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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 10:17

D’abord, ça commence par le doigt, puis la main, et après ?

 

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C’est ce que pourrait se demander légitiment le commissaire Van In au début de cette histoire, mais il a d’autres chats à fouetter, pour l’instant, et il n’a pas encore tous les éléments en main justement.

D’abord une plainte a été enregistrée concernant un exhibitionniste qui sévit dans le parc jouxtant le Concertgebow, la nouvelle salle de théâtre et de concert édifiée dans le cadre des manifestations de Bruges-Culture. La plaignante est Elena Littin, née au Chili en 1947. Elle aurait été récupérée en pleine nuit, complètement affolée, par une patrouille de police. Un certain Paul Verfaille aurait été cambriolé pendant la nuit, du matériel genre téléviseur, magnéto, plus des cartes de crédit, deux tableaux ainsi que sa voiture ayant été volés.

Van In qui n’hésite jamais à se rendre sur place, est souvent accompagné de son fidèle Guido Versavel, de la collante Carinne Neels, et du brigadier Robert Bruynooghe. C’est ce que l’on pourrait appeler des affaires banales, qui ne changent guère de l’ordinaire. Mais il faut que Muriel, débarque des Etats-Unis trainant à sa suite Max, son nouveau fiancé. Hannelore, la compagne de Van In et mère de leurs deux enfants, est contente de retrouver sa cousine enceinte, mais son mode de vie ne lui plait guère. Si ce n’était qu’au point de vue alimentation, cela passerait encore, mais qu’elle se drogue, cela ne ce fait pas. Max doit mettre en scène la pièce qui sera présentée au Concertgebow et qui devrait défrayer la chronique, aidé en cela par Baldomero Duran, son technicien d’origine chilienne

Lorenzo Calandt, le concierge du théâtre, était promis à un bel avenir de danseur, mais un camion en a décidé autrement. Depuis il est handicapé ce qui ne l’empêche pas de remplir sa fonction avec conscience. Et lorsqu’il découvre sur le sol du parking souterrain un doigt qui ne désigne rien de spécifique, sauf qu’il est orphelin de la main à laquelle il était attaché, Lorenzo n’a d’autre possibilité que d’en informer les policiers. Sous l’ongle du doigt solitaire, un auriculaire, le légiste découvre du crottin de cheval. Et il serait inconvenant de penser que ce reliquat de lisier séché provienne de l’oreille du propriétaire de ce petit doigt.

Van In en relisant les rapports qui s’accumulent sur son bureau met le doigt, le sien, sur une coïncidence troublante. Eliane Vancleven, l’amie avec qui Elena Littin avait passé la soirée avant de traverser le parc et se retrouver nez à nez avec… un appendice qui d’habitude est caché, Eliane donc, exploite un centre équestre. Van In n’hésite pas à se rendre sur place en compagnie d’Hannelore, qui est juge d’instruction, et d’interroger la propriétaire. Eliane n’est pas là mais ils peuvent s’entretenir avec sa fille Dina. On ne peut pas dire que leur discussion soit enflammée et pourtant Van In voit s’échapper de la fumée d’un interstice du plafond. Le feu s’est déclaré dans le grenier. Arrivés sur place les pompiers découvrent un corps carbonisé auquel il manque un auriculaire. Il pourrait s’agir de Franck Lernout, le lad.

 

aspe2.jpgCe nouveau roman de Pieter Aspe, qui date quand même de 2001, le chemin est long entre la Belgique Flamande et la France, ce nouveau roman de Pieter Aspe avec le commissaire Van In est nettement plus enlevé que le précédent que j’ai lu : Le tableau volé. Plus enlevé, réjouissant, machiavélique et abouti. Il réussit à placer quasiment tous ses personnages dès le début de l’histoire et lorsque le lecteur referme le livre il peut se dire Bon sang, mais c’est bien sûr ! comme s’écriait le célèbre commissaire Bourrel. Approximativement. Car tous les indices, ou presque, sont proposés à la sagacité du lecteur.

Mais Pieter Aspe maîtrise son métier et manipule ses personnages comme un marionnettiste. Mais il ne faut pas oublier les avatars que Van In subit, par sa faute parfois, à cause de sa propension à ingurgiter bière sur bière. Ses relations avec ses adjoints sont presque ceux d’un père de famille avec ses enfants. Il lui faut toutefois faire comprendre à Carinne, parfois, qu’elle n’est qu’une subordonnée alors qu’elle lui tourne autour comme une groupie. Versavel, malgré son statut d’homosexuel, se permet quelques privautés envers Hannelore. Et que dire des envies charnelles de Van In lorsqu’il retrouve Hannelore dans son bureau, au grand dam de témoins gênés de ne pas avoir frappé à la porte avant d’entrer.

Quant à l’épilogue, il relève de la Commedia dell’Arte, dans la plus pure tradition du théâtre. D’ailleurs il y aurait beaucoup à dire sur la pièce de théâtre qui est proposée et certains spectateurs peuvent bénéficier lors de l’ultime répétition d’une mise en scène que je ne vous dévoilerai pas, pas comme les actrices qui, elles, le font de leurs charmes. Une pièce qui s’intitule Purgatoire, mais qui aurait tout aussi bien pu être appelée Chili con carne, car outre l’énorme marmite qui sert d’accessoire dans le décor, références sont faites au Chili de Pinochet. On retiendra également l’humour de Van In, humour parfois abscons pour son entourage.

 

A lire également de Peter Aspe au Livre de Poche : La mort à marée basse et 

Le tableau volé.

 

Pieter ASPE : Pièce détachée (Vagevuur – 2001. Traduit du néerlandais belge par Emmanuèle Sandron). Une aventure du commissaire Van In. Première édition Albin Michel 2011. Réédition Le Livre de Poche Policier. Parution le 30 octobre 2013. 336 pages. 6,90€.

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 12:25

Bon anniversaire à Jacques Vettier, né le 8 décembre 1959.

 

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Jacques Vettier est un auteur pétri de talent mais trop rare à mon goût aussi lorsqu’un de ses livres paraît, je me jette dessus en véritable affamé. L’action de son dernier ouvrage se passe dans les îles, les Antilles plus exactement, mais le lieu ne nous importe peu, car l’intrigue développée pourrait se passer se passer ici ou là, sans que cela ait une incidence quelconque sur le déroulement du récit. Zab et Noémie ont été placées dans un centre social suite à des différents familiaux, euphémisme pour signifier quelles ont subi des violences sexuelles. Zab, pour Isabelle, est une révoltée dans l’âme et sait se débrouiller quel que soit le problème qui se pose à elle. Noémie est jeune et débarque dans un endroit hostile qu’elle ne maîtrise pas, par manque d’expérience. En butte aux quolibets, bizutages, brimades et persécutions de ses nouvelles condisciples, elle trouve en Zab une alliée cordiale mais secrète, familière et avenante tout en étant farouche et énigmatique à la fois. Zab prend Noémie sous sa coupe tout en vaquant à ses propres occupations qu’elle ne dévoile qu’avec réticence à sa nouvelle amie. Lorsqu’elle veut bien se confier, ce qui n’est pas une mince affaire. Prête à jouer du couteau, elle n’en est pas moins une gamine, délurée certes, mais fragile intérieurement, vulnérable sous une carapace de tortue. En apparence elle se veut vieux matelot ayant connu toutes les tempêtes, sur tous les océans. D’ailleurs, elle ne rêve que d’îles, bleues, comme désir d’évasion, de liberté, d’indépendance. Mais cette autonomie, elle tente de l’acquérir sans vraiment en connaître les conséquences, en jouant à la grande, elle qui n’est encore qu’une petite fille perdue. Ne sachant pas qu’elle entraîne peut-être à sa perte sa nouvelle amie dans une spirale, un tourbillon, un maelström.

Ce nouveau roman de Jacques Vettier met l’accent sur ces gamins, ces gamines, perdus, mis au ban de la société, par la faute d’une parentèle qui joue avec une progéniture, pas forcément désirée, au billard, au loto de la vie, s’en servant comme s’il s’agissait de poupées gonflables incapables de sentiment ou de rébellion. Un roman dur et doux à la fois, dans lequel l’humanisme de l’auteur se cache derrière la noirceur du texte. Un roman simple mais direct, possédant ses zones d’ombre mais sa petite lumière, celle d’une âme qui s’élève vers les cieux, comme en expiation de toutes les fautes ou à la recherche d’une vérité. Pas moralisateur, non, juste la relation de destins qui pourraient, à quelques différences près, espérons-le, se décider sur un coup de tête, sur un coup de cœur, un bleu à l’âme, une déception, une rancœur, une meurtrissure inguérissable.


Jacques VETTIER : Toutes les îles sont bleues. Collection Quatre-Bis, éditions Zulma. Parution ocotbre 2003. 170 pages.

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 16:16

Et le dire bien fort !

 

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Il ne voyait plus guère son père depuis qu'il avait décidé de devenir médecin, alors qu'il aurait dû prendre la succession de l'entreprise familiale de construction. Et de se retrouver dans cette bâtisse immense lui fait quelque chose. Il réside à Hambourg et ne souhaite pas s'encombrer de cette villa dont il hérite sise près d'Essen. Il désire la mettre en vente mais ne sait pas trop quoi faire des meubles. Il s'introduit dans la pièce que son père utilisait comme pièce de travail ou de détente, et en fouillant machinalement dans l'un des tiroirs du bureau, découvre enfoui dans une boite à cigares, une carte d'immatriculation SS au nom de Wilhelm Peters, un laissez-passer et un certificat de libération d'un camp de prisonniers de guerre au nom de son père, Friedhelm Lubish, ainsi qu'une photo couleur sépia représentant une jeune femme. Une énigme qu'il ne tente pas de percer aussitôt rangeant les documents dans un carton avec d'autres albums photos qu'il emmènera chez lui.

Robert Lubish ne sait pas qu'il vient de raviver des souvenirs datant de la Seconde Guerre Mondiale et qu'il met le doigt dans un engrenage qui sera funeste pour quelques personnes. Rentré chez lui, il oublie les documents ramenés et ce n'est que trois mois plus tard, alors que sa femme Maren feuillette les albums, qu'il se souvient de la boite à cigares. Il se remémore alors que son père, dans un des rares moments d'intimité qu'ils avaient partagés, avait déclaré avoir déserté lors d'une offensive des Alliés dans le Rhin inférieur. Maren remarque qu'au dos de la photo de la jeune femme figure le nom du photographe et la ville de Kranenburg, justement située dans le Rhin inférieur. Ce n'est que quelques semaines plus tard, alors qu'il doit se rendre à un congrès à l'université de Nimègue que Robert Lubisch en profite pour se renseigner, Kranenburg n'étant distant de Nimègue que d'une quinzaine de kilomètres.

Heuer, le photographe âgé maintenant de quatre-vingt-dix ans, se souvient bien de cette femme qui se prénomme Therese. Therese Pohl très exactement devenue madame Peters suite à son mariage avec Wilhem. Wilhem a disparu peu après, Thérèse aussi. Tout ce que le vieil homme peut lui dire, c'est qu'ils ont habité la maison de gardien de la ferme Höver. Robert Lubisch continue ses investigations, à la maison de gardien où réside pour l'heure Rita, une journaliste, fort intéressée par cette histoire et qui demande des précisions à ses propriétaires, Paul et Hanna Höver, frère et soeur. Elle se rend également au commissariat de Kranenburg qui possède bien quelques documents concernant ces deux disparitions, la première fin 1950, la seconde début 1951, mais inexplicablement le dossier a été clos rapidement, classé sans suite.

A Majorque, Therese Mende, âgée de soixante-seize ans, a reçu un appel téléphonique l'avertissant que quelqu'un était à sa recherche. Ce qui l'amène à se plonger dans ses souvenirs, d'adolescente puis de jeune fille. Une période allant de 1939 à 1952. A l'origine, quand elle s'appelait encore Therese Pohl, la fille du médecin, elle appartenait à une petite bande de copains d'école, des amis. Outre Therese, il y avait Wilhem Peters, Hanna Höver, Leonard Kramer, Alwine et Jacob Kalder et ils étaient pratiquement inséparables malgré la différence de milieu dont ils étaient issus. Mais à la déclaration de la guerre par l'Allemagne, les amitiés se sont effritées, certains comme Wilhem étant attiré par les idées nazies. D'autre se sont enrôlés parce qu'ils ne pouvaient faire autrement. Quant aux jeunes filles leurs sentiments étaient partagés. Sentiment envers les idées politiques mais également sentiments amoureux. Des jalousies sont insinuées, ce qui est inévitable lorsque deux jeunes filles aiment le même homme. Mais plus grave, l'amour peut toucher de plein fouet l'une d'elles à la vue d'un Russe fait prisonnier sur le front.

Robert Lubish, qui se rend compte que cette affaire sent le souffre demande à Rita d'arrêter son exploration, mais elle refuse, arguant qu'elle tient un bon papier. Son papier elle pourra l'emmener avec elle dans la tombe.

 

Ce roman dont l'action se situe en 1998, mais ramène le lecteur dans les années du nazisme et de la guerre, offre une plongée intéressante dans la perception du conflit par des jeunes gens, leur attirance ou non par les idées politiques largement relayées sur le bien fondé de la déclaration de guerre et les notions racistes ou ségrégationnistes prônées par la clique à Hitler. De leurs engagements, de leurs refus d'obtempérer, de l'attrait des armes, ou de leurs dégoûts pour les façons de procéder par les gradés.

L'auteure ne se voile pas la face et décrit sans complaisance certains faits qui se sont ou auraient pu se dérouler. Comme un reportage en axant son stylo-caméra que sur quelques individus, les adolescents déjà cités, mais également quelques adultes qui non seulement rechignent à partager les convictions du national-socialisme, mais le refusent et résistent à la soldatesque et surtout à ceux qui abusent de leur autorité. Au début ce récit est écrit avec froideur mais peu à peu, alors que l'action progresse, tout autant du côté de Robert Lubisch que dans les réminiscences de Therese, la froideur, la rigueur laissent place à un humanisme qui n'est pas de façade. La rigidité s'efface devant les vibrations des sentiments, des exactions, des peurs, des obligations, des appréhensions, des amours contrariées, des faux-semblants, des espoirs. Le lecteur qui au départ pensait qu'il allait s'ennuyer à la lecture d'une histoire banale change vite d'opinion et devient fébrile au fur et à mesure qu'il tourne les pages.

 

 

Mechtild BORRMANN : Rompre le silence (Wer das Schweigen - 2011. Traduit de l'allemand par Marlène Husser). Editions du Masque, Grands Formats. Parution le 16 octobre 2013. 254 pages. 18,90€.

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 09:06

Faut pas en faire tout un cinéma !

 

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Avez-vous déjà été convoqué chez un notaire vous annonçant d'une voix onctueuse que vous venez d'hériter d'une personne dont vous ne connaissez pas le nom ? Non ? Tant mieux pour vous ! Vous avez sûrement échappé à de grandes désillusions et à des mésaventures en cascade.

Vincent, professeur de dessin (certains préfèrent l'appellation arts plastiques mais moi, à chaque fois, cela me fait penser à ces bols et boites alimentaires fabriqués à base de résidus de pétrole et distribués par une marque américaine par des vendeuses qui reçoivent chez elles), Vincent donc, prof de dessin à la retraite est invité à se rendre à l'étude notariale de maître Lenoeuf. Le tabellion est assisté d'un homme que Vincent pense être le clerc, mais il s'avère rapidement qu'il n'en est rien, il s'agit d'un policier, le lieutenant Marc Carquigand.

Vincent devient le légataire d'une Franco-américaine Matilda Rosken, vivant en France depuis les années soixante. Elle habitait un petit appartement, un vrai cloaque, et ressemblait à une clocharde. Pourtant mis en présence de quelques photos d'elle, Vincent reconnait qu'il la connait, ou plutôt l'a connue au moins trente ans auparavant. Elle a été assassinée, son appartement mis à sac, une centaine de boites de films 16 mm éparpillés un peu partout. Et ce sont ces films dont Vincent hérite.

Un cadeau original, que le policier, qui en a visionné quelques-uns, considère comme des chiures de mouche. Les souvenirs affluent à l'esprit de Vincent, lui revenant en pleine figure comme un boomerang lancé trop puissamment. lorsqu'il fréquentait le Centre Américain dans les années soixante-dix. Des projections de petits films d'amateur alimentaient ces soirées. Des films dits d'avant-garde, underground, réalisés par des quasi inconnus qui s'amusaient avec tout et n'importe quoi, surtout n'importe quoi. Du cinéma expérimental avec aux commandes des caméras des émules et des proches d'Andy Warhol.

Rentré chez lui Vincent commence à retrouver les saveurs de sa jeunesse, en visionnant ces courts métrages d'un autre âge, et il doit s'avouer qu'il y avait beaucoup de déchets. D'ailleurs il faut les manier avec précaution ces pellicules. Pourtant il semble qu'elles renferment sinon un trésor, au moins quelque chose de précieux car des individus louches le suivent, l'agressent. Heureusement l'inspecteur est là, mais difficile de savoir dans quel clan le ranger.

 

malanga.jpgPeut-être n'avez-vous jamais entendu les noms de Gérard Malanga, Paul Sharits, Tony Conrad, Bruce Conner, et quelques autres qui faisaient partie de cette mouvance. Moi non plus d'ailleurs, je l'avoue, mais un petit tour sur le Net m'a permis d'en apprendre un peu plus sur ces personnages qui ne se sont pas contentés de gâcher de la pellicule, mais sont devenus photographes, poètes, compositeurs ou écrivains, parfois un peu tout ça à la fois.

Jean-Bernard Pouy, titulaire d'un DEA en histoire de l'art en cinéma, et lui-même réalisateur de films dits conceptuels, dont certains avaient été présentés dans le cadre du festival Délits d'encre de Saint-Nazaire, lors d'une nuit du court, s'amuse à revenir sur cette époque des années soixante-dix, ou l'art en général voulait se démarquer des périodes précédentes par projections décalées, déjantées, abstraites, provocatrices. Mais ce court roman m'a fait insidieusement penser à un autre roman de Jean-Bernard Pouy, paru à la série Noire : Le cinéma de papa, lequel prend pour thème un vieux film négatif nitrate de 1934. Mais ceci est une autre histoire.


Jean-Bernard POUY : Calibre 16 mm. Collection Polaroïd; éditions In8. 64 pages. 11,00€.

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 15:06

Bon anniversaire à James Lee Burke né le 5 décembre 1936.

 

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Si New-York, la Californie et la Floride se taillent la part du lion comme lieux de prédilection des auteurs de romans noirs et policiers américains, la Louisiane, et plus particulièrement la Nouvelle-Orléans, épisodiquement revient à l'honneur.

Ainsi Charlie Wells, Georges Ogan, Brett Halliday, Sam Ross et Bill Pronzini ont situé l'action d'au moins un de leurs romans dans cet état. De même certains auteurs français tels Jacques Sadoul et Henri Marchal ont choisi la Louisiane comme cadre privilégié de leurs ouvrages. Pourquoi cette fascination ? Le Jazz bien sûr qui exerce un attrait non négligeable et fournit une ambiance particulière, mais aussi l'arrière-pays avec ses bayous, ses marigots, atmosphère qui aliment un côté exotique parfois doublé d'une pointe de fantastique. Enfin, la culture française y est encore très vivace, et bon nombre de lieux ont une dénomination bien de chez nous.

D'ailleurs c'est bien dans ces bayous que commence réellement Légitime défense de James Lee Burke, lorsque Dave Robicheaux, policier de son état, découvre le cadavre d'une jeune noire. Un meurtre maquillé en overdose. Mais si Robicheaux n'y pense plus guère, d'autres se chargent de le lui rappeler, le croyant attelé à l'enquête ou au moins s'y intéressant. Des truands veulent sa peau tandis que le FBI suppose, à tort, qu'il est plus impliqué dans cette affaire qu'il y paraît. Une enquête qu'il va mener, coûte que coûte, surtout lorsqu'il sera démissionné de sa fonction de policier.

Une enquête qui lui fera non seulement côtoyer des truands haut de gamme mais également des huiles de la politique, des huiles gouvernementales puisqu'il semble bien que les Nicaraguayens soient impliqués et jouent un rôle dans cette histoire alambiquée, tarabiscotée, parfois un peu confuse. Ce qui n'empêche pas le roman d'être passionnant de bout en bout.

 

burke-2.jpgCe roman, le premier de James Lee Burke traduit en France, a été réédité dans la collection Rivages Thrillers en 1996 dans une version intégrale signée Freddy Michalsky sous le titre Pluie de néon. Cette version comporte 288 pages, mais il faudrait posséder les deux volumes afin de comparer quelles furent les coupes opérées, car selon la police de caractère et la mise en page, entre 256 pages et 288 il n'y a guère de différence si ces deux critères ne sont pas identiques. Mais cela explique aussi peut-être, si les coupes ont été malencontreuses, que ce roman provoque ce sentiment de confusion à la lecture.

 

 

 

James Lee BURKE: Légitime défense (The Neon Rain - 1987. Traduction de Joëlle Girardin). Collection Polar USA N° 16. Editions Gérard de Villiers. Parution Avril 1989. 256 pages.

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 15:00

Loin des parcs d'attractions à la Walt Disney !

 

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Deux mois, cinquante-neuf jours et quelques heures plus exactement, sans boire une goutte d'alcool, et Cody Hoyt replonge à cause d'un assassinat. Du moins pour lui, c'est un meurtre avéré, pour le shérif, il s'agirait plutôt d'un suicide.

Cody Hoyt est un policier, enquêteur criminel dans le comté Lewis& Clark, Montana, et le soir, même s'il est de permanence alors qu'il devrait rester chez lui au cas où, il parcourt la campagne à bord de son véhicule banalisé, fumant cigarette sur cigarette et rêvant de bières. En cette nuit de juin, il est appelé à bord de sa voiture par Edna, la standardiste du bureau du shérif de la ville d'Helena. Des randonneurs ont signalé depuis un bar l'incendie d'un chalet situé dans la forêt nationale et un cadavre calciné serait sous les décombres. Cody connait ce chalet, et il est angoissé à l'idée d'y trouver quelqu'un qu'il connait. Son partenaire Larry doit le rejoindre sur place.

Au début de leur association Larry avait tenu à mettre les points sur les I à défaut de mettre son poing dans la figure de son partenaire. La réputation négative de Cody lorsqu'il était en poste à Denver l'avait précédé. Ses écarts d'humeur et sa violence dus à son alcoolisme chronique et ses antécédents familiaux ne plaidaient guère non plus en sa faveur. Pourtant ils sont devenus amis sans oser se le déclarer tout en s'engueulant pour un oui ou un non.

box1.jpgEn effet ce que Cody redoutait s'est bien produit. Hank Winters, son parrain aux Alcooliques Anonymes, est mort dans l'incendie partiel de son chalet. Aussitôt Larry pense à un accident ou à un moindre degré à un suicide, thèse qui sera reprise par Tubman le shérif et son adjoint Bodean. Mais pour Cody, il s'agit bel et bien d'un meurtre. Une bouteille vide de bourbon est retrouvée près du cadavre, et d'autres faits confirment l'assassinat, dont la fracture enregistrée à l'arrière du crâne. Evidemment il se pourrait que celle-ci soit due à un madrier tombé sur sa tête, mais plus étonnant, c'est la disparition des pièces que Hank Winters collectionnait, des sortes de jetons de présence aux réunions des AA.

Skeeter, le coroner arrivera plus tard, puis Carrie, une journaliste avec laquelle Cody a couché et dont les relations ont tourné rapidement court. Entre Tubman et Skeeter c'est la guerre froide, car dans quelques mois, des élections seront organisées pour élire le nouveau shérif. Et Skeeter est sur les rangs.

Le lendemain soir Cody retourne au chalet en compagnie de quelques bières et d'une bouteille de bourbon. Il tend un piège car il pense que le tueur est susceptible de retourner sur les lieux du crime. Mauvaise pioche, car si effectivement deux personnes arrivent, il s'agit du coroner et de la journaliste. Comme Cody et Skeeter sont armés, surpris de se trouver nez à nez, et Cody légèrement embrumé par l'alcool, inévitablement ils se tirent dessus. Heureusement Skeeter porte un gilet pare-balle. Résultat Cody est suspendu de ses fonctions de policier. Cela ne l'empêche pas de poursuivre ses investigations en enquêteur "libre" malgré les interdictions qui lui sont faites et grâce également à l'aide précieuse de Larry qui peut accéder à certains sites.

Par exemple celui du Vicap, qui recense les affaires criminelles box2.jpgdans tous les états. Et il se trouve que des assassinats similaires ont été perpétrés depuis quelques semaines dans divers états sans que les policiers fassent une corrélation entre les différentes affaires. Ensuite en consultant le disque dur de l'ordinateur de Hank il se rend compte que le dernier utilisateur, Hank ou son meurtrier, serait allé consulté un site proposant des randonnées dans l'immense parc de Yellowstone. Manque de chance, alors que Cody se trouvait le premier soir dans le chalet de Hank, il avait reçu un appel téléphonique de Justin, son fils, lui annonçant son intention de partir pour une semaine justement dans une randonnée en compagnie du nouvel ami de sa mère dont Cody est séparé. Aussitôt Cody décide de partir pour le siège de l'organisateur avec en poche le nom des participants à cette excursion qui devrait créer des liens relationnels entre Justin et l'ami de sa mère. Seulement en cours de route il est arrêté par un policier, ce qui le retarde, puis passant une nuit dans un hôtel de Bozeman il manque d'être brûlé vif dans l'incendie criminel de sa chambre.

Pendant ce temps, Jed Mcarthy s'affaire activement aux préparatifs en compagnie de sa jeune assistante Dakota Hill tandis les nouveaux Indiana Jones arrivent. Une douzaine d'aventuriers en herbe sont prévus, dont trois adolescents. Justin et son éventuel futur beau-père, et deux filles, Gracie et Danielle dont le père qu'elles ne voient que par épisode est là lui aussi. Un couple de sexagénaires, dont le ménage est largement fissuré, trois amis new-yorkais qui travaillent à Wall Street, un homme solitaire bourru et une jeune femme complètent le lot. Le plan de route est établi, le chargement est placé sur les mules, tout ce petit monde part plus ou moins bien installé sur le cheval qui lui est attribué, pour quelques uns c'est une première, et l'aventure box4.jpgpeut commencer. A eux les grands espaces, le bivouac sous la tente, les repas en plein air, les joies de la pratique de l'halieutique, éventuellement des rencontres aimables (?) avec des loups ou des ours qui ne sont pas en peluche.

Seulement, tout ne se passe pas comme prévu. Certains regimbent, surtout lorsque Jed décide de changer d'itinéraire prétextant les pluies qui sont tombées en abondance durant le printemps. Et les défections commencent à être enregistrées. Cody, aidé par Bull Mitchell l'ancien propriétaire du centre, arrive trop tard, la petite troupe est déjà sur le sentier de l'aventure. Mais il ne désespère pas les rattraper.

 

Les amateurs de romans policiers ne manqueront pas d'établir un box3parallèle entre Matt Scuder, le héros de Lawrence Block, et Cody Hoyt, tous deux en proie aux affres de l'alcoolisme et émargeant aux Alcooliques Anonymes, à leurs essais d'échapper à cet éthylisme provoqué par des causes différentes, aux rechutes de Cody Hoyt à la suite de contrariétés provenant de soucis familiaux et affectifs. De même ces disparitions concernant des randonneurs dans le parc Yellowstone nous plongent dans l'univers christien des Dix petits nègres. Disparitions qui peuvent s'expliquer par des meurtres ou par des envies d'échapper à un individu, à moins que ces absences soient le fait d'un personnage mué en tueur. Enfin nous voyageons dans l'univers des grands espaces américains qui attirent de nombreux auteurs fascinés par la nature complexe de régions plus ou moins désertiques et qui recèlent de profonds mystères.

Profonds mystères comme dans ce roman qui marie suspense et énigme dans une atmosphère étouffante, ainsi qu'une étude de mœurs avec les réactions des divers participants à cette randonnée insolite. Pour certains, ce qui devait être l'occasion de mieux faire connaissance, d'établir ou rétablir des liens, de ressouder des familles, est une véritable faillite. Des antagonismes divisent les excursionnistes, et leur caractère se dévoile ainsi que les motivations secrètes de leur présence. Et des fois ça ne plane pas haut...


Une idée de cadeau pour Noël ? C'est dans la boîte !


C.J. BOX: Piégés dans le Yellowstone. (Backof Beyond - 2011. Traduction de Freddy Michalski). Collection Seuil Policiers, Editions du Seuil. Parution le 10 octobre 2013. 446 pages. 22,50€.

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 08:49

Et le Diable rigole ?

 

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Jeune avocate Catherine Monsigny vient de remporter sa première victoire, pardon, son premier procès. Son client, Cédric Devers, accusé par une accorte et quinquagénaire serveuse de bar pour coups et blessures alors qu’elle l’avait harcelé après une séance de simulacre de reproduction, est acquitté. Aussitôt après, toute guillerette, elle enfourche son scooter et rend visite à Daniel dans le quartier de la Goute d’Or.

Il milite dans une association de défense pour le droit pour tous. Elle récupère le dossier de Myriam Villetreix, née N’Bissi, soupçonnée d’avoir assassiné son vieux mari à l’aide de cyanure. Ensuite direction le bureau dirigé par Renaud, son patron, qui enfin lui confie une affaire importante. Myriam, avait été ramenée du Gabon dans les valises de ses futurs employeurs qui en avaient fait leur esclave. Elle avait profité de ce que ses « maîtres » étaient fascinés par le reportage des avions destructeurs du 11 Septembre 2001 pour s’échapper et se réfugier auprès de Daniel.

Une annonce avait attiré l’attention de Gaston, vieux gars célibataire de la Creuse, et ils avaient uni leurs destins, pour le bonheur de tous, sauf des cousins creusois. Quelques années plus tard, Gaston décédait d’un arrêt du cœur et Myriam héritait de tout. Et c’est peut-être à cause de cet héritage qui leur passait sous le nez que plus tard les cousins avaient accusé Myriam d’avoir assassiné son mari à l’aide de cyanure. La boite, qui était rangée dans la grange de l’un des cousins, avait été retrouvée dans la cuisine, domaine depuis le mariage, de Myriam. Pourtant le docteur avait signé le permis d’inhumer sans broncher tout comme il avait signé celui de sa mère décédée comme Gaston d’un arrêt du cœur.

Depuis Myriam est enfermée dans la prison de Guéret, clamant son innocence. Catherine est toute heureuse d’annoncer à son père, médecin retraité, qu’elle va plaider aux assises, à Guéret. Apparemment il connait la région. Il est son seul lien, sa mère ayant été assassinée alors qu’elle était encore toute jeune, mais il réside loin de Paris. De sa mère elle ne possède qu’une photo qu’elle a découverte dans un livre et de vagues souvenirs qui lui remontent parfois à la surface. Pourtant dans cette région de la Creuse où elle se rend, elle croit reconnaître fugacement des endroits. Elle fait la connaissance d’un journaliste localier, d’un voisin de Gaston et Myriam qui vont l’aider dans ses démarches, et fournir un point de chute pour ses fréquents voyages. Et à Paris elle retrouve Cédric qui devient son amant.

Presque à son insu Catherine se trouve propulsée dans un rôle de catalyseur, dans cette intrique où elle se trouve prise comme dans un étau. C’est parfois un voyage entre réel et rêverie, à cause des souvenirs de notre héroïne qui se propulsent et deviennent insistants.

Mais ce roman c’est aussi le royaume des couleur : les couleurs bigarrées de l’automne, fauve, jaune, vert, rouge, brun, les couleurs chamarrées utilisées par Myriam pour décorer la maison de Gaston, les roses rouges qui parsèment l’enquête de Catherine, le rayon vert qu’elle a aperçu toute jeune dans sa poussette dans le parc où sa mère a été assassinée et qui lui revient comme une obsession, le noir des robes d’avocat, le blond des prétoires, le blanc d’un doudou ou d’une écharpe, le jaune d’un éclat de soleil, d’une robe ou d’un carton enfoui, un mariage bicolore, et cerise sur le gâteau, si l’on peut dire, le prénom de sa mère : Violet. Sylvie Granotier possède une écriture fine, élégante, racée au service d’une histoire complexe.


Sylvie GRANOTIER : La rigole du diable. (Première parution Collection Suspense ; éditions Albin Michel). Réédition Le Livre de Poche. Parution 27 novembre 2013. 432pages. 7,60€.

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 14:19

Enquête en pyjama !

 

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L’enquête historique peut s’effectuer de son lit et à distance dans le temps comme le prouve Joséphine Tey dans La fille du temps. Alité et immobilisé à l’hôpital, l’inspecteur Grant s’ennuie malgré la pile de livres qui s’entasse sur sa table de chevet.

Afin de lui faire plaisir son amie Marta lui apporte des gravures et des reproductions de tableaux, ce dont Grant est friand. Parmi ces reproductions figure le portrait de Richard III, accusé selon les historiens d’avoir assassiné les enfants d’Edouard, son frère et son prédécesseur sur le trône d’Angleterre.

Les avis sont partagés et si certains le trouvent maladif, sinistre, d’autres plutôt sympathique. Grant décide d’en avoir le cœur net et se plonge dans les livres d’histoire, or ceux-ci se réfèrent à des chroniqueurs qui n’ont jamais connu ce roi et se contentent de rapporter des on-dit.

Cela ne satisfait pas pleinement Grant qui pousse depuis sa chambre d’hôpital ses investigations avec l’aide de ses amis et compulse des textes d’époque. Démêler le vrai du faux, une occupation qui lui tient à cœur tout en l’aidant à passer des journées moins monotones.


tey1.jpgLa fille du temps fut un ouvrage controversé à sa parution et je ne m’étendrai pas davantage sur les conclusions de Joséphine Tey, n’étant pas historien et ne sachant pas grand chose de l’histoire d’Angleterre. Mais ce roman donne toutefois à réfléchir sur les assurances d’historiens qui souscrivent à des thèses pas toujours vérifiées ou vérifiables, se contentant souvent de reprendre des thèses ou extrapolations d’auteurs plus ou moins partiaux. Quant à l’histoire d’aujourd’hui, l’on sait qu’il existe des zones d’ombre et que les journalistes écrivent leurs articles souvent sous l’emprise de leurs opinions politiques, courbant l’échine sous la férule de directeurs de rédaction.

 


Tout ce que je peux dire, c'est que les romans de Joséphine Tey n'ont pas pris une ride et traversent le temps allègrement.

 

 

Joséphine TEY : La fille du temps. (The Daughter of Times - 1951. Première édition Julliard PJ 1969). Collection Grands Détectives N°1559 ; éditions 10/18. 224 pages. 7,10€.

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 10:11

Attention au vertige !

 

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Vouloir comparer un romancier à l’un de ses pairs, de ses prédécesseurs, est facile dans l’idée du chroniqueur, surtout lorsque celui-ci veut démontrer le plaisir qu’il a pris à lire un ouvrage écrit par un auteur peu connu du grand public. Mettre en parallèle le style, l’atmosphère, l’intrigue, la force des personnages, les dialogues etc.  

Mais si pour le public cette façon de procéder lui permet de lire un livre qu’il aurait peut-être ignoré, n’est-ce pas frustrant, pour l’auteur qui désire posséder son identité propre, à créer son propre monde, sa propre image d’écrivain ? Vouloir à tout prix coller une étiquette comparative n’est bénéfique que si le résultat est positif.

Ainsi en lisant les romans de Pascal Garnier, je n’ai pu m’empêcher de retrouver une impression qui m’avait déjà effleurée avec Les Insulaires. Il y a du Simenon et du G.-J. Arnaud dans ces textes qui narrent des fêlures, pour ne pas dire des fractures, dans la vie quotidienne des personnages banals en apparence.

Eliette, veuve depuis quelques années, végète dans sa maison ardéchoise, n’ayant de relations qu’avec ses proches voisins, un couple sympathique de fermiers, et ses deux enfants, mariés et vivant au loin. Afin de préserver son autonomie elle s’est acheté une voiturette. Une petite vie tranquille, secouée de temps à autre par une libido de sexagénaire bien conservée. Juste de petites pensées qui traversent son esprit mais qu’elle repousse vite fait, par honte et en souvenir de son mari.

Un jour, alors qu’elle vient de crever au bord de la route, elle est dépannée par un homme qui lui-même est tombé en panne de voiture, quelques kilomètres plus loin. Elle lui offre l’hébergement. Un geste anodin qui l’entraîne dans des complications dont elle ne soupçonnait pas l’existence. Le lendemain matin elle apprend que l’un des fils de ses voisins s’est tué la veille en voiture et une jeune fille débarque d’un taxi, insultant et frappant son invité. Ce qu’elle prend pour une querelle de ménage n’est qu’une altercation entre père et fille.

Ce quadragénaire dont elle s’est éprise et dont elle ne connaît rien, n’est pas si blanc que ça. Et sa prétendue fille, qui l’est en réalité, est également son amante, pas par inceste mais par hasard. Une histoire de drogue plus quelques autres avatars dévoilés au fil des pages, font de cette histoire de dérapage mal contrôlé par les protagonistes, un roman à l’intrigue serrée et à l’atmosphère lourde, gluante, collant le livre dans les mains du lecteur qui ne peut s’en défaire avant d’être arrivé au bout de la dernière ligne.

 

A lire également du même auteur chez le même éditeur : La théorie du Panda et La Place du mort.

 

Pascal GARNIER : Trop près du bord. (réédition de Fleuve Noir et Zulma). Editions Points. Parution le 21 novembre 2013. 144 pages. 6,30€.

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 16:09

 

Une page se tourne, un chapitre se clôt, un livre se referme.

 

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C’est le destin même des cours d’eau… À partir de janvier 2014, après 65 ans d’évolution, Fleuve Noir se jette dans plus grand que lui et devient Fleuve Éditions, une nouvelle maison aux rives élargies. Cela fait des années déjà que nous débordons de notre lit devenu trop étroit : éditeur de poche à nos origines - 1949 a vu sortir les premiers titres - nous publions aujourd’hui uniquement des grands formats.

Longtemps éditeur de littérature de genre, nous avons progressivement étendu notre offre en nous ouvrant à la littérature générale, à la jeunesse, à l’illustré et aux essais. Autre changement notable : le nombre de parutions par an a été équilibré et comporte aujourd’hui 100% d’inédits.

Éditeur sans frontières et surtout sans œillères, Fleuve Éditions va chercher pour ses lecteurs la fine fleur de la littérature générale, de qualité et accessible. Les polars et thrillers qui ont jalonné l’histoire de la marque depuis le premier San-Antonio seront regroupés dans la collection qui gardera l’appellation qui leur va si bien : Fleuve Noir.

Si Fleuve Éditions est un nom qui correspond mieux à notre nouveau visage, notre vocation, elle, reste inchangée : proposer les meilleurs moments de lecture, des histoires fortes qui font rire ou pleurer, qui interrogent, qui font peur, en un mot, qui divertissent.

C’est le départ vers de nouveaux horizons… Embarquement le 1er janvier !

 

FLEUVE ÉDITIONS EN QUELQUES CHIFFRES

 50 millions d’exemplaires vendus depuis 1949

 60 titres publiés par an en moyenne

 Les plus forts tirages de 20131 :

A quelques secondes près, Harlan Coben : 190 000 exemplaires
Et soudain tout change,
Gilles Legardinier : 130 000 exemplaires
Puzzle,
Franck Thilliez : 120 000 exemplaires
Vengeance en Prada,
Lauren Weisberger : 100 000 exemplaires


Au 4ème rang (sur 35 éditeurs) sur le secteur du policier/thriller en grand format2


Au 13ème rang (sur 90 éditeurs) sur le secteur de la fiction moderne en grand format2


1 - en nombre d’exemplaires
2 - source panel distributeurs GFK, sorties de caisse cumulées janvier - octobre 2013

 

 

Ceci est l'annonce effectuée par les éditions Fleuve Noir fkeuve noirconcernant le changement d'appellation de la maison d'éditions. Mais le chiffre de 50 millions d'exemplaires vendus depuis 1949 m'a semblé en dessous de ce qu'il devrait être, aussi je vous propose la liste des différentes collections éditées depuis 1949 et le nombre d'ouvrages publiés par collection.

Le secteur Poche disparait officiellement et définitivement, ce qui entérine la politique éditoriale mise ne place depuis quelques mois avec le transfert chez Pocket des Frédéric Dard et des Perry Rhodan. Aussi il m'a semblé intéressant de reprendre un article publié en 1999 dans la revue 813 (N° 68 d'octobre 1999) qui recensait toutes les collections du Fleuve Noir, Grands Formats et Poches depuis l'origine de la maison d'éditions qui avait fait vibrer bon nombre de lecteurs.


Quant à la litfleuvenoir1térature dite générale, ou généraliste, elle était présente dès les débuts de la collection Grands Romans qui abordait tous les genres : romans d'Aventures, d'Aventures maritimes, d'Amour, de Guerre, Féminins, d'Anticipation, de Fantastique, Historiques, Sociologiques, un panel dans lequel tout lecteur quel que soit son domaine de prédilection pouvait y trouver son bonheur.

Le sigle du Fleuve Noir qui était couramment employé, aussi bien sur les couvertures par que les amateurs de cette maison d'édition, devenait lourd à porter: FN. Et je suppose que c'est l'une des raisons, peut-être la raison qui a provoqué ce changement. Et dans ce cas, cela enlèvera toute forme d'ambigüité et les mal pensants ne tourneront plus en dérision ce sigle.

 

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Inventaire des collections

Liste établie par Paul Maugendre et Pierre Turpin


fleuvenoirAfin de permettre aux collectionneurs, aux curieux, ou tout simplement aux fanatiques des statistiques, le tableau ci-dessous recense toutes les collections éditées par le Fleuve Noir depuis sa création, avec les abréviations qui reportent au tableau des auteurs. Si certaines collections se suivent à la trace facilement, pour d’autres il s’agit parfois d’une véritable casse-tête que seul un émule de Sherlock Holmes pourrait résoudre. En effet dans les années 1980, et même encore aujourd’hui, des livres paraissent sans être véritablement intégrés dans une collection. Il en va ainsi de grands formats, la plupart du temps, qui ont été édités un peu au bonheur la chance. Sans compter les rééditions de rééditions.

Cette liste a été améliorée par rapport à celle publiée dans la revue précitée, en apportant quelques ajouts et corrections. Toutefois si vous découvrez des anomalies, flagrantes ou non, qui auraient échappé à nos yeux de lynx, ou des oublis, n’hésitez pas à nous en faire part. Nul n’est infaillible, et nous comptons sur la bonne volonté de tous pour nous remettre dans le droit chemin. Dans la collection Hors collection, sont répertoriés les romans n’entrant pas dans une catégorie définie. C’est ainsi qu’ont été inclus des ouvrages parus après de la collection Grand Succès aussi bien en Policier, S.F. ou divers. On trouve aussi bien des romans signés Dard/Hossein, G.-J. Arnaud (pour des ouvrages réédités à l’occasion de la sortie de films tirés de ses romans), des San Antonio, et autres. Peut-être aurait-il fallu séparer les San Antonio des autres, ce sera pour une prochaine remise à jour de cet inventaire. Ainsi les deux collections Bibliothèque du Fantastique et Superpoche sont des omnibus poches reprenant des rééditions et des inédits d'auteurs français et étrangers parfois publiés ailleurs qu'au Fleuve Noir. Je prendrai un seul exemple : Le volume 15 de la collection Superpoche intitulé Juges et assassins comporte pas moins de 20 signatures dont celles de Bram Stoker, Henry Slesar, Sheridan Le Fanu, Dashiell Hammett, Pierre Gripari, Pierre Louÿs, Charles Dickens, Ed Lacy, Gaston Leroux ou Fredric Brown, pour des nouvelles ou des romans.

 

Cette liste avait été arrêtée, tout comme la liste des auteurs, au 31 mars 1999, mais remaniée quelque peu depuis. Il fallait bien se donner un repaire et se caler sur la date de parution de la revue ainsi que l'hommage dont la Bilipo fut le théâtre et qui donna lieu à la publication du livre : Fleuve Noir, cinquante ans d'édition de littérature populaire. Ce qui représente plus de 9000 titres ou volumes environ. En effet de nombreuses rééditions (je ne parle pas des réimpressions, sous couvertures différentes mais qui gardaient leurs numéros d'origine dans les collection comme Spécial Police) ont été publiées dans des collections dédiées aux auteurs, tels que San Antonio, Sam & Sally, Paul Kenny, voisinant avec des inédits. D'autres collections étaient résolument alimentées par des rééditions : Frédéric Dard, Best-sellers de la SF, Jean Bruce, Polar 50, Tête-bêche....

Alors il m'a semblé en lisant le communiqué du Fleuve Noir devenu Fleuve Editions qu'il y avait comme un défaut (comme aurait dit Fernand Raynaud) dans le chiffre annoncé de 50 millions d'exemplaires vendus depuis 1949. En effet, à la liste arrêtée en 1999 pour le cinquantenaire du Fleuve Noir, il faut ajouter toux ceux parus depuis et en cumulant ceux éditée entre 1999 et 2013 je pense que nous avons dépassé largement les 10 000 ouvrages.

Et si on applique une simple règle de calcul, la division de 50 millions d'exemplaires vendus depuis 1949 par 10 000 volumes recensés, on arrive à une moyenne d'un tirage de 5 000 exemplaires par ouvrage, ce qui est à mon avis une sous estimation flagrante. Pourtant Estelle du Fleuve Noir m'a certifié que les chiffres annoncés avaient été vérifiés ! J'aimerais bien savoir comment et par qui, car cela relève de la plus haute fantaisie, même si les tirages annoncés par Eugène Moineau dans son bulletin Fleuve Noir Info étaient gonflés.

 

Nom de Collections, nombre de volumes, début et fin de collections.

 

 

ANGOISSE

261

1954

3/1974

ANTICIPATION

2002

1951

2/1997

AVENTURIER (L')

206

4/1955

3/1974

AXE (L')

13

4/1978

1/1982

ALBUMS ILLUSTRES (BANDES DESSINEES)

13

1972

1975

BATTLETECH

6

02/1996

05/1997

BIBLIOTHEQUE DU FANTASTIQUE

16

2/1997

4/1999

JAMES BOND 1ère série

13

4/1979

11/1982

JAMES BOND 2ème série

12

1/1996

4/1997

JEAN BRUCE

38

3/1978

198?

BEST-SELLERS de la S.F.

24

2/1982

11/1985

BUFFY

30

1997

2000

LE CARROUSEL FN DOCUMENTS

13

1983

1987

LE CARROUSEL

12

2/1949

2/1954

CASH

12

2/1979

1/1982

COLLECTION NOIRE

19

06/1988

11/1989

COMPAGNIE des GLACES 1

62

02/1988

03/1992

COMPAGNIE des GLACES 2

15

10/1996

05/2000

CRACKER

6

03/1999

11/1999

CRIME FLEUVE NOIR

54

04/1991

12/1994

CRIME STORY

37

04/1992

11/1994

FREDERIC DARD 1ère série

36

1976

3/1979

DRAMES DE L'HISTOIRE

10

01/1992

03/1993

DOBERMANN (Le)

5

2/1984

1/1985

DOCUMENTS

10

4/1954

4/1957

DON

11

1/1983

9/1986

ENGRENAGE

101

4/1981

2/1986

ESPIOMATIC INFRA ROUGE

102

1/1971

4/1979

ESPIONNAGE

1905

2/1950

7/1987

FLIC DE CHOC

43

1/1981

11/1988

FEU

244

2/1964

2/1975

FEMME VIVA

14

1/1987

12/1987

GORE

105

4/1985

12/1989

GRANDE DIFFUSION

6

3/1986

2/1988

GRANDS ROMANS

260

4/1954

3/1972

GRANDS SUCCES

123

1/1971

11/1985

HARD 2004

14

11/1985

12/1986

HOWARD

20

09/1991

05/1993

FRAYEUR

32

09/1994

11/1195

EARTHDOWN

7

06/1997

12/1998

ENQUÊTES DU COMMISSAIRE JOUBERT (Les)

22

1/1986

9/1989

PAUL KENNY

202

3/1973

5/1996

LANCEDRAGON

70

04/1996

2000

LITTERATURE POLICIERE

27

4/1982

9/1985

MARK HARDIN

24

1/1980

9/1985

BOB MORANE

46

5/1988

/1991

LEO MALET (NOUVEAUX MYSTERES DE PARIS) 1ère série

32

1/1982

3/1987

NOIRS les

71

10/1995

11/1999

NUIT GRAVE

11

10/1998

03/1999

POLAR 50

36

2/1988

11/1990

PERRY RHODAN (réimpressions)

48

1980

1983

PRESENCE DES FEMMES

47

01/1968

/03/1972

QUATUOR

4

2/1982

5/1982

RANER

13

2/1979

4/1981

RAVENLOFT

 

06/1995

06/1998

ROUGE ET NOIRE (La Flamme)

47

1949

1954

SAM ET SALLY

77

1/1974

12/1984

SAN ANTONIO OEUVRES COMPLETES

27

 

en cours

SAN ANTONIO

172

1/1973

en cours

SCUM

6

9/1986

2/1988

SECRET DEFENSE

9

03/1990

06/1991

JOHN SINCLAIR

10

1992

1992

SPECIAL POLICE

2076

3/1949

12/1987

SUPER LUXE

170

3/1974

/1985

SUPER POCHE

31

1992

1996

SUPERCOP

22

05/1994

09/1995

SUPERHEROS

13

09/1994

10/1995

STAR TREK

54

1993

1999

TÊTE-BÊCHE

12

1/1969

6/1969

ROMANTIQUES TOURMENTES

26

11/1986

12/1987

WESTERN (JOHNY SOPPER)

23

1952

4/1954

 

A lire également mon article sur Les chiffres du Fleuve Noir ainsi que l'excellent article de Claude Le Nocher sur Action Suspense

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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