et mise en coma artificiel. Sur place les premiers examens supposent qu’elle serait tombée sur quelque chose qui aurait été déplacé par la suite et subtilisé, et l’ADN des taches de sang qui stagnaient près du corps laissent à penser qu’elles proviennent d’un individu possédant un proche lien de parenté avec la victime. Armony, la femme qui a été abordée par Camille, travaille dans un peep-show et elle ne sait que faire du papier de sa passagère d’un moment. Elle le jette mais prise de remord elle veut le récupérer. Celui-ci a disparu, heureusement elle possède une mémoire des chiffres phénoménale et elle se présente à la police. Seulement elle tombe sur un policier borné qui la met en garde à vue. Lorsque Martin apprend cette bavure, car il s’agit bien d’une bavure, il essaie d’amadouer Armony. Ce qu’il ignore, c’est que l’un des hommes, un Canadien, qui pourchassait Camille est sur les traces d’Armony afin de juguler ses initiatives d’aider à retrouver la jeune femme. Pendant ce temps les deux enfants de Camille attendent le retour de leur mère.

Martin, même s’il essaie de ne pas mélanger vie professionnelle et vie familiale, va se trouver confronté à un problème qui le perturbera tout le long du bon déroulement de son enquête. Il se réveille dans un lit qui n’est pas le sien, dans une pièce et auprès d’une femme qu’il ne connait pas. Une amnésie partielle, et tout ça à cause d’un petit bonhomme vert, alors qu’il venait d’apercevoir son ancienne compagne Marion en voiture, son fils à l’arrière du véhicule. Cette liaison d’une soirée interfère dans sa vie professionnelle et lui occasionnera même quelques désagréments corporels de la part d’un individu qui se sait ou se croit tout puissant.

dame trèfleCe nouveau roman d’Alexis Lecaye, qui revient progressivement à la littérature après avoir durant des années sacrifié au mythe de Julie Lescaut, ne s’inscrit donc pas comme une banale enquête. Découvrir qui a poussé Camille par-dessus le parapet d’un pont, rechercher son identité, le lieu de son domicile et de ses enfants, traquer cet homme qui bientôt se mettra en travers de la route de Martin et de son équipe, ce Canadien qui dirige sous couvert d’une entreprise une secte particulière, l’apport non négligeable d’Armony et de Ludo la patronne du peep-show, plus quelques autres figures dont l’ex-femme de Martin, sa fille et son ex-compagne, apporte le petit plus qui enrichit en humanité cette histoire poignante et émouvante. D’autant que de courts intermèdes donnent la parole à la fille aînée de Camille, qui doit se substituer à sa mère auprès de son petit frère et des tâches ménagères. La course contre la montre engagée à la recherche du Canadien, un manipulateur qui possède plusieurs cordes à son arc et des identités qu’il endosse comme un illusionniste, est vécue par le lecteur spectateur comme s’il participe activement à l’enquête. Car il est informé des différents rebondissements, en direct, des informations auxquelles les policiers n’auront accès que progressivement. Soit par intuition, soit grâce aux méthodes rigoureuses de Bélier, la responsable de l’Identité judiciaire, sans oublier les apports fournis par une inspectrice de l’IGS, une ancienne collègue de Martin. Un livre haletant que le lecteur dévore tout en ayant une impression de réminiscence d’un fait-divers, pas aussi tragique heureusement, qui s’est déroulé il y a quelques années entre la France et le Canada.

Citation : Ce flic, c’était la connerie administrative à l’état pur. Il y en avait beaucoup comme lui, de plus en plus, mal formés, dont les motivations étaient dès le départ plus que suspectes, et une fois leurs examens au rabais passés, leur fonction leur donnait un pouvoir de nuisance sans rapport avec leurs capacités.

Alexis LECAYE : Dame de trèfle. Le Masque Grands Formats.

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 14:02

La parution du nouveau roman d’Alexis Lecaye : Loup y es-tu ? m’incite à vous proposer un entretien avec l’auteur réalisé pour la revue 813 et publié en 1996. C’était à une époque au cours de laquelle Alexis Lecaye était fort occupé par la série télévisée Julie LescautLecaye.jpg dont il est l’heureux papa.

Né le 22 août 1951, cet homme que l'on ne voit guère, pour ne dire pas jamais dans les festivals et autres lieux de rencontre des auteurs de polars - oubli de la part des organisateurs ou préférence de l'écrivain à rester claquemuré dans son antre ? Après une maîtrise d'histoire, quelques petits boulots, une incursion dans le cinéma et la composition de story-boards, a disséqué pour le Monde les parutions de S.F. en tant que chroniqueur. Puis peut-être pour contredire Ky, lequel affirme dans Pour le Roi de Prusse (L'Atalante) que « La plupart des critiques ne savent pas écrire de livres et pourtant ils savent comment faire », Alexis Lecaye s'est investi dans la rédaction d'ouvrages, essayant sa plume tout d'abord en composant un essai "Les pirates du Paradis" qui traite de la SF, bien évidemment, puis dans l'écriture de romans policiers.

D'abord, première question, celle que je posais in petto et en préambule, pourquoi ne vous voit-on jamais dans les festivals ? Pour les raisons déjà évoquées ou par pudeur, par timidité, parce que vous ne vous sentez pas à l'aise au contact de vos confrères ?
Parce que je me sens plus à l'aise devant mon micro ordinateur ou à une réunion de travail avec moins de six personnes.

Si la SF vous intéressait, pourquoi ne pas avoir continué dans cette voie en écrivant des romans de ce genre ?
Parce que j'avais plus de plaisir à en lire qu'à en écrire. Et je n'étais pas mûr pour l'écriture.

Et maintenant cela ne vous tente plus ? La SF serait-elle plus difficile à écrire que le Polar, car ne vous sentant pas mûr pour l'écriture vous vous êtes lancé quand même dans la rédaction d'ouvrages historico-policiers ?
Tout est difficile. Parfois on a envie d'écrire certaines choses, et d'autres fois, on a envie d'écrire d'autres choses. D'autre part un auteur ne peut faire complètement abstraction du public. Y'a-t-il encore des lecteurs de SF ?

dissolution.jpg"La dissolution" est votre premier roman publié. Est-ce le premier écrit ?
Oui

Plus que l'histoire et l'intrigue, était-ce la plongée parmi les militants d'un parti politique qui vous tenait le plus à cœur ?
Oui. Enfin la plongée dans le milieu étudiant des années 70.

Le deuxième roman "Marx et Sherlock Holmes" vous consacre, en tant qu'auteur. Vous vous attaquez à un mythe et en même temps vous plongez dans l'histoire, plongée que nous retrouverons dans d'autres œuvres telles que "Les chemins de Sigmaringen" ou "Les carnets secrets d'Hyppolite Vernet". Quelle place accordez-vous à l'Histoire avec un grand H ?
J'aime l'Histoire. J'éprouve un intérêt particulier pour le 3ème tiers du XIXème siècle.

Outre "Marx et Sherlock Holmes" vous ajoutez à la fameuse saga holmésienne un second roman "Einstein et Sherlock Holmes". Ce personnage vous-a-t-il profondément marqué lors de vos lectures enfantines ?
On peut le dire.

Seriez-vous tenté aujourd'hui de jouer avec d'autres personnages de la littérature policière et lesquels ? Marlowe, l'homme aux orchidées, Miss Marple, Maigret, ou d'autres ...
Non.

Après quelques autres romans vous prenez le pseudonyme d'Alexandre Terrel. Einstein-et-Sherlock.jpgPourquoi ?
A la demande de mon éditeur Claude Durand, chez Fayard, pour ne pas interférer avec mes autres romans.

Votre entrée au Masque s'effectue avec "Rendez-vous sur ma tombe" qui bénéficie d'un lancement pour le moins inédit puisqu'il est adapté avant sa parution en feuilleton et les cassettes sont diffusées sur des radios libres. Le livre a-t-il été écrit avant le feuilleton ou est-ce l'adaptation du dit feuilleton ?
L'adaptation, si mes souvenirs sont bons.

Suivent quelques romans dont "Le témoin est à la noce", "La morte à la fenêtre", etc... puis c'est la saga d'un personnage enquêteur sortant de l'ordinaire : le héros est un croque-mort. Vous lui consacrerez 7 livres. Comment vous est venue l'idée d'un tel personnage et pourquoi l'avoir abandonné ? Fera-t-il l'objet d'une adaptation télévisée ?
L'idée m'est venue par élimination : quel personnage ayant un rapport étroit avec la mort n'avait pas encore été traité dans le polar ? Pour l'adaptation, pas la moindre idée.

Oui, mais pourquoi l'avoir lâchement abandonné en cours de route et au milieu de ses cercueils ?
Lâchement ? On s'est séparés d'un commun accord après sept aventures communes.

"Un Week-end à tuer" parait directement au Livre de Poche sans passer par la filière habituelle, puisque en général, cette collection ne publie (ne publiait à l’époque) que des rééditions. Comment se fait-il? Anachronisme sur la couverture apparait le nom d'Alexis Lecaye, et à l'intérieur c'est Terrel qui est annoncé comme auteur. Erreur d'impression ?
Michel Averlant, mon éditeur au Masque, aimait beaucoup "Week-end à tuer" mais jugeait que le Masque n'était pas encore prêt à accueillir ce genre de thriller. Il s'est battu pour le faire éditer directement au Livre de Poche et l'a repris plus tard. Pour ce qui est des noms, c'est probablement une confusion. Je ne l'avais jamais remarqué...

croquemort.jpgEnsuite vous écrivez d'autres romans dont les personnages pourraient se retrouver dans de nouvelles aventures. Pourquoi ne pas leur inventer de nouvelles péripéties ?
Parce que je n'en ai pas éprouvé le besoin.

Depuis quelques années vous privilégiez l'écriture de scénarios à celle des romans. D'abord l'adaptation de quelques Imogène, personnage cher à Exbrayat. Etait-ce une idée à vous ou une commande ? Pourquoi avoir changé la nationalité d'Imogène et avoir planté le décor en Bretagne ?

Problèmes d'ajustement à une autre forme et à d'autres exigences d'écriture. C'était une commande. Les choix de nationalité et de décor étaient des choix de production, je le souligne. Une série franco-anglaise aurait imposé des problèmes de coproduction quasiment insurmontables.

Qu'avez vous ressenti en écrivant ces adaptations?
Un grand plaisir quand je recevais mon chèque.

Ensuite arrivent Deux flics à Belleville et surtout Julie Lescaut. Comment est née Julie Lescaut. Vous attendiez vous à un tel succès ? Etait-ce pour faire le pendant de Navarro ?
Julie Lescaut est née un peu comme le Croque-mort, de mon désir de trouver un personnage de flic tel qu'on n'en avait jamais vu un, et moderne en même temps. Mais cette fois, à la différence du Croque-mort, avec l'idée que ce flic - cette femme - soit une héroïne grand public. Toutefois je ne m'attendais bien attendu pas à un tel succès, même si je l'avais souhaité. Le succès c'est un mélange de facteurs prévisibles et imprévisibles : l'opportunité, l'adéquation du personnage avec le public, l'affection du public pour la comédienne qui interprète le rôle...

Vous sentez-vous plus à l'aise dans l'écriture de scénarios ?
J'ai mis dix ans à apprendre à écrire des scénarios, ce qui me donne une certaine expérience, mais ne signifie pas que j'ai fait le tour du sujet. J'ai et j'aurais toujours beaucoup à apprendre - des autres œuvres, des critiques, en tirant profit de mes erreurs et de mes insuffisances en respectant le don de scénariste inné du public, en jouant avec lui, en le provoquant et en étant aux aguets des moments où il se détache.

Pourquoi n'avoir publié qu'un roman consacré aux aventures de Julie Lescaut ? Julie-lescaut.jpgLe roman a-t-il été écrit avant ou après les débuts de la série télévisée ?
a) Parce que je n'ai pas eu le temps de continuer.
b) Le roman a été écrit avant. La série en découle.

Vous faites partie des auteurs phares français du Masque avec Paul Halter et Michel Grisolia. Cependant vous jouez dans un registre différent quoique proche de celui de Grisolia. Auriez-vous envie d'écrire des histoires de chambres closes ?
Le jeu à énigme du roman policier m'intéresse de moins en moins, comme lecteur et comme auteur. Les seuls vrais secrets qui méritent pour moi d'être percés sont ceux de l'âme humaine.

J'ai cherché et je n'ai pas trouvé de nouvelles à votre actif. Une lacune de ma part ? Est-ce un genre littéraire qui ne vous inspire pas ?
J'en écris peu et les garde la plupart du temps pour moi.

L'Histoire est l'un de vos thèmes de prédilection, études obligent, mais vous avez également abord‚ d'autres genres comme le fantastique avec "L’île des magiciennes" puis effleuré l'espionnage avec "Le bagnard, la voyante et l'espion". Reviendrez-vous à ce type d'ouvrage ?
Peut-être.

1984 fut une année faste pour vous puisqu'elle se concluait avec deux Prix. Depuis plus rien. (A ma connaissance) Attachez-vous de l'importance à ce genre de distinction.
Ça fait plaisir, mais on s'en passe très bien.

Quels sont vos projets ?
Un gros roman qui se passe en partie à la fin du XXème siècle, et en partie aux deux tiers du XIXème siècle. La suite de Julie Lescaut et bien d'autres projets pour la télé, comédies, comédies dramatiques, aventures...

Heureusement qu'Alexis Lecaye est plus disert dans ses romans ! Il semble faire partie de ces auteurs que la moindre interview rebute, ne se sentant pas à l'aise pour répondre. L'inconvénient d'effectuer un entretien par courrier. Serait-il plus disert devant un micro ? Pourquoi pas. J'ai eu l'impression de jouer le rôle de la jouvencelle extirpant les comédons de son acnéique amoureux. Pardon pour l'image. Il ne nous reste plus qu'à nous replonger dans son œuvre ou à regarder à la télé les aventures de Julie Lescaut la piquante commissaire de police magnifiquement interprétée par Véronique Genest.

Cet entretien a été réalisé en 1996 et publié dans la revue 813.

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Published by Oncle Paul - dans Entretiens-Portraits
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