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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 10:08

Une road-story… déroutante !

 

comme-elle-a-dit.jpg


Depuis leur rencontre dans la cour de récréation, Pierre et Sahaa jouent à Je t’aime, moi non plus ! Comme les vagues qui arrivent à l’assaut de la plage puis repartent vers l’horizon, indéfiniment, souvent houleuses, la relation entre Pierre et Sahaa est perturbée en permanence, enregistrant des hauts et des bas. Faut avouer que Sahaa n’y met vraiment pas du sien, traitant son ami, ancien amant, de Noun, qui signifie verge insignifiante. Enfin ce n’est pas tout à fait ainsi qu’elle s’exprime mais vous m’aurez compris. Et Pierre n’apprécie pas du tout cette appellation désobligeante.

Alors comment se comporter lorsque la jeune femme vient pleurer par le truchement du téléphone sur l’épaule de son ami ? Surtout que ce n’est pas pour reprendre une union interrompue sur quelques points de divergence, mais parce que Sahaa a besoin de se cacher. Quoi de plus normal que de venir embêter Pierre au moment où il s’apprête à déguster un Tuc coincé entre deux tranches de pain de mie. Ce n’est pas son régal mais il n’avait que ça à se mettre sous les dents. Donc Sahaa n’est pas en manque d’affection mais est effrayée.

Son copain actuel, Tom-Tom, est une brute qui la tape volontiers, et elle est couverte de bleus qui deviennent jaunes. Comme Sahaa est d’origine asiatique, le changement de couleur c’est moins grave, mais quand même se faire tabasser parce que monsieur est jaloux et qu’il veut toujours savoir ce qu’elle fait, ça lui porte sur les nerfs. Alors elle a loué un studio en catimini, tout en continuant à vendre la drogue. Elle a réalisé deux belles ventes, et maintenant elle s’adresse à Pierre parce qu’un individu a voulu la voir.

Les ennuis commencent pour Pierre, alors que Sahaa n’a pas encore débarqué chez lui. Alors qu’il pense que son amie rapplique, suite à la sonnerie de la porte qui gémit et des coups assenés avec force, il n’a pas le temps de dire ouf qu’il se ramasse un coup de poing qui le laisse à terre. Tom-Tom le jaloux investigue l’appartement à la recherche de sa dulcinée évaporée puis repart, n’étant que de passage. Le moment choisi par la voisine, une vieille qui fantasme, de s’enquérir des événements bruyants. Elle a interverti les noms sur les boites aux lettres, car si un violeur, on ne sait jamais, il y en a qui sont en manque ou préfère les femmes couguars, les vieilles couguars, décidait de procéder à un batifolage, ce serait chez Pierre qu’il se dirigerait. Elle lui propose par la même occasion de lui garder Fibo, le gentil petit lapin qui n’en pose pas, le cas échéant. Sahaa débarque fraîche et dispose comme si de rien n’était et entame le récit de ses avatars, dans le restaurant de Mo, le seul ami de Pierre rescapé de son enfance.

Outre le fait qu’elle a dérobé la boite à coke de Tom-Tom, un paquet d’argent, elle est devenue une bio-clé, celle d’Albert (une référence à Einstein). Un truc bizarre imaginé par cinq collègues de labo, un machin qui se termine en ium, susceptible de détrôner le pétrole, et des papiers cachés avec un bout de métal dans un coffre en Suisse. Cela aurait pu être marrant sauf qu’un jour, alors qu’elle était en voiture compagnie d’Albert, un motard ne s’était pas arrêté à côté d’eux et avait abattu le pauvre chercheur d’une balle dans la tête.

Lorsqu’ils regagnent l’appartement en toute confiance, un lapin les nargue sur le palier. Fibo ! Fibo qui s’est échappé ? Non, la porte est ouverte, et les pieds de la vieille gisent sur le tapis de son salon. C’est pratique parfois un couteau électrique. Ce meurtre fait la une des journaux, et bien entendu le voisinage est suspecté. D’autres aussi comme Tom-Tom qui a été aperçu dans les environs. Il ne leur reste plus qu’à fuir, tenter de gagner la Suisse, attendre qu’une autre bio-clé se présente afin d’ouvrir le coffre, et bonjour la compagnie. Facile à dire ou à écrire mais dans la réalité cela ne se déroule pas toujours avec cette aisance. Sahaa, qui dispose de pas mal d’argent, propose à Pierre de lui servir de garde du corps et éventuellement de réchauffe-pieds. Seulement, outre Tom-Tom, deux individus sapés façon Mormons sont à leur trousses. Alors direction la Belgique, Anvers et contre tout, Francfort, Berne, Zurich, puis Venise… Entre temps Tom-Tom qui a perdu son GPS passe par-dessus la rambarde du toit d’un immeuble aidé par Sahaa, un de moins à les embêter, mais les autres continuent à les pourchasser, ils sont tenaces.

Cette cavale transfrontière, cette road-story en français châtié (et non road-movie comme je l’ai lu quelque part, puisque ce terme est cinématographique) nous ramène aux plus belles heures d’un duo de héros s’évertuant à échapper à un danger connu ou non, ou à un besoin irrépressible de liberté. On peut penser à Sailor et Lula de Barry Gifford et à quelques autres classiques du genre, mais mâtiné de cet aspect antinomique dans les relations entre nos deux routards. Une succession de gags tragico-comiques, narrés avec humour et désabusement, dans un style personnel qui permet à l’auteur de se démarquer de ses prédécesseurs ou confrères actuels. Vouloir Comparer Pascal Thiriet à tel ou tel romancier, à tel ou tel situation ou personnage fictif, lui apposer une pancarte, serait, à mon sens, mal venu et peut-être même offensant. Sauf si le rédacteur d’un article désire se faire mousser en écrivant une phrase choc, et soi-disant humoristique, récoltant les éloges au détriment de l’auteur du roman. Thiriet fait du Thiriet et c’est très bien !

Voir également, entre autres, les avis de Gridou et d'Yv.
Pascal THIRIET : J’ai fait comme elle a dit. Collection Jigal Polar. Editions Jigal. 232 pages. 17,50€.

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 08:00

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Ce n’est pas un animal quelconque que les époux Coldfield ont percuté avec leur véhicule sur la route, en lisière de forêt à Conyers dans l’état de Géorgie, mais bel et bien une femme nue qui a débouché sans regarder avant de traverser. Le corps est couvert de contusions, mais elles ne sont pas dues au heurt violent contre le pare-brise. Aux urgences de l’hôpital Grady d’Atlanta, Sara Linton prodigue les premiers soins à l’inconnue qui semble avoir vécu des moments douloureux. De nombreuses fractures sont décelées par tout le corps si maigre que les toubibs se demandent si elle va s’en sortir. Pis, celui qui l’a martyrisée ainsi lui a même arrachée une côte, la onzième.

Faith Mitchell, agent spécial du GBI, l’équivalent au FBI mais qui n’opère qu’à l’intérieur de l’état de Géorgie, a été victime d’un évanouissement sur un parking et son coéquipier Will Trent n’a pas hésité à l’emmener aux urgences. Elle est examinée par Sara qui décèle une poussée conséquente de diabète. Mais ce n’est pas tout. Faith est enceinte, à trente trois ans ce ne peut être que normal, mais elle a caché son état à tout le monde. Elle est déjà mère d’un grand Jérémy âgé de dix-huit ans. Quant à Will, c’est un gentil garçon, prévenant avec sa coéquipière, malgré un téléphone portable complètement démantibulé et un problème de dyslexie. Il n’arrive pas à reconnaître sa gauche de sa droite et de plus il est illettré, mais il parvient à dissimuler son handicap grâce à des artifices. Le problème n’est pas là, pour l’instant, mais bien cette femme qui émet des litanies d’au secours, et dont ils parviennent à apprendre le prénom. Anna. C’est un début. Faith et Will prennent l’enquête à leur compte, ce qui ne plait guère aux policiers de Rockdale, le comté où s’est produit l’accident, et menés par Galloway. Celui-ci tente bien de faire barrage à leurs investigations mais Will et Faith n’en ont cure, soutenus plus ou moins par Amanda, leur chef.

Will, accompagné de quelques policiers, tentent de trouver une empreinte, si minime soit-elle, de l’endroit où aurait pu être séquestrée Anna, et c’est par hasard qu’il découvre une sorte de caverne creusée dans la terre. Un trou aménagé pouvant dissimuler deux femmes aux yeux de tous, étouffant leurs cris. Mais des traces de torture sont disséminées un peu partout dans l’endroit. Will sort de la caverne et discerne non loin un papier. Il s’agit du permis de conduire d’Anna. Soudain il ressent dans le cou des gouttes gluantes, chaudes encore. Levant les yeux il aperçoit un corps coincé par les pieds entre deux branches. Le cadavre encore tiède de la jeune femme qui était enfermée en compagnie d’Anna. Les examens médicaux prouvent des sévices particulièrement odieux. C’est alors que l’enlèvement d’une femme vient d’être perpétré sur le parking d’un supermarché. Dans le véhicule de la kidnappée, un garçonnet est assis prostré.


Trois jours pour résoudre cette affaire, c’est le temps qu’il faudra à Will et Faith, malgré les obstructions, les erreurs, les manquements, de la police de Rockdale. Malgré aussi tous les ennuis qu’ils vont être à même de subir, physiquement et moralement. Car tous les personnages qui gravitent dans ce roman possèdent non pas des fêlures, des fractures morales, mentales et physiques mais de véritables failles sismiques qui s’ouvrent au moindre fait, au moindre contact, au moindre élément perturbateur. Et des éléments perturbateurs, il n’en manque pas. Par exemple Will est marié avec Angie, une femme volage qu’il n’a pas vue depuis des mois et qui revient à l’improviste. Faith se débrouille comme elle peut avec son diabète et son embryon. Quant à Sara Linton, elle est veuve depuis trois ans et demi. Auparavant elle était mariée avec un policier, mais il est décédé dans des conditions troubles. Ancienne médecin légiste et pédiatre dans un autre hôpital, elle s’est reconverti aux urgences et trimbale partout une lettre qu’elle vient de recevoir, sans oser l’ouvrir. Quant aux femmes victimes d’un être particulièrement abject, elles possèdent en commun une apparence physique, brunes aux yeux marron, maigres pour ne pas dire anorexiques, et sont toutes aisées financièrement, travaillant dans des professions libérales.


Le nombre 11 est comme une clé dans l’intrigue, en référence à la Bible, d’où le titre du roman, qui n’est qu’une reprise du titre lorsque ce roman a été publié en Grande Bretagne. Mais il n’y faut trouver dans ce roman aucun prosélytisme. Si l’intrigue est fort bien menée avec son lot de scènes marquantes, parfois dures, ce sont les personnages qui attirent l’attention du lecteur. Et qui donnent au récit une profondeur psychologique intense. Parfois on a l’impression que Karin Slaughter dilue la narration, que certaines séquences ne sont pas indispensables, et pourtant, arrivé à l’épilogue le lecteur se rend compte que l’enrobage n’est pas superflu.


Karin SLAUGHTER : Genesis. (Undone – 2009. Trad. de l’américain par François Rosso). Réédition des Editions Grasset. Le Livre de Poche. 672 pages. 8,10 €.

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 13:57

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A cause d’une vessie qui demande une évacuation immédiate du liquide qu’elle contient, Jean-Marc est obligé de laisser filer ses compagnons et de rechercher dans le sous-bois qui borde la route de Bondues un endroit adéquat. Un besoin naturel et pressant avivé par les trépidations enregistrées par sa bicyclette. Mais ne nous attardons pas sur ces détails triviaux et accompagnons jusqu’au bout notre héros en herbe dans l’antre d’une grotte. Qui s’avère être en réalité une des entrées de l’ancien fort Lobau dit Fort de Bondues. Un endroit que connaissaient bien les anciens, les rescapés de 14/18 et ceux de la dernière Guerre mondiale, mais depuis des années tombé en ruines.

Donc en ce jeudi de février 1961, Jean-Marc était parti jouer avec quelques camarades sur une aire tranquille près de l’aérodrome afin de s’adonner aux joies du modélisme. C’est ainsi qu’il découvre une des entrées du fort, dont quasiment plus personne ne se souvient de l’existence. Il parcourt quelques galeries, s’imaginant être lord Carnarvon, l’inventeur de la tombe de Tout en Camion, ou un nom approchant, ou encore sur les traces d’un trésor comme dans la fameuse île imaginée par Stevenson, l’un de ses livres de chevet.

Jean-Marc est le fils de Fernand, l’un des trois Bricoleux, les trois mousquetaires de la bricole, les Pieds-Nickelés des plans foireux. Petite présentation rapide et succincte des trois compères, pour ceux qui n’auraient pas lu Nuit de chine  et L’attaque du casino de Malo . Pour les autres qui connaissent déjà nos gais lurons, ils peuvent passer le paragraphe et passer au suivant.

Dépensier, Fernand, aime s’habiller de costumes issus de chez les meilleurs tailleurs, amateur de grands vins millésimés. Emile est représentant en vins et spiritueux et il n’hésite pas à payer de sa personne pour vanter ses produits. Gérard est responsable en chef dans une quincaillerie, spécialiste du boulon de 8, et bricoleur à l’occasion. Quant aux femmes, elles ont leur caractère, pour ne pas dire du caractère. Antoinette ne peut toucher à la vaisselle sans la casser, et par là même casse aussi les pieds de son mari, sans vraiment casser des briques. D’ailleurs elle est partie et a été remplacée avantageusement par Christiane. Solange, la femme d’Emile, est d’une jalousie extrême ce qui ne l’empêche pas d’aguicher les hommes et de passer à l’acte sans barguigner. Mireille, l’épouse de Gérard, est bavarde et lorsqu’elle n’a rien de spécial et d’intéressant à dire, ce qui lui arrive souvent, elle parle de tout et de rien, avec une nette préférence pour le n’importe quoi.

Jean-Marc, le fils de Fernand, décide de confier sa trouvaille à Edmond, son grand-père maternel. On peut rarement parler sérieusement avec Edmond, âgé de bientôt soixante-cinq ans, et menuisier dilettante de son état. Edmond, surnommé Hep Minute, à cause d’un tic de langage, connait bien les aîtres pour y avoir travaillé durant l’occupation. Jean-Marc a aussi d’autres occupations, dont celle de voir le plus souvent Michèle, dite Miki, et dont le père est agent de police. Cette relation n’est donc guère appréciée de Fernand, mais Christiane a pris fait et cause pour son beau-fils et se conduit en alliée providentielle. Mais en ce temps-là, avant de s’embrasser, il en fallait du courage pour attendre et user sa langue en parlotte.

bondues.gifJean-Marc retourne seul dans la casemate, explore comme un véritable aventurier les tunnels, et découvre au hasard de ses pérégrination des cadavres momifiés, une caisse mal fermée qui contient des liasses de billets, lesquels quoiqu’il n’y ait pas de date limite de consommation apposée sur le recto ou le verso, sont impropres à la consommation puisque périmés depuis belle lurette. Mais une nouvelle trouvaille lui fait reprendre espoir : des petites caisses marquées de la croix gammée dans lesquelles gisent, attendant l’âme charitable qui les réveilleraient, des lingots d’or. Il en embarque un pour la route et alors qu’il allait enfin passer la porte de sortie, il aperçoit un mégot. Puis d’autres, des récents puisqu’ils sont à bout filtre, un ajout quasi inconnu à l’époque. Il narre sa découverte à son père Fernand et cela suffit pour entraîner nos bricoleux sur la piste d’un magot. Car l’aventure véritable commence.

Ils se trouvent nez à nez avec un ancien résident qui a dû déménager à la cloche de bois en septembre 1944, pressé d’échapper à l’avancée des troupes américaines, non sans avoir auparavant placé en compagnie de son adjoint Klaus quelques bricoles appelées Trésor de guerre. Seulement les Américains l’avaient chopé en pleine débandade, et il avait passé quinze ans en Sibérie aux frais de la princesse russe, par un habile tour de passe-passe dont je vous épargne les détails. Et les lingots ne constituent pas la totalité de ce que Klaus et Otto, qui déclare se nommer Otto Didakt, un pseudonyme dont il est fier, ont barboté. Otto vit provisoirement dans un couvent, s’occupant à quelques tâches, dont la vente de fromages fabriqués par les trappistes auprès de crémières qui acceptent également les faveurs qu’il peut leur prodiguer, compensant un manque de mari ou un époux qui ne satisfait pas entièrement leur libido. Mais où Klaus a-t-il pu cacher ce trésor dit trésor de Rommel, vous le saurez en suivant les pérégrinations de nos compères et d’une carte à déchiffrer.

Le lecteur assiste a de nombreuses scènes comiques dont une avec une 2CV récalcitrante portant en son coffre les lingots et que des policiers veulent à tout prix voir redémarrer, provoquant un bouchon, situation inimaginable en ce debut des années soixante. Il sera invité également à visiter un musée brocante belge reconstitué dans un hangar, ramassis fourre-tout de vieilleries qui attire les touristes surtout par temps de pluie, à se balader dans un château qui tombe en ruines, et aux amours adolescentes et platoniques, quoique de mini caresses soient échangées de temps à autre, entre Jean-Marc et Miki.

Un roman qui engendre la bonne humeur, à conseiller lors des jours de neige ou de pluie, de canicule, ou tout simplement pour retrouver le moral et combattre le stress, en substitution à des antidépresseurs onéreux pour une Sécurité Sociale en perte de vitesse financièrement.


Bernard THILIE : Le mystère du fort de Bondues. Collection Polars en nord. N° 122. Editions Ravet-Anceau. 224 pages. 10€.

 

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 11:09

Hommage à Hubert Nyssen, né le 11 avril 1925.

 

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Alors que certains auteurs s’escriment à sortir du ghetto de la littérature policière, d’autres s’y plongent avec une visible délectation, s’ébrouant à plaisir dans ce que d’aucuns considèrent comme de la fange.

Hubert Nyssen, l’heureux créateur des éditions Actes Sud, dont la notoriété n’est plus à faire, a voulu lui aussi goûter à ce fruit défendu, réputé vénéneux. Et non seulement il en réchappe, mais de fort belle manière.

 

Mini-scandale devant la mairie d’Avignon, alors que le printemps botte le derrière d’un hiver récalcitrant : Louise Charmasson va convoler en justes noces et le père de la mariée n’est pas au rendez-vous. Au risque de déplaire à son géniteur, la promise conduit son fiancé devant l’autel laïc, entrainant à sa suite une demi-douzaine de personnes invitées aux festivités, et prononce devant Monsieur le Maire le Oui sacramentel. L’aréopage est à moitié consterné devant ce bras d’honneur moral envers l’absent, gros promoteur immobilier de la région. Un camouflet durement ressenti par madame Mère, l’humble Carmen Charmasson.

A n’en point douter, Charmasson père n’approuvait guère cette mésalliance et s’est consolé, regrettable habitude chez lui, dans les bras accueillants d’une femme subjuguée par ses prouesses de fornicateur impénitent.

Charmasson est retrouvé allongé, seul, dans son véhicule, victime d’un coup de couteau. Les soupçons se portent, allez donc savoir pourquoi, sur le gendre au passé de baroudeur, lieutenant dans l’armée et vindicatif, parait-il, dans le civil. L’inspecteur Raoul Dutry, surnommé le Capucin à cause d’une certaine ressemblance avec le pigeon du même nom, spécialiste de Lewis Caroll, adepte de syllogismes et de sorites, trouve sur son chemin l’ex-commissaire Renoir, parrain du marié soupçonné et dont la passion s’égare du côté des Belles Infidèles. Entendez par là « Les traductions qui ne manquent pas d’allure mais qui prennent avec le texte des libertés parfois singulières ».

 

Un roman alerte, guilleret, mené tambour battant, plaisant à lire autant pour l’histoire que pour le style, mais qui déconcertera le lecteur habitué à une rigueur logique dans le dénouement. Les clins d’yeux ne manquent pas, les références non plus, et Hubert Nyssen prend à contre-pied ceux qui pouvaient prétendre lire une mièvrerie. L’absurde et le draconien s’y côtoient, la culture et l’amusement font assaut de courtoisie et ce roman qualifié de Petit Polar tient aussi bien la route que les grosses cylindrées.


Hubert NYSSEN : Les belles infidèles. Collection Polar Sud. Editions Actes Sud. Janvier 1992. 265 pages.

 

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Published by Oncle Paul - dans La Malle aux souvenirs
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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 14:43

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Lors de la parution aux éditions de L’incertain d’Une Pieuvre dans la tête, j’avais eu le plaisir de d’échanger une correspondance avec Pascal Dessaint afin de rédiger cet entretien qui a paru dans la revue 813 n°49 de décembre 1994. Portrait d'un écrivain au noir certain qui depuis a fait ses preuves.

 

Il paraît étrange que la naissance et la mort soient les seuls moments d’une existence dont on ne peut a priori garder aucun souvenir.

Une Pieuvre dans la tête, éditions de L'Incertain, réédition éditions Rivages, Rivages Noir N°363.

 

Pieuvre.jpgEntre ces deux extrêmes, l'homme vit, aime, souffre, combat pour un idéal, rumine une vengeance, procrée, tremble ou simplement traverse les ans comme il franchirait les rails sans regarder devant ou derrière lui. Le train de la vie le happe au détour, ne lui laisse aucune possibilité de recommencer, aucune échappatoire.

Toulouse est la proie d'un sinistre individu qui tue, dépèce, éventre, éparpille les membres de ses victimes aux quatre coins cardinaux se réservant le cœur, comme le toréador se réserve les oreilles et la queue de l'animal qu'il vient de passer au fil de l’épée.


Le commissaire Viorel Desbarrats et l'inspecteur Hugues Méliorat se dépêtrent au milieu de cette enquête, chacun perdu dans ses propres problèmes familiaux. Viorel sent son coupler se déliter sans qu'il sache vraiment pourquoi. Il aurait aimé ne pas avoir de descendance. Pourtant Sabine, son épouse, a enfanté d'un garçon. Un commissaire n'est pas poète, même plus amoureux, et il envisage avec une nostalgie sereine de tromper sa femme. Méliorat possède sa croix en la personne d'un frère à peine sorti de l'adolescence, au passé déjà lourd et qui pense entretenir dans sa tête une pieuvre aux tentacules carnivores.

 

L'enquête aurait pu n’être qu'un prétexte à mettre en scène des pieuvre.jpgpersonnages - des victimes de la vie ? - tout droit sortis d'un cerveau torturé. Mais la trame en prenant ses racines dans la mythologie se révèle tout aussi alambiquée que ces héros au quotidien que Pascal Dessaint fait évoluer avec un plaisir pervers.

Pascal Dessaint allie modernité et classicisme dans une histoire qui implique le lecteur, lequel se retrouvera peut-être dans l'un des personnages.

Un roman qui oscille entre philosophie et aventure et que tout auteur débutant rêve d'écrire, car il possède une touche particulière. Celle de l'écrivain qui jette sur le papier, comme le peintre projette sur sa toile, ses affres de la vie, sa créativité, ses doutes et peut-être sa part d'autobiographie. Sous le Noir se cache l'humour, et si l'on peut regretter que l'inspecteur Méliorat n'ait pas un prénom commençant par A, on peut penser que l'épilogue du commissaire Desbarrats n'est qu'un bon... de sortie.

Jeune, enthousiaste, sympathique, dégingandé, parfois en proie au doute, tel se présente Pascal Dessaint le Toulousain venu du Nord. Avec un premier roman (Les paupières de Lou) édité chez un “courageux petit éditeur de province”, Pascal Dessaint aborde la littérature noire tout en voulant se démarquer et faire de la littérature tout court. Suivent des nouvelles disséminées un peu partout, un recueil et un roman parus chez L'Incertain. Comme l'avenir ? Augurons que non, car il possède indéniablement une présence, un style, une envie d'écrire qui lui feraient abattre des montagnes.

 

En découvrant tes nouvelles ou tes romans, on a la certitude de lire quelque chose de différent, d'atypique. Tu incarnes l'auteur qui sort des sentiers battus.

J'aime quand tu dis que je sors des sentiers battus. Ça me confirme dans la seule intention que j'ai en écrivant : produire une littérature qui me ressemble vraiment, qu’elle soit mon intime reflet. Ce que je redoute en tout, c'est la tricherie, sous toutes ses formes. Dans la vie il convient d'être sincère, pour ne pas dire authentique, mais aux autres d'en juger... C'est peut-être pour cela que l'on dit souvent que j'écris des livres singuliers, atypiques... C'est, je crois, parce que je ne me donne aucune limite, dès lors aucune concession au genre, ni même à soi-même... Je me définis ainsi comme un intuitif et non comme un technicien, je me laisse guider par mon seul instinct - lorsque mon instinct me quittera, il sera alors temps de changer de métier...

 

Chaque auteur, consciemment ou non insère, tout au moins dans ses premiers romans, une part d'autobiographie. Cela est-il vrai pour la Pieuvre ?

Je suis en chacun des personnages, pleinement et ce n'est pas un hasard (mon intention première avant de l'écrire) que ce soit un livre sur la décomposition et la recomposition permanentes, à chaque instant au quotidien, des êtres et des âmes.

 

Es-tu ce qu'on pourrait définir comme un écorché vif ? 

Dessaint-et-Picouly.jpgPeut-être ... Torturé, sûrement... car si j'ai une qualité dans la vie, c'est bien celle de ne pas me faire de cadeau. J'aime me regarder bien droit dans le miroir, quitte à ce que ça me fasse mal, très mal... Je suis une crapule romantique.

Ce roman aborde le thème actuel du serial killer mais en même temps se réfère à la mythologie. Une alliance entre le moderne et l'ancien, l'ouverture et le classicisme, le rêve et la réalité, et en fil conducteur la famille en faille, comme une faillite.

Tout tourne autour de ce thème : Demay et ses anagrammes, Méliorat et son rêve d'étoile de mer, Viorel et ses souvenirs, Proserpine et son passé, les corps en morceaux qu'on aimerait recomposer, ce à quoi on ne parvient pas, soit dit en passant, etc. En un sens il s'agit d'un livre métaphysique avant d'être un psycho-polar, appellation que je revendique cependant. Inutile donc de préciser que j'ai mis longtemps à mijoter mon délit! L'histoire devait être l'illustration “métaphorante” de mes préoccupations métaphysiques, je marchais sur des œufs. Ainsi, pendant longtemps, je me suis accroché à du concret, j'ai creusé le mythe de Perséphone (qu'on l'appelle Proserpine dans la mythologie romaine m'arrangeait bien), - sache à ce propos que l'ultime ramification du mythe antique (Zagreus), je l'ai découverte en même temps que mon personnage! - et que ça m'a conforté alors (cette découverte m'a grisé, de la vraie magie) dans le bien-fondé de ma démarche et de l'orientation que j'avais donnée au roman. Puis je suis allé sur les lieux, j'ai agi à la manière d'un metteur en scène, repérages, graphiques, photographies, etc.

U mythe de Perséphone abordait le thème de l'inceste et j'ai décidé aussi de donner cette orientation au livre. Je voulais que ce soit une approche non conventionnelle, et je crois que ça l'est. Les rapports de Proserpine avec son père, ceux plus ambigus de Méliorat avec son frère (scène de la douche)... et quand l'épilogue règle ses comptes avec tous ces personnages, alors ça devient vertigineusement glauque.

 

Les oiseaux, le milan plus particulièrement apportent un second fil conducteur inattendu à cette histoire.

Tout simplement, je fus ornithologue de terrain pendant plus de dix ans, et je le suis encore à mes heures. Ceci explique cela, l'expérience professionnelle, toujours... Attribuer cette vocation à Desbarrats me semblait intéressant, le vol du milan reflète assez bien sa psychologie et contraste avec toute cette horreur autour de lui et puis il ne faut pas oublier une chose, le milan me permet de faire le lien entre Desbarrats et Proserpine, il fallait donc que Desbarrats soit ornithologue, je n'y coupais pas.

 

Parle-moi un peu de toi puisque tu viens d'évoquer l'une de tes expériences professionnelles.

Né à Dunkerque le 10 juillet 1964, je suis le sixième 10-jours.jpgenfant d'une famille modeste. Mon grand-père maternel était pêcheur d'Islande, mon grand-père paternel mineur, je ne les ai pas connus. A 14 ans, mon père est descendu lui aussi au fond de la mine, où il a travaillé jusqu'après la guerre. Ma mère nous a élevés : elle nous a appris l'essentiel ! Ça peut paraître bizarre, mais d'une certaine façon la littérature est entrée dans ma vie par la chanson.

Mes parents écoutaient Berthe Sylva, Damia, Mouloudji... mes frères Reggiani, Brassens, Ferré... Je pleure dans la cour du collège lorsqu'un copain m'apprend la disparition de Jacques Brel. Grâce à Brel dont je découvre alors la vie, j'apprends que “le talent, c'est d'avoir envie de faire quelque chose... ” A cette époque, mon frère Gérard est victime d'un grave accident de voiture: plus de deux ans d'hôpitaux dont de longs mois dans le coma. Traumatisme. Première confrontation avec la mort. Je deviens un enfant silencieux, pudique et secret. Je lis L'Oiseau bariolé de Jerzy Kosinski et Ravage de Barjavel. On aurait dû à ce moment-là contrôler mes lectures ! Car peut-être suis-je né alors à la littérature et que ce contexte explique dès lors mon penchant pour le noir... Mon professeur de français, Gérard Lebrun (devenu un ami et un conseiller depuis), m'encourage à écrire. Cependant, on m'oriente en seconde C car je veux devenir vétérinaire ! Si je reconnais que les mathématiques m'ont appris la discipline, et plus tard à bien structurer mes livres, ce n'est pas mon truc. J'écris des chansons pour des amis musiciens, des centaines de poèmes, publie des recueils cosignés avec mon frère Eusèbe, qui me donne le goût de jouer avec les mots, et écris mon premier roman, l’année de mon bac. Je monte à Paris pour le présenter à des éditeurs et prends mes premières claques. Le bac... Un examinateur indulgent me demande ce que je veux faire plus tard, et je lui réponds écrivain ! J'obtiens les 35 points qui me manquent pour aller à l'université, au grand dam de mes professeurs de math... Je préfère alors l'histoire aux lettres modernes. Déjà je ne conçois pas que l'on puisse à la fois enseigner les lettres et être écrivain. Bukowski était postier, c'est déjà pour moi un exemple ! Au pire des cas donc, j'enseignerai l'histoire, et l’écriture, la littérature resteront mes refuges...

Je rencontre Agnès en 84, avec qui je pars à Toulouse. Elle m’encourage, fait en sorte que je m’obstine. Sans elle je n'aurais pas écrit quatre livres, et le suivant, qui trouve enfin éditeur. Mais avant il y a l’université, où je ne suis qu'une ombre, mais où je réalise un parcours honorable. Parvenu à la fin du DEA, je parviens de moins en moins à concevoir l'idée d'écrire et d'enseigner en même temps. Je profite donc qu'on me refuse une allocation de recherche pour rompre le cordon. Je donne des conférences un moment, travaille un peu pour le CNRS, puis je vais taquiner la vie où elle se trouve. Je fais pas mal de petits boulots, dont veilleur de nuit dans un hôtel puis dans un musée, je connais le chômage, retrouve du travail de nouveau le chômage... La galère, quoi ! J'écris jour et nuit ça m'obsède, me ronge doucement, et me voilà ! Tu connais la suite... J'espère que ma démence portera ses fruits.

 

Te considères-tu comme un fonctionnaire de l’écriture ? T’installes-tu à heures régulières devant ton papier blanc ou laisses-tu courir ton stylo au fil de l'inspiration ?

Dessaint-Pouy-copie-2.jpgDepuis près d'un an j'ai adopté l'ordinateur pour une question de commodité et d'efficacité, aussi bien vis-à-vis de l’éditeur que pour moi-même. Auparavant je tapais directement à la machine à écrire et disons que côté pratique cela me permet d’avoir autant de reflets de mon texte que je le désire au fur et à mesure des corrections ou des améliorations que j'y apporte. Je dissémine mes feuillets dans l’appartement... j'ai tendu des fils - et c’est la seule manie d’auteur que je puisse revendiquer _ autour de moi et je mets à sécher mes épreuves, ce que j'appelle “ mon linge sale ”, plan de travail repérages, notes, etc.  Il me faut une dizaine de mois pour écrire un livre, et au cours de cette période effectivement je me conduis comme un fonctionnaire avec des horaires, une discipline que je m'impose. De trois à six jours par semaine, de 16h à 19h et de 21h à 3h du matin, sauf pendant les vacances. J'ai besoin d'un silence absolu, le seul bruit que j'accepte étant le ronronnement de l'ordinateur, d'un isolement total et mon bureau est fermé pour tout le monde.

Aussi bien pour mes nouvelles que je n'écris pas séparément mais dans l’intention de composer un recueil, une longue période de réflexion précède l’écriture de mes romans, et lorsque j'attaque, je sais dans quel sens je me dirige, quel sera le thème principal, quel sera le liant

 

Tu as évoqué Bukowsky- Quels sont tes auteurs de prédilection ?

Cela va de René Belletto qui sait si bien parler de Lyon - et qui m'a donné envie d'en faire autant avec Toulouse - à Selby en passant par Robin Cook, Tonino Benacquista et Marc Behm. Je me reconnais en chacun d'eux à des degrés, des stades différents mais proches. Comme Robin Cook, j'aime la rue et j'adhère entièrement à son point de vue lorsqu'il écrit qu'un auteur de romans noirs est un être qui observe la rue. Avec Les morsures de l'aube de Tonino Benacquista, je me suis identifié en partie au héros car moi-même je suis un oiseau de nuit, chauve-souris à mes heures. Marc Behm m'a fait crouler de rire avec son histoire de vampires dans La vierge de glace. Mais j'ai également mes périodes de lecture consacrées à un cycle, un auteur. Ce que j'appelle mes marées d'équinoxe. J'ai lu comme un affamé, quitte à en prendre une indigestion, tout Chandler en 86-87, tout Chester Himes en 88-89, tout Montalban en 90. Mais s'il ne fallait donner qu'un nom, ce serait Pouy parce que je suis sensible à son style qui m'émeut. C'est un Oulipien et un poète qui donne libre cours à ses pulsions et Nous avons brûlé une sainte pour moi est un pur prodige. Il ne faudrait pas croire que ma liste est limitative, je réponds sans me tourner vers ma bibliothèque, mais les auteurs que j'ai cités sont sans conteste ceux qui me fascinent et forment mon Panthéon personnel.

 

*****

 

Inquiet, Pascal Dessaint l'est par nature, et cet entretien, il me l'a donné sans réticence mais avec ce petit quelque chose qu'on appelle pudeur. Il ne sait s'il a su trouver les mots pour exprimer ce qu'il ressent dans la vie, dans l'écriture, dans son accostage à cette terre inconnue et pleine de richesse qu'on nomme littérature. Il est perfectionniste et en lui est ancrée cette peur de décevoir, mais pour autant il ne veut pas simuler. Il parle volontiers de Toulouse sa ville d'adoption, la connaissant mieux que bon nombre d’autochtones. Il est enthousiaste et désire partager ses moments de joie avec conviction. Et peut-être vous révèlera-t-il un jour comment se faire un peu d'argent de poche quand on est veilleur de nuit dans un hôtel.


La dernière photo représentant Pascal Dessaint et Jean-Bernard Pouy en compagnie de l'Oncle Paul est de Joe G. Pinelli.


Vous pouvez retrouver Pascal Dessaint sur son site et la présentation de quelques romans chez Black Novel.

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 12:33

La dernière farce de Camille Bourniquel, décédé le 1er avril 2013, à l’âge de 96 ans !

 

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Dans le chapitre N°1 qui sert un peu d’introduction, de prolégomènes, j’ai relevé ces quelques lignes : Je ne suis pas de ces gens qui passent leur vie à plancher sur les énigmes, policières ou autres, dont la solution, si elle leur était révélée sur le champ, les plongerait dans la consternation. Et pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle leur prouverait que, depuis le début, leur esprit n’a fait que tourner à vide. Déjà le genre lui-même… bien décevant entre nous. Apprendre que l’empoisonneuse était une vieille rombière confite en bonnes œuvres, que l’assassin était le valet-maître ou quelque demeuré du Larzac. Tout cela programmé depuis les origines du polar, et à peine distinct, sur le petit écran, des habituelles grisailles.

Je me suis dit in-petto : Tiens, tiens ! Un écrivain de littérature générale qui établit ce genre de constatation ne peut que renouveler un genre littéraire qu’apparemment il exècre et a peu lu depuis longtemps. Car cette assertion concernant le criminel est un peu désuète, pour ne pas dire obsolète. Et entre nous que penser lorsqu’il affirme : Déjà le genre… avec tout le mépris du monde au bout de la plume.

Aussi me plongeai-je avec délices dans ce jardin criminel que Camille Bourniquel n’allait pas manquer de cultiver et faire éclore une fleur merveilleuse parmi tout ce fatras anti culturel. Las, au bout de quelques pages, la consternation m’envahit, mes petites cellules grises refusèrent de travailler, et je lus, je lus, je lus avec ennui. Opiniâtre suis-je, aussi arrivai-je au point final après quelques heures de lecture laborieuse. Souvent mon esprit vagabonda entre-temps, rejoignant Chandler, Don Tracy, Bill Pronzini, Donald Westlake, Léo Malet, Michel Lebrun, G.-J. Arnaud, Jean Mazarin, Brice Pelman, Gérard Delteil, Marc Villard et bien d’autres.


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Première constatation, ils n’avaient rien à craindre, Bourniquel ne leur ferait pas de l’ombre. Seconde constatation, en vain ai-je cherché une intrigue dans cette histoire qui tout au plus n’avait même pas la consistance d’une nouvelle. Ah digression, quand tu nous tiens !


Résumer ce livre est très facile et complexe : Une jeune fille qui vient de perdre son frère jumeau, victime d’une noyade, tombe en panne de voiture, quelque part au Sud des Cévennes. Elle s’installe dans une communauté et… puis voilà ! Le livre s’étire en longueur et en langueur.


Moralité : ne devient pas écrivain de romans policiers qui veut, même en étant un auteur reconnu et confirmé.

 

 

Camille BOURNIQUEL : Le jardin des délices. Collection Crime Parfait. Le Mercure de France. Novembre 1987. 276 pages. 14,94€.

 

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 16:09

Mais qui est ami avec la mort ?

 

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Lorsque le commissaire Louis Gardel, du 36 Quai des Orfèvres, réveille par téléphone Camille, jeune journaliste au Petit Journal, celle-ci est langoureusement couchée avec son amie Blanche. Elle émerge d’un cauchemar surréaliste : un homme range son fusil parmi des parapluies, prend sa tête à deux mains et la pose sur une commode. Il suffit que Gardel lui annonce qu’un beau crime vient d’être découvert rue Sainte-Croix de la Bretonnerie pour qu’elle s’apprête immédiatement. Effectivement la mise en scène est alléchante : un homme, poignardé par ce qu’il semble être un stylet, tenant dans une main un couteau, dans l’autre une moitié de pomme découpée en croix, adossé contre le mur du bar Le Rendez-vous des Amis, portant une cape rouge cousue sur son veston, ainsi que des souliers vernis, trop grand pour lui. Le meurtre a été perpétré ailleurs et le cadavre a été transporté. L’image d’un assassinat à la Fantômas se glisse immédiatement à l’esprit de Camille Baulay, dite Oxy, pour oxymore en référence à son nom.

Quelques jours plus, le 5 décembre 1924 exactement, Camille assiste à une réception donnée par Théodore Dieuleveult, récemment élu à la Chambre des députés et cultivant l’espoir non secret d’accéder à un ministère, de préférence celui siégeant Place Beauvau. Théodore est l’époux de Blanche, qui ne sait pas que celle-ci aime et couche avec Camille. Assistent également à cette petite fête, Hortense de La Rochefoucauld, leur amie commune, Edouard de Fontanges, frère d’Hortense et journaliste littéraire au Comœdia illustré, plus quelques autres personnalités en vue. Edouard entraîne à l’écart Camille afin de lui faire part d’une idée qui lui est venue en lisant son article.


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Selon lui une impression de déjà vu, le souvenir d’un tableau qu’il a admiré au précédent Salon des indépendants, un tableau de Max Ernst intitulé Au rendez-vous des amis. Or sur cette œuvre figurent quelques éléments qui ont imagé le meurtre de l’inconnu. Le lieu même, référence au titre du tableau, une pomme et un petit couteau ainsi qu’un personnage portant une cape rouge. Edouard apporte quelques renseignements supplémentaires sur l’origine de cette toile représentant les amis d’André Breton, le chef de file du groupe surréaliste. Camille qui n’est pas journaliste pour rien désire en connaitre un peu sur ce mouvement littéraire assez violent qui prône une révolution totale. Outre Breton, Aragon, de nombreux artistes en devenir comme les peintres Chirico et Picabia composent cette fratrie artistique marginale. Et afin que Camille puisse se faire une opinion complète il lui propose de lui envoyer quelques exemplaires de l’ancienne revue Littérature ainsi que le Manifeste rédigé par Breton. En compulsant ce manifeste, Camille trouve parmi les noms cités, outre ceux déjà mentionnés, ceux de René Crevel, Robert Desnos, Paul Eluard, Michel Leiris, Benjamin Perret, Philippe Soupault, en tout une vingtaine, mais surtout celui de Dédé Sunbeam qu’elle a déjà eu l’occasion de rencontrer.

Il lui faut rencontrer ce jeune homme au regard inquiétant, aux sourcils charbonneux et à la voix râpeuse. Aussitôt elle s’enquiert du domicile du dit artiste, lequel vit dans le quartier des abattoirs hippophagiques de Vaugirard, dans un atelier niché au fin fond d’une cour. D’après Dédé le tableau est chez Paul Eluard près de Montmorency, Max Ernst vivant chez Eluard tout en étant l’amant de Gala la compagne du poète. Doit-on en déduire que les Surréalistes étaient partageurs ? Mais ceci ne nous regarde pas !

Que fait pendant ce temps Louis Gardel ? Il ne s’adonne sûrement pas au tango comme son presque homonyme Carlos, mais lit l’article de Camille, lui reconnaissant un certain talent, pour ne pas écrire un talent certain, tout en réfléchissant sur les événements déroulés depuis peu. Son enquête l’accapare, et cherche à comprendre un point de détail découvert à l’autopsie et qui n’a pas été ébruité. L’homme avait le sexe peint en noir. Et il ne s’agit pas d’un bizutage. Reste à découvrir l’identité du cadavre.

Seulement d’autres cadavres viennent peu à peu compléter la panoplie du tableau de chasse d’un tueur qui n’est pas encore considéré comme un tueur en série. Une femme puis un homme, dont les identités seront peu à peu retrouvées mais qu’aucun point commun semble rattacher. Seules les références au tableau de Max Ernst pourraient éventuellement les lier, et de là à penser que les amis d’André Breton, ou Breton lui-même, seraient à l’origine de ces meurtres pour le moins originaux, il n’a qu’un pas à franchir. Camille est introduite (en tout bien tout honneur, quoi que si elle aime les femmes, les hommes ne l’indifférent pas non plus) dans ce cénacle et est même adoptée.

Si Gardel possède en Bartholet un adjoint efficace, Camille détient en Henri Lenoir, spécialiste de la rédaction des réclames dans le même journal qu’elle, un complice, amoureux déclaré, farceur invétéré qui aime poser sur les banquettes des cafés le pilon, peint en diverses couleurs selon les circonstances, qui remplace sa jambe perdue lors de la Grande Guerre.

Seule manque dans ce roman la figure de Léo Malet puisque celui-ci ne rejoignit le mouvement surréaliste qu’en 1930. C’est dommage ! Mais Gilles Schlesser met en scène tous ces protagonistes avec verve, soulevant les antagonismes entre ces artistes qui s’aimaient ou se détestaient cordialement, et fait revivre une époque révolue. Fort peu courtois et totalement iconoclastes, jouant les trublions et manquant de respect envers les anciens comme Anatole France, ou les nouveaux qui ne sont pas de leur bord, comme Jean Cocteau, cette confrérie se lézarde parfois, Breton agissant comme un petit dictateur, les autres n’acceptant pas toujours son autorité. D’où des conflits larvés. Ils sont même sectaires en certaines occasions, vouant aux gémonies les homosexuels, entre autres. Pourtant René Crevel qui est pédéraste fait partie de cette communauté composée de bric et de broc. Robert Desnos pratique le rêve éveillé, d’autres hantent les boites de Montparnasse, au grand dam de Breton et de son dauphin Antonin Arthaud.

Cette enquête menée par Gardel, et par Camille malgré l’injonction du commissaire de ne pas s’immiscer dans les affaires de la police, est particulièrement réjouissante presque à la recherche du temps perdu. Le personnage de Camille est particulièrement réjouissant, ne s’embarrassant pas d’interdits, de tabous, vivant en femme libre et consciente de son charme, de sa valeur, mais toutefois se méprenant sur l’attitude de Gardel.

Un livre hautement recommandable pour son érudition débonnaire, pour la reconstitution jouissive d’une époque et d’une petite frange de la société parisienne, un parcours dans un microcosme qui réunit toutes les facettes des mauvais côtés de l’être humain mais également de ses qualités.


Voir également les avis publiés chez Action-Suspense, chez Pyrausta ainsi que chez  Black Novel.


Gilles SCHLESSER : La mort n’a pas d’amis. Editions Parigramme. 240 pages. 9€.

 

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 08:26

Bon anniversaire à Patrick Delperdange né le 8 avril 1960.

 

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A la recherche d'une jeune femme, Peter Winkel, le narrateur, sillonne la région dans une improbable quête. Il a envie d'un verre d'alcool, sa bouteille de vodka est vide, et à l'entrée du village un néon bleu lui cligne de l'œil. Pourtant il devrait se méfier. Entre-t-on dans un troquet qui s'appelle le "Casse-tête"?

Mais la neige tombe, la nuit a gagné sa bataille contre le jour et Peter descendant de sa voiture s'approche inexorablement de son destin. Un destin nommé Nick Volpone, qui l'invite à boire puis lui propose de changer une pièce de son vieux break. Nick est garagiste et porte son nom comme un étendard. Volpone le Renard. Nick, diminutif de Nicolas, comme le frère du narrateur, disparu, mort, trois mois auparavant.

Fatigué Peter accepte la suggestion de Nick. L'engrenage infernal est mis en route et rien ne peut l'arrêter. Peter fait la connaissance de Catherine, la belle-sœur de Nick, ou sa femme, les versions sont contradictoires. Brutal, cinglé, Nick tente d'abuser de Catherine et Peter, chevalier moderne, vient à la rescousse de la jeune femme. Ils se sauvent dans la forêt en pleine nuit, mais le break rend l'âme et ils doivent continuer à pied, dans la neige, la froidure. Une cabane en bois pourrait leur servir de refuge mais un violoneux s'érige et leur fuite est contrariée. La neige, la boue, des rencontres imprévues et Nick se dressant impitoyablement sur leur chemin découpent cette nuit en tranches d’angoisse. La folie rôde…

 

Delperdange.jpgLe destin n'est qu'une succession de coups du hasard et comme le malheureux tombé dans un marécage s'enfonce inexorablement en tentant de s'extraire de la fange par des mouvements incontrôlés, le quidam de Coup de froid est ballotté par une succession de rencontres imprévues tout au long d'une nuit sans fin.

Prix Simenon avec Le cri en 1987, Delperdange s'inscrit dans la longue lignée des auteurs belges qui jonglent avec maestria avec la noirceur, l'angoisse et les personnages du quotidien confrontés à leur corps défendant au vertige d'un destin tragique. Des personnages de cinglés, habités parfois d'une lueur de lucidité qui rend leur comportement encore plus complexe et plus vicieux dans la méchanceté et l'aberration. Un roman qui mériterait le prix Jim Thompson, s'il existait, tant l'atmosphère, les personnages décrits par Delperdange se rapprochent du style torturé de cet auteur américain.


DELPERDANGE: Coup de froid. Editions Actes Sud, Coll. Polar Sud. Réédition Babel Noir n°6. 224 pages. 5,60€.

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 08:39

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Toute vérité n’est pas bonne à dire, selon un proverbe du XIIIème siècle. C’est vrai, parfois il vaut mieux ne rien dire qu’asséner une vérité blessante, se retrancher derrière un petit mensonge afin de ménager les susceptibilités et envenimer une situation tendue. Mais la vérité a aussi du bon, et si Denis, son frère Patrick et leur père avaient su se parler, en toute franchise, les avatars subis par les uns et les autres se seraient-ils déroulés, entraînant une dérive et une plongée en enfer ?

Denis professait envers son frère Patrick, enfin son demi-frère, un sentiment d’amour comme seuls en ressentent deux frères liés dans une famille unie, presque comme un chiot attaché viscéralement à son maître. Patrick, de dix-sept ans plus vieux que Denis, quitte le domicile familial en claquant la porte. Sa mère était décédée des années auparavant dans des conditions mal définies, et le père s’était remarié. De cette nouvelle union, était né Denis. Mais la famille continue de s’éparpiller, de se déliter.

La mère de Denis décide de partir en Argentine avec son nouveau compagnon, et il reste seul avec son père jusqu’au jour où lui aussi veut voler de ses propres ailes. Il veut s’adonner à sa passion, l’informatique, créer des jeux vidéos, et effectue de petits boulots de maintenance pour subvenir à ses besoins. Il n’a pas grands besoins, d’autant que son père lui a dégotté un petit studio afin qu’il s’établisse en toute quiétude. Il n’a que dix-neuf ans et l’avenir devant lui, du moins pense-t-il ainsi.

Dominique FormaUn beau jour, formule consacrée, mais ce serait plutôt un jour de malheur, il apprend par deux policiers venus chez lui que son père a été retrouvé à l’autre bout de Paris, loin de son domicile, mort, probablement des suites d’une agression. L’enterrement n’est suivi que par quelques membres de la famille et Patrick survient au dernier moment. Denis pense alors pouvoir renouer avec ce frère qu’il a tant aimé, mais Patrick le déçoit dans ses attentes, et bientôt c’est l’engrenage infernal. Car Denis est bien déterminé à retrouver le ou les assassins de son père et un bout de piste lui est offert par Léa, l’amie de Patrick.

Ce roman destiné aux adolescents mais que les adultes peuvent lire sans arrières pensées, joue sur le registre du noir profond, des divagations familiales, de la pudeur des sentiments qui n’osent s’afficher, et entraînent incompréhension. Un roman fort dont la moralité est à retrouver au fond de soi-même.


Dominique FORMA : Sans vérité. Collection Rat Noir, éditions Syros. Septembre 2010. 144 pages. 14€.

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 10:19

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Tout le monde, ou presque, se souvient du livre de Jean Amila, Le Boucher des Hurlus paru en 1982 dans la Série Noire dans lequel l’auteur met en scène Michou dont le père a été fusillé lors des mutineries de 1917, laissant entendre que cette histoire serait en partie autobiographique.

Il n’en est rien mais une porte était ouverte dans l’exploration de la petite histoire de France et de ses secrets militaires. A peu près à la même époque Didier Daeninckx écrivait Le Der des der, roman dans lequel l’auteur ouvrait une page méconnue de l’histoire, la répression des soldats russes qui désiraient regagner leur pays afin de participer au partage des terres, en 1917 et la conduite scandaleuse de l’état-major militaire français de cette époque.

Or le grand-père paternel de Didier Daeninckx fut lui-même déserteur après avoir vécu trois ans dans les tranchées, échappant aux recherches et aux pelotons d’exécution et enfin amnistié alors qu’il avait été condamné pour trois ans aux travaux forcés. D’autres n’eurent pas la chance de survivre aux ignominies despotiques de militaires intransigeants planqués dans leur état-major, alors que ce qui leur était reproché équivalait à peu de chose, pour ne pas dire à rien.

Instituteur, tout comme sa femme, au Chefresne, petit bourg situé entre Percy et Villedieu les Poêles dans la Manche, Théophile Maupas apprend en lisant le journal l’assassinat de Jaurès. Nous sommes le 2 Août 1914. Quelques jours plus tard, le tocsin résonne dans le village. C’est la mobilisation générale. Malgré ses quarante ans et sa situation d’instituteur, Théophile est incorporé, avec en compensation le grade de caporal. Direction Souain dans la Marne alors que tout le monde pensait qu’il serait affecté à l’arrière. De septembre 1914 à mars 1915, sa compagnie croupit dans les tranchées, avançant de quelques mètres ou stagnant la plupart du temps, dans la pluie, la boue, le froid, le gel, ayant pour objectif un moulin ou une crête. Reprendre du terrain à l’ennemi, idée fixe des gradés qui délègue des sous-officiers chargés non pas de leur remonter le moral mais les bretelles. Lors du commandement du déclanchement d’une attaque quelques hommes grognent. Ils n’en peuvent plus. Ils sont fatigués, harassés, exténués, ils ont le moral dans les bandes molletières.

Pendant ce temps au Chefresne, comme ailleurs, les femmes accomplissent les travaux des champs en plus d’élever leurs enfants, qui pour certains n’auront jamais le plaisir de voir leur père décédé avant leur naissance. Blanche fait office de secrétaire de mairie et rédige les lettres de celles qui ne savent ni lire ni écrire. Jusqu’au jour, courant mars 1915, où elle reçoit un courrier officiel lui annonçant le décès de son mari. Non pas mort pour la France, ce qui eut été une piètre consolation, mais fusillé pour l’exemple. Elle ne peut y croire mais pourtant la réalité est là. Et tout le monde autour d’elle se détourne. Elle luttera contre vents et marées pendant dix neuf ans afin de réhabiliter la mémoire de Théophile, recherchant des témoignages auprès de soldats ayant soit connus son époux, soit auprès de ceux qui auraient eu connaissance des faits.

Malgré l’administration, malgré les mauvaises langues, malgré l’inertie ou la mauvaise foi militaire, elle va démontrer un courage à toute épreuve, réussissant à mobiliser des associations, des personnes qui se sentent impliquées dans son combat, car Théophile ne fut pas le seul à être « fusillé pour l’exemple ». Un livre écrit comme un roman, ménageant le suspense, et instillant une révolte dans le cœur du lecteur devant l’abjection, l’infamie, la bassesse des officiers militaires qui non contents d’avoir envoyés au peloton d’exécution des hommes innocents, paradèrent à l’armistice et reçurent la Légion d’Honneur. Un livre émouvant qui donne à réfléchir sur les déclarations des instances officielles.

Ce livre a fait l’objet d’une adaptation cinématographique, réalisation de Patrick Jamain, scénario et dialogues Alain Moreau, avec dans les rôles principaux Romane Bohringer et Thierry Frémont.


Macha SERY & Alain MOREAU : Blanche MAUPAS, la veuve de tous les fusillés. Editions de l’Archipel. Novembre 2009.236 pages. 22,50€.

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