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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 07:19

mascarades

Composé de plusieurs tendances, l’ETA ou Euskadi Ta Azkatazuna, ce qui signifie Pays Basque et liberté, oscille entre guerre contre l’Espagne avec actes de terrorisme et désir de paix en privilégiant toutefois l’indépendance. Mikel, libraire de profession, penche pour la seconde position. Mais si le GAL, groupe antiterroriste de libération, officiellement dissolu en 1987 et composé de truands à la solde de la police espagnole, est toujours actif, les assassinats perpétrés envers des membres influents de l’ETA ne lui sont pas forcément imputables.

Alors des Rapaces qui veulent éliminer les colombes de la Paix ? L’hypothèse est séduisante, mais dans ce cas il y aurait lieu de supposer des trahisons au sein même du groupe. Seulement ces meurtres, parfois exécutés en public, ne sont pas perpétrés par des hommes cagoulés, comme on pourrait le penser, mais par des mascarades, des personnages masqués issus du folklore basque. Le Zako Zahara, sorte de sac empli de paille ; le Momotxorro, déguisement réputé, exhibé lors des fêtes basques de février et sensé représenter un animal revêtu d’une peau de mouton un panier d’osier surmonté de cornes de taureau servant de couvre-chef ; l’Ehiztarbeltz, ou chasseur noir se déplaçant à cheval, ou encore le Zegen, un taureau noir particulièrement agressif. Seulement ces effigies emblématiques n’abritent pas des êtres humains.

Ces représentations sont vides et en même temps meurtrières, comme animées par des maléfices. Des assassinats perpétrés de façon atroce, inhumaine si l’on peut dire, comme si des zombies commettaient ces barbaries sans état d’âme. A l’origine de ces événements tragiques, l’arrestation de Indiar, l’un des dirigeants de l’ETA le plus recherché et présumé terroriste.

Pour Mikel, qui recherche sur de vieux incunables les origines des mascarades, la surprise va grandissante, tandis que ses amis ou supposés tels, servent de cible. Et que représentent ces personnages qui s’immiscent dans le décor : Bergara l’impulsif et trublion lors de réunions publiques appelant à une guerre sans merci ou encore cette jeune femme, inconnue au bataillon, qui connait son nom de code au sein de l’ETA. Et planent sur cette histoire l’ombre de Charlemagne, de Roland et du défilé de Roncevaux, page héroïque de l’histoire de France et surtout du Pays Basque, un épisode gagnant attribué à tort, selon l’auteur, aux Sarrazins.

 

Avec ce roman Philippe Ward nous propose une autre vision du Pays Basque et de sa recherche d’identité. L’ETA n’est pas uniquement le groupement d’activistes réactionnaires que veulent bien nous présenter les médias, journaux, radios et télévisions, de terroristes assoiffés de sang. La branche décidée à entamer des négociations de paix est occultée, ce n’est pas assez sensationnel, tandis que les arrestations de soi-disant chefs font les gros titres. Il est vrai que cela alimente la popularité de ministres calfeutrés dans leurs bureaux loin de la réalité du terrain, et conforte dans leurs idées préconçues les lecteurs. Et comme le fait si bien remarquer Philippe Ward via la réflexion d’un des protagonistes : « Mikel qui était épris de justice, s’était toujours demandé pourquoi on ne séparait pas les Corses les uns des autres par exemple. Eux qui tenaient les prisons en constituant de véritables gangs. D’autant que le nombre d’homicides sur l’île était sans aucune commune mesure supérieur à ceux commis pour la cause basque sur le sol français… Et qu’ils défiaient ouvertement la République, jusqu’à tuer un préfet, ce que ne faisaient pas les Basques du côté français. Et comment se faisait-il aussi que la police, même aidée de l’armée, ne trouvait jamais les Corses qui n’avaient qu’une île pour se cacher, quand on trouvait les Basques où qu’ils soient dans l’hexagone ? Il doit y avoir davantage de Corses que de Basques dans la police et dans la politique, concluait cyniquement Mikel, en trouvant la force d’en sourire ». Je suis tout à fait d’accord avec Philippe Ward, en émettant toutefois une réserve : il n’a jamais été prouvé formellement que le préfet ait été assassiné par un Corse, alors que l’incendie des paillotes était apparemment le fait de certains policiers, mais ceci est une autre histoire.

 


Philippe WARD : Mascarades. Aïtamatxi Editions. Novembre 2009. 320 pages. 17€.

 

challenge régions

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 13:49

Il faut toujours se fier à son instinct !

 

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Peut-être vous souvenez-vous de Sacha Distel interprétant en 1959 cette chanson qui avait pour titre : Oh quelle nuit! Les protagonistes qui évoluent dans ce roman pourraient en dire autant, sauf que s’ils sont groggy, ce n’est pas à cause de quelques fines à l’eau, de whisky et de porto. Ce serait plutôt à cause du grand air nocturne et du sport extrême qu’ils vont être à même de pratiquer. Ce serait plus à rapprocher du tube des Avions, La nuit est chaude, elle est sauvage, quoique cette chasse se déroule durant la nuit du 17 au 18 avril.

Alors qu’ils devisent tranquillement dans leur chalet situé près du lac Mondac, dans le parc national Marquette, état du Wisconsin, Emma et Steven Feldman entendent des bruits aux alentours. Emma est avocate et elle emmène toujours avec elle quelques dossiers, malgré les proscriptions de son mari qui lui officie aux services sociaux. Et tout à coup deux hommes s’introduisent violemment dans la résidence. Steven veut appeler les policiers de la ville la plus proche, quand même située à plus de vingt kilomètres, mais il est abattu ainsi que sa femme.

L’appel téléphonique avorté inquiète toutefois le shérif qui décide d’envoyer quelqu’un sur place. Il désigne Brynn McKenzie, son adjointe en laquelle il a toute confiance. Celle-ci abandonne mari et gosse pour accomplir sa mission. Arrivée sur place elle ne peut que constater les dégâts. Elle récupère Michelle, leur amie Michelle, qui vagabondait dans les bois lors du massacre. Elle avait réussi à échapper aux deux meurtriers et est affolée, ce qui se conçoit aisément, mais les deux tueurs sont toujours dans les parages. Commence alors une folle cavale afin d’échapper à des poursuivants sans pitié.

Graham, le mari de Brynn, qui a bien du mal à gérer Joey, le fils de la policière issu d’un précédent mariage, s’inquiète et appelle sa femme. Ce n’est pas Brynn qui lui répond, mais un homme qui se déclare être un de ses collègues. Sentant un coup fourré il décide de partir à sa recherche.

Lors de leurs tribulations dans les collines qui entourent le lac de Montac, nos deux fugitives vont rencontrer un couple accompagné d’une fillette et d’un copain et dont elles espèrent une aide providentielle. Mais ces personnages ne sont pas là pour profiter de l’ambiance bucolique et des charmes de la nature.

Un autre protagoniste est également sur les routes. Il a une mission à accomplir, en relation le responsable d’un syndicat accusé de préférer faire embaucher des immigrés que des citoyens américains. Il ne paie pas de mine mais il faut toujours se méfier des plus petits et malingres que soi.

Fugitives et poursuivants affrontent toutes sortes d’embûches, liées à la configuration du terrain, nature escarpée ou ravins, à la flore et à la faune. Ils vont s’éloigner, leurs chemins se séparant, se croiser furtivement, se rencontrer même, mais à chaque fois un impondérable se dresse devant eux. Michelle est une femme de la ville, habituée au confort urbain, riche et enfant gâtée, capricieuse, habituée à vivre dans la facilité, et au début elle se traîne comme un boulet pour Brynn qui essaie de la canaliser, de la réconforter, de la bousculer aussi. De plus Michelle déclare s’être foulé une cheville, ce qui n’arrange pas leur marche souvent cahotante. Heureusement Brynn possède des petits trucs et astuces, comme les Castors Juniors, pour se repérer et se diriger vers le nord.

Jeffery Deaver nous entraîne dans une intrigue à rebondissements constants, en cascades, et lorsque l’on croit, que l’on espère qu’enfin les deux jeunes femmes vont s’en sortir, un nouvel incident, une nouvelle difficulté, se dressent devant elles. Heureusement Brynn ne cède pas facilement à l’abattement, au découragement. Elle est blessée à la joue, une balle qui n’était pas forcément perdue, mais la douleur ne lui fait pas perdre ses moyens. C’est une battante.

Bien enfoui sous votre couette vous ne pourrez pas vous endormir avant de connaître la fin, de savoir comment va se terminer cette aventure, et vous frissonnerez, vous serez tenté de vouloir aider les deux jeunes femmes à sortir de la tenaille composée par leurs poursuivants, à déjouer les pièges, à vous identifier et à souffrir par procuration. Des pérégrinations qui dureront douze heures. Au petit matin, les deux chèvres ne furent pas mangées par le loup. Au contraire elles survivent, et la horde de loups est décimée, en partie.

Mais ceci n’est que la première partie du livre, la principale, qui s’étend sur 350 pages, et l’aventure continue car tout n’est pas résolu. Et le lecteur découvre un peu mieux la personnalité de Brynn et d’autres personnages.

Prix du meilleur thriller de l’année, ce roman de Jeffery Deaver est fascinant. Pourtant le terme thriller ne m’attire pas spécialement car mis trop souvent mis à toutes les sauces et ne signifiant par le fait plus grand-chose. A mon sens il vaudrait mieux parler de suspense, mâtiné d’angoisse, et pour moi la principale référence reste Psychose de Robert Bloch, un roman adapté au cinéma par Alfred Hitchcock. Un film qui a éclipsé le livre.

 

Jeffery DEAVER : Instinct de survie (The bodies left behind – 2008. Traduction de Jean Esch; réédition de Editions des Deux-Terres. Novembre 2011). Le Livre de Poche Policier/Thriller. 528 pages. 8,10€.

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 07:06

Quand la mer monte, j'ai honte, j'ai honte, quand elle descend...


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Le mythique 204 de la rue des Siliques à Bruges, là où est établie la Cellule spéciale de recherches, est en effervescence. Le déménagement pour de nouveaux locaux plus spacieux s’accompagne de petits tracas tels que ordinateurs déjà emballés, pièces vidées, mobilier réduit au minimum.

C’est dans cette ambiance qu’une jeune fille, Miriam Dobbelaere, se présente au commissaire Van In pour déclarer qu’elle a été victime d’un viol par un homme cagoulé. Le père, huissier de justice qui fait partie des notables de la cité, est en colère tout autant auprès de sa fille que des policiers. Et comme Miriam ne veut pas déposer plainte, Van In ne peut que laisser la jeune fille rentrer chez elle sans qu’il y ait une suite à l’affaire.

L’adolescente repousse toujours un éventuel examen gynécologique et désigne comme agresseur possible un homme qui porterait un tatouage sur le bras, tatouage qui est attribué à un certain Colombier, surnommé King-Kong. Mais le père Dobbelaere, sa femme l’a quitté depuis huit ans le laissant seul pour élever la gamine, est en proie à une fureur qui le guide depuis sa jeunesse ou presque. Il s’en prend violemment à Miriam. Résultat elle est transportée à l’hôpital pour des ecchymoses et surtout pour des marques suspectes autour du cou.

Dans le même temps ou peu s’en faut, le cadavre d’un homme est retrouvé enfoui dans le sable de la plage de Zeebrugge, petit port de pêche et balnéaire situé non loin de Bruges. Et ce n’est pas un suicide car seule la tête dépasse, la bouche est agrémentée d’un sparadrap et contient une balle servant dans les séances de sadomasochisme. Et quand les spécialistes le dégagent de sa gangue, ils s’aperçoivent qu’il a les pieds et poings liés. Il ne risquait pas de se faire la belle ou d’appeler d’éventuels secours. Un correspondant anonyme a prévenu la police judiciaire qui se présente en la personne de Bultinck, et Van In n’apprécie pas du tout que quelqu’un, fut-il de la PJ, à la réputation sulfureuse qui plus est, vienne piétiner ses plates-bandes, ou son carré de sable en l’occurrence.

Autre précision qui est apportée, Carlos Minne, le cadavre, aurait été vu dans la nuit en compagnie de Roger Daems, un importateur de bimbeloteries asiatiques. Or Daems a purgé une peine de prison quelques années auparavant, peine de prison écourtée, et il a monté sa boîte d’import du jour au lendemain, une entreprise florissante derrière laquelle pourrait se terrer un trafic juteux de contrefaçons. Carlos Minne quant à lui était ancien chef de cabinet adjoint au ministère de la justice et membre de la commission des mises en liberté conditionnelles. Chez lui, dans une pièce réservée uniquement pour son usage personnel, les enquêteurs trouvent une multitude de magazines pornographiques ainsi que des cassettes vidéo. Van In ne délaisse pas pour autant l’affaire Miriam Dobbelaere, et il subodore, à tort ou à raison que les deux affaires sont liées.

Si Maigret et son géniteur Georges Simenon sont présents à l’esprit du lecteur au début de l’intrigue, le lien entre Van In et le célèbre commissaire du 36 quai des Orfèvres est si ténu, qu’il se rompt au bout de quelques pages. Il y a bien une petite ressemblance entre les deux hommes : la boisson. Comme dit sa compagne, Hannelore qui prend une part active à cette enquête puisqu’elle est juge d’instruction, Van In est un boit-sans-soif. « Van In jeta un coup d’œil à la bouteille. De sa silhouette à l’étiquette, tout indiquait un bourgogne. Il préférait le bordeaux, mais ce n’était pas le moment de faire le difficile ».

Mais en ce mois de juillet, le soleil tape fort, et il faut le comprendre aussi, même si son adjoint et ami Guido Versavel se cantonne à l’eau. D’ailleurs Van In organise assez souvent des séances de travail en compagnie de Versavel à l’Estaminet, son bar favori. Lorsqu’il le faut Van In sait se montrer doux ou hargneux, humaniste ou vindicatif, et comme son chien, pourtant patelin, lorsqu’il a crocheté dans un os, il est difficile de le lui retirer. Il ne dédaigne pas non plus reluquer les belles jeunes femmes, mais ça cela entre dans le domaine privé. Pieter Aspe ne s’étend pas trop sur le côté touristique de la cité flamande, ni sur l’antagonisme qui existe entre les deux communautés belges, même s’il l’évoque. Il est plus prolixe sur la ville de Rome, qui accueille pour quelques heures Van In et consorts. Et comme tout bon romancier de littérature policière qui se respecte, il donne parfois de petits coups de griffe, genre : « Certains fonctionnaires sont ainsi constitués que, même s’ils sont indéboulonnables, ils ne peuvent pas s’empêcher de lécher les bottes de leurs supérieurs ». A moins qu’il s’agisse tout simplement de lucidité.


Pieter ASPE : La mort à marée basse. (Editions Albin Michel – 2010) Le Livre de Poche Policier/Thriller. 336 pages. 6,90€.

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 17:11

Il faut toujours se méfier des stylos baveurs !

 

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Tandis qu’elle flâne dans le bas des Champs-Elysées, près d’une galerie marchande refuge des commerces de luxes, Anne Forestier, en farfouillant dans son sac à main, se barbouille la main avec l’encre de son stylo qui fuit. Elle avise des toilettes et tombe nez à nez avec deux hommes habillés de combinaisons noires, cagoules baissées et armés de fusils à pompe. Tout le monde est surpris mais l’un des deux individus se sert de son arme pour frapper Anne au visage, pour la molester (les policiers aiment bien ce verbe parait-il), pour la frapper violemment à coups de pieds alors qu’elle gît à terre, puis il traine le corps sur une trentaine de mètres, juste à l’entrée d’une joaillerie avant de s’engouffrer dans la boutique. Les malfrats dévalisent la bijouterie en brutalisant l’employée et la propriétaire. Anne qui était dans les vapes parvient à se trainer péniblement sur le trottoir. Des coups de feu sont échangés, pourtant Anne se relève, titube et marche comme un zombie. Les truands sont récupérés par un troisième homme qui conduit une voiture et s’échappent en arrosant les environs à l’aide de leurs armes à feu.

Ce braquage a été enregistré par des caméras de surveillance et Camille Verhœven visionne le film avec stupeur et angoisse. Car la quadragénaire qui a été pris à partie par les voleurs n’est autre qu’Anne Forestier, celle qui partage sa vie depuis quelques mois. Et quoiqu’il fasse partie de la Criminelle et que cette affaire n’est pas de son ressort, il s’en empare en avertissant succinctement la commissaire divisionnaire Michard, qui a remplacé dans le service Le Guen, son ami Le Guen qui vient d’être promu à un poste supérieur. Il argue qu’il ne s’agit pas que d’un banal hold-up mais qu’il y a eu présomption de tentative de meurtre aggravé. Et il invente une histoire invraisemblable d’indic qui pourrait, éventuellement, peut-être, lui donner, lui fournir un début de piste, etc. Il affirme ensuite au juge Pereira que la divisionnaire accepte que l’enquête lui soit confiée et vice versa.

Camille va mal. Sa femme Irène, décédée cela fait quelques années mais à laquelle il se réfère toujours, est toujours présente dans ses pensées. Son adjoint et ami Armand vient de mourir d’un cancer et il assiste le jour même à son enterrement. Et maintenant Anne passée à tabac par des voyous. Si Le Guen autorise mollement son implication dans cette affaire, il ne lui dit pas tout, ni à son ami et adjoint Louis. Il leur cache sa liaison avec Anne, on se demande pourquoi.

Anne est transportée dans un hôpital et Camille lui rend visite. Elle peut à peine parler et les médecins restent sceptiques sur l’évolution de sa guérison. Camille, et Louis, pensent que ce braquage est lié à ceux qui ont été perpétrés quelques mois auparavant, et pensent à un certain Hafner. Une infirmière aperçoit un homme déambulant dans les couloirs de l’hôpital et croit distinguer sous son vêtement un fusil. Mais elle n’est sûre de rien. Toutefois elle en informe Camille qui prend la menace au sérieux.

 

Cette histoire se déroule sur trois jours, et peu à peu la tension monte. Si le final est sous pression, il en reste toutefois une impression de préfabriqué. Le machiavélisme, le diabolisme dont avait fait preuve Pierre Lemaitre dans Robe de Marié ou dans Alex sont moins convaincants dans ce roman dont certains passages donnent un sentiment de remplissage. Ce n’est plus de la haute couture comme nous avait habitué l’auteur, ni même du sur-mesure, mais du prêt à porter, ou plutôt du prêt à lire. Plaisant mais sans plus, comme un roman formaté issu d’un atelier d’écriture américain. Mais comme il s’agit du troisième tome d’une trilogie consacrée à Camille Verhœven, peut-être Pierre Lemaitre en le rédigeant pensait à un nouvel opus plus en adéquation avec son style et son inspiration.


Pierre LEMAITRE : Sacrifices. Editions Albin Michel. 366 pages. 20€.

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 14:41

Un épigone de Calamity Jane et de Scarlett O’Hara ?

 

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Lorsqu’il descend du train en gare de Waynesville, Caroline du Nord, Pemberton est accompagné de sa jeune femme Serena, originaire du Colorado, qu’il a connu seulement trois mois auparavant à Boston alors qu’il s’était rendu dans la cité afin de régler la succession paternelle. Sur le quai les attendent Buchanan et Wilkie, les deux associés de Pemberton dans l’exploitation de la concession forestière qu’ils possèdent en commun au nord de l’état à la limite du Tennessee, quelques montagnards employés à la Boston Lumber Company, Campbell, le contremaître, ainsi que Harmon et sa fille Rachel, à peine dix-sept ans qui est enceinte des œuvres du marié. Mais ça, c’était bien avant le départ de Pemberton pour Boston. Serena affirme avec force et sur un ton possessif : C’est le seul petit que vous aurez de lui. A présent, je suis là. Et s’il a d’autres enfants, ce sera avec moi.

Rachel tente bien d’entraîner son père chez eux, de le calmer, peine perdue. L’homme est trop attaché à laver l’affront fait à sa fille. Il sort un couteau de chasse, et en menace Pemberton. Serena démontre alors qu’elle est une femme de caractère et qu’elle ne va pas s’en laisser conter, en ordonnant à Pemberton de se servir du sien et de se défendre. Le combat est de courte durée. Pemberton s’en sort avec une éraflure au bras tandis qu’Harmon décède, éventré.

Après avoir effectué sa déposition auprès du shérif McDowell, expliquant qu’il était en légitime défense, Pemberton et Serena regagnent l’endroit où leurs ouvriers procèdent à la déforestation de la concession. Il offre à sa nouvelle épouse un magnifique cheval blanc et les forestiers sont stupéfaits de voir la jeune femme monter comme un homme. Autre sujet d’étonnement pour ces hommes frustres, le pari lancé par Serena envers un des bûcherons qui aurait tendance à la prendre pour une fille de la ville incompétente afin de démontrer ses capacités. Il s’agit de cuber un arbre et elle gagne. L’homme qui pensait lui faire honte est immédiatement renvoyé. De toute façon les aspirants bucherons frappent à la porte, ou plutôt attendent sur le quai de la gare. Nous sommes en 1930, et les Etats-Unis sont en proie à la grande dépression. Les chômeurs ne manquent pas et il n’est guère difficile de remplacer un travailleur qui ne convient pas par un demandeur de travail moins exigeant.

Les imprévus se multiplient, anodins ou graves. Des décès, des accidents du travail liés à l’exigence des Pemberton, aux conditions de travail, aux risques inhérents à cette profession à risques, au manque d’expérience des employés à l’abattage ou de la scierie. C’est ainsi que Galloway se tranche la main à cause d’un coup de hache mal placé. Serena lui pose immédiatement un garrot, le sauve de la mort qui lui était promise et il devient le petit chien de la jeune femme, son ombre, son âme damnée.

L’état désire transformer la concession des Pemberton en parc naturel, ce qui ne leur convient pas du tout. Ils s’ouvrent de leurs problèmes à Harris leur voisin, qui lui aussi exploite les terres contigües, et il est de leur avis. Il ne faut rien céder à l’état. D’autant qu’il pense avoir trouvé des filons de bauxite sur ses terres ainsi que des gisements de pierres précieuses, des rubis entre autres. Buchanan et Wilkie sont moins intransigeants dans leurs décisions et ils accepteraient volontiers les dédommagements promis, sachant que s’ils refusent, l’état réquisitionnerait purement et simplement les terres et qu’ils seraient expropriés.

Sous l’influence de Serena, Pemberton tue son associé Buchanan dans une partie de chasse, un accident selon la thèse officielle, mais les rumeurs vont bon train. D’autant que d’autres accidents, d’autres morts suspectes se produisent, toujours en faveurs des Pemberton.

Pendant ce temps Rachel élève seule son enfant, même si un des employés de la scierie est amoureux d’elle et ne s’en cache pas. Elle parvient à reprendre son ancienne activité à la cantine de l’exploitation forestière, en essayant de se montrer le plus transparent possible.

Serena est une forte femme, qui sait ce qu’elle veut et rien ne peut la détourner de son chemin. Tandis que Pemberton rêve d’attraper un hypothétique puma qui rôderait dans les forêts, Serena pense à son avenir. D’abord un enfant, puis une migration vers le Brésil où le rendement sylvicole serait beaucoup plus intéressant que dans cette partie de la Caroline du Nord et du Tennessee proche.

 

Dans ce roman noir naturaliste, que l’on pourrait rapprocher à des œuvres d’auteurs français comme La terre d’Emile Zola, à quelques romans de Giono, d’Exbrayat (Un jour elle s’en alla par exemple) ou de Jean-Pierre Chabrol, le chantre des Cévennes, la nature est omniprésente. Pourtant ce n’est point tant la sylve qui est mis en avant mais la faune. Le catalogue animalier est fort élargi car outre le cheval blanc offert à Serena en cadeau de noces, et le puma hypothétique et obsessionnel de Pemberton, il faut ajouter un jeune aigle femelle que Serena élève non sans arrière-pensée, des serpents et principalement des crotales, des volatiles en tout genre, des renardeaux, des cerfs, des ours, un varan, et j’en oublie certainement.

Mais il ne faut pas oublier quelques personnages qui donnent une dimension un peu baroque à ce roman. Le docteur attaché à la scierie mais qui a dû apprendre la médecine par correspondance, la mère de Galloway, une femme austère un peu sorcière qui ne s’exprime guère et ne parle que quand l’a quelque chose à dire que ça vaut la peine d’être écouté, à quelques scieurs de long dont la philosophie de la vie se réduit à leur emploi, non sans raison, et à l’un d’eux qui ne jure que par la Bible. Et en parlant de la Bible qui justement ne le quitte jamais, des bûcherons dont le papier à cigarette est détrempé demandent à leur compagnon d’arracher quelques pages, les passages les moins intéressants, afin qu’ils puissent rouler leur tabac.

Enfin, le problème des expropriations qui est récurrent de nos jours. Si Serena n’est guère sympathique, elle fait preuve toutefois de bon sens lorsqu’elle déclare à un représentant du gouvernement : Nous savons quand même ce qui se cache derrière ces expropriations. Vous avez déjà chassé deux mille agriculteurs de leurs terres – je me réfère à vos propres chiffres. Nous ne pouvons ni obliger les gens à travailler pour nous, ni acheter leurs terres s’ils ne veulent pas les vendre, mais vous, vous les forcez à renoncer à leurs moyens d’existence et à leur foyer.


A lire également : Un pied au paradis.


Ron RASH : Serena. (Serena – 2008. Traduction de Béatrice Vierne). Réédition des éditions du Masque. Le Livre de Poche N°32692. 528 pages. 7,60€.

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 08:08

Et le crime a eu lieu ?

 

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Dans une grande demeure ancestrale écossaise, un manoir transformé en hôtel pour alléger les droits de succession, une troupe théâtrale londonienne se réunit afin de prendre connaissance de la nouvelle pièce qui doit être montée prochainement à Londres. Participent entre autres à cette séance de travail les deux plus grandes vedettes de la scène, un producteur puissant, un journaliste critique au Times, et bien évidemment Joy Sinclair, auteur dramatique reconnu et romancière.

La première soirée se termine dans la confusion, avec coups de gueule, claquements de portes, récriminations de part et d’autre. Le lendemain, la jeune soubrette découvre Joy baignant dans son sang. Une affaire qui sent le souffre et dont le CID local se débarrasse volontiers en faisant appel à New Scotland Yard. Ce sont Thomas Linley et Barbara Havers, un couple d’enquêteurs disparate, lui issu de l’aristocratie mais qui évite d’en faire étalage, elle prolétaire, entretenant une vindicte agressive envers les représentants de la noblesse même déchue, qui se retrouvent sur le terrain en compagnie de Saint-James, criminologue éminent.

Pour Linley cette enquête est un véritable coup bas car son amie Helen Clyde qui fut la fiancée de Saint-James, est impliquée dans cette affaire. Sa chambre jouxtait celle de la victime, et selon les premières constatations le meurtrier, homme ou femme, a été obligé de passer par cette pièce pour entrer dans celle de la victime. C’est également l’occasion pour les participants de ce huis clos de déballer leur rancœur, d’étaler leur jalousie, leur mesquinerie, de sortir les cadavres des placards, mais aussi de faire montre de leur talent de comédien. A un degré ou un autre, chacun recèle un secret honteux. Tous ces participants sont plus ou moins liés affectivement, sentimentalement, familialement et pourtant la haine couve.

 

lieu-du-crime2.jpgElizabeth George, qui est Américaine et a obtenu avec son premier roman Enquête dans le brouillard le Grand Prix de Littérature Policière en 1990, peut se targuer de faire la pige aux grandes romancières anglo-saxonnes. Sur une trame et une mise en scène dignes des meilleurs Agatha Christie, elle fait évoluer des personnages en mettant l’accent sur leur caractère, leur comportement, avec maîtrise et perversité. Les relations ambigües qui gèrent les rapports conflictuels entre les divers suspects, ou entre les enquêteurs, l’obstination de Linley à porter ses soupçons envers l’amant d’Helen, ses désillusions, entretiennent une atmosphère de tension peu propice à la conduite d’une enquête dans la sérénité et l’objectivité.

A lire également :  Enquête dans le brouillard;  Le cortège de la mort.


Elizabeth GEORGE : Le lieu du crime. Editions Pocket Noir. Avril 2010. 6,70€.

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 14:40

 

Bon anniversaire avec quelques jours de retard !


Si Adam Saint-Moore a vu le jour en 1956 au Fleuve Noir avec Section de recherche (Espionnage N° 92) et La mort sort de l’ombre (Spécial Police N° 94) il avait déjà trente et un ans. En effet Jacques Douyau, son véritable patronyme, est né le 25 octobre 1925 (d’autres sources citent la date du 5 octobre 1926) à Cadeilhan dans le Gers, dans la demeure familiale. Il entame ses études au Collège de Gimont et les poursuit à Paris obtenant une licence de sociologie et un diplôme de psychologie, suivant à la Sorbonne les cours de Raymond Aron, ainsi qu’un certificat d’histoire moderne à Toulouse. Il se marie en 1946, une union dont sont issus deux enfants, Alain qui s’est orienté vers le droit et Christine vers la pharmacie. Sa carrière littéraire débute en 1943 en écrivant des poèmes et il sera récompensé par l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse qui lui remet une Primevère pour une élégie intitulée La chanson de la proue dans laquelle on retrouve deux de ses démons familiers, l’Océan et la Femme. Cent-vingt ans auparavant, cette distinction avait été remise à un jeune poète débutant nommé Victor Hugo. Trois mentions honorables récompenseront son œuvre en 1943 et une seconde Primevère lui sera attribuée en 1944.

Bon sang ne saurait mentir selon le proverbe. En effet son adam-st-moore-1.jpgpère Jean Douyau, capitaine dans un corps d’officiers d’élite détaché aux Etats-Unis durant la dernière année de la guerre de 14/18 en qualité d’instructeur, écrivit quelques ouvrages dont Au temps où l’oncle Sam se militarisait, étonnant recueil d’observation et de souvenirs, ou encore Darling, Darling, publié en 1930 qui se définit comme un essai de politique romancé. Il fut également un spécialiste du grand reportage, la plupart du temps pour l’hebdomadaire Candide, visitant de très nombreux pays dont la Sibérie, le Japon, la Chine et l’Indochine, ouvrant à son fils la voie de l’écriture et le stimulant dans le goût des voyages. Mais Jacques Douyau alias Adam Saint-Moore est aussi l’arrière petit-fils du poète Jacques Boë (1798 – 1864) dit Jasmin ou encore le Perruquier poète, coiffeur à Agen, restaurateur avant Mistral de la langue d’Oc.

Journaliste et éditorialiste pour La Dépêche du Midi, Adam Saint-Moore se tourne vers l’écriture de romans populaires, par goût et par besoin et opte pour le roman d’espionnage, genre le plus représentatif de l’époque. Son premier manuscrit date de 1955 dans lequel apparaît Gunther alias Face d’Ange. Suivront 93 autres épisodes mettant en scène ce héros issu du subconscient de l’auteur mais également le fruit de ses travaux et de la connaissance de la psychologie appliquée sur le thème du héros. Ainsi que de ses très nombreux voyages et de l’apport d’un petit réseau d’amis, journalistes ou diplomates, ou encore acuponcteurs en Extrême Orient. Selon le bâtonnier Duby, Face d’Ange est un visage de Fra Angelico, un maître du karaté, expert en subtilités diplomatiques comme en violences savamment dosées. Dans sa préface pour un volume édité par le Cercle Européen du livre regroupant trois titres des aventures de Face d’Ange, Face d'Ange se désintoxe, Cœur ouvert pour Face d'Ange et Face d'Ange a des pressentiments, André Soubiran écrit : Chacun des héros de l’espionnage moderne a son cycle héroïque, sa Saga. Celui de Face d’Ange se compose actuellement de cinquante romans où Saint-Moore a tenté de mêler cette antique force légendaire venue du fond des temps aux mouvements du monde moderne. Il a tenté de projeter la stature éternelle du Héros dans les décors et les bouleversements de la Guerre Froide et les luttes de la diplomatie secrète. Son succès auprès des jeunes et des intellectuels découle de cette double nature. Pour ce qui concerne la production policière publiée dans la collection Spécial Police, le bâtonnier Duby déclare : La série de vos romans policiers proprement dits offre d’autres perspectives. Mais là aussi, on retrouve le sociologue, toujours en éveil, et les thèmes essentiels de la criminologie de notre vilaine époque, terrorisme international, rapts, sectes, drogue, fureurs érotiques, sont traités en affabulations pittoresques et divertissantes, sans que l’observateur tenace que vous êtes cède du terrain.

adam-st-moore-2.jpgAux 94 romans d’espionnage, aux 56 romans policiers, il faut ajouter une incursion dans la collection Anticipation (9 romans) ainsi qu’un Grand Roman, La marche au soleil dédiée à J.H. Rosny Aîné, le père du roman préhistorique avec une postface du paléontologue F. M. Bergounioux. Adam Saint-Moore fut l’un des piliers du Fleuve Noir et lorsque les collections Spécial Police et Espionnage furent sabordées pour des raisons éditoriales, il fit partie de la charrette des auteurs passant à la trappe, sans avoir démérité. Il obtient en 1962 Les Palmes d’Or du roman d’Espionnage, titre honorifique décerné par le Fleuve Noir à l’un de ses auteurs, pour Face d’Ange met dans le mille. Quelques uns de ses ouvrages ont été traduits en Italie, Espagne, Brésil, Grande Bretagne, adaptés en bandes dessinées chez Artima, et Adam Saint-Moore écrivit pour la télévision quelques scénarii dont Des inconnus sous le soleil réalisé par Jacques Manlay et La grande chasse réalisé par Jean Sagols, signés Jacques Douyau. En 1978 Jacques Douyau est élu Mainteneur à l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse occupant le fauteuil 40.

Adam Saint Moore est aussi l'auteur des chroniques de l'ère du Verseau paru aux éditions Fleuve Noir le premier tome en 1979 Les lois de l'Orga, 8 autre titres vont suivre, chronique post apocalyptique mélange d'aventure d'action et de sexe une réflexion sur la société, une très belle œuvre*.

*  Précision apportée par Phil, un visiteur de mon ancien blog, Mystère Jazz.


 adam-st-moore-7.jpg

Cet article a été écrit grâce à quelques sources dont le fleuve Noir information 136, la préface du Docteur André Soubiran (Les hommes en blanc) publiée dans le volume évoqué ci-dessus, et la réponse au remerciement de Jacques Douyau prononcée par le bâtonnier Duby le 29 janvier 1978 lors de l’intronisation à l’Académie des Jeux Floraux. J’en profite pour remercier plus particulièrement monsieur Georges Mailhos, secrétaire perpétuel de l’Académie des Jeux Floraux qui m’a transmis une copie de la réponse aux remerciements évoquée ci-dessus. Mes nombreuses lettres et appels téléphoniques destinés à Jacques Douyau sont toujours restés sans réponse, ce qui fait que j’ai été obligé d’user d’expédients pour mieux cerner l’homme et son œuvre.


Voir quelques titres présentés par Claude sur Action Suspense.

 

Anticipation

953 : Les lois de l'Orga

980 : Les jours de la Montagne Bleue

987 : 3087

1014 : La mémoire de l'archipel

1049 : La vingt-sixième réincarnation

1078 : La traque d'été

1159 : L'hérésiarque

1300 : Les ombres de la Mégapole

1368 : Les clans de l'étang vert

Espionnage

92 : Section de recherches adam-st-moore-3.jpg

100 : Le feu à la mèche

109 : Nettoyage en rafale

122 : La tête dans le guêpier

131 : Ombres dans le soleil

138 : Direction enfer

143 : Réseau liquidation

153 : Exécution grenouille

159 : Cahier noir

168 : Succession d'embûches

179 : Circuit fermé

186 : Contact guérilla

193 : Protection collective

204 : Réseaux déchaînés

213 : Frontières invisibles

220 : Les mâchoires du piège

237 : Lame de fond à Hong-Kong

249 : Le fond du filet

261 : Il faut tuer... Mr Gunther

273 : Toutes griffes dehors

282 : La torche dans la poudrière

288 : Face d'Ange a le diable au corps

302 : Les scrupules de Face d'Ange

316 : Les casse-têtes de Face d'Ange

324 : Face d'Ange réveille les morts

332 : Les sabbats cessent à l'aube

340 : Face d'Ange et la peau du dragon

357 : Face d'Ange retrouve la mémoire

366 : Face d'Ange fait une folie

382 : Les chinoiseries de Face d'Ange

397 : Les méditations de Face d'Ange

407 : Face d'Ange prend des vacances adam-st-moore-5

410 : Un zéro devant un chiffre

424 : Les sommeils de Face d'Ange

441 : Les clairs obscurs de Face d'Ange

460 : Face d'Ange met dans le mille

472 : Face d'Ange broie du noir

486 : Face d'Ange, la croix et la bannière

500 : Face d'Ange n'aime pas la mousson

521 : Les gladiateurs aveugles

533 : Face d'Ange froisse le kimono

544 : Face d'Ange chasse le zombie

561 : Face d'Ange se désintoxe

580 : Face d'Ange lève le masque

588 : Face d'Ange et la conférence

598 : Cœur ouvert pour Face d'Ange

617 : Face d'Ange mâche le piment

642 : Le K de Face d'Ange

648 : Face d'Ange chez les affreux

666 : Face d'Ange a des pressentiments

678 : Face d'Ange chasse le trésoradam-st-moore-6.jpg

696 : Face d'Ange prend le maquis

718 : Vacances romaines pour Face d'Ange

738 : Face d'Ange ne croit pas aux miracles

760 : Face d'Ange et les ombres chinoises

777 : Face d'Ange et la petite chèvre

793 : Coup de chaleur pour Face d'Ange

819 : Face d'Ange passe par le toit

829 : Face d'Ange dans le dédale

859 : Face d'Ange au paradis perdu

874 : Une ile pour Face d'Ange

890 : Face d'Ange chez les émirs

914 : L'Apocalypse selon Face d'Ange

929 : Face d'Ange a le coeur sensible

951 : Une croisade pour Face d'Ange

965 : Face d'Ange rencontre le diable

978 : Face d'Ange et la momie blonde

1000 : Face d'Ange et le plan “Abysses”

1012 : Face d'Ange et l'arme du diable

1042 : Face d'Ange et le dieu vivant

1061 : Un coup tordu pour Face d'Ange

1074 : Face d'Ange et la grande panique

1100 : Face d'Ange et les petits Français

1228 : Un désert pour Face d'Ange

1244 : Face d'Ange, la dame et l'ogre

1284 : Face d'Ange casse le “noyau”

1311 : Face d'Ange et la chasse à l'éléphant

1337 : Face d'Ange dans le cercle magique

adam-st-moore-4jpg.jpg

1433 : Un complot pour Face d'Ange

 

 

1469 : Un safari pour Face d'Ange

1476 : Face d'Ange fait échec à la dame

1499 : Face d'Ange et le dinosaure

1516 : Face d'Ange et les archives de Big Daddy

1523 : Face d'Ange chasse le chacal

1539 : Face d'Ange n'aime pas la logique

1552 : Face d'Ange chez l'empereur

1570 : Face d'Ange chez les Barbudos

1578 : Face d'Ange et la désinformation

1582 : Un été romain pour Face d'Ange

 

1612 : L'amorale de Face d'ange

1644 : Face d'Ange entre dans le cirque

1660 : Face d'Ange et la “Fraktion”

1755 : Face d'Ange et l'opération “homo”

1804 : Face d'Ange et l'opération “Sosie”

Grands Romans

 

La Marche au soleil

 

Polar 50

L'aiguille dans le foin rééd. de Spécial Police N°595

Spécial Police

94 : La mort sort de l'ombre

99 : Corrida en musique

116 : Coup de torchon au paradis

131 : La dernière morsure

158 : La chaise est avancée

170 : Du noir pour la veuve

193 : Quand la peau vous pèse

212 : Le piège aux serpents

223 : Chantage à la morgue

239 : Toutes les peaux saignent

256 : Les morts ne savent pas lire

282 : Le Diable aime la neigeadam-st-moore-8.jpg

308 : Les prophètes meurent aussi

326 : La peau d'un roi

341 : Dernier collier pour dame seule

377 : Les seigneurs s'ennuient

406 : Quarante de fièvre

423 : Le sang des idoles

468 : Les voix de la nuit

491 : La mort ne prend pas de vacances

548 : Jusqu'au sixième cercle

560 : Sous les étoiles noires...

595 : L'aiguille dans le foin

607 : La nuit du chat

624 : Un été comme les autres

649 : La dernière battue

675 : Le cercle vicieux

704 : L'affaire “Chaperon rouge”

760 : Le mort de la Fontaine-aux-filles

795 : Les trois lettres du triangle

809 : L'aigle d'Azraël

833 : La bombe à retardement

858 : Un matin sur la dune

884 : L'ombre du roi David

918 : Le fond du puits

963 : Les comptes du Petit-Poucet

999 : La part du diableadam-st-moore-9.jpg

1196 : La corde de la pendue

1208 : Œil pour œil

1223 : La sorcière a les yeux verts

1240 : Une odeur de pourri

1279 : La main de dieu

1319 : Adieu, guérillero

1372 : Le juge et l'otage

1413 : Autopsie d'un viol

1452 : Les ressorts du piège

1482 : La nuit de l'autre

1493 : Le dernier rendez-vous du Président

1494 : Le parfum du diable

1533 : Le désordre et la loi

1549 : Les chiens sont lâches

1562 : Ça se mange froid

1614 : Et mort le venin

1654 : Les comptes du Petit Poucet rééd. de 963

1670 : Le juge et le gendarme

1746 : Une petite fée dans la nuit

1763 : La blonde dans l'ascenseur

Tête bêche

10 : La mort sort de l'ombre  Rééd. SP 94

22 : Corrida en musique  Rééd. SP 99

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 14:04

Voyage télévisuel en Nostalgie !

 

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Bon nombre de téléspectateurs pensent, et affirment, que les nouvelles chaines proposées par la TNT ne leur apportent rien de nouveau. Le reproche quasi constant résidant dans la rediffusion systématique de séries anglo-saxonnes ou françaises. Pourtant, comparées à celles que nous pouvons visionner actuellement, mais bien entendu cet avis n’engage que moi, elles étaient souvent supérieures, même si pour certains elles étaient habillées de candeur et de naïveté. Celles que nous proposent les chaines de télévision me semblent parfois indigentes, avec un humour aléatoire et comportent trop souvent des scènes de violence et de sexe qui ne sont pas forcément en adéquation avec nos attentes. Et puis, il faut bien l’avouer, la nostalgie nous tenaille toujours un peu, et sans conteste, nous pensons, avec mauvaise foi, que c’était mieux avant.

Quant aux nouvelles générations, elles peuvent découvrir avec ces rediffusions ce qui procurait du plaisir à leurs parents, qui alors étaient adolescents.

Si certaines de ces séries ont tourné ou tournent encore en boucle dans nos petits écrans, avec de petits aménagements, La petite maison dans la prairie, Inspecteur Derrick ou Zorro, qui a été colorisé, par exemple, d’autres sont tombées dans les oubliettes de nos mémoires.

Tout le monde revenait à la maison et s’installait devant le poste, délaissant jeux pour les jeunes et les adolescents, ou autres occupations apéritives pour les plus grands, car l’heure du feuilleton était sacrée. Les jeunes filles, mais pas que, se pâmaient devant les histoires de haines, d’amour et de passion de Santa Barbara, 11 saisons, 2137 épisodes et dont TF1 n’a jamais diffusé la fin pour programmer Coucou, c’est nous de Christophe Dechavanne, afin de relancer l’audience avant le Journal télévisé. Dans le même genre, mais à une heure de grande écoute, Dallas, 14 saisons, 357 épisodes, qui narrait les aventures mouvementées de la famille Ewing avec le fameux J.R. alias Larry Hagman en tête.

Certains acteurs sont devenus célèbres grâce à ces séries, tel Roger Moore qui fut tour à tout Ivanhoé, Le Saint puis Lord Brett Sinclair dans Amicalement vôtre avant de passer au cinéma dans le rôle de James Bond.

D’autres séries sont devenues culte pour des raisons diverses : mystères, aventures, humour, légèreté, et elles restent gravées dans les mémoires : Les Mystères de l’Ouest, Amicalement vôtre, Le prisonnier, Chapeau melon et bottes de cuir, Ma sorcière bien aimée, L’Agence tous risques, Mac Gyver, j’en oublie sciemment, sinon où résiderait l’intérêt de vous présenter un tel ouvrage !

Mais toutes ces séries sont anglo-saxonnes et en France me demanderez-vous ? Souvenez-vous : Thierry la fronde, Les chevaliers du ciel, Les brigades du Tigre, Commissaire Moulin, Maigret, Les cinq dernières minutes, Belle et Sébastien

En réalité, et malgré son titre, cet ouvrage ne représente pas uniquement les années 70/80. En effet, Yvanhoé, dont le rôle titre était interprété par  Roger Moore, date d’avril 1959, 1 saison et 39 épisodes. D’autres ont vu le jour dans les années 60, mais toutes ne sont pas présentées. Pourtant, Janique aimée (1963) et L’homme du Picardie (à partir du 16 décembre 1968) étaient suivies fidèlement par les téléspectateurs de la Première chaine, L’homme du Picardie enregistrant même la plus grosse affluence enregistrée par l’ORTF.

Toutes ces séries n’ont pas eu le même impact auprès des téléspectateurs, ont connu des fortunes diverses, enregistré des audiences plus ou moins confidentielles ou des succès que les producteurs n’osaient imaginer à l’origine, mais sont restées plus ou moins gravées dans nos souvenirs. Par exemple Amicalement vôtre, qui doit son succès en France autant grâce à  Roger Moore et Tony Curtiss, qu’aux voix de Claude Bertrand et Michel Roux, leurs doublures françaises, et la musique du générique signée John Barry, a été un véritable flop outre-manche et outre-Atlantique, d’où le nombre restreint d’épisodes : 1 saison, 24 épisodes !

Certains trouveront ces séries ringardes, d’autres attendrissantes. Pour moi elles sont rajeunissantes.series-tele1.JPG

Cet ouvrage, qui se montre comme une véritable bouffée de jouvence, propose de retrouver 130 séries, avec un résumé de l’histoire, les compléments relatifs aux personnages, aux acteurs ou aux à-côtés, le petit plus intitulé Le saviez-vous ? qui apporte d’autres infos savoureuses, par exemple les différents comédiens qui ont endossé le même rôle au fil des saisons et les raisons des défections, le nombre de saisons et d’épisodes, la date et la chaine de la première diffusion, les noms des interprètes principaux et les personnages qu’ils jouent, enfin, complément indispensable, une très riche iconographie comportant photos extraites d’épisodes, reproductions de couvertures de magazines télé, de pochettes de disques, d’objets liés à ces séries, de produits dérivés…

Evidemment ce livre n’est pas un dictionnaire, donc les noms des réalisateurs, des acteurs secondaires, des scénaristes, les titres des épisodes… ne sont pas signalés. Mais à la froideur d’un annuaire recensant tous ces détails, importants pour les perfectionnistes, se substitue la chaleur de passionnés qui savent transmettre leur enthousiasme.

Un ouvrage peu onéreux comparé au plaisir des yeux qu’il procure ainsi qu’à la bouffée de nostalgie vivifiante qui en résulte.


Alexandre RAVELEAU & Jérôme ROULET : Nos séries télé 70/80. Editions Hors collection. Format 260x260. 144 pages. 25,30€.

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 12:09

Suivez la flèche...

 

enquête brouillard

Dans ce roman tout à la fois roman de suspense, roman psychologique, étude de mœurs et de caractères, avec une pointe de gothique et un soupçon de fantastique, l’auteur met en scène des personnages que l’on n’oubliera pas de sitôt, qu’il s’agisse de nos deux policiers-héros, que des différents protagonistes dont les rôles plus ou moins importants sont toujours déterminants.

Parlons-en de nos deux héros-policiers ! Lui, l’inspecteur Thomas Linley, aristocrate jusqu’au bout des ongles, mais ce n’est qu’une façade, et elle, Barbara Havers, jeune femme agressive en permanence, mal fichue de sa personne, qui en veut à tout le monde alors que ses insuccès elle ne les doit qu’à elle-même. Une équipe qui ressemble un peu à Don Quichotte et Sancho Pança. Et les moulins à vent qu’ils combattent, c’est dans leur tête et leur cœur qu’ils se trouvent.

Quand à l’affaire pour laquelle ils sont envoyés dans le Yorkshire, on ne peut pas dire qu’elle soit banale ni théoriquement difficile à résoudre. Roberta, une jeune fille peu gâtée physiquement par la nature s’accuse du meurtre de son père et accessoirement de son chien. Mais quelque chose cloche dans ce qu’il semble être une mise en scène. Thomas Linley aidé de Barbara, tout en réglant leurs problèmes internes, conduiront à bien une enquête qui véritablement débouche sur un mal de société. Un mal, une déviation, une perversité dénoncés plus facilement de nos jours, les barrières de l’hypocrisie commençant à tomber sous les coups de butoir des victimes refusant une quelconque culpabilité. Une détresse ressentie par les acteurs de ce drame, un désarroi, un désespoir qui conduit à tout jusqu’à l’irréparable.

Dans ce roman Elizabeth George frappe fort, très fort et très dur, et le ton guilleret du début n’annonce certes pas un final poignant et dur moralement.

Un premier roman qui la plaçait donc d’emblée aux côtés de Ruth Rendell et de P.D. James. Ses personnages sont décrits de façon plus chaleureuse, plus vivante, alors que ses consœurs dépeignent les leurs d’une manière plus froidement clinique.

Ce roman a obtenu le Grand Prix de Littérature Policière en 1990.

A lire aussi : Le cortège de la mort.


Elizabeth GEORGE : Enquête dans le brouillard. Editions Pocket Noir N° 4056. 6,10€.

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 08:09

Un tour gratuit pour qui décroche le pompon !

Jean-Paul NOZIERE : Dernier tour de manège.

 

Dans les Trois Vallées, entre Bourgogne et Franche Comte, la crise est passée comme partout ailleurs. Les entreprises ferment les portes et les ouvriers sont au chômage. Dans ces conditions, il est bien difficile pour ceux qui ont acheté à crédit d’honorer leur engagement. Mais les créanciers eux veulent récupérer leur dû. Et pour ce faire, ils embauchent Louise et Sakun Sen, alias le Viet. Louise Brocoin est belle à croquer et ronde comme une pomme, aux magnifiques cheveux noirs, une trentenaire épanouie. Certains la trouvent un peu grosse, pour d’autres elle est potelée avec des rondeurs adorables et elle aurait pu servir de modèle à des peintres flamands. Louise est une femme secrète, qui vit dans une caravane, ayant eu d’une liaison une fille, Loubna, qui enlevée par son père vit aujourd’hui en Algérie. Pas question de la voir, tout juste lui envoyer des cadeaux et de l’argent. Sakun, cheveux longs et diamant à l’oreille, rapide à monter en tension et à tout bousculer sur son passage, Sakun a pas mal bourlingué, et depuis quelque temps il s’est adonné au bouddhisme, pratiquant cette religion lorsque ça l’arrange. Il vit dans un ancien palace désaffecté, l’Hôtel des Bains de Mer, dénomination anachronique pour la région. Et même s’il couche avec Louise, interdiction formelle de copuler dans la caravane de la jeune femme qui est stationnée dans le parc de l’hôtel. Parfois, lorsqu’elle a besoin d’argent, juste pour le bon motif, elle accepte un client.

Louise et Sakun font une sacrée paire et sont souvent demandés, leurs résultats parlant pour eux. Par exemple Lemonier, un maquignon qui a vendu une jument appaloosa à une jeune femme, souhaite, ou plutôt exige, que le reliquat lui soit versé. Alors notre duo de récupérateurs d’argent se rend chez Angeline Poirin, et ce qu’ils découvrent se résume en une véritable boucherie hippophagique. Ils aperçoivent d’abord la jument dans le pré. La pauvre bête est éviscérée et l’une des pattes arrière, un quartier entier, a été découpée. Ce n’est pas parce que des gens meurent de faim qu’il leur faut se réduire à cette extrémité. Angéline est chez elle, bâillonnée et ligotée. La première pensée de la jeune femme va pour son gosse, mais celui-ci dort paisiblement. Alors elle narre sa mésaventure. La veille au soir un homme s’est introduit chez elle et s’est contenté de lui dire : Tu vas créer la vie. Puis il s’est emporté lorsqu’il s’est rendu compte que la admirable chevelure d’Angéline n’était qu’une perruque. Malgré leurs réticences à côtoyer les forces de leur l’ordre, Louise et Sakun ne peuvent que se rendre à la gendarmerie locale de Bocagna.

D’autres affaires similaires se sont déjà produites dans la région, mais, malgré les déclarations de certaines personnes qui pestent parce que l’état ne fait rien en faveur des animaux, les gendarmes doivent en priorité protéger leurs concitoyens. L’adjudant Gannori est l’anachronisme de la brigade. Il est adjudant et il entend bien le rester, malgré toutes les propositions d’être élevé à un grade supérieur. Il refuse toute mutation, désirant contre vent et marée rester dans sa région. Il rédige un roman policier, ce qui lui prend beaucoup de temps car il remet le travail sur sa machine à longueur de jours et de nuits. Il est chargé de cette enquête délicate et il ne sera pas au bout de ses surprises, tout comme notre duo d’enquêteurs improvisés. Ce qui le mine surtout, c’est le départ du foyer de sa femme qui a emmené avec elle leur fille Moïra.

 

D’autres personnages gravitent dans ce décor rural, champêtre, mortifère. Richard Dolaire, ancien notaire, la cinquantaine, a épousé Lina, une jeune femme de vingt ans sa cadette. Elle pratique l’équitation mais refuse de coucher avec son mari, ne lui promettant une nuit de noce que lorsqu’il la rendra éternelle. Alors dans la journée, il parcourt son domaine, ses bois, abat avec ses fusils de chasse ragondins et cervidés. Jeff Tacket est un médium, un gourou, qui prédit l’avenir à tous ceux qui mettent la main au portefeuille. Il ne se débrouille pas trop mal pour faire parler les tables, même si la sienne est un peu trop lourde pour ses poignets de sexagénaire. Parfois il se surprend, et se demande si, inconsciemment, il ne posséderait par une infime parcelle de don.

D’autres protagonistes se promènent dans ce roman, au fur et à mesure que l’intrigue se développe. Le lecteur se doutera très vite de l’identité du coupable, mais ce qui compte ce sont surtout ses motivations et comment il sera découvert par Louise, qui manquera d’y laisser sa peau, et Sakun, toujours vindicatif et incontrôlable. Et mon petit doigt me dit que nous devrions retrouver Louise et Sakun dans de nouvelles aventures. Enfin, j’espère ne pas me tromper.

 

Un roman qui marque une nouvelle voie pour Jean-Paul Nozière, même s’il prend pour décor récurrent sa Bourgogne. Un roman dur, violent, comme parfois la campagne peut en recéler, en se montrant hostile, mystérieuse, loin de la bonhommie affichée. Et nous pouvons mettre en parallèle son univers à celui de Jim Thompson, ainsi qu’au magnifique célèbre roman d’Emile Zola La Terre. Tous les personnages qui gravitent dans cet ouvrage possèdent leurs fêlures, une vie en capilotade, ressassant en boucle des drames familiaux dont les enfants sont des victimes probables. Et pour quelques-uns d’entre eux, ce ne sont plus des fêlures dont ils sont atteints, mais de fractures mentales et leurs neurones sont en zone de déliquescence, proches de la déchèterie.

 

A lire également : Cocktail Molotov et Je vais tuer mon papa.

 


Jean-Paul NOZIERE : Dernier tour de manège. Rivages Noir n° 818. 370 pages. 9,15€.

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