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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 15:32

Comme disait ma grand-mère, toute vérité n'est pas bonne à dire ! Pourquoi ?

 

girodeau paix


Ecrivain, journaliste, Yarnald Colom ne refuse jamais de participer à une conférence. Ce qui a l’heur de faire plaisir à son éditeur, et les séances de dédicaces qui suivent permettent d’écouler quelques romans policiers. Les piges qu’il effectue pour La Semaine, journal catalan basé à Perpignan lui permettent de subsister, sans plus, mais il ne se plaint pas. Il n’a que peu de besoins, surtout depuis que sa femme Rachel l’a quitté et qu’il se retrouve seul dans son appartement aux pièces quasiment vides.

Invité par Valenti, le président de l’association des Catalans de Marseille, il se prête volontiers au jeu des questions et réponses, jeu qui déborde largement du cadre du polar et au fur et à mesure des échanges les Catalans présents dans la salle s’intéressent aussi, mais peut-être n’étaient-ils venus que pour cela, à la Catalogne actuelle, la langue, l’économie, le social, le nouveau statut d’autonomie. Toutes informations qui intéressent ceux qui vivent éloignés de leur pays natal.

Lors de la séance de dédicaces qui s’ensuit, une jeune femme l’aborde. Elle se prénomme Montserrat et aussitôt Yarnald lui demande si elle est catalane, mais celle-ci se défend. Elle est Française et rétorque que la Catalogne n’existe pas et qu’il devrait cesser de rêver, de revenir à la réalité. Une remarque qui le refroidit, surtout lorsqu’il apprend que Montserrat n’est autre que la fille de Valenti. Mais ce n’est qu’un épisode, car Valenti, avait autre chose en tête lorsqu’il lui a lancé l’invitation. Il lui remet une lettre et lui raconte son histoire.

En 1939, Valenti avait quinze ans. Son père s’était engagé dans les armées de la République et est décédé lors de la bataille du Sègre. Sa mère et son frère durent s’exiler. Leur maison considérée comme abandonnée fut réquisitionnée par les miliciens des troupes franquistes sous les ordres d’un certain Bialet. Entré en France en 1948, poursuivi par la police espagnole pour rébellion contre les autorités militaires, il avait refait sa vie à Marseille. Il avait pu revenir en Catalogne du Sud en 1977, une sorte de pèlerinage qui l’avait amené jusqu’à son village d’Illavrana, près de Girona. Tout avait changé, la maison familiale n’existait plus. Désirant avoir des renseignements sur le cadastre, il se retrouve nez à nez avec le responsable qui n’est autre que Bialet. Il revient peu après afin d’obtenir la liste de l’inventaire qui aurait dû être établie. Bialet promet mais la demande est restée sans suite. Depuis Bialet est mort.

Antoine, le rédacteur en chef de La Semaine, journal où Yarnald effectue des piges, lui confie un reportage, justement à Girona. Une cérémonie au vieux cimetière va se dérouler afin de rendre hommage aux cinq-cent-dix victimes, des Républicains fusillés entre 1939 et 1945 par les Franquistes et ensevelis dans une fosse commune. Lors de cette commémoration, une jeune femme harangue la petite foule, demandant toute la vérité sur le franquisme, pourquoi une stèle a été érigée en faveur du Caudillo, et autres questions élémentaires qui n’ont pas l’heur de plaire aux policiers de la Guardia Civil. Ce ne peut que se terminer par un affrontement. Un point positif est cependant à mettre à l’actif de la présence de Yarnald devant cette fosse commune. Il retrouve Aleix, journaliste au quotidien local. Mais le plus étonnant dans cette affaire réside en la personnalité de Carme, surnommée Llum (lumière), militante d’un parti d’extrême-gauche et petite-fille de Bialet. Grâce à Aleix, Yarnald remonte la piste Bialet, qui est décédé d’un accident de chasse. Soi-disant, car le père Arnau, un familier de la fille de Bialet qui mène d’une main de fer l’entreprise familiale, avoue, comme s’il était à confesse et sous le sceau du secret, que Bialet n’a pas été victime d’un accident mais qu’il s’est suicidé.

 

Yarnald est seul, désabusé d’un mariage raté. Il essaie de s’arrêter de fumer, et pour compenser le manque il ingurgite de petits verres de rhum. Et il envisage de quitter son appartement, afin de couper définitivement les ponts, et de s’acheter une petite maison de campagne avec un petit jardin. Un homme comme bien d’autres.

Mais, au-delà du personnage, Gildas Girodeau s’attache à reconstituer cette époque délétère du franquisme, que des Espagnols regrettent. Car comme tous ceux qui ont connus des dictatures, ils se trouvent perdus lorsqu’ils acquièrent la liberté de pensée. Des dates significatives comme 1939, 1973, 1975, et quelques autres sont mises en scène et des personnages qui ont marqué ces périodes sont évoqués, dont Puig Antich, arrêté en septembre 1973 et membre du MIL (Movimiento Ibérico de Libéración) ou encore l’amiral Luis Carrero Blanco, membre de l’Opus Dei, victime dans l’explosion de sa voiture, explosion provoquée par l’ETA, organisation basque qui alors n’était qu’un groupuscule en balbutiement.

D’autres faits, d’autres événements sont relatés, et surtout l’auteur démontre qu’il est plus difficile pour un état de rester dans un esprit démocratique que de se tourner vers une dictature qui bâillonne les paroles, les idées, les pensées, les actions. Et pour ceux qui ont connus de loin, comme nous les sexagénaires, certains de ces remous, cela nous permet de retrouver la mémoire. Quant aux jeunes générations, cela peut être un exemple à ne pas suivre. Mais il y aura toujours et partout des nostalgiques des dictatures, ne pensant pas par eux-mêmes mais écoutant béatement la voix de son maître. Nous en avons de multiples exemples, ne serait-ce qu’en France.

Et comme j’aime bien relever les petites erreurs, de datation principalement, j’ai tiqué lorsque page 9, j’ai lu que Valenti avait soixante-dix ans au moins et page 45 qu’en 1938, à l’âge de quatorze ans… Or l’histoire se déroule en 2009. Mais ceci n’est qu’ergotage, car pour moi ce roman est l’un des meilleurs lus cette année.

A méditer : Llum déclare dans un entretien : l’Etat, comme les marchés financiers et les grands groupes privés étaient par essence des facteurs d’oppression. Autre sujet de réflexion, qui concerne les consommateurs, des élevages géants sont installés en Catalogne. Les porcs naissent aux Pays-Bas, sont engraissés en Espagne dans des conditions intensives, interdites dans leur pays d’origine, avec des aliments que les Hollandais ne peuvent utiliser, puis lorsque les porcins sont à point, ils reviennent au pays pour être abattus et commercialisés avec le label Porc hollandais. C’est beau l’Europe des échanges.

Et la question fondamentale posée par Gildas Girodeau dans son titre, faut-il pour préserver la paix faire abstraction ou taire la vérité, trouve tout son sens dans ce roman que je ne peux que conseiller.


Gildas GIRODEAU : La paix plus que la vérité. Editions Au-delà du raisonnable. 208 pages. 15€.

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 08:39

Les Trophées 813 de l’Association des Amis des Littératures Policières ont été décernés le dimanche 18 novembre à Vienne (Isère) dans le cadre du festival Sang d’encre.


Valsez maintenant…


813-1.jpg

Le trophée du Roman francophone a été remis à Romain Slocombe pour Monsieur le Commandant (Nil).

Etaient également en lice :

Jérôme LEROY– Le Bloc [Gallimard]

Marcus MALTE - Les Harmoniques  [Gallimard]

Dominique SYLVAIN - Guerre sale [Viviane Hamy]

Antonin VARENNE – Le Mur, le Kabyle et le Marin [Viviane Hamy]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

813 2

Le Trophée Michèle Witta pour le Roman étranger est allé à Stuart NEVILLE pour Les Fantômes de Belfast [Rivages]

Etaient également en lice :

Kem NUNN - Tijuana Straits [Sonatine]

Carlos SALEM – Je reste roi d'Espagne [Actes Sud]

Éric Miles  WILLIAMSON – Bienvenue à Oakland [Fayard]

Don WINSLOW – Savages [Le Masque]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le TROPHEE MAURICE RENAULT qui est attribué à un essai,813 4 une étude, un article de presse, un magazine, a récompensé la réédition de Le detective-novel et l'influence de la pensée scientifique de Régis Messac -[Encrage]

Etaient également en lice :

(Revue) -  L’Indic [Association Fondu au Noir]

(Bulletin) - La Tête en Noir - Jean-Paul Guéry

(Internet) – Blog Action Suspense – Claude Le Nocher

(Internet) – Blog Les lectures de l'oncle Paul – Paul Maugendre

(Internet)  – Site K-libre Julien Védrenne

Il est à noter que ce prix récompense également de manière indirecte les éditions Encrage dont le travail remarquable est souvent omis.

 

 

 

 

Enfin le TROPHEE de la BANDE DESSINEE va à La Princesse 813 3du Sang 2 une adaptation de Cabanes et Headline d'après Manchette [Dupuis]

Concourraient également : 

L'homme squelette – Argunas d'après Hillerman [Casterman/Rivages/Noir]

Mathias (Jérôme k Jérôme Bloche 22) – Dodier [Dupuis]

Excentric Club (Lady Elza 1) – Dufaux et Wurm [Glénat]

L'Organisation (Parker 2) – Cooke d'après Stark [Dargaud]

La Princesse du Sang 2 – Cabanes et Headline d'après Manchette [Dupuis].

 

 

 

 

Ces romans, études et bandes dessinées ont été chroniqués sur de nombreux blogs et sites dont ceux qui ont été nominés et que vous pouvez visiter grâce aux liens insérés. Et n’oubliez pas de vous rendre sur le site de l’association 813.

 

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 10:45

Mignonne, allons voir si la ronce...

ronce


La vie, c’est comme les roses, c’est beau mais il ne faut pas oublier les épines qui sont le complément indispensable. Comme le mal qui s’accroche au bien, afin de relativiser notre existence.

Et dans les nouvelles signées par Roland Sadaune, la vie en contient pas mal de ces dards qui égratignent les petits moments de bonheur éphémères. Treize exactement, comme dans la cène, douze apôtres autour de celui qui deviendra le Christ dont le front sera ceint de ronces.

Mais n’allez pas croire que Roland Sadaune puise son inspiration dans le domaine biblique. Non, c’est plus prosaïquement à partir de la vie quotidienne qu’il construit ses historiettes, avec parfois un trait de plume trempé dans la dérision, le caustique, l’humour grinçant, l’ironie, le rêve aussi.

Comme Roland Sadaune est également, et avant tout allais-je écrire, artiste peintre, il s’inspire de son savoir-faire et de son expérience pour nous planter le décor en deux coups de pinceaux plongés dans le noir, amélioré de gris, pour nous camper quelques personnages issus de son milieu ou non, pour brosser des situations dramatiques tout en étant cocasses. Et au fil de ses nouvelles et de ses romans, il s’affine, le trait de vient plus incisif, plus corrosif, plus obsédant aussi. Un auteur à découvrir.

 

A lire également de Roland Sadaune : Le loup d'Abbeville, Deauville entre les planches, Game Auvers.

 

Roland Sadaune : La vie en ronces. Editoo.com. Avril 2004. 13€.

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 17:17

Tilt !

  game auvers 16


La pluie qui tombe en abondance en cette fin de mois de septembre sur Cergy-Pontoise et ses environs n’arrange pas l’humeur du commissaire Stanislas Chimay. Sa vie familiale a été profondément perturbée et ses relations avec le nouveau commissaire divisionnaire sont particulièrement tendues. Pour autant les délits ne connaissent pas la trêve.

Sous une pile de pont enjambant l’Oise, des vêtements sont retrouvés. Pas déposés au hasard mais bien pliés. Après examen, il s’avère qu’ils appartenaient à une jeune adolescente de quinze ans disparue trois semaines auparavant.

Mais une autre affaire bouscule le commissariat, celle du gang des Mouse, des individus portant un masque de Mickey et dévalisant, torturant et tuant de braves personnes qui ne demandaient qu’à regarder tranquillement la télé chez elles. La routine.

Ce qui change de l’ordinaire, c’est bien le courrier sibyllin et anonyme reçu par Chimay à son domicile, ainsi que le message laissé sur son répondeur téléphonique. « Bonjour mister commissaire, un little game avec moi vous dirait-il ? » lui a proposé son correspondant au téléphone, tandis que le courrier comporte deux feuillets. Sur le premier est écrit « Ma proposition vous tente, mister cop ? Okay ! Voici le support du jeu, étudiez-le ». Est adjointe à la missive une photocopie du plan d’Auvers sur Oise.

Le corps de la jeune Laury est retrouvé près des berges de l’Oise mais selon les premières constatations elle serait morte suite à une strangulation opérée quelques jours auparavant. Et tandis que ses hommes courent après le gang des Mouse, Chimay doit répondre à des questions sous forme de Quizz énoncées par le Player, son correspondant anonyme qui lui téléphone aussi bien de portables volés que de cabines téléphoniques.

La première série de questions porte sur Van Gogh, le peintre qui a marqué de son empreinte la petite ville. Mais soit précipitation de Chimay dans ses réponses, soit vantardise de la part de Player, celui-ci revendique l’assassinat de Laury. Une seconde gamine est retrouvée quasiment dans les mêmes conditions et l’exploration des ordinateurs des deux jeunes filles apprend aux policiers qu’elles se connectaient sur site d’échange avec un dénommé Stetson. Chimay préfère jouer en solo dans son enquête sur la recherche de l’identité de Player mais il requiert toutefois les services d’une profileuse tandis que Carine, une journaliste locale essaye de renouer le contact avec lui.

 

Peintre, Roland Sadaune brosse son décor et son intrigue dans son département natal où il vit toujours. Il nous offre un tableau où le noir et le gris dominent, intérieurement et extérieurement.

Chimay, grand amateur de bières, vit avec des fantômes, ceux de sa femme et de sa fille décédées quelques années auparavant. Et pour préserver ses souvenirs toujours présents, il garde des objets qui font partie de son quotidien. Il porte deux alliances, les pantoufles de ses « femmes » sont placées près des siennes et autres réminiscences. C’est un homme bourru, vindicatif, soupe-au-lait, tenace, qui se moque de la hiérarchie pour mener à bien son enquête. Car il est convaincu que Player lui en veut personnellement et que le jeu proposé n’est pas dû au hasard. La confrontation avec un être insaisissable qui risque de tourner au drame, heureusement il peut compter sur une forme d’amitié de son adjoint qui effectue des recherches à sa place sans savoir de quoi il retourne. De tous petits indices vont se révéler déterminants et son opiniâtreté fera le reste. Un bon roman qui mériterait une plus grande diffusion.


Du même auteur lire : Le loup d'Abbeville et Deauville entre les planches.


Roland SADAUNE : Game Auvers. Val d’Oise éditions. 328 pages. 13,80€.

 

challenge régions

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 08:59

Que la lumière soit et la lumière fut...

 

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Au XXIVème siècle, la Terre est en proie aux ravages provoqués par le réchauffement climatique. Le niveau des mers et des océans a monté de six mètres par rapport à notre époque et de nombreux continents ont vu leurs surfaces agricoles diminuer alors que la population n’a cessé d’augmenter.

La disparition des iles du Pacifiques et de l’Atlantique a entrainé un bouleversement des flux migratoires, tandis que la Chine, l’Inde et les pays dits émergeants ont épuisé leurs ressources en énergie fossile. Seuls les consortiums agro-alimentaires se frottent les mains engrangeant du blé, au propre et au figuré. L’Europe et l’Amérique du Nord subissent depuis des dizaines d’années un afflux non contrôlé d’immigrants climatiques.

Mars et Titan ont été colonisés mais cela ne résout pas les problèmes des Nantis, appelés ainsi en opposition aux Isolés qui sont confrontés à la famine. Andrew, originaire d’Amérique du Nord et président mondial est connu pour ses positions extrémistes affichées avec ostentation. Il n’est plus question pour l’Europe et l’Amérique du Nord d’accueillir tous les réfugiés, même s’ils sont affamés, en provenance d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’une grande partie du Sud Est asiatique. Il impose la construction d’un mur séparant les pays pauvres des pays riches, proposition entérinée par une très grande majorité des membres du conseil.

Seul Assican, d’origine tibétaine et installé en France, refuse de voter cette motion. Mais seul ou presque, que peut-il faire ? Le chaos est proche et Assican confie à son fils Temeso une mission périlleuse qui pourrait sauver une toute partie de l’humanité d’une guerre millénaire entre le Bien et le Mal, entre la Lumière et les Ténèbres, résurgence ou continuation du conflit entre Lilith et Eve à l’origine du monde. Se rendre à bord d’une navette en compagnie d’une cinquantaine de couples issus de tous milieux ethniques et religieux jusqu’à une planète nommée Eden, un voyage qui durera soixante dix ans.

Ce roman est la métaphore de notre système social et financier actuel vu à travers une lunette grossissante, préfiguration de l’Apocalypse. Et bien sur, en premier lieu, c’est la parabole sur le rejet des immigrants fuyants des régimes totalitaires, ne demandant humblement que du travail et de quoi manger, et reconduits vers la frontière, expulsés comme des bêtes sauvages jusque dans leurs pays où ils risquent la mort.

C’est également une parabole sur les profits financiers monstrueux réalisés sur le dos des paysans, des travailleurs surexploités habitant le tiers et le quart monde, des profits financiers destinés aux actionnaires anonymes de sociétés multinationales demandant toujours plus, quelle qu’en soit la provenance. Sans parler des parachutes dorés, ou plutôt des parachutes en or. Vous coulez par incompétence, par cupidité une multinationale, un pays, et on vous vire en vous récompensant largement.

Ce n’est plus de la science-fiction, c’est une projection de notre époque vers un futur qui ne s’avère guère réjouissant et dont nous connaissons les prémices délétères.


Du même auteur, lire :  Projet espoir.


Daniel Piret : Les enfants de la Lumière suivi de Les Miroirs. Rivière Blanche n° 2060. Couverture de Jean-Félix Lyon. 216 pages. 17€.

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 15:10

Un chemin de croix...

 

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On aperçoit souvent, trop souvent malheureusement, une croix et des bouquets de fleurs sur la berme de certaines routes, ceci pour rappeler qu’un accident de la circulation s’est produit et qu’une victime est à déplorer. Or découvrir un bouquet de roses au pied d’une croix sur laquelle est fixé un carton indiquant la date du lendemain peut surprendre. Pourtant c’est ce que remarque un jeune policier sur la route 1 au sud de Monterey, non loin des dunes qui bordent la plage.

Le lendemain, un promeneur est intrigué par une voiture, les pneus dans l’eau de mer. Aussitôt avertis les policiers trouvent dans le coffre du véhicule une jeune fille évanouie. Si le véhicule avait été plus en avant sur le sable, nul doute que la marée aurait noyée l’occupante qui s’en sort bien mais traumatisée.

L’affaire est confiée à Kathryn Dance, synergologue au California Bureau of Investigation. La jeune femme qui a perdu son mari, attaché au FBI, dans un accident quelques années auparavant, élève seule ses deux enfants. Mais son travail l’accapare et il n’y a guère de temps mort entre deux missions. Elle interroge Tammy, l’adolescente qui a failli périr, à l’hôpital où celle-ci se remet de ses émotions. En observant les mouvements corporels, les expressions du visage, sa façon de se comporter, Kathryn se rend compte que Tammy ment sciemment ou par omission. Les déclarations de Tammy concernant son enlèvement, à bord de sa voiture, à la sortie d’une boîte de nuit, sont plutôt confuses. D’après elle un latino serait à l’origine de son kidnapping. Bref, il vaut mieux chercher ailleurs que de prendre pour argent comptant ses assertions. Et le meilleur moyen pour découvrir une piste est peut-être de s’intéresser à l’ordinateur de Tammy qui était dans son véhicule. L’appareil est un peu endommagé par l’eau de mer et un spécialiste en informatique, Jon Boling, consultant auprès des services de police et enseignant, va leur apporter une aide qui s’avèrera précieuse.

Tammy et bien d’autres visiteurs avaient posté des commentaires sur le site Le Rapport Chilton, un site situé près de Monterey et dont l’animateur se propose de dénoncer les travers politiques, financiers et autres dont la région de Monterey était sujette et plus si affinités. Les projets de l’usine de désalinisation, par exemple, mais aussi les potins comme l’accident provoqué par un adolescent au volant d’un véhicule et qui aurait fait deux victimes, deux jeunes filles assises à l’arrière. Et les commentaires virulents ne manquent pas. D’abord ceux qui les laissent s’en prennent à la municipalité et aux services d’entretien de la voirie mais bientôt c’est une déferlante sur celui qui est surnommé l’assassin de la route. Les signatures sont anonymes ou assorties de pseudos, le nom du conducteur est effacé mais en consultant les rapports de police, il s’avère qu’il s’agit d’un adolescent de dix-sept ans nommé Travis. Kathryn et son ami Michael O’Neil, shérif-adjoint du comté de Monterey, se rendent chez les parents de Travis, dont le frère Sammy est un peu niais. Tout d’abord les deux policiers n’ont rien à reprocher à Travis, seulement celui-ci disparait et d’autres croix sont découvertes, d’autres meurtres ou tentatives de meurtres sont perpétrés.

Chilton qui se prend pour un journaliste refuse de jouer ce qu’il appelle les délateurs et de donner les noms de ceux qui laissent les commentaires et jouent à la mouche du coche. C’est là qu’intervient Jon Boling dont le rôle est primordial dans les recherches sur le Net. Si, grâce à lui le profil de certaines victimes peut être cerné, d’autres échappent à la logique.

Mais une autre affaire accapare Kathryn. Lors de l’arrestation mouvementée d’un voyou, un policier a été grièvement blessé. Transporté à l’hôpital, il est décédé peu après. Il réclamait que quelqu’un mette fin à ses jours, et il a été entendu. Son frère accuse le personnel soignant. Or le procureur Robert Harper, qui est en charge du dossier accuse la mère de Kathryn, infirmière, d’avoir procéder à une injection létale. D’ailleurs Edie est arrêtée et Kathryn a toutes les peines du monde à empêcher que les services sociaux la séparent de ses enfants.

 

Dans cette double intrigue à multiples rebondissements, Jeffery Deaver dénonce aussi bien le rôle néfaste et délétère joué par le procureur Robert Harper, rôle qui est reproché à quasiment tous les procureurs, aussi bien en Amérique qu’en France. Des fonctionnaires de justice souvent obtus, dont les préjugés négatifs vis-à-vis des présumés coupables influent fortement sur le bon déroulement des enquêtes.

L’auteur met également en avant les événements qui secouent la société, et pas seulement la société américaine puritaine engluée dans la religion, comme la manifestation organisée à l’entrée de l’hôpital dénonçant l’euthanasie et par voie de conséquence l’avortement, par des personnes, des religieux qui ne sont pas toujours exempts de reproches.

Enfin c’est quasiment une diatribe contre les effets pervers des blogs, pas tous, mais ceux tenus par de prétendus redresseurs de torts, qui se prennent pour des journalistes sans avoir eu de formation d’investigateur, qui font feu de tout bois, qui accusent à tout va, même sous des propos feutrés, et pis, par les commentaires qui deviennent, par une surenchère verbale, haineux. Et je n’aurai garde d’oublier les effets négatifs de certains jeux vidéos qui procurent une addiction à ceux qui les utilisent, se propulsant dans des univers virtuels et incapables de rester connectés au monde réel.

Un roman qui démarre tout doucement, malgré quelques scènes poignantes, mais prend de la force au fur et mesure de son double développement et le lecteur est happé à son insu dans cette histoire qui n’a pas de frontières.

 

Du même auteur lire : Instinct de survie.


Jeffery DEAVER : Des croix sur la route. (Roadside crosses – 2009. Traduction de Pierre Girard. Editions des Deux terres. 480 pages. 21€.

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 06:55

Avant BHL et DSK, il y eut HPL.

 

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L’auteur américain Howard Phillips Lovecraft est célèbre par ses romans de fantastique et d’horreur et malgré sa disparition en 1937, il vit toujours grâce à ses personnages issus d’un univers délirant. Cthulhu, Nyarlathotep, Azathoth, Yog-Sothoth ne sont pas des inconnus même auprès de ceux qui ne connaissent qu’approximativement l’œuvre du maître de Providence.

Lovecraft aura inspiré de très nombreux romanciers, qui se nomment August Derleth, Robert E. Howard, Robert Bloch, Fritz Leiber, Clive Barker, Stephen King, John Carpenter, Stuart Gordon et bien d’autres dont Neil Gaiman qui signe ici une nouvelle sur l’origine de Cthulhu.

Neil Gaiman n’avait que vingt-sept ans lorsque ce texte a paru pour la première fois dans la revue Dagon, mais auparavant il avait lu voracement les écrits de Lovecraft, il les avait ingérés et digérés avant de restituer son univers dans la lignée de son prédécesseur et mentor, même s’il a ironisé sur les outrances du style lovacraftien.

Alors les inconditionnels de Lovecraft ne pourront que se réjouir de pouvoir lire cette nouvelle accompagnée d’une introduction présentant Neil Gaiman, et une lettre datant d’avril 1987 parue dans la même revue Dagon. Les autres, qui connaissent peu ou prou Lovecraft, mais désirent aborder l’œuvre avec cette petite mise en bouche. Et ils ne seront pas désarçonnés car grâce aux nombreuses et indispensables notes du traducteur, Patrick Marcel, ils pourront se faire une idée convaincante de l’imaginaire lovecraftien et du talent de Gaiman.

Petit extrait afin de vous mettre l’eau à la bouche et l’esprit en émoi :

Je n'ai jamais connu mes parents. Mon père a été dévoré par ma mère sitôt qu'il l'a eu fécondée et elle, à son tour, a été dévorée par moi, à ma naissance. C'est mon premier souvenir, d'ailleurs. M'extirper de ma mère, avec son goût faisandé encore sur mes tentacules...»

 

Il est bon de préciser que la revue Dagon, emprunte son titre à une œuvre de Lovecraft datant de 1917, de même que la maison d’édition Clef d’argent est également le titre d’une œuvre qui date de 1926.

Et bien évidemment vous en saurez plus en rendant visite aux éditions de La Clef d’argent qui proposent de très nombreuses petites perles, romans, nouvelles, études et essais.


Neil GAIMAN : Moi, Cthulhu. Collection FHTAGN2 ; éditions de la Clef d’argent. 56 pages. 5€.

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 07:09

Ou le champ des âmes ?

 

 

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Il est difficile pour un jeune éditeur qui ne possède à son catalogue que trois ou quatre titres, de trouver la perle rare. Et le succès du Projet Bleiberg, de David S. Khara, fut une heureuse surprise aussi bien pour les éditions Critic que pour les modestes chroniqueurs que nous blogueurs sommes. Evidemment Gérard Collard n’est pas étranger non plus à l’engouement suscité et je me garderai bien de l’oublier et de mésestimer l’influence qu’il possède en matière de promotion, gratuite. Alors il est vrai que l’éditeur se trouve un peu pris au piège, car il se doit de proposer des livres dans la lignée du précédent. Afin de ne décevoir personne.

Et en Frédérick Rapilly, je pense qu’il tient un nouvel auteur prometteur qui ne marche pas sur les brisées des anciens, ne reprend pas les mêmes ficelles, mais possède son propre univers exploité grâce à son parcours de journaliste et de DJ. Pour preuve, David S. Khara, dont les deux romans édités chez Critic, le Projet Bleiberg et le Projet Shiro, ont été réédités chez 10/18, tandis que le roman de Franck Rapilly est lui réédité chez Pocket concomitamment avec la sortie de son nouveau roman Le chant du Diable dont j’aurai l’occasion de vous parler dans les prochains jours.

 

Alors qu’il pensait avoir tiré un trait définitif sur une vie antérieure, Marc Torkan est contacté par Patrick Boudou, son ancien patron à la rédaction de Paris Flash, ami et beau-père. En forêt de Brocéliande, et plus précisément au lieu dit du Val sans retour, des promeneurs ont découvert avec horreur le corps d’une jeune femme suspendu aux branches de l’Arbre d’or. Selon les premières constatations elle serait morte dans d’horribles souffrances après avoir été torturée.

Marc refuse catégoriquement de couvrir l’affaire malgré son passé de grand reporter. Il est installé dans la presqu’île de Quiberon comme antiquaire et entend bien ne pas renouer avec son passé douloureux. Patrick insiste tant et si bien que Marc se laisse convaincre et reprend l’enquête parallèlement à celle de son confrère de Paris Flash, le poids des mots le choc des photos.

Il va s’associer à une photographe américaine qui vit en France depuis dix ans, Katie Jeckson, qui a réussi à prendre des photos de la suppliciée malgré le barrage policier. C’est ainsi qu’ils vont rencontrer des amis de Clara, la victime, et sa sœur jumelle qui affirme que la jeune fille participait au Teknival la veille de sa disparition. Les rave-party sont peut-être une piste, d’autant que Katie en naviguant sur Internet à trouvé une info intéressante : une jeune Israélienne serait décédée dans les mêmes circonstances en Thaïlande alors qu’elle participait à une fête techno.

Les policiers sont eux sur une piste soi-disant sataniste et chant-ames2.jpginterrogent un groupe local, Sons of Gaël, puis d’une sorte de druide qui va se suicider lors de la garde à vue. Ils embarquent donc pour la Thaïlande et se renseignent auprès d’un policier local qui a suivi l’affaire. 

Les voyages vont s’enchainer, retour à Paris, départ pour l’Ukraine ou doit avoir lieu un rassemblement de festivaliers accro à la techno, connaissance avec une DJ, Jillian, qui ne passe pas inaperçue avec ses cheveux roux et son accoutrement vestimentaire, embarquement pour les Canaries. Le dénouement aura lieu à Bali après bien des vicissitudes, des interrogations, des recherches auprès des internautes et des DJ mais également auprès des rares amis restés proches de Marc, des tâtonnements et des fausses pistes, des inspirations de l’un ou de l’autre.

Peu à peu au cours de cette intrigue, le lecteur fait connaissance avec Marc et les événements qui ont bouleversé sa vie, ses rapports avec Katie et Jillian, mais l’auteur sait préserver des zones d’ombre qui seront peut-être dévoilées dans le prochain roman dont Marc Torkan sera le héros. En effet l’épilogue est une fin ouverte, et toutes les suppositions peuvent être envisagées. 


Retrouvez m'auteur sur son site : Thrillermaniac

 

Une autre lecture vous est proposée sur Action Suspense.



Frédérick RAPILLY : Le chant des âmes. (Editions Critic – 2011). Réédition éditions Pocket, collection Thriller N° 15055. 7,20€.

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 14:10

Dire que ça n'a même pas fait un carton !

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Avec L’amour sans le faire publié chez Flammarion, Serge Joncour tient une place prépondérante dans l’actualité littéraire. Mais il ne faut pas oublier ses précédents romans, dont celui que je vous propose et qui n’est même pas répertorié chez Wikipédia, ce qui prouve qu’il existe de grosses lacunes, chez un éditeur qui semble avoir disparu de la scène éditoriale.

 

Libraire en livres (eh oui !) dans une grande surface, le narrateur se décarcasse pour mettre en valeur son rayon. Et ce n’est pas facile, car étant donné le nombre de marques différentes, de calibrage, de format, de prix, il faut un véritable savoir-faire pour allécher le chaland. Ce n’est pas comme dans les autres rayons où tout s’empile de façon parfaite et homogène.

Ce n’est pas une sinécure malgré le jovial Martino, et sa devise en béton, enfin en carton : “ Martino des éditions générales ; plus le carton se livre et plus on fait un carton ”.

Et voilà notre libraire qui peu à peu se transmute en effigie de carton pour appâter les clients. Il n’est plus un vendeur mais un pantin figé et pensant, devenant une véritable coqueluche. On dirait un vrai, remarquent des enfants accrochés aux basques de leurs mères poussant les chariots de provisions. De toute façon il y a toujours un peu de place pour caser un livre entre les bottes de poireaux et les côtes de porc du déjeuner.

 

Fable ou parabole, sur la société de consommation, sur le rôle du vendeur de livres et non plus du conseiller en lecture, Carton de Serge Joncour est plus qu’un roman, un constat. Une peinture acerbe de l’ambiguïté entre les nourritures terrestres et les nourritures spirituelles. Le livre et à travers lui son vendeur, toute une profession régie par la loi du marché et incidemment du rapport financier. A noter que Serge Joncour a obtenu le Prix France Télévision 2003 pour U.V.paru aux éditions du Dilettante.

 

 

Serge Joncour : Carton. Collection Eden Fictions, Eden Productions. Juin 2003. 94 pages. 9€.

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 07:00

Avant le Quatar, les Cathares !

 glaive


Ne nous y trompons pas. Si cette histoire est ancrée dans le fantastique, elle prend résolument ses sources dans l’histoire languedocienne et occitane, et plus particulièrement catalane dans les années sombres de la lutte contre les Cathares. Et si les auteurs donnent aux belligérants des noms d’emprunt, il est au moins une figure qui parle d’elle-même : Simon de Malfort, qui réfère directement à Simon de Montfort. De Tolosa à Kottliure, en passant par Murèl, Besièrs, Perpinyà, le col du Pertus et le mont Canigò, et autres lieux dont les patronymes n’ont aucunement besoin d’être traduits, le lecteur effectue un voyage initiatique.

Dans la plaine de Murèl s’affrontent d’un côté les Francs du roi Amalrik III le Vil assistés des troupes de Gontran le Défiguré, le Pape noir, de l’autre les armées du roi d’Ock Béranger V et du roi Père IX de Katland. Les deux premiers compères veulent annexer les pays d’Ock et de Katland et éradiquer la religion des infidèles kathars. La bataille fait rage, et Père IX, légèrement aviné, se moque totalement des consignes de ses lieutenants. Il est abattu par Agna et ses hommes, les morts-vivants. Xavi, le jeune bruixot, thaumaturge et nécromancien, tente de le ramener à la vie, en vain. Lui-même est cerné par l’armée d’Agna et alors qu’il va sombrer sous les coups, Agna lui laisse la vie sauve. Commence alors pour Xavi la quête du Glaive de justice tandis que les combats continuent, que les armées d’Ock et de Katland sont obligées de reculer sous l’avancée ennemie.

Pour obtenir le Glaive de justice Xavi est obligé de se rendre dans les fourneaux du forgeron Borvo, sorte de dieu Vulcain qui règne au milieu de lycanthropes sur le mont Canigò, afin de s’emparer de l’arme, mais cela ne suffit pas car, afin que celle-ci possède sa puissance maximale, il faut aussi retrouver les reliques de Sant Vicenç. Son épopée, comme le lecteur peut s’en douter, sera une succession de péripéties aventureuses, sanglantes, où le courage ne résout pas tout. Heureusement il est accompagné dans sa quête par deux fidèles, le géant Lo Singlar et l’archer Pau qui utilise des flèches pour le moins bizarres. Malheureusement la belle Agna veut elle aussi s’emparer du Glaive de justice. Et comme rien n’est simple et que tout le monde se jalouse afin d’avoir la prépondérance, Agna est en butte à des manœuvres pas très catholiques de la part du cardinal Posel Virt Schneesturm, au profil ambigu, même s’il est un allié des Francs et du Pape noir.

Entre trahisons, embuscades, pièges, échauffourées avec des loups-garous, surveillance des lignes ennemies par les Goelaks, des volatiles qui sont des sortes de drones, et autres joyeusetés, Xavi d’un côté et Agna de l’autre réussiront-ils à posséder le Glaive de Justice ? C’est ce que nous proposent de découvrir les auteurs de ce roman haletant en trois parties et dont l’épilogue se veut une entrée en matière. La première est due à la plume de Philippe Ward, qui décrit La Bataille de Murèl, la deuxième signée François Darnaudet qui propose Du sang sur la neige et enfin la troisième et dernière, la plus longue aussi, intitulée tout simplement par Gildas Girodeau Le Glaive de justice. Comme à leur habitude les trois compères s’amusent à affubler leurs personnages de patronymes puisés dans l’entourage de leurs connaissances et amis. Ainsi retrouve-t-on un Laguerre, un cardinal Jirrodo, un Dard M’Odet, un Gallerne de Palerme ou encore un Dou’n Ovetz, et quelques autres peut-être moins connus.

Ce roman, sous des dehors de joyeuse récréation à consonance fantastique et historique, n’est pas si léger qu’il y parait. Et l’on s’aperçoit que les mêmes événements reviennent à périodes régulières et pas plus tard qu’il y a quelques semaines, dans des conditions moindres que celle décrite, mais dont l’effet jette toujours l’opprobre sur ceux qui commettent ces actes que je juge, personnellement, barbares. « Ils ont rassemblé les survivants de la tuerie et les ont séparés en deux groupes. D’un côté les hommes valides, de l’autre : femmes, vieillards et enfants. Il fallait sortir les cadavres de la ville et brûler les corps sans perdre de temps. Le premier groupe a été immédiatement mis au travail, ils ont triés le deuxième à leur façon ».


François DARNAUDET, Gildas GIRODEAU et Philippe WARD : Le glaive de justice (La saga de Xavi El Valent – 1). Collection Blanche n° 2072. Editions Rivière Blanche. Couverture de Christophe Palma. 252 pages. 17€.

 

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