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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 06:57

Sur la route 66
Personne ne t’attend la bas
Plus d'musique bars désertique
Y a qu'des fantômes que tu ne vois pas

(Eddy Mitchell)

Sophie LOUBIERE : White coffee.

La page de la route 66, avec ses multiples cadavres retrouvés et son tueur en série mis hors course, semble tournée. Lola est rentrée à Nancy après avoir risqué sa vie et celles de ses enfants, sauvée par Desmond Blur, criminologue et accessoirement apparenté à David Owens, le tueur. Entre Desmond et Lola s'est forgée une histoire d'amour mais elle est retournée chez elle, afin de faire le point et de soigner ses blessures, morales et physiques, tandis que Desmond a repris ses cours et ses conférences.

Et Pierre Lombard, son mari, qu'est-il devenu ? Elle ne le sait pas. Elle ignore qu'il a été emprisonné, pour complicité avec David Owens. Mais Pierre est relâché, aucune preuve ne pouvant lui être imputée. Peut-être que s'il avait gardé son carnet où il notait tout ce qui s'est déroulé durant les années vécues en compagnie du tueur, ses confidences et bien d'autres choses encore, n'aurait-il pas eu maille à partir avec le FBI, mais il avait transmis ce fameux cahier à Lola en France.

Le FBI ne possède pas le moindre début de preuve pour inculper Pierre Lombard, d'ailleurs il clame son innocence, s'érigeant en victime, et il est extradé vers son pays d'origine. Ce qui n'empêche pas les deux agents du FBI de continuer de sillonner la route 66 et les points d'ancrage de David Owens et de Pierre Lombard afin de récolter des renseignements complémentaires sur les deux hommes et leur degré de connivence.

Pierre Lombard de retour à Nancy est contacté par un ami, qui est également un opportuniste, afin qu'il écrive un livre narrant ses tribulations américaines. Lola a tenu un certain temps un blog qu'elle alimentait à partir des écrits de Pierre, des extraits du fameux carnet. Gaston, le fils, est tout heureux de retrouver son père. A neuf ans, il s'agit bien d'un manque d'affection qu'il veut combler et Pierre y est sensible. Il va même jusqu'à emménager dans leur ancienne maison, mais la cohabitation avec Lola est difficile, tandis qu'Annabelle, née d'un premier mariage, est plus sceptique. Mais comme elle adore son petit frère, ce qui n'empêche pas les chamailleries, elle se résigne.

Là-bas, aux Etats-Unis, Desmond est pressenti pour une série de conférences à l'université de Chautauqua dans l'état de New-York. Or d'étranges phénomènes se produisent dans cette paisible cité.

Par exemple un homme se promène la nuit tenant une ampoule rouge dans la main et l'habitant se demande s'il ne s'agit pas du fantôme de Thomas Edison. Ou encore une femme emprunte des livres à la bibliothèque alors qu'elle est sensée être décédée depuis deux ans. Sans oublier l'orgue de l'amphithéâtre qui joue du Liszt tout seul, une façade du Women's club barbouillé de graffitis d'insultes, le chat crucifié d'un couple, la disparition inquiétante des écureuils du parc, une femme sans tête retrouvée dans Bischop's Garden, et bien d'autres choses encore.

C'est à la demande du président du Chautauqua Institution que Desmond va s'atteler à cette tâche peu commune. Ses conférences ont recueilli un joli succès, et comme il était parti précipitamment sans se prêter à la traditionnelle séance de dédicaces de ses œuvres, après un court séjour de remise en forme, il revient enquêter tout en cultivant par téléphone son jardin secret, sa relation avec Lola.

Et sur la route 66, que se passe-t-il de neuf ? Patty, la serveuse du Bagdad Café et veuve de David Owens a retrouvé cachée dans un tiroir d'un meuble de la chambre de Desmond une enveloppe contenant un bracelet aux perles bleues. Elle le remet au shérif, qui est secrètement amoureux de la belle sexagénaire, et celui-ci pense que cette affaire pourrait rebondir. D'autant que des restes de cadavre sont découverts dans le désert de Mojave.

 

Ce roman est la suite de Black coffee, publié chez le même éditeur et réédité chez Pocket, mais point n'est besoin d'avoir lu le premier de la série avant d'entamer White coffee. Disons que c'est mieux pour comprendre toute l'affaire dans ses détails, mais pas indispensable.

Sophie Loubière nous entraîne dans une histoire comportant plusieurs nivaux, aux multiples rebondissements, qui s'imbriquent les uns dans les autres. L'auteur nous tricote son intrigue comme une écharpe aux nombreux fils de couleurs qui se positionnent en strates, sans vraiment empiéter les unes sur les autres mais tout en offrant une sorte d'arc-en-ciel de couleurs.

Le parcours nancéien de Lola et de ses enfants, celui de Pierre qui retrouve une gloire éphémère en devenant animateur d'une émission télévisée musicale, lui qui fut un des membres d'un ancien groupe ayant connu un relatif succès, l'enquête de Desmond à Chautauqua, les événements qui continuent à se produire sur la route 66, tout est autant de stations de croix dans une histoire complexe mais éblouissante.

La tension monte car les relations entre Gaston et son père indisposent Lola, le garçon étant attiré par ce baroudeur dont il a été privé durant de longues années. Et le drame couve.

Et quelques chapitres sont placés comme de petits dessins dans cette longue écharpe, des chapitres sous forme de nouvelles qui pourraient être lues indépendamment, s'intégrant en souplesse dans le récit sans le perturber mais qui sont comme des entractes. Ainsi les relations téléphoniques entre Lola et Desmond qui remplacent une fusion charnelle à distance entre les deux amants et révèle un érotisme léger. Cela sent le vécu.

Sophie LOUBIERE : White coffee. Editions Fleuve Noir. Parution le 13 octobre 2016. 624 pages. 21,50€. Disponible en version numérique : 15,99€.

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 06:28

Sort de l'ombre...

Arthur Conan DOYLE : La grande ombre

Le personnage de Sherlock Holmes a tellement vampirisé son créateur que la plus grande partie des romans et nouvelles d'Arthur Conan Doyle sont souvent relégués aux oubliettes de l'histoire.

Or justement les romans historiques de Conan Doyle sont ceux que l'auteur préféraient parmi sa production et plus particulièrement cette Grande ombre, dont il déclarait : Je le place au premier rang de mon œuvre. Et il avait raison même si d'autres romans ou recueils de nouvelles sont à placer dignement dans votre bibliothèque, dont Rodney Stone, ou la série des Exploits du Professeur Challenger dont Le monde perdu.

Cette grande ombre, c'est naturellement celle de Napoléon Bonaparte, Boney pour les Anglais, qui se profilait sur toute l'Europe mais n'a jamais pu atteindre en totalité la Grande-Bretagne. Cet homme qui avait étendu au dessus de toute l'Europe cette grande ombre, qui avait plongé les Nations dans les ténèbres...

Âgé de cinquante-cinq ans, Jock Calder, né à West Inch, placé à la frontière entre l'Ecosse et l'Angleterre, avec vue sur la Mer du Nord, se remémore son enfance et les tribulations qui en découlèrent.

Son premier exploit, involontaire, alors qu'il est en internat scolaire à Berwick, son amitié avec Jim, plus vieux que lui et qui veut devenir médecin comme son père, ses premiers émois ressentis envers sa cousine Edie. Celle-ci, d'un an plus jeune que lui, est devenue orpheline et dépense sans compter son héritage familial. Elle se montre aguicheuse, futile, et bientôt les deux amis se disputent ses faveurs.

Mais le grand tournant dans la vie de Jim se produit lorsqu'il récupère un naufragé qui vient de s'échouer à bord d'une barque. L'homme est mal en point, assoiffé, affamé, et s'il n'a pas de ressources alimentaires, il possède une sacoche garnie de pièces d'or.

Il dit s'appeler Bonaventure de Lapp, et a vécu mille vies sur les champs de bataille, ne comptant plus les combats auxquels il a été mêlé. Le visage buriné, il parait plus vieux que son âge. Un major en retraite, voisin des parents de Jock le reconnait pour l'avoir côtoyé quelques années auparavant, les armes à la main. Jock est sous le charme de Bonaventure et des exploits qu'il a réalisé. L'homme vit chez les parents de Jock et paie royalement le gîte et le couvert.

Mais insidieusement Bonaventure de Lapp va semer la zizanie entre Jock, Jim et Edie qui se montre toujours aussi aguicheuse. A nouveau la guerre, que certains, dont le major, pensaient éloignée pour des dizaines d'années, se profile à l'horizon. Boney s'est échappé de l'ile d'Elbe et des milliers de soldats se sont ralliés à sa cause et son charisme.

Alors que Bonaventure a déjà embarqué depuis quelques semaines quittant West Inch, Jim et Jock partent sur le sol belge, et participent à la bataille de Waterloo.

 

Jock narre sa propre histoire, son enfance, son adolescence, sa présence à la fameuse bataille qui mit fin définitivement à cette ombre sur le continent européen. Pour autant, il ne raconte que ce qu'il voit, que ce qu'il entreprend, que ce qu'il ressent.

Vous pourrez trouver dans les livres d'histoire les causes et les raisons de tout. Je laisserai donc tout cela de côté, pour vous parler de ce que j'ai vu de mes propres yeux, entendu de mes propres oreilles.

Plus loin, il confirme cette première impression, ne désirant pas s'ériger en héros, mais bien comme un humble participant parmi tous les soldats engagés dans cette bataille.

Il ne m'appartient pas de chercher à vous raconter l'histoire de cette bataille, et d'ailleurs je n'aurais pas demandé mieux que de me tenir en dehors d'un tel événement, s'il n'était pas arrivé que notre destin, celui de trois modestes êtres qui étaient venus là de la frontière, avait été de nous y mêler au même point que s'il s'était agi de n'importe lequel de tous les rois ou empereurs.

A dire honnêtement la vérité, j'en ai appris sur cette bataille plus par ce que j'ai lu que par ce que j'ai vu.

Ce fut par les lèvres et par les conversations d'autres personnes que j'ai appris comment la grosse cavalerie avait fait des charges, comment elle avait enfoncé les fameux cuirassiers, comment elle fut hachée en morceaux avant d'avoir pu revenir.

 

Ce voyage à l'étranger dans le but de s'engager aux côtés de soldats aguerris pour mettre fin à une dictature impériale, permet aussi et principalement à Jock de revenir sur des à priori, sur des préjugés, sur des affirmations qu'il avait entendu ici et là, et de se forger sa propre opinion sur un peuple dont il n'avait entendu parler qu'en mal.

Pendant toutes ses années-là, on m'avait toujours habitué à regarder les Français comme de très méchantes gens, et comme nous n'entendions parler d'eux qu'à l'occasion de batailles, de massacres sur terre et sur mer, il était naturel pour moi de les croire vicieux par essence et de compagnie dangereuse.

Après tout, n'avaient-ils pas entendu dire de nous la même chose, ce qui devait certainement nous faire juger par eux de la même manière.

Mais quand nous eûmes à traverser leur pays, quand nous vîmes leurs charmantes petites fermes, et les bonnes gens si tranquillement occupés au travail des champs, les femmes tricotant au bord de la route, la vieille grand-maman, en vaste coiffe blanche, grondant le bébé pour lui apprendre la politesse, tout nous paru si empreint de simplicité domestique, que j'en vins à ne pouvoir comprendre pourquoi nous avions si longtemps haï et redouté ces bonnes gens.

Ces simples constatations effectuées sur le terrain lui permettent de réviser son jugement.

Je suppose que, dans le fond, l'objet réel de notre haine, c'était l'homme qui les gouvernait, et maintenant qu'il était parti et que sa grande ombre avait disparu du pays, tout allait reprendre sa beauté.

Ce roman humaniste délivre incidemment un message, celui de ne pas écouter les hommes politiques, de ne pas s'esbaudir devant leurs paroles belliqueuses, leurs promesses, de réfléchir, de regarder et d'analyser. Ce qui n'était guère possible à l'époque où la parole des hommes sensés être éduqués et dont la voix forte primait avant tout, faisait office de vérité, devrait l'être de nos jours, l'information étant disponible à tous. Mais il existera toujours des faibles qui se laisseront mener par le bout du nez par des tribuns et n'écouteront que les belles déclarations mensongères. Nous en avons la preuve tous les jours, aussi bien en France qu'à l'étranger.

 

Autre édition : Editions 10/18. Préface de Francis Lacassin. Parution avril 1982. 190 pages.

Autre édition : Editions 10/18. Préface de Francis Lacassin. Parution avril 1982. 190 pages.

Conan DOYLE : La grande ombre (The Great Shadow - 1892). Collection Aube Poche Littérature. Editions de l'Aube. Parution le 1er septembre 2016. 208 pages. 9,90€.

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 12:18

Le vrai faux de Defoe ?

Laurent WHALE : Le manuscrit Robinson. Les Rats de poussière 2.

Alors que Bernt Klesser, vieux chasseur d'épaves et de trésors, consulte une carte maritime, tandis que son navire, le Wrackjäger, mouille dans la baie de Cumberland, à l'île Robinson située au large du Chili, un commando composé de dix personnes investissent sa cabine. Le capitaine et les membres de l'équipage sont tous neutralisés, sauf un.

Il manque à l'appel Fabrizio, l'homme le plus important, celui qui dirige Flipper, le robot permettant de visionner les épaves ou autres dans les profondeurs sous-marines. Fabrizio est obligé de rejoindre ses compagnons, une petite torture à l'encontre de l'unique femme à bord qui est plongeuse (en profondeur et non pas pour laver la vaisselle) l'ayant décidé à quitter sa cachette.

A la tête du commando russe, Douknine, un être intraitable, voire pervers, qui ingurgite des pilules afin de rester éveillé le plus longtemps possible et plus si nécessaire, leur explique qu'ils doivent découvrir l'emplacement d'un ekranoplane, un avion un peu spécial à effet de sol. Il prend ses ordres après de La Louve, une femme à la solde de Poutine, pense-t-il, et fort connue pour son intransigeance et ses décisions radicales.

Pendant ce temps à la bibliothèque du congrès de Washington, Richard Benton, le chef des Rats de bibliothèque reçoit la visite de l'ex-amiral Pilsner, qui fut son supérieur hiérarchique dans l'armée. Le vieil homme souhaiterait que le manuscrit qu'il vient de lui confier soit authentifié comme étant une version inédite de l'histoire de Robinson Crusoé ou plutôt d'Alexander Selkirk, puisque Daniel Defoe s'était inspiré d'une histoire vraie. Kerouac, l'archiviste, est chargé de vérifié l'authenticité de ces feuillets, ce qu'il fait avec un plaisir évident.

Il semblerait que Pilsner, qui a été élu comme sénateur et est chargé d'une mission auprès de la commission, avait autre chose à demander. Mais il repart enveloppé de son silence.

Richard Benton est inquiet et légèrement furieux car Antonia, une des membres de sa petite équipe de Rats, spécialiste en informatique, n'a pas donné de ses nouvelles depuis longtemps, depuis la résolution de l'affaire Goodbye Billy. Heureusement il peut toujours compter sur Maureen, la punkette aux cheveux verts, la généalogiste, qui n'a pas son pareil pour déloger les antécédents des protagonistes dont ils doivent éplucher le passé. Cette petite équipe peut également compter sur Jack, le motard et compagnon de Maureen, ami de longue date de Richard.

Et heureusement que Richard Benton peut solliciter à tout moment Jack car il échappe de peu au tir d'un inconnu et que Pilsner, qui l'avait appelé sous un prétexte donc il n'avait pas voulu donner les détails, est retrouvé mort dans son bureau, victime d'un meurtre habilement maquillé en suicide. Richard est quelque peu suspecté par le FBI, organisme auquel il a appartenu, et dont un des représentants lui rend visite. Le problème de Pilsner résidait peut-être dans l'évaporation de son fils Mark dans la nature, lui-même soupçonné de méfaits répréhensibles.

Grâce à Antonia, qui n'a pas fait réapparition pour des motifs qui lui sont personnels, et à Maureen, les deux femmes conjuguant leurs efforts, la piste de Mark les conduit jusqu'à île Robinson. Elles ont réussi, surtout Antonia, à localiser Mark à l'aide des communications téléphoniques entre le père et le fils.

Alors, ni une, ni deux, mais trois personnes s'envolent vers cette petite île du Pacifique, au large des côtes chiliennes, à la recherche de Mark tandis que Kérouac l'archiviste continue son exploration du manuscrit qui s'avère être de première main, Antonia toujours absente physiquement mais qui correspond avec Maureen. Comme pilote d'un Maule M4 antédiluvien, une jeune Française qui époustouflera ses passagers lors de l'atterrissage sur le tarmac exigu de l'île Robinson.

 

Et c'est ainsi que Richard et ses compagnons vont se trouver amenés à se confronter à l'équipe russe de Douknine, et que s'établiront de nombreux combats, sur terre, sur et sous mer mer et dans le ciel, avec pour sublimer ces luttes des orages et une pluie quasi perpétuelle, avec moult précisions réalistes dignes d'un professionnel de l'aéronautique et de la plongée sous-marine. D'ailleurs l'auteur évoque rapidement Clive Cussler. Mais il aurait pu éventuellement citer Tom Clancy et quelques autres dont Stephen Coonts.

Ce récit haut en couleurs et en actions est entrecoupé par le récit de l'Ecossais Alexander Selkirk, qui ne fut pas naufragé mais débarqué sur l'île Juan Fernandes après une mutinerie justifiée ou non. Comment il assiste en 1706 à l'arrivée d'une frégate arborant pavillon espagnol, auquel il ne veut pas signaler sa présence car la guerre entre L'Angleterre et l'Espagne fait rage et il ne serait pas accueilli à bord mais passé par les armes, tout comme les trois ou quatre marins qui sont amenés sur la plage et abattus. Sauf un, un gamin d'une douzaine d'années qu'il va recueillir et dont il se prend d'amitié, sentiment réciproque de la part du mousse. Comment il assistera à une bataille navale entre d'autres bâtiments espagnols et le navire flibustier sur lequel était le gamin et le naufrage de cette frégate.

 

Le but de Klesser étant donc de retrouver le trésor aztèque qu'avait amassé Hernan Cortés de Monroy Pizzaro dans le massacre de Tenochtitlan au Mexique en 1521, puis l'épisode dans la résidence du gouverneur de Véra Cruz, toujours au Mexique, au cours duquel les flibustiers mené Van Hoorn parviennent à mettre la main sur le fameux trésor en torturant la famille de Luis de Cordoba, trésor ayant sombré lors du naufrage du flibustier.

Tandis que celui de Douknine et de sa commanditaire La Louve, elle-même obéissant à une entité dont l'identité ne sera dévoilée qu'en fin de volume, est de retrouver l'ekranoplane et surtout une mallette qui gît parmi les nombreux cadavres de l'avion immergé.

Double recherche dans laquelle se perd un peu au début Richard Benton qui arrive dans cet imbroglio comme un chien dans un jeu de quilles alors que lui et son équipe, à laquelle se joignent deux charmantes jeunes femmes, sont à la poursuite du fils Pilsner tout en essayant d'échapper au(x) tueur(s) lancé(s) à leur poursuite.

Comme dans Goodbye Billy, Laurent Whale reconstitue une époque historique tout en l'intégrant de nos jours, la plaçant dans des conflits qui vont au-delà de la recherche d'un trésor hypothétique et d'une mallette à secrets.

Une nouvelle réussite à mettre à l'actif de Laurent Whale dont on peut se demander avec impatience et jubilation quelle sera la prochaine enquête des Rats de poussière, quel personnage de légende en sera le héros, d'autant qu'il reste deux ou trois faits passés sous silence et dont l'explication devrait être dévoilée dans un prochain opus, la disparition et le silence d'Antonia par exemple.

 

Première édition : Editions Critic. Parution le 21 mai 2015. 520 pages. 20,00€.

Première édition : Editions Critic. Parution le 21 mai 2015. 520 pages. 20,00€.

Laurent WHALE : Le manuscrit Robinson. Les Rats de poussière 2. Réédition Folio Policiers N°812. Parution le 20 octobre 2016. 624 pages. 8,70€.

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 07:08

Marseille, tais-toi Marseille
Tu cries trop fort
Je n'entends pas claquer
Les voiles dans le port

 

Jean CONTRUCCI : La ville des tempêtes.

Il est souvent bon de se plonger dans des récits historiques, dont l'action remonte à plusieurs siècles.

Outre le plaisir de la lecture, le lecteur peut peaufiner ses connaissances, et surtout, mettre en parallèle les événements actuels et ceux qui se sont déroulés à une époque donnée.

Ainsi en ce 21 novembre de l'an 1595, le Twee Leeuwen, un voilier dont la coque est entièrement peinte en rouge et comportant deux léopards sur la figure de proue, entre fièrement dans le port de Marseille. Son capitaine, le corsaire Simon Danzer, dont le port d'attache est Alger, une importante cargaison de blé ce qui réjouit fort les Marseillais affamés.

Depuis quatre ans le port phocéen est sous la coupe du Premier consul Charles de Casaulx, et de son ami et bras droit le viguier Loys d'Aix. Ils dirigent la cité comme une république indépendante, à l'égal de celle de Gênes, refusant de se soumettre au Roi Henri IV, l'Hérétique. Ils sont en lutte ouverte contre le pouvoir royal, cherchant des appuis auprès du roi d'Espagne et du Pape.

Ce sont des fanatiques, exhortant la religion catholique, s'appuyant sur la Sainte Ligue, prenant de ce fait Marseille et ses habitants affamés en otages. Ce sont également des ambitieux qui sont prêts à tout pour servir leurs intérêts. L'arrivée de ce navire dans le port est synonyme de débordements de joie, un enthousiasme que contemple, appuyé à la proue du navire, le chevalier Thibault de Cervières, de retour au pays onze ans après l'avoir quitté précipitamment.

A cause d'une bêtise de jeunesse, il a embarqué plus vite qu'il le souhaitait pour s'engager dans la Commanderie de Saint-Jean des chevaliers de Malte. Le navire qui devait rejoindre La Valette ayant été pris à l'abordage par des pirates, il s'était retrouvé esclave à Alger. Cependant sa stature et ses études de médecine lui ont permis d'être placé chez un médecin herboriste arabe, et il a beaucoup appris du vieil homme.

Thibault de Cervières est déçu, personne ne l'attend sur les quais de Marseille. Pourtant il avait envoyé de nombreuses missives à sa famille, mais n'a reçu aucun réponse. Pour cause ! Son père négociant est décédé, sa jeune sœur Claire est introuvable, et ses biens ont été annexés par son oncle qui refuse de les restituer, niant une identité que Thibault ne peut prouver. Il effectue des recherches, aidé en cela par son ami Simon Danzer, le corsaire.

Thibault a soigné, grâce aux conseils du médecin arabe, la jeune épouse de Simon, du nom de Noor, qui avait été piquée par une tarentule et dont les jours étaient en danger. Noor n'est toujours pas guérie mais son était de santé s'améliore même si elle est devenue mutique et impotente. Simon, en reconnaissance des soins prodigués, offre au chevalier son aide morale et logistique afin qu'il puisse faire toute la lumière sur la disparition de sa parentèle, recouvrer ses biens et retrouver sa sœur.

 

Une intrigue à la Dumas, placée dans un contexte particulièrement sensible, celui du fanatisme religieux. Les événements décrits, même s'il s'agit d'un fiction, sont réels ainsi que certains des personnages.

Les exemples ne manquent pas et le lecteur impartial peut juxtaposer des épisodes relatés à des actes commis de nos jours ou des déclarations émises par des maires, des hommes et femmes politiques en général, des acharnés du renvoi chez eux de migrants miséreux, des intolérants qui se réclament de la Chrétienté pour taper sur les autres religions, entretenant de ce fait la méfiance en stigmatisant, ne se rendant même pas compte qu'ils enveniment les relations et forgent la haine.

Quelques extraits de ce roman seront plus parlant que toutes explications, peut-être énoncées avec maladresse, ou une dissertation oiseuse et longuette.

Ainsi le père de Thibault victime entre autre des intolérants fanatiques :

Monsieur de Cervières n'était d'aucun parti. C'était un homme tolérant. Ceux-là, les enragés les appellent des bigarrats (mélangés) parce qu'ils refusent de dresser une faction ou une religion l'une contre l'autre et n'ont d'autres soucis que de s'occuper de leurs affaires. Pourtant, c'est bien en raison du climat d'intolérance qui régnait sur Marseille que monsieur votre père est mort. Quelqu'un l'aura désigné à la vindicte des ligueurs.

Thibault déclare, parlant du Premier consul de Marseille et de son bras droit le viguier :

C'est aux pauvres gens réduits à l'état de misère que je veux me consacrer. Mon épée, mon savoir, nulle question que je les misse au service de ceux qui s'affrontent autour de la dépouille du grand port de mon enfance, dont ils ont ruiné la prospérité, où ils règnent par la terreur, érigent l'intolérance en règle morale et agissent à la façon des brigands guettant le voyageur au coin du bois pour le voler.

Il serait indécent de ma part d'accumuler les exemples et les citations, de trop dévoiler la substance de ce récit, toutefois il en est une, la dernière, que je ne peux m'empêcher de vous proposer. Il s'agit d'un décret qui : ordonne de chasser tous les inutiles dans tous les quartiers. Et dresse la liste suivante :

Mendiants, fous, éclopés véritables ou non, désœuvrés qui encombrent places, tavernes, portes des couvents distributeurs de soupes populaires.

Et Jean Contrucci de commenter, par la voix de Hugues de Saint-Chamas Commandeur des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Marseille :

Il est interdit de leur donner de quoi manger ou de leur faire l'aumône. Les mendiants étrangers à la ville sont expulsés sans espoir de retour car on les marque au fer rouge pour mieux les désigner.

Edifiant, n'est-ce pas ? Et vous ne manquerez pas de relever certaines similitudes entre aujourd'hui et avant-hier. Et peut-être même que vous aurez des noms à accoler à celui de Charles de Casaulx.

Jean Contrucci ne manque pas de mettre en exergue une citation empruntée à Voltaire, extraite du Dictionnaire philosophique, article Fanatisme :

Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant.

Placez ici le nom de la ou des religions qui pourraient correspondre à cette phrase.

Autres romans de Jean Contrucci à lire sans modération :

Jean CONTRUCCI : La ville des tempêtes. Editions HC. Parution le 3 novembre 2016. 416 pages. 19,00€.

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 06:34

Y' a des gens qui sont nés à Paris
Y'en a d'autres qui sont nés dans l'Berry
Moi j'suis d'la deuxièm' catégorie
On est d'où on peut, et c'est la vie

Serge JANOUIN-BENANTI : Mes crimes en Berry.

En véritable explorateur de la criminalité provinciale rurale, Serge Janouin-Benanti visite, après l'Anjou, l'Aquitaine et quelques départements dont le Morbihan, une ancienne province englobant le Cher et l'Indre, aux nombreux aspects touristiques dont la Brenne, chère aux ornithologues, et le Sancerrois, un vignoble très apprécié accompagné du p$até berrichon ou du fameux Crottin de Chavignol, et berceau de cette admirable femme de lettres et féministe Georges Sand.

Loin d'une aimable promenade géographique, viticole, gourmande ou littéraire, Serge Janouin-Benanti nous propose de nous plonger dans les arcanes d'affaires criminelles des siècles derniers pour notre plus grande édification.

Sordides, révoltantes, émanant d'esprits imbus ou infatués d'eux-mêmes, ces faits-divers révèlent le comportement égoïste, pitoyable, simplet, machiavéliques d'individus jaloux ou perdus, dont les motivations sont la plupart du temps la pauvreté, et son corollaire le besoin d'argent, la cupidité mais aussi l'attrait exercé par les femmes ou la vengeance.

J'irai pas en prison, Sébastien Daize l'affirme avec vivacité et colère. Travailleur saisonnier, Sébastien a estimé qu'il avait été grugé par son patron lorsqu'il a été renvoyé pour insubordination. Une retenue sur salaire consécutive à une période de maladie. Alors Sébastien, vingt-sept ans, s'est forgé de nombreuses initiatives au cours desquelles son patron lui rendait sous la menace la somme dont il a été spolié.

J'voulais juste changer de femme déclare Jacques Reverdy, quinquagénaire et maire de Crézancy. Il est marié, père de cinq enfants, mais il est ce que l'on appelle un queutard. Et il faut qu'il aille voir ailleurs pour satisfaire ses besoins charnels, et surtout du côté des jeunettes. Il avait jeté son dévolu sur Madeleine, elle lui a résisté pendant de nombreuses années, puis un beau jour, elle a cédé. Mais Madeleine est mariée, et elle culpabilise.

Dans Je suis lamentable, Etienne Crochet cherche un emploi afin de subsister, seulement il traîne derrière lui une casserole. Bâti en Hercule, il avait trouvé un travail comme garçon meunier, mais il a été arrêté pour vol chez son oncle, et il est resté un mois en préventive. L'enquête n'a rien donné seulement son passé ne plaide pas en sa faveur. Alors il part sur les routes, mais cela se passe mal, non seulement il ne trouve pas de travail, mais de plus il commet des actes délictueux.

 

Parce que sa mère voulait que son fils devienne un homme considéré, Athanase a poursuivi laborieusement des études de pharmacien. Il s'est installé dans la maison familiale à Levroux, le rez-de-chaussée ayant été aménagé pour ouvrir son échoppe. Son père est décédé avant sa naissance, et sa mère s'est remariée peu après. Son beau-père l'a emmené lorsqu'il avait dix-sept ans au bordel pour le déniaiser, et c'est ainsi qu'il a ressenti pour les femmes un attrait, un besoin à satisfaire de façon hebdomadaire. Un jour il a voulu coucher avec Marie, la jeune bonne de quinze ans, mais celle-ci s'est défendue. Afin que Marie ne colporte pas partout qu'Athanase a voulu profiter d'elle, la mère a retourné la situation en faveur de son fils. Il était impensable que le fiston se mésallie. Un peu niais et imbu de lui-même, Athanase s'est entiché ensuite de Valentine, sa voisine qui tient également un commerce, une épicerie-mercerie. Mais elle est mariée, et Athanase malgré tout la poursuit de ses assiduités. Telle est la trame du drame intitulé Je cherche ma Valentine.

Dans Je boirai plus, juré ! Edmond Duplaix est emprisonné. Il est en proie à un gros délirium tremens, il délire dans sa geôle, il a des visions et se remémore ce qui l'a amené en prison. Tout ça parce que cafetier il buvait son fond, et qu'il était devenu jaloux, croyant, à tort ou à raison, que sa femme Azoline couchait avec un de ses clients. Une longue descente en enfer, un naufrage éthylique.

 

Si dans les histoires précédentes, la jalousie, les femmes et le besoin d'argent étaient le moteur principal, le ressort qui amenait les protagonistes à commettre leur forfait, dans Je l'ai échappé belle nous abordons un domaine qui s'inscrit dans l'actualité : le rejet de l'autre, de l'étranger ou supposé tel, mais avec toujours à la clé l'argent et les femmes, d'une façon détournée. L'histoire se déroule durant la guerre de 1870 et Louis Arnoux, d'origine vosgienne, est inculpé d'intelligence avec les Prussiens. Tout ça parce que la mission que lui avait confiée son employeur, le comte de Cahen, l'un des fondateurs de Paribas, était de mettre à l'abri en province son fiacre et ses trois chevaux. Mais le voyage s'est effectué en compagnie de deux couples, dont des bouchers qui avaient fait provision d'avoine afin de pouvoir spéculer sur le prix de cette céréale.

En 1915, c'est Ottilie Voss, la seule femme à bénéficier d'une notice, Je suis une espionne, qui est emprisonnée pour connivence avec l'ennemi, c'est à dire les Allemands, et trahison. D'origine germano-batave, Ottilie Voss s'était installée pour des raisons de santé à Agen en 1907, enseignant l'Allemand et l'Anglais, des cours privés qui lui permettaient de subsister, guère plus. Mais à cause de ses origines, à la déclaration de la guerre, elle fut rejetée par la population locale et embrigadée par les Allemands qui la chargèrent de récolter des renseignements. Ce qu'elle fournit à l'ennemi ne valait pas tripette, ou si peu, mais le capitaine qui instruisit son procès et le soldat chargé de la défendre, ayant une antipathie et des préjugés à son encontre firent tout pour qu'elle soit condamnée à la peine maximum.

 

Comme on peu s'en rendre compte, ce sont toujours les mêmes ressorts qui guident la société, paysannerie ou bourgeoisie, la jalousie, l'argent, et les préjugés à l'encontre de personnes qui de par leur origine sont la cible privilégiée d'individus dont les actes de malveillance, parfois, sont plus à blâmer que ceux qui sont traduits devant la justice. Quelque soit l'époque et le lieu.

A noter que toutes ces histoires, dix au total, sont écrites à la première personne, procédé qui donne plus de force à la narration, et plus particulièrement dans Je boirai plus, juré !. Le lecteur s'investit dans le personnage, prend fait et cause pour lui, ou au contraire en ressent encore plus d'aversion.

 

Sommaire :

J'irai pas en prison (Sébastien Daize)

J'voulais juste changer de femme ( Jacques Reverdy)

Je suis lamentable (Etienne Crochet)

Je cherche ma Valentine (Athanase Pineau)

Je l'ai échappé belle (Louis Arnoux)

Je boirai plus, juré ! (Edmond Duplaix)

Ma pitoyable vie (Jules-César Barry)

Je suis une espionne (Otillie Voss)

J'ai fait la guerre, moi ! (Edouard Thomas)

Protège-moi, ma fille ! (Roger Briffaut)

Serge JANOUIN-BENANTI : Mes crimes en Berry. Gestes Editions. Parution août 2016. 296 pages. 19,90€.

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 11:36

Hommage à André Ruellan, alias Kurt Steiner, décédé le 10 novembre 2016, à l'âge de 94 ans. L'une des figures marquantes des collection Angoisse et Anticipation du Fleuve Noir.

Kurt STEINER : Le seuil du vide.

Jeune artiste peintre, Wanda Leibowitz tire le diable par la queue, ou plutôt par les poils du pinceau.

Elle se retrouve sans logement, son ami étudiant américain Franck qui l'hébergeait étant reparti chez lui à Philadelphie. Il lui faut trouver un nouveau point d'ancrage ou d'encrage, pour dormir et entreposer ses toiles, un endroit qui puisse lui servir également d'atelier.

Alors qu'elle réfléchit à son avenir dans son repaire habituel, le Dôme, Alain, une de ses connaissances, l'aborde. Elle lui annonce son expulsion mais elle refuse d'être dépannée par lui. Dépité le jeune homme tourne les talons. Une vieille dame installée à une table derrière elle a entendu la conversation et lui propose un petit logement, pour un prix dérisoire. Une chambre vide depuis plusieurs mois, rue Saint-Séverin dans le cinquième arrondissement.

Wanda ne règlera le loyer que dans trois mois et Léonie Gallois, la vieille dame, lui laisse un jeu de clefs avant de s'éclipser. Encombrée de ses bagages, elle ira chercher ses toiles dans son ancien atelier le lendemain, Wanda est tout heureuse d'ouvrir la porte de son modeste et bizarre logement.

La pièce est triangulaire. Modestement meublée, mais cela lui suffira. Wanda se pose des questions sur la santé mentale de l'architecte lorsqu'elle se rend compte qu'il existe une porte au pied de son lit. Une porte fermée à clé avec une étiquette collée dessus et portant la mention manuscrite : Prière de ne pas ouvrir.

Wanda est intriguée mais se promet de ne pas déroger à la consigne, par respect pour sa logeuse. Hélas, la curiosité est plus forte que sa volonté et elle utilise l'une des clés qui lui ont été remises. Elle entre alors dans une pièce sombre, obscure, noire, et elle ne distingue rien. Lorsque de l'intérieur elle regarde vers sa chambre, elle n'aperçoit pas l'ouverture. Un phénomène incompréhensible. Pas même lorsqu'elle pénètre à nouveau avec une torche. La lumière ne se diffuse pas. Pourtant la lampe fonctionne normalement puisqu'elle est éblouie lorsqu'elle la tourne vers ses yeux.

Elle tente une expérience qui transforme totalement son appréhension de la peinture. Elle importe une de ses toiles dans cette pièce sans éclairage, et allume sa torche. Elle est stupéfaire par ce qu'elle découvre. Sa peinture est devenue une œuvre aux couleurs harmonisées. Alors elle prend une toile blanche et dessine, peint, et le résultat, selon elle, est surprenant et confine au chef d'œuvre. Alors elle réalise plusieurs tableaux qu'elle propose à son galeriste. Mais ce qu'elle trouve sublime n'est au yeux de celui-ci qu'un immonde crachotis de pinceaux sur une toile.

Toutefois de la pièce émerge peu à peu une lumière et elle distingue de plus en plus nettement des scènes dans lesquelles évoluent des personnages dans des lieux connus ou inconnus. Elle se voit même lors d'une réunion. Or certaines de ces scènes vont se réaliser.

Ainsi elle est invitée à une soirée dans une riche demeure chez le baron Eram Knabenian à Maisons-Laffitte. Elle n'a jamais entendu parler de cet homme et décide toutefois de se rendre à cette soirée qui se révélera spéciale. Elle retrouve un des galeristes qui fait la pluie et le beau temps mais c'est l'apparition du baron qui la surprend. Elle en tombe de saisissement et lorsqu'elle sort de son évanouissement elle est nez à nez avec sa logeuse.

 

Peut-on modifier son avenir lorsque son esprit est confronté à certaines scènes ? Est-il bon justement de vouloir changer ou tenter de changer le cours d'événements programmés ?

Ce sont bien à ces deux questions que répond implicitement l'auteur, tout en jouant sur un autre thème récurrent de la littérature fantastique. La vie éternelle ou plutôt la recherche de la vie éternelle par des personnes qui ne veulent pas mourir et s'emploient par tous les moyens à prolonger leur séjour sur terre.

Kurt Steiner aurait pu intituler son roman Ombre et lumière, même si ce titre avait déjà été plus ou moins utilisé avec De flamme et d'ombre (Angoisse N°23). Mais Le seuil du vide convient bien également car c'est une longue descente que va connaître Wanda et arrivée au précipice de sa vie, va-t-elle tomber ou en échapper, c'est bien ce que le lecteur se pose comme question jusqu'à l'épilogue naturel et logique dans un sens, mais que Kurt Steiner affine avec machiavélisme.

 

Cet roman a fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 1971 par Jean-François Davy, avec dans les rôles principaux : Dominique Erlanger, Odette Duc, Catherine Rich. Scénario d'Alain Gerber, André Ruellan et Jean-François Davy.

 

Kurt STEINER : Le seuil du vide.
Première édition Collection Angoisse N°25. Editions Fleuve Noir. Parution 4e trimestre 1956. 224 pages.

Première édition Collection Angoisse N°25. Editions Fleuve Noir. Parution 4e trimestre 1956. 224 pages.

Kurt STEINER : Le seuil du vide. Réédition dans Angoisses 1, Collection Noire N°16. Editions Rivière Blanche. Parution octobre 2009 .

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 10:24

C'est bizarre la vie, surtout quand on est mort.

Cicéron ANGLEDROIT : Fallait pas écraser la vieille...

C'est que pense Cicéron Angledroit, l'auteur narrateur des trépidantes aventures qui vont suivre, et détective privé de son état, dans l'enceinte du cimetière de Thiais en région parisienne.

La défunte, Maria Costa, ne pensait peut-être pas compter autant de monde parmi ses amis et ses connaissances. Maintenant peu lui chaut, mais tout le monde a souhaité lui rendre un dernier hommage. La famille en tête, Carolina, sa fille et Monique l'ex femme de Richard le fils, les deux belles-sœurs qui partagent à l'occasion la même couche. Plus de nombreux membres de la communauté italienne dont était issue Maria Costa.

Maria Costa était une amie et comme un mère pour Cicéron, qui est vraiment peiné. D'autant que son décès a été provoqué par un jeune imbécile qui a perdu les pédales de son véhicule et s'est empêtré dans un abribus, tuant par la même occasion un gamin et blessant la mère. La vitesse, évidemment, un feu rouge grillé, vraiment pas de chance pour le conducteur qui n'a même pas dix-huit ans et encore moins son permis de conduire. Pour aggraver son cas, il a essayé de s'enfuir. Il s'appelle Etienne Elédan, fils de Vaclav du même nom, grand patron serbe d'une mafia qui organise des transferts d'immigrés, apprend à des jeunes filles issues de l'Est comment se comporter sur un trottoir et dans l'intimité plus quelques autres magouilles dont je me garderai bien d'émettre la liste, celle-ci étant trop longue.

Bref des gens pas fréquentables mais que Cicéron sera amené justement à fréquenter à la demande de Cairola, le chef de la communauté italienne, pardon, le président de l'amicale italienne du Val de Marne, qui œuvre au grand jour comme horticulteur. L'Italo-Francilien veut que Cicéron collabore avec les policiers afin de retrouver Etienne Elédan et sa famille qui se sont évaporés dans la nature car il ne veut pas que cet accident mortel reste impuni. Et pour bien affirmer son intention il remet à Cicéron une enveloppe garnie, ce qui va permettre à notre détective chéri de ces dames de remettre à jour ses finances et voir s'étaler sur la face de son banquier un sourire de satisfaction, alors qu'à l'ordinaire ce serait plutôt des grimaces face à un compte bancaire à moins zéro.

Justement le commissaire Saint Antoine (surnommé le pas doux) désire organiser une rencontre avec Cicéron, car lui aussi requiert ses services, ce n'est pas la première fois, et pour conclure le marché lui propose une enveloppe dont les fonds seront prélevés sur une cagnotte noire même si cela est devenu théoriquement prohibé. Disons que la cagnotte est noire transparente. Cicéron sollicite pour l'aider René, pousseur-rangeur de chariots pour une grande surface, l'Interpascher, et comme à la clé le solide et le liquide sont assurés (surtout le liquide) dans un restaurant de quartier, ce dernier, René pas le restaurant, accepte et va même jusqu'à simuler un accident de travail pour être disponible. Cicéron aura besoin également des bras de Momo, lequel n'en possède plus qu'un mais cela n'entrave en rien l'histoire.

Alors qu'ils, Cicéron et René, surveillent le domicile du Serbe et de sa famille, ils se font choper par quatre séides qui les enfournent dans le coffre d'un véhicule de marque allemande, mais comme je ne touche aucune commission je ne vous préciserai pas laquelle. Et nous voici revenu au point de départ de l'histoire, au prologue, qui heureusement ne fait que quelques lignes, car j'ai horreur des préambules qui en dévoilent de trop.

 

Comme vous aurez pu le remarquer, Cicéron Angledroit, dont ce n'est pas le véritable patronyme, marche sur les brisées sans les briser de San Antonio, période années soixante. L'écriture humoristique et sa façon d'apostropher, en douceur, le lecteur, donnent du tonus au récit qui n'en manque pas. L'humour, oui, et gaulois qui plus est, car si Cicéron n'est pas côté en Bourse il ne ménage pas les siennes et les bonnes fortunes ne manquent pas : Brigitte, sa maîtresse à mi-temps, elle est mariée, Monique avec laquelle il a déjà connu des aventures, avant qu'elle déclare sa flamme à Sapho sans pour autant renier Eros, et Vanessa, la jeune vallseuse (terme désignant une fonctionnaire dépendant du ministère de l'Intérieur), mariée elle aussi mais dont les heures de service de son mari, lui-même policier, correspondent à ces heures de temps libres.

Le nom du commissaire, Saint Antoine, nous renvoie au personnage créé par Frédéric Dard, et René, qui a toujours un estomac vide, à croire qu'il possède comme les vaches plusieurs récipients internes de digestion, nous rappelle sans conteste Béru. Quant à Momo, il pourrait être assimilé à Pinaud, dans une moindre mesure. A noter, et c'est rare dans ce genre de roman, que Cicéron ne boit que de l'eau et du café.

Cicéron Angledroit n'écrit pas du sous San-Antonio, il parodie quelque peu, et ceci ressemble plus à un hommage qu'à un pastiche. Du moins c'est ce que j'ai ressenti à la lecture.

Cicéron ANGLEDROIT : Fallait pas écraser la vieille... Collection Les enquêtes de Cicéron N°3. Editions du Palémon. Parution le 15 novembre 2016. 240 pages. 10,00€.

Première édition : Editions Publibook.

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 14:04

Une projection dans l'avenir qui n'est

guère réjouissante...

François DARNAUDET : Quartier bleu.

Paris, 2044. Le réchauffement climatique n'a fait qu'empirer malgré les décisions prises par certains gouvernements. En ce mois d'octobre, il fait encore 35° et il n'a pas plu depuis huit mois.

Le quartier de l'ancienne Gare de Lyon est bouclé, mis en quarantaine à cause du virus Gros Chat qui se propage malgré l'intervention des pompiers et de leurs lances à incendie qui déversent l'acide purificateur.

Franz Keller, vigile solo, se rend non loin, ayant lui aussi une mission de purification. Un nettoyage en règle commandé par le copse Papex. Il abat froidement un Corse et dans la foulée une blonde qui se trouvait dessous celui qui désormais n'est plus qu'un cadavre. Un métier dont les dommages collatéraux ne comptent pas, ou si peu.

En chemin, il consulte sa messagerie. Un appel a été enregistré émanant d'une certaine Nikita Warlock, une jeune femme charmante d'après l'hologramme affiché. Elle se réfère à un ami commun, et Keller renifle un piège, ou tout au moins quelque chose de pas vraiment clair car cette relation est décédée quelques jours auparavant.

Toutefois, il rentre chez lui, un cagibi qu'il partage avec Charlot, un drogué. Partageait, car la veille il a signifié à son colocataire que celui-ci ne ferait pas de vieux os s'il ne dégageait pas immédiatement et même plus vite. Enfin seul, en attendant que l'office HLM lui impose un nouveau locataire.

Keller profite de cette solitude bienvenue pour contacter la fameuse Nikita qui requiert ses services, contre rétribution naturellement.

Elle veut savoir ce qu'il s'est réellement déroulé dans le Quartier Bleu, le quartier de l'ancien cimetière du Père Lachaise. Ce quartier est hanté par les prostituées Noires, et est surveillé par les Kamis, une engeance sans foi ni loi qui tire d'abord et demande des explications ensuite.

Selon Nikita, son mari, cadre sup-sup chez Electroneurep, fréquentait quotidiennement ce quartier payant tous les soirs les prestations d'une pute Black (ce sont ses mots). Or trois mois auparavant, il s'est fait exploser avec une grenade en pratiquant le système vieux comme le monde du simulacre de la reproduction.

Keller accepte la mission qui lui est confiée, à ses risques et périls, car les Kamis qui gardent jalousement le terrain de jeux des cadres sup-sup sont du genre belliqueux. Et Keller, enquêtant sur place et donnant de sa personne se rend compte que Warlock n'est pas le premier à défunter dans des conditions pour le moins explosives.

 

Ce quartier bleu, avec ce halo céruléen qui attire les clients et ses prostituées noires, pourrait être la parabole de la vie politique et surtout de ses représentants qui veulent faire prendre aux électeurs des vessies pour des lanternes à l'aide de discours hypnotisants et d'ambiance hallucinogène.

Publié en 2006 ce roman d'anticipation dans l'action est sensée se dérouler en 2044 nous ramène à une époque proche de la notre avec des insinuations politiques qui ne relèvent pas uniquement de la fable. C'est également une vision d'un système politique axé sur la violence policière privée qui est mise en avant. Mais pas que.

Si l'intrigue se déroule en 2044, le côté politique est prorogé, rappelons-nous que ce roman est paru en 2006, à celle d'un homme qui un an plus tard deviendra président de la République et dont les effets néfastes continueront et même amplifiés.

Les livres sont devenus obsolètes et seuls restent deux ou trois bouquinistes qui proposent ces objets rares.

Franz se dit que cette histoire était bourrée de pervers : accros aux putes blacks ou aux livres... Mais les putes, c'était quand même plus sain.

Un roman d'anticipation prémonitoire par bien des aspects, dont je ne vous ai pas révélé toutes les facettes, à découvrir ou à redécouvrir.

 

Première édition Collection Novella SF. Editions du Rocher. Parution 23 novembre 2006. 128 pages. 13,10€.

Première édition Collection Novella SF. Editions du Rocher. Parution 23 novembre 2006. 128 pages. 13,10€.

François DARNAUDET : Quartier bleu. Réédité en version numérique sous le nom d'auteur : Darnaudet-Malvy. 3,05€.

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 09:52

Hommage à Yann de l'Ecotais, né le 14 novembre 1940.

Yann de L’ECOTAIS : Mortelles cliniques.

Simon Agassapian, plus familièrement surnommé Gas, est un détective privé qui exerce dans un esprit quelque peu dilettante.

Il n’a pas besoin de rentrées d’argent mensuelles fixes, son compte en banque, alimenté par papa qui fit fortune dans la chaussure, progressant constamment grâce à de judicieux placements boursiers. A part sa collection de voitures anciennes, dont une vénérable deudeuche, Ophélie sa fidèle et tentatrice secrétaire qu’il se refuse d’honorer par scrupule pour son jeune âge, ses fréquentes visites à ses parents dans l’Yonne, Joséphine son ardente maîtresse qui sait comment le mettre sur les rotules, il n’aurait rien à demander de plus à la vie.

Sauf quand sa mère chagrinée lui narre qu’une de ses amies est décédée lors d’une opération bénigne dans une clinique de la région. Sauf quand un journaliste localier décède dans un accident de voiture alors qu’il enquêtait sur une série de morts accidentelles dans la même clinique, sans causes apparentes. Sauf quand il apprend que la voiture du dit journaliste a été sabotée. Sauf quand un motard s’acharne à vouloir le suivre dans les petites routes de campagne sans qu’il ait demandé à bénéficier d’une escorte dans ses déplacements.

Ses recherches, ses investigations, souvent en pointillés l’amènent à s’intéresser de près à une société spécialisée dans la distribution d’eau.

 

Yann de l’Ecotais n’oublie pas qu’il fut journaliste, directeur de la rédaction de l’Express de 1987 à 1994.

Mais il imbrique avec humour baroque et gravité les amours tumultueuses entre son héros et Joséphine, maîtresse femme qui n’a peur de rien pas même d’éventuelles rivales, et un problème de société : la mainmise financière de nombreux consortiums diversifiant leurs activités et qui pour se donner bonne conscience allient l’utile à l’agréable : l’utile étant la productivité au détriment des relations humaines, l’agréable étant le rendement boursier, plaisir harpagonesque des actionnaires.

Roman noir à la française, Mortelles cliniques est également une parodie et un hommage aux romans noirs américains à la Dashiell Hammett ou anglo-saxons à la Peter Cheney, leur empruntant des clichés nostalgiques, tout en gardant le charme occidental de la narration à l’occidentale et en valorisant les relations entre personnes de sexe opposé.

Et à l’encontre de ses précédents confrères, si la femme qu’il campe pourrait ressembler physiquement à une poupée Barbie, moralement et intellectuellement elle se montre l’égale, et même en certaines circonstances, supérieure à l’homme, ne se cantonnant pas dans des rôles de divertissement ou d’exhibition.

Yann de L’ECOTAIS : Mortelles cliniques.

Yann de L’ECOTAIS : Mortelles cliniques. Collection Hors Noir N°17. Editions Hors Commerce. Parution le 14 septembre 1999. 188 pages.

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 07:30

Des innocents qui perdent la tête, c'est un calvaire !

Michel DOZSA : Le calvaire des innocents.

Tous les lundis, depuis deux ans à dix heures pile, Marcel se rend sur la tombe de sa femme dans le petit cimetière de La Clarté dans les Côtes d'Armor. Un dernier hommage hebdomadaire. Mais depuis quelque temps, il a également rendez-vous avec une jeune femme dont le mari est enterré non loin de la tombe de sa femme. Elle s'appelle Cécile Conforlo, et après avoir bu un verre ensemble au café proche du cimetière, ils se promettent de se revoir, même heure, même endroit. Jusqu'au jour où Marcel attend la venue de Cécile, en vain.

Arnaud est un adolescent bipolaire, fils d'un riche magouilleur dans l'import-export. Il a poursuivi ses études, a ressenti quelques vagues velléités de travail, mais il préfère vivre aux crochets de son père. Alors il partage son temps dans le vaste appartement familial et un squat dans un vieil immeuble promis à la démolition situé dans un quartier populaire. Sa mère vaque entre deux réunions avec des amies (ou amis, qui sait) et des plongées dans leur piscine privée. Quant à son père, il le délaisse. Rien d'étonnant à cela qu'il ait entretenu une forme de déprime.

Il a en tête des envies de s'adonner à une activité qui pourrait le rendre intéressant, visible aux yeux de tous. Il a décidé de tuer quelqu'un, mais d'une façon peu commune. Il lui faut chercher comment résoudre ce problème tandis qu'il regarde par la fenêtre du squat la benne à cartons disposée dans la cour. Et il doit assister le soir même à une réception organisée par son père.

En Bretagne, non loin de Perros-Guirec, Ronan Magyar, ancien policier des brigades spéciales reconverti comme détective, et Morgane, sa jeune compagne journaliste, vivent soit chez soit chez l'autre, au gré des envies. Pour l'heure, ils sont ensemble dans un mobil-home installé au fond du jardin dans la propriété d'Hubert, un ami, et Ronan vient de recevoir un appel téléphonique l'invitant à une réception chez Ghyslain de la Motte de Cran, le père d'Arnaud. Cette invitation cache un autre but que de faire connaissance entre voisins, de la Motte de Cran étant nouvellement propriétaire d'une résidence dans la région. La Motte de Cran reçoit depuis quelques temps des lettres, anonymes bien entendu, d'intimidation.

 

Une tête de femme est retrouvée sur une statue parisienne en remplacement de la légitime en pierre, une autre tête est retrouvée dans un jardin de Lannion, d'autres fleurissent des tombes un peu partout, tandis que Cécile Conforlo n'a pas réapparu, ce qui lui serait difficile puisque selon les policiers niçois où elle résidait, celle-ci serait morte depuis des mois, bref Ronan, et son amie Morgane, sont confrontés à un véritable pataquès morbide.

S'agit-il d'une vengeance ou le fait d'un individu atteint de folie ? Ronan se trouve placé au cœur d'un imbroglio, impossible à démêler selon la quatrième de couverture, mais dont il saura quand même démêler les fils, non sans quelques accrocs au passage.

 

Ce roman pourrait n'être qu'une banale intrigue mi-provinciale mi-parisienne, de facture classique, mais justement la facture est plus complexe à déchiffrer qu'il y parait car des éléments extérieurs s'ajoutent, comme la TVA qui n'est pas annoncée au départ et obère le prix à payer.

 

Le lecteur voyage entre le Trégor et Paris à la recherche du coupable, mais également des motivations profondes qui animent celui-ci à semer ainsi des têtes coupées. En réalité il voit se profiler deux affaires, plus ou moins distinctes, lui qui pensait, dès le début du récit, connaître l'identité de ce coupeur de têtes.

Michel Dozsa entraîne le lecteur à sa convenance dans des chemins parsemés de pièges et l'on se demande bien jusqu'où il va nous emmener, empruntant des passages non balisés, effectuant des retours en arrière, nous proposant des autoroutes et des routes secondaires comme pour mieux nous perdre, nous plongeant dans l'expectative, jusqu'à un épilogue issu du passé et particulièrement machiavélique.

Michel DOZSA : Le calvaire des innocents. Collection Investigations. Editions Patrimoine et Société. Parution juin 2014. 296 pages. 10,50€.

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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