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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 13:36

Si cela ne vous fait rien j'attendrai les suivantes !

 

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Val, de nationalité anglaise, a coupé les ponts avec ses parents, du moins avec son père qui lui reproche une peccadille, du genre de celle qui ne prête pas à conséquence sauf dans les milieux rétrogrades, et elle s’est exilée à Amsterdam. Elle poursuit des études de journalisme et pour assurer ses arrières, enfin pour subvenir à ses besoins, elle donne des cours de gym. Elle a posé en compagnie de Julian pour une affiche vantant les mérites des remises en forme. Depuis, cette affiche qui orne les murs de la ville lui sort des yeux. D’autant qu’elle vient d’apprendre la mort par assassinat de Julian, un ami, son ancien flirt. Pas de mobile, du moins apparent. Mais l’enquête dirigée par l’adjudant Van Duyl révèle que la personnalité de Julian était beaucoup plus complexe qu’il y paraissait. Val se rend souvent dans un bar où Julian jouait du saxo dans un petit groupe qui aurait pu connaître son heure de gloire. Val veut elle aussi découvrir l’autre facette de Julian, peut-être pour exorciser ses démons.


La première mort de Patrick Eris, alias Thomas Bauduret, est un roman tout en finesse jouant sur l’ambiguïté des êtres humains, sur leurs rapports, que ce soit familiaux ou sentimentaux. C’est aussi une balade hollandaise sur fond musical. Ce roman a édité en 2000 aux éditions de la Bartavelle puis réédité chez Atout Editions. Etait-ce nécessaire de le proposer chez un nouvel éditeur ? Oui car les romans qui connaissent le succès lord de leur édition en grand format renaissent en format poche. Alors serait-il anormal qu’un livre, qui n’a pas connu le succès lorsqu’il a été publié par de petits éditeurs manquant de moyens pour diffuser correctement leurs produits, soit à nouveau sur le marché ? Le livre est éternel et donc il doit être considéré comme tel, avec des réapparitions sur les étals. Il était annoncé comme le premier volet d’une trilogie, espérons que les deux autres opus nous serons proposés rapidement.

 

A lire de Patrick ERIS : Docteur Jeep; Fils de la haine; L'autobus de minuit; Histoires vraies sur les rails.

 

Patrick ERIS : La première mort. (Atout éditions Editions. Collection Pique Rouge. 2003). Editions Lokomodo. 256 pages. 7,50€.

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 14:13

Enquête sur le terrain, comme si vous y étiez !

 

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Le mythe, ou plutôt la véritable histoire qui n’a jamais connu de dénouement, de Jack L’Eventreur, alimente depuis plus d’un siècle l’imaginaire des romanciers, et les histoires confrontent leurs conjectures sans véritablement apporter de solution satisfaisante.

Du 31 aout 1888 au 9 novembre de la même année, cinq prostituées, ou cataloguées comme tel car elles ne recherchent souvent que quelque menue monnaie afin de se payer boisson alcoolisée, nourriture et endroit pour dormir, ont été égorgées, éviscérées, découpées, dans l’East-End de Londres, les quartiers de Whitechapel et de Spitalfields. Dont deux la même nuit, comme si leur agresseur n’avait pas réussi ce qu’il voulait entreprendre sur la première.

En septembre 1941 Londres ploie mais résiste sous les bombes lâchées par les bombardiers allemands survolant la capitale depuis des mois. C’est le Blitz. Les nombreux blessés sont dirigés vers les hôpitaux, dont le London Hospital situé dans l’East-End. Mary Amelia Pritlowe, infirmière-chef dans l’établissement vient de recevoir une lettre de son père décédé récemment. Une lettre testament dans laquelle il explique que Mary Amelia est la fille de Mary Jane Kelly, la dernière des cinq victimes de l’Eventreur.

Robert Pritlowe avait quitté Mary Kelly peu après la naissance de leur fille dont la garde était confiée à la mère, ou à une amie de celle-ci ou au père, selon les circonstances. Mary Kelly vivait avec Joe Barnett, fréquentait Maria Harvey, sa meilleure amie, devait plus d’un mois de loyer à John McCarthy, propriétaire de nombreux taudis, l’équivalent des propriétaires qui louent à prix d’or des pièces insalubres actuellement en France, les marchands de sommeil. Mary Jane Kelly n’avait que vingt-trois ans, était encore jolie et insouciante.

Robert Pritlowe avait récupéré définitivement la gamine âgée de deux ans après l’assassinat de Mary Kelly, et la petiote avait suivi son père en France, placée dans une institution près de Dieppe puis dans un établissement où elle a appris le métier d’infirmière. Durant la première guerre mondiale elle avait exercé dans l’Argonne puis était rentrée en Angleterre. Cette lettre émanant de son père la plonge dans le désarroi. Elle veut en connaître davantage sur sa mère dont elle ne se souvient pas, savoir réellement ce qu’il s’est passé en ces semaines tragiques, remonter la piste de l’agresseur. Venger sa mère en découvrant l’identité de son meurtrier. De nombreuses hypothèses ont été énoncées, notamment celle selon que le fameux Jack l’Eventreur serait issu de la Haute, mais cela ne lui suffit pas, et comporte un certain nombre d’aberrations.

Alors elle consigne dans des carnets, achetés spécialement à cette intention, ses différentes démarches effectuées notamment auprès de la Filebox society, qui conserve précieusement toutes les archives, articles de journaux, témoignages divers, photographies d’époque des victimes, des lieux. Elle s’inscrit à cette association qui ne comprend que des hommes, des ripperologues passionnés, et compulse tous les documents mis à leur disposition, parfois aidée par les membres eux-mêmes touchés par sa détresse et sa pugnacité.


MaryJaneKelly_Ripper_100.jpgEnserrés entre les différentes relations des recherches, des démarches, de ses relations avec les membres de la Filebox society, de ses réflexions, consignées au jour le jour ou presque, car les blessés et les malades n’attendent pas, d’Amelia Pritlowe, l’auteur effectue une véritable reconstitution historique des drames enregistrés. C’est ainsi que nous voyons évoluer tour à tour Mary Ann Nichols dite Polly, Annie Chapman, Elisabeth Stride, Catherine Eddowes et enfin Mary Jane Kelly ainsi que les voisins, les amies, les commerçants, les policiers, l’ombre du tueur lui-même. Mais les scènes de meurtres et ce qui précède ou suit, ne vaudraient guère si des événements extérieurs n’étaient pas retracés, placés dans un contexte de misère. Les ouvriers dépensent leur argent dans des pichets de gin aussitôt le maigre salaire encaissé, afin d’échapper à la réalité désastreuse.


Par exemple le défilé revendicatif des allumettières, les ouvrières des usines Bryant & May, le visage rongé, ravagé, par les projections de phosphore durant la fabrication des allumettes et qui réclament de l’argent à la place des denrées avariées fournies en guise de salaire. Un épisode émouvant de la détresse de ces ouvrières exploitées et qui sont confrontées aux gros bras, les contremaitres de la fabrique, armés de gourdins sous les yeux furieux de la direction et ceux impavides des policiers.

D’autres évocations sont plus amusantes, et utilisées par certains romanciers de la littérature policière à ces débuts. Par exemple le recours à l’optographie, phénomène qui consiste à prélever l’iris d’un œil afin de trouver l’image de l’assassin, image qui se serait plaquée sur la rétine au moment du décès de la victime. Ou encore le recours à l’induction hypnotique qui permettrait à Amelia de recouvrer la mémoire et retrouver certains souvenirs de sa vive enfance, alors qu’elle avait tout juste deux ans. Souvenirs qui devraient être enfouis mais pourraient remonter à la surface en procédant à une forme d’hypnose.

Ces encarts ne sont pas écrits selon la sécheresse des minutes des procès-verbaux rédigés par les greffiers lors des retranscriptions des différents témoignages des policiers, des voisins, des supposés témoins ou autres, mais possèdent une force d’évocation narrative vivante (?!).


Une fiction fort documentée qui amène l’auteur à proposer sa version concernant l’identité du meurtrier, identité évidente car tous les arguments développés se tiennent. Michel Moatti a été hanté par cette affaire et durant trois ans, il a arpenté les rues de Whitechapel, compulsant les dossiers de la Metropolitan Police de Londres, les archives de la presse britanniques de l’époque. Et les documents consultés sont réunis dans un carnet d’enquête, avec de nombreux ajouts, des notes prises sur le vif ( !), carnet qui est joint en annexe en ouvrage.

Un roman fort documenté qui repose sur des bases historiques solides et indéniables dans lequel la fiction s’interfère dans l’authenticité de faits réels et d’une déduction que l’on ne peut guère prendre en défaut. Un roman qui fera date dans le cercle des ripperologues et que tout amateur de littérature policière devrait lire.


Michel MOATTI : Retour à Whitechapel. HC éditions. 352 pages. 19,90€. avec en prime un carnet de notes de 32 pages.

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 13:34

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Depuis sa prime jeunesse Cédric est passionné par la S.F. et son père n’a jamais compris cet enthousiasme qui aurait pu conduire le gamin aux dernières extrémités.

Se prenant pour Peter Pan, il a un jour sauté par la fenêtre et Frédéric l’a reçu in extremis dans ses bras. Est-ce pour cela que Frédéric est parti, abandonnant femme et enfant ? Peut-être, mais ce n’est sûrement pas la seule raison.

Depuis, Christine élève seule Cédric, ressentant quand même un certain malaise. Car Cédric ne possède qu’un seul ami, Robbie le Robot, à l’origine une reproduction d’un personnage tiré du film Planète sauvage, une figurine qu’il conserve précieusement dans sa chambre. Robbie est devenu au fil des années une entité que seule Cédric peut voir et avec qui il dialogue dans sa chambre. Deux voix que sa mère entend à travers la porte, et elle pense que Cédric fait les demandes et les réponses. Le livre fétiche de Cédric est Facteur vie, d’un certain Roger Lancel, dont elle fait la connaissance au cours du Salon du livre, elle-même travaillant comme secrétaire dans une maison d’éditions, les éditions de l’Elan, spécialisée dans la vulgarisation scientifique.

Afin de mieux cerner la personnalité de son gamin elle demande conseil à Lancel et organise une rencontre à trois dans un restaurant. Lancel, auteur populaire reconnu, se pique au jeu, et entre Christine et lui s’établit une relation charnelle. Cédric est subjugué par son nouveau mentor, premier adulte qui le comprend. Lancel il est vrai ne réagit pas comme Frédéric, son père. Il ne l’insulte pas en le traitant de schizophrène ou de dingue. Lancel répond à ses questions, essaie de cerner la personnalité de Cédric, même s’il est plus ou moins convaincu que Cédric est atteint d’un dédoublement de la personnalité. Un jour que Cédric est à l’école, Frédéric déboule chez Christine, très en colère et ivre. Après avoir violé son ex, il repart empruntant l’escalier de secours, l’ascenseur étant occupé. Il se casse la figure et décède. Selon l’inspecteur Legris, les premières conclusions révèlent que cet accident aurait été provoqué. Pour Cédric, il ne peut s’agir que d’un mauvais tour de Robbie.

Mis sur la touche, on ne sait par quelle aberration, comme tous ses confrères dans les années 1990 par les éditions Fleuve Noir, G. Morris, alias Gilles-Maurice Dumoulin, prouve avec ce nouvel opus qu’il n’a perdu ni de sa verve ni de ses qualités de conteur. Le thème du double a été maintes et maintes fois traité dans le domaine de la S.F., pourtant G. Morris parvient à renouveler le genre. D’ailleurs il se met lui-même en scène, se transposant en double de l’écrivain, son premier titre S.F. étant justement Facteur vie, et en vieux professeur Deherassary, ce nom traduit du basque signifiant Vieux Moulin.

Le phénomène de dédoublement de personnalité, le lecteur ou le spectateur s’investissant dans le rôle de son “ héros ”, n’est pas seulement un sujet de roman, mais a déjà défrayé les chroniques. A un degré plus élevé, plus profond, parfois plus pernicieux que le simple attrait pour un personnage. Qui de nous ne s’est jamais pris pour Zorro, un gendarme ou un voleur dans les cours de récré, qui n’a jamais reporté son manque d’affection envers une peluche, une poupée, lui parlant comme à un confident, comme s’il s’agissait d’une personne en chair et en os ?

 

A lire également sur Action-Suspense quelques chroniques concernant des ouvrages de Gilles-Maurice DUMOULIN : Le bout de l'horreur, roman inédit, et trois titres de la collection Espionnage.


G. MORRIS : L’invasion silencieuse. Rivière Blanche 2039. Editions Black Coat Press. 172 pages. 16€.

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 15:44

Comme disait ma grand-mère, je préfère encore celui de mon mari, même s’il n’est plus tout jeune !

 

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Il faut que Claire se manifeste le jour même de son mariage, mais apparemment cela semble sérieux. Pas le genre de blague que pourrait faire une ancienne épouse qui a quitté avec pertes et fracas son mari.

Mais remontons quelque peu le temps.

Thomas Roussel, commissaire de police à Pau, est un dipsomane, addiction qu’il avait réussie plus moins à juguler. Mais lorsqu’il a appris que la petite Marie Langevin, qui allait avoir huit ans, avait été retrouvée au bord d’un gave violée, éventré, étranglé, il n’a pu tenir ses engagements. Un coup dur qui l’a fait replonger dans la bouteille d’alcool, quitte à s’y noyer. Marie était sa fille non officielle. Claire en a marre et après cinq années de vie commune, elle a décidé de partir, de poser ses valises et son cartable d’enseignante ailleurs.

Grâce à Délia, Thomas a refait surface et c’est le jour de ses noces que Claire a décidé de lui lancer un appel au secours. En pleine nuit, son portable sonne et Thomas entend Claire qui l’adjure de venir la délivrer. Elle est à Marseille, enfermée dans une cave, près d’une gare ou d’une voie ferrée. Des hurlements puis plus éloignée sa voix qui crie : El Capitan, El Capitan.

Malgré le fait que Claire l’ai quitté précipitamment cinq ans auparavant, Thomas ressent encore sinon de l’amour au moins une certaine affection et de la compassion. Au petit matin il téléphone au commissariat central de Marseille, demandant si par hasard un cadavre n’aurait pas été trouvé durant la nuit. Ce n’est pas par hasard, mais des cheminots qui ont découvert un corps calciné près de la gare de la Blancarde. Aussitôt il prévient qu’il arrive tout en assurant à Délia qu’il sera rentré à temps pour leur voyage de noce.

Après un rapide voyage à bord de son véhicule (il ne respecte pas la vitesse limite, avantage que le simple pékin ne peut se permettre) il arrive enfin sur le lieu du drame. C’est la commissaire Aïcha Sadia qui est en charge de l’affaire. Thomas Roussel, qui a demandé que personne touche à quoi que ce soit avant son arrivée la rejoint sur place en fin de matinée. Aïcha l’attend en compagnie de ses hommes et de son ami Sébastien, détective privé, ce qui ne l’empêche pas d’être de bon conseil. Le légiste procède aux premiers constats. La jeune femme a été assassinée par un coup à la tête, puis dénudée. Ses os ont été brisés puis elle a été brûlée à l’aide d’un lance-flammes. Une bague est retrouvée sous les restes. Une bague que Thomas connait bien puisque c’est lui qui l’a offerte à Claire Dandrieux. D’ailleurs il peut fournir son signalement et son parcours professionnel sans consulter ses notes. Signe particulier, Claire était passionnée par l’Espagne et connaissait tout de son histoire récente. Une passion qui confinait presqu’à une obsession, comme le soulignera un peu plus tard son ami Estéban, lui aussi universitaire spécialiste de l’Espagne.

Esteban révèle aux policiers que Claire rédigeait un livre sur le GAL, les escadrons de la mort d’inspiration franquiste à la solde du gouvernement espagnol. Et elle prévoyait des révélations qui mettrait à mal de très importantes personnalités de la scène politique, tant en France qu’en Espagne. D’ailleurs elle était persuadée que le premier ministre de l’époque Felipe Gonzales était, malgré ses dénégations, au courant des activités de ce groupement qui chassait, torturait, assassinait les membres de l’ETA basque. Ce livre risquait d’être une véritable poudrière.

L’appartement de Claire a été fouillé de fond en comble. Il ne recèle ni ordinateur, ni cartable, ni appareil photo. Tout a été passé au crible, les pièces sont dévastées. Seule une carte postale collée sur le réfrigérateur peut fournir quelques indications. D’ailleurs elle est adressée à Thomas et confirme en substance les assertions d’Estéban. De plus elle a écrit une phrase sybilline : Pense à notre histoire, à nos rêves inaboutis, à cette croisée des chemins que nous avons manquée…

Aucun doute pour Thomas, Claire faisait référence à un voyage projeté quelques années auparavant, alors qu’ils devaient effectuer un pèlerinage à Compostelle, en empruntant le chemin des pèlerins au cerrefour de Gibraltar. Il s’agit d’un ancien couvent près d’Ostabat dans le pays basque. Aussitôt Thomas Roussel, Aïcha Sadia, ses hommes et Sébastien son ami prennent la route en compagnie d’Estéban qu’ils doivent déposer à Montpellier. Alors qu’ils arrivent devant chez Estéban, son appartement est soufflé par une explosion de gaz. Plus tard au cloître des Franciscains, alors qu’ils interrogent un vieux moine, une grenade est lancée par la fenêtre dans la pièce où ils se trouvent. Aïcha, à l’esprit vif et aux reflexes salvateurs, leur préserve la vie. Ils sont bien sur le bon chemin.

Pendant ce temps, à Madrid, le général Vargas, alerte centenaire, est inquiet pour son arrière et unique petite-fille Leonora. Elle a été enlevée et les ravisseurs lui demandent une forte somme d’argent ainsi que la cassette de l’enregistrement de la réunion ayant eu lieu en 1986 entre les représentants des gouvernements espagnol et français.

 

Toute l’histoire est centrée sur le fantôme de Federico Garcia Lorca. D’ailleurs cette fiction ( ?) débute par l’assassinat, le 17 aout 1936, à Viznar près de Grenade du poète Federico Garcia Lorca par des franquistes, assassinat supervisé par un mystérieux militaire surnommé El Capitan qui se déplace à moto.

La collusion entre les états espagnols et français vis-à-vis de l’ETA et du GAL est décrite historiquement et des personnages d’état de l’époque apparaissent afin de crédibiliser une histoire qui n’est pas si fictionnesque qu’il en parait. La démocratie s’arrête là où commence l’intérêt supérieur de l’état, était la devise d’un ministre de l’Intérieur, que les lecteurs n’auront aucun mal à reconnaître. Un ministre dont l’accent est un mélange de Raimu et de Fernandel, accent qui avait fait rire les fonctionnaires lors de son investiture Place Beauvau, fonctionnaires qui avaient déchanté lorsqu’il avait fait appliquer la loi Sécurité et Liberté.

Gilles Vincent entrouvre les rideaux sur des scènes de la vie politique, sur des magouilles gouvernementales, sur les exactions fomentées par des groupuscules cautionnés et mis en place par le gouvernement espagnol, et ce que le lecteur peut apercevoir n’est pas joli-joli. Je me répète, fiction, oui, mais élaborée à base d’une solide connaissance des arcanes d’une guerre des tranchées pour réduire au maximum les aspirations des Basques. Si ceux-ci ont été amenés à perpétrer des attentats, des crimes envers les forces de l’ordre espagnoles, il faut avouer qu’ils ont été encouragés par les débordements du GAL.

Seul petit reproche à Gilles Vincent, cette propension, non pas à ce que ses personnages fument, après tout ils font ce qu’ils veulent, mais la répétition de : il (ou elle) sortit son paquet, fit claquer, ou craquer, son briquet, et alluma une clope, peut passer une deux fois mais que cela se reproduise au moins une vingtaine de fois dans le cours du récit devient fastidieux. Pourquoi ne pas écrire tout simplement : il (ou elle) alluma une cigarette. Bon, ce n’était qu’un petit accès de mauvaise humeur, vous pouvez passer rapidement sur ce chapitre, quant à moi, je vais m’en allumer une.

 

A lire du même auteur : Parjures.


Gilles VINCENT : Beso de la muerte. Jigal Polar. Editions Jigal. 248 pages. 18€.

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 14:07

On peut très bien être moche et posséder une beauté intérieure, et inversement.

 

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Entre Georgette Vanderbiest et son mari Etienne, règne depuis quelques semaines un conflit qui ne demande qu’à enfler. Pourtant lorsqu’ils se sont mariés, tout allait pour le mieux malgré leur différence sociale. Elle n’est pas vraiment belle, un peu moche même, mais c’est la fille du riche professeur Ingold, lequel préside depuis quelque temps le conseil d’administration de la clinique Sainte-Anne à Anderlecht. Aujourd’hui elle est chef de service en neurochirurgie. Etienne était un sauvageon qui ne s’intéressait à aucun de ses condisciples, mâle ou femelle, et était d’extraction populaire. Persévérant il avait réussi ses études et maintenant il est responsable du service psychiatrique. Seulement depuis leur mariage, pour tous, il est Le Gendre. Les jaloux ne pouvant s’empêcher d’affirmer qu’il doit sa promotion à l’influence de son beau-père.

Lucien Raskin et Martine sont leurs meilleurs amis. Lucien est depuis peu employé en la même clinique comme kinésithérapeute. Martine occupe ses journées à peindre et elle possède un réel coup de pinceau. Mais elle vit dans un fauteuil roulant, handicapée des membres inférieurs depuis une chute de moto. Un accident alors qu’elle était derrière Lucien qui conduisait l’engin.

Tout irait pour le mieux si ce n’était qu’Etienne a surpris une conversation entre Lucien et Georgette qui pourrait s’apparenter à une déclaration d’amour.

Le vendredi soir du drame, car drame il y a, Etienne est de garde à la clinique mais avant que Georgette rejoigne le domicile conjugal, il fait amende honorable. Il lui avoue que depuis quelque temps il se montre injuste et même ignoble à son encontre.

Peu après Georgette est assassinée dans un parking, égorgée. Comme ça elle ne pourra plus effectuer de reproches si elle en avait eu l’intention. Son corps en enfourné dans le coffre de sa voiture.

Etienne, inquiet fait une déclaration de disparition auprès du commissariat le lundi, déclarant qu’il n’a pas eu de nouvelles de sa femme depuis le vendredi soir. Il n’avait pas réussi à la joindre au téléphone et comme il était de garde, il n’était pas rentré chez lui. Mais le policier de faction est intrigué : Etienne est attendu par une belle jeune fille qui lui prend la main.

 

L’enquête est confiée à Lilas Klaus et son supérieur lui propose de lui trouver un adjoint. Il la connait, elle est difficile, parfois ingérable. Seulement il possède quelqu’un dans sa manche, un atout qu’elle ne pourra refuser : Serge Zwanze, ancien commissaire qui s’est mis en marge depuis la mort accidentelle de sa femme Blanche cinq ans auparavant.

Serge Zwanze vit avec ses souvenirs, parlant à sa femme et celle-ci lui répond. Du moins il est persuadé qu’elle communique avec lui lorsqu’il contemple les photos qu’il a soigneusement laissées un peu partout. La proposition d’enquêter en couple avec Lilas lui agrée. Il va même jusqu’à inviter son fils Georges à vivre chez lui, alors que l’ado est couvé par ses grands-parents. George est enchanté bien évidemment. C’est un cauchemar qui a incité Serge Zwanze à prendre cette résolution. Un cauchemar dans lequel il évoluait au cours du carnaval et que des masques importunaient. Pas n’importe quels masques. Des masques grimaçants, vindicatifs, représentant des personnes de son entourage.

Entre Lilas et lui, la relation est affective et la jeune femme accepte, encourage même les conseils, les coups de main de Serge. Celui-ci lui laisse cependant la bride sur le cou afin qu’elle puisse s’épanouir dans son travail. Il n’est engagé que comme consultant, un privilège qu’il doit à son beau-père responsable des forces de l’ordre, mais il l’en remercie. Cela lui donne des responsabilités, le change de son quotidien, et lui permet de retrouver l’estime de soi.

Lilas et Serge forment l’ossature principale de ce roman, chacun évoluant avec ses propres problèmes familiaux. Lilas par exemple a adopté une petite Chinoise et elle est importunée par un député d’extrême-droite depuis qu’elle lui a cédé alors qu’elle ne connaissait pas ses idées politiques et surtout qu’il était marié. Les autres protagonistes ne manquent pas non plus de saveur. Par exemple Melchior le violoncelliste, qui joue le soir la fenêtre ouverte, nu mais ses attributs cachés par son instrument et qui offre au voisinage des concerts impromptus. Il vit avec le souvenir de sa mère et garde précieusement ses partitions. Il s’est lié d’amitié avec Martine, qu’il retrouve parfois dans les jardins du béguinage, l’aidant dans son fauteuil d’handicapée. Mais surtout il a été le témoin privilégié du meurtre. Sans oublier Laure, la belle et jeune bibliothécaire dont Etienne est secrètement amoureux. Et quelques autres qui laissent leur empreinte dans l’esprit du lecteur.

Dulle Griet nous offre un roman policier de facture classique, dans une ambiance quelque peu simenonienne, je rappelle que l’action se déroule à Anderlecht dans la banlieue bruxelloise, mais avec un humour diffus, et des visites guidées fort intéressantes dans le quartier du béguinage, de la maison d’Erasme, la collégiale Saint-Pierre et Guidon. Et de nombreuses références littéraires sont également signalées. Le côté intimiste dissimule la perversité des acteurs. L’auteur parvient à nous rendre sympathiques tous ces personnages et pourtant l’on sait que parmi eux se cache un coupable. L’épilogue à multiples rebondissements permet à tous de déposer les masques et de montrer le véritable visage des protagonistes.

 

A lire du même auteur : Petits meurtres chez ces gens là.


Dulle GRIET : Les fenêtres murmurent (série Les Mystères de Bruxelles). Presses de la Cité, février 2013. 312 pages. 20,50€.

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 14:15

La Belle et le Clochard

 

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Si un grand nombre de lecteurs potentiels établissent leur opinion sur un roman grâce à une couverture attractive ou à une quatrième de couverture plus ou moins intéressante, le chaland sera plus souvent happé par les premières lignes de l’ouvrage. Celles-ci sont souvent prédominantes dans l’achat éventuel.

Aussi je ne peux résister au plaisir de vous en dévoiler ces phrases qui incitent par leur force à se plonger dans cette histoire touchante et émouvante :

Je suis morte il y a treize ans.

J’avais six ans.

On m’a retrouvée noyée dans le lac, sous la glace, pas très loin de la maison. Les poches de ma robe étaient bourrées de pierres.

Les poissons avaient dévoré mes doigts et mon visage. On m’a identifiée à ma taille et à mes vêtements.

Mon joli anorak rose et mon sac à dos Scooby-Doo.

On m’a enterrée un après-midi de janvier. Il neigeait.

Sur ma tombe il y a gravé « Susan Lawson 1992-1998 A notre cher petit ange ».

Quand le cercueil est descendu dans le trou, ma mère s’est mise à hurler. Mon père s’est évanoui.

Intriguant, non ?

 

En ce 23 décembre, la parution d’un article écrit par un jeune journaliste aux dents longues ravive de douloureux souvenirs aux habitants de la petite ville d’Ennatown. Treize ans auparavant la jeune Susan Lawson disparaissait. Elle était âgée de six ans. Son corps avait été retrouvé quelques mois plus tard sous les eaux gelées du lac Winnipek, et n’avait pu être identifiée que grâce aux vêtements qu’elle portait. C’était la cinquième victime de celui qui avait été surnommé Le Noyeur. Seule une des petites kidnappées n’était jamais réapparue. Elles avaient toutes entre cinq et sept ans.

Snake T. est plongé dans la lecture de l’article lorsque Vince le rejoint. Snake T., vingt-six ans, est un ancien rappeur mis sur la touche à cause d’une bagarre pour une vilaine histoire de jalousie. Bilan, une balle dans le dos, et une incapacité à se déhancher, courir et même marcher sans ses béquilles. Fini la gloire et retour au pays comme un simple fils de marchand de pizzas.

Vince est plus alerte, la quarantaine démolie quand même par l’alcool. Une carrière brisée à cause de son intempérance et d’une bavure, une balle perdue qui a étoilé la tête d’un gamin qui n’avait rien fait de mal sauf d’être dans la ligne de tir du policier dont la main tremblait alors qu’il coursait un revendeur de drogue soupçonné de crime de sang. Pour lui aussi, fini les galons de lieutenant et retour au bercail. Limogeage en règle. Il travaille depuis peu à l’entretien du cimetière, là où est enterré son père, afin d’aider le père Roland qui n’est plus en très bonne santé. Il est essaie de ne plus boire, mais…

Il n’est pas le seul à avoir sombré dans l’alcoolisme. Pour des raisons différentes que lui, par exemple les parents des gamines disparues. Les pères qu’il rencontre au hasard des allées dans le cimetière. Quoi que certains peuvent se reprocher d’avoir sur la conscience la disparition de leur enfant, ayant accompagné leur fille jusqu’à l’arrêt du car mais ne pas avoir attendu le passage de celui-ci pressé d’aller se rincer la glotte.

Dans une cave, végète depuis des années, treize exactement, Susan Lawson. Elle n’est pas décédée et a donné naissance à une petite fille Amy, âgée aujourd’hui de cinq ans. Daddy, c’est ainsi que le ravisseur exige qu’il soit appelé, leur fournit comme victuailles du porridge (pouah la bouillie d’avoine) et des croquettes pour chien. Susan à dix-neuf ans n’est plus qu’une ombre, perdant ses dents et ses cheveux par poignées (les cheveux pas les dents). Amy est muette, mais elle a appris à lire dans les bouquins et les livres d’images que Daddy leur ramène parfois. Susan sait qu’elle n’en a pour plus longtemps, aussi elle veut qu’Amy puisse prend son envol. Elle arrive à dévisser une grille qui donne sur une sorte de boyau par lequel Amy doit pouvoir s’échapper, porteuse d’un morceau de papier, un appel à l’aide.

En ce vingt-trois décembre, à deux jours de Noël où les préparatifs vont bon train, tous ne pensent pas à boire et à festoyer. Black Dog par exemple, qui ne sait ni lire, à part quelques mots, ni écrire, ancien militaire pas très futé (non, ce n’est pas un pléonasme). Il vit dans les futaies de l’immense parc d’Ennatown. Il se débrouille pour survivre, trainant derrière lui un charriot dans lequel il dépose ses maigres affaires et ce qu’il récolte dans les poubelles. Dans sa tête trottinent en boucles ses pensées relatives à sa période militaire et ses amis, peu à vrai dire, aujourd’hui défunts. Il recueille la petite Amy, qu’il appelle Army, n’ayant pas compris ce qu’elle a écrit, et la prend sous sa protection.

Ils se rendent en ville à la recherche de nourriture et Black Dog pense pouvoir endiguer leur faim avec des parts de pizza jetées par le père de Snake T. Amy tend son morceau de papier à une dame mais celle-ci ne comprend pas son geste et le temps qu’elle cherche ses lunettes, le couple Black Dog et Amy s’enfuient. Ils ont peur de se faire choper. Snake T. aperçoit Black Dog qui s’enfuit avec la gamine accrochée à lui mais le temps qu’il réalise, ils sont loin, hors de portée.

Ce pourrait-il qu’il vient d’assister à un nouvel enlèvement ? L’article qu’il a lu peu avant laisse penser à ce genre d’événement. D’autres personnages ont entrevu ce drôle de couple, ont déduit la même chose et une sorte de paranoïa s’installe dans la petite ville. Le Noyeur a-t-il refait surface ?

Ennatown, à l’origine Ennaton, le serpent d’eau en langage Seneca, la peuplade indienne qui vivait sur cette terre avant d’être quasiment rayée de la carte, Ennatown est une petite ville de quatre mille deux cents âmes et huit églises. Les habitants sont pour la plupart relativement aisés, mais ce n’est pas pour autant qu’ils sont heureux. Certains boivent, d’autres cherchent des compensations charnelles en dehors du lit conjugal. La population blanche prédomine, et quelqu’un comme Black Dog ne passe pas inaperçu. Et peu à peu le traumatisme lié aux enlèvements et aux meurtres qui se sont déroulés treize ans auparavant se réveille.


Brigitte Aubert décrit une galerie de personnages troublants, qui reflètent une certaine mentalité rurale américaine, sans être pour autant caricaturaux. Des passages émouvants s’insèrent dans les descriptions des faits et gestes des différents protagonistes, dans leurs actes et leurs pensées. Pour certains d’entre eux, cette quête d’une petite fille enlevée ou supposée kidnappée, peuvent amener à une rédemption. D’autres englués dans leur idées strictes empreintes de religiosité ou de morgue professorale, se fourvoient.

A chacun de ses romans, Brigitte Aubert renouvelle son style et son inspiration et La ville des serpents d’eau est ne déroge pas à ces qualités. Et puis il faut souligner les petits effets, qui touchent le lecteur, comme lorsque l’auteur narre les découvertes d’Amy. Amy ne connait rien du monde seulement par les livres d’images que Daddy amenait parfois et elle est contente de pouvoir employer (dans sa tête) des mots face à ce qu’elle découvre. Et Brigitte Aubert pour mieux nous faire partager les impressions d’Amy écrit ses mots en MAJUSCULE.


Brigitte AUBERT : La ville des serpents d’eau. Le Seuil Policiers. Editions du Seuil. 304 pages. 19,50€.

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 14:26

Par l'auteur d'une Bible appelée DILIPO

 


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A force de critiquer, de chroniquer, de décortiquer les romans noirs et autres œuvres policières, fallait bien qu'un jour il passe la barrière. Il, Claude Mesplède, l'historien de la Série Noire. Et comme l'on ne raconte jamais mieux que ce que l'on connaît, Claude Mesplède entraîne le Poulpe, alias Gabriel Lecouvreur, dans un imbroglio syndicalo-aéronautique. Pour autant Le Poulpe reste les pieds sur terre, même s'il lui arrive de s'envoyer en l'air. Un plaisir qui ne se refuse pas, surtout lorsque c'est gentiment proposé. Et comme dit la sagesse populaire changement d'herbage réjoui les veaux (ou les dévots. Je n'ai jamais su si la phrase prononcée par De Gaulle devait s'orthographier "Les français sont des veaux" ou "Les Français sont dévots") Mais revenons à nos moutons qui ne le sont pas tous d'ailleurs.

Une jeune femme assassinée lors d'une représentation du Fidelio de Beethoven dans l'ancienne Halle aux grains de Toulouse aménagée en salle de concert, ce ne pourrait être qu'un banal fait divers. Cela intrigue toutefois assez le Poulpe pour qu'il décide d'aller traîner ses tentacules dans la ville rose. D'autant qu'un second meurtre y a été commis sur la personne de Blanchon, patron d'une boite de nuit et ancien responsable d'un syndicat autonome de l'Aérojet. Magouilles et Cie renifle le Poulpe, et les mauvaises odeurs, il n’aime pas. Paco Escobar, le petit ami de Marie, la mélomane, est évanoui dans la nature mais il trouvera en Pascal, le colocataire, un Cicérone brun et affable prêt à lui faire découvrir la cité des violettes ainsi que des personnages hauts en couleurs. Le courant passe en continu entre les deux hommes.

Le cantique des cantines est un roman dans lequel Claude Mesplède adresse quelques clins d'yeux et met en scène un certain commissaire Lebrun, un Papou bouquiniste, une Caroline Lebedel, un Pascal Destains ou une Sainte Ida. Les initiés reconnaîtront. Agréable à lire, enlevé, avec des phrases courtes, hachées même parfois, ce roman s'inscrit dans la tendance édictée par le promoteur de cette collection - Jean-Bernard Pouy - et ne la dépareille pas. Un ouvrage à mettre entre toutes les mains, qui ne se veut pas un message mais un constat. Même si Claude Mesplède égratigne ici et là.

Le poil à gratter peut parfois être considéré comme une médication non préjudiciable à la survie de la sécurité sociale.


Claude MESPLEDE : Le cantique des cantines. Coll. Le Poulpe N°13, Editions Baleine. Nouvelle édition revue et corrigée dans

1982 – 2012 ; 30 ans d’écrits aux éditions Krakoen.

 

 

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 08:38

Bon anniversaire à Martin Winckler né le 22 février 1955.

 

mort-in-vitro1.jpg


Mourir d’une complication de sa grossesse n’est guère banal pourtant c’est qui arrive à une jeune femme, qui a peur de faire une fausse couche, et est suivie par le docteur Charly Lhombre.

L’autopsie révèle qu’elle est décédée d’une complication rare, un placenta accreta, et dont le développement ne se produit pas, théoriquement, au cours des premiers mois. Or, Frédérique, la parturiente primipare, n’est pas la première à décéder de cette façon. D’autres cas ont été recensés au cours des précédentes semaines.

Jean Watteau, jeune juge d’instruction, est lui sur une affaire d’assassinat. Le professeur Seryex, spécialiste en pharmacologie, est mort dans un accident de voiture. Seulement il est retrouvé avec une balle dans la tête, ce qui est illogique et fait penser à un meurtre en local clos. Les deux affaires vont se croiser, s’imbriquer, avec moult documents à l’appui.

 

mort-in-vitro.jpgMartin Winckler sait de quoi il parle, et même de ce qu’il écrit. Ce qui donne le ton juste à ce roman, à la narration éclatée, même si l’on ne veut pas croire à tout ce qui est étalé. Pourtant de nombreuses éclaboussures médiatiques confirment ce que le lecteur pressentait.

Saint-argent priez pour nous et les autres on s’en fout. Bon ce n’est pas tout à fait comme ça mais ça y ressemble. Bien sûr l’auteur se réfère à la vieille histoire de la Thalidomide, mais il n’est pas interdit de penser, de supputer, de subodorer, d’extrapoler sur de semblables déviances. Et ce n’est pas fini. Sans vouloir polémiquer, on ne peut s’empêcher de se dire que l’être humain n’est plus que le maillon faible d’un troupeau au service de la rentabilité.

Et la morale là-dedans ? C’est qu’il faudra toujours des cobayes pour faire avancer la science et surtout gonfler son portefeuille.

 

 

Martin WINCKLER : Mort in vitro. Collection Polar Santé, coéditée par les éditions Fleuve Noir et la Mutualité Française, janvier 2003. Réédition Pocket mai 2004. 199 pages. 5,50€.

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 16:58

Le Prix Calibre 47, dédié aux romans, a récompensé :

Ingrid Astier  pour Angle mort (Série Noire, Gallimard).

Le Jury était présidé par Romain Slocombe.

 angle-mort.jpg



Nicoby est le lauréat du Prix Polar'Encontre, dédié à la BD, pour 20 ans ferme (Futuropolis).

Le jury était présidé par Jean-Christophe Chauzy

(Ce prix est reçu par l'illustrateur. Le scénariste est Sylvain Ricard)


nicoby.jpg

 

Plumes Noires 2013 :

8 classes de seconde du lycée Jean-Baptiste De Baudre d'Agen étaient représentées. 280 élèves ont participé. 15 nouvelles ont été sélectionnées par les professeurs du lycée.

Une mise en ligne des nouvelles sur le site web du quotidien Sud-Ouest. Plus de 10000 visites de la page dédiée au concours. Un tout petit peu moins de 3000 votes d'internautes. Un jury présidé par l'écrivain Romain Slocombe

Eloïse Varin est la lauréate du prix Plumes Noires de la nouvelle, dédié aux lycéens agenais, pour Le miroir du passé.

Sa nouvelle sera publiée dans le journal Sud-Ouest dans le supplément Par ici les sorties du jeudi 21 février 2013. Eloïse est une jeune élève de classe de seconde et a devancé Alice Basso pour Elle est belle maintenant ta chemise... et Loïc Houradou pour le Noir ( ex æquo). Le jury était présidé par Romain Slocombe

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 10:16

Un événement exceptionnel en Alsace !

 

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Le Festival Sans Nom (dont le titre est un clin d’œil au fameux roman anonyme des éditions Sonatine), est le premier festival du polar en Alsace. Pour cette première édition, l’association Entreprises & Médias et la librairie Bisey ont le plaisir de vous inviter à rencontrer les grands auteurs qui peuplent aujourd’hui l’univers du roman noir.

En partenariat avec Actes Sud, Gallimard la Série Noire, Métailié, Payot-Rivages, Sonatine, Viviane Hamy, etc., à l’occasion d’un week-end hivernal dense et intense, voyagez à travers des univers littéraires variés et surprenants, drôles et angoissants, ultra-réalistes ou fantasmatiques! En compagnie des plus grandes signatures du genre, de R. J. Ellory à Marcus Malte, en passant par Arni Thorarinsson, Dominique Manotti, Dominique Sylvain, Patrick Raynal et bien d’autres, plongez dans l’univers sans fond du roman noir !

Concerts, scènes de crime, interviews, tables rondes, dédicaces, expositions, et beaucoup d’autres surprises sont au programme.

Nous vous attendons nombreux pour l’édition 2013 du Festival Sans Nom, le polar à Mulhouse.

Et en attendant vous pouvez visiter le site du  Festival sans nom.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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