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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 16:40

Bon anniversaire à P.-J. Hérault Né le 22 septembre 1934 à Paris dans le quatorzième arrondissement.

P. - J. HERAULT : Un portrait.

Michel Rigaud qui n’avait pas encore adopté le pseudonyme de P.J. Hérault, écume successivement les lycées Fontane à Niort, des Feuillantines, Montaigne et Michelet à Paris et Vanves, se retrouve élève de la Faculté de Droit puis de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Paris et enfin l’Ecole des Hautes Etudes Sociales et Internationales. Il devient Officier de Renseignements en Zone opérationnelle durant la guerre d’Algérie et en ramène une technique du Renseignement qu’il exploitera plus tard avec des romans d’espionnage.

De retour à la vie civile, il réalise un vieux rêve : voler. Il devient pilote de planeur puis d’avion et en même temps il entre comme reporter à Paris-Presse et collabore à Candide. Ensuite il travaillera à l’Aurore, Paris-Jour et sera chroniqueur à RTL. Enfin à TéléStar en tant que rewriter puis chef des informations. En 1972 il participe à la création d’un mensuel aéronautique, Aviation 2000. Regrettant de ne pouvoir exploiter la mine d’informations que représentent les reportages, il trouve bientôt la solution en écrivant des romans d’espionnage. Lecteur du Fleuve Noir depuis un certain après-midi de septembre 1953, à Madrid, il se met au travail et porte son premier manuscrit au Fleuve Noir. Ce sera Réseaux sommeil en 1971 suivi par deux autres romans, Stratégie Détonateur et Le barrage maudit.

Mais il découvre la science-fiction et s’y plonge avec délectation et écrit pour la collection Anticipation vingt quatre titres, de 1975 à 1996. Il en garde une petite anecdote : « L’une des dernières, et très jeune directrice littéraire, m’a dit que j’étais un dinosaure du Fleuve. Je ne suis toujours pas convaincu que c’était gentil ».

A ma question, Comment vous est venu le besoin, l’envie, le plaisir d’écrire et pourquoi de la littérature populaire, il m’a répondu : « Au début pour l’argent. J’étais journaliste. Je ne savais qu’écrire ou faire la guerre. Ensuite parce que je ne trouvais pas les histoires qui me plaisaient. Alors je me les suis racontées. La S.F. parce que c’est un genre où l’on peut tout écrire, dans n’importe quel domaine. La littérature populaire parce que c’est la seule qui soit un reflet de son époque ». Peut-être est-ce pour cela qu’il apprécie surtout les ouvrages sur l’aviation, l’une de ses passions, et ses auteurs préférés sont Pierre Clostermann et Nicolas Montserrat. Il ne lit guère la littérature générale, sauf exception, parce qu’elle l’ennuie. « Ça ne bouge pas assez, beaucoup d’auteurs se regardent le nombril ». Il a pratiqué, régulièrement, des sports aussi différents que la voile, la plongée en scaphandre autonome, le ski, l’escrime et l’aviation sous toutes ses formes, à l’exclusion du parachutisme et du vol libre qui le terrorisent. Enfin il passe ses vacances d’été dans les îles grecques du Dodécanèse.

Il s’explique sur son « métier » d’auteur mais aussi pourquoi il écrit des romans de science-fiction ainsi : « Nous avons besoin de critiques. D’encouragements, à un moindre degré. Alors nous avons tous nos trucs. Le mien est terriblement égocentrique. Si des personnages sont vivants dans mon crâne, si je vois une scène, si je me sens bien, si j’ai envie d’être dans un engin spatial, au milieu des commandes des voyants de contrôle, alors je pense que cela plaira à d’autres. Mais si une histoire m’ennuie, alors je recommence, ou je laisse tomber. Je ne suis pas capable d’écrire pour aligner des lignes. Il faut que j’y prenne plaisir, que je m’y amuse, que je rêve. C’est pourquoi j’ai laissé tomber l’espionnage, il y a bien longtemps. Je travaillais, à l’époque, pour Paris-Presse et mes confrères du service de politique étrangère me racontaient des anecdotes qui n’avaient pas leur place dans le journal. J’en tirai un roman. Mais j’ai été vite lassé. Je connaissais les techniques de renseignement pour les avoir apprises dans l’armée. Mais tous ces romans se ressemblaient à mon avis. Je me sentais prisonnier. L’Anticipation, au contraire, représentait la liberté totale pour un auteur. Et le Space-opéra était le genre où je me sentais le plus à l’aise. Peut-être parce que j’ai piloté pendant vingt-neuf ans et que j’aime voler, en planeur ou en avion. Un poste de pilotage m’est familier. Ceci explique cela ».

P. - J. HERAULT : Un portrait.P. - J. HERAULT : Un portrait.P. - J. HERAULT : Un portrait.

Dans ces romans il existe une forme d’antimilitarisme, mais il modère toutefois cette prise de position dans ses propos : « Une armée n’est que le reflet, parfait, de la nation qui la génère. Rien de plus. Elle peut avoir une grande conscience ou être un ramassis de brutes infâmes, à l’image du pays. Donc l’antimilitarisme systématique me parait primaire. Il faut savoir de quoi l’on parle, ne pas avoir passé ses vingt ans dans un fauteuil… Ni être une féministe qui discourt de ce qu’elle ignore. C’est l’esprit militariste, le goût du combat pour le combat et la férocité, la perte de son âme, que je ne supporte pas. De même que la violence, que je déteste. Mais il arrive toujours un moment où l’on ne peut pas faire autrement que l’employer. On peut reculer, accepter, jusqu’à un certain point où la liberté, la dignité, peut-être, impose de se battre, défendre des grands principes, plutôt. En revanche je hais, peut être parce que je les ai approchés, professionnellement, les politiciens. Menteurs par fonction et ne faisant pas honneur à la race humaine ». P.J. Hérault ne manie pas la langue de bois, c’est tout à son honneur.

Aujourd’hui il continue d’écrire et Rivière Blanche accueille ses romans inédits (six pour l’instant), mais c’est la marque de fabrique de Rivière Blanche : publier d’anciens auteurs du Fleuve Noir, des romans oubliés de la fin du XIXème siècle, et découvrir de nouvelles pousses, dans tous les domaines de l’Anticipation et du Fantastique. J’y reviendrai. Cependant il est un roman traitant d’uchronie qui jusqu’à peu tenait à cœur à P.J. Hérault et qui est resté longtemps dans ses tiroirs mais, n’étant pas publié pour diverses raisons. « Un gros livre de 1600 pages non publié en raison de sa taille, essentiellement, et du fait de ma nationalité non américaine ! » déplorait-il. « C’est une uchronie sur l’Europe où j’ai mis beaucoup de moi-même, des personnages qui ont une conscience, ce qui importe beaucoup à mes yeux ». Depuis ce gros roman a été édité chez Interkeltia, sous le titre Millecrabe, en trois volumes. Enfin oserai-je dire, et P.J. Hérault peut être fier de s’être obstiné et d’avoir eu foi en lui et en son œuvre. Et je ne serais pas complet (cet article a été écrit en juin 2011) si j'oubliais de signaler que des romans inédits et des rééditions sont publiés aux éditions Critic.

P. - J. HERAULT : Un portrait.P. - J. HERAULT : Un portrait.
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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 07:54

Moi aussi j'ai toujours aimé sa ma la femme !

Gilles BORNAIS : J'ai toujours aimé ma femme.

Il existe un subtil distinguo entre J'ai toujours aimé ma femme et J'aime toujours ma femme. De même que ce mot laissé sur le comptoir dans la cuisine et sur lequel est déposé un Laguiole : Je ne rentrerai pas. Faut-il le prendre au sens de Je ne rentrerai plus (du tout) ou Je ne rentrerai pas (ce soir) ? Et le couteau est-il un symbole de séparation ?

Le narrateur, Jean-Baptiste Rolant, ne s'embarrasse pas de problèmes grammaticaux en découvrant ce vendredi soir ce message laconique et lapidaire Je ne rentrerai pas. Mylène et lui sont mariés depuis vingt-quatre ans, ont deux enfants, fille et garçon, et il n'a pas souvenance d'accrochages, de scènes de ménage, d'assiettes cassées.

Alors il tente de la joindre sur son téléphone portable, en vain. Il laisse des messages, des interrogations. Il téléphone également à son ami Max, son copain de toujours avec qui il a fondé une boite de communication qui a réussi à s'imposer dans la jungle des publicitaires. Mais Max n'a aucune nouvelle de Mylène. Jean-Baptiste est perdu dans cet appartement vide d'Issy-les-Moulineaux, les minutes passent et toujours pas de nouvelles. Il téléphone à Jessica sa fille qui est mariée et vit en Irlande. Pour l'heure elle ne sait rien. Quant à Jonathan le fils, il est trop occupé avec ses copains, ses pizzas, pour s'inquiéter.

Le seul moyen de se changer les idées, c'est de se rendre au journal où travaille Mylène. Elle est journaliste et peut-être a-t-elle un article à finir de boucler impérativement. Il préfère revenir à Paris, retourner sur les lieux qu'ils ont l'habitude de fréquenter, de poser ici et là une question, Avez-vous vu ma femme ?, enfin il entre au Café des Sciences, où Mylène prend régulièrement un café ou autre boisson. Il aborde deux femmes qui d'après leurs propos appartiennent à Paris Monde, le canard où Mylène est reporter.

Elles ne connaissent pas véritablement Mylène qui n'est qu'une collègue parmi tant d'autres. Pourtant elles essaient de le faire parler, de s'intéresser à son problème matrimonial. Jean-Baptiste est peut-être un peu trop imbu de lui-même car il n'hésite pas à déclarer que sa femme a des copines mais pas d'amies, pas de confidentes. Son confident, c'est moi depuis vingt quatre ans. En continuant d'explorer les possibilités, les probabilités, les endroits où Mylène aurait pu se réfugier, chez ses parents peut-être, à Etretat où ils ont acheté et retapé une maison, à Deauville que Mylène préfère à Etretat à cause des falaises trop dangereuses et pour les peintres aussi, car Mylène peint, mais sûrement pas là où Caroline, l'une des jeunes femmes, suggère : Mylène n'a pas d'amant.

Jean-Baptiste traîne sa solitude tout le week-end, explore son ordinateur, lit les messages qu'elle a reçu, fouille ses comptes bancaires, à l'affût du moindre indice. Découvre qu'elle se rendait chez une psy, obtient ou plutôt quémande un rendez-vous, mais cette rencontre ne le satisfait pas. Alors qu'il attendait des réponses il repart avec des questions. Il va même à Deauville sur les traces du professeur de dessin de Mylène mais avait-il besoin d'aller si loin.

Car ce qui le turlupine est sous ses yeux. Il est vrai qu'il est myope, 3 à chaque œil. Mais pour lire en lui-même, point n'est besoin de lunettes, ou de lentilles. Simplement de se regarder en lui, courageusement, sans faux-fuyants, sans concession, en enlevant sa carapace d'homme imbu et d'explorer vingt-quatre années de mariage. Une route de la vie empruntée ensemble mais il a peut-être oublié qu'il avait une passagère avec lui.

 

Le titre qui pourrait faire penser à un roman destiné à une collection dite à l'eau de rose, résonne comme un mantra tout au long du livre. Comme si le narrateur voulait absolument se persuader et persuader son entourage, et le lecteur par la même occasion, qu'il aime effectivement, réellement sa femme et qu'il l'a toujours aimé. Ce qui est vrai, certes, mais n'est-ce point qu'une façade destinée à cacher ce qu'il ne veut pas s'avouer, ce dont il pourrait éventuellement avoir honte, s'il plongeait en lui-même, s'il s'auto-psychanalysait, s'il s'autopsiait, s'il voulait être véritablement sincère avec lui, engoncé qu'il est dans son petit confort égoïste. Il ne s'agit pas de disséquer la vie d'un couple qui sort de l'ordinaire, mais bien d'un ménage banal, comme nous en formons tous plus ou moins, avec ses petits travers, et de les mettre en valeur, disons plutôt sous la lumière, comme un entomologiste qui essaie de comprendre, d'analyser le comportement de deux insectes qui crapahutent alors que nul aspérité semble se dresser sur leur chemin.

Ce roman est destiné à tous ceux qui veulent éclaircir le mystère du couple, solide en apparence mais fragile de l'intérieur, c'est à dire nous tous même si j'entends des dénégations par-ci par-là.

A lire également du même auteur : 8 minutes de ma vie, Le trésor de Graham ou encore Le diable de Glasgow.

Vous pouvez retrouver également l'avis de Claude Le Nocher sur Action-Suspense

Gilles BORNAIS : J'ai toujours aimé ma femme. Editions Fayard. Parution le 27 août 2014. 256 pages. 18,00€.

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 06:35

Un Pascal Garnier émouvant qui met toujours la plume où ça fait mal !

Pascal GARNIER : Vieux Bob.

Le point commun entre toutes ces nouvelles qui composent ce recueil, c'est le couple. Le couple qui se forme, qui se cherche, qui se désagrège, qui se supporte, le couple qui vit par et pour lui-même.

Le couple, c'est l'homme et la femme, bien évidemment, mais c'est également l'homme et son chien ou plutôt le chien et son maître. C'est la mère et son fils. C'est le jeune homme solitaire, secrètement amoureux. Et le lien qui unit ces couples est lâche, dans le sens de desserré ou celui de couard, près de la rupture. Tendu ou serpentin, effiloché ou solide comme un fil de nylon qui se plie, se tord mais ne rompt pas.

Des couples éphémères, qui vivent, qui meurent, un moment intense d'où la solitude est exclue mais pourtant veille comme une augure pessimiste. Des couples pour qui la vie de couple devient comme une entrave à une liberté choisie délibérément à deux. Des couples où seul l'un des deux a son mot à dire, l'autre subissant passivement la loi. Des couples que pas même la mort parviendra à scinder, déchirer, car l'habitude et l'amour sont plus forts que tout.

Tout seul, c'est pas drôle, on n'est plus qu'une moitié qui passe son temps à chercher l'autre...

Des tranches de vie, comme prises au hasard, mais qui illustrent bien ce besoin de parcourir l'existence à deux, ce rejet de la solitude, tout en jetant parfois un regard nostalgique derrière soi. Comme la quête de son double.

J'avoue professer toutefois un attrait particulière pour Vieux Bob, nouvelle éponyme du recueil, qui narre la vieillesse d'un vieux chien dans un bistrot. Un chien qui se traîne près du frigo, dehors il fait trop chaud, et gêne le passage du patron servant les clients. Un vieux chien qui désire juste un peu de fraîcheur mais est rejeté justement parce qu'il est vieux. C'est pas beau de vieillir et de subir une vie de chien. Pathétique.

 

A signaler que Cabine 34, l'une des nouvelles de ce recueil, avait figuré dans L'anthologie des meilleurs nouvelles de l'année 88/89 parue chez Syros, une anthologie concoctée avec soin par Christine Ferniot.

Pascal Garnier nous a quitté le 5 mars 2010, et je salue l'excellente initiative des éditions Atelier In8 et le directeur de cette collection, Marc Villard, qui viennent de rééditer ce recueil initialement paru chez Syros/Alternative en 1990 sous le titre de Cas de figures.

Pascal Garnier fait partie de ces figures incontournables des écrivains méritant le respect et sa mémoire doit être entretenue grâce à la réédition de ses œuvres.

 

Pascal GARNIER : Vieux Bob. Collection Polaroïd; éditions Atelier In8. Parution le 9 septembre 2014. 112 pages. 12,00€.

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 12:36

La vie est comparable à une pièce de monnaie qui roule sur la tranche. La moindre aspérité et la voilà qui tombe, du bon ou du mauvais côté.

Olivier KOURILSKY : Le 7e Péché.

Médecin néphrologue, Christian Arribeau se voit promis à un bel avenir. Enfin il va atteindre son but, devenir professeur avec tous les honneurs qui en découlent. Il est vrai qu'il s'est donné les moyens pour arriver à cette distinction. Travailleur possédant toutefois des facilités, mais surtout arriviste, opportuniste, n'hésitant pas à marcher sur les pieds des autres afin de passer devant, il arrive enfin sur la dernière marche, la plus traîtresse. Il a un jeune patron, ami avec le doyen de la faculté, qui vient d'ouvrir un service dans un CHU de la proche banlieue parisienne et il s'est marié avec Céline, la propre du fille du dit doyen. Tous les éléments sont réunis pour qu'il obtienne le poste mirifique de Professeur des Universités et Praticien Hospitalier.

Juste un petit point noir, comme un comédon irréductible chez un acnéique, a failli ruiner sa carrière quelques années auparavant. Il devait procéder à une trachéotomie en réanimation en compagnie de Delphine qui était chef de clinique dans le service où Christian entamait sa dernière année d'internat. Seulement une manipulation malheureuse a entraîné une complication qui a conduit le patient au cimetière. De toute façon celui-ci serait décédé quand même étant gravement atteint, mais au moins cela aurait été de maladie. Delphine et Christian étaient très proches, pour une fois sans arrière pensée de sa part, et elle avait endossé toutes les responsabilités. La famille, qui était plus près du banditisme que du gratin parisien même si parfois les deux se confondent, avait porté plainte, plainte qui avait été étouffée. Seulement quelques mois après, Delphine avait perdu non seulement l'équilibre sur le quai du métro mais également l'usage de ses membres inférieurs, échappant à l'accident mortel de justesse. Depuis elle travaille à un poste important au ministère de la Santé mais elle n'avait pas voulu qu'ils se marient, lui conseillant même d'aller trouver ailleurs une femme susceptible de l'aider dans sa carrière.

Malgré son mariage, qui d'ailleurs est légèrement branlant, Christian continue à rendre visite à Delphine. En catimini, ayant toujours un alibi prêt à dégainer. Et ce soir là il est heureux d'apprendre à la belle Delphine qu'il est quasiment parvenu à son but, son passage devant le Conseil national des Universités s'étant déroulé parfaitement. Il ne manque plus que les signatures ministérielles afin de valider sa promotion. Après avoir vidé quelques flûtes de Champagne en compagnie de Delphine, il quitte la jeune femme qui habite dans le XVe et s'apprête à regagner le domicile conjugal. Et c'est à ce moment que le destin bascule comme le piéton qui s'apprête à traverser la rue.

Il tangue le piéton, il traverse et Arribeau n'a pas le temps de freiner, la voiture passe dessus. Affolement complet à bord. Personne dans la rue, aux fenêtres, alors Arribeau traîne le corps entre deux voitures et s'en va. Mais le destin veille. A un carrefour, alors qu'il a la priorité, Arribeau se fait percuter par une voiture folle. Les policiers qui pourchassaient le véhicule sont immédiatement sur place, tandis qu'Arribeau est légèrement sonné. Il est emmené à l'hôpital et prévient sa femme. Celle-ci n'est pas dupe et devine immédiatement qu'il venait de sortir de chez Delphine. Lorsqu'il veut récupérer sa voiture placée à la fourrière, prête à être compactée, la collision l'ayant rendue inutilisable, il regarde sous le capot afin de vérifier qu'il n'y a pas de trace de son accident avec le SDF.

Car il s'agit bien d'un SDF connu dans le quartier qu'Arribeau a percuté et tué. Le commissaire serait prêt à laisser tomber l'affaire mais le lieutenant Pougnisky a comme qui dirait des antennes. Il sent quelque chose de louche et lorsqu'il fouille dans les affaires du défunt il est fort étonné, non pas de trouver une douzaine de bouteilles de vin vides, mais de constater que celles-ci sont nickel. Pas de traces d'empreintes ou de poussière. Et l'analyse révèle que l'homme avait dépassé les trois grammes d'alcool dans le sang, alors qu'il n'était pas réputé pour être un poivrot, et que de plus une drogue avait été mélangée au pinard. Un mélange rédhibitoire. Cette fois-ci, c'est à la criminelle d'enquêter et l'enquête échoue au 36 quai des Orfèvres sur le bureau du commandant Claude Chaudron. La jeune femme et son groupe prennent au sérieux cette affaire, à la plus grande joie de Pougnisky qui rêve d'intégrer la brigade.

Arribeau qui pensait pouvoir reléguer cet accident dans la case pertes et profits commence à recevoir des photos explicites montrant la voiture passer sur le clochard, puis mettre en évidence le numéro minéralogique de son véhicule et quelques autres dont l'intérêt n'est pas moindre. Et il faut que des tueurs entrent dans la danse.

 

Olivier KOURILSKY : Le 7e Péché.

Olivier Kourilsky dans Le 7e péché, dont par ailleurs c'est le septième roman, nous invite à découvrir un personnage malsain, imbu de lui-même, carriériste, arrogant, persuadé de réussir dans la vie en se servant des autres pour accéder plus facilement et plus rapidement au Graal. Ce genre d'individu, la société en compte beaucoup, nous en avons malheureusement la preuve tous les jours soit professionnellement et plus encore en politique. Mais c'est à dessein que l'auteur a choisi un membre de la profession médicale, parce qu'étant lui-même médecin, il connait les arcanes des différentes professions qui composent son sacerdoce et qu'il a dû rencontrer au cours de sa carrière un ou plusieurs éléments de cet acabit. Mais je vous rassure tout de suite, Olivier Kourilsky ne se met pas en scène même si les parties narratives effectuées par Arribeau le sont à la première personne. Le reste de l'histoire, notamment les recherches de Pougnisky puis de la brigade du Commandant Claude Chaudron, le sont à la troisième personne.

Habilement construit, ne cherchant pas à ériger en victime Christian Arribeau, le personnage principal, Le 7e péché est un roman de suspense et psychologique à la fois. Psychologique dans la description de l'attitude négative d'Arribeau, et de suspense car le dernier chapitre nous révèle une dernière inconnue. Et cela m'a fait penser aux romans des grands maîtres qu'étaient Boileau-Narcejac et surtout à Louis C. Thomas qui savaient construire des énigmes puissantes en mettant en scène des personnages ordinaires. Le machiavélisme de l'intrigue mis en valeur par la fluidité de l'écriture !

A lire également d'Olivier Kourilsky : Dernier homicide connu, aux mêmes éditions.

Voir également l'article de Claude Le Nocher concernant ce roman sur Action-Suspense.

Olivier KOURILSKY : Le 7e Péché. Editions Glyphe. Parution le 1er septembre 2014. 208 pages. 15,00€.

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 08:04

Profitant de la rentrée littéraire les éditions SKA proposent en ce mois de septembre une nouvelle fournée de romans et nouvelles publiées dans les collections Mélanges et Cullissime.

Au menu de cette chronique vous pouvez déguster un assortiment digne d'un buffet froid garni de petits fours sucrés et salés.

Au hasard du piochage voici quelques amuse-bouches :

Et SKA les littéraires.

Roland SADAUNE : vue sur le cimetière.

Robert Marsouin a depuis sa prime jeunesse été attiré par les cimetières et par la mer. Enfant il jouait aux osselets sur les pierres tombales, endroit de circonstance et aucun mort ne serait venu le gronder à cause du bruit provoqué sur les dalles. Ensuite ce fut la mer, et il admire les mâts, les coques, les embarcations tout en rêvant, sous le parasol, d'Hélène se bronzant au soleil, brunette en bikini affolant la plage et ses occupants. Les rêves sont ainsi faits qu'ils peuvent se confondre avec la réalité. En excellent artiste peintre Roland Sadaune joue avec les couleurs comme avec les sensations.

Collection Mélanges. 1,49€.

Et SKA les littéraires.

Jan THIRION : Visa pour le 7ème ciel.

Sally traîne son chariot de ménage tout en surveillant sa fille Yolande qui est installée dans le sas avec ses animaux. Un merle, c'est facilement apprivoisable paraît-il, surtout lorsqu'on l'a recueilli jeune et soigné une patte blessée. Et peu de choses suffisent pour lui faire un nid, une culotte par exemple. Yolande dans le sas attire les animaux qui se désagrègent ensuite. Et puis il y a aussi Julien son frère, et tous deux font l'apprentissage de l'amour charnel tout en philosophant sur les étoiles, de l'évolution cosmique dans la salle des combinaisons. Sally ne veut pas les déranger, d'autant que d'autres pensées accaparent son esprit, celles de l'inconnu par exemple qui alimente ses phantasmes. Ceci est-il vraiment réel, n'est qu'un rêve érotique de la part de Sally ? Comme d'habitude avec Jan Thirion, nous entrons dans un univers déconcertant.

Collection Cullissime. 1,49€.

Et SKA les littéraires.

Jérémy BOUQUIN : L'Archange.

L'homme se décrit comme assistant sexuel. Ce n'est qu'une partie de sa multi-profession puisqu'il exerce également la pratique de kiné, masseur et chiropracteur et donne des cours de yoga et de sophrologie. Son client, qui lui a demandé de passer chez lui, n'est guère convaincu et le prend presque pour un gigolo. Faut bien gagner sa vie mais la manipulateur affirme qu'il est hétéro, qu'il ne couche pas mais masse et caresse. Tout est dans la nuance. Au fait sa cliente se prénomme France, est âgée de quatre-vingt quatre ans et est clouée au lit par de multiples AVC. Alors Gabriel, oui c'est le nom du kiné, commence sa thérapie manuelle, avec douceur et doigté, réveillant la vieille France. Même si c'est pour la bonne cause, tout le monde ne comprend pas ses motivations, surtout sa femme, ou encore le fils de France. Il faut dépoussiérer les esprits et ne pas placer des pensées erronées dans des urnes.

Collection Mélanges. 1,49€.

 

Vous pouvez découvrir toutes les nouvelles parutions des éditions SKA, ainsi que les anciennes, sur le site de leur librairie, l'entrée est gratuite et n'engage à rien. Le plaisir de la découverte ne se refuse pas.

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 13:34

Bon anniversaire à Jean-Pierre Andrevon

né le 19 septembre 1937.

Jean-Pierre ANDREVON : Aubes trompeuses.

Trompeuses les aubes ? Oui à en croire Jean-Pierre Andrevon qui dans ce recueil composé de neuf nouvelles, nous propose plutôt des crépuscules.

Neuf nouvelles parues dans des magazines parfois confidentiels, disparues aujourd'hui, ou revues et remaniés, enrichies, et même une inédite.

L'inspiration et l'imagination de Jean-Pierre Andrevon sont sans limites, et s'adaptent au support pour lesquelles ces nouvelles étaient destinées.

Ainsi la nouvelle destinée à Chorus N° 6 de 1998, revue aujourd'hui défunte consacrée à la musique et qui avait été crée et dirigée par Fred Hidalgo, grand amateur de Frédéric Dard, Jean-Pierre Andrevon nous propulse dans un avenir plus vieux de quelques décennies. Le jardin extraordinaire est le titre de cette nouvelle dans laquelle le narrateur voit des chanteurs des années cinquante, Jacques Brel, Georges Brassens, Guy Béart, Félix Leclerc et autres auteurs-compositeurs-interprètes sur scène chantant à leurs débuts leurs œuvres, des chansons à texte qui trifouillent l'âme. Un héritage provenant d'un arrière-grand-oncle et composé de disques vinyles, d'un électrophone, et autres reliques. Des artistes qui viennent en lui, grâce à une morphogénèse presque parfaite. Seulement il y a Clare, qui apparait sous la forme d'un fantôme transparent, perturbe son environnement et dissipe le charme. C'est d'abord un hommage à ces artistes qui ont peiné pour se faire un nom et qui restent les grands maîtres de la chanson francophone auquel Jean-Pierre Andrevon rend. Mais il n'est pas seulement romancier, nouvelliste ou dessinateur, il est également chanteur et a enregistré quelques disques. Voir à ce propos mon article consacré à l'un de ses albums ici .

Némésis, la première des nouvelles du recueil, se décline comme un compte à rebours, dans une Zone où règne la chaleur. Une petite voix s'infiltre dans les neurones du narrateur, implorante. Ne me laisse pas... Ne pars pas... Une voix de femme qui le stigmatise, envahissant son esprit : Alors, tu t'es bien amusé ? Une parabole sur ce que certaines personnes peuvent être amenées à ressentir en s'adonnant inconsidérément à un univers virtuel. Première publication dans Khimaira N° 14, 2008.

Il se sent bien nous entraîne à la suite d'Olivier Charmeyrois dans le TGV de 17h08 en partance de Marseille pour Paris. Il lit en diagonale Le Monde, les infos étant répétitives et catastrophiques. Sa voisine est une jeune femme, belle, expansive, et bientôt ils se connaissent comme s'ils avaient toujours voyagé ensemble dans le train de la vie. Soudain un éclair violent et intense se produit et le temps défile à une vitesse incroyable, en faisant marche arrière. Publié dans Bifrost N° 6, 1997 sous le titre plus évocateur de Big Bang.

Je ne mourrai jamais, souhait que beaucoup d'entre nous effectue en regardant tous les livres contenus dans leur bibliothèque et que jamais ils ne pourront lire, Je ne mourrai jamais est une sensation ressentie par un personnage aux multiples identités. Il se balance dans un berceau, se confronte en une joute navale avec un adversaire planté sur un radeau, se retrouve sur une terrasse à l'ombre d'une palmeraie clonée, devient prospecteur de météorites, se débranche puis se rebranche à un jeune homme, à un lion cloné... Une vie interminable. Nouvelle inédite.

Dans Les ailes ne poussent qu'une fois, le narrateur vit avec Béni dans un vaste appartement qui devient bientôt une ruche. Au début naquit Farida, qui eut droit à sa chambre à part, puis vinrent Nahoum suivit de Aïch qui partagèrent une autre pièce. Mais inexorablement les enfants naissent, la famille s'agrandit de plus en plus, et comme dans les autres foyer le phénomène se produit de la même façon, la place vient à manquer dans la ville. Dans les rues il devient difficile de se déplacer et la solution arrive comme par miracle : des ailes leur poussent dans le dos et ils peuvent migrer et trouver un autre endroit où s'installer. Est-ce vraiment la fin d'un périple ? Publié dans la défunte revue Faërie N° 7, 2002.

Aube trompeuse, nouvelle éponyme du recueil, nous propulse dans un monde où pour la première fois depuis longtemps le ciel est vide. Reflétant toutes les nuances ou presque de l'arc-en-ciel sans que l'une empiète vraiment sur l'autre. Hommes et femmes émergent des trous de la montagne, nus et respirant à pleins poumons. Un retour à la nature en foulant l'herbe mouillée mais craquante. Mais la nuit tombe inexorablement. Le narrateur retrouve son cher ami Sergio mais ayant aperçu par trois fois une belle jeune fille, il le frappe. Le début ou la fin d'un monde, d'un cauchemar ou d'un rêve ? Nouvelle parue dans la défunte et éphémère revue Gandahar N° 2 en 1973 mais dans une mouture inédite.

 

L'univers fantastique ou science-fictionnesque de Jean-Pierre Andrevon est résolument noir. Catastrophes, cataclysmes parsèment son œuvre mais en même temps, il se montre onirique. Désabusé, pessimiste sur l'avenir de notre monde, l'auteur le décrit sous formes de paraboles, et il n'est guère d'espoir d'en imaginer une véritable aube radieuse. Il se mue en prophète mais comme l'écrivit Rémy de Gourmont : Il y a deux voies pour le prophète : ou annoncer un avenir conforme au passé, ou se tromper. Dans quelle catégorie ranger Jean-Pierre Andrevon ?

Jean-Pierre ANDREVON : Aubes trompeuses. Editions La Clef d'Argent, collection KholekTh N°27. Parution le 4 septembre 2014. 152 pages. 12,00€.

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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 15:05

La vengeance est un plat qui se mange froid, ça tient chaud au tripes.

Headon HILL : Les vengeurs

La littérature, c'est comme la musique. Elle peut être enjouée, frénétique, foisonnante, interprétée en solo ou par un orchestre de cinquante musiciens, lascive, nostalgique, politique, revendicative, revancharde, émouvante, de salon ou de kiosque, classique ou moderne, inédite ou alternative, tonique ou soporifique... Ajoutez les adjectifs qui vous inspirent.

Les Vengeurs serait à classer dans le style slow langoureux, parfois avec un léger changement de rythme, mais avec cette particularité de donner l'impression au lecteur de danser alternativement avec deux partenaires jumelles (ou jumeaux mesdames). En effet ce roman qui date de 1906, berce doucement le lecteur, ne le brusque pas, lui permettant d'apprécier dialogues et descriptions, et emprunte à un thème qui fut abondamment exploité par la suite, celui des sosies. Contrairement aux romanciers populaires qui sortaient de leurs chapeaux un sosie afin de résoudre une énigme, Headon Hill place d'entrée ce cas de figure comme élément essentiel de l'intrigue.

Depuis plusieurs semaines la belle, jeune et riche Marion Fermor a l'habitude de s'installer avec élégance et confortablement dans un fauteuil dans le bureau de John Quayne, éminent détective dont les fenêtres donnent sur le Strand, grande artère londonienne fort passagère. Marion est orpheline et a hérité depuis près de deux ans, époque à laquelle elle a atteint sa majorité, la coquette somme de deux millions de livres sterling. Elle a été élevée par sa tante Jane Middleton or un incident s'est produit dans sa vie. Elle s'est promise à Nigel Lukyn, qui actuellement est enfermé dans un centre psychiatrique à la demande de sa mère. Nigel est coléreux, vindicatif, grossier mais Marion n'a qu'une parole et elle est bien décidée à favoriser sa sortie.

Soudain Marion bondit de son fauteuil et montre un individu dans la rue à Badger, le jeune apprenti de Quayne. Cet homme qui a attiré son attention se nomme Leslie Armitage. Ex capitaine de hussard d'origine noble et militaire, il a perdu sa fortune confiée naïvement à un aigrefin et depuis il vit en aristocrate déchu, n'ayant que quelques pièces de menue monnaie pour subsister.

Marion lui propose, contre une somme d'argent qu'il aurait tort de refuser, de prendre la place de Nygel dans la clinique et de lui favoriser son évasion. Leslie y restera quelques semaines, le temps de prouver au docteur Beaman qu'il a recouvré tous ses esprits. C'est le coup de foudre immédiat de la part de Leslie qui tombe amoureux de cette belle et pure jeune fille. Marion n'est pas insensible non plus à la prestance de Leslie, mais elle n'a qu'une parole. Même si elle se rend compte qu'elle a peut-être donné son aval un peu précipitamment : J'ai agi étourdiment, c'est possible; j'ai été guidée plus par l'amour-propre que par l'amour de ce pauvre Nigel. N'empêche que je me dois à lui tout entière, lui ayant librement et loyalement donné ma foi. Telles sont ces réflexions intérieures qui la guident. Leslie accepte le marché et en compagnie de Quayne se rend non loin de la maison de santé. Alors qu'ils devisent tranquillement un individu tire sur Leslie, ne l'atteignant que superficiellement. Un incident qui ne perturbe en rien l'entrée de Leslie dans cet établissement de soins.

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si... Et oui, il y a un Si. Une petite bande de tueurs est à la recherche de Nigel. Sous la coupe de Berthe Roumier, Scorrier Voules et Fayter Frayne tentent par tous les moyens d'éliminer ce Nigel qui lors d'un séjour aux Etats-Unis se serait rendu coupable d'un acte délictueux. Berthe Roumier et ses sbires appartiennent à une société plus ou moins secrète, Les Chevaliers du Travail, qui veulent entraver le capitalisme au Nouveau Monde. Nigel doit mourir ayant joué sur les deux tableaux. Heureusement Badger qui a l'œil vif a repéré le manège de ces trois tristes individus, mais pour leur mettre la main dessus et annihiler leur décision meurtrière, il en va autrement. D'autant que Leslie a mené à bien sa mission, et Nigel peut rejoindre sa fiancée. Seulement Tante Jane, plus au courant de la vie que Marion, trouve que Nigel a étonnamment changé durant son séjour. Il n'est plus grossier comme avant et au contraire se montre prévenant envers la vieille dame. Marion est heureusement surprise elle aussi de ce revirement, mais elle le voit avec les yeux de l'amour.

Alors la question se pose au lecteur : qui est maintenant au bras de Marion ? Nigel son ancien promis ou Leslie qui s'est dévoué par amour ? Un détail, qui ne sera remarqué que beaucoup plus tard, l'histoire dure tout de même six mois environ, aurait dû mettre tout ce petit monde sur la piste. Entre temps de nombreux événements se dérouleront, et souvent leur vie ne tiendra qu'à un fil, ou à un cordage puisqu'un voyage en bateau sur le yacht de Marion est envisagé.

 

Ce roman qui semble délicieusement rétro possède une étrange parenté avec ceux d'aujourd'hui, mais en moins violent, moins charnel. Si le thème du sosie, ou de la gémellité, fut depuis abondamment exploité, ce n'était pas encore à l'époque une constante. D'ailleurs le lecteur est prévenu. La recherche du sosie et son emploi est l'un des ressorts de l'histoire. Et la servante traîtresse, la bonne sœur déguisée, par exemple, font partie de la panoplie des personnages qui traversent les récits de suspense et d'énigme. Mais ce qui est étonnant c'est cette interférence avec une société secrète combattant le capitalisme, ce que l'on pourrait appeler un syndicat, dont les moyens de parvenir à un but bien défini vont jusqu'à l'extrême. De nos jours les syndicats sont beaucoup moins virulents même si les provocateurs existent, tout comme dans les rangs de la police d'ailleurs.

Une histoire qui débute à la manière d'un marivaudage comme le souligne Jean-Daniel Brèque dans son introduction : Headon Hill a eu le trait de génie d'appliquer au roman criminel les codes du marivaudage : substitution d'identité, travestissement, rendez-vous secrets, quiproquos, tout y est ! Sauf que les ressorts de l'intrigue ne sont pas l'amour et le badinage mais bien la vengeance et la folie meurtrière.

Qu'ajouter de plus ? Que c'est un excellent roman de délassement, fort bien construit, plaisant à lire, et l'on en redemande.

Headon HILL : Les vengeurs (The Avengers - 1906. Traducteur Anonyme, version révisée par Jean-Daniel Brèque qui a également assurée la préface). Collection Baskerville N°19. Editions Rivière Blanche. Parution mai 2014. 256 pages. 17,00€.

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 09:40

Le Mal est à part... entière !

Gilles DELABIE : La part du mal.

A vingt cinq ans, Vivien Malet est encore un gamin, et se conduit comme tel surtout lorsqu'il a taquiné la bouteille ce qui lui arrive trop souvent. Et les commerçants des halles de Rouen se plaignent de ses malices. Il peut se montrer violent aussi, notamment envers les lapereaux de son patron, un marchand de lapins. En ce lundi du mois de janvier 1954, ses facéties tournent au drame. Il est retrouvé mort dans la camionnette qu'il devait finir de décharger. Un coup de poinçon, ou autre arme tout aussi efficace, planté dans le cou avec violence.

L'enquête revient au commissaire Kléber Bouvier lequel s'adjoint l'inspecteur Péqueri dont c'est la première véritable affaire de meurtre à laquelle il est confronté. Les poches du défunt recèlent un véritable petit trésor : un canif, de la ficelle, des osselets, jeu alors en vogue, deux photos d'une jolie jeune fille, plus une enveloppe et un petit paquet-cadeau enveloppé dans du papier de soie. L'enveloppe contient une liasse de billets, trois cent mille francs, somme énorme pour l'époque, et un mot griffonné sur une page d'écolier déclarant : Je ne suis pas un mendiant. Quant au paquet-cadeau il renferme une bague dont la valeur peut être estimée au bas mot à trente mille francs. Selon son patron Vivien vivait tel un sauvage et demeurait dans une vieille chapelle désaffectée sur la colline Sainte-Catherine. Cet argent et ce bijou proviendraient-il d'un vol ?

Péqueri est chargé par Bouvier de recueillir dans le quartier des informations concernant Vivien le simplet. Point n'est besoin à l'inspecteur de visiter tous les troquets de la place, le premier s'avère être le bon. Heureusement, son foie n'aurait pas pu absorber les petits verres d'alcool proposés. Selon la patronne du troquet, genre matrone à la Dubout, Vivien habitait à l'hôtel Mimosa dans le faubourg Martainville. Un quartier déshérité, pauvre, mal famé. Vivien aurait même une fiancée du nom de Mariette Malcouchée, un patronyme qui ne convient guère à cette jeune fille de même pas dix-huit ans et qui vivrait de l'argent des autres, ou d'un souteneur répondant au nom de Mékavic.

Une piste à ne pas négliger, d'autant que Mariette prétend qu'ils se sont mariés quelques semaines auparavant, en catimini.

Autre piste à explorer, que se réserve le commissaire Bouvier, celle de la famille Malet. Gustave, le père, règne en despote sur la lignée des Malet, ayant réussi à s'accaparer l'héritage de ses frères et sœurs, seule Catherine vivant au château telle une princesse. Vivien avait été retrouvé à l'âge de quinze ans, soit dix ans auparavant, dans une marnière et depuis il est devenu un déboussolé des neurones. Seul François, l'autre fils de Gustave, est resté au domaine, travaillant sur des recherches scientifiques et agricoles.

Gustave Malet est plus qu'un gros paysan, c'est le maire du village de Doudeville dans le Pays de Caux. Casteloup, le gendarme qui officie dans la petite commune déclare même à Kléber Bouvier : Je vous avais dit que monsieur le maire n'était pas un tendre. Mais faut apprendre à le connaître. Il n'est pas seulement maire ici... Il possède l'usine d'engrais, la distillerie, les abattoirs, et pratiquement toutes les métairies du pays qui lui vendent leurs récoltes et leurs bêtes. Sans compter les camions pour la collecte du lait et tout le reste.

Bouvier et Péqueri ne sont pas au bout de leurs surprises, ce qui ne refroidit pas leur ardeur. Pourtant en ce mois de janvier 1954, le froid règne sur la région et Bouvier est obligé de se déplacer avec le gendarme Casteloup en carriole, l'essence gelant dans les réservoirs. Le fameux hiver 1954 au cours duquel l'Abbé Pierre lança un appel poignant en faveur des déshérités, des pauvres, des sans toits.

Bouvier est un homme comme les autres, malgré son statut d'officier de police. Il est marié avec Clémence, mais le ménage bat de l'aile car il trompe sa femme depuis des années avec Suzanne. Elle connait les incartades de son mari mais Clémence subit. En revenant d'un vernissage organisé en l'honneur de sa bru, le couple aperçoit dans la neige sur les bas côtés de la route un homme qui semble mal en point. Ils le recueillent, l'emmènent chez eux et c'est alors qu'un pan du passé de résistant de Bouvier lui remonte à la surface.

 

En lisant ce roman on ne peut s'empêcher d'évoquer Eugène Sue avec ses Mystères de Paris, Victor Hugo et ses Misérables, Guy de Maupassant et ses Contes normands, Emile Zola avec La Terre ou encore Pierre Ponson du Terrail dans ses romans champêtres comme Le Chambrion. Tout concourt à mettre en parallèle les histoires décrites par ces grands auteurs du XIXème siècle : l'atmosphère, l'ambiance, les décors, les personnages, leurs réactions violentes, la pauvreté qui règne, les grisettes et les marlous, les parvenus provinciaux qui s'érigent en petits dictateurs plaçant sous leur coupe tous les membres de leurs familles, les jalousies, les rancœurs. Avec en figure de proue le père Malet, un rôle qu'aurait pu endosser facilement Jean Gabin dans ses prestations de gueulard irascible et vindicatif. Dans celui de Mariette Arletty et sa gouaille et dans celui de Vivien Bourvil jeune avec son air niais et naïf. Evidemment ce ne sont que des images fugitives qui traversent l'esprit du lecteur, et loin de moi l'idée de vouloir faire croire que Gilles Delabie a écrit un roman à la manière de... Il possède ses propres atouts mais reste néanmoins que La part du mal s'inscrit dans le registre du roman naturaliste qui aujourd'hui est un genre quelque peu délaissé.

Un roman dur et âpre, qui ne joue pas dans le misérabilisme mais ausculte une région et ses habitants par le prisme des conditions de vie dans une campagne française à a fin de la Seconde Guerre Mondiale. Pourtant La part du mal ne manque pas d'humour, celui qui donne du baume au cœur lorsque tout va mal et qu'il faut malgré tout se montrer optimiste.

Gilles DELABIE : La part du mal. Collection Polars en nord N° 159. Editions Ravet-Anceau. Parution le 9 mai 2014. 208 pages 10,50€.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 12:40

Un violoniste au violon, étonnant non ?

Mechtild BORRMAN : Le violoniste.

Après avoir interprété de façon magistrale une œuvre de Tchaïkovski et recueilli les ovations méritées du public, Ilia Grenko repart en coulisses afin de ranger son violon, un Stradivarius offert par le tsar Alexandre II à son arrière arrière grand-père, dans son étui. Il a juste le temps de le placer délicatement à l'intérieur que deux hommes lui enjoignent de le suivre à bord d'un véhicule, sans qu'il puisse prévenir qui que ce soit sauf quelques paroles au portier.

Emmené à la Loubianka, il lui est reproché de vouloir s'exiler comme quelques autres musiciens en Europe de l'Ouest. Il est vrai qu'une tournée à Vienne est programmée et qu'il a déposé une demande officielle afin que sa femme Galina et ses fils puissent le suivre. Mais à aucun moment il a pensé quitter définitivement son pays. Ses affaires personnelles et son violon lui sont retirés, rangés dans un carton parmi tant d'autres. Il croupit dans une cellule, où il se morfond, traité comme une bête, même pire. Il a beau clamer son innocence rien n'y fait. Alors dégoûté, meurtri, affaibli et pensant pouvoir s'en sortir il signe des aveux. Le résultat va à l'inverse de ce qu'il espérait car il est condamné à vingt ans de bagne. Après un long périple en chemin de fer, en compagnie de centaines d'autres déportés, il est dirigé vers le goulag de Vorkouta. La neige, les travaux dans les mines, l'acharnement des surveillants et la détention dans des conditions précaires, nourriture rationnée, l'enlisent peu à peu dans une forme d'apathie. Pourtant il pense toujours à sa femme, à ses enfants, mais surtout qu'a-t-il pu faire pour se voir ainsi reléguer au ban de la société.

Pendant ce temps, Galina sa femme s'inquiète auprès de Mechenov, le professeur d'Ilia et son ami, qui l'avait mis en garde. Tout le monde lui affirme qu'Ilia est passé à l'Ouest, le portier a été remplacé, elle est éconduite lorsqu'elle se rend à la Loubianka, et même les journaux affirment que le violoniste à l'avenir prometteur s'est réfugié hors de l'URSS. Bientôt elle aussi va subir les affronts du régime dictatorial imposé par Staline et ses séides. Elle est déportée avec ses enfants à Karaganda au Kazakhstan. Elle trime à la lessive tandis qu'une amie plus libre dans ses déplacements s'occupe de Pavel et d'Ossip, ses enfants. Elle pourra même s'installer plus tard à Alma-Ata, après avoir purgé sa peine plus longtemps que prévu.

 

Sacha Grenko le petit-fils d'Ilia et de Galina, fils d'Ossip, après avoir traîné dans les rues puis obtenu son bac et une solide formation en informatique, travaille pour une boite de sécurité à Cologne. Ses parents ont été tués dans un accident de voiture en novembre 1990 alors qu'ils venaient de s'installer en Allemagne. Viktoria, sa sœur, et lui ont été séparés, placés dans des familles d'accueil ou des centres. Il est devenu un révolté et un délinquant, connaissant la prison, un passage bénéfique puisque c'est là qu'il s'est intéressé à l'informatique. Il vient de recevoir un appel téléphonique de Viktoria dont il n'avait plus eu de nouvelles depuis leur séparation dix-huit ans auparavant. Content de retrouver sa sœur il prend immédiatement l'avion pour Munich.

A la pension où loge la jeune femme il apprend par la tenancière de l'établissement que Viktoria joue du piano-bar depuis quelques jours dans un hôtel. Elle lui remet toutefois une enveloppe qui contient un petit mot et une clé de consigne. Arrivé à l'hôtel, il s'installe au bar mais sa sœur qui semble surveiller son entrée ne le reconnait pas. Et ne le reconnaîtra jamais. Un plop, un rond rouge qui s'étale dans le dos de Viktoria, et le passé s'éteint. Pas tout à fait car il se précipite à la consigne et en retire une besace. Il se méfie de tout, croisant un policier, s'attendant à être interpellé, car les événements précédents la mort de Viktoria ne jouent pas en sa faveur.

La besace contient des photos et des documents. C'est ainsi qu'il apprend que son grand-père Ilia fut un célèbre violoniste, supposé s'être enfui à l'étranger, et que ses descendants sont les héritiers du Stradivarius. Une lettre écrite sur un emballage de boite de conserve et destinée à Galina, sa grand-mère, signée d'Ilia fait partie des documents. Il découvre également que l'oncle Pavel qui était resté à Alma-Ata est décédé accidentellement en tombant d'un échafaudage quelques jours auparavant l'accident de voiture de ses parents. Des images lui reviennent en mémoire, comme des flash. Il fait part de ses découvertes auprès de son patron qui lui propose de lui apporter toute son aide.

Commence alors un long voyage dans le temps et dans l'espace, à la recherche du fameux instrument de musique, Sacha évitant à plusieurs reprises des tentatives de meurtre. Il est poursuivi, traqué, mais l'aide fournie par son patron lui permet d'échapper aux embûches, aux embuscades, mais jusqu'à quand.

 

Entre les pérégrinations de Sacha à la recherche non seulement du Stradivarius mais également des tribulations de ses ascendants, nous suivons à la trace les malheurs dont sont victimes son grand-père Ilia et de sa grand-mère, dont il se souvient avec émotion, ayant vécu avec elle quelques années à Alma-Ata avant le départ de ses parents pour l'Allemagne.

L'enfer des goulags, des camps de déportation, les tortures morales et physiques, les privations, la faim, mais également le cynisme, la mauvaise foi, les manipulations, la paranoïa des dirigeants de l'URSS à la fin des années 40 et dans les années 50, sont soigneusement décrits, démontrés. Un régime totalitaire qui broie inéluctablement ceux qui aspirent à la liberté par des individus sans scrupules qui appliquent les consignes, par idéologie, jalousie, par convoitise ou tout simplement englué dans une paranoïa qui leur fait voir des traîtres partout. Vu de l'extérieur, de France par exemple, le régime stalinien était porté aux nues par des embrigadés portant des œillères. De nos jours encore ils les ont conservées ne voulant pas admettre qu'ils ont pu être trompés ou s'être trompés. Des œillères qu'ils ne veulent surtout pas soulever ayant peut-être peur de découvrir les effets néfastes d'une telle politique, préférant vivre dans leur utopie.

Un roman émouvant, poignant, dur, âpre, sans concession et qui peut déranger certaines certitudes.

Vorkouta et KaragandaVorkouta et Karaganda

Vorkouta et Karaganda

Mechtild BORRMAN : Le violoniste (Der Geiger - 2012.Traduction de l'allemand par Sylvie Roussel). Editions Le Masque. Parution le 20 août 2014. 250 pages. 19,00€.

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 09:18

Après l’échec de la Collection Noire, Jean-Baptiste Baronian, le nouveau Directeur du Fleuve Noir, tente de lancer une nouvelle collection dans la continuité de Spécial Police en avril 1991.

CRIME FLEUVE NOIR : Présentation d'une collection.

Les premiers numéros sont des rééditions et il faut attendre le dix-huitième titre pour enfin découvrir un inédit. Cette collection qui comportera 54 volumes, 13 nouveautés pour 41 rééditions, ne pouvait se pérenniser dans de telles conditions. D’autant que, si les premiers volumes proposés étaient des rééditions signées G.-J. ARNAUD, Brice PELMAN, Jean VAUTRIN, Hervé JAOUEN, bientôt le directeur tombe dans la facilité en inscrivant au catalogue Frédéric DARD, auteur au succès incontesté mais par trop réédité dans différentes collections, au détriment des inédits.

Frédéric DARD se vend bien et est victime de son aura littéraire. Les rééditions poches ont proliférées aussi bien au Fleuve Noir, où il se voit attribuer des collections particulières, ainsi que chez Pocket, anciennement Presses-Pocket où il figure au catalogue depuis de nombreuses années. A part ceux qui achètent un livre afin de passer uniquement le temps lors d’un voyage en train (d’où le terme de littérature de gare) les lecteurs, collectionneurs ou non, trouvent facilement les titres qui leur manquent chez les bouquinistes.

 

Claude RHODAIN, Béatrice NICODEME, Emmanuel ERRER, Jean-Pierre ANDREVON, Joseph BIALOT, KAA et dans une moindre mesure CANINO, n’ont pu redresser une situation en déliquescence.

Pourtant Jean-Baptiste Baronian, et Christine Gouffier qui était directrice de marketing aux Presses de la Cité, en charge de Presses Pocket (devenue tout simplement Pocket), du Fleuve Noir et de Vaugirard, étaient confiants et déclaraient dans un magazine édité spécialement pour ceux qui bénéficiaient des services de presse et des libraires :

 

Affaires du crime

Roman noir, roman de détection, suspense, thriller... non, il n'est jamais facile de trouver son chemin dans la jungle du polar actuel. Quand le mot est lâché, chacun l'entend comme il le veut. Et chacun pense à ses auteurs favoris. Georges Simenon, Raymond Chandler, Léo Malet, Agatha Christie, John Dickson Carr, San-Antonio...

Autant dire que la littérature policière est très vaste et qu'elle peut avoir de multiples visages. Avec la collection Crime Fleuve Noir, l'accent est mis sur le mystère, le suspense, l'angoisse au quotidien.

Qu'on ne cherche donc pas ici des romans à l'ancienne ni, à l'inverse, de faux livres modernes pleins de faux bruits et de fausses fureur. Dans la collection, les héros sont des gens ordinaires... eux, vous, nous.

Mais ce qui leur arrive est, neuf fois sur dix, une véritable tourmente.

A preuve les romans de G.-J. Arnaud qui racontent, presque toujours, de sombres et passionnantes histoires criminelles. A preuve aussi les romans de Brice Pelman, d'Hervé Jaouen, d'Emmanuel Errer et de Gérard Delteil. Pour distiller le frisson, ils n'ont pas leurs pareils. Et puis surtout, leurs livres sont toujours des récits remarquablement construits qui procurent de réels et de grands plaisirs de lecture. Mais qui a dit que le roman policier était en perte de vitesse ? Surement de tristes prophètes. Car il suffit de lire n'importe quel titre de la collection Crime Fleuve Noir pour constater aussitôt que le genre est bien vivant et qu'il n'a rien perdu de sa vigueur. De toute façon, les vrais connaisseurs, eux, sauront goûter. Et approuver sans réserve.

 

Hélas une profession de foi qui n'aura eu qu'un impact limité !

CRIME FLEUVE NOIR : Présentation d'une collection.
CRIME FLEUVE NOIR : Présentation d'une collection.

1 - Arnaud Georges - J.: Enfantasme. [avr-91] rééd. de SP 1235

2 - Vautrin Jean : Typhon gazoline [avr-91] rééd. de Eng. 7

3 - Errer Emmanuel : Un détour par l'enfer [avr-91] rééd. de Instant Noir 13

4 - Arnaud Georges - J. : Le coucou [avr-91] rééd. de SP 1574

5 - Pelman Brice : La maison dans les vignes [jun-91] rééd. de SP 1578

6 - Arnaud Georges - J. : Tel un fantôme [jun-91]. rééd. de SP 543

7 - Arnaud Georges - J. : Bunker-parano [juil-97] rééd. de SP 1743

8 - Jaouen Hervé : Marée basse [juil-91] Eng. 61

9 - Delteil Gérard : Coup de cafard [sept-91] rééd. de SP 1942

10 - Arnaud Georges - J. : Les jeudis de Julie [jul-91] rééd. de SP 1389

11 - Errer Emmanuel - Le syndrome du P.38 [oct-91] rééd. de Eng. 81

12 - Arnaud Georges - J. : Le pacte [oct-91] rééd. de SP 1813

13 - Pelman Brice : Attention les fauves [nov-91] rééd. de SP 1641

14 - Arnaud Georges - J. : Tendres termites [nov-91] rééd. de SP 966

15 - Jaouen Hervé : Quai de la fosse [dec-91] rééd. de Eng. 34

16 - Arnaud Georges - J. : Noël au chaud [dec-91] rééd. de SP 1479

17 - Arnaud Georges - J. : La recluse [jan-92] rééd. de 14/22

18 - Rodhain Claude : La charité du diable [jan-92] Inédit

19 - Arnaud Georges - J. : La défroque [fev-92] rééd. de SP 1044

20 - Pelman Brice : Les plumes du paon [fev-92] Inédit

21 - Jaouen Hervé : Toilette des morts [mar-92] rééd. de Eng. 74

22 - Kaa : Trois chiens morts [mar-92] Inédit

23 - Errer Emmanuel : Le cercle d'argent [avr-92] Inédit

24 - Vilard Roger : Abattez vos dames [avr-92] Inédit

25 - Arnaud Georges - J. : La vasière [mai-92] rééd.de SP 1620

26 - Andrevon Jean-Pierre : Coup de sang [mai-92] Inédit

27 - Nicodème Béatrice : Meurtres par écrits [jun-92] Inédit

28 - Andrevon Jean-Pierre : Comme une odeur de mort [jun-92] rééd. de Gore 85

29 - Arnaud Georges - J. : Deux doigts dans la porte [juil-92] rééd. de SP 1268

30 - Pelman Brice : La troisième victime [juil-92] Inédit

31 - Dard Frédéric : Le cahier d'absence [sept-92] rééd. de SP 289

32 - Dard Frédéric : Toi qui vivais [sept-92] rééd. de SP 178

33 - Canino : Mort blanche [oct-92] Inédit

34 - Dard Frédéric : Refaire sa vie [oct-92] rééd.

35 - Leroy Frédérick : Mourir côté jardin [nov-92] Inédit

36 - Dard Frédéric : Les bras de la nuit [dec-92] rééd. de SP 102

37 - Andrevon Jean-Pierre : Leur tête à couper [fev-93] Inédit

38 - Dard Frédéric : Des yeux pour pleurer [fev-93] rééd. de SP 142

39 - Dard Frédéric : Ma sale peau blanche [mar-93] rééd. de SP 148

40 - Nicodème Béatrice : Défi à Sherlock Holmes [avr-93] Inédit (non signalé)

41 - Dard Frédéric : Les mariolles [mai-93] rééd. SP de 227

42 - Canino : La Vénus du peep-show [jun-93] Inédit

43 - Dard Frédéric : L'accident [sept-93] rééd. SP de 247

44 - Dard Frédéric : Les séquestrés [sept-93] rééd. de Grands Succès.

45 - Andrevon Jean-Pierre : La mort blonde [oct-93] Inédit

46 - Dard Frédéric : La dame qu'on allait voir chez elle [dec-93] rééd. de Grands Succès

47 - Bialot Joseph : La main courante [mars-94] Inédit

48 - Dard Frédéric : Coma [avr-94] rééd. de SP 185

49 - Dard Frédéric : Le cauchemar de l'aube [mai-94] rééd. SP de 271

50 - Dard Frédéric : Du plomb pour ces demoiselles [juil-94] rééd. de SP 15

51 - Dard Frédéric : Puisque les oiseaux meurent [sept-94] rééd. de SP 241

52 - Dard Frédéric : Le pain des fossoyeurs [oct-94] rééd. de SP 127

53 - Kaa : Le marteau [nov-94] Inédit

54 - Dard Frédéric : On n'en meurt pas [dec-94] rééd. de SP 122

 

CRIME FLEUVE NOIR : Présentation d'une collection.
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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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