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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 08:45

Il faut toujours ranger ses effets soigneusement !

André DUQUESNE : Une paire d'ailes au vestiaire.

Sorti de prison depuis peu de temps, Victor Lancel monte à Paris . Il laisse la Grosse Lola, sa mère, et ses deux protégées, ses tapineuses, à Toulouse.

Voyou de petite envergure mais aux dents longues, Victor débarque dans la capitale afin de faire "chanter" son père qu'il n'a jamais connu. A son grand étonnement il est reçu par son géniteur, Demaillet, gros industriel, maison cossue dans le 16e, à bras ouverts ainsi que par Germaine, sa demi-sœur qui lui fait des avances plus qu'affectives. Quant aux autres membres de la famille, Jean son demi-frère et Marthe sa belle-mère, leur accueil est pour le moins mitigé.

Un peu déboussolé par les remords et repentirs affichés par son père, Victor découvre que Jean est victime d'un chantage de la part d'un certain Beltramini, un caïd du milieu, et que sa belle-mère est soumise au même problème par un petit vieux miteux dénommé Fournier.

Victor cédant aux instances de Germaine délivre Jean des griffes de trois sbires de Beltramini en leur flanquant une dérouillée. Jean devrait cinq cents sacs au truand et s'adonne à la drogue. Motif un peu mince pour un chantage !

Dans la boîte de nuit dirigée par Beltramini, Victor aperçoit Fournier le maître-chanteur de belle-maman. Y'aurait-il corrélation ? Beltramini propose à Victor de faire équipe afin de s'approprier la fortune et la puissance de Demaillet.

Le lendemain nouveau rendez-vous avec Beltramini et Fournier. Ce dernier serait le patron et dévoile quelques unes de leurs activités. Contrebande et trafics de drogue et d'armes. De retour au domicile avenue Henri-Martin, Victor reçoit un appel téléphonique de sa belle-mère lui demandant de la rejoindre dans une villa de Saint-Cloud. Sur place il se rend compte qu'il vient de tomber dans un piège. Sa belle-mère est morte, assassinée d'un coup de poinçon. Beltramini et Fournier font porter le chapeau à Victor mais celui-ci parvient à prendre la fuite.

Pensant reprendre en main la situation, Victor dévoile à son père les derniers événements. A charge de revanche, Demaillet avoue à son fils que Fournier était, il y a bien longtemps, l'amant de Marthe. Victor décide de se débarrasser des truands et de leurs comparses. Fusillades, cavalcades et révélations au programme : Fournier serait le père de Germaine (ouf, pas d'inceste !) et Demaillet le chef occulte de cette bande de malfrats.

 

Comme à son habitude, André Duquesne mène son histoire tambour battant, ne s'embarrassant pas de descriptions oiseuses et tablant sur des retournements de situations fréquents. Par l'emploi moins systématique de l'argot ce roman a mieux vieilli que Freudaines par exemple, mais le personnage principal se montre toujours aussi cynique envers les femmes. Quant à l'épilogue, les lecteurs assidus de Peter Randa, alias d'André Duquesne au Fleuve Noir, ils sauront tout de suite l'imaginer.

André DUQUESNE : Une paire d'ailes au vestiaire.

Curiosité : Ce roman a été réédité sous le titre Secret de famille sous le pseudonyme de Herbert Ghilen en 1972 aux éditions Transworld Publications, dans la collection International Pocket N°7.

 

Citation :

Les poules, c'est toujours quand elle se déshabillent qu'elles sont les plus dangereuses.

André DUQUESNE : Une paire d'ailes au vestiaire. Série Noire N°278. Parution novembre 1955. 184 pages.

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 13:18

A ne pas confondre avec la pyramide du Louvre...

Jean-François PAROT : La pyramide de glace.

En cette fin du mois de février 1784, il gèle à pierre fendre. L'hiver est rude pour les Parisiens qui subsistent comme ils peuvent. Louis XVI et Marie-Antoinette prennent en compte cette famine qui se dessine et procèdent à quelques largesses alimentaires. Pourtant la révolte commence à gronder tandis que des pyramides de glace sont érigées sur des places par certains habitants de la cité en guise de reconnaissance.

En cette soirée du 23 février, Nicolas Le Floch, commissaire de police, Aimée d'Arranet, sa maîtresse, et quelques autres invités discutent de tout et de rien, bavardages badins, et de la situation actuelle avant de se mettre à table, déguster un potage au vin, puis des œufs en matelote et quelques autres mets propres à réchauffer l'estomac, préparés par Catherine Gauss, la cuisinière d'Aimé de Noblecourt leur amphitryon.

Le lendemain Nicolas est réveillé par Aimée qui lui signifie que Bourdeau, un inspecteur de police, l'attend. Une affaire grave le requiert. En effet durant la nuit, mais il avait autre chose à faire avec Aimée que d'entendre la pluie tomber, le dégel a entamé quelques-unes des pyramides. Or l'une de ces pyramides de glace, située boulevard du Midi (aujourd'hui boulevard des Invalides) non loin de la rue de Sèvres, ne s'est pas contentée de commencer à fondre. Elle recélait en son sein le cadavre d'une femme dont les cheveux cachent le visage.

Assisté de Semacgus, chirurgien de marine reconverti en médecin légiste, de Sanson le bourreau qui lui sert d'assistant, de ses adjoints et de ses mouches (mouchards, ancêtre des indics) et de quelques autres dont l'ancien lieutenant général de police et ancien ministre, monsieur de Sartine, Nicolas Le Floch va devoir enquêter afin de découvrir l'identité de cette morte congelée, et le pourquoi du comment de cet assassinat. Auprès de la tombe de glace les curieux affluent de même que quelques individus qui prêchent la révolte contre le régime.

Dégagée de son suaire de glace et mise à l'abri au Châtelet il apparait que cette personne du sexe féminin possède une ressemblance troublante avec la reine Marie-Antoinette. Commence un long travail qui consiste à recueillir les témoignages du voisinage. La maison la plus proche de la pyramide en déliquescence appartient à Philippe de Vainal (vénal ?), président à mortier (du nom de la toque dont ils sont coiffés et non parce qu'il font de la maçonnerie) au Parlement de Paris.

Nicolas Le FLoch est reçu par Hermine Vallard, la prétendue servante de Philippe de Vainal, mais elle est trop bien vêtue pour n'être qu'une domestique. De plus elle s'empêtre dans ses mensonges, affirmant d'abord ne pas connaître l'existence de cette pyramide puis revenant sur ses déclarations. En fouillant un peu plus et grâce à ses mouches, Nicolas établit bientôt que cette résidence sert à Vainal comme maison de plaisirs fréquentée entre autres par le duc de Chartres, le cousin honnis du roi, qui connait des problèmes de dette et a recours à des arrangements financiers.

L'autopsie de la malheureuse congelée n'est pas sans surprises. En effet un morceau de porcelaine de Sèvres est fiché dans sa nuque, et pas n'importe quel fragment. L'objet provient de la collection royale, composée de pièces uniques et il semblerait que des disparitions inexpliquées de la vaisselle de Versailles entacheraient des membres de la cour.

 

Il existe un lien entre nobles haut placés et modestes courtisanes, une magicienne surnommée Voit la mort, une revendeuse à la toilette, un ouvrier à la manufacture de Sèvres, le duc de Richelieu, madame de la Motte, Cagliostro, Casanova, une maquerelle, une autre sosie de la reine, un moine, et quelques autres personnages gravitent dans cette enquête menée par Nicolas Le Floch.

Outre l'enquête, l'auteur s'attache à dépeindre l'atmosphère, l'ambiance du Paris qui manque de tout, bois de chauffage, nourriture, à cause des rigueurs de l'hiver. Et bien entendu, il évoque quelques problèmes qui fâchent et qui de tout temps ont alimenté des récriminations et des plaintes de la part du petit peuple mais dont les grands gagnants étaient les nantis : les impôts. Ainsi

On crée toujours des impôts nouveaux, remarqua Aimée. Pourquoi n'en supprime-t-on pas ?

Ah ! Ma mie, dans le cas où le contrôleur général parlerait de supprimer un impôt, soyez assurée qu'il aurait projet deux ou trois autres.

Plus loin :

Encore une taxe ! Mais quel est ce royaume où l'on estime que tout problème doit être réglé par une taxe !

On sent poindre sous les récriminations et les plaintes des Parisiens la Révolution, alimentée en cela par l'aversion envers la Reine, son "amitié" avec le Suédois Fersen, et surtout les frasques de nombreux nobles. Mais si Nicolas Le Foch et ses compères regrettent cet état de fait, la pénurie notamment, ils ne se privent pas pour autant et participent à de somptueux repas roboratifs décrits complaisamment par l'auteur.

Je regrette toutefois que Jean-François Parrot n'applique pas à lui-même cette phrase : Nicolas rendit compte avec cette capacité rigoureuse d'aller à l'essentiel. A mon avis il y a un peu trop de délayage et enlever le surplus de gras eut été le bienvenu. Mais évidemment ce n'est que mon avis que tous les lecteurs ne partageront certainement pas.

 

Jean-François PAROT : La pyramide de glace. Les enquêtes de Nicolas Le Floch. Editions Jean-Claude Lattès. Parution le 1er octobre 2014. 480 pages. 19,00€.

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 10:09
Ron GOULART : La chasse à la BD.

Bon anniversaire à Ron Goulart né le 13 janvier 1933.

Ron GOULART : La chasse à la BD.

Dessinateur de bandes humoristiques, Jack Deacon planche sur sa feuille vierge et tente de trouver l'inspiration.

Et lorsque celle-ci fait défaut, tout est bon pour distraire et perturber le travail d'un caricaturiste. D'abord l'appel téléphonique d'un raseur quelconque, puis une détonation. A travers les carreaux de la fenêtre il reconnait Mutt Shermer également dessinateur de bandes dessinées sur le retour qu'il n'a pas vu depuis des années.

Mutt Shermer vient de déguster quelques pruneaux qu'il ne parvient pas à digérer. Il en meurt le pauvre, mais il a le temps toutefois de confier un message sibyllin à Jack.

La clé c'est la Bible de Tijuana.

Jack n'a pas le temps de se poser de questions, quelqu'un l'assomme traîtreusement par derrière. A son réveil Mutt a disparu. Nouvelle surprise, Jack découvre dans sa penderie une jeune femme bien vivante et qui lui donne la clé de l'énigme.

Dans le langage des professionnels de la bande dessinée, la Bible de Tijuana est une BD érotique. Mais celle-ci possède une particularité. L'un des dessins représente la Californie où figurent trois croix correspondant chacunes à l'emplacement d'un trésor, c'est à dire des caisses de magazines BD. Une collection estimée à environ deux millions de dollars.

Jack et Sally, la jeune femme de la penderie, partent à la chasse au trésor, chasse toute légitime puisque tous ces comics étaient la propriété du père de Sally et qu'elle en a hérité. Seulement Sally n'est pas la seule à vouloir mettre la main sur ces caisses.

Quelques malfrats sont dans la course, ce qui nous vaut une histoire épique, haute en couleurs, parfois complètement démente, hilarante, parodique et même caricaturale.

 

Ron Goulart, écrivain professionnel depuis 1968, est un véritable touche à tout, spécialiste de la paralittérature. Il a écrit une trentaine d'ouvrages de science-fiction, des scenarii de bandes dessinées et de séries télévisées américaines, des novellisations de films, des romans policiers, des nouvelles ainsi que de nombreux articles et essais sur tout ce qui concerne la paralittérature.

La chasse à la BD est certes un livre pastiche mais fort bien mené, une récréation et un clin d'œil farfelus. Ce qui nous change des histoires morbides ou par trop politiques habituelles.

 

Ron GOULART : La chasse à la BD. (The Tijuana Bible - 1989). Traduction de Noël Chassériau) Série Noire N° 2252. Parution janvier 1991. 256 pages.

 

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 13:43

Les noms de Hetzel et Jules Verne sont indissolublement liés. Et réciproquement. Leur association l'un comme éditeur, l'autre comme romancier les a portés au Panthéon des Lettres. Pourtant, l'un sans l'autre, ils auraient sûrement existés mais pas forcément de la même manière ni avec la même longévité.

La Revue Rocambole : Hetzel éditeur populaire.

La revue Rocambole n° 68/69 datée Automne-Hiver 2014 rend hommage à Pierre-Jules Hetzel à l'occasion d'un double anniversaire. En effet le libraire éditeur nait le 15 janvier 1814, et en 1914 c'est la vente des éditions Hetzel à Hachette par son fils Louis-Jules.

Mais si la popularité de Hetzel doit beaucoup à Jules Verne et ses Voyages Extraordinaires, il ne faut pas non plus oublier qu'il édita également Balzac, reprenant la succession de Charles Furme, qui n'avait plus les moyens financiers de poursuivre la publication de La Comédie Humaine en 1842. Mais également bien d'autres, dont André Laurie, Proudhon, Hector Malot, Alexandre Dumas, George Sand ou encore un certain P.J. Stahl qui n'est autre que Hetzel lui-même, soit en les éditant soit en facilitant leur publication chez d'autres éditeurs et dans les journaux de l'époque. Etant fervent républicain, Hetzel tâte de la politique et devient même chef de cabinet de Lamartine, en 1848, qui est alors ministre de l'Intérieur. Mais le retournement de situation avec le coup d'état du 2 décembre 1851 par Louis Napoléon Bonaparte, l'oblige à s'exiler en Belgique. Cela ne l'empêche pas de continuer son travail d'éditeur et il publie clandestinement Napoléon le petit, les Châtiments et les Contemplations de Victor Hugo.

Son apport à l'édition est considérable. Il crée notamment la Bibliothèque illustrée des Familles, qui devient Le Magasin d'éducation et de récréation en 1864 auquel participe Jean Macé qui fut enseignant, journaliste et homme politique (1815-1894). Son ambitieux projet est de faire collaborer dans une même revue savants, écrivains et illustrateurs, mariant les domaines de la science et de la fiction, ce qui amènera tout naturellement à la publication des ouvrages de Jules Verne qui allient ces deux domaines.

Il est un domaine dans lequel Hetzel est précurseur : la création, l'invention même, de l'album illustré pour la jeunesse : les Albums Stahl. Et comme pour bien d'autres collections dont notamment les Voyages extraordinaires, Hetzel les propose simultanément en plusieurs versions. La première dite économique et qui ne comporte pas d'illustrations, une deuxième de petit format mais cette fois avec quelques illustrations et enfin l'édition de luxe, d'une format plus grand, richement illustrée, celle que nous connaissons tous mais ne possédons pas ou rarement, car très recherchée par les bibliophiles et les collectionneurs, et qui est reprise dans certains fac-similés. Hetzel publiera aussi de nombreuses romancières, parfois sous des pseudonymes masculins, mais dont l'œuvre aujourd'hui est quasiment oubliée. Pourtant certaines d'entre elles figureront dans la catalogue Hachette, prenant le même chemin que Jules Verne, Erckmann-Chatrian, André Laurie, soit dans la Bibliothèque Verte Première série, ou dans d'autres collections.

Tout ceci est décortiqué dans le copieux dossier qui est consacré à Hetzel au travers de son œuvre, d'éditeur et de romancier.

La Revue Rocambole : Hetzel éditeur populaire.

Si ce dossier, copieux et complété par une iconographie réduite au maximum à cause des nombreux textes, représente environ la moitié de la revue, la seconde partie est consacrée à une revue devenue mythique : Encrage. De octobre 1984 avec la sortie du numéro 0 jusqu'en 1990 avec le numéro 24, cette revue qui ne vivait que par les abonnements aura marqué le paysage de l'exploration de l'autre-littérature. L'innovation tenait en fiches consacrées à des auteurs, des personnages, des collections, des romans, des études, des bibliographies avec en complément Encrage-Actua rédigé par Jean-Claude Alizet traitant des nouveautés dans les différents genres de la littérature populaire. Ce complément deviendra l'Année de la fiction, et qui sera publié durant seize ans. Aujourd'hui les jolis volumes cartonnés ont été remplacés par un outil internet : Fiction-bis que tout un chacun peut consulter, voire éventuellement compléter en devenant rédacteur. La seule contrainte étant de rédiger une notice qui résume l'ouvrage jusqu'à son épilogue.

Des quelques fiches représentatives de la revue Encrage qui sont donc proposées aux lecteurs du Rocambole qui n'auraient pas connu cette merveilleuse aventure, je retiens deux travaux de longue haleine :

Du Moulin Noir à Détective Pocket, les curieuses collections des éditions Baudelaire, fiche établie par Pierre Turpin qui décortiquaient les différentes rééditions issues d'autres collections, des pillages, avec changement des noms des auteurs, des titres, ou des inédits d'auteurs différents regroupés sous un nom maison, retravaillés par la suite lors de la réédition dans les diverses collection, lors de leur imbrication dans ce méli-mélo derrière lequel se cachaient les sulfureux Guerber et Dermée. Des romanciers qui avaient pour nom Robert Debeurre plus connu sous les alias de Georges Mera et Irving Le Roy par exemple, ou encore André Héléna, Claude Ferny, et même Léo Malet.

Autre fiche importante et conséquente rédigée par Jean-Luc Buard : le dépouillement systématique des feuilletons dans le Journal L'Œuvre avec la liste auteurs publiés sur une période de vingt-neuf années avec, bien entendu le ou les titres de leurs romans. Et on y trouve pêle-mêle Henri Barbusse Vicky Baum, Rodolphe Bringer, Christian Brulls (Simenon), A. Conan Doyle, Maurice Genevoix, Restif de la Bretonne, H. de Vere Stackpoole, bref un bel échantillonnage de la production littéraire tous genres confondus. Un travail de longue haleine réalisé par un amoureux de la culture littéraire ancienne et qui offre de nombreux débouchés pour tous ceux qui traquent des feuilletons qui n'ont pas forcément été édités en romans par la suite.

La Revue Rocambole : Hetzel éditeur populaire. La Revue Rocambole : Hetzel éditeur populaire.

Quelques autres rubriques complètent ce numéro ainsi que deux textes, qui datent de 1874, de P.J. Stahl.

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Published by Oncle Paul - dans Revues
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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 08:50
Gérard LECAS : Le syndrome du volcan.

Bon anniversaire à Gérard Lecas, né le 12 janvier 1954.

Gérard LECAS : Le syndrome du volcan.

Du jour au lendemain Antoine de la Bernerie, qui dirigeait une entreprise familiale et l'avait même consolidée, décide de tout plaquer et de consacrer son temps aux déshérités.

Il s'engage dans la lutte contre le faim et la misère dans le tiers monde en adhérant à une société caritative. Il va même sur le terrain afin de vérifier si tout se passe correctement. Il assiste Daniel Bretzer, le responsable de SOS Planète, dans ses déplacements. Ce qui l'amène à faire la connaissance de Catherine Cardi, une infirmière qui travaille au Soudan.

Celle-ci est enlevée en pleine nuit mais elle a eu le temps de glisser dans les bagages d'Antoine une enveloppe contenant des documents. Et de lui signaler que des expéditions de fours micro-onde et de pizzas surgelés au Soudan ne sont pas du meilleur goût alors que tant de produits de première nécessité font défaut.

Antoine ne peut s'éterniser au Soudan mais il a promis à la jeune femme de remettre ces papiers à sa famille et il s'acquitte de cette tache, aussi scrupuleusement que toutes celles qu'il entreprend. Ce qu'il découvre à Miami dans l'une des antennes de SOS Planète le laisse songeur. D'autant que Terry, le beau-frère de Catherine, est victime d'un meurtre déguisé en accident. Un hasard pour le moins bizarre puisque Terry travaillait dans un laboratoire pharmaceutique qui fournissait des médicaments à l'association.

 

En refermant ce livre, on se dit que tout cela n'est que de la fiction, mais le lecteur ne peut s'empêcher de se demander si les fonds qu'il envoie aux sociétés caritatives sont réellement employés à sauver les nécessiteux et s'il n'y a pas parfois évasion de capitaux et autres filouteries.

Antoine de la Bernerie se révèle non seulement comme un aventurier mais également un épigone de Mac Gyver. Il est vrai qu'il possède des notions certaines d'armement puisqu'il dirigeait une fabrique d'armes à feu et avait imaginé un nouveau procédé. Mais dans les cas désespérés, il sait faire fonctionner ses petites cellules grises.

Gérard Lecas est un auteur qui livre ses romans au compte-gouttes, il a donc le temps de les peaufiner. Et je dois dire qu'à ce jour, Le syndrome du volcan est l'un des romans le plus achevé de sa production, et celui qui prend peut-être le plus aux tripes. Ce qui n'empêche pas Gérard Lecas de placer quelques traits d'humour, ne serait-ce que cette pauvre Suzie, bénévole à SOS Planète et qui doit recourir aux bons soins d'une célèbre société d'amaigrissement pour remédier, sans succès, à son problème de surcharge pondérale.

 

Gérard LECAS : Le syndrome du volcan. Série Noire N°2311. Parution le 11 février 1993. 352 pages.

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 13:58

...est moins sympa que la voisine d'à côté !

Joseph FARNEL : Le voisin du dessus.

Depuis leur première rencontre, le jour de son installation dans l'immeuble, Georges Lernaf n'a jamais vraiment apprécié ce voisin qui habite à l'étage au dessus de son appartement.

Octogénaire, François Saler est un homme sec, élancé, impassible, maniaque, possédant ses habitudes, affichant un air de condescendance attristée, peu aimable et dédaignant toutes relations même de voisinage. La seule personne qui accède à son appartement est la concierge, laquelle procède au ménage quelques heures par semaine, tout comme chez Lernaf d'ailleurs. Il a un fils, la cinquantaine, antithèse du père physiquement et à l'abord aimable. Selon la bignole, évidemment.

Sa voisine de palier, elle, possède tous les charmes, les atours et les atouts pour attirer son attention. Elodie est masseuse et ses clients n'ont apparemment pas à se plaindre de ses manipulations, car ils repartent enchantés, et la bourse plus vide qu'en arrivant. Je voulais dire le portefeuille, mais vous m'avez compris. Elle est souvent en combinaison de travail, petite tenue affriolante, ou nuisette entrebâillée sur ses appas et ses appâts.

Ce jour-là, alors que Lernaf s'apprête à descendre l'escalier comme s'il était pressé, il se retrouve nez à nez avec une apparition à couper le souffle, lui qui l'a déjà court. Cette délicieuse quadragénaire aux mensurations prometteuses se prénomme Nathalie, et outre qu'elle est une amie d'Elodie, elle venait précisément le rencontrer pour lui proposer une petite affaire. Une enquête si vous préférez. Et elle ne manque pas d'arguments traduits en bons billets de banque qui rejoignent illico le tiroir du bureau de Lernaf, celui-ci préférant garder par devers lui l'argent plutôt que de le confier à son banquier qui, il le sait, l'engloutirait aussitôt pour combler son trou bancaire.

Nathalie est persuadée connaître le voisin du dessus qui vient de les croiser. En fouillant dans sa mémoire, tout revient. Une vingtaine d'années auparavant, alors qu'elle travaillait dans un réseau de call-girls, sa patronne l'avait envoyée dans une soirée spéciale. Etaient présents à cette petite sauterie Français et Allemands. Et François Saler, qui à l'époque s'appelait Franz Schwanz, avait voulu jouer à la cravache avec elle. Nathalie ne s'était pas laissée faire et c'était elle qui avait fouetté l'homme complètement bourré. Elle avait perdu sa place mais pas la face. Lernaf avait un peu raison quand il avait catalogué son voisin comme un vieux collabo avec sa dégaine de pète-sec, béret et parapluie en guise d'accessoires. Il s'était tout simplement trompé de nationalité et Saler/Schwanz était un ancien nazi.

Le problème qui amène Nathalie à demander l'aide de Lernaf réside à la suite des mésaventures de la jeune femme. Virée donc, elle est présentée à un homme qui devient son amant avant d'être arrêté pour le braquage d'une bijouterie qui tourne mal. Ensuite elle fait la connaissance d'un autre homme, marié, qui la met enceinte mais meurt dans un accident d'automobile. Nathalie se retrouve une fois encore seule avec une gamine âgée aujourd'hui de huit ans. Heureusement l'homme, prévoyant et riche, avait assuré l'avenir de sa maîtresse et de sa fille et Nathalie n'est pas vraiment dans le besoin. Seulement, si elle a envoyé quelques mandats à son ex julot au début de son incarcération, peu à peu elle a tourné la page, mais il se manifeste à nouveau. Il se nomme Pierrot le Dingue, a longuement eu les honneurs des journaux et il vient d'être libéré, assigné à résidence en Bretagne. Et il est bien décidé à récupérer beaucoup d'argent. D'autant que Pierrot le Dingue était impliqué dans deux braquages de bijouteries, qu'il avait chargé un complice d'apporter le magot à Nathalie, mais qu'elle ne les avait jamais vu, ni le complice ni le magot.

 

Commence alors une enquête qui va mener Lernaf dans une combinaison familiale quelque peu complexe. En effet Nathalie et Elodie sont cousines mais d'autres membres plus ou moins proches de la famille gravitent autour de cette affaire alambiquée. Surtout que lorsque le lendemain matin Lernaf sort péniblement d'un sommeil profond engendré par une soirée alcoolisée. Le barouf qu'il entend à la porte n'est que le résultat des coups de poings assenés par son ami le commissaire Emile Dujardin et appuyés par sa voix de stentor. Le voisin du dessus est mort, pas de vieillesse mais d'une balle en plein front. Et dans la chambre de ce brave homme sont disposées des armes et des reliques nazies. Lernaf en profite pour demander à Dujardin de lui rendre un petit service, pas grand chose, juste localiser Pierrot le Dingue.

Si tout était facile, il n'y aurait plus besoin de détectives privés, de commissaires de police, de concierges même ou de masseuses gentillettes. Mais comme nous sommes dans un roman, l'auteur s'amuse à compliquer les situations, pour le plus grand plaisir des lecteurs, et de faire passer le goût amer de certaines situations à l'aide de grands verres de pastis, de whisky, et autres alcools qui réjouissent les papilles mais emberlificotent parfois les neurones. Exemple de situation compliquée, Nathalie, la pulpeuse Nathalie, la Vénus non démembrée, n'est autre que la fille de François Saler alias Franz Schwanz ! Elle a eu chaud lors de sa rencontre avortée vingt ans auparavant !

Dire qu'il y a des réminiscences de San-Antonio dans ce roman serait un euphémisme. Il existe de grandes ressemblances, physiques notamment entre Dujardin et Bérurier et leur goût pour la nourriture. Lernaf lui lorgne du côté du commissaire San-Antonio, avec cette attirance qu'exercent sur lui les femmes. Et puis cet humour quasi permanent, avec toutefois des passages très sombres. Mais là s'arrête la comparaison du double de Frédéric Dard, car Joseph Farnel fait du Farnel et il le fait bien. Ce n'est pas du prêt à porter mais de la haute couture.

Joseph FARNEL : Le voisin du dessus. Editions Pascal Galodé. collection Poche. Première édition Editions SAFED - 2004. Parution le 29 septembre 2014. 232 pages. 9,90€.

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 08:48
Antoine DOMINIQUE : L'archipel aux gorilles.

Gare au goriiillle... !

Antoine DOMINIQUE : L'archipel aux gorilles.

Lors d'une plongée sous-marine sur les bords de la Méditerranée, Géo Paquet, dit le Gorille, découvre un cadavre et dans un petit étui une assiette en métal. Celle-ci, une fois nettoyée, laisse apparaître en surimpression un château, un chemin en pointillé et une croix.

Il s'agit du château de Madrid qui domine la montagne de Beaulieu-sur Mer. Facile dès lors de repérer le lieu indiqué par la croix; Géo se sert d'une carte qui le conduit à une grotte. Il visite le lieu peuplé de chauve-souris en compagnie de sn ami le commissaire Blavet de la Sécurité du Territoire.

Une nouvelle assiette est mise au jour avec une fois de plus sont représentés un château, un chemin et une croix. Ces ustensiles mènent le Gorille, ses amis du port de Beaulieu, Mature, Marc-Aurèle et Blavet jusqu'au Chant des Oliviers. Une maison située près de Fayence dans laquelle vivent Loison, le propriétaire, Lionelle, sa fille dite la Biche, Pistrel, le gardien, et son fils Pascal.

Toutes ces allées et venues ne passent pas inaperçues de la part des estivants, principalement des touristes étrangers. Hollamburger, un Hollandais, Rock Sillepan, un Américain, et un couple de Britanniques, Dany et Diana dite la Divine.

Pascal a disparu de la circulation. De forte corpulence il ne peut cependant pas être confondu avec le cadavre retrouvé en pleine mer. Géo rencontre Bibi, une forte femme, tante de Pascal, mais elle déclare ne rien savoir. Pourtant, dès que le Gorille a le dos tourné, elle court au Chant des Oliviers et sur le port de Beaulieu. Commence un chassé-croisé entre tous ces protagonistes, touristes inclus. Le but de ce signe de piste pour adultes : découvrir un trésor de guerre enfoui par un Allemand à la fin de la Deuxième guerre Mondiale.

Antoine DOMINIQUE : L'archipel aux gorilles.

 

L'Archipel aux Gorilles date et a mal vieilli. Une histoire légèrement abracadabrante et farfelue qui, réécrite, pourrait figurer parmi les ouvrages pour adolescents. Seuls pôles d'attraction, seuls centres d'intérêts, tous les passages ayant rapport avec les évolutions sous-marines. Qu'il s'agisse de la découverte du cadavre ou du combat entre Pascal et le Gorille. Un roman découpé en deux parties, la seconde étant nettement plus violente et réaliste que la première.

 

Curiosités : Sillepan, le nom de l'Américain, est l'anagramme de Spillane, auteur à la mode à cette époque. Et c'est peut-être le premier roman édité en Série Noire dans lequel le lesbianisme est évoqué. Bibi et la Divine se connaissent et pratiquent le culte de Lesbos.

Le titre le plus connu de cette série est sans conteste Le Gorille vous salue bien. Il a été adapté au cinéma par Bernard Borderie en 1958 avec Lino Ventura dans le rôle du Gorille. Deux autres romans furent adaptés mais cette fois c'est Roger Hanin qui endossait le rôle de Géo Paquet.

 

Citation :

Le Gorille entendait son cœur faire boum dans sa gorge.

 

Antoine DOMINIQUE : L'archipel aux gorilles. Série Noire N°265. Parution août 1955. 190 pages.

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 13:52

Moi je ne doute pas de mon âge. Quoique, parfois, j’ai l’impression d’avoir trente ou quarante ans de moins. Dans quelles circonstances, vous me permettrez de ne pas le préciser.

Andrea CAMILLERI : L’âge du doute.

La journée commence mal pour le commissaire Montalbano. D’abord il a rêvé qu’il était mort et qu’il assistait aux préparatifs de son enterrement. Ensuite, alors qu’il se rend à son bureau à Vigata, son véhicule est immobilisé, coincé entre deux autres voitures. Il tombe des trombes d’eau et se rendant aux renseignements il rend compte que la voie a cédé sous les caprices météorologiques. La chaussée est coupée par un mini précipice. Le véhicule de tête est sur le point de plonger dans le creux et il aide la conductrice à se dépatouiller.

Vanna Digiulio, la jeune personne en question, est âgée d’à peine trente ans. Ses lunettes en cul de bouteille lui donnent l’air d’un scaphandrier perdu dans un bathyscaphe. Pas vraiment jolie, mais comme elle semble en perdition, Montalbano la prend sous son aile tutélaire. Il l’emmène chez lui afin qu’elle puisse enfiler des vêtements secs, Livia, l’éternelle fiancée de Montalbano habitant sur le continent, disposant d’une garde-robe de rechange. Vanna, qui dit résider à Palerme, se rendait au port, ayant appris que sa tante qui voyage à longueur d’années à bord d’un bateau doit y faire escale.

 

Petit exercice de style afin que le lecteur entre dans l’univers linguistique de Montalbano par Camilleri interposé.

Il areçoit ‘n appel tiliphonique de l’acapitainerie annonçant que l’Havanna vient de signaler qu’il entre au port avec un naufragé à son bord. Enfin, pas lui pirsonnellement en pirsonne mais l’un de ses adjoints qui a une forte propension à déformer les noms propres. Le Vanna a donc arepêché un cadavre gisant dans ‘n canot.

 

Fin de la récréation, et reprenons notre présentation.

Madame Giovannini, propriétaire du yacht le Vanna, est tout étonnée lorsque Montalbano lui parle de sa nièce. Le commandant Sperli itou, mais ils prennent avec philosophie l’annonce. Le cadavre n’est pas mort noyé et l’assassin, ou les assassins, l’ont défiguré avant de le placer dans un canot. Un autre yacht entre dans le port, L’As de cœur, qui s’amarre bord à bord au Vanna. Intrigué par cette histoire de nièce, Montalbano téléphone au numéro indiqué sur l’annuaire et est tout étonné d’apprendre que la dame en question femme est décédée depuis des années.

Le cadavre devait bien demeurer sur l’île, pense-t-il, du moins depuis un certain moment. Et c’est ainsi que le propriétaire d’un hôtel luxueux lui apprend qu’en effet il y avait bien un pensionnaire qui n’a pas donné signe de vie depuis quelques jours. Une ébauche de piste surtout lorsqu’il met la main sur un passeport au nom de Lannec, passeport qui après un examen attentif semble un vrai faux papier d’identité.

Au-delà de l’intrigue, de facture somme toute classique et qui nous change un peu de la production policière actuelle, c’est le rôle dévolu à Salvo Montalbano dans cette histoire qui retient l’attention du lecteur. Osons l’écrire, ce sont les à-côtés qui donnent une dimension humaine à cette fiction, avec les bons moments, l’humour efficace, mais aussi les affaires de cœur dans lesquels il se trouve plongé ou encore la dramaturgie élaborée par l’auteur. Il est attiré par Laura, lieutenant à la capitainerie, un sentiment réciproque, mais combattu par l’un et l’autre.

Les petites tracasseries administratives auxquelles Montalbano est confronté et avec lesquelles il se dépatouille tant bien que mal tiennent aussi une place non négligeable. Sous l’impulsion de la pluie qui s’infiltre dans son bureau, ses dossiers sont trempés, bons à jeter à la corbeille. Et comme tout n’est pas mouillé, il en humidifie le reste afin d’en être débarrassé. Ce qui l’oblige à trouver des échappatoires lorsque le questeur lui demande de les reconstituer. Ou encore lorsque celui-ci, qui est persuadé à tort que Montalbano est marié et possède des enfants, lui demande des nouvelles de sa progéniture. Il joue avec cette méprise, quitte à inventer des imbroglios, des tragédies familiales.

Enfin Montalbano est un grand lecteur, surtout de Simenon, et c’est en se souvenant d’une de ses lectures, Les Pitards, qu’il met le doigt sur le défaut de la cuirasse.

Serge Quadruppani traduit depuis de longues années les romans de Camilleri, respectant autant qu’il peut l’écrit dans la forme et le fond. Certains lecteurs sont agacés par cette démarche, personnellement je trouve cette langue savoureuse. J’ai essayé d’en pasticher un petit paragraphe, mais cela ne reflète que grossièrement le texte du roman. La traduction de Serge Quadruppani est beaucoup plus subtile et aérée.

Dernière petite précision concernant le parler sicilien. Il ne faut pas oublier que les Normands se sont installés en Sicile au XIème siècle, principalement avec l’arrivée de Robert Guiscard, fils de Tancrède de Hauteville, petit seigneur de la région de Coutances. Et j’ai retrouvé certaines similitudes avec le parler normand, principalement celui de la Haute Normandie. En effet, mais peut-être n’est-ce guère plus employé aujourd’hui, les Hauts Normands avaient pour habitude d’ajouter des A au début de certains mots. D’ailleurs, il était courant de dire qu’on était d’Arouen, le pays des Aremorqueurs (on était de Rouen le pays des remorqueurs). Et donc il ne serait pas absurde de penser qu’il reste des traces linguistes de l’implantation normande en Sicile.

Andrea CAMILLERI : L’âge du doute.

Andrea CAMILLERI : L’âge du doute. (L’éta del dubbio - 2008. Traduction de Serge Quadruppani). Première édition Editions Fleuve Noir. Réédition Pocket. Parution le 8 janvier 2015. 264 pages. 6,80€.

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 09:08

Et celle des autres...

Day KEENE : En ménageant ma petite santé

Après douze ans d'absence, Cade revient au pays. Avec sa prime de démobilisation de colonel de l'armée de l'Air, il s'est acheté un bateau, le Sea Bird.

Il vient de passer deux ans dans un camp de prisonniers à Pyongyang, sa femme Janice l'a quitté, aussi il ne demande qu'un peu de tranquillité. Par exemple pêcher et gagner de quoi subsister en organisant des excursions pour touristes dans le delta du golfe du Mexique.

A terre il est accueilli à bras ouverts par tout le monde, sauf par Joe Laval et La Méduse. Deux hommes à la solde de Tocko Kalavitch le caïd local. Si Cade n'est pas parti de Bay Parish le lendemain midi, il risque de s'attirer de gros ennuis. Le moral assez bas et des questions plein la tête, Cade retourne sur son yacht.

Une jeune femme, Mimi, entrée en fraude dans le pays trouve refuge à bord. Malgré deux ans d'abstinence et les charmes presque dévoilés de la belle clandestine, Cade se montre chevaleresque et respectueux. Mimi Trujillo Estepar a quitté son Venezuela natal afin de rejoindre son époux disparu, un nommé Moran. Cade et Mimi redescendent le lendemain à terre, malgré les risques que cela comporte, problèmes avec l'immigration et autres, afin de dénicher l'adresse de Moran.

De retour sur son bateau Cade se heurte au cadavre de Joe Laval. Sachant pertinemment qu'il sera accusé de meurtre, Cade lève l'ancre en compagnie de Mimi, jette le corps du défunt sheriff et rejoint la Nouvelle-Orléans.

Dans un hôtel ils retrouvent la trace de Moran et de Janice. Janice ne s'est pas contentée de divorcer, elle a vendu à Tocko la maison familiale de Cade. Reste à celui-ci un terrain à Barataria Bay, sur lequel son père et lui-même ont construit bien des années auparavant une cabane. En fait de cabane, il s'agit d'un hôtel tout neuf, pas encore ouvert aux touristes et dont Janice est propriétaire associée à Moran. Cade et Mimi sont tombés dans le piège.

Entre Moran et Tocko c'est la guerre, Janice choisissant son camp en fonction du vainqueur. Cade assommé est jeté à la mer à quelques miles de la côte et sans Mimi, il pourrait dire adieu à la vie.

 

Les bons gagnent et la morale est suave. Cade malgré sa faim de chair fraîche et la proximité affriolante de la jeune et désirable Mimi, qui n'accepte de succomber aux plaisirs de la chair que dans le cadre du mariage, Cade réussit à réfréner ses désirs.

Day Keene, par misogynie ou connaissance profonde de l'âme féminine, nous régale de quelques aphorismes qui aujourd'hui prêtent à sourire. Par exemple :

Un homme averti en vaut deux, surtout quand il a affaire à la police ou à une femme.

ou encore :

Décidemment, se dit Cade, les hommes sont des créatures complexes, presque aussi compliquées que les femmes. Les exemples ne manquent pas, mais les traducteurs ont-ils respecté le texte originel ou ont-ils apporté leur petite touche, seul celui qui peut lire ce roman en version originale pourra infirmer ou confirmer ces quelques lignes.

 

Curiosité :

Alors que selon une règle non écrite mais respectée pratiquement par tous les écrivains de romans noirs, Day Keene en tête, les Brunes représentent le Mal incarné et les Blondes la pureté et l'innocence même, pour une fois les rôles sont inversés. Janice la Blonde se dresse en garce, en être fourbe, tandis que Mimi la Brune s'érige en femme vertueuse et sincère.

 

Day KEENE : En ménageant ma petite santé (The big kiss off - 1954. Traduction de H. Collard et R. Guillot). Série Noire N° 244. Parution avril 1955. 254 pages.

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 13:18

Hélas... !

Malcolm MACKAY : Ne reste que la violence

Lorsqu'il sort de son bureau, sa journée terminée, Richard Hardy, comptable sans histoire apparemment mais qui monnaie ses services auprès de truands afin de falsifier leur comptabilité, est abordé sur le parking par deux hommes. L'un d'eux se présente comme l'inspecteur Lawrence Mullen et lui demande de les accompagner au commissariat afin de répondre à quelques questions concernant l'un de ses clients.

En réalité Mullen n'est autre que Calum MacLean, tueur à gages de Jamieson, truand qui a la haute main sur la voyoucratie locale et les différents trafics. Hardy, avant d'embarquer dans le véhicule de Mullen, avait déjà ouvert la portière de sa voiture. Il balance son téléphone portable à l'intérieur, ferme les portières et en avant. Hardy petit ! Seulement le chemin emprunté par les deux hommes lui semble bien long et ne pas se diriger directement vers le commissariat. Effectivement arrivé dans une zone isolée, il est abattu par Mullen, lequel ne fait pas demi-mesure puisque le tueur se débarrasse également son coéquipier Kenny. Auparavant il a chargé celui-ci de creuser un trou et les deux corps sont balancés dedans.

Calum MacLean est bien décidé à ce que ce travail soit le dernier qu'il ait à effectuer et il prépare son départ avec l'aide de William, son grand-frère, lequel a des accointances pour lui fournir de nouveaux papiers d'identité et peut l'aider à passer à l'étranger en l'emmenant à l'aéroport d'Edinbourg.

Jamieson s'inquiète de la concurrence et de la montée en puissance que représente Shug Francis. Francis est propriétaire d'un réseau de voitures et de garage, couverture officielle, mais qui en réalité recèle un trafic de voitures volées. Une petite entreprise qui marche bien grâce à son associé Fizzy Waters. Francis veut s'allier avec MacArthur pour se débarrasser de Jamieson, avec l'aide de Greig, policier qui mange à tous les râteliers, et éventuellement de Fizzy en lequel il n'a plus guère confiance.

Mais comme toujours dans ces cas là, les rouages se grippent et l'élément perturbateur se nomme Deana. Deana est la compagne de Kenny, le chauffeur complice dans l'enlèvement de Hardy et abattu par Calum MacLean. Jamieson n'avait plus confiance en Kenny qu'il jugeait peu fiable. Deana contacte donc Fisher, un policier qui prend au départ la disparition de Richard Hardy comme une blague. Seulement sur le parking où est garée la voiture du comptable, force lui est de constater que quelque chose cloche : il téléphone sur le portable de Hardy et entend la sonnerie à l'intérieur du véhicule. Alors il entreprend une visite dans les locaux du comptable et épluche les dossiers, dont un au nom de Shug Francis. Seulement il faut compter avec les fuites qui brouillent l'enquête, au grand dam de Fisher.

 

Troisième et dernier volet des aventures de Calum MacLean, Ne reste que la violence sent le réchauffé. Si Il faut tuer Lewis Winter et Comment tirer sa révérence étaient fort et âpre comme un whisky tourbeux écossais et pétillant comme une Scottish Ales, une bière brune caractéristique des Highlands. Mais cette fois, la magie n'a pas fonctionné, et ce roman manque de pétillant, avec même une impression d'éventé. Pourtant les phrases sont toujours sèches, épurées, avec un mélange de narration à la troisième personne et de déclinaisons de pensées à la première personne. Mais il existe un aspect répétitif, aussi bien dans la narration, la même phrase étant triturée afin de dire la même chose mais différemment dans le même paragraphe, que dans cette confrontation entre policiers et malfrats, entre gangs eux-mêmes, reliée par un trait d'union qui est le policier véreux. Noir, certes, dénué d'humour, mais un peu trop dilué dans l'aspect descriptif et l'analyse. Dommage. Ne reste que la violence des mots mais pas le plaisir ressenti avec les deux premiers volumes. Heureusement chaque titre peut se lire séparément.

Vous pouvez également, et je vous le conseille fortement, prendre connaissance des chroniques de deux amis blogueurs qui ne partagent pas forcément mon opinion, et c'est heureux :

Malcolm MACKAY : Ne reste que la violence (The Sudden Arrival of Violence - 2014. Traduction de Fanchita Gonzales Batlle). Editions Liana Levi. Parution le 2 octobre 2014. 320 pages. 19,00€.

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