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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 15:18

Après Dame de Pique, Dame de Carreau et Dame de cœur, Alexis Lecaye abat sa dernière carte et complète son carré gagnant avec Dame de trèfle.

Lorsqu’elle aperçoit deux hommes, à travers la vitrine du magasin parisien où elledame-trefle.gif officie en tant que caissière, sortir d’une camionnette de l’autre côté de la rue et qu’elle les reconnait, Camille est prise de panique. Il lui faut absolument leur échapper. Elle passe par l’arrière du magasin et convainc une automobiliste qui passe de la prendre en charge. Après lui avoir écrit sur un bout de papier les numéros de téléphone de ses enfants et d’un avocat, elle descend du véhicule et court vers une petite rue qui mène à un pont. Mais les deux hommes l’ont repérée et son corps est retrouvé le lendemain matin entre deux bennes sur la chaussée de l’autre côté du pont. Elle est mal en point mais vivante. Le commissaire Martin de la Criminelle et son équipe sont chargés de l’enquête, et ils relèvent quelques anomalies en compagnie des membres de l’identité judiciaire. Tout de suite la thèse du suicide est écartée. La jeune femme est emmenée à l’hôpital Saint Antoine et mise en coma artificiel. Sur place les premiers examens supposent qu’elle serait tombée sur quelque chose qui aurait été déplacé par la suite et subtilisé, et l’ADN des taches de sang qui stagnaient près du corps laissent à penser qu’elles proviennent d’un individu possédant un proche lien de parenté avec la victime. Armony, la femme qui a été abordée par Camille, travaille dans un peep-show et elle ne sait que faire du papier de sa passagère d’un moment. Elle le jette mais prise de remord elle veut le récupérer. Celui-ci a disparu, heureusement elle possède une mémoire des chiffres phénoménale et elle se présente à la police. Seulement elle tombe sur un policier borné qui la met en garde à vue. Lorsque Martin apprend cette bavure, car il s’agit bien d’une bavure, il essaie d’amadouer Armony. Ce qu’il ignore, c’est que l’un des hommes, un Canadien, qui pourchassait Camille est sur les traces d’Armony afin de juguler ses initiatives d’aider à retrouver la jeune femme. Pendant ce temps les deux enfants de Camille attendent le retour de leur mère.

Martin, même s’il essaie de ne pas mélanger vie professionnelle et vie familiale, va se trouver confronté à un problème qui le perturbera tout le long du bon déroulement de son enquête. Il se réveille dans un lit qui n’est pas le sien, dans une pièce et auprès d’une femme qu’il ne connait pas. Une amnésie partielle, et tout ça à cause d’un petit bonhomme vert, alors qu’il venait d’apercevoir son ancienne compagne Marion en voiture, son fils à l’arrière du véhicule. Cette liaison d’une soirée interfère dans sa vie professionnelle et lui occasionnera même quelques désagréments corporels de la part d’un individu qui se sait ou se croit tout puissant.

dame trèfleCe nouveau roman d’Alexis Lecaye, qui revient progressivement à la littérature après avoir durant des années sacrifié au mythe de Julie Lescaut, ne s’inscrit donc pas comme une banale enquête. Découvrir qui a poussé Camille par-dessus le parapet d’un pont, rechercher son identité, le lieu de son domicile et de ses enfants, traquer cet homme qui bientôt se mettra en travers de la route de Martin et de son équipe, ce Canadien qui dirige sous couvert d’une entreprise une secte particulière, l’apport non négligeable d’Armony et de Ludo la patronne du peep-show, plus quelques autres figures dont l’ex-femme de Martin, sa fille et son ex-compagne, apporte le petit plus qui enrichit en humanité cette histoire poignante et émouvante. D’autant que de courts intermèdes donnent la parole à la fille aînée de Camille, qui doit se substituer à sa mère auprès de son petit frère et des tâches ménagères. La course contre la montre engagée à la recherche du Canadien, un manipulateur qui possède plusieurs cordes à son arc et des identités qu’il endosse comme un illusionniste, est vécue par le lecteur spectateur comme s’il participe activement à l’enquête. Car il est informé des différents rebondissements, en direct, des informations auxquelles les policiers n’auront accès que progressivement. Soit par intuition, soit grâce aux méthodes rigoureuses de Bélier, la responsable de l’Identité judiciaire, sans oublier les apports fournis par une inspectrice de l’IGS, une ancienne collègue de Martin. Un livre haletant que le lecteur dévore tout en ayant une impression de réminiscence d’un fait-divers, pas aussi tragique heureusement, qui s’est déroulé il y a quelques années entre la France et le Canada.

Citation : Ce flic, c’était la connerie administrative à l’état pur. Il y en avait beaucoup comme lui, de plus en plus, mal formés, dont les motivations étaient dès le départ plus que suspectes, et une fois leurs examens au rabais passés, leur fonction leur donnait un pouvoir de nuisance sans rapport avec leurs capacités.

Alexis LECAYE : Dame de trèfle. Le Masque Grands Formats.

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 14:02

La parution du nouveau roman d’Alexis Lecaye : Loup y es-tu ? m’incite à vous proposer un entretien avec l’auteur réalisé pour la revue 813 et publié en 1996. C’était à une époque au cours de laquelle Alexis Lecaye était fort occupé par la série télévisée Julie LescautLecaye.jpg dont il est l’heureux papa.

Né le 22 août 1951, cet homme que l'on ne voit guère, pour ne dire pas jamais dans les festivals et autres lieux de rencontre des auteurs de polars - oubli de la part des organisateurs ou préférence de l'écrivain à rester claquemuré dans son antre ? Après une maîtrise d'histoire, quelques petits boulots, une incursion dans le cinéma et la composition de story-boards, a disséqué pour le Monde les parutions de S.F. en tant que chroniqueur. Puis peut-être pour contredire Ky, lequel affirme dans Pour le Roi de Prusse (L'Atalante) que « La plupart des critiques ne savent pas écrire de livres et pourtant ils savent comment faire », Alexis Lecaye s'est investi dans la rédaction d'ouvrages, essayant sa plume tout d'abord en composant un essai "Les pirates du Paradis" qui traite de la SF, bien évidemment, puis dans l'écriture de romans policiers.

D'abord, première question, celle que je posais in petto et en préambule, pourquoi ne vous voit-on jamais dans les festivals ? Pour les raisons déjà évoquées ou par pudeur, par timidité, parce que vous ne vous sentez pas à l'aise au contact de vos confrères ?
Parce que je me sens plus à l'aise devant mon micro ordinateur ou à une réunion de travail avec moins de six personnes.

Si la SF vous intéressait, pourquoi ne pas avoir continué dans cette voie en écrivant des romans de ce genre ?
Parce que j'avais plus de plaisir à en lire qu'à en écrire. Et je n'étais pas mûr pour l'écriture.

Et maintenant cela ne vous tente plus ? La SF serait-elle plus difficile à écrire que le Polar, car ne vous sentant pas mûr pour l'écriture vous vous êtes lancé quand même dans la rédaction d'ouvrages historico-policiers ?
Tout est difficile. Parfois on a envie d'écrire certaines choses, et d'autres fois, on a envie d'écrire d'autres choses. D'autre part un auteur ne peut faire complètement abstraction du public. Y'a-t-il encore des lecteurs de SF ?

dissolution.jpg"La dissolution" est votre premier roman publié. Est-ce le premier écrit ?
Oui

Plus que l'histoire et l'intrigue, était-ce la plongée parmi les militants d'un parti politique qui vous tenait le plus à cœur ?
Oui. Enfin la plongée dans le milieu étudiant des années 70.

Le deuxième roman "Marx et Sherlock Holmes" vous consacre, en tant qu'auteur. Vous vous attaquez à un mythe et en même temps vous plongez dans l'histoire, plongée que nous retrouverons dans d'autres œuvres telles que "Les chemins de Sigmaringen" ou "Les carnets secrets d'Hyppolite Vernet". Quelle place accordez-vous à l'Histoire avec un grand H ?
J'aime l'Histoire. J'éprouve un intérêt particulier pour le 3ème tiers du XIXème siècle.

Outre "Marx et Sherlock Holmes" vous ajoutez à la fameuse saga holmésienne un second roman "Einstein et Sherlock Holmes". Ce personnage vous-a-t-il profondément marqué lors de vos lectures enfantines ?
On peut le dire.

Seriez-vous tenté aujourd'hui de jouer avec d'autres personnages de la littérature policière et lesquels ? Marlowe, l'homme aux orchidées, Miss Marple, Maigret, ou d'autres ...
Non.

Après quelques autres romans vous prenez le pseudonyme d'Alexandre Terrel. Einstein-et-Sherlock.jpgPourquoi ?
A la demande de mon éditeur Claude Durand, chez Fayard, pour ne pas interférer avec mes autres romans.

Votre entrée au Masque s'effectue avec "Rendez-vous sur ma tombe" qui bénéficie d'un lancement pour le moins inédit puisqu'il est adapté avant sa parution en feuilleton et les cassettes sont diffusées sur des radios libres. Le livre a-t-il été écrit avant le feuilleton ou est-ce l'adaptation du dit feuilleton ?
L'adaptation, si mes souvenirs sont bons.

Suivent quelques romans dont "Le témoin est à la noce", "La morte à la fenêtre", etc... puis c'est la saga d'un personnage enquêteur sortant de l'ordinaire : le héros est un croque-mort. Vous lui consacrerez 7 livres. Comment vous est venue l'idée d'un tel personnage et pourquoi l'avoir abandonné ? Fera-t-il l'objet d'une adaptation télévisée ?
L'idée m'est venue par élimination : quel personnage ayant un rapport étroit avec la mort n'avait pas encore été traité dans le polar ? Pour l'adaptation, pas la moindre idée.

Oui, mais pourquoi l'avoir lâchement abandonné en cours de route et au milieu de ses cercueils ?
Lâchement ? On s'est séparés d'un commun accord après sept aventures communes.

"Un Week-end à tuer" parait directement au Livre de Poche sans passer par la filière habituelle, puisque en général, cette collection ne publie (ne publiait à l’époque) que des rééditions. Comment se fait-il? Anachronisme sur la couverture apparait le nom d'Alexis Lecaye, et à l'intérieur c'est Terrel qui est annoncé comme auteur. Erreur d'impression ?
Michel Averlant, mon éditeur au Masque, aimait beaucoup "Week-end à tuer" mais jugeait que le Masque n'était pas encore prêt à accueillir ce genre de thriller. Il s'est battu pour le faire éditer directement au Livre de Poche et l'a repris plus tard. Pour ce qui est des noms, c'est probablement une confusion. Je ne l'avais jamais remarqué...

croquemort.jpgEnsuite vous écrivez d'autres romans dont les personnages pourraient se retrouver dans de nouvelles aventures. Pourquoi ne pas leur inventer de nouvelles péripéties ?
Parce que je n'en ai pas éprouvé le besoin.

Depuis quelques années vous privilégiez l'écriture de scénarios à celle des romans. D'abord l'adaptation de quelques Imogène, personnage cher à Exbrayat. Etait-ce une idée à vous ou une commande ? Pourquoi avoir changé la nationalité d'Imogène et avoir planté le décor en Bretagne ?

Problèmes d'ajustement à une autre forme et à d'autres exigences d'écriture. C'était une commande. Les choix de nationalité et de décor étaient des choix de production, je le souligne. Une série franco-anglaise aurait imposé des problèmes de coproduction quasiment insurmontables.

Qu'avez vous ressenti en écrivant ces adaptations?
Un grand plaisir quand je recevais mon chèque.

Ensuite arrivent Deux flics à Belleville et surtout Julie Lescaut. Comment est née Julie Lescaut. Vous attendiez vous à un tel succès ? Etait-ce pour faire le pendant de Navarro ?
Julie Lescaut est née un peu comme le Croque-mort, de mon désir de trouver un personnage de flic tel qu'on n'en avait jamais vu un, et moderne en même temps. Mais cette fois, à la différence du Croque-mort, avec l'idée que ce flic - cette femme - soit une héroïne grand public. Toutefois je ne m'attendais bien attendu pas à un tel succès, même si je l'avais souhaité. Le succès c'est un mélange de facteurs prévisibles et imprévisibles : l'opportunité, l'adéquation du personnage avec le public, l'affection du public pour la comédienne qui interprète le rôle...

Vous sentez-vous plus à l'aise dans l'écriture de scénarios ?
J'ai mis dix ans à apprendre à écrire des scénarios, ce qui me donne une certaine expérience, mais ne signifie pas que j'ai fait le tour du sujet. J'ai et j'aurais toujours beaucoup à apprendre - des autres œuvres, des critiques, en tirant profit de mes erreurs et de mes insuffisances en respectant le don de scénariste inné du public, en jouant avec lui, en le provoquant et en étant aux aguets des moments où il se détache.

Pourquoi n'avoir publié qu'un roman consacré aux aventures de Julie Lescaut ? Julie-lescaut.jpgLe roman a-t-il été écrit avant ou après les débuts de la série télévisée ?
a) Parce que je n'ai pas eu le temps de continuer.
b) Le roman a été écrit avant. La série en découle.

Vous faites partie des auteurs phares français du Masque avec Paul Halter et Michel Grisolia. Cependant vous jouez dans un registre différent quoique proche de celui de Grisolia. Auriez-vous envie d'écrire des histoires de chambres closes ?
Le jeu à énigme du roman policier m'intéresse de moins en moins, comme lecteur et comme auteur. Les seuls vrais secrets qui méritent pour moi d'être percés sont ceux de l'âme humaine.

J'ai cherché et je n'ai pas trouvé de nouvelles à votre actif. Une lacune de ma part ? Est-ce un genre littéraire qui ne vous inspire pas ?
J'en écris peu et les garde la plupart du temps pour moi.

L'Histoire est l'un de vos thèmes de prédilection, études obligent, mais vous avez également abord‚ d'autres genres comme le fantastique avec "L’île des magiciennes" puis effleuré l'espionnage avec "Le bagnard, la voyante et l'espion". Reviendrez-vous à ce type d'ouvrage ?
Peut-être.

1984 fut une année faste pour vous puisqu'elle se concluait avec deux Prix. Depuis plus rien. (A ma connaissance) Attachez-vous de l'importance à ce genre de distinction.
Ça fait plaisir, mais on s'en passe très bien.

Quels sont vos projets ?
Un gros roman qui se passe en partie à la fin du XXème siècle, et en partie aux deux tiers du XIXème siècle. La suite de Julie Lescaut et bien d'autres projets pour la télé, comédies, comédies dramatiques, aventures...

Heureusement qu'Alexis Lecaye est plus disert dans ses romans ! Il semble faire partie de ces auteurs que la moindre interview rebute, ne se sentant pas à l'aise pour répondre. L'inconvénient d'effectuer un entretien par courrier. Serait-il plus disert devant un micro ? Pourquoi pas. J'ai eu l'impression de jouer le rôle de la jouvencelle extirpant les comédons de son acnéique amoureux. Pardon pour l'image. Il ne nous reste plus qu'à nous replonger dans son œuvre ou à regarder à la télé les aventures de Julie Lescaut la piquante commissaire de police magnifiquement interprétée par Véronique Genest.

Cet entretien a été réalisé en 1996 et publié dans la revue 813.

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Published by Oncle Paul - dans Entretiens-Portraits
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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 18:53

Détective privé, Gérard Lernaf s’occupe surtout d’adultères, et cela lui rapporte assez pour vivre. Il possède ses habitudes auxquelles il consacre son temps libre avec plaisir : dégustation de Côtes du Rhône et autres breuvages en compagnie de son ami le commandantbutin-Vatican.jpg Emile Dujardin et séances de massages améliorées chez sa belle voisine Elodie. Pourtant l’appel téléphonique qui le perturbe ce matin ne manque pas de la surprendre.

Un prêtre, qui prétend être délégué par le Vatican, requiert ses services. Rendez-vous est pris pour le lendemain, et Lernaf suppose, à juste titre, que cette fois il ne va pas être embauché pour une histoire de cocufiage. Le lendemain matin, à peine sorti des brumes dans lesquelles Bacchus l’a complaisamment enveloppé la veille au soir en compagnie de ami de comptoir Emile, Lernaf aperçoit dans la rue, cherchant l’immeuble dans lequel il gîte, son client potentiel. Lernaf n’aura jamais l’heur de converser avec le religieux. Celui-ci est abattu par un homme qui tient une arme munie d’un silencieux (plus exactement un réducteur de son) et qui tient à la place du passager dans un véhicule immatriculé en Italie. L’homme veut descendre de la voiture mais il n’en a pas le temps car deux motards arrivent pleins gaz. Les chevaliers des temps modernes glissent sur la chaussée glacée et se fracassent le crâne. La voiture repart précipitamment tandis que la police et les secours arrivent uniquement pour constater les dégâts. Sur place, tandis que tout ce petit monde s’agite, Lernaf en profite pour récupérer un tube en cuir, le cache sous ses vêtements et remonte chez lui. A l’intérieur du cylindre en cuir est enroulé un tableau. Vérification faite il s’agit d’une œuvre d’un certain Frans Hals, né au milieu des années 80. 1580 pour être précis. Et voilà Lernaf embarqué à nouveau dans une sombre histoire de tableaux. Mais cela n’est pas forcément pour lui déplaire car il va faire de nouvelles connaissances à la plastique parfaite.

D’abord Maria, sœur Maria, qui se présente comme appartenant aux services secrets du Vatican et souhaite récupérer le tableau. Les dénégations de Lernaf n’y font rien. La belle, oui j’ai omis de vous préciser que la religieuse est belle à se faire damner un saint, la belle donc l’a photographié en train de récupérer le tube de cuir. Lernaf affirme, et il peut en jurer qu’il ne possède pas, plus, l’objet. En effet il l’a confié à sa voisine masseuse, mais ça il omet de l’avouer. Une première incursion féminine dans cette histoire qui est suivie par une autre jeune et belle femme, dont les atouts, là encore, se présentent avantageusement grâce à son opulente poitrine. Tout comme la première. Elle possède un ami commun avec Lernaf qui vit en Israël. En réalité elle émarge au Mossad, Lernaf ne l’est pas pour autant. Maussade !

Rachel en effet s’invite dans un imbroglio qui devient une partie carrée à cinq : Dujardin et son adjoint Gérard, bousculés par le divisionnaire Fabre, Sœur Maria et ses compagnons, Rachel et ses gardes du corps, une représentante de la DCRI plus quelques islamistes qui jettent la pagaille dans l’embrouillamini créé par ce tableau. En effet celui-ci serait l’un des très nombreux objets précieux entreposés au Vatican depuis la seconde guerre mondiale, un trésor confié ou récupéré auprès des Nazis afin de les aider à échapper à la justice.

Frans-hals.jpgParmi tous ces personnages savoureux qui gravitent dans ce roman haut en couleurs, je retiendrai Emile Dujardin, un commissaire avec qui l’on passerait volontiers à table étant donné son coup de fourchette phénoménal, et son gosier en pente qui ingurgite bières sur bières, verres de Côtes du Rhône sur ballons de Côtes du Rhône. Et Lernaf – avez-vous remarqué l’anagramme avec l’auteur – n’est pas en reste, partageant les agapes avec voracité, d’une façon moins prégnante que celle de Dujardin concernant les solides mais tout aussi gloutonne pour les liquides. Autre particularité de Dujardin, il assène à satiété proverbes, dictons et autres maximes, mais en en changeant un mot, ce que relève Lernaf qui corrige les erreurs. Le lecteur amusé pourra essayer de rétablir ces sentences dans leur forme originelle même si, comme le détective, il peut être amené à penser que le policier est parfois un peu lourd.

Ce roman roboratif (pour une fois ce mot justifie entièrement le contexte) possède l’ambiance, toutes proportions gardées, qui imprégnait les œuvres de Peter Cheney avec un héros avalant à fortes doses du whisky sans être véritablement incommodé le lendemain. Une atmosphère dans laquelle les protagonistes provenant de milieux divers évoluaient, se catapultaient, mêlant l’espionnage et le policier.

A lire et à déguster, vous n’en sortirez pas la tête embrumée par des vapeurs d’alcool délétères. Et peut-être est-ce dû à la consommation effrénée de boissons alcoolisées que le héros, qui s’exprime à la première personne du singulier, est transporté à un certain moment à l’hôpital de la Salpêtrière et quelques pages plus loin se trouve coincé, en compagnie avec une infirmière accorte, à l’hôpital Lariboisière.

Le tableau représente un autoportrait de Frans Hals.

Joseph FARNEL : Le butin du Vatican. Editions Pascal Galodé. 320 pages. 20€

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 13:54

Pour tous ceux qui auraient une petite faim, je vous propose en hors d’œuvre de grignoter un Poulpe, accompagné d’un ti’ punch antillais et corsé, ce qui n’est marchande-dose.jpgpas incompatible. Le cadavre d’une jeune femme retrouvé sur une plage de la Guadeloupe alors que le bateau qu’elle barrait s’est perdu en pleine mer, voilà de quoi laisser songeur le Poulpe et surtout ses amis du restaurant Au pied de porc de la Sainte Scolasse. La version annoncée par un journaliste local qui ne possède aucun renseignement mais n’hésite pas à écrire un papier sur un probable trafic de drogue, ne convainc ni le Poulpe ni ses amis qui n’hésitent pas à le titiller pour qu’il se rende sur place. Gabriel n’a pas le temps de profiter du farniente et se laisser aller à bronzer sur les plages de sable blond ou noir. A cause du décalage horaire et des moustiques par trop affectueux qui ne songent qu’à lui embrasser la couenne, le Poulpe se réveille à trois heures du matin, un violent désir de bière lui chatouillant les papilles. Dans un bar il converse avec un ancien soudeur reconverti dans l’absorption de rhum blanc. Ce qui n’empêche pas le brave homme d’avoir une opinion bien personnelle de l’accident. Pour lui il s’agit tout simplement d’une façon toute bête de se faire de l’argent sur le dos de l’état. Et de lui démontrer ipso facto que grâce à la défiscalisation « y’a le pognon, mais pas la sueur ». C’est-à-dire le moyen « honnête », ou plutôt légal, d’arrondir son pécule en profitant des largesses de l’état. Le seul principe de base étant de posséder déjà un apport. Le Poulpe ne sait résister à un joli sourire, surtout s’il émane d’une Créole avenante. Celle qui le lui adresse travaille dans les assurances et était amie avec la défunte, il n’a aucune raison de la rembarrer. De plus elle connaît le pays, ses mœurs et coutumes et comme il sait se montrer affectueux lorsqu’elle est confrontée à des problèmes relationnels, rien ne s’oppose à une entente plus que cordiale. Jacques Vettier, qui a déjà écrit quelques bons romans mettant en scène Carole Memoni, une juge d’instruction dont la dernière enquête se déroule justement dans les Antilles, place l’intrigue dépaysant mais dont il connaît les arcanes. Il ne se contente pas de nous offrir une carte postale touristique dédiée au Poulpe, il démontre que sous le charme antillais parfois trop élogieux existe aussi une contrée subissant des problèmes. Il entraîne également le lecteur dans les méandres d’une juridiction fiscale complexe qui peut laisser rêveur ceux qui recherchent comment payer moins d’impôts. Un bon Poulpe qui sort de l’ordinaire et propose une enquête qui sort d’un classicisme devenu par trop commun.

Jacques Vettier : La petite marchande de doses. Le Poulpe N° 133, éditions Baleine. 8€.

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 15:06

Enquêteur indépendant, Bruno Rijkeers vient d’accomplir avec succès une mission au Brésil, à Sao Paulo, pour le compte d’une officine privée, le GESGC, qui œuvre dans l’espionnage industriel et autres activités plus ou moins avouables et honnêtes. Il a réussi à contractors.jpgdévoyer un employé de l’Embraer, société aéronautique brésilienne en concurrence avec Dassault, pour des ventes d’appareils d’aviation militaire ce qui a permis à la France de conclure un contrat concernant l’achat de vingt-cinq Falcon avec la Chine. Il en a profité pour inspecter une société chinoise qui emploie une équipe du GESGC. A peine rentré il se voit confier une nouvelle mission.

A Sao Paulo, des membres d’une société secrète, le Cygne blanc, dépendant officieusement de la marine brésilienne, s’inquiètent d’une fuite probable concernant les intérêts de l’Embraer. Thomas Pinheiro de Lima, militaire dans la marine, est très attaché aux valeurs de la nation. Son ami Gustavo Minielli, Guga pour les intimes, s’est lui aussi engagé dans la marine alors qu’il aurait pu devenir avocat. Si Guga est d’extraction populaire, Thomas lui est issu de l’aristocratie du café, dont les ancêtres ont acquis leur fortune par la culture de cette plante. Guga est amoureux de la sœur de Thomas, en pure perte. Les deux amis font partie du Cygne blanc et le contrat avorté de l’Embraer leur reste en travers de la gorge. Mais ils ont localisé l’origine de la fuite et retrouvé la trace d’un certain Bruno Roger, un Français. Une autre affaire les inquiète.

Au cœur de l’Amazonie une société chinoise débite des essences rares d’arbres, afin de les exploiter et tranformer en Chine. Un commando dépendant du GESGC est chargé de protéger les bûcherons. Sous la houlette de Stéphane quelques hommes, Boiselet aux idées d’extrême droite, Johannes l’Afrikaner, Boris le Russe, surveillent les parages afin d’éviter toute intrusion intempestive. Ce sont des mercenaires, dénommés aujourd’hui des contractors, terme plus correctement politique. A bord d’un petit patrouilleur à moteur Thomas, Guga et d’autres membres du Cygne blanc, remontent l’Amazone et sont accueillis par des salves d’armes automatiques meurtrières. Guga décède et Thomas est bien décidé à le venger. Le repli est ordonné, direction le port fluvial de Manaus. Car Thomas est persuadé que les grumes vont être embarquées à bord d’un navire chinois direction l’Empire céleste.

Stéphane et ses compagnons sont chargés de la protection du porte-conteneur et arrivés quasiment dans les eaux internationales des bâtiments brésiliens tentent de les arraisonner. Mais leurs poursuivants sont obligés de faire demi-tour sous la menace de bateaux de guerre. Thomas est désappointé mais il n’a pas l’intention de baisser les bras.

Pendant ce temps, Samir, jeune journaliste travaillant pour une agence d’informations, est contacté par un certain Bruno pour effectuer un reportage sur les réunions d’une secte qui n’est autre qu’une résurgence de l’ordre des Templiers. Son reportage jette un grand désarroi dans le monde politique et gouvernemental.

Ceci clôt la première partie. Dans la seconde, nous retrouvons les mêmes protagonistes autour d’une affaire qui inquiète le gouvernement français. Un groupuscule terroriste qui se nomme FZA menace, par l’envoi de lettres, de poser des bombes sur le réseau ferré si une forte somme d’argent ne lui est pas remise.

contractorsCe roman en deux parties qui traitent d’affaires différentes mais avec les mêmes protagonistes s’articule un peu comme un roman-feuilleton. Pur roman d’aventures, il intègre le thriller, le policier, la politique fiction avec en conclusion une morale qui peut plaire ou déplaire mais reste plausible. Il est évident que l’articulation autour du groupe de pression à caractère terroriste n’est pas sans rappeler des événements qui se sont déroulés il y a déjà plusieurs mois et qui depuis est une affaire enterrée sans que le public en connaisse véritablement l’épilogue et les arcanes. L’auteur nous entraine dans les couloirs des officines privées qui sévissent en France et dans divers pays de la planète, dans le monde des médias, des sectes, des jalousies entre hommes politiques et démonte les manipulations des uns et des autres. Une fiction qui par certains côtés puise ses éléments de narration dans des situations vécues ou qui pourraient être véridiques mais que le citoyen lambda ignore parce qu’il n’est pas bon de révéler la vérité. Et lorsque des fuites se produisent, c’est à celui qui déclarera le plus fort, la main sur le cœur, combien il est attaché aux valeurs de la République. Le poisson est rapidement noyé par d’autres affaires qui servent d’écrans de fumée.

Un roman réjouissant qui peut se lire au premier comme au deuxième degré, selon les convictions du lecteur, mais qui ne peut laisser indifférent sauf si celui-ci se laisse guider dans ses pensées et ses convictions comme un mouton de Panurge.

Le roman est complété par un cahier documentaire de Jacques Massey, intitulé : Adieu les mercenaires, vive les contractors.

Marc WILHEM : Contractors. Editions Scrineo. 320 pages. 19€

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 09:06

C’est une bien sale affaire qui échoit à Sacha Duguin, promu commandant à la criminelle sous les ordres d’Arnaud Mars, lequel l’a préféré à la non moins compétente Emmanuelle guerre saleCarle. Le cadavre carbonisé d’un homme a été retrouvé sous le plongeoir de la piscine olympique de Colombes dans la proche banlieue parisienne et les gendarmes se sont débarrassés promptement de l’enquête. L’homme dont l’identité va être bientôt révélée, a été assassiné, un pneu passé au tour du cou et menotté. De l’essence, une allumette et en un rien de temps il est devenu un brasier vivant. Un meurtre qui sent, outre le caoutchouc brûlé, le souffre car Florian Vidal, tel est son nom, vivait dans l’ombre de Richard Gratien, avocat d’affaires spécialisé dans les contrats d’armement. Florian Vidal, issu d’un milieu très modeste, a débuté sa carrière comme chauffeur de Gratien, puis peu à peu est devenu son assistant, son bras droit, son ami. Sa femme Nadine, pénaliste elle-même, n’appréciait guère cette entente confinant presque parfois à des rapports père fils entre les deux hommes. Richard Gratien, connu aussi sous le sobriquet de monsieur Françafrique, a partie liée avec Candichard, un ex-ministre dont l’espérance de se présenter aux présidentielles est annihilée par une vague histoire de rétro commission. Le portable amélioré de Vidal est retrouvé au fond de la piscine. Inutilisable, la puce s’étant volatilisée dans la nature. Mais il est bien connu que les puces n’apprécient pas le contact de l’eau javellisée. Ce qui n’arrange guère les services de police. Le meurtre de Vidal est similaire à celui de Toussaint Kidjo, un officier de police, survenu cinq ans auparavant.

Lola Jost qui a pris sa retraite depuis un an, lasse de sa fonction de commissaire, est prévenue par un de ses anciens collègues. Or Kidjo, sous un air angélique (je ne pouvais pas la manquer celle-là !) appartenait à son service et Lola n’a toujours pas digéré ce meurtre. En compagnie d’Ingrid Diesel, masseuse le jour et danseuse nue dans un cabaret la nuit, et de Sigmund, un chien dalmatien qui leur a été confié par son propriétaire parti se reposer au soleil, Lola s’immisce dans l’enquête dirigée par Sacha Deguin. Au grand dam de celui-ci. Mais Lola est opiniâtre, persévérante. Son sens de l’enquête, elle n’a pas été commissaire pour rien, l’amène parfois à précéder Duguin dans ses recherches et ses intuitions. Bon gré mal gré ils deviennent obligés, avec l’accord tacite d’Arnaud Mars, à collaborer, à échanger leurs informations. Remontant le temps et les connaissances de Gratien et de Kidjo, ils découvrent qu’un célèbre journaliste du Congo-Kinshasa, Norbert Konaté, a été assassiné quelques mois avant la mort de Kidjo en ayant le temps de remettre à celui-ci un paquet. Konaté aurait été en possession de carnets secrets appartenant à Gratien. Et qui dit secret dit brûlot. Des carnets convoités par le juge d’instruction Sertys. Et quand la DCRI, qui est le mariage arrangé entre les RG et la DGSE, le FBI français, s’en mêle, on ne peut que s’attendre à des embrouilles supplémentaires.

Après un premier chapitre qui ressemble à une feuille de laurier dans un plat de poulet, feuille que l’on jette et dont on se rend compte plus tard que cet ingrédient avait son importance, Dominique Sylvain nous entraîne dans une histoire alambiquée à souhait, comme un puzzle dont toutes les pièces s’emboitent à la perfection à la fin, sauf une qui est manquante. En effet l’épilogue est traité comme une fin ouverte laissant au lecteur le loisir d’imaginer une suite, un prolongement que l’auteure nous livrera peut-être dans un prochain roman. Les moments de décompression nous sont fournis par Ingrid Diesel, une Américaine dont le français est parfois approximatif. Ce qui nous réserve quelques dialogues savoureux. Dominique Sylvain n’est pas avare de bons mots, de petites phrases bien senties, de métaphores hautement jouissives. Ainsi : « La caste des hauts fonctionnaires a remplacé la noblesse de Louis XIV, en reprenant les mêmes mauvaises habitudes. On dépense sans compter, on ne se remet jamais en question et on gouverne de haut ». Ou encore : « Quand la vie dénichait une victime de choix, elle ne détestait pas s’acharner ». Une petite dernière pour la fin ? « Quelque chose me dit qu’une rétro commission n’a rien à voir avec le fait de faire ses courses dans les années cinquante, ajouta Ingrid ». Quant au titre, ne peut-on penser qu’il s’agit d’un pléonasme, une guerre étant par définition sale, sauf la guerre en dentelle, et encore.

Dominique SYLVAIN : Guerre sale. Collection Chemins nocturnes. Editions Viviane Hamy. 350 pages. 18€.

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 14:03

D’abord, ça commence par le doigt, puis la main, et après ? C’est ce que pourrait se demander légitiment le commissaire Van In au début de cette histoire, mais il a d’autres chats à fouetter, pour l’instant, et il n’a pas encore tous les éléments en main justement. aspe.jpg

D’abord une plainte a été enregistrée concernant un exhibitionniste qui sévit dans le parc jouxtant le Concertgebow, la nouvelle salle de théâtre et de concert édifiée dans le cadre des manifestations de Bruges-Culture. La plaignante est Elena Littin, née au Chili en 1947. Elle aurait été récupérée en pleine nuit, complètement affolée, par une patrouille de police. Un certain Paul Verfaille aurait été cambriolé pendant la nuit, du matériel genre téléviseur, magnéto, plus des cartes de crédit, deux tableaux ainsi que sa voiture ayant été volés.

Van In qui n’hésite jamais à se rendre sur place, est souvent accompagné de son fidèle Guido Versavel, de la collante Carinne Neels, et du brigadier Robert Bruynooghe. C’est ce que l’on pourrait appeler des affaires banales, qui ne changent guère de l’ordinaire. Mais il faut que Muriel, débarque des Etats-Unis trainant à sa suite Max, son nouveau fiancé. Hannelore, la compagne de Van In et mère de leurs deux enfants, est contente de retrouver sa cousine enceinte, mais son mode de vie ne lui plait guère. Si ce n’était qu’au point de vue alimentation, cela passerait encore, mais qu’elle se drogue, cela ne ce fait pas. Max doit mettre en scène la pièce qui sera présentée au Concertgebow et qui devrait défrayer la chronique, aidé en cela par Baldomero Duran, son technicien d’origine chilienne

Lorenzo Calandt, le concierge du théâtre, était promis à un bel avenir de danseur, mais un camion en a décidé autrement. Depuis il est handicapé ce qui ne l’empêche pas de remplir sa fonction avec conscience. Et lorsqu’il découvre sur le sol du parking souterrain un doigt qui ne désigne rien de spécifique, sauf qu’il est orphelin de la main à laquelle il était attaché, Lorenzo n’a d’autre possibilité que d’en informer les policiers. Sous l’ongle du doigt solitaire, un auriculaire, le légiste découvre du crottin de cheval. Et il serait inconvenant de penser que ce reliquat de lisier séché provienne de l’oreille du propriétaire de ce petit doigt.

Van In en relisant les rapports qui s’accumulent sur son bureau met le doigt, le sien, sur une coïncidence troublante. Eliane Vancleven, l’amie avec qui Elena Littin avait passé la soirée avant de traverser le parc et se retrouver nez à nez avec… un appendice qui d’habitude est caché, Eliane donc, exploite un centre équestre. Van In n’hésite pas à se rendre sur place en compagnie d’Hannelore, qui est juge d’instruction, et d’interroger la propriétaire. Eliane n’est pas là mais ils peuvent s’entretenir avec sa fille Dina. On ne peut pas dire que leur discussion soit enflammée et pourtant Van In voit s’échapper de la fumée d’un interstice du plafond. Le feu s’est déclaré dans le grenier. Arrivés sur place les pompiers découvrent un corps carbonisé auquel il manque un auriculaire. Il pourrait s’agir de Franck Lernout, le lad.

aspeCe nouveau roman de Pieter Aspe, qui date quand même de 2001, le chemin est long entre la Belgique Flamande et la France, ce nouveau roman de Pieter Aspe avec le commissaire Van In est nettement plus enlevé que le précédent que j’ai lu : Le tableau volé. Plus enlevé, réjouissant, machiavélique et abouti. Il réussit à placer quasiment tous ses personnages dès le début de l’histoire et lorsque le lecteur referme le livre il peut se dire Bon sang, mais c’est bien sûr ! comme s’écriait le célèbre commissaire Bourrel. Approximativement. Car tous les indices, ou presque, sont proposés à la sagacité du lecteur. Mais Pieter Aspe maîtrise son métier et manipule ses personnages comme un marionnettiste. Mais il ne faut pas oublier les avatars que Van In subit, par sa faute parfois, à cause de sa propension à ingurgiter bière sur bière. Ses relations avec ses adjoints sont presque ceux d’un père de famille avec ses enfants. Il lui faut toutefois faire comprendre à Carinne, parfois, qu’elle n’est qu’une subordonnée alors qu’elle lui tourne autour comme une groupie. Versavel, malgré son statut d’homosexuel, se permet quelques privautés envers Hannelore. Et que dire des envies charnelles de Van In lorsqu’il retrouve Hannelore dans son bureau, au grand dam de témoins gênés de ne pas avoir frappé à la porte avant d’entrer.

Quant à l’épilogue, il relève de la Commedia dell’Arte, dans la plus pure tradition du théâtre. D’ailleurs il y aurait beaucoup à dire sur la pièce de théâtre qui est proposée et certains spectateurs peuvent bénéficier lors de l’ultime répétition d’une mise en scène que je ne vous dévoilerai pas, pas comme les actrices qui, elles, le font de leurs charmes. Une pièce qui s’intitule Purgatoire, mais qui aurait tout aussi bien pu être appelée Chili con carne, car outre l’énorme marmite qui sert d’accessoire dans le décor, références sont faites au Chili de Pinochet. On retiendra également l’humour de Van In, humour parfois abscons pour son entourage.

Pieter ASPE : Pièce détachée (Vagevuur – 2001. Traduit du néerlandais belge par Emmanuèle Sandron). Une aventure du commissaire Van In. Editions Albin Michel. 304 pages. 18€.

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 14:01

Le lac d’Amour est considéré comme le lieu mal famé de Bruges, rendez-vous des homosexuels. La découverte d’un corps baignant dans son sang laisse supposer une tentativeaspe2.jpg de meurtre crapuleux, une hypothèse qui ne tient pas longtemps. Un homme, qui déclare avoir découvert le corps et appelé immédiatement les secours, répond aux questions du commissaire Van In, rapidement arrivé sur place. Le témoin, qui se nomme Jaime Ruiz, est Espagnol. Il travaille au Collège d’Europe et parle cinq langues, ce qui arrange Van In, lequel n’a plus besoin d’interprète. En compagnie de ses adjoints, le fidèle Guido Versavel lui aussi homosexuel, Robert Bruynooghe le bourru et l’aguichante Carine Neels, Van In est chargé de l’enquête qui pour leur patron De Kee, toujours énervé, n’est qu’une péripétie sans importance. Il confie une autre mission autrement plus importante à ses yeux : l’exposition Hibrugia. En partenariat avec l’Espagne qui va déléguer des personnalités de marque, le tableau Guernica de Picasso doit être exposé dans une sorte de bunker construit spécialement pour l’occasion sans oublier quelques belles œuvres de Velasquez, du Greco et de Goya. Jos Viaene, la victime, est identifié grâce à un bout de papier retrouvé dans une de ses poches, et les recherches entreprises établissent qu’il travaillait comme agent de sécurité pour les musées de la ville. Dans une sacoche du vélo qui était caché dans un fourré, et appartenant à Jos Viaene, les policiers trouvent le schéma d’une installation d’alarme. Au bas du papier figure une note griffonnée : Ruiz. Mais l’homme donne sa version. Selon lui ce serait plutôt ruis, qui signifie en néerlandais bruit parasite. Van In n’est pas convaincu par cette explication mais il n’en laisse rien paraître.

Sa principale préoccupation est de rencontrer un certain Boedt, le responsable de la sécurité. La mère de Viaene effondrée lâche quelques noms de personnes fréquentant son fils : Guido Jacobus, Olivier Boedt et Els Hocepied. Le premier est le fils d’un antiquaire, le deuxième celui du responsable de la sécurité, et Els Hocepied mannequin de profession. Viaene est dans un coma profond et comme si cela ne suffisait pas un inconnu lui loge une balle dans la tête, ce qui lui évitera de trop parler. Van In et son équipe rencontrent tour à tour les trois individus et quelques pistes se profilent à l’horizon quant à leurs collusions. Du moins entre Els et Ruiz. Mais les événements n’en restent pas là. Un tableau, Le Jugement dernier de Jérôme Bosch, est volé malgré les détecteurs et les alarmes. Or le ou les voleurs sont passés par la seule ouverture qui n’était pas protégée. Mais d’autres cadavres viennent s’immiscer dans le décor, tandis que Boedt décide de se suicider. La piste de l’ETA est avancée et De Kee, le commissaire en chef comme il aime à le rappeler en toutes occasions, vitupère parfois à tort et à travers.

Cette enquête faussement nonchalante mais fortement arrosée, Van In s’abreuvant généreusement de bière et autres boissons dégustées selon les circonstances, se révèle parfois brouillonne et l’épilogue est complètement sinon imprévisible, disons un peu hors sujet. Mais ce sont aussi les à-côtés de l’enquête qui donne du corps à l’histoire. Hannelore, la compagne de Van In, est juge d’instruction et participe activement à l’enquête, accompagnant souvent son homme. Ce qui procure de petits échanges aigre-doux entre le couple, mais aussi des moments de complicités attendrissants et jubilatoires.

Pour le plaisir, quelques citations :

Le mensonge coule aussi facilement de la bouche du diplomate que le lait du pis de la vache.

Etait-ce sa faute si Dieu avait créé la crevette et que le diable y avait ajouté du cholestérol ?

La différence entre une démocratie et une dictature se mesure souvent au temps nécessaire pour que les décisions prises en haut lieu soient appliquées.

Petite réflexion personnelle, je me demande parfois dans quelle catégorie ranger la France.

Pieter ASPE : Le tableau volé. (Zoenoffer – 2001 ; traduit du Néerlandais par Emmanuèle Sandron). Editions Albin Michel. 288 pages. 18€.

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 13:30

Comme c'est l'anniversaire de Thierry SERFATY au jourd'hui, j'en profite pour lui rendre un petit hommage en présentant son premier roman.

Thierry Serfaty, un nouvel auteur, emprunte au fantastique pour menerserfaty1.jpg une enquête dans les milieux de la recherche immunologique et le piratage informatique. Le docteur Jan Helleberg, célèbre pour ses travaux en immunologie, particulièrement sur ses récentes découvertes sur le virus HIV du Sida, est retrouvé mort carbonisé au volant de sa voiture. Une mort accidentelle non mise en doute lors des premières constatations. L’esprit, ou l’âme, d’Helleberg n’est pas satisfait des conclusions et il franchit la barrière de la mort pour revenir parmi les vivants, quelques mois en arrière afin d’entreprendre sa propre quête. Il ne peut détourner le cours du destin, simplement essayer de comprendre ce qui est arrivé, pourquoi, comment, et tenter de démasquer le trublion. Uniquement pour sa satisfaction personnelle.

serfaty2.jpgUne enquête jubilatoire contée dans deux récits croisés d’une part par le défunt, d’autre part par sa petite amie Lara qui se confie peu à peu à une journaliste.

Médecin généraliste dans un hôpital marseillais, connaissant parfaitement les services d’infectiologie et de virologie, Thierry Serfaty joue avec les conventions du genre pour mieux l’appréhender et retourner les situations. Le héros enquête sur sa propre mort mais le propos n’est pas la vengeance. Simplement, tout comme chacun de nous s’est dit un jour si j’avais su, j’aurais agi autrement, le héros s’attache à trouver la vérité. Ce roman est également un réquisitoire envers les laboratoires pharmaceutiques, leur façon de procéder afin de tirer profit des avancées technologiques, mettant au rancart leur mission première, la santé au service de tous.

Le sang des sirènes de Thierry Serfaty. Le Livre de Poche N° 17231. Réédition de Albin Michel (2000).

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 15:14

Gilles Guillon est le directeur de la collection Polars en nord qui va bien fêter son numéro 100. Il a accepté de répondre à quelques questions.

Pourriez-vous nous raconter le parcours des éditions Ravet-Anceau qui existent me semble-t-il depuis le milieu du XIXème siècle ?
Les éditions Ravet-Anceau sont nées en 1853. C’est le plus vieil éditeur du nord de la France. Pendant plus d’un siècle, Ravet-Anceau a édité des annuaires. Tous les Nordistes avaient un « Ravet-Anceau » chez eux. Dans les années 1990, la maison s’est tournée vers la cartographie, mais le marché des cartes et des plans de villes s’est effondré avec l’arrivée du GPS. Il y a dix ans, Ravet-Anceau a dû se diversifier. J’ai été recruté en 2005 pour développer de nouvelles collections.

Vous dirigez la collection Polars en Nord. D’autres collections de romans ravet4.jpgpoliciers ont-elles existé par le passé ou est-ce une première et un virage pour l’éditeur ?
La création de Polars en Nord a été un virage radical pour la maison d’édition. Ça a surpris beaucoup de monde. Passer des cartes routières aux romans policiers était inattendu. Pour autant, nous ne sommes pas partis de zéro. Nord Compo, la maison-mère de Ravet-Anceau, est le n°1 français indépendant du prépresse et fabrique près de 20 % des romans publiés par les grands éditeurs nationaux.

Comment est née l’idée de cette collection et était-ce pour surfer sur la vague du polar régionaliste ?
Je lis des polars depuis plus de trente ans. Au début des années 90, j’avais adoré Le géant inachevé, de Didier Daeninckx, un polar qui se passe à Hazebrouck. Je trouvais sympa de lire une histoire qui se déroule dans la région. A l’époque, à part ceux de Michel Quint, il n’y avait pas de polars nordistes, alors qu’en Bretagne et à Marseille on commençait à trouver des polars régionaux chez plusieurs éditeurs. Il y a une dizaine d’années, j’ai proposé mes services à L’Ecailler, sans succès, puis j’ai décidé de créer ma propre maison d’édition pour publier des polars nordistes. C’est au moment où j’allais démarrer que j’ai été recruté par Ravet-Anceau. Le PDG du groupe m’a dit Banco ! quand je lui ai expliqué mes projets. Fin 2005, paraissaient les premiers titres de Polars en Nord.

Comment sont choisis les romans que vous publiez et leurs auteurs bien évidemment ?

Je reçois des manuscrits, je les lis et je choisis les meilleurs que je propose ensuite à un comité de lecture, qui valide mes choix (ou pas). Peu importe que l’auteur soit connu ou inconnu, à partir du moment où il correspond à notre ligne éditoriale et que son roman est bon.

Contrairement au Fleuve Noir qui demandait à ses auteurs de produire X livres par an, signant un contrat pour un minimum de quatre, vous renouvelez constamment votre catalogue. Désir de publier un maximum d’auteurs ?

Pas du tout, mais avant 2005, les éditeurs nordistes ne publiaient pratiquement pas de romans, car ça ne marchait pas (soi-disant). Quand Polars en Nord a démarré, nous avons commencé à recevoir des dizaines de manuscrits d’auteurs inconnus et talentueux. Six ans après, ça continue. Le stock de bons manuscrits ne semble pas près de s’épuiser. Dans le nord de la France, dans le sillage de Franck Thilliez, il y a un véritable vivier d’écrivains de polars. Donc pas besoin de presser nos auteurs pour qu’ils écrivent, il y en a plein d’autres qui frappent à la porte. Ces dernières années, flairant le bon filon, d’autres éditeurs locaux nous ont d’ailleurs emboîté le pas.

La contrainte toutefois est de placer l’intrigue dans la région Nord-Picardie. Puis vous étendez votre panoplie à Polars en Région qui se cantonne à la Normandie et à Champagne-Ardenne. Pensez-vous évoluer vers l’ensemble de la France ?

Ravet-Anceau est un éditeur régional qui vend des livres régionaux. Notre politique éditoriale est liée à notre politique commerciale. Nous publions des ouvrages dans les régions où nous avons des commerciaux. Notre territoire se limite aux régions Nord-Picardie, Normandie et Champagne-Ardenne. Ce serait idiot de faire des bouquins dans des régions où nous n’avons personne pour les vendre. Nous avons tenté l’expérience il y a quelques années en Rhône-Alpes. Ce fut un échec. Donc pas d’évolution au niveau national, même si les libraires de Nice ou Montpellier peuvent commander nos livres en direct.

ravet3.jpgAvez-vous beaucoup de manuscrits en attente ?
En ce moment, il y en a une cinquantaine. Les dix meilleurs seront publiés au cours du second semestre 2012.

Quels sont les critères, en dehors que les intrigues se déroulent dans la région Nord, que vous imposez à vos auteurs ?
Les polars que nous publions doivent parler de la région. Nous faisons de la fiction en décors réels. C’est-à-dire que les intrigues doivent se dérouler dans des lieux existants, pas dans des villes fictives. C’est contraignant, les auteurs doivent faire des repérages, comme des journalistes, pour ne pas raconter n’importe quoi. Ce n’est pas du polar touristique, car la vision que Polars en Nord donne de la région est souvent très sombre et hyper réaliste.

Demandez-vous à vos auteurs de procéder à une réécriture de leur manuscrit ?
Quand il s’agit de modifications mineures, je les fais moi-même. Quand il s’agit de renforcer l’intrigue, de réécrire des chapitres entiers, de supprimer des personnages… c’est l’auteur qui s’en charge. Je travaille avec un comité de lecture qui me fait part de ses remarques. On peut demander à un auteur de réécrire trois ou quatre fois un manuscrit avant de le publier. C’est long, mais nous ne sommes pas pressés. Il vaut mieux peaufiner que bâcler.

Parallèlement à la production de livres papier, vous éditez des livres numériques. Quel est le rapport des ventes entre ces deux catégories ?
Une des sociétés du groupe Nord Compo, Nordsoft est un des pionniers du livre numérique en France. Il y a trois ans, ils ont transféré notre catalogue en numérique, ce qui a fait de Ravet-Anceau un des premiers éditeurs français à proposer des polars en PDF ou au format ePub. Pour l’instant, les ventes sont marginales, mais elles doublent chaque année. Pour un éditeur régional comme Ravet-Anceau, dont les livres sont difficiles à trouver en librairies au sud de Paris, le numérique permet de toucher des lecteurs qui sont loin de notre région d’origine. Tant que certains libraires se comporteront comme des censeurs, le numérique a de beaux jours devant lui…

Avez-vous l’intention d’intensifier votre production ?
Nous publions 20 à 25 polars par an. C’est déjà beaucoup. En 2010, nous avons ravet2.jpgélargi le territoire de Polars en Nord à la Normandie et à Champagne-Ardenne. En 2012, nous allons poursuivre notre implantation dans ces deux régions.

J’ai remarqué que les livres portaient un titre, normal, mais qu’une mention figure au dessus du copyright : Titre original… Pourquoi cette, disons, anomalie et rectifiez-vous le titre choisi par l’auteur ?
Une des contraintes de Polars en Nord, et des collections de polars régionaux en général, est de proposer des livres géographiquement localisables. Cette localisation doit apparaître dans le titre ou sur le bandeau de couverture, c’est pourquoi nous rebaptisons souvent les romans que nous publions. En tant que bibliophile, j’aime bien connaître le titre d’origine du roman que je lis, c’est pourquoi nous mentionnons le titre initialement choisi par l’auteur.

Vous-même écrivez-vous ?
J’ai été journaliste pendant plus de vingt ans. Tous les jours, je devais écrire. C’était laborieux. Aujourd’hui je suis ravi de ne plus avoir à le faire. Peut-être qu’un jour je m’y remettrai, mais pour l’instant je n’en ai ni l’envie, ni la capacité. D’autres le font bien mieux que moi.

Comment passe-t-on de journaliste à directeur de collection, et n'étant pas écrivain soi-même jette-t-on un regard plus impartial sur les manuscrits ?
Le passage de journaliste à directeur d’une collection de polars n’a pas été très compliqué, étant donné que je lis des romans policiers depuis plus de 30 ans. Au contraire, mon expérience de journaliste m’est très utile. J’ai longtemps été secrétaire de rédaction dans la presse magazine et mon travail consistait à remanier les textes des pigistes et des correspondants pour les rendre publiables. Je fais la même chose avec les manuscrits que je reçois. Grâce à cette expérience, il me semble avoir plus de facilités que d’autres éditeurs qui sont incapables de remanier un texte.
Je ne suis pas écrivain, ce qui fait que je juge les manuscrits des autres comme un lecteur de base. Je dis souvent aux membres de mon comité de lecture : « Imaginez que vous ayez acheté ce livre, dites-moi si vous êtes satisfait de votre achat. »  C’est pourquoi j’ai probablement plus de facilité à dire non à un auteur qui ne veut pas qu’on déplace une virgule à son chef-d’œuvre.

ravet1.jpgVos projets ?
Je viens d’avoir 50 ans. C’est l’échéance que je m’étais fixée pour faire une pause. Je quitte Ravet-Anceau à la fin de l’année. En 2012, un auteur de la collection, Maxime Gillio, me succédera à la tête de Polars en Nord. Je pars faire le tour du monde que je n’ai pas pu faire quand j’avais 20 ans, un voyage de quatre mois qui va me mener en Amérique du Sud, en Australie, en Chine et en Afrique du Sud. Après, je verrai… mais je continuerai à lire des polars.

Que retiendrez-vous de ces années passées à la tête de Polars en Nord ?
Tout d’abord la chance d’avoir lancé une collection à succès (une centaine de titres publiés, 250 000 ventes). C’est toujours plus agréable de travailler dans un secteur qui marche bien. Le succès de Polars en Nord a été un pied-de-nez à ceux qui disaient qu’il n’y avait pas d’auteurs, ni de lecteurs dans le Nord. Avoir découvert autant de nouveaux auteurs dans cette région est ma plus grande satisfaction. Certains d’entre eux sont au début d’une carrière prometteuse, et pas seulement au niveau régional.

Côté négatif, l’étroitesse d’esprit et les préjugés d’une frange de polardeux (souvent des auteurs aigris qui ne trouvent pas d’éditeur) me sidère. Pour eux, polar régional rime forcément avec médiocrité. Ils ont de telles œillères que rien ne peut les faire changer d’avis. Face à eux, j’ai l’impression d’être un borgne au royaume des aveugles.

Vous pouvez découvrir le catalogue de la collection Polars en nord ici

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Published by Oncle Paul - dans Entretiens-Portraits
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