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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 14:23

Roy, mais bientôt Reine...

Sandrine ROY : Lynwood Miller.

A cause d'une tempête de neige qui a endommagé les lignes téléphoniques et électriques, Lynwood Miller qui s'est installé dans une ancienne bergerie est obligé de s'éclairer avec un groupe électrogène. Mais pour que celui-ci fonctionne, il faut du carburant et Lynwood s'aperçoit avec dépit qu'il n'en a plus. Alors qu'il était tranquillement installé à lire un roman de Fantasy d'un auteur Français, Basil Clark. Un excellent moyen pour peaufiner ses connaissances dans la langue de son pays d'adoption, la France, et plus particulièrement les Pyrénées.

Donc, il doit se résoudre à se rendre en pleine nuit jusqu'à la cave d'une cabane de berger sur le chemin du lac, des bidons y étant entreposés. Arrivé près de la bâtisse, il entend une voix féminine appeler Joooohn ! Son véritable prénom. Personne ne le connait et pourtant cette voix le hèle sans aucun doute, et il s'agit bien d'un appel au secours. Il se précipite et délivre une jeune fille que deux hommes séquestrent. Tandis qu'il corrige sévèrement les deux kidnappeurs allemands, déduction effectuée par leurs propos, la gamine, car pour lui c'en est une, s'échappe. Il la retrouve alors qu'elle aborde le lac et commence à se noyer, la glace n'ayant pu supporter son poids. Il la ranime puis l'emmène chez lui où il la soigne. Elle a été violée, en porte les marques sanglantes, et elle est choquée.

Avant de continuer plus loin dans notre relation des faits et de ce qui va arriver, intéressons-nous à Lynwood Miller, pour tous, et John pour Elisabeth dite Eli.

Il est Américain, un ancien des forces spéciales et il est arrivé en France quelques mois auparavant pour se ressourcer. Il a fait la connaissance de Simon, trente-sept ans, célibataire vivant toujours chez Maman, ce qui d'ailleurs désole sa génitrice. Simon et Lynwood se prennent d'amitié et bien naturellement l'Américain fait part de sa mésaventure à son ami informaticien. Car Simon est un petit génie, sans bouillir, de l'informatique et il est très demandé pour dépanner des sociétés étrangères ou françaises. Il s'introduit sans vergogne dans les données secrètes sans pour autant en profiter par malversation.

Les parents d'Eli sont heureux de retrouver leur fille saine et sauve. Kellerman, le père, demande toutefois à un ami, le commissaire Marchand d'enquêter sur les ravisseurs. Ceux-ci, qui ont réussi à fuir pendant l'escapade lacustre d'Eli, ont commis un nouveau méfait. L'un d'eux mal en point a été soigné par un vétérinaire et ils n'ont pas hésité à lui trancher la gorge afin d'éviter qu'il parle.

Kellerman est obligé d'avouer à Lynwood et Simon qui ne lâchent pas l'affaire, Simon par amitié pour Lynwood et Lynwood par attrait pour Eli, qu'en réalité la gamine a vingt six ans et qu'avec sa femme ils ont omis de lui avouer qu'ils l'avaient adoptée. Une information qui ouvre de nouveaux débouchés dans l'enquête menée conjointement pat Marchand, Lynwood et Simon, lesquels sont complémentaires dans leurs recherches et leurs analyses.

Le père géniteur d'Eli est un Allemand, ancien compagnon de Kellerman, et comme les hommes de main étaient de même nationalité, le lien est vite établi. Seulement, lorsque Lynwood et consorts le rencontrent à Berlin, ce père qui a eu Eli hors mariage avec une femme considérée comme atteinte psychiquement, certains journalistes à l'époque n'ayant pas hésités à employer le mot viol, cet homme est malade, en fin de vie, et il narre ce parcours chaotique tout en avouant que sa famille, femme et enfants, était au courant de cet épisode peu glorieux.

Un autre fait significatif est à mettre au crédit d'Eli. Celle-ci est non seulement l'auteur signant sous le pseudonyme de Basil Clark, mais de plus elle possède des pouvoirs surnaturels. Elle peut déplacer à distance des objets et lire dans l'esprit des gens. Elle guérit Lynwood dont un genou est en vrac, séquelle d'une vie d'avant. Mais c'est une jeune fille renfermée, qui préfère vivre en solitaire, agoraphobe et démophobe. Seulement, elle ne peut prévoir ce qui va lui arriver comme incidents, accidents, alors qu'elle peut pressentir ce qui peut se passer pour d'autres personnes, de son entourage ou non.

 

Lynwood Miller est un roman qui mélange les genres et bouscule les codes. Tout autant roman policier mêlant quête et enquête, il aborde le surnaturel et insère une histoire d'amour qui ne veut pas dire son nom, le parcours de Lynwood et celui d'Eli les obligeant à se méfier de leurs sentiments. Surtout de la part d'Eli d'ailleurs.

Action, aventure, amour, amitié, pourraient être les quatre A, ou as, qui sont les points cardinaux de cette intrigue qui, chaque fois, est relancée de façon cohérente tout en partant dans des dimensions différentes. Comme le souligne l'éditeur, Roman policier mais pas que...

Un roman qui pourrait se définir comme une course cycliste par étapes, le Tour de France par exemple, sportivement parlant. En effet, l'intrigue se décompose en étapes de sprint, avec des actions rapides, des étapes de plaine au cours laquelle l'action prend le temps de se développer avec des protagonistes qui veulent échapper au peloton, et des étapes de montagne dans lesquelles les héros souffrent, et l'arrivée en fanfare sur les Champs Elysées ou plutôt le retour au pays, dans le calme et la sérénité, ou presque, avant le prochain ouvrage qui pourrait préfigurer un nouveau départ.

Sandrine ROY : Lynwood Miller. Editions Lajouanie. Parution 10 juin 2016. 304 pages. 19,00€.

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 13:10

Bon anniversaire à Dean R. Koontz, né le 9 juillet 1945.

Dean R. KOONTZ : Les étrangers.

Phobie : forme de névrose caractérisée par la peur morbide, l'angoisse de certains objets, actes, situations ou idées.

Telle est la définition donnée par le Petit Robert. Et c'est bien d'une phobie dont sont atteintes subitement certaines personnes vivant en des points éloignés des Etats-Unis, qui apparemment ne se connaissent pas, qu'aucun lien ne rattache.

A Laguna Beach Dominick Corvaisis, jeune écrivain promis au succès, est soudain atteint de somnambulisme. A Boston, Giner Weiss, promise elle aussi a un bel avenir, semble atteinte de troubles de mémoire et d'une peur irraisonnée lorsqu'elle est confrontée à une paire de gants noirs ou d'une bonde de lavabo.

A Chicago, un prêtre, Brandon Cronin, perd brusquement la foie, alors qu'à Elko County, Ernie Block, propriétaire d'un motel est traumatisé par la nuit. A Las Vegas, une jeune enfant, Marcie, ne peut entendre parler d'hôpital ou de docteurs sans être en proie à une véritable terreur.

Jack Twist, un ancien militaire dont la femme est dans le coma depuis huit ans, ne trouve plus aucun goût dans l'accomplissement de sa nouvelle occupation : le vol de fourgons de transport d'argent.

Quels que soient les remèdes envisagés, les psychothérapies tentées, rien ne peut les soulager. Au contraire, leur mal empire au fil des jours. Leurs obsessions se développent au fur et à mesure, s'amplifient, se modifient.

Certains, comme Dominick ou Brandon possèdent des pouvoirs surnaturels.

Peu à peu dans leur mémoire, des morceaux de souvenirs remontent à la surface, comme un mur qui s'effriterait, qui se désintégrerait tout doucement. Une immense toile d'araignée les relie, dont le centre est le Tranquility Motel.

Chacun de son côté va essayer de reconstituer ce qu'il est passé dix-huit mois auparavant, mais ils se heurtent à un blocage, comme s'ils avaient subi un lavage de cerveau.

Réunis par une puissance anonyme, ils vont tenter de mettre leurs forces en commun pour conjurer le mal mais devant eux se dresse le terrible colonel Falkirk, lui aussi obsédé, mais pas de la même manière.

La lune, une lune rouge, est l'épicentre de leurs obsessions.

 

Dean R. Koontz ne déçoit jamais ses lecteurs en vieux routier de l'écriture qu'il est. Après avoir goûté au roman policier sous les pseudonymes de K.R. Dwyer ou Brian Coffey, il s'est reconverti avec bonheur vers le thriller surnaturel, le fantastique moderne, que ce soit sous son nom ou celui de Leigh Nichols.

Les étrangers, un excellent toman de suspense et d'épouvante qui ne sacrifie pas à la mode, c'est à dire au sanguinolent, mais dont l'épilogue est un message porteur d'espoir et de tolérance.

Réédition J'ai Lu épouvante. Parution 5 mars 1993. 638 pages

Réédition J'ai Lu épouvante. Parution 5 mars 1993. 638 pages

Réédition J'ai Lu épouvante. Parution 22 janvier 1997. 638 pages.

Réédition J'ai Lu épouvante. Parution 22 janvier 1997. 638 pages.

Dean R. KOONTZ : Les étrangers (Strangers - 1986. Traduction de Jacques Guiot). Collection Spécial Suspense. Editions Albin Michel. Parution 11 janvier 1989.

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 07:13

Un titre référence à Jean-Patrick Manchette !

Nils BARRELLON : La position des tireurs couchés.

Non Zlatan n'est pas un joueur de foot. Enfin pas le Zlatan du roman même s'il joue avec des balles. Ce Zlatan là, de son nom Gubic est policier à l'Anti-Gang et plus particulièrement un tireur de haute précision, un tireur d'élite. Et comme dans la police, on se charrie entre collègues, il est surnommé Ibra.

Une agence bancaire vient d'être braquée et les malfrats tiennent en otages une dizaine de personnes. Zlatan est à l'affût en compagnie de son adjoint, le lieutenant Gretpman, dit Greta Garbo. C'est pas très futé comme surnom, mais pour le moment, les idées sont ailleurs. Ils sont concentrés sur leur cible, le chef du gang tient une arme.

L'assaut va être donné et Zlatan touche sa cible comme à l'entraînement. Joli tir commente Gretpman. Un épisode parmi tant d'autres et une fois de plus Zlatan est le héros de la journée.

Ce n'est pas pour autant qu'il faut se reposer sur ses lauriers. Zlatan se rend au 36 quai des Orfèvres, pour son travail, en moto. Un matin, alors qu'il roule derrière un véhicule, le conducteur perd tout à coup le contrôle de sa voiture. Du travail de professionnel estime Zlatan, tandis que des policiers arrivent sur place de même que les secours et la Scientifique. Zlatan détermine immédiatement d'où est partie la balle meurtrière. D'une tour située à quelques centaines de mètres.

Peu après il reçoit un message téléphonique l'invitant à se rendre à la maison du Barreau. Sur place il est abordé par un avocat, lequel lui signale qu'il a lui aussi reçu un message le conviant à le rencontrer. Zlatan est surpris par cette information. L'avocat est abattu par une balle qui ne manque pas cette fois encore sa cible. Zlatan d'un regard repère immédiatement l'endroit où se tenait le meurtrier. Il s'élance mais ne peut intercepter l'individu qui se défile.

Zlatan se demande s'il ne serait au cœur de cette affaire intrigante et si lui même ne va constituer la prochaine cible.

Parallèlement, il se remémore ses années d'adolescence, lorsqu'il vivait à Sarajevo et était ami avec Goran. Entre Serbes et Bosniaques, ce n'était pas une guerre des tranchées mais des affrontements entre tireurs positionnés sur des toits et qui abattaient tout ce qui bouge, femmes et enfants y compris. Or Zlatan a failli, une fois. Et depuis, il repense incessamment à ce manque.

 

Evidemment Nils Barrellon ne nous propose pas un épilogue auquel on s'attendait, mais quelque chose de plus complexe et de plus simple à la fois.

Rapide, comme la balle qui transperce l'air à sept cent quatre-vingt dix mètres par seconde, 790/s, efficace comme le tireur couché sur une table pour offrir le moins de prise à l'adversaire et être bien positionné, La position des tireurs couchés est narré de main de maître, avec une précision défiant le meilleur snipper (en français dans le texte).

Le lecteur n'a pas le temps de s'ennuyer, les digressions étant réduites au maximum, l'action étant une cible privilégiée.

Nils BARRELLON : La position des tireurs couchés. Edition Fleur Sauvage. Parution le 19 mai 2016. 208 pages. 16,40€.

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 12:21

Bon anniversaire à Jean-Paul Nozière né le 7 juillet 1943.

Jean-Paul NOZIERE : Des manches et la belle.

Délicious Djembé n’a pas dû tout comprendre ce que lui avait expliqué Manu Dobanga. Braquer un fourgon rempli de faux billets, avec à bord deux convoyeurs dont un rouquin sur l’Isardrome de l’A…

Et s’il n’a pas tout compris D.D. ce n’est pas forcément à cause de la migraine qui lui torpille le crâne malgré tous les comprimés qu’il a ingurgité, mais parce que Manu en était au moins à son dixième verre de rhum, que les numéros attribués aux autoroutes c’était plus compliqué que de jouer au loto et qu’il ne connaissait personne du nom de Rouquin.

Il pense toucher au bout lorsque, ayant roulé pendant cent soixante bornes, il trouve une aire de repos avec une Pizza Room. Il est content D.D. (c’est son surnom) et se frotte les mains par avance. Dans la salle de restaurant deux hommes sont attablés et l’un appelle l’autre Rouquin. C’est sur, il touche au but.

Il s’empare des clés du véhicule, un fourgon mortuaire. Ils sont forts ces Finlandais, en effet ce sont des Finlandais qui doivent convoyer l’argent, des faux billets mais ce n’est pas grave, ils sont forts ces Finlandais pense-t-il ébahi. Quelle classe et quel sens de la dissimulation !

Un prêtre noir, comme lui, qui traîne dans le secteur, n’aura plus à se poser de questions. D.D. s’en débarrasse à l’aide de son couteau suisse qui ne le quitte jamais et endosse sa soutane. Comme tenue de camouflage, on ne fait pas mieux. Et direction… Sponge, la petite ville où le curé malien devait officier, et à lui les billets.

Il ne va surtout pas revenir au bercail, remettre le pactole à Manu et toucher des peccadilles alors qu’une fortune l’attend dans le cercueil qui gît tranquillement parmi les fleurs artificielles.

 

D.D. n’a que vingt ans et ne comprend pas toujours tout, alors les événements qui vont suivre, ce sera plutôt en spectateur qu’il les subira, mais comme un spectateur à qui l’on demande de participer à une représentation dont il n’a pas compris le scénario.

Dans la veine de James Hadley Chase, le titre d’ailleurs de ce roman rappelle celui de J.H. Chase Une manche et la Belle, et qui fut adapté au cinéma par Henri Verneuil en 1957, Jean-Paul Nozière nous entraîne dans une espèce de parcours machiavélique et déjanté. Mais ce n’est pas pour autant que notre auteur se livre à l’écriture d’un pastiche. Il possède son univers et ses points de fixation, qui deviennent de plus en plus prégnants à cause de l’actualité malsaine entretenue par nos hommes politiques.

Un petit roman (par le nombre de pages), agréable à lire et qui sous couvert d’une certaine légèreté de ton, donne à réfléchir, ne serait-ce que sur les motivations de familles qui adoptent un petit Noir (né au Tanganyika dans le roman), comme ils adopteraient un animal de compagnie.

 

Jean-Paul NOZIERE : Des manches et la belle. Suite Noire N°34. Editions La Branche. Parution janvier 2010. 94 pages.

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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 14:04

Hommage à Georgette Heyer décédée le 4 juillet 1974.

Georgette HEYER : Meurtre d'anniversaire

Un repas d'anniversaire, cela devrait se fêter dans la joie et la bonne humeur.

Mais à Cliff House, ce repas se déroule dans une atmosphère guindée, entre la famille Kane, presqu'au complet, et les Mansell, leurs associés.

Faut préciser que les Kane et les Mansell ne sont pas tout à fait d'accord sur les orientations et l'avenir de la société qu'ils dirigent. Les uns préfèrent maintenir le cap, sans grande audace et sans péril, les autres désirant s'agrandir et poser des jalons en Australie.

Silas Kane, dont c'est justement l'anniversaire, décide de terminer la soirée par une petite balade au clair de lune. Promenade fatale puisque son corps est découvert le lendemain au pied de la falaise.

Son successeur, Clement Kane, décède peu après d'une indigestion de plomb. Un coup de revolver fatal.

La police locale va recourir aux bons offices de Scotland Yard et à l'un de ses meilleurs limiers, l'inspecteur Hannasyde.

Parmi tous les membres de ces deux familles, seuls la vieille madame Kane, octogénaire invalide, et le jeune Timothy Harte possèdent des personnalités marquantes.

Madame Kane s'érige un peu en despote tandis que Timothy, quinze ans, se conduit en enfant terrible et irrévérencieux de la tribu.

 

Après un début quelque peu soporifique, la mise en place de tous les personnages s'avérant un brin laborieuse, le roman prend de l'ampleur.

L'action se précise, prend le pas sur les dialogues, grâce surtout à l'apparition de nouveaux personnages dont la mère de Timothy, de retour d'une chasse au fauve en Afrique.

Un roman intéressant au goût légèrement rétro, mais faut-il encore préciser que ce roman a été publié pour la première fois en Grande-Bretagne en 1937.

 

Petites précisions :

Georgette Heyer connut un grand succès au Royaume-Uni, surtout grâce à ces romans sentimentaux et ses romances historiques.

Bizarrement la publication de ses œuvres en France n'a réellement eu lieu qu'après sa mort en 1974. Quelques ouvrages toutefois dans la collection le Masque dans les années 1940, pour la partie policière. Elle a véritablement été traduite, toujours pour ses romans policiers chez Fayard à la fin des années 1980, début 1990, et pour ses romans sentimentaux historiques aux éditions de Trévise dans les années 1980.

Les éditions Milady nous en proposent quelques-uns depuis 2012, souvent des rééditions de la collection Historique de chez Harlequin . Comme quoi il ne faut pas toujours négliger ou mépriser cette maison d'éditions qui, il est vrai, submerge un peu le marché. Alors, avec un peu de chance et du courage pour éplucher tout ce qui se présente sous vos yeux dans les vide-greniers, vous pourrez peut-être dénicher votre bonheur.

 

Réédition Le Livre de Poche. Parution octobre 1999. 286 pages.

Réédition Le Livre de Poche. Parution octobre 1999. 286 pages.

Georgette HEYER : Meurtre d'anniversaire (They Found Him Dead - 1937. Traduction de Denise Meunier). Editions Fayard. Parution octobre 1989. 336 pages.

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 08:33

Bon anniversaire à Georges-Jean Arnaud, né le 3 juillet 1928.

Georges-Jean ARNAUD : Les Gardiennes

Les bulldozers ont envahi le terrain vague en face de chez Claire Dejean. Ce pourrait n’être qu’un épisode supplémentaire dans l’urbanisation d’une petite ville, mais non car apparemment des enjeux stimulent les portables et renouent les relations.

D’abord Simon, qui appelle sa mère, Claire, afin de connaître l’état d’avancement des travaux. Ensuite, Augusta, brouillée depuis des années, pour ne pas dire des décennies, avec Claire et qui d’un seul coup s’incruste le matin, afin elle aussi de vérifier si un pépin ne surviendrait pas. A moins qu’elle l’espère ce pépin !

Alors allons-y pour les croissants et la bouteille thermos de café. Claire ne demande pas mieux que ce petit supplément alimentaire, elle qui est obligée de chiner dans les poubelles dès potron-minet afin de recueillir un croûton de pain, une conserve périmée.

A l’origine de ce rapprochement inattendu la disparition de sa fille Elodie, laquelle fréquentait Simon. Les cadavres ne se trouvent pas uniquement dans les placards, peut-être aussi dans les terrains vagues, sous les coups de butoir des pelleteuses.

 

Une atmosphère pesante pour ce court roman du prolifique mais toujours intéressant Georges-Jean Arnaud.

Ici il prend pour thème un fait divers insignifiant. Un projet immobilier fait remonter à la surface de la mémoire une douloureuse affaire qui n’a jamais connu de véritable aboutissement. La disparition d’Elodie est-elle due à un meurtre perpétré de sang-froid, et surtout de ce magmas de pierrailles et de terre une preuve va-t-elle enfin être dénichée ?

Par exemple un bijou quelconque démontrant qu’Elodie a été enterrée et que son corps gît depuis des années dans ce terrain.

L’angoisse ressentie par les deux mères n’a pas la même origine, et G.-J. Arnaud distille avec virtuosité et malice ce venin qui tient en haleine le lecteur grâce à une tension latente et insidieuse.

 

Georges-Jean ARNAUD : Les Gardiennes. Collection Eden Fictions, Eden production. Parution 17 juin 2003. 60 pages.

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 15:15

En juillet, Fées ce qu'il te plaît...

Chantal ROBILLARD présente : Dimension Fées.

Parmi les nombreux héros de notre enfance, Martine, D'Artagnan, Pardaillan, Le Club des Cinq, Lagardère, Sissi et combien d'autres, il est de petits personnages qui se sont infiltrés dans nos rêves et notre quotidien et que Chantal Robillard, aidée de vingt-cinq complices, remet à l'honneur : les Fées.

Souvenez-vous ! La fée Clochette chère (?) à Peter Pan, la fée Viviane et l'épée Excalibur donnée au roi Arthur, la fée Morgane demi-sœur d'Arthur dont Merlin est le maître de magie, la fée Mélusine, la fée Carabosse, les fées marraines que l'on retrouve dans bon nombre de contes tels que Cendrillon, La Belle au bois dormant, Riquet à la Houppe... sans oublier celle qui catalogue une maîtresse de maison dans toute demeure qui se respecte en propreté, la Fée du logis.

Mais il est des fées qui n'appartiennent pas aux légendes, celles qu'ont rencontrées nos auteurs et qu'ils nous présentent comme leurs secrets d'enfance, qu'ils gardaient jalousement dans l'écrin de leur imagination.

Alors permettez-moi de vous en présenter quelques-unes, mais pas toutes sinon où serait le plaisir de la découverte de ces charmantes jeunes (en général) filles que l'on peut trouver aussi bien à la campagne que dans les zones urbaines.

Les fées des champs et les fées des villes.

 

Christine Baroche dans Le Diable n'est plus ce qu'il était s'identifie à une fée, ou plutôt elle s'exprime à sa place. Il est vrai que cette charmante jeune fille au doux nom de Mélangette est pudique et se promène près des locaux d'œuvres caritatives, vidant les sacs à provision qu'elle a consciencieusement emplis afin de fournir des denrées aux plus démunis.

Pierre Dubois, le grand elficologue ardennais, nous emmène sur les traces de Monsieur Paul, un vieil homme qui revoit son enfance et son adolescence. Tout jeune il vivait dans une masure, préférant jouer dans la forêt et la campagne plutôt que de partager les jeux des autres enfants. Demeuré seul après la mort de ses parents, il braconne. Catalogué comme asocial, il n'a guère fréquenté l'école pourtant il sait lire comme peut s'en rendre compte le châtelain qui le recueille et lui offre le gîte et le couvert contre de menus travaux. Le premier ouvrage auquel s'intéresse Monsieur Paul, c'est La petite sirène d'Andersen, et bien d'autres livres suivront. Non seulement il lit mais il possède une mémoire phénoménale. Et un autre pouvoir qu'il n'est peut-être pas décent de dévoiler maintenant. En étrange exil et Un retour sont les titres des deux nouvelles qui mettent en scène Monsieur Paul.

Dans Le voile de l'aube, Patrick Fischmann nous ramène quelques centaines d'années en arrière, lorsque les nobles quittaient leurs terres pour partir en croisade chez les Sarrazins. La gente dame à laquelle il avait fait la cour avant de partir l'a attendu et ils ont convolé en justes noces. Seulement le comte Hubert de la Maulnet est revenu l'esprit perturbé par les batailles et la disparition de ses compagnons d'arme. Et lorsque son épouse accouche, il est furieux car la descendance espérée n'est pas au rendez-vous.

Hervé Thiry-Duval évoque La cascade des Blondines, et ces histoires que l'on se racontait à la veillée. Comme celle de Mariette et Florentin, un couple de tourtereaux qui pour échapper aux yeux indiscrets s'étaient promenés près de la cascade. Florentin avait été subjugué par les Blondines. Comme quoi il veut mieux parfois rester chez soi.

Claudine Glot nous présente Adèle, une passionnée de fées, traquant des Hautes Terres d'Ecosse jusqu'à Prague, en passant par le Portugal et la Bretagne, les ouvrages sur ces êtres légendaires. C'est justement grâce à un libraire écossais qu'elle fait la connaissance de son mari lui aussi passionné de ces êtres éthérés. Lors d'un voyage à l'île de Skye, alors qu'il affirme entendre des chants près de la Mare au Fées, il s'écoule brutalement, mort. Mais la vie continue pour Adèle qui se retire en Bretagne. Le titre ? A Fair Revenge.

 

Fées des villes et fées des champs, ai-je écrit un peu plus haut ? Oui, on en trouve partout, pour peu que l'on prête attention au paysage.

Ainsi dans Nixia et moi de Pierre Bordage, le narrateur (l'auteur lui-même ?) est chargé de procéder à des vérifications hebdomadaires dans les stations d'épuration. Ce jour-là, il aperçoit une jeune fille assise dans les mauvaises herbes bordant la grande cuve. Il fait semblant de ne pas s'intéresser à elle, juste un sourire, mais un peu plus tard, le visage de cette inconnue le tarabuste. Il s'enquiert même dans son voisinage si quelqu'un l'a déjà aperçue, la connaît. Personne ne voit dont il s'agit, il se fait chambrer d'ailleurs. La semaine suivante et les autres il retrouve au même endroit. Ils font connaissance et elle accepte de le suivre chez lui. Mais elle le prévient, parfois, la nuit elle devra sortir et lui rester bien au chaud, ne pas tenter de la suivre.

Une histoire qui ne manque pas de sel, c'est bien celle d'Estelle Faye, titrée fort à propos Sel. La narratrice est arrivée sur le continent sud-américain. Elle a débarqué à Recife, au Brésil, et entame un long voyage qui doit la mener jusqu'au Pacifique. Pour moyen de locomotion, un vélo aménagé avec un side-car enfin de transporter quelques affaires personnelles et surtout deux bonbonnes d'eau pour se désaltérer lors de la traversée du désert. Le Salar. En repartant de son dernier relais, elle est stupéfaite par la vue d'une moto appuyée, sans antivol. Ce n'est pas tant ce manque de protection qui l'interloque mais la peinture acrylique dont est tatoué l'engin. Une fée pin-up qui lui cligne de l'œil. Une moto qu'elle reconnait pour l'avoir déjà croisée à plusieurs reprises le long de son parcours.

Si l'histoire précédente se déroule quelques années après l'an 2040, Ugo Bellagamba, avec La fin de toutes les fêtes, effectue un retour arrière, en l'an 1819, ce qui prouve que les fées traversent aussi bien le temps que les distances. Camille s'ennuie dans le château des Clermont-Tonnerre, sur la route de Sardaigne. Son père l'a déposé six mois auparavant, à la demande du roi Victor-Emmanuel 1er et il lui avait promis de revenir le chercher avant les fêtes de la Nativité. Mais celles sont passées depuis onze jours et son père est toujours absent. Une vieille femme entre dans la pièce alors qu'il s'apprêtait à manger. Elle est décharnée, sale, et lui raconte son périple, et en s'ébrouant fait s'envoler un nuage de cendre. Il la reconnait, et à la question de savoir s'il a été très sage durant les fêtes, il lui répond, oui, j'ai été très sage, Befana...

 

Arrive maintenant un entracte proposé par Roland Marx, un poème tautologique titré Félicie, aussi me soufflerez-vous, dont chaque phrase débute et se termine par une déclinaison phonétique de fée.

Mais il est temps pour moi de retrouver ma bonne fée et vous laisser découvrir par vous même cet ouvrage, même si je sais que certains auteurs m'en voudront de ne pas avoir présenté leurs textes. Toutefois je puis vous soumettre le sommaire alléchant, qui se clôt par une nouvelle de la fille de Jean Giono, Sylvie Durbet-Giono, et une postface de Chantal Robillard.

TABLE DES MATIERES:
Préface de Chantal Robillard
Christiane Baroche
: Le Diable n'est plus ce qu'il était !
Pierre Dubois : En étrange exil et ... Un Retour
Patrick Fischmann : Le voile de l'aube
Hervé Thiry-Duval : La cascade des Blondines
Claudine Glot : A fair revenge
Pierre Bordage : Nixia et moi
Estelle Faye : Sel
Ugo Bellagamba : La fin de toutes les fêtes
Roland Marx : Félicie
Hélène Marchetto : Fin
Muriel Chemouny : La Porte des Merveilles
Joel Henry : Barbe au Bois dormant
Jacques Lovichi : Carabosse, la véritable histoire
Bernard Visse : Une vague odeur de sardines grillées
Olympia Alberti : La Nuit des étoiles filantes
Henri Etienne Dayssol : A tant rêver
Jean-Pascal Ansermoz : Mûre
Joel Schmidt : Une Pianiste d'un autre monde
Philippe Di Folco : Les Faits du logis
Sybille Marchetto : Histoires de pandas et de fées
Françoise Urban-Menninger : La Petite voix de mon enfance
Olivier Larizza : Vers l'Orient
Emmanuel Honegger : La Stratégie du lierre
Elisabeth Chamontin : De quelques fées injustement méconnues
Sylvie Durbet-Giono : L'Enchanteur du Paraïs
Chantal Robillard : La fontaine Jean le Bleu, en guise de postface 

Laissez-vous prendre la main par toutes ces fées, laissez votre esprit vagabonder, rêver, rajeunir, le temps est Fée pour vous.

Chantal ROBILLARD présente : Dimension Fées. Collection Fusées N°46. Editions Rivière Blanche. Parution avril 2016. 222 pages. 20,00€.

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 14:28

Liste alphabétique des auteurs et de leurs ouvrages.

 

Sommaire du Premier Trimestre 2016.

AMOZ Claude : Dans la tourbe

AMOZ Claude : Bois-brûlé

ARBOS Ange : La tour du silence

ARNAUD Georges-Jean : La défroque

AUBENQUE Alexis : Tout le monde te haïra

AUBENQUE Alexis : Tu ne manqueras à personne

AYERDHAL : Bastards

BABLON Jacques : Rouge écarlate

BANNALEC Jean-Luc : Les marais sanglants de Guérande

BARONIAN J.-Baptiste : La nuit, aller-retour

BAUDOU Jacques : Au grenier des sortilèges

BAUDOU Jacques : Mystère, mystère

BELLET Alain : Aller simple pour Cannes

BENSA Mathilde : Aux enfants du Nord

BERGAL Gilles : Dérive (Le clone triste et le rire du klone)

BLAKE Nicholas : Que la bête meure

BLOCH Robert : La nuit de l'éventreur

BOILEAU-NARCEJAC : La main passe

BOILEAU-NARCEJAC : J'ai été un fantôme

BORNAIS Gilles : Le diable de Glagow

BORNAIS Gilles : Une nuit d'orage

BOSCO Jacques-Olivier : Quand les anges tombent

BOSCO Jacques-Olivier : Loupo

BOUIN Philippe : L'homme du paradis

BOUQUIN Jérémy : Echouée

BOUQUIN Jérémy : Sois belle et t'es toi !

BOUYSSE Franck : Grossir le ciel

BOUYSSE Franck : Plateau

BRIN David : Le facteur

BRIXTEL Gaëtan : Bad trip

BRIXTEL Gaëtan : Le pari

BROWN Fredric : La mort a ses entrées

BRUSSOLO Serge : L'Enfer, c'est à quel étage ?

BUSSI Michel : Le temps est assassin

CAMUS Jean-Christophe : Simenon avant Simenon : Les années de journalisme

CAMUS Jean-Christophe : Simenon avant Simenon : Les années parisiennes

CARIO Daniel : Les chemins creux de Saint-Fiacre

CARR John Dickson : Services des affaires inclassables

CHARLES Claude : Léo, tout faux

CHEFDEVILLE : L'amour en Super 8

CLUYTENS Lucienne : Amandine et les brigades du Tigre

COLLECTIF : Malpertuis VI anthologie de Thomas Bauduret

COLLECTIF : Les mondes de Masterton Anthologie de Marc Bailly

COLLECTIF : Frédéric Prilleux présente Les Hommes en noir

COLLECTIF : Les trésors de Baskerville (Présentation J.D. Brèque)

COLLINS Max Allan : Dick Tracy ; cette année là ils veulent ta peau

COOK Robin : J'étais Dora Suarez

COUTURIAU Paul : Boulevard des ombres

DAENINCKX Didier : La mort n'oublie personne

DARD Frédéric : Kaput, un tueur (La dragée haute)

DARNAUDET François : Le club des cinq fous (Le retour du taxidermiste)

DARNAUDET François : L'homme qui valait des milliards

DARVEL Robert : Harry Dickson 1

DELTEIL Gérard : Tchernobagne

DELTEIL Gérard : Du sang sur la glasnost

DELTEIL Gérard : Pièces détachées

DELZONGLE Sonja : Quand la neige danse

DEMETZ Jean-Marc : Chrysalide

DESAUBRY Jeanne : Le Roi Richard

DRESCH Michel : Le plasticien

DUMAS Alexandre : Le docteur mystérieux

DUPUY Lionel : En relisant Jules Verne

DUPUY Olivia : Sur paroles

EGEMAR Béatrice : Le Fard et le Poison

ELLENA Yves : Radio corbeau

ERIS Patrick : Le seigneur des mouches

ERIS Patrick : Le chemin d'ombres

ERIS Patrick  : Ceux qui grattent la terre

FRADIER Catherine : Ballon

FRANCIS Dick : Adjugé !

FREMION Yves : Ronge

GALLERNE Gilbert : Les fils du tyrannosaure

GERRARD Paul : La chasse au dahu

GERRARD Paul : Le masque de verre

GILLIO Maxime : Les disparus de l'A16

GOUIRAN Maurice : Qui a peur de Baby Love ?

GOUIRAN Maurice : Maudits soient les artistes

GREG : Le crime de Saint-Anastase

HAYDER Mo : Viscères

HUET Philippe : La poubelle pour aller danser

JOY Malicia : Casanova. Bellami 1

JUNG Didier : Disparu

KÂÂ : On a rempli des cercueils avec des abstractions

KAAN Jess : Le secret de la petite demoiselle

KAMINSKY Stuart : Et le diable rencontra la femme

KASSAK Fred : Une chaumière et un meurtre

KOURILSKY :  Olivier : L'étrange Halloween de M. Léo

KURTZ Stan : Série B 1/6

KY : Pour le roi de Prusse

LACASSIN Francis : La vraie naissance de Maigret

LAGUERRE Philippe : Manhattan Marylin

LE BRETON Auguste : Du rebecca chez les Aristos

LEBRUN Michel : Sex-voto

LEBRUN Michel : Les rendez-vous de Cannes

LENORMAND Frédéric : Docteur Voltaire et Mister Hyde

LEVAVASSEUR Jean-Noël : Herman dans les dunes

LIVINGSTONE J.B. : Crime au festival de Cannes

LOVESEY Peter : Cidre brut

MACBIRD Bonnie : Une affaire de sang

MACQUET Jean-Christophe : Un Américain sur la Côte d'Opale

MALTERE Céline : Le cabinet du Diable

MANTESE Laurent : Pont-Saint-Esprit, Les cercles de l'enfer

MARCELLE Pierre : Conduite intérieure

MARGOLIN Phillip M. : Les heures noires

MARTIN Roger : Il est des morts qu'il faut qu'on tue

MARTIN & OTERO : Les canyons de la mort

MARTIN & OTERO : Les bayous de la haine

MARTIN & OTERO : Les neiges de l'Idaho

MARTINEAU Sandra : Dernière escale

MASTERTON Graham : Le portrait du mal

MAZARIN Jean : Handschar

MAZARIN Jean : Il va neiger sur Venise

MAZARIN Jean : Sus aux pointus

MC INERNY Ralph : Chambre froide

MENDOZA Edouardo : La ville des prodiges

MOATTI Michel : Retour à Whitechapel

MONDOLONI Jacques : Fleur de rage ou le roman de mai

MORRIS - DUMOULIN Gilles : Paris sera toujours pourri

MOSLONKA Michaël : Cette personne qui n'aimait pas les chiens

MOURGUE Muriel : Montego Bay

NOZIERE Jean-Paul : Maman, j'ai peur

OBIONE Max : Caramel dur

OBIONE Max : Barouf

OBIONE Max : Reine des neiges et autres gens d'ici

OTSIEMI Janis : African tabloïd

PAGEL Michel : Le diable à quatre

PAGEL Michel : Le club

PAGEL Michel : Orages en terre de France

PALACH Jean-Marie : Justice céleste

PALACH Jean-Marie : Du sang sur le tapis rouge

PELOT Pierre : Le 16ème round

PELOT Pierre : La couleur de Dieu (Dylan Stark)

PETROSKY Stanislas : L'amante d'Etretat

PIACENTINI Elena : Carrières noires

PONCET Thierry : Haig Le secret des Monts Rouges

POUY Jean-Bernard : La vie payenne

PROLONGEAU Hubert : L'assassin de Bonaparte

QUADRUPPANI : Serge : Y

RANNE G. Elton : New-York underwater

RAY Jean : Les contes du whisky

RAYNAL Patrick : Une ville en mai

REBOUX Jean-Jacques : Je suis partout

REBOUX Jean-Jacques : L'esprit Bénuchot

RITCHIE Jack : Papa météo

RIVIERE François : Frédéric Dard ou la vie privée de San Antonio

ROYER Carl : Femme de vikings

SADAUNE Roland : Apparences

SADAUNE Roland : Gisants les-Rouen

SAN-ANTONIO : Des dragées sans baptême

SAZIE Léon : Zigomar 1

SAZIE Léon : Zigomar 2

SERMONTE Jean-Paul : La tombe buissonnière de Georges Brassens

SINIAC Pierre : Le crime du dernier métro

SUTRA Samuel : La mort dans les veines

TAOKAO Léonard : Des basses et débâcle

TARVEL Brice : Morgane Ceux du soupirail

TERREL Alexandre : Le croque mort s'en mord les doigts

THIRION : Jan : Xotic

THIRION Jan : Sextoy made in China

THIRION Jan : Les Lucioles

THOMAS Louis C. : Des briques en vrac

TOUCHANT Jean-Louis : Le train vert-de-gris

TRIGODET Frédérique : Même si tu revenais

TRIGODET Frédérique : Le Pavillon d'été

VAST Patrick S. : Insoumis

VERTEUIL Eric : Les horreurs de Sophie

VIDAL Gilles : Le sang des morts

VIDAL Gilles : Les sentiers de la nuit

VIGNERON Michel : Migrants Express

VILLARD Marc : Juarez 1911

VOLOT Frédérique : Toutes ces choses à te dire

WHALE Laurent : Le manuscrit Robinson

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Published by Oncle Paul - dans Infos
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 08:32

Bon anniversaire à Patrick Raynal né le 1er juillet 1946.

Patrick RAYNAL : En cherchant Sam.

Ils étaient trois. Ils s’étaient juré que lorsque l’un d’eux viendrait à disparaître, les autres jetteraient ses cendres à Quauhnahuac, au Mexique, au dessous du volcan immortalisé par Malcolm Lowry.

Michel a dit au revoir à la société en se tirant un coup de carabine dans la bouche. Le meilleur moyen pour ne plus parler et éviter de dire des bêtises. Manu, fidèle à la promesse échangée une trentaine d’années auparavant, vend sa librairie parisienne et part pour New-York, à la recherche de Sam, le troisième larron, avec pour bagages l’urne funéraire contenant les restes de Michel. Sauf que Sam, il a déménagé, il est parti pour le Sud, itinérant, traînant derrière lui une cohorte de personnages troubles.

Sam s’est fait une réputation de bluesman blanc, jouant presque aussi bien que les Noirs, comme Milton Mezz Mezzrow à son époque concurrençait les jazmen. De New-York à Missoula en passant par Clarksdale, Bâton-Rouge, la Nouvelle-Orléans et Houston, Manu effectue un véritable parcours du combattant, le chemin de croix des musiciens, empruntant la 61, route célèbre du Sud, sur laquelle fleurit comme au printemps les comédons, les patelins hantés par Muddy Waters, Robert Johnson, Charley Patton, Robert Nighthawk...

Et Sam est toujours devant... jusqu’à ce qu’enfin la jonction se produise. Manu était parti avec une âme d’enfant, effeuillant des souvenirs qui peu à peu se flétrissent. Trente ans ont passé et les hommes ont changé. Enfin, pas tous, car les milices veillent, héritiers du nazisme et du Sud profond dont l’aversion pour l’étranger, principalement de couleur, est entretenue par la jouissance de posséder une arme et de décider de la vie ou de la mort.

 

Cette itinérance livresque débute comme une ode à l’amitié et emprunte des chemins tortueux non répertoriés dans le guide du routard.

Le blues et la littérature américaine servent de fil conducteur jusqu’au moment où se profile enfin la silhouette de Sam, et là, changement de ton et de décor. Le coup de blues s’abat et l’on ressort de l’histoire un peu groggy.

Après, on n’a plus tellement envie de lire autre chose. Du moins pour un moment, le temps de digérer, d’assimiler, de rêver avec dans la tête cette musique lancinante issue des champs de coton. Et on a envie de relire des passages, de s’imprégner à nouveau d’une atmosphère dont on a du mal à se dépouiller.

A savourer ces petites phrases qui se dégustent comme un bonbon anglais : Passer la nuit avec une femme sans la toucher est la seule expérience qui puisse donner une véritable idée du désir; sans doute parce qu’il n’en reste que l’idée ou encore Ce qu’il y a de chouette avec la vérité c’est qu’elle ressemble tellement au mensonge qu’on se demande pourquoi on prend le risque de la dire.

Et Raynal qui connaît bien le parcours qu’il décrit, se permet quelques clins d'œil. Au hasard du roman le lecteur pourra reconnaître certains personnages tel que Harry Crews.

Raynal s’interroge aussi sur les tendances négationnistes d’auteurs français. Comme ça, sans l’air d’y toucher. Une phrase dans la conversation entre deux personnages, la page est tournée et la polémique est évitée. L'un des meilleurs romans de Patrick Raynal que j’ai lu.

 

Réédition Collection Points Roman. Parution octobre 1999. 288 pages.

Réédition Collection Points Roman. Parution octobre 1999. 288 pages.

Existe en version numérique : 7,99€.

Existe en version numérique : 7,99€.

Patrick RAYNAL : En cherchant Sam. Collection Gulliver. Flammarion. Parution juin 1998. 276 pages.

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 13:22

Des baffes et des claques...

Léonard TAOKAO : Des basses et débâcles.

L'hiver Thomas travaille comme commis de cuisine dans une station de ski. Au moins il est au chaud, au lieu de se geler sur les pistes comme moniteur pour débutants. Et ses quatre ou cinq mois de saison effectués, il regagne le Cantal retrouver ses amis qui gîtent dans une vieille ferme où ils vivent de l'argent gagné avec de petits boulots.

En réalité leur principale occupation estivale est de participer à des fêtes musicales en plein air, comme animateurs. Des raves parties, cela s'appelle. Les bêtes raves, pour certains. Mais ce n'est pas un petit déménagement, car outre les voitures particulières, des caravanes et même un camion sont indispensables pour transporter tout le matériel de sonorisation et les projecteurs. Ils se sont fait une renommée qui va au delà des frontières comme robots mixers de musique électronique.

Cette année là, Thomas ne rentre pas seul au bercail. Il est accompagné d'un jeune chien qu'il a adopté, car cela lui fendait le cœur de savoir que sinon l'animal irait dans une SPA ou un refuge du même acabit. Au début, le canidé se nommait Choco, c'était beau pourtant Choco, mais les copains de Thomas ont préféré l'affubler du nom de Loco. Peut-être parce que Loco motive...

Ils herborisent, car ils font une grande consommation de flore prohibée, ils s'envoient quelques cachets aussi, et ils retournent en enfance en suçant des buvard trempés d'acide. Bref la belle vie sans oublier les liquides permettant de digérer tout ça. Et parfois la tête brinqueballe.

Il ne faut pas oublier non plus qu'ils investissent des terrains qui ne leur appartiennent pas et les propriétaires n'hésitent pas à appeler la maréchaussée pour les déloger. Mais même si les propriétaires des parcelles occupées, les riverains mécontents du boucan ne se manifestent pas, les gendarmes sont toujours sur le qui vive, alors ils jouent aux gendarmes et aux voleurs. Heureuse jeunesse qui subit toutefois des désagréments dans leurs affrontements.

 

Encore une histoire de drogue, d'alcool, pas trop de sexe, beaucoup de mots anglo-saxon, auxquels je ne comprends pas grand chose.

Petit aparté : depuis le Brexit, ou sortie de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne, il va falloir se munir d'un visa pour franchir les frontières et payer une taxe de douane pour l'intromission et l'utilisation de mots et locution d'origine anglaise. Donc, théoriquement, les auteurs et les éditeurs, n'étant pas fortunés pour la plus grande part, devront se méfier du langage usité, sous peine de subir une pénalisation financière. Fin de l'aparté.

 

Donc à priori, cette histoire ne m'aurait guère intéressé si Loco ne sauvait pas la mise.

En effet ce brave chien recueilli par Thomas, et rien que pour cela ce musicien adepte des vinyles me serait sympathique, Loco, donc, partage la vedette avec son nouveau maître. Et chacun à leur tour ils narrent les aventures, et mésaventures qu'ils subissent, les désagréments, les joies aussi lorsqu'il y en a. Loco vit avec les autres chiens de la troupe, possédant des affinités avec certains, ressentant du mépris ou de l'agacement pour d'autres. Le monde animal n'est guère différent de celui des humains, et si affrontement se produit, ce n'est pas pour des futilités politiques, religieuses ou autres, mais parce qu'une gamelle pleine est en jeu.

Loco est un philosophe qui s'ignore, tout comme ses congénères. Ainsi un dogue argentin squelettique harangue la petite troupe de canidés :

Oui, chiens et chiennes de toutes races. Oui, je vous le répète. Le problème n'est pas trop de savoir comment l'homme est apparu, encore moins la façon dont il a évolué. Le problème est bien de trouver une solution pour enfin s'en débarrasser.

Loco pense aussi à la destinée de ses frères inconnus :

J'eus une pensée soudaine pour tous mes congénères qui vivaient en immeuble ou tournaient en rond dans le minuscule jardin d'une ridicule maison de lotissement. Que retiendront-ils de leurs vies quand ils feront le point à la porte du paradis des clébards.

Loco est un chien intelligent, instruit, qui regarde la vie avec sagesse. Et en cela il est plus intéressant à suivre dans ses déambulations et ses périples que ceux des humains qu'il côtoie.

Et comme c'est un roman à deux voix, ou plutôt à deux écritures, on peut suivre les réflexions et les pérégrinations de Thomas et de Loco grâce à des caractères d'imprimerie différents.

Léonard TAOKAO : Des basses et débâcles. Collection Bordeline. Editions Territoires Témoins. Parution 25 mai 2016. 172 pages. 15,00€.

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