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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 08:50

La psychologie de comptoir.

André DUQUESNE : Freudaines.

Paris. Minuit. Après un repas bien arrosé et afin de défendre la vertu d'Henriette, Philippe Montigny frappe d'un coup de poing ajusté Arsène. Le patron du café s'écroule contre un coin de table et ne se relève pas.

Dégrisé, Philippe réalise qu'il vient de commettre un meurtre. Seuls témoins de cette algarade : Henriette, à peine seize printemps et Bernard, dix sept ans. Aussitôt Philippe prend les choses en main. Il décide de simuler un vol, prend les économies du cafetier et procure à chacun de solides alibis. Pendant que Bernard restera dans le café, Philippe et Henriette vont s'éclipser et faire croire à un retour.

Deux points en leur faveur : ils rencontrent une vague connaissance et tandis uils frappent au rideau de fer deux agents cyclistes qui effectuent leur ronde les surprennent et entendent Bernard à l'intérieur imiter Arsène.

Suite à cet "exploit" Philippe attrape quelque peu la grosse tête. Il se mesure à Frédo, le souteneur d'Irma, le bat et annexe celle-ci. De statut officiel d'étudiant, en réalité il passe plus de temps dans la rue qu'à la fac, le voilà devenu mac et meurtrier. Cependant les nuages s'amoncellent sur sa tête fragile.

Bernard désire plus rapidement que prévu sa part de galette et le commissaire Barrois se retrouve trop souvent sur son chemin. Quant à la belle-mère de Philippe, Marie-Madeleine, pas encore la quarantaine, elle lui fait des yeux doux.  Ce qui est nouveau mais compréhensible. Le père de Philippe, ex sénateur, a mal passé le cap de la soixantaine et néglige sa jeune femme.

Philippe se trouve à la tête d'un cheptel. Sa belle-mère pour l'hygiène, Irma pour le fric, et Henriette pour le cœur. Quoique celui-ci soit assez versatile.

Bernard devient de plus en plus encombrant, glouton, influencé par un ami homosexuel quadragénaire. Philippe décide de se débarrasser de ces deux parasites. Peut-être une erreur, d'autant plus qu'il est sujet à des vertiges, des dédoublement de personnalité, et mesure de moins en moins les risques encourus.

 

André Duquesne, ne signe à son premier roman à la Série Noire. Ecrit à la première personne du singulier, dans un style sec, nerveux, rapide dénué de fioriture, que l'on retrouvera tout au long de son œuvre. Seulement l'empoi systématique de l'argot marque l'époque et le roman a mal vieilli. De plus pour ses dix-neuf ans, Philippe Montigny semble trop adulte, trop mûr pour son âge, trop cynique envers les femmes, plus particulièrement dans ses relations avec Irma et sa belle-mère. Quant aux retournements de situations, ils ne sont guère crédibles.

 

Curiosité :

Tous les romans d'André Duquesne parus à la Série Noire ont été réédités en 1972 sous le patronyme de Herbert Ghilen chez Transworld Publications ou France Sud Publications. Ainsi Freudaines a été réédité sous le titre : Rencart avec personne.

 

Citation :

Pour croire dur comme fer à l'honnêteté, il faut être riche.

 

André DUQUESNE : Freudaines. Série Noire N°237. Parution février 1955. 184 pages.

 

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 09:37

Face à la montée du fanatisme, de l'intégrisme, de la barbarie, le meilleur moyen de rendre hommage aux disparus de l'attentat perpétré envers Charlie Hebdo, de ses quatre dessinateurs, mais également aux autres victimes, c'est de continuer le combat pour la démocratie.

Ne baissons pas les bras !

Aussi contrairement à quelques confrères qui préfèrent ne pas publier d'articles aujourd'hui, je continue et ne m'arrête pas au bord du chemin, en ne laissant pas des assassins croire qu'ils ont réussi à nous boucler le bec.

Ne baissons pas les bras !

La liberté d'expression, c'est aussi cela, et il ne faut pas se taire face à des tueurs qui veulent nous imposer une loi inique, celle d'une religion. Ceux qui se prétendent serviteurs d'un dieu quelconque se cachent derrière un étendard pour mieux assouvir leurs instincts de meurtre, derrière un livre, Bible ou Coran, dont ils déforment souvent les préceptes pour mieux se justifier. Mais il n'y a aucune justification aux meurtres et à la guerre de religion. L'esprit de tolérance est bafoué, et s'ils déplorent quelques dessins, qu'ils prennent à leur tour un crayon. Ce n'est pas par le feu et la violence que les problèmes d'incompréhension seront résolus, mais par la parole et le dessin aussi virulents peuvent-ils être.

Ne baissons pas les bras !

Les dessinateurs de presse ne baissent pas les bras.

Faisons comme eux !

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 08:54

...à l'hôtel des courants d'air !

Giles JACKSON : Charmante soirée

Nil Boyd et Anne Warriner, tous deux journalistes au Clarion, ont décidé de passer quelques jours de vacances dans la propriété de la jeune femme à Oldfield dans le Connecticut.

Afin de ne pas exciter la curiosité des voisins, mais surtout pour éviter tout commérage malveillant, Anne propose de prendre deux chambres à l'Hôtel du lac. Il fait nuit, la lune vient de se lever, un dernier verre serait le bien venu tandis que Nil ferait la cour à la jeune femme dans la chambre de celle-ci.

Tandis qu'ils lisent les prédictions concernant leur signe astrologique, un cri retentit. Boyd s'élance à travers la fenêtre, passe sur le toit de la véranda, glisse à terre et découvre le cadavre d'un inconnu.

Curieux hôtel qui abrite des pensionnaires enclins à sacrifier au Dieu Bacchus. D'abord monsieur Huguenot qui systématiquement rentre le soir dans un état d'ébriété avancée et lance un petit caillou dans l'une des fenêtres de l'hôtel. Ensuite madame Convoy et sa fille Eleanor qui s'adonnent également à l'absorption de boissons alcoolisées. Madame Convoy, funeste lubie, décidera ce soir-là de danser sur le toit de l'établissement. Madame Harris, elle, passe son temps à espionner ses voisines, Mary West et Ida Hampton, toutes deux institutrices. D'ailleurs elle s'est aménagé dans un placard un emplacement d'où elle écoute à l'aise ce qui se passe dans la chambre contigüe.

La curiosité est un vilain défaut : madame Harris aura la gorge tranchée ! Dudley Barnes, journaliste localier à Oldfield et Everett Macy, homme de loi venu de l'Ouest, complètent ce recensement. Enfin le couple Monaham préside aux destinées de l'hôtel.

Nil Boyd décide d'enquêter sur ces meurtres, en marge de la police et Anne Warrimer s'avèrera une aide précieuse et efficace, à défaut de se montrer amoureuse.

Ce roman, dont l'action se déroule dans la nuit du vendredi 12 août au samedi 13 au matin - d'après le calendrier perpétuel cela correspondrait à l'année 1938 - ce roman possède de forts accents browniens. La facilité avec laquelle les différents protagonistes ingèrent toutes sortes de boissons alcoolisées, le ton humoristique employé pour décrire les faits et gestes des personnages, ainsi que les dialogues; enfin l'aura de fantastique qui plane sur les événements de cette charmante soirée, tous ces ingrédients font irrésistiblement penser à Fredric Brown.

 

Curiosités :

Ce roman a été achevé d'imprimé un 1er janvier !

Giles Jackson, Albert Leffingwell de son véritable patronyme, a également écrit sous le pseudonyme de Dana Chambers, dont deux romans ont été traduits en France : Mignonne, voici la mort, La Main rouge no12 (1951), La Mort contre Vénus, Éditions Diderot.

Quant à Bruno Martin, le traducteur, il a traduit de nombreux ouvrages pour les éditions Fleuve Noir, notamment dans la collection Feu, collection pour laquelle il a écrit également quelques romans.

 

Giles JACKSON : Charmante soirée (Witch's Moon - 1941. Traduction de Bruno Martin). Série Noire N °230. Parution janvier 1955. 190 pages.

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 13:40

Il est fort, Knox !

William Patrick MAYNARD : Le destin de Fu Manchu.

Pour paraphraser la publicité d'un célèbre magasin parisien dans les années soixante-dix, il se passe toujours quelque chose dans ce roman. Et cette affirmation est justifiée !

Surchargé de travail, le docteur Petrie est obligé de rester au Caire tandis que Kara, sa femme, Greba, son infirmière et le fiancé de celle-ci Spiridon Simos, un archéologue, sont partis pour Corfou. La cérémonie de mariage entre Spiridon et Greba doit être célébrée sur l'île grecque. Petrie pense à tous les événements qui se sont déroulés durant les années précédentes, la lutte contre Fu-Manchu en compagnie de Nayland Smith, qu'il ne voit plus que de loin en loin. Il est dérangé dans ses rêveries par l'intrusion de trois Dacoits qui l'enlèvent. Lorsqu'il se réveille, après avoir été assommé en bonne et due forme, il se retrouve en présence de...

Pendant ce temps, à Corfou, le professeur Michael Knox, l'assistant de Spiridon, participe au repas dînatoire en compagnie de son maître et des deux jeunes femmes. Il doit diriger les fouilles à Louxor tandis que Spiridon et Greba partiront en voyage de noces. Infatué, il fait la cour à la belle Kara, tout en sachant que celle-ci est mariée, mais elle le rabroue avec tact. De retour à leur hôtel Kara vient de recevoir un télégramme l'avertissant que son mari a été enlevé. La seule solution qui se présente à son esprit est de demander à Nayland Smith de l'aider.

Il est l'heure de se coucher mais pas question de batifoler avant le mariage. Pas de corps fous à Corfou ! Aussi près un petit bisou, Greba intègre sa chambre et Spiridon en profite pour discuter avec Knox. Knox se plaint de Sir Lionel Barton un ami de Nayland Smith, auquel il ne fait pas confiance et qui doit déjà être sur place à Louxor. Il faut dire que Knox a ingurgité un peu trop d'alcool, et rentré dans sa chambre, il pense à Kara. Alors il se lève, s'introduit dans la pièce de la belle et... Elle n'est pas là ! C'est Spiridon qui l'accueille, une arme à la main. Spiridon est manifestement en colère et Knox se laisse enfermé dans un placard. Nouvel arrivant, un nommé Neapolis. Dans son réduit, Knox peut entrevoir les deux hommes mais surtout entendre la conversation au cours de laquelle il est question du Si-Fan, de Notre-Dame du Si-Fan, et autres objets de discussions qui enveniment l'ambiance. Neapolis parti, Spiridon anxieux libère Knox et lui offre deux possibilités : oublier l'incident et continuer son petit bonhomme de chemin ou se montrer imprudent. Knox pense à sa peau, se montre lâche selon l'opinion de Spiridon et peut regagner sa chambre. Et c'est à partir de ce moment que tous les ennuis vont lui tomber dessus comme une avalanche, l'obligeant à fuir et se rendre en plusieurs pays.

William Patrick MAYNARD : Le destin de Fu Manchu.

Il est réveillé par des cris horribles. Spiridon vient d'être grièvement blessé à l'aide d'un Shuriken. C'est ce que lui apprend Neapolis et paniqué Knox s'enfuit. Il parvient à échapper à ses poursuivants et monte dans l'Orient-Express. Il pense enfin être tranquille mais une jeune femme s'installe dans son compartiment. Elle se présente, Helga Graumann, et commence à s'intéresser à lui, lui posant des questions et fumant une cigarette à l'arôme très particulier. Sans s'en apercevoir il s'endort, fait un rêve merveilleux et sans s'en rendre compte détaillet sa vie, son œuvre, ses fouilles Louxouriantes à Helga et lorsqu'il se réveille, il est seul dans le compartiment. Déambulant dans le couloir afin de satisfaire un besoin naturel il se heurte à une gamine qui dit se prénommer Margarita et l'emmène dans son compartiment, à la recherche de sa mère, qui n'est autre que Helga Graumann, laquelle déclare ne pas le connaître. Margarita se transforme en vilain petit être, en nabot grimaçant, qui veut absolument lui enfoncer une aiguille empoisonnée. Knox court, grimpe sur le toit du wagon sur lequel un individu arrivé par autogire le récupère.

Il s'agit de Nayland Smith qui lui apprend que Helga Graumann s'appelle aussi, selon les jours et les circonstances, Koreani ou Fah lo Suee et est la fille de Fu-Manchu. Bon sang ne saurait mentir !

Les aventures et mésaventures de Knox vont s'enchaîner sur un rythme infernal, retrouvant sa sœur, brillante zoologiste installée en Abyssinie, se frottant à un gorille appelé Monkey et à l'aspect vindicatif, puis toujours en compagnie de Nayland Smith se retrouvera à Munich, lors de la fameuse conférence de septembre 1938, conférence à laquelle participent Daladier et Chamberlain d'un côté, Hitler et ses séides de l'autre. Avec le résultat que l'on connait. Episode qui est passé inaperçu de la plupart des historiens, c'est le lâcher de papillons semant la mort dans la cité bavaroise.

 

Sans vouloir faire un mauvais jeu de mots, si quand même un peu, cette histoire mettant en scène le fameux Chinois Fu-Manchu est totalement débridée. Et William Patrick Maynard profite de l'absence de réglementation de la vitesse pour dérouler son intrigue à fond les gamelles. Et des gamelles nos héros ne vont pas manquer d'en rencontrer au cours de leurs périples transportant les protagonistes, et les lecteurs, de Grèce en Egypte à la recherche de la chambre mortuaire d'une reine égyptienne, d'Abyssinie en Europe, avec en toile de fond les prémices de la Seconde Guerre Mondiale.

Si le docteur Petrie n'apparait que fugitivement dans ce roman, le rôle principal est dévolu à un nouvel héros, le professeur Knox. Mais tous deux narrent l'histoire à la première personne du singulier. Knox ne se présente pas à son avantage au début du récit. C'est un individu poseur, vaniteux, superficiel, quelque peu lâche, qui n'hésite pas à draguer les femmes mariées et à déclarer à un chauffeur de taxi : Les femmes, vois-tu, sont comme des taxis. Il y en a beaucoup à prendre, et les meilleurs sont ceux qui font les trajets le plus rapidement.

Mais les événements vont l'obliger à se transcender, aidé toutefois par Nayland Smith et de plus au fur et à mesure du déroulement du récit le lecteur en apprend un peu plus sur Knox, sa sœur, et les failles qui ont marqué leur jeunesse.

 

L'antagonisme en Nayland Smith et Fu-Manchu est toujours vivace et les agissements du maître du Si-Fan toujours aussi délétères. Mais le rôle de sa fille, quelque soit le nom dont elle s'affuble selon les circonstances, n'est pas négligeable non plus. Elle fait une leçon de comportement envers Knox, justifiant ses actes ainsi : Il n'y a pas de loi à suivre, ni celle du bien ni celle du mal. Vous autres occidentaux, vous êtes tellement rigides dans votre manière de penser qu'il est bien surprenant que votre civilisation n'ait pas déjà été anéantie, emportée par votre incapacité à vous adapter aux constants mouvements de notre monde.

Ce sera le mot de la fin, ou presque. Fu-Manchu se fait vieux et il n'est pas impossible que l'on retrouve sa fille et le professeur Knox, avec toujours en héros récurrent Nayland Smith, dans de nouvelles aventures.

 

William Patrick MAYNARD : Le destin de Fu Manchu. Traduction de Martine Blond. Collection Noire N°66. Parution 2014. 336 pages. 20,00€.

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 08:51

Un bandit manchot...

Tedd THOMEY : La machine à sous.

John Rennick est vraiment en mauvaise posture : attaché par des menottes à une machine à sous, elle-même scellée à une table, il attend les flics. A son corps défendant. Et le spectacle qu'il peut contempler du haut de la terrasse de l'immeuble où il se trouve prisonnier n'est guère réjouissant. Le cadavre d'un policier gît dans le cocktail-bar, à quelques mètres de lui.

Il sait que les collègues du défunt ne vont pas tarder à rappliquer aussi il se démène comme un beau diable. Toujours enchaîné à sa machine à sous - la table a crié grâce - il se réfugie dans une chambre occupée par une jeune femme. Celle-ci le cache et lui sauve la mise. Le problème de Rennick est d'abord de se débarrasser de l'objet par trop encombrant et ensuite de retrouver deux salopards qui l'ont attaché ainsi qu'une jeune femme blonde. Il tient le rôle du traqueur traqué.

Un véritable course contre la montre qui permettra à Rennick de faire la connaissance de nombreuses blondes plus ou moins nymphomanes tandis que des tueurs sont lancés à ses trousses. Un chassé-croisé entre lui et ses deux poursuivants qui se déroule principalement dans l'hôtel résidence Le Charlemagne de Los Angeles et verra son apogée en mer à bord d'un bateau de plaisance. Quant à la machine à sous elle parait jouer un rôle capital dans cette intrigue.

 

Pourquoi et comment Rennick s'est fourvoyé dans ce méli-mélo, le lecteur ne le sait qu'à la page 141. Ce qui entretient certes le suspense, mais en même temps irrite et agace, ce suspense n'étant pas vraiment nécessaire. De même le lecteur ne perçoit la véritable signification de l'obsession de Rennick envers la mort d'un personnage nommé May qu'à la fin du roman.

 

Curiosité :

ce roman noir est une véritable symphonie en jaune. Le blond et le jaune prédominent aussi bien lorsqu'il s'agit de femmes que d'objets divers : papier-peint, chaussettes, enseignes, divan, semelles, corsage...

 

Citation :

- J'ai remarqué que les hommes sont menteurs, en général.

- Ça dépend de la femme.

 

Tedd THOMEY : La machine à sous. (And dream of evil - 1954. Traduction de H. Collard et Y. Viglain). Série Noire N°229. Parution décembre 1954. 254 pages.

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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 13:23

Dans les coulisses de Hetzel et Jules Verne

Revue LE ROCAMBOLE N°51 : Dossier André LAURIE.

Fidèles à leurs principes, oserai-je écrire leur déontologie, les rédacteurs de la revue Le Rocambole poursuivent avec ténacité leur exploration du domaine de la littérature populaire, et dans ce nouveau numéro, le dossier est consacré à un auteur totalement méconnu, tombé en désuétude, et dont pourtant la vie est elle-même est un roman.

André Laurie, puisque c’est de lui dont il s’agit, n’est pas tout à fait un inconnu pour les amateurs des romans de Jules Verne, car figurent les deux signatures sur L’épave du Cynthia. Mais qui sait que deux autres romans signés Jules Verne seul ont été écrits, à quatre-vingt dix pour cent par André Laurie ? Le premier est L’héritage de Langévol devenu Les cinq cents millions de la Bégum et le second Le diamant bleu rebaptisé L’Etoile du Sud.

Mais bientôt André Laurie deviendra un auteur à part entière signant tout aussi bien André Laurie que Philippe Daryl ainsi que de deux autres pseudonymes Tiburce Moray et Léopold Virey. Mais André Laurie n’est pas son véritable patronyme. Pascal Grousset, dont le prénom sera rapidement transformé en Paschal, est né en Corse en 1844. Alors qu’il n’a qu’un an ses parents s’installent à Grisolles, village du Tarn et Garonne car son père est professeur de mathématiques. Très tôt il monte à Paris afin de poursuivre ses études. Il n’a que dix-sept ans. Il fréquente l’Ecole de médecine durant quatre ans, et commence à s’investir dans le journalisme privilégiant deux axes : la vulgarisation scientifique et la politique. Et malgré qu’il soit d’origine corse, par sa mère, il n’apprécie pas du tout les régimes bonapartiste et napoléonien. Il écrit des pamphlets et se trouve impliqué dans l’affaire Victor Noir.

En 1871, à vingt-sept ans il est ministre et fait partie du conseil de la Commune. Ce qui lui vaudra de connaître les geôles de Fort Boyard puis d’être déporté en Nouvelle Calédonie. Ses pérégrinations ne s’arrêtent pas là et Xavier Noël, qui a écrit une biographie de Paschal Grousset alias André Laurie, narre mieux que moi ces aventures. Je me contenterai d’ajouter qu’il (André Laurie) milite et encourage la pratique de l’éducation physique et du sport en général, « souhaitant une pratique sportive partagée par tous, y compris les femmes, tandis que Pierre de Frédy, baron de Coubertin, a une vision élitiste et machiste de la pratique sportive ». L’histoire n’a retenu que le nom de ce dernier !

Ce dossier du à de nombreux contributeurs est épais de plus de cent-trente pages dans lesquelles sont disséquées l’homme, l’auteur et son œuvre.

Revue LE ROCAMBOLE N°51 : Dossier André LAURIE. Revue LE ROCAMBOLE N°51 : Dossier André LAURIE.

Mais comme j’ai déjà eu le plaisir de le signaler, mon Rocambole à peine déballé de son enveloppe, je recherche la partie consacrée aux révélations et concoctée par Jean-Paul Gomel, Paul J. Hauswald et Claude Herbulot. Dans ce numéro nos trois complices se penchent sur les éditions de L’Arabesque, qui pour beaucoup d’entres nous sont synonymes de Luc Ferran, héros incontournable des années 50/60. Ils s’attachent également à décrypter les pseudonymes de quelques uns de ces auteurs dont Jean Bure qui sera plus connu sous le nom de Jan de Fast dans la collection Anticipation du Fleuve Noir. Mais Jean Bure possédait d’autres pseudos chez L’Arabesque et je vous laisse les découvrir dans ce numéro de Rocambole. Jean-Michel Sorel, autre touche-à-tout accumulant les alias, et le catalogue qui proposait moult auteurs se réduit considérablement à ce recensement.

D’autres révélations attendent les amateurs de romans populaires, tous genres confondus. Personnellement j’aimerai qu’un dossier complet sur les éditions de l’Arabesque soit enfin réalisé, car cette maison d’édition révéla de nombreux romanciers, dont Michel Lebrun et Fred Kassak et permit à Georges-Jean Arnaud de pouvoir enfin s’exprimer en littérature après avoir connu les joies du Grand Prix de littérature policière puis galérer à la recherche d’un éditeur reconnaissant son talent et sa capacité de produire de bons romans à une vitesse phénoménale.

Pour tous renseignements vous pouvez vous rendre utilement sur le site du Rocambole.

 

Revue LE ROCAMBOLE. Bulletin des amis du roman populaire. N°51 : Dossier André LAURIE. Parution été 2010. 176 pages. 15,00€

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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 08:00

 

...de vous connaître !

William Campbell GAULT : Le suaire enchanté

Sonné au cours du 7ème round, Luke Pilgrim ne reprend vraiment conscience qu'au petit déjeuner. Max Freeman, son manager, 1ui apprend qu'il a gagné son combat contre Charley. Après, ils sont allés en boîte. Luke a fait connaissance d'une superbe rouquine, Brenda Vane, un mannequin ex entraineuse. Ils ont raccompagné Max à l'hôtel puis Luke a passé une bonne partie de la nuit chez Brenda. Mais de tout cela Luke n'a aucun souvenir.

Ce qui est pour le moins désagréable la lecture des journaux lui apprenant le décès de Brenda assassinée par la main brutale d'un tueur sadique et vicieux. Luke est-il responsable de ce meurtre, 1ui qui dans un combat de boxe se conduit parfois comme un tueur ? Pour prouver son innocence, ou sa culpabilité, il lui faut rétablir son emploi du temps depuis ce fameux 7ème round jusqu'à son réveil du petit-déjeuner.

Malgré les conseils de Max, Luke ne veut pas abandonner la boxe sur une victoire au rabais. Luke se sent frustré, depuis quelques temps il ne combat que des tocards.

Il veut prouver sa valeur en se mesurant à Giani Patsy, un jeune loup aux dents longues tenu en laisse par des truands magouilleur. Luke prend des nouvelles de Charley à la clinique Drinkwater puis se rend au commissariat où il est reçu par le sergent Sands afin d'y faire sa déposition. Avec Sally, sa fiancée arrivée récemment de Chicago, il refait en voiture le trajet supposé de la veille. De l'endroit où Sam Wald a organisé la soirée jusqu'à chez Brenda puis retour à l'hôtel. En cours de route il aperçoit une enseigne publicitaire reproduisant un petit moulin qui lui rappelle de vagues réminiscences.

De l'appartement de la jeune femme ils se rendent au Harry's Hoot 0wl Club tenu par Harry Bevilaqua, un ancien boxeur ayant connu Brenda. Alors qu'ils discutent près d'une consommatrice, entre un chauffeur de taxi de nom de Noodles. Celui-ci après avoir été quelque peu malmené reconnait avoir ramené Pillgrim à son hôtel le soir du meurtre, l'ayant pris en charge sur le trottoir. Sam Wald accompagné de deux truands, Paul D'Amico et Johnny, un tueur, propose au boxeur un combat truqué contre Patsy, leur poulain devant gagner le match. Luke accepte, flairant le chantage, pour mieux les doubler et prévient Sands. Prétextant des achats, Sally rencontre seule Ruth, la petite amie de Noodles, qu'elle avait aperçue dans le bar d'Harry mais celle-ci ne peut lui fournir que de maigres renseignements.

Max loue une maison à Malibu afin que Luke puisse s'entrainer dans le calme. Suite à un message téléphoné de Noodles qui leur donne rendez-vous, Sally et Luke découvrent le chauffeur de taxi assassiné, sa concubine comme en transes. Nolan, un inspecteur de police rouquin qu'ils ont croisé à plusieurs reprises lors de leurs pérégrinations, arrive sur les entrefaites ce qui leur sauve la mise. Luke retourne s'entrainer à Malibu en compagnie de Tony Scarpa, un ancien boxeur, et de Charley. De plus en plus il pense que Bevilaqua est au centre de l'affaire el joue un rôle prépondérant.

 

William Campbell Gault joue sur l'association d'idée, d'images, mais également sur la similitude des mots puisque Drinkwater et Bevilaqua signifient tous deux Buveurs d'eau. Sans vouloir se montrer par trop moralisateur, W. C. Gault énonce dans ce roman quelques valeurs concernant la déontologie sportive, les vertus de la lecture - Luke par exemple doit s'enrichir intellectuellement grâce aux livres conseillés par Sally - et l'emploi de mots à connotation raciste.

- Il ne faut pas s'attaquer à Patsy Giani et sa bande de Ritals.

Je le corrige:

- D'Italiens. Sally prétend qu'il ne faut pas dire Rital.

 

Citation:

- Il y a un poste de télévision, si vous vous ennuyez tous les deux. Il y en même quatre !

- Il y a peut-être aussi une bibliothèque, dit Sally.

Pas de bibliothèque.

- Quatre postes de télévision, à cinq cents dollars pièce, à peu près, dit Sally. Ça fait deux mille dollars. Pour trois dollars quatre-vingt-dix, il pourrait y avoir les œuvres complètes de Shakespeare. Mais il préfère dépenser deux mille dollars pour voir des âneries.

 

William Campbell GAULT : Le suaire enchanté ( The canvas coffin- 1953 - traduit de l'américain par Henri Robillot). SN°189. Parution février 1954. 254 pages.

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 10:22

Top 12 sans prétention et uniquement pour le plaisir...

Mon palmarès 2014.

N'ayant pas la prétention d'avoir lu toute la production exponentielle de la littérature populaire de l'année 2014, je n'aurai pas l'outrecuidance de déclarer que les titres figurant dans mon top 12 (comme les 12 mois de l'année) sont les meilleurs, les incontournables, les indispensables, ceux qu'il faut absolument avoir lus si l'on ne veut pas mourir idiot.

Tout est subjectif et obtenir un prix ne reflète pas le même plaisir de lecture pour tous. D'ailleurs les foires d'empoigne et les nombreux tours destinés à départager les romans en lice afin de ne couronner qu'un seul livre ne manquent pas. Que ce soit pour le Prix Goncourt ou celui du salon d'un modique village qui organise avec ses maigres moyens des rencontres destinées à faire rencontrer auteurs et lecteurs. Donc il s'agit bien des livres que j'ai lus et aimés pour l'année 2014.

Et souvent ce n'est pas dans les grandes maisons d'édition que la dégustation est la plus intense. Les petits éditeurs, appellation qui n'est nullement péjorative, possèdent parfois en leurs catalogues des auteurs sur lesquels il serait bon de se pencher même s'ils ne font pas partie de la coterie des éditeurs germanopratins.

En 2014 j'ai lu 212 livres, des inédits, des rééditions, ou des exhumés de ma bibliothèque, se positionnant dans tous les genres de la littérature dite populaire. Des romans de suspense et d'énigme comme il se doit, des romans d'aventures et des thrillers, des romans noirs mais aussi de science-fiction et de fantastique, de cape et d'épées, historiques et même quelques érotiques quoique cette production ne m'attire guère préférant être participant que voyeur. Mais ne soyez pas ébaubis par ce nombre qui peut sembler disproportionné : parmi ces ouvrages figurent de petits textes, publiés souvent en format numérique, mais également des livres papiers de toutes tailles allant de la nouvelle améliorée et épicée au pavé indigeste.

Mais à chacun ses goûts et ses couleurs, ses coups et ses douleurs, ses égouts et ses odeurs….

Dernière petite précision : certains vont peut-être s'étonner du nombre de titres sélectionnés. Parce que je voulais différencier romans francophones et traductions. Mais également par l'envie de proposer une palette diversifiée, un arc-en-ciel d'ouvrages, allant de l'humour au roman noir, et ne désirant pas rester cantonner dans un seul genre, de ne pas scléroser mon esprit, de vous offrir à vous visiteur occasionnel ou abonné, un choix et non une prescription égoïste.

Mon palmarès 2014.

Si vous souhaitez découvrir la fiche relative à chaque roman cliquez sur le titre.

Honneur cette année aux éditions Lajouanie pour trois romans que je n'ai pas réussi à départager et que je réunis donc dans un satisfecit collectif :

DESAUBRY Jeanne : Poubelle's Girls.

 

SOLOY Claude: La poule borgne.

 

Jan THIRION : 20 manière de se débarrasser des limaces.

 

 

Voici donc mon TOP 12 de romans pour 2014, par ordre alphabétique :

Dans la catégorie romans francophones :

 

AUBENQUE Alexis : Les disparues de Louisiane. Toucan noir.

 

BIBERFELD : Laurence : La meute des honnêtes gens. Au delà du Raisonnable.

 

CONTRUCCI Jean : Rendez-vous au Moulin du Diable. Nouveaux Mystères de Marseille. Jean-Claude Lattès.

 

DELTEIL Gérard : Les années rouge et noir. Le Seuil.

 

FARNEL Joseph : Escort Girls à louer. Pascal Galodé Editeurs.

 

GEORGET Philippe : Tendre comme les pierres. Jigal Polar.

 

LEBAN Damien : Les héritiers des ténèbres. City.

 

LEGER Antoine : Le 6 coups de minuit. Paul & Mike

 

MOATTI Michel : Blackout Baby. HC éditions

 

Roland SADAUNE : Mina. Val d'Oise éditions

 

VIDAL Gilles : Le sang des morts. Zone d'ombres. Asgard.

 

WHALE Laurent : Goodbye Billy. Critic

 

Et comme pour les huîtres ou les œufs, lorsque votre marchand vous en

proposait treize à la douzaine, j'ajouterai :

 

DARIO : La valise et le cercueil. Les 2 Encres.

Mon palmarès 2014.

Dans la catégorie Romans étrangers :

 

BANNALEC Jean-Luc : Un été à Pont-Aven. Presses de la Cité

 

BARR Robert : Lord Strangleigh millionnaire. Rivière Blanche.

 

BORRMANN        Mechtild : Le violoniste. Le Masque.

 

BOX C. J. : Au bout de la route, l'enfer. Seuil Policiers.

 

BROWNE S.G. : Le jour où les zombies ont dévoré le Père Noël. Mirobole éditions

 

GAUTREAUX Tim : Nos disparus. Le Seuil.

 

HARRINGTON Kent : Tabloïd Circus. Sueurs Froides. Denoël.

 

HIAASEN Carl : Mauvais coucheur. Editions des Deux terres.

 

KATZ William : Nuits sanglantes. Presses de la Cité.

 

MAYNARD W. P. : La terreur de Fu-Manchu. Rivière Blanche

 

RASH Ron : Une terre d'ombre. Le Seuil

 

STEVENS Chevy : Des yeux dans la nuit. L'Archipel.

 

Et comme pour les romans francophones, j'ajoute dans mon panier :

 

HILL Headon : Les vengeurs. Rivière Blanche.

Mon palmarès 2014.

Enfin, hors catégorie, j'ai choisi deux bandes dessinées :

 

ELRIC & DARNAUDET : Harpignies. Paquet.

 

TARVEL & ALVES : La maison Borgne (Harry Dickson)1. Grand West Editions Pascal Galodé.

 

Et que 2015 soit riche en bonnes et belles parutions !

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Published by Oncle Paul - dans Infos
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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 09:18

Y'a plus de saison mais toujours des bourreaux  !

M.E. CHABER : La saison du bourreau.

Milo March, enquêteur à Denver, n'est guère emballé d'effectuer une mission près de Los Angeles, mais il faut bien obéir à son patron, n'est-ce pas ?

Il rencontre donc dans la bonne ville d'Aragon Linn Willis, ingénieur, propriétaire d'un journal, d'usines d'aéronautiques et président du Comité Civique de redressement moral de la Cité. A l'en croire la bonne ville est sur la pente descendante et sombre dans le crime : enfer du jeu, de la drogue, de la prostitution. Les responsables de ces délits sont connus de tous mais inattaquables, sinon intouchables : Jan Lomer, la tête et Johnny Doll, les jambes. Là où le bât blesse, c'est que l'un des membres de la municipalité, et pourquoi pas du Comité, agit en sous-main pour protéger les deux malfrats. Afin de pouvoir enquêter en toute tranquillité et en toute légalité, Milo March est affublé d'une couverture : adjoint au district attorney.

Un appartement, une voiture et un numéro de téléphone figurant sur la liste rouge lui sont généreusement octroyés. Le secret n'est pas si bien gardé : successivement une prostituée puis deux flics s'introduisent chez Milo March. Deux flics, genre Laurel et Hardy mais en plus méchant, que Milo rencontrera souvent en travers de sa route, bleus et contusions seront là pour en témoigner. Ils s'introduisent chez Milo March qui est convoqué successivement chez Johnny Doll et Jan Lomer à qui il explique que son travail est de démasquer celui avec qui les truands sont en affaire, et non à traquer les truands eux-mêmes. Il rencontre une vieille demoiselle, Elisabeth Saxon, instigatrice de sa venue à qui il demande quelques précisions sur les membres du Comité : Linn Willis, le président, Georges Stern, avocat, Donald Reid, banquier, Sherman Marshall, Haut-commissaire des Parcs Nationaux, le docteur David Jilton et Miss Véga Russell, vedette de cinéma.

De retour à son appartement une surprise de taille l'attend : Mickie, la prostituée, git sur le lit, nue, assassinée. Harry Fleming et Gene Grant, les deux flics, font irruption et l'embarquent au commissariat. Le capitaine Logan, soupçonné d'être aux ordres du mystérieux commanditaire, le fait transférer d'un commissariat à un autre tout en se défoulant sur March par un passage à tabac en règle.

A la suite d'un appel téléphonique March est relâché. Martin Yale le District attorney qui s'inquiétait l'attend à la sortie du poste de police et se défend d'être l'auteur du coup de fil libérateur. Après une journée passée à se reposer de ses émotions et des coups reçus, March se rend au Cassandra Club. Il aperçoit Betty, une rouquine splendide employée comme secrétaire par le comité. Ensuite il a une discussion qui tourne à l'orage avec Véga Russell; enfin il est abordé par Janet, la fille de Sherman Marshall. Elle propose de continuer la conversation chez l'enquêteur. Après un intermède amoureux elle charge son père de tous les maux d'une façon apparemment naïve mais March réalise qu'en fait elle hait son géniteur. Le lendemain après un réveil en douceur de la part de Betty il rencontre Miss Saxon.

 

Première aventure de Milo March La saison du bourreau est un livre sans prétention, à l'intrigue linéaire et guère complexe. Peut-être est-ce pour cela que ce roman accroche dès le début et se lit sans ennui. Si le roman policier français s'exporte mal, le cognac lui ne souffre pas de cet ostracisme: March en fait une consommation effrénée.

 

Curiosité:

L'on peut être truand et amateur d'art : Jan Lomer possède une coupe d'argent authentique réalisée par Benvenuto Cellini.

 

Citation :

- Dites-moi, me lance-t-elle, vous avez couché avec Véga Russell ?

- Une femme intelligente devrait trouver la réponse sans avoir besoin de poser la question.

 

M.E. CHABER : La saison du bourreau. (Hangman's harvest - 1952. Traduit de l'américain par J.G. Marquet). Série Noire N°168. Parution juillet 1953. 254 pages.

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 08:55

C'est vrai quoi ! Ils sont toujours pressés !

Lee HERRINGTON : Minute, fossoyeurs !

Truand notoire, Malcom Portman a décidé d'acheter une conduite irréprochable.

Il contacte Barney Moffatt, adjoint du district attorney, désirant soulager sa conscience au sujet d'un cambriolage chez un certain Gillson. Il demande quelques heures pour régler ses affaires personnelles et donne rendez-vous à Moffatt au Pilgrim, l'hôtel où il loge. Moffatt s'y rend en compagnie de Sam Kincheloé, un ami policier.

Kincheloé abat Portman qui commet la faute de menacer les deux hommes avec un revolver. Gillson nie avoir été cambriolé mais il est impliqué dans une autre affaire: deux jeunes gens se sont tués au volant de sa voiture. Banal accident de voiture semble-t-il. Quant à Miss Zelma Daley, la fiancée de Portman, elle se plaint du vol d'une boîte à musique. Si Moffatt ne peut guère compter sur Gérard Frontenac, son soulographe de patron et district attorney à ses heures, il obtient une aide efficace en la personne de Patsy Delgado, son amie attachée au bureau de la circulation.

Gillson et Stella, la femme de Frontenac, rentraient d'une boîte de nuit, en voiture, ayant proposé aux jeunes de les raccompagner, l'adolescent conduisant la voiture. Homer Lane, détective privé véreux arrivé peu après sur les lieux de l'accident intervertit la position des corps. Il prend des photos et fait chanter Gillson. Lane engage Portman pour cambrioler le coffre-fort de Gillson et voler 10 000 dollars. Gillson se confie à Dee Knight, capitaine de la police, qui soupçonne immédiatement Portmann. Mais celui-ci et, Zelda décident de restituer l'argent et le petit truand prend rendez-vous avec Moffatt. Auparavant il met au clou la boite à musique contenant l'argent et les photos, sans prévenir son amie, d'où la plainte pour vol de la part de celle-ci. En coulisse cependant un inconnu tire les ficelles, maniant les personnages comme des pantins, dans le seul but de s'approprier la galette.

 

Ce roman, dans lequel plusieurs faits apparemment sans liens, convergent, traite de la guerre sourde des polices, mêlant histoires de chantage, de corruption, de magouilles et autres délits mineurs. Malheureusement si l'intention est bonne le reste ne suit pas. Les dialogues pas assez incisifs la complexité de la trame et un manque chronique d'action alourdissent la narration. Un récit classique dans la forme mais soporifique dans le fond.

 

Curiosité:

Lee Herrington décéda d'une crise cardiaque peu de temps après la publication de Minute, fossoyeurs son unique roman.

 

Lee HERRINGTON : Minute, fossoyeurs ! (Carry my coffin slowly - 1952.  Traduit de l'américain par Alex Grall). Série Noire N°126. Parution mai 1952.

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