Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 07:41

Comme disait ma Grand-mère, regarde, il fait beau dehors ! Profites-en ! Pose-ton livre et va donc à la Bilipo !

 

bilipo.jpg


La Bilipo organise régulièrement rencontres, expositions, conférences, manifestations autour d’un thème. Vous trouverez ci-dessous les deux prochains événements, une info de la Bilipo.


Samedi 12 Janvier à 16 heures.

hooper.jpg

Très tôt, avec sa gravure Ombres nocturnes (1921), le peintre américain Edward Hopper a été associé à l'univers du roman noir et du polar. Plongées nocturnes dans des intérieurs vivement éclairés, immeubles aux stores à demi baissés, cadrages d'une solitude urbaine, et bien sûr, le chef d'œuvre qu'est Nighthawks (1942) présent à la rétrospective du Grand Palais, qui évoque les films de gangsters, ont incité à de nombreux rapprochements entre sa peinture et la littérature policière, mais aussi le cinéma des années 30-50. On sait que Hitchcock s'en est inspiré à plusieurs reprises, et notamment dans Psychose.

Dans son livre, Jean-Pierre Naugrette joue de ces liens étroits pour tisser une fiction originale, dans laquelle un photographe, ami, collaborateur et double du peintre, est pris à son insu dans une intrigue à la fois policière et picturale qui le dépasse, et se déroule au sein de l'univers étrange des tableaux de Hopper.

Conférence de Jean-Pierre Naugrette, professeur à Paris 3, ancien élève de l'École normale supérieure, spécialiste et traducteur de Robert Louis Stevenson et de Sir Arthur Conan Doyle. Il est l'auteur de cinq romans policiers, dont le dernier, Exit Vienna, qui porte sur les dernières années de Freud, a paru au Visage Vert en 2012. Il vient de publier Edward Hopper, Rhapsodie en bleu aux Nouvelles éditions Scala, à l'occasion de l'exposition Hopper du Grand Palais, qui se présente comme une fiction policière sur le peintre.

 

Samedi 9 février à 16 heures.

khalifa.jpg

Gueux, mendiants, misérables, prostituées, criminels, aliénés, détenus, bagnards, peuplent de leurs figures hideuses, pour partie réelles et pour partie fantasmées, l’envers ou les dessous de notre société. Ils en sont le repoussoir, la « part maudite », mais aussi l’une des lignes de fuite symbolique et sociale. Car s’ils disent des réalités - la pauvreté, le crime, les transgressions –, ces « bas-fonds » constituent aussi un imaginaire qui traduit tout autant nos inquiétudes et nos anxiétés que certains de nos désirs.

C’est à l’exploration de cet imaginaire que s’est attaché Dominique Kalifa. Il montre comment les bas-fonds naissent dans l’Europe bouleversée du xixe siècle, mais empruntent à une tradition où se mêlent les figures bibliques – Sodome, Babylone –, les mauvais pauvres de la tradition chrétienne et la Cour des miracles. Des « mystères » de Paris à l’underworld victorien, des bas-quartiers de New York aux trottoirs de Buenos Aires, Dominique Kalifa décrypte la fabrique d’un regard qui n’a cessé de nous fasciner. Ces histoires qui hantent nos consciences ont-elles pris fin aujourd’hui ? Les contextes ont changé, mais les débats sur l’underclass, les images du cinéma contemporain ou la culture steampunk montrent que l’ombre des bas-fonds rôde toujours autour de nous.

dominique kalifa, professeur à la Sorbonne, est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages consacrés à l’histoire du crime, des transgressions et de la culture de masse. Il enseigne également à Sciences-Po et à la New York University.

 

Et pour connaître toute l’actualité de la BILIPO,

rejoignez-nous sur notre page Facebook !

 

Informations pratiques

Accès

48/50, rue du Cardinal-Lemoine

75005 PARIS

tél : 01 42 34 93 00

Métro Cardinal-Lemoine (ligne 10) ou Jussieu (ligne 7 et 10)

Bus 47 (arrêt Cardinal-Lemoine) ou 89 (arrêt Cardinal-Lemoine/Monge)

Horaires : du mardi au vendredi de 14 heures à 18 heures et le samedi de 10 heures à 17 heures

Pour accéder à notre catalogue (consultation sur place uniquement)

Catalogue des bibliothèques spécialisées

Repost 0
Published by Oncle Paul - dans Infos
commenter cet article
6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 14:58

Comme un ouragan, chantait Stéphanie de …

(je vous laisse compléter)

 

ouragan.jpg


Fils d’un immigré espagnol devenu agriculteur à Saint Julien, Antoine affiche sa cinquantaine en solitaire. Il n’est pas malheureux mais pas heureux non plus. Il vit. Le décès accidentel de ses parents lui fournit l’occasion de participer à un voyage organisé aux Baléares. C’est là qu’il rencontre Bahia, chanteuse dans un boui-boui attrape-nigauds à touristes.

Il ramène la quadragénaire à la peau sombre et au corps avenant dans ses malles et l’installe à la ferme, fier de cette extraterrestre (pour les villageois) salvatrice (pour lui) qui lui fait goûter à la féminité, la vraie, pas la frelatée ou la succédanée par encore épanouie. Mais il largue la terre pour celle moins ferme d’un bar.

Bahia est née sous X en Patagonie et elle en a gardé des souvenirs. Un beau jour un inconnu pénètre dans le Modern’bar (qui ne l’est plus guère). Bahia et lui se connaissent, et Antoine les surprend dans leur chambre, installés sur le lit, avec des lingots et des dollars étalés entre eux. Antoine n’est pas content de les voir s’embrasser (goulument ?) et la colère lui brouillant les idées, il abat de deux coups de revolver, héritage de son père, l’homme, et injecte avec une seringue de l’air dans le bras de Bahia. Et après ?

Il prend ses valises, sa voiture, et part n’ayant pas oublié de mettre dans ses bagages l’argent qui n’a plus de propriétaires officiels. En cours de route il prend en stop la belle Hélène (qui ne le prend pas pour une poire), lui montre son magot, autre chose aussi qui relève de la vie privée et charnelle, puis pense à se rendre en Argentine.

A vingt ans Hélène est friande de la vie et de produits nocifs. Tandis qu’Antoine change d’apparence, obtient auprès d’un prêtre de nouvelles pièces d’identité, et place son magot dans un établissement bancaire, Hélène sort en boite. Elle se fait violer en voiture et s’évanouit. Lorsqu’elle reprend ses esprits, une jeune femme lui demande l’heure (Le genre de question qui permet de nouer un dialogue) et avoue ne pas savoir où dormir. Elle prend Patricia, ainsi se nomme l’albinos, sous sa coupe et au petit matin Antoine est tout étonné de se retrouver avec deux représentantes du sexe féminin sur les bras.

Patricia est du Wyoming (ce qui n’est pas rédhibitoire) et tient à rentrer chez elle avec Hélène qui est quelque peu perturbée depuis sa coucherie forcée sur la banquette d’une bagnole allemande. Antoine décide de les accompagner, d’autant qu’il a aperçu dans la rue l’homme qu’il a assassiné, ou cru assassiner.

Direction les Etats-Unis, le Wyoming, Pacific-City. Tandis qu’Hélène est toujours traumatisée par son architecte violeur qui a déconstruit sa vie et son corps, Antoine est obnubilé par le souvenir de Bahia. Ce qui ne l’empêche pas de rencontrer des individus sortant de l’ordinaire comme un Indien (Amérindien je précise), un fakir (véritable Indien), de s’adonner à l’élevage de zébus, de jouer de la trompette, de se promener à cheval avec son appaloosa qui lui parle, et autres joyeusetés qui promènent le lecteur dans des aventures insensées grâce à des phrases hachées, dégraissées, coupées en lanière comme ces morceaux de viande mastiqués par les boucaniers.

L’auteur nous entraine dans un cirque littéraire peuplé de personnages burlesques, se mouvant dans des situations tout aussi loufoques, mais endossant le rôle de clowns tristes. Des situations tragiques et de petits moments d’attendrissement comme dans ces bons vieux films muets dans lesquels les acteurs bougent, se démènent, se frictionnent, se castagnent, mais s’émeuvent devant une pâquerette seulabre qui pousse sur le bord du chemin.


Daniel MARTINANGE : L’ouragan. Stéphane Million Editeur. 144 pages. 15€.

Repost 0
6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 07:42

Comme disait ma grand-mère, Si t’aimes pas ça, faut pas pour autant en dégoûter les autres ! Ajoutant avec un petit sourire en coin, de toute façon, tant qu’on y pas pas goûté, on peu pas dire qu’on n’aime pas !


Le passeur de mots (à ne pas confondre avec le masseur de peaux) que je suis ne pouvait pas ne pas relayer cette information qui en rejouira certainement beaucoup. Toutefois, de nombreuses questions forent mon esprit, et il m’est difficile d’y répondre. Peut-être avez-vous les réponses. Par exemple comment faire pour dédicer par l’auteur un ouvrage numérique ? Pourrais-je, si le texte ne me convient pas, le revendre à un bouquiniste ? Pourrais-je prêter ce livre numérique à un ami afin de lui faire découvrir un auteur sans me séparer de ma liseuse ? Pourrais-je en emprunter à un roman numérique à ma bibliothèque ou médiathèque ?

Mais trêve de tergiversation, de pinaillage, de casuistique, d’argutie et je m’efface devant cette info émanant de Max Obione qui vient de passer la main des éditions Krakoen et se lance dans une nouvelle entreprise.

 

skalogo-site-noir-sur-blanc.jpg

 

Tandis que notre sociale démocratie patauge dans ses contradictions, gardons le moral, payons nos impôts et vivons de projets.

A ce propos, je lance une nouvelle maison d'édition avec Jeanne Desaubry à mes côtés et Jan Thirion. Il s'agit d'une maison d'édition numérique, exclusivement numérique. C'est vrai, je suis un peu cachottier malgré mon narcissisme bloguien, mais j'attendais que l'on soit prêt avant de lancer l'info. Maintenant c'est parti, le site est en ligne, les premiers ouvrages sont disponibles.  Découvrez sKa édtieur numérique. Vous pouvez d'ores et déjà vous offrir des nouvelles et des romans au format ePub et PDF.


Alors cliquez, surfez maintenant.

ska2.jpg

Page d'accueil du site : http://skaediteur.net

 

ska.jpg

Chaque mois des nouveautés !

Vous pouvez vous abonner pour recevoir l'information pour toutes nouvelles publications sur le site sKa en cliquant sur le bouton "Suivre", en bas à droite de l'écran du site sKa.

On peut feuilleter le dossier presse ICI


Bon voyage virtuel !

Repost 0
Published by Oncle Paul - dans Infos
commenter cet article
5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 08:48

N’est pas toujours celle que l’on croit…

 

place du mort


Le décès de sa femme Sylvie dans un accident de voiture indiffère presque Fabien Delorme. Le couple s'était enlisé dans un confort que rien ne devait troubler. Même pas l'arrivée d’un enfant. La seule fois que Sylvie s'était trouvée enceinte, elle avait eu recours à l'I.V.G. L'accident s'est produit près de Dijon, un endroit où elle n'était pas censée se trouver, et Sylvie était en compagnie de son amant. C'est ainsi que Fabien apprend qu'il est veuf et cocu en même temps.

Profitant de l'inattention du policier venu l'interroger, Fabien récupère l'adresse de la veuve de son rival. Tout en étant hébergé chez Gilles, un ami, Fabien piste Martine la veuve. La jeune femme est continuellement chaperonnée par une nommée Madeleine qui s'avère être la première épouse du mort. Fabien visite l'appartement de Martine en l'absence des deux femmes, les suit tout en essayant de ne pas se faire repérer. Il part en même temps qu'elles aux Baléares et alors qu'il se noie ayant présumé de ses forces, elles le repêchent.

Un bon moyen pour faire connaissance mais Madeleine n'apprécie pas l'intrusion de ce mâle, même s'il se présente sous une fausse identité. Martine et lui couchent ensemble et rentrés à Paris, ils se rencontrent souvent chez la jeune femme. Un jour Madeleine propose une virée en Bourgogne dans une maison isolée qu'elle possède. Ce n'est qu'un guet-apens. Elle a découvert la véritable identité de Fabien. Elle le menace d'une arme à feu et le blesse à la jambe. Martine, tout en le soignant, lui avoue avoir tué Madeleine et caché son corps dans le congélateur. Lorsqu'elle sort pour effectuer des courses ou autre, elle l'enferme à clé.

 

Cette histoire intimiste d'un homme velléitaire nous replonge dans l'atmosphère des romans écrits par les auteurs du Fleuve Noir des années cinquante à soixante-dix. On ne peut dire que la trame en elle-même soit novatrice mais la lecture de ce roman mettant en scène un personnage ordinaire, inconsistant, évoluant parmi d'autres individus tout aussi ordinaires, tient en haleine le lecteur. Pas de débordement de sang, de sexe, et c'est reposant dans une déferlante littéraire de tueurs en série, où la recherche du sensationnel prime parfois sur la construction.


A lire du même auteur : Les insulaires.

Voir égalment l'avis de Claude sur  Action suspense.


Pascal GARNIER : La place du mort. Editions Points Roman Noir. (Réédition des éditions Zulma et de Fleuve Noir). 6,30€. 168 pages.

Repost 0
4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 13:17

liseuse.jpg

A mon tableau de lecture 2012 187 livres, des inédits, des rééditions, ou des exhumés de ma bibliothèque comme Méfiez-vous des blondes de Michel Audiard. J’ai essayé sélectionner ceux qui m’avaient le plus intéressé, et cela ne reflète pas ce que la majorité de mes confrères blogueurs, et néanmoins amis, ont choisi en établissant leur liste personnelle. Je ne me cantonne pas à un seul genre, essayant d’élargir ma palette, mais les romans de suspense ont la plupart du temps ma préférence par rapport aux romans noirs qui ne permettent pas à mon imaginaire de turbiner.

Mais à chacun ses goûts et ses couleurs, ses coups et ses douleurs, ses égouts et ses odeurs….

Voici donc mon TOP 12 de romans français ou francophone pour 2012, par ordre alphabétique :

 Barbara ABEL : Derrière la haine. Fleuve Noir.


Philippe BOUIN : Pars et ne dis rien. L’Archipel.


Michel BUSSI : Un avion sans elle. Presses de la Cité.


Hervé COMMERE : Le Deuxième homme. Fleuve Noir


Maurice GOUIRAN : Et l’été finira. Jigal


Hervé JAOUEN : Dans l'oeil du schizo. Presses de la Cité.


Marie NEUSER : Un petit jouet mécanique. L’Ecailler.


Jean-Paul NOZIERE : Le chat aux aguets. Editions Rivages


Patricia PARRY : Sur un lit de fleurs blanches. Le Masque.


Elena PIACENTINI : Carrières noires. Au-delà du Raisonnable.


Serge QUADRUPPANI : Madame Courage. Le Masque.


Hervé SARD : Le crépuscule des gueux. Krakoen.


Et comme pour les œufs ou les huitres (de saison) le petit treizième, qui est mon joker :

Sylvie MILLER & Philippe WARD : Lasser, un privé sur le Nil. Critic.

Or tous ne figurent pas ici, mais pouvez en retrouver d’autres sur Les Lectures de L’Oncle Paul : Dulle Griet, Jan Thirion, Olivier Gay, Paul Halter, Philippe Georget, André Fortin, Janis Otsiemi, Hugo Buan, Gildas Girodeau, Karim Miské, Eric Fouassier, Véronique David-Martin, Caryl Ferey (non retenu pour trop d’invraisemblances dans les scènes de bagarre)…

 

Parmi la production étrangère (ouvrages traduits):

Peter ASPE : Le message du pendu. Albin Michel


Deborah CROMBIE : La loi du sang. Albin Michel.


Jeffery DEAVER : Des croix sur la route. Deux Terres.


Kike FERRARI : De loin on dirait des mouches. Moisson rouge


Sebastian FITZEK : Le briseur d’âmes. L'archipel


Lisa GARDNER : Les morsures du passé. Albin Michel


Graham HURLEY : Une si jolie mort. Le Masque


Peter LEONARD : Ne tremble pas ! L’Archipel.


Leonardo OYOLA : Chamané. Asphalte.


Robert POBI : L’invisible. Sonatine.


Bente PORR : La vallée des disparus. L'Archipel


Michael ROBOTHAM : Saigne pour moi. Jean-Claude Lattès.

Et comme pour les romans francophones, j’ajoute un petit treizième afin de faire bonne balance.

Chris Wormesley : Les affligés. Albin Michel

Enfin, ce recensement serait incomplet si ne figuraient pas des études, des biographies, des ouvrages de référence.

CHEFDEVILLE : Je me voyais déjà. Le Dilettante.


Philippe de COME : Arsène Lupin de A à Z. Pascal Galodé.


Marc LEMONNIER : Michel Audiard, l’intégrale tous ces films de A à Z. Hors collection.


Henri MITTERAND : Autodictionnaire Emile Zola. Omnibus.


Jean-Louis TOUCHANT : La véridique histoire de 813. Arsène.


Revue Rocambole N°58 : Pierre Nord, auteur et éditeur.


Revue Rocambole N° 61 : Maurice Leblanc sans Arsène Lupin.


Gilles Vidal : Histoires vraies à Paris. Le Papillon rouge.

Et pour le plaisir, même s’il s’agit d’une réédition :

John CURRAN : Les carnets secrets d’Agatha Christie. Le Livre de Poche.

 

Quelque soit notre choix, aux uns et autres, le principal est de lire ce qui nous fait plaisir…

Repost 0
Published by Oncle Paul - dans Infos
commenter cet article
3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 16:24

loidusang.jpg

 

Cela faisait bien deux ans que Gemma, inspectrice de police à Notting hall, n’avait pas vu son amie Hazel. Alors évidemment ça papote, ça papote. Hazel était partie en Ecosse, suite à sa séparation avec Tim, thérapeute comme elle et qui a la garde de leur fille Holly. Pendant que les deux femmes discutent, Tim s’occupe de Holly, laquelle réclame sa maman, comme souvent. Mais il est inquiet. Son ami Naz Malik, avocat d’origine pakistanaise, devait venir avec sa fille Charlotte âgée d’à peine trois ans. Or Naz a une heure de retard, ce qui n’est pas dans son habitude. Tim téléphone d’abord au cabinet de l’avocat mais il tombe sur le répondeur. Il appelle à son domicile et la personne qui lui répond est inquiète. Il s’agit d’Alia, la garde de Charlotte, qui n’a pas de nouvelles du père de la gamine. Naz a disparu, or Sandra sa femme s’est elle-même évanouie dans la nature trois mois auparavant, laissant sa fille à un ami sur le marché qu’elles traversaient. Comme ça, sans rien dire. Sandra est (était ?) artiste peintre, spécialiste en collages, et commençait à se forger une gentille réputation.

En attendant que Naz réapparaisse, Gemma décide de s’occuper de Charlotte et l’emmène chez elle. Elle forme avec Duncan, lui-même policier à Scotland Yard, une famille recomposée. Duncan a deux fils, Toby et Kit, et Gemma est hantée par la perte deux ans auparavant d’une enfant. Et puis en ce moment elle est préoccupée par son prochain mariage avec Duncan. Sa famille souhaiterait qu’elle convole en justes noces et que soient organisées de grandes festivités. Gemma au contraire veut un mariage en toute simplicité. Elle ne sait plus ce qu’elle doit faire et est même prête à jeter l’éponge. De plus sa mère est malade, atteinte de leucémie, il faudrait trouver un donneur compatible. Alors elle doit aller voir sa mère le plus souvent possible à l’hôpital, mais ce n’est pas assez au goût de sa sœur.

En attendant un dénouement heureux, c'est-à-dire le retour de Naz, elle confie Charlotte à Betty qui s’occupe des deux garçons lorsque Duncan et elle travaillent. Gemma enquête de son côté mais elle n’est pas seule. Duncan l’aide, et ils tentent de remonter la filière en rencontrant les amis, les connaissances de Naz. Louise Phillips, l’associée de Naz et avocate elle-même. Elle doit défendre un restaurateur accusé d’esclavagisme moderne, dénoncé par son propre neveu en fuite. Ou encore un patron de boite de nuit, un cercle relativement fermé, qui avait acheté quelques toiles à Sandra. La mère de Sandra, et surtout ses deux frères, revendeurs notoires de drogue, des individus brutaux et vindicatifs. La galeriste de Sandra qui se plaint que celle-ci ne suivait pas ses conseils en matière de vente. Plus quelques autres que Gemma et Duncan interrogent tout en sachant que l’enquête qu’ils mènent n’est pas officielle. Jusqu’au jour où Naz est retrouvé mort dans un parc. Pour le médecin légiste, ce décès n’est pas naturel malgré la mise en scène. Les services sociaux veulent absolument placer Charlotte chez la mère de Sandra, et un nouveau bras de fer s’engage entre Gemma et Janice Silverman, l’assistante sociale, afin que la mère de Sandra ne soit pas chargée de l’éducation de la gamine.

 

crombie.pngTout se déroule en un endroit circonscrit au nord de Whitechapel. L’enquête sur le meurtre de Naz et la disparition de Sandra ne sont qu’un fil rouge, un alibi, un prétexte presque, pour écrire des chroniques familiales. Les affres de Gemma face au mariage, ses rapports avec Duncan et ses fils, la famille loin d’être formidable de Sandra, les difficultés entre Hazel et Tim, le rejet de Melody envers ses parents et les éventuels fiancés que son père, propriétaire d’un quotidien à sensations, veut lui imposer, et bien d’autres. Mais ces chroniques n’alourdissent pas le roman, au contraire, elles l’enrobent d’une chair humaniste. Ce n’est pas un squelette mais une femme en chair façon Rubens. L’enquête autour de la mort de Naz, de la disparition de Sandra, n’en prend que plus de consistance. Et le lecteur s’invite dans cette narration, avide de découvrir, pas tant le nom du ou des meurtriers, que comment vont se dénouer tous les petits imbroglios familiaux.


Deborah CROMBIE : La loi du sang (Necessary as blood – 2010. Traduit de l’américain par Nicole Hibert). Collection Spécial Suspense. Editions Albin Michel. 430 pages. 20€.

Repost 0
2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 14:05

Pas de Lupin mais un roman coquin !

 

scandalegazon.jpg


Les deux jeunes femmes nues dansaient toujours, harmonieuses, gracieuses, impudiques. Les pointes de leurs gorges se frôlaient. Souples, elles se renversaient en arrière ; les bras à la taille, unissant leurs ventres, et sur leurs visages, il y avait le même sourire de volupté vague qui, entre les paupières à demi closes, laissaient à peine voir les prunelles noyées, entre les lèvres entr’ouvertes laissait à peine luire l’éclat blanc des dents…

Qui eut pu imaginer que celui qui a écrit ce paragraphe gentiment sensuel et vaguement érotique se nomme Maurice Leblanc, le créateur d’Arsène Lupin ? Et ce n’est pas son seul ouvrage où il aborde l’amour d’une façon concrète. Mais ces romans sont tombés dans l’oubli, ce qui est quelque peu dommage car c’est tout un pan de l’œuvre de Maurice Leblanc qui passe à la trappe. Mais espérons qu’en 2013 quelques éditeurs combleront cette lacune.

 

A trente-quatre ans, Patrice Martyl est le plus célèbre des jeunes avocats d’assisses de Paris. Il est marié depuis quatre ans avec Dominique qui appartient à une vieille famille de la noblesse bretonne. Elle n’avait que vingt ans lorsqu’ils se sont vus pour la première, et tout de suite ce fut le coup de foudre. Cette vierge de corps et d’âme est pieuse, se conforme à des princes sévères par goûts et par éducation. Afin de fêter leur quatrième anniversaire de mariage, Patrice et Dominique dinent au restaurant du Bois, en proche région parisienne. Patrice incite Dominique à boire un verre de Kummel, malgré les réticences de la jeune femme qui sait qu’elle ne supporte pas l’alcool. Le patron du restaurant leur offre, en tant que bons clients, une caisse d’un champagne prestigieux qui doit être mis peu après sur le marché. Ensuite ils retrouvent leurs amis Antoine et Richard, lequel est secrètement amoureux de Dominique, et se promènent en voiture dans la forêt de Saint-Germain en Laye. Ils s’enfoncent dans un petit chemin qui les conduit jusqu’à une clairière. Ils rencontrent un automobiliste en panne, puis dans la clairière illuminée de lumières bleues, assistent à un étrange spectacle. Deux jeunes femmes nues dansent entre elles bientôt rejointes par une troisième. Patrice sort quelques bouteilles de champagne et tout le monde déguste le breuvage. Bientôt tous sont plus ou moins pompettes cela se termine en caresses, baisers gloutons et plus. Les corps s’enchevêtrent. Dominique est caressée puis subit les assauts d’un homme, avec un plaisir certain aiguisé par l’alcool. Elle est persuadé qu’il s’agit de Patrice. Soudain un cri s’élève. Tout ce petit monde est rapidement dégrisé. La Pierreuse, la troisième femme qui avait rejoint les danseuses, gît étranglée.

Vite branle-bas de combat. Tout le monde récupère ses affaires dans le noir et Patrice accompagné de sa femme et ses deux amis s’enfuient sans demander leur reste. Direction Paris où Patrice dépose les deux amis qui prennent un taxi afin de rentrer chez eux. Seulement l’un d’entre eux a récupéré une bouteille de champagne qu’il laisse après dans le véhicule.

Rentrés dans leur luxueux appartement, Patrice se rend compte qu’il possède une écharpe jaune qui appartenait à la Pierreuse tandis que Dominique déplore la perte de son collier de perles. Patrice est en colère, accusant sa femme de l’avoir trompé, alors qu’elle se défend comme elle peut, assurant avoir copulé avec lui. Les doutes la rongent, mais il faut faire bonne figure vis-à-vis de leurs relations. A-t-elle réellement couché avec Patrice ou a-t-elle succombé aux assauts de Richard, d’Antoine ou encore de Julot, l’automobiliste qu’ils ont dépanné ? Le corps de la Pierreuse est retrouvé et le brigadier Delbot, un policier accrocheur, tenace, est chargé de l’enquête. Les indices relevés le conduisent rapidement chez l’avocat mais il manque de preuves et Patrice est trop habitué à défendre des clients ayant enfreint la loi pour se laisser démonter.

Entre Patrice et Dominique les relations sont tendues. Les soupçons tenaillent Patrice tandis que Dominique se persuade de n’avoir cédé qu’aux avances de son mari.

Ce roman s’apparente au genre policier puisqu’il y a meurtre, puis enquête. Mais c’est également une étude de mœurs, d’abord au sein d’un couple déchiré, en proie au doute, mais aussi sur les actes de l’amour au féminin. Maurice Leblanc magnifie les évolutions, les rapprochements, les embrassades des danseuses qui se produisent sur une autre scène fort prisée et en plein air. Les spectateurs, sur leurs sièges, suivaient avec une attention frémissante le spectacle gracieux d’un érotisme léger où ils puisaient une exaltation sensuelle, trouble et pourtant esthétique à cause de la beauté et du tact des danseuses.

Patrice jette l’opprobre sur Dominique, ne se posant pas de questions, ne se rendant pas compte que c’est lui qui a obligé sa femme à boire, celle-ci obéissant à son mari par amour. Il pratique une totale mauvaise foi, ne se demandant pas, si Dominique a couché avec l’un des participants males lors de cette concupiscente réunion des corps, avec qui lui-même forniquait. La jalousie, la colère, le dégoût revenaient, le torturaient, le poussaient à la méchanceté, à l’injustice, à l’insulte. Dominique, la plus sage des deux, qui femme amoureuse même si ses sens exacerbés lui ont joué un mauvais tour, reste plus calme, plus réfléchie que Patrice : L’évidence n’est pas toujours la vérité. Et puis, rien, quand même, ne te donne le droit de me faire souffrir ainsi.

Si les jours passent, si l’orage qui stagnait sur leurs têtes semble s’éloigner, la maladie du doute est au fond de nous, sournoise, épuisante, et ne peut pas guérir.

Le scandale du Gazon bleu est donc un roman à découvrir pour son charme rétro et qui s’inscrit dans la lignée de quelques auteurs qui publièrent dans la même collection ou non, à commencer par Pierre Louÿs, mais aussi de Henri de Régnier, d’Octave Mirbeau ou encore de Marcel Prévost. Un roman qui met en situation des scènes qui pour l’époque pouvaient être considérées comme scabreuses avec les ingrédients qui ont pour nom : échangisme, partouse, voyeurisme et lesbianisme.


A lire égalment mon article sur la revue Rocambole N° 61 consacrée à

Maurice Leblanc sans Lupin.

 


Maurice LEBLANC : Le scandale du Gazon bleu. Collection L’Amour. Editions Flammarion. Octobre 1936. 144 pages.

Repost 0
Published by Oncle Paul - dans La Malle aux souvenirs
commenter cet article
30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 15:52

rocambole61.jpg

Sans le personnage d’Arsène Lupin, le nom de Maurice Leblanc serait-il toujours à l’honneur chez les éditeurs et dans nos bibliothèques ? Il est probable que non. Pourtant Arsène Lupin n’est qu’une maigre partie de l’œuvre de Maurice Leblanc et grâce à ce dossier vous pourrez en savoir un peu plus. Mais auparavant, je vous invite à découvrir cette revue telle que je le pratique régulièrement avec toutes revues.

Je m’approprie la revue comme l’abonné d’un quotidien parcourt le matin sa gazette, d’une façon systématique, l’ouvrant à la page qui l’intéresse : les courses hippiques, les sports, les programmes télé, les petites annonces ou encore la rubrique nécrologique, avec le secret espoir dans ce dernier cas de ne jamais y voir figurer son nom. Trêve de tergiversation et entrons donc en passant par la case Sommaire :

D’abord Les chroniques avec Le Front populaire et Le courrier des lecteurs. Toujours intéressant le courrier des lecteurs puisque ceux-ci se manifestent afin d’apporter des compléments d’information sur des dossiers précédents. Dans le Front Populaire, recensement de quelques ouvrages dont la parution peut échapper au commun des lecteurs, la diffusion étant quasiment confidentielle. Ainsi deux ouvrages sont parus récemment, l’un concernant Michel Gourdon, le mythique illustrateur des éditions Fleuve Noir, l’autre sur Jef de Wulf qui fit les beaux jours notamment de l’Arabesque. Deux hommages sont rendus à Roland C. Wagner, romancier, et Jacques Goimard, spécialiste incontesté de science-fiction, critique et éditeur. Il est bien entendu question des rééditions, dont celles de Gaboriau, chez Omnibus et surtout chez Pascal Galodé qui a remis à son catalogue La clique dorée, roman qui n’avait pratiquement jamais été réédité. Sont également cité des ouvrages de Charles Monselet, La Franc-maçonnerie des femmes, ou Fortuné de Boisgobey, Rubis sur l’ongle , dans la collection Labyrinthes du Masque. J’en profite pour asséner un petit Pan sur le bec à l’encontre du scripteur de l’article sur ces rééditions. Il se plaint (à juste raison) que des coquilles soient disséminées ici et là dans le texte de ces romans. Hélas, son texte en comporte aussi : On vole de enfants à Paris de Louis Forest ou encore On avait repéré sa mis en ligne récemment.


Mais ne soyons point moqueur et intéressons-nous à ce qui constitue le plat principal de cette revue. Les Textes de Maurice Leblanc dans lesquels Arsène Lupin n’apparait pas ou artificiellement.

Dans son article Usurpations d’identités, Marc Georges revient sur quelques romans dans lesquels Arsène Lupin n’apparaissait pas originellement mais dont, pour des raisons probablement éditoriales, les aventures lui ont été attribuées. Le même Marc George nous invite à découvrir les Contes héroïques signés Maurice Leblanc parus dans diverses revues comme Gil Blas, Le Journal et l’Auto et dont certains sont publiés dans cette livraison et dont je vous entretiens plus bas.

Jacques Baudou nous signale quelques romans policiers dont Lupin n’est pas le héros tandis que Daniel Compère nous offre une facette de Maurice Leblanc méconnue, celle de son apport à la science-fiction, et que Hervé Lechat se penche sur une production sur laquelle j’aurai le plaisir de revenir : Maurice Leblanc saisi par la débauche. En lisant les contes héroïques de Maurice Leblanc peut-être partagerez vous le sentiment de Noëlle Benhamou qui écrit l’article Maurice Leblanc, conteur et romancier : disciple de Maupassant ? une interrogation à laquelle on peut répondre par l’affirmative.

Jean-Luc Buard, toujours aussi sobre et érudit a sorti de ses archives un texte peu connu dont le titre peut prêter à confusion mais se révèle édifiant : L’Aiguille creuse. En effet dans cet article qui se veut référence au roman éponyme, l’auteur expose l’envers du mécanisme des machinations littéraires qu’il [Maurice Leblanc] s’ingénie à combiner pour le plaisir du public, et qui n’ont pas attendu l’avènement d’Arsène Lupin pour fonctionner.


La revue ne serait pas ce qu’elle est si elle ne comportait pas des exemples concrets de la valeur intrinsèque de l’auteur auquel elle est vouée. Aussi quelques contes, préfigurant peut-être une réédition attendue et bienvenue, nous sont proposés, issus des journaux et magazines auxquels Maurice Leblanc collaborait avec assiduité, pour la plus grande joie des lecteurs.

Ce sont des contes émouvants, tragi-comiques, insolites, mettant en scène des personnages ordinaires, tellement ordinaires qu’ils se dévalorisent. Dans les Contes de guerre, par exemple, un Poilu ne se rend pas compte qu’il a fait acte d’héroïsme, d’altruisme et de courage (La lettre à Catherine), ou encore ces deux braves militaires fauchés pour qui le mot probité est inconnu mais qui se comportent comme peu de gens le feraient dans les mêmes conditions (Le portefeuille). L’ironie et le dérisoire se côtoient. Un cabotin enrôlé malgré son âge et son manque d’enthousiasme, va interpréter son meilleur rôle en créant une version inédite du théâtre aux armées (Grand premier rôle). Ou encore ce militaire confronté à un dilemme que ne pourrait trancher un juge selon les préceptes de Salomon (Le fils du capitaine).

Signant ses articles dans le journal L’Auto (grand quotidien sportif et littéraire créé par Henri Desgranges), comme bon nombre de ses confrères de l’époque, Maurice Leblanc aborde tout naturellement son sport favori : l’automobile. Il met en scène des situations originales pour l’époque, banales aujourd’hui, synonymes de liberté (Les évadés) ou de tragédies (Ce brave monsieur Martin, Et la mort passa…) allant même jusqu’à écrire une apologie de la panne (L’imprévu).


Mais ce numéro ne serait pas accompli si la bibliographie complète des contes et romans de Maurice Leblanc n’était pas déclinée. Aussi Daniel Compère, Jean-Luc Buard, Jacques Derouard, Marc Georges (omis dans le sommaire), Hervé Lechat, Philippe Radé & Claude Rebierre se sont mis en sept pour l’établir, recensant pas moins de 467 titres d’après leur ordre de parution et qui sont repris en index alphabétique.

Une revue indispensable à tout amateur curieux de Maurice Leblanc qui se rendra compte que Maurice Leblanc n’était pas que le scripteur des aventures d’Arsène Lupin. 

 

En vente dans toutes les bonnes librairies et sur le site du Rocambole.


Revue Rocambole N° 61 : Maurice LEBLANC sans Lupin. Editée par l’association Les Amis du Roman Populaire. 176 pages. 16€.

Repost 0
Published by Oncle Paul - dans Revues
commenter cet article
28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 16:57

La part fine du parfum

 

roman-parfum.jpg


C’est par hasard que l’auteur retrouve lors de la fête de la rose de mai à Grasse une jeune femme qu’il a croisée lors d’un voyage en avion l’emmenant aux Etats-Unis. Il lui demande, comme un service, de lui narrer ce voyage qu’elle effectuait en compagnie de Tony Curtis en septembre 2009.

Sabrina, ainsi se nomme-t-elle, avait failli louper son vol à cause d’un surligneur baladeur épris de liberté sous un fauteuil dans le hall d’embarquement. Heureusement par un heureux concours de circonstance, elle parvient à embarquer mais elle n’a plus le choix de place. Elle est installée par l’hôtesse près d’un vieux monsieur octogénaire, portant sur le chef un chapeau de cow-boy et le cou ceint d’une écharpe de luxe. De lui se dégage un parfum féminin qui réconcilie le nez de Sabrina après les miasmes endurés dans l’aéroport et dans la carlingue. Mais l’homme semble souffrir. Elle sort de son sac de petites fioles de parfum, laisse tomber sur un carré de tissu quelques gouttes du précieux liquide et l’homme parait revivre. Il avoue être atteint d’aérodromophobie et d’acrophobie. Entre ces deux personnes s’engage une conversation à laquelle elle ne pouvait s’attendre. L’homme affable se propose de lui faire réviser son cours sur l’histoire du parfum à l’aide de l’encyclopédie dont elle s’est munie. De temps à autre ils sont dérangés par des passagers demandant des autographes à son voisin qui déclare en toute innocence s’appeler Tony Curtis. Elle ne connait pas, sa culture cinématographique s’arrêtant à Brad Pitt.

Dans cet ouvrage qui est tout autant roman, récit, biographie, document, le lecteur suit deux parcours tout en apprenant l’histoire et les subtilités des parfums.

C’est ainsi que la jeunesse de Tony Curtis, ses débuts dans le cinéma, ses aventures professionnelles et amoureuses sont déclinées. Comment gamin alors qu’il s’appelait encore Bernard, dit Bernie, Schwartz, il se faisait un peu d’argent comme cireur de chaussures, comment de petits nazillons new-yorkais s’en étaient pris à lui et l’avaient tabassé, puis ses débuts au théâtre et au cinéma, les premiers petits rôles qui lui ont été confiés, les efforts qu’il dut faire pour effacer son accent, son mariage avec Janet Leigh, sa rencontre avec Norma Jean Mortensen ou Baker qui deviendra Marylin Monroe, le rôle négatif joué par des journalistes de la presse à sensation qui détournèrent une de ses phrases, Qu’est-ce que tu crois, mec ? Que c’est comme embrasser Hitler ? devenant Embrasser Marylin, c’est pire que d’embrasser Hitler ? Ses succès dans Les Vikings, Spartacus ou le célèbre Certains l’aiment chaud.

Sabrina raconte comment, encore adolescente elle a quitté le giron familial biarrot. Elle travaillait au réassortiment des étalages ou comme caissière dans une supérette mais un jour elle en a eu marre. A l’âge de cinq ans après un orage qui avait décuplé les senteurs des tilleuls et des fleurs, elle s’était aperçue qu’elle possédait un nez capable de distinguer les fragrances dans l’air. Suite à la lecture d’un article sur les roses de Grasse, elle avait pris le train et la chance aidant elle s’était retrouvée dans la ville du parfum comme cueilleuse. Son don olfactif n’étant pas passé inaperçu, elle avait été embauchée et l’un des pontes locaux lui avait proposé de suivre les cours d’une prestigieuse école de parfumerie. Elle doit se rendre à Los Angeles, plus précisément à Neverland afin de tenter d’élaborer une gamme de parfums dédiée à Michael Jackson. Si elle n’a jamais vu un seul film avec Marylin Monroe, elle connait l’actrice surtout grâce à son visage affiché dans le monde entier. Elle incarne la femme-sandwich des parfums et dérivés, bougies parfumées, chandelles, bâtons de rouge à lèvres.

Roman donc, récit et biographie, Le roman du parfum est aussi un ouvrage didactique sans être pédant ou rébarbatif. Le lecteur plonge dans cet historique comme dans un conte des milles et une nuits, avec la partie consacrée à la mythologie égyptienne, le rapport entre la religion chrétienne et le parfum, les différentes marques et leurs composition avouées, leurs fragrances, la fabrication, utile mesdames, d’un parfum maison, et tous les petits à-côtés de la parfumerie et de la vente. Le prix de revient d’un flacon de parfum, par exemple, ou comment dans les grandes surfaces le nez du client potentiel est accroché par des artifices afin que du stade de chaland il passe à celui de consommateur.

Si Pascal Marmet, l’auteur, se met rapidement en scène, comme passager de l’avion, c’est pour mieux donner de la crédibilité à son roman. Tony Curtis et Sabrina tenant la vedette ou servant de fil rouge au propos premier, une histoire du parfum qui nous permet de l’être… au parfum. Et bien entendu une histoire d’amour se greffe dans le récit, mais comme il s’agit de la vie privée de Sabrina, je n’en dirai pas plus.

Relevé page 17, cette phrase que je pourrais faire mienne :

Lire fut ma câlinothérapie, mon espace de soin, la cathédrale où j’édifiais mon être, le palais de mots qui tapissait mon mur intérieur. Dans la poussière des bibliothèques, je me vautrais, et quand viendrait l’heure, on m’enterrerait dans cette poussière, telle était ma folle décision.

Alors Messieurs, si vous désirez faire plaisir à votre compagne ou à votre maman, ou toute autre personne qui vous est chère, je vous conseille ce livre que vous pourriez offrir par exemple pour les étrennes, la Saint-Valentin ou tout autre moment agréable. Ce qui vous permettra en outre de le lire sans ressentir ce petit sentiment de culpabilité qui parfois nous étreint comme si on était en possession d’un ouvrage qui est pas destiné aux hommes, aux vrais, aux machos, ceux qui se refusent à admettre un côté fleur bleue.

Cet ouvrage est complété par une bibliographie, la filmographie complète de Tony Curtis et une liste des parfums fabuleux, leur créateur et leur date de naissance.


A lire du même auteur : A la folie


Pascal MARMET : Le roman du parfum. Collection Le roman des lieux et destins magiques. Editions du Rocher/ Vladimir Fédorovski. 270 pages. 20,20€.

Repost 0
27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 15:46

T’as le bonjour d’ailleurs !

 

aliens.jpg


Ce n’est pas parce qu’il a passé une bonne partie de la nuit à manger, à boire et à discuter avec des amis habitant Le Bugue, entre Bergerac et Sarlat, que Pierre Laurin, pilote de ligne, est atteint de visions. Non, il est bien lucide et la soucoupe volante qu’il aperçoit n’est pas issue d’un brouillard éthylique. Intrigué, il prend note des coordonnées, examine les lieux mais il ne trouve aucune trace d’atterrissage. Comme si l’engin s’était enfoncé sous terre sans effort, sans bouleverser le paysage. Il se rend à la gendarmerie, effectue sa déposition, mais est obligé d’attendre car le commissaire ( ?) n’est pas encore arrivé. Alors suivant le conseil du planton, il va boire un café au bar du village où il est servi par une jeune femme avenante qui se moque quelque peu de lui. A la gendarmerie, ils ont autre chose à faire que d’enregistrer une plainte, et si elle est prise elle sera classée sans suite.

Pierre rencontre au camping où il passe ses vacances et discute avec son voisin, chauffeur de taxi, féru de science-fiction. Il appelle également son ami André, expert convaincu, et convaincant, en ufologie qui rapplique immédiatement. Seulement Pierre est étonné de voir que la jeune serveuse, Thérèse, installer sa tente non loin de la leur. Ils se rendent non loin du gouffre de Proumeyssac, là où Pierre a aperçu la soucoupe et discutent avec un paysan. Celui-ci affirme que de très nombreuses personnes ont été portées disparues mais parfois certaines d’entre elles réapparaissaient mais ne se souvenaient de rien.

D’un seul coup ils se trouvent entraînés par une force invisible et se réveillent sous terre. Deux personnages ainsi que Thérèse qui est une extra-terrestre, se présentent à eux. Ce sont des Onaphim qui les accueillent comme des amis et narrent leurs aventures et surtout leurs attentes. Leur planète n’est plus viable et ils ont besoin de s’installer sur Terre afin de survivre. Commencent alors l’explication des phénomènes étranges qui se produisent depuis des décennies ainsi que des éclaircissements concernant des lieux considérés comme stratégiques depuis l’antiquité.

Dans Les Ancêtres de l’humanité, l’histoire est un peu la même mais à rebours. Des objets volant dans la stratosphère sont détectés par les énormes lunettes astronomiques, des représentations d’objets tels que les statues de l’île de Pâques et autres. Quatre jeune gens, deux garçons et deux filles, issus d’ethnies différentes sont envoyés dans l’espace afin d’observer ces phénomènes étranges. Leur périple dure des années et ils abordent enfin un vaisseau spatial démesuré contenant des extra-terrestres contraints de quitter leur planète en déliquescence. Ils désirent s’installer sur Terre afin que leur communauté ne soit pas réduite à néant.

On retrouve dans ces deux romans toutes les préoccupations de Daniel Piret, édictées dans son portrait.

Ainsi page 33 : Il n’y a qu’une seule race, la race humaine, qu’elle soit noire, jaune, blanche ou rouge. Les différences ne sont que des questions d’éducation, de tradition. Ce dont une ethnie est capable, n’importe quelle autre doit l’être.

Il dénonce les affairistes, ceux qui plongent une partie de l’humanité dans la famine afin d’engranger des bénéfices. Page 34 : Il est absolument indispensable que nous répartissions équitablement TOUTES les richesses planétaires afin de supprimer les rancœurs, les envies, les guerres justes ou injustes… Il faut exploiter non détruire, donc changer la notion d’intérêt, ne pas confondre intérêt financier et INTERET tout court.

Page 72 : Il faut changer alors la mentalité humaine… Extirper la notion de profit et d’intérêts privés autant dire bouleverser l’ordre établi.

Ceci pourrait être un discours altermondialiste, et pourtant j’ai l’impression que ce roman, donc ces lignes, ont été écrites avant même que ce mouvement existe. En effet l’histoire se déroule à partir du 23 aout 2021 mais l’un des protagonistes effectue un parallèle entre l’homme de Cro-Magnon et l’homme de ce siècle que vous dénommez 20ème. Thérèse se déplace à bord d’une 2CV. Et page 16, dans la discussion entre Pierre et son voisin chauffeur de taxi, ce dernier avoue être un adepte de Rivière Blanche. Et il cite pêle-mêle, J. et D. Le May, Richard Bessière, Max-André Rayjean, Gabriel Jan. Or J. et D. Le May n’est pas (encore ?) au catalogue des éditions Rivière Blanche. Il faudrait donc lire qu’il est un adepte du Fleuve Noir, et conclure que ce roman a été écrit depuis quelques décennies mais que le manuscrit, pour une raison ou pour une autre n’avait pas été retenu.

Quoiqu’il en soit, c’est l’utopie qui prédomine. Dans Aliens en Périgord Betsabel, le maître des Onaphim, vit dans l’espérance que les Terriens et son peuple vivent en bonne intelligence. Hélas, déjà sur Terre, la discorde existe entre voisins proches, alors espérer que l’homme puisse accepter l’arrivée d’extra-terrestres et leur implantation sur notre planète relève du souhait, du leurre, qui jamais ne sera suivi d’une quelconque concrétisation. Mais on peut toujours rêver. De même les graines mises à disposition des Terriens pourraient soulager la population et réduire la famine, seulement cela va à l’encontre des intérêts financiers d’une poignée de spéculateurs.

L’épilogue d’Ancêtres de l’humanité est certes convenu et a été utilisé par maintes fois, mais il est logique, indubitable, l’histoire étant un éternel recommencement.


Daniel PIRET : Aliens en Périgord, suivi de Les Ancêtres de l’humanité. Collection Blanche N°2094, éditions Rivière Blanche. 228 pages. 17€.

Repost 0

Présentation

  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
  • Contact

Recherche

Sites et bons coins remarquables