Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 08:07

Après le Dernier tango à Paris, film publicitaire pour le beurre, et le Tango corse, immortalisé par Fernandel, voici le Tango Ch'timi.

 

tango.jpg


Alors qu'il pensait avoir terminé sa journée avec son client habituel, Fabrice Chevalier, un homme qu'il suit depuis des années sans progrès notables, le psychanalyste Daniel Libbovitch est importuné par un coup de sonnette à la porte d'entrée. Pourtant il n'avait pas prévu d'autres clients d'autant que sa soirée est consacrée à sa passion du tango et qu'il n'a plus qu'à s'habiller en conséquence.

Car Daniel Libbovitch est un amoureux du tango et des femmes, l'un rapprochant les autres, le psychanalyste étant un consommateur effréné de la gent féminine. Malgré son mariage avec Nadine, mais cela fait si longtemps. Et à soixante-ans Libbovitch enchaine les conquêtes. Jeunes de préférence mais pourvu qu'elles soient belles, l'âge importe peu. La dernière en date, une quadragénaire, se prénomme Sonia.

Fabrice Chevalier parti, il va chercher son ultime patient qui l'attend de main ferme en tenant un couteau. Le lendemain la dépouille du psy est découverte par Fabrice Chevalier, qui avait réussi à obtenir un nouveau rendez-vous, non noté sur l'agenda du thérapeute

Le commissaire Boulard qui vient de clore en compagnie de ses deux adjoints une enquête difficile est chargé de découvrir l'assassin. Les trois hommes pensaient pouvoir bénéficier d'un peu de repos, d'autant qu'en cette fin de mois de juin, une chaleur caniculaire écrase l'agglomération lilloise. Il faut faire avec les événements, mais surtout tenter de résoudre l'énigme au plus vite, car ils ne veulent pas que l'enquête empiète sur leurs vacances prochaines.

Le commissaire Boulard, afin de mieux appréhender les données, dispose sur son bureau de petits santons censés représenter les différents suspects. D'abord Fabrice Chevalier, le seul homme, le seul et dernier témoin connu ayant vu la victime encore en vie le soir du meurtre. Puis Nadine sa femme discrète, atteinte d'un cancer et qui depuis des années ne pouvait plus assumer sa libido; Sonia, la maîtresse en titre, mais pas unique, et partenaire de danse; Lola, la fille de Sonia qui apprend avec stupeur que son amant folâtrait avec la mère et la fille; Barbara, jeune femme qui pratiquait le tango comme une danseuse étoile mais qui a disparu depuis quelques mois; Valérie, psychologue experte auprès de la cour d'appel de Douai et amoureuse de quelques-unes des maîtresses anciennes ou actuelles de Libbovitch et son ennemie notoire; enfin une jeune fille que Chevalier aurait prétendument croisée lorsqu'il se rendait au cabinet du psy. La mère de Libbovitch est écartée du lot car octogénaire. Mais bientôt l'un des santons regagne le tiroir d'où il avait été extirpé. Celui représentant Chevalier, lequel a abandonné le combat en se suicidant.

Très professionnel Boulard s'inscrit dans un cours de danse afin d'apprendre les rudiments de cette danse argentine, et ses progrès sont époustouflants. Pourtant il répugne à jouer le rôle d'une femme dans les bras d'un homme. On a sa fierté, mais comme lui fait remarquer Micelli le professeur qui est en même temps le président du club de danse des tangueros, à l'origine les hommes dansaient entre eux le tango. Boulard est assisté dans son enquête par la jeune docteur Callens, professeur en psychiatrie criminelle, dont il apprécie la justesse de raisonnement alors qu'il avait un à priori lors de leur première rencontre.

 

Blandine Lejeune trifouille l'âme, farfouille les pensées, analyse les actes, décompose les actions et dissèque le passé de tous les intervenants de cette histoire, appliquant le principe de Valérie la psychologue : elle fouillait dans l'histoire personnelle de ces hommes et de ces femmes, dans leur psychologie intime, les motifs qui les avaient amené sur le chemin du crime. On pourrait croire à la lecture de ces quelques lignes, que ce roman est ennuyeux et rébarbatif, mais il n'en est rien.

Blandine Lejeune sait poser le décor, faire évoluer ses personnages, les examiner tel un entomologiste, tout en imprimant à son texte une dose d'humour qui apporte une distanciation bienvenue. Pas de termes barbares, pas de didactisme, pas de psychologie de comptoir ou par trop pédagogique, mais une étude fine au service d'une intrigue fort bien menée. Un drame familial, ce qui nous change des sempiternelles histoires de flics pourris, de guerre des gangs, de trafics de drogue, le tout enveloppé de l'atmosphère envoûtante, onirique et lancinante du tango.

Ce troisième roman, le second chez Ravet-Anceau, nous révèle une jeune auteure, avocate pénaliste dans le civil, qui maîtrise non seulement son sujet et son écriture mais devrait nous surprendre agréablement si elle continue dans cette voie.


Blandine LEJEUNE : Dernier tango à Lille. Collection Polars en nord N°146. Editions Ravet-Anceau. Parution 17 octobre 2013. 216 pages. 10,50€.

Repost 0
9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 08:25

Le fil à couper le leurre ?

 

rodhain.gif


Dans un bureau de la DGRI, le colonel Mignot attend avec impatience ses hommes du réseau Condor. Il doit leur confier une mission dite La Tarentule, dont il ne connait pas la signification, dans le but de protéger Un Puceau, ce qui dans leur jargon veut dire un personnage sensible qui n'appartient pas à la maison. Un citoyen français du nom de Mathew Bolinsky, d'origine tchèque, a, selon des sources bien informées, découvert une invention dont les implications seraient susceptibles d'intéresser les militaires mais également d'autres pays.

Des Tchèques et des Iraniens convoiteraient l'invention de Bolinsky; invention issue de l'observation du travail de la dentelle tissée par les arachnides. Et à partir de ses recherches sur les fils d'araignées, leur texture, leur solidité, Bolinsky a mis au point des filets capables de stopper des balles de 9mm tirées à bout portant, remplaçant ainsi le Kevlar, ou d'arrêter en plein vol un Boeing 747. Une invention qui intéresse fortement différents services et tous les moyens sont bons pour se l'approprier.

Pendant ce temps Mathew Bolinsky est en compagnie de son ami Sidney. Il lui a demandé son aide car deux jours auparavant il a reçu un ultimatum lui signifiant de télécharger l'ensemble de ses travaux sur une clé USB, sinon sa famille en pâtira. Et Bolinsky a pris cette menace très au sérieux. Alors qu'ils marchent tous deux dans la rue, une fusillade en provenance d'une voiture les oblige à se coucher à terre. Simple avertissement ou les auteurs du tir nourri ont mal calculé la trajectoire des balles ? Dans les deux cas l'hypothèse que des tueurs sont sur ses basques se confirme.

Sidney lui propose de se réfugier chez une tante qui vit à Neauphle-le-château dans les Yvelines. Mais malgré la protection rapprochée dont ils bénéficient, lui, sa femme Ariane qui reproche à son mari de lui avoir caché ses difficultés et ses ennuis, et leur fille Isa, les ennuis continuent. Les hommes de l'opération Condor sont même pris pour cible par des tireurs qui provoquent quelques dégâts.

Alors une autre solution est envisagée. Bolinsky et sa famille doivent trouver une autre cachette, à l'étranger si possible. Ariane possède une cousine par alliance qui vit en Thaïlande et aussitôt le voyage est programmé avec des points relais prévus à l'arrivée. C'est sans compter sur les adversaires qui s'accrochent à Bolinsky comme des morpions à une toison pubienne. Et le voyage en avion débute mal. Ce qui augure d'un vol mouvementé, mais l'espoir est là et la Thaïlande les accueille bras grands ouverts, comme pour mieux les absorber dans ses rets, ce qui est un comble pour un spécialiste des arachnides et de leurs fils de soie. Le voyage n'est pas terminé, il se poursuivra jusqu'en Afghanistan.

 

Avec quatre romans publiés entre 1986 (Le Destin Bousculé chez Robert Laffont, La charité du Diable au Fleuve Noir en1993 et La Meurtrissure aux éditions Le Sémaphore en 2006) et celui-ci en 2013, Claude Rodhain n'encombre pas les étals des libraires ni les étagères des bibliothèques des lecteurs. Mais entre La charité du Diable et Le Fil, le seul point commun existant s'avère être le suspense qui englue les deux romans.

Le Filallie roman d'espionnage et d'aventure trépidantes, sans tomber dans les poncifs du genre. Pas d'espions ou de contre-espions à proprement parler mais une situation que connaissent bien des pays qui possèdent une invention susceptible de révolutionner l'Art de la guerre et que veulent s'approprier d'autres contrées gratuitement. L'intérêt réside dans le filet dans lequel est enserré le héros, Mathew Bolinsky, qui pense d'abord à sa famille, aux réactions parfois contradictoires de sa femme Ariane, aux souffrances et aux interrogations de sa fille Isa, à son amitié avec Sidney, aux soupçons qui se portent sur les uns et les autres, et aux sautes d'humeur qu'il ressent alors qu'il est constamment accompagné d'une protection rapprochée, visible ou non, par des hommes du Colonel Mignot ou des autochtones thaïlandais et traqué par des envieux sans complaisance.

Tout réside dans le dénouement, que le lecteur un peu sagace peut prévoir, mais qui clôt ce récit avec force, tendresse, et pour celui qui l'a lu la satisfaction et le plaisir d'avoir passé un bon moment.


A lire du meême auteur : La charité du Diable.


Claude RODHAIN : Le fil. Collection Sang d'encre. Editions des 2 encres. Parution juin 2013. 216 pages. 18,00€.

Repost 0
8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 09:03

Scalpel en main

 

Rouquine-copie-1.jpg


Dominique Rocher fut dans les années 70 l’un des auteurs phare de la collection Angoisse au Fleuve Noir. Même si ses romans n’ont pas toujours convaincu des critiques exigeants, ne sachant pas que sous la plume de Dominique Rocher se cachait une femme à la grande sensibilité, les critiques masculins se montrant à cette époque volontiers machos et surtout intransigeants lorsque les auteurs n’appartenaient pas à la même chapelle ou ne répondaient pas aux mêmes critères d’écriture et d’imaginaire. Donc Dominique Rocher nous revient en 2003, après une longue galère de silence ponctuée de la parution de quelques nouvelles dans des revues plus ou moins confidentielles, et continue depuis à écrire et éditer ses romans chez divers éditeurs d'abord chez Manuscrit.com ou Lulu.com et depuis quelque temps chez Rivière Blanche.

 

Olga a été engagée comme infirmière dans une clinique de chirurgie esthétique, grâce aux recommandations de son cousin Jérémie. Jusque là, rien que de très normal. Sauf qu’un soir, prenant son service de nuit, elle découvre le cadavre d’une de ses collègues gisant à terre et que le lendemain la dite collègue, prénommée Mélanie, est à son poste comme si de rien n’était.

Bon, d’accord, Olga, comme elle l’avoue ingénument à son cousin, est arrivée le soir avec une tête branlante, des cervicales franchissant la ligne droite, et qu’elle s’est couchée afin de se reposer. C’est en se réveillant d’une courte pose de relaxation qu’elle a découvert le corps de Mélanie. Elle a tenté de sortir la jeune femme de son coma, mais en vain. Et comme un incident en appelle un autre, Olga a reçu un coup sur la tête et en sortant de son évanouissement, le corps de Mélanie a disparu.

Jérémie, habitué à ce que Olga se trouve confrontée plus ou moins souvent à des événements singuliers, prend les confidences de sa cousine pour des affabulations. Olga que Jérémie écoute d’une oreille distraite, n’est pas habituée à se laisser assommer sans regimber. Alors n’écoutant que ses neurones qui lui insufflent l’esprit d’aventure et le désir de prouver sa bonne foi, elle se met en chasse, comme un bon toutou dressé à lever un lièvre. D’autant que Mélanie, qui était réapparue miraculeusement se volatilise à nouveau, et cette fois pour de bon semble-t-il. Pour cela Olga sera aidée par un policier italien dont les origines siciliennes ne plaident pas en sa faveur.

 

Charmant, distrayant, frais comme un roman policier des années 60-70 issu d’une production française n’ayant pas toujours eu bonne presse, les Américains étant salués comme des dieux et maintenant encore mais n’entrons pas dans une polémique stérile, ce roman est destiné à procurer au lecteur un moment d’évasion, sans le plonger dans les désagréables événements quotidiens de la banlieue, de la drogue, du chômage, et autres adversités de la vie.


Dominique Rocher : La rouquine tranche dans le vif. Editions Manuscrit.com. Parution 23 avril 2003. Version numérique 7,45€. Version papier 15,90€. 176 pages.

Repost 0
7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 15:50

On voudrait bien le savoir !

 

banter.jpg


Philip Banter est incapable de se remémorer sa nuit. Tout ce qu'il sait c'est qu'il a dû découcher et, qu'une fois de plus, il a bu plus que de raison. Une habitude de plus en plus fréquente.

Pourtant ne plus se rappeler à ce point ses faits et gestes, c'est inquiétant. Inquiétante également cette confession qu'il trouve près de sa machine à écrire sur son bureau dans l'agence de publicité où il travaille et dont le directeur est son beau-père. Une confession d'autant plus bizarre puisque les faits décrits doivent se dérouler le soir même.

Comment a-t-il pu imaginer et écrire ce qui doit lui arriver dans quelques heures, si toutefois il est l'auteur de ces lignes ?

Il se promet que cette pseudo-confession restera lettre morte. Pourtant malgré toute sa bonne volonté une grande partie de ces prédictions vont se réaliser. le lendemain une nouvelle confession postdatée l'attend. Est-il réellement l'auteur de ces élucubrations ou est-il manipulé pour le conduire à sa perte ? Et dans ce cas qui lui en veut à ce point ? Dorothy, son épouse qu'il délaisse de plus en plus ? Foster, son beau-père, directeur de la boite de publicité à qui il vient de faire perdre quelques contrats juteux ? Jérémy Foulkes, son ami perdu de vue depuis un an et ex-amoureux de sa femme ? Ou lui-même, Philip Banter, dont l'abus de boissons alcoolisées l'a amené au bord de la dépression, à la limite de la névrose et de la schizophrénie ?

Philip Banter se rend compte de la déchéance dans laquelle il s'engloutit peu à peu et tente dans ses moments de lucidité de maintenir la tête hors de l'eau. Expression impropre lorsqu'elle est appliquée à un alcoolique, mais enfin…

Le docteur Matthews est le dernier recours de Philip mais pourra-t-il le sauver ?

Un excellent roman, maintes fois réédité, du peu prolifique John Franklin Bardin dont en France on connait déjà la mort en gros sabots et qui met en scène également le docteur George Matthews, ou encore Le diable prend la mouche. Des romans qui jouent sur onirisme, amnésie et dans lesquels fantasmes et réalités se confondent. Un roman qui est devenu un classique de la littérature policière psychologique et d'énigme.

 

 

John Franklin BARDIN : Qui veut la peau de Philip Banter ? (Traduction Richard Matas). Préface de Julian Symons. Editions Terrain Vague/ Losfeld. Réédition collection Arcanes Joëlle Losfeld. Janvier 2002. 258 pages. 5,10€.

Repost 0
6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 06:53

bouhier.jpg

En ce début du mois de septembre 1920, à Lyon, alors que le commissaire Kolvair se prélasse dans la maison de ses parents à Villedieu, rêvant de Bianca la belle aliéniste, il est dérangé par un appel téléphonique émanant de son adjoint Durieux. Le cadavre de Firmin Dutard vient d’être découvert l’après-midi dans la cour située à l’arrière du Grand Hôtel.

Firmin Dutard est, ou plutôt était, un riche industriel lyonnais régnant sur l’industrie automobile de la région et président de la SLIM, Société lyonnaise d’industrie mécanique. L’inspecteur Legone de la Brigade des Tigres pensait hériter de l’enquête mais le juge Puzin en a décidé autrement. Ce sera la Scientifique qui s’en chargera, Kolvair n’ayant qu’à abréger ses vacances.

La première chose qu’entreprend Kolvair, c’est de rendre visite à Damien Badou, le légiste qui autopsie les cadavres qui lui sont confiés en chantonnant. Une habitude. En inspectant le corps de Dutard, Kolvair se rend compte que celui-ci porte sur le torse de petites taches roses, synonymes de syphilis, et que les plis du coude recèlent des cicatrices de psoriasis. C’est peu de chose, mais rien n’est à négliger.

Evidemment, quelques journalistes font échos dans leur organe de presse de ce meurtre. Mais Kolvair est intrigué par l’article d’Armand Letoureur, lequel établit un parallèle entre cet assassinat et la venue d’Anatole Deibler, profession bourreau de père en fils, afin de procéder à une exécution capitale. Le chroniqueur en profite pour relancer le débat de la peine de mort.

L’une des premières remarques effectuées par Badou lors de son autopsie est que le meurtrier a plongé son couteau dans le corps de Dutard de bas en haut et que selon son estimation le coupable ne mesure guère plus d’un mètre vingt-huit. Kolvair doit procéder à l’enquête dans un ordre préétabli. D’abord rencontrer la famille du défunt. La femme du Dutard n’est pas franchement sympathique et apparemment ne regrette pas la mort de son mari. Quant au fils, c’est un nabot, qui est obligé de monter sur un petit escabeau pour embrasser sa mère. Il s’intéresse aussi sérieusement aux domestiques de la maisonnée. Une piste possible pour Kolvair mais une autre se profile rapidement.

En effet, Letoureur a fixé sur une pellicule la scène du meurtre et sur la photo apparait un personnage inconnu. Celui d’un enfant dont la présence est plus qu’intriguante. Grâce aux travaux d’Alphonse Bertillon, qui a inventé les fichiers anthropométriques, un rapprochement peut être établi avec un gamin qui a déjà eut maille à partir avec la police. Mais celui-ci possède un alibi. Au moment du meurtre il était dans les environs de Saint-Etienne. Mais pour le procureur Rocher, le coupable est trouvé et rien ne pourra le faire changer d’avis. Le gamin est envoyé dans une colonie pénitentiaire à Mettray près de Tours.


Le lecteur retrouvera avec plaisir les principaux personnages qui évoluent dans bistanclaques.jpgLe Sang des Bistanclaques, le précédent roman de l’auteur : Kolvair, un rescapé des tranchées de la guerre de 14/18 et qui depuis est unijambiste. Il déambule avec une canne et sa prothèse lui sert de réserve de cocaïne qu’il mélange à du tabac lorsque sa blessure l’importune par trop ; Le professeur Salacan, à la tête du premier laboratoire de police scientifique, organisme créé par le Lyonnais Edmond Locard, et qui, en tant que criminologue réputé, participe à des conférences à Cambridge lors du début de l’affaire ; Durieux, l’adjoint de Kolvair, sportif accompli et dont les talents ne sont pas négligés par son supérieur ; Le procureur Rocher, une vieille connaissance de Kolvair puisqu’ils se sont connus tout jeunes ; Legone, policier attaché à la Brigade Mobile dite aussi Brigade du Tigre en référence à son créateur Clémenceau, et adepte des films érotiques ; enfin la belle Bianca, aliéniste de son état, et dont les liens avec Kolvair demandent à s’élargir et ne pas rester dans le domaine du professionnel.

Ce roman aborde d’autres éléments non négligeables et qui permettent d’humaniser, façon de parler, l’intrigue. En effet la guillotine fonctionne allègrement et la peine de mort fait débat. Tandis que des voyeurs s’agglutinent afin de voir la sentence exécutée, tout comme le malheureux condamné à mort, des voix s’élèvent afin d’abroger cette peine capitale et radicale. L’accent est également mis sur les conditions d’enfermement des gamins dans les maisons dites de correction, de redressement, ces fameuses colonies pénitentiaires qui se révélaient des véritables enfers pour les gamins qui y étaient enfermés et servaient de défouloirs pour les surveillants sadiques et affamés sexuels. Enfin, l’on suit avec intérêt les recherches de Salacan sur le génome, le matériel génétique qui plus tard débouchera sur la mise en valeur de l’ADN, aujourd’hui indispensable pour établir les preuves concernant un présumé coupable, preuve plus scientifique et plus fiable que les aveux extorqués à coups d’annuaires.

J’ai apprécié la construction de roman en chapitres courts qui donnent l’impression d’une enquête menée tambour battant, tout en gardant un rythme égal sans longueurs, sans langueurs.


Odile BOUHIER : De mal à personne. (Première édition Collection Terres de France, éditions Presses de la Cité - Mars 2012). Réédition Collection Grands Détectives N°4778. Editions 10/18. Parution 2 janvier 2014. 7,10€.

Repost 0
5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 07:03

En matière de crime comme de cuisine, les seuls vrais chefs-d'œuvre sont exécutés à domicile.

 

breviaire.jpg


Dans son avant-propos, Ange Bastiani tient à mettre les points sur les I et déclarer ne pas vouloir donner des recettes pour effacer son prochain :

... Que nul ne s'y trompe, sous couvert de prendre langue avec de virtuels assassins, c'est aux éventuelles victimes que nous avons songé, avec une pieuse sollicitude.

Plus d'une sera épargnée pour avoir appris par nos soins le sort qui l'attendait au hasard périlleux d'une table, d'un lit, d'une plage ou d'un fauteuil Voltaire.

De A comme Aconit, dangereux poison que l'on trouve dans la nature, jusqu'à Z comme Zoo, Ange Bastiani décline les différentes façons de procéder afin d'effacer son prochain sans encourir les foudres de la justice et s'occasionner des frais inutiles et dispendieux en honoraires d'avocat. Mais bien évident ces diverses méthodes sont proposées avec un humour noir ravageur qui lui valut en 1968 le Grand Prix de l'Humour Noir. Mais tous les conseils disséminés dans cet ouvrage, les mises en garde obligatoires, les façons de procéder et les méthodes préconisées ne sont pas obligatoirement à prendre au pied de la lettre.

Le poison, quel qu'il soit, aconit, arsenic, mort-aux-rats et autres produits utilisés ont la préférence des meurtriers en herbe. Mais ce sont les différentes manières de l'injecter décrites ici qui offrent une panoplie pouvant être habilement mise en place. Par exemple un piano peut très bien servir de vecteur à du curare, mais tout le monde ne possède pas un tel meuble, même en décoration dans son appartement. Le plus simple est de fourrer une friandise, gourmandise appréciée le plus souvent par des personnes âgées, ou de verser quelques gouttes dans une bouteille qui n'est destinée qu'à l'usage exclusif de la victime désignée. Des précautions sont à prendre toutefois afin d'être sûr que le produit sera ingéré par la bonne personne.

L'amour peut se révéler une recette agréable, pour ne pas dire jouissive, de faire trépasser son prochain, ou plutôt sa prochaine. La procédure est d'enduire le réceptacle d'amour de sa partenaire d'un mélange d'arsenic et de farine, à l'aide d'un doigt, sans que celle-ci s'aperçoive, non point de l'introduction digitale mais de la substance dont celui-ci est maculé. Il est bien sûr déconseillé ensuite d'offrir une gâterie linguale. Cette preuve d'amour assassine est appuyée par l'exemple d'un fermier danois qui s'est ainsi débarrassé de trois épouses successives avant d'être dénoncé par une quatrième élue.

L'avion et l'automobile sont deux moyens de transport propices à l'élimination d'un concurrent ou d'une personne gênante. Mais l'automobile est préférable occasionnant moins de victimes innocentes. Et pour étayer son propos, Ange Bastiani se réfère à deux de ses confrères talentueux, Charles Exbrayat et Alain Page.

Dans l'article consacré à l'habillement, les effets vestimentaires les plus insolites peuvent servir à trucider son prochain. Le foulard est l'une des armes préférées, mais d'autres paraissent plus innocentes comme la chaussette par exemple qui doit être emplie de sable. Les marques sur le corps sont moins prononcées, à l'instar des annuaires téléphoniques, en voie de disparition, que les policiers, pas tous, utilisent pour faire parler un suspect récalcitrant. L'exemple cité fait référence à James Hadley Chase.

Et comme de nombreux personnages célèbres sont mis en avant, principalement des auteurs de romans policiers mais pas que, Ange Bastiani narre une confidence de José Luis de Villalonga, romancier et acteur, qui avouait un crime parfait commis à l'âge de quatorze ans. Dans quelles conditions, me demanderez-vous, impatient d'obtenir une solution simple à vos problèmes de ménage. La réponse est dans le livre à la page 64.

Le tout est présenté avec élégance, humour et dérision. Mais dans un langage châtié, avec des tournures de phrases frôlant parfois la façon de parler Vieille France, ce qui nous change, pour ceux qui ont lu par exemple ses romans signés Zep Cassini et publiés dans les années cinquante dans la collection Spécial Police du Fleuve Noir : Mollo sur la joncaille ou encore en Série Noire sous le nom d'Ange Bastiani avec Arrête-ton char, Ben-Hur ou encore Polka dans un champ de tir dont l'argot reflétait toute une époque et une frange de la société mais qui n'est plus de mise aujourd'hui.

 

Entre ce recensement original sont glissées quelques nouvelles réjouissantes, sauf pour les victimes. Le thème du trio, le mari riche et vieillissant, le bel amant (supposé ou réel) et la jeune épouse, thème cher au théâtre vaudeville, se retrouve dans la plupart de ces historiettes qui auraient pu figurer dans les années soixante dans les journaux humoristiques tels que Marius ou Le Hérisson. Mais l'épilogue est à chaque fois différent, et réserve de bonnes surprises, la chute s'avérant primordiale.

Ainsi Anaconda mon amour met en scène un peintre quinquagénaire qui a épousé deux ans auparavant Anna-Maria, superbe jeune femme de vingt ans sa cadette. Anna-Maria a déjà été mariée quatre fois et a perdu ses maris dans des conditions troubles. Ils passent leurs vacances dans une villa luxueuse sise près de la plage. Mais Anna-Maria est accompagnée de son cousin Patrice et le peintre se demande si les deux complices auraient l'intention de se débarrasser de lui.

La farce ou la méprise peuvent aussi servir de ressort à l'écriture d'une nouvelle. Dans Poison d'avril, un employé de bureau est appelé au téléphone. Il apprend par le directeur d'un hôtel situé sur la Côte d'Azur que sa richissime tante vient de décéder. Aussitôt il exulte, faisant partager sa joie à ses collègues. Joie qui est de courte durée car la secrétaire avait omis d'arracher la page de la veille de l'éphéméride. Or la date du jour est le 1er avril. C'est la consternation mais l'homme décide de ne pas en rester là.

Il n'est pas question de mettre en pratique ces conseils ou informations mais rien ne vous empêche de puiser des idées afin d'écrire une nouvelle destinée à un concours en puisant dans ce bréviaire et peut-être en serez-vous l'heureux gagnant.

La couverture et les illustrations intérieures sont dues à Alfred qui signe également d'autres ouvrages chez L'Arbre Vengeur éditeur. Un site que je vous conseille de visiter car cet éditeur publie des ouvrages méconnus d'auteurs d'hier comme Gilbert Keith Chesterton (le créateur du père Brown) et d'aujourd'hui comme Jean-Yves Cendrey.


Ange BASTIANI : Le bréviaire du crime. Comment supprimer son prochain à moindre risque. Préface de Florian Vigneron. Première édition éditions Solar 1968. Grand Prix de l'Humour Noir 1968. Réédition Editions de L'arbre Vengeur. Parution 15 novembre 2013. 450 pages. 23,00€.

Repost 0
3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 10:03

Mais qui sont ces cloportes qui clopinent ?

 

cloporte.jpg


En ce mois d'août les affaires marchent bien pour la DIJP (Direction Interdépartementale de la Police Judiciaire) de Lille. Trop bien même car la commissaire Emma Telier est débordée et n'a pas assez d'agents sous sa coupe pour tout régler. Elle se résigne à envoyer Etienne Lalouze, ancien agent administratif devenu lieutenant stagiaire et dont l'occupation principale et unique consiste en la rédaction des divers documents inhérents au bon fonctionnement du service.

Etienne Lalouze, à peine la cinquantaine, est un individu falot, introverti, hypocondriaque et qui se déplace dans un pot de yaourt sans permis. Son aversion pour les véhicules dits normaux provient que tout jeune, il avait vingt-cinq ans, il s'est planté avec son véhicule tuant du même coup sa passagère qui était également sa fiancée. Il ne peut qu'obéir, en apparence, à sa chef et il conduit donc le véhicule de fonction pour se rendre sur le lieu du drame. Mais aussitôt hors du vue d'Emma Telier, il récupère son engin personnel et arrive enfin chez la vieille dame qui a été retrouvée morte dans son appartement loué par une association caritative, la Fondation Insula.

Il est vrai que le tableau qui se présente à ses yeux est plutôt triste et indécent à regarder. Mathilde Hardelin, soixante-douze ans, est attifée comme une jeune première désirant attirer l'œil d'un producteur de cinéma. Selon les premières constatations elle aurait dansé avec ses escarpins sur la table, se serait emmêlé les pinceaux et tombée la tête la première au pied d'un évier. Le tableau n'est guère affriolant : Elle porte un déshabillé arachnéen - poncif habituel des littératures érotico-pornographiques - par dessus un soutien-gorge transparent qui laisse voir les aréoles fripées de ses seins que la rigidité cadavérique n'empêche pas d'être flasques comme de gros préservatifs usagés. Un petit détail attire l'attention du timide Lalouze. Du sexe de la défunte émerge une ficelle grisâtre et intrigante. Mais Lalouze ressent comme un manque sur cette dame, quelque chose qu'il ne parvient pas à définir.

khatchkar.jpgPendant ce temps Emma Telier est en compagnie de son adjoint Franck sur le lieu d'un autre drame. Deux individus circulant en moto ont arraché sur le parking d'une supérette le collier d'une vieille femme ainsi que son sac à main. Mais celle-ci tenait à son maigre bien, et entraînée sa tête a heurté une balise, son crâne ne résistant pas au choc. Ce n'est pas le premier incident de ce genre mais pour la première fois, la victime est décédée. D'après les premiers témoignages, le conducteur pourrait être une jeune femme quant à son passager il portait un blouson de cuir, ou simili, avec dans le dos une étrange croix, celle d'un khatchkar (à ne pas confondre avec quatre-quarts) ou croix arménienne, avec une aile au bout de chacune des deux branches horizontales.

Emma est la maman d'une petite Océane, qu'elle doit souvent donner en garde car son mari est un agent immobilier travaillant en Belgique et qui possède un pied-à-terre à Bruxelles. Et elle soupçonne Maxime, son conjoint, de différer ses retours à Lille afin de pouvoir batifoler à son aise avec une maîtresse. Mais heureusement son travail l'accapare, ce qui l'empêche de penser à autre chose, quoique dans ses rêves...

 soulages1-copie-1.jpg

Lalouze vit chez sa mère Lydia, artiste peintre. Son père était friand de lecture, et de pêche, et il avait aménagé en surplomb à l'étage une pièce en avancée et qui est devenue son refuge. Sa mère, elle, peint selon son inspiration, selon ses options du moment, passant d'un artiste à un autre. Longtemps elle a eu sa période Soulages. Des trucs bizarres difficiles à interpréter, mais ça soulage.

Le médecin légiste, une femme, apprend à Telier et Lalouze que la ficelle était attachée à un substitut de virilité masculine fonctionnant à l'aide d'une télécommande. Ce que les Anglo-Saxons dénomment un sex-toy et qu'en bon français on dénomme un jouet érotique. De plus elle a relevé sur le corps de la défunte des marques, assez anciennes, comme peuvent en porter des femmes battues. Lalouze, que l'attitude du procureur énerve, celui-ci ayant le désir de classer l'affaire en banal accident, décide d'enquêter seul, et pour cela demande à son généraliste habituel un congé de maladie. Il débute par se renseigner à la Fondation INSULA et l'un des SDF qui le prend pour un compère, Lalouze étant vêtu hiver comme été des mêmes vêtements, quoique possédant une garde-robe uniforme, des costumes de la même marque et de même couleur, et s'en fait un ami, un copain de comptoir, en lui offrant quelques pintes de bière. C'est ainsi qu'il apprend que la fondation INSULA est dirigée, comme d'autres œuvres caritatives dont le Secours Chrétien, par un certain Swindoo qui a perdu un bras lors d'une mission humanitaire dans le Haut-Karabagh région située entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, déchirée par des guerres ethniques et religieuses. Il fait la connaissance de deux permanents de la fondation puis visite à nouveau l'appartement de la défunte. Et il rend compte que non seulement la télécommande destinée à mettre en mode vibreur le jouet sexuel est absente mais qu'en outre il n'y a pas trace de bijoux ce qui est anormal, car les personnes âgées gardent toujours par devers elles quelques reliques d'une vie précédant leur déchéance. Ne serait-ce que de la bimbeloterie.


cloporte1Son nouvel ami qui fut un éditeur d'ouvrages libertaires lui décline sa théorie des Cloportes prenant pour exemple un ouvrage de Bernard Mandeville (1670 - 1733), homme de lettres et médecin hollandais, La fable des abeilles. Muni de ces renseignements, Lalouze en fait part à Emma, qui était fort mécontente de l'attitude de son stagiaire mais lui ouvres des horizons sur d'autres affaires en instances et sur le vol du collier et du sac à main.

 

L'auteur (ou plutôt le couple d'auteurs puisque ce roman a été écrit par Patrice Dauthie et Maryse Cherruel) donne de petits coups de griffe envers des auteurs de romans policiers ou des spécialistes de telle ou telle profession. Les mandarins de sa profession (médecin légiste) trouvent dans l'exposé du compte rendu de leurs analyses l'occasion d'étaler les arcanes de leur vocabulaire, et les auteurs de romans noirs reprennent ce travers en nous encombrant par trop de transsudation du sang dans les partie déclives avec apparition de pétéchies.

Mais l'amusant là-dedans réside dans ce que le récit est émaillé de mots qui s'ils figurent dans le dictionnaire sont peu utilisés par le commun des mortels : l'électuaire préconisé par le toubib ou le journal solipsiste de Lalouze, et de nombreux autres.

Des allusions à des événements récents, à des sujets politiques ou pseudos politiques, à des hommes politiques, avec à la clé quelques égratignures, ou à des phénomènes de société, fustigeant les philosophes et les économistes. A croire que les universités n'étaient plus désormais que de gigantesques couveuses d'où sortaient des types avec des avis sur tout et n'importe quoi, qui écrivaient des livres dont elle se demandait bien qui pouvait les acheter.

Il est évident que le titre de ce roman policier sociologique, psychologique, philosophique et lexicologique, mais très sympathique au demeurant avec par-ci par-là des traits d'humour noir, est un clin d'œil à Alphonse Boudard et à son roman La métamorphose des cloportes


DAUTHIE-CHERRUEL : La fable des cloportes. Collection Riffle Noir. Editions du Riffle. Parution novembre 2013. 310 pages. 15,00€.

Repost 0
2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 10:24

 

Bon anniversaire à Jean-Bernard Pouy, né le 2 janvier 1946.

 

cinq naze


Il y a ceux qui se sentent mal dans leur peau et qui par timidité, par refus, par manque de courage, par masochisme presque, se complaisent dans leur état de délabrement mental.

Et puis il y a les autres. Ceux qui osent. Ceux qui un beau jour balancent une torgnole à leur destin, se rebiffent, claquent la porte et se mettent à arpenter le bitume pour une destination inconnue ou un avenir prometteur qu'ils supposent meilleur que ce qu'ils côtoient quotidiennement.

C'est ainsi que cinq individus vont faire un pied de nez à leur routine devenue insupportable : une rock'n'rolleuse poétique, émule de Patty Smith ; un recteur breton en mal d'amour ; deux préadolescents qui terminent ce que leurs parents solitaires ont essayé de construire ; un cycliste pour qui la tête ne remplacera jamais les jambes.

Jeanne, la rockeuse s'identifiant à Kerouac et Cendrars a suivi deux spaghettis métalliques parallèles un jour de déprime et s'est réveillée face à l'océan. Edmond préférant l'amour charnel, plus exaltant que la dévotion spirituelle, jetant sa soutane aux orties enfile un pantalon pour rejoindre une hypothétique et piquante Dulcinée. L'amour aussi titille Clément et Anne-Marie, ces deux préadolescents qui se regardent en chiens de faïence pendant que leurs parents tentent d'unir une destinée boiteuse. Leurs cœurs s'embrasent en même temps que leur villégiature estivale et c'est la débandade. Loïc, comptant plus sur ses jambes que sur les calculs de son directeur sportif jette sa gourme, se révolte dans un critérium et prend le chemin des écoliers. Quatre chemins qui conduisent là où Cinq nazes errent en quête d'étoile.

En filigrane de ce récit, en fil rouge conducteur, le journal intime d'Arthur Kelt, un auteur culte pour Jean-Bernard Pouy qui a construit son roman d'après un extrait de la seule œuvre, Die Amsel, de cet écrivain autrichien.

Au contraire de nombreux romans ce n'est pas tout à fait à une errance que le livrent les personnages mais à une convergence de destins. le ton diffère de ses précédentes œuvres et Jean-Bernard Pouy s'y montre plus sensible, moins agressif, moins sarcastique, jonglant quelque peu avec les mots.

Mais le héros de cette histoire, ou plutôt l'héroïne, c'est Saint-Nazaire, qui par son statut de port est une ouverture vers l'évasion, se montre en même temps le rassembleur, le catalyseur, un peu comme une mère poule qui étend ses ailes afin de protéger ses poussins perdus dans un monde qu'ils découvrent avec plus d'appréhension que d'émerveillement.


Jean-Bernard POUY : Cinq nazes. Editions de l'Atalante. 176 Pages. 10,50€.

Repost 0
Published by Oncle Paul - dans La Malle aux souvenirs
commenter cet article
1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 16:10

top12.jpg

 

En 2013 je n'aurai lu que 180 livres soit 7 de moins qu'en 2012, des inédits, des rééditions, ou des exhumés de ma bibliothèque, se positionnant dans tous les genres de la littérature dite populaire. Des romans de suspense et d'énigme comme il se doit, des romans d'aventures et des thrillers, des romans noirs mais aussi de science-fiction et de fantastique, de cape et d'épées, historiques et même quelques érotiques mais quoique cette production ne m'attire guère préférant être participant que voyeur.

J’ai essayé de sélectionner ceux qui m’avaient le plus intéressé, ce qui ne veut pas dire que ce sont les meilleurs, mais bien ceux qui m'ont procuré le plus de plaisir. Et souvent ce n'est pas dans les grandes maisons d'édition que la dégustation est la plus intense. Les petits éditeurs, appellation qui n'est nullement péjorative, possèdent parfois en leurs catalogues des auteurs sur lesquels il serait bon de se pencher même s'ils ne font pas partie de la coterie des éditeurs germanopratins.

Mais à chacun ses goûts et ses couleurs, ses coups et ses douleurs, ses égouts et ses odeurs….

Voici donc mon TOP 12 de romans français ou francophone pour 2013, par ordre alphabétique et si vous désirez retrouver la chronique afférente, cliquez sur le nom de l'auteur.

AUBENQUE Alexis : Stone Island. Editions du Toucan.

CLUYTENS Lucienne : Miss Lily-Ann. Editions Krakoen.

CONTRUCCI Jean : La Vengeance du Roi-Soleil. Editions Jean-Claude Lattès.

DARNAUDET/GIRODEAU/WARD : De Barcelona à Montségur (saga Xavi EL Valent 2). Editions Rivière Blanche.

DAVID-MARTIN Véronique : Le Vertige du Rhombus (Les maîtres de l'orage 2). Pascal Galodé Editeur.

EMBAREK Michel : Avis d'obsèques. Editions de l'Archipel.

FARNEL Joseph : Escort Girls à louer. Pacal Galodé éditeur.

GAY Olivier : Les mannequins ne sont pas des filles modèles. Editions Le Masque

JACQUIN  Bruno : Le jardin des puissants. Editions les 2 Encres

OTSIEMI   Janis : African tabloïd. Editions Jigal.

QUINT Michel : Veuve noire. Editions de l'Archipel.

SUTRA Samuel: Kind of Black. Editions Terriciae.

 

Et comme pour les œufs ou les huitres (de saison) le petit treizième, qui est mon joker :

LANGANAY Anouk : Même pas morte ! Editions Albiana.

 top121.jpg

Tous ne figurent pas ici, pourtant j'aurais aimé les mettre en valeur. Mais pouvez les retrouver en effectuant un petit travail de recherche sur Les Lectures de L’Oncle Paul : Brigitte Aubert, Jacques-Olivier Bosco, Odile Bouhier, Philippe Bouin, Michel Bussi, Didier Fohr, André Fortin, Sébastien Gendron, Bernard Guérin, Hervé Jaouen, Aude Lhotellais, Henri Loevenbruck, Roger Martin, Patricia Rappeneau, Hervé Sard, Bernard Thillie, Gilles Vidal, Frédérique Vollot...

 

Parmi la production étrangère (ouvrages traduits):

ATKINS Ace : Retour à Jericho. Editions du Masque.

BARR Robert : Lord Strangleigh. Editions Rivière Blanche.

BORRMANN Mechtild : Rompre le silence. Editions du Masque.

BOX C. J. : Piègés dans le Yellowstone. Editions du Seuil.

COBEN Harlan : A quelques secondes près. Editons Fleuve Noir.

FITZEK Sebastian : Le voleur de regards  . Editions de l'Archipel.

GAINES Ernest J. : Le nom du fils. Editions Liana Lévi.

GAUTREAUX Tim. Le dernier arbre. Edition du Seuil.

MACKAY Malcolm. Comment tirer sa révérence. Editions Liana Levi.

MILLAR Sam : On the brinks. Editions du Seuil.

MILOSZEWSKI Zigmunt. Les Impliqués. Editions Mirobole.

STEVENS Chevy. Il coule aussi dans tes veines . Editions de L'Archipel.

Et comme pour les romans francophones, j’ajoute un petit treizième afin de faire bonne balance.

VANCE Louis-Joseph : Faux visages (Loup Solitaire 2). Editions Rivière Blanche.

 

top122.jpg

Enfin, ce recensement serait incomplet si ne figuraient pas des études, des biographies, des ouvrages de référence.

SADAUNE Roland : Facteurs d'ombres. Val d'oise éditions.

ARTIAGA & LETOURNEUX : Fantômas ! Biographie d'un criminel imaginaire. Editions Prairies Ordinaires.

GABET & CHARLIER : Henri IV, l'énigme du roi sans tête. Librairie Vuibert.

MESPLEDE Claude : 1982 - 2012. Trente ans d'écrits sur le Polar. Editions Krakoen.

TREPS Marie : Enchanté de faire votre plein d'essence. Librairie Vuibert.

Quelque soit notre choix, aux uns et autres, le principal est de lire ce qui nous fait plaisir…

Repost 0
Published by Oncle Paul - dans Infos
commenter cet article
31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 13:14

Les Lectures de l’Oncle Paul et son modeste animateur vous présentent, à vous tous visiteurs impromptus ou amis fidèles, leurs meilleurs vœux pour 2014.

 

2014.JPG

 

Que 2014 soit synonyme de paix, joie, santé, prospérité et vous apporte plein de bonnes lectures qui réjouiront vos jours et vos nuits.

L’Oncle Paul vous guide dans vos choix mais en aucun cas ne vous impose des titres. La caverne d’Ali-Baba littéraire est riche et vous trouverez sûrement la ou les pépites qui satisferont vos goûts, chacun étant libre ensuite d’apprécier ou non tel ou tel titre, de piocher dans les suggestions et de se délecter des nouveautés, des rééditions ou des exhumés de la bibliothèque personnelle de l’Oncle Paul.

Bonne année (exotique) à tous !

 

voeux2014.jpg

Repost 0
Published by Oncle Paul - dans Infos
commenter cet article

Présentation

  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
  • Contact

Recherche

Sites et bons coins remarquables