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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 10:57
Weldon SPANN : Chasseur à gages

Et le perdant aura un gage !

Weldon SPANN : Chasseur à gages

Ancien policier, Kell Hunter, reconverti comme détective privé, ne roule pas sur l'or.

Mais il ne veut pas s'abaisser à démontrer son talent dans de vulgaires affaires de divorce. Aussi l'appel téléphonique de J. A. Yates lui met du baume au cœur.

Millie, la femme de Yates, a disparu depuis deux jours et le brave homme est aux abois. Elle s'est volatilisée au cours d'une réunion organisée par Cameron Powers pendant laquelle elle s'était laissé conter fleurette de façon éhontée par Burl Thomas, le gendre de Powers. Hunter découvre vite que Millie avait des rapports avec Otto Kansas, proxénète de son état. Et ce ne sont ni les offres financières ni les menaces qui émanent de Powers ou de Wade Dermody, conseiller municipal d'Argenta, qui vont le détourner de son enquête.

D'autant que Millie est retrouvée morte, assassinée, dans une chambre d'hôtel. Burl a été aperçu quittant l'établissement à une heure qui pourrait correspondre à celle du crime. Seulement il possède un alibi en la personne de Laverne Kennedy, une des prostituées employées par Kansas.

Hunter est agressé par trois hommes et la description qu'il en fait à la police lui permet de découvrir qu'ils sont à la solde de Vince Quato, truand notoire et ami de Powers. Ses investigations le mènent à Rummville, un petit village situé non loin d'Argenta. Il apprend que non seulement Kansas, de son vrai nom Otis Kansacki, est originaire de ce patelin, mais que Powers y possédait une villa.

Millie et Nelson Rumm étaient amis lors de leur adolescence et ils avaient même convolés en justes noces en trichant sur leur âge. Le père de Rumm avait cassé le mariage, les jeunes époux étant mineurs. De plus Millie ne convenait pas à ses aspirations. La femme de Powers a été assassinée dix-huit ans auparavant, et leur fille Sandra avait découvert le corps de sa mère, victime présumée d'un rôdeur. Une histoire vieille de dix-huit ans qui remonte brutalement à la surface. Hunter suppose qu'Otto et Millie se livraient depuis à des chantages exercés auprès de différentes personnes.

En fouillant la maison natale de Millie, Hunter trouve une photo représentant Millie, Sandra, Nelson Rumm et Otto Kansas, ce qui lui ouvre pas mal d'horizons. Les quatre adolescents étaient amis et la collusion entre Millie et Kansas est évidente. Otto à son tour est assassiné.

 

Histoire tarabiscotée, surtout dans la dernière partie, Chasseur à gages n'est ni meilleur ni plus mauvais qu'un autre roman américain de cette époque. Disons qu'il relève de la production courante, mettant en scène un détective et des situation convenues.

La partie la moins crédible de cette intrigue réside dans le décalage temporel trop important entre ces deux affaires. Entre la mort de la mère de Sandra et le meurtre de Millie, dix-huit années se sont écoulées. Tout est axé ensuite sur des chantages ayant des rapports plus ou moins étroits avec la première affaire.

Ce qui est compréhensible dans des vengeances, par exemple Monte-Cristo d'Alexandre Dumas, l'est un peu moins dans un roman policier, surtout lorsque les protagonistes ont pu évoluer librement. A moins qu'il s'agisse d'une erreur de traduction et que les dix-huit années se réduisent à dix-huit mois.

 

Une petite tête ronde couverte d'une toison crêpelée semblable à de la paille de fer surmontait son cou de taureau, et la disproportion entre ses courtes jambes et son torse massif faisait penser à un véhicule trop chargé en hauteur.

 

Weldon SPANN : Chasseur à gages (Hunter for hire - 1970. Traduction de Roger Guermet). Série Noire N°1362. Parution août 1970. 256 pages. 4,00€ (disponible)

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 13:34

Un ouvrage Hammett en bonne place dans votre bibliothèque...

Collectif : Hammett détective.

Les auteurs pressentis par Natalie Beunat et tous issus du catalogue Syros n'ont pas chercher pas à rédiger leur texte à la manière de... mais ils se sont investi dans le personnage du romancier lors de ses débuts à la Pinkerton, la célèbre agence de détectives qui en même temps assurait la sécurité à la demande de patrons face à des ouvriers en grève.

Tous ont donné leur version de cette première enquête mais peut-être possédaient-ils diverses sources, car pour le plus grand plaisir du lecteur, ils ont narré cet épisode différemment. Ils n'ont pas cherché à uniformiser leur récit et ont gardé leur propre sensibilité, leur vision personnelle de l'Amérique de l'année 1915, leur écriture et leur enthousiasme, leur manière d'appréhender une histoire tout en gardant à l'esprit que c'est Dashiell Hammett le héros et non pas un être issu de leur imagination..

 

Dans L'âge légal pour mourir Stéphanie Benson, qui ouvre le bal, honneur à la seule représentante du sexe féminin et qui est la mieux placée alphabétiquement, nous emmène à Baltimore, ville dans laquelle débuta Dashiell Hammett sous la houlette de James Wright, le directeur-adjoint de l'agence Pinkerton et mentor du jeune Dash. Adèle, la fille de Frederick Wood, le patron de la Pennsylvania Steel Company a été retrouvée morte et c'est son fiancé, Roger Harris, qui travaille dans cette boite, qui a contacté la Pinkerton. Et il aurait tout perdu avec la mort d'Adèle, car il ne peut plus accéder au magot via le mariage. Mais est-ce la véritable raison de ce meurtre, et le véritable assassin ?

 

Les frères Guérif, Benjamin et Julien, nous emmènent avec L'homme d'Adak, dans un bar. Le narrateur attend l'arrivée de Barthelsson, recherché pour bigamie. la description qu'on lui en a faite ne correspond pas au client qui entre dans le café. S'engage entre les deux hommes et le barman une conversation qui tourne autour justement la bigamie, la cafetier ayant justement connu un confrère qui s'est rendu coupable de cette entorse à la loi.

 

Jérôme Leroy nous présente La fille du sénateur, en ce mois de juillet 1951 à New-York. Il a soixante ans à peine, est reconnu comme romancier, mais il est face au juge qui doit statuer sur son sort de communiste. Parmi la foule qui assiste à ce procs il reconnait une femme et ses pensées s'envolent vers sa première mission pour Pinkerton. Celle de l'enlèvement d'une Blanche par un Noir. Mais était-ce réellement un kidnapping ?

 

Marcus Malte nous assène Jamais plus ! Chaque année, le 19 janvier, quelqu'un dépose sur une tombe d'un cimetière presbytérien de Baltimore trois roses et une bouteille de cognac entamée. Et pas n'importe quelle tombe, celle d'Edgar Allan Poe. Une tradition qui dure depuis cinq ans. Sa mission, découvrir qui est admirateur inconnu. Alors Dash, afin de mieux connaître celui sur lequel il va veiller durant la nuit du 19, s'imprègne de l'univers romanesque de l'écrivain, auteur de Double assassinat dans la rue Morgue.

 

Jean-Hugues Oppel envoie, via James Wright, le jeune Dash qui est employé à la Pinkerton depuis quelques mois et n'a que vingt et un ans, à Wenderstown, en Pennsylvanie. Une mission de confiance, dont le titre Poissons rouges ressemble à un code secret. Non, Dash doit rencontrer dans ce patelin une certaine madame Babygrass, une amie de la famille du sous-directeur. Madame veuve Babygrass est inquiète, elle n'a plus de nouvelle de sa fille unique Joséphine. Enlèvement ? Fugue amoureuse ? Autre supposition ? La réponse est peut-être dans le bocal de poissons rouges.

 

La première enquête pour de vrai, est dans Coup double et c'est Benoît Séverac qui l'affirme. Une affaire relativement simple d'après le mentor de Dash. L'enlèvement d'une gamine de huit ans, mais comme les parents ne veulent pas mêler la police à leur problème, c'est Dash qui va enquêter. D'ailleurs Wright n'a personne d'autre sous la main. Et puis comme dans la majorité des cas, les demandes de rançon émanent de domestiques, il n'y a qu'à les cuisiner. Alors direction Washington et la famille Humber qui n'emploie que des Asiatiques.

 

Marc Villard nous propose une petite balade, avec un Chariot dans la neige, jusqu'à Billings, dans le Montana, le 16 décembre 1915. Encore une affaire d'enlèvement, Dash commence à y être habitué, mais il s'agit du genre d'affaires principalement solutionnées par la Pinkerton. un homme d'affaires accuse un de ses employés d'avoir kidnappé sa fille. Bref, le cas banal. Sauf que Dash va devoir prendre les grands moyens pour se mettre à leur poursuite, la neige tombe et il est difficile de conduire un chariot attelé dans une nature hostile. Dans ses poches, Dash trimballe trois lettres que lui a envoyé de France son ami Franck Malloy qui est sur le front, participant à la guerre contre les Allemands.

 

Enfin Tom Willocks, avec La fille de Big Bill Shelley, envoie Dash à Butte, dans le Montana, ville réputée pour ses gisements de cuivre. Seulement les conditions de travail étaient déplorables, et le 6 septembre 1915, un homme est mort, assassiné à coups manche de hache et noyé. Dashiell Hammett a été envoyé en même temps que d'autres hommes de la Pinkerton pour réprimer le mouvement de grève qui s'était déclenché avec de justes revendications. Mais qu'a-t-il réellement fait, face aux Wobblies, c'est ce que narre la femme la plus âgée d'Amérique, qui à cette époque n'avait que quatorze ans et venait de perdre son père. Une époque trouble au cours de laquelle les syndicats, dont l'Industrial Workers of the World, obtinrent gain de cause ou presque, mais qui détermina Dash dans son engagement politique.

Un texte traduit par Natalie Beunat, mais les puristes pourront se pencher sur la version originale puisque cette nouvelle est également proposée en anglais.

 

Suit une postface signée Natalie Beunat, maître d'ouvre de cet ouvrage et la galerie de portraits des auteurs, élément indispensable de tout recueil de nouvelles.

Un ouvrage destiné aux adolescents, mais pas que, permettant de découvrir des aventures réelles ou imaginaires, celles qu'aurait pu vivre Dashiell Hammett lors de son passage à la Pinkerton, et qui ont décidé de son avenir de romancier et d'homme public engagé. Des histoires tristes ou traitées avec humour, dans une Amérique face aux conflits raciaux ou sociaux.

 

S'il y a bien un mystère qu'on ne parviendra jamais à éclaircir, c'est celui-ci : l'effet que produit la poésie sur la gent féminine.
Marcus Malte.

 

Collectif : Hammett détective. Collection Rat Noir, Hors série. Editions Syros. Parution le 4 mars 2015. 256 pages. 15,90€.

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 10:23
Troy Kennedy MARTIN & Ken WASCHLIN : L'or se barre

Pas pour tout le monde !

Troy Kennedy MARTIN & Ken WASCHLIN : L'or se barre

A peine sorti de prison, Charlie Croker, un jeune truand, récupère l'argent d'un précédent braquage et rejoint son amie Lorna qui lui promettait une belle fête avec jeunes filles délurées en prime pour sa libération.

Hélas, ses prestations sexuelles sont contrariées par l'annonce du décès accidentel, en réalité un meurtre, de Beckerman, son nouvel employeur. Il se précipite à l'inhumation de celui-ci mais sa présence est jugée indésirable par le Syndicat de Hambourg. Malgré l'enlèvement de Lorna par les gros bras Allemands, il s'infiltre chez la veuve qui a subi une séance de torture et récupère des documents concernant sa future mission.

De retour à Londres, il contacte Freddie Camp, un homme de main de Bridger, le grand pontife britannique du crime qui contrôle tout malgré son incarcération, et requiert ses services. Il lui propose une action d'envergure imaginée par Beckerman. Lorna, qui a réussi à se libérer des griffes de ses geôliers, le rejoint alors qu'il est aux prises avec des malfrats engagés par Freddie Camp afin de l'inciter à plus de modestie dans le cadre de la grande truanderie.

Bridger est mécontent des initiatives de Charlie Croker et il possède les moyens de le lui faire savoir. Croker ne désarme pas pour autant et c'est auprès de Simon Peach, professeur de mathématiques à l'université, qu'il trouve un allié sérieux, en contrepartie de vingt-mille livres sterlings, quelques trains électriques et l'assurance de pouvoir assumer ses phantasmes sexuels qui se réduisent (!) à faire l'amour à des femmes bien en chair, pour ne pas dire obèses.

Bridger, enfin convaincu, donne son aval et Croker peut embaucher une poignée de malfrats, venus d'horizons divers, afin de réaliser la grosse opération imaginée par Beckerman : s'approprier quatre millions de dollars en or, premier paiement par la Chine pour la construction d'une usine Fiat, somme convoyée par fourgon à Turin. Le plan minutieusement agencé prévoit une panne de l'ordinateur réglant les feux rouges de la cité italienne, provoquant un embouteillage monstre.

Tout est soigneusement minuté, calculé, l'itinéraire méticuleusement tracé. Arrivés à Turin, Croker et son équipe, qui ont eu des soucis lors des répétitions, sont suivis comme leur ombre par les membres du Syndicat de Hambourg et la Mafia.

 

Pour le lecteur qui ne s'intéresse que de loin à la production cinématographique, ce roman humoristique extravagant dans lequel les cascades ont la part belle, est extrêmement visuel, surtout les scènes de l'attaque du fourgon et la course poursuite qui s'ensuit.

 

Ce n'est pas correct d'assister à l'enterrement d'un home quand on ne porte qu'un imperméable transparent.

 

Curiosité :

Ce livre est la novélisation d'un film tourné en 1969 par Peter Collinson, d'après un scénario de Troy Kennedy Martin, Michael Caine tenant le rôle principal. Bridger, incarné par Noël Coward, n'est pas un truand ordinaire. Il porte une grande dévotion à la famille royale et à l'Angleterre, et ses actions sont dictées par le souci de renflouer et renforcer l'économie britannique. Le rôle du professeur Simon Peach a été tenu par Benny Hill, le célèbre comique anglais.

Troy Kennedy MARTIN & Ken WASCHLIN : L'or se barre

Troy Kennedy MARTIN & Ken WASCHLIN : L'or se barre (The Italian Job - 1969. Traduction de Janine Hérisson). Série Noire N°1361. Parution août 1970. 256 pages.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 13:07

Correspondance... Terminus...

Brigitte GUILHOT : J'ailleurs.

N'ayant jamais rencontré Hafed Benotman, n'ayant lu de lui qu'une seul roman, catégorie Adolescent chez Syros, Garde à vie, j'ai préféré, quoi que ce ne soit pas dans mes habitudes, laisser l'éditeur présenter ce texte inédit :

Lupa, dans un texte intime et bouleversant, raconte ses dernières visites à Murdos.

« Tu me donnes tant, Lupa. Je ne sais pas ce que je pourrais t’offrir pour équilibrer la Terre afin qu’elle ne bascule pas ; un cadeau qui pèse autant que l’enfant dans les bras de la Vierge Marie ou de sainte Brighid. Je ne sais pas ce que tu auras dans ta pochette surprise. Peut-être un cadavre qu’il te sera donné à faire revivre. Je serai peut-être posthume pour toi. »

L’écrivain Hafed Benotman a fait son ultime envolée le 20 février 2015 à l’hôpital Georges Pompidou, à l’âge de 54 ans. Pendant les journées qui ont suivi sa mort, l’écrivain Brigitte Guilhot a adressé une dernière lettre à l'homme qui l'appelait Lupa et qu'elle appelait Murdos. Lupa et Murdos, alors que ce dernier était emprisonné à Fresnes, avaient échangé durant de longs mois une correspondance lumineuse malgré les murs. Cette correspondance fait l’objet d’une publication sous le titre La peau sur les Mots

 

Après la présentation de l'éditeur, l'avis du lecteur :

 

Cette missive est une offrande, la dernière de Lupa à Murdos, un message hors du temps, un dialogue épistolaire à une voix. Les souvenirs affleurent, en même temps que la visite à la maison funéraire est un passage obligé pour un dernier au revoir. La gare Montparnasse, le parc Montsouris, autant de réminiscences qui reviennent en images insolubles derrière les pleurs.

Des semaines auparavant, la dernière fois peut-être qu'ils se sont vus, Lupa apporte le manuscrit de La Peau sur les mots. Il avait déclaré : Il faut pouvoir se promener dedans comme dans un recueil de poésie.

Les jours se suivent, la rédaction de la lettre est entamée un dimanche, jour où Lupa rend une dernière visite à Hafed sur son lit mortuaire, se poursuit inlassablement, le lundi, le mardi... Hafed est toujours présent dans l'esprit, dans le cœur, dans les yeux. Son visage est partout, la Toile retient ses traits, il n'est pas mort, juste parti pour un J'ailleurs.

Des mots empreints de tristesse, bien sûr, de souvenances d'un autre temps, de celui d'avant, de paroles qu'eux seuls pouvaient comprendre, la complicité est bonne traductrice. Un long poème qui se décline, sous la houlette de Paul Eluard et de Raymond Queneau, d'Antonin Artaud et d'Arthur Rimbaud... Une longue conversation pour un hommage tout en douceur et en douleur, une tristesse apaisante, un déni de la mort car la mémoire sera toujours plus forte que la Faucheuse. Une façon de préserver l'essentiel : l'amitié.

 

Difficile de parler d'un texte si beau, si poignant, si personnel, et je préfère m'effacer derrière ces deux répliques entre Lupa et Hafed :

 

Rien n'est plus érotique et puissant qu'une vraie relation d'écriture », je disais. « Oui, la plus grande rivale d'une femme, c'est l'Écriture. Elle peut développer tous ses arguments de séduction, elle ne sera jamais à la hauteur d'une rencontre liée à l'Écriture », tu répondais.

 

En avril paraitra La Peau sur les mots, ne le manquez pas...

En avril paraitra La Peau sur les mots, ne le manquez pas...

Brigitte GUILHOT : J'ailleurs. Collection Mélange. Editions SKA. Parution mars 2015. environ 114 pages. 2,99€.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 09:21
Jack WEEKS : On caracole aux Caraïbes

Et les carats collent aussi ?

Jack WEEKS : On caracole aux Caraïbes

Financier, Noir, Jasper Trilling doit sa position sociale élevée après avoir détroussé un noyé trente six ans auparavant.

A cinquante-deux ans, c'est un homme au statut en marge, dont les avis sont écoutés, dans cette île des Caraïbes dirigée par des Blancs. Ses meilleurs amis sont Alvin Hatch, un Blanc ancien de la Navy, King Cat, jeune danseur de limbo, et Crosscut qui vit retiré dans la campagne avec ses trois fils.

La mainmise américaine sur le tourisme local et celle de la Mafia sur le casino de Treasure Beach l'irritent et il décide de spolier les envahisseurs en forçant le coffre-fort de l'établissement de jeux. Dion Blake, le détective de l'hôtel dans lequel est installé le casino se méfie de cet homme affable qui sait encaisser les coups, surtout les paroles blessantes proférées à son encontre. Courtois, Trilling veut et exige que des emplois soient réservés à ses compatriotes noirs, que les Américains n'apprécient guère.

Alvin est chargé d'entraîner physiquement les fils de Crosscut tandis que Margie, une jeune femme aux charmes épanouis, ex-strip-teaseuse et propriétaire d'un petit hôtel, doit détourner l'attention de Blake.

Le grand soir est arrivé. Une fête est organisée sur une petite île voisine, et, pendant que King Cat monopolise l'attention des touristes, Jasper Trilling rejoint Treasure Beach. En compagnie de Hatch il grimpe à l'aide d'un grappin jusqu'au casino installé sous une terrasse contigüe à l'hôtel et neutralise assez facilement le directeur de la salle de jeux, le propriétaire de l'hôtel et l'encaisseur de la Mafia. Sous la menace de leur faire sauter la cervelle, Jasper Trilling et Hatch obtiennent rapidement la combinaison du coffre. Tandis que les fils Crosscut investissent la salle de jeux et dépouillent les joueurs, Crosscut crée une diversion en faisant exploser des pétards en divers endroits.

Trilling rejoint la petite île au moment où Cat ayant terminé son numéro de limbo jette ses brandons en l'air. Le mini incendie qui se déclare, allié au bruit des pétards, provoque un début de panique chez les touristes. Panique que Blake a du mal à canaliser. Le détective est persuadé que Trilling est à l'origine du hold-up mais il ne peut le prouver.

 

Au travers de cette histoire de hold-up préjudiciable à la Mafia, menée rondement et avec un certain humour, Jack Weeks, comme incidemment et innocemment, met le doigt sur le problème racial. Les Blancs et les Américains qui gouvernent cette île placée sous la dépendance de la Couronne Britannique, considèrent les Noirs comme une race inférieure, paresseuse, et ne veulent pas leur confier certains travaux.

Jasper Trilling dont la position sociale peut lui permettre de poser ses conditions, le fait avec courtoise mais autorité. il défend ses frères de couleur, et s'il semble céder sous les arguments de ses interlocuteurs, c'est pour mieux les contrer par la suite.

Les touristes de sexe féminin sont attirées par la couleur de la peau de Trilling et sont excitées par Cat et son numéro de limbo, atteignant parfois l'orgasme au cours du spectacle.

 

Malgré les prétentions au cosmopolitisme de Miami, la vieille mentalité du Sud était encore bien vivace, et un Blanc et un Noir voyageant ensemble, à cette heure-ci, avec des bagages, ne manqueraient pas d'éveiller la curiosité d'un chauffeur de taxi qui pourrait même estimer devoir alerter les flics.

 

Curiosité :

Crosscut a prénommé ses fils respectivement Roosevelt, Marshall et Stimson, dédaignant les noms d'Eisenhower et de Mac Arthur, ce qui amène Hatch à formuler cette déclaration : Un homme remarquable, homme plein de discernement.

 

Jack WEEKS : On caracole aux Caraïbes (The limbo touch - 1968. Traduction de Janine Hérisson). Série Noire N°1314. Parution décembre 1969. 256 pages.

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 15:15

De quoi vous rendre chèvre !

Daniel MARTINANGE : Tu seras une femme, mon pote

Lantoufique, vous connaissez ? Moi non plus, mais le narrateur est en villégiature dans cette station balnéaire de la côte Atlantique. Il vente, la pluie va dégringoler bientôt, alors il décide de couper par la crique afin de regagner son hôtel.

Et stupéfait autant qu'étonné il aperçoit un homme en slip, malgré le froid, brandissant un long fouet, tel Zorro, vers une dizaine de chèvres. Il essaie en vain de faire monter ses biquettes sur une table, et le fouet caressant leur dos n'y fait rien. Ah si, une des chèvres se dévoue à grimper et elle reçoit en échange un morceau de pain que l'homme extirpe de son slip. Doit avoir du goût le quignon rassis car aussitôt les congénères de la première l'imitent. L'homme est content car c'est la première fois qu'elles obéissent et le dresseur de chèvres est tout content et affirme que c'est grâce au narrateur si elles ont réussi ce tout de force. Pourquoi pas !

Dans cette station balnéaire, qui doit son nom à ses deux promoteurs immobiliers, c'est baignade obligatoire. Pourtant notre narrateur est attiré par une boutique de vêtements, ou plutôt sa propriétaire. Une grande blonde habillée stricte, genre bonne sœur pour la partie supérieure, col de chemisier fermé ras du col et coiffure Mireille Matthieu, et jeune femme délurée sur sa partie inférieure, mini-jupe ultra-courte, mais je n'entre pas dans les détails même si ceux-ci peuvent éventuellement vous intéresser. Il l'a aperçue depuis la terrasse d'un bar mais le temps qu'il finisse son godet, la belle blonde est au volant d'un véhicule décapotable.

Il la retrouve sur la plage, en train de jouer au ballon avec des gamins. Or le football, c'est sa passion au narrateur, son péché mignon, son viagra. D'ailleurs c'est ce qui l'avait attiré chez Solange, sa copine. Enfin son ex-copine.

 

Le narrateur revoit le dompteur de chèvres, et Kriss aussi. Tous les deux ont en commun une histoire qui se nomme Aïcha mais le narrateur partage un point commun avec ses deux interlocuteurs : le football.

 

Moins déjanté ou décalé que son roman L'ouragan, Tu seras une femme mon pote tourne autour du ballon rond, c'est un fait, mais aussi de la liberté de la femme arabe, de son indépendance, de son émancipation, de son autonomie, de sa liberté, par rapport aux diktats masculins, religieux, ou tout simplement sportifs. Et l'influence qui peut s'exercer sur chacun de nous ne provient pas forcément des belles paroles politiques ou autres, mais d'un état inné que les animaux détectent mieux que les être humains.

Une parabole tout en douceur et en nuance, tout en pudeur aussi. Et si les personnages paraissent un peu décalés de la vie quotidienne, c'est une bouffée de fraîcheur.

 

 

Daniel MARTINANGE : Tu seras une femme, mon pote. Nouvelle. Collection Hors Format. E.Fractions Editions. 0,99€.

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 13:08

Hélas, il n'a pas su la garder...

Abdel Hafed BENOTMAN : Garde à vie.

Comme je l’ai souligné à plusieurs reprises, les romans pour adolescents peuvent être lus sans vergogne par les adultes et ce titre d’Abdel Hafed Benotman ne déroge pas à la règle.

Garde à vie, titre jeu de mot, nous entraine dans l’univers carcéral auquel sont confrontés les mineurs pour des délits qui pourraient être considérés comme mineurs justement, par rapport à d’autres crimes avérés dont la révélation puis les procédures judiciaires trainent en longueur car dissimulés pour de sombres prétextes financiers ou politiques. Mais revenons à nos moutons comme disait le Petit Prince.

Hugues, adolescent de quinze ans, a eu la mauvaise idée d’accompagner un copain qui s’est emparé d’une voiture sans l’accord de son propriétaire puis effectuer un rodéo mécanique dans les rues de la ville. Seulement comme souvent dans ce genre d’exercice impromptu et mal organisé, l’accident se produit contre un abribus. Ils roulaient vite, c’est un fait, mais à leur décharge il faut préciser que des policiers s’étaient invités dans leur petit jeu, toutes sirènes hurlantes. Le conducteur courageux prend la poudre d’escampette. Hugues aurait bien aimé le suivre mais coincé à cause de sa ceinture il est recueilli par les forces dites de la paix et placé en garde à vue.

Les conséquences de cet acte irréfléchi ne se font pas attendre, malgré les pleurs et lamentations de sa mère qui suit une chimiothérapie. Hugues, après une garde à vue est emprisonné dans une cellule où réside déjà Jean, un peu plus âgé que lui mais habitué des lieux. Et dans ce studio sobrement meublé, Hugues doit se soumettre à la loi édictée par son colocataire. Des règles non écrites mais appliquées avec rigueur et vigueur. Jean se montre intraitable envers cet importun et les brimades, vexations, humiliations subies par Hugues lui démontrent que la force est plus souvent du côté des malfaisants, tandis que les matons appliquent un régime d’oppression géré par les pots de vin, les maltraitances, le mépris. La preuve qu’il est plus facile de mater les faibles que ceux qui aboient.

Hugues subit ses tourments parfois en se rebellant, parfois en se remémorant son enfance, ses lectures juvéniles, Alice, Peter Pan et autres.

 

Abdel Hafed Benotman use d’un procédé littéraire souvent utilisé et qui a fait ses preuves, je n’en dirai pas plus afin de ne pas dévoiler le ressort même de l’histoire, et les références littéraires ne sont pas avancées par hasard.

Cette description des conditions d’enfermement dans des cellules, dans des prisons surpeuplées, les exactions exercées par des détenus envers des bizuts, les avilissements dont font preuve les matons ne sont pas décrites par complaisance. L’auteur a connu, subi ces traitements, il en parle en connaissance de cause. Mais il sait aussi que la rédemption existe, que le bout du tunnel n’est pas forcément une impasse, à condition que la justice, les hommes politiques humanistes puissent leur donner une chance.

Actuellement la répression et la garde à vue à outrance sont le cheval de bataille de la part de ceux qui nous gouvernent mais que voulez-vous dire contre des personnes bornées, même si Bruxelles qui pour une fois oublie sa conception capitaliste et se montre sévère envers la France, a décrété que notre pays bafouait les droits de l’homme.

 

Abdel Hafed BENOTMAN : Garde à vie. Collection Rat Noir, éditions Syros. Parution le 20 janvier 2011. 106 pages. 11,00€.

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 09:09
Dick FRANCIS : Forfaits

Et le faible ne fait pas ?

Dick FRANCIS : Forfaits

Chroniqueur hippique au Sunday Blaze, hebdomadaire dont le cheval de bataille réside en la dénonciation de scandales, Tyrone est contacté pour écrire un papier pour un journal concurrent.

Son rédacteur en chef, pour une fois généreux, lui accorde son feu vert. Son ami Bert Checkov, qu'il raccompagne chez lui fin saoul, décède en passant par la fenêtre de son appartement. Dans la tête de Tyrone trottent les derniers mots de Bert: Ils commencent par vous acheter, et après ils vous font chanter.

Afin d'étoffer son article, Tyrone décide de rendre visite à quelques petits propriétaires de chevaux engagés dans le Lamplighter. Chez l'un de ceux-ci il fait la connaissance de Gail, une jeune modéliste qui n'a pas aux yeux, et leur entretien se termine par un corps à corps amoureux. Tyrone est frustré sexuellement car sa femme est allongée depuis des années en permanence, paralysée après une poliomyélite et elle survit grâce à un appareil respiratoire.

Chez Roncey il apprend que le cheval engagé, Tiddely Pom, est favori chez les bookmakers, à la suite d'un papier rédigé par Bert, à la grande stupéfaction du propriétaire. Un autre propriétaire lui dévoile que depuis un certain temps les chevaux recommandés par Bert et dont la cote avait baissé étaient systématiquement forfaits la veille de la course pour laquelle ils étaient inscrits. Les parieurs perdant de ce fait leur mise.

Tyrone pressent une magouille et tout en rédigeant son article, il enquête pour le compte du Blaze. Un propriétaire d'un cheval retiré au dernier moment lui avoue qu'un homme en Rolls avait fait pression en le menaçant de violer sa fille. De retour d'un hippodrome Tyrone est tabassé dans le train par deux inconnus. Un témoin lui précise que ses agresseurs sont de Birmingham à la solde de Charlie Boston, un bookmaker. Tyrone décide de mettre à l'abri la femme et les enfants de Roncey ainsi que Tiddely Pom.

Il rencontre Gail à plusieurs reprises, brodant sur son ménage, et lui faisant croire que sa femme est riche. Ils prennent même une chambre d'hôtel inscrits sous le nom de Monsieur et Madame Tyrone, avant un voyage du journaliste à Newcastle. A son retour il est enlevé par deux gros bras qui lui demandent de révéler où est caché le cheval. Dans le cas d'un refus, ils préviendront sa femme, la note d'hôtel étant un excellent moyen de pression. Tyrone se demande si on l'a suivi ou si Gail est de mèche avec ses ravisseurs qui en savent un peu trop sur compte mais sont en possession de renseignement erronés.

 

Dans Forfaits, Dick Francis, fidèle à son thème de prédilection et à un univers qu'il connait bien, pour cause, relate une sordide histoire de magouilles sur les paris. Un avatar qui ne peut que se dérouler en Grande-Bretagne, puisque les enjeux sont gérés par les bookmakers et que les paris sur les chevaux peuvent être pris plusieurs jours, voire plusieurs semaines à l'avance. Et si un cheval est retiré de la course au dernier moment les sommes mises en jeu ne sont pas remboursées.

L'action, parfois spectaculaire, prime dans ce roman ce qui n'exclue pas certaines pages empreintes de sensibilité, notamment les relations entre Tyrone et sa femme paralytique.

 

Le plagiat est une forme de flatterie la plus sincère qui soit.

 

Curiosité :

Une recette plus ou moins efficace pour dessaouler: dans un verre versez une bonne dose de sel et diluez dans un faible volume d'eau. Réaction vomitive immédiate, mais encore faut-il posséder tous ses esprits pour penser à préparer cette mixture. D'où peut-être l'origine de cette expression L'esprit de sel...

Dick FRANCIS : Forfaits (Forfeit - 1968. Traduction de Gérard Gardin). Série Noire N°. Parution juillet 1969. 256 pages.

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 14:22

Comme un ouragan, chantait Stéphanie de …

Daniel MARTINANGE : L’ouragan.

Fils d’un immigré espagnol devenu agriculteur à Saint Julien, Antoine affiche sa cinquantaine en solitaire. Il n’est pas malheureux mais pas heureux non plus. Il vit.

Le décès accidentel de ses parents lui fournit l’occasion de participer à un voyage organisé aux Baléares. C’est là qu’il rencontre Bahia, chanteuse dans un boui-boui attrape-nigauds à touristes.

Il ramène la quadragénaire à la peau sombre et au corps avenant dans ses malles et l’installe à la ferme, fier de cette extraterrestre (pour les villageois) salvatrice (pour lui) qui lui fait goûter à la féminité, la vraie, pas la frelatée ou la succédanée par encore épanouie. Mais il largue la terre pour celle moins ferme d’un bar.

Bahia est née sous X en Patagonie et elle en a gardé des souvenirs. Un beau jour un inconnu pénètre dans le Modern’bar (qui ne l’est plus guère). Bahia et lui se connaissent, et Antoine les surprend dans leur chambre, installés sur le lit, avec des lingots et des dollars étalés entre eux. Antoine n’est pas content de les voir s’embrasser (goulument ?) et la colère lui brouillant les idées, il abat de deux coups de revolver, héritage de son père, l’homme, et injecte avec une seringue de l’air dans le bras de Bahia. Et après ?

Il prend ses valises, sa voiture, et part n’ayant pas oublié de mettre dans ses bagages l’argent qui n’a plus de propriétaires officiels. En cours de route il prend en stop la belle Hélène (qui ne le prend pas pour une poire), lui montre son magot, autre chose aussi qui relève de la vie privée et charnelle, puis pense à se rendre en Argentine.

A vingt ans Hélène est friande de la vie et de produits nocifs. Tandis qu’Antoine change d’apparence, obtient auprès d’un prêtre de nouvelles pièces d’identité, et place son magot dans un établissement bancaire, Hélène sort en boite. Elle se fait violer en voiture et s’évanouit. Lorsqu’elle reprend ses esprits, une jeune femme lui demande l’heure (Le genre de question qui permet de nouer un dialogue) et avoue ne pas savoir où dormir. Elle prend Patricia, ainsi se nomme l’albinos, sous sa coupe et au petit matin Antoine est tout étonné de se retrouver avec deux représentantes du sexe féminin sur les bras.

Patricia est du Wyoming (ce qui n’est pas rédhibitoire) et tient à rentrer chez elle avec Hélène qui est quelque peu perturbée depuis sa coucherie forcée sur la banquette d’une bagnole allemande. Antoine décide de les accompagner, d’autant qu’il a aperçu dans la rue l’homme qu’il a assassiné, ou cru assassiner.

 

Direction les Etats-Unis, le Wyoming, Pacific-City. Tandis qu’Hélène est toujours traumatisée par son architecte violeur qui a déconstruit sa vie et son corps, Antoine est obnubilé par le souvenir de Bahia. Ce qui ne l’empêche pas de rencontrer des individus sortant de l’ordinaire comme un Indien (Amérindien je précise), un fakir (véritable Indien), de s’adonner à l’élevage de zébus, de jouer de la trompette, de se promener à cheval avec son appaloosa qui lui parle, et autres joyeusetés qui promènent le lecteur dans des aventures insensées grâce à des phrases hachées, dégraissées, coupées en lanière comme ces morceaux de viande mastiqués par les boucaniers.

 

L’auteur nous entraine dans un cirque littéraire peuplé de personnages burlesques, se mouvant dans des situations tout aussi loufoques, mais endossant le rôle de clowns tristes. Des situations tragiques et de petits moments d’attendrissement comme dans ces bons vieux films muets dans lesquels les acteurs bougent, se démènent, se frictionnent, se castagnent, mais s’émeuvent devant une pâquerette seulabre qui pousse sur le bord du chemin.

 

Daniel MARTINANGE : L’ouragan. (Première édition Stéphane Million Editeur - mai 2012). Réédition Pocket. Parution le 6 mars 2015. 150 pages. 5,80€.

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 13:23
Paul W. FAIRMAN : L'échelle de verre

Il faut une bonne assurance pour grimper à ce genre d'échelle..

Paul W. FAIRMAN : L'échelle de verre

Le meurtre d'un inconnu et dans ses bagages un album empli de coupures de presse font remonter à la surface une histoire vieille de cinq ans.

Un vol de bijoux pour lequel Mike Duryea est actuellement incarcéré au pénitencier de Joliet. Rick Mason, détective privé en contrat avec la Global Indemnity ne travaillait pas encore à l'époque pour la compagnie d'assurances. Cela n'empêche pas Garrity, flic de la Criminelle, de lui rendre visite.

Duryea doit être libéré prochainement et l'émeraude Rajah n'a pas été retrouvée. La Global a dû indemniser la firme de diamantaires pour une somme de 75 000 dollars et comme prévu Rick est chargé de retrouver la pierre précieuse. Il demande à Alma Tate, la petite amie de Duryea, une entrevue mais il se fait rembarrer sèchement. Slézak, le détective de l'hôtel où elle vit, affirme connaître Rick du temps où ils travaillaient tous deux dans la police. Après réflexion Alma décide de recevoir Rick mais l'entretien tourne court, assez long cependant pour que Rick aperçoive un manteau de fourrure. Rick sollicite auprès de la vendeuse quelques renseignements puis apprend qu'Alma vient de déménager : elle réside à la morgue.

Un malfrat attend Rick à la sortie de son bureau et lui propose dans un parc une transaction sur la pierre précieuse. Les flics emmenés par Garrity ont suivi la voiture conduite par Rick et le tueur anonyme est abattu. Garrity soupçonne Rick du meurtre d'Alma mais Slézak le dédouane en affirmant avoir vu la jeune fille sortir après le départ du détective. Le manteau de fourrure a été vendu par une firme du nom de Luther et Matthews, firme qui a encaissé l'argent de l'assurance.

Wava Massey, la fille du garçon de course qui transportait le Rajah le jour du vol lui propose un rendez-vous. Son père a fondé depuis les événements une église et depuis quelques mois il reçoit des lettres anonymes de menaces, lettres qu'il a détruites. Si Luther de la firme Luther et Matthews est parti en Californie, Matthews accepte de recevoir Rick. Il avoue qu'Alma le faisait chanter puis s'enfermant dans un cabinet de toilettes, il se suicide. Arrêté, Rick séjourne en prison. Knute Frain, chef de la Brigade Criminelle, lui impute les deux meurtres et la disparition du manteau de fourrure.

Le tueur du parc a été identifié sous plusieurs pseudonymes. Libéré, Rick rend visite à Massey dans son église. Une homme qui aime les poissons rouges. Un homme serein malgré les menaces qui pleuvent sur lui. Une rencontre insolite dans la rue amène Rick vers Slézak qui avait subtilisé le manteau de fourrure et l'avait offert à une pouffiasse. Il apprend par la même occasion qu'il a bénéficié d'un alibi monté de toutes pièces. Le jour de sa libération Duryea emménage dans une chambre d'hôtel retenue depuis des mois.

 

Un roman au ton humoristique et mené tambour battant. L'action prime et chaque page recèle son lot de rebondissements. Comme tous les privés ou presque, Rick Mason ne se résout pas toujours à partager avec les flics ses découvertes, ce qui l'amène à entretenir parfois avec les représentants des forces de l'ordre des relations tendues.

Ce petit cachotier oublie que s'il se montre quelquefois plus malin qu'eux, ceux-ci possèdent l'avantage du nombre. L'enquête est peut-être plus longue mais aboutit souvent au même résultat.

Autre fait intéressant à signaler, la sensibilité et l'humanisme dont font preuve certains policiers sous des dehors bourrus et caustiques. Ainsi Rick s'était étonné que l'homme qui avait tenté de l'enlever et avait péri sous les balles des policiers ne posséda pas un dollar dans son portefeuille. Il accuse Garrity de vol mais celui-ci explique son geste. Certains de ses collègues sont morts dans l'exercice de leur fonction, et en leur mémoire il détrousse ses victimes et verse l'argent ainsi prélevé à l'Œuvre des Veuves et Orphelins de la Police. Un acte pas très moral mais il a sa conscience pour lui.

Ils paient des impôts pour avoir une police, mais, le jour où ils ont besoin d'un service, ils vont chercher un mec qui ne dispose que d'une seul pistolet et d'une seule paire de jambes. C'est complètement idiot.

Paul W. FAIRMAN : L'échelle de verre (The Glass Lader - 1950. Traduction de Noël Chassériau). Série Noire N°1242. Parution décembre 1968. 256 pages.

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