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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 15:07

Contempler une danseuse du Moulin Rouge les jambes écartées, c’est un représentation dont les spectateurs se lèchent les babines tout en s’en mettant plein les mirettes danse-macabre.jpgavec une joie non dissimulée. Mais en ce soir du mois de décembre 1895 la scène proposée à la foule attendant l’ouverture du célèbre cabaret n’est pas vraiment ce que les adeptes des tableaux dits vivants sont habitués à lorgner. Accrochée sur les ailes du moulin montmartrois, une jeune femme écartelée, revêtue de son habit de scène, joue la dernière séance. Une affaire dont les journalistes s’emparent avec une complaisance malsaine, mettant en avant un nouveau méfait du célèbre et insaisissable Jack L’Eventreur. Un manque flagrant d’imagination. Pour l’inspecteur Berflaud, qui connaît fort bien le quartier, tout cela n’est que poudre aux yeux, ce qui ne l’empêche pas de patauger. Nini la Sauterelle, le surnom de la défunte ancienne pensionnaire attitrée du Moulin, avait quitté son emploi quelques mois auparavant, alléchée par une offre qui selon les termes consacrés ne se refuse pas. Une autre artiste subi le même sort, pas de la même façon mais le résultat est équivalent. La pauvre semblait terrorisée mais jamais n’a daigné s’épancher auprès de Berflaud, lequel mène son enquête avec l’apport non négligeable d’un adjoint de luxe : Toulouse-Lautrec.

Entre personnages fictifs et réels, comme Toulouse-Lautrec, déjà cité, Jane Avril, La Goulue, Valentin le Désossé et quelques autres, entre le Gai Paris de la fin du XIXème siècle et la misère sordide qui elle ne s’est pas dissipée au fil du temps, entre folle ambiance et désespoir, Renée Bonneau nous dépeint une frange de vie qui caractérise la capitale : les paillettes qui cachent les haillons. Une habile reconstitution avec tout comme dans Sanguine sur la Butte, son précédent ouvrage édité chez Bargain, en filigrane le personnage de Toulouse-Lautrec qui oscille physiquement et moralement sans perdre une once de bonne humeur, du moins en apparence. Un roman qui curieusement paraissait en même temps que celui d’Alain Demouzon et Jean-Pierre Croquet, Fromental et l’Androgyne dont l’un des thèmes est l’art pictural et dont l’action se déroule trois ans auparavant. Une heureuse coïncidence.

Renée BONNEAU : Danse macabre au Moulin Rouge. Nouveau Monde éditions.

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commentaires

La Ruelle bleue 04/12/2011 10:47

Ah ça c'est un livre pour moi ! Euh non, que dis-je... ça , ça a l'air d'être un auteur pour moi ! Que ce soit sur les pas de Méliès ou de Toulouse-Lautrec, l'ambiance fin de siècle et esthétisme
macabre me tentent bien !

Oncle Paul 04/12/2011 15:09



Bonjour


Je pense que Renée Bonneau et son univers devraient te plaire. Et l'on aimerait que l'auteure aille parfois un peu plus loin dans ses descriptions, personnages, ambiance, atmosphère, mais cela
alourdirait peut-être le récit


Bonne lecture.



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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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