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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 08:05
Day KEENE : Deuil immédiat.

Et quand on dit Immédiat, c'est tout de suite...

Day KEENE : Deuil immédiat.

A peine sorti de l'asile, où il avait été interné sur sa demande, Barney Mandell découvre une jeune femme assassinée dans sa chambre d'hôtel.

Il se souvient très bien avoir été accosté par elle dans un bar, avoir refusé de coucher avec, puis ingurgité un nombre impressionnant de whiskies dans un autre troquet. De retour à sa chambre, il avait été assommé par un individu.

Lorsqu'il sort de son état comateux, c'est pour contempler cette macabre découverte. La peur le tenaille, pensant être atteint d'une nouvelle crise de folie. Il alerte cependant les policiers. Le lieutenant Rose et l'inspecteur Carlton l'inculpent et son ami d'enfance Joe Mercer, un journaliste, le vilipende.

Libéré grâce à une caution versée par Curtiss, un agent du Trésor, il suit celui-ci dans son bureau. Au moment où Curtiss l'interroge sur son oncle Vladimir, ex-professeur polonais de physique émigré au Brésil, et commence à lui expliquer pourquoi le Trésor américain veut le contacter, un inconnu tire des coups de feu sur les deux hommes. Miraculeusement Barney n'est pas atteint mais Curtiss est tué.

Le tueur, blessé, réussit à s'échapper. De nouveau écroué, Barney est libéré grâce à l'influence de son beau-père le juge Ebbling. Avant de retrouver sa femme Gale, qui devait l'accueillir à sa sortie de l'hôpital psychiatrique mais a été retardée dans son voyage de retour des Bermudes, Barney rend visite à sa mère dans le quartier derrière les abattoirs. Il est fraîchement reçu par Pat et John, ses amis d'enfance devenus policiers, et par Rosemary, leur sœur secrètement amoureuse de lui. Quant à sa mère, elle n'a jamais reçu les 37 000 dollars que Gale devait lui faire parvenir par petites sommes toutes les semaines. Il retrouve enfin sa femme qui lui joue son numéro de charme.

En compagnie d'André, le chauffeur, ils partent pour la résidence du juge Ebbling à Lake Forest. Celui-ci semble mal en point tandis que Barney est en proie à de nouveaux délires qu'il met sur le compte d'une résurgence de ses crises de folie. Drogué, il se réveille avec dans la main un revolver, le juge Ebbling tué à ses pieds.

 

Deuil immédiat reprend le schéma classique de la dualité entre le Bien et le Mal, incarnés par deux femmes gravitant autour d'un homme aveuglé et manipulé par l'amour charnel et physique.

 

Curiosité :

Sous forme d'introduction, Marcel Duhamel et ses collaborateurs précisent : Le présent livre a été publié en 1954, dans la collection Oscar. C'est la qualité de l'ouvrage et son faible tirage à l'époque, qui nous ont décidé à le réimprimer. D'autres romans de Day Keene mériteraient aujourd'hui de connaître le même sort.

 

Citation :

C'étaient les yeux d'une vierge amoureuse, sur le point de connaître l'amour pour la première fois, redoutant et anticipant à la fois l'aventure; calculant les possibilités du plaisir et celles de la douleur, et leurs conséquences.

Day KEENE : Deuil immédiat.

Day KEENE : Deuil immédiat. (To Kiss or to Kill - 1951. Traduction de Robert Scipion) Série Noire N° 436. Parution juin 1956. 256 pages. Réédition Carré Noir N°109. Mars 1973. 256 pages.

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 14:55

Hommage à Michel Jeury, décédé le 9 janvier.

Michel JEURY : Aux yeux la lune.

Il était une fois...

Non, il sera une fois... un ordinateur sémiologique, nommé Sem.

Il donnera l'immortalité à quelques hommes et femmes, qu'il appellera ses enfants.

Sem a la possibilité de se métamorphoser en jeune homme, en adulte et il rend alors visite à ses protégés.

Parmi ceux-ci, Brass, Carolo le rêveur, Mio et Ania, des amis qui, lorsqu'ils ne chassent pas les finges sortes d'animaux ressemblant à des mains, jouent entre eux, endossant pour cela un corps d'enfant.

Parfois, Sem les envoie en mission sur Terre parmi l'humanité ou ce qu'il en reste.

Mais Sem va bientôt s'endormir, peut-être pour toujours et Ania se voit confier une mission exceptionnelle.

 

Michel Jeury joue avec un thème, son thème de prédilection, et amasse, accumule autour d'Ania, son héroïne, des situations insupportables, dans un espace temps indéterminé, malgré une certaine datation, et ce n'est pas la solution finale qui résoudra tous les problèmes posés au lecteur.

Peut-être ne faut-il voir, discerner dans l'œuvre de Michel Jeury, une parabole mystique, plus qu'utopique et peut-être hermétique, qui relève plus d'une extrapolation spirituelle que de la science-fiction pure.

Un roman à lire et à relire pour s'imprégner, s'investir de cette atmosphère unique et jeurienne.

Michel JEURY : Aux yeux la lune. Michel JEURY : Aux yeux la lune.

Michel JEURY : Aux yeux la lune. Collection Anticipation N°1623. Editions Fleuve Noir. Parution Avril 1988. 188 pages. Réédition Collection SF Métal N°29. Janvier 1998.

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Published by Oncle Paul - dans La Malle aux souvenirs
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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 09:26
Jake PAGE: La case de l'oncle Tomahawk

Bon anniversaire à Jack Page né le 24 janvier 1936.

Jake PAGE: La case de l'oncle Tomahawk

Enquêteur pour une commission sénatoriale, officiellement photographe, Robin Dana est convié par Dvorak, son chef, à se rendre au Nouveau Mexique effectuer un reportage sur un vieux shaman zatago. Une mission qui en cache une autre, Robin s'en rend compte lorsqu'il lit dans un journal à Albuquerque qu'un journaliste s'est fait assassiner sur le territoire Zatago.

Il contacte d'abord Sally, une ancienne maîtresse, qui lui prodigue avertissements et informations peu rassurants et lui conseille de rencontrer Thomasina, secrétaire au Bureau des Affaires Indiennes. La réserve est en effervescence et il doit composer avec le président de la tribu et ses sbires, le M.A.R. - Mouvement des Américains Rouges - et ses jeunes énervés, ainsi que le F.B.I.

En cours de route il est pris à partie par trois jeunes qui se réclament du M.A.R. et le tabassent. Sa rencontre avec le shaman centenaire qui se déroulait en toute sérénité est perturbée par l'intrusion d'agents du F.B.I. qui recherchent un Indien, arrière-petit-fils du shaman, accusé du meurtre du journaliste. Mais au delà de ce meurtre et de cette accusation sans preuve, c'est l'existence de la nation qui est en jeu. La Navajo Corporation a passé un contrat pour installer une usine de gazéification à partir de la houille et elle a besoin des terres des Zatagos. Le shaman est retrouvé égorgé ce qui n'apaise pas les esprits.

Afin de justifier sa présence, Dana trouve un autre sujet de reportage photographique : l'aide à l'enfance, ce qui lui permet de rencontrer Thomasina, la nièce du shaman, et Darrell son jeune frère, en toute impunité. Les relations entre Dana et les représentants du F.B.I. ne sont guère cordiales, de même qu'avec le président de la nation Zatago et Olpin, un prêtre mormon, qui accusent le M.A.R. de tous leurs maux. Le M.A.R, ou de jeunes voyous qui se réclament du M.A.R., agresse à nouveau Dana. Il est recueilli par Thomasina qui le soigne et tente de lui démontrer que le M.A.R. n'est pas si malfaisant qu'on tente de lui faire croire.

Dana est prié de regagner ses pénates et il en profite pour prendre rendez-vous avec son chef et lui demander de procéder à quelques vérifications. La Navaro Corporation n'a pas besoin uniquement des terres des Zagatos, mais également de l'eau et un contrat aurait été signé entre le président de la nation Zatago et le bureau des affaires indiennes. Cela sous entend paiement de pots de vin, or Olpin reçoit des versements non justifiés. De retour au Nouveau Mexique, Dana rencontre, grâce à Thomasina, Moss le chef du M.A.R. qui ne lui révèle pas grand chose, sauf que le FBI a tendance à envenimer les choses.

 

Seul roman policier de Jake Page, La case de l'oncle Tomahawk dénonce les corruptions, les prévarications, et les préjugés de l'administration policière envers le peuple indien. C'est l'éternel conflit entre les traditionalistes et les progressistes, chacun se cantonnant sur ses bases, sans oublier le problème écologique soulevé par toutes modernisations effectuées dans le but du profit au détriment de l'homme.

Jake Page ouvre la voie, en France, à Tony Hillerman qui s'inscrira comme le chantre de la nation Navajo.

 

Curiosité:

Le copyright mentionne le nom de Suzanne Page, femme de Jake Page, elle-même photographe et avec qui il a écrit un livre sur les Indiens Hopis.

 

Citation:

Vous et les crétins pour qui vous travaillez, vous êtes une bande de petites natures arriérées, pleines de sensiblerie et de complexes de culpabilité, plus soucieux des soi-disant minorités opprimées que de justice.

 

Jake PAGE: La case de l'oncle Tomahawk (Shoot the moon - 1979. Traduit de l'américain par Rosine Fitzgerald). Série Noire N°1804. Parution décembre 1980. 220 pages.

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 13:38

P comme Pouy... V comme Villard...

Jean-Bernard POUY & Marc VILLARD : L'alphabet du polar.

Les auteurs de la littérature policière et du roman noir sont joueurs ! Ils apprécient tout particulièrement les lettres, ce qui ne veut pas dire qu'ils soient indifférents aux chiffres, mais ce n'est pas leur préoccupation première.

Marc Villard et Jean-Bernard Pouy se sont installés autour d'une table, surveillés de près par José Correa qui faisait l'arbitre avec son fusain. Dans un sac, les vingt-six lettres de l'alphabet inscrites sur un papier plié en quatre qu'ils ont tirées chacun leur tour, soit treize lettres par tête de pipe, puis essayé trouver un mot commençant par les lettres attribuées ainsi à leur vis-à-vis. Amphétamine pour A, Balance pour B, Copropriétaires pour C et ainsi de suite jusqu'à Zone pour Z. Et pendant qu'ils planchaient à rédiger une nouvelle correspondant à chaque mot, José Correa mettait en image leurs résultats.

 

Bon d'accord, ce n'est peut-être pas ainsi qu'ils ont conçu cet ouvrage, mais j'aime bien extrapoler. Vous sentant impatient, je dévoile donc la première lettre qui n'est autre que le A, attribuée à Jean-Bernard Pouy, lequel nous offre quelques Amphétamines.

Patrick a voyagé dans les Etats-Unis, se liant avec une bande de motards dans le Nouveau-Mexique puis lorsque qu'il est reparti vers le Texas, un endroit plus civilisé, il a caché dans un sachet d'acide acétylsalicylique deux grammes de Crystal meth, une drogue dure réservée aux hommes, aux vrais. A ce qu'il paraît. Il avait ramené sa fraise et sa dose en France et ayant rendez-vous avec un banquier, il a pensé qu'il lui fallait un petit remontant pour se calmer, ce genre de rencontre portant en général sur les nerfs.

Tout au bout de l'alphabet, se trouve la lettre Z, Z comme Zone. Pas vraiment une trouvaille pour Marc Villard, habitué de ces quartiers dits difficiles qu'il arpente régulièrement tout au long de ses romans et nouvelles.

Depuis quelques jours Henri a remarqué le manège d'une petite voleuse dans le métro parisien. Elle paraît vingt ans, il l'appelle Laura, et il l'observe passer entre les voyageurs, leur dérobant en catimini leurs portefeuille. Laura, cela remonte à loin, et les souvenirs surgissent en pagaille et en désordre dans l'esprit perturbé d'Henri à la vue de celle qu'il appelle Ma fille, mon amour.

 

Présenter des nouvelles qui s'étalent sur trois ou quatre pages n'est pas un exercice facile, à moins bien entendu de tout dévoiler, mais le charme de la lecture en serait alors oblitéré. Tout réside dans la chute qui réserve des surprises, des retournements de situation ancrés dans un registre humoristico-dramatique.

Sachez toutefois que Jean-Bernard Pouy et Marc Villard ne dérogent pas à leurs marques de fabrique. La dérision pour l'un, quelque soit le thème choisi par l'auteur, Paris et le plus souvent le XVIIIe arrondissement avec dans la besace de la drogue pour l'autre. Et pourtant, malgré tout ils savent se renouveler offrant des textes pétris d'humanisme.

 

Petit sommaire par auteur :

Jean-Bernard Pouy est donc l'auteur de

Amphétamines, Copropriétaires, Daïquiri, Evasion, Flic, Jivaro, Kafka, Outing, Quéquette, Satanique, Vivisection, Warhol, Xylophone.

Marc Villard s'est amusé à décliner

Balance, Gériatrie, Hold-up, Immigrés, Lame, Maniaque, Nibards, Panique, Rafle, Taxi, Uchronie, Yakusa, Zone.

 

Si certains titres collent à l'auteur qui les traite, d'autres au contraire sont interchangeables. Ainsi Xylophone aurait pu être dévolu à Marc Villard, vu son penchant pour la musique tandis que j'aurai bien vu Nibards sous la plume de Jean-Bernard Pouy.

C'est ce qui fait le charme de ce recueil qui aurait pu figurer dans vos achats de Noël. Mais d'autres fêtes se profilent à l'horizon, la Saint-Valentin par exemple. Et pourquoi pas une petite historiette chaque soir avant le câlin prélude à une bonne nuit de sommeil.

Jean-Bernard POUY & Marc VILLARD : L'alphabet du polar. Jean-Bernard POUY & Marc VILLARD : L'alphabet du polar.

Jean-Bernard POUY & Marc VILLARD : L'alphabet du polar. 26 histoires inédites illustrées par José CORREA. Editions IN8. Parution le 23 octobre 2014. 160 pages.25,00€.

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 08:58
Jack FINNEY : En double

Un seul suffit !

Jack FINNEY : En double

Emprisonné à Saint-Quentin à la suite d'émission de chèques sans provision, Arnie Jarvis demande à son frère Ben et à sa fiancée Ruth de l'aider à s'évader.

Ceux-ci évaluant les dangers et périls de cette opération hésitent. Mais Arnie risque la condamnation à mort ayant agressé l'un des gardiens. Si aucun détenu e veut le dénoncer, un homme libéré sur parole le lendemain de l'altercation se fait fort de reconnaître le coupable lors d'une confrontation.

Ben et Ruth s'établissent donc près de la prison et suivant les instructions très précises du prisonnier effectuent quelques achats, vêtements, vivres et matériel divers. Un soir, rentrant d'une promenade de reconnaissance, ils font la connaissance de leur voisin, Nova, matin à Saint-Quentin. Après quelques préparatifs, c'est le grand soir.

Ben s'introduit dans le quartier des ateliers et se cache dans une caisse. Le lendemain il prend la place d'Arnie parmi les prisonniers rentrant à la prison proprement dite,, tandis que son frère se dissimule. La substitution manque d'avorter au réfectoire après le repas lorsque Ben, dans un moment d'inattention, allume une cigarette. Aussitôt il est le point de mire de tous les geôliers dont Nova qui heureusement ne le reconnait pas.

Pendant ce temps Arnie creuse un trou qu'il recouvre d'une planche de contre-plaqué dérobée dans un atelier. Le lendemain, nouvel échange dans les rôles et Ben réussit à s'éclipser dans la nuit. L'après-midi suivant, un vendredi, grâce à une diversion orchestrée par Arnie, celui-ci gagne le trou qu'il a creusé, et il n'a plus qu'à attendre. Les recherches organisées à l'intérieur de la prison n'aboutissent à rien. Tour le monde est persuadé que le prisonnier à réussi à s'évader. Une impression entretenue par un stratagème : Ben habillé comme un taulard sale et pas rasé, arrête une voiture près de la prison et le conducteur, lâché dans la nature ne peut donner aux policiers qu'un vague signalement. Les efforts fournis par Ben et Ruth, ajoutés à la promiscuité dans laquelle ils vivent, ont rapprochés les deux jeunes gens. Ils vont aider Arnie à faire la belle, mais Ruth ne veut plus le considérer comme son fiancé.

 

Dans En double, Jack Finney ne s'attarde guère sur la description de l'univers carcéral. Il s'attache plus à la mise en œuvre et à la réalisation de l'évasion ainsi qu'à analyser les différences morales existant entre les deux frères. Leur père ayant subi les contrecoups dus à l'indélicatesse financière de ses associés, Arnie a toujours voulu plastronner, se faisant passer pour plus riche, plus élevé dans l'échelle sociale qu'il ne l'était réellement. Utilisant volontiers l'esbroufe. Ben, plus raisonnable, a su accepter les coups du sort et utiliser ses compétences au maximum.

 

Curiosités :

Le lecteur découvre petit à petit le stratagème de l'évasion et le pourquoi des certains achats. L'ingéniosité dans la réalisation de l'évasion fait penser à un épisode de Mac Gyver avant la lettre.

Ce roman est le dernier à être édité sous couverture cartonnée.

 

Nota :

En double a été réalisé au cinéma par Russell Rouse en 1957, sorti en France sous le titre La cage aux hommes, avec Jack Palance et Barbara Lang.

 

Jack FINNEY : En double (The house of numbers - 1957. Traduction de Jean Dufour). Série Noire N°413. Parution Février 1958. 224 pages. 6,65€.

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 08:43
Marvin ALBERT : Descends à Babylone.

Hommage à Marvin H. Albert né le 22 janvier 1924.

Marvin ALBERT : Descends à Babylone.

Assis à la terrasse d'un restaurant, Sawyer assiste à la sortie précipitée d'une jeune fille, munie d'un sac de sport, d'un immeuble puis à l'arrivée de policiers. Un inconnu débouchant d'un immeuble voisin leur tire dessus et blesse l'un des inspecteurs.

Ravic est arrêté et argue pour sa défense qu'il pensait être attaqué par des ressortissants de son pays d'origine, la Yougoslavie. Il est soupçonné de trafic de drogue. Quelques jours plus tard, il est abattu dans le fourgon cellulaire qui l'emmenait au palais de justice.

Egon Mulhauser, ancien champion de Formule 1, demande à Sawyer de retrouver sa fille, Odile Garnier, qui a disparu, et dont il a reconnu le signalement d'après un article du journal local. Après la mort de sa femme Mulhauser s'est remarié avec une ancienne actrice, et sa fille n'a jamais accepté cette situation, préférant vivre dans la capitale depuis quelques années ou dans un studio sur la côte dont elle a hérité. Toutefois, lors de leur dernière rencontre Mulhauser s'était rendu compte qu'Odile était inquiète.

Les premières informations recueillies par Sawyer ne sont guère encourageantes. Odile se drogue et elle est en relations avec Toni Callega, le frère de Fulvio, ponte italien de l'héroïne. Elle aurait subtilisé pour trois millions de dollars de marchandise. Sawyer se frotte à Boyan Traikov, un homme de main de Didier Sabarly, le représentant en France de Fulvio. Selon le truand il doit arrêter immédiatement toutes recherches.

Dans le studio d'Odile à Villefranche, il trouve une carte postale donnant rendez-vous à la jeune fille dans la capitale. Il se rend à Paris et oriente ses recherches, conjointement avec son associé Fritz Donhoff, auprès d'amateurs des souterrains parisiens. Il visite l'appartement parisien d'Odile dans lequel gît le cadavre d'un homme de main de Sabarly. Sur une photo représentant Odile en compagnie d'un jeune homme, il reconnait un restaurant de Menton. Il redescend sur la Côte et apprend l'identité de l'ami, Gilbert. Celui-ci est fabricant de bijoux fantaisie, actuellement en Italie.

Sawyer le rencontre à Florence et le met au courant de la situation. Gilbert accepte de l'emmener dans l'arrière pays dans un chalet où se cache Odile, lui racontant en cours de route comment il a été amené à se débarrasser du sicaire qui s'était infiltré chez Odile. Mais les tueurs de Sabarly et Toni Callega sont à leurs trousses. Scindés en deux groupes, Sawyer d'un côté, Gilbert et Odile de l'autre, ils essayent d'échapper à leurs poursuivants, mais ceux-ci éventent la manœuvre.

 

De cette enquête conventionnelle due à un professionnel du roman noir, on retiendra surtout l'exploration des galeries souterraines qui assimilent le sous-sol parisien à une meule d'emmenthal. De plus, Marvin Albert met en scène un privé qui n'est affecté d'aucun handicap, au contraire de la mode actuelle qui veut que le privé, afin de lui fournir une personnalité, possède une particularité physique ou morale. Marvin Albert lui-même vit en Provence depuis une quinzaine d'années, ce qui lui permet de poser comme décor principal cette région.

 

Curiosité :

Cette enquête se déroule au moment du festival de Cannes, ce qui nous vaut la description savoureuse de quelques personnages gravitant dans les milieux cinématographiques et artistiques.

 

Citation :

- Non, non, je ne suis pas un tueur. Le revolver, ce n'est qu'une assurance.

- Ta police a été résiliée.

 

Marvin ALBERT : Descends à Babylone (Get off at Babylon - 1987. Traduction de France-Marie Watkins). SN 2117 -Parution novembre 1987. 256 pages.

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 16:00

Du 9 au 16 mai 2015

La croisière « Enquêtes & Mystères »

Le voyage incontournable des passionnés de polars

La croisière s'amuse

Imaginée par la société Média UP et montée en partenariat avec le Parisien et Costa Croisières, la croisière « Enquêtes & Mystères » propose à ses voyageurs des conférences et des activités captivantes sur les plus grandes enquêtes criminelles et les secrets de la police scientifique.

 

Les conférences seront animées par Paul Lefèvre, ancien chroniqueur judiciaire sur France Télévisions et animateur sur W9 et Planète Justice, et Dominique Rizet, grand reporter et journaliste d’investigation qui intervient régulièrement dans l’émission « Faites entrer l’accusé ».

 

La croisière s'amuseLa croisière s'amuseLa croisière s'amuse

Au programme, cinq thèmes seront proposées aux passagers :

« Police scientifique, plus fort que les Experts », « Autopsie d’une enquête criminelle entre fiction et réalité », « les tueuses : quand la folie criminelle s’empare des femmes », « 40 ans de carrière de chroniqueur judiciaire » et « les crimes de la France profonde ».

En partenariat avec Mortelle Soirée, plusieurs activités seront organisées au cours desquelles les voyageurs deviendront les enquêteurs et devront découvrir qui a tué Raoul Delamarre, riche industriel français retrouvé mort dans sa suite en première classe, Denis Blanchard, auteur de romans policiers assassiné d’un coup de couteau, et Gabriella Parker, retrouvée pendue avec un câble électrique dans le local technique. Pour les aider, un atelier de relevés d’empreintes sera organisé et de nouveaux indices apparaitront chaque jour dans le jour de bord.

 

Cette croisière se déroulera du 9 au 16 mai 2015 au départ de Marseille à bord du Costa Fortuna et permettra aux passagers de découvrir la Méditerranée : Marseille, Tunis, La Valette, Cagliari, Rome et Savone.

 

Tout le programme complet de la croisière se trouve sur le site de Média Up.

 

 

La croisière s'amuse
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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 09:24
William L. ROHDE : Interdit aux nomades

C'est ce que l'on appelle de la discrimination ?

William L. ROHDE : Interdit aux nomades

En qualité d'unique enquêteur et policier de la Global Airlines à Miami, Tom Shana doit, entre autre, s'occuper des mauvais payeurs.

Un chèque en bois signé d'un certain Robin Groffo fait retour à la compagnie. Grâce à l'adresse indiquée, Tom se rend chez Spike Groffo qui tombe des nues. Ni lui, ni son fils Van, ni sa fille Peggy ne sont à l'origine de cet impayé. Cette fraude est peut-être, selon lui, l'œuvre d'un de ses anciens employés, Tony Rodriguez.

Alors qu'ils se rafraîchissent, Peggy s'aperçoit qu'une mallette vient de leur être dérobée. Aussitôt Spike Groffo soupçonne Mitch Magill de s'être emparé de l'étui et de son contenu : une croix et une couronne sertis de pierres précieuses. Spike demande à Tom Shana de s'occuper de l'affaire et de récupérer les précieuses reliques.

L'enquêteur préfère, avant d'accepter, d'obtenir l'aval de son patron J.J. Clark et informe sa sœur Betty qui lui sert de secrétaire. Avec l'accord de son patron, Tom s'empare des emblèmes royaux mais refuse de les confier à Peggy et encore moins au directeur de la Global. Le soir même il découvre Magill assassiné dans sa cuisine. Aidé de sa sœur il balance la voiture du mort lesté du cadavre dans le port. De retour chez lui il se heurte à Johnny Vlado, le neveu de Magill. Il réussit à le calmer et l'héberge pour la nuit. Le lendemain, malgré la colère de son employeur et d'un ami de celui-ci, un certain Dumax, il remet les objets à Spike.

MacDougall, de Scotland Yard, assiste à la restitution. Ces antiquités sont la propriété des rois des gitans depuis des siècles. L'ancien roi, décédé depuis trois ans, vivait en Angleterre. Un nommé Lazarovitch les détenait depuis ce temps mais Groffo, héritier présumé, souhaitait fortement récupérer la couronne et la croix. Lazarovitch, après avoir accepté de les vendre, crie au vol. Tom, soupçonné par les policiers de la mort de Magill, est prié par J.J.CLark de donner sa démission. Il apprend que Groffo et son ex-patron sont plus des associés que des amis.

Betty, enquêtant sur les Groffo a mis au jour un dossier concernant la Sara Shore Corporation. Groffo, président; J.J. Clark, trésorier; Magill, vice-président; John O'Connor, secrétaire. Une société qui sent l'arnaque immobilière.

Le soir, Tom sort en compagnie de Peggy tandis que Betty se laisse débaucher par Van. Entre deux baisers, Peggy lui propose de s'associer dans une nouvelle société immobilière qu'elle monte en compagnie de son frère et à l'insu de son père. Restant lucide, Tom demande un délai de réflexion ce qui amène Peggy à le traiter de tous les noms. Le lendemain, un vendredi 13,la journée est relativement calme.

 

Interdit aux Nomades propose une incursion dans un milieu rarement mis en scène : celui des Gitans. Mais cette incursion reste assez incomplète, et se montre parfois même moralisatrice et condescendante. Pour les amateurs d'exploits sexuels, William L. Rohde dévoile deux recettes aphrodisiaques d'origine gitane, page 166 et 167. Ne les ayant pas testées, je ne peux en garantir l'efficacité.

 

Curiosité :

Page 45, le lecteur apprend que ... La vieille gargousse et son contenu pesait dans les trente-cinq kilos. Erreur de traduction ou force phénoménale de la part de Tom Shana, mais celui-ci se promène avec l'étui à la main comme s'il ne s'agissait que de vulgaires répliques en plastique.

 

William L. ROHDE : Interdit aux nomades. (Uneasy lies the Head - 1957. Traduction de Bruno Martin). Série Noire N0405. Parution décembre 1957. 254 pages.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 14:19

Comme disait ma grand-mère, qui avait eu plusieurs amants avant de se marier avec mon grand-père : il ne faut pas rester sur une mauvaise impression...

Joseph INCARDONA : Aller simple pour Nomad Island.

Etant docile et curieux, j'ai donc ouvert et commencé à lire ce roman de Jospeh Incardona malgré ma déception à la lecture de Trash Circus il y a quelques temps. Déception d'autant plus grande que bon nombre d'amis blogueurs n'avaient pas tari d'éloge à son encontre. Aller simple pour Nomad Island allait-il me faire changer d'avis ?

 

Alors qu'elle compulse sur Internet un catalogue d'un club de vacances, Iris reçoit par mail un message énigmatique et tentateur :

Oubliez que vous avez des vacances

L'île de vos rêves vous aime déjà

Nomad Island Resort.

 

Et c'est comme ça qu'après avoir convaincu son mari Paul, sans réelle difficulté, que la petite famille Jensen s'envole de Genève pour cette fameuse île paradisiaque. Sur le papier.

Iris et Paul sont les parents de Lou, une gamine d'un peu plus de quatorze ans, épanouie corporellement, un peu trop peut-être car ses hormones la travaillent, et qui s'émancipe en employant entre autres des vulgarités dont se passeraient bien les oreilles de son père. Stan est quatre ans plus jeune, plus chétif, plus maussade, plus tranquille. Mais avec son géniteur il s'entend bien. Paul est banquier et depuis quelques temps participe au conseil d'administration de l'établissement bancaire. Il n'est donc pas dans le besoin. Quant à Iris, elle est depuis un an braque, susceptible, un mauvais caractère consécutif à une fausse-couche. Déjà qu'ils avaient dû recourir à procréation assistée... Bref ce voyage devrait leur apporter de la sérénité dans leurs relations.

L'arrivée sur Nomad Island Resort n'est guère propice à la détente. Le petit Cessna qui les a transporté se pose sur le tarmac mais personne n'est là pour les accueillir. Ils se retrouvent seuls, le pilote étant déjà reparti pour d'autres occupations. Le téléphone ne capte pas, ils se sentent coupés du monde. Enfin une sorte de sumo au sexe indéfinissable répondant au nom d'Ulita daigne les récupérer, eux et leurs bagages, à bord d'un pick-up déglingué. Le retard serait dû à un problème de circulation. Le trajet jusqu'à l'hôtel, pardon le Resort, se déroule cahin-caha. Stan s'étouffe en avalant une friandise, sur la route une tortue géante leur bouche le passage et ils manquent aller au fossé, enfin lorsqu'ils arrivent en vue du camp Paul est quelque peu interloqué. Un haut portail électrifié et une guérite en protègent l'accès, des grillages entourent la propriété, et il faut s'annoncer afin que les vantaux s'ouvrent. Selon Ulita ces précautions sont destinées à les protéger du gibier.

Enfin ils peuvent s'installer dans le bungalow qui leur est alloué. Nouvelles déceptions. Le réfrigérateur est vide et leurs plateaux repas ne leur sont pas livrés. Il ne leur reste plus qu'une chose à faire : se coucher. Dans la nuit Paul se réveille assoiffé. Comme le frigo est toujours désespérément vide, il veut se rafraichir aux robinets. Mais l'eau est coupée. Heureusement dans le sac de Lou il découvre une bouteille salvatrice. Et se rendant dans la chambre de Stan, Paul aperçoit son gamin debout devant la fenêtre, le regard absent. Stan a vu comme des fantômes devant la véranda. Mais il n'y plus personne.

Le lendemain tout revient à la normale ou presque. Si le téléphone est toujours coupé, le ravitaillement est normalement servi. Paul décide de compenser la frustration nocturne par une promenade en grandes foulées le long du lagon, puis dans le sous-bois jusqu'aux grillages. C'est alors qu'il se rend compte que le haut des grilles est retourné vers l'intérieur, comme si les résidents pensaient à s'évader et qu'il fallait les en dissuader.

Péniblement la famille Jensen s'intègre parmi les Résidents. Stan joue avec deux autres gamins de son âge, une fillette dont l'un des membres supérieurs est atrpohié et un garçonnet obèse. Lou sort avec deux adolescentes qui comme elle ont des visées sur Mike, le responsable de l'endroit pendant l'absence du directeur. Iris passe son temps avec de belles et sculpturales jeunes femmes, tandis que Paul cherche à combiner un moyen d'évasion. Quant aux gentils organisateurs, ils sont plus ou moins aimable, selon les circonstances.

 

Une histoire atypique qui pourrait osciller entre la série télévisée Le Prisonnier et celle plus onirique de L'île fantastique. Un huis-clos qui devient étouffant, sanguinolent même, car enfin au bout d'une année Iris à ses règles. Des règles de vie elle en a toujours eues, mais là il s'agit de ses menstrues, une période difficile à passer mais c'est peut-être justement ce manque qui la rendait acariâtre.

Roman déboussolant, on sait juste que Nomad Island Resort se trouve dans l'Océan Indien, et l'on se demande jusqu'où l'auteur va nous mener en bateau. Le final est à la hauteur de l'intrigue et ne tombe pas à l'eau.

Bref, examen de passage réussi cette-fois, et maintenant il ne me reste plus qu'à attendre sagement le prochain titre de Joseph Incardonna.

Joseph INCARDONA : Aller simple pour Nomad Island. Le Seuil Policiers. Parution le 6 novembre 2014. 268 pages. 19,00€.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 09:25
Roger FACON : La crypte.

Bon anniversaire à Roger Facon né le 20 janvier 1950.

Roger FACON : La crypte.

Après avoir échappé à un attentat Maurice Camaerlinck se réfugie chez son ami Pierrot. Ancien truand, son passé dans les rangs d’une secte le rattrape. Dans la même région, une femme, après s’être plaint d’une secte, la Crypte, tue sa fille et se suicide.

L’inspecteur de police Loup Davidian, auteur de quelques ouvrages sur les sectes, enquête sur les agissements de l’OTNA (Ordre du Temple de la Nouvelle Alliance), ses implications avec le Temple Solaire, les Rose-Croix, ainsi qu’avec le Gladio, l’OTAN, les Stay Behind — réseaux émargeant auprès de la CIA, chargés de juguler la percée communiste durant la Guerre froide et censés être mis en sommeil depuis 1958. Il a infiltré un de ces réseaux durant sa jeunesse et est en relation avec l’un des ex-responsables locaux, infiltré lui aussi.

Maurice, fuyant la police, prend en otage une femme et sa fille. Pendant ce temps le Président de la République reçoit des révélations sur le suicide, en 1994, de Britel-Midi qui officiellement ne faisait plus partie du staff mitterrandien depuis 1981, mais aurait continué de manière occulte à diriger le cabinet noir.

Une toile d’araignée se forme dans laquelle sont englués Maurice — qui devait être éliminé comme membre du réseau en sommeil, — Davidian — dont la vie est en danger, — et tous les protagonistes rattachés de façon plus ou moins proche aux agissements politiques des sectes, et principalement celle de l’Ordre du Temple Solaire, dont les suicides collectifs ne seraient en réalité que des meurtres déguisés.

 

Un roman confus, dont l’épilogue est aussi clair que du jus de boudin, et qui ne trouve son intérêt que grâce à certains personnages hauts en couleurs, à certaines scènes d’action souvent humoristiques malgré la noirceur du décor, et surtout pour la partie documentaire sur les agissements des sectes, principalement l’Ordre du Temple Solaire, et leurs imbrications souterraines politiques. Un éclairage particulier sur des événements récents (ce roman date de 1997, rappelons-le) et complexes pour un livre de politique-fiction dans lequel la partie documentaire, riche mais ardue pour qui n’en connaît pas les arcanes, détruit le côté romanesque.

Roger FACON : La crypte. Série Noire N°2474. Parution octobre 1997. 224 pages.

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