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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 10:34
Ray HOGAN : La mort sur un cheval noir

Dans les plaines du Far-West quand vient la nuit...

Ray HOGAN : La mort sur un cheval noir

Accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis, Jim Shay s'évade du tribunal où il est jugé.

Mais il est rapidement rattrapé et conduit en prison. Afin de le protéger des Vengeurs, espèce de milice locale, qui ne pensent qu'à le lyncher, le shérif Cole décide de le transférer au pénitencier de Santa-Fe sous bonne escorte. Pour cela il charge Gilman, son adjoint, de convoyer le prisonnier à cheval en empruntant un itinéraire détourné. Gilman est persuadé de la culpabilité de Jim mais il ne peut qu'exécuter les ordres reçus.

Au cours de leur périple ils tombent sur Lund et Sanford, deux repris de justice. Désireux de faire d'une pierre deux coups, Gilman s'apprête à les arrêter lorsque Sanford tire sur l'adjoint et le tue. Jim en profite pour s'échapper. Dans sa fuite il rencontre un jeune prospecteur blessé par les bandits. Le blessé demande à Jim de prévenir sa fiancée Stella et de lui avouer qu'il lui avait menti. Il s'était vanté de posséder un gros tas d'or mais ce n'est qu'un mensonge. Jim promet de retourner à Sacramento Springs tandis que Garrick meurt dans ses bras.

Bravant les dangers, Jim retourne au village malgré les risques qu'il encourt de se faire non seulement repérer et mais également pendre haut et court par les Vengeurs. Stella, qui n'est qu'une prostituée, croit que Jim s'est accaparé l'or de Garrick. Afin qu'elle n'alerte pas village, il l'attache et repart à la recherche d'un vieil homme susceptible de l'innocenter. Saül Croock, un fermier noir, le met sur la piste de Barndollar qui pourrait bien être l'homme pouvant le dédouaner.

Pour le rejoindre le plus rapidement possible, Jim entreprend la traversée du désert de Jordana, affrontant la chaleur et les tempêtes de sable. Une entreprise qui s'avère inutile, car il découvre le cadavre de Barndollar tué et dépouillé par les Apaches. Il traverse à nouveau le Jordana, ignorant que Stella accompagnée de Sanford et de Lund est à sa recherche. Il se réfugie dans la ferme des Slausson, le couple qu'il est présumé avoir trucidé. Lieu privilégié de rencontre puisque les deux bandits et leur égérie y font halte également.

 

Spécialiste du western, Ray Hogan a écrit un roman dont l'action est intemporelle. L'histoire pourrait très bien se dérouler de nos jours, en pleine ville, l'innocent à la recherche des véritables tueurs pour se dédouaner vis-à-vis de la loi n'étant pas l'apanage de la ruralité et d'une époque. Seulement cette histoire, qui se passe en 1870, prend sa dimension par les grands espaces américains, les traversées du désert Jordana et des dangers y afférents. Au péril de sa vie, Jim Shay doit affronter chaleur diurne, froidure nocturne, fatigue et pénurie d'eau, sans compter les éléments humains qui se révèlent tout autant redoutables. La cupide Stella refuse d'accepter le mensonge de Garrick malgré les faits probants de la non-existence d'un magot. La Justice ne se pose pas de questions. Ayant un possible coupable dans la main, elle ne s'inquiète pas de savoir si celui-ci est innocent ou non.

 

Citation :

Il y en a des choses qu'un homme doit apprendre, rien que sur la vie.

 

Ray HOGAN : La mort sur un cheval noir (Dead man on a black horse - 1966. Traduction Simone Hilling). Série Noire N°1146. Parution août 1967. 192 pages.

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 09:32
Jean DELION : Pouce !.

On ne joue plus...

Jean DELION : Pouce !.

Première partie :

Angelotti, truand bien connu des services de police, se tue en manipulant son revolver. Un gag que mettent à profit Josse et Michallon, deux jeunes flics opportunistes, pour dresser l'un contre l'autre Mondoloni, le cousin associé d'Angelotti associé, et Santerni, le bras droit du truand défunt.

Obligeant Ludovic Feuillet, un indic, et Nicole, la maîtresse du Corse imprudent, à les aider, ils montent une cabale afin que Mondoloni, qui aurait eu un contentieux avec Angelotti à propos d'une histoire de traite des Blanches en Afrique Noire, et Santerni s'affrontent. Ils sèment d'abord le doute dans les esprits en retenant en garde à vue Mondoloni.

Lors du décès d'Angelotti, tout le monde possédait un alibi en béton par le biais d'une partie de poker négociée fort à propos. Seul le frère de Mondoloni aurait un trou dans son emploi du temps, ayant rejoint sa maîtresse Cyril. Ils encouragent Cyril à rejoindre sa province natale, et Mondoloni junior est abattu de deux balles dans la tête. Puis ils préviennent séparément Santerni et Mondoloni qui se sont retrouvés dans une villa de Maisons-Laffitte d'un possible coup fourré. Les revolvers étant plus prompt que la réflexion, les bandits s'entretuent.

 

Seconde partie :

Quinquin réussit avec quelques hommes une opération spectaculaire, le vol dans une camionnette transformée en coffre-fort des diamants de la bijouterie Provence à Paris. Un hold-up estimé à un milliard.

Josse et Michallon sont quémandés par Manet, leur directeur, afin de procéder à l'enquête. Aussitôt ils soupçonnent trois des plus grands truands sur la place d'avoir joué un rôle dans ce braquage. Yvan le Russki, Marcel le Stéphanois et Quinquin. Après déduction leur choix se porte Quinquin, supposition confirmée par Ludovic leur indic favori. Seulement ils ne veulent pas que les bandits s'en sortent à bon compte avec la Justice.

Sachant par Nicole, devenue la maîtresse de Josse, que Brunet le fourgue est le seul capable d'effectuer les transactions à l'étranger, ils s'arrangent pour ramasser tout ce beau monde dans leur filet, en laissant le plus possible de victimes sur le terrain. Un procédé qui leur a déjà réussi dans l'affaire Angelotti. Robuschi, le survivant de l'épisode précédent vient flairer de côté de Brunet qui s'affole pour rien. Robuschi est écarté de deux balles dans la tête. Josse et Michallon jouent gros.

Un train postal doit convoyer des bons du Trésor de Paris à Lille. Là encore le butin est appréciable. Avec l'aide de Ludovic qui n'en peut mais, ils s'arrangent pour mettre dans le coup Quinquin, le Stéphanois et Yvan le Russki, prévoyant tout à la minute et au lieu près.

 

Un roman qui ne manque pas d'humour avec deux flics "vertueux" qui ne s'embarrassent pas de principes et possèdent beaucoup d'imagination. Pour eux la Justice est mal faite, les truands qui se tiennent bien en tôle pouvant espérer une prompte clémence. Ils s'arrangent donc pour dresser les uns contre les autres afin que ceux-ci tirent les marrons à leur place.

Amoral trouveront certains, amusant sans plus jugeront les autres.

 

Curiosités :

Ce roman est scindé en deux parties qui peuvent se lire séparément, façon longues nouvelles, les deux enquêtes n'ayant d'autres liens, à part les deux policiers, que Nicole la maîtresse d'Angelotti devenue l'amante de Josse, et Ludovic l'indic tout petit dans ses souliers, et Robuschi le truand.

Sous le pseudonyme de Jean Delion se cache le journaliste et écrivain Jean Laborde qui a également signé à la Série Noire sous l'alias de Raf Vallet.

 

Citation :

Le hold-up, c'est devenu une affaire d'horlogerie. ça ressemble au cent mètres olympique. On se prépare pendant des mois à un exploit qui se joue sur un cinquième de seconde.

Jean DELION : Pouce !.

Jean DELION : Pouce !. Série Noire N°1124. Parution avril 1967. 256 pages.

Réédition Carré Noir N°397. Parution septembre 1981. 256 pages 3,80€.

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 08:15

Hommage à Francisco Gonzalez Ledesma décédé le 2 mars 2015.

Francisco Gonzàlez LEDESMA : Méndez

“ Tous les Barcelonais savent que Méndez travaille – du moins il le prétend – dans le commissariat d’un quartier misérable. Ils savent tous par ailleurs qu’il ne touche pas de prime, il ne vit que de ses maigres émoluments ; le seul écart qu’il se permet consiste à acheter des livres, qu’il lit de surcroît, ce qui nuira un jour à sa santé. Ils n’ignorent pas, enfin, que Méndez adore les femmes mais qu’il n’est pas brillant au lit, ce qui lui a valu une série de réclamations auxquelles il ne sait trop comment faire face ”.

Tout est dit ou presque dans cette présentation au début de Un petit bonheur, l’une des vingt-deux nouvelles qui composent ce nouvel opus consacré à ce flic espagnol humaniste.

Méndez ne fait pas partie de cette cohorte de flics gros bras, mais pourrait être assimilé à un métissage de Maigret et de Columbo, dans un contexte plus miteux, professionnellement et familialement. Il apprécie plus ses rapports, platoniques, avec des filles de joie que ceux qu’il pourrait entretenir avec des bourgeoises.

Il se méfie de ses collègues, de ses supérieurs, de la police en général, ne fait pas vraiment confiance en la justice, ce qui l’amène parfois à forcer le destin sans que sa hiérarchie puisse vraiment le prendre en défaut. C’est un marginal qui s’assume tout en évoluant dans une société structurée. Et même ceux qui réfutent l’ordre établi, ceux qui combattent, intellectuellement ou physiquement, les forces policières, ceux qui même innocents se sentent coupables rien qu’à la vue de l’uniforme, ne peuvent s’empêcher d’éprouver de la sympathie envers Méndez, car la carcasse fragile du policier recèle une telle aura de sagesse, de tolérance et en même temps d’acrimonie envers les profiteurs de tous poils, que l’on ne peut que se sentir proche de lui.

Mais ce recueil est aussi une incursion non touristique dans une ville, Barcelone en l’occurrence, vue de l’intérieur, dont les défauts et les qualités sont mises en avant sans souci de propagande.

Francisco Gonzàlez LEDESMA : Méndez

Francisco Gonzàlez LEDESMA : Méndez (Mendez - 2003. Traduction Christophe Josse). Collection insomniaques & Ferroviaires. Editions de l’Atalante. Parution octobre 2003. 184 pages.

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Published by Oncle Paul - dans La Malle aux souvenirs
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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 07:10
Max Allan COLLINS : La polka des polluants.

Bon anniversaire à Max Allan Collins né le 3 mars 1948.

Max Allan COLLINS : La polka des polluants.

Mary Beth, qui étudiante, travaillait depuis quelques semaines dans une usine de défoliants, de désherbants chez elle à Greenwood, est retrouvée un matin les poignets entaillés. Conclusion suicide.

Crane, son petit ami, étudiant journaliste, accepte cette version mais son ami Roger Beaty, étudiant sociologue, lui démontre le contraire. Depuis un an cinq suicides ont été enregistrés, soit dix fois plus que la statique nationale. Sans parler des fausses couches, des nouveau-nés atteints de malformations et des cas de cancer.

Boone, une jeune gauchiste séparée de son mari, directeur à l'usine Kemco, est persuadée que ce ne sont que des meurtres maquillés en suicide. Elle convainc Crane de l'aider dans son enquête qu'elle mène depuis des années sur cette usine fabriquant l'Agent Orange utilisé par les Américains pendant la guerre du Vietnam. Elle a accumulé assez de documentation, dit-elle, pour écrire un livre.

Ils suivent de nuit un camion ayant chargé des fûts de déchets jusqu'à une décharge municipale et prennent des photos. Ils couchent dans un motel. Le lendemain, l'appareil photo a disparu. Crane rencontre Patrick, l'ex-mari de Boone, qui lui affirme que rien d'illégal n'est accompli par les dirigeants. Les veuves des suicidés sont persuadées que leurs maris sont décédés dans des conditions "normales".

Boone se rend au siège de la Commission Contre les Déchets Dangereux, en vain. Crane est déboussolé et retourne chez lui dans l'Iowa. Quelques semaines plus tard il apprend que Boone a tenté de se suicider, après qu'un incendie se soit déclaré dans sa chambre, détruisant le manuscrit qu'elle avait pratiquement achevé. Un incident qui aurait conduit son ex-femme à vouloir attenter à ses jours selon Patrick. Crane est bien décidé à aller jusqu'au bout et fait un esclandre dans l'usine Kemco.

L'une des veuves pense elle aussi que les suicides ne sont pas naturels. Elle a appris que sous un terrain de jeux, près de l'école, des barils de déchets ont été ensevelis. Crane est enlevé une nuit par deux routiers, employés par Kemco, et enfermé dans un fût puis enterré. Il essaye de sortir de son tombeau, et à bout de force s'évanouit. Il se réveille dans un hôpital, un enquêteur de la Commission à son chevet. Le fût n'était pas entièrement recouvert de terre et l'un des gardiens de la décharge a pu délivrer Crane.

 

Max Allan Collins, délaissant sa saga des années 30, met le doigt sur une situation qui a périodiquement été dénoncée aussi bien en France qu'à l'étranger. Comment se débarrasser des déchets de certains produits toxiques sans que la population sache qu'elle vit à côté d'une décharge polluée et polluante. Comment concilier progrès et non-pollution. Un état de fait dont la gravité n'est assez mise en valeur mais qui empoisonne, qui contamine notre fin de siècle, notre fin de millénaire et dont les journaux relatent les méfaits parfois avec parcimonie, comme un jet de vapeur qui s'échappe d'une cocotte-minute.

La polka des polluants ne convaincra pas les écologistes, leur opinion étant déjà faite depuis longtemps mais qui devrait amener les autres, c'est à dire la plupart d'entre nous, à réfléchir.

 

Citation :

Il est important de ne pas fuir la réalité.

 

Max Allan COLLINS : La polka des polluants. (Midnight Hall - 1986. Traduction de M. F. Watkins). Série Noire N°2110. Parution octobre 1987. 256 pages. 6,05€.

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 07:04

...N'est pas l'idéal pour mettre devant les fenêtres !

Mark MacSHANE : Le rideau de brume

Afin que ses dons de médium soient universellement reconnus, Myra Savage décide, avec l'approbation et l'aide de Bill, son mari, d'enlever une fillette, de demander une rançon aux riches parents éplorés, puis de rencontrer ceux-ci en leur faisant miroiter de possibles retrouvailles grâce à ses capacités.

Le Plan soigneusement fignolé, le premier étage de leur maison aménagé en chambre d'hôpital, il ne reste plus à Bill qu'à opérer en douceur. Bill kidnappe la petite Adriana, âgée de six ans, à la sortie de son école, prenant soin d'éloigner le chauffeur de maître à sa disposition sous un prétexte futile, puis ramène l'enfant endormie au chloroforme dans un vieux side-car.

A son réveil Adriana se montre agressive, irascible, pour ne pas dire insupportable. Les époux Savage se sont partagés la tâche : Bill s'occupe des lettres anonymes et des appels téléphoniques tandis que Myra rencontre Monsieur et Madame Clayton, les parents d'Adriana, en leur narrant un soi-disant rêve en rapport avec l'événement. Elle leur remet sa carte de visite, au cas où ils désireraient la consulter.

Les policiers soupçonnent le chauffeur, mais ne négligent aucun détail et l'inspecteur Beedle rend une petite visite de routine à Myra. Le couple s'attendait à cette démarche. Aussi Bill bat la campagne avec à bord de son side-car l'enfant endormie tandis que Myra enlève toute trace l'aménagement dans l'appartement.

La remise de la rançon s'effectue sans anicroche, quoi que Bill ressent des sueurs froides en imaginant à juste titre des policiers attachés aux basques de Clayton. Madame Clayton assiste à l'une des séances de spiritisme de Myra, séance au cours de laquelle la médium affirme que la petite est en bonne santé et bien traitée.

 

Ce roman, construit un peu comme une farce, tout au moins l'enlèvement et la séquestration de la petite Adriana, sombre dans le suspense le plus total lors de la mort accidentelle mais provoquée par Bill de la gamine.

Le personnage de Bill, homme en proie à des douleurs physiques diverses et asthmatique de surcroit, montre un personnage timide, falot, recherchant assidûment les conseils de sa femme. Celle-ci, fine psychologue, le mène à la baguette, mais sans s'ériger véritablement en mégère. Elle suggère ce qu'ils doivent accomplir, lui laissant croire que les initiatives viennent en partie de sa part.

Leur Plan, longuement mitonné, devait permettre à Myra de pouvoir acquérir la renommée, et ils se promettaient même de rendre l'argent de la rançon et leur fille saine et sauve aux parents reconnaissants. Mais les aléas entrent pour une bonne part dans la marche du destin et ils doivent bouleverser leur programme au moment crucial. Malgré leur crime, ce couple parvient à rester sympathique et nous les retrouverons dans Fluide, Série Noire N°1619.

 

Mark MacSHANE : Le rideau de brume

 

Curiosité :

Ce roman est paru précédemment en 1963 dans la collection Panique chez Gallimard, et a été transposé à l'écran par Brian Forbes en 1964 avec Kim Stanley et Richard Attenborough.

 

Citation :

Elle portait une robe en lainage gris qui flottait sur elle et faisait des plis au niveau d'une poitrine trop plate pour la remplir.

 

Mark MacSHANE : Le rideau de brume (Seance on a wet afternoon - 1961. Traduction de Lucien Boulanger et Marcel Duhamel). Série Noire N°1067. Parution septembre 1966. 192 pages.

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 07:35
Maxime DELAMARE : O.T.A.N. pour les crosses.

Et OTAN en emporte le divan ?

Maxime DELAMARE : O.T.A.N. pour les crosses.

Officier d'élite à la carrière irréprochable, poète et mondain, le commandant Lerou, en poste à Oslo comme observateur au quartier général Nord-Europe de l'OTAN, est soupçonné d'avoir divulgué aux Russes un document concernant les modifications dans le statut de la Norvège à l'OTAN. Cependant personne n'imagine Lerou dans le rôle du traître.

Sa vie, sa carrière, son caractère démentent les accusations et ses proches le défendent contre vents et marées. Seulement il a disparu.

Jordan est chargé non seulement de retrouver le commandant mais également de démasquer le traître. A Oslo il prend contact avec Gravier, un permanent établi en Norvège depuis la bataille de Narvik et installé comme restaurateur. A peine arrivé dans la capitale norvégienne, Jordan reçoit à son hôtel une missive anonyme lui donnant rendez-vous dans le Fram (bateau-musée avec lequel l'explorateur Nansen a effectué une expédition dans la banquise Nord en 1893-1895). Quoi que devant s'y rendre seul, il demande à Gravier d'assurer ses arrières, précaution qui porte ses fruits puisque l'agent du SDECE est agressé.

Jordan demande au lieutenant-colonel Dumont, attaché d'ambassade et fervent défenseur de Lerou, d'organiser une rencontre avec Danuta, la femme du commandant, d'origine polonaise. Danuta est une séduisante brune imprégnée du messianisme polonais, reliquat de ses années d'adolescence et Jordan doit le retrouver chez elle, car elle se refuse à dîner au restaurant avec lui, par peur des rumeurs.

Entré en fraude chez les Lerou, à la recherche d'il ne sait trop quoi, Jordan est frappé par la disposition des livres sur une étagère. Eberlué il comprend que les initiales des titres des quatre premiers volumes ainsi que des quatre derniers dorment un mot : Kari. Gravier lui en donne la clé, c'est un prénom féminin. Jordan suppute alors au commandant une liaison hors mariage.

Le colonel Dumont lui apprend que la principale secrétaire du service des traductions, une certaine Kari Maslov dont le père était Russe, a été découverte morte, assassinée, ou suicide. Or seul Gravier était dans la confidence selon laquelle Jordan était sur les traces d'une dénommée Kari, et l'annonce de sa mort semble l'affecter. Danuta lui propose d'aller déjeuner dans un endroit calme à Hollmonkollen, lieu de promenade et de sport. Au cours de leur balade, Il essuie un coup de feu qui le blesse. Il ne doit la vie sauve qu'à l'intervention de Gravier.

 

De cette histoire qui tire son origine de la guerre, de l'Occupation de la Pologne, on retiendra surtout le geste de Danuta qui obéit à une vengeance réveillée vingt ans après, à cause d'enjeux politiques, et à celui de Lerou, endossant les crimes de sa femme, témoignage d'un esprit chevaleresque plus dans la mouvance romantique du 19e siècle que celle matérialiste de nos jours.

Une fois de plus Maxime Delamare cite de nombreux auteurs littéraires, La Rochefoucauld, Orson Welles, Jacques Perry, Malaparte, les égratignant ou les encensant au passage. Le bouquet étant cette référence à Pierre-Hyacinthe Azaïs qui affirmait, vous le savez, que le hasard compense toujours des écarts anormaux par des écarts en sens contraire, et, par exemple, de graves malheurs par des périodes de réussites incroyables.

 

Curiosité :

OTAN pour les crosses est un roman d'espionnage mais nous avons droit à un problème en chambre close, prestation que n'aurait pas désavoué John Dickson Carr.

 

Citation :

Mais, dans un roman, un agent spécial qui partirait en mission par le chemin de fer, ça ferait sourire de pitié les lecteurs.

 

Maxime DELAMARE : O.T.A.N. pour les crosses. Série Noire N°1053. Parution avril 1966. 192 pages.

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 14:37

On se pose tous la question...

George ARION : Qui veut la peau d'Andreï Mladin ?

Se réveiller avec une tête aussi lourde qu'un autocuiseur après une bonne nuit bien arrosée, cela peut arriver à tout le monde. Mais se réveiller avec un mort à côté de soi, ce l'est moins. Surtout lorsque la trogne de ce cadavre vous dit quelques chose mais que vous êtes incapable de mettre un nom dessus.

Et Andreï Mladin, journaliste à Bucarest et accessoirement écrivain de romans policiers, ne trouve pas d'autre solution que de s'en débarrasser. Le plus urgent est de le transporter à la cave, seulement pour y accéder, il faut éviter certains pièges, dont celui inévitable constitué par l'omniprésence de madame Margareta qui, dès qu'elle entend un bruit, suspect ou non, se tient sur le pas de sa porte. Passons allègrement sur le fardeau, autant physique que psychique que doit endurer le journaliste, pour déposer son protégé derrière une porte du sous-sol, et revenons quelques temps en arrière afin de mieux comprendre pourquoi il était dans un tel état d'ébriété la veille au point de ne se souvenir de rien.

 

Tout commence lorsque chargé de rédiger un entretien avec la belle Mihaela, violoniste réputée, il rencontre la jeune femme chez ses parents, le docteur Comnoiu et sa femme. L'entrevue entre le journaliste et la violoniste s'engage sous d'heureux auspices, surtout pour Mladin qui tombe sous le charme de Mihaela. Faut avouer que la musicienne ne manque pas de beauté, d'élégance et d'avantages en nature qu'elle sait exploiter :

Elle était grande, ondulait gracieusement une taille de guêpe, tout en arborant des hanches capables de faire renoncer un régiment entier à sa solde. Son jean soulignait la longueur de ses jambes, sûrement capables de parcourir en moins d'une heure les soixante kilomètres Bucarest-Ploieşti. Son chemisier blanc et sans froufrou était, à un endroit précis, tout aussi bombé que la voile d'une frégate en pleine course.

Si le docteur Comnoiu n'apprécie guère le rapprochement manifeste entre sa fille et le journaliste, d'autres personnes semblent ne pas être d'accord sur les amours naissantes et parfois houleuses, ça arrive à tout le monde, entre les deux tourtereaux.

Le pare-brise de la voiture de Mladin en fait les frais par quatre fois, il reçoit des lettres anonymes, et se fait même agresser. Ses soupçons se porte sur le père revêche, mais surtout sur Marian Sulcer, le Don Juan de service, le bellâtre de feu, et il l'apprendra peu après de Ion Parfenie, l'ingénieur en électronique mais surtout le fiancé évincé. Et peut-être d'autres personnes à qui il pourrait faire de l'ombre, allez savoir.

Revenons à notre cadavre qui est un peu trop encombrant. A cause d'une fuite d'eau et des pompiers présents, Mladin est tout en eau, et en sueur car la chaleur sévit sur Bucarest. Alors il décide de transporter le cadavre, tout en se méfiant des yeux inquisiteurs et presque ubiquistes de madame Margareta. Il l'enveloppe dans un tapis, une solution très souvent utilisée dans un roman policier mais on n'a pas encore trouvé mieux que la malle plus lourde à transporter, et le dépose dans un chantier. Enfin il reconnait en ce corps baladeur celui de Valentin, un serviteur du docteur Comnoiu, et Maria, sa femme, est aux abois de ne pas retrouver son mari. Elle informe Mladin qu'elle possède des renseignements, qu'elle veut les lui communiquer, et doit se présenter chez lui. Zut, un coup de fil de Mihaela lui donne rendez-vous dans un café, c'est urgent et pressé. Tellement pressé qu'il poireaute pendant plus d'une heure, que Mihaela ne se pointe pas au rendez-vous mais qu'il découvre à son retour Maria allongée chez lui, sous la garde de son chat Mécène, et ce n'est pas pour faire la sieste.

 

George Arion prend le prétexte du roman policier pour décrire la Roumanie telle quelle est lorsqu'il rédige son roman, c'est-à-dire sous la tutelle de Ceaucescu. Ce n'est pas un roman politiquement engagé, mais George Arion griffe avec dérision et ironie les événements et surtout les privations que subissent les Roumains.

Ainsi la fouineuse Margareta a assisté de sa fenêtre l'algarade entre Mladin et deux inconnus. Seulement je n'ai pas réussi à voir grand chose. Ils étaient à la hauteur du lampadaire dont on a enlevé l'ampoule pour faire des économies d'énergie. Mais pour autant le pays pense à la sécurité de ses concitoyens, et s'il faut procéder à des restrictions pour économiser l'énergie, il faut également penser aux rentrées d'argent : D'autant [que ma voiture] a un flair incroyable pour dépister les radars. Y'a pas à dire, elle est comme son maître ! Elle aime respecter la loi !

Et la loi est représentée pour le plus grand bonheur de Mladin par Buduru, un policier qu'il connait bien et tous deux se portent une estime réciproque. Mais lorsque Buduru s'invite chez Mladin pour enquêter sur la disparition de Valentin, puisque celui-ci a été vu pour la dernière fois raccompagnant le journaliste, bourré, de bonnes intentions entre autres, chez lui. C'est à dire la veille au soir où l'on fait la connaissance de Mladin avec sa tête en autocuiseur. Mais l'adjoint de Buduru joue, comme dans tout bon duo de flic qui se respecte, au vilain policier, hargneux, mutique, mais n'en pensant pas moins et lorsqu'il ouvre la bouche, ce n'est pas pour proférer des gentillesses.

 

Poète George Mladin l'est aussi et sait peindre les saisons. Les quatre saisons : Sentir le bruit des feuilles sous nos pas en automne, entendre le bruit sourd de la neige en hiver, faire une bataille de fleurs au printemps, et l'été, recevoir une belle fiente de pigeon dans les cheveux ! Existe-t-il bonheur plus grand ?

Qui veut la peau d'Andreï Mladin est construit comme un roman policier classique, dont l'épilogue est en forme de tiroirs mais ne respecte pas vraiment l'une des règles fondamentales édictées par S.S. Van Dine, plus particulièrement la règle numéro 10, mais c'est ce qui fait le charme de ce roman en plus de son humour constant.

 

George ARION : Qui veut la peau d'Andreï Mladin ? (1983 - Traduction de Sylvain Audet-Gӑinar). Genèse éditions. Parution 12 février 2015. 216 pages. 22,50€.

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 13:31
Michael CAREY : Un poulet à frire

Mais auparavant il faut le plumer !

Michael CAREY : Un poulet à frire

L'inspecteur George Bithell traque sans relâche les auteurs de loteries clandestines, entre autre Guido Cintio.

Pour arriver à ses fins, il s'adjoint les services de Lévy Itzik, un petit bookmaker, et espère obtenir de cet indicateur des éléments pour mettre fin à la carrière de Cintio. Lors d'une perquisition il prend sur le fait quelques membres de la bande de Cintio mais ceux-ci, dont Ravitz l'homme de main, sont rapidement libérés sous caution.

Bithell s'intéresse de près à la secrétaire-comptable de Cintio, la jeune Dulcie Hyde. D'après les renseignements fournis par Itzik, une partie de crap doit se dérouler dans un garage désaffecté. Bithell organise une rafle. Les joueurs dont Paddy Fleish dit Paddy le Porc, sont arrêtés. Cintio s'interpose, une arme à la main. Bithell n'a d'autre recours que de lui casser le poignet. Les journaux accusent le policier de brutalité tandis que Paddy le Porc soupçonne Cintio, ou l'un de ses hommes, d'avoir renseigné l'inspecteur.

Dulcie qui n'est autre que la nièce de Cintio, demande à Bithell de l'aider. Elle aurait détourné de l'argent appartenant au truand et le policier bon prince l'emmène dans une maison qu'il possède hors de la ville. Elle cache l'argent sous le parquet puis Cintio lui suggère de rejoindre l'Italie en compagnie de Russo dit la Poussette.

Bithell rencontre le sénateur Worth qui a fait acquitter Cintio vingt ans auparavant. Les démarches du policier gênent l'homme politique. Cintio obtient une entrevue avec le District-Attorney Symonds et accuse dans la presse Bithell de prévarication. Le sénateur Worth et Paddy le Porc engagent Slater afin de supprimer Cintio à la sortie d'un restaurant. Itzik, mis dans la confidence s'est arrangé pour que Bithell se trouve à proximité et l'inspecteur est soupçonné du meurtre.

Dulcie, contrairement à la lettre détenue par sa grand-mère, n'est pas en Europe. Ayant failli se faire violer par Russo, elle l'a piqué avec une épingle à chapeau le laissant pour mort. Bithell est inculpé d'homicide sur la personne de Cintio et il n'a guère confiance dans les méthodes de son avocat, Samuel Blau.

Si la collusion entre le sénateur Worth et Paddy le Porc ne fait aucun doute, il faut la prouver. Et la priorité est de retrouver Dulcie. Le secrétaire de Worth propose à Bithell de charger au maximum Paddy, Worth restant dans l'ombre. Mais le sénateur décède dans un attentat, sa voiture ayant été piégée. L'audience au tribunal commence sous de mauvais auspices, l'avocat ne faisant pas le poids face au District-Attorney.

 

Ce roman n'est pas sans rappeler l'atmosphère de la célèbre bande dessinée Dick Tracy, les truands possédant des surnoms évocateurs. D'ailleurs Cintio ne se prive pas de référer à ce héros mythique en déclarant avec mépris à Bithell : Pauvre Dick Tracy à la manque ! On ne fait pas de cinéma.

Quant aux scènes de tribunal, elles ne sont pas sans évoquer d'autres pages célèbres dues à Erle Stanley Gardner, Blau cependant n'atteignant pas la stature de Perry Mason.

 

Citation :

Le bien, c'était tout ce qu'on pouvait faire sans se laisser prendre. Le mal, c'était quand on était pris et qu'il fallait payer.

 

Michael CAREY : Un poulet à frire (Doomed - 1966. Traduction de Jean Rosenthal). Série Noire N°1020. Parution mars 1966. 192 pages.

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 13:30

Hommage à John Dickson Carr, décédé le 27 février 1977.

John Dickson CARR : Capitaine Coupe-Gorge

Août 1805. Dans les camps de Wimereux, d'Outreaux, du Portel, c'est l'effervescence.

Deux-cent-quarante mille hommes attendent avec impatience l'ordre de l'Empereur d'embarquer et d'envahir l'Angleterre. L'inaction leur pèse. C'est peut-être pour cela qu'un petit plaisantin tue la nuit des sentinelles, signant son forfait au moyen d'une carte épinglée sur les cadavres : Capitaine Coupe-Gorge.

Ce ne peut être que l'œuvre d'un espion anglais infiltré afin de démoraliser les troupes inactives, de semer la panique et la terreur. D'autant plus que tous les jours un navire anglais, la Méduse, vient narguer les soldats agglutinés sur les quais qui n'attendent qu'un mot d'ordre pour embarquer vers la perfide Albion.

Mais on ne tue pas les valeureux soldats de la Grande Armée comme ça, impunément.

Fouché, le ministre de la police, va remettre de l'ordre là-dedans et à malin, malin et demi. Il s'octroie les services d'un espion britannique pour contrecarrer les méfaits du premier.

 

Dans ce roman de John Dickson Carr, écrit en 1955, pas de mystère ou de crime en chambre close. D'ailleurs est-ce vraiment un roman policier dans un contexte historique, ou un roman historique avec un prétexte policier ?

En effet ce roman ne présente aucun des thèmes auxquels John Dickson Carr nous avait habitué : un doigt de fantastique et d'irréel allié à l'énigme pure.

Tout juste un semblant de mystification dans l'accomplissement des crimes envers les sentinelles, au vu et au sus de tous, mais une explication est rapidement fournie, vite fait comme ça en passant.

Ce roman ressemble plus à une récréation et en le lisant j'ai constamment eu à l'esprit les aventures du Mouron Rouge de la Baronne Orczy qui mettent en scène un gentilhomme anglais pendant les années révolutionnaires. Mais une autre figure s'est également imposée à moi, celle du Brigadier Gérard de Sir Arthur Conan Doyle.

Ce qui ne veut pas dire que ce roman est inintéressant ou parodique. Au contraire. C'est un peu le mariage du roman policier et celui de cape et d'épées, trop malheureusement délaissé et dont l'exploitation n'a pas exploré toutes les possibilités.

Les romans de John Dickson Carr se lisent avec toujours sautant de plaisir par ceux qui aiment les romans de mystères teintés de fantastique, et de tarabiscotages de neurones, ou tout simplement des romans d'aventures historiques.

John Dickson CARR : Capitaine Coupe-Gorge

John Dickson CARR : Capitaine Coupe-Gorge (captain cut-troath - 1954). Le Masque Jaune 2001. Parution mars 1990. 286 pages.

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Published by Oncle Paul - dans La Malle aux souvenirs
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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 09:13
Maxime DELAMARE : Quadrille aux Antilles.

C'est ce que l'on appelle le Square dense ?

Maxime DELAMARE : Quadrille aux Antilles.

Les disparitions successives du professeur Bonnard, un as parait-il du CNES (Centre National d'Etudes Spatiales), et de René Hammel, agent du SDECE surnommé La Calbombe, puis la découverte du cadavre d'Anita Lemarchand, considérée comme la fiancée de French Jordan, amènent le patron du SDECE à envoyer son meilleur agent, en l'occurrence Jordan, sur le terrain.

Celui-ci est stimulé, malgré le manque de renseignements en sa possession, par la mort de son amie et la mise en scène macabre constituée par l'ensachement de la tête décapitée de Hammel déposée auprès du corps d'Anita.

Au casino de Willenstad, Jordan retrouve Juliette une jeune femme qu'il a connu quinze ans auparavant alors qu'il était en poste en Yougoslavie. Depuis Juliette s'est épanouie, s'est mariée et installée au Venezuela. Jordan comprend que les événements précédents n'avaient pour unique but que de le faire venir lui, sur le terrain. Seulement les motifs de ce déplacement lui échappent complètement.

Selon toute vraisemblance l'installation de la fusée Diamant à Kourou pourrait expliquer la disparition du professeur Bonnard, mais celui-ci n'est pas en réalité la tête pensante qu'il se plaisait à le laisser supposer. D'après les renseignements en sa possession, Bonnard aurait été vu pour la dernière fois entrant dans une bijouterie tenue par un certain Henriquez. Or Juliette possède des factures établies par le bijoutier et ce pour un montant assez conséquent.

Jordan confie à Moreno, l'agent consulaire, le soin de retenir Henriquez un soir afin de s'introduire dans la villa du bijoutier. A son grand désappointement il ne trouve rien, doutant alors de son hypothèse selon laquelle on l'aurait lancé sur une piste, on pouvant s'appeler Juliette puisqu'elle lui a laissé tout loisir pour visiter son appartement.

Henriquez s'aperçoit que ses papiers ont été fouillés. La présence de Juliette avec qui il a noué des relations nocturnes et épidermiques, cependant le turlupine. Attaqué dans la rue Jordan se défait sans difficulté de ses agresseurs et parvient à leur soutirer des informations. Bonnard serait à Porto Rico et un avocat prénommé Miguel serait le commanditaire de son enlèvement.

A San Juan de Porto Rico, Jordan n'a aucun mal à repérer l'adresse de l'avocat. Il découvre le professeur batifolant avec une Martiniquaise. Effectivement Bonnard a été enlevé et depuis il est séquestré dans des conditions pour le moins agréables. De nouveaux indices tels que faux passeport et une conversation entre les ravisseurs interceptée par le professeur apportent de l'eau au moulin des suppositions de Jordan. Il a été manipulé mais les motifs lui échappent.

 

Jordan est loin de pouvoir être comparé à un Superman, héros mythique et invincible. Il lui arrive de se tromper, de se rebeller contre ses supérieurs, d'aimer et de posséder un semblant de vie privée et de tomber dans les travers du commun des mortels. Ainsi il boit, à l'occasion, mais à la différence de ses confrères, il en ressent les effets néfastes et ses facultés s'en trouvent diminuées. Moins sophistiqué que les James Bond, moins apologiques du système américain comme le furent à une certaine époque les romans d'espionnage français, les histoires de Maxime Delamare se révèlent de lecture agréable.

 

Curiosité :

Maxime Delamare utilise de nombreuses références littéraires. Ainsi Paul Valéry et surtout Gaston Bachelard avec son analyse sur la question des plans de connaissance superposés, servent à étayer ses propos.

Quelques expressions malencontreuses du type Les mômes goudron, chocolat et caramel, ou encore La fille Ovomaltine ou Nescafé feraient aujourd'hui bouillir, à juste raison, les antiracistes. Des expressions qui à l'époque ne se voulaient que bon enfant et imagées, mais s'avèrent malheureuses dans leur énoncé, malheureuses et choquantes.

 

Citation :

Vous ne lisez pas assez de romans d'espionnage mon Colonel.

 

Maxime DELAMARE : Quadrille aux Antilles. Série Noire N° 1016. Parution novembre 1965. 192 pages.

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