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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 08:45

Il faut se méfier des journaux intimes !

 

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En effectuant quelques travaux de rangement dans la penderie de sa maîtresse, Jeanie, la jeune bonne de la famille March, découvre dans la doublure d'un manteau un journal intime. La teneur de ce cahier l'horrifie. L'un des quatre enfants, des quadruplés âgés de bientôt de dix-huit ans, avoue sadiquement avoir brûlé vive une fillette et y avoir pris du plaisir. Un forfait qu'il renouvelle à l'occasion en changeant de manière de procéder à l'élaboration de chacun de ses meurtres. S'il se met en scène dans ses mémoires, il a garde de se nommer. Est-il Jack, Starck, Clark ou Mark ?

Au fur et à mesure de sa lecture, Jeanie apprend qu'à l'origine les quatre garçons étaient des quintuplés, Zack ayant été noyé par son assassin de frère.

Le jeu du chat et de la souris s'engage entre Jeanie et le meurtrier inconnu, car celui-ci s'est rendu compte que quelqu'un lisait sa triste prose et qu'il s'agissait de Jeanie. Le seul recours de la pauvre fille est de démasquer le coupable, sachant pertinemment que personne ne voudra la croire sans preuve.

La famille March jouit d'une réputation d'honorabilité même si le docteur succombe parfois aux appâts faminins et si sa femme se cloître chez elle. Quant à Jeanie, elle sort de prison et possède la fâcheuse tendance à ingurgiter les alcools de son employeur.

Jeanie écrit elle aussi son journal afin de mettre au clair ses idées car dans son angoisse naissante elle est bien près de penser qu'elle est victime d'un dédoublement de la personnalité, se demandant si ce n'est point elle le tueur. L'assassin se met à la persécuter moralement et Jeanie pourtant en permanence sur le qui-vive ne peut percer son identité.

 

Brigitte Aubert, au travers de ces deux manuscrits qui s'imbriquent à la perfection, en complément l'un de l'autre, distille le suspense avec un art consommé, se révélant une digne émule de ses consœurs britanniques. L'angoisse et l'horreur montent progressivement en un crescendo haletant et la chute est fort bien amenée.

Publié pour la première fois en juin 1992, dans la collection Seuil Policiers, j’écrivais à l’époque : C’est le livre de l'été par une jeune femme qui pourrait devenir l'une des Reines du crime françaises. Cette prédiction ne s’est pas démentie et depuis Brigitte Aubert a toujours écrits des romans intéressants, jouant dans tous les registres, ou presque de la littérature policière.


Brigitte AUBERT : Les quatre fils du Docteur March. Editions Points, collection Thriller. 6,60€.

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 15:18

Ce n’est vraiment pas de veine !

 

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Tous les enfants adoptés ressentent à un moment ou un autre le besoin de connaitre l’identité de leur mère naturelle et par voie de conséquence de leur géniteur.

Sara Gallagher, trente-quatre ans, une fille de six ans, Ally, et un fiancé, Evan, n’échappe pas à la règle. Elle a toujours su qu’elle avait été adoptée, et avec ses parents adoptifs, de nombreux accrochages ont perturbé son enfance. Surtout avec son père, sa mère atteinte de la maladie de Crohn étant trop souvent alitée. Et alors qu’ils ne pouvaient théoriquement avoir d’enfants, deux petites filles, Mélanie et Lauren, sont nées après son arrivée au foyer. Seulement elle a eu l’impression d’être rejetée, et Mélanie trouvait toujours le moyen de se montrer injuste à son encontre.

Evan dirige un camp de pêche sur la côte de l’ile de Vancouver et il ne rentre qu’une fois par semaine environ à Nanaimo. Sara répare des meubles chez elle et sa vie la satisfait ainsi. Le mariage est programmé dans quelques mois et il faut penser à tous les préparatifs, cependant son obsession la guide. C’est en farfouillant sur Internet qu’elle retrouve sa mère naturelle, Julia Laroche, enseignante en histoire de l’art à l’université de Victoria.

Sa mère naturelle ne veut pas entendre parler de Sara, qui malgré tout la rencontre chez elle. Elle reçoit une fin de non recevoir, Julia Laroche bottant en touche, affirmant qu’elle a rencontré son père lors d’une fête. Sara décide de ne pas en rester là. Elle engage un détective privé, un ancien policier ce qui est pour elle une référence de sérieux. Mais ce qu’elle apprend est loin d’un conte de fée. Elle est la fille du Tueur des campings !

 

En réalité Julia Laroche se nomme Karen Christianson et elle est la seule victime du tueur à lui avoir échappé. Le tueur des campings, car tous ses méfaits ont été émis dans un camping de la Colombie britannique. Au total une quinzaine de jeunes femmes ont été agressées, violées puis tuées, mais une trentaine de personnes ont été trucidées, car elles étaient accompagnées d’un petit ami ou d’un membre de leur famille. Ce que l’on appelle les dommages collatéraux. A peine remise de cette annonce, elle découvre que des forums sur Internet se sont emparés de cette affaire. Pourtant ses parents adoptifs, qu’elle continue d’appeler Papa et Maman, ainsi que ses sœurs, avaient promis de ne rien dévoiler. Cela la déboussole complètement et des crises de migraine, migraines auxquelles elle est sujette assez fréquemment, la submergent.

C’est encore pis lorsqu’elle reçoit un appel téléphonique de celui qui se revendique comme le Tueur des Campings et qu’il l’appelle Ma fille. Il se permet même de lui envoyer des bricoles. Au début un rabot, accessoire utile pour la rénovation des meubles qu’elle effectue pour le compte de particuliers amateurs d’antiquités. Elle n’y tient plus. Elle demande protection auprès des autorités et deux agents de la police montée viennent enquêter chez elle. Sandy, qu’elle n’apprécie pas beaucoup, et Billie, qui s’avère être un homme charmant, compréhensif. Une proximité qui ne plait guère à Evan, lequel lui demande de tout arrêter. Mais est-elle vraiment maitresse de son destin ? Elle se trouve prise dans un engrenage infernal qui pourrait être fatal à son mariage et pourquoi pas à sa vie, à celle de sa fille Ally qui se montre de plus en plus tyrannique, et même à Moose, son bulldog, auquel elle tient particulièrement.

 

Le récit est décliné en vingt cinq séances de psychothérapie dont les trois dernières sont des séances de rattrapage. Entièrement écrit à la première personne du singulier, Sara s’adressant à Nathalie sa psychiatre, ce roman permet au lecteur de suivre pas à pas, en quelques semaines, les affres ressenties par Sara, sans avoir une vision extérieure de ce qu’elle peut ressentir. Le malaise, la peur, les inquiétudes, les moments d’abattement, les conflits avec Ally, Evan, ses parents adoptifs, ses sœurs et plus particulièrement Mélanie, ou encore la policière, sont décrits avec conviction. Le lecteur partage ses sentiments, ce refus d’abdiquer, cette envie de connaitre ce père, de le raisonner, de le manipuler, de comprendre ses motivations, de tenter qu’il ne recommence pas une nouvelle fois, de suivre, par les déclarations de Sara, l’enquête de Sandy et de Billie. Enquête qui débouche souvent dans des impasses avec des rendez-vous manqués. Le lecteur en même temps découvre le caractère souvent vindicatif de Sara, qui a bousculé Derek, le père d’Ally, dans les escaliers avant la naissance de leur fille. Derek qui s’est tué dans un accident. Ce qui n’a pas assagit Sara qui peut se montrer violente, agressive, tout comme sa fille, lorsque les personnes qui l’entourent ne se plient pas à sa volonté. Sauf devant son père adoptif qui sait la juguler. Mais Sara n’est pas foncièrement méchante, elle s’emporte rapidement, elle est soupe au lait comme on dit. Et c’est l’un des points forts de ce roman, cette analyse d’elle-même effectuée auprès sa psychiatre, de savoir se remettre en cause elle-même, même si elle n’en convient parfois que du bout des lèvres.


Si Séquestrée était un premier roman fort, celui-ci l’est plus encore, reprenant le même système de narration, avec toujours cette progression dans la frayeur, l’angoisse, la terreur même, ressenties par une femme qui se trouve aux abois. Un roman abouti qui marque les esprits, tant par le ton donné à la narration, par cette recherche qui devient un fardeau, que par les conflits familiaux engendrés.


Chevy STEVENS : Il coule aussi dans tes veines (Never Knowing – 2011 ; traduction de Sebastian Danchin). Editions de l’Archipel. 416 pages. 22€.

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 15:47

Si Franck Sinatra avait été surnommé The Voice pour sa voix charmeuse, le tueur de femmes qui sévit dans la capitale joue une autre partition.

 

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Il a été surnommé ainsi par Alex Bruce, du célèbre 36 Quai des Orfèvres, pour des raisons bien précises. Vox a déjà trucidé une dizaine de femmes, toujours selon la même procédure. Après avoir dragué une jeune femme qui l’invite chez elle, il la tue en l’étranglant avec une corde de violoncelle, toujours la même. Il enregistre ses derniers mots, qu’il dicte et lui fait répéter, puis il glisse la cassette dans la gorge béante. Il arrose ensuite le corps d’huile, ou de savon liquide, afin que les techniciens de la police scientifique ne puissent récupérer des traces ou des empreintes. D’ailleurs aucun poil ou autre substance provenant du corps humain ne sont relevés.

La dernière victime recensée est, était, une « Voix » de la radio. Isabelle Castro animait une émission culte, Les Nuits taboues, qui se terminait à minuit, et si les sujets abordés intéressaient les auditeurs, les amenant à téléphoner afin d’émettre leurs opinions ou leurs expériences personnelles, c’était surtout sa voix qui envoutait. Une voix entre celle de Jeanne Moreau et celle de Delphine Seyrig. Et la voix s’avère être l’un des éléments essentiels dans l’enquête que Mathieu Delmont, le patron de la Crim, a confiée à Alex Bruce et son adjoint et ami Victor Cheffert.

D’après les scientifiques, mais cela s’entend à oreille nue, le timbre de voix de chacune des victimes est quasiment identique. Le point commun qui relie tous ces crimes, mais cela ne suffit pas pour identifier le coupable. Invité dans cette cacophonie orale, Sagnac, le psycho-criminologue, qui possède de grandes théories, ce qui n’avance guère les enquêteurs, mais comme il veut faire entendre sa voix, il faut bien faire avec. Et comme toujours, dans ce genre de crime, il faut qu’un journaliste fasse aussi entendre la sienne, de voix. Il s’agit de Fred Guedj, qui officie sur le petit écran, après avoir sévi sur les ondes radiophoniques.

Entre Bruce et Guedj, c’est l’amitié qui prévaut, même si un contentieux existe entre les deux hommes. Un litige nommé Tessa, l’ancienne compagne de Bruce et que Fred s’était accaparé avant qu’elle aille voir ailleurs. C’est ça l’amitié, partager la même femme, même si le cœur en prend un coup ! Ne nous étendons pas sur un sujet propice à des conflits et suivons Bruce qui en sortant de l’appartement d’Isabelle Castro, les premiers relevés effectués, rentre se coucher. Il aperçoit non loin un jeune avec un bonnet sur la tête qui lui semble louche. Après une course poursuite mouvementée, il parvient à mettre la main sur le fuyard qui se nomme Julien Kassidy, comédien, doubleur de films, lecteur de textes à la radio et qui joue dans de petites émissions télévisées comme les Mercredi de Pikatchou. Il connaissait bien Isabelle Castro, et à l’en croire, il l’aimait même s’il a une copine.

Qui a eu l’idée en premier ? Sagnac peut-être, qui s’occupe toujours de ce qui ne le regarde pas. Ou quelqu’un d’autre. Mais cette idée s’impose d’elle-même lorsque le résultat des écoutes des cassettes est analysé. Martine Lewine du commissariat du VIIIème pourrait servir d’appât. En effet elle possède une voix sensiblement identique aux défuntes, et en tant que porte parole de la Crim, à la radio et à la télévision, elle pourrait éventuellement attirer les oreilles du meurtrier et il ne suffirait plus qu’à la protéger d’une probable agression pour arrêter le coupable. Bien vu, bien entendu, sauf que tout est aléatoire, comme une émission en direct.

Martine Lewine est un cas. Si Alex Bruce est un vieux loup solitaire, même si parfois une jeunette de dix-neuf ans le rejoint dans sa couche, Martine possède sa fracture personnelle. Cinq ans auparavant elle a eu maille à partir avec un individu qui l’a séquestrée dans une zone de la Plaine Saint-Denis. Elle a réussi à s’échapper et elle en garde des séquelles, physiques et psychiques.

Publié en 2000 chez Viviane Hamy, ce texte n’a pas été retouché pour l’occasion (un bon point à Dominique Sylvain qui ne remodèle pas ce qu’elle a rédigé et en garde les petits défauts qui en font sa qualité) et le lecteur pourra ressentir une certaine nostalgie liée à une époque. Le lecteur, tout en s’intéressant à l’intrigue tournant autour d’un serial killer (un serial qui leurre ?), intrigue habilement construite, le lecteur entendra en toile de fond ces voix de la radio, voix qui envoûtent l’auditeur, lequel n’écoute plus forcément le sujet de l’émission, ni les interventions, mais se laisse porter par le charme vocal de la présentatrice.


Ce roman a reçu le Prix Sang d'Encre 2000.


A lire du même auteur : Guerre sale.


Dominique SYLVAIN : Vox. Points Thriller N°2943. Réédition de Viviane Hamy (2000). 288 pages. 7€.

 

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 13:18

Hommage à Jean-Claude Izzo qui a décidé de nous quitter le 26 janvier 2000. C’était son droit.

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Heureusement la collection Folio Policier nous permet de le retrouver dans sa célèbre trilogie marseillaise, avec son personnage de flic intègre et désabusé, parcourant les rues de la cité d’un regard affectueux et critique, comme un père surveillant sa progéniture sans l’oppresser. Dans Total Khéops, son premier opus, Jean-Claude Izzo nous présente son ami, son frère, son enfant :

Au départ, ils étaient trois amis. D'enfance. Qui se sont connus brutalement, à cause d'une fille. A l'arrivée il ne reste plus que Fabio, le flic. Et malgré le chemin différent qu'ils ont pris, l'un du côté de la loi, les deux autres vers les eaux fangeuses de la truanderie, reste l'amitié, même ci celle-ci est restée sous l'éteignoir durant quelques années. Le catalyseur s'appelle Lole, qui l'égérie de nos trois compères. Et c'est pour elle et pour Manu et Ugo que Fabio va s'atteler à une charge pour laquelle il n'est pas réellement conditionné.

Il ne fait pas partie de la gloriole des flics de la Crim. Ce n'est qu'un policier parmi tant d'autres, affecté à la Surveillance de Secteurs, et dont la mission est de faire régner l'ordre dans les banlieues. Et s'il est devenu fonctionnaire de police, c'est un peu à la suite d'un pari avec lui-même, d'une profession de foi. Avec Manu et Ugo, dans son adolescence, il pillait les tiroirs caisses des pharmaciens, une façon comme une autre de se faire de l'argent de poche, pour eux qui étaient démunis. A la suite d'une bavure, il s'était promis que si la victime s'en sortait, il se faisait curé, dans le cas contraire il devenait flic. Le potard s'en était sorti, paralysé. C'est comme ça que l'avenir s'impose à vous.

Parallèlement aux meurtres de ses copains d'enfance, à trois mois d'intervalle, la fille d'un ressortissant algérien, pour qui il entretient un estime certaine, disparaît. Elle est retrouvée assassinée, violée. Ce n'est plus une affaire de flic mais une vengeance personnelle qui le conduit.

Dans la cité phocéenne, qui n'est pas celle décrite par Pagnol, loin de là, même si les relents de pastis et les odeurs du port traquent toujours les touristes, un homme va s'ériger contre les enquêteurs officiels et les truands qui mènent la danse. La Canebière n'est plus ce qu'elle était et c'est du côté des banlieues, de la zone, du béton, de la mixité des races qu'il faut s'investir.

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Jean Claude Izzo nous offre des romans à l'atmosphère goodisienne. Un livre dans lequel l'enquête compte moins que la description des personnages qui y gravitent. Un témoignage sur l'évolution d'une cité qui n'est plus confinée à son port et à la sardine qui en a bouché l'entrée, mais à l'écoute de ceux qui au cours de leur migration espéraient y trouver un foyer et des jeunes veulent se faire entendre et reconnaître en tant qu'êtres humains.

Mon point faible étant la citation qui fait mouche, en voici une à se mettre sous la dent: “ Les claques, c'est les carambars du pauvre ”.

Ces romans ont été adaptés pour la télévision avec Delon dans le rôle de Montale.


Jean-Claude IZZO : Total Khéops, Chourmo et Soléa. La trilogie marseillaise. Folio Policier 420. Juin 2006. 11,50€.

 

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 10:59

En passant par la Lorraine...

 

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Le Veroit, petite ville de Lorraine, qui comme bien d’autres de la région a connu des hauts et des bas. Depuis la crise de la sidérurgie, Le Veroit vivote, dans un calme relatif, avec ses vestiges d’usines. Le maire, Jean-Paul Berger, qui s’est présenté pour la seconde fois et a été réélu de justesse, était officiellement sans étiquette mais bientôt ses concitoyens se sont aperçus que ses opinions politiques penchaient fortement vers l’extrême-droite. Au grand dam de certains électeurs, mais d’autres applaudissent à cette prise de position.

Le regard porté sur les Arabes, les Juifs, les Communistes, les SDF n’est pas tendre. Le Veroit n’est qu’une petite ville de province qui n’a que faire de cette engeance qui risque de n’apporter que trouble et opprobre sur la cité. Parmi ceux qui condamnent la politique du maire, René Picart, directeur du centre sportif de la commune, qui reçoit pour quelques jours son ami Simon Bielik, journaliste indépendant et romancier, de polar principalement.

Un matin, de la terrasse où il déjeune en compagnie de sa jeune et jolie femme Marie et de Simon, René sent comme une odeur de brûlé au loin. Cela vient de la forêt toute proche. Effectivement ses sens ne l’ont pas trompé. Une cabane de chasse est la proie des flammes et c’est le refuge de deux SDF bien connus des villageois. Nico principalement, un bon bougre qui ne fait rien de mal, jouant parfois d’un instrument de musique contre l’attribution de quelques pièces. Arrivés sur place, les pompiers ne peuvent constater que les dégâts.

Heureusement aucun corps n’est découvert dans les décombres. Seul un gant de motard, à moitié calciné est retrouvé non loin par René et Simon. Levesque, un hurluberlu qui boit souvent aux frais de la princesse chez l’un des bistrotiers locaux, afin de ne pas déranger les consommateurs par ses propos délirants, est retrouvé mort chez lui. Selon toute vraisemblance il serait décédé d’un coup de fusil alors qu’il nettoyait son arme. Les gendarmes classent l’affaire, un stupide accident. Mais le drame qui couvait éclate lorsque le curé est retrouvé sur l’autel de l’église, énucléé, émasculé, la gorge tranchée, des livres obscènes dans une main et éparpillés tout autour du corps. Or la veille au soir René et Simon avaient reçu un appel téléphonique du prêtre leur demandant de venir le voir. D’autres événements secouent la commune qui continue malgré tout à vivre à son rythme, célébrant par exemple une exposition consacrée au château du village.

 

Le style narratif incite le lecteur à participer à l’enquête. Souvent écrit à la troisième personne, soudain le récit bascule à la première personne, comme si le lecteur pensait, émettait ses propres réflexions, devenant partie prenante de l’histoire, devenant l’un des personnages du récit, selon l’humeur de l’auteur. Mais bien entendu, si l’enquête est le liant de ce récit, c’est l’occasion pour l’auteur de dénoncer les pratiques rampantes d’une certaine politique qui met au ban de la société tout ceux qui vivent soit en marge, soit qui ne se plient pas à la règle de penser comme la majorité de leurs concitoyens, qui ont une couleur de peau différente, qui portent un nom à consonance étrangère.

Les sectes sont aussi dans le collimateur avec leurs apparences trompeuses mais leurs méfaits réels. Seulement ne sont-elles pas là pour jeter de la poudre aux yeux et ne faut-il pas chercher ailleurs ou tout près. Simon tient un bon sujet de roman mais être auteur et acteur est source de risques, ce qu’il apprendra à ses dépens. Toutefois cela procure aussi des moments de satisfaction et de félicité. Le roman oscille entre réalisme noir et bonne humeur contagieuse, reflet d’une chronique provinciale placée sous la loupe d’un observateur de notre quotidien pas toujours rose, pas toujours sombre.


Serge RADOCHEVITCH : Une ville sous influence. Collection Borderline, éditions Territoires Témoins. 192 pages. 18€.

 

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 14:03

Un spectacle JAZZ ET POLAR à la médiathèque de MEUDON le samedi 26 janvier 2013 à 18h.

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Un concert de jazz scénarisé sur le thème du polar; quatre musiciens et un comédien sur scène et au total une dizaine de compositions originales, dans une mise en scène qui évoque le monde des inspecteurs et détectives privés, courts extraits de textes à l'appui.

Un piano, un sax, une basse, une batterie, une machine à écrire, un colt dans son holster, quelques bouteilles de whisky et de bourbon… Bienvenue à l’agence « Continental Brisset et fils », enquêtes en tous genres… Des « privés » pas comme les autres pour un concert évocation  du monde du polar. Le roman noir, depuis des décennies, l’un des miroirs les plus fidèles de nos sociétés, tout particulièrement des rapports sociaux et de la face sombre de l’âme humaine…

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JAZZ et POLAR, là ambiance et ici intrigue, la rencontre entre deux genres mal-aimés, décriés voire marginaux pour ne pas dire maudits, l’évidente complicité de deux univers finalement si proches…

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Une dizaine de compositions originales pour accompagner et illustrer une « flânerie jazzistico-policière », comme un hommage aux principaux maîtres du genre, d’hier et d’aujourd’hui, involontaires complices d’une singulière mise en scène, d’une improbable rencontre téléphonique entre le héros de Millenium et un émule de James Hadley Chase, à un imaginaire colloque « généalogie du crime et enfer de l’enquête » d’inspecteurs et de commissaires venus du monde entier et de toutes les époques, réunis à l’hôtel Beltram de Londres, si cher à Miss Marple et où se croiseront Sherlock Holmes et Philip Marlowe…

Pour découvrir des extraits du spectacle cliquez ici.

Autre lien :

http://media.mairie-meudon.fr/AgendaCulturel/portal/Event.aspx?INSTANCE=EXPLOITATION&ID=113

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 13:25

Aux Urnes Citoyens !

 

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Polar'Encontre, dont la 8ème édition aura lieu les 16 et 17 février 2013, crée un nouveau prix dédié à la Nouvelle : "Plumes Noires".

Ce prix est parrainé par le quotidien Sud-Ouest en partenariat avec le Lycée Jean-Baptiste De Baudre d'Agen.

8 classes de seconde, soit 280 élèves et leurs professeurs, ont participé à ce concours.

Les contraintes : une nouvelle en relation avec le genre; 5000 signes; placer les mots plume(s) et noir (e-s)

16 nouvelles ont été sélectionnées selon des critères propres au lycée.

Ces nouvelles sont mises en ligne sur le site de Sud-Ouest jusqu'au 11 février 2013 (lien infra) publié le 21/01/2013 à 17h06. Mise à jour : 23/01/2013 à 09h06. Agen : Les 16 nouvelles retenues du concours "Plumes Noires" "Sud Ouest".

Participez à l'élection de la meilleure nouvelle sur le thème du Polar écrite par les élèves de seconde du lycée De-Baudre : http://www.sudouest.fr/2013/01/21/agen-les-16-nouvelles-retenues-du-concours-plumes-noires-sud-ouest-941728-4622.php

Le jury délibèrera, ensuite, pour ne retenir que les trois meilleures nouvelles dont les auteurs seront récompensés lors de l'inauguration officielle de Polar'Encontre le 16 février 2013 (Salle Jacques Prévert à Bon-Encontre). La meilleure nouvelle sera publiée sur le support papier du journal Sud-Ouest.

Les membres du jury, présidé cette année par Romain Slocombe, sont ceux du prix Calibre 47.

N'hésitez pas à lire ces nouvelles et à voter : une voix dans le jury est réservée aux internautes.

Nous espérons reconduire cette belle aventure littéraire en 2014 Bonne lecture !

C'était une info de l'équipe de Polar-Encontre.

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 14:41

Il ne faut jamais jeter la première pierre ...

 

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Le calme, la sérénité et la paix qui règnent sur le Whamangar n’auront pas duré longtemps après l’épisode sanglant des Ronces (Voir Par le Rêve et la Ronce , même auteur, même éditeur). A nouveau des êtres maléfiques tentent d’assaillir la région et se l’approprier.

Des entités malfaisantes, les Hordwarks se sont emparés du Pays des Sylphes et se dirigent vers Egont. Le roi Darion, un magicien qui a déjà démontré ses capacités, est prévenu par des Sylphes qui ont réussi à passer à travers les mailles du filet. Ils sont bientôt rejoints par Tercelin, un magicien venu de l’île de Vrah située à l’embouchure du Hurban, le fleuve qui traverse le pays sylphe.

Les Hordwarks, assistés des Auroths et les Glowdons, qui possèdent chacun leur spécificité dans la palette du mal et de la guerre, ont été envoyés par le Dor-Phan, le maître invisible. Le Dor-Phan est un être immatériel appelé aussi Celui-Qui-N’a-Pas-De-Nom. Et d’après l’un des Sylphes, le nom du Dor-Phan est lié au néant. C’est peu et beaucoup comme renseignements. Les Hordwarks se sont infiltrés grâce à une Porte, une fracture ouverte communicant entre leur monde et celui du Whamangar.

Les Sylphes possèdent des pierres magiques, dites pierres de Ther-Paragon, et leur utilisation à bon escient permet de fermer les portes, et de renvoyer les envahisseurs dans leur monde, d’annihiler toute tentative de la part du Dor-Phan. Encore faut-il pouvoir s’approcher des fameuses portes dont deux seulement se sont ouvertes.

Deux petites équipes d’une dizaine de personnes chacunes sont formées par le roi Darion. L’une d’elle est menée par Icrède, une vaillante guerrière, à laquelle sont adjoints des Sylphes, des guerriers de la Garde Haute et de Thébor, le fils de Darion, un adolescent prometteur, l’autre est composée de Tercelin, de Sylphes, de guerriers comme la première unité. Certains se méfient du magicien Tercelin dont les agissements prêtent parfois à suspicion, mais celui-ci leur demande de lui faire confiance, qu’un jour ils sauront tout. Tandis qu’un groupe se dirige vers la barrière de brume, l’autre contourne les Hautes terres de sang (ne soyez pas perdus, si Gabriel Jan n’a pas joint de GPS au texte, il a dessiné deux cartes afin que les lecteurs puissent se retrouver dans le dédale de ces expéditions). Les Hordwarks, seuls en général, les poursuivent et les embûches ne manquent pas. Par exemple cette traversée du Territoire des Fileuses, d’énormes araignées qui ont tissé une sorte de labyrinthe qu’il faut parcourir en essayant de ne pas toucher l’un des fils afin de ne pas les alerter.

Pendant ce temps les nuages noirs s’accumulent sur le ciel d’Egont, sous forme d’Auroths et de Glowdons. Des entités mi-humaines, mi-bestiales, qui se préparent à attaquer le château de Darion. Le roi magicien organise la résistance s’attendant à passer des jours sanglants et meurtriers.

 

Un roman foisonnant qui n’engendre pas la monotonie et la somnolence chez le lecteur. Surtout dans la partie attaque du château-fort, rappelant des épisodes médiévaux dont les images enchantèrent mon enfance, seuls les livres d’histoire réussissant à captiver mon attention. Et encore pas toutes les périodes. Du Moyen-âge jusqu’à la Révolution. Ce qui englobe quant même pas mal de siècles.

Entre fantastique et heroïc-fantasy, ce roman, qui pourrait être adapté en jeu vidéo, nous plonge dans un univers onirique, chimérique, labyrinthique, peuplés de monstres qui peuvent être tout aussi bien malfaisants que pétris d’humanité (eh oui, pourquoi pas ?), où les combats sont rudes, âpres, sanglants. Les personnages sont complexes, et leur profil psychologique étudié longuement mais pas trop afin de ne pas dévoiler précipitamment les résultats de leurs actions ou de leurs décisions. Un peu une parabole sur le duel entre le Mal et le Bien, le Dor-Phan pouvant être assimilé au Diable.


Gabriel JAN : Les pierres de Ther-Paragon. Collection blanche N°2099. Editions Rivière Blanche. 380 pages. 25€.

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 07:37

Pour une fois, ce n'est pas dans un placard que le cadavre est découvert

 

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Sur l’îlot de Hamneskär, à quelques encablures de Marstrand en Suède, deux ouvriers polonais délivrent un cadavre emmuré dans l’un des celliers de la partie habitation du phare Pater Noster. Roland, l’entrepreneur chargé de la rénovation du site, craignant des complications et des retards préjudiciables à l’attribution d’un bonus substantiel si les travaux sont terminés dans les délais, demande à ses ouvriers polonais de se taire et leur offre six mois de paye afin qu’ils retournent au pays. Mais ceux-ci préviennent quand même la police.

Karin, affectée depuis un an au service recherches, se voit confier, pour la première fois de sa carrière, la responsabilité d’une enquête. En effet, l’inconnu n’a pas pu s’emmurer seul, donc il s’agit d’un meurtre. Mais auparavant il faut déterminer depuis combien de temps le cadavre attend dans le noir, et surtout pouvoir lui attribuer une identité.

C’est en compagnie de Folke, un policier expérimenté mais dilettante, discourtois, attentif aux détails sans leur donner suite, et surtout susceptible sur le bon emploi des locutions lexicales de ses compatriotes qu’elle est chargée de l’enquête. Elle rencontre un ancien policier de Marstrand, sans que celui-ci lui apporte de véritables éclaircissements.

Une alliance est retrouvée peu après non loin où était emmuré le corps. Mais selon un technicien de la police scientifique, le bijou est neuf et n’a pas du servir longtemps. Toutefois une inscription figure à l’intérieur, Elin et Arvid, et une date. D’ailleurs les ouvriers contactés affirment que le cadavre ne portait pas de bague.

Pour Karin et ses collègues, l’enquête s’avère longue et fastidieuse. Mensonges, dissimulations, révélations assorties de rumeurs, faux-semblants, souvenirs oubliés ou volontairement cachés, changement d’identité sont les pierres d’achoppement de cette affaire qui oscille tout autour de Marstrand et le phare de Pater Noster. Les ramifications vont aussi bien au Danemark que dans le passé. Le lecteur entre dans une sorte de labyrinthe constitué de panneaux de verre opalescents, et tente de résoudre l’énigme, même s’il est invité à des scènes que Karin ne peut pas connaître. Par exemple les retours en arrière, au début des années 60. Et même plus loin encore, durant la Seconde Guerre Mondiale, avec un épisode durant lequel les Juifs sont spoliés et leurs biens transportés sur des navires en direction de l’Allemagne.

Une énigme qui fleure bon le roman policier classique avec des chiffres énigmatiques tatoués sur un corps et dont il est bien difficile d’en trouver la signification. Et il est difficile de discerner le vrai du faux, surtout lorsque le faux semble plus vrai que nature.

C’est l’ambiance d’une petite ville qui est reconstruite, avec ses personnages qui vaquent à leurs affaires, qui sont en congés de maladie, ce qui par ailleurs n’est pas du goût de tous, les jalousies et les rancœurs qui remontent au jour. Construit sur un faux rythme, qui semble se laisser aller au gré des vagues, ce roman est toutefois prenant, et pas ennuyeux, contrairement à certains romans nordiques.


carton_jaune.jpgMon carton jaune est destiné à la traductrice, non pas tant sur le fond que sur la forme. En effet, si dans le texte original des dialogues en anglais existent, il est normal de les reproduire en les mettant en italiques afin de prévenir le lecteur que la traductrice respecte le contexte. Mais traduire du suédois en français en passant par la case anglais, sans prévenir, ceci est anormal. Trouver au détour d’une phrase des locutions comme Burn out ou Brainstorming, des anglicismes dont se gargarisent des technocrates et des cadres dits supérieurs et qu’utilisent volontiers des cadres inférieurs, laissant supposer que ceux-ci possèdent un réel bagage intellectuel alors qu’ils ne sont que de simples perroquets, cela me semble à mon avis manquer de correction et de courtoisie envers le lecteur de base. La langue française serait-elle si pauvre ?


Ann ROSMAN : La fille du gardien de phare (Fyrmastarens dotter – 2009. Traduit du suédois par Carine Bruy). Réédition de Balland – 2011. Le Livre de Poche Thriller N° 32763. 432 pages. 7,60€.

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 07:52

dame-atout.jpg

 

Une gamine retrouvée décédée près du périphérique parisien, à la hauteur de la Porte de Pantin met en émoi les policiers placés sous la coupe du commandant Martin, ainsi que les représentants de l’Identité Judiciaire. Douze, treize ans peut-être, des traces de viols, et le coup du lapin pour celle qui n’est plus qu’un pantin entre les mains des enquêteurs. Retrouver d’abord l’identité de la gamine, puis le sadique qui m’a mise dans cet état va demander de longues recherches. Mais Martin est toujours sur la brèche, ainsi que ces adjoints, Jeannette Beaurepaire, Olivier et Alice. Non, en réalité, si l’identité de la gamine demeure secrète, celle de son violeur meurtrier ne résiste pas longtemps à la sagacité de Bélier, la responsable de l’IJ. Les traces d’ADN ne peuvent être relevées car l’assassin a nettoyé les parties sensibles avec du Lauroylsarcosinate de sodium également connu sous le nom sarkosyl, (cela ne s’invente pas !), un agent détergent employé dans la composition de la mousse à raser et du shampoing. Seulement l’examen du corps met à jour des empreintes digitales et il suffit, comme si tout était simple, de les comparer dans le ficher national, au cas où celles-ci seraient déjà répertoriées. Et bingo, elles correspondent à un nommé Akim Fediche, récemment sorti de prison. Mais celui-ci a disparu dans la nature et les recherches, actives, ne peuvent le localiser.

Charlie, trente-huit ans, est un vilain garçon. Il a encore oublié, volontairement oublié de prendre ses cachets et il a succombé à ses pulsions. Sa mère, Angela Eastbourne Mertens, un ancien mannequin sexagénaire fort bien conservée grâce aux massages et aux soins rajeunissants et riche, le gronde mais prend en mains son problème. Elle avait demandé à Fédiche de s’occuper du corps afin que son fils ne soit point ennuyé.

Le corps de Fédiche est découvert pendu dans une forêt non loin de Nevers. Mais les gendarmes et le procureur qui procèdent aux premières constatations sabotent le travail. Le suicide ne fait aucun doute à leurs yeux, malgré les tentatives d’un jeune gendarme désireux de leur signaler des anomalies.

Vu comme ça ce roman pourrait être banal, le lecteur étant en présence de tous les éléments, mais pas les enquêteurs. Ce serait trop facile. Mais Alexis Lecaye est un professionnel démoniaque et il insère dans son roman une double intrigue qui nous ramène quelques temps en arrière avec résurgence de quelques protagonistes de Dame de carreau.

En effet Jeannette Beaurepaire, l’adjointe de Martin, reçoit une enveloppe contenant une mèche de cheveux blonds. Son passé resurgit, ravive ses souvenirs. Un passé qu’elle aurait aimé oublier. Le meurtrier de sept jeunes femmes, Vigan, va retourner devant les juges pour un procès en appel. Peu après une jeune femme est retrouvée morte près de Bordeaux.

Vigan, malgré les fortes présomptions qui pesaient sur lui, serait-il innocent comme il veut le faire croire. Voudrait-il incriminer Liéport, décédé et dont le cadavre n’a été retrouvé que quelques jours plus tard ? Liéport qui a été l’amant de Jeannette serait-il dans ce cas vivant ? Ou Vigan a-t-il trouvé un moyen d’accuser une tierce personne ? D’autant qu’une carte postale destinée à Lola, la fille de Liéport que Jeannette a adoptée, semble provenir de Liéport. Jeannette est personnellement impliquée mais Martin, tout en recherchant activement Fédiche puis à inculper le véritable meurtrier de la gamine, va l’aider dans ses démarches.

Double intrigue donc pour ce roman tout en finesse, dans lequel le lecteur s’immisce dans la vie privée des principaux protagonistes. Entre Marion, la compagne de Martin, et le policier, les amours vont mal. Des contrariétés qui pourraient tourner au drame. Entre Oliviers et Alice, ses adjoints, un début d’idylle pourrait s’amorcer. Quand à Jeannette, elle se débat comme elle peut, désirant à tout prix démontrer la culpabilité de Vigan. Ceux qui ont lu Dame de carreau trouveront un prolongement intéressant à cette affaire. Quant aux autres ils pourront lire ce roman sans passer par la case Dame de carreau, mais ce serait dommage, ou mieux lire le précédent mettant Vigan et Liéport en scène, même s’ils en connaissent les aboutissants, avec intérêt puis se plonger dans celui-ci avec doublement de plaisir.

Les enquêtes du commissaire Martin ont été adaptées à la télévision avec Thierry Godart, dans le rôle du commissaire Martin, Valérie Decobert Koretzky (Jeannette), Jean-Toussaint Bernard (Olivier), Sophie-Charlotte Husson (Bélier), entre autres. Ceux qui ont vu récemment le dernier épisode en date de la série en retrouveront avec plaisir les différents protagonistes et pourront mettre un visage sur celui des héros de papiers.


A lire du même auteur : Dame de Trèfle et Dame de Carreau

Et retrouvez un entretien avec Alexis Lecaye.


Alexis LECAYE : Dame d’atout. Editions du Masque. 352 pages. 18€.

 

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