Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 08:59

Que la lumière soit et la lumière fut...

 

enfants01-copie-1.jpg


Au XXIVème siècle, la Terre est en proie aux ravages provoqués par le réchauffement climatique. Le niveau des mers et des océans a monté de six mètres par rapport à notre époque et de nombreux continents ont vu leurs surfaces agricoles diminuer alors que la population n’a cessé d’augmenter.

La disparition des iles du Pacifiques et de l’Atlantique a entrainé un bouleversement des flux migratoires, tandis que la Chine, l’Inde et les pays dits émergeants ont épuisé leurs ressources en énergie fossile. Seuls les consortiums agro-alimentaires se frottent les mains engrangeant du blé, au propre et au figuré. L’Europe et l’Amérique du Nord subissent depuis des dizaines d’années un afflux non contrôlé d’immigrants climatiques.

Mars et Titan ont été colonisés mais cela ne résout pas les problèmes des Nantis, appelés ainsi en opposition aux Isolés qui sont confrontés à la famine. Andrew, originaire d’Amérique du Nord et président mondial est connu pour ses positions extrémistes affichées avec ostentation. Il n’est plus question pour l’Europe et l’Amérique du Nord d’accueillir tous les réfugiés, même s’ils sont affamés, en provenance d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’une grande partie du Sud Est asiatique. Il impose la construction d’un mur séparant les pays pauvres des pays riches, proposition entérinée par une très grande majorité des membres du conseil.

Seul Assican, d’origine tibétaine et installé en France, refuse de voter cette motion. Mais seul ou presque, que peut-il faire ? Le chaos est proche et Assican confie à son fils Temeso une mission périlleuse qui pourrait sauver une toute partie de l’humanité d’une guerre millénaire entre le Bien et le Mal, entre la Lumière et les Ténèbres, résurgence ou continuation du conflit entre Lilith et Eve à l’origine du monde. Se rendre à bord d’une navette en compagnie d’une cinquantaine de couples issus de tous milieux ethniques et religieux jusqu’à une planète nommée Eden, un voyage qui durera soixante dix ans.

Ce roman est la métaphore de notre système social et financier actuel vu à travers une lunette grossissante, préfiguration de l’Apocalypse. Et bien sur, en premier lieu, c’est la parabole sur le rejet des immigrants fuyants des régimes totalitaires, ne demandant humblement que du travail et de quoi manger, et reconduits vers la frontière, expulsés comme des bêtes sauvages jusque dans leurs pays où ils risquent la mort.

C’est également une parabole sur les profits financiers monstrueux réalisés sur le dos des paysans, des travailleurs surexploités habitant le tiers et le quart monde, des profits financiers destinés aux actionnaires anonymes de sociétés multinationales demandant toujours plus, quelle qu’en soit la provenance. Sans parler des parachutes dorés, ou plutôt des parachutes en or. Vous coulez par incompétence, par cupidité une multinationale, un pays, et on vous vire en vous récompensant largement.

Ce n’est plus de la science-fiction, c’est une projection de notre époque vers un futur qui ne s’avère guère réjouissant et dont nous connaissons les prémices délétères.


Du même auteur, lire :  Projet espoir.


Daniel Piret : Les enfants de la Lumière suivi de Les Miroirs. Rivière Blanche n° 2060. Couverture de Jean-Félix Lyon. 216 pages. 17€.

Repost 0
16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 15:10

Un chemin de croix...

 

croix-route.jpg


On aperçoit souvent, trop souvent malheureusement, une croix et des bouquets de fleurs sur la berme de certaines routes, ceci pour rappeler qu’un accident de la circulation s’est produit et qu’une victime est à déplorer. Or découvrir un bouquet de roses au pied d’une croix sur laquelle est fixé un carton indiquant la date du lendemain peut surprendre. Pourtant c’est ce que remarque un jeune policier sur la route 1 au sud de Monterey, non loin des dunes qui bordent la plage.

Le lendemain, un promeneur est intrigué par une voiture, les pneus dans l’eau de mer. Aussitôt avertis les policiers trouvent dans le coffre du véhicule une jeune fille évanouie. Si le véhicule avait été plus en avant sur le sable, nul doute que la marée aurait noyée l’occupante qui s’en sort bien mais traumatisée.

L’affaire est confiée à Kathryn Dance, synergologue au California Bureau of Investigation. La jeune femme qui a perdu son mari, attaché au FBI, dans un accident quelques années auparavant, élève seule ses deux enfants. Mais son travail l’accapare et il n’y a guère de temps mort entre deux missions. Elle interroge Tammy, l’adolescente qui a failli périr, à l’hôpital où celle-ci se remet de ses émotions. En observant les mouvements corporels, les expressions du visage, sa façon de se comporter, Kathryn se rend compte que Tammy ment sciemment ou par omission. Les déclarations de Tammy concernant son enlèvement, à bord de sa voiture, à la sortie d’une boîte de nuit, sont plutôt confuses. D’après elle un latino serait à l’origine de son kidnapping. Bref, il vaut mieux chercher ailleurs que de prendre pour argent comptant ses assertions. Et le meilleur moyen pour découvrir une piste est peut-être de s’intéresser à l’ordinateur de Tammy qui était dans son véhicule. L’appareil est un peu endommagé par l’eau de mer et un spécialiste en informatique, Jon Boling, consultant auprès des services de police et enseignant, va leur apporter une aide qui s’avèrera précieuse.

Tammy et bien d’autres visiteurs avaient posté des commentaires sur le site Le Rapport Chilton, un site situé près de Monterey et dont l’animateur se propose de dénoncer les travers politiques, financiers et autres dont la région de Monterey était sujette et plus si affinités. Les projets de l’usine de désalinisation, par exemple, mais aussi les potins comme l’accident provoqué par un adolescent au volant d’un véhicule et qui aurait fait deux victimes, deux jeunes filles assises à l’arrière. Et les commentaires virulents ne manquent pas. D’abord ceux qui les laissent s’en prennent à la municipalité et aux services d’entretien de la voirie mais bientôt c’est une déferlante sur celui qui est surnommé l’assassin de la route. Les signatures sont anonymes ou assorties de pseudos, le nom du conducteur est effacé mais en consultant les rapports de police, il s’avère qu’il s’agit d’un adolescent de dix-sept ans nommé Travis. Kathryn et son ami Michael O’Neil, shérif-adjoint du comté de Monterey, se rendent chez les parents de Travis, dont le frère Sammy est un peu niais. Tout d’abord les deux policiers n’ont rien à reprocher à Travis, seulement celui-ci disparait et d’autres croix sont découvertes, d’autres meurtres ou tentatives de meurtres sont perpétrés.

Chilton qui se prend pour un journaliste refuse de jouer ce qu’il appelle les délateurs et de donner les noms de ceux qui laissent les commentaires et jouent à la mouche du coche. C’est là qu’intervient Jon Boling dont le rôle est primordial dans les recherches sur le Net. Si, grâce à lui le profil de certaines victimes peut être cerné, d’autres échappent à la logique.

Mais une autre affaire accapare Kathryn. Lors de l’arrestation mouvementée d’un voyou, un policier a été grièvement blessé. Transporté à l’hôpital, il est décédé peu après. Il réclamait que quelqu’un mette fin à ses jours, et il a été entendu. Son frère accuse le personnel soignant. Or le procureur Robert Harper, qui est en charge du dossier accuse la mère de Kathryn, infirmière, d’avoir procéder à une injection létale. D’ailleurs Edie est arrêtée et Kathryn a toutes les peines du monde à empêcher que les services sociaux la séparent de ses enfants.

 

Dans cette double intrigue à multiples rebondissements, Jeffery Deaver dénonce aussi bien le rôle néfaste et délétère joué par le procureur Robert Harper, rôle qui est reproché à quasiment tous les procureurs, aussi bien en Amérique qu’en France. Des fonctionnaires de justice souvent obtus, dont les préjugés négatifs vis-à-vis des présumés coupables influent fortement sur le bon déroulement des enquêtes.

L’auteur met également en avant les événements qui secouent la société, et pas seulement la société américaine puritaine engluée dans la religion, comme la manifestation organisée à l’entrée de l’hôpital dénonçant l’euthanasie et par voie de conséquence l’avortement, par des personnes, des religieux qui ne sont pas toujours exempts de reproches.

Enfin c’est quasiment une diatribe contre les effets pervers des blogs, pas tous, mais ceux tenus par de prétendus redresseurs de torts, qui se prennent pour des journalistes sans avoir eu de formation d’investigateur, qui font feu de tout bois, qui accusent à tout va, même sous des propos feutrés, et pis, par les commentaires qui deviennent, par une surenchère verbale, haineux. Et je n’aurai garde d’oublier les effets négatifs de certains jeux vidéos qui procurent une addiction à ceux qui les utilisent, se propulsant dans des univers virtuels et incapables de rester connectés au monde réel.

Un roman qui démarre tout doucement, malgré quelques scènes poignantes, mais prend de la force au fur et mesure de son double développement et le lecteur est happé à son insu dans cette histoire qui n’a pas de frontières.

 

Du même auteur lire : Instinct de survie.


Jeffery DEAVER : Des croix sur la route. (Roadside crosses – 2009. Traduction de Pierre Girard. Editions des Deux terres. 480 pages. 21€.

Repost 0
16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 06:55

Avant BHL et DSK, il y eut HPL.

 

  moicthulhu_vignette-copie-1.jpg


L’auteur américain Howard Phillips Lovecraft est célèbre par ses romans de fantastique et d’horreur et malgré sa disparition en 1937, il vit toujours grâce à ses personnages issus d’un univers délirant. Cthulhu, Nyarlathotep, Azathoth, Yog-Sothoth ne sont pas des inconnus même auprès de ceux qui ne connaissent qu’approximativement l’œuvre du maître de Providence.

Lovecraft aura inspiré de très nombreux romanciers, qui se nomment August Derleth, Robert E. Howard, Robert Bloch, Fritz Leiber, Clive Barker, Stephen King, John Carpenter, Stuart Gordon et bien d’autres dont Neil Gaiman qui signe ici une nouvelle sur l’origine de Cthulhu.

Neil Gaiman n’avait que vingt-sept ans lorsque ce texte a paru pour la première fois dans la revue Dagon, mais auparavant il avait lu voracement les écrits de Lovecraft, il les avait ingérés et digérés avant de restituer son univers dans la lignée de son prédécesseur et mentor, même s’il a ironisé sur les outrances du style lovacraftien.

Alors les inconditionnels de Lovecraft ne pourront que se réjouir de pouvoir lire cette nouvelle accompagnée d’une introduction présentant Neil Gaiman, et une lettre datant d’avril 1987 parue dans la même revue Dagon. Les autres, qui connaissent peu ou prou Lovecraft, mais désirent aborder l’œuvre avec cette petite mise en bouche. Et ils ne seront pas désarçonnés car grâce aux nombreuses et indispensables notes du traducteur, Patrick Marcel, ils pourront se faire une idée convaincante de l’imaginaire lovecraftien et du talent de Gaiman.

Petit extrait afin de vous mettre l’eau à la bouche et l’esprit en émoi :

Je n'ai jamais connu mes parents. Mon père a été dévoré par ma mère sitôt qu'il l'a eu fécondée et elle, à son tour, a été dévorée par moi, à ma naissance. C'est mon premier souvenir, d'ailleurs. M'extirper de ma mère, avec son goût faisandé encore sur mes tentacules...»

 

Il est bon de préciser que la revue Dagon, emprunte son titre à une œuvre de Lovecraft datant de 1917, de même que la maison d’édition Clef d’argent est également le titre d’une œuvre qui date de 1926.

Et bien évidemment vous en saurez plus en rendant visite aux éditions de La Clef d’argent qui proposent de très nombreuses petites perles, romans, nouvelles, études et essais.


Neil GAIMAN : Moi, Cthulhu. Collection FHTAGN2 ; éditions de la Clef d’argent. 56 pages. 5€.

Repost 0
15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 07:09

Ou le champ des âmes ?

 

 

chant-ames.jpg

Il est difficile pour un jeune éditeur qui ne possède à son catalogue que trois ou quatre titres, de trouver la perle rare. Et le succès du Projet Bleiberg, de David S. Khara, fut une heureuse surprise aussi bien pour les éditions Critic que pour les modestes chroniqueurs que nous blogueurs sommes. Evidemment Gérard Collard n’est pas étranger non plus à l’engouement suscité et je me garderai bien de l’oublier et de mésestimer l’influence qu’il possède en matière de promotion, gratuite. Alors il est vrai que l’éditeur se trouve un peu pris au piège, car il se doit de proposer des livres dans la lignée du précédent. Afin de ne décevoir personne.

Et en Frédérick Rapilly, je pense qu’il tient un nouvel auteur prometteur qui ne marche pas sur les brisées des anciens, ne reprend pas les mêmes ficelles, mais possède son propre univers exploité grâce à son parcours de journaliste et de DJ. Pour preuve, David S. Khara, dont les deux romans édités chez Critic, le Projet Bleiberg et le Projet Shiro, ont été réédités chez 10/18, tandis que le roman de Franck Rapilly est lui réédité chez Pocket concomitamment avec la sortie de son nouveau roman Le chant du Diable dont j’aurai l’occasion de vous parler dans les prochains jours.

 

Alors qu’il pensait avoir tiré un trait définitif sur une vie antérieure, Marc Torkan est contacté par Patrick Boudou, son ancien patron à la rédaction de Paris Flash, ami et beau-père. En forêt de Brocéliande, et plus précisément au lieu dit du Val sans retour, des promeneurs ont découvert avec horreur le corps d’une jeune femme suspendu aux branches de l’Arbre d’or. Selon les premières constatations elle serait morte dans d’horribles souffrances après avoir été torturée.

Marc refuse catégoriquement de couvrir l’affaire malgré son passé de grand reporter. Il est installé dans la presqu’île de Quiberon comme antiquaire et entend bien ne pas renouer avec son passé douloureux. Patrick insiste tant et si bien que Marc se laisse convaincre et reprend l’enquête parallèlement à celle de son confrère de Paris Flash, le poids des mots le choc des photos.

Il va s’associer à une photographe américaine qui vit en France depuis dix ans, Katie Jeckson, qui a réussi à prendre des photos de la suppliciée malgré le barrage policier. C’est ainsi qu’ils vont rencontrer des amis de Clara, la victime, et sa sœur jumelle qui affirme que la jeune fille participait au Teknival la veille de sa disparition. Les rave-party sont peut-être une piste, d’autant que Katie en naviguant sur Internet à trouvé une info intéressante : une jeune Israélienne serait décédée dans les mêmes circonstances en Thaïlande alors qu’elle participait à une fête techno.

Les policiers sont eux sur une piste soi-disant sataniste et chant-ames2.jpginterrogent un groupe local, Sons of Gaël, puis d’une sorte de druide qui va se suicider lors de la garde à vue. Ils embarquent donc pour la Thaïlande et se renseignent auprès d’un policier local qui a suivi l’affaire. 

Les voyages vont s’enchainer, retour à Paris, départ pour l’Ukraine ou doit avoir lieu un rassemblement de festivaliers accro à la techno, connaissance avec une DJ, Jillian, qui ne passe pas inaperçue avec ses cheveux roux et son accoutrement vestimentaire, embarquement pour les Canaries. Le dénouement aura lieu à Bali après bien des vicissitudes, des interrogations, des recherches auprès des internautes et des DJ mais également auprès des rares amis restés proches de Marc, des tâtonnements et des fausses pistes, des inspirations de l’un ou de l’autre.

Peu à peu au cours de cette intrigue, le lecteur fait connaissance avec Marc et les événements qui ont bouleversé sa vie, ses rapports avec Katie et Jillian, mais l’auteur sait préserver des zones d’ombre qui seront peut-être dévoilées dans le prochain roman dont Marc Torkan sera le héros. En effet l’épilogue est une fin ouverte, et toutes les suppositions peuvent être envisagées. 


Retrouvez m'auteur sur son site : Thrillermaniac

 

Une autre lecture vous est proposée sur Action Suspense.



Frédérick RAPILLY : Le chant des âmes. (Editions Critic – 2011). Réédition éditions Pocket, collection Thriller N° 15055. 7,20€.

Repost 0
14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 14:10

Dire que ça n'a même pas fait un carton !

 carton.jpg


Avec L’amour sans le faire publié chez Flammarion, Serge Joncour tient une place prépondérante dans l’actualité littéraire. Mais il ne faut pas oublier ses précédents romans, dont celui que je vous propose et qui n’est même pas répertorié chez Wikipédia, ce qui prouve qu’il existe de grosses lacunes, chez un éditeur qui semble avoir disparu de la scène éditoriale.

 

Libraire en livres (eh oui !) dans une grande surface, le narrateur se décarcasse pour mettre en valeur son rayon. Et ce n’est pas facile, car étant donné le nombre de marques différentes, de calibrage, de format, de prix, il faut un véritable savoir-faire pour allécher le chaland. Ce n’est pas comme dans les autres rayons où tout s’empile de façon parfaite et homogène.

Ce n’est pas une sinécure malgré le jovial Martino, et sa devise en béton, enfin en carton : “ Martino des éditions générales ; plus le carton se livre et plus on fait un carton ”.

Et voilà notre libraire qui peu à peu se transmute en effigie de carton pour appâter les clients. Il n’est plus un vendeur mais un pantin figé et pensant, devenant une véritable coqueluche. On dirait un vrai, remarquent des enfants accrochés aux basques de leurs mères poussant les chariots de provisions. De toute façon il y a toujours un peu de place pour caser un livre entre les bottes de poireaux et les côtes de porc du déjeuner.

 

Fable ou parabole, sur la société de consommation, sur le rôle du vendeur de livres et non plus du conseiller en lecture, Carton de Serge Joncour est plus qu’un roman, un constat. Une peinture acerbe de l’ambiguïté entre les nourritures terrestres et les nourritures spirituelles. Le livre et à travers lui son vendeur, toute une profession régie par la loi du marché et incidemment du rapport financier. A noter que Serge Joncour a obtenu le Prix France Télévision 2003 pour U.V.paru aux éditions du Dilettante.

 

 

Serge Joncour : Carton. Collection Eden Fictions, Eden Productions. Juin 2003. 94 pages. 9€.

Repost 0
14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 07:00

Avant le Quatar, les Cathares !

 glaive


Ne nous y trompons pas. Si cette histoire est ancrée dans le fantastique, elle prend résolument ses sources dans l’histoire languedocienne et occitane, et plus particulièrement catalane dans les années sombres de la lutte contre les Cathares. Et si les auteurs donnent aux belligérants des noms d’emprunt, il est au moins une figure qui parle d’elle-même : Simon de Malfort, qui réfère directement à Simon de Montfort. De Tolosa à Kottliure, en passant par Murèl, Besièrs, Perpinyà, le col du Pertus et le mont Canigò, et autres lieux dont les patronymes n’ont aucunement besoin d’être traduits, le lecteur effectue un voyage initiatique.

Dans la plaine de Murèl s’affrontent d’un côté les Francs du roi Amalrik III le Vil assistés des troupes de Gontran le Défiguré, le Pape noir, de l’autre les armées du roi d’Ock Béranger V et du roi Père IX de Katland. Les deux premiers compères veulent annexer les pays d’Ock et de Katland et éradiquer la religion des infidèles kathars. La bataille fait rage, et Père IX, légèrement aviné, se moque totalement des consignes de ses lieutenants. Il est abattu par Agna et ses hommes, les morts-vivants. Xavi, le jeune bruixot, thaumaturge et nécromancien, tente de le ramener à la vie, en vain. Lui-même est cerné par l’armée d’Agna et alors qu’il va sombrer sous les coups, Agna lui laisse la vie sauve. Commence alors pour Xavi la quête du Glaive de justice tandis que les combats continuent, que les armées d’Ock et de Katland sont obligées de reculer sous l’avancée ennemie.

Pour obtenir le Glaive de justice Xavi est obligé de se rendre dans les fourneaux du forgeron Borvo, sorte de dieu Vulcain qui règne au milieu de lycanthropes sur le mont Canigò, afin de s’emparer de l’arme, mais cela ne suffit pas car, afin que celle-ci possède sa puissance maximale, il faut aussi retrouver les reliques de Sant Vicenç. Son épopée, comme le lecteur peut s’en douter, sera une succession de péripéties aventureuses, sanglantes, où le courage ne résout pas tout. Heureusement il est accompagné dans sa quête par deux fidèles, le géant Lo Singlar et l’archer Pau qui utilise des flèches pour le moins bizarres. Malheureusement la belle Agna veut elle aussi s’emparer du Glaive de justice. Et comme rien n’est simple et que tout le monde se jalouse afin d’avoir la prépondérance, Agna est en butte à des manœuvres pas très catholiques de la part du cardinal Posel Virt Schneesturm, au profil ambigu, même s’il est un allié des Francs et du Pape noir.

Entre trahisons, embuscades, pièges, échauffourées avec des loups-garous, surveillance des lignes ennemies par les Goelaks, des volatiles qui sont des sortes de drones, et autres joyeusetés, Xavi d’un côté et Agna de l’autre réussiront-ils à posséder le Glaive de Justice ? C’est ce que nous proposent de découvrir les auteurs de ce roman haletant en trois parties et dont l’épilogue se veut une entrée en matière. La première est due à la plume de Philippe Ward, qui décrit La Bataille de Murèl, la deuxième signée François Darnaudet qui propose Du sang sur la neige et enfin la troisième et dernière, la plus longue aussi, intitulée tout simplement par Gildas Girodeau Le Glaive de justice. Comme à leur habitude les trois compères s’amusent à affubler leurs personnages de patronymes puisés dans l’entourage de leurs connaissances et amis. Ainsi retrouve-t-on un Laguerre, un cardinal Jirrodo, un Dard M’Odet, un Gallerne de Palerme ou encore un Dou’n Ovetz, et quelques autres peut-être moins connus.

Ce roman, sous des dehors de joyeuse récréation à consonance fantastique et historique, n’est pas si léger qu’il y parait. Et l’on s’aperçoit que les mêmes événements reviennent à périodes régulières et pas plus tard qu’il y a quelques semaines, dans des conditions moindres que celle décrite, mais dont l’effet jette toujours l’opprobre sur ceux qui commettent ces actes que je juge, personnellement, barbares. « Ils ont rassemblé les survivants de la tuerie et les ont séparés en deux groupes. D’un côté les hommes valides, de l’autre : femmes, vieillards et enfants. Il fallait sortir les cadavres de la ville et brûler les corps sans perdre de temps. Le premier groupe a été immédiatement mis au travail, ils ont triés le deuxième à leur façon ».


François DARNAUDET, Gildas GIRODEAU et Philippe WARD : Le glaive de justice (La saga de Xavi El Valent – 1). Collection Blanche n° 2072. Editions Rivière Blanche. Couverture de Christophe Palma. 252 pages. 17€.

 

challenge régions

Repost 0
13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 07:47

Voyage au pays, des mères veillent !


mapuche.jpg


S’agit-il d’une forme de masochisme littéraire ? A première vue, il semblerait que oui car cela fait plusieurs mois que ce livre me nargue, jouant au yoyo dans ma PAL, descendant ou remontant au gré de mon humeur, mais toujours à proximité des yeux et des mains. Pourquoi ce rejet et cet attrait en même temps, vis-à-vis d’un roman dont j’ai lu ici ou là des chroniques positives et même laudatives. A cause du titre ? Je n’aime pas qu’on m’appelle ma puce. Oups (ça fait bien, ce n’est pas vulgaire, et démontre une certaine contrition de la part de celui qui prononce ce mot) ce n’est pas ma puce, mais Mapuche. Et qu’est-ce que cela signifie ? Je ne m’intéresse aux quatrièmes de couverture qu’après avoir lu le roman. A cause du lieu où se déroule l’intrigue ? L’Argentine, je le sais parce que je l’ai appris en glanant ici et là quelques renseignements, souvent par hasard, et en m’intéressant à autre chose. Mais en règle générale je ne suis pas plus intéressé par les histoires se déroulant dans les pays d’Amérique du Sud, que par ceux qui ont l’Europe du Nord pour cadre.

Et puis l’envie me titillant de plus en plus, et me disant qu’il était temps de sursoir à cette torture imposée, irréfléchie, et avouons-le imbécile, j’ai entamé la lecture. D’abord avec ce regard de l’entomologiste qui pense n’avoir découvert qu’une espèce d’insecte déjà recensée, puis après un examen approfondi se rend compte qu’il examine un cas rare.

Déjà, dès les premières pages, mais j’y reviendrai, je me suis senti en osmose avec quelques réflexions énoncées par Caryl Ferey, et de savoir que nous abondions dans le même sens, fit que je me suis laissé allé à continuer ma lecture balayant mes premiers préjugés. Ensuite l’histoire en elle-même, ou plutôt les personnages décrits avec réalisme, humanisme, empathie, et bien loin de la caricature.

Jana ne vit que par l’art. Elle est sculptrice et peintre, et la vente de ses œuvres lui suffit pour survivre. Elle est seule, n’est pas dispendieuse, mais elle est libre. Et cela vaut toutes les richesses du monde. Alors qu’elle s’escrime sur ce qu’elle pense être son chef d’œuvre, la carte du cône Sud de l’Argentine dressé sur un socle de béton et dont elle défonce à l’aide d’une masse les anciens territoires. Jana est une Mapuche, une ethnie qui a été dépouillée et quasiment décimée par les chrétiens lors de l’invasion espagnole.

Elle est dérangée en plein travail par un appel téléphonique émanant de son amie Paula. Paula est inquiète, elle n’a pas de nouvelles de Luz, un travesti comme elle qui tapinait avec elle sur les quais depuis six mois. Luz avait laissé un message vers une heure et demie, lui donnant rendez-vous à cinq heures. Il est sept heures et Paula est alarmée. Rendez-vous est pris au Transformer, une boite où Jana n’a pas mis les pieds depuis des années. Mais l’ambiance n’a pas changé, toujours aussi glauque.

Luz est retrouvée, son corps émasculé flottant parmi les immondices qui stagnent sur les eaux du Richuelo. Les policiers sont sur place et interrogent Jana et Paula. Mais cette dernière ne peut apporter que de vagues renseignements. Elle ne connait que le véritable prénom de Luz, Orlando. C’est tout.

Ruben Calderon est un rescapé des geôles clandestines de Videla, dans l’école de Mécanique de la Marine. Il avait été incarcéré, adolescent, puis après avoir végété quelques mois en cellule, libéré un jour de juillet 1978, sans aucune explication, lorsque l’équipe nationale d’Argentine avait gagné la coupe du monde de football. Son père, Daniel Calderon, poète de renommée internationale, avait quitté l’Europe où il séjournait pour rejoindre son pays, mais il avait été arrêté à son arrivée puis avait disparu de la circulation, tout comme sa jeune sœur. Elena, la mère de Ruben, avait alors pris la tête des Grands-mères de la Place de Mai. Ruben qui s’était tourné provisoirement vers le journalisme s’est alors installé comme détective, afin de retrouver les responsables des disparitions, d’hommes, de femmes, d’enfants. Et ce sacerdoce se fait dans la douleur, car la grande majorité des juges, des militaires qui officiaient sous la dictature ont été reconduits dans leurs fonctions.

Trente ans ont passés. Son ami Carlo, journaliste d’investigation ce qui n’est pas sans danger non plus, lui apprend qu’une de ses amies, Maria Victoria Campallo, photographe, avait essayé de le joindre sans résultat, lui annonçant qu’elle avait quelque chose d’important à lui montrer. Mais elle n’a plus donné signe de vie. Or Maria est la fille d’un important homme d’affaires de Buenos Aires, principal soutien du maire. Ruben veut bien, par amitié, essayer de retrouver la jeune femme.

Les chemins de Ruben et de Jana vont se croiser et remuer la boue. Les vieux fantômes ne sont pas loin et le voile qui recouvre les forfaits et les exactions des militaires durant les années de sang va peu à peu se déchirer. Mais les religieux ne sont pas non plus en odeur de sainteté, oubliant ce pour quoi ils se sont engagés, bafouant la vocation de charité, d’amour, de paix, de fraternité. Mais ceci s’est vérifié tout au long de l’histoire. Des enfants arrachés à leurs parents et adoptés par des personnes influentes sont au cœur de l’intrigue. Mais également les anciens militaires qui ont réussi à camoufler leurs méthodes sanguinaires et leurs responsabilités dans la dictature.

Mapuche est certes un roman noir car les événements décrits relèvent de l’histoire la plus glauque de l’Argentine, mais également un thriller car certaines des scènes proposées s’inscrivent dans la plus pure tradition du roman d’aventures. Spectaculaires elles sont narrées avec fougue, virtuosité, délire, enthousiasme, frénésie, violence, sauvagerie et le lecteur les vit, les ressent en étant littéralement au plus près de l’action.

J’allais oublier : La politique néolibérale de Carlos Menem avait conduit le pays en une spirale infernale à la banqueroute, avec à la clé accroissement de la dette, réduction des dépenses publiques, exclusion, flexibilité du travail, récession, chômage de masse, sous-emploi… le tout sous les encouragements du FMI. Et la tendance s’était inversée lorsque justement cette politique avait été abandonnée. Cela ne vous rappelle rien ? La Grèce par exemple, non ? Il est vrai que le FMI œuvre dans l’intérêt des financiers et non dans celui des pays.

Juste une petite erreur, à mon avis, dans une description de bagarre, de tentative de meurtre à laquelle est confrontée Ruben. Un homme derrière lui tend sur sa gorge une corde à piano. Pour se défendre Ruben attrape les testicules du tueur dans son dos et les tord. Sous la douleur l’homme recule. Je ne veux pas essayer cette figure de combat mais il me semble que l’homme qui tenait la corde à piano en reculant aurait dû trancher la gorge de Ruben. Or il n’en est rien. Tant mieux pour Ruben, sinon, l’histoire tournait court. Cela me laisse sceptique, mais comme je vous l’ai dit, je ne veux pas essayer.


Caryl FEREY : Mapuche. Série Noire. Editions Gallimard. 462 pages. 19,90€.

Repost 0
11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 16:06

Entre l'espoir et le faux mage !

  espoir01-copie-1.jpg

 


Projet espoir : A la suite d’une “ dernière ” guerre mondiale qui se révèle être un véritable cataclysme, la Terre est scindée en deux entités. D’un côté les Tours et les Maîtres des Tours, personnages puissants mais que personne ne connaît, imposant l’ordre avec une armée de Brigade de sécurité composée de soldats appelés les Noirs, de l’autre la Cité, un territoire peuplé de mutants, tels les hommes-courtilières, les hommes poissons, les harpies, les Marqués, et les Normaux, en nombre restreint.

L’air est vicié, une brume acide plane sur les décombres, des nuées urticantes flottent au ras du sol, la nourriture est rare. Ces survivants traqués par les Tours et les Noirs, sont dirigés par le Sacrificateur qui selon les renseignements obtenus préparerait une subversion.

Cham et ses amis Lusi et la jeune Maud sont envoyés en mission afin de tuer le Sacrificateur. Ils s’efforcent de passer inaperçus, et sont pris en charge par deux Normaux mais sont démasqués. Lusi reste sur le carreau tandis que Cham et Maud parviennent à s’échapper. De retour aux Tours, ils se ressourcent dans un endroit paradisiaque, rare privilège. Il leur faut retourner accomplir leur mission, supprimer le Sacrificateur, avant que celui-ci parvienne à fédérer les différents habitants de la Cité. Et de la façon dont ceux-ci se comportent, cela ne risque pas d’être pour demain. Ils parviennent bravant moult dangers auprès de cet homme qui se montre affable et conciliant. Cham va alors découvrir que sa mission est peut-être un piège mais surtout qu’il peut changer le cours du destin de la Terre, hypothétiquement pour des jours meilleurs.

 

Le crépuscule des idoles : Suite à une déception amoureuse, Samuel, jeune adolescent de dix sept ans considéré comme utopiste, certains le qualifieraient d’anar, a tenté de se suicider en entrant dans un transformateur électrique. Le professeur Joly constate que si Samuel est mort cliniquement, son cerveau continue à travailler, et que son activité a même augmentée, dépassant nettement plus que la moyenne. Son activité cardiaque a également repris.

Relié à un ordinateur afin d’évaluer son encéphalogramme, et au grand étonnement du professeur Joly et d’un informaticien spécialiste de cybernétique, le docteur Sunday, Samuel semble correspondre avec la machine. Cette conversation mentale dépasse même l’entendement puisqu’il communique avec le Grand Coordinateur, l’ordinateur central qui régit les Etats-Unis d’Europe, lequel est aussi en liaison avec les autres appareils des grandes nations. En guise d’ultimatum, le Grand Coordinateur organise une panne immense qui perturbe le pays pendant quelques minutes.

Samuel est alors mis au secret, sous la garde d’androïdes, près de l’appareil devenu pour tous l’Idole, et ni sa famille, ni son amie Lydia ne peuvent le voir. Seul Sunday s’autorise le droit de visite. Bientôt le Grand Coordinateur prend des initiatives inattendues, telles que parler, émettre des avis, et pis, donner des ordres. Ainsi les dettes des pays pauvres sont effacées, des livraisons de provisions alimentaires sont distribuées, au grand dam des spéculateurs qui ne peuvent que constater les résultats. Tout semble en règle, personne, chefs d’états, informaticiens, banquiers, profiteurs, personne ne peut contester les décisions prises. Le système des vases communicants est engagé.

 

Ecrits au début des années 80 pour les éditions Fleuve Noir et la collection Anticipation, ces deux romans ne furent pas publiés car Daniel Piret fit partie de la charrette qui propulsa bon nombre d’auteurs, lesquels pourtant firent la renommée de la maison d’édition, vers la sortie par le bon vouloir d’un nouveau directeur.

Heureusement les manuscrits étaient bien rangés et ils n’ont pas pris une ride, même si l’action du Crépuscule des idoles se déroule en 2008, soit un avenir très proche au moment de l’écriture. Il est amusant d’ailleurs de comparer notre époque à celle décrite par Daniel Piret dans ce roman. Et comme déclare l’un des protagonistes : “ La morale n’a rien à voir avec la finance et le désintéressement n’est qu’une utopie ”.

Quant à Projet espoir, dont l’action se situe dans quelques millénaires, Daniel Piret nous propose la vision pessimiste mais réaliste d’une humanité déchirée. Comme toujours une majorité de pauvres hères est asservie par une minorité méprisante et arrogante. Seulement, les plus faibles, au lieu de s’unir, ne pensent qu’à s’entredéchirer, creusant un peu plus le fossé. Seul un humaniste, un utopiste penseront certains, qui fasse preuve d’abnégation, allié à un être doté de facultés dont il n’a pas conscience, peut faire pencher la balance et retourner la situation. Mais pour combien de temps ?


Daniel Piret : Projet espoir suivi de Le crépuscule des idoles. Préface de Rémy Lechevalier. Collection Rivière Blanche 2049. 248 pages. 17€.

Repost 0
10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 11:17

Ou passion délirante ?

 

délirepassionné


Antoine est étonné de se réveiller avec dans son lit une inconnue, nue comme lui. Lucienne, dite Lulu, est moins déconcertée et impute cette situation scabreuse à l’absorption d’un verre de trop. Un coup de téléphone de son ami Théo dissipe rapidement le malentendu. La veille, Tony et ses copains ont fait la tournée des grands ducs et flirté avec quelques filles dont Lulu qui tenait le vestiaire d’une boîte de nuit.

Robert et Théo ont raccompagné, déshabillé et couché Lulu et Tony bien éméchés dans le lit du jeune homme pensant leur faire une bonne blague. Comme Lulu est consentante, ils sacrifient au réveil au démon de la chair. Tony est stupéfait de démontrer à la jeune fille sa virilité à plusieurs reprises. Ce qui le surprend, pensant être devenu plus ou moins détaché des plaisirs charnels depuis le départ de sa femme avec un homme plus fortuné que lui.

Lulu lui avoue avec candeur avoir connu plusieurs hommes et se faire entretenir. Sa situation de courtisane ne la gêne pas et ils adoptent vite un compromis. Elle s’installe chez Tony. Une sorte de contrat moral qui les satisfait, surtout au lit. Cependant Tony est un peu agacé par la propension de Lulu à mettre en parallèle ses précédentes aventures.

Chacun de leur côté, ils connaîtront d’autres aventures, sans lendemain. Le cœur n’y est pas. Ils se retrouvent avec plaisir et le mariage se profile à l’horizon.

 

Portrait d’une femme libérée avant la fameuse révolution sexuelle, Délire passionné joue beaucoup sur la métaphore et le subjectif pour décrire les scènes d’amour. Un roman à l’écriture ampoulée, vieillotte, mais sauvé par les situations modernes subies par les personnages.

 

Citation : Une femme sans homme c'est comme un petit chien sans maître. (Page 129).

 


DOLNEY Robert J. : Délire passionné. Collection Noire et rouge du Fleuve Noir (1953).

Repost 0
Published by Oncle Paul - dans La Malle aux souvenirs
commenter cet article
10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 08:50

Y'a-t-il un homme dans son lit ?


ardeursecrete.jpg


Jeune et jolie, veuve après seulement quinze mois de mariage, Renée est devenue solitaire et taciturne. Ce n’est pas l’accident qui a coûté la vie à son mari qui l’a rendue quasi neurasthénique, mais sa nuit de noces ratée. Vierge, elle a subi les assauts d’un soudard qui n’a pas su éveiller sa féminité.

Depuis, elle est devenue frigide. Au bout de quelques mois elle prend pour amant Dino, un ami de sa cousine Monique qui habite Neuilly. Quoique réputé comme Don Juan, et excellent dans ses rapports avec les femmes, Dino essuie un échec. Renée restée sur sa faim rompt et décide de changer d’air.

Elle passe quelques semaines en Suisse, prend un nouvel amant qui lui aussi loupe son entrée en matière. Dépitée par ce manque de résultat, elle s’installe chez Monique qui vit maritalement avec Raymond. Le couple, libre de mœurs, héberge un toubib reconverti comme musicien de jazz, Jimmy.

Renée confie à Monique ses problèmes de libido. La cousine n’a de cesse de décoincer la jeune veuve. Elle l’incite à vivre comme eux, partageant la salle de bains en toute simplicité. Elle lui vante les qualités viriles de son amant et lui conseille même de coucher avec. Une expérience qui une fois de plus s’avérera décevante. Lorsque Dino vient la relancer, elle accepte l’offre de Jimmy qui lui propose de partager sa chambre.

Les deux jeunes gens sont attirés l’un par l’autre, et ce qui doit se produire arrive au plus grand plaisir de Renée. Enfin !

Cette simple histoire d’amour paraît aujourd’hui bien fade. Les scènes érotiques n’ont d’érotique que le nom. Pourtant à l’époque certains ont crié au scandale. Que n’ont ils lu l’amant de Lady Chatterley !

L’auteur évoque surtout la poitrine de Renée, se complaisant à la décrire. Quant aux réactions de la jeune femme vis à vis de l’amour physique, il tente de les expliquer par de pseudos psychanalyses. Il reconnaît toutefois que l’aversion que Renée peut éprouver lors de ses rapports est due aux précipitations masculines, l’homme ne pensant qu’à son plaisir, même s’il est considéré comme un amant hors pair par ses autres conquêtes. En fait, c’est l’amour qui résoudra les problèmes de Renée.

 

Citation : Quand on trompe une femme, on peut faire tout sauf le lui dire ! (Page 42).

 


FAXEN S.T. : Ardeur secrète. Collection Noire et rouge. Le Fleuve Noir. (1952)

Repost 0
Published by Oncle Paul - dans La Malle aux souvenirs
commenter cet article

Présentation

  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
  • Contact

Recherche

Sites et bons coins remarquables