Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 13:35

Noé est mal embarqué !

 

mission-malona.jpg


Elle n’a pas perdu la vue et elle voit. Elle voit des événements qui vont se dérouler, et cela la perturbe profondément. Elle, c’est Justine, dont la mère s’est pendue alors qu’elle n’avait que quelques semaines. Faut dire que Valérie, la mère de Justine n’allait plus très bien depuis que Constantin, son fils, avait été enlevé dans la clinique où elle avait accouché.

Justine a de qui tenir. Sa grand-mère Cécile elle aussi disposait de ce don voyance, d’ailleurs son cœur ne l’a pas supporté. Justine est arrivée lors des derniers instants de Cécile à la clinique de Chambéry où elle était soignée. En même temps que son père Marc. Avec qui elle ne s’entend pas. A chaque fois qu’ils se retrouvent c’est pour s’invectiver. Heureusement Justine a un ami sur qui elle peut compter. Canut, un Gitan qui vit dans un camp non loin de chez elle, à Belley. Et que ne ferait pas Canut pour Justine ? Il l’emmène chez Cécile à bord de sa moto, et tandis qu’il farfouille au rez-de-chaussée, Justine investigue dans le grenier à la recherche de quelques chose, elle ne sait pas quoi. Et elle découvre en effet deux carnets, un blanc et un rouge, couverts de l’écriture de sa grand-mère. Elle va pour les lire, est habitée par une nouvelle vision,ou prémonition, et s’écroule, assommée. Pas par la vision mais par un objet contondant. Canut a eu droit au même cadeau. Pas de jaloux. Sauf que les carnets se sont volatilisés. Mais sa vision est toujours marquée, comme au fer rouge dans son esprit, avec un nom inscrit sur un bout de papier.

Nathan Malocène, détective privé de son état à Dijon, associé à Grégoire Fine, est interpelé par une jeune fille qui lui demande s’il a des enfants, ou à tout le moins son associé. Devant la réponse négative du détective, l’adolescente (le lecteur aura reconnu Justine) est déçue mais elle jette néanmoins un sachet contenant des pilules, dont Malocène se demande bien à quoi elles peuvent servir. Il saura plus tard que le gamin ne digère pas les protéines de lait, une allergie de plus en plus courante. Un incident auquel il ne ferait guère attention si, rentré chez lui, il retrouve avec plaisir ses neveux Inès et Noé.

Sa sœur veut les récupérer le soir même mais il tente de la dissuader et joue avec les deux bambins pour que ceux-ci, fatigués, dorment lorsque Claire et son mari, Jean, arriveront pour les trouver blottis dans les bras de morphée. Claire et Jean partis à l’enterrement de la grand-mère du mari. Seulement, cela ne se passe pas comme il avait prévu. Alors qu’il roucoule avec Aurore sa compagne, il est intrigué par le silence qui règne. Normal, Noé vient d’être enlevé à son nez et à sa barbe.

Aussitôt il prévient la police qui déclenche le plan alerte enlèvement. Le CSU, centre de supervision urbaine, est sur les dents. Les quelques employés qui y travaillent doivent visionner les caméras vidéos placées aux points stratégiques de la ville, et tenter de trouver la bande sur laquelle on peut apercevoir le ravisseur et son véhicule. Trop facile. Trois individus cagoulés investissent le local, tirent sur tout ce qui bouge et même sur ceux qui restent stoïques, et repartent en ayant dérobé les vidéos. Et en laissant quelques cadavres sur le terrain.

Un peu plus tard, c’est le campement des Gitans à Belley qui est la proie des flammes.

Malocène effectue un rapprochement entre Jean, son beau-frère et Justine. Ils sont tous deux de la même famille et à un peu plus de vingt ans de distance, un rapt d’enfant s’est produit.

 

Le passé prend une grande place dans ce roman. Passé de la grand-mère Cécile, d’origine italienne, mais également le passé militaire de Nathan Malocène. L’on pourrait croire que ceci ne va pas ensemble, et pourtant. Patricia Rappeneau a construit une intrigue que je qualifierai machiavélique. Le lecteur se posera, à juste titre, des questions sur la crédibilité de cette histoire qui lorgne aussi bien du côté de la mafia italienne que de l’Afghanistan. Mais il faut bien comprendre que parfois la réalité est plus complexe que la fiction. On a l’impression, tout comme un des personnages est persuadé d’avoir raté quelque chose, d’avoir laissé passer une information, un événement, omis un passage, oublié un personnage ou ce qui lui est arrivé précédemment. Une succession de mésaventures qui m’ont semblé elliptiques, comme si l’auteure était pressée d’en arriver au dénouement.

Il est vrai que les protagonistes se déplacent beaucoup, Nathan Malocène accompagnant le commissaire Depetit-Pogne dans leurs moindres expéditions, et vice versa, à la recherche des disparus et des coupables. Mais en réalité, c’est parce que pressé d’arriver à l’épilogue, afin de savoir si Noé va être retrouvé sain et sauf, ainsi que d’autres protagonistes, j’ai lu sans enregistrer. Cela arrive parfois, mais en effectuant de petits retours arrière, j’ai eu les explications qui me manquaient.

Si les dialogues sont parfois un peu trop travaillés, si les phrases sont un peu trop ciselées et traînent un peu trop en longueur ce qui nuit à une rapidité d’action, les situations elles ne manquent pas de piquant. Et l’ensemble est d’une lecture malgré tout agréable. Insensiblement j’ai oublié le personnage de Pennac qui au début s’était imposé à mon esprit, vous savez Benjamin Malaussène, pour que le détective devienne le personnage clé et s’affranchisse de son homonyme. Mais certains patronymes m’ont fait sourire, le plus flagrant étant peut-être le capitaine Flouse de la Brigade Financière.


Patricia RAPPENEAU : Mission Malona. Editions Le Hérisson. 226 pages. 14€.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Le Papou 10/02/2013 16:36

Compliqué mais tentant !

Le Papou

Oncle Paul 11/02/2013 14:41



Un peu complexe en effet Papou, mais l'auteure maitrise son sujet !


Amicalement



Pierre FAVEROLLE 09/02/2013 15:49

Salut Paul, je n'ai pas aimé celui là, dont le style m'a paru trop forcé. Ceci, cette auteure a beaucoup d'idées et est à suivre. Amitiés

Oncle Paul 09/02/2013 16:29



Bonjour Pierre


Je te rejoins sur ce que tu écris. L'auteure est membre de Mots et Plumes, et cela sent l'ateleir d'écriture. Or les ateliers décriture, je ne suis pas contre, cela pullule aux USA, mais je pense
que cela nuit au style d'un auteur qui doit être lui-même et non plongé dans un moule.


Amitiés



Présentation

  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
  • Contact

Recherche

Sites et bons coins remarquables